INTERMÉDIAIRES, MAIS FERTILES.
On a longtemps affirmé que les iris intermédiaires étaient stériles du fait de leur nombre impair de chromosomes. Dans un article sous-titré « Un mythe anéanti », publié en 1998 (1) dans la revue « The Medianite » dédiée, comme l’indique son nom, aux iris moyens, l’obtenteur américain Marky Smith fait une synthèse de ses travaux sur les iris intermédiaires. Pour démontrer qu’ils n’étaient pas tous aussi stériles qu’on voulait bien le dire, il a effectué de nombreux croisements entre des intermédiaires utilisés comme parent femelle et, soit des nains standards, soit des grands iris. Au début de 98 il a choisi trente-trois IB (intermédiaires) qu’il a d’abord fécondé avec du pollen prélevé sur des SDB (iris nains), alors en fin de floraison, puis, un peu plus tard, avec du pollen de TB (grands iris). Cette expérience a été tentée avec des variétés dont il pouvait espérer obtenir des semis intéressants et dont la fertilité pollinique était reconnue.
Certains des iris fécondés n’ont rien donné, mais les plus nombreux ont produit, au moins dans l’un ou l’autre des croisements, quelques voire de nombreuses graines. Certaines variétés comme BOLD STROKE (E. Jones 93), un bleu drapeau à barbes sombres issu de CODICIL, DARK WATERS (Aitken 92), un self violet foncé, fils de GYRO, PROTOCOL (Keppel 94), un amoena jaune dont le père est AMBER SNOW, ou SMITTEN KITTEN (Aitken 91), amoena rose issu de MARMALADE SKIES, se sont montrés particulièrement performants tant avec les SDB qu’avec les TB. D’autres comme IMPERATIVE (P. Black 97), un néglecta pourpre sombre, PRISM ( M. Smith 95), qui tient de sa « mère » CHUBBY CHEEKS une tonalité violet grisé et des veines bleutées sous les barbes, STARWOMAN (M. Smith 97), un autre plicata grisé provenant également de CHUBBY CHEEKS, et cousin du précédent, ou THIS AND THAT (P. Black 98), très original rose pourpré et argenté, autre descendant du petit CHUBBY CHEEKS, n’ont bien réussi qu’avec les TB. D’une manière générale cette expérience a été un véritable succès.
L’intérêt d’une telle démonstration se situe notamment dans la perspective d’obtenir, par cette voie, des iris de bordure (BB) qui soient plus élégants et mieux proportionnés que ceux enregistrés jusqu’ici, lesquels ne sont que des grands iris déclassés pour cause de tiges trop courtes, et, de ce fait, généralement dotés de fleurs trop grosses pour la taille des plantes. Le mélange IB/TB aboutit à des iris moyens en taille, mais avec des fleurs petites et fines. Un autre intérêt est qu’on peut envisager que des traits caractéristiques des iris nains (SDB) comme la macule brune héritée des I. pumila apparaissent sur des grands iris (TB) ou tout au moins sur les BB de nouvelle génération. De même les couleurs si diverses et riches des SDB pourraient être transmises à des plantes de haute taille, renouvelant le choix de coloris de ces variétés.
En dépit d’un taux de germination des graines provenant des ces croisements assez faible, un champ de recherches original s’ouvre ainsi pour les hybrideurs à l’affût de renouveau. Pouvait-on craindre que l’hybridation finisse par ne plus produire que sans fin les mêmes iris ? Par ce chemin, cette hypothèse est sans doute à négliger.
(1) article repris dans le bulletin n° 313 (avril 99) de l’AIS.
30.1.03
24.1.03
MEZZA CARTUCCIA
Si je m’intéresse un peu à autre chose que les grands iris, je le dois essentiellement à Augusto Bianco et à l’iris intermédiaire qu’il m’a envoyé il y a six ans. Il n’était alors identifié que par un numéro de semis et je devais le printemps suivant fournir une appréciation sur les qualités de cette variété sous un autre climat que la douceur piémontaise. Et j’ai été tout à fait séduit par MEZZA CARTUCCIA (Bianco 98). Il s’agit donc d’un iris intermédiaire, joli et original, avec des pétales bleu argenté, et des sépales violet clair, accompagnés de barbes assorties dans les tons lilas, un peu sombre. La fleur est gentiment frisottée et ondulée, les sépales se tiennent très horizontaux. La plante pousse très bien chez moi et j’ai déjà du la dédoubler : elle a en partie émigré vers Orléans, chez ma fille, et en Auvergne chez mon fils cadet. Je ne sais pas si d’autres amateurs français se la sont procurée, mais je les invite vivement à le faire s’ils veulent disposer d’une variété en tous points intéressante.
Elle provient d’un croisement entre le pollen du SDB CHUBBY CHEEKS (P. Black 84) et les ovaires d’un semis de PACIFIC TIDE (Cowdery 86) x TOUCH OF BRONZE (B. Blyth 83). Avec de tels parents on pouvait évidemment espérer un bon iris. Car CHUBBY CHEEKS est un iris nain super original et très apprécié des obtenteurs. Paul Black est l’auteur de variétés qui sortent souvent de l’ordinaire, ainsi en est-il de GLITZ AND GLITTER (88) comme de GOLDKIST (93) ou de DUDE RANCH (2000), dernier vainqueur du Concours de Florence. Concours que SIGHS AND WHISPERS (89) avait remporté en 92, ce qui situe Paul Black dans la petite famille des doubles triomphateurs de Florence. CHUBBY CHEEKS est blanc, veiné de violet et liseré de jaune chartreuse. Il descend du côté maternel de DAISY (C. Palmer 76), blanc veiné de jaune, et de plicatas violets, dont CARROUSEL PRINCESS (Warburton 71), et du côté paternel d’un autre iris de Bee Warburton, SOFT AIR (72) qui est de couleur crème et qui compte parmi ses ancêtres l’incontournable SNOW FLURRY (Clara Rees 39), tout comme DAISY compte le bleu drapeau PIERRE MENARD (Eva Faught 48), l’une des pierres angulaires de l’hybridation des iris bleus.
TOUCH OF BRONZE a fourni à MEZZA CARTUCCIA sa barbe foncée, qu’il tient lui-même de EVENING ECHO (Melba Hamblen 77), lequel est un descendant de SWAN BALLET (Muhlestein 57 – DM 59). PACIFIC TIDE est un beau bleu marine à barbes rouges. Il a pour géniteurs VIVIEN (Keppel 79) et FULL TIDE (Opal Brown 72), et par conséquent pour grand parent le célèbre bleu BABBLING BROOK (Keppel 69 – DM 72).
Voilà donc ce MEZZA CARTUCCIA que je guette à fleurir chaque printemps, car il sonne le début de la saison des grands iris, alors que les petits SDB sont déjà sur leur fin. C’est un peu les trois coups du grand spectacle qui va durer jusqu’à la mi-juin.
Si je m’intéresse un peu à autre chose que les grands iris, je le dois essentiellement à Augusto Bianco et à l’iris intermédiaire qu’il m’a envoyé il y a six ans. Il n’était alors identifié que par un numéro de semis et je devais le printemps suivant fournir une appréciation sur les qualités de cette variété sous un autre climat que la douceur piémontaise. Et j’ai été tout à fait séduit par MEZZA CARTUCCIA (Bianco 98). Il s’agit donc d’un iris intermédiaire, joli et original, avec des pétales bleu argenté, et des sépales violet clair, accompagnés de barbes assorties dans les tons lilas, un peu sombre. La fleur est gentiment frisottée et ondulée, les sépales se tiennent très horizontaux. La plante pousse très bien chez moi et j’ai déjà du la dédoubler : elle a en partie émigré vers Orléans, chez ma fille, et en Auvergne chez mon fils cadet. Je ne sais pas si d’autres amateurs français se la sont procurée, mais je les invite vivement à le faire s’ils veulent disposer d’une variété en tous points intéressante.
Elle provient d’un croisement entre le pollen du SDB CHUBBY CHEEKS (P. Black 84) et les ovaires d’un semis de PACIFIC TIDE (Cowdery 86) x TOUCH OF BRONZE (B. Blyth 83). Avec de tels parents on pouvait évidemment espérer un bon iris. Car CHUBBY CHEEKS est un iris nain super original et très apprécié des obtenteurs. Paul Black est l’auteur de variétés qui sortent souvent de l’ordinaire, ainsi en est-il de GLITZ AND GLITTER (88) comme de GOLDKIST (93) ou de DUDE RANCH (2000), dernier vainqueur du Concours de Florence. Concours que SIGHS AND WHISPERS (89) avait remporté en 92, ce qui situe Paul Black dans la petite famille des doubles triomphateurs de Florence. CHUBBY CHEEKS est blanc, veiné de violet et liseré de jaune chartreuse. Il descend du côté maternel de DAISY (C. Palmer 76), blanc veiné de jaune, et de plicatas violets, dont CARROUSEL PRINCESS (Warburton 71), et du côté paternel d’un autre iris de Bee Warburton, SOFT AIR (72) qui est de couleur crème et qui compte parmi ses ancêtres l’incontournable SNOW FLURRY (Clara Rees 39), tout comme DAISY compte le bleu drapeau PIERRE MENARD (Eva Faught 48), l’une des pierres angulaires de l’hybridation des iris bleus.
TOUCH OF BRONZE a fourni à MEZZA CARTUCCIA sa barbe foncée, qu’il tient lui-même de EVENING ECHO (Melba Hamblen 77), lequel est un descendant de SWAN BALLET (Muhlestein 57 – DM 59). PACIFIC TIDE est un beau bleu marine à barbes rouges. Il a pour géniteurs VIVIEN (Keppel 79) et FULL TIDE (Opal Brown 72), et par conséquent pour grand parent le célèbre bleu BABBLING BROOK (Keppel 69 – DM 72).
Voilà donc ce MEZZA CARTUCCIA que je guette à fleurir chaque printemps, car il sonne le début de la saison des grands iris, alors que les petits SDB sont déjà sur leur fin. C’est un peu les trois coups du grand spectacle qui va durer jusqu’à la mi-juin.
16.1.03
JOSEPH ALFRED GATTY
Les iris roses sont maintenant innombrables et tous les obtenteurs se sont astreints à en sélectionner quelques-uns : cela doit faire partie de ces choses incontournables qui interviennent dans la vie de chacun d’entre nous. Mais peu nombreux sont ceux qui ont eu la main aussi heureuse que Joe Gatty dans l’hybridation des iris roses. Il est probable que cette couleur correspondait à sa sensibilité et à la délicatesse de son caractère.
Sa disparition en janvier 92 a mis un terme à trente-cinq ans de dévotion aux iris. Joseph Alfred Gatty était originaire de la côte Est des Etats-Unis, du New Jersey exactement il y vécut jusqu’en 1969, moment où il émigra vers l’une des terres de prédilection des iris, la côte Ouest, et précisément la Californie.
Longtemps, a-t-il dit lui même, il a cherché un but pour son existence. Vers l’âge de 25 ans il a découvert enfin ce qu’il voulait faire. Dès ce moment il s’est consacré aux iris, aidé au début par quelques grands noms de l’époque, le long de la côte atlantique : Robert Graves. Ed Watkins, Kenneth et Catherine Smith. et Stedman Butrick. Il s’était lancé dans l’hybridation en iris et il était très fier de son premier cultivar qu'il présentait un concours, quand quelqu'un derrière lui demanda : « Et ça, qu’est-ce que c’est? » Toute honte bue, le jeune Joe se dit qu’il devait se montrer plus rigoureux et sélectif, et attendit dix ans pour oser présenter de nouveau une de ses obtentions. Ce fut le point de départ d’une brillante carrière : ce premier iris fut considéré comme le plus beau de ceux présentés à la convention de 1960 qui se tenait Newark près de chez lui. Il s’appelait FRIENDSHIP.
En 1967 il prit la décision de faire le grand saut et de traverser les Etats-Unis de part an part pour trouver une terre où ses projets d’hybridation auraient les meilleures conditions pour se réaliser. Il y transporta ses graines et ses meilleurs jeunes plants, et la nouvelle vie commença, avec, tout de suite, des iris roses de grande classe venus de l’est. PRINCESS (72) et LIZ (72). Le ton était donné, Joe Gatty allait sélectionner de préférence des iris dans les couleurs tendres et surtout des roses.
En 1975, c’est un blanc à barbe jaune cadmium, WHITE LIGHTNING (74), qui fut particulièrement remarqué à la convention de San Diego et obtînt la Franklin Cook Cup (le plus apprécié des participants parmi les iris « invités »). Par la suite nombre de ses obtentions retinrent l’attention des juges mais il n’eut pas la chance de se voir décerner la fameuse Dykes Medal rejoignant en cela quelques grands hybrideurs malheureux, comme Melba Hamblen ou Gordon Plough et bien d’autres à qui il a manqué ce je ne sais quoi qui emporte l’enthousiasme des juges.
Sa renommée dépassa rapidement les frontières américaines et de très nombreuses variétés signées Gatty ont été retenues, entre autres, par nos producteurs nationaux. Presque toutes dans les tons pastels, mais également avec de belles réussites vivement colorées comme JEAN HOFFMEISTER (82), en bleu, BOLD GOLD (87), en or, SYNCOPATION (84) en jaune et pourpre. Néanmoins son goût le pousse à retenir essentiellement des iris clairs : des blancs comme WHITE LIGHTNING déjà cité, RISQUE (74), PANACHE (78) ou SYMMETRY (81) : des lilas comme DESIGNING WOMAN (90) ; des jaunes pâles comme DREAM AFFAIR (78) ; des abricot comme LOVELY GLOW (87) ; des blanc-bleutés comme FLAIR (76) et surtout des roses, les fameux roses de Gatty, du rose clair de PRINCESS (72) au rose pourpré de PRESENCE (87), en passant par toutes les nuances : rose pur - LIZ (72). ou rose tendre - BONBON (77), rose dragée - PLAYGIRL (77) ou FRENCH PASTRY (87) ou encore FEMME FATALE (83), rose pêche - LYRICAL (78) ou PARADISE (80) ou SOFT CARESS (91), rose corail - SATIN SIREN (87), rose vif – COMING UP ROSES (92).
Joe GATTY ne s’intéressait pas qu’aux grands iris, il a aussi créé des iris intermédiaires comme. VAMP (72), en violet carminé, VOILA (72), en rose orchidée, VIRTUE (76), en pourpre, BUTTER COOKIE (80), en jaune clair, RARE EDITION (80), magnifique plicata violet, TCHIN-TCHIN (88), en rose tendre, ou MEMO (91), en jaune citron. Enfin on doit citer ses iris nains standard (que certains appellent de rocaille, ou lilliput), notamment JOYFUL (77), jaune citron clair, MUCHACHA (83), petit plicata crème bordé de jaune, PAL SAM (87), ivoire bordé de pourpre et TOY CLOWN (91), jaune bordé de brun.
Tous ces iris portent la patte de Joe Gatty, c’est à dire une forme pleine et gracieuse, et des bords souplement ondulés.
Il n’a jamais tenté de commercialiser tout seul ses obtentions : ce n’était pas son affaire. Pendant vingt ans il a été associé Keith KEPPEL dans le catalogue présenté par ce dernier, et il a donné quelques fleurs à introduire à des amis producteurs, comme cela se pratique couramment aux USA, dans un esprit de « business » bien compris tout autant que de courtoisie bien sympathique.
Ses dernières sélections sont apparues quelques années après son décès, toujours chez Keppel, l’ami de toujours. Ce sont le superbe blanc ARCTIC EXPRESS (95) ou encore des roses : HAUTE COUTURE (96), rose pêche, MALLOW DRAMATIC (96) rose mauve. Mais ce tour d’horizon ne serait pas complet si l’on ne citait pas deux splendeurs : le bitone jaune pastel OVERJOYED (94) et l’amoena inversé IN REVERSE (93), l’un des plus contrastés du genre, qui démontre la maîtrise de Joe Gatty, l’un des grands seigneurs de l’iris de notre époque.
Les iris roses sont maintenant innombrables et tous les obtenteurs se sont astreints à en sélectionner quelques-uns : cela doit faire partie de ces choses incontournables qui interviennent dans la vie de chacun d’entre nous. Mais peu nombreux sont ceux qui ont eu la main aussi heureuse que Joe Gatty dans l’hybridation des iris roses. Il est probable que cette couleur correspondait à sa sensibilité et à la délicatesse de son caractère.
Sa disparition en janvier 92 a mis un terme à trente-cinq ans de dévotion aux iris. Joseph Alfred Gatty était originaire de la côte Est des Etats-Unis, du New Jersey exactement il y vécut jusqu’en 1969, moment où il émigra vers l’une des terres de prédilection des iris, la côte Ouest, et précisément la Californie.
Longtemps, a-t-il dit lui même, il a cherché un but pour son existence. Vers l’âge de 25 ans il a découvert enfin ce qu’il voulait faire. Dès ce moment il s’est consacré aux iris, aidé au début par quelques grands noms de l’époque, le long de la côte atlantique : Robert Graves. Ed Watkins, Kenneth et Catherine Smith. et Stedman Butrick. Il s’était lancé dans l’hybridation en iris et il était très fier de son premier cultivar qu'il présentait un concours, quand quelqu'un derrière lui demanda : « Et ça, qu’est-ce que c’est? » Toute honte bue, le jeune Joe se dit qu’il devait se montrer plus rigoureux et sélectif, et attendit dix ans pour oser présenter de nouveau une de ses obtentions. Ce fut le point de départ d’une brillante carrière : ce premier iris fut considéré comme le plus beau de ceux présentés à la convention de 1960 qui se tenait Newark près de chez lui. Il s’appelait FRIENDSHIP.
En 1967 il prit la décision de faire le grand saut et de traverser les Etats-Unis de part an part pour trouver une terre où ses projets d’hybridation auraient les meilleures conditions pour se réaliser. Il y transporta ses graines et ses meilleurs jeunes plants, et la nouvelle vie commença, avec, tout de suite, des iris roses de grande classe venus de l’est. PRINCESS (72) et LIZ (72). Le ton était donné, Joe Gatty allait sélectionner de préférence des iris dans les couleurs tendres et surtout des roses.
En 1975, c’est un blanc à barbe jaune cadmium, WHITE LIGHTNING (74), qui fut particulièrement remarqué à la convention de San Diego et obtînt la Franklin Cook Cup (le plus apprécié des participants parmi les iris « invités »). Par la suite nombre de ses obtentions retinrent l’attention des juges mais il n’eut pas la chance de se voir décerner la fameuse Dykes Medal rejoignant en cela quelques grands hybrideurs malheureux, comme Melba Hamblen ou Gordon Plough et bien d’autres à qui il a manqué ce je ne sais quoi qui emporte l’enthousiasme des juges.
