22.12.01

EVENING ECHO ET LES BARBES NOIRES

A propos d’EVENING ECHO (Hamblen 77), Ben Hager a écrit : « Hybrideurs et amateurs d’iris sont également fascinés par la couleur des barbes…. Le choix dont nous bénéficions aujourd’hui n’est que le fruit du désir qu’éprouve l’homme de rechercher, dès que cela lui est possible, ce qui est nouveau et différent. Peut-être le coloris spectaculaire de la barbe représentée ici nous permettra-t-il de comprendre le pourquoi de cette irrésistible quête. » (in « L’Iris » du photographe Josh Westrich).

Fascinés, nous le sommes par ces barbes violettes, pointées de brun, qui paraissent vraiment noires dans cette fleur indigo très pâle. Mais d’où viennent-elles ? EVENING ECHO est le descendant de trois variétés très différentes, dont AZURE ACCENT (Durrance 67), un gris-bleu à barbes sombres qui lui viennent d’un parent aril, ARABI PASHA. Le côté blanc provient de SWAN BALLET, une variété de T. Muhlestein qui a obtenu la médaille de Dykes en 1959.

Ces barbes noires ont été exploitées par plusieurs obtenteurs : Melba Hamblen, bien sûr, avec FONTAINE (89), Sterling Innerst avec le fameux CODICIL (85), bleu vif à barbes très foncées, et, surtout, Barry Blyth, en Australie, avec INCA QUEEN (83) et tous ces descendants.

Un autre voie vers les barbes sombres a été parcourue par Walt Luihn, lequel a obtenu SONG OF NORWAY, blanc bleuté à barbes bleu marine, issu de NOBLE MAN et BLUE LUSTER. Ce vainqueur de la médaille de Dykes en 86 a eu une nombreuse descendance, dont un bon nombre d’iris à barbes sombres, comme l’anglais WARLEGGAN (Nichol 90), l’américain CAPE HORN (Byers 91), ou le français BARBOUZE (Ransom 2001). Luihn lui-même a marié son SONG OF NORWAY avec EVENING ECHO et obtenu un très beau blanc à barbes très sombres, AUTOGRAPH (83).

De son côté Joë Ghio s’est essayé aux barbes sombres. Il a obtenu un iris très original, INTUITION (77), qui présente une corolle bleue et des barbes brunes. Ces barbes là ont été transmises à certains de ses descendants comme AL FRESCO ( Ghio 81), blanc nettement imprégné de chlorophylle, ou WITCHE’S SABBATH (Maryott 86), pourpre noir à barbes bronze.

Par ailleurs Melba Hamblen elle-même a essayé un autre chemin pour obtenir des barbes foncées : elle a eu recours à la variété blanche à cœur bleu NANCY GLAZIER (Hamblen 85) issue d’un brun HENNA ACCENT. Elle a obtenu des iris intéressants comme WHISPERING ( 90), JOYCE MEEK (91) et PRIVATE STOCK (91), toutes dans les tons de rose, avec des barbes violet très sombre.

Cependant c’est l’Australien Barry Blyth qui s’est le plus passionné pour les iris à barbes noires, et EVENING ECHO a été pour lui le début d’une entreprise très importante. Au premier degré on trouve, comme je l’ai dit, INCA QUEEN, un bleu ciel à barbes marine, et TOUCH OF BRONZE (83), un autre bleu, plus foncé, à barbes bronze. Le premier est issu de croisement TRANQUIL STAR X EVENING ECHO, le second de MUSIQUE X EVENING ECHO. TOUCH OF BRONZE est à l’origine de quelques iris originaux, comme BEAU ZAM (Blyth 87), CHINESE EMPRESS (Blyth 88), HELLO HOBO (Blyth 88) et CHOCOLATE VANILLA (Blyth 92), tous avec des barbes très sombres, et PRETTY WOMAN (Maryott 92), bleu lavande à barbes pourpres.

INCA QUEEN a donné naissance à WITCHING (Blyth 93) et surtout ELECTRIQUE (Blyth 93), un bicolore bleu glacier aux pétales et vieux rose aux sépales, avec barbes bronze foncé, dont la propre descendance est absolument surprenante. Citons entre autres et par ordre d’enregistrement, VOODOO SPELL (Blyth 95), DREAMING LILAC (Blyth 95), CAFE RISQUE (Blyth 96), lui-même richement pourvu en descendants de qualité comme ARC OF COLOURS (Blyth 98), ACE ROYALE (Blyth 97) dont est issu PAINT THE SCENE (Blyth 98). Tous ces iris sont bicolores et portent la marque d’EVENING ECHO sur leurs barbes. Ailleurs qu’en Australie, INCA QUEEN a également été utilisé avec succès, surtout par Sterling Innerst. CEE CEE (96), CONTINUITY (94) et HELEN K. ARMSTRONG (94) sont des enfants d’INCA QUEEN.

En Europe, il y peu d’hybrideurs qui se soient intéressés aux barbes noires. En dehors de Lawrence Ransom, déjà cité, il n’y a guère que le Britannique Cy Bartlett qui ait effectué des recherches dans cette direction. Ila obtenu, à partir de TOUCH OF BRONZE, RIVER PEARL (98), et à partir de CODICIL, les deux frères de semis SPACE MIST (96) et ALIEN MIST (98) tous dans les tons de bleu avec barbes marine ou bronze foncé.

On n’est pas près de cesser de s’intéresser aux effets des barbes originales. La mode est aussi aux iris « noirs » à barbes rouges ou bronze, mais les barbes noires ont encore de l’avenir, surtout sur des fleurs d’autres couleurs que le bleu, et en particulier sur le rose ou le jaune. On aura encore l’occasion d’être fascinés, comme le disait Ben Hager.

16.12.01

CONDOTTIERE

L’iris de la semaine sera le fabuleux CONDOTTIERE. Fabuleux, parce qu’il fait partie de la vingtaine de variétés les plus utilisées en hybridation. Fabuleux aussi par la qualité de ses descendants et l’originalité de leurs coloris.

CONDOTTIERE a été introduit par Jean Cayeux en 1978. C’est une grosse fleur en deux tons de bleu-mauve, avec une barbe rouge minium. Cette barbe, il la tient de sa « mère », FALBALA (Cayeux 78), qui la tient lui-même de ses grand-parent, CHRISTMAS TIME (Schreiner 66), et arrière grands parents, ARCTIC FLAME (Fay 60) et ONE DESIRE (Shoop 60). Quant à la teinte bleu-mauve, elle provient à la fois de FALBALA et de TRITON (Julander 62), une de ses « grand’mères ». Richard Cayeux, dans son livre « L’iris, une fleur royale » explique très bien comment, à partir d’iris amoena (WHOLE CLOTH) ou approchant (EMMA COOK), on a obtenu ce néglecta aux capacités génétiques remarquables.

L’une des aptitudes de CONDOTTIERE est de transmettre à ses descendants ses deux caractéristiques essentielles, le modèle amoena (pétales blancs, sépales bleus) et la barbe rouge. Les aptitudes de DELPHI (Shoop 79), un amoena un peu pâlichon à barbes rouges, ajoutées à celles de CONDOTTIERE ont donné naissance à la série d’iris tricolores dont la maison Cayeux s’est fait une spécialité dans les années 90. Il y eut d’abord les quatre frères : BAL MASQUÉ (Cayeux 91), VIVE LA FRANCE (Cayeux 91), REBECCA PERRET (Cayeux 92) et MARBRE BLEU (Cayeux 93). A la génération suivante on trouve PARISIEN (Cayeux 94) descendant de REBECCA PERRET, et RUBAN BLEU, issu directement du mariage CONDOTTIERE X DELPHI. Et il y a aussi DELTAPLANE (Cayeux 91), un peu moins typé, de même que CUMULUS (Cayeux 2000).

La famille Cayeux a abondamment utilisé CONDOTTIERE dans ses croisements. Pas seulement dans sa recherche du Bleu-Blanc-Rouge, mais pour obtenir des néglectas ou bicolores à barbes rouges ( BÉATRICE CHERBUY –87-, FEU DE BENGALE –89-, TOURBILLON –90-, VIREVOLTE –90-, HORTENSE C. –93-, VAL DE LOIRE –98-, VOLUTE –96-) de même que l’inclassable SIXTINE C. –94-, et même une variété rose, STARLETTE ROSE –96-. ALIZÉS –87-, autre descendant de CONDOTTIERE, n’a pas hérité de la barbe rouge, mais constitue néanmoins une des plus belles réussites des années 80.

Bien d’autres obtenteurs se sont servis de CONDOTTIERE, dans de multiples directions. Citons parmi d’autres, Sydney DuBose avec DREAM MACHINE (89), un lilas à barbes rouges ; Ben Hager avec LARK ASCENDING (96), dans les tons de blanc ; Frederick Kerr avec AGE OF INNOCENCE (94), assez voisin de SIXTINE C. ; même les Schreiner, avec INSTANT HIT (2000), cousin de VOLUTE et de VIREVOLTE. Quelques-uns se sont aventurés vers les variétés tricolores. C’est le cas de George Shoop, obtenteur de DELPHI, qui a proposé REGAL AFFAIR (89), de Don Nebeker, avec DELIGHTSUM (97), de Dona Fort, avec PATRIOTIC BANNER, le bien nommé. Le mariage d’EDITH WOLFORD avec CONDOTTIERE a donné une variété très originale, MELANIE STEUERNAGEL (Beer 99), en provenance d’Allemagne et couronnée à Frankfurt en 99. Quant au génial Monty Byers, il a utilisé avec une énorme réussite l’union SKY HOOKS X CONDOTTIERE, pour présenter des variétés aussi diverses que DANCE FOR JOY (92), MAGIC KINGDOM (89), MAUVELOUS (88), STARS AND STRIPES (92) STARSHIP (89) ou ST PETERSBURG ( 90), et plusieurs autres.

