CETTE SEMAINE
Deux chroniques, pour agrémenter les réflexions d'été de ceux qui me font le plaisir (et se font le plaisir, j'espère) de lire ce blog.
29.7.05
Emily Jean STEVENS
On connaît les obtenteurs australiens comme Barry Blyth ou Graeme Grosvenor, qui, aujourd’hui, se situent parmi les plus grands. On sait moins qu’ils ont été précédés dans l’hémisphère sud par une dame néo-zélandaise dont la renommée a été vive dans les années 40/60. Il s’agit de Emily Jean Stevens.
Comme c’est assez souvent le cas, c’est avec l’une de ses premières obtentions qu’elle a acquis cette renommée qui l’accompagnera jusqu’à sa mort prématurée en 1967. PINNACLE (45), puisque c’est de celui-ci qu’il s’agit, est resté très longtemps la référence en matière d’amoena jaune.
Wanganui, là où elle habitait, est située sur la côte sud-ouest de l’île du Nord, à peu près à mi-chemin entre la capitale, Auckland, tout au nord, et Wellington, tout au nord aussi, mais cette fois de la grande île de Sud. Elle y cultivait une collection de plantes de l’hémisphère sud si connue que la reine-mère d’Angleterre, en visite en Nouvelle Zélande en 66, a tenu à la visiter. Cependant pour les amis des iris, elle était aussi une passionnée de l’hybridation qui nous a donné plusieurs variétés dont on ne soupçonne pas toujours qu’elles proviennent des antipodes. Le jaune cuivre ROYAL SOVEREIGN (49), qui fait toujours partie de la collection du Parc de Bagatelle, en est un exemple. Ce sont pourtant les variétés des années 60 qui ont eu le plus grand retentissement. A commencer par YOUTHFUL CHARM (61), amoena abricot, qui fut une des toutes premières tentatives dan ce coloris difficile à obtenir.
A l’époque, Jean Stevens avait acquis une grande maîtrise dans l’art de l’hybridation. Ne s’intéressait-elle pas aux iris depuis le début des années 20 ? Elle a tout au cours de sa vie essayé d’obtenir de nouveaux coloris et elle s’était fixé le but d’obtenir un amoena rose parfait. Il semble qu’elle n’y soit véritablement parvenue qu’à la toute fin de sa vie trop brève, avec ce SUNSET SNOWS (65) qui fut son chant du cygne. Dès son apparition cet iris a fait sensation. A Florence, en 67, il a obtenu la troisième place et celle de variété au coloris le plus original. Les hybrideurs ne se sont pas fait prier pour l’utiliser dans leurs croisements, tout particulièrement Barry Blyth, en Australie, qui en a tiré OUTER LIMITS (72), ancêtre des plus originales variétés de cet obtenteur, comme ses bicolores bleu et magenta (ELECTRIQUE -93- et ses suivants), ou les deux frères de semis que sont IN TEMPO et PIPER’S FLUTE. IN TEMPO se trouve derrière LUNAR RAINBOW (76), SOSTENIQUE(75) ou VERBENA MOON (78) ; PIPER’S FLUTE est à l’origine des variétés Anfosso MARCHE TURQUE (91) et SAMARCANDE (92).
Entre PINNACLE et SUNSET SNOWS se sont placés un certain nombre d’iris de valeur comme OPAL SHEEN (62), BRILLIANT SURPRISE (63) et TWILIGHT HARMONY (64). Le premier est un lilas à reflets laiteux ou, si l’on veut, opalescent ; le second est un brillant variegata ; le troisième, de loin le plus original, allie des pétales jaune miel et des sépales rose bruyère, autour d’une barbe or.
A côté de ses activités horticoles, Jean Stevens a été membre fondateur de la société des iris de Nouvelle Zélande, créatrice et rédactrice pendant plusieurs années du bulletin de cette société, et auteur d’un grand nombre de textes traitant des iris et de leur culture. Lorsqu’elle a disparu, elle a laissé dans son pays un vide qui n’a jamais été complètement comblé, jusqu’à nos jours. Mais dans la mémoire des iridophiles elle reste l’une des figures majeures de l’immédiat après-guerre, période qui fut l’un des âges d’or des iris.
On connaît les obtenteurs australiens comme Barry Blyth ou Graeme Grosvenor, qui, aujourd’hui, se situent parmi les plus grands. On sait moins qu’ils ont été précédés dans l’hémisphère sud par une dame néo-zélandaise dont la renommée a été vive dans les années 40/60. Il s’agit de Emily Jean Stevens.
Comme c’est assez souvent le cas, c’est avec l’une de ses premières obtentions qu’elle a acquis cette renommée qui l’accompagnera jusqu’à sa mort prématurée en 1967. PINNACLE (45), puisque c’est de celui-ci qu’il s’agit, est resté très longtemps la référence en matière d’amoena jaune.
Wanganui, là où elle habitait, est située sur la côte sud-ouest de l’île du Nord, à peu près à mi-chemin entre la capitale, Auckland, tout au nord, et Wellington, tout au nord aussi, mais cette fois de la grande île de Sud. Elle y cultivait une collection de plantes de l’hémisphère sud si connue que la reine-mère d’Angleterre, en visite en Nouvelle Zélande en 66, a tenu à la visiter. Cependant pour les amis des iris, elle était aussi une passionnée de l’hybridation qui nous a donné plusieurs variétés dont on ne soupçonne pas toujours qu’elles proviennent des antipodes. Le jaune cuivre ROYAL SOVEREIGN (49), qui fait toujours partie de la collection du Parc de Bagatelle, en est un exemple. Ce sont pourtant les variétés des années 60 qui ont eu le plus grand retentissement. A commencer par YOUTHFUL CHARM (61), amoena abricot, qui fut une des toutes premières tentatives dan ce coloris difficile à obtenir.
A l’époque, Jean Stevens avait acquis une grande maîtrise dans l’art de l’hybridation. Ne s’intéressait-elle pas aux iris depuis le début des années 20 ? Elle a tout au cours de sa vie essayé d’obtenir de nouveaux coloris et elle s’était fixé le but d’obtenir un amoena rose parfait. Il semble qu’elle n’y soit véritablement parvenue qu’à la toute fin de sa vie trop brève, avec ce SUNSET SNOWS (65) qui fut son chant du cygne. Dès son apparition cet iris a fait sensation. A Florence, en 67, il a obtenu la troisième place et celle de variété au coloris le plus original. Les hybrideurs ne se sont pas fait prier pour l’utiliser dans leurs croisements, tout particulièrement Barry Blyth, en Australie, qui en a tiré OUTER LIMITS (72), ancêtre des plus originales variétés de cet obtenteur, comme ses bicolores bleu et magenta (ELECTRIQUE -93- et ses suivants), ou les deux frères de semis que sont IN TEMPO et PIPER’S FLUTE. IN TEMPO se trouve derrière LUNAR RAINBOW (76), SOSTENIQUE(75) ou VERBENA MOON (78) ; PIPER’S FLUTE est à l’origine des variétés Anfosso MARCHE TURQUE (91) et SAMARCANDE (92).
Entre PINNACLE et SUNSET SNOWS se sont placés un certain nombre d’iris de valeur comme OPAL SHEEN (62), BRILLIANT SURPRISE (63) et TWILIGHT HARMONY (64). Le premier est un lilas à reflets laiteux ou, si l’on veut, opalescent ; le second est un brillant variegata ; le troisième, de loin le plus original, allie des pétales jaune miel et des sépales rose bruyère, autour d’une barbe or.
A côté de ses activités horticoles, Jean Stevens a été membre fondateur de la société des iris de Nouvelle Zélande, créatrice et rédactrice pendant plusieurs années du bulletin de cette société, et auteur d’un grand nombre de textes traitant des iris et de leur culture. Lorsqu’elle a disparu, elle a laissé dans son pays un vide qui n’a jamais été complètement comblé, jusqu’à nos jours. Mais dans la mémoire des iridophiles elle reste l’une des figures majeures de l’immédiat après-guerre, période qui fut l’un des âges d’or des iris.
CAT’S EYE
Pour une fois, ce n’est pas d’un grand iris dont je vais parler, mais d’un iris nain standard (SDB). Ce choix est dicté par le fait que CAT’S EYE (Paul Black 2002) a obtenu la Walther Cup en 2004. Cette récompense est attribuée chaque année à la variété qui a reçu le plus grand nombre de votes pour l’Honorable Mention (HM). C’est une des rares compétitions ouvertes à tous les types qui ne soit pas systématiquement remportée par un grand iris (TB). Cela vaut bien une petite entorse à la règle !
CAT’S EYE se présente comme un nain « grand » (38 cm) aux pétales mauve rosé, et aux sépales brun-rouge foncé, bordés du mauve des pétales ; La barbe est vieil or et la fleur sent bon. Ce sont à la fois tous ces caractères et aussi le fait que la plante soit de belle venue qui ont valu à CAT’S EYE la coupe obtenue. En plus, cette récompense honore un hybrideur extrêmement talentueux, qui a déjà été plusieurs fois reconnu dans les compétitions d’iris. Mais ce ne sont pas là les seules particularités de cette fleur d’exception.
Pour commencer, elle provient de SNUGGLEBUG X BUDDY BOY, qui sont tous les deux des SDB, et il faut remonter très loin dans l’arbre généalogique pour trouver trace d’un grand iris dans la famille. Il s’agit de LIPSTICK (Fay 54) et CHANTILLY (Hall 40). D’autre part SNUGGLEBUG est un SDB Schreiner (93), et chacun sait que les SDB ne constituent pas le cheval de bataille des Schreiner. Enfin, dernière originalité, l’arbre généalogique démontre que, très vite, on remonte à des variétés anciennes : CAT’S EYE est un descendant de vieux !
Pour ce qui est des couleurs, le côté mauve est paternel ( BUDDY BOY), tandis que le côté « rouge » est un héritage maternel. C’est ce côté qui, d’ailleurs, laisse le chercheur sur sa faim car très vite il bute sur l’absence de renseignements. Ainsi la famille de LIL’RED DEVIL (Schreiner 87), la « mère » de SNUGGLEBUG, est-elle inconnue, ce qui nous prive d’un quart des informations. Nous sommes un peu mieux renseignés du côté de LADY IN RED (Willott 73), « grand-père » du héros du jour, par lequel nous découvrons une origine blanche et jaune qui ne laisse pas de traces. En revanche la présence dans cette branche de CHANTILLY garantit les frisures qui ornent CAT’S EYE.
Le côté BUDDY BOY est peu plus explicite. Celui-ci provient du croisement d’un jaune pastel, TWEETY BIRD (P. Black 91), et d’un semis issu de UNPRETENTIOUS (P. Black 91) qui est bleu. BUDDY BOY lui-même est un bicolore inversé, violet pour les pétales, ros orchidée liseré de violet pour les sépales. C’est de lui que CAT’S EYE tient son agréable parfum. Dans l’ascendance de ses deux parents nous découvrons, curieusement, plusieurs fois les même variétés, à partir de MELON HONEY (E. Roberts 72), ORIENTAL BLUSH (Willott 80) et GIGGLEPOT (L. Blyth 80). Le premier, comme son nom l’indique un peu, est orange clair, le second est rose ocré, le dernier bicolore beige rosé sur magenta. Ajoutons à ce patchwork un frère de semis du fameux CHUBBY CHEEKS (P. Black 84), et le bitone mauve / violet ROUSTABOUT (A. Brown 75), pour avoir une idée du mélange qui a abouti à ce CAT’S EYE qui, semble-t-il, a tapé dans l’œil des juges.
Pour une fois, ce n’est pas d’un grand iris dont je vais parler, mais d’un iris nain standard (SDB). Ce choix est dicté par le fait que CAT’S EYE (Paul Black 2002) a obtenu la Walther Cup en 2004. Cette récompense est attribuée chaque année à la variété qui a reçu le plus grand nombre de votes pour l’Honorable Mention (HM). C’est une des rares compétitions ouvertes à tous les types qui ne soit pas systématiquement remportée par un grand iris (TB). Cela vaut bien une petite entorse à la règle !
CAT’S EYE se présente comme un nain « grand » (38 cm) aux pétales mauve rosé, et aux sépales brun-rouge foncé, bordés du mauve des pétales ; La barbe est vieil or et la fleur sent bon. Ce sont à la fois tous ces caractères et aussi le fait que la plante soit de belle venue qui ont valu à CAT’S EYE la coupe obtenue. En plus, cette récompense honore un hybrideur extrêmement talentueux, qui a déjà été plusieurs fois reconnu dans les compétitions d’iris. Mais ce ne sont pas là les seules particularités de cette fleur d’exception.
Pour commencer, elle provient de SNUGGLEBUG X BUDDY BOY, qui sont tous les deux des SDB, et il faut remonter très loin dans l’arbre généalogique pour trouver trace d’un grand iris dans la famille. Il s’agit de LIPSTICK (Fay 54) et CHANTILLY (Hall 40). D’autre part SNUGGLEBUG est un SDB Schreiner (93), et chacun sait que les SDB ne constituent pas le cheval de bataille des Schreiner. Enfin, dernière originalité, l’arbre généalogique démontre que, très vite, on remonte à des variétés anciennes : CAT’S EYE est un descendant de vieux !
Pour ce qui est des couleurs, le côté mauve est paternel ( BUDDY BOY), tandis que le côté « rouge » est un héritage maternel. C’est ce côté qui, d’ailleurs, laisse le chercheur sur sa faim car très vite il bute sur l’absence de renseignements. Ainsi la famille de LIL’RED DEVIL (Schreiner 87), la « mère » de SNUGGLEBUG, est-elle inconnue, ce qui nous prive d’un quart des informations. Nous sommes un peu mieux renseignés du côté de LADY IN RED (Willott 73), « grand-père » du héros du jour, par lequel nous découvrons une origine blanche et jaune qui ne laisse pas de traces. En revanche la présence dans cette branche de CHANTILLY garantit les frisures qui ornent CAT’S EYE.
