31.7.04

L’ENIGME DE LA SEMAINE

Iridial Pursuit

Une seule variété d’iris obtenue par un pur amateur français a été largement commercialisée. De laquelle s’agit-il ?


RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE

A suivre (III)

GALLANT ROGUE (Blyth 90) : il s’agit de la sixième des variétés obtenues par B. Blyth à partir du croisement (Tomorrow's Child x Magic Man).
MARBRE BLEU (Cayeux R. 93) : il s’agit de la quatrième des variétés obtenues par R. Cayeux à partir du croisement (Condottiere x Delphi)x (Alizés x(Condottiere x Lunar Rainbow)).
MARIE KALFAYAN (Ransom 95) : il s’agit de la quatrième des variétés obtenues par L. Ransom à partir des variétés LADY FRIEND et COUP DE CŒUR.

Bernard HAMNER

Bernard Hamner faisait partie de ces hybrideurs nés dans les années 10 qui ont eu une particulière importance dans la création des iris que nous connaissons maintenant. Pourtant ce personnage discret n’est jamais apparu au premier plan… Question de tempérament.

Il est né au fin fond de l’Illinois, un peu au nord de St Louis, mais comme le petit Bernard souffrait d’asthme, ses parents l’ont emmené dans le Nevada ou son père trouva un emploi de muletier dans une mine d’or. Un début d’existence digne d’un western ! Peu après cependant la famille est repartie vers la Californie, parce que M. Hamner avait trouvé un nouveau travail dans les champs de pétrole. Après plusieurs déménagements, la famille s’est finalement arrêtée dans les montagnes situées à l’est de Los Angeles. C’est dans cette région qu’après son bac Bernard Hamner travailla dans l’agriculture, se maria puis acheta sa propre exploitation, un peu plus au sud, à Perris, dont il ne bougera plus. Le couple Hamner mènera désormais une vie exemplaire vouée en partie aux iris, bien sûr, mais encore plus à l’église baptiste. Cette existence typiquement américaine, où la religion avait une part prépondérante, où les plaisirs étaient simples (chasse, pèche, jardinage…), explique que Bernard Hamner n’ait jamais brillé dans les cercles du petit monde des iris en dépit d’un travail dont chacun s’accorde aujourd’hui à reconnaître l’importance.

Car en près de trente ans de carrière, parmi les nombreuses variétés enregistrées par Bernard Hamner, il en existe beaucoup qui ont présenté des qualités que n’ont pas manqué de remarquer ses confrères et que les amateurs d’iris ont appréciées. Chez nous, qui ne connaît AVALON BAY (74), GYPSY BELLE (74), HEATHER BLUSH (76), SPICED HONEY (76), BEAUTY CROWN (77), BRONCO BROWN (82), CROWD PLEASER (83), FLAMENCO WHIRL (88),
AZURE ICICLE (93) et bien d’autres qui poussent dans nos jardins et qui figurent toujours dans nos catalogues. Cependant ses plus importantes réussites s’appellent d’une part WILD JASMINE (83) et d’autre part CINNAMON SUN (93).

WILD JASMINE est un variegata autant qu’un plicata. Du premier type il présente les pétales d’un beau jaune d’or et les sépales où domine le brun rouge. Mais du second il tient le fond blanc qui apparaît sous les barbes –oranges- et les striures qui vont en se densifiant à mesure qu’on approche du bord, celui-ci proposant, en plus, un liseré de la couleur des pétales. C’est une des variétés fétiches de Richard Ernst qui, en l’associant le plus souvent au rose EDNA’S WISH (Gibson 83), en a obtenu tout un tas de variétés très différentes, quelques unicolores, mais surtout des plicatas très originaux. Dans la première catégorie figure AMBER TAMBOUR (91), superbe et majestueux jaune ambré. Dans la seconde on trouve CHIFFON RUFFLES (91), nacre poudré de cannelle, DESERT RENEGADE (92), frère de semis du précédent, classique plicata brun, RING AROUND ROSIE (2000), pétales blancs, sépales constellés de rose pourpré avec un cerne jaune pâle, et SCHIZO (2003), indigo et pourpre, au cœur blanc typiquement « luminata ». Ajoutons que l’étrange OWYHEE DESERT (Pinkston 97), en blanc poivré de brun et liseré de jaune, est aussi un enfant de WILD JASMINE.

CINNAMON SUN pour sa part se présente comme un néglecta jaune, mais sur le bas des sépales apparaît un fin réseau de veines ocres. C’est ce trait particulier qui a attiré l’attention de grands hybrideurs comme Keith Keppel et Joseph Ghio. Ils y ont vu l’apparition de quelque chose de nouveau. Les deux compères se sont mis d’accord pour effectuer des croisements entre leurs deux domaines de recherche et ce qu’ils espéraient s’est produit. Voir pour cela leurs enregistrements de 2001 qui ont nom, pour Ghio IMPULSIVE, et pour Keppel QUANDARY. IMPULSIVE est un amoena orange rosé dont les sépales vont en fonçant vers le bord et se terminent par un pointillé grenat. QUANDARY, apparemment plus terne, est un blanc largement marqué de jaune aux épaules, avec de belles barbes orange flamboyant qui surplombent des sépales où l’on distingue un fin réseau de fils pourprés. A partir de cette variété, Keppel nous réserve une nouvelle génération de plicatas originaux.

A partir de ces deux variétés nouvelles il est probable que le nom de Bernard Hamner sortira prochainement de la modeste position qui est la sienne. Mais ce qui est sûr c’est que nous disposons déjà d’une panoplie d’iris remarquables, que nous devons au prédicateur de Californie baptisé Bernard Hamner.

Source : essentiellement Bulletin de l’AIS n°333.

22.7.04

L’ENIGME DE LA SEMAINE
 
A suivre(III)…
 
Essayez de compléter les trois listes suivantes :
 

IN TOWN, LONDON LORD, MOOMBA, PASS THE WINE, WITCH’S WAND  . . . . .
BAL MASQUÉ, VIVE LA FRANCE, REBECCA PERRET,   . . . .
 

ALIZARINE, AU PAIR, CRI DE CŒUR,   . . . . .
 
 
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
 
A suivre(II)…
 

CELEBRATION SONG (DM 2003) : il s’agit des cinq dernières DM obtenues par une obtention Schreiner.
DIABOLIQUE (FO 2000) : il s’agit des cinq derniers Florins d’Or obtenus par une obtention Schreiner,
 Graeme Grosvenor. Il s’agit des obtenteurs des cinq dernières variétés ayant obtenu le Florin d’or. 