Ce ne sont là que des descendants directs de CONDOTTIERE, mais aux générations suivantes, ses gênes sont encore présents dans une foule de jolis iris, le plus souvent à barbes rouges ou oranges. On peut dire qu’avec ce cultivar, la maison Cayeux a obtenu l’un des iris les plus importants du vingtième siècle.

1.12.01

LES GRANDS IRIS DÉGÉNÈRENT-ILS ?

La question ci-dessus est souvent posée par les jardiniers amateurs. C’est même une opinion franchement encrée chez certains qui voient peu à peu disparaître les belles couleurs des variétés qu’ils ont plantées dans leur jardin.

Il faut expliquer et faire comprendre que cette dégénérescence n’est pas possible.

L’iris se reproduit par graines, mais se multiplie par prolifération à partir d’un rhizome. À l’extrémité du rhizome, et sur les côtés de celui-ci se développent des yeux qui vont donner naissance à de nouvelles pousses exactement identiques à la plante-mère car les cellules de chaque œil contiennent tous les gènes de la plante. Tous les spécialistes des iris sont d’accord là-dessus et ils expliquent la soi-disant dégénérescence par différents incidents de culture.

Dans un court article publié dans la revue Iris et Bulbeuses (N°113 – Été 94), Jean Cayeux, qui, mieux que personne connaît les iris, trouve trois raisons à la disparition progressive des coloris d’origine :
· L’uniformisation des couleurs. Dans une bordure composée à l’origine de variétés de différents coloris, au bout de quelques années n’apparaissent plus que deux ou trois couleurs ;
· Le « retour » à un bleu uniforme, dans des fleurs qui ont perdu également leurs belles ondulations et la fermeté de leurs tépales ;
· L’apparition de nouveaux coloris, le plus souvent ternes ou délavés, au lieu et place des brillants coloris initiaux.

L’uniformisation des couleurs s’explique par les différences de prolificité et de rusticité des variétés. Si une plante se développe plus vite et plus fort que sa voisine, elle va peu à peu étouffer celle-ci ou la priver de nutriments, de sorte que la plus faible va cesser de fleurir, voire disparaître. Dans le fouillis d’une plantation ancienne, ou trop serrée, on ne saura plus distinguer les pousses de la plante robuste de celles de la plante chétive, et l’impression d’uniformisation sera bien réelle : malheur aux fables !

Le bleu qui gagne du terrain n’est pas non plus une illusion. C’est le fait de la réapparition, dans la bordure, d’anciens iris diploïdes (germanica ou pallida), dont quelques morceaux de rhizomes seraient restés en place, et, compte tenu de leur prolificité, auraient étouffé les autres iris.

L’apparition de nouveaux coloris, plus pâles que les coloris d’origine, n’est pas à proprement parler dégénératif, c’est le produit de semis « sauvages ». Si par malheur ont laisse venir à maturité une capsule issue d’une insémination naturelle, les graines vont tomber au sol et certaines vont germer. Jamais on n’obtiendra par ce moyen des fleurs identiques à leurs parents, mais le plus souvent des rejetons plus ou moins bien formés et pâlichons qui laisseront croire qu’il y a eu dégénérescence. Et, en quelque sorte, c’en est une : pour conserver aux hybrides comme les iris modernes leurs coloris initiaux, il ne faut pas les laisser se reproduire ; seule la multiplication rhizomateuse garantit la réapparition des qualités de la plante d’origine. Ses enfants sont, comme ceux des humains, tous différents de leurs parents, et c’est la banalité qui l’emporte.

Certains prétendent que ce serait une « sécrétion » des racines qui aboutirait à faire dégénérer les iris lorsqu’ils sont plantés trop serrés, mais ceci est de la plus haute fantaisie. S’il y a effectivement production d’enzymes, ceux-ci n’ont nullement le pouvoir d’apporter une modification génétique. En revanche ils ont celui d’inhiber la pousse de nouveaux iris plantés à l’emplacement de variétés retirées. Si l’on veut remettre des iris dans une plate-bande où il y en a déjà eu, il faut attendre quelques années, le temps que les enzymes laissés dans le sol se dissipent. Sinon les plantes mises en place végéteront longtemps avant de se développer normalement.
BEFORE THE STORM

Le quatrième iris de la série « Iris de la semaine » sera BEFORE THE STORM (Innerst 89 – DM 96). Il fait partie de ce que l’on appelle les iris « noirs », et constitue l’un des aboutissements d’une longue série d’amélioration et d’approfondissement de la couleur. Les variétés étudiées précédemment procédaient toutes d’une recherche de quelque chose de nouveau, celle-ci résulte d’un autre type de recherche : ne pas vouloir faire du neuf, mais améliorer ce qui existe déjà.

La même ligne de conduite a par ailleurs été également suivie par la maison Schreiner pour obtenir et enregistrer un autre vainqueur de la DM : HELLO DARKNESS (Schreiner 92 – DM 99), et l’on verra plus loin que ces deux cultivars sont des cousins assez proches.

BEFORE THE STORM est un iris violet très foncé, pratiquement noir. Comme la plupart des noirs, il est un peu délicat à faire pousser et ses fleurs ne sont pas très ondulées. Mais ce qui compte le plus, c’est qu’il soit d’un beau noir, uni et velouté. De ce côté là il n’y a aucun reproche à lui faire ! Il est le produit du croisement de deux autres « noirs », SUPERSTITION (Schreiner 77) et RAVEN’S ROOST (Plough 81). Du côté maternel, on n’a que des informations partielles car la « mère » de Superstition est un semis dont la check-list de l’AIS ne dit rien, mais sont « père » est NAVY STRUT (Schreiner 74), un iris largement utilisé en hybridation, aussi bien dans la recherche des bleus que dans celle des noirs.

Raven’s Roost est l’aboutissement des travaux de Gordon Plough dans la recherche du noir le plus noir. Il faut faire remarquer que G. Plough est l’un des obtenteurs américains qui s’est le plus impliqué dans cette voie, avec des variétés comme EDENITE, SWAHILI (1964), STUDY IN BLACK (1968), CHARCOAL (1969), BLACK MARKET (1973), variétés que l’on retrouve toutes dans les ancêtres de Raven’s Roost et, donc, de Before the Storm. Le « père » de Raven’s Roost provient de la ligne de recherche de noirs de la maison Schreiner. Il s’agit de PATENT LEATHER (1971), une variété qui n’a pas fait carrière, du moins en Europe, mais dans l’arbre généalogique de laquelle on rencontre les principaux noirs de Schreiner : PRINCE INDIGO (1964), NIGHTSIDE (1966), STORM WARNING, ETHIOP QUEEN, LICORICE STICK et enfin BLACK FOREST, le géniteur d’origine de pratiquement tous les noirs actuels.

La descendance de Black Forest est édifiante : A la première génération il y a eu DARK BOATMAN, BLACK HILLS, BLACK TAFFETA, STORM WARNING/ ENSUITE ON TROUVE PAR EXEMPLE ECSTATIC NIGHT, BLACK SWAN, STUDY IN BLACK, DARK FURY, LICORICE STICK, puis CHARCOAL, MIDNIGHT SPECIAL, TROPICAL NIGHT, DUSKY EVENING, BLACK MARKET, OPENING NIGHT, DUSKY DANCER, BASIC BLACK, MATINATA, puis TUXEDO, DARK TRIUMPH, NIGHT OWL, etc.

Si l’on reprend l’arborescence des ancêtres de Hello Darkness, pur produit Schreiner, on ne va pas voir les noirs de Plough, mais toutes les autres variétés que l’on vient de citer, ou presque, se retrouvent dans son pedigree. Il est le fils de TITAN’S GLORY (Schreiner 81 – DM 88) et de MIDNIGHT DANCER (Schreiner 91). Titan’s Glory compte parmi ses ancêtres Navy Strut et Prince Indigo, Midnight Dancer descend de Navy Strut, Black Swan, un frère de semis de Tuxedo…

C’est avec les bons légumes qu’on fait les bonnes soupe. Cet aphorisme s’applique tout à fait à Before the Storm et à Hello Darkness. Les enfants de ces deux iris seront toujours plus noirs, comme GHOST TRAIN (Schreiner 2000) et tous ceux qui apparaîtront dans les années à venir.

28.11.01

ROBERT SCHREINER

Tous ceux qui s’intéressent aux iris connaissent la maison Schreiner, celle dont le nom apparaît derrière celui d’une quantité incroyable d’iris de grande qualité répandus dans le monde entier. Mais peu de personnes connaissent ceux qui ont créé puis développé cette entreprise d’une taille inconnue sur notre continent dans un domaine aussi restreint que les iris.

Le fondateur de la maison fut Francis X. Schreiner, chef de rayon et acheteur dans un grand magasin, qui s’intéressait aussi au jardinage. A partir de 1917 il s’est mis à cultiver les iris. Dès 1925 il disposait d’assez de marchandise pour publier une première liste, bientôt suivie, en 1928, d’un véritable catalogue. L’année suivante Francis Schreiner abandonnait son métier et se consacrait exclusivement à la production d’iris. A cette époque son fils Robert avait 19 ans.

Pour connaître la suite de l’histoire, il n’y a rien de mieux que de lire ce qu’a écrit à ce sujet Keith Keppel dans le bulletin n° 320 de l’AIS.

