L’ENIGME DE LA SEMAINE
A suivre…
Essayez de compléter les trois listes suivantes :
· KILT LILT, DREAM LOVER, BRIDE’S HALO, MARY FRANCES, . . . . .
· ENTOURAGE, BEVERLY SILLS, GOLD GALORE, WOODCRAFT, . . . . .
· AURELIE, CERF-VOLANT, FABULEUX, POESIE, . . . . .
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
CALIFORNIE
Ben HAGER était installé à STOCKTON.
29.5.04
VISITE A JOUY
A Jouy en Josas pour être précis, et, plus exactement à la plantation d’iris réalisée dans le parc de l’école professionnelle TECOMAH en vue du concours international FRANCIRIS 2005 prévu pour l’année prochaine.
L’école TECOMAH dispose d’un parc qu’elle partage avec HEC. C’est l’ancienne propriété des descendants d’Oberkampf, le créateur de la fameuse toile de Jouy. Le cadre est magnifique. Il s’étend sur les deux rives d’un petit ruisseau qui s’apprête à rejoindre la Bièvre. Pour atteindre l’exposition d’iris, il faut faire un long parcours sous les grands arbres et descendre vers le ruisseau. A pied le chemin est long, mais il reste agréable. L’endroit de l’exposition l’est moins. Il s’étend sur la rive même du ruisseau, sur une bordure d’environ deux mètres de large sur une cinquantaine de mètres de long. On ne passe que sur l’un des côtés de la bordure, de l’autre, c’est le ruisseau. L’emplacement est ensoleillé, ce qui n’est pas pour déplaire aux iris, mais les environs manquent de charme, avec des serres vieillissantes et des espaces en friche. Par ailleurs, visiblement les iris sont à l’étroit. Il faut dire que les organisateurs n’attendaient qu’une cinquantaine de variétés au plus et qu’ils en ont reçu plus de 130 ! D’où un visible entassement qui risque d’être encore plus flagrant au printemps prochain avec des touffes encore plus développées.
Ce petit terrain a été particulièrement soigneusement préparé et cultivé par les élèves de TECOMAH. Les plantes sont magnifiques, vigoureuses et prolifiques. Presque tous les rhizomes plantés ont pris et se sont vigoureusement multipliés. Il y a donc très peu de trous dans la plantation, même si, inévitablement certains iris sont plus chétifs que leurs voisins. S’ils se trouvent côté ruisseau, ces iris plus discrets passent forcément quasi inaperçus car les défauts majeurs de l’exposition sont la largeur excessive de la bordure et son accessibilité réduite.
En ce 25 mai presque toutes les variétés exposées sont en fleur, seules quelques tardives ne montrent encore que leurs boutons. Elles constituent un véritable panorama de l’iridophilie mondiale puisqu’il y a 22 exposants venant de 7 pays : France, Italie, Allemagne, Slovaquie, Grande Bretagne, Australie et USA. Ne manquent que les obtenteurs de l’Europe de l’Est. Il y en a pour tous les goûts, pour toutes les modes. Certains ont des petits airs d’iris des années 60, d’autres affichent haut leur modernité. Toutes les couleurs sont représentées, toutes les catégories aussi, même si les « broken colors » n’ont qu’un spécimen, et les iris « rostrata » (ou à éperons, si vous préférez) sont particulièrement nombreux, de même que les « dark tops ».
Pour me prêter au jeu du Critérium organisé cette année en avant-goût du concours, j’ai du faire le choix de mes cinq variétés préférées. Pas facile car les fleurs superbes ne manquent pas ! Dès l’entrée j’ai remarqué un iris bleu sombre, bitone, avec de grosses barbes bronze. Puis un amoena clair, à barbes noires, suivi d’un grand blanc pur et d’un robuste jaune vif. Un peu plus loin, c’est un iris rose saumon, très plaisant qui voisine avec un rose vif. En fond de bordure un iris pourpre à éperons bleus, très haut, attire l’attention, de même qu’un bleu moyen, très lumineux et parfaitement ondulé. Toujours en bordure du ruisseau pousse un cultivar jaune tilleul, original. Je remarque également un beau bleu à barbes noires, un gros plicata pourpre, façon FOOTLOOSE, puis un autre plicata du modèle EMMA COOK, très beau, un rose un peu fumé avec une flamme blanche sous les barbes, un indigo clair très bien disposé, un amoena bleu, classique mais moderne par la forme de ses fleurs, un abricot, un peu râblé mais d’une teinte ravissante, tandis qu’au fond, encore, un orange bitone attire l’œil par sa rutilance. N’oublions pas les blancs : il y en a un, au bord du sentier, dont on peut tout à loisir admirer la pureté du coloris et la perfection de la forme amplement ondulée, avec de très nombreuses fleurs sur chaque tiges. J’ai parlé des dark tops. Il y en a dans les tons de rose, d’orange et surtout de bleu. Certains, du modèle ALDO RATTI, m’ont paru très réussis. Enfin parlons des plicatas du modèle QUEEN IN CALICO ; on en trouve plusieurs, avec de très grosses fleurs, dans les tons de pourpre ou d’amarante. J’aurais pu aussi m’attarder sur quelque jaune délicieusement frisé ou sur ce bicolore chamois et amarante, aux grosses fleurs incroyablement bouillonnées, mais par ailleurs plein de défauts. Je me suis finalement rallié au cinq iris suivants : le bleu moyen très ondulé, un dark top bleu bien contrasté, le rose saumon, suivi du rose fumé à flamme blanche puis du bleu bitone à barbes bronze. Je connaîtrai l’année prochaine leur origine et peut-être leur nom, mais pour l’instant ce ne sont que des numéros. Mais de sacrés numéros !
Passons sur les imperfections signalées au début pour terminer en ne repensant qu’au plaisir que l’exposition m’a procuré, et en félicitant les initiateurs du projet et les élèves de TECOMAH qui ont fait un travail formidable et dont ils peuvent être fiers.
A Jouy en Josas pour être précis, et, plus exactement à la plantation d’iris réalisée dans le parc de l’école professionnelle TECOMAH en vue du concours international FRANCIRIS 2005 prévu pour l’année prochaine.
L’école TECOMAH dispose d’un parc qu’elle partage avec HEC. C’est l’ancienne propriété des descendants d’Oberkampf, le créateur de la fameuse toile de Jouy. Le cadre est magnifique. Il s’étend sur les deux rives d’un petit ruisseau qui s’apprête à rejoindre la Bièvre. Pour atteindre l’exposition d’iris, il faut faire un long parcours sous les grands arbres et descendre vers le ruisseau. A pied le chemin est long, mais il reste agréable. L’endroit de l’exposition l’est moins. Il s’étend sur la rive même du ruisseau, sur une bordure d’environ deux mètres de large sur une cinquantaine de mètres de long. On ne passe que sur l’un des côtés de la bordure, de l’autre, c’est le ruisseau. L’emplacement est ensoleillé, ce qui n’est pas pour déplaire aux iris, mais les environs manquent de charme, avec des serres vieillissantes et des espaces en friche. Par ailleurs, visiblement les iris sont à l’étroit. Il faut dire que les organisateurs n’attendaient qu’une cinquantaine de variétés au plus et qu’ils en ont reçu plus de 130 ! D’où un visible entassement qui risque d’être encore plus flagrant au printemps prochain avec des touffes encore plus développées.
Ce petit terrain a été particulièrement soigneusement préparé et cultivé par les élèves de TECOMAH. Les plantes sont magnifiques, vigoureuses et prolifiques. Presque tous les rhizomes plantés ont pris et se sont vigoureusement multipliés. Il y a donc très peu de trous dans la plantation, même si, inévitablement certains iris sont plus chétifs que leurs voisins. S’ils se trouvent côté ruisseau, ces iris plus discrets passent forcément quasi inaperçus car les défauts majeurs de l’exposition sont la largeur excessive de la bordure et son accessibilité réduite.
En ce 25 mai presque toutes les variétés exposées sont en fleur, seules quelques tardives ne montrent encore que leurs boutons. Elles constituent un véritable panorama de l’iridophilie mondiale puisqu’il y a 22 exposants venant de 7 pays : France, Italie, Allemagne, Slovaquie, Grande Bretagne, Australie et USA. Ne manquent que les obtenteurs de l’Europe de l’Est. Il y en a pour tous les goûts, pour toutes les modes. Certains ont des petits airs d’iris des années 60, d’autres affichent haut leur modernité. Toutes les couleurs sont représentées, toutes les catégories aussi, même si les « broken colors » n’ont qu’un spécimen, et les iris « rostrata » (ou à éperons, si vous préférez) sont particulièrement nombreux, de même que les « dark tops ».
Pour me prêter au jeu du Critérium organisé cette année en avant-goût du concours, j’ai du faire le choix de mes cinq variétés préférées. Pas facile car les fleurs superbes ne manquent pas ! Dès l’entrée j’ai remarqué un iris bleu sombre, bitone, avec de grosses barbes bronze. Puis un amoena clair, à barbes noires, suivi d’un grand blanc pur et d’un robuste jaune vif. Un peu plus loin, c’est un iris rose saumon, très plaisant qui voisine avec un rose vif. En fond de bordure un iris pourpre à éperons bleus, très haut, attire l’attention, de même qu’un bleu moyen, très lumineux et parfaitement ondulé. Toujours en bordure du ruisseau pousse un cultivar jaune tilleul, original. Je remarque également un beau bleu à barbes noires, un gros plicata pourpre, façon FOOTLOOSE, puis un autre plicata du modèle EMMA COOK, très beau, un rose un peu fumé avec une flamme blanche sous les barbes, un indigo clair très bien disposé, un amoena bleu, classique mais moderne par la forme de ses fleurs, un abricot, un peu râblé mais d’une teinte ravissante, tandis qu’au fond, encore, un orange bitone attire l’œil par sa rutilance. N’oublions pas les blancs : il y en a un, au bord du sentier, dont on peut tout à loisir admirer la pureté du coloris et la perfection de la forme amplement ondulée, avec de très nombreuses fleurs sur chaque tiges. J’ai parlé des dark tops. Il y en a dans les tons de rose, d’orange et surtout de bleu. Certains, du modèle ALDO RATTI, m’ont paru très réussis. Enfin parlons des plicatas du modèle QUEEN IN CALICO ; on en trouve plusieurs, avec de très grosses fleurs, dans les tons de pourpre ou d’amarante. J’aurais pu aussi m’attarder sur quelque jaune délicieusement frisé ou sur ce bicolore chamois et amarante, aux grosses fleurs incroyablement bouillonnées, mais par ailleurs plein de défauts. Je me suis finalement rallié au cinq iris suivants : le bleu moyen très ondulé, un dark top bleu bien contrasté, le rose saumon, suivi du rose fumé à flamme blanche puis du bleu bitone à barbes bronze. Je connaîtrai l’année prochaine leur origine et peut-être leur nom, mais pour l’instant ce ne sont que des numéros. Mais de sacrés numéros !
Passons sur les imperfections signalées au début pour terminer en ne repensant qu’au plaisir que l’exposition m’a procuré, et en félicitant les initiateurs du projet et les élèves de TECOMAH qui ont fait un travail formidable et dont ils peuvent être fiers.
20.5.04
L’ENIGME DE LA SEMAINE
CALIFORNIE
Dans laquelle de ces villes de Californie vivait l’obtenteur bien connu Ben HAGER ?
· FRESNO
· PORTERVILLE
· SANTA CRUZ
· STOCKTON
· WASCO
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
Iridial Pursuit (II)
1. Anton Mego est Slovaque
2. LUNAR RAINBOW (Blyth B. 76)
3. BABBLING BROOK (Keppel 69)
CALIFORNIE
Dans laquelle de ces villes de Californie vivait l’obtenteur bien connu Ben HAGER ?