Le côté BUDDY BOY est peu plus explicite. Celui-ci provient du croisement d’un jaune pastel, TWEETY BIRD (P. Black 91), et d’un semis issu de UNPRETENTIOUS (P. Black 91) qui est bleu. BUDDY BOY lui-même est un bicolore inversé, violet pour les pétales, ros orchidée liseré de violet pour les sépales. C’est de lui que CAT’S EYE tient son agréable parfum. Dans l’ascendance de ses deux parents nous découvrons, curieusement, plusieurs fois les même variétés, à partir de MELON HONEY (E. Roberts 72), ORIENTAL BLUSH (Willott 80) et GIGGLEPOT (L. Blyth 80). Le premier, comme son nom l’indique un peu, est orange clair, le second est rose ocré, le dernier bicolore beige rosé sur magenta. Ajoutons à ce patchwork un frère de semis du fameux CHUBBY CHEEKS (P. Black 84), et le bitone mauve / violet ROUSTABOUT (A. Brown 75), pour avoir une idée du mélange qui a abouti à ce CAT’S EYE qui, semble-t-il, a tapé dans l’œil des juges.
22.7.05
DE HM A AM
Le titre énigmatique de cette chronique cache quelque chose de bien simple : une vulgaire statistique concernant les récompenses attribuées cette année par les juges de l’American iris Society. Ces récompenses vont soit lancer la carrière commerciale des variétés qui les ont obtenues, soit, en ce qui concerne les Awards of Merit, donner un nouveau souffle à des iris déjà connus. Du même coup la notoriété de leurs obtenteurs va se trouver confortée.
Quatre-vingt-quatorze variétés de grands iris ont obtenu cette année une Honorable Mention. Dans la hiérarchie des récompenses, ce n’est pas la première (celle-là se nomme High Commendation – HC - ) mais elle marque en fait le début du cursus allant jusqu’à la Médaille de Dykes. Même si les bénéficiaires sont plutôt nombreux, c’est une récompense relativement rare quand on sait qu’environ 350 variétés nouvelles de grands iris barbus de nationalité américaine sont enregistrées chaque année, et que la valeur de deux années d’enregistrement est théoriquement en compétition. Il n’y a donc qu’environ 12% des compétiteurs qui sont récompensés ! Ces heureux élus émanent seulement de 39 obtenteurs, et il n’y en a que 12 qui placent trois variétés ou plus. Qui sont-ils ces « happy few » ? Essentiellement ce sont des gens ayant pignon sur rue dans le petit monde des iris. C’est à dire des obtenteurs chevronnés, enregistrant chaque année, en général, plus d’une demi-douzaine de nouveautés.
La première place revient ex aequo à Schreiner et Keppel, avec huit variétés primées pour chacun. Pour la maison Schreiner, la plus importante au monde, c’est un résultat normal, pour Keith Keppel cela confirme l’excellence de ses produits à l’heure actuelle. Il est le numéro Un des obtenteurs pour le moment. Vient ensuite un autre « éléphant », Joë Ghio. Avec sept iris, il maintient son standing. Une étoile montante, Kasperek, le magicien des « broken colors », réussit à placer six de ces variétés aux noms hélas ridicules. C’est Lauer qui vient ensuite avec cinq variétés. Lui aussi fait partie des nouveaux grands de l’hybridation tout comme Tom Johnson, une valeur en hausse, avec cinq iris lui aussi, dont le premier, celui qui a obtenu la Walther Cup, PAUL BLACK. Puis vient le tour de Niswonger, un vieux de la vieille, qui classe quatre représentants. Avec trois nominés, cinq obtenteurs tirent leur épingle du jeu. Ils se nomment Aitken, Paul Black, A & D Cadd, Ernst et Kerr. Rick Ernst reste un peu sous-estimé, vu sa production ; Aitken et Black sont égaux à eux-même, Kerr confirme son talent ; le couple Cadd fait maintenant partie du gratin des hybrideurs. A noter que Ben Hager, pourtant disparu depuis 99, continue de figurer parmi les champions (2 variétés en 2005), grâce à des cultivars recueillis par Rick Ernst et religieusement enregistrés post mortem. On a vu plusieurs fois des variétés australiennes de Barry Blyth, diffusées par Keppel, se placer dans la compétition. Ce n’est pas le cas cette année mais l’agréable surprise vient du Slovaque Anton Mego dont le SLOVAK PRINCE (2002) empoche une HM largement méritée mais tout de même surprenante autant qu’encourageante pour un obtenteur qui s’inquiète de l’étroitesse du marché des iris dans son petit pays.
Au plan de l’anecdote, remarquons que quatre « paires » de frères de semis sont distingués par les juges américains :
LACY LYNX (2001) et SQUID SQUIRT (2001), de Bob Kasperek, qui sont issus d’un croisement Nigerian Raspberry X Isn't This Something ;
BRIDAL ICING (2002) et COUNTRY DAWN (2002) de Tom Johnson qui viennent de Sunshine Song X Goldkist ;
Deux jaunes à éperons, HEARTBEAT AWAY (2000) et IN A HEARTBEAT (2001) de Vincent Christopherson, jeune obtenteur dont on reparlera, qui ont pour parents Pink Swan X Triple Whammy ;
Enfin RIPPLE EFFECT (2003) et TRADE SECRET (2003) de Keith Keppel dont l’origine est Suspicion X (Spring Shower x Twilight Blaze sib).
Quand on arrive aux Awards of Merit, on atteint l’élite des iris. Ils ne sont que 22 pris sur les productions s’étendant de 97 à 2001. A ce stade de la compétition les surprises sont rares. Celle de cette année vient de l’échec évident de la maison Schreiner qui n’obtient qu’un seul award pour MILLENIUM SUNRISE (2000), depuis la disparition de Robert Schreiner, l’ancêtre, il semble que les obtentions de cette grande maison marquent un peu le pas, concurrencées qu’elles sont par quelques grands personnages qui, en 2005, ont nom Keith Keppel (toujours lui), Rick Ernst (enfin), Paul Black (évidemment) et les Cadd (bravo). Keppel est honoré pour BROAD SHOULDERS (2001), FIERY TEMPER (2001), RIO (2001) et STORM TRACK (2001). Ernst a placé DANDY CANDY (2001) et WHISPERING SPIRITS (2001). P. Black est présent avec HONK YOUR HORN (2000) et WALKING ON AIR (2000). ITALIAN ICE (2000) et POLISH PRINCESS (99) sont les deux productions des Cadd qui ont trouvé là leur bâton de maréchal. Le non-américain de service est, une fois de plus, l’Australien Barry Blyth, avec MASTERY (2000).
La moisson de 2005 a été particulièrement riche. Elle démontre l’enthousiasme des obtenteurs, la qualité de leurs cultivars, et la vitalité du monde des iris.
Le titre énigmatique de cette chronique cache quelque chose de bien simple : une vulgaire statistique concernant les récompenses attribuées cette année par les juges de l’American iris Society. Ces récompenses vont soit lancer la carrière commerciale des variétés qui les ont obtenues, soit, en ce qui concerne les Awards of Merit, donner un nouveau souffle à des iris déjà connus. Du même coup la notoriété de leurs obtenteurs va se trouver confortée.
Quatre-vingt-quatorze variétés de grands iris ont obtenu cette année une Honorable Mention. Dans la hiérarchie des récompenses, ce n’est pas la première (celle-là se nomme High Commendation – HC - ) mais elle marque en fait le début du cursus allant jusqu’à la Médaille de Dykes. Même si les bénéficiaires sont plutôt nombreux, c’est une récompense relativement rare quand on sait qu’environ 350 variétés nouvelles de grands iris barbus de nationalité américaine sont enregistrées chaque année, et que la valeur de deux années d’enregistrement est théoriquement en compétition. Il n’y a donc qu’environ 12% des compétiteurs qui sont récompensés ! Ces heureux élus émanent seulement de 39 obtenteurs, et il n’y en a que 12 qui placent trois variétés ou plus. Qui sont-ils ces « happy few » ? Essentiellement ce sont des gens ayant pignon sur rue dans le petit monde des iris. C’est à dire des obtenteurs chevronnés, enregistrant chaque année, en général, plus d’une demi-douzaine de nouveautés.
La première place revient ex aequo à Schreiner et Keppel, avec huit variétés primées pour chacun. Pour la maison Schreiner, la plus importante au monde, c’est un résultat normal, pour Keith Keppel cela confirme l’excellence de ses produits à l’heure actuelle. Il est le numéro Un des obtenteurs pour le moment. Vient ensuite un autre « éléphant », Joë Ghio. Avec sept iris, il maintient son standing. Une étoile montante, Kasperek, le magicien des « broken colors », réussit à placer six de ces variétés aux noms hélas ridicules. C’est Lauer qui vient ensuite avec cinq variétés. Lui aussi fait partie des nouveaux grands de l’hybridation tout comme Tom Johnson, une valeur en hausse, avec cinq iris lui aussi, dont le premier, celui qui a obtenu la Walther Cup, PAUL BLACK. Puis vient le tour de Niswonger, un vieux de la vieille, qui classe quatre représentants. Avec trois nominés, cinq obtenteurs tirent leur épingle du jeu. Ils se nomment Aitken, Paul Black, A & D Cadd, Ernst et Kerr. Rick Ernst reste un peu sous-estimé, vu sa production ; Aitken et Black sont égaux à eux-même, Kerr confirme son talent ; le couple Cadd fait maintenant partie du gratin des hybrideurs. A noter que Ben Hager, pourtant disparu depuis 99, continue de figurer parmi les champions (2 variétés en 2005), grâce à des cultivars recueillis par Rick Ernst et religieusement enregistrés post mortem. On a vu plusieurs fois des variétés australiennes de Barry Blyth, diffusées par Keppel, se placer dans la compétition. Ce n’est pas le cas cette année mais l’agréable surprise vient du Slovaque Anton Mego dont le SLOVAK PRINCE (2002) empoche une HM largement méritée mais tout de même surprenante autant qu’encourageante pour un obtenteur qui s’inquiète de l’étroitesse du marché des iris dans son petit pays.
Au plan de l’anecdote, remarquons que quatre « paires » de frères de semis sont distingués par les juges américains :
LACY LYNX (2001) et SQUID SQUIRT (2001), de Bob Kasperek, qui sont issus d’un croisement Nigerian Raspberry X Isn't This Something ;
BRIDAL ICING (2002) et COUNTRY DAWN (2002) de Tom Johnson qui viennent de Sunshine Song X Goldkist ;
Deux jaunes à éperons, HEARTBEAT AWAY (2000) et IN A HEARTBEAT (2001) de Vincent Christopherson, jeune obtenteur dont on reparlera, qui ont pour parents Pink Swan X Triple Whammy ;
Enfin RIPPLE EFFECT (2003) et TRADE SECRET (2003) de Keith Keppel dont l’origine est Suspicion X (Spring Shower x Twilight Blaze sib).
Quand on arrive aux Awards of Merit, on atteint l’élite des iris. Ils ne sont que 22 pris sur les productions s’étendant de 97 à 2001. A ce stade de la compétition les surprises sont rares. Celle de cette année vient de l’échec évident de la maison Schreiner qui n’obtient qu’un seul award pour MILLENIUM SUNRISE (2000), depuis la disparition de Robert Schreiner, l’ancêtre, il semble que les obtentions de cette grande maison marquent un peu le pas, concurrencées qu’elles sont par quelques grands personnages qui, en 2005, ont nom Keith Keppel (toujours lui), Rick Ernst (enfin), Paul Black (évidemment) et les Cadd (bravo). Keppel est honoré pour BROAD SHOULDERS (2001), FIERY TEMPER (2001), RIO (2001) et STORM TRACK (2001). Ernst a placé DANDY CANDY (2001) et WHISPERING SPIRITS (2001). P. Black est présent avec HONK YOUR HORN (2000) et WALKING ON AIR (2000). ITALIAN ICE (2000) et POLISH PRINCESS (99) sont les deux productions des Cadd qui ont trouvé là leur bâton de maréchal. Le non-américain de service est, une fois de plus, l’Australien Barry Blyth, avec MASTERY (2000).
La moisson de 2005 a été particulièrement riche. Elle démontre l’enthousiasme des obtenteurs, la qualité de leurs cultivars, et la vitalité du monde des iris.
15.7.05
LES MEDAILLES U.S. DE 2005
Il se chuchotait depuis quelques temps dans le petit monde des iris que c’est SPLASHACATA (Tasco 97) qui devait remporter cette année la Médaille de Dykes. Eh bien c’est fait ! Et j’estime que c’est mérité. SPASHACATA a obtenu sa première distinction en 2000 (Honorable Mention) : la voie royale était ouverte. En 2002 c’est, très normalement, l’Award of Merit, et en 2004 c’est la Wister Medal (meilleur grand iris). Entre temps il s’est distingué à la Convention de 2003, en Virginie, où il a remporté la Franklin Cook Memorial Cup (meilleur iris originaire d’une autre région que la région organisatrice de la Convention). Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore cette variété, il s’agit d’un plicata du modèle ‘Spinning Wheel’, c’est à dire avec des pétales bleu clair et des sépales dont le fond blanc reçoit un piqueté d’indigo, de plus en plus dense à mesure que l’on s’approche du bord, et souligné par une ligne médiane continue du même indigo. La barbe, blanche, est pointée de jaune.
