L’ENIGME DE LA SEMAINE
THEOLOGIE
Parmi ces variétés, une n’est pas semblable aux autres. Laquelle ?
· PIETY
· DEITY
· DIVINITY
· IMMORTALITY
· TRINITY
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
NATHALIE WOOD. Les quatre autres vedettes ont l’honneur d’avoir un iris portant leur nom.
26.6.03
LATIN …SOMETHING
Il en est des noms d’iris comme du reste : il y a des modes. Prenez par exemple les noms qui commencent par ‘LATIN’. La mode a été lancée par le célèbre LATIN LOVER enregistré par George Shoop en 1969. Auparavant, depuis 1950, une seule variété avait reçu un nom commençant par ’LATIN’, il s’agit d’un iris resté assez obscur : LATIN QUARTER (Janet Nelson 60), un brun avec un spot bleu sous les barbes oranges. LATIN LOVER a lancé une mode et pendant vingt ans donner un nom où se trouve le mot ‘LATIN’ a été très tendance. On a décliné le mot ‘LATIN’ avec plus ou moins de bonheur, mais pas dans n’importe quel sens.
La mode LATIN LOVER est celle des iris aux pétales dérivant du rose ou de l’orchidée, sur des sépales dans les tons de grenat ou de pourpre avec, petite coquetterie supplémentaire, un ourlet autour des sépales rappelant la couleur des pétales. Entre 69 et 88 il y en a eu huit !
LATIN LILT (Framke 69) présente certaines similitudes d’aspect avec son fameux contemporain, il a des pétales chamois et des sépales fuchsia. Désormais à l’exception de LATIN ARTS (Wight 83), une autre variété sans importance majeure, qui est de deux tons de lavande (proche de la couleur de sa « mère » BEAUX ARTS) mais qui est néanmoins issu de LATIN LOVER (d’où son nom, relevant du jeu de mots), tous les iris ‘LATIN quelque chose’ seront proches par les couleurs de leur illustre prédécesseur.
LATIN TEMPO (Blyth 73) inaugure la série. Il est rose sur magenta avec barbes mandarine et a donné naissance à tout plein de semis valeureux. Il n’a pas les mêmes origines que LATIN LOVER, lequel est issu d’un semis de WHOLE CLOTH (Cook 57) x WINE AND ROSES (Hall 63) ; l’un étant une célébrité à la base de très nombreux iris amoenas et bicolores, le second, bien connu également mais aux origines incertaines, affichant les deux couleurs qui ont fait le succès de son enfant. LATIN TEMPO provient d’un autre croisement où interviennent CLAUDIA RENE (Gaulter 63) et PIPES OF PAN (O. Brown 63). Le coloris lui-même n’est pas une nouveauté, des iris de ce modèle existent depuis longtemps, par exemple DIRECTEUR PINELLE (Vilmorin 32) ou DÉPUTÉ NOMBLOT (Cayeux 29). Mais – toujours la mode -, le succès de LATIN LOVER intéresse bien des obtenteurs.
George Shoop lui-même file la métaphore : en 1978 il enregistre LATIN LADY. , Cette dame descend de LATIN LOVER dont elle reprend la disposition des couleurs. Ses pétales sont blancs touchés de lavande, ses sépales sont pourpres liserés du blanc rosé des pétales. La barbe, mandarine vif, est la signature de G. Shoop.
Un certain LATIN AMIGO (Busch 81) fait ensuite son apparition. Toujours le même modèle, mais en plus foncé : pétales rose pourpré, sépales rouge vin et barbes bronze. Le liseré n’est pas au rendez-vous. Le succès non plus. LATIN LOVER se trouve dans le pedigree, de même que WINE AND ROSES, pour faire bonne mesure.
Mieux connu, me semble-t-il, est LATIN HIDEAWAY (H. Nichols 84). Les pétales sont chamois rosé, les sépales magenta foncé, avec un très mince liseré chamoisé et des barbes oranges. L’aspect est très voisin, les origines voisines de celles de LATIN TEMPO, car cet iris américain à des ascendances australiennes où l’on retrouve PIPES OF PAN.
En Australie, justement, Barry Blyth poursuit ses recherches dans les bicolores. Par un chemin très différent, il obtient un cultivar qui s’approche vigoureusement du fameux LATIN LOVER, et il le baptise LATIN LARK (88). Par rapport à son modèle, les différences se situent dans la clarté des couleurs et la forme, plus moderne, évidemment, de la fleur. Parmi ces ancêtres il y a BARCELONA (O. Brown 67) qui était déjà beige et pourpre, et qui figure également dans le patrimoine de LATIN HIDEAWAY dont on a parlé ci-dessus.
En 84 l’usine Schreiner avait produit LATIN ROCK, qui se situe dans la même gamme de coloris et doit son nom à cette circonstance. LATIN ROCK est rose doré, peut-être pêche, pour les pétales, prune pour les sépales avec un imperceptible cerne clair. Ses origines sont incertaines car toute son ascendance paternelle est déclarée inconnue. Apparemment rien du côté maternel ne le prédestinait à ressembler à LATIN LOVER…
Le dernier de la série semble être LATIN MELODY (Nichols 88) qui réunit une nouvelle fois les ingrédients des précédents : pétales ivoire pourpré, sépales pourpres liserés de rose orchidée, barbes oranges. Il n’y a pas de quoi s’en étonner : il descend directement de LATIN LOVER !
Depuis celui-là, plus de ‘LATIN Something’. La mode est sans doute passée ou le sujet un peu trop éculé. Le séducteur italien ne séduit plus. Il doit être devenu trop vieux. C’est la destinée, un peu amère, de tous les séducteurs !
Il en est des noms d’iris comme du reste : il y a des modes. Prenez par exemple les noms qui commencent par ‘LATIN’. La mode a été lancée par le célèbre LATIN LOVER enregistré par George Shoop en 1969. Auparavant, depuis 1950, une seule variété avait reçu un nom commençant par ’LATIN’, il s’agit d’un iris resté assez obscur : LATIN QUARTER (Janet Nelson 60), un brun avec un spot bleu sous les barbes oranges. LATIN LOVER a lancé une mode et pendant vingt ans donner un nom où se trouve le mot ‘LATIN’ a été très tendance. On a décliné le mot ‘LATIN’ avec plus ou moins de bonheur, mais pas dans n’importe quel sens.
La mode LATIN LOVER est celle des iris aux pétales dérivant du rose ou de l’orchidée, sur des sépales dans les tons de grenat ou de pourpre avec, petite coquetterie supplémentaire, un ourlet autour des sépales rappelant la couleur des pétales. Entre 69 et 88 il y en a eu huit !
LATIN LILT (Framke 69) présente certaines similitudes d’aspect avec son fameux contemporain, il a des pétales chamois et des sépales fuchsia. Désormais à l’exception de LATIN ARTS (Wight 83), une autre variété sans importance majeure, qui est de deux tons de lavande (proche de la couleur de sa « mère » BEAUX ARTS) mais qui est néanmoins issu de LATIN LOVER (d’où son nom, relevant du jeu de mots), tous les iris ‘LATIN quelque chose’ seront proches par les couleurs de leur illustre prédécesseur.
LATIN TEMPO (Blyth 73) inaugure la série. Il est rose sur magenta avec barbes mandarine et a donné naissance à tout plein de semis valeureux. Il n’a pas les mêmes origines que LATIN LOVER, lequel est issu d’un semis de WHOLE CLOTH (Cook 57) x WINE AND ROSES (Hall 63) ; l’un étant une célébrité à la base de très nombreux iris amoenas et bicolores, le second, bien connu également mais aux origines incertaines, affichant les deux couleurs qui ont fait le succès de son enfant. LATIN TEMPO provient d’un autre croisement où interviennent CLAUDIA RENE (Gaulter 63) et PIPES OF PAN (O. Brown 63). Le coloris lui-même n’est pas une nouveauté, des iris de ce modèle existent depuis longtemps, par exemple DIRECTEUR PINELLE (Vilmorin 32) ou DÉPUTÉ NOMBLOT (Cayeux 29). Mais – toujours la mode -, le succès de LATIN LOVER intéresse bien des obtenteurs.
George Shoop lui-même file la métaphore : en 1978 il enregistre LATIN LADY. , Cette dame descend de LATIN LOVER dont elle reprend la disposition des couleurs. Ses pétales sont blancs touchés de lavande, ses sépales sont pourpres liserés du blanc rosé des pétales. La barbe, mandarine vif, est la signature de G. Shoop.
Un certain LATIN AMIGO (Busch 81) fait ensuite son apparition. Toujours le même modèle, mais en plus foncé : pétales rose pourpré, sépales rouge vin et barbes bronze. Le liseré n’est pas au rendez-vous. Le succès non plus. LATIN LOVER se trouve dans le pedigree, de même que WINE AND ROSES, pour faire bonne mesure.
Mieux connu, me semble-t-il, est LATIN HIDEAWAY (H. Nichols 84). Les pétales sont chamois rosé, les sépales magenta foncé, avec un très mince liseré chamoisé et des barbes oranges. L’aspect est très voisin, les origines voisines de celles de LATIN TEMPO, car cet iris américain à des ascendances australiennes où l’on retrouve PIPES OF PAN.
En Australie, justement, Barry Blyth poursuit ses recherches dans les bicolores. Par un chemin très différent, il obtient un cultivar qui s’approche vigoureusement du fameux LATIN LOVER, et il le baptise LATIN LARK (88). Par rapport à son modèle, les différences se situent dans la clarté des couleurs et la forme, plus moderne, évidemment, de la fleur. Parmi ces ancêtres il y a BARCELONA (O. Brown 67) qui était déjà beige et pourpre, et qui figure également dans le patrimoine de LATIN HIDEAWAY dont on a parlé ci-dessus.
En 84 l’usine Schreiner avait produit LATIN ROCK, qui se situe dans la même gamme de coloris et doit son nom à cette circonstance. LATIN ROCK est rose doré, peut-être pêche, pour les pétales, prune pour les sépales avec un imperceptible cerne clair. Ses origines sont incertaines car toute son ascendance paternelle est déclarée inconnue. Apparemment rien du côté maternel ne le prédestinait à ressembler à LATIN LOVER…
Le dernier de la série semble être LATIN MELODY (Nichols 88) qui réunit une nouvelle fois les ingrédients des précédents : pétales ivoire pourpré, sépales pourpres liserés de rose orchidée, barbes oranges. Il n’y a pas de quoi s’en étonner : il descend directement de LATIN LOVER !
Depuis celui-là, plus de ‘LATIN Something’. La mode est sans doute passée ou le sujet un peu trop éculé. Le séducteur italien ne séduit plus. Il doit être devenu trop vieux. C’est la destinée, un peu amère, de tous les séducteurs !
20.6.03
L’ENIGME DE LA SEMAINE
LES STARS
Parmi ces stars, il y en a une qui n’est pas la marraine d’iris, laquelle ?
· DEBBIE REYNOLDS
· JOAN CRAWFORD
· MARIE JOSÉ NAT
· NATHALIE WOOD
· RHONDA FLEMING
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
HAPPY BRIDE (Neva Sexton 73). Les quatre autres désignent une mariée appartenant à un groupe ou une nation.
LES STARS
Parmi ces stars, il y en a une qui n’est pas la marraine d’iris, laquelle ?
· DEBBIE REYNOLDS
· JOAN CRAWFORD
· MARIE JOSÉ NAT
· NATHALIE WOOD
· RHONDA FLEMING
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
HAPPY BRIDE (Neva Sexton 73). Les quatre autres désignent une mariée appartenant à un groupe ou une nation.
BELLE DE NUIT
Savez-vous combien de fois on retrouve WHOLE CLOTH (Cook 57) dans l’arbre généalogique de BELLE DE NUIT (R.Cayeux 99) ? Au moins huit fois ! C’est dire si cette variété, qui fait partie des variétés de base de l’iridophilie moderne, a été abondamment utilisée pour obtenir des iris amoenas et bicolores. Mais si l’on compare les images de WHOLE CLOTH et de BELLE DE NUIT, on constate le chemin parcouru en quarante ans d’hybridation. WHOLE CLOTH a des pétales blanc laiteux et des sépales mauves, la barbe est blanche pointée orange ; l’ensemble est un peu terne et la fleur, parfaitement proportionnée, ne présente que de très discrètes ondulations, bien dans le style des années 50/60. BELLE DE NUIT propose des pétales bleu de lin, clairs, et des sépales violet pensée, cernés du bleu des pétales, avec des barbes vermillon. Couleurs contrastées, fleurs spectaculaires, touffes plantureuses. On comprend pourquoi cette variété a emporté les suffrages des juges (techniciens et simples amateurs) du concours Iriades 2003, qui lui ont attribué la médaille d’or.
Pour aller de WHOLE CLOTH à BELLE DE NUIT il a fallu cinq à six générations d’iris et un tour complet du monde. Les origines de sa généalogie se situent évidemment aux Etats-Unis, à la fin des années 50. C’est là-bas que sont nés tous ses premiers ancêtres. Mais son côté maternel s’est développé en Australie, tandis que ses antécédents paternels sont français sur plusieurs générations. Les parents de BELLE DE NUIT sont, côté femelle, IN TOWN (Blyth 85) un bitone violet à barbes minium, et côté mâle, REBECCA PERRET (J. Cayeux 93), le plus clair des célèbres iris tricolores de la maison Cayeux. Les antécédents d’IN TOWN sont tous des obtentions de Barry Blyth. A la première génération il y a TOMORROW’S CHILD (81) x MAGIC MAN (79) , deux variétés somme toute très voisines en coloris. Toutes deux sont des bitones indigo avec un cerne plus clair sur les sépales et des barbes vermillon, les couleurs de BELLE DE NUIT, mais en plus sombre. Dans les racines de TOMORROW’S CHILD, s’il y a des amoenas bleus (CHILD OF FORTUNE –79 ; OUTER LIMITS – 72), on trouve aussi des amoenas orchidée (LISA ANN – 77 ) et pêche (SNOW PEACH – Shoop 71) et, plusieurs fois, des bicolores orchidée (LATIN TEMPO – 73) ; (FANFARE ORCHID – B. Jones 65), par lesquels on remonte jusqu’au fameux WHOLE CLOTH qui apparaît à cinq reprises, en compagnie d’autres incontournables comme CLAUDIA RENE (Gaulter 63), LILAC CHAMPAGNE (Hamblen 65), PALOMINO (Hall 51) ou ARCTIC FLAME (Fay 60).
L’autre moitié du tableau se situe longuement dans la sphère des productions de Jean Cayeux, avec CONDOTTIERE (78), son descendant ALIZÉS (91), et son parent FALBALA (78). Mais ni l’Amérique, ni l’Australie ne sont bien loin. Il y a le tricolore DELPHI (Shoop 79) aux origines obscures, mais où se place néanmoins l’inévitable WHOLE CLOTH, le rose PINK TAFFETA (Rudolph 65) derrière lequel il y a …ARCTIC FLAME et FLEETA (Fay 56), le bleu TRITON (Julander 62) qui remonte à WHOLE CLOTH, et une touche d’Australiens : LUNAR RAINBOW (76), variegata pêche / campanule, issu du croisement de LATIN TEMPO (voir plus haut) et de CEBANYON (Blyth 74) qui descend de LILAC CHAMPAGNE et, par conséquent de WHOLE CLOTH !
Avec BELLE DE NUIT, la boucle est bouclée. Sont touchés les trois pôles de l’iridophilie que sont les USA, d’où viennent tous les iris de base, l’Australie, avec le travail considérable de Barry Blyth, notamment sur les bicolores, et la France où brillent les noms de Jean Cayeux et de son fils Richard. BELLE DE NUIT est un évident produit d’une mondialisation qui n’est plus une idée de technocrates, même parmi les iris.
Savez-vous combien de fois on retrouve WHOLE CLOTH (Cook 57) dans l’arbre généalogique de BELLE DE NUIT (R.Cayeux 99) ? Au moins huit fois ! C’est dire si cette variété, qui fait partie des variétés de base de l’iridophilie moderne, a été abondamment utilisée pour obtenir des iris amoenas et bicolores. Mais si l’on compare les images de WHOLE CLOTH et de BELLE DE NUIT, on constate le chemin parcouru en quarante ans d’hybridation. WHOLE CLOTH a des pétales blanc laiteux et des sépales mauves, la barbe est blanche pointée orange ; l’ensemble est un peu terne et la fleur, parfaitement proportionnée, ne présente que de très discrètes ondulations, bien dans le style des années 50/60. BELLE DE NUIT propose des pétales bleu de lin, clairs, et des sépales violet pensée, cernés du bleu des pétales, avec des barbes vermillon. Couleurs contrastées, fleurs spectaculaires, touffes plantureuses. On comprend pourquoi cette variété a emporté les suffrages des juges (techniciens et simples amateurs) du concours Iriades 2003, qui lui ont attribué la médaille d’or.
Pour aller de WHOLE CLOTH à BELLE DE NUIT il a fallu cinq à six générations d’iris et un tour complet du monde. Les origines de sa généalogie se situent évidemment aux Etats-Unis, à la fin des années 50. C’est là-bas que sont nés tous ses premiers ancêtres. Mais son côté maternel s’est développé en Australie, tandis que ses antécédents paternels sont français sur plusieurs générations. Les parents de BELLE DE NUIT sont, côté femelle, IN TOWN (Blyth 85) un bitone violet à barbes minium, et côté mâle, REBECCA PERRET (J. Cayeux 93), le plus clair des célèbres iris tricolores de la maison Cayeux. Les antécédents d’IN TOWN sont tous des obtentions de Barry Blyth. A la première génération il y a TOMORROW’S CHILD (81) x MAGIC MAN (79) , deux variétés somme toute très voisines en coloris. Toutes deux sont des bitones indigo avec un cerne plus clair sur les sépales et des barbes vermillon, les couleurs de BELLE DE NUIT, mais en plus sombre. Dans les racines de TOMORROW’S CHILD, s’il y a des amoenas bleus (CHILD OF FORTUNE –79 ; OUTER LIMITS – 72), on trouve aussi des amoenas orchidée (LISA ANN – 77 ) et pêche (SNOW PEACH – Shoop 71) et, plusieurs fois, des bicolores orchidée (LATIN TEMPO – 73) ; (FANFARE ORCHID – B. Jones 65), par lesquels on remonte jusqu’au fameux WHOLE CLOTH qui apparaît à cinq reprises, en compagnie d’autres incontournables comme CLAUDIA RENE (Gaulter 63), LILAC CHAMPAGNE (Hamblen 65), PALOMINO (Hall 51) ou ARCTIC FLAME (Fay 60).