I DO et les remontants
 
 
Au risque de chagriner un peu mon ami Lawrence Ransom, je vais écrire que je n’aime pas beaucoup ALIENOR D’AQUITAINE (IB) (Ransom 92). Je trouve les fleurs trop grosses pour un iris intermédiaire et le coloris un peu terne. ALIENOR D’AQUITAINE est un produit de deux variétés déjà anciennes : I DO (Zurbrigg 73) x BABY BLESSED (SDB) (Zurbrigg 79). Deux variétés qui n’attirent pas l’œil par le brillant de leur coloris. En effet BABY BLESSED est un jaune pâle à spot blanc, tandis que I DO est un blanc légèrement teinté de bleu et de vert. En fait l’intérêt du croisement n’était pas tant dans la recherche d’une couleur attrayante que  dans le but d’obtenir un iris intermédiaire remontant. Ce but semble atteint puisque ALIENOR D’AQUITAINE remonte régulièrement en fin d’année pour peu que l’été n’ait pas été trop sec, ou que la touffe ait été bien arrosée.
 
I DO, le parent femelle d’ALIENOR D’AQUITAINE  est une variété au pouvoir remontant particulièrement développé, qui résulte d’un croisement de GRAND BAROQUE (Zurbrigg 69) par AMY (Zurbrigg 73). Le premier, amoena chartreuse, assez peu spectaculaire, provient de HENRY SHAW, un célèbre blanc de Clifford Benson, lui-même issu d’un semis de NEW SNOW. AMY, bien moins connu, est un self rose orchidée qui descend d’AMETHYST FLAME. L’un et l’autre ont, du côté maternel des ascendants remontants, de là la qualité essentielle de I DO. C’est cette aptitude qui a intéressé les obtenteurs travaillant sur les iris remontants, comme Ben Hager, Lloyd Zurbrigg ou Monty Byers. Ses enfants sont en général des iris blancs ou blancs légèrement teintés. Chez Hager on trouve par exemple BONUS MAMA (90) qui est un bel iris blanc très pur, et qui a le pouvoir de remonter. Chez Zurbrigg on peut parler de ANEW (83), blanc, BROTHER CARL (83), blanc, et, surtout, IMMORTALITY, sur lequel je reviendrai un peu plus loin.  Chez Byers, il y a CURTAIN UP (88), jaune tilleul infus de mauve, GILDED (89), blanc argenté, SECOND ACT (91), jaune tendre, SECOND SHOW (87) champagne, et surtout HIG HO SILVER (89), argent, le plus réputé de tous. On peut ajouter FROST ECHO (Aitken 96), amoena lavande très pâle, pour terminer cette énumération.
 
Le plus connu et le plus apprécié de tous ces iris est sans conteste IMMORTALITY (Zurbrigg 82) qui a été à deux doigts d’emporter la Médaille de Dykes en 93. C’est une variété qui est considérée comme refleurissant presque en permanence jusqu’aux gelées. Elle est franchement blanche, à peine teintée de vert au revers des sépales, et avec des barbes jaunes très claires. La substance des fleurs me paraît un peu fragile mais elles sont bien formées et ondulées. Mais ce sont ses qualités de remontance qui en on fait un géniteur assez recherché. Monty Byers, notamment, en a fait usage pour obtenir de très beaux remontants blancs comme SECOND WIND (89), WINTERLAND (90) et ZURICH (90), tous trois frères de semis. Plus récemment, Augusto Bianco en a obtenu RIGATTIERE, un autre blanc à barbes jaunes.
 
D’autres descendants de I DO ont aussi été utilisés par les spécialistes des iris remontants. Il s’agit essentiellement de BONUS MAMA, dont Ben Hager a obtenu ANXIOUS (mais via un frère de semis) et surtout TOTAL RECALL (92), un très intéressant iris jaune primevère très clair. Quant à BROTHER CARL, il est l’origine chez Byers de BANANA CREAM (88), crème comme on pouvait l’imaginer, BLUE MOONLIGHT (89), gris bleuté, SAXON (90), jaune champagne, et THEN AGAIN (89) qui se distingue par sa couleur indigo moyen. Lloyd Zurbrigg, de son côté, en a tiré SILVER DIVIDENDS (91), un superbe blanc argenté, amplement ondulé.
 
Tous ces iris sont sensés remonter. Mais l’on sait que la remontance est une tendance capricieuse. Il n’empêche qu’avec I DO et ses descendants les amateurs de remontants sont à peu près sûrs de posséder ceux qui sont parmi les plus fidèles, même si les autres qualités ont été quelquefois un peu oubliées en cours de route.

16.7.04

L’ENIGME DE LA SEMAINE
 
A suivre (II)…
 
Essayez de compléter les trois listes suivantes :
 

SILVERADO, HONKY TONK BLUES, HELLO DARKNESS, YAQUINA BLUE,   . . . .
TITAN’S GLORY, DUSKY CHALLENGER, CELEBRATION SONG, CHAMPAGNE WALTZ,   . . . . .
Valeria ROMOLI, SCHREINER’S GARDENS, Robert STETSON, Paul BLACK,   . .
 
 
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
 
ÇA CHAUFFE
 
Il s’agit de HOT ZIGGEDY (Kerr 99). 
 
RÉCOMPENSES 2004
 
Les résultats des votes pour les grandes médailles américaines 2004 viennent d’être publiés. C’est CROWNED HEADS (Keppel 97) qui remporte la Médaille de Dykes. La Wister Medal (antichambre de la DM) a été attribuée à SPLASHACATA (Tasco 97).
 
*
*    *
 
La première Médaille de Dykes obtenue par une variété signée de Keith Keppel a été pour BABBLING BROOK (69). C’était en 1972 ! Il y a trente deux ans ! Cette fois c’est CROWNED HEADS qui l’emporte, avec une nette avance sur son second, le superbe TOM JOHNSON (P. Black 96) et JURASSIC PARK (Lauer 95). Jamais un tel délai ne s’était écoulé entre deux couronnements pour un même obtenteur. Mais cela démontre deux choses au moins : d’abord l’étonnante longévité du travail de sélection de Keith Keppel, ensuite la qualité de celle-ci. CROWNED HEADS est un iris magnifique, à tous points de vue, qui mérite bien la reconnaissance des juges, comme il a attiré les suffrages du public. C’est en tout cas le premier amoena inversé (ou « dark top ») à obtenir cette prestigieuse récompense. Keith Keppel a consacré son travail des dix dernières années à ce type de fleur et il est parvenu à des résultats exceptionnels. La récompense qui le concerne est amplement méritée au regard de son action.
 
