30.12.02
CLEAR MORNING SKY
La classe des amoenas inversés n’est pas surchargée. Cependant, depuis quelques années elle s’alourdit un peu et les variétés nouvelle sont de plus en plus contrastées. Parmi ces dernières, une des plus jolie me paraît être CLEAR MORNING SKY (Ernst 91). Cette variété est décrite comme « pétales bleu clair, plus sombres à la base, sépales bleu pâle, barbes bleues, jaune au coeur ». C’est une description très honnête, car certains auraient été tentés de dire que les sépales étaient blancs, ce qui ne serait pas franchement inexact ! La fleur, délicatement parfumée, se distingue par ses belles ondulations et la grâce de sa forme générale. Le contraste bleu/blanc est très net, et l’effet amoena inversé incontestable. Ajoutons que la plante est grande et robuste et nous aurons une vision complète d’un bel iris de collection.
Au plan du pedigree, on a affaire à une fleur endogamique, résultant du croisement de deux iris frères de semis, issus de SONG OF NORWAY (Luihn 79 – DM 86) et de INHERITANCE (Babson 77). On ne décrit plus SONG OF NORWAY, qui a obtenu une DM un peu heureuse, à mon avis, car l’effet amoena inversé y est faible et la fleur est raide. INHERITANCE est une variété peu connue, du moins en France, dans les tons de rose orchidée, en provenance des travaux de Sanford Babson avec les iris bleus ou indigos. Ses grands-parents s’appellent CLAREMONT CLASSIC (Babson 65), bleu saphir, HIGH ABOVE (DeForest 60), bleu très clair, APROPOS (Babson 64), deux tons de bleu indigo, et COMMENTARY (Babson 63), chamois sur parme. Ce COMMENTARY fait partie des variétés qui ont été la coqueluche des hybrideurs dans les années 60. En l’occurrence on la retrouve dans les origines de APROPOS – COMMENTARY x MELODRAMA - et de CLAREMONT CLASSIC – GOODNESS x COMMENTARY. La « mère » de cet iris est une variété fameuse, SAVAGE, bronze rosé, qui remonte aux origines des iris où le rose et le brun se mélangent, très utilisée par Sanford Babson pour ses iris bruns et mauves comme CAMBODIA (Babson 66) et ses descendants.
CLEAR MORNING SKY tient donc de sa « mère » son caractère d’amoena inversé. Il en est une évidente amélioration, avec des teintes plus contrastées et une fleur beaucoup plus souple et gracieuse. Son obtenteur, Richard Ernst, est l’hybrideur attitré de la famille Cooley dont il est une « pièce rapportée ». Voilà un obtenteur qui travaille depuis plus de trente ans, qui enregistre chaque année quatre ou cinq variétés, dans tous les types de fleurs et tous les coloris, et qui n’a encore jamais été distingué par une distinction de haut rang. Cela peut paraître surprenant car il dispose d’un soutien logistique remarquable ( le catalogue Cooley est le premier au monde par le chiffre d’affaire) et produit des fleurs qui me paraissent intéressantes. Peut-être doit-on attribuer ce relatif insuccès à une certaine dispersion dans les hybridations ? En tout cas le succès commercial est parfait : des variétés comme ADOBE ROSE (88), AFTERNOON DELIGHT (85), AMBER TAMBOUR (91), ENVY (90), JURISPRUDENCE (86), QUIET RIOT (84) ou TRACY TYRENE (88) sont bien connues chez nous et bien présentes dans nos jardins. C’est matériellement une bonne affaire, mais la renommée de l’obtenteur est aussi liée à la reconnaissance des juges, et, sur ce plan, Rick Ernst n’est pas encore parvenu à la consécration. Il n’est pas le seul obtenteur de talent à se trouver dans ce cas : Gordon Plough ou Melba Hamblen ont connu la même mésaventure…
La classe des amoenas inversés n’est pas surchargée. Cependant, depuis quelques années elle s’alourdit un peu et les variétés nouvelle sont de plus en plus contrastées. Parmi ces dernières, une des plus jolie me paraît être CLEAR MORNING SKY (Ernst 91). Cette variété est décrite comme « pétales bleu clair, plus sombres à la base, sépales bleu pâle, barbes bleues, jaune au coeur ». C’est une description très honnête, car certains auraient été tentés de dire que les sépales étaient blancs, ce qui ne serait pas franchement inexact ! La fleur, délicatement parfumée, se distingue par ses belles ondulations et la grâce de sa forme générale. Le contraste bleu/blanc est très net, et l’effet amoena inversé incontestable. Ajoutons que la plante est grande et robuste et nous aurons une vision complète d’un bel iris de collection.
Au plan du pedigree, on a affaire à une fleur endogamique, résultant du croisement de deux iris frères de semis, issus de SONG OF NORWAY (Luihn 79 – DM 86) et de INHERITANCE (Babson 77). On ne décrit plus SONG OF NORWAY, qui a obtenu une DM un peu heureuse, à mon avis, car l’effet amoena inversé y est faible et la fleur est raide. INHERITANCE est une variété peu connue, du moins en France, dans les tons de rose orchidée, en provenance des travaux de Sanford Babson avec les iris bleus ou indigos. Ses grands-parents s’appellent CLAREMONT CLASSIC (Babson 65), bleu saphir, HIGH ABOVE (DeForest 60), bleu très clair, APROPOS (Babson 64), deux tons de bleu indigo, et COMMENTARY (Babson 63), chamois sur parme. Ce COMMENTARY fait partie des variétés qui ont été la coqueluche des hybrideurs dans les années 60. En l’occurrence on la retrouve dans les origines de APROPOS – COMMENTARY x MELODRAMA - et de CLAREMONT CLASSIC – GOODNESS x COMMENTARY. La « mère » de cet iris est une variété fameuse, SAVAGE, bronze rosé, qui remonte aux origines des iris où le rose et le brun se mélangent, très utilisée par Sanford Babson pour ses iris bruns et mauves comme CAMBODIA (Babson 66) et ses descendants.
CLEAR MORNING SKY tient donc de sa « mère » son caractère d’amoena inversé. Il en est une évidente amélioration, avec des teintes plus contrastées et une fleur beaucoup plus souple et gracieuse. Son obtenteur, Richard Ernst, est l’hybrideur attitré de la famille Cooley dont il est une « pièce rapportée ». Voilà un obtenteur qui travaille depuis plus de trente ans, qui enregistre chaque année quatre ou cinq variétés, dans tous les types de fleurs et tous les coloris, et qui n’a encore jamais été distingué par une distinction de haut rang. Cela peut paraître surprenant car il dispose d’un soutien logistique remarquable ( le catalogue Cooley est le premier au monde par le chiffre d’affaire) et produit des fleurs qui me paraissent intéressantes. Peut-être doit-on attribuer ce relatif insuccès à une certaine dispersion dans les hybridations ? En tout cas le succès commercial est parfait : des variétés comme ADOBE ROSE (88), AFTERNOON DELIGHT (85), AMBER TAMBOUR (91), ENVY (90), JURISPRUDENCE (86), QUIET RIOT (84) ou TRACY TYRENE (88) sont bien connues chez nous et bien présentes dans nos jardins. C’est matériellement une bonne affaire, mais la renommée de l’obtenteur est aussi liée à la reconnaissance des juges, et, sur ce plan, Rick Ernst n’est pas encore parvenu à la consécration. Il n’est pas le seul obtenteur de talent à se trouver dans ce cas : Gordon Plough ou Melba Hamblen ont connu la même mésaventure…
HOLLYWOOD NIGHTS
Ce n’est pas tous les jours qu’on découvre un iris qui vous fasse une impression saisissante. La plupart du temps, quand cette émotion se produit, c’est à cause d’une fleur d’une couleur qui sort de l’ordinaire. Mais en ce qui concerne HOLLYWOOD NIGHTS (R. Duncan 2000), c’est plutôt la forme de la fleur qui est remarquable, ainsi que son fini. HOLLYWOOD NIGHTS est une variété d’un bleu indigo sombre, à peine éclairci d’un voile de poudre blanche sous les barbes qui sont également indigo. La couleur est uniforme et fortement saturée, mais surtout elle a un aspect luxueusement satiné qui accroît sa brillance naturelle. Par-dessus le marché la fleur est de belle taille, très ample, une forme à la Hager, avec des sépales larges dès leur point d’attache et des ondulations voluptueuses et des bords finement laciniés, ce qui est une apparence exceptionnelle chez un iris sombre. Il est vrai que la « mère » de cette fleur magnifique est le fameux DUSKY CHALLENGER (Schreiner 86 – DM 92), dont la forme est déjà remarquable. HOLLYWOOD NIGHTS tient donc beaucoup de sa mère, mais il y ajoute de la modernité et de la grâce. Son géniteur est un semis issu de deux variétés pourprées, SPIN-OFF (Maryott 87) et STREET WALKER (Joyce Meek 84). Le premier cité a apporté à son descendant les frisures et le velouté, le second lui a donné ce soupçon de blanc qui lui confère une bonne part de son caractère. SPIN-OFF descend lui-même de MAGENTA ROSE (Gibson 77) dont il tient sa couleur. STREET WALKER est un fils de deux variétés intéressantes, KILT LILT (Gibson 70 – DM 76) et SEVEN HILLS (Coleman 75), un iris foncé, bronze et acajou, un peu strié aux épaules.
L’an prochain, HOLLYWOOD NIGHTS sera en lice pour les Honorables Mentions. Je ne crois pas m’avancer en disant qu’il a toutes ses chances pour aller loin dans la course aux honneurs. Cela serait une rapide consécration pour son obtenteur, Roger Duncan, un Californien dont HOLLYWOOD NIGHTS n’est que la seconde variété enregistrée. Avec Richard Tasco, il gère une pépinière qui commence à être connue, Superstition iris Garden. Ce même Richard Tasco est une étoile montante, apparue en 92 dans le ciel de l’iridophilie. Dès cette année là son premier iris, RUFFLED GODDESS, a été aussitôt remarqué, de même que le furent en 95 MARIPOSA SKIES et en 97 SPLASHACATA, un plicata original, qui dès 2000 récoltait un HM.. Maintenant Tasco et Duncan atteignent leur rythme de croisière. C’est une paire d’obtenteur qui fait déjà partie des meilleurs.
Ce n’est pas tous les jours qu’on découvre un iris qui vous fasse une impression saisissante. La plupart du temps, quand cette émotion se produit, c’est à cause d’une fleur d’une couleur qui sort de l’ordinaire. Mais en ce qui concerne HOLLYWOOD NIGHTS (R. Duncan 2000), c’est plutôt la forme de la fleur qui est remarquable, ainsi que son fini. HOLLYWOOD NIGHTS est une variété d’un bleu indigo sombre, à peine éclairci d’un voile de poudre blanche sous les barbes qui sont également indigo. La couleur est uniforme et fortement saturée, mais surtout elle a un aspect luxueusement satiné qui accroît sa brillance naturelle. Par-dessus le marché la fleur est de belle taille, très ample, une forme à la Hager, avec des sépales larges dès leur point d’attache et des ondulations voluptueuses et des bords finement laciniés, ce qui est une apparence exceptionnelle chez un iris sombre. Il est vrai que la « mère » de cette fleur magnifique est le fameux DUSKY CHALLENGER (Schreiner 86 – DM 92), dont la forme est déjà remarquable. HOLLYWOOD NIGHTS tient donc beaucoup de sa mère, mais il y ajoute de la modernité et de la grâce. Son géniteur est un semis issu de deux variétés pourprées, SPIN-OFF (Maryott 87) et STREET WALKER (Joyce Meek 84). Le premier cité a apporté à son descendant les frisures et le velouté, le second lui a donné ce soupçon de blanc qui lui confère une bonne part de son caractère. SPIN-OFF descend lui-même de MAGENTA ROSE (Gibson 77) dont il tient sa couleur. STREET WALKER est un fils de deux variétés intéressantes, KILT LILT (Gibson 70 – DM 76) et SEVEN HILLS (Coleman 75), un iris foncé, bronze et acajou, un peu strié aux épaules.
L’an prochain, HOLLYWOOD NIGHTS sera en lice pour les Honorables Mentions. Je ne crois pas m’avancer en disant qu’il a toutes ses chances pour aller loin dans la course aux honneurs. Cela serait une rapide consécration pour son obtenteur, Roger Duncan, un Californien dont HOLLYWOOD NIGHTS n’est que la seconde variété enregistrée. Avec Richard Tasco, il gère une pépinière qui commence à être connue, Superstition iris Garden. Ce même Richard Tasco est une étoile montante, apparue en 92 dans le ciel de l’iridophilie. Dès cette année là son premier iris, RUFFLED GODDESS, a été aussitôt remarqué, de même que le furent en 95 MARIPOSA SKIES et en 97 SPLASHACATA, un plicata original, qui dès 2000 récoltait un HM.. Maintenant Tasco et Duncan atteignent leur rythme de croisière. C’est une paire d’obtenteur qui fait déjà partie des meilleurs.
21.12.02
JAMES P. McWHIRTER
L’existence de James P. McWhirter s’est achevée brusquement en mai 1995. Il n’avait que 56 ans. C’était un fan d’iris depuis sa prime jeunesse. Il était originaire du Tennessee. A l’époque Nashville était un haut lieu de l’iridophilie, avec la présence d’hybrideurs fameux comme Geddes Douglas et Jesse Wills. Très tôt donc, le petit Jim s’est intéressé aux iris et s’est initié à la tâche de juge. Après ses études à l’Université Vanderbilt, il est allé, dans les années 60, s’installer en Californie. Avec son ami Don Denney, autre grand hybrideur, il a loué une exploitation et a commencé à hybrider. Sa première variété enregistrée a été TENNESSEE FROST, en 1974. Il s’agit d’un iris entièrement blanc, issue d’un bleu, SAPPHIRE HILLS. Par une curieuse coïncidence, l’une de ses dernières obtentions à avoir obtenu un HM se nomme MOTHER MARSHMALLOW (97) et est aussi un iris tout blanc, également issu d’un bleu, en l’occurrence le beu turquoise clair NAVAJO JEWEL.
Des récompenses, Jim McWhirter en a obtenu beaucoup : une trentaine de ses iris sont parvenus jusqu’aux HM, et six au moins ont reçu l’Award of Merit, une distinction qui n’est pas si courante. En matière de concours, sa plus belle réussite a été pour AMERICA’S CUP (89) qui, en 97, a terminé son parcours au troisième rang pour l’obtention de la Wister Medal.
De toute sa production, nous connaissons surtout en France BARBARY COAST (78), brun clair ombré de mauve, BRANDY (81), couleur « vieux marc », comme son nom l’indique, CYCLES (85), bleu et blanc, très lumineux, et TEQUILA SUNRISE (78), variegata original, en orangé clair et violet améthyste, sans doute la plante la plus connue de sa production.
En dehors de son activité d’iridophile, Jim McWhirter était un homme généreux et dévoué, engagé politiquement et dans les œuvres sociales, notamment en faveur des malades du SIDA et de leurs familles. En plus d’être un excellent créateur d’iris, il était ce que l’on appellait au XVIIIeme siècle un honnête homme.
CLIFFORD W. BENSON
Il y a maintenant un peu plus de deux ans que Clifford W. Benson nous a quitté. Il fait partie de la petite cohorte des “amateurs” qui ont réussi a décrocher une Médaille de Dykes. C’est une performance assez rare pour être signalée.
Ce n’est pas la seule originalité de ce militaire de carrière qui servit à l’état-major du Général Patton pendant la seconde guerre mondiale, puis prit part à la guerre de Corée, avant de rejoindre la vie civile au sein de la McDonnell Aircraft Company, un des principaux fournisseurs de l’Armée de l’Air américaine. En plus des iris, sa seconde passion concernait la musique classique et tout particulièrement le violon qu’il pratiqua au sein de l’Orchestre Symphonique de St Louis.
Cependant ce sont bien les iris qui ont contribué à sa célébrité. Il s’y est intéressé dès les années 40 et son BELLERIVE (47) était déjà distingué en 1952 quand il reçut la President’s Cup (qui honore le plus bel iris présenté lors d’une Convention Nationale par un habitant de la Région organisatrice). Par la suite il s’est affirme comme l’un des hybrideurs les plus doués de sa génération. Il se fit une spécialité des iris blancs et des iris bleus. Parmi les premiers se trouve HENRY SHAW (59) qui a obtenu un Award of Merit en 1961 et a remporté la première Clara B. Rees Cup, instituée pour distinguer le meilleur iris blanc (en souvenir du fameux SNOW FLURRY dont HENRY SHAW est le petit-fils, par NEW SNOW). Dans la même série on peut placer ARCTIC FURY (64) et, plus tard, ELVIS PRESLEY (82) Ce sont pourtant les bleus qui ont le plus gratifié leur obtenteur. ISLANDER (59) faisait preuve de beaucoup de qualités. Celles-ci se sont trouvé confirmées dans VAN CLIBURN (61) et dans ses suivants qui ont nom SKYWATCH (64 — DM 70), MAESTRO PUCCINI (69), VICTOR HERBERT (72) et surtout LAKE PLACID) (73) qui est sûrement l’un des plus beaux bleus jamais obtenus. Dans des couleurs très voisines on peut ajouter PARIS OPERA (69) et son frère de semis SPRING SYMPHONY (69).
L’existence de Cliff Benson s’est achevée tristement : vaincu par la maladie de Parkinson, il s’est éteint dans son cher Missouri, mais nul ne doute qu’il ne se trouve maintenant au paradis des obtenteurs.
Il y a maintenant un peu plus de deux ans que Clifford W. Benson nous a quitté. Il fait partie de la petite cohorte des “amateurs” qui ont réussi a décrocher une Médaille de Dykes. C’est une performance assez rare pour être signalée.
Ce n’est pas la seule originalité de ce militaire de carrière qui servit à l’état-major du Général Patton pendant la seconde guerre mondiale, puis prit part à la guerre de Corée, avant de rejoindre la vie civile au sein de la McDonnell Aircraft Company, un des principaux fournisseurs de l’Armée de l’Air américaine. En plus des iris, sa seconde passion concernait la musique classique et tout particulièrement le violon qu’il pratiqua au sein de l’Orchestre Symphonique de St Louis.
Cependant ce sont bien les iris qui ont contribué à sa célébrité. Il s’y est intéressé dès les années 40 et son BELLERIVE (47) était déjà distingué en 1952 quand il reçut la President’s Cup (qui honore le plus bel iris présenté lors d’une Convention Nationale par un habitant de la Région organisatrice). Par la suite il s’est affirme comme l’un des hybrideurs les plus doués de sa génération. Il se fit une spécialité des iris blancs et des iris bleus. Parmi les premiers se trouve HENRY SHAW (59) qui a obtenu un Award of Merit en 1961 et a remporté la première Clara B. Rees Cup, instituée pour distinguer le meilleur iris blanc (en souvenir du fameux SNOW FLURRY dont HENRY SHAW est le petit-fils, par NEW SNOW). Dans la même série on peut placer ARCTIC FURY (64) et, plus tard, ELVIS PRESLEY (82) Ce sont pourtant les bleus qui ont le plus gratifié leur obtenteur. ISLANDER (59) faisait preuve de beaucoup de qualités. Celles-ci se sont trouvé confirmées dans VAN CLIBURN (61) et dans ses suivants qui ont nom SKYWATCH (64 — DM 70), MAESTRO PUCCINI (69), VICTOR HERBERT (72) et surtout LAKE PLACID) (73) qui est sûrement l’un des plus beaux bleus jamais obtenus. Dans des couleurs très voisines on peut ajouter PARIS OPERA (69) et son frère de semis SPRING SYMPHONY (69).