L’autre moitié du tableau se situe longuement dans la sphère des productions de Jean Cayeux, avec CONDOTTIERE (78), son descendant ALIZÉS (91), et son parent FALBALA (78). Mais ni l’Amérique, ni l’Australie ne sont bien loin. Il y a le tricolore DELPHI (Shoop 79) aux origines obscures, mais où se place néanmoins l’inévitable WHOLE CLOTH, le rose PINK TAFFETA (Rudolph 65) derrière lequel il y a …ARCTIC FLAME et FLEETA (Fay 56), le bleu TRITON (Julander 62) qui remonte à WHOLE CLOTH, et une touche d’Australiens : LUNAR RAINBOW (76), variegata pêche / campanule, issu du croisement de LATIN TEMPO (voir plus haut) et de CEBANYON (Blyth 74) qui descend de LILAC CHAMPAGNE et, par conséquent de WHOLE CLOTH !
Avec BELLE DE NUIT, la boucle est bouclée. Sont touchés les trois pôles de l’iridophilie que sont les USA, d’où viennent tous les iris de base, l’Australie, avec le travail considérable de Barry Blyth, notamment sur les bicolores, et la France où brillent les noms de Jean Cayeux et de son fils Richard. BELLE DE NUIT est un évident produit d’une mondialisation qui n’est plus une idée de technocrates, même parmi les iris.
14.6.03
LA GRANDE FAMILLE DES PLICATAS
Les iris plicatas constituent une catégorie tout à fait remarquable. Il y a en effet peu de fleurs (hormis les roses, peut-être) qui présentent ces dessins caractéristiques, ces pointillés de couleur sombre sur fond clair. Mais ce qu’il y a de plus intéressant encore, c’est que ces pointillés peuvent se présenter avec un nombre pratiquement infini de variations.
Commençons par la couleur de fond : Celle-ci peut être le blanc, ou bien un lit de pigments qui peuvent varier du crème au jaune, au rose à l’orange. Cette couleur de fond peut être appliquée uniformément, mais cela n’est pas toujours le cas, par exemple la plupart des plicatas roses auront des épaules teintées de saumon en raison de la présence de plusieurs pigments. Le fond est ensuite plus ou moins recouvert par le motif plicata. Celui-ci est constitué par un pigment violacé (lavande, bleu, violet, pourpre ou rose orchidée) qui ne se mélange pas avec le pigment du fond.
La variété la plus emblématique du modèle plicata est sans conteste STEPPING OUT (Schreiner 64). On peut le décrire comme ayant des pétales colorés, dont les côtes et le cœur s’éclaircissent et tendent vers le blanc, et des sépales blancs, plus ou moins piquetés de la couleur des pétales, avec une densité croissante des points de couleur en allant vers le bord, jusqu’à un liseré, plus ou moins large, entièrement coloré. Les variétés de ce modèle sont franchement innombrables aujourd’hui. A l’origine le dessin plicata ne se faisait guère qu’en violet, mais aujourd’hui on rencontre des plicatas « classiques» dans tous les tons, du rose (PINK CONFETTI — Gibson 76), au pourpre (CRINOLINE — Schreiner 65), au magenta (INDISCREET — Ghio 88) et au brun (DESERT RENEGADE — Ernst 92).
Le fond blanc peut aussi, comme on l’a dit plus haut, être remplacé par le rose ou le jaune. C’est le cas par exemple chez GIGOLO (Keppel 84).
La densité des « pixels» sur les sépales peut être telle que ceux-ci semblent presque de la couleur des pétales, sauf sous les barbes où l’on distingue le plumetis. On peut en prendre pour exemple la variété CHIEF HEMATITE (Gibson 83). Le fond est presque totalement recouvert par les pigments qui constituent la coloration brun-rouge de cet iris.
Une autre variante aboutit à ce que les pétales et les sépales soient équitablement colorés. La variété CYCLES (Mc Whirter 85) se présente ainsi : le fond blanc apparaît sur les côtes des pétales et sous les barbes, où il est aussi veiné de bleu.
Il arrive aussi que le dessin plicata se montre plus discret : les pétales sont en majorité blancs (ou clairs), de même que les sépales. La coloration se réfugie tout au bord et forme un liseré plus ou moins large et dense. Prenez STITCH IN TIME (Schreiner 78) ou RARE TREAT (Schreiner 87) dans les tons de violet, et vous verrez.
La situation extrême consiste à ne laisser la couleur foncée et le dessin apparents que sur une toute petite partie de la fleur, comme dans LIGHTLY SEASONED (Zurbrigg 79) où le pourpre du plicata ne fait son apparition que, très délicatement, sous les barbes. C’est un plicata minimaliste : en effet s’il apparaît quelque part, le dessin plicata commence toujours par les parties hautes des sépales, autour des barbes et sur les épaules. De la même façon, il faut être très attentif pour s’apercevoir que LACED COTTON (Schreiner 80) est aussi un plicata, tant la trace de couleur est faible, mais il est vrai qu’on trouve d’infimes et rares points rose orchidée sur les épaules. Dans un article qu’il a publié récemment, Keith Keppel nous confirme que c’est bien un plicata car, dit-il, en croisant LACED COTTON avec un plicata, on obtiendra des plicatas (le modèle plicata étant récessif, il faut que les deux parents soient plicatas pour qu’il réapparaisse).
Les choses se compliquent quand la couleur additionnelle des pétales n’est pas la même que celle des sépales. Ainsi les pétales peuvent paraître uniformément mauves, et les sépales, blancs, être marqués de dessins violets. C’est le cas chez SPINNING WHEEL (Nearpass 74) et ACOMA (Magee 90) pour les bleus ou de CUPID’S ARROW (Ghio 90) pour les roses.. Cela constitue le modèle que l’on peut qualifier de néglecta/plicata, et qui comporte encore une variante, quand la couleur foncée envahit presque complètement les sépales. Cas de THEATRE (Keppel 81).
Les pétales peuvent être totalement dépourvus de pigments violacés. La fleur ressemble à celle d’un amoena dont les sépales ne seraient pas uniformément colorés. SNOWBROOK (Keppel 87) en est la parfaite illustration. Le nom de Keppel apparaît souvent quand on parle d’iris plicata. C’est en effet de nos jours le plus éminent spécialiste du genre. Il se baptise lui-même M. Plicata ! Il a exploré toutes les facettes du genre car c’est un homme méthodique et rigoureux. Ses plicatas sont très nombreux et, pour n’en citer que quelques-uns, bien connus des amateurs français, on parlera de FOCUS (76) GENTLE RAIN (77), PATINA (78), ou, plus récents, ROSARITA (89) et SNEEZY (96).
Avec un iris comme QUEEN IN CALICO (Gibson 80), on ne sait plus très bien qui domine, du fond clair ou de la « peinture » plicata. Pétales et sépales sont colorés, mais des stries claires apparaissent, plus ou moins nettes. Même présentation pour RUSTIC DANCE (Gibson 80). Jim Gibson fut, avant Keith Keppel, le maître des plicatas. Chez lui c’est ce modèle qui domine, les iris différents semblant n’être que des avatars survenus au hasard de ses recherches. Citons WILD APACHE (65), plicata prune, GOING MY WAY (72) plicata violet, CASINO QUEEN (71), plicata rose…
Passons pour finir aux variegata/plicatas, autrement dit les iris qui ont des pétales dans les tons de jaune, et des sépales au fond blanc, généralement vigoureusement marqué de brun ou de pourpre. Les meilleurs exemples en sont BROADWAY (Keppel 81) et KILT TILT (Gibson 70), mais les apparences sont multiples et variées, depuis le très discret GYPSY WOMAN (Schreiner 84), jusqu’aux riches THUNDER ECHO (Gibson 87), 0H BABE (Anderson 84) ou POINT MADE (Innerst 88). C’est un modèle, en effet, qui intéresse beaucoup d’hybrideurs car, dans une collection, il attire nécessairement l’œil, même si ce n’est pas le modèle le plus recherché par les acheteurs.
Sans doute de nouveaux modèles de plicatas apparaîtront-ils dans le futur, mais dès à présent cette grande famille a de quoi enthousiasmer tous les amateurs d’iris, tant par sa diversité que par la richesse et l’originalité des coloris rencontrés.
Sources : Exposé de Keith Keppel aux abonnés du forum de discussion « Iris Talk » (Fev. 2003)
Les iris plicatas constituent une catégorie tout à fait remarquable. Il y a en effet peu de fleurs (hormis les roses, peut-être) qui présentent ces dessins caractéristiques, ces pointillés de couleur sombre sur fond clair. Mais ce qu’il y a de plus intéressant encore, c’est que ces pointillés peuvent se présenter avec un nombre pratiquement infini de variations.
Commençons par la couleur de fond : Celle-ci peut être le blanc, ou bien un lit de pigments qui peuvent varier du crème au jaune, au rose à l’orange. Cette couleur de fond peut être appliquée uniformément, mais cela n’est pas toujours le cas, par exemple la plupart des plicatas roses auront des épaules teintées de saumon en raison de la présence de plusieurs pigments. Le fond est ensuite plus ou moins recouvert par le motif plicata. Celui-ci est constitué par un pigment violacé (lavande, bleu, violet, pourpre ou rose orchidée) qui ne se mélange pas avec le pigment du fond.
La variété la plus emblématique du modèle plicata est sans conteste STEPPING OUT (Schreiner 64). On peut le décrire comme ayant des pétales colorés, dont les côtes et le cœur s’éclaircissent et tendent vers le blanc, et des sépales blancs, plus ou moins piquetés de la couleur des pétales, avec une densité croissante des points de couleur en allant vers le bord, jusqu’à un liseré, plus ou moins large, entièrement coloré. Les variétés de ce modèle sont franchement innombrables aujourd’hui. A l’origine le dessin plicata ne se faisait guère qu’en violet, mais aujourd’hui on rencontre des plicatas « classiques» dans tous les tons, du rose (PINK CONFETTI — Gibson 76), au pourpre (CRINOLINE — Schreiner 65), au magenta (INDISCREET — Ghio 88) et au brun (DESERT RENEGADE — Ernst 92).
Le fond blanc peut aussi, comme on l’a dit plus haut, être remplacé par le rose ou le jaune. C’est le cas par exemple chez GIGOLO (Keppel 84).
La densité des « pixels» sur les sépales peut être telle que ceux-ci semblent presque de la couleur des pétales, sauf sous les barbes où l’on distingue le plumetis. On peut en prendre pour exemple la variété CHIEF HEMATITE (Gibson 83). Le fond est presque totalement recouvert par les pigments qui constituent la coloration brun-rouge de cet iris.
Une autre variante aboutit à ce que les pétales et les sépales soient équitablement colorés. La variété CYCLES (Mc Whirter 85) se présente ainsi : le fond blanc apparaît sur les côtes des pétales et sous les barbes, où il est aussi veiné de bleu.
Il arrive aussi que le dessin plicata se montre plus discret : les pétales sont en majorité blancs (ou clairs), de même que les sépales. La coloration se réfugie tout au bord et forme un liseré plus ou moins large et dense. Prenez STITCH IN TIME (Schreiner 78) ou RARE TREAT (Schreiner 87) dans les tons de violet, et vous verrez.
La situation extrême consiste à ne laisser la couleur foncée et le dessin apparents que sur une toute petite partie de la fleur, comme dans LIGHTLY SEASONED (Zurbrigg 79) où le pourpre du plicata ne fait son apparition que, très délicatement, sous les barbes. C’est un plicata minimaliste : en effet s’il apparaît quelque part, le dessin plicata commence toujours par les parties hautes des sépales, autour des barbes et sur les épaules. De la même façon, il faut être très attentif pour s’apercevoir que LACED COTTON (Schreiner 80) est aussi un plicata, tant la trace de couleur est faible, mais il est vrai qu’on trouve d’infimes et rares points rose orchidée sur les épaules. Dans un article qu’il a publié récemment, Keith Keppel nous confirme que c’est bien un plicata car, dit-il, en croisant LACED COTTON avec un plicata, on obtiendra des plicatas (le modèle plicata étant récessif, il faut que les deux parents soient plicatas pour qu’il réapparaisse).
Les choses se compliquent quand la couleur additionnelle des pétales n’est pas la même que celle des sépales. Ainsi les pétales peuvent paraître uniformément mauves, et les sépales, blancs, être marqués de dessins violets. C’est le cas chez SPINNING WHEEL (Nearpass 74) et ACOMA (Magee 90) pour les bleus ou de CUPID’S ARROW (Ghio 90) pour les roses.. Cela constitue le modèle que l’on peut qualifier de néglecta/plicata, et qui comporte encore une variante, quand la couleur foncée envahit presque complètement les sépales. Cas de THEATRE (Keppel 81).
Les pétales peuvent être totalement dépourvus de pigments violacés. La fleur ressemble à celle d’un amoena dont les sépales ne seraient pas uniformément colorés. SNOWBROOK (Keppel 87) en est la parfaite illustration. Le nom de Keppel apparaît souvent quand on parle d’iris plicata. C’est en effet de nos jours le plus éminent spécialiste du genre. Il se baptise lui-même M. Plicata ! Il a exploré toutes les facettes du genre car c’est un homme méthodique et rigoureux. Ses plicatas sont très nombreux et, pour n’en citer que quelques-uns, bien connus des amateurs français, on parlera de FOCUS (76) GENTLE RAIN (77), PATINA (78), ou, plus récents, ROSARITA (89) et SNEEZY (96).
Avec un iris comme QUEEN IN CALICO (Gibson 80), on ne sait plus très bien qui domine, du fond clair ou de la « peinture » plicata. Pétales et sépales sont colorés, mais des stries claires apparaissent, plus ou moins nettes. Même présentation pour RUSTIC DANCE (Gibson 80). Jim Gibson fut, avant Keith Keppel, le maître des plicatas. Chez lui c’est ce modèle qui domine, les iris différents semblant n’être que des avatars survenus au hasard de ses recherches. Citons WILD APACHE (65), plicata prune, GOING MY WAY (72) plicata violet, CASINO QUEEN (71), plicata rose…
Passons pour finir aux variegata/plicatas, autrement dit les iris qui ont des pétales dans les tons de jaune, et des sépales au fond blanc, généralement vigoureusement marqué de brun ou de pourpre. Les meilleurs exemples en sont BROADWAY (Keppel 81) et KILT TILT (Gibson 70), mais les apparences sont multiples et variées, depuis le très discret GYPSY WOMAN (Schreiner 84), jusqu’aux riches THUNDER ECHO (Gibson 87), 0H BABE (Anderson 84) ou POINT MADE (Innerst 88). C’est un modèle, en effet, qui intéresse beaucoup d’hybrideurs car, dans une collection, il attire nécessairement l’œil, même si ce n’est pas le modèle le plus recherché par les acheteurs.
Sans doute de nouveaux modèles de plicatas apparaîtront-ils dans le futur, mais dès à présent cette grande famille a de quoi enthousiasmer tous les amateurs d’iris, tant par sa diversité que par la richesse et l’originalité des coloris rencontrés.
Sources : Exposé de Keith Keppel aux abonnés du forum de discussion « Iris Talk » (Fev. 2003)
12.6.03
JUGER UN IRIS
Un ami des fleurs qui se promène dans un jardin est attiré en priorité par la fleur elle-même devant laquelle il passe. Il s’enthousiasmera pour celle qui lui paraîtra la plus belle, celle qui flattera le plus son regard et vers qui penchera son cœur. Les iris ne font pas exception à cette règle, bien au contraire, car leurs fleurs sont en général volumineuses, richement colorées et mises en valeur par une haute tige.
Cependant la fleur n’est pas le seul élément qui compte dans une plante d’ornement. Encore faut-il que la plante elle-même soit robuste, bien saine, qu’elle porte un grand nombre de fleurs et qu’elle permette à chacune de celles-ci de donner toute sa splendeur et de durer le plus longtemps possible avant l’inexorable flétrissure. Voilà pourquoi l’avis de l’amateur d’iris et celui de l’iridophile averti divergent bien souvent.
Pour juger un iris, en particulier dans les compétitions comme à Florence, les juges vont examiner trois catégories de critères :
· la présentation générale de l’iris,
· la plante elle-même,
· la fleur.
· Depuis quelques années un critère supplémentaire a été retenu, le parfum.
Chacune de ces catégories comporte trois critères à apprécier. Pour la présentation générale, il s’agit de l’originalité de l’obtention (qui influe sur l’attrait de la variété), de la puissance de multiplication (qui donne une idée de la vigueur de la plante et joue sur son côté commercial) et de la qualité du feuillage (gage de bonne santé et de belle présentation). Pour la plante elle-même, les critères à examiner sont le branchement (nombre de branches d’une tige florale, manière dont chacune de ces branches se positionne par rapport à la tige), le nombre de boutons floraux (qui implique la richesse ou la pauvreté de la floraison) et l’échelonnement de la floraison (il ne faut pas que tous les boutons s’ouvrent en même temps, de façon que l’iris reste longtemps en fleurs). Pour ce qui est de la fleur, enfin, les juges s’interrogent sur l’harmonie des couleurs, la forme et les dimensions des corolles, sur la substance, c’est à dire l’épaisseur et la solidité des pétales et sépales, gages de bonne tenue et de résistance aux intempéries, et pour terminer sur le parfum, qui a pris une certaine importance depuis quelques années car c’est un attrait de l’iris qu’il serait dommage de négliger..
Ces critères n’ont cependant pas la même importance, aussi un coefficient multiplicateur est-il attribué à chacun. L’ensemble de ces coefficients donne un total de cent points. Les meilleurs iris seront ceux qui s’approcheront le plus de ce chiffre.