· FRESNO
· PORTERVILLE
· SANTA CRUZ
· STOCKTON
· WASCO
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
Iridial Pursuit (II)
1. Anton Mego est Slovaque
2. LUNAR RAINBOW (Blyth B. 76)
3. BABBLING BROOK (Keppel 69)
Adolf VOLFOVITCH-MOLER
Une énorme surprise est survenue en 1995 lorsque le jury de Florence a accordé sa plus haute récompense à un iris baptisé IKAR, dont l’obtenteur était un certain Adolf Volfovitch-Moler, habitant à Tachkent, en Ouzbékistan. En plus, la même année, c’est aussi un iris signé Volfovitch-Moler qui a été déclaré meilleure variété tardive : SYMFONIYA. Ainsi il y avait des créateurs d’iris ailleurs qu’en Amérique, Europe et Australie ? Et ils étaient capables de rafler des récompenses parmi les plus convoitées du monde ?
Jusqu’à la chute de l’empire soviétique, aucune information ne circulait sur les amateurs d’iris de ce monde isolé. Le rideau de fer enfermait aussi ceux dont la paisible passion ne concernait qu’une simple fleur ! Pourtant une certaine activité iridistique existait là-bas. Les enragés de l’iris se débrouillaient comme ils pouvaient pour assouvir leur passion. Ils se procuraient, le plus souvent en cachette, quelques variétés anglaises ou américaines et, avec ce faible potentiel génétique, s’essayaient à l’hybridation. Dès 1990 ils se sont fait connaître du petit monde des iris et ont commencé à s’offrir quelques iris plus récents que leurs antiques variétés des années 50 ou 60. C’est dans le recueil des enregistrements de 1995 qu’apparaissent les premières variétés originaires de l’ancien bloc de l’Est. Le Slovaque Ladislav Muska, l’Allemand (de l’Est) Manfred Beer, les Russes Irina Driagina, Vitali et Nadeghda Gordodelov, Piotr Hattenberger, Viktor Koroliov, Seguei Loktev, Galina Shevchenko, Viktor Sheviakov, le Kazakh Leonard Venivitin et l’Ouzbek Adolf Volfovitch-Moler se sont ainsi fait connaître. Le Slovène Izidor Golob s’est joint à l’équipe en 1996, puis ce furent les Tchèques et les Polonais en 1997. Ensemble ils occupent maintenant la seconde place dans le livre des enregistrements derrière les Etats-Unis, avec 173 nouveaux iris en 2003 !
Jusqu’à présent le seul de ces hybrideurs qui ait atteint la célébrité est Adolf Volfovitch-Moler. Venu de Russie, son activité professionnelle de géologue l’a amené en Ouzbékistan où il s’est définitivement installé. Il a pu bénéficier d’un petit espace au sein du Jardin Botanique de l’Académie de Sciences d’Ouzbékistan, à Tachkent, sur lequel il a développé autant que faire ce pouvait son travail d’hybridation commencé une dizaine d’année plus tôt. Il a continué d’hybrider jusqu’à sa mort en 2001, se désolant de manquer de place et de moyens. A ce sujet, je suis heureux d’avoir contribué à l’enrichissement de sa palette génétique en lui offrant un certain nombre de variétés françaises qu’il n’aurait pas pu se procurer en raison de ses faibles moyens financiers.
IKAR (92) et SYMFONIYA (92) n’étaient pas, d’après leur obtenteur, ses variétés préférées. Il avait curieusement une affection particulière pour un coloris qui, chez nous, n’est pas recherché, à savoir une teinte située entre le pourpre et le gris ou gris rosé. On la trouve chez CHIMGAN (92), VDOKNOVENIE (92) ou VECHERNYAIA SKAZDA (97). Ces variétés proviennent d’un croisement – dans un sens ou dans l’autre – de l’Anglais DANCER’S VEIL (Hutchison 59) et de RIPPLING WATERS (Fay 61), des cultivars largement obsolètes aujourd’hui, même si ce sont des plantes de grande valeur. Cependant son favori était le grand TASHKENT (92), il est vrai superbe variegata-plicata richement coloré. Pour ma part je préfère des variétés plus récentes comme CARNIVAL NIGHT (97), en violet pourpré somptueux, RAH RAH BOY (97) bicolore lilas / ocre avec des épaules caramel, très original, de même que ZOLOTAYA KORONA (98), vieil or de haute taille et d’une teinte rare et lumineuse.
Adolf Volfovitch-Moler aurait aimé utiliser les possibilités de la biotechnologie pour obtenir des iris franchement nouveaux, mais il n’a jamais disposé des moyens lui permettant cette recherche à laquelle le prédisposait sa formation scientifique.
Il est à noter que, dans les correspondances que j’ai eues avec lui, ce personnage hors du commun parlait davantage de ses glaïeuls que de ses iris. Il est vrai qu’il avait réussi, grâce à l’utilisation chimique du manganèse, à obtenir des variétés de glaïeuls tout à fait originales et même franchement révolutionnaires, avec des fleurs ouvertes en même temps sur toute la longueur de la tige et dans des coloris jusqu’à présent inconnus. Jamais il n’a pu trouver de distributeur en Europe de l’Ouest pour ces fleurs étranges, les contacts qu’il a pris avec le principal producteur français de bulbes n’ont pas pu aboutir, du fait, semble-t-il, de son incapacité à fournir des bulbes non virosés, et de son peu de confiance dans les industriels occidentaux ! On ne se refait pas, après toute une existence idéologiquement remplie de suspicions envers les gens de l’Ouest !
Quel que soit son caractère ombrageux, Adolf Volfovitch-Moser reste une personnalité à part dans le monde des iris et un nom dans le petit cercle des obtenteurs majeurs.
Une énorme surprise est survenue en 1995 lorsque le jury de Florence a accordé sa plus haute récompense à un iris baptisé IKAR, dont l’obtenteur était un certain Adolf Volfovitch-Moler, habitant à Tachkent, en Ouzbékistan. En plus, la même année, c’est aussi un iris signé Volfovitch-Moler qui a été déclaré meilleure variété tardive : SYMFONIYA. Ainsi il y avait des créateurs d’iris ailleurs qu’en Amérique, Europe et Australie ? Et ils étaient capables de rafler des récompenses parmi les plus convoitées du monde ?
Jusqu’à la chute de l’empire soviétique, aucune information ne circulait sur les amateurs d’iris de ce monde isolé. Le rideau de fer enfermait aussi ceux dont la paisible passion ne concernait qu’une simple fleur ! Pourtant une certaine activité iridistique existait là-bas. Les enragés de l’iris se débrouillaient comme ils pouvaient pour assouvir leur passion. Ils se procuraient, le plus souvent en cachette, quelques variétés anglaises ou américaines et, avec ce faible potentiel génétique, s’essayaient à l’hybridation. Dès 1990 ils se sont fait connaître du petit monde des iris et ont commencé à s’offrir quelques iris plus récents que leurs antiques variétés des années 50 ou 60. C’est dans le recueil des enregistrements de 1995 qu’apparaissent les premières variétés originaires de l’ancien bloc de l’Est. Le Slovaque Ladislav Muska, l’Allemand (de l’Est) Manfred Beer, les Russes Irina Driagina, Vitali et Nadeghda Gordodelov, Piotr Hattenberger, Viktor Koroliov, Seguei Loktev, Galina Shevchenko, Viktor Sheviakov, le Kazakh Leonard Venivitin et l’Ouzbek Adolf Volfovitch-Moler se sont ainsi fait connaître. Le Slovène Izidor Golob s’est joint à l’équipe en 1996, puis ce furent les Tchèques et les Polonais en 1997. Ensemble ils occupent maintenant la seconde place dans le livre des enregistrements derrière les Etats-Unis, avec 173 nouveaux iris en 2003 !
Jusqu’à présent le seul de ces hybrideurs qui ait atteint la célébrité est Adolf Volfovitch-Moler. Venu de Russie, son activité professionnelle de géologue l’a amené en Ouzbékistan où il s’est définitivement installé. Il a pu bénéficier d’un petit espace au sein du Jardin Botanique de l’Académie de Sciences d’Ouzbékistan, à Tachkent, sur lequel il a développé autant que faire ce pouvait son travail d’hybridation commencé une dizaine d’année plus tôt. Il a continué d’hybrider jusqu’à sa mort en 2001, se désolant de manquer de place et de moyens. A ce sujet, je suis heureux d’avoir contribué à l’enrichissement de sa palette génétique en lui offrant un certain nombre de variétés françaises qu’il n’aurait pas pu se procurer en raison de ses faibles moyens financiers.
IKAR (92) et SYMFONIYA (92) n’étaient pas, d’après leur obtenteur, ses variétés préférées. Il avait curieusement une affection particulière pour un coloris qui, chez nous, n’est pas recherché, à savoir une teinte située entre le pourpre et le gris ou gris rosé. On la trouve chez CHIMGAN (92), VDOKNOVENIE (92) ou VECHERNYAIA SKAZDA (97). Ces variétés proviennent d’un croisement – dans un sens ou dans l’autre – de l’Anglais DANCER’S VEIL (Hutchison 59) et de RIPPLING WATERS (Fay 61), des cultivars largement obsolètes aujourd’hui, même si ce sont des plantes de grande valeur. Cependant son favori était le grand TASHKENT (92), il est vrai superbe variegata-plicata richement coloré. Pour ma part je préfère des variétés plus récentes comme CARNIVAL NIGHT (97), en violet pourpré somptueux, RAH RAH BOY (97) bicolore lilas / ocre avec des épaules caramel, très original, de même que ZOLOTAYA KORONA (98), vieil or de haute taille et d’une teinte rare et lumineuse.
Adolf Volfovitch-Moler aurait aimé utiliser les possibilités de la biotechnologie pour obtenir des iris franchement nouveaux, mais il n’a jamais disposé des moyens lui permettant cette recherche à laquelle le prédisposait sa formation scientifique.
Il est à noter que, dans les correspondances que j’ai eues avec lui, ce personnage hors du commun parlait davantage de ses glaïeuls que de ses iris. Il est vrai qu’il avait réussi, grâce à l’utilisation chimique du manganèse, à obtenir des variétés de glaïeuls tout à fait originales et même franchement révolutionnaires, avec des fleurs ouvertes en même temps sur toute la longueur de la tige et dans des coloris jusqu’à présent inconnus. Jamais il n’a pu trouver de distributeur en Europe de l’Ouest pour ces fleurs étranges, les contacts qu’il a pris avec le principal producteur français de bulbes n’ont pas pu aboutir, du fait, semble-t-il, de son incapacité à fournir des bulbes non virosés, et de son peu de confiance dans les industriels occidentaux ! On ne se refait pas, après toute une existence idéologiquement remplie de suspicions envers les gens de l’Ouest !
Quel que soit son caractère ombrageux, Adolf Volfovitch-Moser reste une personnalité à part dans le monde des iris et un nom dans le petit cercle des obtenteurs majeurs.
14.5.04
L’ENIGME DE LA SEMAINE
Iridial Pursuit (II)
1. De quelle nationalité est l’obtenteur Anton Mego ?
2. Quelle variété australienne (Blyth 76) se cache derrière les iris tricolores de Richard Cayeux (REBECCA PERRET, BAL MASQUÉ etc.) ?
3. Quel est le nom du seul iris de Keith Keppel qui a, jusqu’à présent, obtenu la Dykes Medal ?
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
Iridial Pursuit (I)
1. SUGAR MAGNOLIA (Schreiner 98)
2. Iris de Thau
3. la Walther Cup
Iridial Pursuit (II)
1. De quelle nationalité est l’obtenteur Anton Mego ?
2. Quelle variété australienne (Blyth 76) se cache derrière les iris tricolores de Richard Cayeux (REBECCA PERRET, BAL MASQUÉ etc.) ?
3. Quel est le nom du seul iris de Keith Keppel qui a, jusqu’à présent, obtenu la Dykes Medal ?
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
Iridial Pursuit (I)
1. SUGAR MAGNOLIA (Schreiner 98)
2. Iris de Thau
3. la Walther Cup
Gordon W. PLOUGH
Sur la route du Paradis
Eden Road, la route du Paradis, c’est là que Gordon W. Plough a ouvert en 1954, son propre jardin d’iris. On est à WENATCHEE, au bord de la rivière Columbia, dans le nord-ouest des Etats-Unis, à 150 Km à l’Est de SEATTLE, la capitale de l’état de Washington, de l’autre côté de la chaîne des Cascades. Le lieu n’a pas usurpé son nom d'Eden : c’est une région somptueuse, fraîche mais protégée des pluies excessives venues du Pacifique.