Sa renommée dépassa rapidement les frontières américaines et de très nombreuses variétés signées Gatty ont été retenues, entre autres, par nos producteurs nationaux. Presque toutes dans les tons pastels, mais également avec de belles réussites vivement colorées comme JEAN HOFFMEISTER (82), en bleu, BOLD GOLD (87), en or, SYNCOPATION (84) en jaune et pourpre. Néanmoins son goût le pousse à retenir essentiellement des iris clairs : des blancs comme WHITE LIGHTNING déjà cité, RISQUE (74), PANACHE (78) ou SYMMETRY (81) : des lilas comme DESIGNING WOMAN (90) ; des jaunes pâles comme DREAM AFFAIR (78) ; des abricot comme LOVELY GLOW (87) ; des blanc-bleutés comme FLAIR (76) et surtout des roses, les fameux roses de Gatty, du rose clair de PRINCESS (72) au rose pourpré de PRESENCE (87), en passant par toutes les nuances : rose pur - LIZ (72). ou rose tendre - BONBON (77), rose dragée - PLAYGIRL (77) ou FRENCH PASTRY (87) ou encore FEMME FATALE (83), rose pêche - LYRICAL (78) ou PARADISE (80) ou SOFT CARESS (91), rose corail - SATIN SIREN (87), rose vif – COMING UP ROSES (92).
Joe GATTY ne s’intéressait pas qu’aux grands iris, il a aussi créé des iris intermédiaires comme. VAMP (72), en violet carminé, VOILA (72), en rose orchidée, VIRTUE (76), en pourpre, BUTTER COOKIE (80), en jaune clair, RARE EDITION (80), magnifique plicata violet, TCHIN-TCHIN (88), en rose tendre, ou MEMO (91), en jaune citron. Enfin on doit citer ses iris nains standard (que certains appellent de rocaille, ou lilliput), notamment JOYFUL (77), jaune citron clair, MUCHACHA (83), petit plicata crème bordé de jaune, PAL SAM (87), ivoire bordé de pourpre et TOY CLOWN (91), jaune bordé de brun.
Tous ces iris portent la patte de Joe Gatty, c’est à dire une forme pleine et gracieuse, et des bords souplement ondulés.
Il n’a jamais tenté de commercialiser tout seul ses obtentions : ce n’était pas son affaire. Pendant vingt ans il a été associé Keith KEPPEL dans le catalogue présenté par ce dernier, et il a donné quelques fleurs à introduire à des amis producteurs, comme cela se pratique couramment aux USA, dans un esprit de « business » bien compris tout autant que de courtoisie bien sympathique.
Ses dernières sélections sont apparues quelques années après son décès, toujours chez Keppel, l’ami de toujours. Ce sont le superbe blanc ARCTIC EXPRESS (95) ou encore des roses : HAUTE COUTURE (96), rose pêche, MALLOW DRAMATIC (96) rose mauve. Mais ce tour d’horizon ne serait pas complet si l’on ne citait pas deux splendeurs : le bitone jaune pastel OVERJOYED (94) et l’amoena inversé IN REVERSE (93), l’un des plus contrastés du genre, qui démontre la maîtrise de Joe Gatty, l’un des grands seigneurs de l’iris de notre époque.
DONALD CHARLES NEARPASS
Le monde des iris est comme le monde tout court, il est constitué de gens très différents. En matière de différence, Donald Charles Nearpass fut tout à fait remarquable. Tout d’abord ce n’était pas à proprement parler un professionnel de l’iris. Son activité principale a toujours été l’agronomie. Il a travaillé toute sa vie comme spécialiste du sol dans un organisme qui correspond, pour nous en France, à l’INRA. Les iris étaient sa seconde activité, mais c’est celle qui a fait sa célébrité. Et pourtant ! En trente-sept ans d’hybridation, il n’a enregistré que seize variétés ! Ce n’est pas lui qui a encombré nos jardins de cultivars ordinaires ou redondants. Les critères qu’il s’était donné pour sélectionner ses iris étaient d’une extrême sévérité, et ses rares choix ont tous été des variétés exceptionnelles.
Dans ses débuts, il a été impressionné par les travaux de Paul Cook, et il s’est efforcé de poursuivre le travail de cet illustre obtenteur. Dans les années 60 ses efforts ont été récompensés par un iris bleu des plus élégants de l’époque, LORD BALTIMORE (69), un néglecta qui inclut dans sa parenté des incontournables comme SNOW FLURRY et WHOLE CLOTH, mais aussi, par son « père » le bleu violacé INDIGLOW (Schortman 59 – FO 62), SABLE et CHIVALRY. Voilà une belle carte de visite ! Au cours des années 70, deux de ses iris se sont fait particulièrement remarquer. Il s’agit de l’amoena DOVER BEACH (72), un fils de WINTER OLYMPICS (O. Brown 63 –DM 67), et du plicata SPINNING WHEEL (74). Dans le pedigree de ce dernier on trouve les plicatas bien connus que sont le britannique DANCER’S VEIL (Hutchison 59 –BDM 63), et CHARMED CIRCLE (Keppel 69). SPINNING WHEEL est l’un des tout premiers néglecta-plicatas, c’est à dire qu’il réunit les dispositions des deux types : les pétales clairs, les sépales foncés des néglectas, et le fond blanc poudré et liseré de sombre des plicatas. Souvent d’ailleurs on prend SPINNING WHEEL comme modèle de ce type de fleurs. Des quantités d’iris ont, depuis, reproduit cette disposition des couleurs. Dans le type des plicatas, un autre enfant de D. C. Nearpass a connu la célébrité, c’est PURPLE PEPPER (86), et c’est encore une réussite. C’est d’ailleurs un descendant direct de SPINNING WHEEL.
En dehors des grands barbus, D.C. Nearpass s’est intéressé aux MTB (Miniature Tall Bearded, que l’on désigne chez nous sous le nom d’Iris de Table) tétraploïdes solides et vivement colorés. Pour cela il a fait usage de l’Iris aphylla et obtenu d’intéressants semis dont certains sont aussi des iris remontants.
Pour l’originalité et la différence, D.C. Nearpass a eu la particularité d’être un descendant des premiers colons venus avec le Mayflower pour peupler les futurs Etats-Unis, et d’appartenir à l’Eglise Mormone, pour laquelle il a mis en œuvre ses connaissances en généalogie. Père Pèlerin, mormon, généalogiste, agronome et iridophile, tel était cet homme qui a apporté aux iris son savoir et son exigence et obtenu la reconnaissance de ses pairs.
Le monde des iris est comme le monde tout court, il est constitué de gens très différents. En matière de différence, Donald Charles Nearpass fut tout à fait remarquable. Tout d’abord ce n’était pas à proprement parler un professionnel de l’iris. Son activité principale a toujours été l’agronomie. Il a travaillé toute sa vie comme spécialiste du sol dans un organisme qui correspond, pour nous en France, à l’INRA. Les iris étaient sa seconde activité, mais c’est celle qui a fait sa célébrité. Et pourtant ! En trente-sept ans d’hybridation, il n’a enregistré que seize variétés ! Ce n’est pas lui qui a encombré nos jardins de cultivars ordinaires ou redondants. Les critères qu’il s’était donné pour sélectionner ses iris étaient d’une extrême sévérité, et ses rares choix ont tous été des variétés exceptionnelles.
Dans ses débuts, il a été impressionné par les travaux de Paul Cook, et il s’est efforcé de poursuivre le travail de cet illustre obtenteur. Dans les années 60 ses efforts ont été récompensés par un iris bleu des plus élégants de l’époque, LORD BALTIMORE (69), un néglecta qui inclut dans sa parenté des incontournables comme SNOW FLURRY et WHOLE CLOTH, mais aussi, par son « père » le bleu violacé INDIGLOW (Schortman 59 – FO 62), SABLE et CHIVALRY. Voilà une belle carte de visite ! Au cours des années 70, deux de ses iris se sont fait particulièrement remarquer. Il s’agit de l’amoena DOVER BEACH (72), un fils de WINTER OLYMPICS (O. Brown 63 –DM 67), et du plicata SPINNING WHEEL (74). Dans le pedigree de ce dernier on trouve les plicatas bien connus que sont le britannique DANCER’S VEIL (Hutchison 59 –BDM 63), et CHARMED CIRCLE (Keppel 69). SPINNING WHEEL est l’un des tout premiers néglecta-plicatas, c’est à dire qu’il réunit les dispositions des deux types : les pétales clairs, les sépales foncés des néglectas, et le fond blanc poudré et liseré de sombre des plicatas. Souvent d’ailleurs on prend SPINNING WHEEL comme modèle de ce type de fleurs. Des quantités d’iris ont, depuis, reproduit cette disposition des couleurs. Dans le type des plicatas, un autre enfant de D. C. Nearpass a connu la célébrité, c’est PURPLE PEPPER (86), et c’est encore une réussite. C’est d’ailleurs un descendant direct de SPINNING WHEEL.
En dehors des grands barbus, D.C. Nearpass s’est intéressé aux MTB (Miniature Tall Bearded, que l’on désigne chez nous sous le nom d’Iris de Table) tétraploïdes solides et vivement colorés. Pour cela il a fait usage de l’Iris aphylla et obtenu d’intéressants semis dont certains sont aussi des iris remontants.
Pour l’originalité et la différence, D.C. Nearpass a eu la particularité d’être un descendant des premiers colons venus avec le Mayflower pour peupler les futurs Etats-Unis, et d’appartenir à l’Eglise Mormone, pour laquelle il a mis en œuvre ses connaissances en généalogie. Père Pèlerin, mormon, généalogiste, agronome et iridophile, tel était cet homme qui a apporté aux iris son savoir et son exigence et obtenu la reconnaissance de ses pairs.
11.1.03
SE SONT-ILS TROMPÉS ?
Quelqu’un que j’aime bien, et qui se reconnaîtra s’il lit ce texte, me fait part de son étonnement de voir que c’est MESMERIZER qui a remporté la Dykes Medal cette année. Pour lui, cet iris est « mal foutu », et ne mérite pas la récompense qu’il a reçue. Moi, qui admire MESMERIZER, cette opinion m’a étonné. Je ne cultive pas cette variété, mais je l’ai vue à plusieurs reprises dans des jardins d’amis et je ne lui ai pas trouvé de gros défauts. La plante m’a parue « normale », et la fleur, bien proportionnée par rapport à la taille des tiges, est à la fois belle, originale, et tellement prometteuse ! Ce n’est pas que je sois un fanatique des fleurs doubles, mais je conçois qu’on puisse s’y intéresser, et, en l’occurrence, on a fait un grand pas en avant avec cet iris là. La route de l’iris « flore pleno » me semble ouverte grâce à MESMERIZER, de même qu’avec son pendant bleu, SCENTED BUBBLES.
Au demeurant, l’observation de mon ami, grand connaisseur d’iris, dont la sincérité ne peut pas être mise en doute, m’amène à m’interroger. Et si les juges avaient commis une erreur ? S’ils avaient couronné une variété discutable ? Est-ce possible ?
Quand on connaît le système d’attribution des récompenses, cela semble difficile à admettre. Il est hautement improbable qu’un quelconque lobby pro-Mesmerizer, ait réussi à convaincre le panel des juges. Le long et lent cheminement pour arriver à la consécration suprême rend la chose quasiment impossible. Mais d’autres raisons ont pu entraîner la conviction des juges : l’effet de mode et le souci de marcher avec son temps, la difficulté de trancher entre des variétés de valeur équivalente, l’opportunité de rendre un hommage posthume à un hybrideur de génie…
L’effet de mode a certainement eu un impact. Distinguer un cultivar à éperons (pour ce type j’ai inventé le terme de « rostrata »), c’est aller avec l’air du temps : de plus en plus d’hybrideurs enregistrent des iris de ce type, pas toujours de très bon goût d’ailleurs, et ceux qui font de la résistance sont de moins en moins nombreux. Dans le type également récent des iris « broken colors » les enregistrements se multiplient et les juges semblent apprécier car les HM et AM attribués à ces iris deviennent abondants : il est probable qu’un « broken colors » obtiendra la DM dans quelques années. Mais déjà deux iris à éperons de Monty Byers avaient été couronnés : THORNBIRD en 97 et CONJURATION en 98. Etait-il nécessaire d’en rajouter ?
Les autres candidats à la DM avaient de farouches partisans CLARENCE (Zurbrigg 91) et FANCY WOMAN (Keppel 95) notamment. Chacun dans leur genre, se sont des variétés remarquables, et, surtout, elles proviennent d’obtenteurs qu’il serait justifié d’honorer. Alors, à défaut de se départager sur ces deux là, les juges ont-ils opté pour un outsider, lequel, de plus, permet de donner un signe marqué de reconnaissance posthume à Monty Byers, qui n’a plus aucune chance ensuite d’être salué.
Sans doute toutes ses considérations ont pu et du jouer. Mais MESMERIZER n’a-t-il pas les qualités nécessaires pour emporter seul la décision ? La plante est-elle disgracieuse ? Pousse-t-elle difficilement ? Sa médaille est-elle en conséquence usurpée ? Personnellement je ne le pense pas, mais l’autorité de mon ami en cette matière me met le doute à l’esprit. Et je me demande si, dans le passé, les juges se sont trompés. J’ai regardé dans le classement des vingt dernières années.
En 83 RUFFLED BALLET l’a emporté devant VICTORIA FALLS et ENTOURAGE. Il avait fini deuxième l’année précédente et sa récompense était prévisible. Cependant cette victoire n’a pas eu d’effet sur sa commercialisation, qui est restée plutôt médiocre, ce qui veut dire que les juges n’ont pas été du même avis que le public. VICTORIA FALLS s’est vengé l’année suivante et justice a été rendue à cette variété de haute qualité. Le triomphe de BEVERLY SILLS en 85 était amplement mérité et l’énorme succès commercial de cet iris est là pour démontrer qu’il avait toutes les qualités pour l’emporter. En 86 les juges ont choisi SONG OF NORWAY, devant COPPER CLASSIC et LACED COTTON. Cette fois, je ne suis pas certain qu’ils aient été bien inspirés. SONG OF NORWAY est-il un iris blanc ? Bleu ? Amoena inversé ? Sa couleur n’est pas nette, même un peu grisâtre. Son port est raide et ses fleurs assez peu gracieuses. Son principal mérite tient dans la teinte bleue de sa barbe. COPPER CLASSIC est autrement intéressant, au moins pour son coloris unique. LACED COTTON a une fleur profondément laciniée, superbe, et de plus possède des aptitudes génétiques intéressantes. Le choix de SONG OF NORWAY est peut-être du à l’impossibilité de séparer les deux autres !
Pas de DM en 87 ni en 89. Mais le choix de TITAN’S GLORY en 88 n’est pas discutable. En revanche celui de JESSE’S SONG en 90 peut sûrement l’être. Sans doute doit-il sa gloire au fait que son concurrent le plus dangereux était le petit intermédiaire AZ AP (Ensminger 79), et que jamais un intermédiaire n’a réussi à triompher jusqu’à présent. Un autre plicata, EVERYTHING PLUS, l’a emporté en 91. Ses concurrents immédiats étaient le brillant EXTRAVAGANT (Hamblen 83) et le fameux bleu TIDE’S IN (Schreiner 83). C’est sans doute celui-là qui était le plus méritant, notamment en raison de ses aptitudes génétiques largement utilisées par la suite. De 92 à 95 les choix des juges ont été incontestables. Aussi bien DUSKY CHALLENGER que EDITH WOLFORD, SILVERADO et HONKY TONK BLUES ont marqué leur époque et porté aux nues la qualité Schreiner. Mais BEFORE THE STORM était-il vraiment le meilleur de 1996 ? Encore une fois la fleur, surprenante par sa couleur sombre pratiquement noire, manque de souplesse, et la plante a la réputation de souvent pousser difficilement. Le tout petit BUMBLEBEE DEELITE aurait sans doute plus justement mérité de l’emporter n’eut été le fait qu’il ne soit pas un grand iris.
On entre ensuite dans l’ère Byers, avec THORNBIRD puis CONJURATION. Le choix de THORNBIRD a été vivement contesté, voire même déploré par les adversaires à la fois des iris à éperons et par ceux de son coloris très inhabituel. Pour moi, THORNBIRD, qui marque une rupture, est un choix justifié. Je ne pense pas la même chose de celui de CONJURATION. Je reproche à celui-ci sa raideur, la disproportion entre ses tiges très élevées et ses fleurs plutôt petites, et l’intérêt mitigé de ses éperons bien riquiqui. Mais, cette année là, la concurrence était assez faible, tant en ce qui concerne ACOMA, banal, que CITY LIGHTS, un peu trop délicat. HELLO DARKNESS était bien le meilleur en 99. Nettement plus intéressant que son aîné BEFORE THE STORM. Le succès de STAIRWAY TO HEAVEN en 2000 a constitué une surprise. Je ne suis pas apte à émettre un avis à son sujet car je ne l’ai vu qu’en photo et je ne sais rien de ses dispositions botaniques. En tout cas il ne semble pas devoir faire une grande carrière commerciale, car s’il est présent dans la plupart des catalogues américains, il n’a pas une bonne distribution en Europe. En 2001 YAQUINA BLUE a ramené au premier rang le savoir-faire de l’entreprise Schreiner. Il est probable que celle-ci triomphera encore une fois en 2003 car on ne voit pas de réel concurrent à CELEBRATION SONG qui a fait jusqu’à aujourd’hui un parcours sans faute.
De cette énumération il ressort que les juges américains n’ont pas toujours fait le meilleur choix, même si les variétés distinguées ne sont jamais des plantes médiocres. Alors pourquoi ne se seraient-ils pas égarés en désignant MESMERIZER ? En ce qui me concerne je ne suis pas convaincu de leur erreur, mais la question peut bien être posée !
Quelqu’un que j’aime bien, et qui se reconnaîtra s’il lit ce texte, me fait part de son étonnement de voir que c’est MESMERIZER qui a remporté la Dykes Medal cette année. Pour lui, cet iris est « mal foutu », et ne mérite pas la récompense qu’il a reçue. Moi, qui admire MESMERIZER, cette opinion m’a étonné. Je ne cultive pas cette variété, mais je l’ai vue à plusieurs reprises dans des jardins d’amis et je ne lui ai pas trouvé de gros défauts. La plante m’a parue « normale », et la fleur, bien proportionnée par rapport à la taille des tiges, est à la fois belle, originale, et tellement prometteuse ! Ce n’est pas que je sois un fanatique des fleurs doubles, mais je conçois qu’on puisse s’y intéresser, et, en l’occurrence, on a fait un grand pas en avant avec cet iris là. La route de l’iris « flore pleno » me semble ouverte grâce à MESMERIZER, de même qu’avec son pendant bleu, SCENTED BUBBLES.
Au demeurant, l’observation de mon ami, grand connaisseur d’iris, dont la sincérité ne peut pas être mise en doute, m’amène à m’interroger. Et si les juges avaient commis une erreur ? S’ils avaient couronné une variété discutable ? Est-ce possible ?