Les hybrideurs, au moment de la sélection de leurs cultivars doivent appliquer les mêmes critères. Ils n’auront pas forcément le même avis que des juges indépendants, mais au moins leur choix sera dicté par des éléments décisifs et leur décision plus réfléchie. En ce domaine les professionnels se montrent souvent plus rigoureux que les amateurs : ils n’agissent pas dans les mêmes conditions et ils réagissent de façon moins affective. On reconnaît un grand de l’hybridation autant dans son génie des croisements que dans la rigueur de sa sélection.
Un ami des fleurs qui se promène dans un jardin est attiré en priorité par la fleur elle-même devant laquelle il passe. Il s’enthousiasmera pour celle qui lui paraîtra la plus belle, celle qui flattera le plus son regard et vers qui penchera son cœur. Les iris ne font pas exception à cette règle, bien au contraire, car leurs fleurs sont en général volumineuses, richement colorées et mises en valeur par une haute tige.
Cependant la fleur n’est pas le seul élément qui compte dans une plante d’ornement. Encore faut-il que la plante elle-même soit robuste, bien saine, qu’elle porte un grand nombre de fleurs et qu’elle permette à chacune de celles-ci de donner toute sa splendeur et de durer le plus longtemps possible avant l’inexorable flétrissure. Voilà pourquoi l’avis de l’amateur d’iris et celui de l’iridophile averti divergent bien souvent.
Pour juger un iris, en particulier dans les compétitions comme à Florence, les juges vont examiner trois catégories de critères :
· la présentation générale de l’iris,
· la plante elle-même,
· la fleur.
· Depuis quelques années un critère supplémentaire a été retenu, le parfum.
Chacune de ces catégories comporte trois critères à apprécier. Pour la présentation générale, il s’agit de l’originalité de l’obtention (qui influe sur l’attrait de la variété), de la puissance de multiplication (qui donne une idée de la vigueur de la plante et joue sur son côté commercial) et de la qualité du feuillage (gage de bonne santé et de belle présentation). Pour la plante elle-même, les critères à examiner sont le branchement (nombre de branches d’une tige florale, manière dont chacune de ces branches se positionne par rapport à la tige), le nombre de boutons floraux (qui implique la richesse ou la pauvreté de la floraison) et l’échelonnement de la floraison (il ne faut pas que tous les boutons s’ouvrent en même temps, de façon que l’iris reste longtemps en fleurs). Pour ce qui est de la fleur, enfin, les juges s’interrogent sur l’harmonie des couleurs, la forme et les dimensions des corolles, sur la substance, c’est à dire l’épaisseur et la solidité des pétales et sépales, gages de bonne tenue et de résistance aux intempéries, et pour terminer sur le parfum, qui a pris une certaine importance depuis quelques années car c’est un attrait de l’iris qu’il serait dommage de négliger..
Ces critères n’ont cependant pas la même importance, aussi un coefficient multiplicateur est-il attribué à chacun. L’ensemble de ces coefficients donne un total de cent points. Les meilleurs iris seront ceux qui s’approcheront le plus de ce chiffre.
Les hybrideurs, au moment de la sélection de leurs cultivars doivent appliquer les mêmes critères. Ils n’auront pas forcément le même avis que des juges indépendants, mais au moins leur choix sera dicté par des éléments décisifs et leur décision plus réfléchie. En ce domaine les professionnels se montrent souvent plus rigoureux que les amateurs : ils n’agissent pas dans les mêmes conditions et ils réagissent de façon moins affective. On reconnaît un grand de l’hybridation autant dans son génie des croisements que dans la rigueur de sa sélection.
Après quelques jours d'absence, me revoilà !
L’ENIGME DE LA SEMAINE
VIVE LA MARIÉE !
Quelle est, de ces cinq variétés, celle qui n’est pas sur la même longueur d’onde ?
· AMAZON BRIDE
· COUNTRY BRIDE
· FIRE BRIDE
· GYPSY BRIDE
· HAPPY BRIDE
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
ALLAGLOW (Tompkins 58) et INDIGLOW (Shortman 57)
L’un et l’autre ont obtenu le Florin d’Or au concours de Florence.
Le premier en 1960, le second en 1962.
L’ENIGME DE LA SEMAINE
VIVE LA MARIÉE !
Quelle est, de ces cinq variétés, celle qui n’est pas sur la même longueur d’onde ?
· AMAZON BRIDE
· COUNTRY BRIDE
· FIRE BRIDE
· GYPSY BRIDE
· HAPPY BRIDE
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
ALLAGLOW (Tompkins 58) et INDIGLOW (Shortman 57)
L’un et l’autre ont obtenu le Florin d’Or au concours de Florence.
Le premier en 1960, le second en 1962.
1.6.03
AUX JARDINS DE BROCELIANDE
La manifestation baptisée « Iriades 2003 » s’est déroulée les 23 et 24 mai 2003 aux Jardins de Brocéliande, à Bréal sous Montfort en Ille et Vilaine. Elle avait pour but de désigner les meilleurs iris hybridés en France dans les années 90. Plus de cinquante variétés étaient en compétition, mais les circonstances, essentiellement météorologiques, n’ont pas permis au jury de les apprécier toutes. Certaines avaient terminé leur floraison, d’autres, trop nombreuses, n’étaient pas encore en fleurs, d’autres enfin avaient souffert excessivement des gelées tardives. Bref il n’en restait que dix-neuf en état de concourir… Il faut dire que les Jardins de Brocéliande présentent des conditions qui peuvent perturber la végétation des iris hybrides modernes, dont la robustesse n’est pas forcément la qualité principale. Le terrain est lourd, humide en plusieurs endroits et exposé au vent dominant d’ouest.
En dépit de cela, les iris, en compétition ou non, étaient impeccablement cultivés et les abords méticuleusement entretenus. L’engagement personnel et l’enthousiasme de la responsable du jardin d’iris y est pour beaucoup, de même que la volonté de toute l’équipe de réussir complètement la cérémonie.
La plupart des iris examinés par le jury était des variétés intéressantes, et souvent originales. Bien entendu, il est apparu au dépouillement des appréciations que les produits des hybrideurs professionnels présentaient des caractéristiques qui les plaçaient un peu au dessus du lot, notamment en ce qui concerne les qualités de la plante proprement dite (importance et forme du branchement, nombre de boutons, échelonnement et durée prévisible de la floraison). Mais au plan de l’originalité, de l’harmonie des couleurs et de l’aspect des fleurs, les amateurs faisaient largement jeu égal. Il est évident qu’un professionnel, qui sélectionne parmi des centaines, voire des milliers de semis, est plus à même de retenir des variétés parfaites. Il n’a pas, vis à vis de ses obtentions la même relation affective que celle d’un amateur dont les produits sont un peu les enfants, et qui a tendance à oublier quelquefois les petits défauts. Néanmoins plusieurs variétés d’amateurs ont été retenues pour la finale, ce qui démontre que l’on peut obtenir des iris de grande valeur à tous les niveaux.
Le classement du jury des techniciens de l’iris classait aux trois premières places les variétés suivantes :
MER DU SUD (Cayeux 97)
BELLE DE NUIT (Cayeux 99)
Semis 95-54 A (Laporte, NR) ;
Et c’est encore un iris d’amateur ‘MIGN?RES’ (Bigot, NR) qui arrivait en quatrième place.
Le classement final, après appréciation par les juges « artistiques », a donné :
Iriade d’Or = BELLE DE NUIT
Iriade d’Argent = semis Laporte 95-54 A
Iriade de Bronze = MER DU SUD
C’est une grande satisfaction pour Bernard Laporte de se trouver aussi bien classé. Ce modeste et charmant amateur éclairé ne revient pas de sa bonne fortune ! Désormais son iris devrait se nommer NATHALIE RIHOUET. C’est un superbe amoena inversé, aux pétales bleu tendre et aux sépales blanc laiteux, les fleurs sont amples et bien ondulées, la plante est solide et bien découplée, elle pousse très vigoureusement.
Bravo à Richard Cayeux et bravo à Bernard Laporte !
La manifestation baptisée « Iriades 2003 » s’est déroulée les 23 et 24 mai 2003 aux Jardins de Brocéliande, à Bréal sous Montfort en Ille et Vilaine. Elle avait pour but de désigner les meilleurs iris hybridés en France dans les années 90. Plus de cinquante variétés étaient en compétition, mais les circonstances, essentiellement météorologiques, n’ont pas permis au jury de les apprécier toutes. Certaines avaient terminé leur floraison, d’autres, trop nombreuses, n’étaient pas encore en fleurs, d’autres enfin avaient souffert excessivement des gelées tardives. Bref il n’en restait que dix-neuf en état de concourir… Il faut dire que les Jardins de Brocéliande présentent des conditions qui peuvent perturber la végétation des iris hybrides modernes, dont la robustesse n’est pas forcément la qualité principale. Le terrain est lourd, humide en plusieurs endroits et exposé au vent dominant d’ouest.
En dépit de cela, les iris, en compétition ou non, étaient impeccablement cultivés et les abords méticuleusement entretenus. L’engagement personnel et l’enthousiasme de la responsable du jardin d’iris y est pour beaucoup, de même que la volonté de toute l’équipe de réussir complètement la cérémonie.
La plupart des iris examinés par le jury était des variétés intéressantes, et souvent originales. Bien entendu, il est apparu au dépouillement des appréciations que les produits des hybrideurs professionnels présentaient des caractéristiques qui les plaçaient un peu au dessus du lot, notamment en ce qui concerne les qualités de la plante proprement dite (importance et forme du branchement, nombre de boutons, échelonnement et durée prévisible de la floraison). Mais au plan de l’originalité, de l’harmonie des couleurs et de l’aspect des fleurs, les amateurs faisaient largement jeu égal. Il est évident qu’un professionnel, qui sélectionne parmi des centaines, voire des milliers de semis, est plus à même de retenir des variétés parfaites. Il n’a pas, vis à vis de ses obtentions la même relation affective que celle d’un amateur dont les produits sont un peu les enfants, et qui a tendance à oublier quelquefois les petits défauts. Néanmoins plusieurs variétés d’amateurs ont été retenues pour la finale, ce qui démontre que l’on peut obtenir des iris de grande valeur à tous les niveaux.
Le classement du jury des techniciens de l’iris classait aux trois premières places les variétés suivantes :
MER DU SUD (Cayeux 97)
BELLE DE NUIT (Cayeux 99)
Semis 95-54 A (Laporte, NR) ;
Et c’est encore un iris d’amateur ‘MIGN?RES’ (Bigot, NR) qui arrivait en quatrième place.
Le classement final, après appréciation par les juges « artistiques », a donné :
Iriade d’Or = BELLE DE NUIT
Iriade d’Argent = semis Laporte 95-54 A
Iriade de Bronze = MER DU SUD
C’est une grande satisfaction pour Bernard Laporte de se trouver aussi bien classé. Ce modeste et charmant amateur éclairé ne revient pas de sa bonne fortune ! Désormais son iris devrait se nommer NATHALIE RIHOUET. C’est un superbe amoena inversé, aux pétales bleu tendre et aux sépales blanc laiteux, les fleurs sont amples et bien ondulées, la plante est solide et bien découplée, elle pousse très vigoureusement.
Bravo à Richard Cayeux et bravo à Bernard Laporte !
24.5.03
WABASH
Au Panthéon des iris, il y a forcément une place pour WABASH (Williamson 36) car cette variété, aux pétales blancs et aux sépales bleu pourpré liserés de blanc, a marqué le véritable point de départ des iris amoenas. WABASH est le résultat du croisement de deux autres produits de E. B. Williamson, DOROTHY DIETZ (Williamson 30) et CANTABILE (Williamson 31) Tous deux ont pour parent LENT A. WILLIAMSON (Schull 2 ?), l’un comme « mère » , l’autre comme « père ». Dès qu’il fut mis sur le marché il obtint un large succès et la Médaille de Dykes lui a été attribuée en 1940.
A l’époque, obtenir un amoena était un événement. En effet, pour des raisons que l’on ne s’expliquait pas, alors que de très nombreux bicolors voyaient le jour, les iris blanc sur bleu restaient exceptionnels. On attribuait ce peu de résultats à une relative rareté des parents potentiels et au faible pouvoir germinatif des graines. Le défi d’obtenir des amoenas a provoqué une certaine émulation chez les obtenteurs de l’époque. De grands noms comme Geddes Douglas, Paul Cook ou Robert Schreiner l’ont relevé. C’est cependant Jesse Wills qui, le premier, a fourni une explication basée sur sa propre expérience et sur les travaux de ses confrères. Il a fait le point dans un article publié en 1946 dont Richard Cayeux a donné une excellente traduction dans son livre « L’iris, une fleur royale » (Mauryflor 1996) : « Les croisements entre amoenas, et même entre amoenas et les autres bicolores sont difficiles à réussir ; de plus le taux de germination des graines ainsi obtenues est inférieur à la moyenne. Quant au développement des plantules, il est lent, surtout la première année, ce qui retarde encore la floraison, de sorte que l’on doit souvent attendre la seconde, voire la troisième année, pour porter un jugement sur les iris provenant de ces hybridations. » Il ajoute, d’après ces constatations, que le blanc des pétales est un caractère récessif, et que « si les chances d’obtenir un amoena sont d’une sur trente-cinq, combien petite sont-elles quand seulement cinq ou six semis provenant d’un croisement peuvent pousser et fleurir ». Ces conclusions peu encourageantes ont incité l’AIS, sous la houlette de L.F. Randolph, d’inclure les amoenas dans une étude génétique sur la couleur des fleurs. De nombreux hybrideurs ont profité des études ainsi menées, notamment Geddes Douglas qui a obtenu en 1948 un « petit-fils » de WABASH, le fameux BRIGHT HOUR, dont il a été question dans une précédente chronique.
En dehors de BRIGHT HOUR, les descendants de WABASH n’ont pas été nombreux. En effet une autre voie vers les amoenas a été ouverte par les travaux de Paul Cook et la grande famille issue de PROGENITOR, avec, pour porte-drapeau, WHOLE CLOTH (1958). Il n’empêche que WABASH a été un jalon important dans l’hybridation des amoenas et qu’il a reçu un accueil commercial hors du commun. A tel point qu’aujourd’hui encore, on le trouve un peu partout, dans le jardin de monsieur tout le monde. Grâce à ses couleurs bien nettes et vives, il est toujours présent. Il fait partie de ces variétés qui ont perdu leur identification, mais que l’amateur sait reconnaître du premier coup d’œil, comme certaines autres, indéboulonnables, comme ACCENT (Buss 52) ou ZANTHA (Fay 47).
Au Panthéon des iris, il y a forcément une place pour WABASH (Williamson 36) car cette variété, aux pétales blancs et aux sépales bleu pourpré liserés de blanc, a marqué le véritable point de départ des iris amoenas. WABASH est le résultat du croisement de deux autres produits de E. B. Williamson, DOROTHY DIETZ (Williamson 30) et CANTABILE (Williamson 31) Tous deux ont pour parent LENT A. WILLIAMSON (Schull 2 ?), l’un comme « mère » , l’autre comme « père ». Dès qu’il fut mis sur le marché il obtint un large succès et la Médaille de Dykes lui a été attribuée en 1940.
A l’époque, obtenir un amoena était un événement. En effet, pour des raisons que l’on ne s’expliquait pas, alors que de très nombreux bicolors voyaient le jour, les iris blanc sur bleu restaient exceptionnels. On attribuait ce peu de résultats à une relative rareté des parents potentiels et au faible pouvoir germinatif des graines. Le défi d’obtenir des amoenas a provoqué une certaine émulation chez les obtenteurs de l’époque. De grands noms comme Geddes Douglas, Paul Cook ou Robert Schreiner l’ont relevé. C’est cependant Jesse Wills qui, le premier, a fourni une explication basée sur sa propre expérience et sur les travaux de ses confrères. Il a fait le point dans un article publié en 1946 dont Richard Cayeux a donné une excellente traduction dans son livre « L’iris, une fleur royale » (Mauryflor 1996) : « Les croisements entre amoenas, et même entre amoenas et les autres bicolores sont difficiles à réussir ; de plus le taux de germination des graines ainsi obtenues est inférieur à la moyenne. Quant au développement des plantules, il est lent, surtout la première année, ce qui retarde encore la floraison, de sorte que l’on doit souvent attendre la seconde, voire la troisième année, pour porter un jugement sur les iris provenant de ces hybridations. » Il ajoute, d’après ces constatations, que le blanc des pétales est un caractère récessif, et que « si les chances d’obtenir un amoena sont d’une sur trente-cinq, combien petite sont-elles quand seulement cinq ou six semis provenant d’un croisement peuvent pousser et fleurir ». Ces conclusions peu encourageantes ont incité l’AIS, sous la houlette de L.F. Randolph, d’inclure les amoenas dans une étude génétique sur la couleur des fleurs. De nombreux hybrideurs ont profité des études ainsi menées, notamment Geddes Douglas qui a obtenu en 1948 un « petit-fils » de WABASH, le fameux BRIGHT HOUR, dont il a été question dans une précédente chronique.
En dehors de BRIGHT HOUR, les descendants de WABASH n’ont pas été nombreux. En effet une autre voie vers les amoenas a été ouverte par les travaux de Paul Cook et la grande famille issue de PROGENITOR, avec, pour porte-drapeau, WHOLE CLOTH (1958). Il n’empêche que WABASH a été un jalon important dans l’hybridation des amoenas et qu’il a reçu un accueil commercial hors du commun. A tel point qu’aujourd’hui encore, on le trouve un peu partout, dans le jardin de monsieur tout le monde. Grâce à ses couleurs bien nettes et vives, il est toujours présent. Il fait partie de ces variétés qui ont perdu leur identification, mais que l’amateur sait reconnaître du premier coup d’œil, comme certaines autres, indéboulonnables, comme ACCENT (Buss 52) ou ZANTHA (Fay 47).
RETOUR A LA SOURCE
Cela faisait deux ans que je n’étais pas allé au Parc Floral d’Orléans La Source. Comme je ne m’intéresse pas qu’aux iris, j’ai jeté un coup d’œil aux autres plantes en fleur en ce 17 mai 2003 : Thalictrum, Brunnera.... Mais je me suis dirigé en priorité vers les plantations d’iris. J’ai trouvé une situation paradoxale : ce qui devrait être le plus attrayant est dans un état pitoyable, mais ce qui est secondaire (au moins aux yeux du public) est aussi beau que possible. Allez donc savoir !
