29.3.05
Edward WATKINS
C’est comme pour le Prix Goncourt, la Médaille de Dykes est quelquefois décernée à un iris qui reste le seul ouvrage connu de son auteur. Certains écrivains sont à la tête d’une œuvre importante, appréciée des initiés, mais le grand public ne connaît d’eux qu’un roman, celui qui a été primé. Il en est de même dans le petit monde des iris. Prenez par exemple le cas d’Edward Watkins : aurait-on parlé de lui sans ELEANOR’S PRIDE et la D.M. qui lui a échu en 1961 ?
Ed Watkins (1889/1963) était un homme sans histoire, un pur produit de la Nouvelle Angleterre, né à Concord, capitale du New Hampshire, au nord de Boston. Rien ne le prédestinait à la moindre notoriété. Venant d’un milieu modeste il commença dans la vie par un emploi dans la compagnie de chemin de fer du coin. Mais un grave accident le laissa avec une jambe estropiée… C’est le médecin qui le soigna qui l’attira vers les iris. Le Dr Robert Graves était passionné par l’hybridation. Il prit Ed. Watkins en amitié et celui-ci se mit à jouer les abeilles, comme un dérivatif à son inaptitude au travail sur les voies ferrées. Comme son mentor, qui devait quelques années plus tard obtenir HELEN McGREGOR (43), iris blanc, D.M. en 1949, il fit des essais sur les iris blancs. C’est ainsi que sans en revendiquer la paternité, les deux semis blancs qui se nommèrent SNOW CARNIVAL (Graves 40) et AND THOU (Graves 40) résultent de son travail méticuleux et perfectionniste. Pour la petite histoire, il faut savoir que cet AND THOU est un fils du français NENE (F. Cayeux 28).
Au début des années 50, à plus de soixante ans donc, Ed. Watkins s’associa avec son frère Arthur pour créer sa propre pépinière, Fairmount Gardens, à Lowell, sur la route qui va de Concord à Boston. Une de ses premières introductions fut ICE CARNIVAL (50), un bleu très pâle issu de JANE PHILIPS (49), variété obtenue par son ami R. Graves. Pour s’assurer qu’il avait bien exploité toutes les potentialités, Watkins n’hésitait pas à recommencer au moins trois ans de suite le même croisement. Ce fut le cas pour ELEANOR’S PRIDE (52), qui provient d’un énième mariage de JANE PHILIPS et de BLUE RHYTHM. Cette fois aura été la bonne puisque cet iris bleu pâle sera l’attributaire de la D.M. en 1961.
Depuis son accident, la santé d’Ed. Watkins n’avait jamais été bonne et elle s’est encore détériorée après son soixantième anniversaire. L’aide de son frère Arthur lui fut précieuse : Edward était la tête, Arthur était les jambes. Ed. décidait des croisements qu’il voulait faire, mais c’est Art. qui les réalisait. De même c’est Ed. qui sélectionnait les plantes à conserver, mais c’est Art. qui prenait la bêche pour détruire les autres. De ce travail à quatre mains sont sortis quelques iris, en général des variétés unicolores (self), mais aucune n’est jamais parvenue à retenir durablement l’attention des juges. Cela ne veut pas dire qu’il s’agissait de variétés médiocres ! JEAN BOYD FITTZ (60), par exemple, est une réelle avancée dans les tons foncés, et LONDON TOWN (57), mauve jacinthe clair, plus sombre au cœur, a vraiment beaucoup de charme. Néanmoins le miracle d’ELEANOR’S PRIDE ne s’est jamais reproduit, et Edward Watkins reste l’un de ceux qui ne sont pratiquement l’obtenteur que d’une seule variété.
C’est comme pour le Prix Goncourt, la Médaille de Dykes est quelquefois décernée à un iris qui reste le seul ouvrage connu de son auteur. Certains écrivains sont à la tête d’une œuvre importante, appréciée des initiés, mais le grand public ne connaît d’eux qu’un roman, celui qui a été primé. Il en est de même dans le petit monde des iris. Prenez par exemple le cas d’Edward Watkins : aurait-on parlé de lui sans ELEANOR’S PRIDE et la D.M. qui lui a échu en 1961 ?
Ed Watkins (1889/1963) était un homme sans histoire, un pur produit de la Nouvelle Angleterre, né à Concord, capitale du New Hampshire, au nord de Boston. Rien ne le prédestinait à la moindre notoriété. Venant d’un milieu modeste il commença dans la vie par un emploi dans la compagnie de chemin de fer du coin. Mais un grave accident le laissa avec une jambe estropiée… C’est le médecin qui le soigna qui l’attira vers les iris. Le Dr Robert Graves était passionné par l’hybridation. Il prit Ed. Watkins en amitié et celui-ci se mit à jouer les abeilles, comme un dérivatif à son inaptitude au travail sur les voies ferrées. Comme son mentor, qui devait quelques années plus tard obtenir HELEN McGREGOR (43), iris blanc, D.M. en 1949, il fit des essais sur les iris blancs. C’est ainsi que sans en revendiquer la paternité, les deux semis blancs qui se nommèrent SNOW CARNIVAL (Graves 40) et AND THOU (Graves 40) résultent de son travail méticuleux et perfectionniste. Pour la petite histoire, il faut savoir que cet AND THOU est un fils du français NENE (F. Cayeux 28).
Au début des années 50, à plus de soixante ans donc, Ed. Watkins s’associa avec son frère Arthur pour créer sa propre pépinière, Fairmount Gardens, à Lowell, sur la route qui va de Concord à Boston. Une de ses premières introductions fut ICE CARNIVAL (50), un bleu très pâle issu de JANE PHILIPS (49), variété obtenue par son ami R. Graves. Pour s’assurer qu’il avait bien exploité toutes les potentialités, Watkins n’hésitait pas à recommencer au moins trois ans de suite le même croisement. Ce fut le cas pour ELEANOR’S PRIDE (52), qui provient d’un énième mariage de JANE PHILIPS et de BLUE RHYTHM. Cette fois aura été la bonne puisque cet iris bleu pâle sera l’attributaire de la D.M. en 1961.
Depuis son accident, la santé d’Ed. Watkins n’avait jamais été bonne et elle s’est encore détériorée après son soixantième anniversaire. L’aide de son frère Arthur lui fut précieuse : Edward était la tête, Arthur était les jambes. Ed. décidait des croisements qu’il voulait faire, mais c’est Art. qui les réalisait. De même c’est Ed. qui sélectionnait les plantes à conserver, mais c’est Art. qui prenait la bêche pour détruire les autres. De ce travail à quatre mains sont sortis quelques iris, en général des variétés unicolores (self), mais aucune n’est jamais parvenue à retenir durablement l’attention des juges. Cela ne veut pas dire qu’il s’agissait de variétés médiocres ! JEAN BOYD FITTZ (60), par exemple, est une réelle avancée dans les tons foncés, et LONDON TOWN (57), mauve jacinthe clair, plus sombre au cœur, a vraiment beaucoup de charme. Néanmoins le miracle d’ELEANOR’S PRIDE ne s’est jamais reproduit, et Edward Watkins reste l’un de ceux qui ne sont pratiquement l’obtenteur que d’une seule variété.
L’ENIGME DE LA SEMAINE
Chacun cherche son chat
Voici cinq variétés des années 80. En face, le nom de cinq obtenteurs bien connus. Rendre a chacun la variété qui lui appartient.
ALTRUIST Lily Gartman
FEMINIST Mary Dunn
IMPRESSIONIST Keith Keppel
ROMANTICIST Robert Schreiner
ROYALIST Joseph Ghio
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
EN REPUBLIQUE TCHEQUE
ZOLOTAYA KORONA est une obtention de l’Ouzbek A. Volfovitch-Moler.
Chacun cherche son chat
Voici cinq variétés des années 80. En face, le nom de cinq obtenteurs bien connus. Rendre a chacun la variété qui lui appartient.
ALTRUIST Lily Gartman
FEMINIST Mary Dunn
IMPRESSIONIST Keith Keppel
ROMANTICIST Robert Schreiner
ROYALIST Joseph Ghio
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
EN REPUBLIQUE TCHEQUE
ZOLOTAYA KORONA est une obtention de l’Ouzbek A. Volfovitch-Moler.
L’ENIGME DE LA SEMAINE
Chacun cherche son chat
Voici cinq variétés des années 80. En face, le nom de cinq obtenteurs bien connus. Rendre a chacun la variété qui lui appartient.
ALTRUIST Lily Gartman
FEMINIST Mary Dunn
IMPRESSIONIST Keith Keppel
ROMANTICIST Robert Schreiner
ROYALIST Joseph Ghio
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
EN REPUBLIQUE TCHEQUE
ZOLOTAYA KORONA est une obtention de l’Ouzbek A. Volfovitch-Moler.
Chacun cherche son chat
Voici cinq variétés des années 80. En face, le nom de cinq obtenteurs bien connus. Rendre a chacun la variété qui lui appartient.
ALTRUIST Lily Gartman
FEMINIST Mary Dunn
IMPRESSIONIST Keith Keppel
ROMANTICIST Robert Schreiner
ROYALIST Joseph Ghio
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
EN REPUBLIQUE TCHEQUE
ZOLOTAYA KORONA est une obtention de l’Ouzbek A. Volfovitch-Moler.
L’ENIGME DE LA SEMAINE
Chacun cherche son chat
Voici cinq variétés des années 80. En face, le nom de cinq obtenteurs bien connus. Rendre a chacun la variété qui lui appartient.
ALTRUIST Lily Gartman
FEMINIST Mary Dunn
IMPRESSIONIST Keith Keppel
ROMANTICIST Robert Schreiner
ROYALIST Joseph Ghio
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
EN REPUBLIQUE TCHEQUE
ZOLOTAYA KORONA est une obtention de l’Ouzbek A. Volfovitch-Moler.
Chacun cherche son chat
Voici cinq variétés des années 80. En face, le nom de cinq obtenteurs bien connus. Rendre a chacun la variété qui lui appartient.
ALTRUIST Lily Gartman
FEMINIST Mary Dunn
IMPRESSIONIST Keith Keppel
ROMANTICIST Robert Schreiner
ROYALIST Joseph Ghio
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
EN REPUBLIQUE TCHEQUE
ZOLOTAYA KORONA est une obtention de l’Ouzbek A. Volfovitch-Moler.
19.3.05
FAMILLES NOMBREUSES
L’imagination des obtenteurs lorsqu’il s’agit de choisir les deux partenaires de leurs croisements est pratiquement sans limite. C’est pourquoi, sur les milliers d’iris enregistrés, il n’y en a qu’une poignée dont les noms reviennent régulièrement dans les pedigrees. Sans remonter aux origines de l’hybridation, puisque évidemment le choix était alors plus réduit, et pour rester dans les cinquante dernières années, les variétés favorites des obtenteurs ne sont en fait qu’une centaine !