SPLASHACATA devance deux variétés excellentes : WORLD PREMIER (Schreiner 98) et POEM OF ECSTASY (Hager 97). WORLD PREMIER est un amoena aux pétales blancs surmontant des sépales d’un bleu d’encre, plus clair aux bords, et veinés de blanc sous les barbes jaunes. Il a eu lui aussi un parcours remarquable : HM en 2000, AM en 2002, 2eme pour la WM de 2004, avec la deuxième place à Florence en 2001, mais il n’a pas été classé à Franciris 2005. POEM OF ECSTASY fait partie de ces adorables bicolores pastels que l’on fabrique actuellement, comme CELEBRATION SONG (Schreiner 93 – DM 2003) ou FRENCH CANCAN (R. Cayeux 2001), avec des pétales roses et des sépales mauves très frais. Son parcours est également digne d’éloges : HM en 99, AM en 2001 et troisième de la WM en 2004.
C’est un iris signé Keppel qui enlève la Wister Medal cette année : SEA POWER (99), devant deux rudes concurrents, FOGBOUND (98) son frère d’écurie et UNCLE CHARLIE (Kerr 99). SEA POWER a toujours pris le dessus sur UNCLE CHARLIE dans la course aux honneurs, même s’ils ont été distingués la même année, HM en 2001 et AM en 2003 où il est arrivé premier de la compétition. En revanche UNCLE CHARLIE a, en plus, gagné la Franklin Cook Memorial Cup 99. Quant à FOGBOUND, son cursus est à peu près identique, avec une année d’avance, puisqu’il a obtenu l’HM en 2000 et l’AM en 2002 ; en 2003 ce sont les Russes qui l’ont distingué en lui attribuant leur distinction destinée aux iris étrangers. C’est actuellement l’une des variétés les plus recherchées en hybridation. SEA POWER est un iris bleu-indigo uni, incroyablement ondulé ; FOGBOUND fait partie de la ligne d’amoenas inversés de Keith Keppel : sous des pétales bleu lavande, de larges sépales blancs crémeux, prennent une teinte rosée aux épaules, autour d’une barbe abricot ; UNCLE CHARLIE est un blanc très classique avec une barbe argentée.
La Knowlton Medal est venue récompenser un iris de bordure qui tutoie la limite supérieure de la catégorie au point qu’il ne dépare nullement une collection de grands iris. Il s’agit de CHRISTIANA BAKER (Kerr 99). Cette variété du type ‘Emma Cook’ (pétales blancs, sépales blancs plus ou moins bordés de bleu) a eu elle aussi en parcours exemplaire : 2001 = HM ainsi que la deuxième place à la Franklin Cook Memorial Cup, 2003 = AM. A noter que CHRISTIANA BAKER est le « père » de QUEEN’S CIRCLE (Kerr 99), un grand iris qui lui ressemble beaucoup et qui a déjà obtenu l’AM en 2004 après avoir enlevé la Franklin Cook Memorial Cup en 2001 et raflé le Florin d’Argent à Florence cette année ; ce dangereux concurrent sera en lice pour la WM l’année prochaine.
Deux autres variétés attirent l’attention dans les résultats de cette année : PAUL BLACK (Johnson T. 2002) et DELIRIUM (M. Smith 99). PAUL BLACK a remporté la Walther Cup (meilleur espoir de l ‘année), après avoir triomphé sans hésitations à Florence en mai dernier. Ce superbe iris violet prune à barbes oranges devrait faire parler de lui dans la compétition au cours des prochaines années. C’est la même chose pour DELIRIUM qui avait obtenu la même distinction, la Walther Cup, en 2003, et qui se classe en tête des AM pour sa catégorie, les iris intermédiaires. Il est en route vers la Hans and Jacob Sass Medal qui a échu cette année à STARWOMAN (97), un autre produit de Marky Smith.
Il se chuchotait depuis quelques temps dans le petit monde des iris que c’est SPLASHACATA (Tasco 97) qui devait remporter cette année la Médaille de Dykes. Eh bien c’est fait ! Et j’estime que c’est mérité. SPASHACATA a obtenu sa première distinction en 2000 (Honorable Mention) : la voie royale était ouverte. En 2002 c’est, très normalement, l’Award of Merit, et en 2004 c’est la Wister Medal (meilleur grand iris). Entre temps il s’est distingué à la Convention de 2003, en Virginie, où il a remporté la Franklin Cook Memorial Cup (meilleur iris originaire d’une autre région que la région organisatrice de la Convention). Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore cette variété, il s’agit d’un plicata du modèle ‘Spinning Wheel’, c’est à dire avec des pétales bleu clair et des sépales dont le fond blanc reçoit un piqueté d’indigo, de plus en plus dense à mesure que l’on s’approche du bord, et souligné par une ligne médiane continue du même indigo. La barbe, blanche, est pointée de jaune.
SPLASHACATA devance deux variétés excellentes : WORLD PREMIER (Schreiner 98) et POEM OF ECSTASY (Hager 97). WORLD PREMIER est un amoena aux pétales blancs surmontant des sépales d’un bleu d’encre, plus clair aux bords, et veinés de blanc sous les barbes jaunes. Il a eu lui aussi un parcours remarquable : HM en 2000, AM en 2002, 2eme pour la WM de 2004, avec la deuxième place à Florence en 2001, mais il n’a pas été classé à Franciris 2005. POEM OF ECSTASY fait partie de ces adorables bicolores pastels que l’on fabrique actuellement, comme CELEBRATION SONG (Schreiner 93 – DM 2003) ou FRENCH CANCAN (R. Cayeux 2001), avec des pétales roses et des sépales mauves très frais. Son parcours est également digne d’éloges : HM en 99, AM en 2001 et troisième de la WM en 2004.
C’est un iris signé Keppel qui enlève la Wister Medal cette année : SEA POWER (99), devant deux rudes concurrents, FOGBOUND (98) son frère d’écurie et UNCLE CHARLIE (Kerr 99). SEA POWER a toujours pris le dessus sur UNCLE CHARLIE dans la course aux honneurs, même s’ils ont été distingués la même année, HM en 2001 et AM en 2003 où il est arrivé premier de la compétition. En revanche UNCLE CHARLIE a, en plus, gagné la Franklin Cook Memorial Cup 99. Quant à FOGBOUND, son cursus est à peu près identique, avec une année d’avance, puisqu’il a obtenu l’HM en 2000 et l’AM en 2002 ; en 2003 ce sont les Russes qui l’ont distingué en lui attribuant leur distinction destinée aux iris étrangers. C’est actuellement l’une des variétés les plus recherchées en hybridation. SEA POWER est un iris bleu-indigo uni, incroyablement ondulé ; FOGBOUND fait partie de la ligne d’amoenas inversés de Keith Keppel : sous des pétales bleu lavande, de larges sépales blancs crémeux, prennent une teinte rosée aux épaules, autour d’une barbe abricot ; UNCLE CHARLIE est un blanc très classique avec une barbe argentée.
La Knowlton Medal est venue récompenser un iris de bordure qui tutoie la limite supérieure de la catégorie au point qu’il ne dépare nullement une collection de grands iris. Il s’agit de CHRISTIANA BAKER (Kerr 99). Cette variété du type ‘Emma Cook’ (pétales blancs, sépales blancs plus ou moins bordés de bleu) a eu elle aussi en parcours exemplaire : 2001 = HM ainsi que la deuxième place à la Franklin Cook Memorial Cup, 2003 = AM. A noter que CHRISTIANA BAKER est le « père » de QUEEN’S CIRCLE (Kerr 99), un grand iris qui lui ressemble beaucoup et qui a déjà obtenu l’AM en 2004 après avoir enlevé la Franklin Cook Memorial Cup en 2001 et raflé le Florin d’Argent à Florence cette année ; ce dangereux concurrent sera en lice pour la WM l’année prochaine.
Deux autres variétés attirent l’attention dans les résultats de cette année : PAUL BLACK (Johnson T. 2002) et DELIRIUM (M. Smith 99). PAUL BLACK a remporté la Walther Cup (meilleur espoir de l ‘année), après avoir triomphé sans hésitations à Florence en mai dernier. Ce superbe iris violet prune à barbes oranges devrait faire parler de lui dans la compétition au cours des prochaines années. C’est la même chose pour DELIRIUM qui avait obtenu la même distinction, la Walther Cup, en 2003, et qui se classe en tête des AM pour sa catégorie, les iris intermédiaires. Il est en route vers la Hans and Jacob Sass Medal qui a échu cette année à STARWOMAN (97), un autre produit de Marky Smith.
8.7.05
LES FIFTIES
Les années quarante ont été fatales à la suprématie française dans le monde des iris. Les Américains, qui avaient acquis une grande maîtrise au cours des années trente, ont profité de la guerre en Europe pour s’imposer. Les années cinquante, les « Fifties », ont vu leur domination s’étaler : s’en est fini du règne des Européens.
En revanche, c’est l’apogée de quelques grands hybrideurs qui, dans ces années là, ont donné le meilleur de leur travail. Paul Cook, tout d’abord : trois de ses variétés enregistrées au cours de cette décennie ont obtenu la Médaille de Dykes, SABLE NIGHT (50) en 1955, WHOLE CLOTH (57) en 62 (et aussi FO en 61) et ALLEGIANCE (57) en 64 ; mais il faut le créditer aussi du grand « noir » DARK BOATMAN (53), de l’amoena inversé WIDE WORLD (53), de MELODRAMA (56) et d’EMMA COOK (57), pour les nombreux et valeureux croisements qu’ils ont générés. Prenons David Hall ensuite : CHERIE (48) recevra la D.M. en 51, mais d’autres variétés démontrent son talent, comme BALLERINA (50), PALOMINO (51), LIMELIGHT (52) et surtout HAPPY BIRTHDAY (52) qui font partie des variétés de base de nos iris d’aujourd’hui. Orville Fay est lui-aussi au sommet de son art. On lui doit le rose orchidée MARY RANDALL (50 – DM 54), le blanc TRANQUILITY (50), le rose NATIVE DANCER (53), le bleu clair GALILEE (55), sans compter TRULY YOURS (49), jaune primevère, qui recevra la D.M. en 53. A son zénith également, Fred DeForest. On lui doit CAROLINE JANE (51), plicata indigo, FIRST VIOLET (51 – DM 56), BY LINE (52), variegata-plicata, REHOBETH (53 – FO 57), bleu, TALL CHIEF (53), brun, et LULA MARGUERITE (59), blanc verdâtre. Robert Schreiner est déjà bien placé dans la course aux honneurs et à la célébrité. Il propose en 53 LAVANESQUE, mauve vif, COLOR GLO, abricot, et surtout BLUE SAPPHIRE, bleu soutenu, qui aura la DM en 58 et restera pendant un quart de siècle le favori du public américain. En 54 ce sont le plicata magenta BAZAAR et le beau bleu HARBOR BLUE ; en 57 ce sera le tour de AMETHYST FLAME qui sera, en 63, le seconde DM décernée à un iris Schreiner.
D’autres obtenteurs, sans doute moins prolifiques, sont aussi au tableau d’honneur des années 50. Tell Muhlestein a donné JUNE MEREDITH (53), rose, SWAN BALLET (53 – FO et DM 59), blanc, BINGHAM (54), brun. Chez le docteur Kleinsorge, ce champion des iris bruns, ce sera THOTMES III (50) ou TOAST AND HONEY (53). Tim Craig est là, avec le variegata-plicata TABASCO (51) et le brun BANG (55). Apparaît enfin un nom qui restera cinquante ans sur les tablettes : celui de Chet Tompkins, à qui l’on doit GREAT DAY (53), dans le coloris encore rare d’orange, BRIGADOON (55) dans les tons de pourpre, ou ALLAGLOW (58 – FO 60), de couleur bronze.
Bien d’autres obtenteurs de ces années-là méritent d’être cités : Stedman Buttrick, pour le blanc WEDDING BOUQUET (51) ; William McKee pour le brun TRIM (53) ; Jesse Wills pour le plicata bleu BELLE MEADE (50) ; Ed. Watkins pour le bleu pâle ELEANOR’S PRIDE (52 – DM 61) ; W.B. Schortman pour le violet clair INDIGLOW (57 – FO 62) ; Charles Reckamp pour le jaune TECHNY CHIMES (55) ; Walter Buss pour le fameux variegata ACCENT (52) ; et, parmi les dames, Laura Burbridge pour le bitone violet MIDNIGHT WALTZ (59 – FO 64) ; Barbara Hinckle pour le bleu MELISSA (54 – FA 59) ; Gertrude Songer pour le noir BLACK TAFFETA (53) ; Luzon Crosby pour le sombre LA NEGRA FLOR (56 – FO 59).
Il faut parler enfin de deux autres dames dont la célébrité ne fait alors que commencer mais qui atteindront les places d’honneur dans les années suivantes : Melba Hamblen se signale avec GLITTERING AMBER (55), cet iris abricot, à la tête d’une puissante descendance, et Opal Brown apparaît avec PICTURE BOUQUET (55), un rose qui se fera remarquer à Florence en 58.