L’existence de Cliff Benson s’est achevée tristement : vaincu par la maladie de Parkinson, il s’est éteint dans son cher Missouri, mais nul ne doute qu’il ne se trouve maintenant au paradis des obtenteurs.
13.12.02
DE LA DIFFICULTÉ D’ETRE RECONNU
Luc Bourdillon vient de secouer le petit monde des iris en posant la question suivante : une variété d’iris mise en vente sur Internet peut-elle concourir pour les récompenses américaines ? Cela a l’air d’une question innocente, mais en réalité elle remet partiellement en cause le système actuel des attributions américaines des récompenses.
Il y a quelques années la question avait été posée de savoir quelles variétés pouvaient concourir. En particulier, des variétés non américaines pouvaient-elles être éligibles ? Le bureau de l’AIS a eu à l’automne 1993, une longue et difficile discussion sur ce sujet. Les partisans d’une compétition purement américaine ont argué de ce que la DM avait été donnée par la BIS pour récompenser la meilleure variété nord-américaine, et qu’il existait des récompenses attribuées dans certains pays, qui n’étaient pas accessibles aux variétés américaines. Ils ont aussi fait la proposition d’un prix pour la meilleure variété étrangère, affirmant que cette mise en valeur serait plus intéressante pour les obtenteurs étrangers qu’une distinction noyée parmi celles délivrées aux variétés américaines. A l’opposé, les partisans d’une internationalisation ont fait état du rôle dévolu à l’AIS de tenir le registre de toutes les variétés obtenues à travers le monde, qu’il était du devoir de cet organisme de favoriser l’extension de l’iridophilie dans tous les pays, et qu’il fallait promouvoir généreusement la distribution des iris étrangers aux USA… Comme de bien entendu on est parvenu à un compromis suggéré par Clarence Mahan, à l’époque second vice-président : l’éligibilité aux prix décernés par l’AIS est offerte aux iris de toutes origines à la condition qu’ils aient été mis en vente en premier lieu sur le marché américain, c’est à dire au moins pendant la première année de leur mise en vente.
Cette exigence satisfaisait les deux camps. Les vœux des partisans de l’ouverture étaient exhaussés, les nationalistes étaient assurés que les variétés américaines conserveraient un certain avantage car pour un obtenteur étranger, il n’est pas évident de commercialiser ses produits dans un pays éloigné ; enfin les organisateurs de la compétition ne risquaient pas de voir le nombre des candidats brutalement exploser. Cette crainte n’était pas sans fondement. Aujourd’hui en effet il y a un nombre incroyable de nouvelles variétés enregistrées chaque année. En 2001 il y en a eu 964, dont 574 dans la seule Amérique du Nord ! Si toutes devaient entrer dans la compétition, la liste des compétiteurs serait énorme et bien difficile à utiliser par les juges officiels chargés de voter pour l’attribution des prix. D’où la quasi-obligation de limiter les compétiteurs aux iris réellement commercialisés aux Etats-Unis et au Canada, d’autant plus que les juges sont américains à plus de 90%.
La règle actuelle est qu’un iris est « introduit » lorsque son obtenteur a avisé l’AIS de ce qu’il avait été mis en vente par un commerçant qui peut être l’obtenteur lui-même, soit qu’il soit réellement commerçant, soit qu’il propose ses cultivars par une annonce dans le bulletin de l’AIS, ou un véritable producteur. Cela élimine déjà tous les iris enregistrés par les amateurs, pour leur seule satisfaction, ou qui ne sont distribués qu’à la famille et aux amis. En 2001, ce premier tri réduisait le nombre des compétiteurs potentiels à 683. C’est déjà énorme sachant que le premier tour de la compétition dure deux ans (trois pour les iris sans barbes), l’année d’introduction étant la première du cycle. Si les iris du monde entier concouraient, cela ferait une liste de plus de 1300 noms remise chaque année à chaque juge ! Il faut donc encore élaguer et le bon sens veut que l’on se limite au marché américain. 40% des variétés nouvelles sont ainsi écartées. C’est beaucoup, mais réaliste, et cela provient essentiellement de l’explosion des enregistrements en provenance de l’Ancien Monde et particulièrement de l’ex-Europe de l’Est : 153 en 2001.
Si un non-américain veut concourir il faut donc qu’il se plie à cette règle et qu’il propose les iris qu’il rêve de voir couronnés par l’intermédiaire d’un marchand américain qui veut bien lui faire une place dans son catalogue. L’Australien Barry Blyth avait anticipé la décision de 93 en faisant vendre ses iris par Keith Keppel, un grand nom de l’hybridation américaine. De la sorte CHOCOLATE ROYALE en 88, WITCH’S WAND en 90 ont obtenu un HM, TOMORROW’S CHILD, GALLANT ROGUE et AURA LIGHT sont même parvenus aux AM, le premier en 88, les autres en 94 et 2000. D’autres ont suivi le mouvement comme l’Anglais Cy Bartlett, et son CANNINGTON BLUEBIRD a eu un HM en 95. Pour les non-anglophones, la difficulté s’alourdit d’un problème de communication. Ils ont donc tardé à entrer dans le jeu. Il n’y a que deux ans que les Européens sont réellement apparus aux USA. L’Italien Augusto Bianco, le Slovaque Ladislav Muska et quelques autres ont conclu des accords avec des producteurs pour lesquels cet apport est un attrait supplémentaire de leurs catalogues, mais ils ne font pas forcément partie des « majors », c’est à dire ceux qui, du fait de la grande diffusion de leur produits, ont des iris qui sont vus et appréciés par un nombre important de juges, et, partant, trustent les prix. En 2002, sur 75 HM décernés à des grands iris, 40 sont revenus à 7 producteurs, lesquels ont aussi obtenu 12 AM sur 23 !
L’apparition de l’e-commerce va-t-elle changer les choses ? C’est peu probable car il n’est pas près de supplanter le commerce classique, mais la décision de 93 est maintenant battue en brèche. Les producteurs américains, qui sont aussi le plus souvent également obtenteurs, ne se privent pas de proposer leurs variétés sur leurs sites Internet. Si les obtenteurs non américains font de même, même s’ils ont par ailleurs respecté les règles exposées plus haut, ils verront leurs variétés éliminées ! L’AIS se doit donc de rétablir une certaine égalité des chances. Bien sûr, les non- américains devraient-ils organiser leurs propres concours, au niveau national ou, plutôt, continental, de façon à promouvoir leur propre production, mais les distinctions américaines restent des références à tous points de vue, et il est normal qu’elles tentent des hybrideurs d’autres pays. Tant que les non américains n’auront pas pu, pour plein de raisons bien valables, créer et fiabiliser d’autres compétitions, celles des USA se doivent d’être accessibles à tous, dès lors que les juges les voient en assez grand nombre pour qu’elles obtiennent suffisamment de votes. La règle du « marché américain d’abord » ne me paraît plus justifiée, et les quelques variétés mises en vente directement par Internet ne doivent pas être pénalisées : leur nombre ne va pas, du jour au lendemain alourdir excessivement les listes destinées aux juges, et l’obligation pratique d’être vu par le plus grand nombre possible d’entre eux laissera encore pour longtemps l’avantage aux iris achetés de façon traditionnelle.
Néanmoins Luc Bourdillon a eu raison de poser la question, il serait bon qu’elle fasse l’objet d’une discussion lors d’une prochaine réunion du bureau des Directeurs de l’AIS.
Luc Bourdillon vient de secouer le petit monde des iris en posant la question suivante : une variété d’iris mise en vente sur Internet peut-elle concourir pour les récompenses américaines ? Cela a l’air d’une question innocente, mais en réalité elle remet partiellement en cause le système actuel des attributions américaines des récompenses.
Il y a quelques années la question avait été posée de savoir quelles variétés pouvaient concourir. En particulier, des variétés non américaines pouvaient-elles être éligibles ? Le bureau de l’AIS a eu à l’automne 1993, une longue et difficile discussion sur ce sujet. Les partisans d’une compétition purement américaine ont argué de ce que la DM avait été donnée par la BIS pour récompenser la meilleure variété nord-américaine, et qu’il existait des récompenses attribuées dans certains pays, qui n’étaient pas accessibles aux variétés américaines. Ils ont aussi fait la proposition d’un prix pour la meilleure variété étrangère, affirmant que cette mise en valeur serait plus intéressante pour les obtenteurs étrangers qu’une distinction noyée parmi celles délivrées aux variétés américaines. A l’opposé, les partisans d’une internationalisation ont fait état du rôle dévolu à l’AIS de tenir le registre de toutes les variétés obtenues à travers le monde, qu’il était du devoir de cet organisme de favoriser l’extension de l’iridophilie dans tous les pays, et qu’il fallait promouvoir généreusement la distribution des iris étrangers aux USA… Comme de bien entendu on est parvenu à un compromis suggéré par Clarence Mahan, à l’époque second vice-président : l’éligibilité aux prix décernés par l’AIS est offerte aux iris de toutes origines à la condition qu’ils aient été mis en vente en premier lieu sur le marché américain, c’est à dire au moins pendant la première année de leur mise en vente.
Cette exigence satisfaisait les deux camps. Les vœux des partisans de l’ouverture étaient exhaussés, les nationalistes étaient assurés que les variétés américaines conserveraient un certain avantage car pour un obtenteur étranger, il n’est pas évident de commercialiser ses produits dans un pays éloigné ; enfin les organisateurs de la compétition ne risquaient pas de voir le nombre des candidats brutalement exploser. Cette crainte n’était pas sans fondement. Aujourd’hui en effet il y a un nombre incroyable de nouvelles variétés enregistrées chaque année. En 2001 il y en a eu 964, dont 574 dans la seule Amérique du Nord ! Si toutes devaient entrer dans la compétition, la liste des compétiteurs serait énorme et bien difficile à utiliser par les juges officiels chargés de voter pour l’attribution des prix. D’où la quasi-obligation de limiter les compétiteurs aux iris réellement commercialisés aux Etats-Unis et au Canada, d’autant plus que les juges sont américains à plus de 90%.
La règle actuelle est qu’un iris est « introduit » lorsque son obtenteur a avisé l’AIS de ce qu’il avait été mis en vente par un commerçant qui peut être l’obtenteur lui-même, soit qu’il soit réellement commerçant, soit qu’il propose ses cultivars par une annonce dans le bulletin de l’AIS, ou un véritable producteur. Cela élimine déjà tous les iris enregistrés par les amateurs, pour leur seule satisfaction, ou qui ne sont distribués qu’à la famille et aux amis. En 2001, ce premier tri réduisait le nombre des compétiteurs potentiels à 683. C’est déjà énorme sachant que le premier tour de la compétition dure deux ans (trois pour les iris sans barbes), l’année d’introduction étant la première du cycle. Si les iris du monde entier concouraient, cela ferait une liste de plus de 1300 noms remise chaque année à chaque juge ! Il faut donc encore élaguer et le bon sens veut que l’on se limite au marché américain. 40% des variétés nouvelles sont ainsi écartées. C’est beaucoup, mais réaliste, et cela provient essentiellement de l’explosion des enregistrements en provenance de l’Ancien Monde et particulièrement de l’ex-Europe de l’Est : 153 en 2001.
Si un non-américain veut concourir il faut donc qu’il se plie à cette règle et qu’il propose les iris qu’il rêve de voir couronnés par l’intermédiaire d’un marchand américain qui veut bien lui faire une place dans son catalogue. L’Australien Barry Blyth avait anticipé la décision de 93 en faisant vendre ses iris par Keith Keppel, un grand nom de l’hybridation américaine. De la sorte CHOCOLATE ROYALE en 88, WITCH’S WAND en 90 ont obtenu un HM, TOMORROW’S CHILD, GALLANT ROGUE et AURA LIGHT sont même parvenus aux AM, le premier en 88, les autres en 94 et 2000. D’autres ont suivi le mouvement comme l’Anglais Cy Bartlett, et son CANNINGTON BLUEBIRD a eu un HM en 95. Pour les non-anglophones, la difficulté s’alourdit d’un problème de communication. Ils ont donc tardé à entrer dans le jeu. Il n’y a que deux ans que les Européens sont réellement apparus aux USA. L’Italien Augusto Bianco, le Slovaque Ladislav Muska et quelques autres ont conclu des accords avec des producteurs pour lesquels cet apport est un attrait supplémentaire de leurs catalogues, mais ils ne font pas forcément partie des « majors », c’est à dire ceux qui, du fait de la grande diffusion de leur produits, ont des iris qui sont vus et appréciés par un nombre important de juges, et, partant, trustent les prix. En 2002, sur 75 HM décernés à des grands iris, 40 sont revenus à 7 producteurs, lesquels ont aussi obtenu 12 AM sur 23 !
L’apparition de l’e-commerce va-t-elle changer les choses ? C’est peu probable car il n’est pas près de supplanter le commerce classique, mais la décision de 93 est maintenant battue en brèche. Les producteurs américains, qui sont aussi le plus souvent également obtenteurs, ne se privent pas de proposer leurs variétés sur leurs sites Internet. Si les obtenteurs non américains font de même, même s’ils ont par ailleurs respecté les règles exposées plus haut, ils verront leurs variétés éliminées ! L’AIS se doit donc de rétablir une certaine égalité des chances. Bien sûr, les non- américains devraient-ils organiser leurs propres concours, au niveau national ou, plutôt, continental, de façon à promouvoir leur propre production, mais les distinctions américaines restent des références à tous points de vue, et il est normal qu’elles tentent des hybrideurs d’autres pays. Tant que les non américains n’auront pas pu, pour plein de raisons bien valables, créer et fiabiliser d’autres compétitions, celles des USA se doivent d’être accessibles à tous, dès lors que les juges les voient en assez grand nombre pour qu’elles obtiennent suffisamment de votes. La règle du « marché américain d’abord » ne me paraît plus justifiée, et les quelques variétés mises en vente directement par Internet ne doivent pas être pénalisées : leur nombre ne va pas, du jour au lendemain alourdir excessivement les listes destinées aux juges, et l’obligation pratique d’être vu par le plus grand nombre possible d’entre eux laissera encore pour longtemps l’avantage aux iris achetés de façon traditionnelle.
Néanmoins Luc Bourdillon a eu raison de poser la question, il serait bon qu’elle fasse l’objet d’une discussion lors d’une prochaine réunion du bureau des Directeurs de l’AIS.
6.12.02
FLORINS D’OR
Le Concours International d’Iris de Florence existe depuis 1957. Pour ses quarante cinq ans, on peut faire un peu le point sur cette compétition qui est la plus importante à l’échelle mondiale, et qui, si ce n’était pas un concours avec tous les aléas que ce genre d’événement comporte, pourrait être le Championnat du Monde des Iris. Tel qu’il est cependant c’est le rassemblement des plus beaux iris du monde entier, et celui qui est primé fait partie du gratin de nos fleurs préférées.
Voici la liste des récipiendaires :
· 57 = REHOBETH (Fred DeForest – US)
· 58 = SWAN BALLET (Tell Muhlestein – US)
· 59 = LA NEGRA FLOR (Luzon Crosby – US)
· 60 = ALLAGLOW (Chet Tompkins – US)
· 61 = WHOLE CLOTH (Paul Cook – US)
· 62 = INDIGLOW (William Schortman – US)
· 63 = DANCER’S VEIL (P. Hutchison – GB)
· 64 = MIDNIGHT WALTZ (L. Burbridge – US)
· 65 = LORNA LEE (Jim Gibson – US)
· 66 = pas attribué
· 67 = CHRISTIE ANNE (Larry Gaulter – US)
· 68 = BEWITCHING ( David Lyon – US)
· 69 = IRISH CHARMER ( Cora Pickard – US)
· 70 = LAUNCHING PAD (Maynard Knopf – US)
· 71 = FOGGY DEW (Keith Keppel – US)
· 72 = pas attribué
· 73 = ‘ROSSO FIORENTINO’ (F. Specht – IT)
· 74 = SUNSET SKY (Bernice Roe – US)
· 75 = QUEEN OF FLORENCE (Robert Mallory – US)
· 76 = DIALOGUE (Joseph Ghio – US)
· 77 = CHAMBER MUSIC (Bryce Williamson – US)
· 78 = SPACE BLAZER ( Jim Gibson – US)
· 79 = pas attribué
· 80 = ENTOURAGE ( Joseph Ghio – US)
· 81 = BEVERLY SILLS (Ben Hager – US)
· 82 = GOLD GALORE (Schreiner – US)
· 83 = WOODCRAFT ( Keith Keppel – US)
· 84 = TITAN’S GLORY (Schreiner – US)
· 85 = ‘LIBON’ (Wojtek Smid – CZ)
· 86 = STARCREST (Schreiner – US)
· 87 = MISSY YORKTOWNE (Sterling Innerst – US)
· 88 = pas attribué
· 89 = DUSKY CHALLENGER (Schreiner – US)
· 90 = SKYBLAZE (Keith Keppel – US)
· 91 = PRINCE CHARMING (Bryce Williamson – US)
· 92 = SIGHS AND WHISPERS (Paul Black – US)
· 93 = CONJURATION ( Monty Byers – US)
· 94 = STEADFAST LOVE ( Franklin Carr – US)
· 95 = IKAR (Adolf Volfovitch-Moler – UZ)
· 96 = CELEBRATION SONG (Schreiner – US)
· 97 = CHAMPAGNE WALTZ (Schreiner – US)
· 98 = HELEN DAWN (Graeme Grosvenor – AU)
· 99 = SETTIMO CIELO (Valeria Romoli – IT)
· 00 = DIABOLIQUE (Schreiner – US)
· 01 = H.C. STETSON ( Robert Stetson- US)
· 02 = DUDE RANCH (Paul Black – US)
Sur quarante et un florins distribués, six seulement ne sont pas allés à une variété américaine ! Et seulement six vainqueurs ont par la suite empoché la Dykes Medal.
Ce classement me fait penser au Championnat du Monde sur route de Cyclisme professionnel : c’est souvent un outsider qui l’emporte.
Rappelons que ce concours s’adresse à tous les obtenteurs du monde. Ils peuvent envoyer leurs variétés trois ans avant le concours au moment duquel elles seront appréciées par un jury de juges italiens et internationaux. Comme dans toutes ces compétitions, les variétés hâtives comme les variétés tardives se trouvent d’office écartées, de même que celles qui, par un caprice de la nature ou un incident de croissance, ne sont pas au top au jour du concours. En revanche se trouvent avantagées celles que rien ne perturbe, qui fleurissent simplement à mi-saison. Peut-être est-ce en cela que les variétés américaines se sont si souvent mises en évidence.
On a discuté aussi sur ce que les iris obtenant la Dykes Medal n’avaient pas rencontré autant de succès à Florence. Cependant sait-on si les vainqueurs de la DM ont tous concouru ? Rien n’est moins sûr ! On peut briguer la Dykes Medal et faire l’impasse sur Florence. Les iris non américains, eux, n’ont que ce concours pour se mettre en évidence. Certains obtenteurs l’ont compris, d’autres n’ont pas encore pris le risque d’un échec.
Une autre caractéristique des bénéficiaires de Florin d’Or, c’est que beaucoup d’entre eux, même parmi les américains, n’ont pas bénéficié, en fait de notoriété et donc de commercialisation, de leur succès florentin. Je ne parle pas des variétés confidentielles issues d’Europe, dont le triomphe n’a été qu’anecdotique, mais de plantes américaines, provenant d’obtenteurs ayant pignon sur rue. LORNA LEE, qui l’a emporté en 65, APRIL MELODY, introduit en 67 ou RADIANT APOGEE, commercialisé en 64, ont autrement fait pour la fortune de leur obtenteur. De même
FOGGY DEW n’est pas le plus connu des iris de Keppel de cette période. ROUNDUP (73) ou THUNDERCLOUD (74) ont eu un autre succès commercial ; et si, pour Joe Ghio, DIALOGUE et ENTOURAGE ont été bien vendus, ils n’ont pas atteint la notoriété de WEDDING VOW (72) ou MANDOLIN (77).