Au départ il y avait cinquante deux variétés qui, cette année, pouvaient prétendre à la récompense suprême. Au dernier pointage, le tableau final était constitué de onze iris valeureux : deux iris intermédiaires , déjà primés dans leur catégorie, BOTTLED SUNSHINE (H. Nichols 94), H and J Sass Medal 2003, et PROTOCOL (Keppel 94), H and J Sass Medal 2002 – mais chacun sait que la probabilité de victoire d’un iris autre qu’un grand est extrêmement réduite - ; neuf TB (grands iris), rangés ici dans l’ordre alphabétique, CROWNED HEADS, DIABOLIQUE (Schreiner 97), FANCY WOMAN (Keppel 95), GYPSY ROMANCE (Schreiner 94), JURASSIC PARK, LOCAL COLOR (Keppel 96), POND LILY (E. Jones 94), SPIRIT WORLD (Keppel 94) et TOM JOHNSON. On remarque que Keppel avait plus d’un fer au feu ! Les exégètes, qui s’amusent à analyser les chances des uns et des autres, s’accordaient à considérer que les variétés les plus anciennes, GYPSY ROMANCE, POND LILY et SPIRIT WORLD, étaient les moins bien placées. Ils composaient le dernier carré avec, dans l’ordre des préférences, CROWNED HEADS, TOM JOHNSON, DIABOLIQUE et JURASSIC PARK, car FANCY WOMAN avait, semble-t-il, laissé passer sa chance l’an dernier, battu dans la dernière ligne droite par CELEBRATION SONG.  La dernière Wister Medal, celle de 2003, avait donné un classement prémonitoire de CROWNED HEADS devant DIABOLIQUE et TOM JOHNSON. C’était donc ces trois variétés qui avaient les faveurs du pronostic. DIABOLIQUE  est dans l’affaire le plus grand perdant puisque JURASSIC PARK, President’s Cup 96, lui souffle la troisième place.
 
Pour la Wister Medal, la victoire de SPLASHACATA n’est pas une surprise. Cet iris plicata a fait une carrière particulièrement brillante, avec l’Award of Merit en 2002 et la Franklin Cook Cup en 2003. Son chemin vers la DM est tout tracé pour 2005. Mais ses deux suivants sont aussi des cultivars de premier plan. WORLD PREMIER (Schreiner 98) est un amoena d’une grande pureté, et POEM OF ECSTASY (Hager 97), un bicolore pêche et lavande ; tous les deux gardent toutes leurs chances, on aurait pu dire la même chose du quatrième, FOGBOUND (Keppel 98), mais ce dernier va maintenant se trouver handicapé par la victoire de CROWNED HEADS. En effet l’un et l’autre sont des obtentions du même hybrideur et se classent tous les deux dans le type « dark top » ! Qui voudra parier sur le succès, deux ans de suite, d’iris aussi proches ?

9.7.04

L’ENIGME DE LA SEMAINE

ÇA CHAUFFE !

De ces cinq variétés de grands iris, l’une n’est pas une obtention de la maison Schreiner. Laquelle ?

· HOT CHOCOLATE
· HOT LINE
· HOT SPICED WINE
· HOT ZIGGEDY
· PIPING HOT

RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE

MARIAGE

Il s’agit de WEDDING SUIT.

SURF RIDER

On fait habituellement remonter l’origine des iris « dark top », ou amoena inversé, à la variété AVIS (Varner 63) parce que c’est elle qui a été l’une des premières à présenter des pétales bleu-mauve et des sépales presque blancs, ce qui est l’inverse de la situation rencontrée chez les iris amoenas. Mais AVIS n’a pas eut un grand succès commercial. Au contraire, SURF RIDER enregistré en 1970 par James Tucker, obtenteur installé dans l’Illinois, a réussi à s’imposer dans le monde entier.

SURF RIDER a des pétales parme, des sépales d’un blanc laiteux où le bleu resurgit au cœur, et des barbes blanches. La fleur est peu ondulée, mais de texture épaisse ce qui lui confère une bonne tenue. Néanmoins ce qui a fait le succès de SURF RIDER c’est l’originalité de son coloris.
Pour en arriver là, Tucker a utilisé un semis de STEPPING OUT, associé à JOY DANCER. On ne décrit plus le premier, plicata emblématique mis sur le marché par la maison Schreiner en 64 et récompensé de la Médaille de Dykes en 68. JOY DANCER est un autre produit Tucker, enregistré en 69, qui a attiré sur lui l’attention à Florence où il a obtenu la seconde place en 74. C’est une variété mauve lilas à barbes jaunes. Si l’on ne sait officiellement rien des origines de STEPPING OUT, en revanche celles de JOY DANCER sont connues : CRINCKLED BEAUTY (Schreiner 60) x RIPPLING WATERS (Fay 61). L’un et l’autre sont des iris mauve rosé. Mais RIPPLING WATERS ajoute à sa carte de visite le fait d’être devenu l’un des piliers de l’hybridation moderne, comme le savent ceux qui lisent habituellement cette chronique.

Si son originalité et sa fraîcheur ont valu à SURF RIDER une renommée mondiale, elles ont aussi tenté certains hybrideurs qui ont essayé d’en améliorer les caractéristiques. Trois grands noms s’y sont essayés : Joë Ghio, Ben Hager et Sterling Innerst.

Ghio a obtenu LITTLE MUCH (65) et INCANTATION (67). Le premier est décrit comme ayant des pétales bleu moyen, des sépales blancs et des barbes blanc bleuté. Il répond bien à la définition des « dark tops ». Parmi ses antécédents il a des iris prestigieux comme MARY FRANCES (Gaulter 73) et MYSTIQUE (Ghio 75), tous deux couronnés de la D.M., ainsi que SEA VENTURE (Jones 72) qui est aussi un amoena inversé, et qui est un enfant de AVIS ! LITTLE MUCH porte bien son nom, il apporte un petit peu plus au patrimoine de ses illustres devanciers. INCANTATION est un cousin du précédent. Il se présente un peu comme un amoena inversé mais le contraste est atténué car la base des pétales est plus vivement colorée que le haut, pratiquement blanc, tandis qu’on retrouve le bleu des pétales aux épaules des sépales.

