L’ENIGME DE LA SEMAINE
UN ANGE PASSE
Les caractéristiques d’une de ces cinq variétés ne correspondent pas à celles des quatre autres. Laquelle ?
· ANGEL’S DREAM
· ANGEL’S TOUCH
· FLIGHT OF ANGELS
· HEAVENLY ANGEL
· QUEEN OF ANGELS
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
MIDNIGHT CALLER est une variété obtenue par Monty Byers en 89 ; les autres variétés sont des obtentions Schreiner.
19.12.03
MAUVAISE NOUVELLE
Il y a quelques semaines j’ai appris que le gel de l’hiver dernier avait eu des conséquences sérieuses sur les cultures de Ladislaw Luska, en Slovaquie. De nombreux semis ont été détruits et, parmi ceux-ci, CALLELA et ILLULISAT, deux variétés dont j’ai parlé dans ce blog. Je suis d’autant plus navré que j’ai moi-même perdu CALLELA cette année pour cause de « blooming out ». Pourvu que, le printemps prochain, je retrouve ILLULISAT !
Misère de misère…
Il y a quelques semaines j’ai appris que le gel de l’hiver dernier avait eu des conséquences sérieuses sur les cultures de Ladislaw Luska, en Slovaquie. De nombreux semis ont été détruits et, parmi ceux-ci, CALLELA et ILLULISAT, deux variétés dont j’ai parlé dans ce blog. Je suis d’autant plus navré que j’ai moi-même perdu CALLELA cette année pour cause de « blooming out ». Pourvu que, le printemps prochain, je retrouve ILLULISAT !
Misère de misère…
CHRISTMAS TIME
C’est de circonstance que de parler aujourd’hui de CHRISTMAS TIME (Schreiner 65), et cela offre l’occasion, d’une façon générale, d’évoquer les iris blancs à barbes rouges.
CHRISTMAS TIME, en fait, se situe au tout début de ce modèle d’iris. L’idée de base a consisté à introduire la barbe rouge – ou tout au moins orangée – des iris roses sur une fleur blanche. C’est Orville Fay qui a entrepris cette recherche. Il a croisé d’une part le fameux blanc SNOW FLURRY (Rees 39) avec le rose CHERIE (Hall 48 – DM 51), d’autre part NEW SNOW (Fay 46) et le rose NEW HORIZON (Fay 46) pour obtenir LIPSTICK (Fay 54), effectivement blanc à barbes minium. En renouvelant l’opération, il a obtenu ARCTIC FLAME (Fay 57), blanc pur et barbes mandarine. Pour obtenir CHRISTMAS TIME, la famille Schreiner a utilisé un semis blanc issu du rose MAY HALL (Hall 52) qu’elle a croisé avec ARCTIC FLAME. Le résultat est un blanc très pur, bien ondulé, avec une jolie barbe rouge orangé.
La beauté de cette fleur, autant que ses aptitudes génétiques ont été utilisées par un grand nombre d’hybrideurs dans le but d’obtenir soit des iris du même modèle mais comportant une certaine amélioration, soit des iris d’autres couleurs mais dotés de certains traits propres à CHRISTMAS TIME, notamment la barbe rouge.
Dans le modèle blanc à barbes rouges on relève par exemple, deux variétés Cayeux : AS DE CŒUR (78) et NEIGE DE MAI (78) proches voisins mais néanmoins issus de deux croisements différents ; ainsi que VALENTINA (Spence 72), dont la barbe est orange, STARTLER (Schreiner 78), qui ressemble beaucoup à CHRISTMAS TIME mais avec des bords nettement dentelés, ou FILOLI (Corlew 82), très voisin également mais avec une barbe plus grosse et plus claire.
EASTERTIME (Schreiner 80), crème cerné d’or, LACY SNOWFLAKE (Schreiner 77), blanc à barbes et spot citron, ECUME (Anfosso 86), blanc rosé à barbes corail, PREMIER BAL (Cayeux 78), rose vif à barbes minium, QUEEN OF HEART (O. Brown 74), corail et blanc, tout comme PEACH FROST (Schreiner72), avec sa grosse barbe corail vif, sont directement descendants de CHRISTMAS TIME. C’est aussi le cas d’autres variétés à barbes « rouges », comme le mauve TIBURON (Gaulter 71), le rose amarante WINDSOR ROSE (Schreiner 77), et même le bleu FALBALA (Cayeux 78).
Si l’on s’attarde sur les descendants innombrables des variétés citées ci-dessus on acquiert vite la conviction que le potentiel de CHRISTMAS TIME a pénétré les iris modernes encore plus profondément que ne le laisse à penser la renommée déjà un peu émoussée de cette fleur qui fait maintenant partie des fondamentaux (comme diraient les sportifs). Pour s’en convaincre citons seulement deux Américains récents : le bicolore SUGAR MAGNOLIA (Schreiner 98) et le brillant STARSHIP ENTERPRISE (Schreiner 99), et pour finir, un autre pilier de l’hybridation : le Français CONDOTTIERE (Cayeux 78) ! On entre là dans une autre histoire…
C’est de circonstance que de parler aujourd’hui de CHRISTMAS TIME (Schreiner 65), et cela offre l’occasion, d’une façon générale, d’évoquer les iris blancs à barbes rouges.
CHRISTMAS TIME, en fait, se situe au tout début de ce modèle d’iris. L’idée de base a consisté à introduire la barbe rouge – ou tout au moins orangée – des iris roses sur une fleur blanche. C’est Orville Fay qui a entrepris cette recherche. Il a croisé d’une part le fameux blanc SNOW FLURRY (Rees 39) avec le rose CHERIE (Hall 48 – DM 51), d’autre part NEW SNOW (Fay 46) et le rose NEW HORIZON (Fay 46) pour obtenir LIPSTICK (Fay 54), effectivement blanc à barbes minium. En renouvelant l’opération, il a obtenu ARCTIC FLAME (Fay 57), blanc pur et barbes mandarine. Pour obtenir CHRISTMAS TIME, la famille Schreiner a utilisé un semis blanc issu du rose MAY HALL (Hall 52) qu’elle a croisé avec ARCTIC FLAME. Le résultat est un blanc très pur, bien ondulé, avec une jolie barbe rouge orangé.
La beauté de cette fleur, autant que ses aptitudes génétiques ont été utilisées par un grand nombre d’hybrideurs dans le but d’obtenir soit des iris du même modèle mais comportant une certaine amélioration, soit des iris d’autres couleurs mais dotés de certains traits propres à CHRISTMAS TIME, notamment la barbe rouge.
Dans le modèle blanc à barbes rouges on relève par exemple, deux variétés Cayeux : AS DE CŒUR (78) et NEIGE DE MAI (78) proches voisins mais néanmoins issus de deux croisements différents ; ainsi que VALENTINA (Spence 72), dont la barbe est orange, STARTLER (Schreiner 78), qui ressemble beaucoup à CHRISTMAS TIME mais avec des bords nettement dentelés, ou FILOLI (Corlew 82), très voisin également mais avec une barbe plus grosse et plus claire.
EASTERTIME (Schreiner 80), crème cerné d’or, LACY SNOWFLAKE (Schreiner 77), blanc à barbes et spot citron, ECUME (Anfosso 86), blanc rosé à barbes corail, PREMIER BAL (Cayeux 78), rose vif à barbes minium, QUEEN OF HEART (O. Brown 74), corail et blanc, tout comme PEACH FROST (Schreiner72), avec sa grosse barbe corail vif, sont directement descendants de CHRISTMAS TIME. C’est aussi le cas d’autres variétés à barbes « rouges », comme le mauve TIBURON (Gaulter 71), le rose amarante WINDSOR ROSE (Schreiner 77), et même le bleu FALBALA (Cayeux 78).
Si l’on s’attarde sur les descendants innombrables des variétés citées ci-dessus on acquiert vite la conviction que le potentiel de CHRISTMAS TIME a pénétré les iris modernes encore plus profondément que ne le laisse à penser la renommée déjà un peu émoussée de cette fleur qui fait maintenant partie des fondamentaux (comme diraient les sportifs). Pour s’en convaincre citons seulement deux Américains récents : le bicolore SUGAR MAGNOLIA (Schreiner 98) et le brillant STARSHIP ENTERPRISE (Schreiner 99), et pour finir, un autre pilier de l’hybridation : le Français CONDOTTIERE (Cayeux 78) ! On entre là dans une autre histoire…
12.12.03
L’ENIGME DE LA SEMAINE
A MINUIT
Quel nom de variété n’a pas sa place dans la liste ci-dessous ?
· MIDNIGHT BLUE
· MIDNIGHT CALLER
· MIDNIGHT DANCER
· MIDNIGHT EXPRESS
· MIDNIGHT HOUR
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
SUR LE ROCHER
MONTE CARLO est un quartier de Monaco. Les autres noms sont dédiés aux membres de la famille princière.
A MINUIT
Quel nom de variété n’a pas sa place dans la liste ci-dessous ?
· MIDNIGHT BLUE
· MIDNIGHT CALLER
· MIDNIGHT DANCER
· MIDNIGHT EXPRESS
· MIDNIGHT HOUR
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
SUR LE ROCHER
MONTE CARLO est un quartier de Monaco. Les autres noms sont dédiés aux membres de la famille princière.
QU’EST-CE QUE C’EST QU’UN « GERMANICA » ?
Quand ils veulent désigner nos grands iris de jardin, il y en a qui parlent d’Iris germanica. Pourtant de nos jours les botanistes s’accordent à dire qu’I. germanica n’existe pas ! Tout au plus consentent-ils à parler d’I. x germanica, ce qui, vous en conviendrez, ferait bien pédant dans une conversation entre jardiniers !
C’est, semble-t-il Linné lui-même qui serait responsable des erreurs concernant les grands iris, bien qu’il n’ait pas parlé d’Iris germanica, mais d’ Iris x germanica, sous-entendant par là qu’il ne s’agit pas d’une espèce mais d’un mélange d’espèces. Il choisit cependant de décrire le type de la catégorie « grands iris barbus » sous le nom d’ I. x germanica . Pourquoi ce qualificatif de germanica ? Simplement, sans doute, parce que c’est un botaniste allemand qui lui a fait parvenir la plante à décrire. C’est ainsi que nos grands barbus sont qualifiés d’allemands depuis 250 ans, alors qu’ils n’ont rien à voir avec le pays dont ils portent le nom. Mais alors qu’est-ce que c’est que cet iris qui n’a rien de germanique ?
Dans la classification en usage actuellement, les grands iris font partie de la série « Elatae » qui contient au moins 27 espèces et présente de ce fait une grande diversité. A ces 27 espèces il faut ajouter les hybrides établis depuis longtemps parmi lesquels se trouve I. germanica, notre sujet d’aujourd’hui.
Deux espèces en particulier ont été hybridées (sûrement même se sont-elles hybridées naturellement dans les régions dont elles sont originaires) : I. pallida et I. variegata. L’habitat naturel de ces espèces se situe en Europe Sud-orientale. I. pallida, est originaire de campagnes d’Illyrie, qui est la contrée montagneuse située sur la côte orientale de la mer Adriatique. On appelle cette région côte dalmate et elle appartient aujourd’hui à la Slovénie, la Croatie et la Bosnie-Herzégovine. I. pallida est ce grand iris aux tiges frêles, qui porte des fleurs bleu clair et dégage une délicieuse odeur à la fois douce et puissante. I. variegata a pour terre d’élection cette zone des Balkans qui va de la Hongrie jusqu’à la mer Noire. Il est très différent de son compère et, s’il offre souvent des diversités de coloris, il est présente d’abord une base jaune et des tons brun-rouge sur les sépales. A l’Ouest de son territoire d’origine il a été en contact avec I. pallida et de nombreux hybrides sauvages existent, qui ont été pris, au siècle dernier, pour des espèces distinctes, alliant les couleurs de leurs parents avec des variantes infinies. I. germanica, tout comme I. florentina et quelques autres (I. amoena, I. plicata, I. squalens, I. neglecta…) fait partie de ces fausses espèces. Quand, plus tard, on s’est rendu compte qu’il s’agissait d’hybrides, les noms ont été conservés pour définir les principales combinaisons de couleurs.