Et les variétés françaises, là-dedans ? La meilleure place qui leur ait été attribuée est la seconde (Florin d’Argent) obtenue cette année par HAUT LES VOILES (Cayeux 99). DOCTOR GOLD (Ségui 83) est la variété d’un non-professionnel qui se soit le mieux placé. Elle ne serait pas si tardive, il est probable qu’elle se serait placé dans les trois premiers en 86, année où elle a été déclarée « variété la plus commerciale ».
Le Concours International d’Iris de Florence existe depuis 1957. Pour ses quarante cinq ans, on peut faire un peu le point sur cette compétition qui est la plus importante à l’échelle mondiale, et qui, si ce n’était pas un concours avec tous les aléas que ce genre d’événement comporte, pourrait être le Championnat du Monde des Iris. Tel qu’il est cependant c’est le rassemblement des plus beaux iris du monde entier, et celui qui est primé fait partie du gratin de nos fleurs préférées.
Voici la liste des récipiendaires :
· 57 = REHOBETH (Fred DeForest – US)
· 58 = SWAN BALLET (Tell Muhlestein – US)
· 59 = LA NEGRA FLOR (Luzon Crosby – US)
· 60 = ALLAGLOW (Chet Tompkins – US)
· 61 = WHOLE CLOTH (Paul Cook – US)
· 62 = INDIGLOW (William Schortman – US)
· 63 = DANCER’S VEIL (P. Hutchison – GB)
· 64 = MIDNIGHT WALTZ (L. Burbridge – US)
· 65 = LORNA LEE (Jim Gibson – US)
· 66 = pas attribué
· 67 = CHRISTIE ANNE (Larry Gaulter – US)
· 68 = BEWITCHING ( David Lyon – US)
· 69 = IRISH CHARMER ( Cora Pickard – US)
· 70 = LAUNCHING PAD (Maynard Knopf – US)
· 71 = FOGGY DEW (Keith Keppel – US)
· 72 = pas attribué
· 73 = ‘ROSSO FIORENTINO’ (F. Specht – IT)
· 74 = SUNSET SKY (Bernice Roe – US)
· 75 = QUEEN OF FLORENCE (Robert Mallory – US)
· 76 = DIALOGUE (Joseph Ghio – US)
· 77 = CHAMBER MUSIC (Bryce Williamson – US)
· 78 = SPACE BLAZER ( Jim Gibson – US)
· 79 = pas attribué
· 80 = ENTOURAGE ( Joseph Ghio – US)
· 81 = BEVERLY SILLS (Ben Hager – US)
· 82 = GOLD GALORE (Schreiner – US)
· 83 = WOODCRAFT ( Keith Keppel – US)
· 84 = TITAN’S GLORY (Schreiner – US)
· 85 = ‘LIBON’ (Wojtek Smid – CZ)
· 86 = STARCREST (Schreiner – US)
· 87 = MISSY YORKTOWNE (Sterling Innerst – US)
· 88 = pas attribué
· 89 = DUSKY CHALLENGER (Schreiner – US)
· 90 = SKYBLAZE (Keith Keppel – US)
· 91 = PRINCE CHARMING (Bryce Williamson – US)
· 92 = SIGHS AND WHISPERS (Paul Black – US)
· 93 = CONJURATION ( Monty Byers – US)
· 94 = STEADFAST LOVE ( Franklin Carr – US)
· 95 = IKAR (Adolf Volfovitch-Moler – UZ)
· 96 = CELEBRATION SONG (Schreiner – US)
· 97 = CHAMPAGNE WALTZ (Schreiner – US)
· 98 = HELEN DAWN (Graeme Grosvenor – AU)
· 99 = SETTIMO CIELO (Valeria Romoli – IT)
· 00 = DIABOLIQUE (Schreiner – US)
· 01 = H.C. STETSON ( Robert Stetson- US)
· 02 = DUDE RANCH (Paul Black – US)
Sur quarante et un florins distribués, six seulement ne sont pas allés à une variété américaine ! Et seulement six vainqueurs ont par la suite empoché la Dykes Medal.
Ce classement me fait penser au Championnat du Monde sur route de Cyclisme professionnel : c’est souvent un outsider qui l’emporte.
Rappelons que ce concours s’adresse à tous les obtenteurs du monde. Ils peuvent envoyer leurs variétés trois ans avant le concours au moment duquel elles seront appréciées par un jury de juges italiens et internationaux. Comme dans toutes ces compétitions, les variétés hâtives comme les variétés tardives se trouvent d’office écartées, de même que celles qui, par un caprice de la nature ou un incident de croissance, ne sont pas au top au jour du concours. En revanche se trouvent avantagées celles que rien ne perturbe, qui fleurissent simplement à mi-saison. Peut-être est-ce en cela que les variétés américaines se sont si souvent mises en évidence.
On a discuté aussi sur ce que les iris obtenant la Dykes Medal n’avaient pas rencontré autant de succès à Florence. Cependant sait-on si les vainqueurs de la DM ont tous concouru ? Rien n’est moins sûr ! On peut briguer la Dykes Medal et faire l’impasse sur Florence. Les iris non américains, eux, n’ont que ce concours pour se mettre en évidence. Certains obtenteurs l’ont compris, d’autres n’ont pas encore pris le risque d’un échec.
Une autre caractéristique des bénéficiaires de Florin d’Or, c’est que beaucoup d’entre eux, même parmi les américains, n’ont pas bénéficié, en fait de notoriété et donc de commercialisation, de leur succès florentin. Je ne parle pas des variétés confidentielles issues d’Europe, dont le triomphe n’a été qu’anecdotique, mais de plantes américaines, provenant d’obtenteurs ayant pignon sur rue. LORNA LEE, qui l’a emporté en 65, APRIL MELODY, introduit en 67 ou RADIANT APOGEE, commercialisé en 64, ont autrement fait pour la fortune de leur obtenteur. De même
FOGGY DEW n’est pas le plus connu des iris de Keppel de cette période. ROUNDUP (73) ou THUNDERCLOUD (74) ont eu un autre succès commercial ; et si, pour Joe Ghio, DIALOGUE et ENTOURAGE ont été bien vendus, ils n’ont pas atteint la notoriété de WEDDING VOW (72) ou MANDOLIN (77).
Et les variétés françaises, là-dedans ? La meilleure place qui leur ait été attribuée est la seconde (Florin d’Argent) obtenue cette année par HAUT LES VOILES (Cayeux 99). DOCTOR GOLD (Ségui 83) est la variété d’un non-professionnel qui se soit le mieux placé. Elle ne serait pas si tardive, il est probable qu’elle se serait placé dans les trois premiers en 86, année où elle a été déclarée « variété la plus commerciale ».
STAIRWAY TO HEAVEN
STAIRWAY TO HEAVEN (Lauer 92 – DM 2000) peut être considéré comme une variété de noble origine. Connaît-on en effet un autre iris qui puisse se vanter d’avoir parmi ses ancêtres un bénéficiaire de la Dykes Medal depuis six générations ?
Cela commence par SWAN BALLET (Muhlestein 54), blanc uni, qui a été couronné en 1959, cela continue avec PACIFIC PANORAMA (Sexton 60), bleu profond, fils de SWAN BALLET, qui a obtenu la médaille en 1965, puis vient le fils de PACIFIC PANORAMA, SHIPSHAPE (Babson 69), bleu moyen, qui l’a eue en 1974. A la génération suivante, c’est VICTORIA FALLS (Schreiner 77), bleu vif, vainqueur en 1984, qui descend lui-même, par une autre voie, de SWAN BALLET. Enfin la « mère » du notre héros du jour s’appelle EDITH WOLFORD (Hager 86), lumineux variegata, distingué en 1993 ! On ne peut pas faire plus riche pedigree.
STAIRWAY TO HEAVEN est décrit comme blanc crémeux, avec des sépales bleu moyen à reflets lavande, et barbes blanches. Ses parents sont donc EDITH WOLFORD, d’une part, et BREAKERS (Schreiner 86) d’autre part. Le premier est issu de MERRY MADRIGAL (Babson 82), un iris pastel, crème sur lavande, et de FREEDOM ROAD (Plough 77), au coloris très voisin du précédent. Ces deux iris sont d’ailleurs des cousins qui descendent l’un et l’autre d’un fameux géniteur, MELODRAMA ( Cook 56), un iris bitone bleu, qui d’un côté a engendré GUITAR COUNTRY (Plough 71), variegata sombre et fumé, de l’autre A PROPOS (Babson 63), bitone lavande bien connu, et TAMBOURINE (Babson 68), variegata. Toutes ces variétés se retrouvent dans EDITH WOLFORD, de même que SHIPSHAPE, dont on a vu qu’il fait aussi partie des ancêtres de BREAKERS. Et quoi de plus naturel – et banal – de trouver derrière tout ce beau monde l’inévitable blanc SNOW FLURRY, l’incontournable bleu REHOBETH et l’autre blanc fameux, KASHMIR WHITE ?
STAIRWAY TO HEAVEN fait donc partie de la grande famille des iris blancs et bleus, qui remonte à l’origine des iris modernes tétraploïdes. Les piliers de cette famille se rencontrent dans son pedigree : MELODRAMA, déjà cité, mais aussi CLIFFS OF DOVER, CELESTIAL SNOW, WHOLE CLOTH, des noms qui réapparaissent presque dans chaque description présentée ici. Les iris ont l’air d’être d’une extrême multiplicité, mais en réalité on compte sur les doigts les géniteurs de base, et cela explique, comme je l’ai déjà dit, les phénomènes de fragilisation et d’anomalies qu’on constate de temps en temps dans les résultats de croisements entre variétés qui se révèlent par trop consanguines.
STAIRWAY TO HEAVEN (Lauer 92 – DM 2000) peut être considéré comme une variété de noble origine. Connaît-on en effet un autre iris qui puisse se vanter d’avoir parmi ses ancêtres un bénéficiaire de la Dykes Medal depuis six générations ?
Cela commence par SWAN BALLET (Muhlestein 54), blanc uni, qui a été couronné en 1959, cela continue avec PACIFIC PANORAMA (Sexton 60), bleu profond, fils de SWAN BALLET, qui a obtenu la médaille en 1965, puis vient le fils de PACIFIC PANORAMA, SHIPSHAPE (Babson 69), bleu moyen, qui l’a eue en 1974. A la génération suivante, c’est VICTORIA FALLS (Schreiner 77), bleu vif, vainqueur en 1984, qui descend lui-même, par une autre voie, de SWAN BALLET. Enfin la « mère » du notre héros du jour s’appelle EDITH WOLFORD (Hager 86), lumineux variegata, distingué en 1993 ! On ne peut pas faire plus riche pedigree.
STAIRWAY TO HEAVEN est décrit comme blanc crémeux, avec des sépales bleu moyen à reflets lavande, et barbes blanches. Ses parents sont donc EDITH WOLFORD, d’une part, et BREAKERS (Schreiner 86) d’autre part. Le premier est issu de MERRY MADRIGAL (Babson 82), un iris pastel, crème sur lavande, et de FREEDOM ROAD (Plough 77), au coloris très voisin du précédent. Ces deux iris sont d’ailleurs des cousins qui descendent l’un et l’autre d’un fameux géniteur, MELODRAMA ( Cook 56), un iris bitone bleu, qui d’un côté a engendré GUITAR COUNTRY (Plough 71), variegata sombre et fumé, de l’autre A PROPOS (Babson 63), bitone lavande bien connu, et TAMBOURINE (Babson 68), variegata. Toutes ces variétés se retrouvent dans EDITH WOLFORD, de même que SHIPSHAPE, dont on a vu qu’il fait aussi partie des ancêtres de BREAKERS. Et quoi de plus naturel – et banal – de trouver derrière tout ce beau monde l’inévitable blanc SNOW FLURRY, l’incontournable bleu REHOBETH et l’autre blanc fameux, KASHMIR WHITE ?
STAIRWAY TO HEAVEN fait donc partie de la grande famille des iris blancs et bleus, qui remonte à l’origine des iris modernes tétraploïdes. Les piliers de cette famille se rencontrent dans son pedigree : MELODRAMA, déjà cité, mais aussi CLIFFS OF DOVER, CELESTIAL SNOW, WHOLE CLOTH, des noms qui réapparaissent presque dans chaque description présentée ici. Les iris ont l’air d’être d’une extrême multiplicité, mais en réalité on compte sur les doigts les géniteurs de base, et cela explique, comme je l’ai déjà dit, les phénomènes de fragilisation et d’anomalies qu’on constate de temps en temps dans les résultats de croisements entre variétés qui se révèlent par trop consanguines.
22.11.02
DENVER MINT
Il existe des variétés qui, a priori, ne présentent pas un intérêt évident. Disons qu’elles ont l’air banal. DENVER MINT (Knopf 62) fait partie de celles-ci. D’ailleurs elle n’a pas fait un parcours sensationnel dans la course aux récompenses, et n’a pas dépassé le stade de l’Award of Merit, qu’elle a obtenu en 1967. Dans la Bible des iridophiles, « The World of Irises », on n’en parle même pas ! C’était tout de même un bon iris. Surtout, les hybrideurs ont eu vite fait de remarquer la qualité de ses descendants et ils ont été nombreux à l’utiliser en ce sens. De sorte qu’aujourd’hui, DENVER MINT figure au nombre des variétés que l’on trouve dans l’arbre généalogique d’un très grand nombre d’iris modernes.
DENVER MINT est originaire de Californie, de Potter Valley exactement, là où demeurait son obtenteur, Maynard Knopf. Il est décrit très simplement, comme on le faisait à l’époque, « Dresden yellow self », c’est à dire jaune pâle. Aucune indication sur la couleur des barbes. Pas de photo non plus sur le site de la HIPS (Historic Irises Protection Society). Pas facile de se faire une idée sur l’aspect de cet iris ! Mais en fin de compte, ce n’est pas cela qui est le plus intéressant. On peut dire deux mots de ses origines, et surtout s’attarder sur sa descendance.
Il est le fils d’un frère de semis de MISSION TRAILS ( dont je n’ai pas de traces) et de GLITTERING AMBER (Hamblen 57), qui est un iris abricot à barbes oranges et qui est issu de PALOMINO (Hall 51), fameux iris bitone rose clair liseré de rose cuivré, et d’un frère de semis de JUNE MEREDITH (Muhlestein 54), l’un des premiers rose flamant à barbes mandarine. On est donc parti de roses, pour aboutir au jaune, ce qui n’est pas un parcours spécialement original. DENVER MINT a d’autres qualités : ses descendants ont tous été des iris du premier rang. Commençons par BRIDE’S HALO (H. Mohr 73 – DM 78), que tous les amateurs connaissent pour sa blancheur et son liseré doré. Continuons par GOLD TRIMMINGS (Schreiner 75), original jaune lavé de blanc, LAUNCHING PAD (Knopf 67) de la longue lignée des iris à pétales jaunes et sépales blancs bordée de jaune, WEST COAST (Knopf 68), superbe bitone or bien connu, et, surtout, PONDEROSA (Ghio 70), bicolore, rose-mauve et brun, que son obtenteur a utilisé par la suite pour l’essentiel de sa production.
A la seconde génération, les descendants de DENVER MINT sont tout aussi intéressants. Témoins : BRIDAL CROWN (Schreiner 81), blanc marqué de jaune aux épaules, tout comme GOLD BURST (Palmer 80), MANDOLIN (Ghio 77) célèbre orange clair, qui descend aussi de PONDEROSA, PISTACHIO (Ghio 74), un iris tendant vraiment vers le vert, ORANGE GLAZE (Gibson 77) couleur souci, proche cousin de BRIDE’S HALO, PUNKIN (Keppel 81), véritable orange, STARRING ROLE (Palmer 73) ou CATALYST (Keppel 80), vraiment jaunes… On ne compte pas les enfants et petits enfants de PONDEROSA. Je n’en énumérai que quelques-uns, tous fort connus, tous sortis du jardin de Joe Ghio à San José : BICENTENNIAL (76), BUBBLING ALONG (93), CHUCKLES (87), COFFEE HOUSE (77), DESIGNER GOWN (85), ENTOURAGE (77), FLARE UP (78), HOT STREAK (88), INDISCREET (88), PARIS ORIGINAL (81), SAN JOSE (78), VENEER (81)… On en voit de toutes les couleurs ! et c’est sans compter la longue série des jaunes et orangés, a partir de WELL ENDOWED (79), suivi de FINANCIER (80), TROPICA (82), MALAGUENA (85), MONTEVIDEO (87), ESMERALDA (88), GUADALARAJA (89)… Véritablement, PONDEROSA est la base de la cuisine compliquée et raffinée inventée par Joe Ghio.
BRIDE’S HALO n’est pas resté sans descendance, pour n’en citer que trois, parlons du délicat plicata bleu ciel CLOUD BALLET ( L. Fort 90), du bitone orange ORANGE FLOAT (K. Mohr 85), et de celui qui ressemble le plus à son géniteur, AMAZON BRIDE (Hager 88).
GOLD TRIMMINGS a été encore plus prolifique. Les Schreiner l’ont utilisé à tour de pincettes : AVALON SUNSET (94), CHAMPAGNE WALTZ (94), FALL FIESTA (92), HARVEST KING (90), OLYMPIC CHALLENGE (90)… Uni au rose SUR DEUX NOTES, le Docteur Ségui en a obtenu son superbe VIA DOMITIA (93).
WEST COAST a surtout donné des jaunes, comme MONEY (Bernice Roe 77), RADIANT SUMMER (Schreiner 78), GOLD GALORE (Schreiner 78), DAZZLING GOLD (Anderson 81).
Il serait lassant de passer aux générations suivantes. Mais sachons que nos obtenteurs français ne sont pas en reste. TERRE DE FEU (Cayeux 97), REFLETS SAFRAN (Cayeux 98), JUBILEE RAINIER III (98) sont des lointains descendants de DENVER MINT, tout comme VOLEUR DE FEU (Anfosso 88), BASTILLE (Anfosso 89), LASER (Anfosso 90), ou SAMSARA (Ransom 96). On s’apercevrait, en fin de compte, que c’est une bonne partie des iris que nous cultivons aujourd’hui qui descendent plus ou moins directement de DENVER MINT ou de PONDEROSA. Ce qui démontre bien qu’il n’y a qu’une poignée d’iris qui ont engendré tous ceux que nous connaissons.
Il existe des variétés qui, a priori, ne présentent pas un intérêt évident. Disons qu’elles ont l’air banal. DENVER MINT (Knopf 62) fait partie de celles-ci. D’ailleurs elle n’a pas fait un parcours sensationnel dans la course aux récompenses, et n’a pas dépassé le stade de l’Award of Merit, qu’elle a obtenu en 1967. Dans la Bible des iridophiles, « The World of Irises », on n’en parle même pas ! C’était tout de même un bon iris. Surtout, les hybrideurs ont eu vite fait de remarquer la qualité de ses descendants et ils ont été nombreux à l’utiliser en ce sens. De sorte qu’aujourd’hui, DENVER MINT figure au nombre des variétés que l’on trouve dans l’arbre généalogique d’un très grand nombre d’iris modernes.