BALLERINA BLUE (Innerst 86) a beaucoup de ressemblance avec SURF RIDER, mais aussi avec SEA VENTURE. Il est vrai qu’il est le fruit du croisement du premier par le second, ce qui explique bien l’air de famille ! En dehors de cela ce n’est pas une variété qui apporte grand chose à la problématique des « dark tops ». Les descendants de SURF RIDER obtenus par Ben Hager ont d’autres qualités. TIMESCAPE (90), par exemple, se rapproche nettement de INCANTATION, en plus clair peut-être : même disposition des couleurs et même fleur ample et fortement ondulée. GARDEN ESCORT (91) n’est pas un « dark top » mais un joli néglecta bleu-mauve. Quant à SILVER FIZZ (91), s’il présente des sépales plus clairs que les pétales ce n’est pas non plus vraiment un « dark top », ce qu’il a de remarquable en revanche, c’est l’extrême finesse et densité des dentelures qui entourent toute la fleur. Pour l’amélioration des « dark tops », il ne faut pas trop compter sur celui-là, pas plus d’ailleurs que sur BALLERINA BLUE ou INCANTATION qui ont peu de descendants et seulement dans d’autres coloris. Mais les trois autres variétés citées ont une descendance d’amoenas inversés.

LITTLE MUCH est à l’origine de ALL ABOARD (Christopherson 2003) qui est un « dark top » très clair mais bien net, et de WIDE HORIZON (Gatty 91) qui, sans être exactement au type (il a quelques traits communs avec INCANTATION) s’en approche néanmoins avec, en plus, une touche de jaune pâle aux épaules. L’union entre un descendant de TIMESCAPE et un descendant de GARDEN ESCORT a donné naissance à une variété de toute beauté, pur amoena inversé, baptisée par Ben Hager ETHEREAL VOICES (2001). Il y a là une réelle avancée comme on dit dans les négociations sociales ! D’ailleurs TIMESCAPE est à la base d’une nombreuse famille. Il a été utilisé aussi bien par Hager lui-même (LIVING PICTURE – 98 -) que par Richard Ernst (THAR THE BLUE – 2003 -), mais surtout en Australie par Graeme Grosvenor qui en a fait un de ses géniteurs favoris, sans toutefois en obtenir de nouveaux « dark tops ». C’est le Français Bernard Laporte qui en a tiré le meilleur parti à ce niveau. Son croisement de HONKY TONK BLUES x TIMESCAPE a produit une série de semis, très proches les uns des autres, mais nettement « dark top », avec, ce qui ne gâte rien, des fleurs bien formées et délicatement ondulées. J’espère que cet obtenteur trop timide enregistrera bientôt l’un de ces semis qui apportera quelque chose d’intéressant dans une catégorie difficile mais qui a du succès dans notre pays. Je sais, en particulier, que Michèle Bersillon a utilisé SURF RIDER pour des croisements donc elle attend beaucoup. Qu’un bel iris, issu de ce valeureux pionnier, apparaisse un jour prochain chez nous serait une nouvelle preuve que son succès n’a pas été usurpé.

3.7.04

L’ENIGME DE LA SEMAINE

MARIAGE

Voici cinq noms de variétés de grands iris qui évoquent toutes le mariage. L’une d’entre elles est de couleur noire. Laquelle ?

· WEDDING BOUQUET (Buttrick 51)
· WEDDING CANDLES (Schreiner 82)
· WEDDING DANCE (Schreiner 99)
· WEDDING SUIT (Mohr H. 74)
· WEDDING VOW (Ghio 72)

RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE

Gordon PLOUGH

EDEN ROAD IRIS GARDEN

Bernard HAMNER

Bernard Hamner faisait partie de ces hybrideurs nés dans les années 10 qui ont eu une particulière importance dans la création des iris que nous connaissons maintenant. Pourtant ce personnage discret n’est jamais apparu au premier plan… Question de tempérament.

Il est né au fin fond de l’Illinois, un peu au nord de St Louis, mais comme le petit Bernard souffrait d’asthme, ses parents l’ont emmené dans le Nevada ou son père trouva un emploi de muletier dans une mine d’or. Un début d’existence digne d’un western ! Peu après cependant la famille est repartie vers la Californie, parce que M. Hamner avait trouvé un nouveau travail dans les champs de pétrole. Après plusieurs déménagements, la famille s’est finalement arrêtée dans les montagnes situées à l’est de Los Angeles. C’est dans cette région qu’après son bac Bernard Hamner travailla dans l’agriculture, se maria puis acheta sa propre exploitation, un peu plus au sud, à Perris, dont il ne bougera plus. Le couple Hamner mènera désormais une vie exemplaire vouée en partie aux iris, bien sûr, mais encore plus à l’église baptiste. Cette existence typiquement américaine, où la religion avait une part prépondérante, où les plaisirs étaient simples (chasse, pèche, jardinage…), explique que Bernard Hamner n’ait jamais brillé dans les cercles du petit monde des iris en dépit d’un travail dont chacun s’accorde aujourd’hui à reconnaître l’importance.

Car en près de trente ans de carrière, parmi les nombreuses variétés enregistrées par Bernard Hamner, il en existe beaucoup qui ont présenté des qualités que n’ont pas manqué de remarquer ses confrères et que les amateurs d’iris ont appréciées. Chez nous, qui ne connaît AVALON BAY (74), GYPSY BELLE (74), HEATHER BLUSH (76), SPICED HONEY (76), BEAUTY CROWN (77), BRONCO BROWN (82), CROWD PLEASER (83), FLAMENCO WHIRL (88),
AZURE ICICLE (93) et bien d’autres qui poussent dans nos jardins et qui figurent toujours dans nos catalogues. Cependant ses plus importantes réussites s’appellent d’une part WILD JASMINE (83) et d’autre part CINNAMON SUN (93).