En Europe, au même moment, les obtenteurs se remettent à peine au travail après l’interruption due à la guerre. Il leur faudra beaucoup de temps pour que l’on parle de nouveau de l’Europe chez les amateurs d’iris. Ce sont d’abord les Anglais qui réagissent. Gwendolyn Anley, avec ARABI PASHA (51 – BDM 53), a obtenu un iris bleu vif très élégant. Leonard Brummitt s’est distingué avec GOLDEN ALPS (52 – BDM 57), amoena blanc et jaune pâle, puis HEADLINES (53 – BDM 59), amoena blanc sur indigo pourpré ; Harry Randall, quant à lui, a proposé TARN HOWS (48 – BDM 58), orchidée vif, très éclairci sur les sépales, et PATTERDALE (55 – BDM 61), blanc pur ; P. J. Hutchison, avec DANCER’S VEIL (59 – FO et BDM 63), a apporté quelque chose d’important dans le domaine des plicatas indigos. En France, seul Jean Cayeux a relevé le gant. Chaque année il a enregistré des variétés intéressantes dont je retiendrai MADAME FRANÇOIS DEBAT (57), célèbre rose saumoné tendre, PRINCESSE WOLKONSKY (57), variegata jaune et bleu chicorée, GAI LURON (58), autre variegata, or et grenat, très connu, et LUGANO (59), blanc nacré au cœur citron, apprécié aussi pour sa remontance.
Les années 50 ont été intéressantes en ce que c’est à cette époque que sont apparus de nombreux jalons de l’iridophilie, dont les gènes enrichissent encore le potentiel génétique de la plupart des variétés qui nous charment aujourd’hui.
Les années quarante ont été fatales à la suprématie française dans le monde des iris. Les Américains, qui avaient acquis une grande maîtrise au cours des années trente, ont profité de la guerre en Europe pour s’imposer. Les années cinquante, les « Fifties », ont vu leur domination s’étaler : s’en est fini du règne des Européens.
En revanche, c’est l’apogée de quelques grands hybrideurs qui, dans ces années là, ont donné le meilleur de leur travail. Paul Cook, tout d’abord : trois de ses variétés enregistrées au cours de cette décennie ont obtenu la Médaille de Dykes, SABLE NIGHT (50) en 1955, WHOLE CLOTH (57) en 62 (et aussi FO en 61) et ALLEGIANCE (57) en 64 ; mais il faut le créditer aussi du grand « noir » DARK BOATMAN (53), de l’amoena inversé WIDE WORLD (53), de MELODRAMA (56) et d’EMMA COOK (57), pour les nombreux et valeureux croisements qu’ils ont générés. Prenons David Hall ensuite : CHERIE (48) recevra la D.M. en 51, mais d’autres variétés démontrent son talent, comme BALLERINA (50), PALOMINO (51), LIMELIGHT (52) et surtout HAPPY BIRTHDAY (52) qui font partie des variétés de base de nos iris d’aujourd’hui. Orville Fay est lui-aussi au sommet de son art. On lui doit le rose orchidée MARY RANDALL (50 – DM 54), le blanc TRANQUILITY (50), le rose NATIVE DANCER (53), le bleu clair GALILEE (55), sans compter TRULY YOURS (49), jaune primevère, qui recevra la D.M. en 53. A son zénith également, Fred DeForest. On lui doit CAROLINE JANE (51), plicata indigo, FIRST VIOLET (51 – DM 56), BY LINE (52), variegata-plicata, REHOBETH (53 – FO 57), bleu, TALL CHIEF (53), brun, et LULA MARGUERITE (59), blanc verdâtre. Robert Schreiner est déjà bien placé dans la course aux honneurs et à la célébrité. Il propose en 53 LAVANESQUE, mauve vif, COLOR GLO, abricot, et surtout BLUE SAPPHIRE, bleu soutenu, qui aura la DM en 58 et restera pendant un quart de siècle le favori du public américain. En 54 ce sont le plicata magenta BAZAAR et le beau bleu HARBOR BLUE ; en 57 ce sera le tour de AMETHYST FLAME qui sera, en 63, le seconde DM décernée à un iris Schreiner.
D’autres obtenteurs, sans doute moins prolifiques, sont aussi au tableau d’honneur des années 50. Tell Muhlestein a donné JUNE MEREDITH (53), rose, SWAN BALLET (53 – FO et DM 59), blanc, BINGHAM (54), brun. Chez le docteur Kleinsorge, ce champion des iris bruns, ce sera THOTMES III (50) ou TOAST AND HONEY (53). Tim Craig est là, avec le variegata-plicata TABASCO (51) et le brun BANG (55). Apparaît enfin un nom qui restera cinquante ans sur les tablettes : celui de Chet Tompkins, à qui l’on doit GREAT DAY (53), dans le coloris encore rare d’orange, BRIGADOON (55) dans les tons de pourpre, ou ALLAGLOW (58 – FO 60), de couleur bronze.
Bien d’autres obtenteurs de ces années-là méritent d’être cités : Stedman Buttrick, pour le blanc WEDDING BOUQUET (51) ; William McKee pour le brun TRIM (53) ; Jesse Wills pour le plicata bleu BELLE MEADE (50) ; Ed. Watkins pour le bleu pâle ELEANOR’S PRIDE (52 – DM 61) ; W.B. Schortman pour le violet clair INDIGLOW (57 – FO 62) ; Charles Reckamp pour le jaune TECHNY CHIMES (55) ; Walter Buss pour le fameux variegata ACCENT (52) ; et, parmi les dames, Laura Burbridge pour le bitone violet MIDNIGHT WALTZ (59 – FO 64) ; Barbara Hinckle pour le bleu MELISSA (54 – FA 59) ; Gertrude Songer pour le noir BLACK TAFFETA (53) ; Luzon Crosby pour le sombre LA NEGRA FLOR (56 – FO 59).
Il faut parler enfin de deux autres dames dont la célébrité ne fait alors que commencer mais qui atteindront les places d’honneur dans les années suivantes : Melba Hamblen se signale avec GLITTERING AMBER (55), cet iris abricot, à la tête d’une puissante descendance, et Opal Brown apparaît avec PICTURE BOUQUET (55), un rose qui se fera remarquer à Florence en 58.
En Europe, au même moment, les obtenteurs se remettent à peine au travail après l’interruption due à la guerre. Il leur faudra beaucoup de temps pour que l’on parle de nouveau de l’Europe chez les amateurs d’iris. Ce sont d’abord les Anglais qui réagissent. Gwendolyn Anley, avec ARABI PASHA (51 – BDM 53), a obtenu un iris bleu vif très élégant. Leonard Brummitt s’est distingué avec GOLDEN ALPS (52 – BDM 57), amoena blanc et jaune pâle, puis HEADLINES (53 – BDM 59), amoena blanc sur indigo pourpré ; Harry Randall, quant à lui, a proposé TARN HOWS (48 – BDM 58), orchidée vif, très éclairci sur les sépales, et PATTERDALE (55 – BDM 61), blanc pur ; P. J. Hutchison, avec DANCER’S VEIL (59 – FO et BDM 63), a apporté quelque chose d’important dans le domaine des plicatas indigos. En France, seul Jean Cayeux a relevé le gant. Chaque année il a enregistré des variétés intéressantes dont je retiendrai MADAME FRANÇOIS DEBAT (57), célèbre rose saumoné tendre, PRINCESSE WOLKONSKY (57), variegata jaune et bleu chicorée, GAI LURON (58), autre variegata, or et grenat, très connu, et LUGANO (59), blanc nacré au cœur citron, apprécié aussi pour sa remontance.
Les années 50 ont été intéressantes en ce que c’est à cette époque que sont apparus de nombreux jalons de l’iridophilie, dont les gènes enrichissent encore le potentiel génétique de la plupart des variétés qui nous charment aujourd’hui.
1.7.05
RETOUR
Les Français qui imaginent que l'Allemagne est un pays gris, et froid, seront bien étonnés quand je leur aurai dit qu'en Franconie (le pays de nos ancêtres les Francs) il faisait 35° jeudi dernier, sous un soleil resplendissant, dans une campagne incroyablement paisible, pleine de villages adorables, entourés de leurs murailles moyenâgeuses, avec tourelles, portes fortifiées, fleurs partout... Et que dire de villes comme Bamberg et Würzburg et leurs palais et églises baroques surchargés de stucs dorés autour de peintures pastel. La Residenz de Würzburg, le palis des princes-évêques, pour moi, c'est plus beau que Versailles !
Je ne regrette pas d'avoir un peu délaissé ce blog pour un voyage aussi agréable.
Les Français qui imaginent que l'Allemagne est un pays gris, et froid, seront bien étonnés quand je leur aurai dit qu'en Franconie (le pays de nos ancêtres les Francs) il faisait 35° jeudi dernier, sous un soleil resplendissant, dans une campagne incroyablement paisible, pleine de villages adorables, entourés de leurs murailles moyenâgeuses, avec tourelles, portes fortifiées, fleurs partout... Et que dire de villes comme Bamberg et Würzburg et leurs palais et églises baroques surchargés de stucs dorés autour de peintures pastel. La Residenz de Würzburg, le palis des princes-évêques, pour moi, c'est plus beau que Versailles !
Je ne regrette pas d'avoir un peu délaissé ce blog pour un voyage aussi agréable.
LES FRERES KOALA
En réalité il ne doit pas y avoir de koalas à Piercedale, en l’Etat de Victoria, en Australie du Sud, là où Barry Blyth travaille avec une passion qui ne se dément pas. Chaque année il enregistre une quarantaine de variétés nouvelles, dans toutes les catégories. Une boulimie d’iris nouveaux qui laisse craindre une rigueur de sélection un peu émoussée.
L’un des traits qui le caractérise est de constituer, à partir d’un croisement prolifique, une véritable famille de frères de semis. Il a déjà été question ici des six descendants du couple (Tomorrow’s Child X Magic Man). Aujourd’hui, la famille sera encore plus nombreuse puisqu’elle comprend dix « siblings ». Bien plus qu’il n’y a de frères Koala dans les films d’animation chers aux tout-petits, qui portent ce nom !
Les heureux parents de cette importante fratrie sont DANCE MAN (Blyth 89) et REMBRANDT MAGIC (Blyth 92). DANCE MAN est un iris jaune profond, plus clair sous les barbes qui sont jaune d’or. Il est l’alliage d’un jaune, SPECULATOR (GHIO 82), et d’un orange bitone, ORANGERIE (Keppel 82). On retrouve cet ORANGERIE dans le pedigree de REMBRANDT MAGIC, associé à EDNA’S WISH (Gibson 83), rose saumon, et à LIGHT BEAM (Lesley Blyth 85), « plicata » jaune-brun. REMBRANDT MAGIC est une variété très originale, dans les tons, rares chez les iris, de brun café clair, à barbes moutarde.
Avec les dix variétés issues de ce croisement, on se rend vraiment compte de la diversité des couleurs que l’on peut trouver dans les rangs d’un même semis. Il y a deux jaune rosé, ou abricot, trois jaune vif, mais avec des variantes, deux bruns, un rose tendre, un rose amarante et un jaune du type « Joyce Terry ». Mais tous ont un point commun, un trait de ressemblance, c’est la forme de la fleur, un peu haute, flûtée, très ondulée. Ils ont été enregistrés entre 1994 et 1997.
Dans l’ordre alphabétique, on commence par APRICOT DANISH (96), qui est rose orangé, ou abricot rosé, avec une zone plus claire sous les barbes, mandarine. Vient ensuite CHESNUT AVENUE (94). Comme son nom le sous-entend, celui-ci est un brun noisette plus doré aux épaules et légèrement lavé de mauve sous les barbes, moutarde. COVET ME (94) est entièrement jaune d’or, y compris les barbes. GOLDIE THE PIRATE (96) est proche du précédent, mais en plus orangé. En revanche, INNER JOURNEY (95) se rapproche de CHESNUT AVENUE, dans un coloris plus vif, cependant. LETTER FROM PARIS (97) est le dernier à avoir été enregistré ; il se présente en rose dragée, avec un spot blanc sous les barbes qui sont mandarine. PLUME D’OR (94) n’est pas le plus original de la famille, cependant c’est celui qui a eu lui-même la plus belle descendance. Son coloris, du modèle « Joyce Terry », est composé de pétales d’un jaune légèrement rosé, au-dessus de sépales blancs, liserés du jaune des pétales, avec des barbes de cette même couleur. Couleur qu’on retrouve chez STILLNESS (95) mais les bords des sépales restent blancs, alors que les épaules sont, cette fois, nettement dorées ; les pétales s’ouvrent un peu, alors que chez les autres ils restent turbinés. VENUS BUTTERFLY (94) est habillé de mauve rosé, le centre des sépales, plus clair, s’agrémente d’une flamme bleutée. Enfin ZILLIONNAIRE (96), le petit dernier, donne dans le jaune d’or, vieil or, même, sur les sépales, avec une barbe moutarde, héritée de REMBRANDT MAGIC.
Il devient assez fréquent qu’un seul croisement donne naissance à plusieurs frères de semis. Dans la lignée des frères Koala, par exemple, PLUME D’OR, croisé par un frère de semis de CAFE RISQUE, a donné naissance à au moins cinq « siblings » : ARC OF COLOURS (98), CHAMPAGNE MOMENTS (98), MAN ABOUT TOWN (98), PHARAOH’S SPIRIT (97) et WARM TOUCH (97) ! Faut-il en conclure que Barry Blyth n’ a pas le cœur à se séparer de semis qui lui paraissent beaux, même si il risque de se voir reprocher un certain laxisme ? Il y a peut-être un peu de vérité là-dessous, mais chez d’autres grands obtenteurs on constate le même phénomène. Voyez le cas de Richard Cayeux et des ses fameux tricolores, issus de (Condottiere x Delphi) X (Alizés x(Condottiere x Lunar Rainbow)). Voyez également Richard Ernst et les cinq variétés issues de Edna’s Wish X Wild Jasmine, ou les quatre provenant de ((Edna’s Wish x Wild Jasmine) x sib) X ((Edna’s Wish x Wild Jasmine) x sib). Il faut sans doute chercher la raison de ces fratries dans la détermination toujours plus affûtée des parents, de la part de professionnels qui font des choix de géniteurs de plus en plus efficaces.