Connaissez-vous la plus cotée ? SKY HOOKS. Cette variété surpasse toutes les autres, et de très loin ! Dans l’inventaire que j’en ai fait, j’ai relevé 142 fois le nom de SKY HOOKS, alors que le fameux RIPPLING WATERS n’est cité que 93 fois. Ces chiffres sont a prendre pour ce qu’ils sont, une valeur approximative, car je n’ai pas poussé l’analyse jusqu’à vérifier le pedigree de toutes les variétés enregistrées. Néanmoins cette statistique porte sur plus de 6500 variétés, ce qui n’est pas mince et lui confère une certaine crédibilité.
Voici le palmarès des trente premières :
1. SKY HOOKS (Osborne 80)
2. RIPPLING WATERS (Fay 61 – DM 66)
3. PONDEROSA (Ghio 70)
4. PINK SLEIGH (Rudolph 70)
5. NEW MOON (Sexton 68 – DM 73)
6. VANITY (Hager 75 – DM 82)
7. STEPPING OUT (Schreiner 64 – DM 68)
8. QUEEN IN CALICO (Gibson 80)
9. EDITH WOLFORD (Hager 86 – DM 93)
10. TITAN’S GLORY (Schreiner 81 – DM 88)
11. SILVERADO (Schreiner 87 – DM 94)
12. HONKY TONK BLUES (Schreiner 88 – DM 95)
13. NAVY STRUT (Schreiner 74)
14. RINGO (Shoop 79)
15. PINK TAFFETA (Rudolph 38 – DM 75)
16. CONDOTTIERE (Cayeux 78)
17. GIGOLO (Keppel 84)
18. AFTERNOON DELIGHT (Ernst 85)
19. SONG OF NORWAY (Luihn 79 – DM 86)
20. MYSTIQUE (Ghio 75 – DM 80)
21. ALLEGIANCE (Cook 57 – DM 64)
22. WHOLE CLOTH (Cook 57 – DM 62)
23. CLAUDIA RENE (Gaulter 63)
24. CHRISTMAS TIME (Schreiner 65)
25. ENTOURAGE (Ghio 77 – FO 80)
26. MELODRAMA (Cook 56)
27. WINTERSCAPE (McWhirter 84)
28. EDNA’S WISH (Gibson 83)
29. VICTORIA FALLS (Schreiner 77 – DM 84)
30. LACED COTTON (Schreiner 80)…
Au-delà les ex aequo sont multiples et le choix devient vite infini. J’ai compté plus de 70 variétés citées au moins 20 fois ! Quant aux variétés françaises, en dehors de CONDOTTIERE, champion national, il y en a vingt-sept qui sont citées au moins une fois, la plupart du temps pour des obtentions françaises, mais aussi, pour quelques obtentions américaines.
Quels enseignements tirer de ces résultats ?
Lorsqu’ils choisissent d’utiliser une variété, les hybrideurs tiennent évidemment compte de son potentiel génétique. Les couleurs de la fleur ne sont pas l’élément essentiel de leur choix, ils s’intéressent à la plante en général et, surtout, à ce qu’ils attendent du croisement qu’ils veulent réaliser. C’est ainsi que des variétés de peu d’intérêt commercial peuvent avoir parallèlement une carrière importante en tant que géniteurs. Dans la liste ci-dessus c’est le cas pour PONDEROSA, tout comme pour CLAUDIA RENE ou MELODRAMA, mais c’est aussi le cas de DENVER MINT (Knopf 62), COMMENTARY (Babson 63) ou GLITTERING AMBER (Hamblen 55), que l’on trouve en bonne place par ailleurs. Les hybrideurs n’attendent pas la consécration d’une variété par une haute récompense pour lui accorder, ou non, leur attention. Les médaillent interviennent alors que leurs bénéficiaires ont déjà pu être appréciés. Cependant qui dit médaillé dit aussi variété intéressante à plusieurs points de vue et douze noms de la liste ci-dessus sont ceux de lauréats des grandes compétitions (Dykes Medal et Florin d’Or). En revanche obtenir une Médaille de Dykes ne garantit pas un avenir génétique. Des variétés comme ELEANOR’S PRIDE (Watkins 52 – DM 61), JESSE’S SONG (Williamson 83 – DM 90), EVERYTHING PLUS (Niswonger 84 – DM 91) ou THORNBIRD (Byers 89 – DM 97), qui constituent en elles-même l’aboutissement d’une lignée génétique, n’ont pour ainsi dire pas été utilisées en hybridation. Cela signifierait-il que la plupart des variétés primées à Florence ne présentent aucun intérêt génétique ? En effet bien peu sont celles qui ont engendré une famille nombreuse. Ni MIDNIGHT WALTZ (Burbridge 59), ni CHRISTIE ANNE (Gaulter 63), ni SUNSET SKY (Roe 69), ni MISSY YORKTOWNE (Innerst 84), ni STEADFAST LOVE (Carr 94), ni bien d’autres, n’ont eu une notable descendance. En fait il faut ajouter au relatif manque d’intérêt que ces variétés peuvent avoir, le fait qu’elles n’ont pas eu une véritable diffusion dans le commerce.
Le choix est tellement immense qu’il faut à une variété un pouvoir ou une renommée exceptionnels pour s’imposer auprès des hybrideurs. Le cas de SKY HOOKS est tout à fait remarquable. Si cet iris a écrasé tous les autres en matière de famille nombreuse, c’est avant tout parce qu’il est le premier iris à éperons vraiment réussi et susceptible de produire des descendants de valeur, avec ou sans appendices. D’ailleurs trois de ses descendants directs ont eu droit à la plus haute récompense : THORNBIRD (Byers 89 – DM 97), CONJURATION (Byers 89 – DM 98) et MESMERIZER (Byers 91 – DM 2002). Quant à MESCALERO CHIEF (Hedgecock 93) il a décroché le Plateau d’Argent à Florence en 95. Deux obtenteurs en ont fait un usage abondant : Monty Byers, aux Etats-Unis, et Ladislaw Muska, en Slovaquie. Mais au total au moins vingt-deux obtenteurs différents l’ont utilisé. En France, ce fut le cas de la famille Anfosso qui en a tiré, entre autres, FLUTE ENCHANTÉE (Anfosso 91), dont provient IRIADE (Laporte 2003).
Les grands géniteurs ne voient pas leurs mérites reconnus par une récompense. C’est une lacune qu’il faudrait combler car leurs obtenteurs devraient avoir droit, à ce titre, à une considération particulière. A quand un prix Cognacq-Jay pour les iris ? Le jour où cette récompense existera son premier titulaire devrait être SKY HOOKS, mais SNOW FLURRY, chez les plus anciens, DENVER MINT, PONDEROSA et bien d’autres devraient aussi la décrocher.
L’imagination des obtenteurs lorsqu’il s’agit de choisir les deux partenaires de leurs croisements est pratiquement sans limite. C’est pourquoi, sur les milliers d’iris enregistrés, il n’y en a qu’une poignée dont les noms reviennent régulièrement dans les pedigrees. Sans remonter aux origines de l’hybridation, puisque évidemment le choix était alors plus réduit, et pour rester dans les cinquante dernières années, les variétés favorites des obtenteurs ne sont en fait qu’une centaine !
Connaissez-vous la plus cotée ? SKY HOOKS. Cette variété surpasse toutes les autres, et de très loin ! Dans l’inventaire que j’en ai fait, j’ai relevé 142 fois le nom de SKY HOOKS, alors que le fameux RIPPLING WATERS n’est cité que 93 fois. Ces chiffres sont a prendre pour ce qu’ils sont, une valeur approximative, car je n’ai pas poussé l’analyse jusqu’à vérifier le pedigree de toutes les variétés enregistrées. Néanmoins cette statistique porte sur plus de 6500 variétés, ce qui n’est pas mince et lui confère une certaine crédibilité.
Voici le palmarès des trente premières :
1. SKY HOOKS (Osborne 80)
2. RIPPLING WATERS (Fay 61 – DM 66)
3. PONDEROSA (Ghio 70)
4. PINK SLEIGH (Rudolph 70)
5. NEW MOON (Sexton 68 – DM 73)
6. VANITY (Hager 75 – DM 82)
7. STEPPING OUT (Schreiner 64 – DM 68)
8. QUEEN IN CALICO (Gibson 80)
9. EDITH WOLFORD (Hager 86 – DM 93)
10. TITAN’S GLORY (Schreiner 81 – DM 88)
11. SILVERADO (Schreiner 87 – DM 94)
12. HONKY TONK BLUES (Schreiner 88 – DM 95)
13. NAVY STRUT (Schreiner 74)
14. RINGO (Shoop 79)
15. PINK TAFFETA (Rudolph 38 – DM 75)
16. CONDOTTIERE (Cayeux 78)
17. GIGOLO (Keppel 84)
18. AFTERNOON DELIGHT (Ernst 85)
19. SONG OF NORWAY (Luihn 79 – DM 86)
20. MYSTIQUE (Ghio 75 – DM 80)
21. ALLEGIANCE (Cook 57 – DM 64)
22. WHOLE CLOTH (Cook 57 – DM 62)
23. CLAUDIA RENE (Gaulter 63)
24. CHRISTMAS TIME (Schreiner 65)
25. ENTOURAGE (Ghio 77 – FO 80)
26. MELODRAMA (Cook 56)
27. WINTERSCAPE (McWhirter 84)
28. EDNA’S WISH (Gibson 83)
29. VICTORIA FALLS (Schreiner 77 – DM 84)
30. LACED COTTON (Schreiner 80)…
Au-delà les ex aequo sont multiples et le choix devient vite infini. J’ai compté plus de 70 variétés citées au moins 20 fois ! Quant aux variétés françaises, en dehors de CONDOTTIERE, champion national, il y en a vingt-sept qui sont citées au moins une fois, la plupart du temps pour des obtentions françaises, mais aussi, pour quelques obtentions américaines.
Quels enseignements tirer de ces résultats ?
Lorsqu’ils choisissent d’utiliser une variété, les hybrideurs tiennent évidemment compte de son potentiel génétique. Les couleurs de la fleur ne sont pas l’élément essentiel de leur choix, ils s’intéressent à la plante en général et, surtout, à ce qu’ils attendent du croisement qu’ils veulent réaliser. C’est ainsi que des variétés de peu d’intérêt commercial peuvent avoir parallèlement une carrière importante en tant que géniteurs. Dans la liste ci-dessus c’est le cas pour PONDEROSA, tout comme pour CLAUDIA RENE ou MELODRAMA, mais c’est aussi le cas de DENVER MINT (Knopf 62), COMMENTARY (Babson 63) ou GLITTERING AMBER (Hamblen 55), que l’on trouve en bonne place par ailleurs. Les hybrideurs n’attendent pas la consécration d’une variété par une haute récompense pour lui accorder, ou non, leur attention. Les médaillent interviennent alors que leurs bénéficiaires ont déjà pu être appréciés. Cependant qui dit médaillé dit aussi variété intéressante à plusieurs points de vue et douze noms de la liste ci-dessus sont ceux de lauréats des grandes compétitions (Dykes Medal et Florin d’Or). En revanche obtenir une Médaille de Dykes ne garantit pas un avenir génétique. Des variétés comme ELEANOR’S PRIDE (Watkins 52 – DM 61), JESSE’S SONG (Williamson 83 – DM 90), EVERYTHING PLUS (Niswonger 84 – DM 91) ou THORNBIRD (Byers 89 – DM 97), qui constituent en elles-même l’aboutissement d’une lignée génétique, n’ont pour ainsi dire pas été utilisées en hybridation. Cela signifierait-il que la plupart des variétés primées à Florence ne présentent aucun intérêt génétique ? En effet bien peu sont celles qui ont engendré une famille nombreuse. Ni MIDNIGHT WALTZ (Burbridge 59), ni CHRISTIE ANNE (Gaulter 63), ni SUNSET SKY (Roe 69), ni MISSY YORKTOWNE (Innerst 84), ni STEADFAST LOVE (Carr 94), ni bien d’autres, n’ont eu une notable descendance. En fait il faut ajouter au relatif manque d’intérêt que ces variétés peuvent avoir, le fait qu’elles n’ont pas eu une véritable diffusion dans le commerce.