Cette hybridation naturelle a été exploitée par l’homme au moins depuis le 16eme siècle, dans le but d’obtenir des fleurs de jardin plus belles que les fleurs botaniques. A partir des années 1850 un certain nombre de pépiniéristes, français d’abord, puis anglais et allemands, ont développé cette hybridation en pratiquant une sélection sévère parmi les plantes issue d’une pollinisation naturelle. Ce furent les premiers hybrides dénommés et commercialisés. A la fin du 19eme siècle seulement apparurent des hybrides provenant de croisements réalisés par la main de l’homme, mais tous provenaient par conséquent du couple de base I. pallida x I. variegata.
Cependant, à côté des espèces I. pallida et I. variegata, en ex-Yougoslavie et dans les Balkans en général poussent d’autres grands iris, plus grands et plus résistants. Les Grecs les avaient découverts et les avaient transportés un peu partout dans l’œcoumène, c’est à dire le monde connu de l’époque. Malgré cela, il a fallu attendre le milieu du XXeme siècle pour que ces grands iris à barbes soient de nouveau découverts ! Il s’agit des I. croatica et I. varbossiana, d’une part, mais aussi d’autres espèces voisines I. trojana, I.cypriana, dont les noms disent assez de quelle région ils proviennent. Ces iris se présentaient tous avec des fleurs plus grandes que celles des hybrides alors connus, des tiges plus hautes et un meilleur branchement. Surtout ils arrivaient à point car les hybrideurs avaient la conviction qu’ils avaient épuisé les possibilités génétiques des iris précédents. Ils tentèrent donc des croisements d’anciens et de nouveaux iris. Les résultats ne furent pas à la mesure de leurs espoirs. Beaucoup de nouveaux semis se révélèrent stériles et beaucoup de plantes souvent inintéressantes. Cependant quelques nouveaux hybrides se distinguèrent comme des plantes formidables et le jeu a consisté à faire passer les couleurs et modèles des anciens iris dans les nouveaux. Tout cela, au début, était informel et inexpliqué. Ce n’est que dans les années 1920/30, quand on eut fait le décompte des chromosomes des iris, que l’on découvrit pourquoi les « nouveaux » étaient plus grands et plus beaux : les anciens étaient des iris diploïdes (2 paires de 24 chromosomes), les nouveaux étaient tétraploïdes ( 2 paires de 48 chromosomes).
Passer de 24 à 48 le nombre des chromosomes des variétés nouvelles à été le défi des années 30. Mais les hybrideurs sont des gens enthousiastes et persévérants. Ils sont parvenus à leurs fins, ajoutant au passage quelques caractéristiques supplémentaires issues d’autres espèces tétraploïdes comme I. kashmiriana qui a apporté aux nouveaux cultivars les sépales se tenant à l’horizontale, ou I. aphylla qui a introduit deux traits remarquables : des couleurs plus vives, surtout pour les iris foncés (bleus et violets) et des feuilles ayant tendance à disparaître en hiver.
D’autres progrès marqueront et marquent encore l’hybridation des iris, principalement des grands, mais ce n’est pas notre propos d’aujourd’hui. Pour en rester à notre sujet, on peut dire que ce qu’on appelle encore souvent I. germanica est maintenant un type bien défini, dont l’aspect est le résultat d’un savant mélange interspécifique, un peu comme nos plats les plus raffinés résultent de l’association finement élaborée des saveurs de leurs différents composants. I. germanica ne signifie plus grand chose, et il est bien préférable de parler de grands iris de jardin, ou de grands iris barbus, mais il ne faut pas non plus s’attacher excessivement aux dénominations. L’important c’est ce qui se cache au fond de chaque fleur et l’alchimie toujours un peu mystérieuse qui en fait des objets de vénération.
Sources :
L’IRIS- commentaires de Ben Hager
THE WORLD OF IRISES de Bee Warburton et Melba Hamblen
L’IRIS UNE FLEUR ROYALE de Richard Cayeux
Quand ils veulent désigner nos grands iris de jardin, il y en a qui parlent d’Iris germanica. Pourtant de nos jours les botanistes s’accordent à dire qu’I. germanica n’existe pas ! Tout au plus consentent-ils à parler d’I. x germanica, ce qui, vous en conviendrez, ferait bien pédant dans une conversation entre jardiniers !
C’est, semble-t-il Linné lui-même qui serait responsable des erreurs concernant les grands iris, bien qu’il n’ait pas parlé d’Iris germanica, mais d’ Iris x germanica, sous-entendant par là qu’il ne s’agit pas d’une espèce mais d’un mélange d’espèces. Il choisit cependant de décrire le type de la catégorie « grands iris barbus » sous le nom d’ I. x germanica . Pourquoi ce qualificatif de germanica ? Simplement, sans doute, parce que c’est un botaniste allemand qui lui a fait parvenir la plante à décrire. C’est ainsi que nos grands barbus sont qualifiés d’allemands depuis 250 ans, alors qu’ils n’ont rien à voir avec le pays dont ils portent le nom. Mais alors qu’est-ce que c’est que cet iris qui n’a rien de germanique ?
Dans la classification en usage actuellement, les grands iris font partie de la série « Elatae » qui contient au moins 27 espèces et présente de ce fait une grande diversité. A ces 27 espèces il faut ajouter les hybrides établis depuis longtemps parmi lesquels se trouve I. germanica, notre sujet d’aujourd’hui.
Deux espèces en particulier ont été hybridées (sûrement même se sont-elles hybridées naturellement dans les régions dont elles sont originaires) : I. pallida et I. variegata. L’habitat naturel de ces espèces se situe en Europe Sud-orientale. I. pallida, est originaire de campagnes d’Illyrie, qui est la contrée montagneuse située sur la côte orientale de la mer Adriatique. On appelle cette région côte dalmate et elle appartient aujourd’hui à la Slovénie, la Croatie et la Bosnie-Herzégovine. I. pallida est ce grand iris aux tiges frêles, qui porte des fleurs bleu clair et dégage une délicieuse odeur à la fois douce et puissante. I. variegata a pour terre d’élection cette zone des Balkans qui va de la Hongrie jusqu’à la mer Noire. Il est très différent de son compère et, s’il offre souvent des diversités de coloris, il est présente d’abord une base jaune et des tons brun-rouge sur les sépales. A l’Ouest de son territoire d’origine il a été en contact avec I. pallida et de nombreux hybrides sauvages existent, qui ont été pris, au siècle dernier, pour des espèces distinctes, alliant les couleurs de leurs parents avec des variantes infinies. I. germanica, tout comme I. florentina et quelques autres (I. amoena, I. plicata, I. squalens, I. neglecta…) fait partie de ces fausses espèces. Quand, plus tard, on s’est rendu compte qu’il s’agissait d’hybrides, les noms ont été conservés pour définir les principales combinaisons de couleurs.
Cette hybridation naturelle a été exploitée par l’homme au moins depuis le 16eme siècle, dans le but d’obtenir des fleurs de jardin plus belles que les fleurs botaniques. A partir des années 1850 un certain nombre de pépiniéristes, français d’abord, puis anglais et allemands, ont développé cette hybridation en pratiquant une sélection sévère parmi les plantes issue d’une pollinisation naturelle. Ce furent les premiers hybrides dénommés et commercialisés. A la fin du 19eme siècle seulement apparurent des hybrides provenant de croisements réalisés par la main de l’homme, mais tous provenaient par conséquent du couple de base I. pallida x I. variegata.
Cependant, à côté des espèces I. pallida et I. variegata, en ex-Yougoslavie et dans les Balkans en général poussent d’autres grands iris, plus grands et plus résistants. Les Grecs les avaient découverts et les avaient transportés un peu partout dans l’œcoumène, c’est à dire le monde connu de l’époque. Malgré cela, il a fallu attendre le milieu du XXeme siècle pour que ces grands iris à barbes soient de nouveau découverts ! Il s’agit des I. croatica et I. varbossiana, d’une part, mais aussi d’autres espèces voisines I. trojana, I.cypriana, dont les noms disent assez de quelle région ils proviennent. Ces iris se présentaient tous avec des fleurs plus grandes que celles des hybrides alors connus, des tiges plus hautes et un meilleur branchement. Surtout ils arrivaient à point car les hybrideurs avaient la conviction qu’ils avaient épuisé les possibilités génétiques des iris précédents. Ils tentèrent donc des croisements d’anciens et de nouveaux iris. Les résultats ne furent pas à la mesure de leurs espoirs. Beaucoup de nouveaux semis se révélèrent stériles et beaucoup de plantes souvent inintéressantes. Cependant quelques nouveaux hybrides se distinguèrent comme des plantes formidables et le jeu a consisté à faire passer les couleurs et modèles des anciens iris dans les nouveaux. Tout cela, au début, était informel et inexpliqué. Ce n’est que dans les années 1920/30, quand on eut fait le décompte des chromosomes des iris, que l’on découvrit pourquoi les « nouveaux » étaient plus grands et plus beaux : les anciens étaient des iris diploïdes (2 paires de 24 chromosomes), les nouveaux étaient tétraploïdes ( 2 paires de 48 chromosomes).
Passer de 24 à 48 le nombre des chromosomes des variétés nouvelles à été le défi des années 30. Mais les hybrideurs sont des gens enthousiastes et persévérants. Ils sont parvenus à leurs fins, ajoutant au passage quelques caractéristiques supplémentaires issues d’autres espèces tétraploïdes comme I. kashmiriana qui a apporté aux nouveaux cultivars les sépales se tenant à l’horizontale, ou I. aphylla qui a introduit deux traits remarquables : des couleurs plus vives, surtout pour les iris foncés (bleus et violets) et des feuilles ayant tendance à disparaître en hiver.
D’autres progrès marqueront et marquent encore l’hybridation des iris, principalement des grands, mais ce n’est pas notre propos d’aujourd’hui. Pour en rester à notre sujet, on peut dire que ce qu’on appelle encore souvent I. germanica est maintenant un type bien défini, dont l’aspect est le résultat d’un savant mélange interspécifique, un peu comme nos plats les plus raffinés résultent de l’association finement élaborée des saveurs de leurs différents composants. I. germanica ne signifie plus grand chose, et il est bien préférable de parler de grands iris de jardin, ou de grands iris barbus, mais il ne faut pas non plus s’attacher excessivement aux dénominations. L’important c’est ce qui se cache au fond de chaque fleur et l’alchimie toujours un peu mystérieuse qui en fait des objets de vénération.
Sources :
L’IRIS- commentaires de Ben Hager
THE WORLD OF IRISES de Bee Warburton et Melba Hamblen
L’IRIS UNE FLEUR ROYALE de Richard Cayeux
5.12.03
VERS DE NOUVEAUX COLORIS ?
III. Luminatas, Plicatas et autres
Ma dernière chronique sur ce sujet se terminait par : « Pour les mélanges de couleurs, on en restera là, mais le sujet n’est pas épuisé pour autant ! Dans une prochaine chronique, on abordera un autre domaine, celui des fleurs poudrées, piquetées, liserées ou autrement colorées. » Ce sont ces fleurs là dont il va être question aujourd’hui.
En matière de plicata on peut faire confiance à Keith Keppel pour apporter du nouveau ! Chaque année il propose un ou des plicatas originaux et remarquables. A distance on voit apparaître des iris du même genre chez d’autres obtenteurs : Keppel lance les modes. Les années à venir devraient voir se développer les iris « luminatas » qui sont, en quelque sorte l’inverse des plicatas. C’est à dire que la couleur des sépales (en fait les pigments solubles dans l’eau, donc dans les tons de bleu ou de violet) est étalée assez légèrement et même est absente dans les veines. De même la couleur s’estompe, voire disparaît en lisière des sépales. Ce n’est pas toujours évident, mais une variété comme SPIRIT WORLD (Keppel 94) est une démonstration parfaite. Dans la description qu’il en donne, Keith Keppel ajoute : « Il y a toujours une surface bien déterminée autour des barbes où il n’y a pas un seul pigment hydro-soluble, pas un seul point, et les barbes n’ont aucune trace de bleu ou de pourpre. » et il décrit les évolutions du modèle : « La zone sans marques autour des barbes s’élargit, formant des taches de plus en plus grandes, en forme de fer de lance. Les veines claires sur des sépales presque complètement colorés se transforment en larges bandes ou veines, avec des îlots de pigment plutôt qu’une véritable pigmentation. » Il en apporte la preuve avec TELEPATHY (2003), et Rick Ernst a suivi le mouvement – voir WHISPERING SPIRITS (2001) et SCHIZO (2003) -, de même que Lucille Pinkston, de l’Idaho, avec OWYHEE DESERT (97).. D’autres iris de la même eau vont apparaître dans les années à venir.