« Francis encouragea son fils à s’intéresser aux iris, et ce dernier, dès l’âge de 9 ans, disposait de sa propre planche. Combien de parents feraient manquer l’école à leur fils une journée entière pour assister à une exposition d’iris ? Francis l’a fait, parce que le pionnier de l’hybridation Willis Fryer devait être là, et qu’il pensait que Robert devait le rencontrer. Comme Francis était souvent parti pour faire des achats, il confia à Robert la responsabilité de la plantation et des soins aux nouvelles acquisitions, y compris les variétés européennes hors de prix. Francis fit cadeau à son fils du livre de Dykes ‘Le Genre Iris’ ; Robert y fit la connaissance d’obscures espèces originaires de pays exotiques, écrivit au département de botanique de l’université et examina les fameuses graines. A 19 ans il fit ses premiers croisements, et quelques années plus tard entreprit des études de botanique à l’Université du Minnesota. »

« Malheureusement, les études de Robert (surnommé Bob) furent brutalement interrompues en 1931, par la mort de Francis. Robert n’avait que vingt ans, mais il était l’aîné des trois enfants – Constance avait deux ans de moins que lui et Bernard (Gus pour les intimes) en avait neuf. La décision fut prise de continuer le commerce des iris, en dépit des âpres réalités de la crise économique. Constance (Connie) donnait un coup de main au bureau et Gus travaillait aux champs après l’école. Ainsi, comme maintenant, les Jardins Schreiner étaient une véritable affaire de famille, tellement qu’aujourd’hui il est difficile de séparer l’individuel du collectif. »

« Mais au début c’est surtout Robert qui s’occupait de l’hybridation, et il avait du sujet une approche éclectique. Si l’on consulte le plan de plantation de 1933, on voit un nombre prodigieux de croisement de grands iris. Et s’y ajoute une abondance de croisements concernant des iris nains, intermédiaires, ou même de purs arils comme parents d’un côté ou des deux. Il y avait des croisements d’Iris aphylla et autres avec Iris albertii ; d’autres entre des espèces de la section des juno. Plantées dans des boîtes il y avait des ‘graines d’Europe’ : espèces en provenance d’Autriche, de Bulgarie, de Roumanie et de Russie. »

« En 1935 est apparue la première introduction Schreiner : ‘Lucrezia Bori’. Alors qu’aujourd’hui quand on dit Schreiner on pense grands iris, dans les dix années qui suivirent les catalogues Schreiner comptaient des introductions d’iris oncos, et d’iris intermédiaires. » …

« Bob s’est intéressé dès le début aux iris sombres, et ‘Ethiop Queen’ (1938) était tout à fait estimable, mais c’est le petit ‘Black Forest’ (1945) qui incluait des gènes d’I. aphylla, qui a enclenché la succession rapide de grands iris de plus en plus sombres et de plus en plus grands. … »

« Une autre recherche fut celle des iris dentelés dans une large palette de couleurs. Les dentelures sont apparues parmi les semis des frères Sass au début des années 30, mais ceux-ci les considéraient plutôt comme des anomalies et ne poursuivirent pas dans cette direction. Les visiteurs pouvaient acheter ces semis comme des nouveautés, et ce fut Dave Hall, fameux pour ses iris rose flamand, qui lança les iris dentelés en 1943 avec son ‘Chantilly’. Avant l’apparition de ‘Chantilly’, Bob avait commencé un programme incluant la variété de Sass ‘Matula’, et il a introduit en 53 le rose orchidée dentelé ‘Lavanesque’ suivi l’année suivante par ‘Orchid Ruffles’ et ‘Crispette’. En 55 ‘Carmela’ amena les dentelures parmi les fleurs dans les tons de brun. Ce premier travail se situe derrière les délicieuses variétés issues de ‘Salem’. »

« Parlez des grands iris de Schreiner et vous pensez inévitablement aux bleus – et rouges- deux classes de couleur si largement explorées pendant des années. Les uns et les autres se basent sur les premiers travaux de Bob. Il y eut un moment une forte poussée vers les bruns et les ‘blends’, mais ces lignes là ne furent pas poursuivies parce qu’elle furent considérées comme pas assez commerciales. »

« Quelquefois vous n’êtes pas complètement satisfait, mais il faut tenir bon. Au fur et à mesure que l’affaire prenait de l’ampleur, l’emploi du temps de Bob devint de plus en plus exigeant. Voyages outremer, supervision, photographies, relations publiques, et autres…laissèrent de moins en moins de temps pour le programme d’hybridation. Gus se chargeait du travail des champs, y compris les semis et le programme d’hybridation, mais c’était toujours initié par Bob, et ils se consultaient tous les trois quand venait le moment de choisir les introductions du nouveau catalogue. Cependant Bob n’a jamais perdu son intérêt pour l’hybridation, même en ce qui concerne les petits iris. Il gardait près de la maison quelques semis faisant appel aux Iris reichenbachii, plantes à fleurs de taille intermédiaire dans les tons de rouge à magenta, avec de grosses barbes bleues. Certains de leurs descendants parmi les grands iris sont en culture maintenant et on peut espérer qu’en sortira le roue à barbes bleues que Bob prévoyait. »

« On peut seulement se demander si l’adolescent du Minnesota avait une idée d’où la vie pouvait le mener, et de l’effet important qu’il aurait sur les iris et leurs amateurs. Comment le difficile déménagement de St Paul à Salem (Oregon) dans les années 40 donnerait naissance à une pépinière d’iris de plusieurs centaines d’hectares. Qu’il recevrait la Médaille d’Honneur de l’AIS en 72, que les Schreiner (Bob, Gus et Connie considérés comme une équipe) obtiendraient la Medaille des Hybrideurs en 54, et qu’il serait distingué personnellement par la rare Médaille d’or de l’AIS en 94. Les récompenses ne sont pas venues des seules sociétés iridophiles américaines. La Foster Memorial Plaque de la BIS en 63, la médaille de la Société d’Horticulture du Massachusetts pour services remarquables à l’horticulture en 75, et la Distinguished Service Medal de la Perennial Plant Association en 88 viennent à l’esprit. »

« Une liste des récompenses obtenues par les iris Schreiner serait fastidieuse. Il suffit de mentionner au passage les nombreuses Médailles de Dykes et les Florins d’Or de Florence comme un petit exemple du total, et de leur laisser le soin de faire la preuve absolue de l’importance de cet homme dont le travail d’hybridation a commencé dès l’adolescence. Qu’une brindille est devenue un arbre puissant. »

27.11.01

BEFORE THE STORM

Le quatrième iris de la série « Iris de la semaine » sera BEFORE THE STORM (Innerst 89 – DM 96). Il fait partie de ce que l’on appelle les iris « noirs », et constitue l’un des aboutissements d’une longue série d’amélioration et d’approfondissement de la couleur. Les variétés étudiées précédemment procédaient toutes d’une recherche de quelque chose de nouveau, celle-ci résulte d’un autre type de recherche : ne pas vouloir faire du neuf, mais améliorer ce qui existe déjà.

La même ligne de conduite a par ailleurs été également suivie par la maison Schreiner pour obtenir et enregistrer un autre vainqueur de la DM : HELLO DARKNESS (Schreiner 92 – DM 99), et l’on verra plus loin que ces deux cultivars sont des cousins assez proches.

BEFORE THE STORM est un iris violet très foncé, pratiquement noir. Comme la plupart des noirs, il est un peu délicat à faire pousser et ses fleurs ne sont pas très ondulées. Mais ce qui compte le plus, c’est qu’il soit d’un beau noir, uni et velouté. De ce côté là il n’y a aucun reproche à lui faire ! Il est le produit du croisement de deux autres « noirs », SUPERSTITION (Schreiner 77) et RAVEN’S ROOST (Plough 81). Du côté maternel, on n’a que des informations partielles car la « mère » de Superstition est un semis dont la check-list de l’AIS ne dit rien, mais sont « père » est NAVY STRUT (Schreiner 74), un iris largement utilisé en hybridation, aussi bien dans la recherche des bleus que dans celle des noirs.

Raven’s Roost est l’aboutissement des travaux de Gordon Plough dans la recherche du noir le plus noir. Il faut faire remarquer que G. Plough est l’un des obtenteurs américains qui s’est le plus impliqué dans cette voie, avec des variétés comme EDENITE, SWAHILI (1964), STUDY IN BLACK (1968), CHARCOAL (1969), BLACK MARKET (1973), variétés que l’on retrouve toutes dans les ancêtres de Raven’s Roost et, donc, de Before the Storm. Le « père » de Raven’s Roost provient de la ligne de recherche de noirs de la maison Schreiner. Il s’agit de PATENT LEATHER (1971), une variété qui n’a pas fait carrière, du moins en Europe, mais dans l’arbre généalogique de laquelle on rencontre les principaux noirs de Schreiner : PRINCE INDIGO (1964), NIGHTSIDE (1966), STORM WARNING, ETHIOP QUEEN, LICORICE STICK et enfin BLACK FOREST, le géniteur d’origine de pratiquement tous les noirs actuels.

La descendance de Black Forest est édifiante : A la première génération il y a eu DARK BOATMAN, BLACK HILLS, BLACK TAFFETA, STORM WARNING/ ENSUITE ON TROUVE PAR EXEMPLE ECSTATIC NIGHT, BLACK SWAN, STUDY IN BLACK, DARK FURY, LICORICE STICK, puis CHARCOAL, MIDNIGHT SPECIAL, TROPICAL NIGHT, DUSKY EVENING, BLACK MARKET, OPENING NIGHT, DUSKY DANCER, BASIC BLACK, MATINATA, puis TUXEDO, DARK TRIUMPH, NIGHT OWL, etc.