Quand on connaît le système d’attribution des récompenses, cela semble difficile à admettre. Il est hautement improbable qu’un quelconque lobby pro-Mesmerizer, ait réussi à convaincre le panel des juges. Le long et lent cheminement pour arriver à la consécration suprême rend la chose quasiment impossible. Mais d’autres raisons ont pu entraîner la conviction des juges : l’effet de mode et le souci de marcher avec son temps, la difficulté de trancher entre des variétés de valeur équivalente, l’opportunité de rendre un hommage posthume à un hybrideur de génie…
L’effet de mode a certainement eu un impact. Distinguer un cultivar à éperons (pour ce type j’ai inventé le terme de « rostrata »), c’est aller avec l’air du temps : de plus en plus d’hybrideurs enregistrent des iris de ce type, pas toujours de très bon goût d’ailleurs, et ceux qui font de la résistance sont de moins en moins nombreux. Dans le type également récent des iris « broken colors » les enregistrements se multiplient et les juges semblent apprécier car les HM et AM attribués à ces iris deviennent abondants : il est probable qu’un « broken colors » obtiendra la DM dans quelques années. Mais déjà deux iris à éperons de Monty Byers avaient été couronnés : THORNBIRD en 97 et CONJURATION en 98. Etait-il nécessaire d’en rajouter ?
Les autres candidats à la DM avaient de farouches partisans CLARENCE (Zurbrigg 91) et FANCY WOMAN (Keppel 95) notamment. Chacun dans leur genre, se sont des variétés remarquables, et, surtout, elles proviennent d’obtenteurs qu’il serait justifié d’honorer. Alors, à défaut de se départager sur ces deux là, les juges ont-ils opté pour un outsider, lequel, de plus, permet de donner un signe marqué de reconnaissance posthume à Monty Byers, qui n’a plus aucune chance ensuite d’être salué.
Sans doute toutes ses considérations ont pu et du jouer. Mais MESMERIZER n’a-t-il pas les qualités nécessaires pour emporter seul la décision ? La plante est-elle disgracieuse ? Pousse-t-elle difficilement ? Sa médaille est-elle en conséquence usurpée ? Personnellement je ne le pense pas, mais l’autorité de mon ami en cette matière me met le doute à l’esprit. Et je me demande si, dans le passé, les juges se sont trompés. J’ai regardé dans le classement des vingt dernières années.
En 83 RUFFLED BALLET l’a emporté devant VICTORIA FALLS et ENTOURAGE. Il avait fini deuxième l’année précédente et sa récompense était prévisible. Cependant cette victoire n’a pas eu d’effet sur sa commercialisation, qui est restée plutôt médiocre, ce qui veut dire que les juges n’ont pas été du même avis que le public. VICTORIA FALLS s’est vengé l’année suivante et justice a été rendue à cette variété de haute qualité. Le triomphe de BEVERLY SILLS en 85 était amplement mérité et l’énorme succès commercial de cet iris est là pour démontrer qu’il avait toutes les qualités pour l’emporter. En 86 les juges ont choisi SONG OF NORWAY, devant COPPER CLASSIC et LACED COTTON. Cette fois, je ne suis pas certain qu’ils aient été bien inspirés. SONG OF NORWAY est-il un iris blanc ? Bleu ? Amoena inversé ? Sa couleur n’est pas nette, même un peu grisâtre. Son port est raide et ses fleurs assez peu gracieuses. Son principal mérite tient dans la teinte bleue de sa barbe. COPPER CLASSIC est autrement intéressant, au moins pour son coloris unique. LACED COTTON a une fleur profondément laciniée, superbe, et de plus possède des aptitudes génétiques intéressantes. Le choix de SONG OF NORWAY est peut-être du à l’impossibilité de séparer les deux autres !
Pas de DM en 87 ni en 89. Mais le choix de TITAN’S GLORY en 88 n’est pas discutable. En revanche celui de JESSE’S SONG en 90 peut sûrement l’être. Sans doute doit-il sa gloire au fait que son concurrent le plus dangereux était le petit intermédiaire AZ AP (Ensminger 79), et que jamais un intermédiaire n’a réussi à triompher jusqu’à présent. Un autre plicata, EVERYTHING PLUS, l’a emporté en 91. Ses concurrents immédiats étaient le brillant EXTRAVAGANT (Hamblen 83) et le fameux bleu TIDE’S IN (Schreiner 83). C’est sans doute celui-là qui était le plus méritant, notamment en raison de ses aptitudes génétiques largement utilisées par la suite. De 92 à 95 les choix des juges ont été incontestables. Aussi bien DUSKY CHALLENGER que EDITH WOLFORD, SILVERADO et HONKY TONK BLUES ont marqué leur époque et porté aux nues la qualité Schreiner. Mais BEFORE THE STORM était-il vraiment le meilleur de 1996 ? Encore une fois la fleur, surprenante par sa couleur sombre pratiquement noire, manque de souplesse, et la plante a la réputation de souvent pousser difficilement. Le tout petit BUMBLEBEE DEELITE aurait sans doute plus justement mérité de l’emporter n’eut été le fait qu’il ne soit pas un grand iris.
On entre ensuite dans l’ère Byers, avec THORNBIRD puis CONJURATION. Le choix de THORNBIRD a été vivement contesté, voire même déploré par les adversaires à la fois des iris à éperons et par ceux de son coloris très inhabituel. Pour moi, THORNBIRD, qui marque une rupture, est un choix justifié. Je ne pense pas la même chose de celui de CONJURATION. Je reproche à celui-ci sa raideur, la disproportion entre ses tiges très élevées et ses fleurs plutôt petites, et l’intérêt mitigé de ses éperons bien riquiqui. Mais, cette année là, la concurrence était assez faible, tant en ce qui concerne ACOMA, banal, que CITY LIGHTS, un peu trop délicat. HELLO DARKNESS était bien le meilleur en 99. Nettement plus intéressant que son aîné BEFORE THE STORM. Le succès de STAIRWAY TO HEAVEN en 2000 a constitué une surprise. Je ne suis pas apte à émettre un avis à son sujet car je ne l’ai vu qu’en photo et je ne sais rien de ses dispositions botaniques. En tout cas il ne semble pas devoir faire une grande carrière commerciale, car s’il est présent dans la plupart des catalogues américains, il n’a pas une bonne distribution en Europe. En 2001 YAQUINA BLUE a ramené au premier rang le savoir-faire de l’entreprise Schreiner. Il est probable que celle-ci triomphera encore une fois en 2003 car on ne voit pas de réel concurrent à CELEBRATION SONG qui a fait jusqu’à aujourd’hui un parcours sans faute.
De cette énumération il ressort que les juges américains n’ont pas toujours fait le meilleur choix, même si les variétés distinguées ne sont jamais des plantes médiocres. Alors pourquoi ne se seraient-ils pas égarés en désignant MESMERIZER ? En ce qui me concerne je ne suis pas convaincu de leur erreur, mais la question peut bien être posée !
4.1.03
JOSEPH ALFRED GATTY
Les iris roses sont maintenant innombrables et tous les obtenteurs se sont astreints à en sélectionner quelques-uns : cela doit faire partie de ces choses incontournables qui interviennent dans la vie de chacun d’entre nous. Mais peu nombreux sont ceux qui ont eu la main aussi heureuse que Joe Gatty dans l’hybridation des iris roses. Il est probable que cette couleur correspondait à sa sensibilité et à la délicatesse de son caractère.
Sa disparition en janvier 92 a mis un terme à trente-cinq ans de dévotion aux iris. Joseph Alfred Gatty était originaire de la côte Est des Etats-Unis, du New Jersey exactement il y vécut jusqu’en 1969, moment où il émigra vers l’une des terres de prédilection des iris, la côte Ouest, et précisément la Californie.
Longtemps, a-t-il dit lui même, il a cherché un but pour son existence. Vers l’âge de 25 ans il a découvert enfin ce qu’il voulait faire. Dès ce moment il s’est consacré aux iris, aidé au début par quelques grands noms de l’époque, le long de la côte atlantique : Robert Graves. Ed Watkins, Kenneth et Catherine Smith. et Stedman Butrick. Il s’était lancé dans l’hybridation en iris et il était très fier de son premier cultivar qu'il présentait un concours, quand quelqu'un derrière lui demanda : « Et ça, qu’est-ce que c’est? » Toute honte bue, le jeune Joe se dit qu’il devait se montrer plus rigoureux et sélectif, et attendit dix ans pour oser présenter de nouveau une de ses obtentions. Ce fut le point de départ d’une brillante carrière : ce premier iris fut considéré comme le plus beau de ceux présentés à la convention de 1960 qui se tenait Newark près de chez lui. Il s’appelait FRIENDSHIP.
En 1967 il prit la décision de faire le grand saut et de traverser les Etats-Unis de part an part pour trouver une terre où ses projets d’hybridation auraient les meilleures conditions pour se réaliser. Il y transporta ses graines et ses meilleurs jeunes plants, et la nouvelle vie commença, avec, tout de suite, des iris roses de grande classe venus de l’est. PRINCESS (72) et LIZ (72). Le ton était donné, Joe Gatty allait sélectionner de préférence des iris dans les couleurs tendres et surtout des roses.
En 1975, c’est un blanc à barbe jaune cadmium, WHITE LIGHTNING (74), qui fut particulièrement remarqué à la convention de San Diego et obtînt la Franklin Cook Cup (le plus apprécié des participants parmi les iris « invités »). Par la suite nombre de ses obtentions retinrent l’attention des juges mais il n’eut pas la chance de se voir décerner la fameuse Dykes Medal rejoignant en cela quelques grands hybrideurs malheureux, comme Melba Hamblen ou Gordon Plough et bien d’autres à qui il a manqué ce je ne sais quoi qui emporte l’enthousiasme des juges.
Sa renommée dépassa rapidement les frontières américaines et de très nombreuses variétés signées Gatty ont été retenues, entre autres, par nos producteurs nationaux. Presque toutes dans les tons pastels, mais également avec de belles réussites vivement colorées comme JEAN HOFFMEISTER (82), en bleu, BOLD GOLD (87), en or, SYNCOPATION (84) en jaune et pourpre. Néanmoins son goût le pousse à retenir essentiellement des iris clairs : des blancs comme WHITE LIGHTNING déjà cité, RISQUE (74), PANACHE (78) ou SYMMETRY (81) : des lilas comme DESIGNING WOMAN (90) ; des jaunes pâles comme DREAM AFFAIR (78) ; des abricot comme LOVELY GLOW (87) ; des blanc-bleutés comme FLAIR (76) et surtout des roses, les fameux roses de Gatty, du rose clair de PRINCESS (72) au rose pourpré de PRESENCE (87), en passant par toutes les nuances : rose pur - LIZ (72). ou rose tendre - BONBON (77), rose dragée - PLAYGIRL (77) ou FRENCH PASTRY (87) ou encore FEMME FATALE (83), rose pêche - LYRICAL (78) ou PARADISE (80) ou SOFT CARESS (91), rose corail - SATIN SIREN (87), rose vif – COMING UP ROSES (92).
Joe GATTY ne s’intéressait pas qu’aux grands iris, il a aussi créé des iris intermédiaires comme. VAMP (72), en violet carminé, VOILA (72), en rose orchidée, VIRTUE (76), en pourpre, BUTTER COOKIE (80), en jaune clair, RARE EDITION (80), magnifique plicata violet, TCHIN-TCHIN (88), en rose tendre, ou MEMO (91), en jaune citron. Enfin on doit citer ses iris nains standard (que certains appellent de rocaille, ou lilliput), notamment JOYFUL (77), jaune citron clair, MUCHACHA (83), petit plicata crème bordé de jaune, PAL SAM (87), ivoire bordé de pourpre et TOY CLOWN (91), jaune bordé de brun.
Tous ces iris portent la patte de Joe Gatty, c’est à dire une forme pleine et gracieuse, et des bords souplement ondulés.
Il n’a jamais tenté de commercialiser tout seul ses obtentions : ce n’était pas son affaire. Pendant vingt ans il a été associé Keith KEPPEL dans le catalogue présenté par ce dernier, et il a donné quelques fleurs à introduire à des amis producteurs, comme cela se pratique couramment aux USA, dans un esprit de « business » bien compris tout autant que de courtoisie bien sympathique.
Ses dernières sélections sont apparues quelques années après son décès, toujours chez Keppel, l’ami de toujours. Ce sont le superbe blanc ARCTIC EXPRESS (95) ou encore des roses : HAUTE COUTURE (96), rose pêche, MALLOW DRAMATIC (96) rose mauve. Mais ce tour d’horizon ne serait pas complet si l’on ne citait pas deux splendeurs : le bitone jaune pastel OVERJOYED (94) et l’amoena inversé IN REVERSE (93), l’un des plus contrastés du genre, qui démontre la maîtrise de Joe Gatty, l’un des grands seigneurs de l’iris de notre époque.
Les iris roses sont maintenant innombrables et tous les obtenteurs se sont astreints à en sélectionner quelques-uns : cela doit faire partie de ces choses incontournables qui interviennent dans la vie de chacun d’entre nous. Mais peu nombreux sont ceux qui ont eu la main aussi heureuse que Joe Gatty dans l’hybridation des iris roses. Il est probable que cette couleur correspondait à sa sensibilité et à la délicatesse de son caractère.
Sa disparition en janvier 92 a mis un terme à trente-cinq ans de dévotion aux iris. Joseph Alfred Gatty était originaire de la côte Est des Etats-Unis, du New Jersey exactement il y vécut jusqu’en 1969, moment où il émigra vers l’une des terres de prédilection des iris, la côte Ouest, et précisément la Californie.
Longtemps, a-t-il dit lui même, il a cherché un but pour son existence. Vers l’âge de 25 ans il a découvert enfin ce qu’il voulait faire. Dès ce moment il s’est consacré aux iris, aidé au début par quelques grands noms de l’époque, le long de la côte atlantique : Robert Graves. Ed Watkins, Kenneth et Catherine Smith. et Stedman Butrick. Il s’était lancé dans l’hybridation en iris et il était très fier de son premier cultivar qu'il présentait un concours, quand quelqu'un derrière lui demanda : « Et ça, qu’est-ce que c’est? » Toute honte bue, le jeune Joe se dit qu’il devait se montrer plus rigoureux et sélectif, et attendit dix ans pour oser présenter de nouveau une de ses obtentions. Ce fut le point de départ d’une brillante carrière : ce premier iris fut considéré comme le plus beau de ceux présentés à la convention de 1960 qui se tenait Newark près de chez lui. Il s’appelait FRIENDSHIP.
En 1967 il prit la décision de faire le grand saut et de traverser les Etats-Unis de part an part pour trouver une terre où ses projets d’hybridation auraient les meilleures conditions pour se réaliser. Il y transporta ses graines et ses meilleurs jeunes plants, et la nouvelle vie commença, avec, tout de suite, des iris roses de grande classe venus de l’est. PRINCESS (72) et LIZ (72). Le ton était donné, Joe Gatty allait sélectionner de préférence des iris dans les couleurs tendres et surtout des roses.
En 1975, c’est un blanc à barbe jaune cadmium, WHITE LIGHTNING (74), qui fut particulièrement remarqué à la convention de San Diego et obtînt la Franklin Cook Cup (le plus apprécié des participants parmi les iris « invités »). Par la suite nombre de ses obtentions retinrent l’attention des juges mais il n’eut pas la chance de se voir décerner la fameuse Dykes Medal rejoignant en cela quelques grands hybrideurs malheureux, comme Melba Hamblen ou Gordon Plough et bien d’autres à qui il a manqué ce je ne sais quoi qui emporte l’enthousiasme des juges.
Sa renommée dépassa rapidement les frontières américaines et de très nombreuses variétés signées Gatty ont été retenues, entre autres, par nos producteurs nationaux. Presque toutes dans les tons pastels, mais également avec de belles réussites vivement colorées comme JEAN HOFFMEISTER (82), en bleu, BOLD GOLD (87), en or, SYNCOPATION (84) en jaune et pourpre. Néanmoins son goût le pousse à retenir essentiellement des iris clairs : des blancs comme WHITE LIGHTNING déjà cité, RISQUE (74), PANACHE (78) ou SYMMETRY (81) : des lilas comme DESIGNING WOMAN (90) ; des jaunes pâles comme DREAM AFFAIR (78) ; des abricot comme LOVELY GLOW (87) ; des blanc-bleutés comme FLAIR (76) et surtout des roses, les fameux roses de Gatty, du rose clair de PRINCESS (72) au rose pourpré de PRESENCE (87), en passant par toutes les nuances : rose pur - LIZ (72). ou rose tendre - BONBON (77), rose dragée - PLAYGIRL (77) ou FRENCH PASTRY (87) ou encore FEMME FATALE (83), rose pêche - LYRICAL (78) ou PARADISE (80) ou SOFT CARESS (91), rose corail - SATIN SIREN (87), rose vif – COMING UP ROSES (92).
Joe GATTY ne s’intéressait pas qu’aux grands iris, il a aussi créé des iris intermédiaires comme. VAMP (72), en violet carminé, VOILA (72), en rose orchidée, VIRTUE (76), en pourpre, BUTTER COOKIE (80), en jaune clair, RARE EDITION (80), magnifique plicata violet, TCHIN-TCHIN (88), en rose tendre, ou MEMO (91), en jaune citron. Enfin on doit citer ses iris nains standard (que certains appellent de rocaille, ou lilliput), notamment JOYFUL (77), jaune citron clair, MUCHACHA (83), petit plicata crème bordé de jaune, PAL SAM (87), ivoire bordé de pourpre et TOY CLOWN (91), jaune bordé de brun.
Tous ces iris portent la patte de Joe Gatty, c’est à dire une forme pleine et gracieuse, et des bords souplement ondulés.
Il n’a jamais tenté de commercialiser tout seul ses obtentions : ce n’était pas son affaire. Pendant vingt ans il a été associé Keith KEPPEL dans le catalogue présenté par ce dernier, et il a donné quelques fleurs à introduire à des amis producteurs, comme cela se pratique couramment aux USA, dans un esprit de « business » bien compris tout autant que de courtoisie bien sympathique.
Ses dernières sélections sont apparues quelques années après son décès, toujours chez Keppel, l’ami de toujours. Ce sont le superbe blanc ARCTIC EXPRESS (95) ou encore des roses : HAUTE COUTURE (96), rose pêche, MALLOW DRAMATIC (96) rose mauve. Mais ce tour d’horizon ne serait pas complet si l’on ne citait pas deux splendeurs : le bitone jaune pastel OVERJOYED (94) et l’amoena inversé IN REVERSE (93), l’un des plus contrastés du genre, qui démontre la maîtrise de Joe Gatty, l’un des grands seigneurs de l’iris de notre époque.
30.12.02
CLEAR MORNING SKY
La classe des amoenas inversés n’est pas surchargée. Cependant, depuis quelques années elle s’alourdit un peu et les variétés nouvelle sont de plus en plus contrastées. Parmi ces dernières, une des plus jolie me paraît être CLEAR MORNING SKY (Ernst 91). Cette variété est décrite comme « pétales bleu clair, plus sombres à la base, sépales bleu pâle, barbes bleues, jaune au coeur ». C’est une description très honnête, car certains auraient été tentés de dire que les sépales étaient blancs, ce qui ne serait pas franchement inexact ! La fleur, délicatement parfumée, se distingue par ses belles ondulations et la grâce de sa forme générale. Le contraste bleu/blanc est très net, et l’effet amoena inversé incontestable. Ajoutons que la plante est grande et robuste et nous aurons une vision complète d’un bel iris de collection.