DENVER MINT est originaire de Californie, de Potter Valley exactement, là où demeurait son obtenteur, Maynard Knopf. Il est décrit très simplement, comme on le faisait à l’époque, « Dresden yellow self », c’est à dire jaune pâle. Aucune indication sur la couleur des barbes. Pas de photo non plus sur le site de la HIPS (Historic Irises Protection Society). Pas facile de se faire une idée sur l’aspect de cet iris ! Mais en fin de compte, ce n’est pas cela qui est le plus intéressant. On peut dire deux mots de ses origines, et surtout s’attarder sur sa descendance.
Il est le fils d’un frère de semis de MISSION TRAILS ( dont je n’ai pas de traces) et de GLITTERING AMBER (Hamblen 57), qui est un iris abricot à barbes oranges et qui est issu de PALOMINO (Hall 51), fameux iris bitone rose clair liseré de rose cuivré, et d’un frère de semis de JUNE MEREDITH (Muhlestein 54), l’un des premiers rose flamant à barbes mandarine. On est donc parti de roses, pour aboutir au jaune, ce qui n’est pas un parcours spécialement original. DENVER MINT a d’autres qualités : ses descendants ont tous été des iris du premier rang. Commençons par BRIDE’S HALO (H. Mohr 73 – DM 78), que tous les amateurs connaissent pour sa blancheur et son liseré doré. Continuons par GOLD TRIMMINGS (Schreiner 75), original jaune lavé de blanc, LAUNCHING PAD (Knopf 67) de la longue lignée des iris à pétales jaunes et sépales blancs bordée de jaune, WEST COAST (Knopf 68), superbe bitone or bien connu, et, surtout, PONDEROSA (Ghio 70), bicolore, rose-mauve et brun, que son obtenteur a utilisé par la suite pour l’essentiel de sa production.
A la seconde génération, les descendants de DENVER MINT sont tout aussi intéressants. Témoins : BRIDAL CROWN (Schreiner 81), blanc marqué de jaune aux épaules, tout comme GOLD BURST (Palmer 80), MANDOLIN (Ghio 77) célèbre orange clair, qui descend aussi de PONDEROSA, PISTACHIO (Ghio 74), un iris tendant vraiment vers le vert, ORANGE GLAZE (Gibson 77) couleur souci, proche cousin de BRIDE’S HALO, PUNKIN (Keppel 81), véritable orange, STARRING ROLE (Palmer 73) ou CATALYST (Keppel 80), vraiment jaunes… On ne compte pas les enfants et petits enfants de PONDEROSA. Je n’en énumérai que quelques-uns, tous fort connus, tous sortis du jardin de Joe Ghio à San José : BICENTENNIAL (76), BUBBLING ALONG (93), CHUCKLES (87), COFFEE HOUSE (77), DESIGNER GOWN (85), ENTOURAGE (77), FLARE UP (78), HOT STREAK (88), INDISCREET (88), PARIS ORIGINAL (81), SAN JOSE (78), VENEER (81)… On en voit de toutes les couleurs ! et c’est sans compter la longue série des jaunes et orangés, a partir de WELL ENDOWED (79), suivi de FINANCIER (80), TROPICA (82), MALAGUENA (85), MONTEVIDEO (87), ESMERALDA (88), GUADALARAJA (89)… Véritablement, PONDEROSA est la base de la cuisine compliquée et raffinée inventée par Joe Ghio.
BRIDE’S HALO n’est pas resté sans descendance, pour n’en citer que trois, parlons du délicat plicata bleu ciel CLOUD BALLET ( L. Fort 90), du bitone orange ORANGE FLOAT (K. Mohr 85), et de celui qui ressemble le plus à son géniteur, AMAZON BRIDE (Hager 88).
GOLD TRIMMINGS a été encore plus prolifique. Les Schreiner l’ont utilisé à tour de pincettes : AVALON SUNSET (94), CHAMPAGNE WALTZ (94), FALL FIESTA (92), HARVEST KING (90), OLYMPIC CHALLENGE (90)… Uni au rose SUR DEUX NOTES, le Docteur Ségui en a obtenu son superbe VIA DOMITIA (93).
WEST COAST a surtout donné des jaunes, comme MONEY (Bernice Roe 77), RADIANT SUMMER (Schreiner 78), GOLD GALORE (Schreiner 78), DAZZLING GOLD (Anderson 81).
Il serait lassant de passer aux générations suivantes. Mais sachons que nos obtenteurs français ne sont pas en reste. TERRE DE FEU (Cayeux 97), REFLETS SAFRAN (Cayeux 98), JUBILEE RAINIER III (98) sont des lointains descendants de DENVER MINT, tout comme VOLEUR DE FEU (Anfosso 88), BASTILLE (Anfosso 89), LASER (Anfosso 90), ou SAMSARA (Ransom 96). On s’apercevrait, en fin de compte, que c’est une bonne partie des iris que nous cultivons aujourd’hui qui descendent plus ou moins directement de DENVER MINT ou de PONDEROSA. Ce qui démontre bien qu’il n’y a qu’une poignée d’iris qui ont engendré tous ceux que nous connaissons.
16.11.02
LES SITES FRANÇAIS CONSACRÉS AUX IRIS
Il a fallu un certain temps pour que les producteurs français s'intéressent à Internet. Mais aujourd'hui ils s'y sont mis et même on peut dire qu'ils ont largement rattrapé leur retard. Peut-être même ont-ils en ce domaine égalé leurs homologues américains. En effet il n'y a plus qu'un seul producteur français à ne pas posséder son site, et encore murmure-t-on qu'il est sur le point de s'y mettre. Un coup d'œil sur ce travail n'est pas désagréable à donner.
Pour ne froisser personne prenons-les dans l'ordre alphabétique.
- Anfosso (Iris en Provence), n'est pas le plus ancien, mais d'emblée il a présenté un site complet et parfaitement illustré. ( www.iris-en-provence.com);
- Bourdillon n'est pas en reste, plusieurs fois remanié, son site est maintenant complet, c'est à dire qu'il renseigne le visiteur sur tout ce que l'on peut rechercher, renseignements généraux, photographies, commerce en ligne. (www.bourdillon.com);
- Cayeux s'est mis le premier sur les rangs. Le site, tel qu’il se présente aujourd’hui, est un peu décevant, en particulier au plan des illustrations (images trop petites). (www.cayeux.fr);
- Lanthelme, ce producteur atypique, a fait un gros effort.. Son site est simple, mais complet et intéressant car il propose des variétés anciennes, introuvables ailleurs. (www.irislanthelme.com);
- Ransom (Iris au Trescols) a hésité avant de se lancer, mais le site qu'il a concocté est très joli, encore à améliorer et à compléter, mais tout à fait prometteur. (www.iris-au-trecols.com);
- L'absent est dont Ségui (Iris de Thau). Cette entreprise familiale, qui possède la plus belle collection d'iris classiques, possède déjà une adresse internet. Cela laisse à penser qu'à brève échéance nous aurons un nouveau site ;
- La SFIB (Société Française des Iris et plantes Bulbeuses) vient d'ouvrir son site institutionnel. Il faudra lui donner du corps, mais le début est encourageant. (www.sfib.org);
- Et puisque vous lisez ce texte, vous savez qu'il existe un weblog dédié exclusivement à l'iridophilie, je crois même qu'il est le seul au monde à aborder ce sujet sous cet angle.
Le tour est fait. On ne peut qu'être satisfait. Dans aucun autre pays européen on ne rencontre un tel choix. Les sites britanniques sont rares et succincts ; en Allemagne je n'en ai trouvé qu'un, celui de la maison Zeppelin, et il nous laisse sur notre faim car il ne comporte ni vente en ligne ni photographies, cependant la GDS (l'équivalent de la SNHF), et sa section Iris, proposent un site institutionnel très bien fait ; en Italie, la situation est meilleure, mais pour deux producteurs, il n'y en a qu'un qui ait fait l'effort de créer un site complet, même s'il est à améliorer, l'autre n'est qu'une adresse où commander un catalogue papier. En Europe de l'Est, il faut aller en République Tchèque pour trouver le site de Sdenek Seidl, un peu artisanal, mais très présentable, et celui de l'EIS (East European Iris Society), de la même eau.
Il a fallu un certain temps pour que les producteurs français s'intéressent à Internet. Mais aujourd'hui ils s'y sont mis et même on peut dire qu'ils ont largement rattrapé leur retard. Peut-être même ont-ils en ce domaine égalé leurs homologues américains. En effet il n'y a plus qu'un seul producteur français à ne pas posséder son site, et encore murmure-t-on qu'il est sur le point de s'y mettre. Un coup d'œil sur ce travail n'est pas désagréable à donner.
Pour ne froisser personne prenons-les dans l'ordre alphabétique.
- Anfosso (Iris en Provence), n'est pas le plus ancien, mais d'emblée il a présenté un site complet et parfaitement illustré. ( www.iris-en-provence.com);
- Bourdillon n'est pas en reste, plusieurs fois remanié, son site est maintenant complet, c'est à dire qu'il renseigne le visiteur sur tout ce que l'on peut rechercher, renseignements généraux, photographies, commerce en ligne. (www.bourdillon.com);
- Cayeux s'est mis le premier sur les rangs. Le site, tel qu’il se présente aujourd’hui, est un peu décevant, en particulier au plan des illustrations (images trop petites). (www.cayeux.fr);
- Lanthelme, ce producteur atypique, a fait un gros effort.. Son site est simple, mais complet et intéressant car il propose des variétés anciennes, introuvables ailleurs. (www.irislanthelme.com);
- Ransom (Iris au Trescols) a hésité avant de se lancer, mais le site qu'il a concocté est très joli, encore à améliorer et à compléter, mais tout à fait prometteur. (www.iris-au-trecols.com);
- L'absent est dont Ségui (Iris de Thau). Cette entreprise familiale, qui possède la plus belle collection d'iris classiques, possède déjà une adresse internet. Cela laisse à penser qu'à brève échéance nous aurons un nouveau site ;
- La SFIB (Société Française des Iris et plantes Bulbeuses) vient d'ouvrir son site institutionnel. Il faudra lui donner du corps, mais le début est encourageant. (www.sfib.org);
- Et puisque vous lisez ce texte, vous savez qu'il existe un weblog dédié exclusivement à l'iridophilie, je crois même qu'il est le seul au monde à aborder ce sujet sous cet angle.
Le tour est fait. On ne peut qu'être satisfait. Dans aucun autre pays européen on ne rencontre un tel choix. Les sites britanniques sont rares et succincts ; en Allemagne je n'en ai trouvé qu'un, celui de la maison Zeppelin, et il nous laisse sur notre faim car il ne comporte ni vente en ligne ni photographies, cependant la GDS (l'équivalent de la SNHF), et sa section Iris, proposent un site institutionnel très bien fait ; en Italie, la situation est meilleure, mais pour deux producteurs, il n'y en a qu'un qui ait fait l'effort de créer un site complet, même s'il est à améliorer, l'autre n'est qu'une adresse où commander un catalogue papier. En Europe de l'Est, il faut aller en République Tchèque pour trouver le site de Sdenek Seidl, un peu artisanal, mais très présentable, et celui de l'EIS (East European Iris Society), de la même eau.
UN JOLI LIVRE
De l’un de ses derniers voyages à Londres, mon fils aîné m’a rapporté un bien joli livre. Il se nomme « Iris, the classic bearded varieties », et a pour auteur Claire Austin, qui n’est autre que la fille du grand rosiériste David Austin.
Après un premier chapitre qui présente les iris en général et explique les choix de l’auteur, celle-ci, en deux longs autres chapitres, décrit un certain nombre de variétés, grands et petits iris, qu’elle a sélectionné en raison de leur esthétique. C’est aussi l’occasion d’en présenter des photos, remarquables, de l’artiste Clay Perry. Les textes sont agréables à lire, les photos, superbes. Il s’agit en général de gros plans, en léger contre-jour, assez proche du travail réalisé par un autre photographe, Josh Westrich, pour le chef d’œuvre qu’est « L’Iris », avec les passionnants commentaires de Ben Hager. Les variétés décrites sont aussi bien des iris modernes archi-célèbres, que des variétés anglaises moins connues de nous, ou des iris anciens comme en raffolent nos voisins. C’est en cela que ce livre est original.
Le dernier chapitre traite de la place des iris barbus au jardin. C’est très britannique, très intéressant. Cette fois le travail se rapproche de livre de Suzanne Weber « Iris ».
En me faisant ce cadeau, André-François Ruaud, beaucoup plus versé dans la SF et la Fantasy que dans la botanique, a fait un choix judicieux et agréable. Comme il n’est pas nécessaire, pour lire ce livre, d’être un habile pratiquant de la langue anglaise, je puis le recommander à tous les amateurs d’iris, même francophones.
Iris, the classic bearded varieties, par Claire Austin, photographies de Clay Perry, Quadrille Publishing Ltd, Alhambra House, 27-31 Charing Cross Road, LONDON WC2H 0LS – publié en 2001.
De l’un de ses derniers voyages à Londres, mon fils aîné m’a rapporté un bien joli livre. Il se nomme « Iris, the classic bearded varieties », et a pour auteur Claire Austin, qui n’est autre que la fille du grand rosiériste David Austin.
Après un premier chapitre qui présente les iris en général et explique les choix de l’auteur, celle-ci, en deux longs autres chapitres, décrit un certain nombre de variétés, grands et petits iris, qu’elle a sélectionné en raison de leur esthétique. C’est aussi l’occasion d’en présenter des photos, remarquables, de l’artiste Clay Perry. Les textes sont agréables à lire, les photos, superbes. Il s’agit en général de gros plans, en léger contre-jour, assez proche du travail réalisé par un autre photographe, Josh Westrich, pour le chef d’œuvre qu’est « L’Iris », avec les passionnants commentaires de Ben Hager. Les variétés décrites sont aussi bien des iris modernes archi-célèbres, que des variétés anglaises moins connues de nous, ou des iris anciens comme en raffolent nos voisins. C’est en cela que ce livre est original.
Le dernier chapitre traite de la place des iris barbus au jardin. C’est très britannique, très intéressant. Cette fois le travail se rapproche de livre de Suzanne Weber « Iris ».
En me faisant ce cadeau, André-François Ruaud, beaucoup plus versé dans la SF et la Fantasy que dans la botanique, a fait un choix judicieux et agréable. Comme il n’est pas nécessaire, pour lire ce livre, d’être un habile pratiquant de la langue anglaise, je puis le recommander à tous les amateurs d’iris, même francophones.
Iris, the classic bearded varieties, par Claire Austin, photographies de Clay Perry, Quadrille Publishing Ltd, Alhambra House, 27-31 Charing Cross Road, LONDON WC2H 0LS – publié en 2001.
8.11.02
TERRE DE FEU
La famille Cayeux est éclectique dans ses recherches et nous a donné des iris dans presque toutes les couleurs possibles. On connaît particulièrement ses bleus ( FALBALA, HORIZON BLEU, MER DU SUD, PRINCESSE CAROLINE DE MONACO…), ses récents tricolores (BAL MASQUÉ, MARBRE BLEU, PARISIEN, VIVE LA FRANCE…) et ses roses (BUISSON DE ROSES, LA VIE EN ROSE, PREMIER BAL, STARLETTE ROSE, SUCCÈS FOU…), mais il ne faut pas oublier ses efforts dans les teintes vives, et, notamment, ce TERRE DE FEU, apparu en 1997. TERRE DE FEU est un iris flamboyant, décrit officiellement comme : « Pétales rouge cuivre brillant, sépales cuivre rouge, grand cœur violet métallique, barbes bronze. » Il faut y ajouter des reflets dorés qui accroissent l’intensité du coloris. C’est une fleur par ailleurs traditionnelle, ample, légèrement ondulée, avec des sépales très larges aux épaules et des pétales bien coiffés qui dénotent l’origine purement Schreiner de la plante. En effet les parents de TERRE DE FEU sont deux célèbres iris Schreiner : SUPREME SULTAN (88) et GOLD GALORE (78). Le premier est un variegata aux grosses fleurs ocre et acajou, le second un jaune d’or intense.
Ce qui peut se révéler amusant est de savoir pourquoi (ou comment) on est parvenu à ce rouge cuivre lumineux à partir de variétés qui, apparemment, ne mènent pas directement à cette couleur. On restera quand même un peu sur notre faim car, à plusieurs endroits, la biographie de TERRE DE FEU comporte des parents inconnus ou des semis mal identifiés. SUPREME SULTAN est un dérivé d’un autre variegata très coloré qui se nomme PEKING SUMMER, lequel à une identité « maternelle » bien arrêtée, mais est aussi un enfant de père inconnu. Il arrive assez souvent que les iris Schreiner comportent cette ambiguïté. C’est paradoxalement un souci d’authenticité qui aboutit à cette situation, la maison Schreiner ne souhaite pas qu’une origine hasardeuse ou incertaine puisse passer pour formellement affirmée. Du côté maternel, donc, PEKING SUMMER descend d’iris roses ou mauves, et en particulier du fameux AMETHYST FLAME (Schreiner 58 – DM 63). C’est peut-être de ce côté là qu’il faut chercher la marque violacée des sépales de TERRE DE FEU. Pour ce qui est de la teinte cuivrée, peut-être doit- on se tourner vers GRACIE PFOST (R.Smith 61) et WILD GINGER (Gibson 62) qui figurent dans le pedigree de GALLANT MOMENT (Schreiner 80), le géniteur femelle, brun-rouge, de SUPREME SULTAN. Pour la chaleur du coloris, il y a sans doute à glaner du côté paternel de TERRE DE FEU. GOLD GALORE est issu de deux grands jaunes d’or, qui sont WEST COAST (Knopf 68) et WARM GOLD (Schreiner 72). WEST COAST provient de DENVER MINT(Knopf 62), un jaune très utilisé en hybridation et de CELESTIAL GLORY (Reckamp 61), un iris chamois, chez qui l’on retrouve le rose MARY RANDALL (Fay 50 – DM 54) et le jaune pâle TECHNY CHIMES (Reckamp 55), lui aussi maintes fois utilisé et, anecdotiquement, le premier jaune clair à barbes mandarine. Quant à WARM GOLD, également jaune et brillant, la seule chose dont on soit sûr est que son « père » s’appelle KINGDOM (Fay 63) et qu’il s’agit d’un iris jaune clair, avec une plage blanche sous les barbes, assez voisin de son propre père le TECHNY CHIMES déjà découvert parmi les ancêtres de WEST COAST. Du côté féminin, la seule indication du pedigree fournie par la maison Schreiner est un numéro de semis…
La parenté de TERRE DE FEU laissait espérer un jaune ou ocre vif et riche en pigments, ou un robuste variegata. La nature a décidé autrement et fait apparaître cette variété somptueuse, l’une des plus colorée de la production de la famille Cayeux. Le travail d’hybridation apporte bien des surprises. C’est tant mieux quand ces dernières sont aussi intéressantes que dans le cas qui nous occupe aujourd’hui. Mais chacun sait que pour un iris réussi il y a une quantité de rebuts. L’art de l’hybrideur, c’est aussi de savoir sélectionner ce que la nature a produit de plus joli.
La famille Cayeux est éclectique dans ses recherches et nous a donné des iris dans presque toutes les couleurs possibles. On connaît particulièrement ses bleus ( FALBALA, HORIZON BLEU, MER DU SUD, PRINCESSE CAROLINE DE MONACO…), ses récents tricolores (BAL MASQUÉ, MARBRE BLEU, PARISIEN, VIVE LA FRANCE…) et ses roses (BUISSON DE ROSES, LA VIE EN ROSE, PREMIER BAL, STARLETTE ROSE, SUCCÈS FOU…), mais il ne faut pas oublier ses efforts dans les teintes vives, et, notamment, ce TERRE DE FEU, apparu en 1997. TERRE DE FEU est un iris flamboyant, décrit officiellement comme : « Pétales rouge cuivre brillant, sépales cuivre rouge, grand cœur violet métallique, barbes bronze. » Il faut y ajouter des reflets dorés qui accroissent l’intensité du coloris. C’est une fleur par ailleurs traditionnelle, ample, légèrement ondulée, avec des sépales très larges aux épaules et des pétales bien coiffés qui dénotent l’origine purement Schreiner de la plante. En effet les parents de TERRE DE FEU sont deux célèbres iris Schreiner : SUPREME SULTAN (88) et GOLD GALORE (78). Le premier est un variegata aux grosses fleurs ocre et acajou, le second un jaune d’or intense.