En réalité il ne doit pas y avoir de koalas à Piercedale, en l’Etat de Victoria, en Australie du Sud, là où Barry Blyth travaille avec une passion qui ne se dément pas. Chaque année il enregistre une quarantaine de variétés nouvelles, dans toutes les catégories. Une boulimie d’iris nouveaux qui laisse craindre une rigueur de sélection un peu émoussée.
L’un des traits qui le caractérise est de constituer, à partir d’un croisement prolifique, une véritable famille de frères de semis. Il a déjà été question ici des six descendants du couple (Tomorrow’s Child X Magic Man). Aujourd’hui, la famille sera encore plus nombreuse puisqu’elle comprend dix « siblings ». Bien plus qu’il n’y a de frères Koala dans les films d’animation chers aux tout-petits, qui portent ce nom !
Les heureux parents de cette importante fratrie sont DANCE MAN (Blyth 89) et REMBRANDT MAGIC (Blyth 92). DANCE MAN est un iris jaune profond, plus clair sous les barbes qui sont jaune d’or. Il est l’alliage d’un jaune, SPECULATOR (GHIO 82), et d’un orange bitone, ORANGERIE (Keppel 82). On retrouve cet ORANGERIE dans le pedigree de REMBRANDT MAGIC, associé à EDNA’S WISH (Gibson 83), rose saumon, et à LIGHT BEAM (Lesley Blyth 85), « plicata » jaune-brun. REMBRANDT MAGIC est une variété très originale, dans les tons, rares chez les iris, de brun café clair, à barbes moutarde.
Avec les dix variétés issues de ce croisement, on se rend vraiment compte de la diversité des couleurs que l’on peut trouver dans les rangs d’un même semis. Il y a deux jaune rosé, ou abricot, trois jaune vif, mais avec des variantes, deux bruns, un rose tendre, un rose amarante et un jaune du type « Joyce Terry ». Mais tous ont un point commun, un trait de ressemblance, c’est la forme de la fleur, un peu haute, flûtée, très ondulée. Ils ont été enregistrés entre 1994 et 1997.
Dans l’ordre alphabétique, on commence par APRICOT DANISH (96), qui est rose orangé, ou abricot rosé, avec une zone plus claire sous les barbes, mandarine. Vient ensuite CHESNUT AVENUE (94). Comme son nom le sous-entend, celui-ci est un brun noisette plus doré aux épaules et légèrement lavé de mauve sous les barbes, moutarde. COVET ME (94) est entièrement jaune d’or, y compris les barbes. GOLDIE THE PIRATE (96) est proche du précédent, mais en plus orangé. En revanche, INNER JOURNEY (95) se rapproche de CHESNUT AVENUE, dans un coloris plus vif, cependant. LETTER FROM PARIS (97) est le dernier à avoir été enregistré ; il se présente en rose dragée, avec un spot blanc sous les barbes qui sont mandarine. PLUME D’OR (94) n’est pas le plus original de la famille, cependant c’est celui qui a eu lui-même la plus belle descendance. Son coloris, du modèle « Joyce Terry », est composé de pétales d’un jaune légèrement rosé, au-dessus de sépales blancs, liserés du jaune des pétales, avec des barbes de cette même couleur. Couleur qu’on retrouve chez STILLNESS (95) mais les bords des sépales restent blancs, alors que les épaules sont, cette fois, nettement dorées ; les pétales s’ouvrent un peu, alors que chez les autres ils restent turbinés. VENUS BUTTERFLY (94) est habillé de mauve rosé, le centre des sépales, plus clair, s’agrémente d’une flamme bleutée. Enfin ZILLIONNAIRE (96), le petit dernier, donne dans le jaune d’or, vieil or, même, sur les sépales, avec une barbe moutarde, héritée de REMBRANDT MAGIC.
Il devient assez fréquent qu’un seul croisement donne naissance à plusieurs frères de semis. Dans la lignée des frères Koala, par exemple, PLUME D’OR, croisé par un frère de semis de CAFE RISQUE, a donné naissance à au moins cinq « siblings » : ARC OF COLOURS (98), CHAMPAGNE MOMENTS (98), MAN ABOUT TOWN (98), PHARAOH’S SPIRIT (97) et WARM TOUCH (97) ! Faut-il en conclure que Barry Blyth n’ a pas le cœur à se séparer de semis qui lui paraissent beaux, même si il risque de se voir reprocher un certain laxisme ? Il y a peut-être un peu de vérité là-dessous, mais chez d’autres grands obtenteurs on constate le même phénomène. Voyez le cas de Richard Cayeux et des ses fameux tricolores, issus de (Condottiere x Delphi) X (Alizés x(Condottiere x Lunar Rainbow)). Voyez également Richard Ernst et les cinq variétés issues de Edna’s Wish X Wild Jasmine, ou les quatre provenant de ((Edna’s Wish x Wild Jasmine) x sib) X ((Edna’s Wish x Wild Jasmine) x sib). Il faut sans doute chercher la raison de ces fratries dans la détermination toujours plus affûtée des parents, de la part de professionnels qui font des choix de géniteurs de plus en plus efficaces.
17.6.05
BÊTES À CONCOURS
On trouve de tout parmi les compétiteurs d’un concours comme Franciris 2005. C’est au point que je me demande ce qui peut bien pousser un obtenteur à envoyer pour une compétition une variété qui ne présente aucune des qualités que l’on recherche chez les iris d’aujourd’hui. Un iris avec des hampes fragiles, deux branches collées le long de la tige, des fleurs peu nombreuses et molles, avec des sépales en oreilles de cocker, c’était peut-être valable en compétition dans les années 30 ou 40, mais en 2005 ? Quand on prétend concourir en vue d’une distinction importante, il faut présenter des plantes qui soient en rapport avec ce qui se fait de mieux. Il n’est pas nécessaire de se situer à la pointe de la mode, mais il y a certains critères qu’il convient de respecter et il est bon de savoir quels sont ceux qui sont pris en compte dans les concours actuels. Ils se situent sur quatre plans : celui de la plante elle-même, celui de la hampe florale, celui de la fleur en particulier, et celui, plus subjectif, de la personnalité et de l’originalité de l’iris.
La plante :
Trois critères sont pris en considération : le feuillage, le développement général, la floribondité. La qualité et l’aspect du feuillage comptent pour dix points. Il faut que les feuilles soient saines, vigoureuses, bien développées. Le développement général concerne le nombre de pousses, leur densité, la masse de la touffe ; il est noté sur quinze. La floribondité, c’est l’aptitude à fournir une grande quantité de fleurs, pour une durée de floraison maximale ou un effet de masse, la note donne au maximum cinq points.
La hampe florale :
Quatre critères : les proportions, la robustesse de la hampe, le branchement et le nombre de boutons. IL faut s’assurer que la hauteur de la hampe place les fleurs au-dessus du feuillage sans les percher à l’extrémité d’une canne qui n’en finit pas, et que les fleurs elle-mêmes ne sont ni trop grosses ni trop petites, en fonction de la taille générale de la plante ; Cela donne cinq points au maximum. Cette hampe doit pouvoir porter sans faiblir les fleurs qui apparaissent, et résister au mieux aux intempéries, sans verser au moindre souffle de vent ; dix points. De chaque coté de la tige principale, les branches doivent se situer harmonieusement, à la fois pour l’élégance de l’ensemble et pour le bon épanouissement des fleurs ; c’est noté sur cinq. Ces fleurs doivent être en nombre aussi important que possible, pour une longue période de floraison ; elles ne doivent pas s’ouvrir toutes en même temps, mais plusieurs peuvent être ouvertes sur une même hampe ; C’est important et cela compte pour quinze points.
La fleur :
Encore quatre critères, qui sont la couleur, la forme, la substance et le parfum. La couleur n’est pas un critère essentiel, cela n’est noté que sur cinq points ; la forme a plus d’importance puisqu’on la juge sur dix points. Il n’y a pas de définition de la forme parfaite. Une fleur peut être belle sans être ondulée ou frisée, mais dans tous les cas les pétales doivent former un dôme ou un cône qui ne s’affaisse ni ne s’écarte, et les sépales doivent donner de la solidité et de la fraîcheur à la fleur : des sépales trop étroits à la base vont s’effondrer et donner un aspect flasque à l’ensemble, trop horizontaux, ils vont donner un air raide, peu flatteur. Pétales et sépales doivent avoir les mêmes dimensions. Si la matière constituant la fleur est mince ou fragile, celle-ci va très vite se faner et, s’il pleut, elle va fondre au lieu de garder un aspect pimpant. C’est noté sur dix également. Le parfum confère un plus indéniable à un iris. Il peut être fort ou discret, mais il doit aussi être agréable, ce qui n’est pas toujours le cas. Ce critère compte pour cinq points.
La personnalité et l’originalité :
Il y a beaucoup d’iris qui, lorsqu’on les voit, n’attire pas l’œil. Soit que la plante paraisse banale, soit qu’on ne la remarque pas, ou peu. Une bête à concours se doit de ne pas ressembler à tous les autres iris ; il doit se distinguer par des traits particuliers qui concerne le coloris ou la disposition des couleurs, la perfection dans la forme, un charme indéfinissable ou un parfum délicieux. Cela étant, il peut obtenir jusqu’à cinq points supplémentaires.
A lire l’énumération ci-dessus on est frappé par l’importance donnée à la plante elle-même et, donc au rôle relativement subalterne qui est réservé à la fleur. C’est important de le savoir et, surtout de s’en souvenir, quand on veut faire de l’hybridation et, par conséquent devoir établir une hiérarchie entre les semis. Les meilleurs sont ceux qui sont de belles plantes ; mais il faut aussi que cela soit de jolies fleurs ! L’un ne va pas sans l’autre, mais si l’on veut participer à un concours avec quelques chances de l’emporter, il vaut mieux présenter des iris costauds et bien balancés. Cela ne veut pas dire que la fleur n’a qu’une importance secondaire mais cela signifie à coup sûr qu’à tout choisir, entre deux plantes dont l’une a des fleurs magnifiques mais provient d’une touffe médiocre, et l’autre des fleurs d’un coloris moins exceptionnel mais venant d’un iris sain et prolifique, il faut préférer la seconde. La première doit être conservée pour tenter de reproduire sa fleur enthousiasmante en la croisant avec une variété qui peut lui donner la force qui lui manque (d’où l’intérêt d’avoir de bonnes notions de génétique et une connaissance précise des pedigrees de chaque plantes croisées). Il ne faut pas s’étonner de ce choix : il sera vraisemblablement possible de retrouver le coloris ou le modèle que l’on admire, en revanche si l’on abâtardit la plante elle-même, c’est à terme un affaiblissement général désastreux. Il y a de l’eugénisme là-dessous, mais il faut s’en réjouir plutôt que de le regretter.
On trouve de tout parmi les compétiteurs d’un concours comme Franciris 2005. C’est au point que je me demande ce qui peut bien pousser un obtenteur à envoyer pour une compétition une variété qui ne présente aucune des qualités que l’on recherche chez les iris d’aujourd’hui. Un iris avec des hampes fragiles, deux branches collées le long de la tige, des fleurs peu nombreuses et molles, avec des sépales en oreilles de cocker, c’était peut-être valable en compétition dans les années 30 ou 40, mais en 2005 ? Quand on prétend concourir en vue d’une distinction importante, il faut présenter des plantes qui soient en rapport avec ce qui se fait de mieux. Il n’est pas nécessaire de se situer à la pointe de la mode, mais il y a certains critères qu’il convient de respecter et il est bon de savoir quels sont ceux qui sont pris en compte dans les concours actuels. Ils se situent sur quatre plans : celui de la plante elle-même, celui de la hampe florale, celui de la fleur en particulier, et celui, plus subjectif, de la personnalité et de l’originalité de l’iris.
La plante :
Trois critères sont pris en considération : le feuillage, le développement général, la floribondité. La qualité et l’aspect du feuillage comptent pour dix points. Il faut que les feuilles soient saines, vigoureuses, bien développées. Le développement général concerne le nombre de pousses, leur densité, la masse de la touffe ; il est noté sur quinze. La floribondité, c’est l’aptitude à fournir une grande quantité de fleurs, pour une durée de floraison maximale ou un effet de masse, la note donne au maximum cinq points.
La hampe florale :
Quatre critères : les proportions, la robustesse de la hampe, le branchement et le nombre de boutons. IL faut s’assurer que la hauteur de la hampe place les fleurs au-dessus du feuillage sans les percher à l’extrémité d’une canne qui n’en finit pas, et que les fleurs elle-mêmes ne sont ni trop grosses ni trop petites, en fonction de la taille générale de la plante ; Cela donne cinq points au maximum. Cette hampe doit pouvoir porter sans faiblir les fleurs qui apparaissent, et résister au mieux aux intempéries, sans verser au moindre souffle de vent ; dix points. De chaque coté de la tige principale, les branches doivent se situer harmonieusement, à la fois pour l’élégance de l’ensemble et pour le bon épanouissement des fleurs ; c’est noté sur cinq. Ces fleurs doivent être en nombre aussi important que possible, pour une longue période de floraison ; elles ne doivent pas s’ouvrir toutes en même temps, mais plusieurs peuvent être ouvertes sur une même hampe ; C’est important et cela compte pour quinze points.