Gordon Plough est né en 1909 à Wilbur, environ 100 Km plus à I’ouest. Après des études d’architecture, il n’a trouvé de travail (on est dans les années de la grande crise) que chez son père, pépiniériste à Wenatchee. Il y restera, s’intéressera aux iris, et vers la quarantaine, se lancera dans l’hybridation.
Son premier iris, un arilbred, s'appellera LAUREL HILL. Par la suite il produira plusieurs autres arilbreds, avant de s’intéresser aux grands iris de jardin. Dans cette catégorie sa première introduction se nommera SAFARI (1955). Ce sera le début d’une très importante production qui durera jusqu’en 1989.
Les iris obtenus par Gordon W. Plough, pour œ qui est de leur aspect, sont des plantes caractéristiques, pas très grosses, pas trop frisées (sauf BEAUX ARTS), simples comme leur créateur, sans vraiment de fantaisie, mais aussi sans excès. Sans doute de ce fait n’ont-ils pas rencontré un succès considérable auprès des juges dans les concours de l’AIS, malgré cela ils ont connu un formidable succès commercial à travers le monde. L’espèce d’ostracisme de juges n’a pas découragé Gordon Plough qui va continuer, dans son ravissant jardin d’Eden Road, son petit bonhomme de chemin, un peu à l’écart des autres, créant chaque année quelques-uns uns des iris qui vont être parmi les plus vendus, mais qui, néanmoins, retiendront l’attention de ses collègues qui les utiliseront abondamment dans leurs travaux d’hybridation. On peut être ignoré des uns et apprécié des autres…
En France ses obtentions ont été bien accueillies par les amateurs et les collectionneurs. Encore aujourd’hui on en compte beaucoup dans nos jardins. Essentiellement des grands iris. Depuis celui qui a été l’un des plus recherchés, STUDY IN BLACK (68), ce « noir » (par le grenat) si souvent rencontré, jusqu’à LA ZANZARA (82), joli amoena, ou TRADER’S GOLD (82), jaune pamplemousse à barbe d’ or.
Dès ses débuts, Gordon Plough s’est beaucoup intéressé aux iris « noirs ». En 58 il a introduit EDENITE, un « must » dans ce coloris, qui est le géniteur de SWAHILI (65) et de STUDY IN BLACK (68). SWAHILI a donné CHARCOAL (Plough 69), et de ces trois variétés découle un tas de beaux iris sombres parmi lesquels on peut citer BLACK FLAG (Stahly 84), ROYAL KINGDOM (Hamner 82), BLACK MARKET (Plough 73), DARK ALLURE (Plough 73), INTERPOL (Plough 73), MASTER TOUCH (Schreiner 80), ROYAL CRUSADER (Schreiner 85), SATIN SATAN (Weiler 86), ainsi que les descendants, innombrables, de ces variétés.
Il s’est également essayé à bien d’autres sortes d’iris, en coloris comme en catégories. Son jaune d’or RAINBOW GOLD (59) est à l’origine de BRIDE’S HALO (Mohr 73 – DM 78) ; son orange SON OF STAR (69), toujours l’un des oranges les plus purs, se trouve derrière un autre orange, SUPERSIMMON (Parker 78) et des fameux bicolores comme SWEET MUSETTE (Schreiner 86) et GOODBYE HEART (Schreiner 89) ; son variegata BON VIVANT (63) a donné SOSTENIQUE (Blyth 75) et par conséquent les très nombreux et superbes descendants de ce dernier, tandis qu’un autre variegata, FREEDOM ROAD (77) précède EDITH WOLFORD (Hager 86 – DM 93).
Toutes ces fleurs, nées au jardin d’Eden, le paradis de cet homme tranquille, qui, sans faire grand bruit, s’est hissé dans le Gotha des hybrideurs, dans lequel il figure toujours comme l’un des plus doués et dont nous parlerons encore longtemps.
Cette biographie est la reprise –modifiée - d’un article publié dans le numéro 121 d’Iris & Bulbeuses.
Sur la route du Paradis
Eden Road, la route du Paradis, c’est là que Gordon W. Plough a ouvert en 1954, son propre jardin d’iris. On est à WENATCHEE, au bord de la rivière Columbia, dans le nord-ouest des Etats-Unis, à 150 Km à l’Est de SEATTLE, la capitale de l’état de Washington, de l’autre côté de la chaîne des Cascades. Le lieu n’a pas usurpé son nom d'Eden : c’est une région somptueuse, fraîche mais protégée des pluies excessives venues du Pacifique.
Gordon Plough est né en 1909 à Wilbur, environ 100 Km plus à I’ouest. Après des études d’architecture, il n’a trouvé de travail (on est dans les années de la grande crise) que chez son père, pépiniériste à Wenatchee. Il y restera, s’intéressera aux iris, et vers la quarantaine, se lancera dans l’hybridation.
Son premier iris, un arilbred, s'appellera LAUREL HILL. Par la suite il produira plusieurs autres arilbreds, avant de s’intéresser aux grands iris de jardin. Dans cette catégorie sa première introduction se nommera SAFARI (1955). Ce sera le début d’une très importante production qui durera jusqu’en 1989.
Les iris obtenus par Gordon W. Plough, pour œ qui est de leur aspect, sont des plantes caractéristiques, pas très grosses, pas trop frisées (sauf BEAUX ARTS), simples comme leur créateur, sans vraiment de fantaisie, mais aussi sans excès. Sans doute de ce fait n’ont-ils pas rencontré un succès considérable auprès des juges dans les concours de l’AIS, malgré cela ils ont connu un formidable succès commercial à travers le monde. L’espèce d’ostracisme de juges n’a pas découragé Gordon Plough qui va continuer, dans son ravissant jardin d’Eden Road, son petit bonhomme de chemin, un peu à l’écart des autres, créant chaque année quelques-uns uns des iris qui vont être parmi les plus vendus, mais qui, néanmoins, retiendront l’attention de ses collègues qui les utiliseront abondamment dans leurs travaux d’hybridation. On peut être ignoré des uns et apprécié des autres…
En France ses obtentions ont été bien accueillies par les amateurs et les collectionneurs. Encore aujourd’hui on en compte beaucoup dans nos jardins. Essentiellement des grands iris. Depuis celui qui a été l’un des plus recherchés, STUDY IN BLACK (68), ce « noir » (par le grenat) si souvent rencontré, jusqu’à LA ZANZARA (82), joli amoena, ou TRADER’S GOLD (82), jaune pamplemousse à barbe d’ or.
Dès ses débuts, Gordon Plough s’est beaucoup intéressé aux iris « noirs ». En 58 il a introduit EDENITE, un « must » dans ce coloris, qui est le géniteur de SWAHILI (65) et de STUDY IN BLACK (68). SWAHILI a donné CHARCOAL (Plough 69), et de ces trois variétés découle un tas de beaux iris sombres parmi lesquels on peut citer BLACK FLAG (Stahly 84), ROYAL KINGDOM (Hamner 82), BLACK MARKET (Plough 73), DARK ALLURE (Plough 73), INTERPOL (Plough 73), MASTER TOUCH (Schreiner 80), ROYAL CRUSADER (Schreiner 85), SATIN SATAN (Weiler 86), ainsi que les descendants, innombrables, de ces variétés.
Il s’est également essayé à bien d’autres sortes d’iris, en coloris comme en catégories. Son jaune d’or RAINBOW GOLD (59) est à l’origine de BRIDE’S HALO (Mohr 73 – DM 78) ; son orange SON OF STAR (69), toujours l’un des oranges les plus purs, se trouve derrière un autre orange, SUPERSIMMON (Parker 78) et des fameux bicolores comme SWEET MUSETTE (Schreiner 86) et GOODBYE HEART (Schreiner 89) ; son variegata BON VIVANT (63) a donné SOSTENIQUE (Blyth 75) et par conséquent les très nombreux et superbes descendants de ce dernier, tandis qu’un autre variegata, FREEDOM ROAD (77) précède EDITH WOLFORD (Hager 86 – DM 93).
Toutes ces fleurs, nées au jardin d’Eden, le paradis de cet homme tranquille, qui, sans faire grand bruit, s’est hissé dans le Gotha des hybrideurs, dans lequel il figure toujours comme l’un des plus doués et dont nous parlerons encore longtemps.
Cette biographie est la reprise –modifiée - d’un article publié dans le numéro 121 d’Iris & Bulbeuses.
7.5.04
L’ENIGME DE LA SEMAINE
Iridial Pursuit (I)
1. Quel qualificatif est associé au mot MAGNOLIA dans le nom d’une variété récente de Schreiner :
· Sweet ?
· Soft ?
· Sugar ?
2. Quel est le producteur français d’iris qui n’a pas encore de site Internet ?
3. Comment s’appelle la médaille accordée chaque année à la variété qui a recueilli le plus grand nombre de vote pour un HM ?
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
SALEM
Il s’agit de Sterling INNERST qui habite à DOVER (Pennsylvania).
Iridial Pursuit (I)
1. Quel qualificatif est associé au mot MAGNOLIA dans le nom d’une variété récente de Schreiner :
· Sweet ?
· Soft ?
· Sugar ?
2. Quel est le producteur français d’iris qui n’a pas encore de site Internet ?
3. Comment s’appelle la médaille accordée chaque année à la variété qui a recueilli le plus grand nombre de vote pour un HM ?
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
SALEM
Il s’agit de Sterling INNERST qui habite à DOVER (Pennsylvania).
Neva SEXTON
Le petit monde des iris n’est pas différent du monde tout court : on y trouve des gens très dissemblables, comme, par exemple, l’ingénieur mormon Donald Nearpass, ou le facteur James Gibson ; comme Neva Sexton, aussi.
Celle qui devait devenir la seule femme à avoir remporté deux fois la Médaille de Dykes est née en 1906 dans une pauvre ferme près d’Arkadelphia, une petite ville de l’Arkansas située à 150 km au sud-ouest de la capitale Little Rock. En fait d’éducation elle n’a guère reçu que celle du terrain. Observatrice attentive et travailleuse acharnée, elle s’est très tôt intéressée aux choses de la terre, aux plantes et aux animaux. Mariée à seize ans, elle s’est retrouvée peu après abandonnée avec trois enfants à élever. Elle a alors pris possession de la ferme de ses grands-parents, mais la vie était particulièrement dure, en ces années de crise, dans le plus pauvre des Etats américains, aussi, à la recherche d’une vie meilleure, Neva Jones – puisque tel est son nom de jeune fille – a décidé en 1938 d’émigrer vers la Californie où elle était sûre de trouver du travail dans les champs. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée, avec sa nichée, au fin fond de la célèbre et fertile vallée de San Joaquin, au sud de la Californie, à Wasco, à 200 km environ au nord de Los Angeles. C’est là qu’elle a rencontré un texan, exilé comme elle en terre californienne, Harvey Sexton, et qu’elle l’a épousé.
Neva Sexton a toujours aimé les fleurs, mais elle n’a commencé à s’intéresser aux iris qu’en 1952, après une visite à la collection d’un amateur, ami de Tell Muhlestein, qui lui envoyait chaque année les nouveaux semis dont il craignait qu’ils ne gèlent sur ses terres de l’Utah. La décision de cultiver les iris n’allait pas toute seule : il fallait acheter les plantes. Pour réaliser son projet, Neva Sexton a du travailler dur à sarcler les champs de coton pour un dollar de l’heure ! Il lui fallait en moyenne travailler vingt heures pour s’acheter un iris …
Accoutumée à une vie difficile, Neva Sexton a mis tout son courage, mais aussi toute son intelligence, à cultiver ses iris. Quand on lui demandait comment elle faisait pour avoir une telle réussite, elle répondait que ce n’était sûrement pas en restant sur la terrasse à se balancer dans un fauteuil à bascule ! Elle avait une certaine rudesse et un franc parler acquis à la dure vie des champs. Heureusement la riche terre de Wasco, largement irriguée et fumée, donnait naissance à des plantes splendides. Là encore Neva travaillait. Elle allait aux moulins à coton ramasser les graines rejetées et les feuilles broyées. Dans les élevages de moutons, elle récupérait le fumier qu’elle rapportait à plein « pick-up ».