Ce qui peut se révéler amusant est de savoir pourquoi (ou comment) on est parvenu à ce rouge cuivre lumineux à partir de variétés qui, apparemment, ne mènent pas directement à cette couleur. On restera quand même un peu sur notre faim car, à plusieurs endroits, la biographie de TERRE DE FEU comporte des parents inconnus ou des semis mal identifiés. SUPREME SULTAN est un dérivé d’un autre variegata très coloré qui se nomme PEKING SUMMER, lequel à une identité « maternelle » bien arrêtée, mais est aussi un enfant de père inconnu. Il arrive assez souvent que les iris Schreiner comportent cette ambiguïté. C’est paradoxalement un souci d’authenticité qui aboutit à cette situation, la maison Schreiner ne souhaite pas qu’une origine hasardeuse ou incertaine puisse passer pour formellement affirmée. Du côté maternel, donc, PEKING SUMMER descend d’iris roses ou mauves, et en particulier du fameux AMETHYST FLAME (Schreiner 58 – DM 63). C’est peut-être de ce côté là qu’il faut chercher la marque violacée des sépales de TERRE DE FEU. Pour ce qui est de la teinte cuivrée, peut-être doit- on se tourner vers GRACIE PFOST (R.Smith 61) et WILD GINGER (Gibson 62) qui figurent dans le pedigree de GALLANT MOMENT (Schreiner 80), le géniteur femelle, brun-rouge, de SUPREME SULTAN. Pour la chaleur du coloris, il y a sans doute à glaner du côté paternel de TERRE DE FEU. GOLD GALORE est issu de deux grands jaunes d’or, qui sont WEST COAST (Knopf 68) et WARM GOLD (Schreiner 72). WEST COAST provient de DENVER MINT(Knopf 62), un jaune très utilisé en hybridation et de CELESTIAL GLORY (Reckamp 61), un iris chamois, chez qui l’on retrouve le rose MARY RANDALL (Fay 50 – DM 54) et le jaune pâle TECHNY CHIMES (Reckamp 55), lui aussi maintes fois utilisé et, anecdotiquement, le premier jaune clair à barbes mandarine. Quant à WARM GOLD, également jaune et brillant, la seule chose dont on soit sûr est que son « père » s’appelle KINGDOM (Fay 63) et qu’il s’agit d’un iris jaune clair, avec une plage blanche sous les barbes, assez voisin de son propre père le TECHNY CHIMES déjà découvert parmi les ancêtres de WEST COAST. Du côté féminin, la seule indication du pedigree fournie par la maison Schreiner est un numéro de semis…
La parenté de TERRE DE FEU laissait espérer un jaune ou ocre vif et riche en pigments, ou un robuste variegata. La nature a décidé autrement et fait apparaître cette variété somptueuse, l’une des plus colorée de la production de la famille Cayeux. Le travail d’hybridation apporte bien des surprises. C’est tant mieux quand ces dernières sont aussi intéressantes que dans le cas qui nous occupe aujourd’hui. Mais chacun sait que pour un iris réussi il y a une quantité de rebuts. L’art de l’hybrideur, c’est aussi de savoir sélectionner ce que la nature a produit de plus joli.
2.11.02
C’EST LE CHIENDENT
Si l’on se fie aux propos échangés par les amateurs d’iris américains dans les « chatches » qu’ils tiennent sur le net, la culture de l’iris aux Etats Unis n’est pas une sinécure ! Il n’est question que de pourriture (rot), ravageurs (borers), dessèchement (scortch) et autres maladies plus ou moins incurables. On parle peu, cependant, des mauvaises herbes, si ce n’est pour gloser sur le plus efficace des désherbants.
Il ne me semble pas que les problèmes soient les mêmes chez nous. En tout cas pas dans mon jardin. Ce n’est pas que mes chers iris n’y soient pas en danger, mais les adversaires ne sont pas de même nature. Cette année, par exemple, je n’ai eu aucun cas de pourriture du rhizome, et aucune attaque de criocère. En revanche je dois lutter contre des envahisseurs que je trouve, malgré tout, plus sympathiques. Que ce soit le chiendent, un ennemi intraitable (au propre comme au figuré), ou d’autres plantes aux noms qui annoncent bien leur ruralité : je veux parler de la pimprenelle, de la marjolaine, de la verveine, du bec-de-grue ou de la carotte. Au gré des conditions micropédologiques, je rencontre telle ou telle espèce sur quelques mètres carrés, telle ou telle autre un peu plus loin. C’est le charme du désherbage manuel. Au ras du sol, j’arrache ces petites touffes odorantes, avec un réel regret, parfois, car je pense que chaque espèce devant avoir sa chance de vivre, j’ai peut-être tort de privilégier celle-ci plutôt que cette autre. Et quand j’enlève des petits pieds de fraisiers des bois, je me dis que je me prive du plaisir de savourer les fruits si parfumés qu’ils auraient pu m’apporter, mais j’ai choisi les iris, alors… Les longues racines blanches de la carotte sont quelquefois un peu dures à extirper, celles de la pimprenelle s’enfoncent aussi profondément dans la terre. Les retirer dérange les vers qui croient trouver leur salut hors du sol et apparaissent précipitamment de dessous les rhizomes. Ils disparaissent aussi rapidement dès qu’ils pensent être en sécurité. C’est fou ce que ses êtres frustres et apparemment faibles, lents et sans défenses, peuvent faire preuve de vélocité quand il s’agit de sauver leur peau ! Et mon ami le rouge-gorge ? Il se tient à deux mètres de moi, prêt à se précipiter sur les petits arthropodes que mon travail a dérangés.
Désherber à la main est sans doute fastidieux et pénible, mais lorsqu’il fait beau, que la terre n’est pas trop desséchée, on peut y trouver un certain plaisir, comme chaque fois que l’on se sent proche de la nature.
On est loin des attaques insidieuses de bactéries ou de champignons. Les Américains ont à lutter contre des ennemis autrement plus déplaisants, et ils ne voient pas les choses de la même façon. Ils ne parlent que produits chimiques ou désherbants sélectifs. Il ne semble pas que leur combat soit forcément victorieux. A les lire, on penserait plutôt que la culture des iris est là-bas une vraie galère !
Si l’on se fie aux propos échangés par les amateurs d’iris américains dans les « chatches » qu’ils tiennent sur le net, la culture de l’iris aux Etats Unis n’est pas une sinécure ! Il n’est question que de pourriture (rot), ravageurs (borers), dessèchement (scortch) et autres maladies plus ou moins incurables. On parle peu, cependant, des mauvaises herbes, si ce n’est pour gloser sur le plus efficace des désherbants.
Il ne me semble pas que les problèmes soient les mêmes chez nous. En tout cas pas dans mon jardin. Ce n’est pas que mes chers iris n’y soient pas en danger, mais les adversaires ne sont pas de même nature. Cette année, par exemple, je n’ai eu aucun cas de pourriture du rhizome, et aucune attaque de criocère. En revanche je dois lutter contre des envahisseurs que je trouve, malgré tout, plus sympathiques. Que ce soit le chiendent, un ennemi intraitable (au propre comme au figuré), ou d’autres plantes aux noms qui annoncent bien leur ruralité : je veux parler de la pimprenelle, de la marjolaine, de la verveine, du bec-de-grue ou de la carotte. Au gré des conditions micropédologiques, je rencontre telle ou telle espèce sur quelques mètres carrés, telle ou telle autre un peu plus loin. C’est le charme du désherbage manuel. Au ras du sol, j’arrache ces petites touffes odorantes, avec un réel regret, parfois, car je pense que chaque espèce devant avoir sa chance de vivre, j’ai peut-être tort de privilégier celle-ci plutôt que cette autre. Et quand j’enlève des petits pieds de fraisiers des bois, je me dis que je me prive du plaisir de savourer les fruits si parfumés qu’ils auraient pu m’apporter, mais j’ai choisi les iris, alors… Les longues racines blanches de la carotte sont quelquefois un peu dures à extirper, celles de la pimprenelle s’enfoncent aussi profondément dans la terre. Les retirer dérange les vers qui croient trouver leur salut hors du sol et apparaissent précipitamment de dessous les rhizomes. Ils disparaissent aussi rapidement dès qu’ils pensent être en sécurité. C’est fou ce que ses êtres frustres et apparemment faibles, lents et sans défenses, peuvent faire preuve de vélocité quand il s’agit de sauver leur peau ! Et mon ami le rouge-gorge ? Il se tient à deux mètres de moi, prêt à se précipiter sur les petits arthropodes que mon travail a dérangés.
Désherber à la main est sans doute fastidieux et pénible, mais lorsqu’il fait beau, que la terre n’est pas trop desséchée, on peut y trouver un certain plaisir, comme chaque fois que l’on se sent proche de la nature.
On est loin des attaques insidieuses de bactéries ou de champignons. Les Américains ont à lutter contre des ennemis autrement plus déplaisants, et ils ne voient pas les choses de la même façon. Ils ne parlent que produits chimiques ou désherbants sélectifs. Il ne semble pas que leur combat soit forcément victorieux. A les lire, on penserait plutôt que la culture des iris est là-bas une vraie galère !
TROIS FRANÇAIS
Parmi les descendants de BROADWAY, dont il a été question ici récemment, il y en a deux, français, récents, …et cousins germains. Il s’agit de RUÉE VERS L’OR (Ségui 92) et LOUIS D’OR (R. Cayeux 95). Le premier est de BROADWAY x CATALAN, le second est de DAZZLING GOLD x BROADWAY. Il n’y a pas à chercher bien loin pour trouver la raison de leur ressemblance. Ces deux iris jaunes griffés de brun sous les barbes, ont une sorte de sosie, français également, un peu plus âgé qu’eux : BASTILLE (P.Anfosso 89). Si l’on place ces trois cultivars côte à côte, on leur trouve un air de famille évident. Pour les deux plus jeunes, pas de problème, ils sont effectivement proches parents, mais le troisième ? Le pedigree de BASTILLE est bien différent : (CARMEN X x MARMALADE) x PUNKIN. Pas trace de BROADWAY, là-dedans, il faut chercher ailleurs
Du côté de CARMEN X (Anfosso 85), alors ? Par là on trouve FLAMING LIGHT (O.Brown 73), un orange qui a eu son heure de célébrité, et HAYRIDE (B. Jones 71), un autre orange, en deux tons inversés. A la génération précédente il y a RADIANT LIGHT (Fay 63), un des premiers oranges réussis, FLAMING STAR (Plough 67), orange marqué de rose, BRIGHT BUTTERFLY (Jones 63), auquel HAYRIDE ressemble beaucoup, et SPANISH GIFT (Shoop 65), encore un orange. Remontons encore d’un cran. Là apparaissent les noms de CHINESE CORAL (Fay 62), ORANGE PARADE (Hamblen 61) et MARILYN C. En remontant la lignée de MARMALADE, on découvre une nouvelle fois RADIANT LIGHT, puis TECHNY CHIMES, le tout premier jaune clair à barbes oranges, et WEST COAST (Knopf 68), toujours de l’orange, issu de CELESTIAL GLORY et DENVER MINT. L’autre branche des ascendants de CARMEN X s’établit à partir de PUNKIN (Hager 81), un orange très saturé, dont on s’aperçoit très vite qu’il est proche parent de MARMALADE, en particulier du côté paternel, avec TECHNY CHIMES et DENVER MINT dans les premières branches de l’arbre.
C’est bien tout cela, mais où est la parenté avec les deux cousins ?
RUÉE VERS L’OR est fils de CATALAN (Ségui 85), lui-même fils de LIMERICK (un rameau de la famille BROADWAY) et de ORANGE CHIFFON (E. Smith 69), dont la « mère » est MARILYN C. , et le « père » CELESTIAL GLORY !
LOUIS D’OR provient de DAZZLING GOLD (Anderson 81), qui a pour parents RADIANT APOGEE et WEST COAST, dont on vient de constater qu’il est le fils de CELESTIAL GLORY !
Ainsi donc nos trois Français, qui se ressemblent tellement ont bel et bien des liens de parenté ; par MARILYN C. tout d’abord et par ce fameux CELESTIAL GLORY (Reckamp 61). Cette variété fait partie de la première génération d’iris oranges, on peut même dire qu’elle en est la pierre angulaire, et elle est un enfant de TECHNY CHIMES (autre produit de Ch. Reckamp) que l’on a rencontré dans les pedigrees de MARMALADE et de PUNKIN. Cependant cette parenté, somme toute lointaine n’explique pas la présence de ces fines rayures brunes qui sont le trait commun de nos trois iris. Pour déterminer d’où vient cette caractéristique il doit falloir entreprendre des recherches sur l’hérédité qui sont hors de ma compétence et de mon propos. Il n’empêche qu’une nouvelle fois on se rend compte de ce que les souches communes ne sont jamais très loin dans les arbres généalogiques des iris modernes.
Parmi les descendants de BROADWAY, dont il a été question ici récemment, il y en a deux, français, récents, …et cousins germains. Il s’agit de RUÉE VERS L’OR (Ségui 92) et LOUIS D’OR (R. Cayeux 95). Le premier est de BROADWAY x CATALAN, le second est de DAZZLING GOLD x BROADWAY. Il n’y a pas à chercher bien loin pour trouver la raison de leur ressemblance. Ces deux iris jaunes griffés de brun sous les barbes, ont une sorte de sosie, français également, un peu plus âgé qu’eux : BASTILLE (P.Anfosso 89). Si l’on place ces trois cultivars côte à côte, on leur trouve un air de famille évident. Pour les deux plus jeunes, pas de problème, ils sont effectivement proches parents, mais le troisième ? Le pedigree de BASTILLE est bien différent : (CARMEN X x MARMALADE) x PUNKIN. Pas trace de BROADWAY, là-dedans, il faut chercher ailleurs
Du côté de CARMEN X (Anfosso 85), alors ? Par là on trouve FLAMING LIGHT (O.Brown 73), un orange qui a eu son heure de célébrité, et HAYRIDE (B. Jones 71), un autre orange, en deux tons inversés. A la génération précédente il y a RADIANT LIGHT (Fay 63), un des premiers oranges réussis, FLAMING STAR (Plough 67), orange marqué de rose, BRIGHT BUTTERFLY (Jones 63), auquel HAYRIDE ressemble beaucoup, et SPANISH GIFT (Shoop 65), encore un orange. Remontons encore d’un cran. Là apparaissent les noms de CHINESE CORAL (Fay 62), ORANGE PARADE (Hamblen 61) et MARILYN C. En remontant la lignée de MARMALADE, on découvre une nouvelle fois RADIANT LIGHT, puis TECHNY CHIMES, le tout premier jaune clair à barbes oranges, et WEST COAST (Knopf 68), toujours de l’orange, issu de CELESTIAL GLORY et DENVER MINT. L’autre branche des ascendants de CARMEN X s’établit à partir de PUNKIN (Hager 81), un orange très saturé, dont on s’aperçoit très vite qu’il est proche parent de MARMALADE, en particulier du côté paternel, avec TECHNY CHIMES et DENVER MINT dans les premières branches de l’arbre.
C’est bien tout cela, mais où est la parenté avec les deux cousins ?
RUÉE VERS L’OR est fils de CATALAN (Ségui 85), lui-même fils de LIMERICK (un rameau de la famille BROADWAY) et de ORANGE CHIFFON (E. Smith 69), dont la « mère » est MARILYN C. , et le « père » CELESTIAL GLORY !
LOUIS D’OR provient de DAZZLING GOLD (Anderson 81), qui a pour parents RADIANT APOGEE et WEST COAST, dont on vient de constater qu’il est le fils de CELESTIAL GLORY !
Ainsi donc nos trois Français, qui se ressemblent tellement ont bel et bien des liens de parenté ; par MARILYN C. tout d’abord et par ce fameux CELESTIAL GLORY (Reckamp 61). Cette variété fait partie de la première génération d’iris oranges, on peut même dire qu’elle en est la pierre angulaire, et elle est un enfant de TECHNY CHIMES (autre produit de Ch. Reckamp) que l’on a rencontré dans les pedigrees de MARMALADE et de PUNKIN. Cependant cette parenté, somme toute lointaine n’explique pas la présence de ces fines rayures brunes qui sont le trait commun de nos trois iris. Pour déterminer d’où vient cette caractéristique il doit falloir entreprendre des recherches sur l’hérédité qui sont hors de ma compétence et de mon propos. Il n’empêche qu’une nouvelle fois on se rend compte de ce que les souches communes ne sont jamais très loin dans les arbres généalogiques des iris modernes.
24.10.02
BROADWAY
S’attaquer au pedigree de BROADWAY (Keppel 81) n’est pas une mince affaire. On part dans une recherche foisonnante qui remonte sans peine jusqu’aux années 50, sur sept ou huit générations. Cette aventure est cependant passionnante car elle met en évidence les géniteurs-clés des types plicata, bicolor-plicata, amoena-plicata et variegata-plicata, autrement dit toute la palette des iris à fleurs mouchetées. Elle montre également les cousinages entre toutes ces fleurs, au moins dans la lignée créée et poursuivie par Keith Keppel depuis le début de ses hybridations.
Pour expliquer la complexité de l’affaire, il suffit de noter le pedigree tel qu’il apparaît dans la check-list de l’AIS. BROADWAY provient de ((((IRMA MELROSE X TEA APRON)x ((FULL CIRCLE X ROCOCO)x TEA APRON))x APRIL MELODY)x CARAMBA)x FLAMENCO.
TEA APRON, que l’on retrouve par deux fois dans la généalogie maternelle fait partie des plicatas sur fond blanc obtenus par les frères Sass. Il a été introduit en 1961 après que les jardins Sass aient été dispersés. Sa particularité est de concentrer l’effet plicata sur les sépales, exactement sur les épaules. Cet effet plicata est déjà là chez FULL CIRCLE (58), obtenu par Chet Tompkins à partir d’un autre iris bleu indigo de Sass, DOTTED SWISS (56). Toujours du côté maternel, intervient ensuite APRIL MELODY (Gibson 65), une variété abondamment utilisée par Keith Keppel, qui est un plicata bitone rose orchidée, puis CARAMBA (Keppel 75), à qui appartient le côté variegata-plicata, qui se rencontre aussi du côté paternel comme on le verra plus loin. CARAMBA est un des meilleurs iris de Keppel des années 70. Il a cet aspect bien caractéristique : fleurs plutôt petites, bien ondulées, aux sépales qui se tiennent bien à l’horizontale ; et ces riches couleurs qui sont l’apanage des variegatas-plicatas. Quelle que soit la branche que l’on remonte dans la famille de cet iris, on découvre le gratin des « var-plic », comme SIVA-SIVA (Gibson 61), BALLYHOO (Keppel 68) –en fait un frère de semis de cette variété- et l’ancêtre MY HONEYCOMB (Gibson 58). BALLYHOO et ses frères de semis, dont FOGGY DEW (Keppel 69), proviennent de SIVA-SIVA et d’un autre plicata signé Keppel, DIPLOMACY (65). LIMERICK et METEOR (Keppel 73) sont deux autres « var-plic » de cette lignée. Et quand on n’est pas dans une lignée de variegatas-plicatas, on se trouve dans une lignée de plicatas tout court, descendants de TAHOLAH (Gibson 56), l’une des souches les plus efficaces de plicatas, ou de ROCOCO (Schreiner 60), une autre référence en la matière.