Au plan du pedigree, on a affaire à une fleur endogamique, résultant du croisement de deux iris frères de semis, issus de SONG OF NORWAY (Luihn 79 – DM 86) et de INHERITANCE (Babson 77). On ne décrit plus SONG OF NORWAY, qui a obtenu une DM un peu heureuse, à mon avis, car l’effet amoena inversé y est faible et la fleur est raide. INHERITANCE est une variété peu connue, du moins en France, dans les tons de rose orchidée, en provenance des travaux de Sanford Babson avec les iris bleus ou indigos. Ses grands-parents s’appellent CLAREMONT CLASSIC (Babson 65), bleu saphir, HIGH ABOVE (DeForest 60), bleu très clair, APROPOS (Babson 64), deux tons de bleu indigo, et COMMENTARY (Babson 63), chamois sur parme. Ce COMMENTARY fait partie des variétés qui ont été la coqueluche des hybrideurs dans les années 60. En l’occurrence on la retrouve dans les origines de APROPOS – COMMENTARY x MELODRAMA - et de CLAREMONT CLASSIC – GOODNESS x COMMENTARY. La « mère » de cet iris est une variété fameuse, SAVAGE, bronze rosé, qui remonte aux origines des iris où le rose et le brun se mélangent, très utilisée par Sanford Babson pour ses iris bruns et mauves comme CAMBODIA (Babson 66) et ses descendants.
CLEAR MORNING SKY tient donc de sa « mère » son caractère d’amoena inversé. Il en est une évidente amélioration, avec des teintes plus contrastées et une fleur beaucoup plus souple et gracieuse. Son obtenteur, Richard Ernst, est l’hybrideur attitré de la famille Cooley dont il est une « pièce rapportée ». Voilà un obtenteur qui travaille depuis plus de trente ans, qui enregistre chaque année quatre ou cinq variétés, dans tous les types de fleurs et tous les coloris, et qui n’a encore jamais été distingué par une distinction de haut rang. Cela peut paraître surprenant car il dispose d’un soutien logistique remarquable ( le catalogue Cooley est le premier au monde par le chiffre d’affaire) et produit des fleurs qui me paraissent intéressantes. Peut-être doit-on attribuer ce relatif insuccès à une certaine dispersion dans les hybridations ? En tout cas le succès commercial est parfait : des variétés comme ADOBE ROSE (88), AFTERNOON DELIGHT (85), AMBER TAMBOUR (91), ENVY (90), JURISPRUDENCE (86), QUIET RIOT (84) ou TRACY TYRENE (88) sont bien connues chez nous et bien présentes dans nos jardins. C’est matériellement une bonne affaire, mais la renommée de l’obtenteur est aussi liée à la reconnaissance des juges, et, sur ce plan, Rick Ernst n’est pas encore parvenu à la consécration. Il n’est pas le seul obtenteur de talent à se trouver dans ce cas : Gordon Plough ou Melba Hamblen ont connu la même mésaventure…
La classe des amoenas inversés n’est pas surchargée. Cependant, depuis quelques années elle s’alourdit un peu et les variétés nouvelle sont de plus en plus contrastées. Parmi ces dernières, une des plus jolie me paraît être CLEAR MORNING SKY (Ernst 91). Cette variété est décrite comme « pétales bleu clair, plus sombres à la base, sépales bleu pâle, barbes bleues, jaune au coeur ». C’est une description très honnête, car certains auraient été tentés de dire que les sépales étaient blancs, ce qui ne serait pas franchement inexact ! La fleur, délicatement parfumée, se distingue par ses belles ondulations et la grâce de sa forme générale. Le contraste bleu/blanc est très net, et l’effet amoena inversé incontestable. Ajoutons que la plante est grande et robuste et nous aurons une vision complète d’un bel iris de collection.
Au plan du pedigree, on a affaire à une fleur endogamique, résultant du croisement de deux iris frères de semis, issus de SONG OF NORWAY (Luihn 79 – DM 86) et de INHERITANCE (Babson 77). On ne décrit plus SONG OF NORWAY, qui a obtenu une DM un peu heureuse, à mon avis, car l’effet amoena inversé y est faible et la fleur est raide. INHERITANCE est une variété peu connue, du moins en France, dans les tons de rose orchidée, en provenance des travaux de Sanford Babson avec les iris bleus ou indigos. Ses grands-parents s’appellent CLAREMONT CLASSIC (Babson 65), bleu saphir, HIGH ABOVE (DeForest 60), bleu très clair, APROPOS (Babson 64), deux tons de bleu indigo, et COMMENTARY (Babson 63), chamois sur parme. Ce COMMENTARY fait partie des variétés qui ont été la coqueluche des hybrideurs dans les années 60. En l’occurrence on la retrouve dans les origines de APROPOS – COMMENTARY x MELODRAMA - et de CLAREMONT CLASSIC – GOODNESS x COMMENTARY. La « mère » de cet iris est une variété fameuse, SAVAGE, bronze rosé, qui remonte aux origines des iris où le rose et le brun se mélangent, très utilisée par Sanford Babson pour ses iris bruns et mauves comme CAMBODIA (Babson 66) et ses descendants.
CLEAR MORNING SKY tient donc de sa « mère » son caractère d’amoena inversé. Il en est une évidente amélioration, avec des teintes plus contrastées et une fleur beaucoup plus souple et gracieuse. Son obtenteur, Richard Ernst, est l’hybrideur attitré de la famille Cooley dont il est une « pièce rapportée ». Voilà un obtenteur qui travaille depuis plus de trente ans, qui enregistre chaque année quatre ou cinq variétés, dans tous les types de fleurs et tous les coloris, et qui n’a encore jamais été distingué par une distinction de haut rang. Cela peut paraître surprenant car il dispose d’un soutien logistique remarquable ( le catalogue Cooley est le premier au monde par le chiffre d’affaire) et produit des fleurs qui me paraissent intéressantes. Peut-être doit-on attribuer ce relatif insuccès à une certaine dispersion dans les hybridations ? En tout cas le succès commercial est parfait : des variétés comme ADOBE ROSE (88), AFTERNOON DELIGHT (85), AMBER TAMBOUR (91), ENVY (90), JURISPRUDENCE (86), QUIET RIOT (84) ou TRACY TYRENE (88) sont bien connues chez nous et bien présentes dans nos jardins. C’est matériellement une bonne affaire, mais la renommée de l’obtenteur est aussi liée à la reconnaissance des juges, et, sur ce plan, Rick Ernst n’est pas encore parvenu à la consécration. Il n’est pas le seul obtenteur de talent à se trouver dans ce cas : Gordon Plough ou Melba Hamblen ont connu la même mésaventure…
HOLLYWOOD NIGHTS
Ce n’est pas tous les jours qu’on découvre un iris qui vous fasse une impression saisissante. La plupart du temps, quand cette émotion se produit, c’est à cause d’une fleur d’une couleur qui sort de l’ordinaire. Mais en ce qui concerne HOLLYWOOD NIGHTS (R. Duncan 2000), c’est plutôt la forme de la fleur qui est remarquable, ainsi que son fini. HOLLYWOOD NIGHTS est une variété d’un bleu indigo sombre, à peine éclairci d’un voile de poudre blanche sous les barbes qui sont également indigo. La couleur est uniforme et fortement saturée, mais surtout elle a un aspect luxueusement satiné qui accroît sa brillance naturelle. Par-dessus le marché la fleur est de belle taille, très ample, une forme à la Hager, avec des sépales larges dès leur point d’attache et des ondulations voluptueuses et des bords finement laciniés, ce qui est une apparence exceptionnelle chez un iris sombre. Il est vrai que la « mère » de cette fleur magnifique est le fameux DUSKY CHALLENGER (Schreiner 86 – DM 92), dont la forme est déjà remarquable. HOLLYWOOD NIGHTS tient donc beaucoup de sa mère, mais il y ajoute de la modernité et de la grâce. Son géniteur est un semis issu de deux variétés pourprées, SPIN-OFF (Maryott 87) et STREET WALKER (Joyce Meek 84). Le premier cité a apporté à son descendant les frisures et le velouté, le second lui a donné ce soupçon de blanc qui lui confère une bonne part de son caractère. SPIN-OFF descend lui-même de MAGENTA ROSE (Gibson 77) dont il tient sa couleur. STREET WALKER est un fils de deux variétés intéressantes, KILT LILT (Gibson 70 – DM 76) et SEVEN HILLS (Coleman 75), un iris foncé, bronze et acajou, un peu strié aux épaules.
L’an prochain, HOLLYWOOD NIGHTS sera en lice pour les Honorables Mentions. Je ne crois pas m’avancer en disant qu’il a toutes ses chances pour aller loin dans la course aux honneurs. Cela serait une rapide consécration pour son obtenteur, Roger Duncan, un Californien dont HOLLYWOOD NIGHTS n’est que la seconde variété enregistrée. Avec Richard Tasco, il gère une pépinière qui commence à être connue, Superstition iris Garden. Ce même Richard Tasco est une étoile montante, apparue en 92 dans le ciel de l’iridophilie. Dès cette année là son premier iris, RUFFLED GODDESS, a été aussitôt remarqué, de même que le furent en 95 MARIPOSA SKIES et en 97 SPLASHACATA, un plicata original, qui dès 2000 récoltait un HM.. Maintenant Tasco et Duncan atteignent leur rythme de croisière. C’est une paire d’obtenteur qui fait déjà partie des meilleurs.
Ce n’est pas tous les jours qu’on découvre un iris qui vous fasse une impression saisissante. La plupart du temps, quand cette émotion se produit, c’est à cause d’une fleur d’une couleur qui sort de l’ordinaire. Mais en ce qui concerne HOLLYWOOD NIGHTS (R. Duncan 2000), c’est plutôt la forme de la fleur qui est remarquable, ainsi que son fini. HOLLYWOOD NIGHTS est une variété d’un bleu indigo sombre, à peine éclairci d’un voile de poudre blanche sous les barbes qui sont également indigo. La couleur est uniforme et fortement saturée, mais surtout elle a un aspect luxueusement satiné qui accroît sa brillance naturelle. Par-dessus le marché la fleur est de belle taille, très ample, une forme à la Hager, avec des sépales larges dès leur point d’attache et des ondulations voluptueuses et des bords finement laciniés, ce qui est une apparence exceptionnelle chez un iris sombre. Il est vrai que la « mère » de cette fleur magnifique est le fameux DUSKY CHALLENGER (Schreiner 86 – DM 92), dont la forme est déjà remarquable. HOLLYWOOD NIGHTS tient donc beaucoup de sa mère, mais il y ajoute de la modernité et de la grâce. Son géniteur est un semis issu de deux variétés pourprées, SPIN-OFF (Maryott 87) et STREET WALKER (Joyce Meek 84). Le premier cité a apporté à son descendant les frisures et le velouté, le second lui a donné ce soupçon de blanc qui lui confère une bonne part de son caractère. SPIN-OFF descend lui-même de MAGENTA ROSE (Gibson 77) dont il tient sa couleur. STREET WALKER est un fils de deux variétés intéressantes, KILT LILT (Gibson 70 – DM 76) et SEVEN HILLS (Coleman 75), un iris foncé, bronze et acajou, un peu strié aux épaules.
L’an prochain, HOLLYWOOD NIGHTS sera en lice pour les Honorables Mentions. Je ne crois pas m’avancer en disant qu’il a toutes ses chances pour aller loin dans la course aux honneurs. Cela serait une rapide consécration pour son obtenteur, Roger Duncan, un Californien dont HOLLYWOOD NIGHTS n’est que la seconde variété enregistrée. Avec Richard Tasco, il gère une pépinière qui commence à être connue, Superstition iris Garden. Ce même Richard Tasco est une étoile montante, apparue en 92 dans le ciel de l’iridophilie. Dès cette année là son premier iris, RUFFLED GODDESS, a été aussitôt remarqué, de même que le furent en 95 MARIPOSA SKIES et en 97 SPLASHACATA, un plicata original, qui dès 2000 récoltait un HM.. Maintenant Tasco et Duncan atteignent leur rythme de croisière. C’est une paire d’obtenteur qui fait déjà partie des meilleurs.
21.12.02
JAMES P. McWHIRTER
L’existence de James P. McWhirter s’est achevée brusquement en mai 1995. Il n’avait que 56 ans. C’était un fan d’iris depuis sa prime jeunesse. Il était originaire du Tennessee. A l’époque Nashville était un haut lieu de l’iridophilie, avec la présence d’hybrideurs fameux comme Geddes Douglas et Jesse Wills. Très tôt donc, le petit Jim s’est intéressé aux iris et s’est initié à la tâche de juge. Après ses études à l’Université Vanderbilt, il est allé, dans les années 60, s’installer en Californie. Avec son ami Don Denney, autre grand hybrideur, il a loué une exploitation et a commencé à hybrider. Sa première variété enregistrée a été TENNESSEE FROST, en 1974. Il s’agit d’un iris entièrement blanc, issue d’un bleu, SAPPHIRE HILLS. Par une curieuse coïncidence, l’une de ses dernières obtentions à avoir obtenu un HM se nomme MOTHER MARSHMALLOW (97) et est aussi un iris tout blanc, également issu d’un bleu, en l’occurrence le beu turquoise clair NAVAJO JEWEL.
Des récompenses, Jim McWhirter en a obtenu beaucoup : une trentaine de ses iris sont parvenus jusqu’aux HM, et six au moins ont reçu l’Award of Merit, une distinction qui n’est pas si courante. En matière de concours, sa plus belle réussite a été pour AMERICA’S CUP (89) qui, en 97, a terminé son parcours au troisième rang pour l’obtention de la Wister Medal.
De toute sa production, nous connaissons surtout en France BARBARY COAST (78), brun clair ombré de mauve, BRANDY (81), couleur « vieux marc », comme son nom l’indique, CYCLES (85), bleu et blanc, très lumineux, et TEQUILA SUNRISE (78), variegata original, en orangé clair et violet améthyste, sans doute la plante la plus connue de sa production.
En dehors de son activité d’iridophile, Jim McWhirter était un homme généreux et dévoué, engagé politiquement et dans les œuvres sociales, notamment en faveur des malades du SIDA et de leurs familles. En plus d’être un excellent créateur d’iris, il était ce que l’on appellait au XVIIIeme siècle un honnête homme.
CLIFFORD W. BENSON
Il y a maintenant un peu plus de deux ans que Clifford W. Benson nous a quitté. Il fait partie de la petite cohorte des “amateurs” qui ont réussi a décrocher une Médaille de Dykes. C’est une performance assez rare pour être signalée.
Ce n’est pas la seule originalité de ce militaire de carrière qui servit à l’état-major du Général Patton pendant la seconde guerre mondiale, puis prit part à la guerre de Corée, avant de rejoindre la vie civile au sein de la McDonnell Aircraft Company, un des principaux fournisseurs de l’Armée de l’Air américaine. En plus des iris, sa seconde passion concernait la musique classique et tout particulièrement le violon qu’il pratiqua au sein de l’Orchestre Symphonique de St Louis.
Cependant ce sont bien les iris qui ont contribué à sa célébrité. Il s’y est intéressé dès les années 40 et son BELLERIVE (47) était déjà distingué en 1952 quand il reçut la President’s Cup (qui honore le plus bel iris présenté lors d’une Convention Nationale par un habitant de la Région organisatrice). Par la suite il s’est affirme comme l’un des hybrideurs les plus doués de sa génération. Il se fit une spécialité des iris blancs et des iris bleus. Parmi les premiers se trouve HENRY SHAW (59) qui a obtenu un Award of Merit en 1961 et a remporté la première Clara B. Rees Cup, instituée pour distinguer le meilleur iris blanc (en souvenir du fameux SNOW FLURRY dont HENRY SHAW est le petit-fils, par NEW SNOW). Dans la même série on peut placer ARCTIC FURY (64) et, plus tard, ELVIS PRESLEY (82) Ce sont pourtant les bleus qui ont le plus gratifié leur obtenteur. ISLANDER (59) faisait preuve de beaucoup de qualités. Celles-ci se sont trouvé confirmées dans VAN CLIBURN (61) et dans ses suivants qui ont nom SKYWATCH (64 — DM 70), MAESTRO PUCCINI (69), VICTOR HERBERT (72) et surtout LAKE PLACID) (73) qui est sûrement l’un des plus beaux bleus jamais obtenus. Dans des couleurs très voisines on peut ajouter PARIS OPERA (69) et son frère de semis SPRING SYMPHONY (69).
L’existence de Cliff Benson s’est achevée tristement : vaincu par la maladie de Parkinson, il s’est éteint dans son cher Missouri, mais nul ne doute qu’il ne se trouve maintenant au paradis des obtenteurs.
Il y a maintenant un peu plus de deux ans que Clifford W. Benson nous a quitté. Il fait partie de la petite cohorte des “amateurs” qui ont réussi a décrocher une Médaille de Dykes. C’est une performance assez rare pour être signalée.
Ce n’est pas la seule originalité de ce militaire de carrière qui servit à l’état-major du Général Patton pendant la seconde guerre mondiale, puis prit part à la guerre de Corée, avant de rejoindre la vie civile au sein de la McDonnell Aircraft Company, un des principaux fournisseurs de l’Armée de l’Air américaine. En plus des iris, sa seconde passion concernait la musique classique et tout particulièrement le violon qu’il pratiqua au sein de l’Orchestre Symphonique de St Louis.
Cependant ce sont bien les iris qui ont contribué à sa célébrité. Il s’y est intéressé dès les années 40 et son BELLERIVE (47) était déjà distingué en 1952 quand il reçut la President’s Cup (qui honore le plus bel iris présenté lors d’une Convention Nationale par un habitant de la Région organisatrice). Par la suite il s’est affirme comme l’un des hybrideurs les plus doués de sa génération. Il se fit une spécialité des iris blancs et des iris bleus. Parmi les premiers se trouve HENRY SHAW (59) qui a obtenu un Award of Merit en 1961 et a remporté la première Clara B. Rees Cup, instituée pour distinguer le meilleur iris blanc (en souvenir du fameux SNOW FLURRY dont HENRY SHAW est le petit-fils, par NEW SNOW). Dans la même série on peut placer ARCTIC FURY (64) et, plus tard, ELVIS PRESLEY (82) Ce sont pourtant les bleus qui ont le plus gratifié leur obtenteur. ISLANDER (59) faisait preuve de beaucoup de qualités. Celles-ci se sont trouvé confirmées dans VAN CLIBURN (61) et dans ses suivants qui ont nom SKYWATCH (64 — DM 70), MAESTRO PUCCINI (69), VICTOR HERBERT (72) et surtout LAKE PLACID) (73) qui est sûrement l’un des plus beaux bleus jamais obtenus. Dans des couleurs très voisines on peut ajouter PARIS OPERA (69) et son frère de semis SPRING SYMPHONY (69).