La fleur :
Encore quatre critères, qui sont la couleur, la forme, la substance et le parfum. La couleur n’est pas un critère essentiel, cela n’est noté que sur cinq points ; la forme a plus d’importance puisqu’on la juge sur dix points. Il n’y a pas de définition de la forme parfaite. Une fleur peut être belle sans être ondulée ou frisée, mais dans tous les cas les pétales doivent former un dôme ou un cône qui ne s’affaisse ni ne s’écarte, et les sépales doivent donner de la solidité et de la fraîcheur à la fleur : des sépales trop étroits à la base vont s’effondrer et donner un aspect flasque à l’ensemble, trop horizontaux, ils vont donner un air raide, peu flatteur. Pétales et sépales doivent avoir les mêmes dimensions. Si la matière constituant la fleur est mince ou fragile, celle-ci va très vite se faner et, s’il pleut, elle va fondre au lieu de garder un aspect pimpant. C’est noté sur dix également. Le parfum confère un plus indéniable à un iris. Il peut être fort ou discret, mais il doit aussi être agréable, ce qui n’est pas toujours le cas. Ce critère compte pour cinq points.
La personnalité et l’originalité :
Il y a beaucoup d’iris qui, lorsqu’on les voit, n’attire pas l’œil. Soit que la plante paraisse banale, soit qu’on ne la remarque pas, ou peu. Une bête à concours se doit de ne pas ressembler à tous les autres iris ; il doit se distinguer par des traits particuliers qui concerne le coloris ou la disposition des couleurs, la perfection dans la forme, un charme indéfinissable ou un parfum délicieux. Cela étant, il peut obtenir jusqu’à cinq points supplémentaires.
A lire l’énumération ci-dessus on est frappé par l’importance donnée à la plante elle-même et, donc au rôle relativement subalterne qui est réservé à la fleur. C’est important de le savoir et, surtout de s’en souvenir, quand on veut faire de l’hybridation et, par conséquent devoir établir une hiérarchie entre les semis. Les meilleurs sont ceux qui sont de belles plantes ; mais il faut aussi que cela soit de jolies fleurs ! L’un ne va pas sans l’autre, mais si l’on veut participer à un concours avec quelques chances de l’emporter, il vaut mieux présenter des iris costauds et bien balancés. Cela ne veut pas dire que la fleur n’a qu’une importance secondaire mais cela signifie à coup sûr qu’à tout choisir, entre deux plantes dont l’une a des fleurs magnifiques mais provient d’une touffe médiocre, et l’autre des fleurs d’un coloris moins exceptionnel mais venant d’un iris sain et prolifique, il faut préférer la seconde. La première doit être conservée pour tenter de reproduire sa fleur enthousiasmante en la croisant avec une variété qui peut lui donner la force qui lui manque (d’où l’intérêt d’avoir de bonnes notions de génétique et une connaissance précise des pedigrees de chaque plantes croisées). Il ne faut pas s’étonner de ce choix : il sera vraisemblablement possible de retrouver le coloris ou le modèle que l’on admire, en revanche si l’on abâtardit la plante elle-même, c’est à terme un affaiblissement général désastreux. Il y a de l’eugénisme là-dessous, mais il faut s’en réjouir plutôt que de le regretter.
Orville FAY
Avec Orville Fay, on aborde l’un des quatre ou cinq plus importants personnages du monde des iris. Les faits sont là pour confirmer cette affirmation. Trois de ses variétés n’ont-elles pas obtenu la Médaille de Dykes ? Et des variétés comme MARY RANDALL (50) ou RIPPLING WATERS (61) ne sont-elles pas à l’origine d’une infinité d’iris de valeur ? Ce n’est pas que cet homme discret ait enregistré un grand nombre de variétés, mais son travail, qui s’étend sur près de 40 ans, est essentiel dans l’histoire de l’hybridation et chacun des iris qu’il a introduit ont apporté quelque chose de neuf et d’important. Il aura fait mentir le principe selon lequel un bon hybrideur ne peut pas s’intéresser à tout puisque l’on trouve des variétés Fay incontournables dans presque tous les coloris, et qu’il a hybridé plusieurs autres sortes de plantes et en particulier les narcisses, les pivoines et, surtout, les hémérocalles. Toujours aimable et accueillant envers les jeunes venant prendre conseil auprès de lui, Orville Fay fait partie de ces gentlemen qui méritent à tous points de vue l’admiration dont il a fait l’objet.
On ne peut pas, évidemment citer toutes ses variétés, même si presque toutes ont été récompensées au moins d’une H.M., mais il y en a beaucoup dont il faut se rappeler.
Dans les blancs, ce sera NEW SNOW (46), enfant de SNOW FLURRY dont il a été l’un des premiers à prendre conscience des qualités exceptionnelles, CLIFFS OF DOVER (52), autre enfant de SNOW FLURRY, IRISH LINEN (54), fils du précédent, moins connu mais tout aussi beau. Ajoutons une barbe rouge et l’on aura le célèbre ARCTIC FLAME (57), qui résulte d’un croisement de SNOW FLURRY et de semis roses à barbe mandarine, qu’il considérait comme son chef d’œuvre avant qu’il n’obtienne ses grands noms que sont MARY RANDALL et RIPPLING WATERS.
Si l’on se tourne vers les jaunes, on aura le choix entre DESERT SONG (42), jaune doux, ZANTHA (49), qui est certainement la variété la plus répandue à travers le monde puisqu’on la trouve toujours par milliers dans les jardins de ville, TRULY YOURS (49), qui a obtenu la Médaille de Dykes en 53, et KINGDOM (63), qui est à l’origine du français FEU FOLLET(Cayeux 78), et des jaunes de Schreiner GOLDEN PROMENADE (75) ou WARM GOLD (72).
Les iris que l’on dit noirs n’ont pas fait peur à Orville Fay qui, dans ce coloris, nous a donné GULF STREAM (46) dont la couleur s’est trouvée enrichie par l’apport de l’espèce I. aphylla, BLACK HILLS (50) petit-fils du précédent, TOTAL ECLIPSE (52) et BLACK SWAN (60), l’un des tout premiers véritables noirs.
Dans les bleus, O. Fay n’est pas en reste. On lui doit BLUEBIRD BLUE (52) et surtout GALILEE (55), père de l’inusable BABBLING BROOK (Keppel 69 – DM 72). Dans les tons de lilas apparaît le « roi des rois », RIPPLING WATERS (61 – DM 66) : à un niveau ou à un autre, les descendants de celui-ci se comptent par centaines, avec des réussites comme DREAM LOVER (Tams 71 – DM 77), ou les Florins d’Or SPACE BLAZER (Gibson 76 – FO 78) et IKAR (Volfovitch-Moler 92 – FO 95).
Le rose fut sans doute la couleur dans laquelle Orville Fay s’est le plus impliqué, et dans laquelle aussi il a obtenu ses plus belles récompenses. Cela a commencé avec NEW HORIZON (46), très souvent utilisé par les hybrideurs suivants, puis vint MARY RANDALL (50 – DM 54) à l’origine de tout un tas de roses et de jaunes comme GRACIE PFOST (Smith E. 58), et le très foncé OVATION (Tompkins 69), et en jaune GOLDEN DELIGHT (Smith E. 59), RAINBOW GOLD (Plough 59) ou CATALYST (Keppel 79). NATIVE DANCER (53), FLEETA (56), tous deux très estimés des hybrideurs, et ESTHER FAY (61) figurent aussi parmi les beaux roses de Fay.
Il est jusqu’à l’orange qu’Orville Fay a abordé sur le tard. ORANGE CHARIOT (62), RADIANT LIGHT (63) et FLAMING DRAGON (66), superbe descendant de CHINESE CORAL (62), un autre orange, mais tirant sur le rose, avec une grosse barbe minium.
Ces exemples sont suffisants pour apporter la preuve qu’Orville Fay fut bien un seigneur de l’hybridation, et que son nom doit être connu et même révéré par tous ceux qui aiment les iris et s’intéressent à leur évolution.
Avec Orville Fay, on aborde l’un des quatre ou cinq plus importants personnages du monde des iris. Les faits sont là pour confirmer cette affirmation. Trois de ses variétés n’ont-elles pas obtenu la Médaille de Dykes ? Et des variétés comme MARY RANDALL (50) ou RIPPLING WATERS (61) ne sont-elles pas à l’origine d’une infinité d’iris de valeur ? Ce n’est pas que cet homme discret ait enregistré un grand nombre de variétés, mais son travail, qui s’étend sur près de 40 ans, est essentiel dans l’histoire de l’hybridation et chacun des iris qu’il a introduit ont apporté quelque chose de neuf et d’important. Il aura fait mentir le principe selon lequel un bon hybrideur ne peut pas s’intéresser à tout puisque l’on trouve des variétés Fay incontournables dans presque tous les coloris, et qu’il a hybridé plusieurs autres sortes de plantes et en particulier les narcisses, les pivoines et, surtout, les hémérocalles. Toujours aimable et accueillant envers les jeunes venant prendre conseil auprès de lui, Orville Fay fait partie de ces gentlemen qui méritent à tous points de vue l’admiration dont il a fait l’objet.
On ne peut pas, évidemment citer toutes ses variétés, même si presque toutes ont été récompensées au moins d’une H.M., mais il y en a beaucoup dont il faut se rappeler.
Dans les blancs, ce sera NEW SNOW (46), enfant de SNOW FLURRY dont il a été l’un des premiers à prendre conscience des qualités exceptionnelles, CLIFFS OF DOVER (52), autre enfant de SNOW FLURRY, IRISH LINEN (54), fils du précédent, moins connu mais tout aussi beau. Ajoutons une barbe rouge et l’on aura le célèbre ARCTIC FLAME (57), qui résulte d’un croisement de SNOW FLURRY et de semis roses à barbe mandarine, qu’il considérait comme son chef d’œuvre avant qu’il n’obtienne ses grands noms que sont MARY RANDALL et RIPPLING WATERS.
Si l’on se tourne vers les jaunes, on aura le choix entre DESERT SONG (42), jaune doux, ZANTHA (49), qui est certainement la variété la plus répandue à travers le monde puisqu’on la trouve toujours par milliers dans les jardins de ville, TRULY YOURS (49), qui a obtenu la Médaille de Dykes en 53, et KINGDOM (63), qui est à l’origine du français FEU FOLLET(Cayeux 78), et des jaunes de Schreiner GOLDEN PROMENADE (75) ou WARM GOLD (72).
Les iris que l’on dit noirs n’ont pas fait peur à Orville Fay qui, dans ce coloris, nous a donné GULF STREAM (46) dont la couleur s’est trouvée enrichie par l’apport de l’espèce I. aphylla, BLACK HILLS (50) petit-fils du précédent, TOTAL ECLIPSE (52) et BLACK SWAN (60), l’un des tout premiers véritables noirs.
Dans les bleus, O. Fay n’est pas en reste. On lui doit BLUEBIRD BLUE (52) et surtout GALILEE (55), père de l’inusable BABBLING BROOK (Keppel 69 – DM 72). Dans les tons de lilas apparaît le « roi des rois », RIPPLING WATERS (61 – DM 66) : à un niveau ou à un autre, les descendants de celui-ci se comptent par centaines, avec des réussites comme DREAM LOVER (Tams 71 – DM 77), ou les Florins d’Or SPACE BLAZER (Gibson 76 – FO 78) et IKAR (Volfovitch-Moler 92 – FO 95).
Le rose fut sans doute la couleur dans laquelle Orville Fay s’est le plus impliqué, et dans laquelle aussi il a obtenu ses plus belles récompenses. Cela a commencé avec NEW HORIZON (46), très souvent utilisé par les hybrideurs suivants, puis vint MARY RANDALL (50 – DM 54) à l’origine de tout un tas de roses et de jaunes comme GRACIE PFOST (Smith E. 58), et le très foncé OVATION (Tompkins 69), et en jaune GOLDEN DELIGHT (Smith E. 59), RAINBOW GOLD (Plough 59) ou CATALYST (Keppel 79). NATIVE DANCER (53), FLEETA (56), tous deux très estimés des hybrideurs, et ESTHER FAY (61) figurent aussi parmi les beaux roses de Fay.
Il est jusqu’à l’orange qu’Orville Fay a abordé sur le tard. ORANGE CHARIOT (62), RADIANT LIGHT (63) et FLAMING DRAGON (66), superbe descendant de CHINESE CORAL (62), un autre orange, mais tirant sur le rose, avec une grosse barbe minium.
Ces exemples sont suffisants pour apporter la preuve qu’Orville Fay fut bien un seigneur de l’hybridation, et que son nom doit être connu et même révéré par tous ceux qui aiment les iris et s’intéressent à leur évolution.
10.6.05
Franciris 2005
TOP 10
Le classement définitif du concours FRANCIRIS 2005 a été le suivant :
1 – BYE BYE BLUES (G. Sutton 96), bleu glycine, plus sombre sous les barbes, prolongées d’un éperon bleu.
2 - CHARIOTS OF FIRE (T. Aitken 2000), orange clair, plus sombre sous les barbes, puis devenant presque blanc vers les bords.
3 - GOT MILK (T. Aitken 2002), blanc absolument pur, avec une forme classique mais très harmonieuse.
4 - FINNIGAN’S FINAGLING FACTOR (R. Stetson 2004), aux pétales presque blancs, sur des sépales bleu moyen, avec des barbes allant de l’orange au blanc, prolongées de larges pétaloïdes bleus.
5 - GWENNADEN (G. Madoré 2001), blanc pur avec des fleurs charmantes, impeccablement ondulées.
6 – DIABOLIQUE (Schreiner 97), entièrement pourpre, Florin d’Or en 2000.
7 – BUISSON DE ROSES (R. Cayeux 97), rose saumon spectaculaire.