Le modèle purement plicata n’a plus beaucoup de transformations à présenter. Cependant une variété comme SPLASHACATA (Tasco 97), qui a beaucoup des traits de sa « mère » PURPLE PEPPER (Nearpass 86), avec ses sépales entièrement poudrés de bleu pourpré et ses pétales blancs infus de la même teinte, est caractéristique des plicatas du XXIeme siècle.
Il existe des iris caractérisés par un assemblage de couleurs étrange ou particulièrement éclatant. C’est un domaine qui intéresse quelques pionniers, mais qui touche aussi quelques-uns uns ayant pignon sur rue. Merle Daling, en 83 a enregistré ECSTATIC ECHO qui est un bel exemple de couleurs heurtées. Dans le genre, Lowell Baumunk a produit LIGHTS CAMERA ACTION (99) qui est encore plus contrasté. Il y en aura d’autres. THREE STRIKES (Annand 98), en jaune chartreuse flammé de violet, ne peut pas laisser indifférent. Schreiner même, la vénérable maison de Salem (Oregon), n’a-t-elle pas offert STARSHIP ENTERPRISE en 99 ? On y trouve le blanc, le jaune, le pourpre dans une fleur superbe et, forcément voyante ! Quant à la maison Cayeux, elle a produit CHEVALIER DE MALTE (97) qui réunit le rose, le blanc et le pourpre autour de barbes énormes et d’un rouge flashant. On pourrait multiplier les exemples de ces iris si riches en couleurs, dont on parlera sûrement dans les années à venir.
Arrêtons-nous là pour aujourd’hui. Une dernière page sera consacrée, bientôt aux iris « broken color » et « space age », ainsi qu’aux barbes colorées contrastantes qui sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus vibrantes.
III. Luminatas, Plicatas et autres
Ma dernière chronique sur ce sujet se terminait par : « Pour les mélanges de couleurs, on en restera là, mais le sujet n’est pas épuisé pour autant ! Dans une prochaine chronique, on abordera un autre domaine, celui des fleurs poudrées, piquetées, liserées ou autrement colorées. » Ce sont ces fleurs là dont il va être question aujourd’hui.
En matière de plicata on peut faire confiance à Keith Keppel pour apporter du nouveau ! Chaque année il propose un ou des plicatas originaux et remarquables. A distance on voit apparaître des iris du même genre chez d’autres obtenteurs : Keppel lance les modes. Les années à venir devraient voir se développer les iris « luminatas » qui sont, en quelque sorte l’inverse des plicatas. C’est à dire que la couleur des sépales (en fait les pigments solubles dans l’eau, donc dans les tons de bleu ou de violet) est étalée assez légèrement et même est absente dans les veines. De même la couleur s’estompe, voire disparaît en lisière des sépales. Ce n’est pas toujours évident, mais une variété comme SPIRIT WORLD (Keppel 94) est une démonstration parfaite. Dans la description qu’il en donne, Keith Keppel ajoute : « Il y a toujours une surface bien déterminée autour des barbes où il n’y a pas un seul pigment hydro-soluble, pas un seul point, et les barbes n’ont aucune trace de bleu ou de pourpre. » et il décrit les évolutions du modèle : « La zone sans marques autour des barbes s’élargit, formant des taches de plus en plus grandes, en forme de fer de lance. Les veines claires sur des sépales presque complètement colorés se transforment en larges bandes ou veines, avec des îlots de pigment plutôt qu’une véritable pigmentation. » Il en apporte la preuve avec TELEPATHY (2003), et Rick Ernst a suivi le mouvement – voir WHISPERING SPIRITS (2001) et SCHIZO (2003) -, de même que Lucille Pinkston, de l’Idaho, avec OWYHEE DESERT (97).. D’autres iris de la même eau vont apparaître dans les années à venir.
Le modèle purement plicata n’a plus beaucoup de transformations à présenter. Cependant une variété comme SPLASHACATA (Tasco 97), qui a beaucoup des traits de sa « mère » PURPLE PEPPER (Nearpass 86), avec ses sépales entièrement poudrés de bleu pourpré et ses pétales blancs infus de la même teinte, est caractéristique des plicatas du XXIeme siècle.
Il existe des iris caractérisés par un assemblage de couleurs étrange ou particulièrement éclatant. C’est un domaine qui intéresse quelques pionniers, mais qui touche aussi quelques-uns uns ayant pignon sur rue. Merle Daling, en 83 a enregistré ECSTATIC ECHO qui est un bel exemple de couleurs heurtées. Dans le genre, Lowell Baumunk a produit LIGHTS CAMERA ACTION (99) qui est encore plus contrasté. Il y en aura d’autres. THREE STRIKES (Annand 98), en jaune chartreuse flammé de violet, ne peut pas laisser indifférent. Schreiner même, la vénérable maison de Salem (Oregon), n’a-t-elle pas offert STARSHIP ENTERPRISE en 99 ? On y trouve le blanc, le jaune, le pourpre dans une fleur superbe et, forcément voyante ! Quant à la maison Cayeux, elle a produit CHEVALIER DE MALTE (97) qui réunit le rose, le blanc et le pourpre autour de barbes énormes et d’un rouge flashant. On pourrait multiplier les exemples de ces iris si riches en couleurs, dont on parlera sûrement dans les années à venir.
Arrêtons-nous là pour aujourd’hui. Une dernière page sera consacrée, bientôt aux iris « broken color » et « space age », ainsi qu’aux barbes colorées contrastantes qui sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus vibrantes.
L’ENIGME DE LA SEMAINE
SUR LE ROCHER
Où se situe l’erreur, dans la liste ci-dessous ?
· GRACE PATRICIA (Bovet 85)
· MONTE CARLO (Cook 52)
· PRINCE OF MONACO (Kleinsorge 56)
· PRINCESSE CAROLINE DE MONACO (Cayeux R. 97)
· RAINIER (E. Smith 57)
L’ENIGME DE LA SEMAINE
SUR LE ROCHER
Où se situe l’erreur, dans la liste ci-dessous ?
· GRACE PATRICIA (Bovet 85)
· MONTE CARLO (Cook 52)
· PRINCE OF MONACO (Kleinsorge 56)
· PRINCESSE CAROLINE DE MONACO (Cayeux R. 97)
· RAINIER (E. Smith 57)
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
FAMILLE ROYALE
PRINCE CHARLES fait référence à un membre masculin de la Famille Royale britannique. Les autres noms concernent les dames.
SUR LE ROCHER
Où se situe l’erreur, dans la liste ci-dessous ?
· GRACE PATRICIA (Bovet 85)
· MONTE CARLO (Cook 52)
· PRINCE OF MONACO (Kleinsorge 56)
· PRINCESSE CAROLINE DE MONACO (Cayeux R. 97)
· RAINIER (E. Smith 57)
L’ENIGME DE LA SEMAINE
SUR LE ROCHER
Où se situe l’erreur, dans la liste ci-dessous ?
· GRACE PATRICIA (Bovet 85)
· MONTE CARLO (Cook 52)
· PRINCE OF MONACO (Kleinsorge 56)
· PRINCESSE CAROLINE DE MONACO (Cayeux R. 97)
· RAINIER (E. Smith 57)
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
FAMILLE ROYALE
PRINCE CHARLES fait référence à un membre masculin de la Famille Royale britannique. Les autres noms concernent les dames.
27.11.03
L’ENIGME DE LA SEMAINE
FAMILLE ROYALE
Où se situe l’erreur, dans la liste ci-dessous ?
· ELIZABETH (White 50)
· LADY DIANA (Lohman 51)
· LADY SARA (Minnick 80)
· PRINCE CHARLES (Zurbrigg 59)
· PRINCESS ANNE (Zurbrigg 53)
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
DE L’OR
YUKON FEVER fait allusion à la Ruée vers l’Or ; les quatre autres s’intéressent plutôt à l’or monnayé !
.
FAMILLE ROYALE
Où se situe l’erreur, dans la liste ci-dessous ?
· ELIZABETH (White 50)
· LADY DIANA (Lohman 51)
· LADY SARA (Minnick 80)
· PRINCE CHARLES (Zurbrigg 59)
· PRINCESS ANNE (Zurbrigg 53)
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
DE L’OR
YUKON FEVER fait allusion à la Ruée vers l’Or ; les quatre autres s’intéressent plutôt à l’or monnayé !
.
QUEEN’S CIRCLE
EMMA COOK (Paul Cook 57) est une variété qui a fait sensation lors de son apparition, avec ses pétales d’un blanc à peine bleuté et ses sépales également blancs mais agrémentés d’un large liseré en dégradé de bleu s’intensifiant vers le bord. Il n’est donc pas étonnant q’un grand nombre d’hybrideurs l’aient utilisé dans leurs programmes de recherche (comme les Cayeux qui en ont fait un des éléments fondamentaux de leur travail). Parmi ceux-ci quelques-uns uns ont essayé de l’améliorer en rendant les pétales plus blancs et le liseré des sépales plus vif et plus net. Paul Cook lui-même s’en est chargé et il a enregistré QUIET SKY (64) qui est tout à fait dans cette ligne. C’est également le cas de MID-VICTORIAN (Nearpass 70). QUEEN’S CIRCLE (Kerr 99) est un aboutissement de cette recherche.
Il n’est que de comparer les deux fleurs pour se rendre compte du progrès obtenu en une quarantaine d’années. QUEEN’S CIRCLE propose des pétales d’un blanc légèrement crémeux, épais et résistants, largement ondulés et finement dentelés. Les sépales ont les ondulations, la consistance et la couleur mate des pétales. Le liseré est mince mais d’un bleu indigo soutenu, et la barbe, orange clair, apporte à l’ensemble un complément de piquant. Pour en arriver là, Frederick Kerr, l’une des étoiles montantes de l’hybridation actuelle aux USA, a choisi un de ses cultivars, VICTORIA CIRCLE (94), blanc liseré de bleu aux sépales et barbes ivoire, et CHRISTIANA BAKER (99) une autre de ses obtentions, qui est un amoena bleu pâle dont le bord des sépales va en s’assombrissant. La particularité de CHRISTIANA BAKER est de ne mesurer qu’environ 70cm, ce qui le classe parmi les BB (Border Bearded). Les parents de VICTORIA CIRCLE sont deux variétés valeureuses, EDITH WOLFORD (Hager 86 – DM 93) et LULLABY OF SPRING (Schreiner 89). Ils n’ont ni l’un ni l’autre de lien proche avec EMMA COOK, mais ils disposent, notamment LULLABY OF SPRING, des gènes de la barbe rouge, qui réapparaissent sur QUEEN’S CIRCLE. C’est du côté « paternel », c’est à dire vers CHRISTIANA BAKER, qu’il faut se tourner pour retrouver l’iris mythique de Paul Cook. Du côté masculin, CHRISTIANA BAKER provient de GLISTENING ICICLE (Maryott 82), un célèbre amoena, lui-même descendant d’une lignée d’amoenas réussis : PRESIDENT FARNSWORTH (Muhlestein 74), IVY LEAGUE (Nearpass 68) et LORD BALTIMORE (Nearpass 69). Du côté féminin il est issu d’un autre BB, CLASSIC TREASURE (Burger 83), chez qui se rencontrent non seulement les gènes de l’ancêtre des amoenas, WHOLE CLOTH (Cook 58 – DM 62), mais aussi ceux de l’ancêtre des iris ondulés, SNOW FLURRY (Rees 39), et de l’ancêtre des iris frisés, MAY HALL (Hall 52) ! Tout cela en passant par des variétés du type EMMA COOK : QUIET SKY et MID-VICTORIAN déjà cités, CRYSTAL BAY (B. Jones 65) et LADY OF LOUDOUN (Crossmann 69).
D’EMMA COOK à QUEEN’S CIRCLE, le chemin est bien tracé et la recette pourrait être ainsi rédigée : Prenez un descendant d’EMMA COOK enrichi par plusieurs générations d’ « in-breeding » ; Ajoutez une pointe d’amoena pour la pureté du coloris blanc ; Pour la beauté de la fleur, complétez de quelques variétés voisines ayant des fleurs solides, ondulées et frisées ; pimentez d’une barbe vivement colorée héritée d’ARCTIC FLAME, et …comptez sur un peu de chance ! Vous obtiendrez une variété superbe destinée à un bel avenir.