Parlons d’abord de ce qui fâche. Je pense en particulier au fameux « Mikado », c’est à dire cet espace en demi-lune, clos de murs de pisé, où les iris sont disposés dans des paniers de grillage accrochés à des troncs d’arbres couchés comme les bâtons du célèbre jeu de société. Quand on arrive dans cet espace on ressent une impression de pauvreté, voire de misère. L’amateur d’iris souffre de voir les plantes végéter dans leurs paniers à huîtres, sans force ni fleurs. Un pauvre ANDALOU (Cayeux 95) a fait l’effort d’amener à l’éclosion une fleur unique sur une tige d’environ vingt centimètres… Ceux qui devraient être des grands iris de jardin ne dépassent pas la taille des nains standards, et encore, à la condition qu’ils aient véritablement poussé ! La déception se voit sur les visages des visiteurs, et les commentaires sont à l’avenant. Il est grand temps d’arrêter cette expérience, peut être séduisante sur le papier, mais hérétique sur le plan horticole (comment des iris pourraient-ils pousser dans ces corbeilles sans terre et sans eau ?) tout autant qu’esthétique (un grand iris doit-il être vu par en-dessous ?).
Autre déception, le Critérium de l’Iris. Nous sommes dans la première année d’une nouvelle plantation. Celle-ci a été réalisée en bordure de l’allée principale, donc dans une situation très favorable pour les visiteurs, mais les plantes n’ont guère poussé et la floraison est maigrichonne : sur trente-trois variétés plantées, à peine une vingtaine s’est développée à peu près normalement et, le jour de ma visite, seulement une dizaine était fleurie…Notamment TRIPLE WHAMMY (Hager 90), avec des tiges spectaculaires. Plantation tardive ? Incident de végétation ? On s’interroge sur ce peu de réussite.
Heureusement le visiteur aura eu tout d’abord une bonne impression. En effet le tableau d’iris bleus, que l’on voit de loin, est de toute beauté. Ces milliers de hampes florales fièrement dressées, dans ce camaïeu de bleu qui caractérise si bien l’iris, font assez d’effet pour rendre amoureux des iris tous ceux qui viennent dans ce jardin.
Le véritable amateur d’iris aura intérêt à continuer sa visite jusqu’au jardin de la collection spécialisée. Le chemin est long, mais bien agréable, le long du Loiret, et, là-bas derrière les serres, les planches regorgent de fleurs. Bien sûr les allées sont trop étroites pour que l’on puisse apprécier pleinement toutes les variétés présentes, bien sûr le spécialiste constatera quelques erreurs d’étiquetage, mais en revanche il aura le plaisir de découvrir des variétés un peu oubliées (BLUSHING LEMON –Boushay 73-, BONBON –Gatty 77) ou d’autres franchement récentes, beaucoup d’obtentions françaises, aussi bien de professionnels que d’amateurs (FIDGI de Bernard Lecaplain, ROUCASSIÉ d’Igor Fédoroff…), et ce foisonnement de couleurs qui enchante tous ceux qui viennent jusqu’à ce paradis pour iridophiles.
Je ne regrette certainement pas mon après-midi au Parc de la Source, mais j’ai eu de la peine en constatant que ce qui aurait du être le plus attrayant était ce qu’il y avait de plus décevant. Rien n’est parfait…
Cela faisait deux ans que je n’étais pas allé au Parc Floral d’Orléans La Source. Comme je ne m’intéresse pas qu’aux iris, j’ai jeté un coup d’œil aux autres plantes en fleur en ce 17 mai 2003 : Thalictrum, Brunnera.... Mais je me suis dirigé en priorité vers les plantations d’iris. J’ai trouvé une situation paradoxale : ce qui devrait être le plus attrayant est dans un état pitoyable, mais ce qui est secondaire (au moins aux yeux du public) est aussi beau que possible. Allez donc savoir !
Parlons d’abord de ce qui fâche. Je pense en particulier au fameux « Mikado », c’est à dire cet espace en demi-lune, clos de murs de pisé, où les iris sont disposés dans des paniers de grillage accrochés à des troncs d’arbres couchés comme les bâtons du célèbre jeu de société. Quand on arrive dans cet espace on ressent une impression de pauvreté, voire de misère. L’amateur d’iris souffre de voir les plantes végéter dans leurs paniers à huîtres, sans force ni fleurs. Un pauvre ANDALOU (Cayeux 95) a fait l’effort d’amener à l’éclosion une fleur unique sur une tige d’environ vingt centimètres… Ceux qui devraient être des grands iris de jardin ne dépassent pas la taille des nains standards, et encore, à la condition qu’ils aient véritablement poussé ! La déception se voit sur les visages des visiteurs, et les commentaires sont à l’avenant. Il est grand temps d’arrêter cette expérience, peut être séduisante sur le papier, mais hérétique sur le plan horticole (comment des iris pourraient-ils pousser dans ces corbeilles sans terre et sans eau ?) tout autant qu’esthétique (un grand iris doit-il être vu par en-dessous ?).
Autre déception, le Critérium de l’Iris. Nous sommes dans la première année d’une nouvelle plantation. Celle-ci a été réalisée en bordure de l’allée principale, donc dans une situation très favorable pour les visiteurs, mais les plantes n’ont guère poussé et la floraison est maigrichonne : sur trente-trois variétés plantées, à peine une vingtaine s’est développée à peu près normalement et, le jour de ma visite, seulement une dizaine était fleurie…Notamment TRIPLE WHAMMY (Hager 90), avec des tiges spectaculaires. Plantation tardive ? Incident de végétation ? On s’interroge sur ce peu de réussite.
Heureusement le visiteur aura eu tout d’abord une bonne impression. En effet le tableau d’iris bleus, que l’on voit de loin, est de toute beauté. Ces milliers de hampes florales fièrement dressées, dans ce camaïeu de bleu qui caractérise si bien l’iris, font assez d’effet pour rendre amoureux des iris tous ceux qui viennent dans ce jardin.
Le véritable amateur d’iris aura intérêt à continuer sa visite jusqu’au jardin de la collection spécialisée. Le chemin est long, mais bien agréable, le long du Loiret, et, là-bas derrière les serres, les planches regorgent de fleurs. Bien sûr les allées sont trop étroites pour que l’on puisse apprécier pleinement toutes les variétés présentes, bien sûr le spécialiste constatera quelques erreurs d’étiquetage, mais en revanche il aura le plaisir de découvrir des variétés un peu oubliées (BLUSHING LEMON –Boushay 73-, BONBON –Gatty 77) ou d’autres franchement récentes, beaucoup d’obtentions françaises, aussi bien de professionnels que d’amateurs (FIDGI de Bernard Lecaplain, ROUCASSIÉ d’Igor Fédoroff…), et ce foisonnement de couleurs qui enchante tous ceux qui viennent jusqu’à ce paradis pour iridophiles.
Je ne regrette certainement pas mon après-midi au Parc de la Source, mais j’ai eu de la peine en constatant que ce qui aurait du être le plus attrayant était ce qu’il y avait de plus décevant. Rien n’est parfait…
16.5.03
L’EFFET « FOGBOUND »
On ne peut pas reprocher à Keith Keppel de manquer de suite dans les idées. Quand il a décidé de s’intéresser aux iris amoenas inversés, il s’est lancé dans une vaste entreprise grâce à laquelle il nous gratifie maintenant chaque année d’un ou deux nouveaux cultivars de ce type.
Un premier aboutissement de ce travail a été WISHFUL THINKING (Keppel 96) qui se situe à l’extrémité d’une lignée où l’on trouve, entre autres, deux variétés porteuses de ce qui constitue l’originalité des amoenas inversés : une coloration des pétales plus vive que celle des sépales. Il s’agit de HONKY TONK BLUES (Schreiner 88 – DM 95) et de BATTLE FURY (Varner 78). Le premier est bien connu de tout le monde et présent dans presque toutes les collections, le second a une moindre réputation, du moins chez nous, car je n’ai pas souvenance qu’il ait été commercialisé en France. C’est un bitone inversé, pétales indigo et sépales parme, avec barbes rouges, qui descend lui-même de WIDE WORLD (Cook 53), un cultivar issu d’un semis de l’iris botanique I. imbricata dont la caractéristique est d’avoir un coloris inversé. S’il se trouve à la fin d’une lignée, WISHFUL THINKING est aussi à l’origine d’une autre. En lui-même, c’est une parfaite réussite : fleur bien coiffée, sépales larges, gracieuses frisettes, coloris original avec des pétales bleu jacinthe palissant vers le bord, des sépales bleu jacinthe très pâle teintés de chartreuse aux épaules, et des barbes jaunes pointées de blanc ; de plus il sent très bon. Mais il n’est pas parfait en ce sens que les sépales sont encore trop colorés pour qui veut un pur amoena bleu/blanc.
Par un chemin voisin de celui ayant abouti à WISHFUL THINKING, K. Keppel a obtenu SPRING SHOWER (93) Dans cette variété également dans les tons de bleu, la coloration se concentre à la base des pièces florales. Les pétales sont presque blancs, les sépales un peu plus colorés, mais le cœur de la fleur est franchement bleu et les barbes blanches pointent en jaune. Ses grands-parents sont quatre variétés valeureuses : VIVIEN (Keppel 79), bleu glycine à barbes mandarine, BATTLE FURY, dont il a été question ci-dessus, SKYBLAZE (Keppel 87 – FO 90), bleu pervenche à barbes vermeilles, et SWIRLING SEAS (Gatty 84), bel indigo à barbes blanches.
WISHFUL THINKING x SPRING SHOWER = FOGBOUND (Keppel 97). Celui-ci est décrit comme ayant des pétales bleutés, bleu glycine au cœur, des sépales blancs à peine rosés à la base, barbes rose orangé à l’extrémité blanche. Il tient de sa « mère » un délicieux parfum. Pour son obtenteur, ce FOGBOUND est une étape primordiale dans sa recherche d’amoenas bleus inversés. Dès son apparition il l’a utilisé dans plusieurs croisements, essentiellement comme parent mâle, et les résultats ont été tout à fait à la hauteur de l’attente.
Bien d’autres hybrideurs ont été tentés par les amoenas inversés. Notamment Joseph Gatty, l ‘ami de Keith Keppel, qui, en partant de EDGE OF WINTER (Schreiner 83), a obtenu IN REVERSE (93) qui est proche de la perfection, avec des pétales nettement bleus et des sépales blanc bleuté ( sans parler de la qualité de la fleur qui a la grâce onduleuse de tous les iris de Gatty). Pour aller encore plus loin, Keppel a croisé cet IN REVERSE avec HONKY TONK BLUES (Schreiner 88) et obtenu CROWNED HEADS (97), encore plus près du but recherché. Les pétales sont bleu glycine vif, plus sombre au cœur, les sépales blanc laiteux, à peine teintés de bleu.
Croiser FOGBOUND et CROWNED HEADS était un moyen d’aller encore plus loin. Keppel l’a fait et cette année il propose un nouvel amoena bleu inversé, ALPENVIEW. Je n’ai pas encore pu voir (en photo !) ce nouvel iris, mais K. Keppel le décrit sans ambages comme « pétales bleu ancolie, sépales blancs ». C’est peut-être un aboutissement, tout comme peut l’être un autre enfant de FOGBOUND proposé cette année, FRIENDLY FIRE qui ajoute une fière barbe rouge, issue, via SPRING SHOWER, de SKYBLAZE et d’un semis orange.
FOGBOUND fournit aussi un fort contingent de nouveaux iris Keppel dans d’autres coloris, au gré des croisements tentés par l’obtenteur, manifestement sous le charme. Il y en avait déjà deux l’an dernier, il y en a trois cette année, et la série n’est sans doute pas finie. BEL ESPRIT (Keppel 2002) résulte du mariage de FOGBOUND et de l’étrange ISLAND DANCER (Shoop 91) aux pétales bruns sur des sépales orange, autre type de coloris inversé. C’est un iris original, rose grisé aux pétales et chamois-beige aux sépales teintés de mauve au cœur, barbes mandarine. CRYSTAL GAZER (Keppel 2002) et son jumeau VENETIAN GLASS (Keppel 2003) proviennent du croisement du bitone rose LOTUS LAND (Keppel 99) et de FOGBOUND. Le premier est un bitone inversé lilas/argent, le second un rose chair très pâle influencé de bleu. La livraison 2003 se termine par PARIS FASHION, produit de VIENNA WALTZ x FOGBOUND, un mélange de rose lilacé lavé de blanc avec une barbe orange.
Avec FOGBOUND le monde des iris a acquis un puissant moteur non seulement vers le parfait amoena inversé, mais encore vers des mélanges de couleurs inédits. Ce n’est pas tous les ans que l’on découvre un tel phénomène. L’effet FOGBOUND ne fait sans doute que commencer.
On ne peut pas reprocher à Keith Keppel de manquer de suite dans les idées. Quand il a décidé de s’intéresser aux iris amoenas inversés, il s’est lancé dans une vaste entreprise grâce à laquelle il nous gratifie maintenant chaque année d’un ou deux nouveaux cultivars de ce type.
Un premier aboutissement de ce travail a été WISHFUL THINKING (Keppel 96) qui se situe à l’extrémité d’une lignée où l’on trouve, entre autres, deux variétés porteuses de ce qui constitue l’originalité des amoenas inversés : une coloration des pétales plus vive que celle des sépales. Il s’agit de HONKY TONK BLUES (Schreiner 88 – DM 95) et de BATTLE FURY (Varner 78). Le premier est bien connu de tout le monde et présent dans presque toutes les collections, le second a une moindre réputation, du moins chez nous, car je n’ai pas souvenance qu’il ait été commercialisé en France. C’est un bitone inversé, pétales indigo et sépales parme, avec barbes rouges, qui descend lui-même de WIDE WORLD (Cook 53), un cultivar issu d’un semis de l’iris botanique I. imbricata dont la caractéristique est d’avoir un coloris inversé. S’il se trouve à la fin d’une lignée, WISHFUL THINKING est aussi à l’origine d’une autre. En lui-même, c’est une parfaite réussite : fleur bien coiffée, sépales larges, gracieuses frisettes, coloris original avec des pétales bleu jacinthe palissant vers le bord, des sépales bleu jacinthe très pâle teintés de chartreuse aux épaules, et des barbes jaunes pointées de blanc ; de plus il sent très bon. Mais il n’est pas parfait en ce sens que les sépales sont encore trop colorés pour qui veut un pur amoena bleu/blanc.
Par un chemin voisin de celui ayant abouti à WISHFUL THINKING, K. Keppel a obtenu SPRING SHOWER (93) Dans cette variété également dans les tons de bleu, la coloration se concentre à la base des pièces florales. Les pétales sont presque blancs, les sépales un peu plus colorés, mais le cœur de la fleur est franchement bleu et les barbes blanches pointent en jaune. Ses grands-parents sont quatre variétés valeureuses : VIVIEN (Keppel 79), bleu glycine à barbes mandarine, BATTLE FURY, dont il a été question ci-dessus, SKYBLAZE (Keppel 87 – FO 90), bleu pervenche à barbes vermeilles, et SWIRLING SEAS (Gatty 84), bel indigo à barbes blanches.
WISHFUL THINKING x SPRING SHOWER = FOGBOUND (Keppel 97). Celui-ci est décrit comme ayant des pétales bleutés, bleu glycine au cœur, des sépales blancs à peine rosés à la base, barbes rose orangé à l’extrémité blanche. Il tient de sa « mère » un délicieux parfum. Pour son obtenteur, ce FOGBOUND est une étape primordiale dans sa recherche d’amoenas bleus inversés. Dès son apparition il l’a utilisé dans plusieurs croisements, essentiellement comme parent mâle, et les résultats ont été tout à fait à la hauteur de l’attente.
Bien d’autres hybrideurs ont été tentés par les amoenas inversés. Notamment Joseph Gatty, l ‘ami de Keith Keppel, qui, en partant de EDGE OF WINTER (Schreiner 83), a obtenu IN REVERSE (93) qui est proche de la perfection, avec des pétales nettement bleus et des sépales blanc bleuté ( sans parler de la qualité de la fleur qui a la grâce onduleuse de tous les iris de Gatty). Pour aller encore plus loin, Keppel a croisé cet IN REVERSE avec HONKY TONK BLUES (Schreiner 88) et obtenu CROWNED HEADS (97), encore plus près du but recherché. Les pétales sont bleu glycine vif, plus sombre au cœur, les sépales blanc laiteux, à peine teintés de bleu.
Croiser FOGBOUND et CROWNED HEADS était un moyen d’aller encore plus loin. Keppel l’a fait et cette année il propose un nouvel amoena bleu inversé, ALPENVIEW. Je n’ai pas encore pu voir (en photo !) ce nouvel iris, mais K. Keppel le décrit sans ambages comme « pétales bleu ancolie, sépales blancs ». C’est peut-être un aboutissement, tout comme peut l’être un autre enfant de FOGBOUND proposé cette année, FRIENDLY FIRE qui ajoute une fière barbe rouge, issue, via SPRING SHOWER, de SKYBLAZE et d’un semis orange.
FOGBOUND fournit aussi un fort contingent de nouveaux iris Keppel dans d’autres coloris, au gré des croisements tentés par l’obtenteur, manifestement sous le charme. Il y en avait déjà deux l’an dernier, il y en a trois cette année, et la série n’est sans doute pas finie. BEL ESPRIT (Keppel 2002) résulte du mariage de FOGBOUND et de l’étrange ISLAND DANCER (Shoop 91) aux pétales bruns sur des sépales orange, autre type de coloris inversé. C’est un iris original, rose grisé aux pétales et chamois-beige aux sépales teintés de mauve au cœur, barbes mandarine. CRYSTAL GAZER (Keppel 2002) et son jumeau VENETIAN GLASS (Keppel 2003) proviennent du croisement du bitone rose LOTUS LAND (Keppel 99) et de FOGBOUND. Le premier est un bitone inversé lilas/argent, le second un rose chair très pâle influencé de bleu. La livraison 2003 se termine par PARIS FASHION, produit de VIENNA WALTZ x FOGBOUND, un mélange de rose lilacé lavé de blanc avec une barbe orange.