Si l’on reprend l’arborescence des ancêtres de Hello Darkness, pur produit Schreiner, on ne va pas voir les noirs de Plough, mais toutes les autres variétés que l’on vient de citer, ou presque, se retrouvent dans son pedigree. Il est le fils de TITAN’S GLORY (Schreiner 81 – DM 88) et de MIDNIGHT DANCER (Schreiner 91). Titan’s Glory compte parmi ses ancêtres Navy Strut et Prince Indigo, Midnight Dancer descend de Navy Strut, Black Swan, un frère de semis de Tuxedo…

C’est avec les bons légumes qu’on fait les bonnes soupes. Cet aphorisme s’applique tout à fait à Before the Storm et à Hello Darkness. Les enfants de ces deux iris seront toujours plus noirs, comme GHOST TRAIN (Schreiner 2000) et tous ceux qui apparaîtront dans les années à venir.

17.11.01

SKY HOOKS

Avec SKY HOOKS, les iris à éperons (en américain iris Space Age) ont acquis leurs lettres de noblesse. Parce qu’il rassemble à la fois force, beauté et élégance, il est devenu l’une des variétés les plus utilisées en hybridation par tous ceux qui souhaitaient entreprendre ou améliorer une lignée d’iris à éperons. Avec un peu de chance il aurait pu obtenir la Médaille de Dykes en 1990, puisqu’il a terminé troisième de la compétition, derrière Jesse’s Song, Az et Everything Plus. Pour voir un iris Space Age remporter la médaille, il faudra attendre jusqu’en 97, et le triomphe de Thornbird, qui est l’un de ses nombreux descendants.

SKY HOOKS (Manley Osborne 1980) se distingue par des fleurs amples et bien ondulées, une couleur jaune un peu teinté de vert, et surtout de beaux éperons bleus à l’extrémité de barbes jaunes. Lorsqu’on admire la fleur, présente aujourd’hui dans la plupart des jardins d’iris, on ne cherche pas forcément à savoir de qui il tient ces divers éléments. Cependant l’examen de son pedigree, on comprend que tout cela est le résultat que l’on pouvait attendre des différents gènes qu’il contient.

Il est le produit de quatre sources : une source blanc pur, blanc bleuté, voir bleu ciel du côté maternel ; une source rose, du côté de son père, avec des antécédents jaunes et, bien entendu des éperons !

Sa « mère » est Wedding Vow (Joë Ghio 72) un blanc issu d’une longue lignée de blancs et de bleus : dans les premières générations on trouve Patricia Craig (Tom Craig 62), un blanc, First Courtship (Ghio 62), un autre blanc, Junior Prom (Ghio 66), un blanc glacier, et Nina’s Delight (Ghio 62), un blanc à barbes bleues. Plus loin, on trouve Frosted Starlight (Ghio 61), un autre bleu glacier, enfant d’un blanc, New Snow (Fay 46) et d’un bleu archi célèbre, Chivalry ; Frieda’s Favourite (Craig 60), toujours un blanc, Jane Phillips (Graves 50), un fameux bleu ciel descendant d’Helen McGregor,Violet Harmony (Lowry 48 – DM 57), et Mary McClellan (Craig). De cette ascendance Sky Hooks tient à la fois le bleu de ses éperons et la teinte un peu verte de son coloris.

Son « père » s’appelle Moon Mistress (Osborne 75), un iris pèche à éperons assortis, lui-même issu d’une lignée de roses chair : Chinese Coral (Fay 62), Mary Randall (Fay 50 – DM 54), Fleeta… et d’une lignée d’iris à éperons, dans les tons de jaune : Spooned Blaze (Austin 64), Lemon Spoon (Austin 60), Horned Papa… D’où à la fois les éperons et la coloris jaune clair.

La descendance de Sky Hooks est immense. Dans ma documentation j’ ai décelé plus de 120 descendants au premier degré, mais je suis loin du compte ! Pour mémoire j’en citerai quelques uns qui ont atteint une certaine célébrité : Antigua Soleil (Anfosso 90), Carmagnole (Anfosso 89), Conjuration (Byers 8ç – DM 98), Flûte Enchantée (Anfosso 91), Lurid (Byers 87), Magic Kingdom (Byers 89), Mesmerizer (Byers 91), Ostrogoth (Peyrard 94), Thornbird (Byers 89 – DM 97), Triple Whammy (Hager 90), pour ne parler que de cette génération là.
QUESTION DE FORME

Celui qui ne s’intéresse que superficiellement aux iris ne fera pas forcément la différence entre une fleur d’iris germanica ou pallida, comme on en voit dans tous les jardins, et une fleur de grand iris barbu. L’une et l’autre ont trois pétales dressés en dôme, trois sépales retombants et des barbes.

Et pourtant ! Le spécialiste, lui, saura distinguer et même pourra dire, sans trop de risque de se tromper, en quelle décennie la variété qu’on lui présente a été obtenue. Une grande partie de travail des hybrideurs a porté sur la forme des fleurs. Le progrès a consisté à corriger ce qui pouvait manquer de grâce dans la fleur botanique : raideur de l’ensemble, étroitesse des sépales, manque de rigidité des pétales. Il a contribué aussi à apporter de petits détails, comme le bord lacinié des parties florales, qui donnent à l’ensemble un chic particulier. On peut dire qu’il y a autant de différences entre une fleur d’iris botanique et une fleur d’iris moderne qu’entre une robe coupée à la maison et une tenue de soirée signée d’un grand couturier.

Le chemin a été long, et il n’est sûrement pas près de s’achever. Prenez, par exemple l’iris ALCAZAR (Vilmorin 1910). Il est très proche de l’iris botanique, aucune ondulation, pas trace de frisettes, des sépales qui pendent comme des oreilles de cockers… Regardez ensuite JEAN CAYEUX (Cayeux 1931) : les pétales sont encore un peu mous, mais les sépales ne s’effondrent plus, commencent à prendre de l’ampleur. Comparez avec BY LINE (de Forest 1952 – Florin d’or 53) : les pétales ont pris de la rigidité, les sépales s’étalent, manquent encore les ondulations. BABBLING BROOK (Keppel 69 – DM 72), a côté de cela a pris une allure franchement moderne, les pièces florales ondulent gracieusement, les sépales, larges, se tiennent horizontaux sur plus de la moitié de leur longueur, les pétales, soutenus par des côtes robustes se dressent vigoureusement ; la récompense suprême n’a pas été usurpée.

Dix ans plus tard, RINGO (Shoop 79) atteint une sorte de paroxysme en matière d’ondulations, et les épaules des sépales sont si développées que ceux-ci restent parfaitement horizontaux jusqu’à ce que la fleur se fane. Mais une certaine réaction va se faire, avec le retour des iris a fleurs rigoureusement dessinées, adieu le flou. C’est le cas, par exemple chez CODICIL (Innerst 85) ou WINESAP (Byers 89), et c’est une forme appréciée par l’obtenteur franco-britannique Lawrence Ransom, et que l’on trouve chez son tout récent BARBOUZE (2001).

Une autre transformation a été l’apparition des fines dentelures sur le bord des pièces florales. Cela confère de la légèreté à l’ensemble, c’est un col de plumes d’autruche sur une robe de soirée. FABULOUS FRILLS (Schreiner 75) ou LACED COTTON (Schreiner 80) sont des illustrations remarquables de ce développement, que l’on trouve aussi chez FRINGE BENEFITS (Hager 88) et, en Europe chez FLOUNCED BAJAZZO (Muska 98).

Une autre évolution a marqué la tenue horizontale des sépales. Ceux-ci ont pris de plus en plus d’ampleur à leur base, de sorte qu’ils ne plient plus sous leur propre poids et restent bien droits, comme dans les variétés françaises suivantes : ANTIGUA SOLEIL (Anfosso 90), AU PAIR (Ransom 95), BUISSON DE ROSES (Cayeux 97), ou celles de Hager : ANNA BELLE BABSON (85), KATHERINE KAY NELSON (93), ou de Keppel : FLAMENCO (77), THUNDERCLOUD (73) (position favorisée dans ces variétés par la légèreté de la fleur, qui est restée assez petite) ou encore de Blyth : AFFAIRE (93).

Il faut aussi parler d’une autre évolution, celle de la disposition des pétales. On a vu les pétales des iris botaniques, qui s’écrasaient un peu, surtout sous la pluie. Ce défaut a été corrigé en rigidifiant peu à peu les côtes qui les soutiennent et en recherchant d’autres situations où les pétales s’entraident à rester verticaux. Ainsi ont été sélectionnées des variétés dont les pétales s’enroulent comme des boutons de rose, plutôt que de se croiser en dôme. C’est le cas de BAYBERRY CANDLE (DeForest 69), de CALAMITÉ (Anfosso 82) ou de CAROLINE PENVENON (Nichol 89). Certains ont retenu des fleurs sont les pétales, franchement dressés, s’ouvrent un peu par le haut, souvent dans une abondance d’ondulations. Voyez BUBBLING OVER (Ghio 82) ou BUBBLE UP (Ghio 88), CARRIBEE (Hager 90) ou CERDAGNE (Segui 89).

Cependant la majorité des obtenteurs optent pour des fleurs de forme classique, mais amples et bien disposées, qui ne se démodent pas. C’est le choix traditionnel de l’équipe SCHREINER dont les iris superbes conservent une forme majestueuse et opulente : BREAKERS (86), CHAMPAGNE WALTZ (94 - FO 97), CELEBRATION SONG (93) en sont des exemples récents ; la même politique est suivie par la maison Cayeux (FRISON-ROCHE 94), MER DU SUD (97), ROUGE GORGE (2000).