En plus des iris, Neva Sexton cultivait plein d’autres fleurs, des amaryllis, notamment, des narcisses et des glaïeuls. Mais ce sont les iris qui ont fait sa célébrité. Sa première obtention enregistrée a été MIXED EMOTIONS (1959), une curiosité, blanc nacré, marqué de chartreuse et touché de crème. Le suivant devait avoir une destinée exceptionnelle puisqu’il s’agit du grand bleu PACIFIC PANORAMA (1960) couronnée de la Médaille de Dykes en 1965.
Sa grande période est celle des années 60 et 70. MOON RIVER, vieil or, date de 62, NEW MOON, autre jaune, unanimement salué comme un chef d’œuvre doté d’un extraordinaire avenir génétique, est de 68 et obtiendra la DM en 73. TRAVEL ON, jaune d’or, descendant de RAINBOW GOLD, date de 69. Puis viennent toute une série de grands iris, comme GEORGIA GIRL (pêche) (71), HAPPY BRIDE, (blanc) (73), JACK R. DEE, (bleu ciel) (74), SEA OF GALILEE (bleu bitone) (74), SKYLAB, (bleu bitone) (74), WORLD NEWS, (variegata jaune et rouille) (77), HOMECOMING QUEEN, (rose cuivré, unique) (78), TACO BELLE, (autre variegata) (78), et l’original GOOD MORNING AMERICA (blanc bleuté à barbes bleues) (79) et bien d’autres. Ses dernières réalisations se situent au début des années 80, avec ARKANSAS GIRL (jaune à reflets verts) (82) et AMERICAN SWEETHEART (variegata sombre, bronze et acajou foncé) (83).
Le poids de l’âge commençait à se faire sentir, de même que celui du dur travail des années de galère. La fin de sa vie, endeuillée par la disparition de son mari après un accident de tracteur, s’est écoulée à l’hôpital, d’abord, puis en maison de retraite, où elle est morte en juillet 1985.
L’héritage de Neva Sexton est incroyablement riche. Peut-être une centaine de descendants directs de NEW MOON peuplent nos jardins, plusieurs dizaines proviennent de PACIFIC PANORAMA, de HOMECOMING QUEEN, JACK R. DEE, GOOD MORNING AMERICA, SEA OF GALILEE et autres. Et si l’on ajoute les descendants des descendants, on atteint vite des quantités astronomiques d’enfants et petits enfants dus au travail exemplaire de Neva Sexton, une des plus grandes dames des iris, le type même de la « self made woman » caractéristique de la société américaine.
(Source : Bulletin de l’AIS 85/4)
Le petit monde des iris n’est pas différent du monde tout court : on y trouve des gens très dissemblables, comme, par exemple, l’ingénieur mormon Donald Nearpass, ou le facteur James Gibson ; comme Neva Sexton, aussi.
Celle qui devait devenir la seule femme à avoir remporté deux fois la Médaille de Dykes est née en 1906 dans une pauvre ferme près d’Arkadelphia, une petite ville de l’Arkansas située à 150 km au sud-ouest de la capitale Little Rock. En fait d’éducation elle n’a guère reçu que celle du terrain. Observatrice attentive et travailleuse acharnée, elle s’est très tôt intéressée aux choses de la terre, aux plantes et aux animaux. Mariée à seize ans, elle s’est retrouvée peu après abandonnée avec trois enfants à élever. Elle a alors pris possession de la ferme de ses grands-parents, mais la vie était particulièrement dure, en ces années de crise, dans le plus pauvre des Etats américains, aussi, à la recherche d’une vie meilleure, Neva Jones – puisque tel est son nom de jeune fille – a décidé en 1938 d’émigrer vers la Californie où elle était sûre de trouver du travail dans les champs. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée, avec sa nichée, au fin fond de la célèbre et fertile vallée de San Joaquin, au sud de la Californie, à Wasco, à 200 km environ au nord de Los Angeles. C’est là qu’elle a rencontré un texan, exilé comme elle en terre californienne, Harvey Sexton, et qu’elle l’a épousé.
Neva Sexton a toujours aimé les fleurs, mais elle n’a commencé à s’intéresser aux iris qu’en 1952, après une visite à la collection d’un amateur, ami de Tell Muhlestein, qui lui envoyait chaque année les nouveaux semis dont il craignait qu’ils ne gèlent sur ses terres de l’Utah. La décision de cultiver les iris n’allait pas toute seule : il fallait acheter les plantes. Pour réaliser son projet, Neva Sexton a du travailler dur à sarcler les champs de coton pour un dollar de l’heure ! Il lui fallait en moyenne travailler vingt heures pour s’acheter un iris …
Accoutumée à une vie difficile, Neva Sexton a mis tout son courage, mais aussi toute son intelligence, à cultiver ses iris. Quand on lui demandait comment elle faisait pour avoir une telle réussite, elle répondait que ce n’était sûrement pas en restant sur la terrasse à se balancer dans un fauteuil à bascule ! Elle avait une certaine rudesse et un franc parler acquis à la dure vie des champs. Heureusement la riche terre de Wasco, largement irriguée et fumée, donnait naissance à des plantes splendides. Là encore Neva travaillait. Elle allait aux moulins à coton ramasser les graines rejetées et les feuilles broyées. Dans les élevages de moutons, elle récupérait le fumier qu’elle rapportait à plein « pick-up ».
En plus des iris, Neva Sexton cultivait plein d’autres fleurs, des amaryllis, notamment, des narcisses et des glaïeuls. Mais ce sont les iris qui ont fait sa célébrité. Sa première obtention enregistrée a été MIXED EMOTIONS (1959), une curiosité, blanc nacré, marqué de chartreuse et touché de crème. Le suivant devait avoir une destinée exceptionnelle puisqu’il s’agit du grand bleu PACIFIC PANORAMA (1960) couronnée de la Médaille de Dykes en 1965.
Sa grande période est celle des années 60 et 70. MOON RIVER, vieil or, date de 62, NEW MOON, autre jaune, unanimement salué comme un chef d’œuvre doté d’un extraordinaire avenir génétique, est de 68 et obtiendra la DM en 73. TRAVEL ON, jaune d’or, descendant de RAINBOW GOLD, date de 69. Puis viennent toute une série de grands iris, comme GEORGIA GIRL (pêche) (71), HAPPY BRIDE, (blanc) (73), JACK R. DEE, (bleu ciel) (74), SEA OF GALILEE (bleu bitone) (74), SKYLAB, (bleu bitone) (74), WORLD NEWS, (variegata jaune et rouille) (77), HOMECOMING QUEEN, (rose cuivré, unique) (78), TACO BELLE, (autre variegata) (78), et l’original GOOD MORNING AMERICA (blanc bleuté à barbes bleues) (79) et bien d’autres. Ses dernières réalisations se situent au début des années 80, avec ARKANSAS GIRL (jaune à reflets verts) (82) et AMERICAN SWEETHEART (variegata sombre, bronze et acajou foncé) (83).
Le poids de l’âge commençait à se faire sentir, de même que celui du dur travail des années de galère. La fin de sa vie, endeuillée par la disparition de son mari après un accident de tracteur, s’est écoulée à l’hôpital, d’abord, puis en maison de retraite, où elle est morte en juillet 1985.
L’héritage de Neva Sexton est incroyablement riche. Peut-être une centaine de descendants directs de NEW MOON peuplent nos jardins, plusieurs dizaines proviennent de PACIFIC PANORAMA, de HOMECOMING QUEEN, JACK R. DEE, GOOD MORNING AMERICA, SEA OF GALILEE et autres. Et si l’on ajoute les descendants des descendants, on atteint vite des quantités astronomiques d’enfants et petits enfants dus au travail exemplaire de Neva Sexton, une des plus grandes dames des iris, le type même de la « self made woman » caractéristique de la société américaine.
(Source : Bulletin de l’AIS 85/4)
30.4.04
L’ENIGME DE LA SEMAINE
SALEM
L’un des obtenteurs dont les noms suivent n’est pas installé à SALEM (Oregon). Lequel ?
· Paul BLACK
· Sterling INNERST
· Keith KEPPEL
· Bob SCHREINER
· H. N. TRAGITT
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
EN MUSIQUE
SIMFONIYA n’est pas une variété américaine, mais un iris en provenance d’Ouzbékistan (Volfovitch-Moler 1992).
SALEM
L’un des obtenteurs dont les noms suivent n’est pas installé à SALEM (Oregon). Lequel ?
· Paul BLACK
· Sterling INNERST
· Keith KEPPEL
· Bob SCHREINER
· H. N. TRAGITT
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
EN MUSIQUE
SIMFONIYA n’est pas une variété américaine, mais un iris en provenance d’Ouzbékistan (Volfovitch-Moler 1992).
SCHREINER 2004
Le catalogue Schreiner de 2004 ne déroge en rien aux règles que la maison s’est imposée depuis plusieurs décennies. Le nombre de variétés nouvelles est stable, quinze pour cette année, et parmi les seize coloris ou catégories traditionnels il n’y a que le jaune et le noir qui soient absents ; l’orange n’est présent que dans un original amoena du style FONDATION VAN GOGH baptisé CHANGING SEASONS, et le pourpre n’est qu’à demi représenté, sous la forme d’un bicolore-plicata (NO OTHER LOVE).
L’iris blanc de l’année s’appelle DIAMOND BRACELET. Le « rouge » est RED MASTERPIECE, le rose CODI’S ANGEL FACE, le mauve MORNING FROST, le bleu marine BLUEBERRY BLISS ; le bleu vif est un néglecta, DANGEROUS MOOD qui rappelle l’ancien TROPICAL NIGHT ; néglecta aussi le bleu clair, SKY SPIRIT. On trouve deux amoenas, un blanc/beige orangé, CHANGING SEASONS dont j’ai déjà parlé, et un « faux plicata » du genre SIXTINE C., CAN’T TOUCH THIS. Il y a ensuite deux plicatas, l’un en magenta, WONDERFUL WORLD, l’autre en bicolore-plicata rose, blanc et magenta, NO OTHER LOVE. Il reste encore deux variegatas, l’un clair, CRAZY IN LOVE, l’autre plus foncé, MEXICAN HOLIDAY, et deux bicolores à base de rose (ou d’orangé) et de pourpre (ou de prune), FASHION QUEEN et MADE OF MAGIC.
A mon avis la seule variété qui soit vraiment intéressante est CAN’T TOUCH THIS. Parce que ce n’est pas un plicata, mais qu’il a néanmoins les traits du modèle EMMA COOK, avec des pétales bien blancs, des sépales au cœur blanc, largement bordés de bleu vif, avec des barbes orangées. CHANGING SEASONS est également original, mais les teintes sont un peu mièvres. Quoi qu’il en soit, je ne vois pas dans le cru 2004 un produit en mesure de remporter une grande récompense.
Le catalogue Schreiner de 2004 ne déroge en rien aux règles que la maison s’est imposée depuis plusieurs décennies. Le nombre de variétés nouvelles est stable, quinze pour cette année, et parmi les seize coloris ou catégories traditionnels il n’y a que le jaune et le noir qui soient absents ; l’orange n’est présent que dans un original amoena du style FONDATION VAN GOGH baptisé CHANGING SEASONS, et le pourpre n’est qu’à demi représenté, sous la forme d’un bicolore-plicata (NO OTHER LOVE).
L’iris blanc de l’année s’appelle DIAMOND BRACELET. Le « rouge » est RED MASTERPIECE, le rose CODI’S ANGEL FACE, le mauve MORNING FROST, le bleu marine BLUEBERRY BLISS ; le bleu vif est un néglecta, DANGEROUS MOOD qui rappelle l’ancien TROPICAL NIGHT ; néglecta aussi le bleu clair, SKY SPIRIT. On trouve deux amoenas, un blanc/beige orangé, CHANGING SEASONS dont j’ai déjà parlé, et un « faux plicata » du genre SIXTINE C., CAN’T TOUCH THIS. Il y a ensuite deux plicatas, l’un en magenta, WONDERFUL WORLD, l’autre en bicolore-plicata rose, blanc et magenta, NO OTHER LOVE. Il reste encore deux variegatas, l’un clair, CRAZY IN LOVE, l’autre plus foncé, MEXICAN HOLIDAY, et deux bicolores à base de rose (ou d’orangé) et de pourpre (ou de prune), FASHION QUEEN et MADE OF MAGIC.