8 – DANDY CANDY (R. Ernst 2001), très original mélange de mauve et de pêche.
9 - NEHALEM BAY (Schreiner 2002), amoena bleu clair.
10ea – CRACKLING CALDERA (T. Aitken 2003), orange et jaune, très florifère.
- SLOVAK SAPPHIRE (A. Mego 2003), violet, marqué de blanc sous les barbes, Florin d’Argent en 2003.
- SUNSET POINT (G. Sutton 2001), orange vif, agrémenté de petits éperons abricot.
et, pendant qu’on y est, allons-y pour le 13eme, qui a obtenu le prix du meilleur parfum :
13 - PRETTY EDGY (B. Blyth 2002), plicata pourpre sur fond crème, très ondulé.
Ce classement démontre le haut niveau de la compétition qui a réuni beaucoup des plus grands hybrideurs du monde. En ce sens le concours français se place immédiatement au niveau de celui de Florence.
A partir de l’avis des juges on peut établir plusieurs autres classements. Par exemple on note la présence dans le tableau final de cinq obtenteurs américains (George Sutton, Terry Aitken, Robert Stetson, Richard Ernst et l’incontournable Maison Schreiner), deux français (Gérard Madoré et Richard Cayeux), un slovaque (Anton Mego) et un australien (Barry Blyth). La réputation de la Maison Schreiner n’est plus à faire : c’est la plus importante entreprise de création et de production d’iris dans le monde, avec une surface cultivée de plus de 300 hectares et plusieurs milliers de semis en cours d’estimation. Richard Ernst est l’obtenteur maison de l’entreprise Cooley, qui se situe presque au niveau de la précédente en matière de culture et parvient à la dépasser en chiffre d’affaire. Terry Aitken, dont l’entreprise reste à caractère familial, n’est pas encore parvenu, en vingt-cinq ans d’activité, au plus haut niveau, mais il s’en approche, et le succès rencontré cette année en France ne peut que confirmer sa notoriété. George Sutton est plus jeune dans le métier. Il lui manque encore la reconnaissance de ses pairs et des juges américains, mais avec ce BYE BYE BLUES et quelques autres, il se place désormais dans la cour des grands. Bob Stetson reste un amateur. Il partage sa vie entre le Colorado et la France, et celle-ci vient de lui rendre un bel hommage. Mais il ne faut pas oublier que ce même FINNIGAN’S FINAGLING FACTOR, au nom imprononçable, a déjà brillé au concours allemand en 2001 et que son H.C. STETSON (2001) à obtenu le Florin d’Or de Florence en 2001, ce qui est une sacrée référence. L’Australien Barry Blyth est l’un des plus fameux hybrideurs. Il inonde le marché de ses iris souvent superbes, et sa réputation n’est plus à faire. Les variétés qu’il avait envoyées en France, même si elles n’ont pas été classées dans les tout premiers rangs, ont toute, néanmoins, attiré l’attention des juges et du public. Anton Mego est un jeune hybrideur slovaque dont les premières obtentions ont suscité l’admiration partout où elles ont été présentées, comme à Frankfurt en 2000, avec TITVAN, et en 2001 avec SLOVAK PRINCE. Que le Français Gérard Madoré se trouve au milieu d’une équipe de cette classe est une sorte de surprise qui fait vraiment plaisir, il est vrai que son GWENNADEN possède une fleur dont la forme absolument charmante et le coloris très pur témoignent d’une grande réussite. Enfin faut-il présenter Richard Cayeux ? L’héritier de la célèbre famille place encore à un bon niveau une de ses réalisations qui a fait sensation par la richesse de son coloris et l’abondance de ses fleurs.
En ce qui concerne les couleurs, le classement fait la part belle aux oranges. Même si les plantes présentées manquaient un peu de développement. Les iris à éperons (rostrata) se sont aussi vivement signalés : ils ne sont plus les mal-aimés des juges et ont toujours attiré le public. Enfin le bleu, l’indigo et le violet, couleurs fondamentales chez les iris, sont évidemment aux meilleures places.
Ce « Top 10 » devenu en fait « Top 13 » est un beau palmarès. Il aurait été possible de l’étendre plus loin, car les suivants sont aussi d’agréables fleurs, qui auraient pu, avec un peu plus de chance, se placer plus haut, comme ce WORLD PREMIER (Schreiner 98) qui a emporté les suffrages des visiteurs de l’exposition. Mais tel quel il est tout à fait représentatif de la diversité et de la qualité des iris en compétition.
TOP 10
Le classement définitif du concours FRANCIRIS 2005 a été le suivant :
1 – BYE BYE BLUES (G. Sutton 96), bleu glycine, plus sombre sous les barbes, prolongées d’un éperon bleu.
2 - CHARIOTS OF FIRE (T. Aitken 2000), orange clair, plus sombre sous les barbes, puis devenant presque blanc vers les bords.
3 - GOT MILK (T. Aitken 2002), blanc absolument pur, avec une forme classique mais très harmonieuse.
4 - FINNIGAN’S FINAGLING FACTOR (R. Stetson 2004), aux pétales presque blancs, sur des sépales bleu moyen, avec des barbes allant de l’orange au blanc, prolongées de larges pétaloïdes bleus.
5 - GWENNADEN (G. Madoré 2001), blanc pur avec des fleurs charmantes, impeccablement ondulées.
6 – DIABOLIQUE (Schreiner 97), entièrement pourpre, Florin d’Or en 2000.
7 – BUISSON DE ROSES (R. Cayeux 97), rose saumon spectaculaire.
8 – DANDY CANDY (R. Ernst 2001), très original mélange de mauve et de pêche.
9 - NEHALEM BAY (Schreiner 2002), amoena bleu clair.
10ea – CRACKLING CALDERA (T. Aitken 2003), orange et jaune, très florifère.
- SLOVAK SAPPHIRE (A. Mego 2003), violet, marqué de blanc sous les barbes, Florin d’Argent en 2003.
- SUNSET POINT (G. Sutton 2001), orange vif, agrémenté de petits éperons abricot.
et, pendant qu’on y est, allons-y pour le 13eme, qui a obtenu le prix du meilleur parfum :
13 - PRETTY EDGY (B. Blyth 2002), plicata pourpre sur fond crème, très ondulé.
Ce classement démontre le haut niveau de la compétition qui a réuni beaucoup des plus grands hybrideurs du monde. En ce sens le concours français se place immédiatement au niveau de celui de Florence.
A partir de l’avis des juges on peut établir plusieurs autres classements. Par exemple on note la présence dans le tableau final de cinq obtenteurs américains (George Sutton, Terry Aitken, Robert Stetson, Richard Ernst et l’incontournable Maison Schreiner), deux français (Gérard Madoré et Richard Cayeux), un slovaque (Anton Mego) et un australien (Barry Blyth). La réputation de la Maison Schreiner n’est plus à faire : c’est la plus importante entreprise de création et de production d’iris dans le monde, avec une surface cultivée de plus de 300 hectares et plusieurs milliers de semis en cours d’estimation. Richard Ernst est l’obtenteur maison de l’entreprise Cooley, qui se situe presque au niveau de la précédente en matière de culture et parvient à la dépasser en chiffre d’affaire. Terry Aitken, dont l’entreprise reste à caractère familial, n’est pas encore parvenu, en vingt-cinq ans d’activité, au plus haut niveau, mais il s’en approche, et le succès rencontré cette année en France ne peut que confirmer sa notoriété. George Sutton est plus jeune dans le métier. Il lui manque encore la reconnaissance de ses pairs et des juges américains, mais avec ce BYE BYE BLUES et quelques autres, il se place désormais dans la cour des grands. Bob Stetson reste un amateur. Il partage sa vie entre le Colorado et la France, et celle-ci vient de lui rendre un bel hommage. Mais il ne faut pas oublier que ce même FINNIGAN’S FINAGLING FACTOR, au nom imprononçable, a déjà brillé au concours allemand en 2001 et que son H.C. STETSON (2001) à obtenu le Florin d’Or de Florence en 2001, ce qui est une sacrée référence. L’Australien Barry Blyth est l’un des plus fameux hybrideurs. Il inonde le marché de ses iris souvent superbes, et sa réputation n’est plus à faire. Les variétés qu’il avait envoyées en France, même si elles n’ont pas été classées dans les tout premiers rangs, ont toute, néanmoins, attiré l’attention des juges et du public. Anton Mego est un jeune hybrideur slovaque dont les premières obtentions ont suscité l’admiration partout où elles ont été présentées, comme à Frankfurt en 2000, avec TITVAN, et en 2001 avec SLOVAK PRINCE. Que le Français Gérard Madoré se trouve au milieu d’une équipe de cette classe est une sorte de surprise qui fait vraiment plaisir, il est vrai que son GWENNADEN possède une fleur dont la forme absolument charmante et le coloris très pur témoignent d’une grande réussite. Enfin faut-il présenter Richard Cayeux ? L’héritier de la célèbre famille place encore à un bon niveau une de ses réalisations qui a fait sensation par la richesse de son coloris et l’abondance de ses fleurs.
En ce qui concerne les couleurs, le classement fait la part belle aux oranges. Même si les plantes présentées manquaient un peu de développement. Les iris à éperons (rostrata) se sont aussi vivement signalés : ils ne sont plus les mal-aimés des juges et ont toujours attiré le public. Enfin le bleu, l’indigo et le violet, couleurs fondamentales chez les iris, sont évidemment aux meilleures places.
Ce « Top 10 » devenu en fait « Top 13 » est un beau palmarès. Il aurait été possible de l’étendre plus loin, car les suivants sont aussi d’agréables fleurs, qui auraient pu, avec un peu plus de chance, se placer plus haut, comme ce WORLD PREMIER (Schreiner 98) qui a emporté les suffrages des visiteurs de l’exposition. Mais tel quel il est tout à fait représentatif de la diversité et de la qualité des iris en compétition.
3.6.05
EN REVENANT DE JOUY
ACTE I
L’aventure Franciris a commencé en 1997. Cette année là, l’assemblée générale de la SFIB s’est tenue à Orléans, et à cette occasion j’ai fait la proposition, pour marquer le tournant du siècle, d’organiser en 2000 une rétrospective des iris français depuis 1900. J’ai suggéré de donner à cette manifestation le nom de Franciris 2000. L’équipe dirigeante a approuvé ce projet et s’est investie dans son organisation. Deux événements sont venus pour lui donner corps : d’abord la présence dans le bureau de l’association de Gérard Brière, directeur d’un CAT près de Rennes disposant d’un vaste domaine, où les iris pouvaient prendre place, ensuite le fait qu’il faille récupérer les iris de la collection historique Simonnet, qui devait quitter son emplacement dans la région parisienne. Mais cette collection ne comprenait pas que des variétés françaises, et, d’autre part, il s’est avéré qu’un programme axé uniquement sur celles-ci s’avérait un peu étroit. Franciris a donc pris un caractère plus général et s’est doublé d’une compétition à laquelle participeraient les variétés modernes obtenues en France.
Les iris Simonnet ont quitté Chêvreloup pour Bréal sous Montfort et la compétition Franciris 2000 a été lancée. Elle a abouti, cette année là, à un concours plutôt modeste dans lequel SAMSARA (Ransom 96) a triomphé devant MER DU SUD (Cayeux 97) et DAMOISELLE (Ransom 97). La rudesse des conditions de culture, dans un terrain difficile et fortement exposé au vent, a privilégié des variétés robustes. La fête fut belle et les visiteurs nombreux qui ont pu admirer non seulement des iris très récents, mais aussi des variétés plus anciennes et de nombreuses variétés historiques. En complément, les variétés primées à Florence et les vainqueurs de la Médaille de Dykes formaient une double bordure, encore un peu jeune, mais pleine de promesses.
ACTE II
Franciris allait-il s’arrêter là ? On a pu le craindre, tant les difficultés rencontrées au moment de décider de sa pérennisation ont été nombreuses. Ce qui devait être Franciris 2003 a cédé la place à une autre compétition, bâtie sur le même modèle, tandis qu’une autre équipe se lançait dans un projet beaucoup plus ambitieux. La compétition de 2003 s’est appelé Iriade. Elle s’est tenue comme la précédente aux Jardins de Brocéliande, à Bréal sous Montfort, près de Rennes. Elle avait pour but de désigner les meilleurs iris hybridés en France dans les années 90. Plus de cinquante variétés étaient en compétition, mais les circonstances, essentiellement météorologiques, n’ont pas permis au jury de les apprécier toutes. Certaines avaient terminé leur floraison, d’autres, trop nombreuses, n’étaient pas encore en fleurs, d’autres enfin avaient souffert excessivement des gelées tardives. Bref il n’en restait que dix-neuf en état de concourir. Malgré tout, ce sont des iris de qualité qui sont parvenus aux premières places :
Iriade d’Or = BELLE DE NUIT (R. Cayeux 99)
Iriade d’Argent = semis Laporte 95-54 A, devenu depuis IRIADE (Laporte 2004)
Iriade de Bronze = MER DU SUD (R. Cayeux 97) déjà parvenu à la deuxième place trois ans plus tôt.
La qualité des plantes n’était pas en cause mais le petit nombre des participants à prévoir pour l’avenir laissait à penser que cette compétition allait aboutir à une résurrection de la Médaille de Dykes française qui, dans les années 30, consacrait chaque année une variété obtenue par Ferdinand Cayeux. Sans réelle concurrence.