Cela n’empêche pas certains de présenter des plantes aux caractéristiques florales très anormales – pas de pétales, pas de barbes – mais je ne sais pas si c’est un progrès, ou plutôt une volonté de se singulariser. Enfin disons un mot des appendices divers qui ornent maintenant un grand nombre de cultivars. Ces modifications génétiques ne font pas l’unanimité même si deux iris à éperons ont déjà été couronnés de la Dykes Medal : CONJURATION (Byers 89 – DM 98) et THORNBIRD (Byers 89 – DM 97), mais une variété comme MESMERIZER (Byers 91) devrait réconcilier tout le monde sur ce sujet, tant les appendices gracieux qu’une telle fleur comporte montrent la voie vers des iris « flore pleno », ou, plus simplement, à fleurs doubles.

On n’arrête pas le progrès, c’est banal de le dire, mais c’est vrai dans le domaine des iris comme dans tout autre, et les années avenir verront apparaître de variétés avec des nouveautés qui nous feront aimer encore plus nos fleurs préférées.


10.11.01

KILT LILT

L’iris de la semaine s’appelle KILT LILT. Il a été enregistré par Jim Gibson, de Porterville, Californie, en 1969 et a obtenu la Médaille de Dykes en 1976.

C’est le type parfait de ce que l’on appelle un « variegata-plicata ». Variegata parce qu’à base de jaune orangé, pour les pétales, et de brun, pour les sépales ; mais plicata parce que le brun des sépales est agrémenté d’une tache blanche sous les barbes largement piquetée de brun sombre, le bord des sépales étant d’un brun clair. Une flamme brun sombre part des barbes, oranges, et atteint le bord de la fleur.

Ce type de coloris est maintenant largement connu et des variétés célèbres l’arborent : Broadway (Keppel 81) et ses parents Caramba et Flamenco, Morocco (Keppel 80), lui-même fils de Kilt Lilt, Desert Echo (D. Meek 80), Bengal Tiger (Maryott 81), Dazzling Gold (Anderson 81), Chuckles (Ghio 87), Test Pattern (Ghio 90), Light Show (Keppel 91) et son descendant Sneezy (Keppel 96), ou le français Corbières (Segui 82), pour n’en citer que quelques uns. Mais le grand maître en la matière a été James Gibson qui s’en est fait une spécialité bien à lui. Parmi ses nombreuses réussites dans le genre, citons chronologiquement Spyglass Hill (82), Chickasaw Sue (83), Lemon and Spice (85), Thunder Echo (87), Yellow Brick Road (92), Living Legacy (93)… « The World of Irises », sous la plume de Melba Hamblen et Keith Keppel, raconte que Jim Gibson a décidé dès 1940 de consacrer ses efforts d’hybridation sur les plicata, et qu’en effectuant une visite chez Mitchell, il a recueilli du pollen d’un semis brun-rouge qui lui plaisait. De retour chez lui, il n’a trouvé qu’un seul iris plicata en mesure de recevoir ce pollen, il s’appelait Sacramento. C’est de ce mariage, effectué un peu à la sauvette, qu’est née la longue lignée de ses variegata-plicata.

L’arbre généalogique de KILT LILT ne peut être développé que d’un côté car on ne connaît rien de sa « mère ». En revanche, du côté du père, on dispose de renseignements précis. Il s’agit de Golden Filigree (Gibson 64), qui est déjà un variegata-plicata qui descend de deux autre iris du même type, Henna Stiches (Gibson 60) et Wild Ginger (Gibson 60).

Cette dernière variété descend de deux ancêtres illustres, le français Madame Louis Aureau (Cayeux 34), un plicata rose pourpré, et Tiffany (Sass), un autre plicata, largement utilisé par une foule d’obtenteur dans les années 40 et 50. Ces deux iris ont donné Gibson Girl, fameux plicata violet sur blanc, dont l’un des frères de semis, marié à Firecracker (qui a apporté la couleur brune), a donné un plicata brun, Taholah (Gibson 56), une autre variété-fétiche des hybrideurs des années 50. L’union avec Floradora Flounce, une variété qui contient par deux fois Taholah dans ses géniteurs a donné naissance à Wild Ginger, remarquable variegata-plicata dont on retrouve la trace dans la plupart des variétés modernes de cette catégorie.

KILT LILT, par la chaleur de ses couleurs et l’élégance de sa fleur, a bien mérité la récompense qu’il a reçue. Il reste aujourd’hui un élément de valeur dans tous les jardins d’iris.

7.11.01

PLICATAS POPULAIRES

(Traduction d’un article de Keith Keppel, paru dans le Bulletin Spécial de l’AIS, pour son 75eme anniversaire, mai 1995)

La première médaille de Dykes américaine est allée au plicata SAN FRANCISCO en 1927, mais il a fallu attendre quarante et un an pour qu’un autre plicata obtienne cet honneur. En revanche, le dernier quart de siècle a été un âge d’or pour le développement et l’intérêt porté aux « plics », avec trois nouveaux vainqueurs de la DM : KILT LILT (76), JESSE’S SONG (90) et EVERYTHING PLUS (91). Au cours des vingt-cinq dernières années, trente-quatre Awards of Merit ont été accordés à des grands iris plicatas.

Un progrès est basé sur un succès préalable, c’est là dessus qu’il faut tabler dans une discussion sur l’obtention actuelle de plicatas. Il y a trois plicatas des années 60 qui ont eu une influence profonde sur la recherche. ROCOCO (Schreiner 60) a apporté les ondulations dans une classe qui n’était pas en avance dans ce domaine. Cette modernisation a amené de nombreux hybrideurs qui évitaient traditionnellement cette classe, à se lancer dans des projets de plicatas. L’intérêt initial a été accru par l’aspect de STEPPING OUT (Schreiner 64), vainqueur de la DM en 68 et plante de jardin extraordinaire, qui a montré que les plicatas n’étaient pas limités à une appréciation limitée, mais pouvaient être de remarquables éléments de décoration. Une troisième variété importante a été APRIL MELODY (Gibson 67). Les plicatas antérieurs comportant le facteur orange étaient rares et généralement insignifiants. Avec l’arrivée et l’utilisation d’APRIL MELODY, un fort courant d’innovations dans le domaine des barbes oranges a commencé à se développer.

Un quatrième ancêtre des plicatas modernes doit être mentionné : PROGENITOR, avec son rejeton médaillé de Dykes, WHOLE CLOTH (Cook 58). PROGENITOR, humble iris intermédiaire ainsi nommé par Cook pour simplifier les discussions et les enregistrements, et son descendant à la quatrième génération WHOLE CLOTH ne sont pas des plicatas, et ne portent pas autant que l’on sache ce facteur génétique, mais ils doivent contenir le gène requis pour inhiber la pigmentation anthocyanique dans les pétales (mais pas, ou peu, dans les sépales). Puisque les pigments anthocyaniques sont le tissu dont sont faits les dessins plicatas, cela signifiait qu’il était possible d’obtenir des « bicolor-plicatas », iris avec pétales unis et sépales à dessins plicatas.

Des trente-quatre grands iris qui ont reçu l’AM depuis 70, seulement cinq ne proviennent pas de ROCOCO, STEPPING OUT ou APRIL MELODY : KILT LILT, SUMMER SUNSHINE, SHOWCASE, WILD JASMINE et LACED COTTON. Des 29 restants seul ODYSSEY n’est pas un descendant de ROCOCO ! Quatorze proviennent de APRIL MELODY, neuf de STEPPING OUT, et seize descendent de PROGENITOR.

Parmi ces 34 lauréats on trouve une bonne représentation de ce que contient maintenant la famille plicata. Il y a LACED COTTON, un plicata minimaliste si finement marqué qu’on a du mal à l’identifier comme plicata ; de vigoureux, brillants plicatas à fond blanc comme GOING MY WAY et TENNISON RIDGE ; des variétés fermement marquées comme MODERN CLASSIC et d’autres, finement dessinées, comme RARE TREAT, plus ceux comme GENTLE RAIN ou JESSE’S SONG avec un dégradé s’estompant à partir du liseré ; des néglecta-plicatas comme THEATRE et EVERYTHING PLUS, des amoena-plicatas comme SNOWBROOK. Des plicatas à fond jaune comme SUMMER SUNSHINE et SHOWCASE, des variegata-plicatas comme WILD JASMINE, CARAMBA et BROADWAY. Des variations avec le facteur mandarine, depuis ANON, légèrement marqué, jusqu’à RANCHO ROSE et MISTRESS, plus vifs, et QUEEN IN CALICO ou RASPBERRY FUDGE franchement colorés. Des combinaisons à base de mandarine comme ACOMA, CAPRICIOUS et GIGOLO…

Quel est l’avenir ? De récentes introductions, ou des variétés en attente d’être introduites, montrent une batterie toujours croissante de couleurs orangées, certaines avec un fond rose ou orange foncé, et des marquages toujours plus frappants comme chez ABSTRACT ART, POWER SURGE et EPICENTER. ROCK STAR ajoute des éperons à cette catégorie. DAREDEVIL présente des barbes mandarine en combinaison avec des dessins bleus. Les barbes mandarine elles-mêmes deviennent brique, brun, ocre, chocolat ou autre, ajoutant un nouvel intérêt. Au demeurant, des plicatas à fond blanc ou jaune, plus conventionnels, deviennent de plus en plus ondulés et frisés.

Les luminatas longtemps délaissés commencent à faire leur entrée dans le camp : FLIGHTS OF FANCY, SPIRIT WORLD et MIND READER sont trois innovations dans ce domaine.