A mon avis la seule variété qui soit vraiment intéressante est CAN’T TOUCH THIS. Parce que ce n’est pas un plicata, mais qu’il a néanmoins les traits du modèle EMMA COOK, avec des pétales bien blancs, des sépales au cœur blanc, largement bordés de bleu vif, avec des barbes orangées. CHANGING SEASONS est également original, mais les teintes sont un peu mièvres. Quoi qu’il en soit, je ne vois pas dans le cru 2004 un produit en mesure de remporter une grande récompense.
PETIT TOUR DES CAPITALES D’EUROPE
Il est amusant de constater que les obtenteurs d’iris fantasment sur certains noms et pas sur d’autres. Quand ils pensent à l’Europe, par exemple, ils voient d’abord Paris, mais quelques fois ils évoquent une autre ville, le plus souvent une capitale.
Ainsi Barry Blyth, l’Australien, a songé à un notable britannique quand il a nommé LONDON LORD (86), un bicolore bleu glycine sur violet pourpré, avec barbe rouge. Keith Keppel, quant à lui, a surtout imaginé une élégante danseuse pour donner le nom de VIENNA WALTZ (2000) à un iris tout frisé comme une somptueuse robe de bal. Mais à quoi pensait Les Peterson, à Salt Lake City, lorsqu’il donnait à l’une de ses obtentions le nom de GALA MADRID (67) ? Il est possible que les rutilantes couleurs de ce variegata aient évoqué pour lui les splendeurs de l’Espagne.
Bien sûr, il arrive aussi que les Européens fassent allusion à leurs propres capitales quand ils baptisent un de leurs iris. Témoin, Augusto Bianco qui a donné le nom d’HOTEL ROMA (2000) à l’une de ses plus gracieuses obtentions, un iris aux pétales roses lavés de mauve, au-dessus de sépales ondulés et frisés de ce même mauve léger ; les barbes rose corail complètent avantageusement cet ensemble. Tomas Tamberg, le Berlinois, a appelé BERLIN GLOW (93) l’un de ses grands iris. C’est une belle fleur orange vif. Pourquoi BERLIN GLOW ? Le ciel de Berlin a-t-il de ces reflets orangés ? C’est probable, notamment l’été, lorsque la pollution à l’ozone vient ternir l’éclat du soleil ! Du côté de Hyères, en France, chez les Anfosso, on a rêvé comme en Amérique, où Paris est associée à la vie en rose, quand il s’est agi de désigner un joli cultivar rose de deux tons inversés, avec une grosse barbe rouge, et on s’est écrié PARIS PARIS (95) !
Des autres capitales d’Europe, je n’ai pas trouvé de trace : Bruxelles, Riga, ni même Lisbonne n’ont inspiré les obtenteurs. Il existe bien, chez Barry Blyth, un certain SOFIA (2002), aux pétales blancs et aux sépales centrés de jaune et cernés de blanc, mais allez savoir si ce nom évoque la capitale de Bulgarie plutôt que quelque charmante petite Australienne ?
Il est amusant de constater que les obtenteurs d’iris fantasment sur certains noms et pas sur d’autres. Quand ils pensent à l’Europe, par exemple, ils voient d’abord Paris, mais quelques fois ils évoquent une autre ville, le plus souvent une capitale.
Ainsi Barry Blyth, l’Australien, a songé à un notable britannique quand il a nommé LONDON LORD (86), un bicolore bleu glycine sur violet pourpré, avec barbe rouge. Keith Keppel, quant à lui, a surtout imaginé une élégante danseuse pour donner le nom de VIENNA WALTZ (2000) à un iris tout frisé comme une somptueuse robe de bal. Mais à quoi pensait Les Peterson, à Salt Lake City, lorsqu’il donnait à l’une de ses obtentions le nom de GALA MADRID (67) ? Il est possible que les rutilantes couleurs de ce variegata aient évoqué pour lui les splendeurs de l’Espagne.
Bien sûr, il arrive aussi que les Européens fassent allusion à leurs propres capitales quand ils baptisent un de leurs iris. Témoin, Augusto Bianco qui a donné le nom d’HOTEL ROMA (2000) à l’une de ses plus gracieuses obtentions, un iris aux pétales roses lavés de mauve, au-dessus de sépales ondulés et frisés de ce même mauve léger ; les barbes rose corail complètent avantageusement cet ensemble. Tomas Tamberg, le Berlinois, a appelé BERLIN GLOW (93) l’un de ses grands iris. C’est une belle fleur orange vif. Pourquoi BERLIN GLOW ? Le ciel de Berlin a-t-il de ces reflets orangés ? C’est probable, notamment l’été, lorsque la pollution à l’ozone vient ternir l’éclat du soleil ! Du côté de Hyères, en France, chez les Anfosso, on a rêvé comme en Amérique, où Paris est associée à la vie en rose, quand il s’est agi de désigner un joli cultivar rose de deux tons inversés, avec une grosse barbe rouge, et on s’est écrié PARIS PARIS (95) !
Des autres capitales d’Europe, je n’ai pas trouvé de trace : Bruxelles, Riga, ni même Lisbonne n’ont inspiré les obtenteurs. Il existe bien, chez Barry Blyth, un certain SOFIA (2002), aux pétales blancs et aux sépales centrés de jaune et cernés de blanc, mais allez savoir si ce nom évoque la capitale de Bulgarie plutôt que quelque charmante petite Australienne ?
24.4.04
L’ENIGME DE LA SEMAINE
EN MUSIQUE
Les noms de variétés qui suivent comportent un « intrus ». Lequel ?
· MORNING HYMN
· SOONER SERENADE
· SUNSET SONATA
· EVENING CANTICLE
· SIMFONIYA
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
AU MEXIQUE
MANAGUA n’est pas une ville du Mexique, mais la capitale du Nicaragua.
EN MUSIQUE
Les noms de variétés qui suivent comportent un « intrus ». Lequel ?
· MORNING HYMN
· SOONER SERENADE
· SUNSET SONATA
· EVENING CANTICLE
· SIMFONIYA
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
AU MEXIQUE
MANAGUA n’est pas une ville du Mexique, mais la capitale du Nicaragua.
CAYEUX 2004
Le catalogue 2004 de notre grande maison française ne diffère pas, dans la forme, de ceux des années précédentes. Le classement des variétés se fait par couleurs, ce qui ne me paraît pas forcément judicieux. A mon avis le classique classement par ordre alphabétique, abandonné depuis plusieurs années, avait l’avantage d’amener le lecteur à feuilleter obligatoirement tout le catalogue, et permettait un repérage facile. Mais il faut bien de temps en temps apporter un peu de nouveauté !
A propos de nouveauté, parlons des variétés qui apparaissent cette année, qui sont au nombre de dix-sept :
· BLUE CRUSADER – Schreiner 98 – bleu sombre uni ;
· COUNTRY CHARM – Schreiner 98 – variegata jaune souffre sur bordeaux sombre ;
· DIABOLIQUE – Schreiner 97 – grenat pourpré barbes assorties ;
· FASHIONABLY LATE – Keppel 98 – violet fuchsia, barbes vermillon ; tardif ;
· FEATURE ATTRACTION – Schreiner 94 – bleu lavande, spot et barbes blanc ;
· LENTEN PRAYER – Schreiner 98 – pourpre betterave, barbes plus foncées ;
· MAGICAL ENCOUNTER – Schreiner 99 – rose intense à barbes saumon ;
· MARIPOSA AUTUMN – Tasco 99 – plicata blanc à dessins amarante ; remontant ;
· MIDNIGHT OIL – Keppel 98 – noir intense, barbes bordeaux ;
· MONET’S BLUE – Schreiner 98 – bleu clair très pur, barbes blanches ;
· ORANGE EMBERS – Shockey 93 – orange avec un spot rose sous les barbes minium ;
· RIPPLING RIVER – Schreiner 95 – entièrement bleu marine ;
· ROMANTIC EVENING – Ghio 96 – pétales fuchsia, sépales aubergine et barbes brique
Et du côté des produits « maison » :
· CHATEAU D’AUVERS / OISE – Cayeux R. 2004 – amoena blanc et abricot ;
· FANFRELUCHE – Cayeux R. 2004 – variegata clair, jaune paille et lilas rosé ;
· MYSTERIEUX – Cayeux R. 2004 – néglecta indigo clair sur noir, barbes bronze ;
· ROUCOULADE – Cayeux R. 2004 – blanc / abricot, bords et flamme blanc.
Ces nouveaux choix sont éclectiques et excellents ; ils dénotent le goût très sûr et la grande maîtrise de Richard Cayeux dans la sélection de ce qu’il veut vendre. Je ne lui fais qu’un seul reproche – une nouvelle fois – c’est de ne pas indiquer, en dehors du sien, le nom des obtenteurs.
Je serai moins élogieux en parlant du nouveau site Internet de la maison Cayeux. A mon avis c’est un flop absolu : page d’accueil étriquée, textes pauvres et écrits trop fin, images disparates, souvent floues, couleurs mal dosées, ensemble criard. En ce domaine, les autres sites français sont nettement plus alléchants.
Le catalogue 2004 de notre grande maison française ne diffère pas, dans la forme, de ceux des années précédentes. Le classement des variétés se fait par couleurs, ce qui ne me paraît pas forcément judicieux. A mon avis le classique classement par ordre alphabétique, abandonné depuis plusieurs années, avait l’avantage d’amener le lecteur à feuilleter obligatoirement tout le catalogue, et permettait un repérage facile. Mais il faut bien de temps en temps apporter un peu de nouveauté !
A propos de nouveauté, parlons des variétés qui apparaissent cette année, qui sont au nombre de dix-sept :
· BLUE CRUSADER – Schreiner 98 – bleu sombre uni ;
· COUNTRY CHARM – Schreiner 98 – variegata jaune souffre sur bordeaux sombre ;
· DIABOLIQUE – Schreiner 97 – grenat pourpré barbes assorties ;
· FASHIONABLY LATE – Keppel 98 – violet fuchsia, barbes vermillon ; tardif ;
· FEATURE ATTRACTION – Schreiner 94 – bleu lavande, spot et barbes blanc ;
· LENTEN PRAYER – Schreiner 98 – pourpre betterave, barbes plus foncées ;
· MAGICAL ENCOUNTER – Schreiner 99 – rose intense à barbes saumon ;
· MARIPOSA AUTUMN – Tasco 99 – plicata blanc à dessins amarante ; remontant ;
· MIDNIGHT OIL – Keppel 98 – noir intense, barbes bordeaux ;
· MONET’S BLUE – Schreiner 98 – bleu clair très pur, barbes blanches ;
· ORANGE EMBERS – Shockey 93 – orange avec un spot rose sous les barbes minium ;
· RIPPLING RIVER – Schreiner 95 – entièrement bleu marine ;
· ROMANTIC EVENING – Ghio 96 – pétales fuchsia, sépales aubergine et barbes brique
Et du côté des produits « maison » :
· CHATEAU D’AUVERS / OISE – Cayeux R. 2004 – amoena blanc et abricot ;
· FANFRELUCHE – Cayeux R. 2004 – variegata clair, jaune paille et lilas rosé ;
· MYSTERIEUX – Cayeux R. 2004 – néglecta indigo clair sur noir, barbes bronze ;
· ROUCOULADE – Cayeux R. 2004 – blanc / abricot, bords et flamme blanc.
Ces nouveaux choix sont éclectiques et excellents ; ils dénotent le goût très sûr et la grande maîtrise de Richard Cayeux dans la sélection de ce qu’il veut vendre. Je ne lui fais qu’un seul reproche – une nouvelle fois – c’est de ne pas indiquer, en dehors du sien, le nom des obtenteurs.