L’existence de Cliff Benson s’est achevée tristement : vaincu par la maladie de Parkinson, il s’est éteint dans son cher Missouri, mais nul ne doute qu’il ne se trouve maintenant au paradis des obtenteurs.
13.12.02
DE LA DIFFICULTÉ D’ETRE RECONNU
Luc Bourdillon vient de secouer le petit monde des iris en posant la question suivante : une variété d’iris mise en vente sur Internet peut-elle concourir pour les récompenses américaines ? Cela a l’air d’une question innocente, mais en réalité elle remet partiellement en cause le système actuel des attributions américaines des récompenses.
Il y a quelques années la question avait été posée de savoir quelles variétés pouvaient concourir. En particulier, des variétés non américaines pouvaient-elles être éligibles ? Le bureau de l’AIS a eu à l’automne 1993, une longue et difficile discussion sur ce sujet. Les partisans d’une compétition purement américaine ont argué de ce que la DM avait été donnée par la BIS pour récompenser la meilleure variété nord-américaine, et qu’il existait des récompenses attribuées dans certains pays, qui n’étaient pas accessibles aux variétés américaines. Ils ont aussi fait la proposition d’un prix pour la meilleure variété étrangère, affirmant que cette mise en valeur serait plus intéressante pour les obtenteurs étrangers qu’une distinction noyée parmi celles délivrées aux variétés américaines. A l’opposé, les partisans d’une internationalisation ont fait état du rôle dévolu à l’AIS de tenir le registre de toutes les variétés obtenues à travers le monde, qu’il était du devoir de cet organisme de favoriser l’extension de l’iridophilie dans tous les pays, et qu’il fallait promouvoir généreusement la distribution des iris étrangers aux USA… Comme de bien entendu on est parvenu à un compromis suggéré par Clarence Mahan, à l’époque second vice-président : l’éligibilité aux prix décernés par l’AIS est offerte aux iris de toutes origines à la condition qu’ils aient été mis en vente en premier lieu sur le marché américain, c’est à dire au moins pendant la première année de leur mise en vente.
Cette exigence satisfaisait les deux camps. Les vœux des partisans de l’ouverture étaient exhaussés, les nationalistes étaient assurés que les variétés américaines conserveraient un certain avantage car pour un obtenteur étranger, il n’est pas évident de commercialiser ses produits dans un pays éloigné ; enfin les organisateurs de la compétition ne risquaient pas de voir le nombre des candidats brutalement exploser. Cette crainte n’était pas sans fondement. Aujourd’hui en effet il y a un nombre incroyable de nouvelles variétés enregistrées chaque année. En 2001 il y en a eu 964, dont 574 dans la seule Amérique du Nord ! Si toutes devaient entrer dans la compétition, la liste des compétiteurs serait énorme et bien difficile à utiliser par les juges officiels chargés de voter pour l’attribution des prix. D’où la quasi-obligation de limiter les compétiteurs aux iris réellement commercialisés aux Etats-Unis et au Canada, d’autant plus que les juges sont américains à plus de 90%.
La règle actuelle est qu’un iris est « introduit » lorsque son obtenteur a avisé l’AIS de ce qu’il avait été mis en vente par un commerçant qui peut être l’obtenteur lui-même, soit qu’il soit réellement commerçant, soit qu’il propose ses cultivars par une annonce dans le bulletin de l’AIS, ou un véritable producteur. Cela élimine déjà tous les iris enregistrés par les amateurs, pour leur seule satisfaction, ou qui ne sont distribués qu’à la famille et aux amis. En 2001, ce premier tri réduisait le nombre des compétiteurs potentiels à 683. C’est déjà énorme sachant que le premier tour de la compétition dure deux ans (trois pour les iris sans barbes), l’année d’introduction étant la première du cycle. Si les iris du monde entier concouraient, cela ferait une liste de plus de 1300 noms remise chaque année à chaque juge ! Il faut donc encore élaguer et le bon sens veut que l’on se limite au marché américain. 40% des variétés nouvelles sont ainsi écartées. C’est beaucoup, mais réaliste, et cela provient essentiellement de l’explosion des enregistrements en provenance de l’Ancien Monde et particulièrement de l’ex-Europe de l’Est : 153 en 2001.
Si un non-américain veut concourir il faut donc qu’il se plie à cette règle et qu’il propose les iris qu’il rêve de voir couronnés par l’intermédiaire d’un marchand américain qui veut bien lui faire une place dans son catalogue. L’Australien Barry Blyth avait anticipé la décision de 93 en faisant vendre ses iris par Keith Keppel, un grand nom de l’hybridation américaine. De la sorte CHOCOLATE ROYALE en 88, WITCH’S WAND en 90 ont obtenu un HM, TOMORROW’S CHILD, GALLANT ROGUE et AURA LIGHT sont même parvenus aux AM, le premier en 88, les autres en 94 et 2000. D’autres ont suivi le mouvement comme l’Anglais Cy Bartlett, et son CANNINGTON BLUEBIRD a eu un HM en 95. Pour les non-anglophones, la difficulté s’alourdit d’un problème de communication. Ils ont donc tardé à entrer dans le jeu. Il n’y a que deux ans que les Européens sont réellement apparus aux USA. L’Italien Augusto Bianco, le Slovaque Ladislav Muska et quelques autres ont conclu des accords avec des producteurs pour lesquels cet apport est un attrait supplémentaire de leurs catalogues, mais ils ne font pas forcément partie des « majors », c’est à dire ceux qui, du fait de la grande diffusion de leur produits, ont des iris qui sont vus et appréciés par un nombre important de juges, et, partant, trustent les prix. En 2002, sur 75 HM décernés à des grands iris, 40 sont revenus à 7 producteurs, lesquels ont aussi obtenu 12 AM sur 23 !
L’apparition de l’e-commerce va-t-elle changer les choses ? C’est peu probable car il n’est pas près de supplanter le commerce classique, mais la décision de 93 est maintenant battue en brèche. Les producteurs américains, qui sont aussi le plus souvent également obtenteurs, ne se privent pas de proposer leurs variétés sur leurs sites Internet. Si les obtenteurs non américains font de même, même s’ils ont par ailleurs respecté les règles exposées plus haut, ils verront leurs variétés éliminées ! L’AIS se doit donc de rétablir une certaine égalité des chances. Bien sûr, les non- américains devraient-ils organiser leurs propres concours, au niveau national ou, plutôt, continental, de façon à promouvoir leur propre production, mais les distinctions américaines restent des références à tous points de vue, et il est normal qu’elles tentent des hybrideurs d’autres pays. Tant que les non américains n’auront pas pu, pour plein de raisons bien valables, créer et fiabiliser d’autres compétitions, celles des USA se doivent d’être accessibles à tous, dès lors que les juges les voient en assez grand nombre pour qu’elles obtiennent suffisamment de votes. La règle du « marché américain d’abord » ne me paraît plus justifiée, et les quelques variétés mises en vente directement par Internet ne doivent pas être pénalisées : leur nombre ne va pas, du jour au lendemain alourdir excessivement les listes destinées aux juges, et l’obligation pratique d’être vu par le plus grand nombre possible d’entre eux laissera encore pour longtemps l’avantage aux iris achetés de façon traditionnelle.
Néanmoins Luc Bourdillon a eu raison de poser la question, il serait bon qu’elle fasse l’objet d’une discussion lors d’une prochaine réunion du bureau des Directeurs de l’AIS.
Luc Bourdillon vient de secouer le petit monde des iris en posant la question suivante : une variété d’iris mise en vente sur Internet peut-elle concourir pour les récompenses américaines ? Cela a l’air d’une question innocente, mais en réalité elle remet partiellement en cause le système actuel des attributions américaines des récompenses.
Il y a quelques années la question avait été posée de savoir quelles variétés pouvaient concourir. En particulier, des variétés non américaines pouvaient-elles être éligibles ? Le bureau de l’AIS a eu à l’automne 1993, une longue et difficile discussion sur ce sujet. Les partisans d’une compétition purement américaine ont argué de ce que la DM avait été donnée par la BIS pour récompenser la meilleure variété nord-américaine, et qu’il existait des récompenses attribuées dans certains pays, qui n’étaient pas accessibles aux variétés américaines. Ils ont aussi fait la proposition d’un prix pour la meilleure variété étrangère, affirmant que cette mise en valeur serait plus intéressante pour les obtenteurs étrangers qu’une distinction noyée parmi celles délivrées aux variétés américaines. A l’opposé, les partisans d’une internationalisation ont fait état du rôle dévolu à l’AIS de tenir le registre de toutes les variétés obtenues à travers le monde, qu’il était du devoir de cet organisme de favoriser l’extension de l’iridophilie dans tous les pays, et qu’il fallait promouvoir généreusement la distribution des iris étrangers aux USA… Comme de bien entendu on est parvenu à un compromis suggéré par Clarence Mahan, à l’époque second vice-président : l’éligibilité aux prix décernés par l’AIS est offerte aux iris de toutes origines à la condition qu’ils aient été mis en vente en premier lieu sur le marché américain, c’est à dire au moins pendant la première année de leur mise en vente.
Cette exigence satisfaisait les deux camps. Les vœux des partisans de l’ouverture étaient exhaussés, les nationalistes étaient assurés que les variétés américaines conserveraient un certain avantage car pour un obtenteur étranger, il n’est pas évident de commercialiser ses produits dans un pays éloigné ; enfin les organisateurs de la compétition ne risquaient pas de voir le nombre des candidats brutalement exploser. Cette crainte n’était pas sans fondement. Aujourd’hui en effet il y a un nombre incroyable de nouvelles variétés enregistrées chaque année. En 2001 il y en a eu 964, dont 574 dans la seule Amérique du Nord ! Si toutes devaient entrer dans la compétition, la liste des compétiteurs serait énorme et bien difficile à utiliser par les juges officiels chargés de voter pour l’attribution des prix. D’où la quasi-obligation de limiter les compétiteurs aux iris réellement commercialisés aux Etats-Unis et au Canada, d’autant plus que les juges sont américains à plus de 90%.
La règle actuelle est qu’un iris est « introduit » lorsque son obtenteur a avisé l’AIS de ce qu’il avait été mis en vente par un commerçant qui peut être l’obtenteur lui-même, soit qu’il soit réellement commerçant, soit qu’il propose ses cultivars par une annonce dans le bulletin de l’AIS, ou un véritable producteur. Cela élimine déjà tous les iris enregistrés par les amateurs, pour leur seule satisfaction, ou qui ne sont distribués qu’à la famille et aux amis. En 2001, ce premier tri réduisait le nombre des compétiteurs potentiels à 683. C’est déjà énorme sachant que le premier tour de la compétition dure deux ans (trois pour les iris sans barbes), l’année d’introduction étant la première du cycle. Si les iris du monde entier concouraient, cela ferait une liste de plus de 1300 noms remise chaque année à chaque juge ! Il faut donc encore élaguer et le bon sens veut que l’on se limite au marché américain. 40% des variétés nouvelles sont ainsi écartées. C’est beaucoup, mais réaliste, et cela provient essentiellement de l’explosion des enregistrements en provenance de l’Ancien Monde et particulièrement de l’ex-Europe de l’Est : 153 en 2001.
Si un non-américain veut concourir il faut donc qu’il se plie à cette règle et qu’il propose les iris qu’il rêve de voir couronnés par l’intermédiaire d’un marchand américain qui veut bien lui faire une place dans son catalogue. L’Australien Barry Blyth avait anticipé la décision de 93 en faisant vendre ses iris par Keith Keppel, un grand nom de l’hybridation américaine. De la sorte CHOCOLATE ROYALE en 88, WITCH’S WAND en 90 ont obtenu un HM, TOMORROW’S CHILD, GALLANT ROGUE et AURA LIGHT sont même parvenus aux AM, le premier en 88, les autres en 94 et 2000. D’autres ont suivi le mouvement comme l’Anglais Cy Bartlett, et son CANNINGTON BLUEBIRD a eu un HM en 95. Pour les non-anglophones, la difficulté s’alourdit d’un problème de communication. Ils ont donc tardé à entrer dans le jeu. Il n’y a que deux ans que les Européens sont réellement apparus aux USA. L’Italien Augusto Bianco, le Slovaque Ladislav Muska et quelques autres ont conclu des accords avec des producteurs pour lesquels cet apport est un attrait supplémentaire de leurs catalogues, mais ils ne font pas forcément partie des « majors », c’est à dire ceux qui, du fait de la grande diffusion de leur produits, ont des iris qui sont vus et appréciés par un nombre important de juges, et, partant, trustent les prix. En 2002, sur 75 HM décernés à des grands iris, 40 sont revenus à 7 producteurs, lesquels ont aussi obtenu 12 AM sur 23 !
L’apparition de l’e-commerce va-t-elle changer les choses ? C’est peu probable car il n’est pas près de supplanter le commerce classique, mais la décision de 93 est maintenant battue en brèche. Les producteurs américains, qui sont aussi le plus souvent également obtenteurs, ne se privent pas de proposer leurs variétés sur leurs sites Internet. Si les obtenteurs non américains font de même, même s’ils ont par ailleurs respecté les règles exposées plus haut, ils verront leurs variétés éliminées ! L’AIS se doit donc de rétablir une certaine égalité des chances. Bien sûr, les non- américains devraient-ils organiser leurs propres concours, au niveau national ou, plutôt, continental, de façon à promouvoir leur propre production, mais les distinctions américaines restent des références à tous points de vue, et il est normal qu’elles tentent des hybrideurs d’autres pays. Tant que les non américains n’auront pas pu, pour plein de raisons bien valables, créer et fiabiliser d’autres compétitions, celles des USA se doivent d’être accessibles à tous, dès lors que les juges les voient en assez grand nombre pour qu’elles obtiennent suffisamment de votes. La règle du « marché américain d’abord » ne me paraît plus justifiée, et les quelques variétés mises en vente directement par Internet ne doivent pas être pénalisées : leur nombre ne va pas, du jour au lendemain alourdir excessivement les listes destinées aux juges, et l’obligation pratique d’être vu par le plus grand nombre possible d’entre eux laissera encore pour longtemps l’avantage aux iris achetés de façon traditionnelle.
Néanmoins Luc Bourdillon a eu raison de poser la question, il serait bon qu’elle fasse l’objet d’une discussion lors d’une prochaine réunion du bureau des Directeurs de l’AIS.
6.12.02
FLORINS D’OR
Le Concours International d’Iris de Florence existe depuis 1957. Pour ses quarante cinq ans, on peut faire un peu le point sur cette compétition qui est la plus importante à l’échelle mondiale, et qui, si ce n’était pas un concours avec tous les aléas que ce genre d’événement comporte, pourrait être le Championnat du Monde des Iris. Tel qu’il est cependant c’est le rassemblement des plus beaux iris du monde entier, et celui qui est primé fait partie du gratin de nos fleurs préférées.
Voici la liste des récipiendaires :
· 57 = REHOBETH (Fred DeForest – US)
· 58 = SWAN BALLET (Tell Muhlestein – US)
· 59 = LA NEGRA FLOR (Luzon Crosby – US)
· 60 = ALLAGLOW (Chet Tompkins – US)
· 61 = WHOLE CLOTH (Paul Cook – US)
· 62 = INDIGLOW (William Schortman – US)
· 63 = DANCER’S VEIL (P. Hutchison – GB)
· 64 = MIDNIGHT WALTZ (L. Burbridge – US)
· 65 = LORNA LEE (Jim Gibson – US)
· 66 = pas attribué
· 67 = CHRISTIE ANNE (Larry Gaulter – US)
· 68 = BEWITCHING ( David Lyon – US)
· 69 = IRISH CHARMER ( Cora Pickard – US)
· 70 = LAUNCHING PAD (Maynard Knopf – US)
· 71 = FOGGY DEW (Keith Keppel – US)
· 72 = pas attribué
· 73 = ‘ROSSO FIORENTINO’ (F. Specht – IT)
· 74 = SUNSET SKY (Bernice Roe – US)
· 75 = QUEEN OF FLORENCE (Robert Mallory – US)
· 76 = DIALOGUE (Joseph Ghio – US)
· 77 = CHAMBER MUSIC (Bryce Williamson – US)
· 78 = SPACE BLAZER ( Jim Gibson – US)
· 79 = pas attribué
· 80 = ENTOURAGE ( Joseph Ghio – US)
· 81 = BEVERLY SILLS (Ben Hager – US)
· 82 = GOLD GALORE (Schreiner – US)
· 83 = WOODCRAFT ( Keith Keppel – US)
· 84 = TITAN’S GLORY (Schreiner – US)
· 85 = ‘LIBON’ (Wojtek Smid – CZ)
· 86 = STARCREST (Schreiner – US)
· 87 = MISSY YORKTOWNE (Sterling Innerst – US)
· 88 = pas attribué
· 89 = DUSKY CHALLENGER (Schreiner – US)
· 90 = SKYBLAZE (Keith Keppel – US)
· 91 = PRINCE CHARMING (Bryce Williamson – US)
· 92 = SIGHS AND WHISPERS (Paul Black – US)
· 93 = CONJURATION ( Monty Byers – US)
· 94 = STEADFAST LOVE ( Franklin Carr – US)
· 95 = IKAR (Adolf Volfovitch-Moler – UZ)
· 96 = CELEBRATION SONG (Schreiner – US)
· 97 = CHAMPAGNE WALTZ (Schreiner – US)
· 98 = HELEN DAWN (Graeme Grosvenor – AU)
· 99 = SETTIMO CIELO (Valeria Romoli – IT)
· 00 = DIABOLIQUE (Schreiner – US)
· 01 = H.C. STETSON ( Robert Stetson- US)
· 02 = DUDE RANCH (Paul Black – US)
Sur quarante et un florins distribués, six seulement ne sont pas allés à une variété américaine ! Et seulement six vainqueurs ont par la suite empoché la Dykes Medal.
Ce classement me fait penser au Championnat du Monde sur route de Cyclisme professionnel : c’est souvent un outsider qui l’emporte.
Rappelons que ce concours s’adresse à tous les obtenteurs du monde. Ils peuvent envoyer leurs variétés trois ans avant le concours au moment duquel elles seront appréciées par un jury de juges italiens et internationaux. Comme dans toutes ces compétitions, les variétés hâtives comme les variétés tardives se trouvent d’office écartées, de même que celles qui, par un caprice de la nature ou un incident de croissance, ne sont pas au top au jour du concours. En revanche se trouvent avantagées celles que rien ne perturbe, qui fleurissent simplement à mi-saison. Peut-être est-ce en cela que les variétés américaines se sont si souvent mises en évidence.
On a discuté aussi sur ce que les iris obtenant la Dykes Medal n’avaient pas rencontré autant de succès à Florence. Cependant sait-on si les vainqueurs de la DM ont tous concouru ? Rien n’est moins sûr ! On peut briguer la Dykes Medal et faire l’impasse sur Florence. Les iris non américains, eux, n’ont que ce concours pour se mettre en évidence. Certains obtenteurs l’ont compris, d’autres n’ont pas encore pris le risque d’un échec.