Les « non-plicata plicatas » (oui, s'il y a de la bière sans alcool, pourquoi pas des plicatas sans dessins ?) font aussi leur retour. Ces blancs « de glace » et ces « citrons glacés » avec leurs marquages inhibés et donc invisibles apparaissent dans plusieurs autres couleurs et peuvent être rassemblés sous le terme nouveau de « glaciata ». Exhibant une clarté de coloris remarquable, BURNING LIGHT, GODDESS, CLASSMATE et ANSWERED PRAYERS sont quelques-uns de ces nouveaux iris « de glace ».

Il y avait huit plicatas dans la liste de 1970 du Symposium des grands iris ; leur nombre a cru jusqu’à quatorze sur cent dans la liste de 94. Nous pouvons parier que le nombre des plicatas populaires s’accroîtra encore dans les vingt-cinq prochaines années.

3.11.01

ALTRUIST

Il y a peu de temps, j’ai parlé du dernier vainqueur de la Dykes Medal, Yaquina Blue. Je faisais remarquer combien son pedigree était empli d’ancêtres glorieux. Aujourd’hui c’est un autre iris bleu, d’une lignée non moins prestigieuse, que je vais évoquer ; il s’agit de ALTRUIST (Schreiner 87). J’ai choisi cette variété un peu par hasard, parce que j’aime bien son bleu pâle marqué de blanc au cœur, et que je me suis aperçu, en établissant sa biographie qu’à l’instar de Yaquina Blue, elle est d’une lignée truffée de grands iris.

ALTRUIST a pour parents un semis de VICTORIA FALLS (Schreiner 77 – DM 84) et de TIDE’S IN (Schreiner 83), un iris abondamment utilisé par les hybrideurs. A partir de là, on entre dans un arbre généalogique impressionnant. Victoria Falls provient de White Pride (Branch 62) et de Violet Favor (O. Brown 71), un iris blanc et un iris violet. White Pride descend d’un bon iris blanc, Spanish Peaks, que l’on retrouve dans une autre branche de la famille d’Altruist ; Violet Favor est le fils de Silver Trail et de Queen’s Favor, dont on reparlera un peu plus loin.

Du côté de Tide’s In on trouve trois iris célèbres : Fashion Trend (Palmer 73), Blue Chiffon (Schreiner 66) et Sapphire Hills (Schreiner 71). Fashion Trend n’a que des ténors parmi ses ancêtres : au premier degré il y a Queen’s Favor (Palmer 63) et Winter Olympics (O. Brown 63 – DM 67), fils d’un autre DM, Eleanor’s Pride (DM 61). Queen’s Favor provient de First Violet (DeForest) – DM 56, et Violet Harmony (Lowry 48 – DM 57) le premier est un enfant du fameux Chivalry, et le second, du non moins fameux Snow Flurry !

Blue Chiffon (Schreiner 66) descend, lui aussi d’Eleanor’s Pride (Watkins 56 – DM 61) et d’un grand bleu, Salem (Schreiner 57). Quant à Sapphire Hills, une variété qui a eu un succès fou auprès des amateurs du monde entier, parce que considérée longtemps comme le meilleur bleu pur jamais obtenu, il descend d’une lignée de bleus : Galilee, Salem (encore), Parisian Blue (Schreiner 64), fils de Melissa et de Sylvan Stream (Schreiner 61) chez lequel on retrouve des célébrités comme Pierre Menard (frère foncé de Galilee), Blue Rhythm (Witting 45 – DM 50), Chivalry (Wills – DM 47) et Harbor Blue…

ALTRUIST, pour revenir à lui n’est pas seulement une variété remarquable, on ne peut pas ne pas aimer son ton pastel et le charme de sa fleur, typique de la « Schreiner’s touch », il a été également utilisé en hybridation pour obtenir des variétés à base de bleu ciel, comme Water Ballet (Ghio 93) ou Skywalker (Schreiner 96).

ALTRUIST est une variété de qualité, mais à se pencher sur ses origines, on se rend compte à quel point les cultivars modernes laissent apparaître leur consanguinité. C’est certainement la raison de la fragilité de plus en plus évidente des iris d’aujourd’hui.

PS : L’analyse d’Altruist marque le début d’un feuilleton hebdomadaire. Chaque semaine, désormais, une variété remarquable sera passée au crible. La semaine prochaine nous parlerons de KILT LILT, ce qui donnera l’occasion d’étudier les iris que l’on appelle « variegata-plicata ».

21.10.01

BON CHIEN CHASSE DE RACE

Il est à peu près impossible (sauf à disposer des archives de la maison Schreiner) de reconstituer exactement le pedigree de YAQUINA BLUES, le dernier vainqueur de la Dykes Medal. Cependant avec les éléments dont chacun peut disposer, on s’aperçoit que parmi ses ancêtres identifiés figurent au moins cinq autres vainqueurs de la DM !

Ainsi, par SAPPHIRE HILLS, il descend de PARISIAN BLUE, lequel a dans sa généalogie BLUE RHYTHM (DM 50) et CHIVALRY (DM47). Par un autre de ses antécédents, NEPTUNE’S POOL, il a pour ancêtres ALLEGIANCE (DM 64) et PACIFIC PANORAMA (DM 65), lequel descend lui-même de SWAN BALLET (DM 59). Peut-être pourrait-on lui trouver d’autres fameux ancêtres par SAILOR’S DANCE, l’un de ces proches parents, si le pedigree de ce dernier n’était pas constitué uniquement de numéros de semis.

Tout cela pour dire aux hybrideurs amateurs que la qualité d’un semis compte énormément dans celle de ses rejetons. Bon chien chasse de race !

16.10.01

LE PARFUM

Dans son catalogue de l’année 2000, la Maison Cayeux a apporté une innovation qui est une première mondiale. Le parfum de chaque variété est indiqué, au même titre que son aspect et ses couleurs. Parler du parfum des iris n’est peut-être plus une nouveauté, car de nombreux obtenteurs notent cette particularité dans le pedigree de leurs nouveaux cultivars. Mais c’est le plus souvent d’une façon sommaire, par exemple : « fort parfum musqué » ou « légèrement parfumé ». Cayeux est allé beaucoup plus loin, en faisant appel à un nez professionnel réputé, Jean Claude Elléna, qui a analysé et identifié le parfum de presque toutes les variétés du catalogue.

En général quand on veut définir le parfum d’une fleur, on le fait par référence à celui de quelque chose de bien connu, facilement identifiable par chacun. M. Elléna a bien entendu choisi ces mêmes repères. C’est ainsi qu’il a découvert une vingtaine de convergences parmi les variétés qu’il a respirées : le lis blanc, la vanille, le gâteau, la mandarine, l’œillet, le muguet, le chocolat, le chèvrefeuille, la mûre, l’orange et la fleur d’oranger, le gâteau au citron, le pamplemousse, la pêche, la frangipane, le pois de senteur… Mais, paradoxe, aucun iris ne sent… l’iris ! A vrai dire la majorité des variétés analysées a été gratifiée d’un parfum « fleuri, doux » qui ne fait référence à rien de précis et que l’on peut sans crainte considérer comme étant l’odeur « sui generis » de l’iris. A mon avis c’est un peu dommage que l’on n’ait pas été trouvé le moyen de dire que ce parfum fleuri doux, caractéristique, était le parfum même de l’iris. Dans le même ordre d’idée le nez de M. Elléna, plu sensible que celui du commun des mortels, a découvert une odeur là où nous disons couramment qu’une variété n’en a pas. Mais à défaut de pouvoir lui trouver une référence particulière, il l’a qualifiée de parfum « discret », ce qui n’est pas faux, mais fait appel, une nouvelle fois à quelque chose d’abstrait, alors que l’on s’attendait à une comparaison concrète.

Cela dit, ne boudons pas notre plaisir, et espérons qu’un jour prochain l’initiative de la Maison Cayeux sera reprise par les autres obtenteurs et que nous disposerons, dans quelque temps, d’un nouvel élément d’appréciation de tous les iris.

2.10.01

H.C.STETSON

Le vainqueur de la compétition de Florence 2001 et le TB H.C. STETSON (Rob Stetson, US, 2001).
Voici la description de cette variété :
Self blanc, infus de rose au cœur, barbes orange, pointes blanches (Art School Angel x Elizabeth Poldark).

L’obtenteur de cette variété, R. Stetson, nouveau venu dans la grande famille des amateurs d’iris, frappe d’entrée très fort. En effet voici le résultat de la compétition allemande, qui s’est tenue cette année pour la dernière fois au Palmengarten de Frankfurt :
Pour les variétés plantées en 98 :
Karl-Foerster-Medaille = Semis TB9512 (Rob Stetson, US, non enregistré à ce jour). Iris neglecta bleu clair/lavande, barbes orange, appendices bleus (Cabaret Royale x Special Feature).
2eme place = Semis 06-LM-98 ( Ladislaw Muska, Slovaquie, non enregistré à ce jour). Plicata crème /violet clair –space age- (Louise Watts x(Sky Hooks x Lady Madonna)).
3eme place = H.C. STETSON (Stetson, US, 2001), voir ci-dessus.

Pour les variétés plantées en 99 :
1er = NITRA (Anton Mego, Slovaquie, 2001) Amoena crème : violet, barbes orange, (parents inconnus) ;
2nd = ANDALOU (R. Cayeux, France,1995).
3eme = BEAKY WIT (L. Muska, Slovaquie,1999). Plicata jaune, éperons violets.

22.9.01

L’EUROPE DES IRIS

On a coutume de comparer l’Europe (de l’Atlantique à la frontière de l’ex URSS) et les Etats Unis, du moins au plan économique et démographique. Mais qu’en est-il au plan de l’iridophilie ? La réponse est simple : rien de comparable !