La branche paternelle commence par FLAMENCO (Keppel 77), un riche « var-plic », qui n’a que des plicatas dans ses ancêtres, depuis CHIQUAPIN (Gibson 59), dans les tons de pourpre, HENNA STITCHES (Gibson 60), plutôt brun-roux, APRIL MELODY (encore !), jusqu’à MONTAGE (Keppel 70) –jaune, blanc et prune- à l’origine duquel il y a l’inévitable TAHOLAH. MONTAGE est le père de ROUND UP (Keppel 71), un plicata bitone pourpre, lui- même géniteur de FLAMENCO. Le tour de piste est terminé.
Mais BROADWAY est maintenant presque une variété ancienne. On peut donc se pencher sur sa descendance, qui est fort nombreuse. Tous les obtenteurs de plicatas l’ont utilisé, que ce soit Keppel, bien sûr, mais aussi Gibson, Ghio, Cayeux ou Ségui, et surtout Byers et Blyth.
Monty Byers, avec son flair exceptionnel a jugé quel profit il pourrait tirer de BROADWAY. Au moins une demi-douzaine de ses obtentions en descendent directement, parmi lesquelles BARN DANCE (91), jaune léger ponctué de brun violacé, BLATANT (90), variegata jaune cadmium et grenat, et les deux frères, FLOORSHOW (89) et ISTANBUL (90), tous deux variegatas-plicatas brodés de pourpre, qui ont pour père EARL OF ESSEX (Zurbrigg 80), plicata bleu fort répandu chez nous.
Barry Blyth, en Australie, a marié BROADWAY avec ses propres obtentions et créé, par exemple, HE MAN (88), ROMAN PALACE (85), SHINE ON WINE (87) ou SWAIN (89). Le premier est un plicata pourpre très chargé ; le second, fils aussi de MICHIGAN PRIDE, un « var-plic » or et brun ; le troisième un riche variegata miel et grenat, plus proche de son autre parent, SHOWBIZZ (Gatty 79) ; le dernier, au pedigree complexe, un original bitone brun foncé.
Keith Keppel s’est servi de son « enfant » pour obtenir DISTANT ROADS (91), un variegata-plicata sombre, fortement imprégné d’indigo, LIGHT SHOW (91), l’un des plus beaux épigones de JITTERBUG, avec des pétales d’un jaune éclatant et des sépales finement et régulièrement rayés de grenat. ROSY CLOUD (85), plicata rose orchidée soutenu, ne descend pas directement de BROADWAY, mais de l’un de ses frères de semis.
Chez Gibson, BROADWAY a donné naissance à LIVING LEGACY (93), « var-plic » assez proche de DISTANT ROADS, et surtout THUNDER ECHO (87), tout le portrait de son père. Quant à Joseph Ghio, il en a tiré HOT CHOCOLATE (95), brillant plicata jaune et… chocolat.
N’oublions pas les Français. Richard Cayeux, avec DAZZLING GOLD X BROADWAY a obtenu le somptueux LOUIS D’OR, finement veiné de brun sur fond or, très voisin de RUÉE VERS L’OR (Ségui 92), qui est de BROADWAY X CATALAN.
L’histoire continue à la génération suivante et, pour faire bref, je ne citerai que quelques petits enfants de BROADWAY : AND ROYAL (Blyth 90), bicolore rose crème et violet, BURST (Blyth 93) qui a une certaine ressemblance avec son cousin RUÉE VERS L’OR , COPATONIC (Blyth 94), encore plus soutenu que SWAIN, SNEEZY (Keppel 96) gracieux « var-plic » clair, tout saupoudré de pourpre, ou PARFUM DE FRANCE (Ransom 2000), également variegata-plicata. Il est évident que d’autres successeurs de BROADWAY apparaîtront dans les années à venir, c’est la destinée des iris de grande valeur.
S’attaquer au pedigree de BROADWAY (Keppel 81) n’est pas une mince affaire. On part dans une recherche foisonnante qui remonte sans peine jusqu’aux années 50, sur sept ou huit générations. Cette aventure est cependant passionnante car elle met en évidence les géniteurs-clés des types plicata, bicolor-plicata, amoena-plicata et variegata-plicata, autrement dit toute la palette des iris à fleurs mouchetées. Elle montre également les cousinages entre toutes ces fleurs, au moins dans la lignée créée et poursuivie par Keith Keppel depuis le début de ses hybridations.
Pour expliquer la complexité de l’affaire, il suffit de noter le pedigree tel qu’il apparaît dans la check-list de l’AIS. BROADWAY provient de ((((IRMA MELROSE X TEA APRON)x ((FULL CIRCLE X ROCOCO)x TEA APRON))x APRIL MELODY)x CARAMBA)x FLAMENCO.
TEA APRON, que l’on retrouve par deux fois dans la généalogie maternelle fait partie des plicatas sur fond blanc obtenus par les frères Sass. Il a été introduit en 1961 après que les jardins Sass aient été dispersés. Sa particularité est de concentrer l’effet plicata sur les sépales, exactement sur les épaules. Cet effet plicata est déjà là chez FULL CIRCLE (58), obtenu par Chet Tompkins à partir d’un autre iris bleu indigo de Sass, DOTTED SWISS (56). Toujours du côté maternel, intervient ensuite APRIL MELODY (Gibson 65), une variété abondamment utilisée par Keith Keppel, qui est un plicata bitone rose orchidée, puis CARAMBA (Keppel 75), à qui appartient le côté variegata-plicata, qui se rencontre aussi du côté paternel comme on le verra plus loin. CARAMBA est un des meilleurs iris de Keppel des années 70. Il a cet aspect bien caractéristique : fleurs plutôt petites, bien ondulées, aux sépales qui se tiennent bien à l’horizontale ; et ces riches couleurs qui sont l’apanage des variegatas-plicatas. Quelle que soit la branche que l’on remonte dans la famille de cet iris, on découvre le gratin des « var-plic », comme SIVA-SIVA (Gibson 61), BALLYHOO (Keppel 68) –en fait un frère de semis de cette variété- et l’ancêtre MY HONEYCOMB (Gibson 58). BALLYHOO et ses frères de semis, dont FOGGY DEW (Keppel 69), proviennent de SIVA-SIVA et d’un autre plicata signé Keppel, DIPLOMACY (65). LIMERICK et METEOR (Keppel 73) sont deux autres « var-plic » de cette lignée. Et quand on n’est pas dans une lignée de variegatas-plicatas, on se trouve dans une lignée de plicatas tout court, descendants de TAHOLAH (Gibson 56), l’une des souches les plus efficaces de plicatas, ou de ROCOCO (Schreiner 60), une autre référence en la matière.
La branche paternelle commence par FLAMENCO (Keppel 77), un riche « var-plic », qui n’a que des plicatas dans ses ancêtres, depuis CHIQUAPIN (Gibson 59), dans les tons de pourpre, HENNA STITCHES (Gibson 60), plutôt brun-roux, APRIL MELODY (encore !), jusqu’à MONTAGE (Keppel 70) –jaune, blanc et prune- à l’origine duquel il y a l’inévitable TAHOLAH. MONTAGE est le père de ROUND UP (Keppel 71), un plicata bitone pourpre, lui- même géniteur de FLAMENCO. Le tour de piste est terminé.
Mais BROADWAY est maintenant presque une variété ancienne. On peut donc se pencher sur sa descendance, qui est fort nombreuse. Tous les obtenteurs de plicatas l’ont utilisé, que ce soit Keppel, bien sûr, mais aussi Gibson, Ghio, Cayeux ou Ségui, et surtout Byers et Blyth.
Monty Byers, avec son flair exceptionnel a jugé quel profit il pourrait tirer de BROADWAY. Au moins une demi-douzaine de ses obtentions en descendent directement, parmi lesquelles BARN DANCE (91), jaune léger ponctué de brun violacé, BLATANT (90), variegata jaune cadmium et grenat, et les deux frères, FLOORSHOW (89) et ISTANBUL (90), tous deux variegatas-plicatas brodés de pourpre, qui ont pour père EARL OF ESSEX (Zurbrigg 80), plicata bleu fort répandu chez nous.
Barry Blyth, en Australie, a marié BROADWAY avec ses propres obtentions et créé, par exemple, HE MAN (88), ROMAN PALACE (85), SHINE ON WINE (87) ou SWAIN (89). Le premier est un plicata pourpre très chargé ; le second, fils aussi de MICHIGAN PRIDE, un « var-plic » or et brun ; le troisième un riche variegata miel et grenat, plus proche de son autre parent, SHOWBIZZ (Gatty 79) ; le dernier, au pedigree complexe, un original bitone brun foncé.
Keith Keppel s’est servi de son « enfant » pour obtenir DISTANT ROADS (91), un variegata-plicata sombre, fortement imprégné d’indigo, LIGHT SHOW (91), l’un des plus beaux épigones de JITTERBUG, avec des pétales d’un jaune éclatant et des sépales finement et régulièrement rayés de grenat. ROSY CLOUD (85), plicata rose orchidée soutenu, ne descend pas directement de BROADWAY, mais de l’un de ses frères de semis.
Chez Gibson, BROADWAY a donné naissance à LIVING LEGACY (93), « var-plic » assez proche de DISTANT ROADS, et surtout THUNDER ECHO (87), tout le portrait de son père. Quant à Joseph Ghio, il en a tiré HOT CHOCOLATE (95), brillant plicata jaune et… chocolat.
N’oublions pas les Français. Richard Cayeux, avec DAZZLING GOLD X BROADWAY a obtenu le somptueux LOUIS D’OR, finement veiné de brun sur fond or, très voisin de RUÉE VERS L’OR (Ségui 92), qui est de BROADWAY X CATALAN.
L’histoire continue à la génération suivante et, pour faire bref, je ne citerai que quelques petits enfants de BROADWAY : AND ROYAL (Blyth 90), bicolore rose crème et violet, BURST (Blyth 93) qui a une certaine ressemblance avec son cousin RUÉE VERS L’OR , COPATONIC (Blyth 94), encore plus soutenu que SWAIN, SNEEZY (Keppel 96) gracieux « var-plic » clair, tout saupoudré de pourpre, ou PARFUM DE FRANCE (Ransom 2000), également variegata-plicata. Il est évident que d’autres successeurs de BROADWAY apparaîtront dans les années à venir, c’est la destinée des iris de grande valeur.
18.10.02
UN FESTIVAL DE COULEURS
Dans la grande palette des iris, on ne peut guère trouver plus vivement colorés que ceux de la catégorie que l’on appelle « variégata-plicata ». Comme cette dénomination le laisse entendre, il s’agit de fleurs aux pétales jaunes (ou tendant vers le jaune), et aux sépales clairs, voire jaunes également, mais liserés et pointillés de sombre. Il s’agit d’une transformation de la catégorie des plicatas par l’utilisation d’Iris variegata, une espèce riche en couleurs dont l’influence génétique est importante. Cette initiative est revenue aux frères Sass et a été largement exploitée par de nombreux obtenteurs dès les années 50, notamment par James Gibson, qui s’est fait une spécialité des plicatas jaunes ou bruns. Avec le temps, et une multitude de croisements divers, la catégorie s’est diversifiée. C’est ainsi que sont apparues un grand nombre de variations possibles et un vaste choix de combinaisons colorées. J’en ai distingué cinq types que je désignerai, par commodité, sous le nom de la variété de ce type la plus connue.
Le type « AUTUMN ECHO ».
Tout le monde, ou presque, connaît AUTUMN ECHO (Gibson 75), un célèbre iris remontant, aux chaudes couleurs, avec des pétales ocre, des sépales jaunes bordés et ponctués de l’ocre des pétales. S’il me paraît être la variété la plus répandue du type, il n’est pas le premier. Avant lui il y a eu MY HONEYCOMB (Gibson 58), SIVA-SIVA (Gibson 62), ECHO ONE (Schortman 63), ISLAND HOLIDAY (Gibson 69), SANDS OF GOLD (Plough 72), KONA COAST (Plough 73). Après, le type s’est perpétué avec des iris comme SHAFT OF GOLD (Sexton 76), RIO DE ORO (Plough 83), LEMON AND SPICE (Gibson 85), puis HOT TO TROT (McWhirter 91), BUSY SIGNAL (Lauer 93) ou CALDRON FIRE (Gibson 95).
Le type « FANFARON » ;
C’est un type assez voisin du précédent. Il se caractérise par des pétales éclatants, de jaune pâle à orange vif, et des sépales de la même couleur veinés ou ponctués de brun ou de violet, voire des deux. FANFARON (Hager 88) est très représentatif du type, mais tout aussi connus sont DAZZLING GOLD (Anderson 81), BENGAL TIGER (Maryott 81) ou JITTERBUG (Keppel 88). FLAMENCO WHIRL (Hamner 88) est encore plus vif, de même que LOS COYOTES (Burseen 93), qui descend d’ailleurs de deux variégatas-plicatas : DAZZLING GOLD et SUN TOASTED. PRIZE DRAWING (88), un produit tardif de Gordon Plough, est une version claire de ce type.
Le type « KILT LILT ».
C’est sûrement ce type qui a le plus de représentants et, sans doute, en est-ce le plus parfait achèvement. Les pétales sont jaunes, bien entendu, du jaune primevère au jaune d’or, et même à l’orange ou au brun miel. Les sépales, sur fond blanc ou crème, proposent des petits points de brun, de pourpre ou de violet foncé, devenant de plus en plus denses à mesure que l’on s’approche du bord, quelquefois les points se concentrent en une flamme, sous les barbes, quelquefois, aussi, un fin liseré de la couleur des pétales vient compléter l’ensemble. KILT LILT (Gibson 70 – DM 76) en est le plus bel et le plus fameux exemple. James Gibson, auparavant, avait aussi obtenu une variété toujours dans les catalogues, RADIANT APOGEE (64), et une autre, au moins aussi intéressante, ISLAND HOLIDAY (69). C’est ensuite Keith Keppel qui s’est fait, un temps, une spécialité de ces variétés flamboyantes, avec tout d’abord deux frères de semis, issus de RADIANT APOGEE, LIMERICK (73) et METEOR (73), auxquels ont succédé CARAMBA (75), fils de SIVA-SIVA, puis FLAMENCO (77), et MOROCCO (80), qui réunit les qualités de KILT LILT et de CARAMBA. SUN TOASTED (Gibson 76) fait partie de la version « soft » du type, où le rejoignent des iris comme DESERT ECHO (D. Meek 80) – l’effet plicata y est limité à un « spray » de brun violacé, au centre des sépales – et PANOCHA (Ernst 88), fils du précédent. WILD JASMINE (Hamner 83) est de la même eau, et descend de SHAFT OF GOLD, cité plus haut. Parmi les représentants de la version « hard » on trouve WHIRL AROUND (Hamblen 87), dans les tons oranges, HOT STREAK (Ghio 88), dans les tons grenats, ou CHEROKEE NATION (Hedgecock 92), dans les tons bruns. A côté, le moderne WESTERNAIRE (D. Miller 98), fait figure d’enfant sage, en jaune paille et blanc ourlé et moucheté d’indigo.
Le type « AZTEC DANCE ».
WESTERNAIRE, dont on vient de parler pourrait aussi être rangé sous ce type qui est une évolution récente. AZTEC DANCE (Blyth 80) en est un bon représentant : pétales cannelle, sépales blancs, flamme et liseré prune. La partie plicata est allégée, souvent limitée à une fine bordure ; les pétales vont du presque blanc au caramel soutenu. Un fils de CARAMBA, HINDU MAGIC (Blyth 81) fait partie du lot, de même que FLOORSHOW (Byers 89), descendant de BROADWAY, DISTANT ROADS (Keppel 91), très sombre, issu également de BROADWAY, tout comme SURPRISING WIT (99) enfant posthume de Jim Gibson. Sterling Innerst s’est fait en quelque sorte le champion de ce type, qu’il a décliné en TENNESSEE WOMAN (90), TENNESSEE GENTLEMAN (91), AGGRESSIVELY FORWARD (95), EXACTITUDE (96) ou, également, l’étrange OMINOUS STRANGER, qui porte bien son nom.
Le type « BURST ».
C’est là où l’on range les inclassables. BURST (Blyth 93) nous apporte d’Australie une variante où le dessin plicata abandonne les bords et se concentre au centre de la fleur. Chez BOLD VISION (Kerr 99), il se limite au contraire à l’extrême bord des sépales, tandis que sur LET’S DANCE (R. Nelson 86), il se contente d’imprégner les sépales et de s’étaler en une large flamme.
Avec les variégatas-plicatas, on est sûr d’en avoir plein la vue. Ce sont bien les iris aux couleurs les plus chaudes, et, par-dessus le marché, leurs combinaisons sont infinies. C’est pourquoi ils présentent un réel intérêt, non seulement pour le jardinier, mais aussi pour le collectionneur.
Dans la grande palette des iris, on ne peut guère trouver plus vivement colorés que ceux de la catégorie que l’on appelle « variégata-plicata ». Comme cette dénomination le laisse entendre, il s’agit de fleurs aux pétales jaunes (ou tendant vers le jaune), et aux sépales clairs, voire jaunes également, mais liserés et pointillés de sombre. Il s’agit d’une transformation de la catégorie des plicatas par l’utilisation d’Iris variegata, une espèce riche en couleurs dont l’influence génétique est importante. Cette initiative est revenue aux frères Sass et a été largement exploitée par de nombreux obtenteurs dès les années 50, notamment par James Gibson, qui s’est fait une spécialité des plicatas jaunes ou bruns. Avec le temps, et une multitude de croisements divers, la catégorie s’est diversifiée. C’est ainsi que sont apparues un grand nombre de variations possibles et un vaste choix de combinaisons colorées. J’en ai distingué cinq types que je désignerai, par commodité, sous le nom de la variété de ce type la plus connue.
Le type « AUTUMN ECHO ».
Tout le monde, ou presque, connaît AUTUMN ECHO (Gibson 75), un célèbre iris remontant, aux chaudes couleurs, avec des pétales ocre, des sépales jaunes bordés et ponctués de l’ocre des pétales. S’il me paraît être la variété la plus répandue du type, il n’est pas le premier. Avant lui il y a eu MY HONEYCOMB (Gibson 58), SIVA-SIVA (Gibson 62), ECHO ONE (Schortman 63), ISLAND HOLIDAY (Gibson 69), SANDS OF GOLD (Plough 72), KONA COAST (Plough 73). Après, le type s’est perpétué avec des iris comme SHAFT OF GOLD (Sexton 76), RIO DE ORO (Plough 83), LEMON AND SPICE (Gibson 85), puis HOT TO TROT (McWhirter 91), BUSY SIGNAL (Lauer 93) ou CALDRON FIRE (Gibson 95).
Le type « FANFARON » ;
C’est un type assez voisin du précédent. Il se caractérise par des pétales éclatants, de jaune pâle à orange vif, et des sépales de la même couleur veinés ou ponctués de brun ou de violet, voire des deux. FANFARON (Hager 88) est très représentatif du type, mais tout aussi connus sont DAZZLING GOLD (Anderson 81), BENGAL TIGER (Maryott 81) ou JITTERBUG (Keppel 88). FLAMENCO WHIRL (Hamner 88) est encore plus vif, de même que LOS COYOTES (Burseen 93), qui descend d’ailleurs de deux variégatas-plicatas : DAZZLING GOLD et SUN TOASTED. PRIZE DRAWING (88), un produit tardif de Gordon Plough, est une version claire de ce type.