Avec FOGBOUND le monde des iris a acquis un puissant moteur non seulement vers le parfait amoena inversé, mais encore vers des mélanges de couleurs inédits. Ce n’est pas tous les ans que l’on découvre un tel phénomène. L’effet FOGBOUND ne fait sans doute que commencer.
11.5.03
XXL
La taille standard pour un grand iris est de 90 cm. Mais il en existe de faible hauteur, 70 cm, et des très grands, autour de 120 cm, sans que l’on sache exactement pourquoi telle ou telle variété s’élève ainsi au dessus de la moyenne. J’ai examiné en détail le pedigree des variétés citées ci-dessous. J’ai trouvé une grande diversité d’origines et très peu de traits communs. La nature a encore bien des mystères.
Je ne sais pas si c’est un hasard, ou une mode, mais les iris de grande taille ont été nombreux dans les années 40 et 50. Prenez par exemple NEW SNOW (Fay 46) qui hisse sa neige blanche à 120 cm. Prenez aussi BY LINE (De Forest 52 - primé à Florence en 54), plicata acajou, dont la taille atteint 120 cm également, ou le célèbre ACCENT (Buss 52), brillant variegata, qui avoue 115 cm.
Il faut attendre ensuite les années 80 pour trouver aux Etats-Unis quelques variétés de haute taille. C’est le cas par exemple de ATTENTION CAROLINA (Powell 80), grand blanc marqué de violet, qui atteint 120 cm ; de même pour LULLABY LAND (Tompkins 89) amoena crème et fraise, qui est déclaré pour 125 cm, alors que LADY MADONNA (Schreiner 84), blanc pur, mesure 110 cm. C’est d’ailleurs à ma connaissance le plus grand iris enregistré par la fameuse maison de Salem.
Curieusement, ce ne sont pas les variétés américaines qui se distinguent particulièrement en matière de hauteur. Pour trouver des grands iris vraiment grands, il faut venir en Europe. Notamment en Grande Bretagne, où Brian Dodsworth n’a pas hésité à enregistré des variétés comme COWRIE SHELL (87), dont le nom décrit bien le coloris d’intérieur de coquillage, et qui est haut de 110 cm ; HIGH PEAK (87) vainqueur de la BDM en 90, est un amoena lavande de 110 cm également ; auparavant ARCTIC TERN (84) s’était déjà signalé à 105 cm, et, depuis, SHERWOOD PINK (96), en rose dragée, accuse 110cm. Ajoutons à cette collection britannique le néglecta améthyste sur violet noir PASCOE (Nichol 93) enregistré pour 115 cm. En Allemagne aussi on donne dans le « kolossal » : Dietmar Goerbitz a enregistré son néglecta SALUTE TO DAVE (92) pour 120 cm, DETMOLDER SOMMER (86), indigo à barbes jaunes, pour 110 cm, LIPPISCHER SCHUETZE (97), autre indigo à barbes jaunes, pour 105 cm, de même que le grand bleu DYSELBREOK (91). Chez Manfred Beer on trouve les amoenas JENNY E (91) et MARGIT (91) à 110 cm, et le plicata STEFFI SCHADE à 105 cm.
Il faut attendre les années actuelles pour voir renaître des iris de haute taille : ils étaient délaissés surtout pour cause de fragilité au vent, évidemment, mais peut-être les nouvelles variétés, avec des tiges plus fortes, éloignent-elles ce handicap. En tout cas Larry Johnson, en 99 a enregistré PHEASANT FEATHERS, riche variegata, qui mesure 115 cm, son homonyme Tom Johnson a, lui, obtenu HOOK (2000), au coloris proche de l’inévitable PUNCHLINE mais avec de petits éperons, 120 cm, et KIND HEARTED (2002), amena indigo, 115 cm. Quant à Keith Keppel, son OPEN SEA (2002), superbe bleu pur, fait partie des géants, avec 120 cm. Enfin pour citer une production française, allons voir GLADYS CLARKE (Ransom 2000), qui place à 115 cm ses fleurs rose pêche et blanc.
Cependant c’est dans le lointain Ouzbékistan qu’il faut se rendre pour trouver la plus importante collection d’iris XXL, Adolf Volfovitch-Moler a enregistré tout un paquet de variétés qui atteignent ou dépassent les 110 cm : AUTUMN SONG (97), rare bitone orange, 110 ; RAH RAH BOYS (97), original mélange de crème d’ocre et de caramel, 115 ; SYMFONIJA (92), grand rose foncé tardif, 120 ; HAPPY CHILDHOOD (97), néglecta jaune, 120 ; ASKIA (92), plicata cannelle et bordeaux, 120 ; et, pour terminer en hauteur, AELITA (92), bicolore crème et lilas, 130 cm !
Je cultive les six dernières variétés signalées. Je les ai mises au pied d’un mur qui arrête les vents d’ouest, dominants en Touraine : elles poussent bien, mais j’ai quand même eu des tiges brisées… C’est le risque avec les très grands iris. Mais on peut toujours tenter l’expérience, Ils proposent une autre vision de cette fleur, bien éloignée de celle que donnent les délicieux petits SDB aux coloris si riches et divers, et si sympathiques en début de saison.
La taille standard pour un grand iris est de 90 cm. Mais il en existe de faible hauteur, 70 cm, et des très grands, autour de 120 cm, sans que l’on sache exactement pourquoi telle ou telle variété s’élève ainsi au dessus de la moyenne. J’ai examiné en détail le pedigree des variétés citées ci-dessous. J’ai trouvé une grande diversité d’origines et très peu de traits communs. La nature a encore bien des mystères.
Je ne sais pas si c’est un hasard, ou une mode, mais les iris de grande taille ont été nombreux dans les années 40 et 50. Prenez par exemple NEW SNOW (Fay 46) qui hisse sa neige blanche à 120 cm. Prenez aussi BY LINE (De Forest 52 - primé à Florence en 54), plicata acajou, dont la taille atteint 120 cm également, ou le célèbre ACCENT (Buss 52), brillant variegata, qui avoue 115 cm.
Il faut attendre ensuite les années 80 pour trouver aux Etats-Unis quelques variétés de haute taille. C’est le cas par exemple de ATTENTION CAROLINA (Powell 80), grand blanc marqué de violet, qui atteint 120 cm ; de même pour LULLABY LAND (Tompkins 89) amoena crème et fraise, qui est déclaré pour 125 cm, alors que LADY MADONNA (Schreiner 84), blanc pur, mesure 110 cm. C’est d’ailleurs à ma connaissance le plus grand iris enregistré par la fameuse maison de Salem.
Curieusement, ce ne sont pas les variétés américaines qui se distinguent particulièrement en matière de hauteur. Pour trouver des grands iris vraiment grands, il faut venir en Europe. Notamment en Grande Bretagne, où Brian Dodsworth n’a pas hésité à enregistré des variétés comme COWRIE SHELL (87), dont le nom décrit bien le coloris d’intérieur de coquillage, et qui est haut de 110 cm ; HIGH PEAK (87) vainqueur de la BDM en 90, est un amoena lavande de 110 cm également ; auparavant ARCTIC TERN (84) s’était déjà signalé à 105 cm, et, depuis, SHERWOOD PINK (96), en rose dragée, accuse 110cm. Ajoutons à cette collection britannique le néglecta améthyste sur violet noir PASCOE (Nichol 93) enregistré pour 115 cm. En Allemagne aussi on donne dans le « kolossal » : Dietmar Goerbitz a enregistré son néglecta SALUTE TO DAVE (92) pour 120 cm, DETMOLDER SOMMER (86), indigo à barbes jaunes, pour 110 cm, LIPPISCHER SCHUETZE (97), autre indigo à barbes jaunes, pour 105 cm, de même que le grand bleu DYSELBREOK (91). Chez Manfred Beer on trouve les amoenas JENNY E (91) et MARGIT (91) à 110 cm, et le plicata STEFFI SCHADE à 105 cm.
Il faut attendre les années actuelles pour voir renaître des iris de haute taille : ils étaient délaissés surtout pour cause de fragilité au vent, évidemment, mais peut-être les nouvelles variétés, avec des tiges plus fortes, éloignent-elles ce handicap. En tout cas Larry Johnson, en 99 a enregistré PHEASANT FEATHERS, riche variegata, qui mesure 115 cm, son homonyme Tom Johnson a, lui, obtenu HOOK (2000), au coloris proche de l’inévitable PUNCHLINE mais avec de petits éperons, 120 cm, et KIND HEARTED (2002), amena indigo, 115 cm. Quant à Keith Keppel, son OPEN SEA (2002), superbe bleu pur, fait partie des géants, avec 120 cm. Enfin pour citer une production française, allons voir GLADYS CLARKE (Ransom 2000), qui place à 115 cm ses fleurs rose pêche et blanc.
Cependant c’est dans le lointain Ouzbékistan qu’il faut se rendre pour trouver la plus importante collection d’iris XXL, Adolf Volfovitch-Moler a enregistré tout un paquet de variétés qui atteignent ou dépassent les 110 cm : AUTUMN SONG (97), rare bitone orange, 110 ; RAH RAH BOYS (97), original mélange de crème d’ocre et de caramel, 115 ; SYMFONIJA (92), grand rose foncé tardif, 120 ; HAPPY CHILDHOOD (97), néglecta jaune, 120 ; ASKIA (92), plicata cannelle et bordeaux, 120 ; et, pour terminer en hauteur, AELITA (92), bicolore crème et lilas, 130 cm !
Je cultive les six dernières variétés signalées. Je les ai mises au pied d’un mur qui arrête les vents d’ouest, dominants en Touraine : elles poussent bien, mais j’ai quand même eu des tiges brisées… C’est le risque avec les très grands iris. Mais on peut toujours tenter l’expérience, Ils proposent une autre vision de cette fleur, bien éloignée de celle que donnent les délicieux petits SDB aux coloris si riches et divers, et si sympathiques en début de saison.
3.5.03
TROIS CATALOGUES FRANÇAIS 2003
Les observations que j’avais faites l’année dernière à propos de catalogues Anfosso et Cayeux restent valables pour cette année . Même maquette, même contenu, même marketing. Mêmes reproches aussi : pour Cayeux il s’agit du refus d’indiquer les noms des obtenteurs, et l’année d’enregistrement ; pour Anfosso, de la confusion concernant les iris de bordure et les iris intermédiaires. Les nouveautés, il faut les chercher dans la liste des variétés présentées.
Chez IRIS EN PROVENCE (Anfosso) elles sont au nombre de 22 pour les grands iris et de 8 pour les autres :
Grands iris -
ART DECO (Schreiner 97) OCEAN JEWEL (O. Brown 95)
BONUS LITE (Sutton 98) OSTENTATIOUS (Ghio 98)
BRAGADOCCIO (Keppel 97) PURE AS GOLD (Maryott 93)
CAMEO BLUSH (Weiler 98) RAINBOW MOUNTAIN (D. Meek 94)
CANARY DELIGHT (J. Roberts 97) ROMANTIC EVENING (Ghio 96)
CHINA MOON (Schreiner 98) SHOPPER’S HOLIDAY (Mc Whirter 89)
CHINA NIGHTS (Mahan 96) Iris intermédiaires -
CORDOBA (Ghio 98) BOLD STROKE (E. Jones 93)
COUNTRY CHARM (Schreiner 98) FRUIT COCKTAIL (Keppel 97)
CROWNED HEADS (Keppel 97) SMITTEN KITTEN (Aitken 91)
DARK PASSION (Schreiner 98) TANTRUM (Keppel 97)
DIABOLIQUE (Schreiner 97) Iris nains standards -
HAUTE COUTURE (Gatty 96) BLUEBIRD IN FLIGHT (Niswonger 86)
HONEY SCOOP (Sutton 97) IF
MAIDEN (Byers 88) SPRING FRESH (Keppel 96)
NORDICA (Maryott 92) WIMPLE (Godfrey 99)
BLUEBIRD IN FLIGHT, placé parmi les « iris de rocaille », et décrit comme mesurant 25 cm, cet iris est en fait un iris intermédiaire ( produit d’un BB, MARMALADE SKIES et d’un SDB, INSCRIPTION, que son obtenteur déclare mesurer 60 cm !
Chez CAYEUX, les variétés introduites cette année au catalogue sont :
Grands iris -
ART DECO (Schreiner 97) SMART MOVE (Keppel 94)
AURELIE (Cayeux 2003) TIGER HONEY (Kasperek 94)
BOLD FASHION (Schreiner 98) WORLD PREMIER (Schreiner 98)
BOSS TWEED (Mc Whirter 93) Intermédiaires –
CERF VOLANT (Cayeux 2003) DONEGAL (Keppel 96)
CROWNED HEADS (Keppel 97) DUBLIN (Keppel97)
DREAMSICLE (Schreiner 95) HELEN PROCTOR (Briscoe 77) –retour -
FANCY WOMAN (Keppel 95) MASKED BANDIT (Keppel 97)
HIGH STAKES (Schreiner 99) TANTRUM (Keppel 97)
MASTER PLAN (Keppel 94) Nains standards -
OSAKA (Ghio 93) BRASH (Gatty 94)
POESIE (Cayeux 2003) GEMSTAR (M. Smith 92)
RIP CITY (Schreiner 99) SNUGGLEBUG (Schreiner 93)
ROUGISSANT (Cayeux 2003) ZERO (Keppel 97)
SEAKIST (Schreiner 97)
Pas de nouvelle maquette non plus chez BOURDILLON, mais un catalogue généraliste, regroupant iris, hémérocalles (très bel assortiment, avec notamment la première introduction d’une variété française, obtention de JJ François), pavots d’orient et pivoines. Avec 216 photos de grands iris, 28 d’iris « lilliputs », et 14 d’ « intermédiaires », (petites mais bien rendues), les illustrations sont intéressantes. A noter, au plan des anomalies, comme chez Cayeux, l’absence –partielle- des noms d’obtenteurs et comme chez Anfosso, le mélange, sous la rubrique « iris intermédiaires » d’ une majorité de véritables intermédiaires, et d’iris de bordure aussi bien que d’iris de table ! Le vocabulaire français, sur ce point est défaillant, car il faudrait trouver un terme sans ambiguïté pour désigner ces iris qui ne sont ni grands ni petits, par exemple « iris de taille moyenne », avec un « chapeau » précisant le contenu de la rubrique. Avec trente-trois nouveautés, la famille Bourdillon a fait un bel effort de renouvellement. Notons à ce sujet l’apparition de deux SDB français, obtenus par L. Ransom. Les voici :
Grands iris –
AMERICAN CLASSIC (Schreiner 96) HIGH STAKES (Schreiner 99)
APRIL IN PARIS (Wood 92) HUCKLEBERRY FUDGE (Gibson 97)
ARCTIC AGE (Schreiner 99) JURASSIC PARK (Lauer 95)
AROUND MIDNIGHT (Schreiner 95) OURAGAN (Cayeux 96)
ART DECO (Schreiner 97) PROSPEROUS VOYAGE (Hager 97)
AURA LIGHT ( Blyth 96) RUFFLED SKIRTS (Nichols 92)
BLUE SUEDE SHOES (Schreiner 96) RUSTLER (Keppel 88)
BOOGIE WOOGIE (Nichols 93) SKYLARK’S SONG (Schreiner 96)
CARTE BLANCHE (Schreiner 96) TEMPTING FATE (Meek D. 93)
CHASING RAINBOWS (Hager 98) TIGER HONEY (Kasperek 94)
CITYSCAPE (Schreiner 97) TOTAL RECALL (Hager 92)
COASTAL MIST (Schreiner 98) WORLD PREMIER (Schreiner 98)
CORN HARVEST (Wyatt 77) Iris de bordure –
DYNAMITE (Schreiner 97) BLACKBEARD (Weiler 89)
EMPEROR’S DELIGHT (Schreiner 97) CALICO CAT (Lankow 89)
FANCY WOMAN (Keppel 95) SHRIMP BOAT (Gatty 91)
FASHION DESIGNER (Keppel 95) Iris nains standards –
FINALIST (Gatty 94) CUTIE EYES (Ransom 95)
FOGBOUND (Keppel 98) MELTING POT (Ransom 95)
ART DECO apparaît dans les trois catalogues, c’est l’occasion de comparer les prix de vente :
Anfosso = 11 €
Bourdillon = 12.50 €
Cayeux = 12.00 €
D’une façon générale les prix pratiqués sont équivalents dans les trois catalogues, qui se « tiennent » à tous points de vue, car, outre les prix, les variétés présentées sont similaires ou voisines.
Les observations que j’avais faites l’année dernière à propos de catalogues Anfosso et Cayeux restent valables pour cette année . Même maquette, même contenu, même marketing. Mêmes reproches aussi : pour Cayeux il s’agit du refus d’indiquer les noms des obtenteurs, et l’année d’enregistrement ; pour Anfosso, de la confusion concernant les iris de bordure et les iris intermédiaires. Les nouveautés, il faut les chercher dans la liste des variétés présentées.
Chez IRIS EN PROVENCE (Anfosso) elles sont au nombre de 22 pour les grands iris et de 8 pour les autres :
Grands iris -
ART DECO (Schreiner 97) OCEAN JEWEL (O. Brown 95)
BONUS LITE (Sutton 98) OSTENTATIOUS (Ghio 98)
BRAGADOCCIO (Keppel 97) PURE AS GOLD (Maryott 93)
CAMEO BLUSH (Weiler 98) RAINBOW MOUNTAIN (D. Meek 94)
CANARY DELIGHT (J. Roberts 97) ROMANTIC EVENING (Ghio 96)
CHINA MOON (Schreiner 98) SHOPPER’S HOLIDAY (Mc Whirter 89)
CHINA NIGHTS (Mahan 96) Iris intermédiaires -
CORDOBA (Ghio 98) BOLD STROKE (E. Jones 93)
COUNTRY CHARM (Schreiner 98) FRUIT COCKTAIL (Keppel 97)
CROWNED HEADS (Keppel 97) SMITTEN KITTEN (Aitken 91)
DARK PASSION (Schreiner 98) TANTRUM (Keppel 97)
DIABOLIQUE (Schreiner 97) Iris nains standards -
HAUTE COUTURE (Gatty 96) BLUEBIRD IN FLIGHT (Niswonger 86)
HONEY SCOOP (Sutton 97) IF
MAIDEN (Byers 88) SPRING FRESH (Keppel 96)
NORDICA (Maryott 92) WIMPLE (Godfrey 99)
BLUEBIRD IN FLIGHT, placé parmi les « iris de rocaille », et décrit comme mesurant 25 cm, cet iris est en fait un iris intermédiaire ( produit d’un BB, MARMALADE SKIES et d’un SDB, INSCRIPTION, que son obtenteur déclare mesurer 60 cm !