L’Europe, sur ce plan comme sur beaucoup d’autre, est handicapée par le cloisonnement des Etats et les barrières linguistiques. Chaque pays, dans le domaine qui nous intéresse, a ses goûts et ses habitudes, auxquels s’ajoutent dans une certaine mesure, des problèmes climatiques. De sorte qu’à chaque pays correspond une situation particulière.

L’Europe du Nord est absente de l’iridophilie. Norvège, Suède, Finlande, Etats baltes, Danemark, ont un climat peu favorable à la culture des iris et de ce fait les amateurs sont rares, voire inexistants. Les Pays-Bas, pourtant réputés pour leurs cultures florales, sont plus particulièrement branchés bulbeuses et culture intensive, les iris, hormis les iris de hollande, bien entendu, y sont pour ainsi dire ignorés. Avec la Belgique commence la zone où l’on cultive les iris. Plusieurs amateurs éclairés y pratiquent l’hybridation, notamment aujourd’hui Koen Engelen (Grands Iris et Iris du Japon) et Willy Hublau (Iris de Japon). Une association rassemble les amateurs d’iris, d’hémérocalles, etc.…

Même si cela peut paraître surprenant à beaucoup, l’Allemagne est un pays important en matière d’iridophilie. Chaque année de nombreuses variétés nouvelles y apparaissent et plusieurs obtenteurs ont une véritable notoriété : Harald Moos, Dietmar Görbitz, Eberhard Fischer, Manfred Beer ou Rainer Zeh enregistrent chaque année des variétés nouvelles de grands iris, il en fut de même pour Lothar Denkewitz jusqu’à sa récente disparition. Thomas Tamberg de son côté, est un spécialiste des iris de Sibérie et des hybrides interspécifiques (sib-color, cal-sib, sib-tosa…). Le problème en Allemagne, c’est que les obtenteurs, à l’exception de T. Tamberg, ne cherchent pas vraiment à faire connaître leur production au-delà de leurs frontières, et que la commercialisation des variétés allemande est très mal assurée. Particularité allemande : pas d’association spécifique pour les amateurs d’iris, mais un groupe au sein de la GDS (Société des amateurs de plantes vivaces).

La Grande Bretagne est depuis toujours un grand pays en matière d’iris. Elle reste l’un de ceux qui attribuent chaque année une médaille de Dykes ( elle fournit d’ailleurs les autres médailles portant cet illustre nom). Les amateurs y sont nombreux, de même que les hybrideurs. Barry Dodsworth est peut-être le plus connu d’entre eux, mais il faut compter aussi avec Cy. Bartlett, Robert Nichol (récemment décédé) et, chez les dames, Nora Scopes, Maureen Probert ou Anne Blanco-White. La B.I.S. est une des plus importantes sociétés iridophiles du monde. Nombreux aussi sont les producteurs, car il y a véritablement une clientèle pour les iris. A noter que les jardiniers anglais ont un grand attachement pour les variétés anciennes et que les catalogues en proposent un grand nombre.

On ne parle pas d’iris en Espagne ou au Portugal, pas davantage en Grèce ou dans les Balkans. Problème de climat ? Sans doute pas seulement, il faut compter surtout sur un problème de culture (aux deux sens du terme).

En Europe du Sud, il n’y a que l’Italie qui compte un grand nombre d’amateurs d’iris.
Ce pays se distingue même par le fameux concours de Florence qui récompense chaque printemps une variété remarquable. Au plan de l’hybridation, l’Italie connaît quelques obtenteurs intéressants, Augusto Bianco, qui élève peu à peu son entreprise au rang des plus importantes d’Europe, ou Valeria Romoli, qui est un amateur éclairé et qui a été récompensée l’an dernier par un Florin d’Or, dans son propre pays. La Società Italiana del’Iris, qui attribue les médailles de Florence, regroupe les amateurs du pays. Tout à côté, la petite Slovénie abrite un bon obtenteur, Isidor Golob.

En Autriche il n’y a pas actuellement d’hybrideur professionnel ou amateur enregistrant des variétés, mais la maison Mattuschka est l’une des seules au monde à proposer à la vente des cultivars allemands.

Toute différente est la situation en Slovaquie voisine. Un grand hybrideur s’y est révélé ces dernières années, Ladislaw Muska, qui commercialise ses propres iris. D’autres obtenteurs y font leur apparition, comme Anton Mego et Jan Stillhammer.

Un foisonnement encore plus étonnant existe en République Tchèque. Mais il s’agit d’un pays qui a une longue tradition iridophilique, avec notamment Milan Blazek et Zdenek Smid (qui remporta le Florin d’Or en 85 avec Libon). Aujourd’hui de nombreux amateurs enthousiastes obtiennent des variétés intéressantes. Leur activité s’est accrue avec l’ouverture de leur pays vers l’ouest et la possibilité pour eux de se procurer des iris modernes américains ou français. Il faut maintenant compter avec Zdenek Seidl, Pavel Nejedlo ou Jiri Dudek, qui entrent dans la cour des grands. A côté, la Pologne suit, difficilement, le même chemin. Mais les conditions climatiques rigoureuses gênent le travail des hybrideurs. Néanmoins des amateurs comme Jerzy Wosniak et Lech Komarnicki ont obtenu des iris de qualité. Tchèques et Polonais se heurtent à des difficultés de commercialisation des leurs produits, ce qui empêche qu’ils soient connus à travers le monde. Ils sont rassemblés dans la MEIS, association des amateurs d’iris de l’Europe Centrale, qui manque, malgré tout, de moyens pour assurer la promotion des iris de la contrée.

Reste la France. Il est inutile de la présenter. Mais il faut savoir que si elle est le pays d’obtenteurs aussi célèbres que les Cayeux ou les Anfosso, elle est faible en nombre de véritables amateurs d’iris. Les effectifs de la SFIB sont insuffisants pour faire de notre pays une grande nation iridophile.

Entre ces nations, presque aucun contact. On s’échange parfois les bulletins entre associations, mais ceci n’est vrai pour tous les pays, et il n’existe aucune structure fédérant les associations. L’Europe des iris reste à faire et elle n’est pas près de concurrencer l’hégémonie des Etats Unis.



20.9.01

CAHOKIA

J’ai trouvé sur le net une photo de Cahokia. C’est un bel iris bleu clair, d’une forme ancienne, bien sûr, mais qui doit plaire à Lawrence Ransom, lequel a un faible pour les fleurs sans ondulations. Cela m’a donné envie d’évoquer un aspect de l’histoire de l’hybridation, celle des iris bleus.

Cahokia est une de ces variétés qui figurent dans le pedigree d’un grand nombre de nos plus beaux iris d’aujourd’hui. The World of Irises en parle à plusieurs reprises. A propos des iris blancs, tout d’abord : « A peu près tous les grands iris barbus blancs proviennent d’un croisement entre deux blancs ou celui d’un blanc et d’un bleu. Plusieurs bleus semblent réussir particulièrement bien avec les blancs. L’un d’entre eux est Cahokia dont le pedigree est (Purissima x (Purissima x Santa Barbara)) x ((Purissima x Santa Barbara)x Santa Clara). Santa Barbara et Santa Clara sont deux bleus descendants de Kashmir White. Figure également au premier plan dans le hybridation des blancs, Cloud Castle, de Sensation et Gloriole. Les trois bleus Cahokia, Cloud Castle et Gloriole apparaissent comme étant aussi importants dans l’histoire des iris blancs modernes que les blancs eux-mêmes. » A propos des bleus ensuite : « Le bleu doit sûrement être la plus populaire des toutes les couleurs d’iris. [---] Un important chapitre dans la recherche du bleu a commencé par le travail d’Eva Faught [---] qui, grâce à une heureuse combinaison de semis, a obtenu le bleu pâle Cahokia et son frère de semis le bleu foncé Pierre Ménard. »

A partir de Cahokia et de ses descendants directs on trouve la plupart des bleus d’aujourd’hui. A commencer par le populaire Music Maker (Waters 61) qui est encore en vente chez nous dans le catalogue d’un grand de la VPC végétale. Cahokia est aussi parmi les ancêtres de Galilee (Fay), de même que South Pacific (K. Smith 54) dont descendent à la deuxième génération deux vainqueurs de la DM : Pacific Panorama (N. Sexton 60) et Shipshape (S. Babson 69). La firme Schreiner n’a pas manqué d’utiliser Cahokia et son frère Pierre Ménard. Ce qui a abouti au bleu parfait Sapphire Hills (71), lequel se trouve dans la lignée d’un grand nombre de bleus par exemple : Portrait of Larrie (Gaulter 77), Horizon Bleu (Cayeux 82), Tides’ In (Schreiner 83), Blue Aristocrat (Schreiner 87), Rapture in Blue (Schreiner 90), Mariah (Schreiner 95), Ouragan (Cayeux 96), Grand Amiral (Cayeux 2000), et Yakina Blue (Schreiner 92) qui a remporté cette année la DM.

Galilee (et donc Cahokia) se trouve dans la généalogie de Babbling Brook (Keppel 69) – DM 72 – lui-même ancêtre de Actress (Keppel 76), Avalon Bay (Hamner 74), Blue Reflection (Schreiner 74), Full Tide (O. Brown 72), Regent’s Row (Denney 79), Sky Blaze (Keppel 87) – Florin d’or en 90 - Douce France (Anfosso 88) ou Massalia (Anfosso 95) ; parmi les descendants de Full Tide on trouve une foule de beaux bleus comme Blenheim Royal (Schreiner 90), Jean Hoffmeister (Gatty 82), Rippling River (Schreiner 95) ou Star Sailor (Schreiner 95). Navajo Jewel (Weiler 84) est un autre descendant de Galilee, associé à un de ses enfants, Seaside (O. Brown 67) ; il est donc doublement de cette lignée.