Je serai moins élogieux en parlant du nouveau site Internet de la maison Cayeux. A mon avis c’est un flop absolu : page d’accueil étriquée, textes pauvres et écrits trop fin, images disparates, souvent floues, couleurs mal dosées, ensemble criard. En ce domaine, les autres sites français sont nettement plus alléchants.
ROSE COMME AVRIL
Les associations d’idées jouent un grand rôle dans le choix des noms de variétés d’iris. Ainsi le blanc fait-il penser à la pureté, donc à la neige, à la glace …et aux anges ; le bleu est immédiatement associé à l’eau et au ciel ; le jaune à l’or et au soleil ; le vert au feuillage …et à l’Irlande. Et le rose ? Il n’y a aucun doute quant à son association à l’idée de douceur, de tendresse, à la femme et au jeune enfant, mais pourquoi, dans la vision de certains hybrideurs américains est-il aussi souvent relié au mois d’avril ? Pour moi, avril signifie surtout vert tendre (les jeunes pousses), mauve (les scilles et jacinthes…) et jaune (les jonquilles, les ajoncs, les genêts et les forsythias). J’y vois aussi le blanc des cerisiers, pruniers et poiriers, le blanc des narcisses, mais il est vrai qu’il y a aussi le rose vif des pêchers et le rose tendre des pommiers. Néanmoins quand je pense avril, ce n’est pas le rose qui me vient d’abord à l’esprit. Tel n’est pas le cas, semble-t-il, aux USA, où des obtenteurs donnent quelquefois à leurs iris roses un nom où apparaît le mot « april ». Dans ma base de données iconographique, qui contient aujourd’hui 4700 photos de grands iris, j’ai fait une plongée à la lettre A et sur les 357 images qui s’y trouvent j’ai fait cette découverte que les quatre iris dont le nom commence par « april » sont roses.
Ce sont APRIL IN PARIS (Wood 92), un joli rose vif, bien ondulé, à barbes rouges, qui allie deux idées : celle d’avril, bien sûr, et celle de Paris, synonyme de fantaisie et de plaisir, APRIL JEWEL (Lauer 99), rose tendre ourlé de pêche, avec de petits éperons bleutés, APRIL MELODY (Gibson 67), un plicata rose orchidée, variété fétiche de Keith Keppel qui l’a accommodé à toutes les sauces plus de trente fois, et APRIL VISION (Sutton 2001), une version rose du modèle « dark top », très classique de forme.
J’ai essayé de voir, en feuilletant les check-lists des décades précédentes, si le lien entre avril et rose était permanent. Eh bien non ! Un seul autre grand iris rose est enregistré avec un nom commençant par « april » : APRIL LOST (Tompkins 82), un enfant d’APRIL MELODY lui aussi. La plupart des autres APRIL… sont blancs ou bleutés. La liaison entre avril et rose est donc soit fortuite, soit, tout au moins, récente dans l’imaginaire des hybrideurs.
Cette navigation dans les méandres de la lettre A m’a permis par ailleurs de redécouvrir des iris roses bien jolis. Par exemple AFFLUENCE (Hager 86) entièrement rose soutenu, même les barbes, ce qui est rare, AIDA ROSE (Ségui 88), un peu désuet, AH CA IRA (Anfosso 89), qui n’a de révolutionnaire que sa forme assez écrasée. Mais aussi ALICE GOODMAN (Roderick 88), frisé, rose tendre, rehaussé de barbes cerise, ALLURING (Gartman 89), rose corail, AMOUR (Corlew 85), rose très clair centré de blanc, ANGEL’S TOUCH (Tompkins 88), rose uni traditionnel. Il ne faut pas oublier non plus le superbe ANNA BELLE BABSON (Hager 85), l’un des plus beaux rose pur, fils de BEVERLY SILLS, ni ANNUITY (Eleanor Kegerise 2000), tout frisotté, ni l’Italien ACQUA DI ROSA (Bianco 99), clair et lumineux. Enfin disons un mot de ARTISTE (Ghio 78), AWEKENING (Joyce Meek 94), tous deux très clairs et un peu bleutés, tout comme ATIKA (Anfosso 87), plus foncé et surtout abondamment frisé. Et l’on terminera par ASPECT OF LOVE (Schick 98), rose dragée, aux contours finement laciniés et ondulant comme un bouillonné de dentelle.
On s’est un peu éloigné de l’idée de départ et des fleurs du mois d’avril, mais on en a profité pour faire un agréable voyage au pays des iris roses, à l’heure où, dans les bordures on scrute les touffes encore basses pour découvrir les prémices de la floraison à venir.
Les associations d’idées jouent un grand rôle dans le choix des noms de variétés d’iris. Ainsi le blanc fait-il penser à la pureté, donc à la neige, à la glace …et aux anges ; le bleu est immédiatement associé à l’eau et au ciel ; le jaune à l’or et au soleil ; le vert au feuillage …et à l’Irlande. Et le rose ? Il n’y a aucun doute quant à son association à l’idée de douceur, de tendresse, à la femme et au jeune enfant, mais pourquoi, dans la vision de certains hybrideurs américains est-il aussi souvent relié au mois d’avril ? Pour moi, avril signifie surtout vert tendre (les jeunes pousses), mauve (les scilles et jacinthes…) et jaune (les jonquilles, les ajoncs, les genêts et les forsythias). J’y vois aussi le blanc des cerisiers, pruniers et poiriers, le blanc des narcisses, mais il est vrai qu’il y a aussi le rose vif des pêchers et le rose tendre des pommiers. Néanmoins quand je pense avril, ce n’est pas le rose qui me vient d’abord à l’esprit. Tel n’est pas le cas, semble-t-il, aux USA, où des obtenteurs donnent quelquefois à leurs iris roses un nom où apparaît le mot « april ». Dans ma base de données iconographique, qui contient aujourd’hui 4700 photos de grands iris, j’ai fait une plongée à la lettre A et sur les 357 images qui s’y trouvent j’ai fait cette découverte que les quatre iris dont le nom commence par « april » sont roses.
Ce sont APRIL IN PARIS (Wood 92), un joli rose vif, bien ondulé, à barbes rouges, qui allie deux idées : celle d’avril, bien sûr, et celle de Paris, synonyme de fantaisie et de plaisir, APRIL JEWEL (Lauer 99), rose tendre ourlé de pêche, avec de petits éperons bleutés, APRIL MELODY (Gibson 67), un plicata rose orchidée, variété fétiche de Keith Keppel qui l’a accommodé à toutes les sauces plus de trente fois, et APRIL VISION (Sutton 2001), une version rose du modèle « dark top », très classique de forme.
J’ai essayé de voir, en feuilletant les check-lists des décades précédentes, si le lien entre avril et rose était permanent. Eh bien non ! Un seul autre grand iris rose est enregistré avec un nom commençant par « april » : APRIL LOST (Tompkins 82), un enfant d’APRIL MELODY lui aussi. La plupart des autres APRIL… sont blancs ou bleutés. La liaison entre avril et rose est donc soit fortuite, soit, tout au moins, récente dans l’imaginaire des hybrideurs.
Cette navigation dans les méandres de la lettre A m’a permis par ailleurs de redécouvrir des iris roses bien jolis. Par exemple AFFLUENCE (Hager 86) entièrement rose soutenu, même les barbes, ce qui est rare, AIDA ROSE (Ségui 88), un peu désuet, AH CA IRA (Anfosso 89), qui n’a de révolutionnaire que sa forme assez écrasée. Mais aussi ALICE GOODMAN (Roderick 88), frisé, rose tendre, rehaussé de barbes cerise, ALLURING (Gartman 89), rose corail, AMOUR (Corlew 85), rose très clair centré de blanc, ANGEL’S TOUCH (Tompkins 88), rose uni traditionnel. Il ne faut pas oublier non plus le superbe ANNA BELLE BABSON (Hager 85), l’un des plus beaux rose pur, fils de BEVERLY SILLS, ni ANNUITY (Eleanor Kegerise 2000), tout frisotté, ni l’Italien ACQUA DI ROSA (Bianco 99), clair et lumineux. Enfin disons un mot de ARTISTE (Ghio 78), AWEKENING (Joyce Meek 94), tous deux très clairs et un peu bleutés, tout comme ATIKA (Anfosso 87), plus foncé et surtout abondamment frisé. Et l’on terminera par ASPECT OF LOVE (Schick 98), rose dragée, aux contours finement laciniés et ondulant comme un bouillonné de dentelle.
On s’est un peu éloigné de l’idée de départ et des fleurs du mois d’avril, mais on en a profité pour faire un agréable voyage au pays des iris roses, à l’heure où, dans les bordures on scrute les touffes encore basses pour découvrir les prémices de la floraison à venir.
16.4.04
L’ENIGME DE LA SEMAINE
AU MEXIQUE
Quelle est des variétés listées ci-dessous celle qui n’a rien à voir avec le Mexique ?
· MEXICAN MOTH
· MANAGUA
· ACAPULCO GOLD
· GUADALAJARA
· VIVA MEXICO
· TAMPICO
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
INNOCENCE
INNOCENZA est une ancienne variété diploïde obtenue par Lémon en 1854.
AU MEXIQUE
Quelle est des variétés listées ci-dessous celle qui n’a rien à voir avec le Mexique ?
· MEXICAN MOTH
· MANAGUA
· ACAPULCO GOLD
· GUADALAJARA
· VIVA MEXICO
· TAMPICO
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
INNOCENCE
INNOCENZA est une ancienne variété diploïde obtenue par Lémon en 1854.
PETIT TOUR DES CAPITALES D’EUROPE
Il est amusant de constater que les obtenteurs d’iris fantasment sur certains noms et pas sur d’autres. Quand ils pensent à l’Europe, par exemple, ils voient d’abord Paris, mais quelques fois ils évoquent une autre ville, le plus souvent une capitale.
Ainsi Barry Blyth, l’Australien, a songé à un notable britannique quand il a nommé LONDON LORD (86), un bicolore bleu glycine sur violet pourpré, avec barbe rouge. Keith Keppel, quant à lui, a surtout imaginé une élégante danseuse pour donner le nom de VIENNA WALTZ (2000) à un iris tout frisé comme une somptueuse robe de bal. Mais à quoi pensait Les Peterson, à Salt Lake City, lorsqu’il donnait à l’une de ses obtentions le nom de GALA MADRID (67) ? Il est possible que les rutilantes couleurs de ce variegata aient évoqué pour lui les splendeurs de l’Espagne.
Bien sûr, il arrive aussi que les Européens fassent allusion à leurs propres capitales quand ils baptisent un de leurs iris. Témoin, Augusto Bianco qui a donné le nom d’HOTEL ROMA (2000) à l’une de ses plus gracieuses obtentions, un iris aux pétales roses lavés de mauve, au-dessus de sépales ondulés et frisés de ce même mauve léger ; les barbes rose corail complètent avantageusement cet ensemble. Tomas Tamberg, le Berlinois, a appelé BERLIN GLOW (93) l’un de ses grands iris. C’est une belle fleur orange vif. Pourquoi BERLIN GLOW ? Le ciel de Berlin a-t-il de ces reflets orangés ? C’est probable, notamment l’été, lorsque la pollution à l’ozone vient ternir l’éclat du soleil ! Du côté de Hyères, en France, chez les Anfosso, on a rêvé comme en Amérique, où Paris est associée à la vie en rose, quand il s’est agi de désigner un joli cultivar rose de deux tons inversés, avec une grosse barbe rouge, et on s’est écrié PARIS PARIS (95) !
Des autres capitales d’Europe, je n’ai pas trouvé de trace : Bruxelles, Riga, ni même Lisbonne n’ont inspiré les obtenteurs. Il existe bien, chez Barry Blyth, un certain SOFIA (2002), aux pétales blancs et aux sépales centrés de jaune et cernés de blanc, mais allez savoir si ce nom évoque la capitale de Bulgarie plutôt que quelque charmante petite Australienne ?
Il est amusant de constater que les obtenteurs d’iris fantasment sur certains noms et pas sur d’autres. Quand ils pensent à l’Europe, par exemple, ils voient d’abord Paris, mais quelques fois ils évoquent une autre ville, le plus souvent une capitale.