Chez CAYEUX, les variétés introduites cette année au catalogue sont :
Grands iris -
ART DECO (Schreiner 97) SMART MOVE (Keppel 94)
AURELIE (Cayeux 2003) TIGER HONEY (Kasperek 94)
BOLD FASHION (Schreiner 98) WORLD PREMIER (Schreiner 98)
BOSS TWEED (Mc Whirter 93) Intermédiaires –
CERF VOLANT (Cayeux 2003) DONEGAL (Keppel 96)
CROWNED HEADS (Keppel 97) DUBLIN (Keppel97)
DREAMSICLE (Schreiner 95) HELEN PROCTOR (Briscoe 77) –retour -
FANCY WOMAN (Keppel 95) MASKED BANDIT (Keppel 97)
HIGH STAKES (Schreiner 99) TANTRUM (Keppel 97)
MASTER PLAN (Keppel 94) Nains standards -
OSAKA (Ghio 93) BRASH (Gatty 94)
POESIE (Cayeux 2003) GEMSTAR (M. Smith 92)
RIP CITY (Schreiner 99) SNUGGLEBUG (Schreiner 93)
ROUGISSANT (Cayeux 2003) ZERO (Keppel 97)
SEAKIST (Schreiner 97)
Pas de nouvelle maquette non plus chez BOURDILLON, mais un catalogue généraliste, regroupant iris, hémérocalles (très bel assortiment, avec notamment la première introduction d’une variété française, obtention de JJ François), pavots d’orient et pivoines. Avec 216 photos de grands iris, 28 d’iris « lilliputs », et 14 d’ « intermédiaires », (petites mais bien rendues), les illustrations sont intéressantes. A noter, au plan des anomalies, comme chez Cayeux, l’absence –partielle- des noms d’obtenteurs et comme chez Anfosso, le mélange, sous la rubrique « iris intermédiaires » d’ une majorité de véritables intermédiaires, et d’iris de bordure aussi bien que d’iris de table ! Le vocabulaire français, sur ce point est défaillant, car il faudrait trouver un terme sans ambiguïté pour désigner ces iris qui ne sont ni grands ni petits, par exemple « iris de taille moyenne », avec un « chapeau » précisant le contenu de la rubrique. Avec trente-trois nouveautés, la famille Bourdillon a fait un bel effort de renouvellement. Notons à ce sujet l’apparition de deux SDB français, obtenus par L. Ransom. Les voici :
Grands iris –
AMERICAN CLASSIC (Schreiner 96) HIGH STAKES (Schreiner 99)
APRIL IN PARIS (Wood 92) HUCKLEBERRY FUDGE (Gibson 97)
ARCTIC AGE (Schreiner 99) JURASSIC PARK (Lauer 95)
AROUND MIDNIGHT (Schreiner 95) OURAGAN (Cayeux 96)
ART DECO (Schreiner 97) PROSPEROUS VOYAGE (Hager 97)
AURA LIGHT ( Blyth 96) RUFFLED SKIRTS (Nichols 92)
BLUE SUEDE SHOES (Schreiner 96) RUSTLER (Keppel 88)
BOOGIE WOOGIE (Nichols 93) SKYLARK’S SONG (Schreiner 96)
CARTE BLANCHE (Schreiner 96) TEMPTING FATE (Meek D. 93)
CHASING RAINBOWS (Hager 98) TIGER HONEY (Kasperek 94)
CITYSCAPE (Schreiner 97) TOTAL RECALL (Hager 92)
COASTAL MIST (Schreiner 98) WORLD PREMIER (Schreiner 98)
CORN HARVEST (Wyatt 77) Iris de bordure –
DYNAMITE (Schreiner 97) BLACKBEARD (Weiler 89)
EMPEROR’S DELIGHT (Schreiner 97) CALICO CAT (Lankow 89)
FANCY WOMAN (Keppel 95) SHRIMP BOAT (Gatty 91)
FASHION DESIGNER (Keppel 95) Iris nains standards –
FINALIST (Gatty 94) CUTIE EYES (Ransom 95)
FOGBOUND (Keppel 98) MELTING POT (Ransom 95)
ART DECO apparaît dans les trois catalogues, c’est l’occasion de comparer les prix de vente :
Anfosso = 11 €
Bourdillon = 12.50 €
Cayeux = 12.00 €
D’une façon générale les prix pratiqués sont équivalents dans les trois catalogues, qui se « tiennent » à tous points de vue, car, outre les prix, les variétés présentées sont similaires ou voisines.
26.4.03
Paul H. Cook
Paul H. Cook fait partie de cette poignée d’hybrideurs qui ont marqué en profondeur le long cheminement vers les iris que nous connaissons aujourd’hui. Son nom est indissociable le de celui de PROGENITOR, un pauvre petit semis que la plupart des hybrideurs aurait détruit dès sa première fleur, mais dont il a eu, lui, le génie de pressentir les grandes aptitudes. Mais il ne faut pas limiter sa carrière à ce seul événement. Paul Cook était un homme sérieux et méthodique qui n’a rien entrepris à la légère et dont les résultats sont à la mesure de la qualité du travail.
Son intérêt pour l’horticulture remonte à sa petite enfance ; et il a commencé, dès 1910, par cultiver des petits pois, des fruits rouges et quelques iris. A son retour de la guerre de 14, lui et Bruce Williamson se trouvèrent un intérêt commun pour les iris qui donna naissance à une stimulante émulation et à un partenariat économique qui s’est concrétisé par la création des « Longfield Iris Gardens », la pépinière dont sont issus tous les produits Cook.
Il lui a fallu quinze ans de recherches pour aboutir, en 1937 à E. B. WILLIAMSON, une variété « rouge » qui a marqué son temps et obtenu l’année suivante la médaille d’or du Concours International d’Italie, l’ancêtre de l’actuel Florin d’Or. Dans les années qui ont suivi, Paul Cook a enregistré des variétés dans différentes classes de couleurs, comme PINK REFLECTION, COPPER ROSE ou DISTANCE, un iris bleu. Cependant Cook restera sans doute dans les mémoires pour son travail dans trois directions : les iris nains, les iris noirs et les amoenas et bicolores.
Pour ce qui est des iris nains, c’est lui qui a mis en évidence les exceptionnelles aptitudes de I. pumila à transférer les gènes des grands iris tétraploïdes dans les catégories de petite taille. C’est lui qui a découvert, incidemment, en tentant d’améliorer la richesse de la couleur des grands iris bleus, que le croisement d’ I. pumila et de grands iris donnait naissance à de ravissantes plantes. Il s’est empressé d’approfondir son travail dans ce sens et est parvenu à une sorte de sommet, en 1951, avec FAIRY FLAX, le bleu azur, BARIA, le jaune tendre et GREEN SPOT, aux sépales marqués de vert, qui a été si abondamment utilisé comme géniteur et qui a donné naissance à tant de remarquables semis. La catégorie des SDB (Standard Dwarf Bearded) était en train de naître.
Parmi ceux que l’on appelle les iris noirs, P. Cook nous a donné Sable en 1938, puis Sable Night en 1950, et d’autres d’égal mérite en leur temps. Comme on l’a vu précédemment, cette lignée, unie aux descendants de BLACK FOREST, est à l’origine de tous les noirs actuels.
De cette plante insignifiante qui se nomme PROGENITOR sont venus MELODRAMA, WHOLE CLOTH, EMMA COOK, MISS INDIANA et d’autres d’immense valeur qui nous valent de disposer aujourd’hui d’un panel pratiquement infini d’iris amoenas et bicolores. Cependant ce n’est pas Paul Cook qui a poursuivi dans la direction ainsi tracée. Quand on lui demandait pourquoi il n’avait pas continué la série de WHOLE CLOTH, il répondait avec un clin d’œil que, cette variété ayant été largement distribuée, la compétition était partie pour aller trop loin pour lui. En fait son plaisir était de découvrir, de mettre quelque chose en mouvement, pas forcément de poursuivre sur sa lancée.
En effet, même s’il avait les capacités pour devenir un homme d’affaire avisé, Paul Cook avait choisi de s’en tenir à son travail d’hybrideur, dans une petite communauté rurale ; il était bien plus intéressé par son foyer et ses livres, son jardin et ses iris, que par l’argent. Il avait un vaste cercle d’amis dans toutes les parties du monde et il aimait leur écrire et les rencontrer, en particulier à la saison des iris, et discuter des leurs travaux et des siens.
La Médaille de Dykes a été attribuée trois fois à des variétés sortant de ses mains, SABLE NIGHT en 55, WHOLE CLOTH en 62 et ALLEGIANCE en 64. Jusqu’à ce jour seuls trois autres obtenteurs sont parvenus au même résultat : Orville Fay, Ben Hager et Monty Byers. Ce n’est que justice rendue à un grand personnage qui était resté un homme modeste et généreux.
Il est mort subitement, dans l’Indiana, en novembre 1963.
Paul H. Cook fait partie de cette poignée d’hybrideurs qui ont marqué en profondeur le long cheminement vers les iris que nous connaissons aujourd’hui. Son nom est indissociable le de celui de PROGENITOR, un pauvre petit semis que la plupart des hybrideurs aurait détruit dès sa première fleur, mais dont il a eu, lui, le génie de pressentir les grandes aptitudes. Mais il ne faut pas limiter sa carrière à ce seul événement. Paul Cook était un homme sérieux et méthodique qui n’a rien entrepris à la légère et dont les résultats sont à la mesure de la qualité du travail.
Son intérêt pour l’horticulture remonte à sa petite enfance ; et il a commencé, dès 1910, par cultiver des petits pois, des fruits rouges et quelques iris. A son retour de la guerre de 14, lui et Bruce Williamson se trouvèrent un intérêt commun pour les iris qui donna naissance à une stimulante émulation et à un partenariat économique qui s’est concrétisé par la création des « Longfield Iris Gardens », la pépinière dont sont issus tous les produits Cook.
Il lui a fallu quinze ans de recherches pour aboutir, en 1937 à E. B. WILLIAMSON, une variété « rouge » qui a marqué son temps et obtenu l’année suivante la médaille d’or du Concours International d’Italie, l’ancêtre de l’actuel Florin d’Or. Dans les années qui ont suivi, Paul Cook a enregistré des variétés dans différentes classes de couleurs, comme PINK REFLECTION, COPPER ROSE ou DISTANCE, un iris bleu. Cependant Cook restera sans doute dans les mémoires pour son travail dans trois directions : les iris nains, les iris noirs et les amoenas et bicolores.
Pour ce qui est des iris nains, c’est lui qui a mis en évidence les exceptionnelles aptitudes de I. pumila à transférer les gènes des grands iris tétraploïdes dans les catégories de petite taille. C’est lui qui a découvert, incidemment, en tentant d’améliorer la richesse de la couleur des grands iris bleus, que le croisement d’ I. pumila et de grands iris donnait naissance à de ravissantes plantes. Il s’est empressé d’approfondir son travail dans ce sens et est parvenu à une sorte de sommet, en 1951, avec FAIRY FLAX, le bleu azur, BARIA, le jaune tendre et GREEN SPOT, aux sépales marqués de vert, qui a été si abondamment utilisé comme géniteur et qui a donné naissance à tant de remarquables semis. La catégorie des SDB (Standard Dwarf Bearded) était en train de naître.
Parmi ceux que l’on appelle les iris noirs, P. Cook nous a donné Sable en 1938, puis Sable Night en 1950, et d’autres d’égal mérite en leur temps. Comme on l’a vu précédemment, cette lignée, unie aux descendants de BLACK FOREST, est à l’origine de tous les noirs actuels.
De cette plante insignifiante qui se nomme PROGENITOR sont venus MELODRAMA, WHOLE CLOTH, EMMA COOK, MISS INDIANA et d’autres d’immense valeur qui nous valent de disposer aujourd’hui d’un panel pratiquement infini d’iris amoenas et bicolores. Cependant ce n’est pas Paul Cook qui a poursuivi dans la direction ainsi tracée. Quand on lui demandait pourquoi il n’avait pas continué la série de WHOLE CLOTH, il répondait avec un clin d’œil que, cette variété ayant été largement distribuée, la compétition était partie pour aller trop loin pour lui. En fait son plaisir était de découvrir, de mettre quelque chose en mouvement, pas forcément de poursuivre sur sa lancée.
En effet, même s’il avait les capacités pour devenir un homme d’affaire avisé, Paul Cook avait choisi de s’en tenir à son travail d’hybrideur, dans une petite communauté rurale ; il était bien plus intéressé par son foyer et ses livres, son jardin et ses iris, que par l’argent. Il avait un vaste cercle d’amis dans toutes les parties du monde et il aimait leur écrire et les rencontrer, en particulier à la saison des iris, et discuter des leurs travaux et des siens.
La Médaille de Dykes a été attribuée trois fois à des variétés sortant de ses mains, SABLE NIGHT en 55, WHOLE CLOTH en 62 et ALLEGIANCE en 64. Jusqu’à ce jour seuls trois autres obtenteurs sont parvenus au même résultat : Orville Fay, Ben Hager et Monty Byers. Ce n’est que justice rendue à un grand personnage qui était resté un homme modeste et généreux.
Il est mort subitement, dans l’Indiana, en novembre 1963.
L’INTRUS (RÉPONSES)
Voici les réponses au jeu proposé la semaine dernière :
1
Il fallait éliminer LIGHT BEAM. Tous les autres sont de « vrais » plicatas, celui-là est un « plicata jaune », donc un « hérétique » !
Texte de référence : « Plicata jaune ? »
2
Il fallait éliminer FEMININE WILES : tous ces iris sont roses, mais seuls les trois autres ont été obtenus par Ben Hager. L’obtenteur de FEMININE WILES est John Nelson.
Texte de référence : « Benjamin Ross Hager »
3
Il fallait éliminer GOTHIC. Tous ces iris sont dus à Monty Byers, mais GOTHIC ne descend pas de BROADWAY !
Texte de référence : « Broadway »
4
Il fallait éliminer ELVIS PRESLEY. Ces iris ont été obtenus par Clifford Benson, mais ELVIS PRESELY est blanc, les trois autres sont bleus.
Texte de référence : « Clifford W. Benson »
5
Il fallait éliminer FLARE UP : les quatre iris cités sont bien des produits Ghio, mais FLARE UP ne descend pas directement de COMMENTARY.
Texte de référence : « Commentary »
6
Il fallait éliminer DOLCE VITA. Les trois autres noms de variétés obtenues par Ben Hager font allusion à la musique classique, pas DOLCE VITA.
Texte de référence : « Con Amore »
7
Il fallait éliminer LORD BALTIMORE. De ces quatre Lords, c’est le seul obtenu par Donald Nearpass.
Texte de référence : « Donald C. Nearpass »
8
Il fallait éliminer ACTRESS. Tous ces iris sont des obtentions de Keith Keppel ; les trois autres ont obtenu le Florin d’Or à Florence, pas celui-là.
Texte de référence : « Florins d’or »
9
Il fallait éliminer OLD BLACK MAGIC. Ces quatre variétés noires sont des iris Schreiner descendants de BLACK FOREST, mais les trois autres datent des années 70, OBM est de 96.
Texte de référence : « Forêt Noire »
10
Il fallait éliminer FLEETA. Les trois autre variétés sont des obtentions de Paul Cook.
FLEETA est d’Orville Fay.
Texte de référence : « Le tiercé gagnant de M. Cook »
Voici les réponses au jeu proposé la semaine dernière :
1
Il fallait éliminer LIGHT BEAM. Tous les autres sont de « vrais » plicatas, celui-là est un « plicata jaune », donc un « hérétique » !
Texte de référence : « Plicata jaune ? »
2
Il fallait éliminer FEMININE WILES : tous ces iris sont roses, mais seuls les trois autres ont été obtenus par Ben Hager. L’obtenteur de FEMININE WILES est John Nelson.
Texte de référence : « Benjamin Ross Hager »
3
Il fallait éliminer GOTHIC. Tous ces iris sont dus à Monty Byers, mais GOTHIC ne descend pas de BROADWAY !
Texte de référence : « Broadway »
4
Il fallait éliminer ELVIS PRESLEY. Ces iris ont été obtenus par Clifford Benson, mais ELVIS PRESELY est blanc, les trois autres sont bleus.
Texte de référence : « Clifford W. Benson »
5
Il fallait éliminer FLARE UP : les quatre iris cités sont bien des produits Ghio, mais FLARE UP ne descend pas directement de COMMENTARY.
Texte de référence : « Commentary »
6
Il fallait éliminer DOLCE VITA. Les trois autres noms de variétés obtenues par Ben Hager font allusion à la musique classique, pas DOLCE VITA.
Texte de référence : « Con Amore »
7
Il fallait éliminer LORD BALTIMORE. De ces quatre Lords, c’est le seul obtenu par Donald Nearpass.
Texte de référence : « Donald C. Nearpass »
8
Il fallait éliminer ACTRESS. Tous ces iris sont des obtentions de Keith Keppel ; les trois autres ont obtenu le Florin d’Or à Florence, pas celui-là.
Texte de référence : « Florins d’or »
9
Il fallait éliminer OLD BLACK MAGIC. Ces quatre variétés noires sont des iris Schreiner descendants de BLACK FOREST, mais les trois autres datent des années 70, OBM est de 96.
Texte de référence : « Forêt Noire »
10
Il fallait éliminer FLEETA. Les trois autre variétés sont des obtentions de Paul Cook.
FLEETA est d’Orville Fay.