WILD JASMINE est un variegata autant qu’un plicata. Du premier type il présente les pétales d’un beau jaune d’or et les sépales où domine le brun rouge. Mais du second il tient le fond blanc qui apparaît sous les barbes –oranges- et les striures qui vont en se densifiant à mesure qu’on approche du bord, celui-ci proposant, en plus, un liseré de la couleur des pétales. C’est une des variétés fétiches de Richard Ernst qui, en l’associant le plus souvent au rose EDNA’S WISH (Gibson 83), en a obtenu tout un tas de variétés très différentes, quelques unicolores, mais surtout des plicatas très originaux. Dans la première catégorie figure AMBER TAMBOUR (91), superbe et majestueux jaune ambré. Dans la seconde on trouve CHIFFON RUFFLES (91), nacre poudré de cannelle, DESERT RENEGADE (92), frère de semis du précédent, classique plicata brun, RING AROUND ROSIE (2000), pétales blancs, sépales constellés de rose pourpré avec un cerne jaune pâle, et SCHIZO (2003), indigo et pourpre, au cœur blanc typiquement « luminata ». Ajoutons que l’étrange OWYHEE DESERT (Pinkston 97), en blanc poivré de brun et liseré de jaune, est aussi un enfant de WILD JASMINE.

CINNAMON SUN pour sa part se présente comme un néglecta jaune, mais sur le bas des sépales apparaît un fin réseau de veines ocres. C’est ce trait particulier qui a attiré l’attention de grands hybrideurs comme Keith Keppel et Joseph Ghio. Ils y ont vu l’apparition de quelque chose de nouveau. Les deux compères se sont mis d’accord pour effectuer des croisements entre leurs deux domaines de recherche et ce qu’ils espéraient s’est produit. Voir pour cela leurs enregistrements de 2001 qui ont nom, pour Ghio IMPULSIVE, et pour Keppel QUANDARY. IMPULSIVE est un amoena orange rosé dont les sépales vont en fonçant vers le bord et se terminent par un pointillé grenat. QUANDARY, apparemment plus terne, est un blanc largement marqué de jaune aux épaules, avec de belles barbes orange flamboyant qui surplombent des sépales où l’on distingue un fin réseau de fils pourprés. A partir de cette variété, Keppel nous réserve une nouvelle génération de plicatas originaux.

A partir de ces deux variétés nouvelles il est probable que le nom de Bernard Hamner sortira prochainement de la modeste position qui est la sienne. Mais ce qui est sûr c’est que nous disposons déjà d’une panoplie d’iris remarquables, que nous devons au prédicateur de Californie baptisé Bernard Hamner.

Source : essentiellement Bulletin de l’AIS n°333.

18.6.04

DOUBLE DOSE

Double dose, cette semaine, pour cause de vacances la semaine prochaine !

prochaine publication le 2 juillet. A bientôt !
L’ENIGME DE LA SEMAINE

Gordon PLOUGH

Les noms qui suivent sont ceux de pépinières d’iris très connues. Comment s’appelait celle de Gordon PLOUGH ?

SUPERSTITION IRIS GARDENS
TB’S PLACE
ZEBRA GARDENS
EDEN ROAD IRIS GARDEN
SALMON CREEK GARDEN

RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE

CALIFORNIE (ter)

Il s’agit de HOTEL CALIFORNIA (Bianco 99), qui est un iris de bordure (BB).

DÉCHIFFRER UN PEDIGREE


Rockstar x Classmate. Voici un pedigree qui ne pose apparemment aucun problème à l’amateur d’arbres généalogiques. Rockstar désigne la variété utilisée comme « mère » et Classmate est celle qui a fourni le pollen. Mais, direz-vous, il y a toujours un iris « femelle » et un iris « mâle », quel que soit le croisement. Bien sûr, cependant il arrive souvent que l’un ou l’autre, voire les deux parents n’aient pas été dénommés par l’hybrideur. Les variétés en question, parce qu’elles ne présentaient pas assez d’intérêt pour faire l’objet d’un enregistrement, sont restées des numéros de semis. Dans ce cas le pedigree va se présenter de façon un peu plus compliquée. Par exemple, pour rester chez Lawrence Ransom - le croisement Rockstar x Classmate étant celui de son dernier cultivar, baptisé JET-SETTER (2004) – prenons TITANIUM (2000), un superbe blanc au cœur légèrement poudré d’abricot. Le pedigree s’établit ainsi : Tide's In X (Soap Opera x Opera Bouffe). Le croisement (Soap Opera x Opera Bouffe) n’a pas reçu de nom. Il faut donc l’écrire de telle façon que celui qui recherche l’origine de TITANIUM soit immédiatement informé, d’où cette parenthèse qui enferme les deux termes du croisement utilisé comme « père ». Pour distinguer l’élément « femelle » de l’élément « mâle », l’X entre eux est un X majuscule, alors qu’un x minuscule est placé dans la parenthèse. Un peu plus de complexité apparaît si l’un ou l’autre (ou les deux) élément de la parenthèse est constitué d’une autre variété non dénommée. C’est le cas pour OLOROSO (Ransom 2000) qui se décrit ainsi : Speculator X ((Heartbreaker x Vanity) x Opium). Le côté paternel comprend deux éléments, l’un, nommé, est Opium. L’autre, sans nom, est le produit de Heartbreaker x Vanity. D’où la présence d’une double parenthèse.

Certains obtenteurs entreprennent des recherches qui n’aboutissent pas dès le premier croisement. Il faut parfois aller d’amélioration en amélioration, sur plusieurs générations. Ecrire le pedigree peut devenir, alors de plus en plus abscons. Prenons le pedigree de STARLETTE ROSE (Cayeux R. 96) : ((Ovation x Premier Bal) x (Pink Angel x Playgirl)) X ((Metropolitan x Loudoun Lassie) x ((Condottiere x Metropolitan) x sib). L’élément « femelle » est relativement simple puisqu’il s’agit du croisement de deux cultivars qui n’ont pas reçu de nom ; appelons le premier binôme A (Ovation x Premier Bal), et le second B (Pink Angel x Playgirl). L’élément « mâle » comprend en fait trois parties : le cultivar C (Metropolitan x Loudoun Lassie), le cultivar D (Condottiere x Metropolitan) et le cultivar E ((Condottiere x Metropolitan) x Sib). L’abréviation « sib » signifie que le cultivar D a été croisé avec un frère de semis (sibling en américain), que l’on peut appeler D’ ; la multiplication D x D’ = E. STARLETTE ROSE est donc le résultat du croisement d’un premier élément, A x B, par un second C x E. Ouf !