South Pacific a sans doute eu une descendance moins fournie, mais il a donné néanmoins Wetnachee Skies (Noyd 63), un des plus jolis bleu ciel, lui même parent d’un autre bleu, Windchimes (Soults 70).

Les variétés citées ne représentent qu’une petite partie des iris ayant pour ancêtre Cahokia. Il n’est donc pas exagéré de faire de ce fameux bleu l’un des géniteurs du monde actuel des iris.

19.9.01

BLANCS A BARBES ROUGES

Les iris blancs à barbes rouges m’intéressent depuis longtemps car je les trouve particulièrement attractifs et agréables à l’œil.

Ces iris ont pour la plupart leur origine dans une recherche qui remonte aux années 50. Dans la bibles des iridophiles, The World of Irises, Melba Hamblen et Keith Keppel écrivent : « La plupart des premiers blancs à barbes rouges proviennent d’un programme d’hybridation consistant à transférer la barbe colorée des iris roses sur des iris blancs. En croisant Snow Flurry avec le rose Cherie et New Snow avec le rose New Horizon, Fay a commencé une lignée dont il a tiré pour les introduire Lipstick en 57 et Arctic Flame en 60. »

On peut dire que c’est cet Arctic Flame qui est à la base des iris blancs à barbes rouges d’aujourd’hui. Et c’est un de ses descendants immédiats, Christmas Time (Schreiner 65), qui a donné la plus belle descendance. Cette variété provient du croisement d’un enfant blanc du rose May Hall avec Arctic Flame, et c’est toujours un des meilleurs de la catégorie.

Il y a assez peu d’obtenteurs qui ont développé cette association de couleurs. Schreiner, bien sûr, qui nous a donné Startler, en 72, descendant direct de Christmas Time, puis Heavenly Rapture en 89, ce dernier issu d’une autre filiation. Melba Hamblen, en 78, a enregistré Chritsmas Rubies, qui descend d’Arctic Flame et d’un autre blanc à barbes oranges : Valentina. La même année 78, Jean Cayeux, en France, a proposé deux blancs à barbes rouges : As de Cœur et Neige de Mai, tous les deux issus de Chritsmas Time. Peu de temps après, le Californien Glen Corlew, plutôt spécialisé dans les iris roses, a enregistré en 82 deux variétés au pedigree voisin, Filoli et Showman, qui ont Arctic Flame dans leurs parenté. En 1986 c’est John R. Durrance, de Denver, Colorado, qui a la chance de pouvoir présenter Any Sundae, un descendant de Christmas Rubies. Le spécialiste incontesté des iris à barbes rouges, George Shoop, n’est pas passé à côté du problème, il a enregistré Spring Pleasure (88), une variété provenant d’une lignée différente, et particulièrement de Today’s Fashion, un iris rose pêche. Au même moment Monty Byers, le génial promoteur des iris « space age », introduisait sur le marché deux variétés intéressantes, Heavenly Bliss (89), et, surtout, Lurid (87) qui se démarque en prolongeant ses barbes rouges d’un appendice mauve. Il s’agit de deux frères de semis, descendants de Startler et du fameux Sky Hooks. On trouve ensuite, en 91 et 92 des variétés blanches à barbes rouges ou minium qui sont issues de croisements entre iris à dominante jaune ou orange. Il s’agit de Confession (Keppel 92), Snow Blanket (Ernst 91) et surtout Nordica (Maryott 92).

Ailleurs qu’aux USA notons le travail de Brian Dodsworth, en Grande Bretagne, dont les recherches ont été couronnées de deux Médailles Anglaises de Dykes : Bewick Swan (80) (BDM 85) qui est une amélioration de l’ancien blanc à barbes rouges de Nate Rudolph, Crystal Blaze (64), puis Mute Swan (85) et Whooper Swan (95) (BDM 97), frères de semis, même si les dates d’introduction ne le laissent pas supposer, (Princess x Vanity) ; comme quoi deux roses peuvent donner naissance à un blanc… Dans ma collection j’ai aussi deux variétés blanches à barbes rouges fort peu connues : Elbruz Almazny, obtenu en 1978 par le Caucasien Vitali Gordodelov, et Illusione Ottica, en provenance d’Augusto Bianco en Italie. Ni l’une ni l’autre ne constituent des étapes incontournables de l’évolution.

Puisque l’on en est à émettre un jugement de valeur, pour moi, deux variétés dominent le lot : Nordica, pour la grâce de ses fleurs et la pureté de son blanc, et surtout Any Sundae. Cette dernière est pour moi le plus beau blanc à barbes rouges, en raison de sa forme parfaite et de ses barbes, réellement rouges et très grosses, ce qui constitue un contraste remarquable.

8.9.01

AM ET HM

Les dernières récompenses américaines pour l’année 2001 viennent d’être publiées.
Pour les Awards of Merit (AM), c’est encore un produit Schreiner qui l’emporte : le splendide iris pourpre foncé DIABOLIQUE arrive largement en tête. D’ailleurs la maison Schreiner truste les récompenses, avec sept AM sur un total de 21, devançant de beaucoup Keith Keppel qui en obtient tout de même trois.

Du côté de Honorable Mentions, c’est toujours un iris Schreiner qui écrase les autres : STARSHIP ENTERPRISE, qui remporte donc la Walther Cup (Meilleur espoir).

Parmi tous les iris récompensés on ne trouve qu’une variété non américaine, ALIEN MIST, de l’anglais Cy Bartlett. Décidément il n’est pas facile pour les non américains de se faire une place dans les tableaux d’honneur !

A propos de la Walther Cup, on peut dire que l’emporter lance véritablement la variété dans la course à la Dykes Medal. C’est ainsi que BEVERLY SILLS en 81, HONKY TONK BLUES en 90, ou HELLO DARKNESS en 94, ont entamé par là leur cursus honorifique. DIABOLIQUE, le meilleur AM de cette année à remporté la WC en 99. Cette variété est bien partie, comme FEATURE ATTRACTION ou FANCY WOMAN, pour prétendre au plus haut sommet dans les années à venir.

31.8.01

YAKINA BLUE

Ainsi la DM 2001 a-t-elle été attribuée, après plus d’un mois de suspense, à YAKINA BLUE, un bel iris bleu de la maison Schreiner. On peut dire que c’est un outsider qui a gagné. Le favori était CLARENCE, de Lloyd Zurbrigg, devant MESMERIZER, le fameux blanc space age de Monty Byers et CELEBRATION SONG, autre produit Schreiner. A défaut de se mettre d’accord sur l’un de ces candidats, les juges ont choisi un quatrième larron, qui faisait partie du lot des variétés les plus appréciées.
Si l’on suit le parcours des récompenses de ces dernières années, YAQUINA BLUE est certainement la variété qui a obtenu le plus grand nombre de distinctions : Franklin Cook Memorial Cup 96 ( iris provenant d’une région autre que la région organisatrice le plus apprécié lors de la Convention Nationale), Runner up n° 2 pour la DM de 99 (l’équivalent de la médaille de bronze dans un concours olympique), Runner up n° 1 pour la DM de 2000 (médaille d’argent)… On pouvait penser que s’en était fini du parcours de cette variété, comme ce fut le cas pour ACOMA, RU 1 en 98 et 99, et RU 2 en 2000. En face, CELEBRATION SONG ne peut se vanter que de son triomphe à Florence en 96, et devra se contenter d’être RU 2 cette année, derrière MESMERIZER qui avait obtenu la Wister Medal en 2000 (meilleur grand iris). Quand à CLARENCE, le favori des conversations sur Iris-Talk, il n’a rien obtenu…
Pour l’année 2002, on voit dès maintenant que la lutte sera chaude , et que la DM devrait aller à un enfant de Keith Keppel, soit FANCY WOMAN, soit SPIRIT WORLD, avec une longueur d’avance pour FANCY WOMAN, déjà titulaire de la Walther Cup 97 (meilleur espoir) et vainqueur cette année de la Wister Medal. Keith Keppel n’a obtenu qu’une DM jusqu’à présent, celle qui couronna BABBLING BROOK en 1972.

20.8.01

DYKES MEDAL

Toujours rien ! Les juges américains n’ont pas encore désigné les vainqueurs des différents prix attribués chaque année par l’AIS. Cela fait bientôt un mois que l’on nous fait attendre. « Restez branchés », lit-on dans les News du site de l’AIS. Mais cette solution semble devoir coûter très cher !

Il y a trois candidats à la Dykes Medal : MESMERIZER (Byers), CLARENCE (Zurbrigg) et CELEBRATION SONG (Schreiner).

Il paraît que la difficulté à trouver un vainqueur résulte de ce que chacun de ces candidats aurait un défaut majeur. Couronner MESMERIZER serait apporter un troisième triomphe à un hybrideur décédé, et certains juges considèreraient que cela ferait beaucoup pour un seul homme, après THORNBIRD et CONJURATION. CLARENCE serait le favori de ces messieurs et dames : il représente un aboutissement du travail d’un hybrideur chevronné, qui a beaucoup fait pour les iris, notamment les iris remontants, et lui attribuer la médaille serait une juste reconnaissance de ses mérites. Quant à récompenser CELEBRATION SONG, cela semblerait faire beaucoup pour la maison Schreiner qui truste les DM depuis 20 ans. Mais de toute façon le problème principal serait que la DM doit être attribuée à une variété parfaite en tous points, or les iris d’aujourd’hui présentent le défaut de pousser difficilement ou d’être sensibles aux maladies (la consanguinité, peut-être ?).

Patientons encore, il y aura forcément un vainqueur puisque le règlement ne prévoit plus que le titre puisse ne pas être attribué une année donnée…