Texte de référence : « Le tiercé gagnant de M. Cook »
20.4.03
L’INTRUS
Le premier quiz que j’ai présenté ayant remporté un certain succès, en voici un nouveau. Cette fois, dans chaque item, il s’agit de découvrir l’intrus, c’est à dire le nom de variété qui n’a rien à faire dans la liste.
Amusez-vous bien.
1
· EARL OF ESSEX
· LIGHT BEAM
· RONDO
· STEPPING OUT
2
· ANNA BELLE BABSON
· BEVERLY SILLS
· FEMININE WILES
· VANITY
3
· BARN DANCE
· BLATANT
· GOTHIC
· ISTANBUL
4
· ELVIS PRESLEY
· LAKE PLACID
· MAESTRO PUCCINI
· VAN CLIBURN
5
· DOUBLE SCOOP
· FLARE UP
· GHOST STORY
· SOAP OPERA
6
· BEL CANTO
· CON AMORE
· DOLCE VITA
· VERISMO
7
· LONDON LORD
· LORD BALTIMORE
· LORD OLIVIER
· WAR LORD
8
· ACTRESS
· FOGGY DEW
· SKYBLAZE
· WOODCRAFT
9
· DUSKY EVENING
· NIGHT OWL
· OLD BLACK MAGIC
· SWAZI PRINCESS
10
· EMMA COOK
· FLEETA
· MELODRAMA
· WHOLE CLOTH
Réponses, la semaine prochaine !
Le premier quiz que j’ai présenté ayant remporté un certain succès, en voici un nouveau. Cette fois, dans chaque item, il s’agit de découvrir l’intrus, c’est à dire le nom de variété qui n’a rien à faire dans la liste.
Amusez-vous bien.
1
· EARL OF ESSEX
· LIGHT BEAM
· RONDO
· STEPPING OUT
2
· ANNA BELLE BABSON
· BEVERLY SILLS
· FEMININE WILES
· VANITY
3
· BARN DANCE
· BLATANT
· GOTHIC
· ISTANBUL
4
· ELVIS PRESLEY
· LAKE PLACID
· MAESTRO PUCCINI
· VAN CLIBURN
5
· DOUBLE SCOOP
· FLARE UP
· GHOST STORY
· SOAP OPERA
6
· BEL CANTO
· CON AMORE
· DOLCE VITA
· VERISMO
7
· LONDON LORD
· LORD BALTIMORE
· LORD OLIVIER
· WAR LORD
8
· ACTRESS
· FOGGY DEW
· SKYBLAZE
· WOODCRAFT
9
· DUSKY EVENING
· NIGHT OWL
· OLD BLACK MAGIC
· SWAZI PRINCESS
10
· EMMA COOK
· FLEETA
· MELODRAMA
· WHOLE CLOTH
Réponses, la semaine prochaine !
COMME UN CHARME
Les intermédiaires sont aux iris ce que les mulets sont aux équidés. Le produit stérile (le plus souvent) d’un grand et d’un petit. Mais là s’arrête la comparaison, car si les mulets n’ont ni l ‘élégance des chevaux, ni l’air bonhomme des ânes, les iris intermédiaires sont de très jolies plantes, bien proportionnées et florifères.
Je prendrai aujourd’hui deux exemples de cette réussite.
Commençons par LIKE A CHARM (Byers 88). C’est en quelque sorte un amoena inversé. Il est décrit comme : « Pétales jaune citron, sépales blancs, jaune brillant aux épaules et autour de la barbe ; barbe bleue pointée jaune, éperons bleu-violet ; légèrement ondulé, parfum doux et prononcé. » Une fleur originale, donc, qui éclaire le jardin, du haut de ses 55 centimètres. Son parent femelle est le petit SDB THRICE BLESSED (Weiler 81) qui est jaune à barbe blanche, son parent mâle est un grand iris, non dénommé, mais qui est issu du croisement de deux variétés célèbres : ACTRESS (Keppel 76) et SKY HOOKS (Osborne 80). On ne les présente plus ni l’un ni l’autre, ACTRESS en bleu à barbe rouge, et SKY HOOKS, l’iris à éperons le plus fameux, à l’origine d’une masse de cultivars de cet aspect. LIKE A CHARM tient de lui ses éperons bleus. Il tient de sa « mère », et de l’une de ses « grand’mères », BABY SNOWFLAKE (Peterson 62) ses couleurs et sa taille. A noter que ce BABY SNOWFLAKE descend du grand bleu BLUE SAPPHIRE (Schreiner 53, DM 58), uni pour la circonstance à un iris pumila. Le bleu est bien représenté dans les gènes de LIKE A CHARM, grâce à ACTRESS, qui descend du bel iris indigo LOVELY LETTY (Hall 60), associé à l’incontournable RIPPLING WATERS (Fay 61, DM 66), et de BABBLING BROOK (Keppel 69, DM 72), lui-même provenant de CAHOKIA (Faught 46), l’ancêtre de la plupart des bleus. L’arbre généalogique de SKY HOOKS est assez compliqué, mais il faut savoir qu’on y découvre deux autres incontournables, MARY RANDALL (Fay 50, DM 54) et FLEETA (Fay 56).
L’autre iris intermédiaire dont je veux parler se nomme HELEN PROCTOR (Briscoe 77). Celui-ci présente l’originalité d’être un iris « noir », couleur fort rare parmi les intermédiaires. Autre originalité, il est issu du croisement d’un intermédiaire fertile, LOU BROCK (Briscoe 74) et de SABLE ROBE (Cook 66), l’une des toutes dernières hybridations de Paul Cook, sombre, comme son nom le laisse présager. Cet iris descend comme de bien entendu, via DEEP BLACK (Cook 53), de BLACK FOREST (Schreiner 45) ! Quant à la « mère » d’HELEN PROCTOR, c’est un petit iris violet foncé. Par les mâles il provient de BLACK BABY (Sass 55), un SDB dont les particularités sont d’une part d’être bien noir, d’autre part de trouver son origine non pas parmi les iris pumilas, mais parmi les chamaeiris, autre espèce naine. Côté femelle, LOU BROCK a pour parent DARK STRANGER (Branch 57), iris pourpre foncé, lequel est un des enfants de BLACK FOREST ! Décidément, on n’en sort pas. Quand on dit noir, on dit presque obligatoirement BLACK FOREST, que ce soit chez les grands iris, comme chez les iris intermédiaires.
Les deux variétés d’aujourd’hui, fort différentes, présentent deux aspects de la panoplie passionnante des iris intermédiaires qui, au jardin, non seulement ouvrent de bonne heure la saison, mais aussi rendent d’éminents services là où la place tend à manquer.
Les intermédiaires sont aux iris ce que les mulets sont aux équidés. Le produit stérile (le plus souvent) d’un grand et d’un petit. Mais là s’arrête la comparaison, car si les mulets n’ont ni l ‘élégance des chevaux, ni l’air bonhomme des ânes, les iris intermédiaires sont de très jolies plantes, bien proportionnées et florifères.
Je prendrai aujourd’hui deux exemples de cette réussite.
Commençons par LIKE A CHARM (Byers 88). C’est en quelque sorte un amoena inversé. Il est décrit comme : « Pétales jaune citron, sépales blancs, jaune brillant aux épaules et autour de la barbe ; barbe bleue pointée jaune, éperons bleu-violet ; légèrement ondulé, parfum doux et prononcé. » Une fleur originale, donc, qui éclaire le jardin, du haut de ses 55 centimètres. Son parent femelle est le petit SDB THRICE BLESSED (Weiler 81) qui est jaune à barbe blanche, son parent mâle est un grand iris, non dénommé, mais qui est issu du croisement de deux variétés célèbres : ACTRESS (Keppel 76) et SKY HOOKS (Osborne 80). On ne les présente plus ni l’un ni l’autre, ACTRESS en bleu à barbe rouge, et SKY HOOKS, l’iris à éperons le plus fameux, à l’origine d’une masse de cultivars de cet aspect. LIKE A CHARM tient de lui ses éperons bleus. Il tient de sa « mère », et de l’une de ses « grand’mères », BABY SNOWFLAKE (Peterson 62) ses couleurs et sa taille. A noter que ce BABY SNOWFLAKE descend du grand bleu BLUE SAPPHIRE (Schreiner 53, DM 58), uni pour la circonstance à un iris pumila. Le bleu est bien représenté dans les gènes de LIKE A CHARM, grâce à ACTRESS, qui descend du bel iris indigo LOVELY LETTY (Hall 60), associé à l’incontournable RIPPLING WATERS (Fay 61, DM 66), et de BABBLING BROOK (Keppel 69, DM 72), lui-même provenant de CAHOKIA (Faught 46), l’ancêtre de la plupart des bleus. L’arbre généalogique de SKY HOOKS est assez compliqué, mais il faut savoir qu’on y découvre deux autres incontournables, MARY RANDALL (Fay 50, DM 54) et FLEETA (Fay 56).
L’autre iris intermédiaire dont je veux parler se nomme HELEN PROCTOR (Briscoe 77). Celui-ci présente l’originalité d’être un iris « noir », couleur fort rare parmi les intermédiaires. Autre originalité, il est issu du croisement d’un intermédiaire fertile, LOU BROCK (Briscoe 74) et de SABLE ROBE (Cook 66), l’une des toutes dernières hybridations de Paul Cook, sombre, comme son nom le laisse présager. Cet iris descend comme de bien entendu, via DEEP BLACK (Cook 53), de BLACK FOREST (Schreiner 45) ! Quant à la « mère » d’HELEN PROCTOR, c’est un petit iris violet foncé. Par les mâles il provient de BLACK BABY (Sass 55), un SDB dont les particularités sont d’une part d’être bien noir, d’autre part de trouver son origine non pas parmi les iris pumilas, mais parmi les chamaeiris, autre espèce naine. Côté femelle, LOU BROCK a pour parent DARK STRANGER (Branch 57), iris pourpre foncé, lequel est un des enfants de BLACK FOREST ! Décidément, on n’en sort pas. Quand on dit noir, on dit presque obligatoirement BLACK FOREST, que ce soit chez les grands iris, comme chez les iris intermédiaires.
Les deux variétés d’aujourd’hui, fort différentes, présentent deux aspects de la panoplie passionnante des iris intermédiaires qui, au jardin, non seulement ouvrent de bonne heure la saison, mais aussi rendent d’éminents services là où la place tend à manquer.
11.4.03
CHANTILLY :
UNE HISTOIRE DE DENTELLE
On ne peut pas dire que CHANTILLY (David Hall, 1940) soit une très jolie fleur. Pour la couleur, ça va, c’est un iris lavande léger, avec les épaules nettement marquées du jaune qui infuse le cœur. Mais pour la forme, c’est assez médiocre, avec des sépales récurvés et retombants, à moins que l’on ne porte son attention sur les bords des pièces florales qui sont finement laciniées, comme de la dentelle. D’où le nom, CHANTILLY, qui ne fait pas allusion à la crème, mais à la célèbre activité dont la ville éponyme s’est longtemps enorgueillie. Dès son apparition, cet iris est devenu populaire grâce à ce frisottis, original pour l’époque.
Ce n’est pas que les bords dentelés soient une nouveauté, dans les années 40, parce que cet aspect était apparu depuis plus de dix ans parmi les semis des frères Sass. Ceux-ci considéraient que c’était plutôt une anomalie. Mais les amateurs qui rendaient visite à leur pépinière trouvaient cela joli et ils finirent par se décider à enregistrer deux variétés frisées, MIDWEST GEM, en 1937, puis, en 1939, MATULA. Plusieurs obtenteurs saisirent l’occasion pour entreprendre un développement de cet ornement. Particulièrement Agnès Whiting, qui utilisa largement MATULA pour transmettre le facteur de la dentelle à sa descendance. Elle enregistra plusieurs variétés dentelées, comme GOLD LACE, MIRABELLE, ETUDE et surtout PATHFINDER (50). Ted Muhlestein, quant à lui, se servit plutôt de MIDWEST GEM et aboutit à GOLD RUFFLES. Le Dr Loomis passa par une autre voie pour développer les bords frisés de ses fleurs. Il constata en effet que son rose orchidée MOROCCO ROSE (1937) était apte à transmettre le facteur concerné. Mais c’est David Hall, obtenteur de CHANTILLY et grand hybrideur, notamment d’iris roses, qui parvint à un iris réellement et profondément dentelé. Après CHANTILLY, il a obtenu d’autres variétés frisées comme LIMELIGHT (52) ou JUNE BRIDE (54). Cependant c’est une autre variété, rose, MAY HALL (54), pas franchement découpée néanmoins, qui s’est révélée comme la meilleure pour la transmission du facteur de la dentelle car, sans que l’on sache pourquoi, ce sont surtout les iris roses qui propagent ce phénomène. A partir de cette variété des obtenteurs comme Orville Fay ou Nate Rudolph ont introduit les bords dentelés dans les caractéristiques de leurs iris. C’est le cas pour TRULY YOURS (Fay 49), un iris jaune tendre, devenant blanc plus on s’approche des bords, ceux-ci étant finement laciniés, qui n’a pas volé sa DM obtenue en 1953. Même récompense en 66 pour RIPPLING WATERS (Fay 61), une variété mauve aux bords joliment ciselés, qui est devenue l’un des piliers de l’hybridation moderne. Les roses de Rudolph se présentent avec les mêmes traits. C’est vrai notamment pour les délicats rose tendre PINK ICE (60), PINK FRINGE (66), PINK SLEIGH (70)…
Bien entendu les deux origines, CHANTILLY et MAY HALL, sans oublier MOROCCO ROSE, ont été croisées, directement ou via leurs descendants, pour obtenir des pétales remarquablement brodés. Gordon Plough a utilisé cette voie pour introduire les iris dentelés dans ses lignées. Opal Brown a fait de même. On leur doit, par exemple, BUTTERSCOTCH KISS (Plough 58), non seulement très frisé, mais encore marquant l’apparition d’une nouvelle teinte parmi les iris jaunes ; RAINBOW GOLD (Plough 59), un iris jaune d’or qu’on retrouve dans le pedigree de nombreuses variétés fort connues comme BRIDE’S HALO (Mohr 73 – DM 78), MILESTONE (Plough 65), STARRING ROLE (D. Palmer 73) ou TRADER’S GOLD (Plough 82) ; BUFFY (O. Brown 69) et son « fils » QUEEN OF HEARTS (O. Brown 74) qui rata de peu la DM en 81.
Quant à l’incontournable maison Schreiner, elle a croisé MIDWEST GEM et CHANTILLY. De cette union sont nés, quelques générations plus tard des variétés frisées de qualité comme LIME FIZZ (Schreiner 69) ou le splendide GRAND WALTZ (Schreiner 70), ultra célèbre et ultra frisé.
Les bords dentelés sont maintenant très répandus chez les grands iris. , Tout comme les souples ondulations, les sépales élargis à la base et les tiges largement ramifiées, ils font partie des caractéristiques les plus courantes. GRAND WALTZ n’est pas étranger à cette expansion. Ses enfants et petits enfants sont très nombreux et reproduisent les ornements de leur illustre parent. L’un des plus découpés est sans conteste le fameux LACED COTTON (Schreiner 80) qui aurait très bien pu s’ajouter aux DM acquises par les produits de la firme de Salem, puisqu’il a manqué d’un rien la distinction suprême en 86. Paradoxe, cette année là c’est SONG OF NORWAY qui l’a emportée, une variété raide et plutôt avare en frisures ! LACED COTTON, ce faux blanc pur, est entièrement bordé de très fines dentelures, et ce caractère a intéressé un grand nombre d’hybrideurs. Les américains tout d’abord, Schreiner en tête, qui nous a donné QUEEN OF ANGELS (95) aux extrémités déchiquetées, tout comme CARTE BLANCHE (96) ou un autre blanc, ARCTIC AGE (99). MYSTIC LACE (Aitken 90) tient de LACED COTTON les délicats friselis de ses pétales, et de MYSTIQUE (Ghio 75 –DM 80) son joli dégradé de bleu indigo. PURE AS THE (Innerst 89) est aussi un blanc abondamment frisotté, RHONDA FLEMING (Mullin 92) est une superbe fleur mauve vif au centre blanc, à la fois frisée et ondulée, LADY BIRD JOHNSON (Mahan 96) cumule les qualités : couleur bleue pâle raffinée et forme parfaite avec friselis et ondulations, même chose pour le mauve parme FANCY STUFF (O. Brown 98). Ailleurs qu’en Amérique, LACED COTTON est le parent-vedette du Slovaque Ladislaw Muska qui en a tiré de très nombreux cultivars brodés intéressants comme son bicolore fétiche, DON EPIFANO (89) ou le mauve pâle baptisé avec à propos LA DENTELLE (96) que l’on peu qualifier de crépu. OEDIPUSSI (89) est la contribution de l’Allemand Harald Moos à la gloire de LACED COTTON et de ses pétales découpés. J’ai dans ma propre collection ZLATOHLAVEK (Seidl 97), la version jaune – et tchèque – de LACED COTTON. Enfin n’oublions pas CUMULUS (Cayeux R. 2000), néglecta lavande, qui rassemble dans sa généalogie les noms prestigieux de LACED COTTON, bien sûr, mais aussi ceux de CONDOTTIERE et SILVERADO.
LACED COTTON n’est cependant qu’un des descendants de GRAND WALTZ aux bords fortement brodés. Citons aussi, les produits Ernst, tous cousins, qui s’appellent DIFFERENT WORLD (91), RAINBOW GODDESS (94) ou TRACY TYRENE (88), le plus connu en France. Parlons de RUFFLES AND LACE (Hamblen 82) dont le nom dit bien à qui l’on a affaire, LILAC BREEZE (Tompkins 87), adorable rose bleuté tout en finesse, et de nombreux produits Schreiner, comme FABULOUS FRILLS (76) vraiment crêpé, MICHELE TAYLOR (84), et son cousin PRETTY PRINT (80), une pure merveille mauve tendre si gracieusement bouillonnée de dentelle mauve plus vif.
Avec tous ces beaux iris, on s’est largement éloigné de CHANTILLY ! Mais il ne faut pas oublier que depuis l’apparition de cette variété, au nom si bien choisi, les obtenteurs ont abondamment exploité ses performances et offert aux amateurs des fleurs toujours plus belles dont les pétales et sépales s’ornent de la plus charmeuse des parures.