Les champions absolus du pedigree ultra difficile à déchiffrer se nomment Joë Ghio et Keith Keppel, même si l’on trouve de beaux casse-tête chez Schreiner ! Je vais essayer de décrypter l’ascendance de PROTOTYPE (Ghio 2000), une variété qui marque l’apparition d’un nouveau modèle d’iris, mais une variété dont l’arbre généalogique n’est pas un modèle de simplicité. Voici comment elle se présente dans la check-list :
« (((Tomorrow’s Child x (Caption x (Dream Affair x (Artiste x Tupelo Honey)))) x Costa Rica) x (Costa Rica x London Lord) X pod parent of Snowed In. » Il apparaît alors que seul le côté féminin est détaillé ; pour le côté masculin il faut aller piocher dans la généalogie femelle de SNOWED IN (Ghio 98), ce qui donne : « (Notorious x ((Success Story x (Fancy Tales x Alpine Castle)) x ((Persian Smoke x Entourage) x ((Strawberry Sundae x (Artiste x Tupelo Honey))) x Borderline sib)))). Au complet il faudrait écrire :
« (((Tomorrow’s Child x (Caption x (Dream Affair x (Artiste x Tupelo Honey)))) x Costa Rica) x (Costa Rica x London Lord) X (Notorious x ((Success Story x (Fancy Tales x Alpine Castle)) x ((Persian Smoke x Entourage) x ((Strawberry Sundae x (Artiste x Tupelo Honey))) x Borderline sib)))). »
Le décryptage consiste à isoler chaque binôme. Commençons par la part féminine en identifiant :
A = (Artiste x Tupelo Honey)
B = (Dream Affair x « A »)
C = (Caption x « B »)
D = (Tomorrow’s Child x « C »)
E = ( « D » x Costa Rica)
F = (Costa Rica x London Lord)
G = (« E » x « F »)
Passons à la part masculine :
H = (Fancy Tales x Alpine Castle)
I = (Success Story x « H »)
J = (Notorious x « I »)
K = (Persian Smoke x Entourage)
L = (« J » x « K »)
M = (Strawberry Sundae x « A »)
N = (« L » x « M »)
O = (« N » x Borderline sib)
Pour parvenir à la constatation que notre PROTOTYPE est le fruit de « G » par « O ».
S’il l’avait jugé utile, Ghio aurait pu donner un nom à G comme à O et le pedigree en aurait été réduit à sa plus simple expression, mais pour les puristes le travail de décorticage aurait continué pour aboutir au détail tel qu’il a été donné. D’ailleurs, si l’on veut, on peut continuer le décorticage en recherchant les origines de chacune des variétés dénommées ! Il faut dire que, tel quel, le pedigree remonte à la sixième génération avec les croisements « A » et « H ». A noter que « A » se trouve également à la quatrième génération dans la branche mâle (croisement « M »). Pour parvenir dans tous les cas au détail de la sixième génération, va encore se trouver en présence d’un certain nombre de binômes qui n’ont pas de nom… Quant à atteindre les septième ou huitième générations, celles des iris fondamentaux des années 50 ou 60, cela demande une bonne dose de courage et de concentration.

La science généalogique chez les iris n’est pas moins complexe que chez les hommes, je dirais même qu’elle est encore plus délicate puisqu’un même parent peut être parfois « père » parfois « mère » dans la même ascendance, ce qui est tout de même épargné à l’espèce humaine !
PROTOTYPE

Dans le lot d’iris que j’ai reçu directement des Etats-Unis l’été dernier, il y avait une variété sur l’originalité de laquelle mon attention n’a été attirée qu’au moment de la floraison, à la mi-mai de cette année. Il s’agit de PROTOTYPE (Ghio 2000). Les pétales sont blancs, très légèrement frisés, les sépales, blanc rosé, sont finement veinés d’amarante sur le tiers inférieur, et les épaules fortement marquées de jaune. L’ensemble donne un effet un peu fumé, très nouveau. Cela m’a rappelé un article que j’avais lu quelques semaines auparavant dans le Bulletin de l’AIS, signé Keith Keppel, à propos de sa variété QUANDARY (2001) et de ses travaux conjoints avec Joë Ghio sur un croisement issu de CINNAMON SUN (Hamner 93) et d’un produit Ghio numéroté 88-180 P, au pedigree fort compliqué. Chez Ghio, QUANDARY a un demi-frère baptisé PUCCINI (98), dont le pedigree tient sept lignes sur la check-list des années 90 ! Quant à mon PROTOTYPE, eh ! bien c’est aussi un demi-frère des précédents ; pas étonnant donc de trouver à ces trois variétés un air de famille !

Déchiffrer le pedigree d’une variété Keppel ou Ghio n’est pas une mince affaire, mais l’arbre généalogique qui en découle est beaucoup plus instructif qu’une accumulation de parenthèses de x, de noms et de numéros. Je me suis attelé à celui de PROTOTYPE et j’ai remonté jusqu’à la sixième génération, ce qui donne théoriquement soixante-quatre variétés. En fait, bien souvent le même nom revient plusieurs fois, surtout lorsqu’il y a « inbreeding », comme c’est le cas dans la branche maternelle. Dans celle-ci, par exemple, on ne rencontre que quatorze noms sur trente-deux possibilités. Dans l’ordre alphabétique ceux qui reviennent plusieurs fois sont : ALPINE CASTLE (Blyth 79) (4 fois), FANCY TALES (Shoop 80) (2), OUTER LIMITS (Blyth 72) (3), SNOW PEACH (Shoop 71) (4), SOSTENIQUE (Blyth 75) (4) et VENUS MAGIC (Blyth 78) (4), plus un semis non dénommé de (ARTISTE x TUPELO HONEY) et un autre de (GAY PARASOL x MYSTIQUE) qui apparaissent deux fois. Plus on avance, plus on reconnaît des variétés fréquentes dans nos jardins : LISA ANN (Blyth 77) – blanc et rose -, CHILD OF FORTUNE (Blyth 79) –bitone rose orchidée -, SUCCESS STORY (Ghio 87) –bitone indigo -, CABARET ROYALE (Blyth 79) – bitone violet à barbes rouges -, TOMORROW’S CHILD (Blyth 84) – bicolore orchidée et bourgogne -, MAGIC MAN (Blyth 79) – lavande et pourpre -, COSTA RICA (Ghio 95) – blanc bleuté et prune à barbes minium - et LONDON LORD (Blyth 90), l’un des six frères dont j’ai parlé il y a quelques semaines. C’est un bel exemple de collaboration trans-pacifique : majorité d’iris australiens mêlée de variétés californiennes.