Ainsi Barry Blyth, l’Australien, a songé à un notable britannique quand il a nommé LONDON LORD (86), un bicolore bleu glycine sur violet pourpré, avec barbe rouge. Keith Keppel, quant à lui, a surtout imaginé une élégante danseuse pour donner le nom de VIENNA WALTZ (2000) à un iris tout frisé comme une somptueuse robe de bal. Mais à quoi pensait Les Peterson, à Salt Lake City, lorsqu’il donnait à l’une de ses obtentions le nom de GALA MADRID (67) ? Il est possible que les rutilantes couleurs de ce variegata aient évoqué pour lui les splendeurs de l’Espagne.
Bien sûr, il arrive aussi que les Européens fassent allusion à leurs propres capitales quand ils baptisent un de leurs iris. Témoin, Augusto Bianco qui a donné le nom d’HOTEL ROMA (2000) à l’une de ses plus gracieuses obtentions, un iris aux pétales roses lavés de mauve, au-dessus de sépales ondulés et frisés de ce même mauve léger ; les barbes rose corail complètent avantageusement cet ensemble. Tomas Tamberg, le Berlinois, a appelé BERLIN GLOW (93) l’un de ses grands iris. C’est une belle fleur orange vif. Pourquoi BERLIN GLOW ? Le ciel de Berlin a-t-il de ces reflets orangés ? C’est probable, notamment l’été, lorsque la pollution à l’ozone vient ternir l’éclat du soleil ! Du côté de Hyères, en France, chez les Anfosso, on a rêvé comme en Amérique, où Paris est associée à la vie en rose, quand il s’est agi de désigner un joli cultivar rose de deux tons inversés, avec une grosse barbe rouge, et on s’est écrié PARIS PARIS (95) !
Des autres capitales d’Europe, je n’ai pas trouvé de trace : Bruxelles, Riga, ni même Lisbonne n’ont inspiré les obtenteurs. Il existe bien, chez Barry Blyth, un certain SOFIA (2002), aux pétales blancs et aux sépales centrés de jaune et cernés de blanc, mais allez savoir si ce nom évoque la capitale de Bulgarie plutôt que quelque charmante petite Australienne ?
LES FRÈRES SASS
Comme disent les sportifs, il ne faut pas oublier nos fondamentaux ! Les frères Sass, Hans-Peter et Jacob, font partie des fondamentaux de l’iridophilie et leur histoire doit être dans l’esprit de tous ceux qui s’intéressent d’un peu près aux iris.
Hans-Peter et Jacob sont nés en Allemagne, le premier en 1868, le second en 1872. Ils ont émigré aux Etats-Unis avec leurs parents en 1884 et se sont installés dans le Middlewest comme la plupart des immigrants de l’époque. Hans-Peter avait déjà fait des études de botanique en Allemagne et il s’intéressait aux reproductions par semis. En 1903 il a acheté une ferme près de la ville d’Omaha dans le Nebraska, et a commencé à y cultiver toutes sortes de fleurs. Dès 1912 il avait à son actif bon nombre de plantes issues de son travail d’hybridation : des glaïeuls, des pivoines, surtout, mais aussi des hémérocalles, des pavots d’Orient, des lis et des iris. Pourtant ce n’est qu’en 1923, alors qu’il était déjà membre fondateur de l’AIS, qu’il enregistra son premier cultivar, MIDWEST. En 1925 il introduit KING TUT, une variété reconnue maintenant comme faisant partie des incontournables mais qui n’obtint à l’époque aucun succès. La célébrité lui est venue grâce à RAMESES (1930), descendant du précédent, qui a reçu la Médaille de Dykes en 1932. Dès lors la plupart de ses iris ont obtenus des récompenses (HM, AM) jusqu’à ce que, en 1943, une nouvelle Médaille de Dykes vienne couronner PRAIRIE SUNSET (1936). Entre les deux se situe la grande période de production de Hans Sass, avec des variétés importantes comme AMITOLA, ELSA SASS, MIDWEST GEM et son frère de semis MATULA. L’âge n’affaiblissait pas l’infatigable Hans Sass qui nous a encore donné au début des années 40 le fameux MINNIE COLQUITT ainsi que GARDEN FLAME. Un autre titre de gloire pour Hans-Peter Sass est d’avoir eu l’idée de croiser les grands iris avec les petits pumilas et obtenu les tout premiers iris intermédiaires. En cela, comme en bien d’autres domaines, il agissait en compagnie de son frère cadet Jacob.
L’un et l’autre étaient complémentaires, mais autant l’aîné avait la réputation d’être un homme au sérieux et à la rigueur toute germanique, autant Jacob avait celle d’un être généreux, enthousiaste et rempli de joie de vivre. Il était encore plus fier de sa famille que de son travail. Lui et son frère avaient les mêmes objectifs en matière d’hybridation, et des goûts très voisins. Jacob, comme Hans, ne s’intéressait pas qu’aux iris, il a également travaillé sur les lilas, par exemple. A vrai dire ils ne travaillaient pas exactement ensemble, mais ils réunissaient chaque année leur production dans un unique catalogue et cette collaboration a duré plus de quarante ans. Jacob a commencé à enregistrer des iris, comme son frère, dès 1923, mais il a lui aussi attendu longtemps la consécration. Son premier véritable succès à été le blanc WAMBLISKA (1930), puis est venu THE RED DOUGLAS (1934) qui a obtenu la Médaille de Dykes en 1941. Au-delà se situent d’autres réussite notoires comme CASQUE D’OR (1937), BLUE SHIMMER et FLORA ZENOR (1942), puis SUNSET SERENADE (1943) et l’indétrônable OLA KALA (1943), ainsi que SOLID MAHOGANY en 1944. Il a mis sur le marché un grand nombre de variétés, beaucoup plus d’ailleurs que son frère. Il est décédé en 1945, rompant le plus célèbre duo de l’histoire de l’hybridation.
Les terres du Nebraska sont ingrates avec les iris et seules des plantes robustes pouvaient survivre dans ces hautes plaines aux hivers si terribles que, à plusieurs reprises, les intempéries ont détruit presque complètement le travail des frères Sass.. Il n’est pas étonnant que leurs produits soient des plantes d’une résistance au-dessus de tout éloge. Leurs grands iris sont encore souvent présents dans nos jardins. Leurs intermédiaires ont eu sans doute moins de succès, mais ils restent les inventeurs de cette catégorie et il est évident qu’on se devait de donner leur nom à la médaille qui récompense chaque année le meilleur de ces iris. C’est pour toutes ces raisons que les frères Sass sont évidemment à classer dans le monde de l’iridophilie au rang des obtenteurs fondamentaux.
Sources : Bulletin de l’AIS 1950 (article signé Agnes Whiting) et site Internet de l’Historic Iris Preservation Society.
Comme disent les sportifs, il ne faut pas oublier nos fondamentaux ! Les frères Sass, Hans-Peter et Jacob, font partie des fondamentaux de l’iridophilie et leur histoire doit être dans l’esprit de tous ceux qui s’intéressent d’un peu près aux iris.
Hans-Peter et Jacob sont nés en Allemagne, le premier en 1868, le second en 1872. Ils ont émigré aux Etats-Unis avec leurs parents en 1884 et se sont installés dans le Middlewest comme la plupart des immigrants de l’époque. Hans-Peter avait déjà fait des études de botanique en Allemagne et il s’intéressait aux reproductions par semis. En 1903 il a acheté une ferme près de la ville d’Omaha dans le Nebraska, et a commencé à y cultiver toutes sortes de fleurs. Dès 1912 il avait à son actif bon nombre de plantes issues de son travail d’hybridation : des glaïeuls, des pivoines, surtout, mais aussi des hémérocalles, des pavots d’Orient, des lis et des iris. Pourtant ce n’est qu’en 1923, alors qu’il était déjà membre fondateur de l’AIS, qu’il enregistra son premier cultivar, MIDWEST. En 1925 il introduit KING TUT, une variété reconnue maintenant comme faisant partie des incontournables mais qui n’obtint à l’époque aucun succès. La célébrité lui est venue grâce à RAMESES (1930), descendant du précédent, qui a reçu la Médaille de Dykes en 1932. Dès lors la plupart de ses iris ont obtenus des récompenses (HM, AM) jusqu’à ce que, en 1943, une nouvelle Médaille de Dykes vienne couronner PRAIRIE SUNSET (1936). Entre les deux se situe la grande période de production de Hans Sass, avec des variétés importantes comme AMITOLA, ELSA SASS, MIDWEST GEM et son frère de semis MATULA. L’âge n’affaiblissait pas l’infatigable Hans Sass qui nous a encore donné au début des années 40 le fameux MINNIE COLQUITT ainsi que GARDEN FLAME. Un autre titre de gloire pour Hans-Peter Sass est d’avoir eu l’idée de croiser les grands iris avec les petits pumilas et obtenu les tout premiers iris intermédiaires. En cela, comme en bien d’autres domaines, il agissait en compagnie de son frère cadet Jacob.
L’un et l’autre étaient complémentaires, mais autant l’aîné avait la réputation d’être un homme au sérieux et à la rigueur toute germanique, autant Jacob avait celle d’un être généreux, enthousiaste et rempli de joie de vivre. Il était encore plus fier de sa famille que de son travail. Lui et son frère avaient les mêmes objectifs en matière d’hybridation, et des goûts très voisins. Jacob, comme Hans, ne s’intéressait pas qu’aux iris, il a également travaillé sur les lilas, par exemple. A vrai dire ils ne travaillaient pas exactement ensemble, mais ils réunissaient chaque année leur production dans un unique catalogue et cette collaboration a duré plus de quarante ans. Jacob a commencé à enregistrer des iris, comme son frère, dès 1923, mais il a lui aussi attendu longtemps la consécration. Son premier véritable succès à été le blanc WAMBLISKA (1930), puis est venu THE RED DOUGLAS (1934) qui a obtenu la Médaille de Dykes en 1941. Au-delà se situent d’autres réussite notoires comme CASQUE D’OR (1937), BLUE SHIMMER et FLORA ZENOR (1942), puis SUNSET SERENADE (1943) et l’indétrônable OLA KALA (1943), ainsi que SOLID MAHOGANY en 1944. Il a mis sur le marché un grand nombre de variétés, beaucoup plus d’ailleurs que son frère. Il est décédé en 1945, rompant le plus célèbre duo de l’histoire de l’hybridation.
Les terres du Nebraska sont ingrates avec les iris et seules des plantes robustes pouvaient survivre dans ces hautes plaines aux hivers si terribles que, à plusieurs reprises, les intempéries ont détruit presque complètement le travail des frères Sass.. Il n’est pas étonnant que leurs produits soient des plantes d’une résistance au-dessus de tout éloge. Leurs grands iris sont encore souvent présents dans nos jardins. Leurs intermédiaires ont eu sans doute moins de succès, mais ils restent les inventeurs de cette catégorie et il est évident qu’on se devait de donner leur nom à la médaille qui récompense chaque année le meilleur de ces iris. C’est pour toutes ces raisons que les frères Sass sont évidemment à classer dans le monde de l’iridophilie au rang des obtenteurs fondamentaux.
Sources : Bulletin de l’AIS 1950 (article signé Agnes Whiting) et site Internet de l’Historic Iris Preservation Society.
10.4.04
L’ENIGME DE LA SEMAINE
INNOCENCE
L’une des variétés désignées ci-dessous diffère nettement des quatre autres. Laquelle ?
· AGE OF INNOCENCE
· INNOCENT STAR
· INNOCENT BLUSH
· INNOCENZA
· PRESUMED INNOCENT
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
TOUJOURS LA NUIT
NUIT BLANCHE n’est pas dans les tons de bleu ou de violet : c’est un iris blanc.
INNOCENCE
L’une des variétés désignées ci-dessous diffère nettement des quatre autres. Laquelle ?
· AGE OF INNOCENCE
· INNOCENT STAR
· INNOCENT BLUSH
· INNOCENZA
· PRESUMED INNOCENT
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
TOUJOURS LA NUIT
NUIT BLANCHE n’est pas dans les tons de bleu ou de violet : c’est un iris blanc.