EMMA COOK (Paul Cook 57) est une variété qui a fait sensation lors de son apparition, avec ses pétales d’un blanc à peine bleuté et ses sépales également blancs mais agrémentés d’un large liseré en dégradé de bleu s’intensifiant vers le bord. Il n’est donc pas étonnant q’un grand nombre d’hybrideurs l’aient utilisé dans leurs programmes de recherche (comme les Cayeux qui en ont fait un des éléments fondamentaux de leur travail). Parmi ceux-ci quelques-uns uns ont essayé de l’améliorer en rendant les pétales plus blancs et le liseré des sépales plus vif et plus net. Paul Cook lui-même s’en est chargé et il a enregistré QUIET SKY (64) qui est tout à fait dans cette ligne. C’est également le cas de MID-VICTORIAN (Nearpass 70). QUEEN’S CIRCLE (Kerr 99) est un aboutissement de cette recherche.
Il n’est que de comparer les deux fleurs pour se rendre compte du progrès obtenu en une quarantaine d’années. QUEEN’S CIRCLE propose des pétales d’un blanc légèrement crémeux, épais et résistants, largement ondulés et finement dentelés. Les sépales ont les ondulations, la consistance et la couleur mate des pétales. Le liseré est mince mais d’un bleu indigo soutenu, et la barbe, orange clair, apporte à l’ensemble un complément de piquant. Pour en arriver là, Frederick Kerr, l’une des étoiles montantes de l’hybridation actuelle aux USA, a choisi un de ses cultivars, VICTORIA CIRCLE (94), blanc liseré de bleu aux sépales et barbes ivoire, et CHRISTIANA BAKER (99) une autre de ses obtentions, qui est un amoena bleu pâle dont le bord des sépales va en s’assombrissant. La particularité de CHRISTIANA BAKER est de ne mesurer qu’environ 70cm, ce qui le classe parmi les BB (Border Bearded). Les parents de VICTORIA CIRCLE sont deux variétés valeureuses, EDITH WOLFORD (Hager 86 – DM 93) et LULLABY OF SPRING (Schreiner 89). Ils n’ont ni l’un ni l’autre de lien proche avec EMMA COOK, mais ils disposent, notamment LULLABY OF SPRING, des gènes de la barbe rouge, qui réapparaissent sur QUEEN’S CIRCLE. C’est du côté « paternel », c’est à dire vers CHRISTIANA BAKER, qu’il faut se tourner pour retrouver l’iris mythique de Paul Cook. Du côté masculin, CHRISTIANA BAKER provient de GLISTENING ICICLE (Maryott 82), un célèbre amoena, lui-même descendant d’une lignée d’amoenas réussis : PRESIDENT FARNSWORTH (Muhlestein 74), IVY LEAGUE (Nearpass 68) et LORD BALTIMORE (Nearpass 69). Du côté féminin il est issu d’un autre BB, CLASSIC TREASURE (Burger 83), chez qui se rencontrent non seulement les gènes de l’ancêtre des amoenas, WHOLE CLOTH (Cook 58 – DM 62), mais aussi ceux de l’ancêtre des iris ondulés, SNOW FLURRY (Rees 39), et de l’ancêtre des iris frisés, MAY HALL (Hall 52) ! Tout cela en passant par des variétés du type EMMA COOK : QUIET SKY et MID-VICTORIAN déjà cités, CRYSTAL BAY (B. Jones 65) et LADY OF LOUDOUN (Crossmann 69).
D’EMMA COOK à QUEEN’S CIRCLE, le chemin est bien tracé et la recette pourrait être ainsi rédigée : Prenez un descendant d’EMMA COOK enrichi par plusieurs générations d’ « in-breeding » ; Ajoutez une pointe d’amoena pour la pureté du coloris blanc ; Pour la beauté de la fleur, complétez de quelques variétés voisines ayant des fleurs solides, ondulées et frisées ; pimentez d’une barbe vivement colorée héritée d’ARCTIC FLAME, et …comptez sur un peu de chance ! Vous obtiendrez une variété superbe destinée à un bel avenir.
BUMBLEBEE DELITE
C’est la première fois que, dans ces chroniques, il sera question d’un MTB. Dans la classification botanique des iris, les MTB (Miniature Tall Bearded) font partie des séries Intermediae, composées d’iris de taille moyenne, hybrides entre les grands iris et les iris nains. En allant des plus petits aux plus grands, les MTB constituent le quatrième groupe de plantes. Ils mesurent entre 41 et 70 cm de haut, la taille la mieux adaptée étant de 50 à 55 cm, offrent des fleurs de plus de 6 cm de diamètre, sur des tiges fines, harmonieusement équilibrées. Ces fleurs ont la caractéristique d’avoir en grande partie conservé l’aspect des espèces dont elles sont issues. Il y a trois adjectifs dans la langue anglaise qui les définissent très bien : « tiny », « dainty » et « tailored », ce qui peut se traduire par : toutes petites, délicates et ajustées (par opposition à « floues » ou « vaporeuses »).Elles s’épanouissent en même temps que celles des grands iris.
Ces hybrides remontent pour l’essentiel à I. variegata et à I. cengialtii. Le premier a conféré à la plante son côté bicolore, tandis que le second lui a apporté la couleur bleue. D’autres espèces interviennent également, comme I. timofejewii (une forme naine de I. pallida), I. perrieri, I. aphylla, I. mellita, I ; attica… Les premiers MTB apparurent en 1929, aux Etats-Unis. On les appelait à l’époque Iris de Table parce que leurs caractéristiques les destinaient a priori à la confection de bouquets, moins encombrants que ceux constitués de grands iris, et aux plantes en pots. C’est d’ailleurs toujours leur usage, mais leur place se situe aussi, maintenant, sur les petits balcons de nos immeubles modernes. Ils restent néanmoins plutôt rares et les hybrideurs qui travaillent sur ce groupe sont peu nombreux. Ainsi, en 2000, il n’y a eu que 12 MTB enregistrés sur les 902 variétés inscrites cette année là ! Néanmoins dans les récompenses attribuées chaque année par l’AIS, il y en a une pour les MTB, qui s’appelle « Williamson-White Award » en l’honneur des deux promoteurs de ce type d’iris.
Aujourd’hui les MTB n’ont pas encore atteint le degré d’évolution et de sophistication des autres groupes d’iris, TB et SDB notamment. Ce n’est pas forcément un défaut, et BUMBLEBEE DELITE (Norrick 85) en est la démonstration.
Cette variété se distingue en ce qu’elle a très vite été remarquée par les amateurs et a cumulé les récompenses. Ainsi elle a par quatre fois frôlé l’obtention de la Médaille de Dykes ! En 92 tout d’abord puis en 94, 95 et 96. Aucune autre variété ne peut prétendre à un tel palmarès. BUMBLEBEE DELITE se présente avec des pétales jaunes, des sépales, très horizontaux, acajou cernés d’un fin liseré jaune, et une barbe orange. Le haut des sépales est fortement veiné de blanc. La plante est plutôt basse (46 cm) mais bien proportionnée, la fleur est caractéristique dans son aspect rigide qui lui assure une bonne tenue. Pour ceux qui en disposent encore, ils peuvent la voir en couverture du numéro 119 (hiver 95) de la revue Iris & Bulbeuses. Son pedigree s’écrit PEWEE X ORNATE PAGEANT. PEWEE est le modèle même des MTB. C’est une variété historique puisqu’elle a été enregistrée en 1934 ! C’est un des tout premiers MTB sélectionnés. Quant à ORNATE PAGEANT, c’est un hybride enregistré en 1974 par Walter Welch, un obtenteur de l’Indiana. ORNATE PAGEANT se présente dans la même disposition des couleurs que son fils BUMBLEBEE DELITE. Il est issu directement d’un I. variegata diploïde. Quel que soit le côté parental, les espèces de base ne sont pas loin.
BUMBLEBEE DELITE est encore aujourd’hui le flambeau des MTB. Et nous autres Français avons la chance de pouvoir nous le procurer : il est en vente chez Bourdillon. Avis aux amateurs !
C’est la première fois que, dans ces chroniques, il sera question d’un MTB. Dans la classification botanique des iris, les MTB (Miniature Tall Bearded) font partie des séries Intermediae, composées d’iris de taille moyenne, hybrides entre les grands iris et les iris nains. En allant des plus petits aux plus grands, les MTB constituent le quatrième groupe de plantes. Ils mesurent entre 41 et 70 cm de haut, la taille la mieux adaptée étant de 50 à 55 cm, offrent des fleurs de plus de 6 cm de diamètre, sur des tiges fines, harmonieusement équilibrées. Ces fleurs ont la caractéristique d’avoir en grande partie conservé l’aspect des espèces dont elles sont issues. Il y a trois adjectifs dans la langue anglaise qui les définissent très bien : « tiny », « dainty » et « tailored », ce qui peut se traduire par : toutes petites, délicates et ajustées (par opposition à « floues » ou « vaporeuses »).Elles s’épanouissent en même temps que celles des grands iris.
Ces hybrides remontent pour l’essentiel à I. variegata et à I. cengialtii. Le premier a conféré à la plante son côté bicolore, tandis que le second lui a apporté la couleur bleue. D’autres espèces interviennent également, comme I. timofejewii (une forme naine de I. pallida), I. perrieri, I. aphylla, I. mellita, I ; attica… Les premiers MTB apparurent en 1929, aux Etats-Unis. On les appelait à l’époque Iris de Table parce que leurs caractéristiques les destinaient a priori à la confection de bouquets, moins encombrants que ceux constitués de grands iris, et aux plantes en pots. C’est d’ailleurs toujours leur usage, mais leur place se situe aussi, maintenant, sur les petits balcons de nos immeubles modernes. Ils restent néanmoins plutôt rares et les hybrideurs qui travaillent sur ce groupe sont peu nombreux. Ainsi, en 2000, il n’y a eu que 12 MTB enregistrés sur les 902 variétés inscrites cette année là ! Néanmoins dans les récompenses attribuées chaque année par l’AIS, il y en a une pour les MTB, qui s’appelle « Williamson-White Award » en l’honneur des deux promoteurs de ce type d’iris.
Aujourd’hui les MTB n’ont pas encore atteint le degré d’évolution et de sophistication des autres groupes d’iris, TB et SDB notamment. Ce n’est pas forcément un défaut, et BUMBLEBEE DELITE (Norrick 85) en est la démonstration.
Cette variété se distingue en ce qu’elle a très vite été remarquée par les amateurs et a cumulé les récompenses. Ainsi elle a par quatre fois frôlé l’obtention de la Médaille de Dykes ! En 92 tout d’abord puis en 94, 95 et 96. Aucune autre variété ne peut prétendre à un tel palmarès. BUMBLEBEE DELITE se présente avec des pétales jaunes, des sépales, très horizontaux, acajou cernés d’un fin liseré jaune, et une barbe orange. Le haut des sépales est fortement veiné de blanc. La plante est plutôt basse (46 cm) mais bien proportionnée, la fleur est caractéristique dans son aspect rigide qui lui assure une bonne tenue. Pour ceux qui en disposent encore, ils peuvent la voir en couverture du numéro 119 (hiver 95) de la revue Iris & Bulbeuses. Son pedigree s’écrit PEWEE X ORNATE PAGEANT. PEWEE est le modèle même des MTB. C’est une variété historique puisqu’elle a été enregistrée en 1934 ! C’est un des tout premiers MTB sélectionnés. Quant à ORNATE PAGEANT, c’est un hybride enregistré en 1974 par Walter Welch, un obtenteur de l’Indiana. ORNATE PAGEANT se présente dans la même disposition des couleurs que son fils BUMBLEBEE DELITE. Il est issu directement d’un I. variegata diploïde. Quel que soit le côté parental, les espèces de base ne sont pas loin.
BUMBLEBEE DELITE est encore aujourd’hui le flambeau des MTB. Et nous autres Français avons la chance de pouvoir nous le procurer : il est en vente chez Bourdillon. Avis aux amateurs !
15.11.03
L’ENIGME DE LA SEMAINE
DE L’OR
Des cinq variétés listées ci-dessous, le nom de l’une n’intéresse pas le même domaine que les quatre autres. Laquelle ?
· BILLIONAIRE
· FINANCIER
· MONEY
· SPECULATOR
· YUKON FEVER
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
ANTIGUA SOLEIL fait allusion à une île des Antilles… dans l’océan Atlantique.