La moitié « mâle » est plus variée mais encore plus difficile à établir car elle contient au total trente croisements qui n’ont pas reçu de nom ! Certaines variétés citées ci-dessus y apparaissent de nouveau : FANCY TALES, SUCCESS STORY, ALPINE CASTLE, de même que le croisement (ARTISTE x TUPELO HONEY). C’est cette branche qui fait le lien entre les trois variétés citées : QUANDARY, PUCCINI et PROTOTYPE.

Ce qui constitue la particularité de ces trois iris ce sont les stries ou veines qui ornent le tiers inférieur des sépales. Keppel considèrent qu’on est en présence d’un nouveau modèle d’iris, auquel il imagine un nom qui serait « distalata », de « distal », néologisme américain qui me paraît signifier « éparpillé » ou quelque chose comme ça. D’après lui et son compère Ghio, ces traces pourpres en bas des sépales, de même que les épaules marquées de jaune pêche, proviendraient de FANCY TALES, une variété aux origines complexes et un peu obscures, où l’on retrouve néanmoins un certain SNOW PEACH qui se trouve également, d’ailleurs, dans la généalogie de CINNAMON SUN, origine maternelle de QUANDARY.

Quoi qu’il en soit, PROTOPYPE, aussi bien que QUANDARY, ont été baptisés fort à propos. Keppel a choisi le nom de QUANDARY, qui signifie « embarras » et qui marque bien sa perplexité devant son nouveau cultivar. Ghio est plus affirmatif : pour lui il n’y a pas de doute, on en devant quelque chose de neuf, le début sans doute d’une série, bref un véritable prototype.

11.6.04

L’ENIGME DE LA SEMAINE

CALIFORNIE (ter)

Parmi ces cinq noms qui évoquent tous la Californie, l’un ne désigne pas un grand iris. Lequel ?

· CALIFORNIA CHARM
· CALIFORNIA CLASSIC
· CALIFORNIA DOLL
· CALIFORNIA DREAMIN’
· HOTEL CALIFORNIA

RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE

CALIFORNIE (bis)

Il s’agit de SAN JOSE, qui est de Joë Ghio.

POST MORTEM

Dans l’univers des iris, on ne disparaît pas le jour de sa mort. Prenez l’exemple de Ben Hager. Il nous a quittés en 99 mais depuis son nom continue d’apparaître dans les listes d’enregistrements de l’AIS. C’est son collaborateur et compagnon de toujours Sidney DuBose qui a enregistré pour lui en 2000, puis les jardins Cooley, de Richard Ernst, ont pris le relais pour les grands iris, tandis que la pépinière Adamgrove récupérait tous les autres. Apparemment, ce fond était d’une incroyable richesse. En effet, lorsqu’il s’agit d’un obtenteur plus banal que Ben Hager, l’héritage s’épuise en un an ou deux. Dans le cas présent on n’en a pas encore fini, et cela fait cinq ans que cela dure ! Il faut dire que Ben Hager était un hybrideur forcené et d’un parfait éclectisme puisqu’il hybridait non seulement toutes les catégories d’iris, mais aussi, à ma connaissance, les hémérocalles (il y a même sur Internet un site entièrement consacré aux hémérocalles signées Hager).

Personne ne se plaindra de cette abondance et de cette longévité post mortem. Pour m’en tenir aux grands iris, qui sont un peu ma spécialité, j’ai relevé vingt-six introductions depuis 2000 (mais il faut ajouter les 10 variétés naines).

En 2000 Sid DuBose a proposé quatre variétés commercialisables dès cette année là. Deux sont violets à cœur blanc, CHERISHED FRIENDSHIP, et WORLD WITHOUT END. SOTTO VOCE est un bicolore rose sur améthyste ; mais la variété qui me semble la plus réussie dans ce lot est l’orange rutilant MCKELLAR’S GROVE.

En 2001 Richard Ernst a trouvé six variétés commercialisables, toutes remarquables : un « dark top » délicieux, en bleu glycine sur sépales blancs, ETHEREAL VOICES ; un extraordinaire bicolore, PASSING CLOUDS, aux pétales bleu de lin sur des sépales beige grisé, descendant de l’australien BEHOLD A LADY ; un amoena jaune aux sépales bordés de blanc, GLOWING SMILE ; un mauve à cœur blanc, FALL RERUN, remontant comme son nom le laisse entendre ; un violet sombre uni, ROYAL COURTSHIP, et un superbe amarante à grosse barbe rouge, PLEASANT SURPRISE. Toutes ces variétés, tant par le choix de leur nom que par leur aspect portent la « patte » de Ben Hager.

2002 a vu la mise sur le marché de sept nouveaux iris signés Hager : le jaune pur AMARILLO FRILLS, le vieil or HOT PROPERTY puis, dans le même ton, WESTERN TRADITION, et un amoena jaune, PLAY TO WIN ; MY OLD FRIEND, un iris bicolore mauve et beige, voisin, en plus sombre, de CHASING RAINBOWS, et qui descend, comme ce dernier de MOTHER EARTH ; un joli unicolore améthyste, SIMPLY DELICIOUS, enfin un autre « dark top » dans les tons de mauve, SONGWRITER, petit frère d’ETHEREAL VOICES.

Pour 2003, il reste encore cinq nouveautés à mettre en vente : CARRY ME AWAY, néglecta bleu pâle, FONDNESS, tendre mauve rosé, PINK PINCURLS, intéressant rose vif à barbes rouges, POSH PLACE, entièrement mauve à barbes mauves sur un petit spot blanc, et SPEAKING FREELY, orange relevé d’une zone blanche sous les barbes. Tous ces iris portent la marque caractéristique des iris Hager, c’est à dire des fleurs parfaitement troussées mais classiques dans leur forme.

On croyait en avoir fini, mais non ! En 2004 il y a encore quatre nouveaux iris Hager introduits par Cooley’s Gardens : trois d’entre eux retournent dans les tons de bleu cher à leur créateur, LIFE STORY est bleu moyen, uni, LIKE THE WIND décline deux tons de bleu, avec une barbe rouge, SAY GOODBYE (un adieu ?) possède la même barbe rouge, mais la fleur est entièrement d’un calme bleu glycine ; pour terminer sur une note vive, VIVID LOOK se présente en deux couleurs, rose vif pour les pétales, violet prune, ou amarante foncé pour les sépales, avec la barbe rouge.