Le choix est tellement immense qu’il faut à une variété un pouvoir ou une renommée exceptionnels pour s’imposer auprès des hybrideurs. Le cas de SKY HOOKS est tout à fait remarquable. Si cet iris a écrasé tous les autres en matière de famille nombreuse, c’est avant tout parce qu’il est le premier iris à éperons vraiment réussi et susceptible de produire des descendants de valeur, avec ou sans appendices. D’ailleurs trois de ses descendants directs ont eu droit à la plus haute récompense : THORNBIRD (Byers 89 – DM 97), CONJURATION (Byers 89 – DM 98) et MESMERIZER (Byers 91 – DM 2002). Quant à MESCALERO CHIEF (Hedgecock 93) il a décroché le Plateau d’Argent à Florence en 95. Deux obtenteurs en ont fait un usage abondant : Monty Byers, aux Etats-Unis, et Ladislaw Muska, en Slovaquie. Mais au total au moins vingt-deux obtenteurs différents l’ont utilisé. En France, ce fut le cas de la famille Anfosso qui en a tiré, entre autres, FLUTE ENCHANTÉE (Anfosso 91), dont provient IRIADE (Laporte 2003).
Les grands géniteurs ne voient pas leurs mérites reconnus par une récompense. C’est une lacune qu’il faudrait combler car leurs obtenteurs devraient avoir droit, à ce titre, à une considération particulière. A quand un prix Cognacq-Jay pour les iris ? Le jour où cette récompense existera son premier titulaire devrait être SKY HOOKS, mais SNOW FLURRY, chez les plus anciens, DENVER MINT, PONDEROSA et bien d’autres devraient aussi la décrocher.
L’ENIGME DE LA SEMAINE
EN REPUBLIQUE TCHEQUE
La République Tchèque est devenue un pays véritable pays des iris.
Sauriez-vous identifier laquelle des variétés ci-dessous n’est pas obtenue par un hybrideur tchèque ?
BRATISLAVA NOC
LIBON
PEGAS
ZIMNI KRALOVNA
ZOLOTAYA KORONA
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
A FLORENCE
TRENWITH n’a pas obtenu le Florin d’Or, mais seulement le second prix.
EN REPUBLIQUE TCHEQUE
La République Tchèque est devenue un pays véritable pays des iris.
Sauriez-vous identifier laquelle des variétés ci-dessous n’est pas obtenue par un hybrideur tchèque ?
BRATISLAVA NOC
LIBON
PEGAS
ZIMNI KRALOVNA
ZOLOTAYA KORONA
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
A FLORENCE
TRENWITH n’a pas obtenu le Florin d’Or, mais seulement le second prix.
11.3.05
Agnes WHITING
L’un des grand iris les plus populaires, tout au moins jusqu’à la fin du XXeme siècle, fut sans doute BLUE RHYTHM (A. Whiting 45). Ce bleu parfait, à peine argenté, a été immédiatement reconnu comme un progrès considérable dans l’hybridation des bleus. Il fut aussitôt l’objet d’un engouement qui en a fait l’une des variétés les plus vendues au monde. Rencontré partout, BLUE RHYTHM a été honoré de deux prestigieuses récompenses, la President’s Cup puis, la même année 1950, la Dykes Medal ! Une telle reconnaissance suffirait à la gloire de n’importe quel iris, mais BLUE RHYTHM ne s’est pas arrêté là : il a pris place dans le « Top 100 » des iris aux Etats-Unis et y est resté pendant 18 ans !
Nous devons cet iris au talent d’Agnes Whiting, une élégante dame, mince et distinguée, qui connut la gloire au cours des années 40 et 50. Elle et son mari Charles étaient les heureux propriétaires de la pépinière Maple Valley Gardens, à Mapleton, dans l’Iowa, au pays des Indiens Sioux (Sioux City, sur le Missouri, est à 70 km au nord-ouest). Dans ce jardin qui faisait l’admiration de tous ceux, nombreux, qui s’y rendaient chaque année, elle a recherché la qualité et cultivé des variétés qui ont marqué leur époque et engendré une innombrable descendance qui compte au moins cinq vainqueurs de la DM.
BLUE RHYTHM a donné naissance à ELEANOR’S PRIDE (Watkins 52 – DM 61), qui est à l’origine de WINTER OLYMPICS (O. Brown 63 – DM 67), et du célèbrissime WHOLE CLOTH (Cook 57 – DM 62). A partir de cette variété, forme de base de l’iris amoena, les obtenteurs du monde entier ont offert aux amateurs une kyrielle de fleurs, de toutes les couleurs, qui, par elles-même ou par leurs descendants, peuplent aujourd’hui nos jardins, DIPLOMACY (Keppel 65), LATIN LOVER (Shoop 69), MARGARITA (Schreiner 68), MISS INDIANA (Cook 61) ou le prolifique LILAC CHAMPAGNE (Hamblen 65). Mais là ne s’arrêtent pas les mérites d’Agnes Whiting.
En dehors de BLUE RHYTHM, elle a obtenu DAMASCUS (44), orange, et ROCKET (45) qui est longtemps resté un des jaune-orangé les plus brillants. GARDEN GLORY, une autre de ses obtentions, à la couleur grenat douce et veloutée, a donné naissance à une série de bruns célèbres comme CALDRON (Schreiner 57) et TALL CHIEF (DeForest 55). Par TALL CHIEF nous disposons de FRONTIER MARSHALL (Schreiner 65) ; par CALDRON nous avons connu BRASILIA (Schreiner 60), VELVET ROBE (Schreiner 60) ou GYPSY JEWELS (Schreiner 63). Ce cultivar a donné VITAFIRE (Schreiner 68), l’un des « rouges » les plus rouges, qui est lui-même à l’origine de POST TIME (Schreiner 71) et, par là, d’une foule de brun-rouge. ROCKET et GARDEN GLORY ont engendré TECHNICOLOR qui se trouve derrière GAI LURON (Cayeux 58) ou TOMECO (Suiter 59), l’autre parent de VITAFIRE.
A l’actif d’Agnes Whiting il faut ajouter une autre pierre angulaire qui se nomme PATHFINDER (46). On entre là dans le domaine des iris rose orchidée et donc des bicolores à base de rose et des fleurs mauves ou violet améthyste. A commencer par son descendant immédiat qui s’appelle MAYTIME (48), rose / mauve, et son « petit-fils » BROADWAY STAR (Schreiner 57), qui a été le point de départ des hybridations de l’ouzbek Adolf Volfovitch-Moler, du temps où il n’avait que cela à se mettre sous la dent. Mais PATHFINDER, ce n’est pas que cela. C’est surtout AMETHYST FLAME (Schreiner 57 – DM 63) et sa belle descendance, et MADEMOISELLE (Gaulter 58). A vrai dire, ce MADEMOISELLE est surtout intéressant parce qu’il a donné naissance à CLAUDIA RENE (Gaulter 63), la variété de base du travail de Joë Ghio, également fréquemment utilisée par d’autres comme O. Brown, B. Blyth ou R. Ernst.
Les autres obtentions d’Agnes Whiting n’ont pas eu le même intérêt ou le même succès, mais il faut quand même citer THREE OAKS (41) et VIOLET RHYTHM (47 ?), une variété dont tous ceux qui l’ont vue disent qu’elle constitue à elle seule un bouquet de fleur.
Pendant les années 40, faire le voyage de Mapleton était quelque chose d’indispensable, et pratiquement tous les hybrideurs de l’époque l’ont fait. Non seulement pour admirer les iris qui y étaient cultivés, mais aussi pour la beauté du jardin et, surtout, pour l e charme et l’hospitalité d’Agnes Whiting. Aussi ce fut un véritable choc quand le petit monde des iris a appris la disparition prématurée de cette autre grande dame des iris.
L’un des grand iris les plus populaires, tout au moins jusqu’à la fin du XXeme siècle, fut sans doute BLUE RHYTHM (A. Whiting 45). Ce bleu parfait, à peine argenté, a été immédiatement reconnu comme un progrès considérable dans l’hybridation des bleus. Il fut aussitôt l’objet d’un engouement qui en a fait l’une des variétés les plus vendues au monde. Rencontré partout, BLUE RHYTHM a été honoré de deux prestigieuses récompenses, la President’s Cup puis, la même année 1950, la Dykes Medal ! Une telle reconnaissance suffirait à la gloire de n’importe quel iris, mais BLUE RHYTHM ne s’est pas arrêté là : il a pris place dans le « Top 100 » des iris aux Etats-Unis et y est resté pendant 18 ans !
Nous devons cet iris au talent d’Agnes Whiting, une élégante dame, mince et distinguée, qui connut la gloire au cours des années 40 et 50. Elle et son mari Charles étaient les heureux propriétaires de la pépinière Maple Valley Gardens, à Mapleton, dans l’Iowa, au pays des Indiens Sioux (Sioux City, sur le Missouri, est à 70 km au nord-ouest). Dans ce jardin qui faisait l’admiration de tous ceux, nombreux, qui s’y rendaient chaque année, elle a recherché la qualité et cultivé des variétés qui ont marqué leur époque et engendré une innombrable descendance qui compte au moins cinq vainqueurs de la DM.
BLUE RHYTHM a donné naissance à ELEANOR’S PRIDE (Watkins 52 – DM 61), qui est à l’origine de WINTER OLYMPICS (O. Brown 63 – DM 67), et du célèbrissime WHOLE CLOTH (Cook 57 – DM 62). A partir de cette variété, forme de base de l’iris amoena, les obtenteurs du monde entier ont offert aux amateurs une kyrielle de fleurs, de toutes les couleurs, qui, par elles-même ou par leurs descendants, peuplent aujourd’hui nos jardins, DIPLOMACY (Keppel 65), LATIN LOVER (Shoop 69), MARGARITA (Schreiner 68), MISS INDIANA (Cook 61) ou le prolifique LILAC CHAMPAGNE (Hamblen 65). Mais là ne s’arrêtent pas les mérites d’Agnes Whiting.