Le type « KILT LILT ».
C’est sûrement ce type qui a le plus de représentants et, sans doute, en est-ce le plus parfait achèvement. Les pétales sont jaunes, bien entendu, du jaune primevère au jaune d’or, et même à l’orange ou au brun miel. Les sépales, sur fond blanc ou crème, proposent des petits points de brun, de pourpre ou de violet foncé, devenant de plus en plus denses à mesure que l’on s’approche du bord, quelquefois les points se concentrent en une flamme, sous les barbes, quelquefois, aussi, un fin liseré de la couleur des pétales vient compléter l’ensemble. KILT LILT (Gibson 70 – DM 76) en est le plus bel et le plus fameux exemple. James Gibson, auparavant, avait aussi obtenu une variété toujours dans les catalogues, RADIANT APOGEE (64), et une autre, au moins aussi intéressante, ISLAND HOLIDAY (69). C’est ensuite Keith Keppel qui s’est fait, un temps, une spécialité de ces variétés flamboyantes, avec tout d’abord deux frères de semis, issus de RADIANT APOGEE, LIMERICK (73) et METEOR (73), auxquels ont succédé CARAMBA (75), fils de SIVA-SIVA, puis FLAMENCO (77), et MOROCCO (80), qui réunit les qualités de KILT LILT et de CARAMBA. SUN TOASTED (Gibson 76) fait partie de la version « soft » du type, où le rejoignent des iris comme DESERT ECHO (D. Meek 80) – l’effet plicata y est limité à un « spray » de brun violacé, au centre des sépales – et PANOCHA (Ernst 88), fils du précédent. WILD JASMINE (Hamner 83) est de la même eau, et descend de SHAFT OF GOLD, cité plus haut. Parmi les représentants de la version « hard » on trouve WHIRL AROUND (Hamblen 87), dans les tons oranges, HOT STREAK (Ghio 88), dans les tons grenats, ou CHEROKEE NATION (Hedgecock 92), dans les tons bruns. A côté, le moderne WESTERNAIRE (D. Miller 98), fait figure d’enfant sage, en jaune paille et blanc ourlé et moucheté d’indigo.
Le type « AZTEC DANCE ».
WESTERNAIRE, dont on vient de parler pourrait aussi être rangé sous ce type qui est une évolution récente. AZTEC DANCE (Blyth 80) en est un bon représentant : pétales cannelle, sépales blancs, flamme et liseré prune. La partie plicata est allégée, souvent limitée à une fine bordure ; les pétales vont du presque blanc au caramel soutenu. Un fils de CARAMBA, HINDU MAGIC (Blyth 81) fait partie du lot, de même que FLOORSHOW (Byers 89), descendant de BROADWAY, DISTANT ROADS (Keppel 91), très sombre, issu également de BROADWAY, tout comme SURPRISING WIT (99) enfant posthume de Jim Gibson. Sterling Innerst s’est fait en quelque sorte le champion de ce type, qu’il a décliné en TENNESSEE WOMAN (90), TENNESSEE GENTLEMAN (91), AGGRESSIVELY FORWARD (95), EXACTITUDE (96) ou, également, l’étrange OMINOUS STRANGER, qui porte bien son nom.
Le type « BURST ».
C’est là où l’on range les inclassables. BURST (Blyth 93) nous apporte d’Australie une variante où le dessin plicata abandonne les bords et se concentre au centre de la fleur. Chez BOLD VISION (Kerr 99), il se limite au contraire à l’extrême bord des sépales, tandis que sur LET’S DANCE (R. Nelson 86), il se contente d’imprégner les sépales et de s’étaler en une large flamme.
Avec les variégatas-plicatas, on est sûr d’en avoir plein la vue. Ce sont bien les iris aux couleurs les plus chaudes, et, par-dessus le marché, leurs combinaisons sont infinies. C’est pourquoi ils présentent un réel intérêt, non seulement pour le jardinier, mais aussi pour le collectionneur.
11.10.02
NORMA JEAN
J’ai eu l’occasion d’admirer, le printemps dernier, un iris rose que j’ai trouvé particulièrement séduisant. Il s’agit de NORMA JEAN (Durrance 91).
Le degré de séduction ne provient pas seulement de l’allusion directe que son nom fait à l’illustrissime Marilyn Monroe, mais surtout de la forme de la fleur, du port gracieux de la plante, et du charme de la couleur. NORMA JEAN est un iris rose, plutôt corail, tendre, avec des barbes roses assorties ; c’est à peine si les épaules des sépales et les côtes des pétales sont d’un rose un peu plus soutenu. La fleur est amplement ondulée, traditionnelle d’aspect, mais légère et vaporeuse à souhait. Rien d’exceptionnel, donc, mais une impression générale qui amène un sourire de plaisir sur les lèvres de celui qui contemple cette fleur.
Du point de vue génétique, NORMA JEAN est un rose de chez rose, comme on dit maintenant quand on veut parler au superlatif. Côté femelle il y a CORAL SATIN (Hamblen 81), un rose corail bien connu à barbes rose vif, et côté mâle CUSTOM MADE (Brown O. 81), un autre rose corail, à barbes saumon, délicatement frisé. Ces deux jolis parents ont engendré un descendant qui ne pouvait qu’être réussi. Le côté paternel n’a rien d’original. CUSTOM MADE provient de SCHIAPARELLI (Moldovan 72) x INSTANT CHARM (Brown O. 74). Le premier est un rose qui a eu son heure de gloire dans les années 70, issu lui-même d’une lignée de roses, dont le fameux ONE DESIRE (Shoop 60), le plus rose des roses de son époque. Le second est rose bleuté, avec une tache violacée au centre des sépales ; il descend d’ailleurs de RIPPLING WATERS (Fay 61 – DM 66), un mauve, comme chacun sait. Le côté maternel est plus intéressant car il n’y a pas que du rose, de ce côté là ! En effet CORAL SATIN est un produit de jaune par rose. Jaune par STAR SPANGLED (Hamblen 74), un beau jaune à barbes or, et par SAFFRON ROBE (Moldovan 68), jaune safran, donc foncé, qui a CHINESE CORAL (Fay 62), célèbre rose chair à barbes rouges, pour « mère » et GYPSY JEWELS (Schreiner 63), brun-rouge, pour « père ». Rose par LOVE SONNET (Hamblen 77), un rose classique à barbes rouge cerise, issu lui-même de MICHELIN (Hamblen 72), grenat clair, et de PINK SLEIGH (Rudolph 70), un de ces superbes roses de Rudolph, rose clair, qui provient du grand rose PINK TAFFETA (Rudolph 68 – DM 75). La teinte saumonée de CORAL SATIN n’est donc pas une surprise. Elle se retrouve, adoucie, dans NORMA JEAN, qui a également hérité, de ce côté là, de sa forme amplement sinueuse, gage de rigidité et de tenue des pièces florales.
NORMA JEAN aurait sûrement plu à sa « marraine », Marilyn, qui appréciait les teintes pastel, en harmonie avec son teint et la couleur donnée à sa chevelure. Que cela soit une jolie variété n’est, à bien réfléchir, que la conséquence de son riche patrimoine génétique. D’ailleurs, comme bien souvent chez les iris de qualité, on découvre qu’il y a des Dykes Medal parmi ses ancêtres : deux cette fois, RIPPLING WATERS et PINK TAFFETA. C’est un signe de plus que cette récompense est attribuée à juste titre. NORMA JEAN chasse de race.
J’ai eu l’occasion d’admirer, le printemps dernier, un iris rose que j’ai trouvé particulièrement séduisant. Il s’agit de NORMA JEAN (Durrance 91).
Le degré de séduction ne provient pas seulement de l’allusion directe que son nom fait à l’illustrissime Marilyn Monroe, mais surtout de la forme de la fleur, du port gracieux de la plante, et du charme de la couleur. NORMA JEAN est un iris rose, plutôt corail, tendre, avec des barbes roses assorties ; c’est à peine si les épaules des sépales et les côtes des pétales sont d’un rose un peu plus soutenu. La fleur est amplement ondulée, traditionnelle d’aspect, mais légère et vaporeuse à souhait. Rien d’exceptionnel, donc, mais une impression générale qui amène un sourire de plaisir sur les lèvres de celui qui contemple cette fleur.
Du point de vue génétique, NORMA JEAN est un rose de chez rose, comme on dit maintenant quand on veut parler au superlatif. Côté femelle il y a CORAL SATIN (Hamblen 81), un rose corail bien connu à barbes rose vif, et côté mâle CUSTOM MADE (Brown O. 81), un autre rose corail, à barbes saumon, délicatement frisé. Ces deux jolis parents ont engendré un descendant qui ne pouvait qu’être réussi. Le côté paternel n’a rien d’original. CUSTOM MADE provient de SCHIAPARELLI (Moldovan 72) x INSTANT CHARM (Brown O. 74). Le premier est un rose qui a eu son heure de gloire dans les années 70, issu lui-même d’une lignée de roses, dont le fameux ONE DESIRE (Shoop 60), le plus rose des roses de son époque. Le second est rose bleuté, avec une tache violacée au centre des sépales ; il descend d’ailleurs de RIPPLING WATERS (Fay 61 – DM 66), un mauve, comme chacun sait. Le côté maternel est plus intéressant car il n’y a pas que du rose, de ce côté là ! En effet CORAL SATIN est un produit de jaune par rose. Jaune par STAR SPANGLED (Hamblen 74), un beau jaune à barbes or, et par SAFFRON ROBE (Moldovan 68), jaune safran, donc foncé, qui a CHINESE CORAL (Fay 62), célèbre rose chair à barbes rouges, pour « mère » et GYPSY JEWELS (Schreiner 63), brun-rouge, pour « père ». Rose par LOVE SONNET (Hamblen 77), un rose classique à barbes rouge cerise, issu lui-même de MICHELIN (Hamblen 72), grenat clair, et de PINK SLEIGH (Rudolph 70), un de ces superbes roses de Rudolph, rose clair, qui provient du grand rose PINK TAFFETA (Rudolph 68 – DM 75). La teinte saumonée de CORAL SATIN n’est donc pas une surprise. Elle se retrouve, adoucie, dans NORMA JEAN, qui a également hérité, de ce côté là, de sa forme amplement sinueuse, gage de rigidité et de tenue des pièces florales.
NORMA JEAN aurait sûrement plu à sa « marraine », Marilyn, qui appréciait les teintes pastel, en harmonie avec son teint et la couleur donnée à sa chevelure. Que cela soit une jolie variété n’est, à bien réfléchir, que la conséquence de son riche patrimoine génétique. D’ailleurs, comme bien souvent chez les iris de qualité, on découvre qu’il y a des Dykes Medal parmi ses ancêtres : deux cette fois, RIPPLING WATERS et PINK TAFFETA. C’est un signe de plus que cette récompense est attribuée à juste titre. NORMA JEAN chasse de race.
4.10.02
ERREURS ET ÉCORCHURES
Un lecteur assidu et attentif m’a fait remarquer que, depuis qu’il existe, ce weblog a plusieurs fois écorché certains noms. C’est ainsi que celui d’Agnes WHITING, dont la variété BLUE RHYTHM a obtenu la Médaille de Dykes en 1950, a été orthographié WITTING. De même celui de James McWHIRTER est devenu parfois McWIRTHER… Quant au Britannique Brian DODSWORTH, je l’ai tout bonnement prénommé Barry. Je ne sais pas si ce fameux obtenteur me pardonnera de nouveau cette erreur, car, il y a quelques années, je l’ai déjà ainsi prénommé dans un courrier que je lui avais envoyé.
Certaines variétés ont également vu leur noms plus ou moins estropiés. Il serait fastidieux de les reprendre une à une. Les lecteurs avertis auront sans doute, comme l’on dit dans la presse, « rectifié d’eux-même ».
Ces observations, bien venues, vont m’inciter à me montrer plus méticuleux à l’avenir, et à me relire encore plus attentivement, d’autant que ce n’est pas le correcteur d’orthographe de l’ordinateur qui rectifiera les noms propres. Il faut tendre vers le zéro défaut, même si l’on sait qu’on n’arrivera jamais à la perfection.
Un lecteur assidu et attentif m’a fait remarquer que, depuis qu’il existe, ce weblog a plusieurs fois écorché certains noms. C’est ainsi que celui d’Agnes WHITING, dont la variété BLUE RHYTHM a obtenu la Médaille de Dykes en 1950, a été orthographié WITTING. De même celui de James McWHIRTER est devenu parfois McWIRTHER… Quant au Britannique Brian DODSWORTH, je l’ai tout bonnement prénommé Barry. Je ne sais pas si ce fameux obtenteur me pardonnera de nouveau cette erreur, car, il y a quelques années, je l’ai déjà ainsi prénommé dans un courrier que je lui avais envoyé.
Certaines variétés ont également vu leur noms plus ou moins estropiés. Il serait fastidieux de les reprendre une à une. Les lecteurs avertis auront sans doute, comme l’on dit dans la presse, « rectifié d’eux-même ».
Ces observations, bien venues, vont m’inciter à me montrer plus méticuleux à l’avenir, et à me relire encore plus attentivement, d’autant que ce n’est pas le correcteur d’orthographe de l’ordinateur qui rectifiera les noms propres. Il faut tendre vers le zéro défaut, même si l’on sait qu’on n’arrivera jamais à la perfection.
BENJAMIN ROSS HAGER
De tous ceux qui, depuis l’origine, pratiquent ou ont pratiqué l’hybridation d’iris, il n’y en a pas un qui arrive à la cheville de Ben Hager pour ce qui est de la qualité et de la diversité de la production. Il s’est intéressé à tous les types d’iris sauf les bulbeux. Il a obtenu des succès formidables dans toutes les compétitions. Ses iris sont répandus en quantité dans le monde entier et il avait laissé un héritage si important que trois ans après sa mort, ses successeurs, et en particulier Richard Ernst, peuvent encore enregistrer des variétés qu’il avait hybridées.
Après une jeunesse, bien américaine, faite d’activités diverses et de métiers variés, c’est en 1951 qu’il a commencé à s’intéresser aux iris. Il avait 36 ans. Il a alors travaillé avec le réputé Tom Craig, puis chez un autre hybrideur, Carl Milliken. A quarante ans, en 1955, avec celui qui restera jusqu’au bout son alter ego, Sidney DuBose, il s’installe sur une petite plantation à Modesto, en Californie centrale, qui devient le nouveau Melrose Gardens, et se lance dans le commerce. C’est en 1959 qu’il déménage pour s’installer sur un terrain plus vaste, à Stockton, où il restera jusqu’à la fin de ses jours.
C’était un personnage attachant, d’une vive intelligence, d’une curiosité exceptionnelle et d’un immense courage au travail. Bien secondé par son ami Sid DuBose, il a mené de front une activité d’hybrideur multidirectionnelle. Et, à l’inverse de ce qui se produit habituellement lorsque l’on touche à tout, il a réussi dans toutes ses entreprises.
Il a commencé par s’occuper d’iris nains. C’est lui qui, en utilisant l’Iris aphylla dans la généalogie des grands iris miniatures, est à l’origine des iris « de table » (MTB). Ses succès dans ce type de plantes sont nombreux, depuis ses premières introductions en 1966. Pour n’en citer qu’un, parlons d’ABRIDGED VERSION (83), un rose fumé à barbes mandarine.
Iris aphylla, utilisé pour ses pouvoirs de miniaturisation, a donné naissance à de nouveaux nains miniatures (MDB), comme PRODIGY (73), un petit bleu clair de 15cm, qui est la « mère » de GIZMO (76), violet foncé, et l’un des ancêtres de BUGSY (92), variegata jaune et acajou, ou de IN TOUCH (99), rose à barbes crème, l’une de ses dernières introductions dans ce type.
Iris aphylla encore, pour rendre les iris intermédiaires un peu plus râblés. Ben Hager n’a pas négligé cette voie. Il a obtenu de la sorte des IB comme le jaune LOOKIN’GOOD (78). Ila aussi poursuivi ses recherches par d’autres voies et présenté plein de jolis variétés comme SWIZZLE (71), célèbre variegata-plicata, ou HOT FUDGE (82), plicata brun sur fond jaune ou l’orange JOY BOAT (92).
De 1963 à nos jours il n’a pas cessé de produire des SDB (plus de 70 variétés enregistrées) et, comme dans les autres domaines, il y a obtenu des iris remarquables. Tous les amateurs de ce type connaissent REGARDS (66), bicolore orchidée et acajou, DEMON (71), de couleur aubergine, HOCUS POCUS (74), curieuse fleur bleu lavande et brun verdâtre, BRIGHT MOMENT (82), aux pétales blancs et aux sépales indigo ourlés de blanc, PIGEON (87) bleu lavande profond, MY SHEBA (87) rose pêche, et son descendant LOVE TOKEN (97), rose clair à barbes blanches.
Une autre des directions qu’il a prises est celle des spurias. Il s’y est lancé dès 1955 et n’a pas cessé de proposer, pratiquement chaque année, de nouveaux iris comme le bleu lavande DIMINUENDO (85) ou le violet foncé veiné d’or DUERME (92). Cependant sa plus belle réussite en ce domaine doit être COUNTESS ZEPPELIN (87) surprenant variegata, qui a obtenu la Nies Medal en 97.
Si l’on parle d’iris du Japon, on est encore dans un domaine exploré par Ben Hager. Son STRANGER IN PARADISE (70) a obtenu la plus haute distinction, la Payne Award, en 1976, et l’année de son décès, il enregistrait encore POOH BAH (99), violet voilé de blanc.
La même passion l’a conduit à s’intéresser aux iris de Louisiane (MARY DUNN –74-, mauve rosé), aux iris de Sibérie (JAYBIRD –82-, deux tons de bleu), aux Pacific Coast (AROMAS –79-, du nom de sa petite ville natale), ou aux arilbreds (SHEIK –76).
Ce sont cependant les grands iris qui ont fait sa grande popularité, et aussi les iris de bordure (BB) grâce auxquels il a obtenu une de ses nombreuses médailles. PINK BUBBLES (79), frère de semis de BEVERLY SILLS, a obtenu la Knowlton Medal en 86.
Mais revenons aux grands iris. Au fil des années il a conçu (ou plutôt sélectionné) des fleurs amples, majestueuses tout en restant bien proportionnées, qui sont sa signature et que les spécialistes reconnaissent facilement. Ses premiers enregistrements concernent d’ailleurs des TB, FORAY (60), un iris dans les tons bordeaux, et SAVAGE QUEEN (60), un rose magenta. Cependant, dans ce type, la consécration a tardé à venir. Il a fallu attendre une dizaine d’années pour que des variétés de grande classe apparaissent. DECOLLETAGE est de 1970, BASIC BLACK de 1971, ICE SCULPTURE est de 1973… Mais une fois la machine lancée, elle a continué à plein régime ! La fête a commencé avec VANITY (75), la première des trois variétés Hager à avoir obtenu la DM. Mais les vingt ans qui séparent VANITY d’EDITH WOLFORD, DM numéro 3, ont été marqués par une foule d’iris tous plus réussis les uns que les autres, comme le plicata GRAPHIC ARTS (77), le blanc LEDA’S LOVER (79), l’orange PUNKIN (81), le rose, fils de BEVERLY SILLS, ANNA BELLE BABSON (84), tout comme AFFLUENCE (85). Les treize années suivantes sont encore plus prolifiques, avec, par exemple, BLYTH DEAN (87), DOLCE VITA(88), TIMESCAPE (89), AUTUMN CIRCUS (90), HORATIO (91), KATHLEEN KAY NELSON (92), HIGH TECH (93), LARK ASCENDING (94), CHASING RAINBOWS (95), PROSPEROUS VOYAGE (96), I’M PRETTY (97), DUO DANDY (98), MAKING WAVES (99)… Il s’est intéressé à presque tous les sujets concernant les TB, que soit les remontants (FEED BACK –83-, MOTHER EARTH –87-, CHRISTOPHER COLOMBUS –92-), les iris space age (HORNY LORRI –73-, JESTER –88-, TRIPLE WHAMMY –89-), les iris tardifs (LINGERING SPRING –91-, AFTER THE BALL –91- ou SURPRISE ENDING –92-).