Je ne sais pas s’il y a encore de la réserve, mais si l’on ajoute à ces descriptions les 10 iris nains introduits en 2003, en cinq ans les iris posthumes de Ben Hager ont été plus nombreux que ceux enregistrés pendant toute une vie d’hybrideur par un personnage exigeant comme Donald Nearpass, par exemple ! Heureusement, en matière d’iris, comme en tout ce qui touche à l’art, la mariée n’est jamais trop belle, et l’on ne refusera pas les prochaines introductions, s’il y en a.

3.6.04

L’ENIGME DE LA SEMAINE

CALIFORNIE (bis)

Les cinq noms qui suivent évoquent tous des villes situées autour de San Francisco. Ce sont aussi des noms de variétés de grands iris. Quatre ont été obtenues par Larry Gaulter, une est d’un autre obtenteur. Laquelle ?

· MILL VALLEY
· ORINDA
· SAN JOSE
· SAN LEANDRO
· TIBURON

RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE

A suivre…

1. MYSTIQUE (DM 80) : les précédents sont les DM depuis 76.
2. TITAN’S GLORY (FO 84) : les précédents sont les Florins d’Or de 80 à 83.
3. ROUGISSANT (Cayeux 2002) : il s’agit de la cinquième et dernière variété enregistrée par R. Cayeux en 2002.

Jack DURRANCE

Quand je réunis une documentation sur un personnage dont je veux tracer la biographie, je suis toujours étonné de l’incroyable diversité qu’il y a au sein du petit monde des iris. Il en va là comme dans le reste du monde, soit, mais cela m’est toujours une surprise de le constater. Prenez le cas, par exemple de John Randall Durrance que l’on appelait familièrement Jack.

Il était fils d’instituteurs, né en Floride où il a passé sa petite enfance avant de faire, sur ses quinze ans, une curieuse émigration à rebours, vers l’Allemagne, où il vécut, en Bavière, jusqu’à l’avancée de l’hitlérisme qui le ramena aux Etats-Unis. De son séjour dans les Alpes bavaroises, il avait acquis une solide expérience d’alpiniste qu’il mit au service de l’équipe américaine de sport alpin. En 1939 il fit partie de la malheureuse expédition qui tenta l’ascension du K2, dans l’Himalaya.

Cette activité sportive ne l’empêchait pas de poursuivre des études médicales couronnées de succès et de devenir pneumologue.

Quand l’alpinisme ne fut plus à sa portée, il se tourna vers le jardinage et se lança dans l’hybridation des iris. Rapidement il devint un expert en l’art d’hybrider même s’il n’acquit jamais une renommée à l’image de son talent. Ses premiers enregistrements datent de 1957, mais sa plus belle récompense a été la President’s Cup (coupe destinée à un iris obtenu dans la Région organisatrice de la Convention annuelle de l’AIS) attribuée en 1967 à AZURE APOGEE (67), un iris bleu ciel à barbes bleu sombre. Cependant s’est au cours des années 80 et 90 qu’il a obtenu ses plus beaux iris. Je considère pour ma part que l’une de ses plus jolies réalisations est ANY SUNDAE (86), blanc pur avec de superbes barbes rouges. J’y ajoute l’un de mes roses préférés, NORMA JEAN (91), entièrement rose corail. Pour être complet, je citerai aussi HIDDEN SURPRISE (85), fleur blanche qui cache en son cœur une couleur bleu rosé, rare, LOIS RANIER (88), un autre rose saumoné, RUTH PORTER WARING (88), en robe amarante, WILD OATS (83), variegata, YUKON TWILIGHT (88), blanc à barbes bleues, descendant de SONG OF NORWAY, et enfin l’étrange PEWTER TREASURE (94), gris bleuté à veines plus sombres.

Cet humaniste, qui ne se plaisait nulle part mieux que dans sa bibliothèque jonchée de volumes, s’est éteint à 91 ans, dans ce Colorado qui lui permettait à la fois de garder sous les yeux des cimes enneigées lui rappelant son amour de la montagne, et de cultiver paisiblement ses précieux iris.


Source : essentiellement Bulletin de l’AIS n°332
DOUCEUR

Dans notre pensée occidentale la notion de douceur est souvent accolée à celle de femme. Le monde des iris ne manque pas de faire cette relation. J’ai trouvé plein de variétés dont les noms associent le mot « douce » et un prénom féminin :

SWEET MARIE (Muhlestein 51)
SWEET JOY (Freudenburg 57)
SWEET ROSE (Hafner 57)
SWEET JANE (Rees 60)
SWEET LILANI (Noyd 61)
SWEET LORRAINE (Plough 67)
SWEET EVELYN (Craig 70)
SWEET VIRGINIA (Lorenz 74)
SWEET ALEDA (Monroe 83)
SWEET ANITA (Nearpass 86)
SWEET JOLENE (J. Meek 87)
SWEET DANIELLE (Mundy 89)
SWEET LENA (Holland 92)
SWEET FREIDA (Hahn 95)
SWEET MEI (Fan 99)
SWEET LINDA (Cadd 2000).

Un rapprochement analogue s’établit autour du mot « lovely » (charmante) :

LOVELY DIANA (Muhlestein 57)
LOVELY CECILE (Rutherford 59)
LOVELY LINDA (Whiting 59)
LOVELY LETTY (Hall 60)
LOVELY TARA (Kelway 62)
LOVELY BLANCHE (Hunt 76)
LOVELY JAN (Hamblen 76)
LOVELY LOIS (Muhlestein 76)
LOVELY KRIS (Wagstaff 78)
LOVELY LEILANI (B. Blyth 78)
LOVELY KAY (Hamblen 79)
LOVELY JOAN (Slade 87)
LOVELY PEGGY (Slade 90)
LOVELY JENNIFER (Pinegar 92)
LOVELY FRAN (Weiler 99)
LOVELY PHYLLIS (Muska 2001).

Ainsi, même parmi les iris, douces et charmantes sont les femmes…

29.5.04

L’ENIGME DE LA SEMAINE

A suivre…

Essayez de compléter les trois listes suivantes :

· KILT LILT, DREAM LOVER, BRIDE’S HALO, MARY FRANCES, . . . . .
· ENTOURAGE, BEVERLY SILLS, GOLD GALORE, WOODCRAFT, . . . . .
· AURELIE, CERF-VOLANT, FABULEUX, POESIE, . . . . .

RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE

CALIFORNIE

Ben HAGER était installé à STOCKTON.