En dehors de BLUE RHYTHM, elle a obtenu DAMASCUS (44), orange, et ROCKET (45) qui est longtemps resté un des jaune-orangé les plus brillants. GARDEN GLORY, une autre de ses obtentions, à la couleur grenat douce et veloutée, a donné naissance à une série de bruns célèbres comme CALDRON (Schreiner 57) et TALL CHIEF (DeForest 55). Par TALL CHIEF nous disposons de FRONTIER MARSHALL (Schreiner 65) ; par CALDRON nous avons connu BRASILIA (Schreiner 60), VELVET ROBE (Schreiner 60) ou GYPSY JEWELS (Schreiner 63). Ce cultivar a donné VITAFIRE (Schreiner 68), l’un des « rouges » les plus rouges, qui est lui-même à l’origine de POST TIME (Schreiner 71) et, par là, d’une foule de brun-rouge. ROCKET et GARDEN GLORY ont engendré TECHNICOLOR qui se trouve derrière GAI LURON (Cayeux 58) ou TOMECO (Suiter 59), l’autre parent de VITAFIRE.
A l’actif d’Agnes Whiting il faut ajouter une autre pierre angulaire qui se nomme PATHFINDER (46). On entre là dans le domaine des iris rose orchidée et donc des bicolores à base de rose et des fleurs mauves ou violet améthyste. A commencer par son descendant immédiat qui s’appelle MAYTIME (48), rose / mauve, et son « petit-fils » BROADWAY STAR (Schreiner 57), qui a été le point de départ des hybridations de l’ouzbek Adolf Volfovitch-Moler, du temps où il n’avait que cela à se mettre sous la dent. Mais PATHFINDER, ce n’est pas que cela. C’est surtout AMETHYST FLAME (Schreiner 57 – DM 63) et sa belle descendance, et MADEMOISELLE (Gaulter 58). A vrai dire, ce MADEMOISELLE est surtout intéressant parce qu’il a donné naissance à CLAUDIA RENE (Gaulter 63), la variété de base du travail de Joë Ghio, également fréquemment utilisée par d’autres comme O. Brown, B. Blyth ou R. Ernst.
Les autres obtentions d’Agnes Whiting n’ont pas eu le même intérêt ou le même succès, mais il faut quand même citer THREE OAKS (41) et VIOLET RHYTHM (47 ?), une variété dont tous ceux qui l’ont vue disent qu’elle constitue à elle seule un bouquet de fleur.
Pendant les années 40, faire le voyage de Mapleton était quelque chose d’indispensable, et pratiquement tous les hybrideurs de l’époque l’ont fait. Non seulement pour admirer les iris qui y étaient cultivés, mais aussi pour la beauté du jardin et, surtout, pour l e charme et l’hospitalité d’Agnes Whiting. Aussi ce fut un véritable choc quand le petit monde des iris a appris la disparition prématurée de cette autre grande dame des iris.
L’ENIGME DE LA SEMAINE
A FLORENCE
Ce n’est pas souvent qu’une variété européenne remporte le Florin d’Or. Cependant cela s’est produit ! Dans la liste ci-dessous cependant, il y a une variété qui n’a pas eu ce succès. Laquelle ?
DANCER’S VEIL (Hutchison GB 59)
LIBON (Smid CZ 84)
ROSSO FIORENTINO (Spetcht IT NR)
SETTIMO CIELO (Romoli IT 99)
TRENWITH (Nichol GB 84)
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
Graeme Grosvenor
HELEN DAWN n’a pas obtenu une ADM. Il a été couronné à Florence !
A FLORENCE
Ce n’est pas souvent qu’une variété européenne remporte le Florin d’Or. Cependant cela s’est produit ! Dans la liste ci-dessous cependant, il y a une variété qui n’a pas eu ce succès. Laquelle ?
DANCER’S VEIL (Hutchison GB 59)
LIBON (Smid CZ 84)
ROSSO FIORENTINO (Spetcht IT NR)
SETTIMO CIELO (Romoli IT 99)
TRENWITH (Nichol GB 84)
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
Graeme Grosvenor
HELEN DAWN n’a pas obtenu une ADM. Il a été couronné à Florence !
4.3.05
UN AUTRE CHEMIN VERS LE ROUGE
Décidément, le rouge excite ! Après l’énergique exposé de Rick Ernst à propos de sa quête de l’iris rouge via une modification génétique, c’est au tour de Don Spoon, dans le numéro d’octobre 2004 du Bulletin de l’AIS, de décrire son approche personnelle du problème et d’annoncer pour bientôt des avancées significatives.
Don Spoon a axé sa recherche sur une voie traditionnelle. Il est parti de la constatation que certains iris, dont deux de ceux qu’il a obtenus, MY GINNY (2002) et SPECIAL RED (2004), présentaient des barbes absolument rouges. Un rouge coquelicot provenant d’une forte concentration de lycopène, le pigment qui fait que les tomates sont rouges. Il en a déduit que ce pigment, lorsqu’il est présent dans une fleur d’iris, peut se trouver concentré à l’extrême dans les barbes, mais ne peut pas se développer de la même façon dans les pétales et sépales parce qu’il est bloqué par un gène particulier. Il imagine qu’il existe deux sortes de gènes inhibiteurs, un pour les barbes et un pour les autres parties, et que ces gènes peuvent exister avec quatre niveaux d’influence : faible, médian, vif et très vif. Le niveau très vif correspond à une quasi-absence de lycopène, donnant une coloration très pâle, proche du blanc. Le niveau vif est synonyme de coloration rose tendre ; le niveau médian abouti au rose soutenu, et le niveau faible laisse le lycopène se développer au maximum, ce qui donne une coloration d’un rose orangé foncé proche du rouge coquelicot. Mais le rouge coquelicot n’est pas le rouge absolu. Il contient une pointe d’orange qu’il faut corriger pour tendre vers la perfection. Cette correction peut être obtenue au moyen d’un trait de pigments anthocyaniques qui adoucit ou rafraîchit la couleur de base.
Ce qui précède résulte d’une extrapolation de données qui n’est pas vérifiée scientifiquement. On reste dans le domaine du possible, voire du probable, mais pas du certain. Il n’empêche que Don Spoon est convaincu qu’en utilisant des parents dont les fleurs ont une forte concentration de lycopène, il est sur le point de parvenir à ce rêve plus que centenaire de l’iris parfaitement rouge. Il a utilisé le fameux « rouge » de Joë Ghio LADY FRIEND (81), ainsi que l’autre « rouge », de Terry Aitken, CODE RED (2003). Il a recommencé l’expérience avec d’autres rouge-orangé, mariés à des rose vif, puis mêlé les deux lignées. Son autre fer au feu se nomme SIGNAL RED (qui ne devrait être commercialisé qu’en 2006), produit de O.K. CORRAL X HORATIO. C’est une fleur mauve rose dont les barbes sont totalement rouges. En croisant MY GINNY et ce SIGNAL RED, il pense qu’il a de bonnes chances de parvenir à son but, l’iris rouge parfait.
Dans un proche avenir nous saurons si les conjectures de Don Spoon se révèlent exactes et s’il a le droit d’exulter. Nous le lui souhaitons, tout comme nous espérons que le monde des iris bénéficie de ce nouveau défi. En tout cas l’iris rouge atteint par cette voie, même s’il n’a peut-être pas le même éclat ou la même pureté que celui obtenu par Rick Ernst (si tant est que l’iris en question soit effectivement rouge), aura sur ce dernier l’irremplaçable avantage de ne pas introduire dans la génétique des iris un intrus (ou un « alien ») dont on a tout autant à craindre qu’à espérer.
Décidément, le rouge excite ! Après l’énergique exposé de Rick Ernst à propos de sa quête de l’iris rouge via une modification génétique, c’est au tour de Don Spoon, dans le numéro d’octobre 2004 du Bulletin de l’AIS, de décrire son approche personnelle du problème et d’annoncer pour bientôt des avancées significatives.
Don Spoon a axé sa recherche sur une voie traditionnelle. Il est parti de la constatation que certains iris, dont deux de ceux qu’il a obtenus, MY GINNY (2002) et SPECIAL RED (2004), présentaient des barbes absolument rouges. Un rouge coquelicot provenant d’une forte concentration de lycopène, le pigment qui fait que les tomates sont rouges. Il en a déduit que ce pigment, lorsqu’il est présent dans une fleur d’iris, peut se trouver concentré à l’extrême dans les barbes, mais ne peut pas se développer de la même façon dans les pétales et sépales parce qu’il est bloqué par un gène particulier. Il imagine qu’il existe deux sortes de gènes inhibiteurs, un pour les barbes et un pour les autres parties, et que ces gènes peuvent exister avec quatre niveaux d’influence : faible, médian, vif et très vif. Le niveau très vif correspond à une quasi-absence de lycopène, donnant une coloration très pâle, proche du blanc. Le niveau vif est synonyme de coloration rose tendre ; le niveau médian abouti au rose soutenu, et le niveau faible laisse le lycopène se développer au maximum, ce qui donne une coloration d’un rose orangé foncé proche du rouge coquelicot. Mais le rouge coquelicot n’est pas le rouge absolu. Il contient une pointe d’orange qu’il faut corriger pour tendre vers la perfection. Cette correction peut être obtenue au moyen d’un trait de pigments anthocyaniques qui adoucit ou rafraîchit la couleur de base.
Ce qui précède résulte d’une extrapolation de données qui n’est pas vérifiée scientifiquement. On reste dans le domaine du possible, voire du probable, mais pas du certain. Il n’empêche que Don Spoon est convaincu qu’en utilisant des parents dont les fleurs ont une forte concentration de lycopène, il est sur le point de parvenir à ce rêve plus que centenaire de l’iris parfaitement rouge. Il a utilisé le fameux « rouge » de Joë Ghio LADY FRIEND (81), ainsi que l’autre « rouge », de Terry Aitken, CODE RED (2003). Il a recommencé l’expérience avec d’autres rouge-orangé, mariés à des rose vif, puis mêlé les deux lignées. Son autre fer au feu se nomme SIGNAL RED (qui ne devrait être commercialisé qu’en 2006), produit de O.K. CORRAL X HORATIO. C’est une fleur mauve rose dont les barbes sont totalement rouges. En croisant MY GINNY et ce SIGNAL RED, il pense qu’il a de bonnes chances de parvenir à son but, l’iris rouge parfait.
Dans un proche avenir nous saurons si les conjectures de Don Spoon se révèlent exactes et s’il a le droit d’exulter. Nous le lui souhaitons, tout comme nous espérons que le monde des iris bénéficie de ce nouveau défi. En tout cas l’iris rouge atteint par cette voie, même s’il n’a peut-être pas le même éclat ou la même pureté que celui obtenu par Rick Ernst (si tant est que l’iris en question soit effectivement rouge), aura sur ce dernier l’irremplaçable avantage de ne pas introduire dans la génétique des iris un intrus (ou un « alien ») dont on a tout autant à craindre qu’à espérer.
L’ENIGME DE LA SEMAINE
Graeme Grosvenor
Cet obtenteur australien est devenu un abonné de la Médaille Australienne de Dykes. Cependant l’une des variétés ci-dessous n’a pas obtenu cette récompense. Laquelle ?