.
DE L’OR
Des cinq variétés listées ci-dessous, le nom de l’une n’intéresse pas le même domaine que les quatre autres. Laquelle ?
· BILLIONAIRE
· FINANCIER
· MONEY
· SPECULATOR
· YUKON FEVER
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
ANTIGUA SOLEIL fait allusion à une île des Antilles… dans l’océan Atlantique.
.
VERS DE NOUVEAUX COLORIS ?
II. Les bicolores
Le domaine des bicolores propose aujourd’hui différentes associations nouvelles qui devraient se développer au cours des prochaines années.
Ce qui est assuré c’est que les amoenas inversés sont déjà dans le vent. Cette disposition des couleurs n’est pas nouvelle, mais les progrès dans la netteté du contraste sont flagrants. Après SEA QUEST (Shoop 90), on a trouvé IN REVERSE (Gatty 93), puis UPSIDE DOWN (Niswonger 94), ensuite vint CROWNED HEADS (Keppel 97) qui a marqué le départ d’une nouvelle ère d’amoenas inversés, aux pétales toujours plus saturés et aux sépales toujours plus purs. FOGBOUND (97) a été l’étape suivante et s’est révélé être un géniteur de grande classe (voir la chronique « L’effet Fogbound »). Chaque année maintenant on découvre un certain nombre de nouveaux « dark top » qui démontrent que cette recherche est en pleine croissance. Les deux principaux pourvoyeurs de ces iris sont Vincent Christopherson et, toujours, Keith Keppel. Du premier j’ai remarqué TURN THE TIDE (2000) qui descend de SEA QUEST, tout comme IN THE CLOUDS (2001), alors que ALL ABOARD (2003) a pour parent femelle LITTLE MUCH (Ghio 84) et pour ancêtres deux anciens « dark top », SURF RIDER (Tucker 72) et SEA VENTURE (Jones 72). Quant à Keith Keppel, il se donne actuellement à fond dans les amoenas inversés et en enregistre chaque année plusieurs. Ainsi WINTRY SKY (2002) qui est un descendant de CROWNED HEADS, puis FRIENDLY FIRE, issu de FOGBOUND, ALPEN VIEW (2003), de FOGBOUND et CROWNED HEADS. RIPPLE EFFECT (2003), de la même veine, ajoute un reflet chartreuse aux sépales. Mais il n’y a pas qu’aux USA qu’on s’intéresse aux amoenas inversés, en Europe, ALDO RATTI (Bianco 98) a donné le départ et IRIADE (Laporte 2003) est la réplique française au travail de Keith Keppel.
BEL ESPRIT ( Keppel 2002) décline le principe « dark top » dans d’autres couleurs que le bleu et le blanc, puisqu’il marie le rose orangé marqué de mauve sur les côtes, à l’abricot très éclairci sous les barbes minium. Il fait la transition avec une autre avancée dans le domaine des bicolores, celle des variegatas inversés.
En effet l’un des autres thèmes de recherche du début des années 2000 se situe dans cette juxtaposition, tout à fait nouvelle. TRADE SECRET (Keppel 2003) s’ajoute à BEL ESPRIT pour assurer le lien. C’est un étrange iris aux pétales jaune paille largement infus d’indigo fumé et aux sépales également jaune paille, avec des barbes plus orangées. Plusieurs obtenteurs ont enregistré ces dernières années des variétés violet/jaune. L’un des premiers a été Richard Ernst qui, à partir d’AFTERNOON DELIGHT (85) a obtenu RAINBOW GODDESS (94) puis TAUGHT BY MASTERS (2002). A chaque étape le contraste entre les pétales, mauves puis violets, et les sépales, orangés puis jaunes, s’est développé. Son DANDY CANDY (2001), pourpre sur pêche, est une autre combinaison issue d’AFTERNOON DELIGHT.
Une autre base de ce type de bicolore se trouve dans HAWAIIAN QUEEN (Shoop 86). Cette variété a été utilisée par Paul Black pour aboutir à TAUNT (2000) aux pétales beige rosé plus vif sur les côtes et aux sépales d’un beau blond. Une autre approche du bleu sur jaune est apparue cette année avec APOLLO’S ROBE (Carter 2003) qui allie des sépales jaune d’or un peu fumé à des pétales mauve parme infus de jaune sur les côtes. Mais la plus grande netteté dans le contraste est peut-être le fait de WONDERFUL TO SEE (Kerr 2000), avec ses pétales d’un beau bleu lavande, et ses sépales franchement jaune primevère, liserés de blanc. Sans compter le bouillonné de toute la fleur, vraiment réussie. Nous autres Français pouvons être fiers de ce petit-fils de ECHO DE FRANCE (Anfosso 84). Quoiqu’il en soit, la combinaison bleu ou violet/jaune devrait bien être la tendance de cette décennie.
On peut également dire un mot d’une variété étonnante, PASSING CLOUDS (2001), l’une des dernières obtentions de Ben Hager. C’est une fleur commercialisée par Cooley, qui assemble des pétales bleus de lin et des sépales chamois, une juxtaposition unique pour l’instant mais qui pourrait bien donner des idées aux hybrideurs avides de nouveauté originale.
Enfin terminons ce chapitre par une autre forme de contraste : le « blanc et noir ». C’est encore une combinaison à la mode. Elle a été engagée par Joë Ghio dès 1993 avec OSAKA, aux sépales acajou très foncé, puis avec COSTA RICA (95) dont les sépales sont, cette fois, violet-noir. SNOWED IN (98) a des sépales bleu nuit nettement veinés de blanc sous les barbes. CONNECTION (99) marque une nouvelle étape par ses pétales pratiquement blancs et ses sépales bleu nuit devenant brun rouge sous les barbes orange brûlé. STARRING (99) est encore plus nettement bicolore : pétales blanc laiteux, sépales grenat aubergine et barbes brique ; il est très apprécié et a obtenu la Franklin Cup en 2002.. Lowell Baumunk a suivi le même chemin et son MIDNIGHT MOONLIGHT (99) présente des pétales à peine bleutés et des sépales d’un bleu marine profond. En Europe c’est le Slovaque Anton Mego qui a pris le relais : son SLOVAK PRINCE (2003) est un superbe blanc/ bleu nuit.
Pour les mélanges de couleurs, on en restera là, mais le sujet n’est pas épuisé pour autant ! Dans une prochaine chronique, on abordera un autre domaine, celui des fleurs poudrées, piquetées, liserées ou autrement colorées.
II. Les bicolores
Le domaine des bicolores propose aujourd’hui différentes associations nouvelles qui devraient se développer au cours des prochaines années.
Ce qui est assuré c’est que les amoenas inversés sont déjà dans le vent. Cette disposition des couleurs n’est pas nouvelle, mais les progrès dans la netteté du contraste sont flagrants. Après SEA QUEST (Shoop 90), on a trouvé IN REVERSE (Gatty 93), puis UPSIDE DOWN (Niswonger 94), ensuite vint CROWNED HEADS (Keppel 97) qui a marqué le départ d’une nouvelle ère d’amoenas inversés, aux pétales toujours plus saturés et aux sépales toujours plus purs. FOGBOUND (97) a été l’étape suivante et s’est révélé être un géniteur de grande classe (voir la chronique « L’effet Fogbound »). Chaque année maintenant on découvre un certain nombre de nouveaux « dark top » qui démontrent que cette recherche est en pleine croissance. Les deux principaux pourvoyeurs de ces iris sont Vincent Christopherson et, toujours, Keith Keppel. Du premier j’ai remarqué TURN THE TIDE (2000) qui descend de SEA QUEST, tout comme IN THE CLOUDS (2001), alors que ALL ABOARD (2003) a pour parent femelle LITTLE MUCH (Ghio 84) et pour ancêtres deux anciens « dark top », SURF RIDER (Tucker 72) et SEA VENTURE (Jones 72). Quant à Keith Keppel, il se donne actuellement à fond dans les amoenas inversés et en enregistre chaque année plusieurs. Ainsi WINTRY SKY (2002) qui est un descendant de CROWNED HEADS, puis FRIENDLY FIRE, issu de FOGBOUND, ALPEN VIEW (2003), de FOGBOUND et CROWNED HEADS. RIPPLE EFFECT (2003), de la même veine, ajoute un reflet chartreuse aux sépales. Mais il n’y a pas qu’aux USA qu’on s’intéresse aux amoenas inversés, en Europe, ALDO RATTI (Bianco 98) a donné le départ et IRIADE (Laporte 2003) est la réplique française au travail de Keith Keppel.
BEL ESPRIT ( Keppel 2002) décline le principe « dark top » dans d’autres couleurs que le bleu et le blanc, puisqu’il marie le rose orangé marqué de mauve sur les côtes, à l’abricot très éclairci sous les barbes minium. Il fait la transition avec une autre avancée dans le domaine des bicolores, celle des variegatas inversés.
En effet l’un des autres thèmes de recherche du début des années 2000 se situe dans cette juxtaposition, tout à fait nouvelle. TRADE SECRET (Keppel 2003) s’ajoute à BEL ESPRIT pour assurer le lien. C’est un étrange iris aux pétales jaune paille largement infus d’indigo fumé et aux sépales également jaune paille, avec des barbes plus orangées. Plusieurs obtenteurs ont enregistré ces dernières années des variétés violet/jaune. L’un des premiers a été Richard Ernst qui, à partir d’AFTERNOON DELIGHT (85) a obtenu RAINBOW GODDESS (94) puis TAUGHT BY MASTERS (2002). A chaque étape le contraste entre les pétales, mauves puis violets, et les sépales, orangés puis jaunes, s’est développé. Son DANDY CANDY (2001), pourpre sur pêche, est une autre combinaison issue d’AFTERNOON DELIGHT.
Une autre base de ce type de bicolore se trouve dans HAWAIIAN QUEEN (Shoop 86). Cette variété a été utilisée par Paul Black pour aboutir à TAUNT (2000) aux pétales beige rosé plus vif sur les côtes et aux sépales d’un beau blond. Une autre approche du bleu sur jaune est apparue cette année avec APOLLO’S ROBE (Carter 2003) qui allie des sépales jaune d’or un peu fumé à des pétales mauve parme infus de jaune sur les côtes. Mais la plus grande netteté dans le contraste est peut-être le fait de WONDERFUL TO SEE (Kerr 2000), avec ses pétales d’un beau bleu lavande, et ses sépales franchement jaune primevère, liserés de blanc. Sans compter le bouillonné de toute la fleur, vraiment réussie. Nous autres Français pouvons être fiers de ce petit-fils de ECHO DE FRANCE (Anfosso 84). Quoiqu’il en soit, la combinaison bleu ou violet/jaune devrait bien être la tendance de cette décennie.
On peut également dire un mot d’une variété étonnante, PASSING CLOUDS (2001), l’une des dernières obtentions de Ben Hager. C’est une fleur commercialisée par Cooley, qui assemble des pétales bleus de lin et des sépales chamois, une juxtaposition unique pour l’instant mais qui pourrait bien donner des idées aux hybrideurs avides de nouveauté originale.
Enfin terminons ce chapitre par une autre forme de contraste : le « blanc et noir ». C’est encore une combinaison à la mode. Elle a été engagée par Joë Ghio dès 1993 avec OSAKA, aux sépales acajou très foncé, puis avec COSTA RICA (95) dont les sépales sont, cette fois, violet-noir. SNOWED IN (98) a des sépales bleu nuit nettement veinés de blanc sous les barbes. CONNECTION (99) marque une nouvelle étape par ses pétales pratiquement blancs et ses sépales bleu nuit devenant brun rouge sous les barbes orange brûlé. STARRING (99) est encore plus nettement bicolore : pétales blanc laiteux, sépales grenat aubergine et barbes brique ; il est très apprécié et a obtenu la Franklin Cup en 2002.. Lowell Baumunk a suivi le même chemin et son MIDNIGHT MOONLIGHT (99) présente des pétales à peine bleutés et des sépales d’un bleu marine profond. En Europe c’est le Slovaque Anton Mego qui a pris le relais : son SLOVAK PRINCE (2003) est un superbe blanc/ bleu nuit.
Pour les mélanges de couleurs, on en restera là, mais le sujet n’est pas épuisé pour autant ! Dans une prochaine chronique, on abordera un autre domaine, celui des fleurs poudrées, piquetées, liserées ou autrement colorées.