Cette activité débordante, et cet art consommé ont valu à Ben Hager les récompenses les plus élevées. Trois Dykes Medal : VANITY (82), BEVERLY SILLS (85), EDITH WOLFORD (93) ; une Knowlton Medal pour PINK BUBBLES (86) ; trois Sass Medal pour ses iris intermédiaires SWIZZLE en 79, BUTTER PECAN en 91 et HOT FIDGE en 92 ; deux Cook-Douglas Medal pour ses SDB REGARDS en 73 et HOCUS POCUS en 81 ; deux Carpane-Welsh Medal pour ses petits GIZMO en 87 et DITTO en 88 ; une White Medal pour l’AB KALIFA’S ROBE en 98 et une Nies Medal pour le spuria COUNTESS ZEPPELIN en 97 ! Et il ne faut pas oublier le Florin d’Or que BEVERLY SILLS a remporté à Florence en 1981.
Benjamin Ross Hager, sous son large chapeau, s’était fait une place prééminente dans le monde terrestre des iris. Il est certain qu’il l’a gardée dans l’autre, où il a rejoint les frères Sass, Orville Fay, Ferdinand Cayeux, et tous ceux qui l’attendaient au paradis des iridophiles.
NDLR : Cette étude est basée sur les chroniques obituaires publiées dans le numéro 315 du Bulletin de l’A.I.S.
De tous ceux qui, depuis l’origine, pratiquent ou ont pratiqué l’hybridation d’iris, il n’y en a pas un qui arrive à la cheville de Ben Hager pour ce qui est de la qualité et de la diversité de la production. Il s’est intéressé à tous les types d’iris sauf les bulbeux. Il a obtenu des succès formidables dans toutes les compétitions. Ses iris sont répandus en quantité dans le monde entier et il avait laissé un héritage si important que trois ans après sa mort, ses successeurs, et en particulier Richard Ernst, peuvent encore enregistrer des variétés qu’il avait hybridées.
Après une jeunesse, bien américaine, faite d’activités diverses et de métiers variés, c’est en 1951 qu’il a commencé à s’intéresser aux iris. Il avait 36 ans. Il a alors travaillé avec le réputé Tom Craig, puis chez un autre hybrideur, Carl Milliken. A quarante ans, en 1955, avec celui qui restera jusqu’au bout son alter ego, Sidney DuBose, il s’installe sur une petite plantation à Modesto, en Californie centrale, qui devient le nouveau Melrose Gardens, et se lance dans le commerce. C’est en 1959 qu’il déménage pour s’installer sur un terrain plus vaste, à Stockton, où il restera jusqu’à la fin de ses jours.
C’était un personnage attachant, d’une vive intelligence, d’une curiosité exceptionnelle et d’un immense courage au travail. Bien secondé par son ami Sid DuBose, il a mené de front une activité d’hybrideur multidirectionnelle. Et, à l’inverse de ce qui se produit habituellement lorsque l’on touche à tout, il a réussi dans toutes ses entreprises.
Il a commencé par s’occuper d’iris nains. C’est lui qui, en utilisant l’Iris aphylla dans la généalogie des grands iris miniatures, est à l’origine des iris « de table » (MTB). Ses succès dans ce type de plantes sont nombreux, depuis ses premières introductions en 1966. Pour n’en citer qu’un, parlons d’ABRIDGED VERSION (83), un rose fumé à barbes mandarine.
Iris aphylla, utilisé pour ses pouvoirs de miniaturisation, a donné naissance à de nouveaux nains miniatures (MDB), comme PRODIGY (73), un petit bleu clair de 15cm, qui est la « mère » de GIZMO (76), violet foncé, et l’un des ancêtres de BUGSY (92), variegata jaune et acajou, ou de IN TOUCH (99), rose à barbes crème, l’une de ses dernières introductions dans ce type.
Iris aphylla encore, pour rendre les iris intermédiaires un peu plus râblés. Ben Hager n’a pas négligé cette voie. Il a obtenu de la sorte des IB comme le jaune LOOKIN’GOOD (78). Ila aussi poursuivi ses recherches par d’autres voies et présenté plein de jolis variétés comme SWIZZLE (71), célèbre variegata-plicata, ou HOT FUDGE (82), plicata brun sur fond jaune ou l’orange JOY BOAT (92).
De 1963 à nos jours il n’a pas cessé de produire des SDB (plus de 70 variétés enregistrées) et, comme dans les autres domaines, il y a obtenu des iris remarquables. Tous les amateurs de ce type connaissent REGARDS (66), bicolore orchidée et acajou, DEMON (71), de couleur aubergine, HOCUS POCUS (74), curieuse fleur bleu lavande et brun verdâtre, BRIGHT MOMENT (82), aux pétales blancs et aux sépales indigo ourlés de blanc, PIGEON (87) bleu lavande profond, MY SHEBA (87) rose pêche, et son descendant LOVE TOKEN (97), rose clair à barbes blanches.
Une autre des directions qu’il a prises est celle des spurias. Il s’y est lancé dès 1955 et n’a pas cessé de proposer, pratiquement chaque année, de nouveaux iris comme le bleu lavande DIMINUENDO (85) ou le violet foncé veiné d’or DUERME (92). Cependant sa plus belle réussite en ce domaine doit être COUNTESS ZEPPELIN (87) surprenant variegata, qui a obtenu la Nies Medal en 97.
Si l’on parle d’iris du Japon, on est encore dans un domaine exploré par Ben Hager. Son STRANGER IN PARADISE (70) a obtenu la plus haute distinction, la Payne Award, en 1976, et l’année de son décès, il enregistrait encore POOH BAH (99), violet voilé de blanc.
La même passion l’a conduit à s’intéresser aux iris de Louisiane (MARY DUNN –74-, mauve rosé), aux iris de Sibérie (JAYBIRD –82-, deux tons de bleu), aux Pacific Coast (AROMAS –79-, du nom de sa petite ville natale), ou aux arilbreds (SHEIK –76).
Ce sont cependant les grands iris qui ont fait sa grande popularité, et aussi les iris de bordure (BB) grâce auxquels il a obtenu une de ses nombreuses médailles. PINK BUBBLES (79), frère de semis de BEVERLY SILLS, a obtenu la Knowlton Medal en 86.
Mais revenons aux grands iris. Au fil des années il a conçu (ou plutôt sélectionné) des fleurs amples, majestueuses tout en restant bien proportionnées, qui sont sa signature et que les spécialistes reconnaissent facilement. Ses premiers enregistrements concernent d’ailleurs des TB, FORAY (60), un iris dans les tons bordeaux, et SAVAGE QUEEN (60), un rose magenta. Cependant, dans ce type, la consécration a tardé à venir. Il a fallu attendre une dizaine d’années pour que des variétés de grande classe apparaissent. DECOLLETAGE est de 1970, BASIC BLACK de 1971, ICE SCULPTURE est de 1973… Mais une fois la machine lancée, elle a continué à plein régime ! La fête a commencé avec VANITY (75), la première des trois variétés Hager à avoir obtenu la DM. Mais les vingt ans qui séparent VANITY d’EDITH WOLFORD, DM numéro 3, ont été marqués par une foule d’iris tous plus réussis les uns que les autres, comme le plicata GRAPHIC ARTS (77), le blanc LEDA’S LOVER (79), l’orange PUNKIN (81), le rose, fils de BEVERLY SILLS, ANNA BELLE BABSON (84), tout comme AFFLUENCE (85). Les treize années suivantes sont encore plus prolifiques, avec, par exemple, BLYTH DEAN (87), DOLCE VITA(88), TIMESCAPE (89), AUTUMN CIRCUS (90), HORATIO (91), KATHLEEN KAY NELSON (92), HIGH TECH (93), LARK ASCENDING (94), CHASING RAINBOWS (95), PROSPEROUS VOYAGE (96), I’M PRETTY (97), DUO DANDY (98), MAKING WAVES (99)… Il s’est intéressé à presque tous les sujets concernant les TB, que soit les remontants (FEED BACK –83-, MOTHER EARTH –87-, CHRISTOPHER COLOMBUS –92-), les iris space age (HORNY LORRI –73-, JESTER –88-, TRIPLE WHAMMY –89-), les iris tardifs (LINGERING SPRING –91-, AFTER THE BALL –91- ou SURPRISE ENDING –92-).
Cette activité débordante, et cet art consommé ont valu à Ben Hager les récompenses les plus élevées. Trois Dykes Medal : VANITY (82), BEVERLY SILLS (85), EDITH WOLFORD (93) ; une Knowlton Medal pour PINK BUBBLES (86) ; trois Sass Medal pour ses iris intermédiaires SWIZZLE en 79, BUTTER PECAN en 91 et HOT FIDGE en 92 ; deux Cook-Douglas Medal pour ses SDB REGARDS en 73 et HOCUS POCUS en 81 ; deux Carpane-Welsh Medal pour ses petits GIZMO en 87 et DITTO en 88 ; une White Medal pour l’AB KALIFA’S ROBE en 98 et une Nies Medal pour le spuria COUNTESS ZEPPELIN en 97 ! Et il ne faut pas oublier le Florin d’Or que BEVERLY SILLS a remporté à Florence en 1981.
Benjamin Ross Hager, sous son large chapeau, s’était fait une place prééminente dans le monde terrestre des iris. Il est certain qu’il l’a gardée dans l’autre, où il a rejoint les frères Sass, Orville Fay, Ferdinand Cayeux, et tous ceux qui l’attendaient au paradis des iridophiles.
NDLR : Cette étude est basée sur les chroniques obituaires publiées dans le numéro 315 du Bulletin de l’A.I.S.
26.9.02
ELIZABETH POLDARK
Dans la chronique précédente, je déplorais la place restreinte réservée aux variétés européennes dans les offres des producteurs. Pour avoir quelque chance de voir une variété originaire d’Europe apparaître dans les catalogues, il faut le plus souvent qu’elle ait été introduite sur le marché des USA. C’est le cas pour ELIZABETH POLDARK, une variété anglaise, obtenue en 1987 par Robert Nichol et introduite aux Etats-Unis en 90 par George Sutton. Cette opportunité a valu à ELIZABETH POLDARK d’avoir une distribution mondiale, alors que bien d’autres variétés voisines, mais confinées à leur marché national, n’ont pas eu ce destin. Prenez, par exemple BRYNGWYN, de la Galloise Maureen Foster-Probert, enregistrée en 90, ou WHITE DREAM, de l’Allemand Harald Moos , obtenue en 91. L’une et l’autre sont des iris blancs, issus de variétés américaines, apparues au même moment. Mais ni l’une ni l’autre n’ont quitté leur pays d’origine…
Cela dit, ELIZABETH POLDARK n’a pas usurpé son succès mondial. Il s’agit d’un bel iris ondulé, blanc, avec traces de jaune au cœur et barbes jaunes pointées blanc. En soit il n’a rien de spécialement original, mais il est joli et, au moment de sa grande diffusion, enrichissait et rajeunissait les collections de blancs.
Analyser sa généalogie n’offre pas de réelle difficulté et présente un intérêt certain. ELIZABETH POLDARK provient de MARY FRANCES (Gaulter 73 – DM 79) x PARADISE (Gatty 80). C’est à dire un mauve croisé avec un rose. MARY FRANCES descend d’une lignée de mauves et de roses bleutés, TOWN AND COUNTRY (Gaulter 71), rose orchidée, MARIE PHILIPS (Muhlestein 63), bleu glycine, STERLING SILVER (Moldovan 61), néglecta mauve. A noter que MARIE PHILIPS et STERLING SILVER sont aussi les parents de TOWN AND COUNTRY ! C’est cependant le côté paternel d’ELIZABETH POLDARK qui est le plus intéressant. PARADISE est l’un de ces incomparables roses de Gatty, lui-même issu de roses : PLAYGIRL (Gatty 77) et un semis de MAY DANCER (Shoop 67), et de PRINCESS (Gatty 72). PLAYGIRL est sans conteste l’un des plus jolis roses qu’ait obtenu Joë Gatty. C’est un rose tendre, parfaitement formé et délicatement ondulé. Il a pour parents deux autres roses, LIZ (Gatty 72) et PINK SLEIGH (Rudolph 70). Rudolph était, avant Gatty, le champion des iris roses. Le « père » de PINK SLEIGH, PINK TAFFETA, est aussi un produit Rudolph. Enregistré en 68, il a été couronné de la Dykes Medal en 1975. Il résulte d’un croisement entre ARCTIC FLAME (Fay 60), blanc à barbes minium, et PINK ICE (Rudolph 60), rose pâle lui aussi, comme son nom l’indique. Quant à LIZ, c’est un joli rose saumon, qui est le frère de semis d’un « grand père » de PARADISE, le rose dragée bien connu PRINCESS (Gatty 72). Ce dernier et son frère LIZ ont des parents qui réunissent à peu près les mêmes caractéristiques que ceux de PINK TAFFETA, à savoir une « mère » blanche à barbes rouges – en l’occurrence RUFFLED VALENTINE (Brizendine 61) – et un « père » mauve, le fameux RIPPLING WATERS (Fay 61 – DM 66).
Si ELIZABETH POLDARK est un iris blanc, il le tient essentiellement de ces origines paternelles, où le blanc se retrouve chez ARCTIC FLAME et chez RUFFLED VALENTINE. Il a cependant troqué les barbes rouges contre un fond de jaune qui provient de son côté maternel.
ELIZABETH POLDARK n’a jamais obtenu de récompense officielle. En 92 et 93 la DM anglaise n’a pas été attribuée et, ensuite, se sont le bleu WHARFEDALE (Dodsworth 89) puis le petit plicata indigo ORINOCO FLOW (Bartlett 89) qui ont été honorés. Mais il peut se targuer de nobles origines. N’a-t-il pas dans ses ancêtres au moins trois vainqueurs de la DM : MARY FRANCES (79), PINK TAFFETA (75) et RIPPLING WATERS (66) ? De plus il peut être fier de ses descendants, essentiellement des iris blancs, comme H.C. STETSON (Stetson 2001) qui a remporté le Florin d’Or en 2001. Il faut compter aussi sur FREEDOM FLIGHT (Sutton 2001), qui ressemble beaucoup à sa « maman », et sur un iris que j’aime beaucoup, VERITY BLAMEY (Nichol 98), qui n’est évidemment pas blanc, mais qui, en deux tons de mauve et barbes or, rappelle les ancêtres colorés d’ELIZABETH POLDARK.
Dans la chronique précédente, je déplorais la place restreinte réservée aux variétés européennes dans les offres des producteurs. Pour avoir quelque chance de voir une variété originaire d’Europe apparaître dans les catalogues, il faut le plus souvent qu’elle ait été introduite sur le marché des USA. C’est le cas pour ELIZABETH POLDARK, une variété anglaise, obtenue en 1987 par Robert Nichol et introduite aux Etats-Unis en 90 par George Sutton. Cette opportunité a valu à ELIZABETH POLDARK d’avoir une distribution mondiale, alors que bien d’autres variétés voisines, mais confinées à leur marché national, n’ont pas eu ce destin. Prenez, par exemple BRYNGWYN, de la Galloise Maureen Foster-Probert, enregistrée en 90, ou WHITE DREAM, de l’Allemand Harald Moos , obtenue en 91. L’une et l’autre sont des iris blancs, issus de variétés américaines, apparues au même moment. Mais ni l’une ni l’autre n’ont quitté leur pays d’origine…
Cela dit, ELIZABETH POLDARK n’a pas usurpé son succès mondial. Il s’agit d’un bel iris ondulé, blanc, avec traces de jaune au cœur et barbes jaunes pointées blanc. En soit il n’a rien de spécialement original, mais il est joli et, au moment de sa grande diffusion, enrichissait et rajeunissait les collections de blancs.
Analyser sa généalogie n’offre pas de réelle difficulté et présente un intérêt certain. ELIZABETH POLDARK provient de MARY FRANCES (Gaulter 73 – DM 79) x PARADISE (Gatty 80). C’est à dire un mauve croisé avec un rose. MARY FRANCES descend d’une lignée de mauves et de roses bleutés, TOWN AND COUNTRY (Gaulter 71), rose orchidée, MARIE PHILIPS (Muhlestein 63), bleu glycine, STERLING SILVER (Moldovan 61), néglecta mauve. A noter que MARIE PHILIPS et STERLING SILVER sont aussi les parents de TOWN AND COUNTRY ! C’est cependant le côté paternel d’ELIZABETH POLDARK qui est le plus intéressant. PARADISE est l’un de ces incomparables roses de Gatty, lui-même issu de roses : PLAYGIRL (Gatty 77) et un semis de MAY DANCER (Shoop 67), et de PRINCESS (Gatty 72). PLAYGIRL est sans conteste l’un des plus jolis roses qu’ait obtenu Joë Gatty. C’est un rose tendre, parfaitement formé et délicatement ondulé. Il a pour parents deux autres roses, LIZ (Gatty 72) et PINK SLEIGH (Rudolph 70). Rudolph était, avant Gatty, le champion des iris roses. Le « père » de PINK SLEIGH, PINK TAFFETA, est aussi un produit Rudolph. Enregistré en 68, il a été couronné de la Dykes Medal en 1975. Il résulte d’un croisement entre ARCTIC FLAME (Fay 60), blanc à barbes minium, et PINK ICE (Rudolph 60), rose pâle lui aussi, comme son nom l’indique. Quant à LIZ, c’est un joli rose saumon, qui est le frère de semis d’un « grand père » de PARADISE, le rose dragée bien connu PRINCESS (Gatty 72). Ce dernier et son frère LIZ ont des parents qui réunissent à peu près les mêmes caractéristiques que ceux de PINK TAFFETA, à savoir une « mère » blanche à barbes rouges – en l’occurrence RUFFLED VALENTINE (Brizendine 61) – et un « père » mauve, le fameux RIPPLING WATERS (Fay 61 – DM 66).
Si ELIZABETH POLDARK est un iris blanc, il le tient essentiellement de ces origines paternelles, où le blanc se retrouve chez ARCTIC FLAME et chez RUFFLED VALENTINE. Il a cependant troqué les barbes rouges contre un fond de jaune qui provient de son côté maternel.
ELIZABETH POLDARK n’a jamais obtenu de récompense officielle. En 92 et 93 la DM anglaise n’a pas été attribuée et, ensuite, se sont le bleu WHARFEDALE (Dodsworth 89) puis le petit plicata indigo ORINOCO FLOW (Bartlett 89) qui ont été honorés. Mais il peut se targuer de nobles origines. N’a-t-il pas dans ses ancêtres au moins trois vainqueurs de la DM : MARY FRANCES (79), PINK TAFFETA (75) et RIPPLING WATERS (66) ? De plus il peut être fier de ses descendants, essentiellement des iris blancs, comme H.C. STETSON (Stetson 2001) qui a remporté le Florin d’Or en 2001. Il faut compter aussi sur FREEDOM FLIGHT (Sutton 2001), qui ressemble beaucoup à sa « maman », et sur un iris que j’aime beaucoup, VERITY BLAMEY (Nichol 98), qui n’est évidemment pas blanc, mais qui, en deux tons de mauve et barbes or, rappelle les ancêtres colorés d’ELIZABETH POLDARK.
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