FIRST MOVEMENT
HELEN DAWN
HILLS DISTRICT
RIBANDS
TEMPTONE
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
LAVIE EN JAUNE
La réponse est :
YELLOW BRICK ROAD (Gibson 92).
Graeme Grosvenor
Cet obtenteur australien est devenu un abonné de la Médaille Australienne de Dykes. Cependant l’une des variétés ci-dessous n’a pas obtenu cette récompense. Laquelle ?
FIRST MOVEMENT
HELEN DAWN
HILLS DISTRICT
RIBANDS
TEMPTONE
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
LAVIE EN JAUNE
La réponse est :
YELLOW BRICK ROAD (Gibson 92).
25.2.05
A PROPOS DE « DURHAM DREAM »
Dans la chronique consacrée à Lloyd Zurbrigg, j’ai écrit que DURHAM DREAM était le premier iris « rostrata » obtenu par Lloyd. C’était une erreur car auparavant plusieurs variétés à éperons signées Zurbrigg ont été enregistrées. DURHAM DREAM a une qualité supplémentaire : il est à la fois à éperons et remontant !
C’est Jérôme Boulon, amateur éclairé d’iris remontants et admirateur du travail de Lloyd Zurbrigg qui m’a fait ce signalement. Qu’il soit ici remercié de cette précision.
Dans la chronique consacrée à Lloyd Zurbrigg, j’ai écrit que DURHAM DREAM était le premier iris « rostrata » obtenu par Lloyd. C’était une erreur car auparavant plusieurs variétés à éperons signées Zurbrigg ont été enregistrées. DURHAM DREAM a une qualité supplémentaire : il est à la fois à éperons et remontant !
C’est Jérôme Boulon, amateur éclairé d’iris remontants et admirateur du travail de Lloyd Zurbrigg qui m’a fait ce signalement. Qu’il soit ici remercié de cette précision.
SANFORD BABSON
Si l’on devait décerner une médaille à l’obtenteur le plus discret, sans doute devrait-on décorer Sanford Babson. Ce Californien du Sud, installé à Visalia, dans l’ample vallée de San Joaquin, à mi-chemin entre San Francisco et Los Angeles, a fourni au monde des iris des variétés qui ont marqué leur temps, sans qu’il recherche la moindre notoriété. Il ne songeait ni aux honneurs ni à la célébrité, participant très peu aux activités du microcosme dont il faisait involontairement partie. Il considérait les iris comme un loisir, son activité principale étant la culture des orangers. Mais il passait aussi pas mal de temps à herboriser dans les Rocheuses et s’adonnait au golf.
Son intérêt pour les iris lui est venu avec les encouragements de Tom Craig, Californien du Sud lui aussi, obtenteur important de l’après-guerre, qui l’accueillit à son catalogue au début des années 50, avec des variétés comme YUCCA (53), iris crème plus blanc au cœur, issu d’un croisement de SNOW FLURRY X BALI BELLE, qui devait être à l’origine d’une grande partie des obtention de Sanford Babson.
Il prétendait ne pas avoir d’idée préconçue dans ses choix de croisement, mais à défaut de ligne de conduite claire, il avait au moins un sens précis de ce qui pouvait aboutir à quelque chose de neuf et d’intéressant. Par exemple ce croisement de SNOW FLURRY et de BALI BELLE. A vrai dire Babson perdit un jour le pedigree d’un semis qui lui a cependant paru porteur d’espoir, son E 61. Il était certain qu’il s’agissait du croisement SNOW FLURRY X BALI BELLE, mais n’en ayant plus la preuve, il se contenta d’indiquer le numéro de ce semis dans les informations données à propos de ses descendants. C’est le cas pour CAMBODIA (66), COMMENTARY (63), CONFECTION (64), EPIC (65) ou FAIR IMAGE (60). ET bien entendu les descendants directs de ces variétés, comme APROPOS (64).
Après la disparition de Tom Craig, c’est Ben Hager qui a trouvé dans son Melrose Garden une place pour les cultivars de Sanford Babson. Il y en eut une quarantaine entre 1960 et 1984. On ne peut pas tous les nommer, mais il y en a cependant qui ont atteint une telle renommée et un succès international si important qu’on ne peut pas les passer sous silence. Témoin : CREDO (64), acajou uni, TAMBOURINE (68), variegata or et grenat, PANTOMIME (70) blanc nacré, ODYSSEY (71), plicata indigo, CHAPEAU (71) imposant amoena beige et pourpre, SWEDISH MODERN (76), délicat variegata paille et mauve, MERRY MADRIGAL (82), voisin du précédent, FANCY FELLOW (84), original bleu clair veiné de plus foncé, sans oublier SHIPSHAPE (69), bleu drapeau à barbes jaunes, qui s’est offert la Médaille de Dykes en 74 après avoir déjà conquis la Franklin Cook Cup l’année précédente.
La plupart de ces variétés ont eu une descendance nombreuse et valeureuse, ce qui prouve l’excellence des choix de Sanford Babson. Prenez le joli bleu ciel EPIC : c’est le « père » de SHIPSHAPE, lui-même à l’origine du bleu vif BREAKERS (Schreiner 86), de BLEU DE GIEN (Cayeux 78) ou de FREEDOM ROAD (Plough 77), lequel rejoint un autre iris Babson, MERRY MADRIGAL, dans le pedigree de EDITH WOLFORD (Hager 86 – DM 93). CHASING RAINBOWS, un autre superbe produit de Ben Hager, est également un descendant de MERRY MADRIGAL qui a pour parent un certain TAMBOURINE. Dans le jeu des participations croisées, TAMBOURINE se retrouve chez SWEDIH MODERN, mais il a également donné naissance au chaleureux bicolore SHAMAN (DuBose 80). CAMBODIA a été utilisé par P. Anfosso pour son original SANSEVERINA (81). J’ai déjà parlé de COMMENTARY, qui est une des variétés les plus utilisées jusqu’à présent et qu’on trouve entre autres derrière SOAP OPERA (Ghio 82), PANTOMIME (Babson 70), APROPOS (Babson 64) lui-même à l’origine de TAMBOURINE et d’une longue lignée où se rencontre PACIFIC MIST(Schreiner 79. Enfin n’oublions pas que CHAPEAU a donné naissance à JAZZ FESTIVAL (Schreiner 90), un brillant variegata, et que CREDO a transmis ses qualités et ses couleurs à une série de brun-rouge comme MINISA (Wall 76) ou EVENING IN PARIS (N. Sexton 76).
Après une carrière d’hybrideur d’une trentaine d’années, Sanford Babson a rangé ces brucelles au début des années 80. Il s’est tenu complètement à l’écart du monde des iris, à la place qu’il avait toujours occupée. Il s’est éteint en 2003 à l’âge respectable de 93 ans, mais les amateurs l’avaient tellement perdu de vue que cette disparition est passée inaperçue et qu’il n’a pas eu droit à la chronique obituaire que le Bulletin de l’AIS consacre habituellement aux « majors » de l’hybridation. C’est donc ici qu’il trouvera l’hommage que les iridophiles lui doivent.
Sources : Article de Ben Hager in B. AIS juillet 1974 ; F. Thoolen (e-mail du 16/01/05).
Si l’on devait décerner une médaille à l’obtenteur le plus discret, sans doute devrait-on décorer Sanford Babson. Ce Californien du Sud, installé à Visalia, dans l’ample vallée de San Joaquin, à mi-chemin entre San Francisco et Los Angeles, a fourni au monde des iris des variétés qui ont marqué leur temps, sans qu’il recherche la moindre notoriété. Il ne songeait ni aux honneurs ni à la célébrité, participant très peu aux activités du microcosme dont il faisait involontairement partie. Il considérait les iris comme un loisir, son activité principale étant la culture des orangers. Mais il passait aussi pas mal de temps à herboriser dans les Rocheuses et s’adonnait au golf.
Son intérêt pour les iris lui est venu avec les encouragements de Tom Craig, Californien du Sud lui aussi, obtenteur important de l’après-guerre, qui l’accueillit à son catalogue au début des années 50, avec des variétés comme YUCCA (53), iris crème plus blanc au cœur, issu d’un croisement de SNOW FLURRY X BALI BELLE, qui devait être à l’origine d’une grande partie des obtention de Sanford Babson.
Il prétendait ne pas avoir d’idée préconçue dans ses choix de croisement, mais à défaut de ligne de conduite claire, il avait au moins un sens précis de ce qui pouvait aboutir à quelque chose de neuf et d’intéressant. Par exemple ce croisement de SNOW FLURRY et de BALI BELLE. A vrai dire Babson perdit un jour le pedigree d’un semis qui lui a cependant paru porteur d’espoir, son E 61. Il était certain qu’il s’agissait du croisement SNOW FLURRY X BALI BELLE, mais n’en ayant plus la preuve, il se contenta d’indiquer le numéro de ce semis dans les informations données à propos de ses descendants. C’est le cas pour CAMBODIA (66), COMMENTARY (63), CONFECTION (64), EPIC (65) ou FAIR IMAGE (60). ET bien entendu les descendants directs de ces variétés, comme APROPOS (64).
Après la disparition de Tom Craig, c’est Ben Hager qui a trouvé dans son Melrose Garden une place pour les cultivars de Sanford Babson. Il y en eut une quarantaine entre 1960 et 1984. On ne peut pas tous les nommer, mais il y en a cependant qui ont atteint une telle renommée et un succès international si important qu’on ne peut pas les passer sous silence. Témoin : CREDO (64), acajou uni, TAMBOURINE (68), variegata or et grenat, PANTOMIME (70) blanc nacré, ODYSSEY (71), plicata indigo, CHAPEAU (71) imposant amoena beige et pourpre, SWEDISH MODERN (76), délicat variegata paille et mauve, MERRY MADRIGAL (82), voisin du précédent, FANCY FELLOW (84), original bleu clair veiné de plus foncé, sans oublier SHIPSHAPE (69), bleu drapeau à barbes jaunes, qui s’est offert la Médaille de Dykes en 74 après avoir déjà conquis la Franklin Cook Cup l’année précédente.
La plupart de ces variétés ont eu une descendance nombreuse et valeureuse, ce qui prouve l’excellence des choix de Sanford Babson. Prenez le joli bleu ciel EPIC : c’est le « père » de SHIPSHAPE, lui-même à l’origine du bleu vif BREAKERS (Schreiner 86), de BLEU DE GIEN (Cayeux 78) ou de FREEDOM ROAD (Plough 77), lequel rejoint un autre iris Babson, MERRY MADRIGAL, dans le pedigree de EDITH WOLFORD (Hager 86 – DM 93). CHASING RAINBOWS, un autre superbe produit de Ben Hager, est également un descendant de MERRY MADRIGAL qui a pour parent un certain TAMBOURINE. Dans le jeu des participations croisées, TAMBOURINE se retrouve chez SWEDIH MODERN, mais il a également donné naissance au chaleureux bicolore SHAMAN (DuBose 80). CAMBODIA a été utilisé par P. Anfosso pour son original SANSEVERINA (81). J’ai déjà parlé de COMMENTARY, qui est une des variétés les plus utilisées jusqu’à présent et qu’on trouve entre autres derrière SOAP OPERA (Ghio 82), PANTOMIME (Babson 70), APROPOS (Babson 64) lui-même à l’origine de TAMBOURINE et d’une longue lignée où se rencontre PACIFIC MIST(Schreiner 79. Enfin n’oublions pas que CHAPEAU a donné naissance à JAZZ FESTIVAL (Schreiner 90), un brillant variegata, et que CREDO a transmis ses qualités et ses couleurs à une série de brun-rouge comme MINISA (Wall 76) ou EVENING IN PARIS (N. Sexton 76).