7.11.03
L’ENIGME DE LA SEMAINE
PACIFIQUE
Toutes les variétés ci-dessous font-elles allusions aux îles du Pacifique ? Sinon, laquelle n’est pas à sa place ?
· ANTIGUA SOLEIL (L. Anfosso 91)
· MAORI LEGEND (Stevens 57)
· MARQUESAN SKIES (Blocher 67)
· POLYNESIAN DANCER (Stevens 57)
· TAHITI SUNRISE (Ernst 65)
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
CHIEF MOHAWK est une variété de couleur jaune ; les quatre autres sont de couleur brun-rouge.
.
PACIFIQUE
Toutes les variétés ci-dessous font-elles allusions aux îles du Pacifique ? Sinon, laquelle n’est pas à sa place ?
· ANTIGUA SOLEIL (L. Anfosso 91)
· MAORI LEGEND (Stevens 57)
· MARQUESAN SKIES (Blocher 67)
· POLYNESIAN DANCER (Stevens 57)
· TAHITI SUNRISE (Ernst 65)
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
CHIEF MOHAWK est une variété de couleur jaune ; les quatre autres sont de couleur brun-rouge.
.
VERS DE NOUVEAUX COLORIS ?
I. Les unicolores
Les années 80 ont vu l’explosion des iris « rostrata » (ou plus communément « space-age »). Les années 90 ont été celles des « maculosa » (alias « broken color). De quoi seront faites les années 2000 ? On peut dès maintenant déceler les pistes qui seront explorées par les hybrideurs contemporains et ce sont ces pistes dont on va chercher ma trace aujourd’hui.
Chacun sait qu’il existe trois domaines sur lesquels on peut agir quand on veut créer de nouveaux iris : la couleur, ou les associations de couleurs, le modèle, ce que les Américains appellent « pattern », et l’aspect de la fleur (ondulations, dentelure, disposition des parties florales…). Dans chacun de ces domaines ont distingue actuellement des évolutions qui laissent à penser que l’avenir des iris, des grands notamment, ne sera pas monotone.
Premier domaine : la couleur. Il y a encore des couleurs qui n’ont fait l’objet que de très peu de recherches, soit qu’elles soient peu commerciales, soit qu’elles soient difficiles à obtenir. Je ne parle pas du rouge, qui ne viendra que si un transfert de pigment est réalisé par manipulation génétique. Mais l’iris n’est tout de même pas une plante qui mérite qu’on la manipule dans un simple but esthétique ; les recherches génétiques se concentrent sur des produits ayant une réelle valeur économique ou industrielle, ce qui n’est pas le cas de notre chère fleur ! A côté, il y a sans doute moyen d’apporter du nouveau par un simple travail d’hybridation. La couleur verte, tout d’abord. Elle provient d’une intrusion de la chlorophylle des feuilles dans les fleurs. Elle est très présente déjà dans des variétés comme BAYBERRY CANDLE (deForest 69) ou FLUTED LIME (Noyd 66), mais plusieurs hybrideurs plus récents s’y sont intéressés. C’est le cas de Hiram Ames, qui a produit EVERGREEN HIDEWAY (91), une variété vraiment verte, ou de Richard Ernst qui a enregistré des variétés à forte influence verte comme ENVY (90), en tilleul clair, et OLIVE BRANCH (90) en vert sombre, teinté chartreuse. A l’occasion, Joë Ghio l’a mis en avant, dans PISTACHIO (74), et dans AL FRESCO (81). De même la firme Schreiner, sans pousser les recherches en ce sens, a obtenu des iris dont le jaune et nettement teinté de vert ; c’est le cas de HELEN BOEHM (77), ou de MOONSTRUCK (79). Enfin, parmi les plus grands, Keith Keppel a commencé à s’y intéresser avec PATINA (78) et COSMIC DANCE (80) ; depuis quelques temps il semble qu’il ait eu pour cette couleur un regain d’intérêt puisqu’il a introduit récemment SUSPICION (99), une variété vraiment jaune tilleul, suivie de SECRET SERVICE (2002), un bicolore sombre aux pétales fortement imprégnés de vert, puis de TRADE SECRET (2003), un enfant de SUSPICION, à la couleur plus concentrée. Quand il s’intéresse à quelque chose, Keith Keppel va jusqu’au bout, il est donc assez prévisible qu’il ne s’arrêtera pas là et que le vert sera une des couleurs des années à venir. D’autant que d’autres hybrideurs font la même démarche que lui, comme le Tchèque Jiri Dudek qui propose dès maintenant quelques variétés franchement vertes comme ZELENY POKATEK (98) et plus encore BRUM BRUM BRUM (2000) et ses frères de semis, issus de SONG OF NORWAY.
Après le vert, une autre couleur peu utilisée est le gris. Certes le gris est moins flatteur, moins commercial que le bleu ou le rose, mais il offre un autre choix et intéresse sûrement certains collectionneurs. Il existe, malheureusement beaucoup de semis qui présentent un coloris que les Américains qualifient de « muddy », c’est à dire boueux ou grisâtre. C’est un défaut et les iris ayant cet aspect devraient être éliminés au moment de la sélection. Ils ne sont pas véritablement gris, mais leur couleur est impure parce qu’infestée de colorants anthocyaniques qui nuisent à l’éclat de la fleur. Ce n’est pas cela un iris gris, pour celui-là la couleur doit se présenter franchement, sans mélange douteux ; c’est ce qui en fait la rareté. A ma connaissance, il y a peu d’iris que l’on peut qualifier de gris. D’ailleurs à l’heure actuelle il semble que l’enregistrement d’un iris gris résulte plus de l’opportunité que d’une recherche réellement orientée. Et cette opportunité est plutôt rare. Au hasard de ses semis Joë Ghio a découvert un iris original, gris avec du jaune moutarde aux épaules, qu’il a baptisé GHOST STORY (75). Le même hasard a du permettre à Gordon Plough de sélectionner LONDON FOG (75). L’apparition de BATEAU IVRE (Anfosso 82) était plus prévisible, en raison du ton fumé de son parent mâle, GYPSY PRINCE, et c’est, me semble-t-il un gris foncé bien réussi au plan de la couleur. TRAITOR (Jameson 93) et son descendant GHOST (Dyer 99) sont aussi des iris franchement gris ; ils se distinguent, de plus, par une barbe proche du noir très originale. Ils sont peut-être à l’origine d’une famille d’iris gris comme il n’y en a pas eu auparavant. On peut dire la même chose d’une curiosité, pour l’instant, qui se nomme OZONE ALERT (Burseen 97). C’est un iris issu de semis bleu-noir, qui n’est pas franchement gris, mais qui tire vers cette couleur. Cependant, à mon avis, l’iris le plus gris qui soit, s’appelle BEGHINA. C’est l’enfant d’une amatrice italienne, Gina Sgaravitti, qui l’a obtenu dans le début des années 60 mais ne l’a jamais enregistré. Il est gris pur, doré aux épaules et légèrement bleuté sous les barbes qui sont jaunes. L’aspect de la fleur est évidemment daté, mais certains des semis que j’ai obtenus à partir de cette variété sont également gris et laissent présager une descendance réussie dans cette couleur. Avec TRAITOR, GHOST et OZONE ALERT, il permet de penser que le gris sera l’un des domaines de recherche des années 2000.
Pour en terminer avec les unicolores, j’ai remarqué qu’une nette tendance se dessinait pour développer les iris mordorés, des teintes que l’on attribue d’ordinaire aux chrysanthèmes. Je veux parler de ceux qui se situent au-delà de l’orange bien connu, et plutôt près du brun. Ce n’est pas une couleur nouvelle, mais plusieurs hybrideurs s’y intéressent actuellement. A commencer par Paul Black, dont DUDE RANCH (2000) a été couronné à Florence en 2002 qui est couleur caramel. GAME PLAN (2002) est la contribution récente de Keppel à ce coloris. GOLDEN PANTHER (Tasco 2000), NUT AND HONEY (Aitken 2001), OLD SANTA FE (Magee 2003), PENNY LANE (Lauer 99) font partie de cette tendance, et la firme Schreiner ne sera pas en reste, car elle a en attente un semis JJ 1747 A, qui va dans ce sens.
En dehors des iris unicolores (ou « self »), un autre domaine est celui des variétés bicolores. Il en sera question dans la prochaine chronique.
I. Les unicolores
Les années 80 ont vu l’explosion des iris « rostrata » (ou plus communément « space-age »). Les années 90 ont été celles des « maculosa » (alias « broken color). De quoi seront faites les années 2000 ? On peut dès maintenant déceler les pistes qui seront explorées par les hybrideurs contemporains et ce sont ces pistes dont on va chercher ma trace aujourd’hui.
Chacun sait qu’il existe trois domaines sur lesquels on peut agir quand on veut créer de nouveaux iris : la couleur, ou les associations de couleurs, le modèle, ce que les Américains appellent « pattern », et l’aspect de la fleur (ondulations, dentelure, disposition des parties florales…). Dans chacun de ces domaines ont distingue actuellement des évolutions qui laissent à penser que l’avenir des iris, des grands notamment, ne sera pas monotone.
Premier domaine : la couleur. Il y a encore des couleurs qui n’ont fait l’objet que de très peu de recherches, soit qu’elles soient peu commerciales, soit qu’elles soient difficiles à obtenir. Je ne parle pas du rouge, qui ne viendra que si un transfert de pigment est réalisé par manipulation génétique. Mais l’iris n’est tout de même pas une plante qui mérite qu’on la manipule dans un simple but esthétique ; les recherches génétiques se concentrent sur des produits ayant une réelle valeur économique ou industrielle, ce qui n’est pas le cas de notre chère fleur ! A côté, il y a sans doute moyen d’apporter du nouveau par un simple travail d’hybridation. La couleur verte, tout d’abord. Elle provient d’une intrusion de la chlorophylle des feuilles dans les fleurs. Elle est très présente déjà dans des variétés comme BAYBERRY CANDLE (deForest 69) ou FLUTED LIME (Noyd 66), mais plusieurs hybrideurs plus récents s’y sont intéressés. C’est le cas de Hiram Ames, qui a produit EVERGREEN HIDEWAY (91), une variété vraiment verte, ou de Richard Ernst qui a enregistré des variétés à forte influence verte comme ENVY (90), en tilleul clair, et OLIVE BRANCH (90) en vert sombre, teinté chartreuse. A l’occasion, Joë Ghio l’a mis en avant, dans PISTACHIO (74), et dans AL FRESCO (81). De même la firme Schreiner, sans pousser les recherches en ce sens, a obtenu des iris dont le jaune et nettement teinté de vert ; c’est le cas de HELEN BOEHM (77), ou de MOONSTRUCK (79). Enfin, parmi les plus grands, Keith Keppel a commencé à s’y intéresser avec PATINA (78) et COSMIC DANCE (80) ; depuis quelques temps il semble qu’il ait eu pour cette couleur un regain d’intérêt puisqu’il a introduit récemment SUSPICION (99), une variété vraiment jaune tilleul, suivie de SECRET SERVICE (2002), un bicolore sombre aux pétales fortement imprégnés de vert, puis de TRADE SECRET (2003), un enfant de SUSPICION, à la couleur plus concentrée. Quand il s’intéresse à quelque chose, Keith Keppel va jusqu’au bout, il est donc assez prévisible qu’il ne s’arrêtera pas là et que le vert sera une des couleurs des années à venir. D’autant que d’autres hybrideurs font la même démarche que lui, comme le Tchèque Jiri Dudek qui propose dès maintenant quelques variétés franchement vertes comme ZELENY POKATEK (98) et plus encore BRUM BRUM BRUM (2000) et ses frères de semis, issus de SONG OF NORWAY.