Une autre caractéristique des bénéficiaires de Florin d’Or, c’est que beaucoup d’entre eux, même parmi les américains, n’ont pas bénéficié, en fait de notoriété et donc de commercialisation, de leur succès florentin. Je ne parle pas des variétés confidentielles issues d’Europe, dont le triomphe n’a été qu’anecdotique, mais de plantes américaines, provenant d’obtenteurs ayant pignon sur rue. LORNA LEE, qui l’a emporté en 65, APRIL MELODY, introduit en 67 ou RADIANT APOGEE, commercialisé en 64, ont autrement fait pour la fortune de leur obtenteur. De même
FOGGY DEW n’est pas le plus connu des iris de Keppel de cette période. ROUNDUP (73) ou THUNDERCLOUD (74) ont eu un autre succès commercial ; et si, pour Joe Ghio, DIALOGUE et ENTOURAGE ont été bien vendus, ils n’ont pas atteint la notoriété de WEDDING VOW (72) ou MANDOLIN (77).
Et les variétés françaises, là-dedans ? La meilleure place qui leur ait été attribuée est la seconde (Florin d’Argent) obtenue cette année par HAUT LES VOILES (Cayeux 99). DOCTOR GOLD (Ségui 83) est la variété d’un non-professionnel qui se soit le mieux placé. Elle ne serait pas si tardive, il est probable qu’elle se serait placé dans les trois premiers en 86, année où elle a été déclarée « variété la plus commerciale ».
Le Concours International d’Iris de Florence existe depuis 1957. Pour ses quarante cinq ans, on peut faire un peu le point sur cette compétition qui est la plus importante à l’échelle mondiale, et qui, si ce n’était pas un concours avec tous les aléas que ce genre d’événement comporte, pourrait être le Championnat du Monde des Iris. Tel qu’il est cependant c’est le rassemblement des plus beaux iris du monde entier, et celui qui est primé fait partie du gratin de nos fleurs préférées.
Voici la liste des récipiendaires :
· 57 = REHOBETH (Fred DeForest – US)
· 58 = SWAN BALLET (Tell Muhlestein – US)
· 59 = LA NEGRA FLOR (Luzon Crosby – US)
· 60 = ALLAGLOW (Chet Tompkins – US)
· 61 = WHOLE CLOTH (Paul Cook – US)
· 62 = INDIGLOW (William Schortman – US)
· 63 = DANCER’S VEIL (P. Hutchison – GB)
· 64 = MIDNIGHT WALTZ (L. Burbridge – US)
· 65 = LORNA LEE (Jim Gibson – US)
· 66 = pas attribué
· 67 = CHRISTIE ANNE (Larry Gaulter – US)
· 68 = BEWITCHING ( David Lyon – US)
· 69 = IRISH CHARMER ( Cora Pickard – US)
· 70 = LAUNCHING PAD (Maynard Knopf – US)
· 71 = FOGGY DEW (Keith Keppel – US)
· 72 = pas attribué
· 73 = ‘ROSSO FIORENTINO’ (F. Specht – IT)
· 74 = SUNSET SKY (Bernice Roe – US)
· 75 = QUEEN OF FLORENCE (Robert Mallory – US)
· 76 = DIALOGUE (Joseph Ghio – US)
· 77 = CHAMBER MUSIC (Bryce Williamson – US)
· 78 = SPACE BLAZER ( Jim Gibson – US)
· 79 = pas attribué
· 80 = ENTOURAGE ( Joseph Ghio – US)
· 81 = BEVERLY SILLS (Ben Hager – US)
· 82 = GOLD GALORE (Schreiner – US)
· 83 = WOODCRAFT ( Keith Keppel – US)
· 84 = TITAN’S GLORY (Schreiner – US)
· 85 = ‘LIBON’ (Wojtek Smid – CZ)
· 86 = STARCREST (Schreiner – US)
· 87 = MISSY YORKTOWNE (Sterling Innerst – US)
· 88 = pas attribué
· 89 = DUSKY CHALLENGER (Schreiner – US)
· 90 = SKYBLAZE (Keith Keppel – US)
· 91 = PRINCE CHARMING (Bryce Williamson – US)
· 92 = SIGHS AND WHISPERS (Paul Black – US)
· 93 = CONJURATION ( Monty Byers – US)
· 94 = STEADFAST LOVE ( Franklin Carr – US)
· 95 = IKAR (Adolf Volfovitch-Moler – UZ)
· 96 = CELEBRATION SONG (Schreiner – US)
· 97 = CHAMPAGNE WALTZ (Schreiner – US)
· 98 = HELEN DAWN (Graeme Grosvenor – AU)
· 99 = SETTIMO CIELO (Valeria Romoli – IT)
· 00 = DIABOLIQUE (Schreiner – US)
· 01 = H.C. STETSON ( Robert Stetson- US)
· 02 = DUDE RANCH (Paul Black – US)
Sur quarante et un florins distribués, six seulement ne sont pas allés à une variété américaine ! Et seulement six vainqueurs ont par la suite empoché la Dykes Medal.
Ce classement me fait penser au Championnat du Monde sur route de Cyclisme professionnel : c’est souvent un outsider qui l’emporte.
Rappelons que ce concours s’adresse à tous les obtenteurs du monde. Ils peuvent envoyer leurs variétés trois ans avant le concours au moment duquel elles seront appréciées par un jury de juges italiens et internationaux. Comme dans toutes ces compétitions, les variétés hâtives comme les variétés tardives se trouvent d’office écartées, de même que celles qui, par un caprice de la nature ou un incident de croissance, ne sont pas au top au jour du concours. En revanche se trouvent avantagées celles que rien ne perturbe, qui fleurissent simplement à mi-saison. Peut-être est-ce en cela que les variétés américaines se sont si souvent mises en évidence.
On a discuté aussi sur ce que les iris obtenant la Dykes Medal n’avaient pas rencontré autant de succès à Florence. Cependant sait-on si les vainqueurs de la DM ont tous concouru ? Rien n’est moins sûr ! On peut briguer la Dykes Medal et faire l’impasse sur Florence. Les iris non américains, eux, n’ont que ce concours pour se mettre en évidence. Certains obtenteurs l’ont compris, d’autres n’ont pas encore pris le risque d’un échec.
Une autre caractéristique des bénéficiaires de Florin d’Or, c’est que beaucoup d’entre eux, même parmi les américains, n’ont pas bénéficié, en fait de notoriété et donc de commercialisation, de leur succès florentin. Je ne parle pas des variétés confidentielles issues d’Europe, dont le triomphe n’a été qu’anecdotique, mais de plantes américaines, provenant d’obtenteurs ayant pignon sur rue. LORNA LEE, qui l’a emporté en 65, APRIL MELODY, introduit en 67 ou RADIANT APOGEE, commercialisé en 64, ont autrement fait pour la fortune de leur obtenteur. De même
FOGGY DEW n’est pas le plus connu des iris de Keppel de cette période. ROUNDUP (73) ou THUNDERCLOUD (74) ont eu un autre succès commercial ; et si, pour Joe Ghio, DIALOGUE et ENTOURAGE ont été bien vendus, ils n’ont pas atteint la notoriété de WEDDING VOW (72) ou MANDOLIN (77).
Et les variétés françaises, là-dedans ? La meilleure place qui leur ait été attribuée est la seconde (Florin d’Argent) obtenue cette année par HAUT LES VOILES (Cayeux 99). DOCTOR GOLD (Ségui 83) est la variété d’un non-professionnel qui se soit le mieux placé. Elle ne serait pas si tardive, il est probable qu’elle se serait placé dans les trois premiers en 86, année où elle a été déclarée « variété la plus commerciale ».
STAIRWAY TO HEAVEN
STAIRWAY TO HEAVEN (Lauer 92 – DM 2000) peut être considéré comme une variété de noble origine. Connaît-on en effet un autre iris qui puisse se vanter d’avoir parmi ses ancêtres un bénéficiaire de la Dykes Medal depuis six générations ?
Cela commence par SWAN BALLET (Muhlestein 54), blanc uni, qui a été couronné en 1959, cela continue avec PACIFIC PANORAMA (Sexton 60), bleu profond, fils de SWAN BALLET, qui a obtenu la médaille en 1965, puis vient le fils de PACIFIC PANORAMA, SHIPSHAPE (Babson 69), bleu moyen, qui l’a eue en 1974. A la génération suivante, c’est VICTORIA FALLS (Schreiner 77), bleu vif, vainqueur en 1984, qui descend lui-même, par une autre voie, de SWAN BALLET. Enfin la « mère » du notre héros du jour s’appelle EDITH WOLFORD (Hager 86), lumineux variegata, distingué en 1993 ! On ne peut pas faire plus riche pedigree.
STAIRWAY TO HEAVEN est décrit comme blanc crémeux, avec des sépales bleu moyen à reflets lavande, et barbes blanches. Ses parents sont donc EDITH WOLFORD, d’une part, et BREAKERS (Schreiner 86) d’autre part. Le premier est issu de MERRY MADRIGAL (Babson 82), un iris pastel, crème sur lavande, et de FREEDOM ROAD (Plough 77), au coloris très voisin du précédent. Ces deux iris sont d’ailleurs des cousins qui descendent l’un et l’autre d’un fameux géniteur, MELODRAMA ( Cook 56), un iris bitone bleu, qui d’un côté a engendré GUITAR COUNTRY (Plough 71), variegata sombre et fumé, de l’autre A PROPOS (Babson 63), bitone lavande bien connu, et TAMBOURINE (Babson 68), variegata. Toutes ces variétés se retrouvent dans EDITH WOLFORD, de même que SHIPSHAPE, dont on a vu qu’il fait aussi partie des ancêtres de BREAKERS. Et quoi de plus naturel – et banal – de trouver derrière tout ce beau monde l’inévitable blanc SNOW FLURRY, l’incontournable bleu REHOBETH et l’autre blanc fameux, KASHMIR WHITE ?
STAIRWAY TO HEAVEN fait donc partie de la grande famille des iris blancs et bleus, qui remonte à l’origine des iris modernes tétraploïdes. Les piliers de cette famille se rencontrent dans son pedigree : MELODRAMA, déjà cité, mais aussi CLIFFS OF DOVER, CELESTIAL SNOW, WHOLE CLOTH, des noms qui réapparaissent presque dans chaque description présentée ici. Les iris ont l’air d’être d’une extrême multiplicité, mais en réalité on compte sur les doigts les géniteurs de base, et cela explique, comme je l’ai déjà dit, les phénomènes de fragilisation et d’anomalies qu’on constate de temps en temps dans les résultats de croisements entre variétés qui se révèlent par trop consanguines.
STAIRWAY TO HEAVEN (Lauer 92 – DM 2000) peut être considéré comme une variété de noble origine. Connaît-on en effet un autre iris qui puisse se vanter d’avoir parmi ses ancêtres un bénéficiaire de la Dykes Medal depuis six générations ?
Cela commence par SWAN BALLET (Muhlestein 54), blanc uni, qui a été couronné en 1959, cela continue avec PACIFIC PANORAMA (Sexton 60), bleu profond, fils de SWAN BALLET, qui a obtenu la médaille en 1965, puis vient le fils de PACIFIC PANORAMA, SHIPSHAPE (Babson 69), bleu moyen, qui l’a eue en 1974. A la génération suivante, c’est VICTORIA FALLS (Schreiner 77), bleu vif, vainqueur en 1984, qui descend lui-même, par une autre voie, de SWAN BALLET. Enfin la « mère » du notre héros du jour s’appelle EDITH WOLFORD (Hager 86), lumineux variegata, distingué en 1993 ! On ne peut pas faire plus riche pedigree.
STAIRWAY TO HEAVEN est décrit comme blanc crémeux, avec des sépales bleu moyen à reflets lavande, et barbes blanches. Ses parents sont donc EDITH WOLFORD, d’une part, et BREAKERS (Schreiner 86) d’autre part. Le premier est issu de MERRY MADRIGAL (Babson 82), un iris pastel, crème sur lavande, et de FREEDOM ROAD (Plough 77), au coloris très voisin du précédent. Ces deux iris sont d’ailleurs des cousins qui descendent l’un et l’autre d’un fameux géniteur, MELODRAMA ( Cook 56), un iris bitone bleu, qui d’un côté a engendré GUITAR COUNTRY (Plough 71), variegata sombre et fumé, de l’autre A PROPOS (Babson 63), bitone lavande bien connu, et TAMBOURINE (Babson 68), variegata. Toutes ces variétés se retrouvent dans EDITH WOLFORD, de même que SHIPSHAPE, dont on a vu qu’il fait aussi partie des ancêtres de BREAKERS. Et quoi de plus naturel – et banal – de trouver derrière tout ce beau monde l’inévitable blanc SNOW FLURRY, l’incontournable bleu REHOBETH et l’autre blanc fameux, KASHMIR WHITE ?
STAIRWAY TO HEAVEN fait donc partie de la grande famille des iris blancs et bleus, qui remonte à l’origine des iris modernes tétraploïdes. Les piliers de cette famille se rencontrent dans son pedigree : MELODRAMA, déjà cité, mais aussi CLIFFS OF DOVER, CELESTIAL SNOW, WHOLE CLOTH, des noms qui réapparaissent presque dans chaque description présentée ici. Les iris ont l’air d’être d’une extrême multiplicité, mais en réalité on compte sur les doigts les géniteurs de base, et cela explique, comme je l’ai déjà dit, les phénomènes de fragilisation et d’anomalies qu’on constate de temps en temps dans les résultats de croisements entre variétés qui se révèlent par trop consanguines.
22.11.02
DENVER MINT
Il existe des variétés qui, a priori, ne présentent pas un intérêt évident. Disons qu’elles ont l’air banal. DENVER MINT (Knopf 62) fait partie de celles-ci. D’ailleurs elle n’a pas fait un parcours sensationnel dans la course aux récompenses, et n’a pas dépassé le stade de l’Award of Merit, qu’elle a obtenu en 1967. Dans la Bible des iridophiles, « The World of Irises », on n’en parle même pas ! C’était tout de même un bon iris. Surtout, les hybrideurs ont eu vite fait de remarquer la qualité de ses descendants et ils ont été nombreux à l’utiliser en ce sens. De sorte qu’aujourd’hui, DENVER MINT figure au nombre des variétés que l’on trouve dans l’arbre généalogique d’un très grand nombre d’iris modernes.
DENVER MINT est originaire de Californie, de Potter Valley exactement, là où demeurait son obtenteur, Maynard Knopf. Il est décrit très simplement, comme on le faisait à l’époque, « Dresden yellow self », c’est à dire jaune pâle. Aucune indication sur la couleur des barbes. Pas de photo non plus sur le site de la HIPS (Historic Irises Protection Society). Pas facile de se faire une idée sur l’aspect de cet iris ! Mais en fin de compte, ce n’est pas cela qui est le plus intéressant. On peut dire deux mots de ses origines, et surtout s’attarder sur sa descendance.
Il est le fils d’un frère de semis de MISSION TRAILS ( dont je n’ai pas de traces) et de GLITTERING AMBER (Hamblen 57), qui est un iris abricot à barbes oranges et qui est issu de PALOMINO (Hall 51), fameux iris bitone rose clair liseré de rose cuivré, et d’un frère de semis de JUNE MEREDITH (Muhlestein 54), l’un des premiers rose flamant à barbes mandarine. On est donc parti de roses, pour aboutir au jaune, ce qui n’est pas un parcours spécialement original. DENVER MINT a d’autres qualités : ses descendants ont tous été des iris du premier rang. Commençons par BRIDE’S HALO (H. Mohr 73 – DM 78), que tous les amateurs connaissent pour sa blancheur et son liseré doré. Continuons par GOLD TRIMMINGS (Schreiner 75), original jaune lavé de blanc, LAUNCHING PAD (Knopf 67) de la longue lignée des iris à pétales jaunes et sépales blancs bordée de jaune, WEST COAST (Knopf 68), superbe bitone or bien connu, et, surtout, PONDEROSA (Ghio 70), bicolore, rose-mauve et brun, que son obtenteur a utilisé par la suite pour l’essentiel de sa production.
A la seconde génération, les descendants de DENVER MINT sont tout aussi intéressants. Témoins : BRIDAL CROWN (Schreiner 81), blanc marqué de jaune aux épaules, tout comme GOLD BURST (Palmer 80), MANDOLIN (Ghio 77) célèbre orange clair, qui descend aussi de PONDEROSA, PISTACHIO (Ghio 74), un iris tendant vraiment vers le vert, ORANGE GLAZE (Gibson 77) couleur souci, proche cousin de BRIDE’S HALO, PUNKIN (Keppel 81), véritable orange, STARRING ROLE (Palmer 73) ou CATALYST (Keppel 80), vraiment jaunes… On ne compte pas les enfants et petits enfants de PONDEROSA. Je n’en énumérai que quelques-uns, tous fort connus, tous sortis du jardin de Joe Ghio à San José : BICENTENNIAL (76), BUBBLING ALONG (93), CHUCKLES (87), COFFEE HOUSE (77), DESIGNER GOWN (85), ENTOURAGE (77), FLARE UP (78), HOT STREAK (88), INDISCREET (88), PARIS ORIGINAL (81), SAN JOSE (78), VENEER (81)… On en voit de toutes les couleurs ! et c’est sans compter la longue série des jaunes et orangés, a partir de WELL ENDOWED (79), suivi de FINANCIER (80), TROPICA (82), MALAGUENA (85), MONTEVIDEO (87), ESMERALDA (88), GUADALARAJA (89)… Véritablement, PONDEROSA est la base de la cuisine compliquée et raffinée inventée par Joe Ghio.
BRIDE’S HALO n’est pas resté sans descendance, pour n’en citer que trois, parlons du délicat plicata bleu ciel CLOUD BALLET ( L. Fort 90), du bitone orange ORANGE FLOAT (K. Mohr 85), et de celui qui ressemble le plus à son géniteur, AMAZON BRIDE (Hager 88).
GOLD TRIMMINGS a été encore plus prolifique. Les Schreiner l’ont utilisé à tour de pincettes : AVALON SUNSET (94), CHAMPAGNE WALTZ (94), FALL FIESTA (92), HARVEST KING (90), OLYMPIC CHALLENGE (90)… Uni au rose SUR DEUX NOTES, le Docteur Ségui en a obtenu son superbe VIA DOMITIA (93).
WEST COAST a surtout donné des jaunes, comme MONEY (Bernice Roe 77), RADIANT SUMMER (Schreiner 78), GOLD GALORE (Schreiner 78), DAZZLING GOLD (Anderson 81).
Il serait lassant de passer aux générations suivantes. Mais sachons que nos obtenteurs français ne sont pas en reste. TERRE DE FEU (Cayeux 97), REFLETS SAFRAN (Cayeux 98), JUBILEE RAINIER III (98) sont des lointains descendants de DENVER MINT, tout comme VOLEUR DE FEU (Anfosso 88), BASTILLE (Anfosso 89), LASER (Anfosso 90), ou SAMSARA (Ransom 96). On s’apercevrait, en fin de compte, que c’est une bonne partie des iris que nous cultivons aujourd’hui qui descendent plus ou moins directement de DENVER MINT ou de PONDEROSA. Ce qui démontre bien qu’il n’y a qu’une poignée d’iris qui ont engendré tous ceux que nous connaissons.