Après une carrière d’hybrideur d’une trentaine d’années, Sanford Babson a rangé ces brucelles au début des années 80. Il s’est tenu complètement à l’écart du monde des iris, à la place qu’il avait toujours occupée. Il s’est éteint en 2003 à l’âge respectable de 93 ans, mais les amateurs l’avaient tellement perdu de vue que cette disparition est passée inaperçue et qu’il n’a pas eu droit à la chronique obituaire que le Bulletin de l’AIS consacre habituellement aux « majors » de l’hybridation. C’est donc ici qu’il trouvera l’hommage que les iridophiles lui doivent.
Sources : Article de Ben Hager in B. AIS juillet 1974 ; F. Thoolen (e-mail du 16/01/05).
L’ENIGME DE LA SEMAINE
LAVIE EN JAUNE
Quelle est, des cinq variétés ci-dessous, celle qui a été obtenue par Jim Gibson ?
YELLOW BRICK ROAD
YELLOW CHIFFON
YELLOW EAGLE
YELLOW FRINGES
YELLOW TAPESTRY
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
Ciel !
HEAVEN’S EDGE est un néglecta-plicata aux pétales mauves et aux sépales blancs bordés d’indigo vif.
LAVIE EN JAUNE
Quelle est, des cinq variétés ci-dessous, celle qui a été obtenue par Jim Gibson ?
YELLOW BRICK ROAD
YELLOW CHIFFON
YELLOW EAGLE
YELLOW FRINGES
YELLOW TAPESTRY
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
Ciel !
HEAVEN’S EDGE est un néglecta-plicata aux pétales mauves et aux sépales blancs bordés d’indigo vif.
18.2.05
DE « WIDE WORLD » A « CROWNED HEADS »
Il y a des enquêtes généalogiques décevantes : celles où, après un bon départ, on tombe sur un pedigree obscur, ambigu, ou, pire encore, sur la mention « parents inconnus ». Point, barre, comme on dit maintenant. Il y en a d’autres où, en quelques minutes on arrive à la racine recherchée. C’est le cas pour CROWNED HEADS (Keppel 97 – DM 2004), quand on se demande d’où il tient cette inversion des couleurs qui font toute son originalité.
Remontons donc le cours du temps.
CROWNED HEADS est de (IN REVERSE X HONKY TONK BLUES). Or il se trouve que IN REVERSE (Gatty 93) est également un amoena inversé. Cherchons par-là. Ses parents sont (EDGE OF WINTER X SWIRLING SEAS). Ce dernier est un bleu d’une longue lignée de bleus, mais EDGE OF WINTER (Schreiner 83) présente une trace d’inversion des couleurs puisque ses pétales sont mauve tendre et ses sépales presque blancs. Continuons par celui-ci. Alerte ! Les informations concernant la parentèle de EDGE OF WINTER sont imprécises : on nous dit seulement qu’il s’agit du résultat d’un semis de BLUE FANTASY. Allons tout de même dans cette direction puisque nous n’avons aucune autre information. BLUE FANTASY (Branch 58), c’est (AIRY CHARM X WIDE WORLD). AIRY CHARM (Branch 54) est un bleu de bleus mais, bingo ! WIDE WORLD (Cook 53) est un semis d’Iris imbricata et c’est cette espèce qui a introduit dans les gènes de nos iris hybrides le phénomène d’inversion des couleurs ! Il est d’ailleurs décrit comme « bicolore inversé ; pétales bleu glycine clair, plus au sommet qu’à la base, sépales blancs, barbes blanches. » Paul Cook était vraiment un génie et on ne dira jamais assez combien il a apporté au monde des iris.
Ainsi notre champion du monde 2004 est-il parvenu au degré de perfection qui lui a valu sa distinction en cinq étapes seulement ! Cependant l’imprécision de la généalogie d’EDGE OF WINTER ne permet pas de savoir combien de générations se sont effectivement succédées entre lui et son ancêtre BLUE FANTASY. Car il s’est quand même écoulé 25 ans entre les deux !
Les descendants enregistrés de CROWNED HEADS sont encore peu nombreux, mais la notoriété que lui confère la Médaille de Dykes va certainement renouveler l’intérêt que les hybrideurs vont lui porter. En tout cas les quatre variétés issues de CROWNED HEADS que je connais sont toutes intéressantes. ALPENVIEW (Keppel 2002) est encore plus pur que son parent maternel ; WINTRY SKY (Keppel 2002) et d’un coloris plus froid, mais encore plus contrasté ; BRUSSELS (Johnson 2003) se rapproche du précédent, avec des traces de vert sur le haut des sépales, mais la fleur est un peu plus ample et traditionnelle de forme. Quant à MYSTERIOUS WAY (Keppel 2004), il porte bien son nom. Vers quel chemin mystérieux nous entraîne cette fleur aux pétales jaune tilleul dont les côtes sont imprégnées de violet, tandis que les sépales, à peine bleutés, sont marqués de jaune aux épaules ? On est en route vers une nouvelle association de couleurs, un nouvel amoena inversé, peut-être porteur de nouveauté mais qui, à mon avis, aura du mal à conquérir les cœurs des amateurs traditionnels. En tout cas bien d’autres enfants de CROWNED HEADS viendront bientôt et ils nous offriront d’autres surprises.
Il y a des enquêtes généalogiques décevantes : celles où, après un bon départ, on tombe sur un pedigree obscur, ambigu, ou, pire encore, sur la mention « parents inconnus ». Point, barre, comme on dit maintenant. Il y en a d’autres où, en quelques minutes on arrive à la racine recherchée. C’est le cas pour CROWNED HEADS (Keppel 97 – DM 2004), quand on se demande d’où il tient cette inversion des couleurs qui font toute son originalité.
Remontons donc le cours du temps.
CROWNED HEADS est de (IN REVERSE X HONKY TONK BLUES). Or il se trouve que IN REVERSE (Gatty 93) est également un amoena inversé. Cherchons par-là. Ses parents sont (EDGE OF WINTER X SWIRLING SEAS). Ce dernier est un bleu d’une longue lignée de bleus, mais EDGE OF WINTER (Schreiner 83) présente une trace d’inversion des couleurs puisque ses pétales sont mauve tendre et ses sépales presque blancs. Continuons par celui-ci. Alerte ! Les informations concernant la parentèle de EDGE OF WINTER sont imprécises : on nous dit seulement qu’il s’agit du résultat d’un semis de BLUE FANTASY. Allons tout de même dans cette direction puisque nous n’avons aucune autre information. BLUE FANTASY (Branch 58), c’est (AIRY CHARM X WIDE WORLD). AIRY CHARM (Branch 54) est un bleu de bleus mais, bingo ! WIDE WORLD (Cook 53) est un semis d’Iris imbricata et c’est cette espèce qui a introduit dans les gènes de nos iris hybrides le phénomène d’inversion des couleurs ! Il est d’ailleurs décrit comme « bicolore inversé ; pétales bleu glycine clair, plus au sommet qu’à la base, sépales blancs, barbes blanches. » Paul Cook était vraiment un génie et on ne dira jamais assez combien il a apporté au monde des iris.
Ainsi notre champion du monde 2004 est-il parvenu au degré de perfection qui lui a valu sa distinction en cinq étapes seulement ! Cependant l’imprécision de la généalogie d’EDGE OF WINTER ne permet pas de savoir combien de générations se sont effectivement succédées entre lui et son ancêtre BLUE FANTASY. Car il s’est quand même écoulé 25 ans entre les deux !
Les descendants enregistrés de CROWNED HEADS sont encore peu nombreux, mais la notoriété que lui confère la Médaille de Dykes va certainement renouveler l’intérêt que les hybrideurs vont lui porter. En tout cas les quatre variétés issues de CROWNED HEADS que je connais sont toutes intéressantes. ALPENVIEW (Keppel 2002) est encore plus pur que son parent maternel ; WINTRY SKY (Keppel 2002) et d’un coloris plus froid, mais encore plus contrasté ; BRUSSELS (Johnson 2003) se rapproche du précédent, avec des traces de vert sur le haut des sépales, mais la fleur est un peu plus ample et traditionnelle de forme. Quant à MYSTERIOUS WAY (Keppel 2004), il porte bien son nom. Vers quel chemin mystérieux nous entraîne cette fleur aux pétales jaune tilleul dont les côtes sont imprégnées de violet, tandis que les sépales, à peine bleutés, sont marqués de jaune aux épaules ? On est en route vers une nouvelle association de couleurs, un nouvel amoena inversé, peut-être porteur de nouveauté mais qui, à mon avis, aura du mal à conquérir les cœurs des amateurs traditionnels. En tout cas bien d’autres enfants de CROWNED HEADS viendront bientôt et ils nous offriront d’autres surprises.
L’ENIGME DE LA SEMAINE
Ciel !
Parler des cieux évoque la pureté … et le blanc ! A moins que…
Découvrez l’iris qui n’est pas blanc pur parmi les cinq ci-dessous.
HEAVEN – Ghio 97
HEAVEN HELPED – Waltermire 79
HEAVEN’S BEST – E. Smith 72
HEAVEN’S EDGE – Tompkins 96
HERE ‘S HEAVEN – D. Meek 92
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
Les Déesses
RUFFLED GODDESS est une variété lilas vif.
Ciel !
Parler des cieux évoque la pureté … et le blanc ! A moins que…
Découvrez l’iris qui n’est pas blanc pur parmi les cinq ci-dessous.
HEAVEN – Ghio 97
HEAVEN HELPED – Waltermire 79
HEAVEN’S BEST – E. Smith 72
HEAVEN’S EDGE – Tompkins 96
HERE ‘S HEAVEN – D. Meek 92
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
Les Déesses
RUFFLED GODDESS est une variété lilas vif.
13.2.05
Lloyd ZURBRIGG
En perdant Lloyd Zurbrigg, le monde des iris voit disparaître un des maîtres incontesté des iris remontants. Dans un long article paru dans le numéro de janvier 2001 du Bulletin de l’AIS, il a raconté lui-même son cheminement parmi les plantes dont il s’est amouraché très jeune et auxquelles il a apporté une qualité particulière appréciée par de très nombreux amateurs.