Sources : The World of Irises (Warburton et Hamblen) 1978.
UNE HISTOIRE DE DENTELLE
On ne peut pas dire que CHANTILLY (David Hall, 1940) soit une très jolie fleur. Pour la couleur, ça va, c’est un iris lavande léger, avec les épaules nettement marquées du jaune qui infuse le cœur. Mais pour la forme, c’est assez médiocre, avec des sépales récurvés et retombants, à moins que l’on ne porte son attention sur les bords des pièces florales qui sont finement laciniées, comme de la dentelle. D’où le nom, CHANTILLY, qui ne fait pas allusion à la crème, mais à la célèbre activité dont la ville éponyme s’est longtemps enorgueillie. Dès son apparition, cet iris est devenu populaire grâce à ce frisottis, original pour l’époque.
Ce n’est pas que les bords dentelés soient une nouveauté, dans les années 40, parce que cet aspect était apparu depuis plus de dix ans parmi les semis des frères Sass. Ceux-ci considéraient que c’était plutôt une anomalie. Mais les amateurs qui rendaient visite à leur pépinière trouvaient cela joli et ils finirent par se décider à enregistrer deux variétés frisées, MIDWEST GEM, en 1937, puis, en 1939, MATULA. Plusieurs obtenteurs saisirent l’occasion pour entreprendre un développement de cet ornement. Particulièrement Agnès Whiting, qui utilisa largement MATULA pour transmettre le facteur de la dentelle à sa descendance. Elle enregistra plusieurs variétés dentelées, comme GOLD LACE, MIRABELLE, ETUDE et surtout PATHFINDER (50). Ted Muhlestein, quant à lui, se servit plutôt de MIDWEST GEM et aboutit à GOLD RUFFLES. Le Dr Loomis passa par une autre voie pour développer les bords frisés de ses fleurs. Il constata en effet que son rose orchidée MOROCCO ROSE (1937) était apte à transmettre le facteur concerné. Mais c’est David Hall, obtenteur de CHANTILLY et grand hybrideur, notamment d’iris roses, qui parvint à un iris réellement et profondément dentelé. Après CHANTILLY, il a obtenu d’autres variétés frisées comme LIMELIGHT (52) ou JUNE BRIDE (54). Cependant c’est une autre variété, rose, MAY HALL (54), pas franchement découpée néanmoins, qui s’est révélée comme la meilleure pour la transmission du facteur de la dentelle car, sans que l’on sache pourquoi, ce sont surtout les iris roses qui propagent ce phénomène. A partir de cette variété des obtenteurs comme Orville Fay ou Nate Rudolph ont introduit les bords dentelés dans les caractéristiques de leurs iris. C’est le cas pour TRULY YOURS (Fay 49), un iris jaune tendre, devenant blanc plus on s’approche des bords, ceux-ci étant finement laciniés, qui n’a pas volé sa DM obtenue en 1953. Même récompense en 66 pour RIPPLING WATERS (Fay 61), une variété mauve aux bords joliment ciselés, qui est devenue l’un des piliers de l’hybridation moderne. Les roses de Rudolph se présentent avec les mêmes traits. C’est vrai notamment pour les délicats rose tendre PINK ICE (60), PINK FRINGE (66), PINK SLEIGH (70)…
Bien entendu les deux origines, CHANTILLY et MAY HALL, sans oublier MOROCCO ROSE, ont été croisées, directement ou via leurs descendants, pour obtenir des pétales remarquablement brodés. Gordon Plough a utilisé cette voie pour introduire les iris dentelés dans ses lignées. Opal Brown a fait de même. On leur doit, par exemple, BUTTERSCOTCH KISS (Plough 58), non seulement très frisé, mais encore marquant l’apparition d’une nouvelle teinte parmi les iris jaunes ; RAINBOW GOLD (Plough 59), un iris jaune d’or qu’on retrouve dans le pedigree de nombreuses variétés fort connues comme BRIDE’S HALO (Mohr 73 – DM 78), MILESTONE (Plough 65), STARRING ROLE (D. Palmer 73) ou TRADER’S GOLD (Plough 82) ; BUFFY (O. Brown 69) et son « fils » QUEEN OF HEARTS (O. Brown 74) qui rata de peu la DM en 81.
Quant à l’incontournable maison Schreiner, elle a croisé MIDWEST GEM et CHANTILLY. De cette union sont nés, quelques générations plus tard des variétés frisées de qualité comme LIME FIZZ (Schreiner 69) ou le splendide GRAND WALTZ (Schreiner 70), ultra célèbre et ultra frisé.
Les bords dentelés sont maintenant très répandus chez les grands iris. , Tout comme les souples ondulations, les sépales élargis à la base et les tiges largement ramifiées, ils font partie des caractéristiques les plus courantes. GRAND WALTZ n’est pas étranger à cette expansion. Ses enfants et petits enfants sont très nombreux et reproduisent les ornements de leur illustre parent. L’un des plus découpés est sans conteste le fameux LACED COTTON (Schreiner 80) qui aurait très bien pu s’ajouter aux DM acquises par les produits de la firme de Salem, puisqu’il a manqué d’un rien la distinction suprême en 86. Paradoxe, cette année là c’est SONG OF NORWAY qui l’a emportée, une variété raide et plutôt avare en frisures ! LACED COTTON, ce faux blanc pur, est entièrement bordé de très fines dentelures, et ce caractère a intéressé un grand nombre d’hybrideurs. Les américains tout d’abord, Schreiner en tête, qui nous a donné QUEEN OF ANGELS (95) aux extrémités déchiquetées, tout comme CARTE BLANCHE (96) ou un autre blanc, ARCTIC AGE (99). MYSTIC LACE (Aitken 90) tient de LACED COTTON les délicats friselis de ses pétales, et de MYSTIQUE (Ghio 75 –DM 80) son joli dégradé de bleu indigo. PURE AS THE (Innerst 89) est aussi un blanc abondamment frisotté, RHONDA FLEMING (Mullin 92) est une superbe fleur mauve vif au centre blanc, à la fois frisée et ondulée, LADY BIRD JOHNSON (Mahan 96) cumule les qualités : couleur bleue pâle raffinée et forme parfaite avec friselis et ondulations, même chose pour le mauve parme FANCY STUFF (O. Brown 98). Ailleurs qu’en Amérique, LACED COTTON est le parent-vedette du Slovaque Ladislaw Muska qui en a tiré de très nombreux cultivars brodés intéressants comme son bicolore fétiche, DON EPIFANO (89) ou le mauve pâle baptisé avec à propos LA DENTELLE (96) que l’on peu qualifier de crépu. OEDIPUSSI (89) est la contribution de l’Allemand Harald Moos à la gloire de LACED COTTON et de ses pétales découpés. J’ai dans ma propre collection ZLATOHLAVEK (Seidl 97), la version jaune – et tchèque – de LACED COTTON. Enfin n’oublions pas CUMULUS (Cayeux R. 2000), néglecta lavande, qui rassemble dans sa généalogie les noms prestigieux de LACED COTTON, bien sûr, mais aussi ceux de CONDOTTIERE et SILVERADO.
LACED COTTON n’est cependant qu’un des descendants de GRAND WALTZ aux bords fortement brodés. Citons aussi, les produits Ernst, tous cousins, qui s’appellent DIFFERENT WORLD (91), RAINBOW GODDESS (94) ou TRACY TYRENE (88), le plus connu en France. Parlons de RUFFLES AND LACE (Hamblen 82) dont le nom dit bien à qui l’on a affaire, LILAC BREEZE (Tompkins 87), adorable rose bleuté tout en finesse, et de nombreux produits Schreiner, comme FABULOUS FRILLS (76) vraiment crêpé, MICHELE TAYLOR (84), et son cousin PRETTY PRINT (80), une pure merveille mauve tendre si gracieusement bouillonnée de dentelle mauve plus vif.
Avec tous ces beaux iris, on s’est largement éloigné de CHANTILLY ! Mais il ne faut pas oublier que depuis l’apparition de cette variété, au nom si bien choisi, les obtenteurs ont abondamment exploité ses performances et offert aux amateurs des fleurs toujours plus belles dont les pétales et sépales s’ornent de la plus charmeuse des parures.
Sources : The World of Irises (Warburton et Hamblen) 1978.
4.4.03
CONDOTTIERE x DELPHI
On ne présente plus CONDOTTIERE (J.Cayeux 78), qui est très certainement l’iris français le plus utilisé en hybridation partout dans le monde, et qui fait maintenant partie du petit cercle des variétés de base, mais on connaît moins son partenaire DELPHI (Shoop 79) qui n’a pas eu le même succès, mais qui est à l’origine d’une remarquable lignée.
A première vue, DELPHI est une variété assez banale. Il est décrit comme « Pétales blancs ; sépales bleus ; barbes mandarine ; ondulé. » C’est un peu cursif comme description, et pas tout à fait exact. En fait les sépales ne sont pas franchement bleus, mais d’un bleu-mauve un peu terne, avec des veines claires très visibles et des épaules fortement marquées de brun. Quant à la forme de la fleur, elle est tout à fait typique des années 70 : les pétales forment le dôme et les sépales retombent un peu. Rien donc qui attire particulièrement, si ce n’est les barbes vivement colorées, qui sont une caractéristique des iris signés George Shoop.
Avec le flair qui distingue les grands hybrideurs, Jean Cayeux, en visite aux USA en 1981, devine que cette variété, croisée avec le grand CONDOTTIERE, est susceptible de donner naissance à des iris tricolores, blancs aux pétales, bleus aux sépales et rouges aux barbes. Il rapporte du pollen de DELPHI et procède aussitôt au croisement envisagé. Dans son livre « L’iris, une fleur royale », Richard Cayeux raconte ensuite comment ce croisement a donné naissance à un semis bleu-blanc-rouge, mais insuffisamment contrasté, qui n’est connu que sous son numéro (8109 A), et comment recroisé avec d’autres descendants de CONDOTTIERE, il est à l’origine d’une série exceptionnelle de variétés tricolores. Quatre frères de semis ont été sélectionnés : BAL MASQUÉ, MARBRE BLEU, REBECCA PERRET et VIVE LA FRANCE. Ces quatre variétés ont été enregistrées en 1993. BAL MASQUÉ est le plus sombre des quatre : les pétales sont bien blancs, mais les sépales, fortement veinés sous les barbes, présentent un violet pensée qui offre un contraste très agréable. MARBRE BLEU est tout à fait remarquable, avec des sépales d’un beau bleu violacé vif et des veines blanches très importantes mais qui ne font que développer le caractère de la fleur. REBECCA PERRET est beaucoup plus clair : le bleu tendre des sépales rappelle à la fois celui d’ALIZÉS (J. Cayeux 87) (qui figure dans son pedigree) et celui de son semis « mère ». VIVE LA FRANCE est le plus proche du but recherché car son bleu est un bleu « drapeau » et le centre blanc des sépales nettement moins développé que sur ses frères. Des quatre, c’est REBECCA PERRET qui a assuré la continuation, avec trois variétés cousines : BELLE DE NUIT (R. Cayeux 99), PARISIEN (R.Cayeux 94) et LA MEIJE (R. Cayeux 2000). BELLE DE NUIT est un néglecta indigo à vives barbes rouges ; PARISIEN est l’ultime achèvement de la série des tricolores, car il tient le milieu entre VIVE LA FRANCE et MARBRE BLEU avec la teinte du premier aux sépales et les veines blanches du second ; quant à LA MEIJE c’est une amélioration du semis 8109 A en ce qui concerne la forme de la fleur et la pureté des couleurs, puisque le ton bleuté se limite aux bords des sépales. il provient du croisement de REBECCA PERRET et d’un autre descendant du couple CONDOTTIERE x DELPHI, l’exceptionnel SIXTINE C (R.Cayeux 94).
Car ce couple n’a pas seulement engendré la bande des quatre ! Parmi ses descendants on trouve aussi deux autres frères de semis : HORTENSE C (R. Cayeux 93). et RUBAN BLEU (R. Cayeux 97), ainsi que VOLUTE (R. Cayeux 96), issu d’un autre croisement. En plus il y a CUMULUS (R. Cayeux 2000), et l’américain REGAL AFFAIR (Shoop 89), la version US de la série tricolore. HORTENSE C. est très proche de BAL MASQUÉ ; RUBAN BLEU est sans doute le plus vif de la série tricolore, avec une zone blanche fortement rayée de brun sous les barbes. On retrouve dans CUMULUS le côté néglecta de BELLE DE NUIT, mais dans une tonalité plus mauve et plus claire. Enfin VOLUTE est nettement un bicolore, beige et violet améthyste, avec la belle barbe rouge propre à sa famille.
La descendance du couple CONDOTTIERE x DELPHI n’est peut-être pas terminée. Une prolongation lui a déjà été donnée avec FRENCH CANCAN (R. Cayeux 2001), une autre réussite, voisine pour les couleurs du fameux CELEBRATION SONG (Schreiner 93), mais voisine aussi de sa grand’mère REBECCA PERRET.
Avec le couple CONDOTTIERE x DELPHI, la maison Cayeux a donc fait une bonne affaire. Les amis des iris aussi, car on ne pourrait plus se passer désormais de ces iris tricolores, spécificité française, qui illuminent nos jardins.
On ne présente plus CONDOTTIERE (J.Cayeux 78), qui est très certainement l’iris français le plus utilisé en hybridation partout dans le monde, et qui fait maintenant partie du petit cercle des variétés de base, mais on connaît moins son partenaire DELPHI (Shoop 79) qui n’a pas eu le même succès, mais qui est à l’origine d’une remarquable lignée.
A première vue, DELPHI est une variété assez banale. Il est décrit comme « Pétales blancs ; sépales bleus ; barbes mandarine ; ondulé. » C’est un peu cursif comme description, et pas tout à fait exact. En fait les sépales ne sont pas franchement bleus, mais d’un bleu-mauve un peu terne, avec des veines claires très visibles et des épaules fortement marquées de brun. Quant à la forme de la fleur, elle est tout à fait typique des années 70 : les pétales forment le dôme et les sépales retombent un peu. Rien donc qui attire particulièrement, si ce n’est les barbes vivement colorées, qui sont une caractéristique des iris signés George Shoop.
Avec le flair qui distingue les grands hybrideurs, Jean Cayeux, en visite aux USA en 1981, devine que cette variété, croisée avec le grand CONDOTTIERE, est susceptible de donner naissance à des iris tricolores, blancs aux pétales, bleus aux sépales et rouges aux barbes. Il rapporte du pollen de DELPHI et procède aussitôt au croisement envisagé. Dans son livre « L’iris, une fleur royale », Richard Cayeux raconte ensuite comment ce croisement a donné naissance à un semis bleu-blanc-rouge, mais insuffisamment contrasté, qui n’est connu que sous son numéro (8109 A), et comment recroisé avec d’autres descendants de CONDOTTIERE, il est à l’origine d’une série exceptionnelle de variétés tricolores. Quatre frères de semis ont été sélectionnés : BAL MASQUÉ, MARBRE BLEU, REBECCA PERRET et VIVE LA FRANCE. Ces quatre variétés ont été enregistrées en 1993. BAL MASQUÉ est le plus sombre des quatre : les pétales sont bien blancs, mais les sépales, fortement veinés sous les barbes, présentent un violet pensée qui offre un contraste très agréable. MARBRE BLEU est tout à fait remarquable, avec des sépales d’un beau bleu violacé vif et des veines blanches très importantes mais qui ne font que développer le caractère de la fleur. REBECCA PERRET est beaucoup plus clair : le bleu tendre des sépales rappelle à la fois celui d’ALIZÉS (J. Cayeux 87) (qui figure dans son pedigree) et celui de son semis « mère ». VIVE LA FRANCE est le plus proche du but recherché car son bleu est un bleu « drapeau » et le centre blanc des sépales nettement moins développé que sur ses frères. Des quatre, c’est REBECCA PERRET qui a assuré la continuation, avec trois variétés cousines : BELLE DE NUIT (R. Cayeux 99), PARISIEN (R.Cayeux 94) et LA MEIJE (R. Cayeux 2000). BELLE DE NUIT est un néglecta indigo à vives barbes rouges ; PARISIEN est l’ultime achèvement de la série des tricolores, car il tient le milieu entre VIVE LA FRANCE et MARBRE BLEU avec la teinte du premier aux sépales et les veines blanches du second ; quant à LA MEIJE c’est une amélioration du semis 8109 A en ce qui concerne la forme de la fleur et la pureté des couleurs, puisque le ton bleuté se limite aux bords des sépales. il provient du croisement de REBECCA PERRET et d’un autre descendant du couple CONDOTTIERE x DELPHI, l’exceptionnel SIXTINE C (R.Cayeux 94).
Car ce couple n’a pas seulement engendré la bande des quatre ! Parmi ses descendants on trouve aussi deux autres frères de semis : HORTENSE C (R. Cayeux 93). et RUBAN BLEU (R. Cayeux 97), ainsi que VOLUTE (R. Cayeux 96), issu d’un autre croisement. En plus il y a CUMULUS (R. Cayeux 2000), et l’américain REGAL AFFAIR (Shoop 89), la version US de la série tricolore. HORTENSE C. est très proche de BAL MASQUÉ ; RUBAN BLEU est sans doute le plus vif de la série tricolore, avec une zone blanche fortement rayée de brun sous les barbes. On retrouve dans CUMULUS le côté néglecta de BELLE DE NUIT, mais dans une tonalité plus mauve et plus claire. Enfin VOLUTE est nettement un bicolore, beige et violet améthyste, avec la belle barbe rouge propre à sa famille.
La descendance du couple CONDOTTIERE x DELPHI n’est peut-être pas terminée. Une prolongation lui a déjà été donnée avec FRENCH CANCAN (R. Cayeux 2001), une autre réussite, voisine pour les couleurs du fameux CELEBRATION SONG (Schreiner 93), mais voisine aussi de sa grand’mère REBECCA PERRET.
Avec le couple CONDOTTIERE x DELPHI, la maison Cayeux a donc fait une bonne affaire. Les amis des iris aussi, car on ne pourrait plus se passer désormais de ces iris tricolores, spécificité française, qui illuminent nos jardins.
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