LES SIX FRÈRES
Que six variétés issues du même semis soient enregistrées et introduites sur le marché, ce n’est pas si courant, et je ne sais même pas si le cas c’est produit d’autres fois. Cette réussite hors du commun mérite bien un petit article.
Les six frères en question résultent de l’union TOMORROW’S CHILD X MAGIC MAN et ont été obtenus en Australie par le prolifique Barry Blyth. Ils ont pour nom IN TOWN, MOOMBA, PASS THE WINE, WITCH’S WAND tous les quatre de 1985, LONDON LORD (86) et GALLANT ROGUE (89) dont j’ai conté récemment l’aventure. Disséquer les origines de cette famille nombreuse n’est pas une mince affaire mais ce travail est très instructif pour qui s’intéresse à l’hybridation des iris.
Mais commençons par décrire les six frères en question. IN TOWN est un bitone assez proche des couleurs de son « père » MAGIC MAN, avec des pétales bleu lavande et des sépales bleu pourpré liserés de lavande ; la barbe est orange mandarine. MOOMBA n’est pas très différent, mais le bleu des pétales devient plus sombre vers le cœur de la fleur et les sépales, plus foncés, s’ornent d’épaules presque brunes ; barbe mandarine également. PASS THE WINE est une version plus pourprée de la même figure, avec des reflets fumés. WITCH’S WAND présente sûrement le coloris le plus original de la bande. C’est un iris bitone très foncé, aux pétales violet-noir et aux sépales encore plus sombres rehaussés de la fameuse barbe rouge, caractéristique de la famille. LONDON LORD est le moins connu : pétales bleu glacier, donc très clairs, sépales pourpre noir liserés de lilas, et, bien entendu, barbes mandarine. Quant à GALLANT ROGUE, le mauvais garçon, avec ses pétales lilas rosé et ses sépales grenat foncé bordés de violet striés de blanc sous les barbes, il penche plutôt du côté « rouge », c’est à dire du côté maternel. Il est indéniable que tous ont un air de famille.
La maman de ces beaux enfants, TOMORROW’S CHILD, à vrai dire, ne se présente pas sous une robe tellement différente de celle du papa, MAGIC MAN. Même caractère bitone, même liseré clair sur les sépales, même barbe rouge. Cette barbe rouge vient de loin. Elle est déjà présente dans LATIN LOVER (Shoop 69) l’ancêtre dont le coloris est le plus proche de celui des descendants décrits ; elle provient de ARCTIC FLAME (Fay 60) que l’on trouve dans le pedigree de LATIN TEMPO (Blyth 73), une variété qui est citée trois fois parmi les ancêtres de TOMORROW’S CHILD comme de MAGIC MAN. FANFARE ORCHID (B. Jones 65), un rose orchidée à barbes mandarine, qui descend du blanc à barbes rouges LIPSTICK (Fay 54), est également présent par trois fois dans l’arbre généalogique, dans une branche comme dans l’autre. Le côté bitone, ou bicolore, est venu de LILAC CHAMPAGNE (Hamblen 64), ou de PIPES OF PAN (O. Brown 63) de même que de MELODRAMA (Cook 56) qui se situent derrière LATIN TEMPO ou PANORAMIC (Hamblen 68), lequel est derrière CABARET ROYALE (Blyth 75), lui-même père de MAGIC MAN !
En ce qui concerne leur destin en tant que géniteurs, les six frères ne se trouvent pas à la même enseigne. MOOMBA et PASS THE WINE n’ont pas de descendance (ou très peu), WITCH’S WAND qui est déjà un aboutissement dans la saturation des couleurs n’a pas non plus inspiré les hybrideurs. Je ne lui connais qu’un descendant, mais pas des moindres : ROMANTIC EVENING (Ghio 94), une variété sur laquelle j’ai l’intention de revenir incessamment. Les trois restants sont d’heureux parents. A commencer par IN TOWN qui est la « mère » de BELLE DE NUIT (Cayeux R. 99), chez qui on retrouve nettement les traits de la fameuse famille. Le superbe noir NIGHT ATTACK (Ghio 93) et le remarquable bleu nuit TOM JOHNSON (Black P. 96), qui défend sa chance actuellement dans la course américaine aux honneurs, sont aussi de ses descendants. LONDON LORD, peu connu chez nous, a séduit son obtenteur Barry Blyth qui en a fait un abondant usage et obtenu de lui de jolies choses comme DEVIL’S RIOT (93), un variegata très contrasté, en abricot et aubergine. GALLANT ROGUE, qui a bien failli finir à la décharge, est un des chouchous actuels de Keith Keppel, qui l’a sauvé du broyeur. On lui doit BRAGGADOCIO (97), BROAD SHOULDERS (2001), CHARLESTON (2002), et les deux frères LOCAL COLOR et NIGHT GAME (96). BRAGGADOCIO est un variegata beige sur pourpre (avec la barbe minium). BROAD SHOULDERS est de couleur voisine, un peu plus rose, pour les pétales, un peu plus brun, pour les sépales, mais avec une originale barbe chocolat. CHARLESTON est un plicata indigo, tout simple. LOCAL COLOR, fruit des recherches de son obtenteur en matière de noir à barbes rouge, tient beaucoup de son « oncle » WITCH’S WAND, tandis que NIGHT GAME, dans le même genre, est encore plus sombre. Comme il est habituel dans les familles nombreuses, les six frères vivent des destinées bien différentes.
Il est de plus en plus courant de trouver dans un même semis une quantité de plantes intéressantes. Richard Cayeux, Lawrence Ransom, en France, en ont fait l’expérience. Mais le cas des six frères australiens reste encore exceptionnel.
Que six variétés issues du même semis soient enregistrées et introduites sur le marché, ce n’est pas si courant, et je ne sais même pas si le cas c’est produit d’autres fois. Cette réussite hors du commun mérite bien un petit article.
Les six frères en question résultent de l’union TOMORROW’S CHILD X MAGIC MAN et ont été obtenus en Australie par le prolifique Barry Blyth. Ils ont pour nom IN TOWN, MOOMBA, PASS THE WINE, WITCH’S WAND tous les quatre de 1985, LONDON LORD (86) et GALLANT ROGUE (89) dont j’ai conté récemment l’aventure. Disséquer les origines de cette famille nombreuse n’est pas une mince affaire mais ce travail est très instructif pour qui s’intéresse à l’hybridation des iris.
Mais commençons par décrire les six frères en question. IN TOWN est un bitone assez proche des couleurs de son « père » MAGIC MAN, avec des pétales bleu lavande et des sépales bleu pourpré liserés de lavande ; la barbe est orange mandarine. MOOMBA n’est pas très différent, mais le bleu des pétales devient plus sombre vers le cœur de la fleur et les sépales, plus foncés, s’ornent d’épaules presque brunes ; barbe mandarine également. PASS THE WINE est une version plus pourprée de la même figure, avec des reflets fumés. WITCH’S WAND présente sûrement le coloris le plus original de la bande. C’est un iris bitone très foncé, aux pétales violet-noir et aux sépales encore plus sombres rehaussés de la fameuse barbe rouge, caractéristique de la famille. LONDON LORD est le moins connu : pétales bleu glacier, donc très clairs, sépales pourpre noir liserés de lilas, et, bien entendu, barbes mandarine. Quant à GALLANT ROGUE, le mauvais garçon, avec ses pétales lilas rosé et ses sépales grenat foncé bordés de violet striés de blanc sous les barbes, il penche plutôt du côté « rouge », c’est à dire du côté maternel. Il est indéniable que tous ont un air de famille.
La maman de ces beaux enfants, TOMORROW’S CHILD, à vrai dire, ne se présente pas sous une robe tellement différente de celle du papa, MAGIC MAN. Même caractère bitone, même liseré clair sur les sépales, même barbe rouge. Cette barbe rouge vient de loin. Elle est déjà présente dans LATIN LOVER (Shoop 69) l’ancêtre dont le coloris est le plus proche de celui des descendants décrits ; elle provient de ARCTIC FLAME (Fay 60) que l’on trouve dans le pedigree de LATIN TEMPO (Blyth 73), une variété qui est citée trois fois parmi les ancêtres de TOMORROW’S CHILD comme de MAGIC MAN. FANFARE ORCHID (B. Jones 65), un rose orchidée à barbes mandarine, qui descend du blanc à barbes rouges LIPSTICK (Fay 54), est également présent par trois fois dans l’arbre généalogique, dans une branche comme dans l’autre. Le côté bitone, ou bicolore, est venu de LILAC CHAMPAGNE (Hamblen 64), ou de PIPES OF PAN (O. Brown 63) de même que de MELODRAMA (Cook 56) qui se situent derrière LATIN TEMPO ou PANORAMIC (Hamblen 68), lequel est derrière CABARET ROYALE (Blyth 75), lui-même père de MAGIC MAN !
En ce qui concerne leur destin en tant que géniteurs, les six frères ne se trouvent pas à la même enseigne. MOOMBA et PASS THE WINE n’ont pas de descendance (ou très peu), WITCH’S WAND qui est déjà un aboutissement dans la saturation des couleurs n’a pas non plus inspiré les hybrideurs. Je ne lui connais qu’un descendant, mais pas des moindres : ROMANTIC EVENING (Ghio 94), une variété sur laquelle j’ai l’intention de revenir incessamment. Les trois restants sont d’heureux parents. A commencer par IN TOWN qui est la « mère » de BELLE DE NUIT (Cayeux R. 99), chez qui on retrouve nettement les traits de la fameuse famille. Le superbe noir NIGHT ATTACK (Ghio 93) et le remarquable bleu nuit TOM JOHNSON (Black P. 96), qui défend sa chance actuellement dans la course américaine aux honneurs, sont aussi de ses descendants. LONDON LORD, peu connu chez nous, a séduit son obtenteur Barry Blyth qui en a fait un abondant usage et obtenu de lui de jolies choses comme DEVIL’S RIOT (93), un variegata très contrasté, en abricot et aubergine. GALLANT ROGUE, qui a bien failli finir à la décharge, est un des chouchous actuels de Keith Keppel, qui l’a sauvé du broyeur. On lui doit BRAGGADOCIO (97), BROAD SHOULDERS (2001), CHARLESTON (2002), et les deux frères LOCAL COLOR et NIGHT GAME (96). BRAGGADOCIO est un variegata beige sur pourpre (avec la barbe minium). BROAD SHOULDERS est de couleur voisine, un peu plus rose, pour les pétales, un peu plus brun, pour les sépales, mais avec une originale barbe chocolat. CHARLESTON est un plicata indigo, tout simple. LOCAL COLOR, fruit des recherches de son obtenteur en matière de noir à barbes rouge, tient beaucoup de son « oncle » WITCH’S WAND, tandis que NIGHT GAME, dans le même genre, est encore plus sombre. Comme il est habituel dans les familles nombreuses, les six frères vivent des destinées bien différentes.
Il est de plus en plus courant de trouver dans un même semis une quantité de plantes intéressantes. Richard Cayeux, Lawrence Ransom, en France, en ont fait l’expérience. Mais le cas des six frères australiens reste encore exceptionnel.
2.4.04
L’ENIGME DE LA SEMAINE
TOUJOURS LA NUIT
Il y a nuit et nuit. L’une de celles-ci n’est pas comme les quatre autres. Laquelle ?
· BELLE DE NUIT
· BAR DE NUIT
· NUIT BLANCHE
· NUIT DE CHINE
· NUIT FAUVE
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
DANS LA NUIT
CHINA NIGHTS n’est pas dans les tons de bleu ou de violet : c’est un iris grenat.
TOUJOURS LA NUIT
Il y a nuit et nuit. L’une de celles-ci n’est pas comme les quatre autres. Laquelle ?
· BELLE DE NUIT
· BAR DE NUIT
· NUIT BLANCHE
· NUIT DE CHINE
· NUIT FAUVE
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
DANS LA NUIT
CHINA NIGHTS n’est pas dans les tons de bleu ou de violet : c’est un iris grenat.
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