Après le vert, une autre couleur peu utilisée est le gris. Certes le gris est moins flatteur, moins commercial que le bleu ou le rose, mais il offre un autre choix et intéresse sûrement certains collectionneurs. Il existe, malheureusement beaucoup de semis qui présentent un coloris que les Américains qualifient de « muddy », c’est à dire boueux ou grisâtre. C’est un défaut et les iris ayant cet aspect devraient être éliminés au moment de la sélection. Ils ne sont pas véritablement gris, mais leur couleur est impure parce qu’infestée de colorants anthocyaniques qui nuisent à l’éclat de la fleur. Ce n’est pas cela un iris gris, pour celui-là la couleur doit se présenter franchement, sans mélange douteux ; c’est ce qui en fait la rareté. A ma connaissance, il y a peu d’iris que l’on peut qualifier de gris. D’ailleurs à l’heure actuelle il semble que l’enregistrement d’un iris gris résulte plus de l’opportunité que d’une recherche réellement orientée. Et cette opportunité est plutôt rare. Au hasard de ses semis Joë Ghio a découvert un iris original, gris avec du jaune moutarde aux épaules, qu’il a baptisé GHOST STORY (75). Le même hasard a du permettre à Gordon Plough de sélectionner LONDON FOG (75). L’apparition de BATEAU IVRE (Anfosso 82) était plus prévisible, en raison du ton fumé de son parent mâle, GYPSY PRINCE, et c’est, me semble-t-il un gris foncé bien réussi au plan de la couleur. TRAITOR (Jameson 93) et son descendant GHOST (Dyer 99) sont aussi des iris franchement gris ; ils se distinguent, de plus, par une barbe proche du noir très originale. Ils sont peut-être à l’origine d’une famille d’iris gris comme il n’y en a pas eu auparavant. On peut dire la même chose d’une curiosité, pour l’instant, qui se nomme OZONE ALERT (Burseen 97). C’est un iris issu de semis bleu-noir, qui n’est pas franchement gris, mais qui tire vers cette couleur. Cependant, à mon avis, l’iris le plus gris qui soit, s’appelle BEGHINA. C’est l’enfant d’une amatrice italienne, Gina Sgaravitti, qui l’a obtenu dans le début des années 60 mais ne l’a jamais enregistré. Il est gris pur, doré aux épaules et légèrement bleuté sous les barbes qui sont jaunes. L’aspect de la fleur est évidemment daté, mais certains des semis que j’ai obtenus à partir de cette variété sont également gris et laissent présager une descendance réussie dans cette couleur. Avec TRAITOR, GHOST et OZONE ALERT, il permet de penser que le gris sera l’un des domaines de recherche des années 2000.
Pour en terminer avec les unicolores, j’ai remarqué qu’une nette tendance se dessinait pour développer les iris mordorés, des teintes que l’on attribue d’ordinaire aux chrysanthèmes. Je veux parler de ceux qui se situent au-delà de l’orange bien connu, et plutôt près du brun. Ce n’est pas une couleur nouvelle, mais plusieurs hybrideurs s’y intéressent actuellement. A commencer par Paul Black, dont DUDE RANCH (2000) a été couronné à Florence en 2002 qui est couleur caramel. GAME PLAN (2002) est la contribution récente de Keppel à ce coloris. GOLDEN PANTHER (Tasco 2000), NUT AND HONEY (Aitken 2001), OLD SANTA FE (Magee 2003), PENNY LANE (Lauer 99) font partie de cette tendance, et la firme Schreiner ne sera pas en reste, car elle a en attente un semis JJ 1747 A, qui va dans ce sens.
En dehors des iris unicolores (ou « self »), un autre domaine est celui des variétés bicolores. Il en sera question dans la prochaine chronique.
31.10.03
L’ENIGME DE LA SEMAINE
LES PEAU-ROUGE
L’une des variétés dont le nom figure ci-dessous n’a pas les mêmes caractéristiques que les autres. Laquelle ?
· CHIEF CHICKASAW (Scharff 57)
· CHIEF HEMATITE (Gibson 82)
· CHIEF MOHAWK (Hamner 89)
· CHIEF QUINABY (Schreiner 91)
· CHIEF WAUKESHA (Blodgett 77)
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
TENNESSEE GENTLEMAN est le seul nom des cinq à désigner un personnage.
LES PEAU-ROUGE
L’une des variétés dont le nom figure ci-dessous n’a pas les mêmes caractéristiques que les autres. Laquelle ?
· CHIEF CHICKASAW (Scharff 57)
· CHIEF HEMATITE (Gibson 82)
· CHIEF MOHAWK (Hamner 89)
· CHIEF QUINABY (Schreiner 91)
· CHIEF WAUKESHA (Blodgett 77)
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
TENNESSEE GENTLEMAN est le seul nom des cinq à désigner un personnage.
LES SUBTILITÉS DE L’HYBRIDATION
Dans un important article publié dans le N° 330 (juillet 2003) du Bulletin de l’AIS, Dave Niswonger, obtenteur américain bien connu, fait le point sur les subtilités de l’hybridation des iris. Cet article est ardu dans son contenu et, à mon avis, manque de rigueur dans son plan. C’est pourquoi, abordant ce sujet, je vais m’efforcer d’être plus simple et plus limité dans mes ambitions.
Comme d’autres l’ont fait avant lui, ainsi Keith Keppel dans de nombreux articles ou Richard Cayeux dans « L’Iris, une fleur royale », Niswonger insiste sur la nécessité de se limiter dans les buts à rechercher. Il y a le choix parmi les buts possibles et il est recommandé de commencer par sélectionner un ou deux domaines de recherches, en commençant par ceux qui posent le moins de difficultés à celui qui se lance dans l’hybridation. Tous les auteurs admettent que le débutant, devrait commencer par la recherche d’une amélioration de l’existant. Par exemple essayer d’ajouter des éléments de perfectionnement à une couleur et à la fleur qui l’exhibe: plus de saturation du coloris, fleurs plus ondulées ou plus frisées, fleurs mieux disposées le long de la tige, boutons plus nombreux, plante mieux ramifiée, qui pousse mieux ou qui résiste mieux aux agressions. Les hybrideurs chevronnés, et disposant de beaucoup de place pour leurs semis, pourront s’attaquer à des domaines plus délicats comme la recherche de nouvelles couleurs ou de nouvelles combinaisons de couleurs. Pourquoi cette distinction ? En quoi les domaines cités en derniers présentent-ils plus de difficultés ?
La recherche d’une amélioration d’une couleur ou d’un modèle donné passe essentiellement par le croisement d’une variété de départ par une autre de la même lignée, qui présente des traits allant dans le sens du but recherché. Les améliorations peuvent apparaître dés la première génération, ce qui est encourageant pour celui qui débute. En revanche créer une nouvelle couleur ou une nouvelle combinaison de couleurs est une œuvre de plus longue haleine, plus aléatoire, plus exigeante en nombre de semis et nécessitant des connaissances génétiques et généalogiques plus étendues. Il y a en effet trois parties de la fleur sur lesquelles il faut agir : les pétales, les sépales et les barbes. Le travail devra obligatoirement s’étendre sur plusieurs générations, donc sur quelques années, avec beaucoup de résultats médiocre en attendant le succès.
De toute façon, si l’on veut aboutir à quelque chose, il ne faut surtout pas croiser les variétés au hasard, en fonction de l’intérêt qu’on leur porte ou de la fantaisie qui passe par la tête. Le hasard peut certes faire qu’on obtienne ainsi un résultat satisfaisant, mais c’est comme jouer à la loterie, il y a beaucoup de joueurs, très peu de gagnants et encore moins de gros lots ! Comme le dit très bien Richard Cayeux, les iris d’aujourd’hui n’ont pas une généalogie simple ( les analyses que je propose souvent ici le démontrent) et les éléments génétiques qu’ils contiennent sont si complexes que les interactions entre les uns et les autres rendent hasardeux les résultats que l’on peut obtenir. Avant tout croisement il est nécessaire, si l’on veut vraiment atteindre un but, d’étudier le pedigree non seulement des variétés auxquelles on songe, mais aussi celui de leurs ancêtres, sur de nombreuses générations. Si l’on veut agir sur un élément, ces analyses demandent déjà un travail de recherche dans les documents important ; si l’on s’attaque à plusieurs éléments, les connaissances exigées vont devenir complexes et n’être à la portée que de celui qui a une connaissance approfondie de la génétique des iris.
Il y a, à ce sujet, quelques informations de base qu’il faut retenir. Savoir, en tout premier, quelles couleurs ou combinaisons sont récessives ou dominantes ; quels pigments se trouvent dans les cellules ou autour des cellules ; comment et pourquoi ils apparaissent ici ou là ; quel peut être l’effet d’un facteur inhibant… Les connaissances approfondies viendront avec le temps et les soirées d’hiver consacrées à potasser les écrits des bons auteurs et les check-lists de l’AIS.
On ne cesse pourtant de dire, ici et là, que l’hybridation est facile. Techniquement c’est vrai. Pour le reste il faut être plus nuancé. Dans son livre, Richard Cayeux ne dit rien d’autre. Le chapitre consacré à la création de nouvelles variétés de pogoniris est très clair là- dessus. Il explique les aléas de l’hybridation, donne des conseils utiles (se limiter dans ses objectifs, choisir les bons parents, exercer une sélection rigoureuse des semis), expose les stratégies possibles et conseille sur la méthode qu’il faut choisir. Dave Niswonger, avec plus d’exemples personnels et de réflexions issues d’une longue pratique du métier, ne dit rien d’autre. C’est la démonstration qu’il n’y a pas d’autre voie, même si au savoir et au savoir-faire s’ajoutent le génie personnel et, un peu, la chance.
L’amateur ne doit pas imaginer cependant que le travail d’hybrideur est insurmontable. Il faut simplement, comme pour toute tâche, l’aborder avec sérieux et le minimum de connaissances. Moyennant cela, il est certain que même dans un jardin relativement petit, il est possible d’obtenir des iris de qualité et de contribuer, modestement, à la progression de nos fleurs favorites.
Dans un important article publié dans le N° 330 (juillet 2003) du Bulletin de l’AIS, Dave Niswonger, obtenteur américain bien connu, fait le point sur les subtilités de l’hybridation des iris. Cet article est ardu dans son contenu et, à mon avis, manque de rigueur dans son plan. C’est pourquoi, abordant ce sujet, je vais m’efforcer d’être plus simple et plus limité dans mes ambitions.
Comme d’autres l’ont fait avant lui, ainsi Keith Keppel dans de nombreux articles ou Richard Cayeux dans « L’Iris, une fleur royale », Niswonger insiste sur la nécessité de se limiter dans les buts à rechercher. Il y a le choix parmi les buts possibles et il est recommandé de commencer par sélectionner un ou deux domaines de recherches, en commençant par ceux qui posent le moins de difficultés à celui qui se lance dans l’hybridation. Tous les auteurs admettent que le débutant, devrait commencer par la recherche d’une amélioration de l’existant. Par exemple essayer d’ajouter des éléments de perfectionnement à une couleur et à la fleur qui l’exhibe: plus de saturation du coloris, fleurs plus ondulées ou plus frisées, fleurs mieux disposées le long de la tige, boutons plus nombreux, plante mieux ramifiée, qui pousse mieux ou qui résiste mieux aux agressions. Les hybrideurs chevronnés, et disposant de beaucoup de place pour leurs semis, pourront s’attaquer à des domaines plus délicats comme la recherche de nouvelles couleurs ou de nouvelles combinaisons de couleurs. Pourquoi cette distinction ? En quoi les domaines cités en derniers présentent-ils plus de difficultés ?
La recherche d’une amélioration d’une couleur ou d’un modèle donné passe essentiellement par le croisement d’une variété de départ par une autre de la même lignée, qui présente des traits allant dans le sens du but recherché. Les améliorations peuvent apparaître dés la première génération, ce qui est encourageant pour celui qui débute. En revanche créer une nouvelle couleur ou une nouvelle combinaison de couleurs est une œuvre de plus longue haleine, plus aléatoire, plus exigeante en nombre de semis et nécessitant des connaissances génétiques et généalogiques plus étendues. Il y a en effet trois parties de la fleur sur lesquelles il faut agir : les pétales, les sépales et les barbes. Le travail devra obligatoirement s’étendre sur plusieurs générations, donc sur quelques années, avec beaucoup de résultats médiocre en attendant le succès.