C’est dans la province canadienne d’Ontario qu’il a vu le jour et qu’il a grandi. Dès 1938 il dit s’être intéressé au jardinage, mais c’est seulement alors qu’il était étudiant à l’Université de Toronto qu’il s’est tourné vers les iris. Cependant les variétés capables de supporter le climat plutôt rigoureux de l’Ontario étaient rares dans les années 40, et les déceptions n’ont pas manqué au jeune Lloyd tant qu’il est resté au Canada. Il était cependant décidé à poursuivre ses expériences d’hybridation et il s’était fixé trois buts : les amoenas, les remontants et les arilbreds. Parti poursuivre ses études musicales aux Etats-Unis, à l’Université d’Indiana, il reçut les encouragements de Raymond Smith et de Earl Roberts deux hybrideurs « hoosier * » bien connus.
Comme c’est bien souvent le cas, ses premières hybridations tant chez les amoenas que chez les arilbreds ne l’ont pas totalement satisfait. Mais Paul Cook l’a encouragé à persévérer. C’est ce qu’il a fait, surtout après son installation en Virginie où il a été professeur de musique pendant vingt-neuf ans. Il considérait que son premier iris vraiment valable était GRAND BAROQUE (69). Il s’agit d’un amoena jaune pâle, avec des traces de mauve sur les sépales ; pas une variété qui attire l’œil, mais un iris à fort potentiel génétique. D’ailleurs Lloyd Zurbrigg l’a utilisé largement à cette fin. Des variétés aussi connues que BAROQUE PRELUDE (74) et son frère de semis I DO (79), ainsi que EARL OF ESSEX (80), ENGLISH COTTAGE (76), LATEST STYLE (79) SPIRIT OF MEMPHIS (77) ou YOUTH DEW (76) en sont des descendants. Ces variétés elles-même, unies entre elles ou à d’autres, sont à l’origine de très grands noms des iris, tous remarquables par leur capacité à remonter largement : prenez IMMORTALITY (82) qui a frisé la D. M. et qui a donné naissance à de très belles variétés comme SUNNY DISPOSITION (91) ou des produits de Monty Byers comme ZURICH (90) ou WINTERLAND (90). DA CAPO (68) est une variété fétiche de Lloyd Zurbrigg, elle aussi riche en descendants comme CROSS STITCH (73) ou LIGHTLY SEASONED (79). Monty Byers et Lloyd Zurbrigg ont eu beaucoup d’attachement l’un pour l’autre, notamment parce qu’ils poursuivaient des buts similaires. Ils ont souvent échangé leurs obtentions et Byers a largement utilisé les obtentions de son aîné. Citons par exemple SPIRIT OF MEMPHIS pour BUCKWEAT (89), ANEW pour CAROLINE GIBBS (90), I DO pour HIGH HO SILVER (89), EARL OF ESSEX pour FLOORSHOW (89) et LICHEN (89), et surtout ART OF RAPHAEL (79) pour THORNBIRD (89 – DM 97). En sens inverse notons que ROCKSTAR (91) est à l’origine de GLADIATRIX (2003), qu’ICELAND (90) a donné TWILIGHT FANCIES (2001), que MESMERIZER (91 – DM 2002) a engendré MASTERWORK (2000) et que MOONLIT(86) est derrière le premier « rostrata » de Zurbrigg : DURHAM DREAM (99).
DURHAM, c’est le nom de la ville de Caroline du Nord où Lloyd Zurbrigg s’était retiré et où il vient de mourir. Il a dit lui-même que l’hybridation n’était pas chez lui une vocation, mais qu’il l’a pratiquée parce qu’elle lui apportait du plaisir, et qu’il était heureux de faire partager ce plaisir par tous les amateurs d’iris, non seulement ceux qui se passionnent pour les remontants, mais tous ceux qui apprécient les belles fleurs, comme ce CLARENCE (91) qui est sans doute sa plus intéressante obtention, comme le démontre le fait que cette variété ait tutoyé deux fois la Médaille de Dykes. Le nom de Zurbrigg restera longtemps dans la mémoire du petit monde des iris, à une place qu’il a amplement méritée.
* Hoosier est le surnom donné aux habitants de l’Indiana.
En perdant Lloyd Zurbrigg, le monde des iris voit disparaître un des maîtres incontesté des iris remontants. Dans un long article paru dans le numéro de janvier 2001 du Bulletin de l’AIS, il a raconté lui-même son cheminement parmi les plantes dont il s’est amouraché très jeune et auxquelles il a apporté une qualité particulière appréciée par de très nombreux amateurs.
C’est dans la province canadienne d’Ontario qu’il a vu le jour et qu’il a grandi. Dès 1938 il dit s’être intéressé au jardinage, mais c’est seulement alors qu’il était étudiant à l’Université de Toronto qu’il s’est tourné vers les iris. Cependant les variétés capables de supporter le climat plutôt rigoureux de l’Ontario étaient rares dans les années 40, et les déceptions n’ont pas manqué au jeune Lloyd tant qu’il est resté au Canada. Il était cependant décidé à poursuivre ses expériences d’hybridation et il s’était fixé trois buts : les amoenas, les remontants et les arilbreds. Parti poursuivre ses études musicales aux Etats-Unis, à l’Université d’Indiana, il reçut les encouragements de Raymond Smith et de Earl Roberts deux hybrideurs « hoosier * » bien connus.
Comme c’est bien souvent le cas, ses premières hybridations tant chez les amoenas que chez les arilbreds ne l’ont pas totalement satisfait. Mais Paul Cook l’a encouragé à persévérer. C’est ce qu’il a fait, surtout après son installation en Virginie où il a été professeur de musique pendant vingt-neuf ans. Il considérait que son premier iris vraiment valable était GRAND BAROQUE (69). Il s’agit d’un amoena jaune pâle, avec des traces de mauve sur les sépales ; pas une variété qui attire l’œil, mais un iris à fort potentiel génétique. D’ailleurs Lloyd Zurbrigg l’a utilisé largement à cette fin. Des variétés aussi connues que BAROQUE PRELUDE (74) et son frère de semis I DO (79), ainsi que EARL OF ESSEX (80), ENGLISH COTTAGE (76), LATEST STYLE (79) SPIRIT OF MEMPHIS (77) ou YOUTH DEW (76) en sont des descendants. Ces variétés elles-même, unies entre elles ou à d’autres, sont à l’origine de très grands noms des iris, tous remarquables par leur capacité à remonter largement : prenez IMMORTALITY (82) qui a frisé la D. M. et qui a donné naissance à de très belles variétés comme SUNNY DISPOSITION (91) ou des produits de Monty Byers comme ZURICH (90) ou WINTERLAND (90). DA CAPO (68) est une variété fétiche de Lloyd Zurbrigg, elle aussi riche en descendants comme CROSS STITCH (73) ou LIGHTLY SEASONED (79). Monty Byers et Lloyd Zurbrigg ont eu beaucoup d’attachement l’un pour l’autre, notamment parce qu’ils poursuivaient des buts similaires. Ils ont souvent échangé leurs obtentions et Byers a largement utilisé les obtentions de son aîné. Citons par exemple SPIRIT OF MEMPHIS pour BUCKWEAT (89), ANEW pour CAROLINE GIBBS (90), I DO pour HIGH HO SILVER (89), EARL OF ESSEX pour FLOORSHOW (89) et LICHEN (89), et surtout ART OF RAPHAEL (79) pour THORNBIRD (89 – DM 97). En sens inverse notons que ROCKSTAR (91) est à l’origine de GLADIATRIX (2003), qu’ICELAND (90) a donné TWILIGHT FANCIES (2001), que MESMERIZER (91 – DM 2002) a engendré MASTERWORK (2000) et que MOONLIT(86) est derrière le premier « rostrata » de Zurbrigg : DURHAM DREAM (99).
DURHAM, c’est le nom de la ville de Caroline du Nord où Lloyd Zurbrigg s’était retiré et où il vient de mourir. Il a dit lui-même que l’hybridation n’était pas chez lui une vocation, mais qu’il l’a pratiquée parce qu’elle lui apportait du plaisir, et qu’il était heureux de faire partager ce plaisir par tous les amateurs d’iris, non seulement ceux qui se passionnent pour les remontants, mais tous ceux qui apprécient les belles fleurs, comme ce CLARENCE (91) qui est sans doute sa plus intéressante obtention, comme le démontre le fait que cette variété ait tutoyé deux fois la Médaille de Dykes. Le nom de Zurbrigg restera longtemps dans la mémoire du petit monde des iris, à une place qu’il a amplement méritée.
* Hoosier est le surnom donné aux habitants de l’Indiana.
L’ENIGME DE LA SEMAINE
Les Déesses
Des quatre déesses ci-dessous, trois présentent une inversion des couleurs, mais la quatrième diffère profondément. De laquelle s’agit-il ?
GRECIAN GODDESS – Maryott 89
IVORY GODDESS – Kerr 97
RAINBOW GODDESS – Ernst 94
RUFFLED GODDESS – Tasco 92
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
Définitions
La définition n° 1 correspond à RUÉE VERS L’OR ; la définition n° 2 est celle de LOUIS D’OR ; la définition n° 3 appartient à BASTILLE.
Les Déesses
Des quatre déesses ci-dessous, trois présentent une inversion des couleurs, mais la quatrième diffère profondément. De laquelle s’agit-il ?
GRECIAN GODDESS – Maryott 89
IVORY GODDESS – Kerr 97
RAINBOW GODDESS – Ernst 94
RUFFLED GODDESS – Tasco 92
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
Définitions
La définition n° 1 correspond à RUÉE VERS L’OR ; la définition n° 2 est celle de LOUIS D’OR ; la définition n° 3 appartient à BASTILLE.
4.2.05
A DEUX, C’EST MIEUX
II. Les belles équipes
Dans le petit monde des iris il y a toujours eu des couples qui se sont passionnés ensemble pour leur plante favorite et ont laissé leurs deux noms dans les annales. « Irisenligne » s’est intéressé aux ménages d’hybrideurs, des années 50 à nos jours. Pour être complet, il nous faut parler maintenant des couples d’amis ou de frères.
Précisément, parlons pour commencer des frères Watkins. Pendant les années 50, Edward et Arthur Watkins ont géré à deux la pépinière Fairmount Gardens, en Nouvelle Angleterre. Arthur était le bras de son frère Edward, handicapé. C’est cette complémentarité exemplaire qui leur a permis de produire des iris de qualité.
Entre Ben Hager et Sidney DuBose, c’était comme entre Montaigne et La Boëtie. La plupart des variétés obtenues dans les jardins de cette paire de compagnons indéfectible sont enregistrées au nom de Ben Hager, mais auraient-elles pu être produites et soignées sans l’intervention discrète de Sid DuBose ? L’amitié est une vraiment belle chose quand elle parvient à ce point de symbiose dans la recherche de la perfection.