Il existe des variétés qui, a priori, ne présentent pas un intérêt évident. Disons qu’elles ont l’air banal. DENVER MINT (Knopf 62) fait partie de celles-ci. D’ailleurs elle n’a pas fait un parcours sensationnel dans la course aux récompenses, et n’a pas dépassé le stade de l’Award of Merit, qu’elle a obtenu en 1967. Dans la Bible des iridophiles, « The World of Irises », on n’en parle même pas ! C’était tout de même un bon iris. Surtout, les hybrideurs ont eu vite fait de remarquer la qualité de ses descendants et ils ont été nombreux à l’utiliser en ce sens. De sorte qu’aujourd’hui, DENVER MINT figure au nombre des variétés que l’on trouve dans l’arbre généalogique d’un très grand nombre d’iris modernes.
DENVER MINT est originaire de Californie, de Potter Valley exactement, là où demeurait son obtenteur, Maynard Knopf. Il est décrit très simplement, comme on le faisait à l’époque, « Dresden yellow self », c’est à dire jaune pâle. Aucune indication sur la couleur des barbes. Pas de photo non plus sur le site de la HIPS (Historic Irises Protection Society). Pas facile de se faire une idée sur l’aspect de cet iris ! Mais en fin de compte, ce n’est pas cela qui est le plus intéressant. On peut dire deux mots de ses origines, et surtout s’attarder sur sa descendance.
Il est le fils d’un frère de semis de MISSION TRAILS ( dont je n’ai pas de traces) et de GLITTERING AMBER (Hamblen 57), qui est un iris abricot à barbes oranges et qui est issu de PALOMINO (Hall 51), fameux iris bitone rose clair liseré de rose cuivré, et d’un frère de semis de JUNE MEREDITH (Muhlestein 54), l’un des premiers rose flamant à barbes mandarine. On est donc parti de roses, pour aboutir au jaune, ce qui n’est pas un parcours spécialement original. DENVER MINT a d’autres qualités : ses descendants ont tous été des iris du premier rang. Commençons par BRIDE’S HALO (H. Mohr 73 – DM 78), que tous les amateurs connaissent pour sa blancheur et son liseré doré. Continuons par GOLD TRIMMINGS (Schreiner 75), original jaune lavé de blanc, LAUNCHING PAD (Knopf 67) de la longue lignée des iris à pétales jaunes et sépales blancs bordée de jaune, WEST COAST (Knopf 68), superbe bitone or bien connu, et, surtout, PONDEROSA (Ghio 70), bicolore, rose-mauve et brun, que son obtenteur a utilisé par la suite pour l’essentiel de sa production.
A la seconde génération, les descendants de DENVER MINT sont tout aussi intéressants. Témoins : BRIDAL CROWN (Schreiner 81), blanc marqué de jaune aux épaules, tout comme GOLD BURST (Palmer 80), MANDOLIN (Ghio 77) célèbre orange clair, qui descend aussi de PONDEROSA, PISTACHIO (Ghio 74), un iris tendant vraiment vers le vert, ORANGE GLAZE (Gibson 77) couleur souci, proche cousin de BRIDE’S HALO, PUNKIN (Keppel 81), véritable orange, STARRING ROLE (Palmer 73) ou CATALYST (Keppel 80), vraiment jaunes… On ne compte pas les enfants et petits enfants de PONDEROSA. Je n’en énumérai que quelques-uns, tous fort connus, tous sortis du jardin de Joe Ghio à San José : BICENTENNIAL (76), BUBBLING ALONG (93), CHUCKLES (87), COFFEE HOUSE (77), DESIGNER GOWN (85), ENTOURAGE (77), FLARE UP (78), HOT STREAK (88), INDISCREET (88), PARIS ORIGINAL (81), SAN JOSE (78), VENEER (81)… On en voit de toutes les couleurs ! et c’est sans compter la longue série des jaunes et orangés, a partir de WELL ENDOWED (79), suivi de FINANCIER (80), TROPICA (82), MALAGUENA (85), MONTEVIDEO (87), ESMERALDA (88), GUADALARAJA (89)… Véritablement, PONDEROSA est la base de la cuisine compliquée et raffinée inventée par Joe Ghio.
BRIDE’S HALO n’est pas resté sans descendance, pour n’en citer que trois, parlons du délicat plicata bleu ciel CLOUD BALLET ( L. Fort 90), du bitone orange ORANGE FLOAT (K. Mohr 85), et de celui qui ressemble le plus à son géniteur, AMAZON BRIDE (Hager 88).
GOLD TRIMMINGS a été encore plus prolifique. Les Schreiner l’ont utilisé à tour de pincettes : AVALON SUNSET (94), CHAMPAGNE WALTZ (94), FALL FIESTA (92), HARVEST KING (90), OLYMPIC CHALLENGE (90)… Uni au rose SUR DEUX NOTES, le Docteur Ségui en a obtenu son superbe VIA DOMITIA (93).
WEST COAST a surtout donné des jaunes, comme MONEY (Bernice Roe 77), RADIANT SUMMER (Schreiner 78), GOLD GALORE (Schreiner 78), DAZZLING GOLD (Anderson 81).
Il serait lassant de passer aux générations suivantes. Mais sachons que nos obtenteurs français ne sont pas en reste. TERRE DE FEU (Cayeux 97), REFLETS SAFRAN (Cayeux 98), JUBILEE RAINIER III (98) sont des lointains descendants de DENVER MINT, tout comme VOLEUR DE FEU (Anfosso 88), BASTILLE (Anfosso 89), LASER (Anfosso 90), ou SAMSARA (Ransom 96). On s’apercevrait, en fin de compte, que c’est une bonne partie des iris que nous cultivons aujourd’hui qui descendent plus ou moins directement de DENVER MINT ou de PONDEROSA. Ce qui démontre bien qu’il n’y a qu’une poignée d’iris qui ont engendré tous ceux que nous connaissons.
16.11.02
LES SITES FRANÇAIS CONSACRÉS AUX IRIS
Il a fallu un certain temps pour que les producteurs français s'intéressent à Internet. Mais aujourd'hui ils s'y sont mis et même on peut dire qu'ils ont largement rattrapé leur retard. Peut-être même ont-ils en ce domaine égalé leurs homologues américains. En effet il n'y a plus qu'un seul producteur français à ne pas posséder son site, et encore murmure-t-on qu'il est sur le point de s'y mettre. Un coup d'œil sur ce travail n'est pas désagréable à donner.
Pour ne froisser personne prenons-les dans l'ordre alphabétique.
- Anfosso (Iris en Provence), n'est pas le plus ancien, mais d'emblée il a présenté un site complet et parfaitement illustré. ( www.iris-en-provence.com);
- Bourdillon n'est pas en reste, plusieurs fois remanié, son site est maintenant complet, c'est à dire qu'il renseigne le visiteur sur tout ce que l'on peut rechercher, renseignements généraux, photographies, commerce en ligne. (www.bourdillon.com);
- Cayeux s'est mis le premier sur les rangs. Le site, tel qu’il se présente aujourd’hui, est un peu décevant, en particulier au plan des illustrations (images trop petites). (www.cayeux.fr);
- Lanthelme, ce producteur atypique, a fait un gros effort.. Son site est simple, mais complet et intéressant car il propose des variétés anciennes, introuvables ailleurs. (www.irislanthelme.com);
- Ransom (Iris au Trescols) a hésité avant de se lancer, mais le site qu'il a concocté est très joli, encore à améliorer et à compléter, mais tout à fait prometteur. (www.iris-au-trecols.com);
- L'absent est dont Ségui (Iris de Thau). Cette entreprise familiale, qui possède la plus belle collection d'iris classiques, possède déjà une adresse internet. Cela laisse à penser qu'à brève échéance nous aurons un nouveau site ;
- La SFIB (Société Française des Iris et plantes Bulbeuses) vient d'ouvrir son site institutionnel. Il faudra lui donner du corps, mais le début est encourageant. (www.sfib.org);
- Et puisque vous lisez ce texte, vous savez qu'il existe un weblog dédié exclusivement à l'iridophilie, je crois même qu'il est le seul au monde à aborder ce sujet sous cet angle.
Le tour est fait. On ne peut qu'être satisfait. Dans aucun autre pays européen on ne rencontre un tel choix. Les sites britanniques sont rares et succincts ; en Allemagne je n'en ai trouvé qu'un, celui de la maison Zeppelin, et il nous laisse sur notre faim car il ne comporte ni vente en ligne ni photographies, cependant la GDS (l'équivalent de la SNHF), et sa section Iris, proposent un site institutionnel très bien fait ; en Italie, la situation est meilleure, mais pour deux producteurs, il n'y en a qu'un qui ait fait l'effort de créer un site complet, même s'il est à améliorer, l'autre n'est qu'une adresse où commander un catalogue papier. En Europe de l'Est, il faut aller en République Tchèque pour trouver le site de Sdenek Seidl, un peu artisanal, mais très présentable, et celui de l'EIS (East European Iris Society), de la même eau.
Il a fallu un certain temps pour que les producteurs français s'intéressent à Internet. Mais aujourd'hui ils s'y sont mis et même on peut dire qu'ils ont largement rattrapé leur retard. Peut-être même ont-ils en ce domaine égalé leurs homologues américains. En effet il n'y a plus qu'un seul producteur français à ne pas posséder son site, et encore murmure-t-on qu'il est sur le point de s'y mettre. Un coup d'œil sur ce travail n'est pas désagréable à donner.
Pour ne froisser personne prenons-les dans l'ordre alphabétique.
- Anfosso (Iris en Provence), n'est pas le plus ancien, mais d'emblée il a présenté un site complet et parfaitement illustré. ( www.iris-en-provence.com);
- Bourdillon n'est pas en reste, plusieurs fois remanié, son site est maintenant complet, c'est à dire qu'il renseigne le visiteur sur tout ce que l'on peut rechercher, renseignements généraux, photographies, commerce en ligne. (www.bourdillon.com);
- Cayeux s'est mis le premier sur les rangs. Le site, tel qu’il se présente aujourd’hui, est un peu décevant, en particulier au plan des illustrations (images trop petites). (www.cayeux.fr);
- Lanthelme, ce producteur atypique, a fait un gros effort.. Son site est simple, mais complet et intéressant car il propose des variétés anciennes, introuvables ailleurs. (www.irislanthelme.com);
- Ransom (Iris au Trescols) a hésité avant de se lancer, mais le site qu'il a concocté est très joli, encore à améliorer et à compléter, mais tout à fait prometteur. (www.iris-au-trecols.com);
- L'absent est dont Ségui (Iris de Thau). Cette entreprise familiale, qui possède la plus belle collection d'iris classiques, possède déjà une adresse internet. Cela laisse à penser qu'à brève échéance nous aurons un nouveau site ;
- La SFIB (Société Française des Iris et plantes Bulbeuses) vient d'ouvrir son site institutionnel. Il faudra lui donner du corps, mais le début est encourageant. (www.sfib.org);
- Et puisque vous lisez ce texte, vous savez qu'il existe un weblog dédié exclusivement à l'iridophilie, je crois même qu'il est le seul au monde à aborder ce sujet sous cet angle.
Le tour est fait. On ne peut qu'être satisfait. Dans aucun autre pays européen on ne rencontre un tel choix. Les sites britanniques sont rares et succincts ; en Allemagne je n'en ai trouvé qu'un, celui de la maison Zeppelin, et il nous laisse sur notre faim car il ne comporte ni vente en ligne ni photographies, cependant la GDS (l'équivalent de la SNHF), et sa section Iris, proposent un site institutionnel très bien fait ; en Italie, la situation est meilleure, mais pour deux producteurs, il n'y en a qu'un qui ait fait l'effort de créer un site complet, même s'il est à améliorer, l'autre n'est qu'une adresse où commander un catalogue papier. En Europe de l'Est, il faut aller en République Tchèque pour trouver le site de Sdenek Seidl, un peu artisanal, mais très présentable, et celui de l'EIS (East European Iris Society), de la même eau.
UN JOLI LIVRE
De l’un de ses derniers voyages à Londres, mon fils aîné m’a rapporté un bien joli livre. Il se nomme « Iris, the classic bearded varieties », et a pour auteur Claire Austin, qui n’est autre que la fille du grand rosiériste David Austin.
Après un premier chapitre qui présente les iris en général et explique les choix de l’auteur, celle-ci, en deux longs autres chapitres, décrit un certain nombre de variétés, grands et petits iris, qu’elle a sélectionné en raison de leur esthétique. C’est aussi l’occasion d’en présenter des photos, remarquables, de l’artiste Clay Perry. Les textes sont agréables à lire, les photos, superbes. Il s’agit en général de gros plans, en léger contre-jour, assez proche du travail réalisé par un autre photographe, Josh Westrich, pour le chef d’œuvre qu’est « L’Iris », avec les passionnants commentaires de Ben Hager. Les variétés décrites sont aussi bien des iris modernes archi-célèbres, que des variétés anglaises moins connues de nous, ou des iris anciens comme en raffolent nos voisins. C’est en cela que ce livre est original.
Le dernier chapitre traite de la place des iris barbus au jardin. C’est très britannique, très intéressant. Cette fois le travail se rapproche de livre de Suzanne Weber « Iris ».
En me faisant ce cadeau, André-François Ruaud, beaucoup plus versé dans la SF et la Fantasy que dans la botanique, a fait un choix judicieux et agréable. Comme il n’est pas nécessaire, pour lire ce livre, d’être un habile pratiquant de la langue anglaise, je puis le recommander à tous les amateurs d’iris, même francophones.
Iris, the classic bearded varieties, par Claire Austin, photographies de Clay Perry, Quadrille Publishing Ltd, Alhambra House, 27-31 Charing Cross Road, LONDON WC2H 0LS – publié en 2001.
De l’un de ses derniers voyages à Londres, mon fils aîné m’a rapporté un bien joli livre. Il se nomme « Iris, the classic bearded varieties », et a pour auteur Claire Austin, qui n’est autre que la fille du grand rosiériste David Austin.
Après un premier chapitre qui présente les iris en général et explique les choix de l’auteur, celle-ci, en deux longs autres chapitres, décrit un certain nombre de variétés, grands et petits iris, qu’elle a sélectionné en raison de leur esthétique. C’est aussi l’occasion d’en présenter des photos, remarquables, de l’artiste Clay Perry. Les textes sont agréables à lire, les photos, superbes. Il s’agit en général de gros plans, en léger contre-jour, assez proche du travail réalisé par un autre photographe, Josh Westrich, pour le chef d’œuvre qu’est « L’Iris », avec les passionnants commentaires de Ben Hager. Les variétés décrites sont aussi bien des iris modernes archi-célèbres, que des variétés anglaises moins connues de nous, ou des iris anciens comme en raffolent nos voisins. C’est en cela que ce livre est original.
Le dernier chapitre traite de la place des iris barbus au jardin. C’est très britannique, très intéressant. Cette fois le travail se rapproche de livre de Suzanne Weber « Iris ».
En me faisant ce cadeau, André-François Ruaud, beaucoup plus versé dans la SF et la Fantasy que dans la botanique, a fait un choix judicieux et agréable. Comme il n’est pas nécessaire, pour lire ce livre, d’être un habile pratiquant de la langue anglaise, je puis le recommander à tous les amateurs d’iris, même francophones.
Iris, the classic bearded varieties, par Claire Austin, photographies de Clay Perry, Quadrille Publishing Ltd, Alhambra House, 27-31 Charing Cross Road, LONDON WC2H 0LS – publié en 2001.
8.11.02
TERRE DE FEU
La famille Cayeux est éclectique dans ses recherches et nous a donné des iris dans presque toutes les couleurs possibles. On connaît particulièrement ses bleus ( FALBALA, HORIZON BLEU, MER DU SUD, PRINCESSE CAROLINE DE MONACO…), ses récents tricolores (BAL MASQUÉ, MARBRE BLEU, PARISIEN, VIVE LA FRANCE…) et ses roses (BUISSON DE ROSES, LA VIE EN ROSE, PREMIER BAL, STARLETTE ROSE, SUCCÈS FOU…), mais il ne faut pas oublier ses efforts dans les teintes vives, et, notamment, ce TERRE DE FEU, apparu en 1997. TERRE DE FEU est un iris flamboyant, décrit officiellement comme : « Pétales rouge cuivre brillant, sépales cuivre rouge, grand cœur violet métallique, barbes bronze. » Il faut y ajouter des reflets dorés qui accroissent l’intensité du coloris. C’est une fleur par ailleurs traditionnelle, ample, légèrement ondulée, avec des sépales très larges aux épaules et des pétales bien coiffés qui dénotent l’origine purement Schreiner de la plante. En effet les parents de TERRE DE FEU sont deux célèbres iris Schreiner : SUPREME SULTAN (88) et GOLD GALORE (78). Le premier est un variegata aux grosses fleurs ocre et acajou, le second un jaune d’or intense.
Ce qui peut se révéler amusant est de savoir pourquoi (ou comment) on est parvenu à ce rouge cuivre lumineux à partir de variétés qui, apparemment, ne mènent pas directement à cette couleur. On restera quand même un peu sur notre faim car, à plusieurs endroits, la biographie de TERRE DE FEU comporte des parents inconnus ou des semis mal identifiés. SUPREME SULTAN est un dérivé d’un autre variegata très coloré qui se nomme PEKING SUMMER, lequel à une identité « maternelle » bien arrêtée, mais est aussi un enfant de père inconnu. Il arrive assez souvent que les iris Schreiner comportent cette ambiguïté. C’est paradoxalement un souci d’authenticité qui aboutit à cette situation, la maison Schreiner ne souhaite pas qu’une origine hasardeuse ou incertaine puisse passer pour formellement affirmée. Du côté maternel, donc, PEKING SUMMER descend d’iris roses ou mauves, et en particulier du fameux AMETHYST FLAME (Schreiner 58 – DM 63). C’est peut-être de ce côté là qu’il faut chercher la marque violacée des sépales de TERRE DE FEU. Pour ce qui est de la teinte cuivrée, peut-être doit- on se tourner vers GRACIE PFOST (R.Smith 61) et WILD GINGER (Gibson 62) qui figurent dans le pedigree de GALLANT MOMENT (Schreiner 80), le géniteur femelle, brun-rouge, de SUPREME SULTAN. Pour la chaleur du coloris, il y a sans doute à glaner du côté paternel de TERRE DE FEU. GOLD GALORE est issu de deux grands jaunes d’or, qui sont WEST COAST (Knopf 68) et WARM GOLD (Schreiner 72). WEST COAST provient de DENVER MINT(Knopf 62), un jaune très utilisé en hybridation et de CELESTIAL GLORY (Reckamp 61), un iris chamois, chez qui l’on retrouve le rose MARY RANDALL (Fay 50 – DM 54) et le jaune pâle TECHNY CHIMES (Reckamp 55), lui aussi maintes fois utilisé et, anecdotiquement, le premier jaune clair à barbes mandarine. Quant à WARM GOLD, également jaune et brillant, la seule chose dont on soit sûr est que son « père » s’appelle KINGDOM (Fay 63) et qu’il s’agit d’un iris jaune clair, avec une plage blanche sous les barbes, assez voisin de son propre père le TECHNY CHIMES déjà découvert parmi les ancêtres de WEST COAST. Du côté féminin, la seule indication du pedigree fournie par la maison Schreiner est un numéro de semis…
La parenté de TERRE DE FEU laissait espérer un jaune ou ocre vif et riche en pigments, ou un robuste variegata. La nature a décidé autrement et fait apparaître cette variété somptueuse, l’une des plus colorée de la production de la famille Cayeux. Le travail d’hybridation apporte bien des surprises. C’est tant mieux quand ces dernières sont aussi intéressantes que dans le cas qui nous occupe aujourd’hui. Mais chacun sait que pour un iris réussi il y a une quantité de rebuts. L’art de l’hybrideur, c’est aussi de savoir sélectionner ce que la nature a produit de plus joli.