De toute façon, si l’on veut aboutir à quelque chose, il ne faut surtout pas croiser les variétés au hasard, en fonction de l’intérêt qu’on leur porte ou de la fantaisie qui passe par la tête. Le hasard peut certes faire qu’on obtienne ainsi un résultat satisfaisant, mais c’est comme jouer à la loterie, il y a beaucoup de joueurs, très peu de gagnants et encore moins de gros lots ! Comme le dit très bien Richard Cayeux, les iris d’aujourd’hui n’ont pas une généalogie simple ( les analyses que je propose souvent ici le démontrent) et les éléments génétiques qu’ils contiennent sont si complexes que les interactions entre les uns et les autres rendent hasardeux les résultats que l’on peut obtenir. Avant tout croisement il est nécessaire, si l’on veut vraiment atteindre un but, d’étudier le pedigree non seulement des variétés auxquelles on songe, mais aussi celui de leurs ancêtres, sur de nombreuses générations. Si l’on veut agir sur un élément, ces analyses demandent déjà un travail de recherche dans les documents important ; si l’on s’attaque à plusieurs éléments, les connaissances exigées vont devenir complexes et n’être à la portée que de celui qui a une connaissance approfondie de la génétique des iris.
Il y a, à ce sujet, quelques informations de base qu’il faut retenir. Savoir, en tout premier, quelles couleurs ou combinaisons sont récessives ou dominantes ; quels pigments se trouvent dans les cellules ou autour des cellules ; comment et pourquoi ils apparaissent ici ou là ; quel peut être l’effet d’un facteur inhibant… Les connaissances approfondies viendront avec le temps et les soirées d’hiver consacrées à potasser les écrits des bons auteurs et les check-lists de l’AIS.
On ne cesse pourtant de dire, ici et là, que l’hybridation est facile. Techniquement c’est vrai. Pour le reste il faut être plus nuancé. Dans son livre, Richard Cayeux ne dit rien d’autre. Le chapitre consacré à la création de nouvelles variétés de pogoniris est très clair là- dessus. Il explique les aléas de l’hybridation, donne des conseils utiles (se limiter dans ses objectifs, choisir les bons parents, exercer une sélection rigoureuse des semis), expose les stratégies possibles et conseille sur la méthode qu’il faut choisir. Dave Niswonger, avec plus d’exemples personnels et de réflexions issues d’une longue pratique du métier, ne dit rien d’autre. C’est la démonstration qu’il n’y a pas d’autre voie, même si au savoir et au savoir-faire s’ajoutent le génie personnel et, un peu, la chance.
L’amateur ne doit pas imaginer cependant que le travail d’hybrideur est insurmontable. Il faut simplement, comme pour toute tâche, l’aborder avec sérieux et le minimum de connaissances. Moyennant cela, il est certain que même dans un jardin relativement petit, il est possible d’obtenir des iris de qualité et de contribuer, modestement, à la progression de nos fleurs favorites.
25.10.03
L’ENIGME DE LA SEMAINE
DEEP SOUTH
Des cinq variétés listées ci-dessous, le nom de l’une n’intéresse pas le même domaine que les quatre autres. Laquelle ?
· CAROLINA HONEY (L. Powell 72)
· FLORIDA ORANGE (Keppel 88)
· KENTUCKY DERBY ( Mohr D. 74)
· LOUISIANA LACE (Schreiner 78)
· TENNESSEE GENTLEMAN (Innerst 89)
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
COLORADO BONANZA (Magee 93) n’est pas à sa place. Les autres font allusion à la météorologie, celui-là à un endroit (Bonanza signifie « filon », « placer »).
.
DEEP SOUTH
Des cinq variétés listées ci-dessous, le nom de l’une n’intéresse pas le même domaine que les quatre autres. Laquelle ?
· CAROLINA HONEY (L. Powell 72)
· FLORIDA ORANGE (Keppel 88)
· KENTUCKY DERBY ( Mohr D. 74)
· LOUISIANA LACE (Schreiner 78)
· TENNESSEE GENTLEMAN (Innerst 89)
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
COLORADO BONANZA (Magee 93) n’est pas à sa place. Les autres font allusion à la météorologie, celui-là à un endroit (Bonanza signifie « filon », « placer »).
.
ESTABLISHED POWERS
Avec ESTABLISHED POWERS, variété enregistrée en 1995, Sterling Innerst est parvenu à une forme originale de plicata. En effet, chez un iris plicata traditionnel, comme ROCOCO, par exemple, les pétales sont vivement colorés, quelquefois jusqu’à être presque unis, et les sépales, sur fond blanc ou clair, développent des dessins pointillés de plus en plus denses à mesure que l’on s’approche des bords. ESTABLISHED POWERS se présente avec des pétales entièrement piquetés de bleu lavande, plus serrés au bord, et des sépales presque entièrement blanc, si ce n’est une très fine trace de plicature à l’extrême bord et des pointillés pourprés aux épaules et sous les barbes. C’est une évolution intéressante qui mérite que l’on se penche sur ses origines.
Sterling Innerst est aujourd’hui l’un des obtenteurs d’iris plicata les plus en vue. Ses variétés de ce type sont nombreuses et intéressantes, comme COLOR TRACK (82), COLORTART (83), COLOR WATCH (89), de même que POINT MADE (88), STERLING STITCH (84) ou TENNESSEE WOMAN (90). ESTABLISHED POWERS fait partie de cette nouvelle famille qui vient compléter le travail de Keith Keppel sur le sujet. Il a pour ascendant femelle RUMBLESEAT (Innerst 90), un plicata blanc liseré de pourpre, qui a obtenu le Florin d’Argent à Florence en 94. Du côté mâle, on trouve STERLING STITCH (Innerst 84), une variété de plicata qui est peut-être un peu banale, en bleu lavande sur fond blanc. Derrière RUMBLESEAT on trouve une longue lignée de plicatas, avec en premier lieu COLORTRACK (Innerst 82), BURGUNDY BROWN (Gibson 79) et FLAMENCO (Keppel 77). Aux générations précédentes c’est une kyrielle de plicatas fort connus qui apparaissent, d’un côté comme de l’autre. Côté maternel : COLORTART (Innerst 83) en rouge magenta, CARAMBA (Keppel 75), APRIL MELODY (Gibson 67), fameux plicata pourpré. Une touche de blanc provient de WEDDING VOW (Ghio 70) qui se situe au même niveau que COLORTART et les autres, et si l’on continue la généalogie ascendante on aboutit à des incontournables : WILD GINGER (Gibson 62), SIVA-SIVA (Gibson 62), ROCOCO (Schreiner 59) et MINNIE COLQUITT pour les plicatas, et GREAT LAKES, HELEN MC GREGOR, NEW SNOW, CHIVALRY, SNOW FLURRY pour les unicolores. Rien que du beau monde ! La généalogie de STERLING STITCH est un peu plus originale puisqu’on y découvre VANITY (Hager 75 – DM 82), l’un des roses les plus célèbres, mais aussi, inévitablement peut-on dire APRIL MELODY qui figure en bonne place et à plusieurs reprises dans l’autre moitié de l’arbre.
ESTABLISHED POWERS possède ainsi des antécédents blancs, roses et plicatas ( de toutes les couleurs). Son caractère plicata est bien affirmé, mais son originalité est en grande partie due aux facteurs inhibants apportés par le blanc WEDDING VOW, présent lui aussi dans les deux moitiés de son arbre généalogique. Je ne sais pas si Sterling Innerst, en réalisant le croisement de RUMBLESEAT par STERLING STITCH, s’attendait à obtenir un ce type original de fleur, mais on peut le penser. Les bons hybrideurs ne travaillent pas au hasard ; ils connaissent les potentialités des iris qu’ils marient et envisagent les résultats probables. Ensuite, c’est la nature qui agit et leur donne, ou non, raison. Il leur arrive d’échouer parce que les parts d’ombre qui restent dans la génétique des iris contrecarrent leurs projets ; ils doivent quelque fois s’entêter pendant des années pour arriver à leurs fins, mais savoir exploiter les retours d’expérience comme avoir les inspirations les plus hardies font partie du travail des meilleurs.
Avec ESTABLISHED POWERS, variété enregistrée en 1995, Sterling Innerst est parvenu à une forme originale de plicata. En effet, chez un iris plicata traditionnel, comme ROCOCO, par exemple, les pétales sont vivement colorés, quelquefois jusqu’à être presque unis, et les sépales, sur fond blanc ou clair, développent des dessins pointillés de plus en plus denses à mesure que l’on s’approche des bords. ESTABLISHED POWERS se présente avec des pétales entièrement piquetés de bleu lavande, plus serrés au bord, et des sépales presque entièrement blanc, si ce n’est une très fine trace de plicature à l’extrême bord et des pointillés pourprés aux épaules et sous les barbes. C’est une évolution intéressante qui mérite que l’on se penche sur ses origines.
Sterling Innerst est aujourd’hui l’un des obtenteurs d’iris plicata les plus en vue. Ses variétés de ce type sont nombreuses et intéressantes, comme COLOR TRACK (82), COLORTART (83), COLOR WATCH (89), de même que POINT MADE (88), STERLING STITCH (84) ou TENNESSEE WOMAN (90). ESTABLISHED POWERS fait partie de cette nouvelle famille qui vient compléter le travail de Keith Keppel sur le sujet. Il a pour ascendant femelle RUMBLESEAT (Innerst 90), un plicata blanc liseré de pourpre, qui a obtenu le Florin d’Argent à Florence en 94. Du côté mâle, on trouve STERLING STITCH (Innerst 84), une variété de plicata qui est peut-être un peu banale, en bleu lavande sur fond blanc. Derrière RUMBLESEAT on trouve une longue lignée de plicatas, avec en premier lieu COLORTRACK (Innerst 82), BURGUNDY BROWN (Gibson 79) et FLAMENCO (Keppel 77). Aux générations précédentes c’est une kyrielle de plicatas fort connus qui apparaissent, d’un côté comme de l’autre. Côté maternel : COLORTART (Innerst 83) en rouge magenta, CARAMBA (Keppel 75), APRIL MELODY (Gibson 67), fameux plicata pourpré. Une touche de blanc provient de WEDDING VOW (Ghio 70) qui se situe au même niveau que COLORTART et les autres, et si l’on continue la généalogie ascendante on aboutit à des incontournables : WILD GINGER (Gibson 62), SIVA-SIVA (Gibson 62), ROCOCO (Schreiner 59) et MINNIE COLQUITT pour les plicatas, et GREAT LAKES, HELEN MC GREGOR, NEW SNOW, CHIVALRY, SNOW FLURRY pour les unicolores. Rien que du beau monde ! La généalogie de STERLING STITCH est un peu plus originale puisqu’on y découvre VANITY (Hager 75 – DM 82), l’un des roses les plus célèbres, mais aussi, inévitablement peut-on dire APRIL MELODY qui figure en bonne place et à plusieurs reprises dans l’autre moitié de l’arbre.
ESTABLISHED POWERS possède ainsi des antécédents blancs, roses et plicatas ( de toutes les couleurs). Son caractère plicata est bien affirmé, mais son originalité est en grande partie due aux facteurs inhibants apportés par le blanc WEDDING VOW, présent lui aussi dans les deux moitiés de son arbre généalogique. Je ne sais pas si Sterling Innerst, en réalisant le croisement de RUMBLESEAT par STERLING STITCH, s’attendait à obtenir un ce type original de fleur, mais on peut le penser. Les bons hybrideurs ne travaillent pas au hasard ; ils connaissent les potentialités des iris qu’ils marient et envisagent les résultats probables. Ensuite, c’est la nature qui agit et leur donne, ou non, raison. Il leur arrive d’échouer parce que les parts d’ombre qui restent dans la génétique des iris contrecarrent leurs projets ; ils doivent quelque fois s’entêter pendant des années pour arriver à leurs fins, mais savoir exploiter les retours d’expérience comme avoir les inspirations les plus hardies font partie du travail des meilleurs.
20.10.03
L’ENIGME DE LA SEMAINE
DANS LES ROCHEUSES
Parmi les cinq noms ci-dessous il y en a un qui « jure ». Lequel ?
· ARIZONA MOON (Shepard 89)
· COLORADO BONANZA (Magee 93)
· IDAHO SUNSHINE (E. Smith 72)
· UTAH SUNRISE (Muhlestein 58)
· WYOMING WIND (Woodside 71)
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
DIVINE (Mary Dunn 88) n’est pas une variété française, mais américaine.
.
DANS LES ROCHEUSES
Parmi les cinq noms ci-dessous il y en a un qui « jure ». Lequel ?
· ARIZONA MOON (Shepard 89)
· COLORADO BONANZA (Magee 93)
· IDAHO SUNSHINE (E. Smith 72)
· UTAH SUNRISE (Muhlestein 58)
· WYOMING WIND (Woodside 71)
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
DIVINE (Mary Dunn 88) n’est pas une variété française, mais américaine.
.
Inscription à :
Articles (Atom)