C’est dans un autre registre que se situe la relation entre Joë Gatty et Keith Keppel. Une autre complémentarité aussi. Gatty était un génial hybrideur, amoureux des fleurs amples et romantiques, mais en faire commerce n’était pas son domaine. Keppel, en plus d’être un hybrideur d’exception et une sommité en matière de génétique des iris, ne néglige pas le côté matériel du métier. Chaque année le catalogue Keppel s’est ouvert aux productions de Joë Gatty. Les variétés de l’un et de l’autre étaient complémentaires, et leurs travaux s’appuyaient sur une utilisation partagée du potentiel génétique de leurs iris. Derrière les discrets amoenas jaunes que sont CHAMPAGNE FROST (Keppel 96) et SMILING FACES (Keppel 98), frères de semis, il y a PRECIOUS MOMENTS (Gatty 87) ; le côté maternel de l’adorable SOCIAL GRACES (Keppel 2000) est constitué de variétés Gatty : (Femme Fatale x ((Nefertiti x Playgirl) x Presence)) ; et le délicieux rose tendre KITTY KAY, tout ébouriffé, (Keppel 2002), a pour maman COMING UP ROSES (92), le dernier rose de Gatty. En sens inverse il y a du VILLAIN (Keppel 81) dans les deux variegatas de Gatty SMART ALECK (87) et HIGH DRAMA (91).
Une collaboration un peu différente s’est établie entre Abram Feuerstein et Jim McWhirter. Comme les deux précédentes elle ne s’est achevée que lors de la disparition de l’un des deux membres de l’équipe.
A la génération suivante, celle qui monte aujourd’hui, on découvre deux belles équipes. D’une part Paul Black et Tom Johnson, de l’autre Richard Tasco et Roger Duncan. Paul Black, jadis installé à Oklahoma City, en Oklahoma, a du abandonner sa pépinière ravagée par les maladies ; il a rejoint Tom Johnson à Salem dans l’Oregon, le paradis des iris. Conjuguant leurs talents, ils produisent l’un et l’autre des iris qui font désormais partie de l’élite, comme le grand bicolore NAPLES (Johnson T. 2000) ou le bleu nuit à barbes rouges PAUL BLACK (Johnson T. 2002), DUDE RANCH (Black P. 2000), Florin d’Or en 2002, ou TOM JOHNSON (Black P. 96), bitone bleu foncé à barbes orange, en course pour la D.M. de 2005. Le Californien Richard Tasco a commencé sa carrière en 1992, avec RUFFLED GODDESS, un violet améthyste impressionnant. Douze ans plus tard il collectionne les récompenses avec GOLDEN PANTHER (2000), President’s Cup 2004, et SPLASHACATA (97), Wister Medal 2004 et bien placé pour la D.M. 2005. Quant a Roger Duncan, il a débuté en 95 avec SHAKEDOWN, un très classique variegata-plicata, mais son deuxième iris, HOLLYWOOD NIGHTS (2000) est déjà considéré comme le meilleur « noir » de ce début de siècle.
Des associations comme celles qui viennent d’être évoquées devraient à l’avenir prospérer et se multiplier. En effet dans une région où les terrains sont chers, il est intéressant de réunir ses forces pour posséder les surfaces nécessaires au développement de nouvelles pépinières. Par ailleurs faire catalogue commun est une source non négligeable d’économies. Alors, quand l’amitié s’ajoute aux intérêts bien compris, quand le talent est affermi par l’émulation, on ne peut qu’obtenir des résultats flatteurs. Ce ne sont pas les amateurs d’iris qui s’en plaindront.
L’ENIGME DE LA SEMAINE
Descriptions
Irisenligne a parlé récemment de trois iris français, proches cousins : BASTILLE, RUÉE VERS L’OR et LOUIS D’OR. En voici les descriptions telles qu’elles apparaissent dans les « Check-Lists » de l’AIS.
Attribuez à chaque description le nom de variété qui va avec.
1) Jaune indien, sépales avec des raies brunes ; barbes plus foncées que jaune indien ; ondulé, frisé.
2) Jaune d’or brillant, proche du jaune cadmium, sépales avec des lignes brun clair autour des barbes jaunes.
3) Jaune brillant avec des lignes brunes autour des barbes mandarines.
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
Qu’est-ce que c’est ?
Le texte en question est la traduction en Espéranto de la définition de trois iris enregistrés en 2003 par Richard Cayeux :
FANFRELUCHE
MYSTERIEUX
ROUCOULADE.
Voici la traduction des abréviations :
AA = (Alta Arista) = Grand Barbu (ou TB en anglais).
MT = (Mez-tarda) = Mi-tardif
MS = (Mez-sezona) = Mi-saison
MF = (Mez-frua) = Hâtif moyen
Sem. = (semado) = semis (ou seedling en anglais)
Les mots qui ne se traduisent pas spontanément :
Hel-flavaj ( au singulier hel-flava) = Jaune clair
Siringaj ( du substantif siringo) = Lilas
Or-flavaj ( au singulier or-flava) = Jaune d’or
Aristoj (au singulier aristo) = Barbes
Wultroj ( au singulier wultro) = Epaules
Miniaj ( du substantif minio) = Minium.
Le « j » est la marque du pluriel.
II. Les belles équipes
Dans le petit monde des iris il y a toujours eu des couples qui se sont passionnés ensemble pour leur plante favorite et ont laissé leurs deux noms dans les annales. « Irisenligne » s’est intéressé aux ménages d’hybrideurs, des années 50 à nos jours. Pour être complet, il nous faut parler maintenant des couples d’amis ou de frères.
Précisément, parlons pour commencer des frères Watkins. Pendant les années 50, Edward et Arthur Watkins ont géré à deux la pépinière Fairmount Gardens, en Nouvelle Angleterre. Arthur était le bras de son frère Edward, handicapé. C’est cette complémentarité exemplaire qui leur a permis de produire des iris de qualité.
Entre Ben Hager et Sidney DuBose, c’était comme entre Montaigne et La Boëtie. La plupart des variétés obtenues dans les jardins de cette paire de compagnons indéfectible sont enregistrées au nom de Ben Hager, mais auraient-elles pu être produites et soignées sans l’intervention discrète de Sid DuBose ? L’amitié est une vraiment belle chose quand elle parvient à ce point de symbiose dans la recherche de la perfection.
C’est dans un autre registre que se situe la relation entre Joë Gatty et Keith Keppel. Une autre complémentarité aussi. Gatty était un génial hybrideur, amoureux des fleurs amples et romantiques, mais en faire commerce n’était pas son domaine. Keppel, en plus d’être un hybrideur d’exception et une sommité en matière de génétique des iris, ne néglige pas le côté matériel du métier. Chaque année le catalogue Keppel s’est ouvert aux productions de Joë Gatty. Les variétés de l’un et de l’autre étaient complémentaires, et leurs travaux s’appuyaient sur une utilisation partagée du potentiel génétique de leurs iris. Derrière les discrets amoenas jaunes que sont CHAMPAGNE FROST (Keppel 96) et SMILING FACES (Keppel 98), frères de semis, il y a PRECIOUS MOMENTS (Gatty 87) ; le côté maternel de l’adorable SOCIAL GRACES (Keppel 2000) est constitué de variétés Gatty : (Femme Fatale x ((Nefertiti x Playgirl) x Presence)) ; et le délicieux rose tendre KITTY KAY, tout ébouriffé, (Keppel 2002), a pour maman COMING UP ROSES (92), le dernier rose de Gatty. En sens inverse il y a du VILLAIN (Keppel 81) dans les deux variegatas de Gatty SMART ALECK (87) et HIGH DRAMA (91).
Une collaboration un peu différente s’est établie entre Abram Feuerstein et Jim McWhirter. Comme les deux précédentes elle ne s’est achevée que lors de la disparition de l’un des deux membres de l’équipe.
A la génération suivante, celle qui monte aujourd’hui, on découvre deux belles équipes. D’une part Paul Black et Tom Johnson, de l’autre Richard Tasco et Roger Duncan. Paul Black, jadis installé à Oklahoma City, en Oklahoma, a du abandonner sa pépinière ravagée par les maladies ; il a rejoint Tom Johnson à Salem dans l’Oregon, le paradis des iris. Conjuguant leurs talents, ils produisent l’un et l’autre des iris qui font désormais partie de l’élite, comme le grand bicolore NAPLES (Johnson T. 2000) ou le bleu nuit à barbes rouges PAUL BLACK (Johnson T. 2002), DUDE RANCH (Black P. 2000), Florin d’Or en 2002, ou TOM JOHNSON (Black P. 96), bitone bleu foncé à barbes orange, en course pour la D.M. de 2005. Le Californien Richard Tasco a commencé sa carrière en 1992, avec RUFFLED GODDESS, un violet améthyste impressionnant. Douze ans plus tard il collectionne les récompenses avec GOLDEN PANTHER (2000), President’s Cup 2004, et SPLASHACATA (97), Wister Medal 2004 et bien placé pour la D.M. 2005. Quant a Roger Duncan, il a débuté en 95 avec SHAKEDOWN, un très classique variegata-plicata, mais son deuxième iris, HOLLYWOOD NIGHTS (2000) est déjà considéré comme le meilleur « noir » de ce début de siècle.
Des associations comme celles qui viennent d’être évoquées devraient à l’avenir prospérer et se multiplier. En effet dans une région où les terrains sont chers, il est intéressant de réunir ses forces pour posséder les surfaces nécessaires au développement de nouvelles pépinières. Par ailleurs faire catalogue commun est une source non négligeable d’économies. Alors, quand l’amitié s’ajoute aux intérêts bien compris, quand le talent est affermi par l’émulation, on ne peut qu’obtenir des résultats flatteurs. Ce ne sont pas les amateurs d’iris qui s’en plaindront.
L’ENIGME DE LA SEMAINE
Descriptions
Irisenligne a parlé récemment de trois iris français, proches cousins : BASTILLE, RUÉE VERS L’OR et LOUIS D’OR. En voici les descriptions telles qu’elles apparaissent dans les « Check-Lists » de l’AIS.
Attribuez à chaque description le nom de variété qui va avec.
1) Jaune indien, sépales avec des raies brunes ; barbes plus foncées que jaune indien ; ondulé, frisé.
2) Jaune d’or brillant, proche du jaune cadmium, sépales avec des lignes brun clair autour des barbes jaunes.
3) Jaune brillant avec des lignes brunes autour des barbes mandarines.
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
Qu’est-ce que c’est ?
Le texte en question est la traduction en Espéranto de la définition de trois iris enregistrés en 2003 par Richard Cayeux :
FANFRELUCHE
MYSTERIEUX
ROUCOULADE.
Voici la traduction des abréviations :
AA = (Alta Arista) = Grand Barbu (ou TB en anglais).
MT = (Mez-tarda) = Mi-tardif
MS = (Mez-sezona) = Mi-saison
MF = (Mez-frua) = Hâtif moyen
Sem. = (semado) = semis (ou seedling en anglais)
Les mots qui ne se traduisent pas spontanément :
Hel-flavaj ( au singulier hel-flava) = Jaune clair
Siringaj ( du substantif siringo) = Lilas
Or-flavaj ( au singulier or-flava) = Jaune d’or
Aristoj (au singulier aristo) = Barbes
Wultroj ( au singulier wultro) = Epaules
Miniaj ( du substantif minio) = Minium.
Le « j » est la marque du pluriel.
Inscription à :
Articles (Atom)