La famille Cayeux est éclectique dans ses recherches et nous a donné des iris dans presque toutes les couleurs possibles. On connaît particulièrement ses bleus ( FALBALA, HORIZON BLEU, MER DU SUD, PRINCESSE CAROLINE DE MONACO…), ses récents tricolores (BAL MASQUÉ, MARBRE BLEU, PARISIEN, VIVE LA FRANCE…) et ses roses (BUISSON DE ROSES, LA VIE EN ROSE, PREMIER BAL, STARLETTE ROSE, SUCCÈS FOU…), mais il ne faut pas oublier ses efforts dans les teintes vives, et, notamment, ce TERRE DE FEU, apparu en 1997. TERRE DE FEU est un iris flamboyant, décrit officiellement comme : « Pétales rouge cuivre brillant, sépales cuivre rouge, grand cœur violet métallique, barbes bronze. » Il faut y ajouter des reflets dorés qui accroissent l’intensité du coloris. C’est une fleur par ailleurs traditionnelle, ample, légèrement ondulée, avec des sépales très larges aux épaules et des pétales bien coiffés qui dénotent l’origine purement Schreiner de la plante. En effet les parents de TERRE DE FEU sont deux célèbres iris Schreiner : SUPREME SULTAN (88) et GOLD GALORE (78). Le premier est un variegata aux grosses fleurs ocre et acajou, le second un jaune d’or intense.
Ce qui peut se révéler amusant est de savoir pourquoi (ou comment) on est parvenu à ce rouge cuivre lumineux à partir de variétés qui, apparemment, ne mènent pas directement à cette couleur. On restera quand même un peu sur notre faim car, à plusieurs endroits, la biographie de TERRE DE FEU comporte des parents inconnus ou des semis mal identifiés. SUPREME SULTAN est un dérivé d’un autre variegata très coloré qui se nomme PEKING SUMMER, lequel à une identité « maternelle » bien arrêtée, mais est aussi un enfant de père inconnu. Il arrive assez souvent que les iris Schreiner comportent cette ambiguïté. C’est paradoxalement un souci d’authenticité qui aboutit à cette situation, la maison Schreiner ne souhaite pas qu’une origine hasardeuse ou incertaine puisse passer pour formellement affirmée. Du côté maternel, donc, PEKING SUMMER descend d’iris roses ou mauves, et en particulier du fameux AMETHYST FLAME (Schreiner 58 – DM 63). C’est peut-être de ce côté là qu’il faut chercher la marque violacée des sépales de TERRE DE FEU. Pour ce qui est de la teinte cuivrée, peut-être doit- on se tourner vers GRACIE PFOST (R.Smith 61) et WILD GINGER (Gibson 62) qui figurent dans le pedigree de GALLANT MOMENT (Schreiner 80), le géniteur femelle, brun-rouge, de SUPREME SULTAN. Pour la chaleur du coloris, il y a sans doute à glaner du côté paternel de TERRE DE FEU. GOLD GALORE est issu de deux grands jaunes d’or, qui sont WEST COAST (Knopf 68) et WARM GOLD (Schreiner 72). WEST COAST provient de DENVER MINT(Knopf 62), un jaune très utilisé en hybridation et de CELESTIAL GLORY (Reckamp 61), un iris chamois, chez qui l’on retrouve le rose MARY RANDALL (Fay 50 – DM 54) et le jaune pâle TECHNY CHIMES (Reckamp 55), lui aussi maintes fois utilisé et, anecdotiquement, le premier jaune clair à barbes mandarine. Quant à WARM GOLD, également jaune et brillant, la seule chose dont on soit sûr est que son « père » s’appelle KINGDOM (Fay 63) et qu’il s’agit d’un iris jaune clair, avec une plage blanche sous les barbes, assez voisin de son propre père le TECHNY CHIMES déjà découvert parmi les ancêtres de WEST COAST. Du côté féminin, la seule indication du pedigree fournie par la maison Schreiner est un numéro de semis…
La parenté de TERRE DE FEU laissait espérer un jaune ou ocre vif et riche en pigments, ou un robuste variegata. La nature a décidé autrement et fait apparaître cette variété somptueuse, l’une des plus colorée de la production de la famille Cayeux. Le travail d’hybridation apporte bien des surprises. C’est tant mieux quand ces dernières sont aussi intéressantes que dans le cas qui nous occupe aujourd’hui. Mais chacun sait que pour un iris réussi il y a une quantité de rebuts. L’art de l’hybrideur, c’est aussi de savoir sélectionner ce que la nature a produit de plus joli.
2.11.02
C’EST LE CHIENDENT
Si l’on se fie aux propos échangés par les amateurs d’iris américains dans les « chatches » qu’ils tiennent sur le net, la culture de l’iris aux Etats Unis n’est pas une sinécure ! Il n’est question que de pourriture (rot), ravageurs (borers), dessèchement (scortch) et autres maladies plus ou moins incurables. On parle peu, cependant, des mauvaises herbes, si ce n’est pour gloser sur le plus efficace des désherbants.
Il ne me semble pas que les problèmes soient les mêmes chez nous. En tout cas pas dans mon jardin. Ce n’est pas que mes chers iris n’y soient pas en danger, mais les adversaires ne sont pas de même nature. Cette année, par exemple, je n’ai eu aucun cas de pourriture du rhizome, et aucune attaque de criocère. En revanche je dois lutter contre des envahisseurs que je trouve, malgré tout, plus sympathiques. Que ce soit le chiendent, un ennemi intraitable (au propre comme au figuré), ou d’autres plantes aux noms qui annoncent bien leur ruralité : je veux parler de la pimprenelle, de la marjolaine, de la verveine, du bec-de-grue ou de la carotte. Au gré des conditions micropédologiques, je rencontre telle ou telle espèce sur quelques mètres carrés, telle ou telle autre un peu plus loin. C’est le charme du désherbage manuel. Au ras du sol, j’arrache ces petites touffes odorantes, avec un réel regret, parfois, car je pense que chaque espèce devant avoir sa chance de vivre, j’ai peut-être tort de privilégier celle-ci plutôt que cette autre. Et quand j’enlève des petits pieds de fraisiers des bois, je me dis que je me prive du plaisir de savourer les fruits si parfumés qu’ils auraient pu m’apporter, mais j’ai choisi les iris, alors… Les longues racines blanches de la carotte sont quelquefois un peu dures à extirper, celles de la pimprenelle s’enfoncent aussi profondément dans la terre. Les retirer dérange les vers qui croient trouver leur salut hors du sol et apparaissent précipitamment de dessous les rhizomes. Ils disparaissent aussi rapidement dès qu’ils pensent être en sécurité. C’est fou ce que ses êtres frustres et apparemment faibles, lents et sans défenses, peuvent faire preuve de vélocité quand il s’agit de sauver leur peau ! Et mon ami le rouge-gorge ? Il se tient à deux mètres de moi, prêt à se précipiter sur les petits arthropodes que mon travail a dérangés.
Désherber à la main est sans doute fastidieux et pénible, mais lorsqu’il fait beau, que la terre n’est pas trop desséchée, on peut y trouver un certain plaisir, comme chaque fois que l’on se sent proche de la nature.
On est loin des attaques insidieuses de bactéries ou de champignons. Les Américains ont à lutter contre des ennemis autrement plus déplaisants, et ils ne voient pas les choses de la même façon. Ils ne parlent que produits chimiques ou désherbants sélectifs. Il ne semble pas que leur combat soit forcément victorieux. A les lire, on penserait plutôt que la culture des iris est là-bas une vraie galère !
Si l’on se fie aux propos échangés par les amateurs d’iris américains dans les « chatches » qu’ils tiennent sur le net, la culture de l’iris aux Etats Unis n’est pas une sinécure ! Il n’est question que de pourriture (rot), ravageurs (borers), dessèchement (scortch) et autres maladies plus ou moins incurables. On parle peu, cependant, des mauvaises herbes, si ce n’est pour gloser sur le plus efficace des désherbants.
Il ne me semble pas que les problèmes soient les mêmes chez nous. En tout cas pas dans mon jardin. Ce n’est pas que mes chers iris n’y soient pas en danger, mais les adversaires ne sont pas de même nature. Cette année, par exemple, je n’ai eu aucun cas de pourriture du rhizome, et aucune attaque de criocère. En revanche je dois lutter contre des envahisseurs que je trouve, malgré tout, plus sympathiques. Que ce soit le chiendent, un ennemi intraitable (au propre comme au figuré), ou d’autres plantes aux noms qui annoncent bien leur ruralité : je veux parler de la pimprenelle, de la marjolaine, de la verveine, du bec-de-grue ou de la carotte. Au gré des conditions micropédologiques, je rencontre telle ou telle espèce sur quelques mètres carrés, telle ou telle autre un peu plus loin. C’est le charme du désherbage manuel. Au ras du sol, j’arrache ces petites touffes odorantes, avec un réel regret, parfois, car je pense que chaque espèce devant avoir sa chance de vivre, j’ai peut-être tort de privilégier celle-ci plutôt que cette autre. Et quand j’enlève des petits pieds de fraisiers des bois, je me dis que je me prive du plaisir de savourer les fruits si parfumés qu’ils auraient pu m’apporter, mais j’ai choisi les iris, alors… Les longues racines blanches de la carotte sont quelquefois un peu dures à extirper, celles de la pimprenelle s’enfoncent aussi profondément dans la terre. Les retirer dérange les vers qui croient trouver leur salut hors du sol et apparaissent précipitamment de dessous les rhizomes. Ils disparaissent aussi rapidement dès qu’ils pensent être en sécurité. C’est fou ce que ses êtres frustres et apparemment faibles, lents et sans défenses, peuvent faire preuve de vélocité quand il s’agit de sauver leur peau ! Et mon ami le rouge-gorge ? Il se tient à deux mètres de moi, prêt à se précipiter sur les petits arthropodes que mon travail a dérangés.
Désherber à la main est sans doute fastidieux et pénible, mais lorsqu’il fait beau, que la terre n’est pas trop desséchée, on peut y trouver un certain plaisir, comme chaque fois que l’on se sent proche de la nature.
On est loin des attaques insidieuses de bactéries ou de champignons. Les Américains ont à lutter contre des ennemis autrement plus déplaisants, et ils ne voient pas les choses de la même façon. Ils ne parlent que produits chimiques ou désherbants sélectifs. Il ne semble pas que leur combat soit forcément victorieux. A les lire, on penserait plutôt que la culture des iris est là-bas une vraie galère !
TROIS FRANÇAIS
Parmi les descendants de BROADWAY, dont il a été question ici récemment, il y en a deux, français, récents, …et cousins germains. Il s’agit de RUÉE VERS L’OR (Ségui 92) et LOUIS D’OR (R. Cayeux 95). Le premier est de BROADWAY x CATALAN, le second est de DAZZLING GOLD x BROADWAY. Il n’y a pas à chercher bien loin pour trouver la raison de leur ressemblance. Ces deux iris jaunes griffés de brun sous les barbes, ont une sorte de sosie, français également, un peu plus âgé qu’eux : BASTILLE (P.Anfosso 89). Si l’on place ces trois cultivars côte à côte, on leur trouve un air de famille évident. Pour les deux plus jeunes, pas de problème, ils sont effectivement proches parents, mais le troisième ? Le pedigree de BASTILLE est bien différent : (CARMEN X x MARMALADE) x PUNKIN. Pas trace de BROADWAY, là-dedans, il faut chercher ailleurs
Du côté de CARMEN X (Anfosso 85), alors ? Par là on trouve FLAMING LIGHT (O.Brown 73), un orange qui a eu son heure de célébrité, et HAYRIDE (B. Jones 71), un autre orange, en deux tons inversés. A la génération précédente il y a RADIANT LIGHT (Fay 63), un des premiers oranges réussis, FLAMING STAR (Plough 67), orange marqué de rose, BRIGHT BUTTERFLY (Jones 63), auquel HAYRIDE ressemble beaucoup, et SPANISH GIFT (Shoop 65), encore un orange. Remontons encore d’un cran. Là apparaissent les noms de CHINESE CORAL (Fay 62), ORANGE PARADE (Hamblen 61) et MARILYN C. En remontant la lignée de MARMALADE, on découvre une nouvelle fois RADIANT LIGHT, puis TECHNY CHIMES, le tout premier jaune clair à barbes oranges, et WEST COAST (Knopf 68), toujours de l’orange, issu de CELESTIAL GLORY et DENVER MINT. L’autre branche des ascendants de CARMEN X s’établit à partir de PUNKIN (Hager 81), un orange très saturé, dont on s’aperçoit très vite qu’il est proche parent de MARMALADE, en particulier du côté paternel, avec TECHNY CHIMES et DENVER MINT dans les premières branches de l’arbre.
C’est bien tout cela, mais où est la parenté avec les deux cousins ?
RUÉE VERS L’OR est fils de CATALAN (Ségui 85), lui-même fils de LIMERICK (un rameau de la famille BROADWAY) et de ORANGE CHIFFON (E. Smith 69), dont la « mère » est MARILYN C. , et le « père » CELESTIAL GLORY !
LOUIS D’OR provient de DAZZLING GOLD (Anderson 81), qui a pour parents RADIANT APOGEE et WEST COAST, dont on vient de constater qu’il est le fils de CELESTIAL GLORY !
Ainsi donc nos trois Français, qui se ressemblent tellement ont bel et bien des liens de parenté ; par MARILYN C. tout d’abord et par ce fameux CELESTIAL GLORY (Reckamp 61). Cette variété fait partie de la première génération d’iris oranges, on peut même dire qu’elle en est la pierre angulaire, et elle est un enfant de TECHNY CHIMES (autre produit de Ch. Reckamp) que l’on a rencontré dans les pedigrees de MARMALADE et de PUNKIN. Cependant cette parenté, somme toute lointaine n’explique pas la présence de ces fines rayures brunes qui sont le trait commun de nos trois iris. Pour déterminer d’où vient cette caractéristique il doit falloir entreprendre des recherches sur l’hérédité qui sont hors de ma compétence et de mon propos. Il n’empêche qu’une nouvelle fois on se rend compte de ce que les souches communes ne sont jamais très loin dans les arbres généalogiques des iris modernes.
Parmi les descendants de BROADWAY, dont il a été question ici récemment, il y en a deux, français, récents, …et cousins germains. Il s’agit de RUÉE VERS L’OR (Ségui 92) et LOUIS D’OR (R. Cayeux 95). Le premier est de BROADWAY x CATALAN, le second est de DAZZLING GOLD x BROADWAY. Il n’y a pas à chercher bien loin pour trouver la raison de leur ressemblance. Ces deux iris jaunes griffés de brun sous les barbes, ont une sorte de sosie, français également, un peu plus âgé qu’eux : BASTILLE (P.Anfosso 89). Si l’on place ces trois cultivars côte à côte, on leur trouve un air de famille évident. Pour les deux plus jeunes, pas de problème, ils sont effectivement proches parents, mais le troisième ? Le pedigree de BASTILLE est bien différent : (CARMEN X x MARMALADE) x PUNKIN. Pas trace de BROADWAY, là-dedans, il faut chercher ailleurs
Du côté de CARMEN X (Anfosso 85), alors ? Par là on trouve FLAMING LIGHT (O.Brown 73), un orange qui a eu son heure de célébrité, et HAYRIDE (B. Jones 71), un autre orange, en deux tons inversés. A la génération précédente il y a RADIANT LIGHT (Fay 63), un des premiers oranges réussis, FLAMING STAR (Plough 67), orange marqué de rose, BRIGHT BUTTERFLY (Jones 63), auquel HAYRIDE ressemble beaucoup, et SPANISH GIFT (Shoop 65), encore un orange. Remontons encore d’un cran. Là apparaissent les noms de CHINESE CORAL (Fay 62), ORANGE PARADE (Hamblen 61) et MARILYN C. En remontant la lignée de MARMALADE, on découvre une nouvelle fois RADIANT LIGHT, puis TECHNY CHIMES, le tout premier jaune clair à barbes oranges, et WEST COAST (Knopf 68), toujours de l’orange, issu de CELESTIAL GLORY et DENVER MINT. L’autre branche des ascendants de CARMEN X s’établit à partir de PUNKIN (Hager 81), un orange très saturé, dont on s’aperçoit très vite qu’il est proche parent de MARMALADE, en particulier du côté paternel, avec TECHNY CHIMES et DENVER MINT dans les premières branches de l’arbre.
C’est bien tout cela, mais où est la parenté avec les deux cousins ?
RUÉE VERS L’OR est fils de CATALAN (Ségui 85), lui-même fils de LIMERICK (un rameau de la famille BROADWAY) et de ORANGE CHIFFON (E. Smith 69), dont la « mère » est MARILYN C. , et le « père » CELESTIAL GLORY !
LOUIS D’OR provient de DAZZLING GOLD (Anderson 81), qui a pour parents RADIANT APOGEE et WEST COAST, dont on vient de constater qu’il est le fils de CELESTIAL GLORY !
Ainsi donc nos trois Français, qui se ressemblent tellement ont bel et bien des liens de parenté ; par MARILYN C. tout d’abord et par ce fameux CELESTIAL GLORY (Reckamp 61). Cette variété fait partie de la première génération d’iris oranges, on peut même dire qu’elle en est la pierre angulaire, et elle est un enfant de TECHNY CHIMES (autre produit de Ch. Reckamp) que l’on a rencontré dans les pedigrees de MARMALADE et de PUNKIN. Cependant cette parenté, somme toute lointaine n’explique pas la présence de ces fines rayures brunes qui sont le trait commun de nos trois iris. Pour déterminer d’où vient cette caractéristique il doit falloir entreprendre des recherches sur l’hérédité qui sont hors de ma compétence et de mon propos. Il n’empêche qu’une nouvelle fois on se rend compte de ce que les souches communes ne sont jamais très loin dans les arbres généalogiques des iris modernes.
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