ACTE III
Pendant ce temps se mettait en place un événement d’une autre ampleur : Franciris 2005. Ce n’était pas facile de trouver un endroit apte à recevoir un concours d’iris de taille internationale. La SFIB a eu la chance de pouvoir faire affaire avec TECOMAH, école de l’environnement et du cadre de vie, installée à Jouy en Josas, dans un immense et superbe domaine qu’elle partage avec HEC, à cheval sur la vallée de la Bièvre et celle de son affluent le ru de St Marc. Le cadre était idéal, les conditions matérielles parfaites et la collaboration avec l’équipe dirigeante de l’école sans nuages. Il fallait espérer que les obtenteurs du monde entier allaient répondre présents et envoyer de nombreux cultivars pour prendre part au concours. Ce fut le cas puisque 121 variétés ont été plantées à l’automne 2002, en provenance des Etats-Unis, d’Australie et de cinq ou six pays d’Europe. Cela a même surpris tout le monde, de sorte que l’espace désigné pour recevoir les concurrents, à proximité des serres et le long du ruisseau, s’est révélé un peu étroit, et la plantation a été réalisée serrée, ce qui a sans doute limité le développement des iris en troisième année. Quoi qu’il en soit la réussite était assurée pour peu que les conditions météorologiques soient favorables, car la compétence des enseignants et l’enthousiasme des élèves pour le projet garantissaient des conditions de culture optimales.
Et la réussite a été complète. Les iris ont été très beaux (malgré un début de saison peu encourageant et la proximité de l’eau qui a sans doute un peu nui aux variétés placées au plus près du ruisseau), soixante six variétés ont pu être sélectionnées pour la premier tour, et le palmarès est en rapport avec le niveau d’une compétition qui s’est hissée, dès sa première édition, au niveau de celle de Florence.
Premier Prix : BYE BYE BLUES (G. Sutton 96)
2eme Prix CHARIOTS OF FIRE (T. Aitken 2000)
3eme Prix GOT MILK (T. Aitken 2002)
Meilleur iris bitone bleu : FINNIGAN’S FINAGLING FACTOR (R. Stetson 2004),
Meilleur parfum : PRETTY EDGY (B. Blyth 2002)
Meilleure variété française : GWENNADEN (G. Madoré 2001)
Les récompenses du public et des professionnels (presse et jardins) sont allées alternativement à CHARIOTS OF FIRE et FINNIGAN’S FINAGLING FACTOR.
Tout le monde peut se féliciter de ces résultats : les organisateurs de la SFIB, qui ont vu leurs efforts récompensés, TECOMAH, qui a profité de l’occasion pour démontrer son savoir-faire et attirer plus de 3000 visiteurs en une semaine, et les obtenteurs qui ont trouvé un haut niveau de compétition. Reste à savoir si il y aura encore un Franciris. Des négociations sont en cours pour en définir les conditions, et les amateurs forment des vœux pour qu’elles aboutissent.
ACTE I
L’aventure Franciris a commencé en 1997. Cette année là, l’assemblée générale de la SFIB s’est tenue à Orléans, et à cette occasion j’ai fait la proposition, pour marquer le tournant du siècle, d’organiser en 2000 une rétrospective des iris français depuis 1900. J’ai suggéré de donner à cette manifestation le nom de Franciris 2000. L’équipe dirigeante a approuvé ce projet et s’est investie dans son organisation. Deux événements sont venus pour lui donner corps : d’abord la présence dans le bureau de l’association de Gérard Brière, directeur d’un CAT près de Rennes disposant d’un vaste domaine, où les iris pouvaient prendre place, ensuite le fait qu’il faille récupérer les iris de la collection historique Simonnet, qui devait quitter son emplacement dans la région parisienne. Mais cette collection ne comprenait pas que des variétés françaises, et, d’autre part, il s’est avéré qu’un programme axé uniquement sur celles-ci s’avérait un peu étroit. Franciris a donc pris un caractère plus général et s’est doublé d’une compétition à laquelle participeraient les variétés modernes obtenues en France.
Les iris Simonnet ont quitté Chêvreloup pour Bréal sous Montfort et la compétition Franciris 2000 a été lancée. Elle a abouti, cette année là, à un concours plutôt modeste dans lequel SAMSARA (Ransom 96) a triomphé devant MER DU SUD (Cayeux 97) et DAMOISELLE (Ransom 97). La rudesse des conditions de culture, dans un terrain difficile et fortement exposé au vent, a privilégié des variétés robustes. La fête fut belle et les visiteurs nombreux qui ont pu admirer non seulement des iris très récents, mais aussi des variétés plus anciennes et de nombreuses variétés historiques. En complément, les variétés primées à Florence et les vainqueurs de la Médaille de Dykes formaient une double bordure, encore un peu jeune, mais pleine de promesses.
ACTE II
Franciris allait-il s’arrêter là ? On a pu le craindre, tant les difficultés rencontrées au moment de décider de sa pérennisation ont été nombreuses. Ce qui devait être Franciris 2003 a cédé la place à une autre compétition, bâtie sur le même modèle, tandis qu’une autre équipe se lançait dans un projet beaucoup plus ambitieux. La compétition de 2003 s’est appelé Iriade. Elle s’est tenue comme la précédente aux Jardins de Brocéliande, à Bréal sous Montfort, près de Rennes. Elle avait pour but de désigner les meilleurs iris hybridés en France dans les années 90. Plus de cinquante variétés étaient en compétition, mais les circonstances, essentiellement météorologiques, n’ont pas permis au jury de les apprécier toutes. Certaines avaient terminé leur floraison, d’autres, trop nombreuses, n’étaient pas encore en fleurs, d’autres enfin avaient souffert excessivement des gelées tardives. Bref il n’en restait que dix-neuf en état de concourir. Malgré tout, ce sont des iris de qualité qui sont parvenus aux premières places :
Iriade d’Or = BELLE DE NUIT (R. Cayeux 99)
Iriade d’Argent = semis Laporte 95-54 A, devenu depuis IRIADE (Laporte 2004)
Iriade de Bronze = MER DU SUD (R. Cayeux 97) déjà parvenu à la deuxième place trois ans plus tôt.
La qualité des plantes n’était pas en cause mais le petit nombre des participants à prévoir pour l’avenir laissait à penser que cette compétition allait aboutir à une résurrection de la Médaille de Dykes française qui, dans les années 30, consacrait chaque année une variété obtenue par Ferdinand Cayeux. Sans réelle concurrence.
ACTE III
Pendant ce temps se mettait en place un événement d’une autre ampleur : Franciris 2005. Ce n’était pas facile de trouver un endroit apte à recevoir un concours d’iris de taille internationale. La SFIB a eu la chance de pouvoir faire affaire avec TECOMAH, école de l’environnement et du cadre de vie, installée à Jouy en Josas, dans un immense et superbe domaine qu’elle partage avec HEC, à cheval sur la vallée de la Bièvre et celle de son affluent le ru de St Marc. Le cadre était idéal, les conditions matérielles parfaites et la collaboration avec l’équipe dirigeante de l’école sans nuages. Il fallait espérer que les obtenteurs du monde entier allaient répondre présents et envoyer de nombreux cultivars pour prendre part au concours. Ce fut le cas puisque 121 variétés ont été plantées à l’automne 2002, en provenance des Etats-Unis, d’Australie et de cinq ou six pays d’Europe. Cela a même surpris tout le monde, de sorte que l’espace désigné pour recevoir les concurrents, à proximité des serres et le long du ruisseau, s’est révélé un peu étroit, et la plantation a été réalisée serrée, ce qui a sans doute limité le développement des iris en troisième année. Quoi qu’il en soit la réussite était assurée pour peu que les conditions météorologiques soient favorables, car la compétence des enseignants et l’enthousiasme des élèves pour le projet garantissaient des conditions de culture optimales.
Et la réussite a été complète. Les iris ont été très beaux (malgré un début de saison peu encourageant et la proximité de l’eau qui a sans doute un peu nui aux variétés placées au plus près du ruisseau), soixante six variétés ont pu être sélectionnées pour la premier tour, et le palmarès est en rapport avec le niveau d’une compétition qui s’est hissée, dès sa première édition, au niveau de celle de Florence.
Premier Prix : BYE BYE BLUES (G. Sutton 96)
2eme Prix CHARIOTS OF FIRE (T. Aitken 2000)
3eme Prix GOT MILK (T. Aitken 2002)
Meilleur iris bitone bleu : FINNIGAN’S FINAGLING FACTOR (R. Stetson 2004),
Meilleur parfum : PRETTY EDGY (B. Blyth 2002)
Meilleure variété française : GWENNADEN (G. Madoré 2001)
Les récompenses du public et des professionnels (presse et jardins) sont allées alternativement à CHARIOTS OF FIRE et FINNIGAN’S FINAGLING FACTOR.
Tout le monde peut se féliciter de ces résultats : les organisateurs de la SFIB, qui ont vu leurs efforts récompensés, TECOMAH, qui a profité de l’occasion pour démontrer son savoir-faire et attirer plus de 3000 visiteurs en une semaine, et les obtenteurs qui ont trouvé un haut niveau de compétition. Reste à savoir si il y aura encore un Franciris. Des négociations sont en cours pour en définir les conditions, et les amateurs forment des vœux pour qu’elles aboutissent.
28.5.05
FRANCIRIS 2005
Ma présence, en tant que juge, au concours international d’iris FRANCIRIS 2005, à Jouy en Josas, explique le retard de 24 H. dans la diffusion des chroniques d’Irisenligne.
Voici le classement de cette compétition :
1er Prix BYE BYE BLUES (G. Sutton 96), bleu glycine, plus sombre sous les barbes, prolongées d’un éperon bleu.
2eme Prix CHARIOTS OF FIRE (T. Aitken 2000), orange clair, plus sombre sous les barbes, puis devenant presque blanc vers les bords.
3eme Prix GOT MILK (T. Aitken 2002), blanc absolument pur, avec une forme très harmonieuse.
Meilleur iris bitone bleu : FINNIGAN’S FINAGLING FACTOR (R. Stetson 2004), grand bitone, aux pétales presque blancs, sur des sépales bleu moyen, avec des barbes allant de l’orange au blanc, prolongées de larges pétaloïdes bleus.
Meilleur parfum : PRETTY EDGY (B. Blyth 2002), plicata pourpre sur fond crème, très ondulé, avec un agréable parfum chocolaté.
Meilleure variété française : GWENNADEN (G. Madoré 2001), descendant blanc pur de HONKY TONK BLUES, avec des fleurs charmantes, impeccablement ondulées.
Les récompenses du public et des professionnels (presse et jardins) sont allées alternativement à CHARIOTS OF FIRE et FINNIGAN’S FINAGLING FACTOR. Comme quoi les variétés réussies savent plaire aux experts comme aux autres.
Ma présence, en tant que juge, au concours international d’iris FRANCIRIS 2005, à Jouy en Josas, explique le retard de 24 H. dans la diffusion des chroniques d’Irisenligne.
Voici le classement de cette compétition :
1er Prix BYE BYE BLUES (G. Sutton 96), bleu glycine, plus sombre sous les barbes, prolongées d’un éperon bleu.
2eme Prix CHARIOTS OF FIRE (T. Aitken 2000), orange clair, plus sombre sous les barbes, puis devenant presque blanc vers les bords.
3eme Prix GOT MILK (T. Aitken 2002), blanc absolument pur, avec une forme très harmonieuse.
Meilleur iris bitone bleu : FINNIGAN’S FINAGLING FACTOR (R. Stetson 2004), grand bitone, aux pétales presque blancs, sur des sépales bleu moyen, avec des barbes allant de l’orange au blanc, prolongées de larges pétaloïdes bleus.
Meilleur parfum : PRETTY EDGY (B. Blyth 2002), plicata pourpre sur fond crème, très ondulé, avec un agréable parfum chocolaté.
Meilleure variété française : GWENNADEN (G. Madoré 2001), descendant blanc pur de HONKY TONK BLUES, avec des fleurs charmantes, impeccablement ondulées.
Les récompenses du public et des professionnels (presse et jardins) sont allées alternativement à CHARIOTS OF FIRE et FINNIGAN’S FINAGLING FACTOR. Comme quoi les variétés réussies savent plaire aux experts comme aux autres.
EDNA’S WISH X WILD JASMINE
Chaque obtenteur a ses variétés de prédilection. Parmi celles dont fait usage Richard Ernst, il y a un couple qui apparaît au moins quinze fois dans ses cultivars, c’est EDNA’S WISH X WILD JASMINE.
Les deux membres de cet attelage ont des origines assez peu précises, voire même un peu mystérieuses. EDNA’S WISH (Gibson 83) n’a que vingt ancêtres identifiés jusqu’à la sixième génération (sur 126 possibilités). WILD JASMINE (Hamner 83) n’en a que 18 ! Cela n’empêche pas que l’un et l’autre aient été utilisés en hybridation de façon assez intensive, ensemble ou avec d’autres partenaires. EDNA’S WISH est un iris rose saumon, à barbes assorties, joliment ondulé ; WILD JASMINE, quant à lui, est un variegata-plicata avec des pétales jaune soutenu, couleur qui est aussi celle du fond des sépales, lesquelles sont couverts d’un tissu brun-rouge, plus sombre au centre, alors que la couleur du fond, presque blanche sous les barbes, réapparaît en lisière. EDNA’S WISH c’est STARFROST PINK (Gibson 76) X ORANGE PLUME sib. Le premier est un joli rose à barbes rouge, mais on ne connaît pas les couleurs du second puisqu’il n’a pas été officiellement décrit ; en tout cas son frère de semis est un iris orange rosé, plus clair sous les barbes. WILD JASMINE vient de SKETCH ME (Plough 76) X SHAFT OF GOLD (N. Sexton 76), deux variegata-plicatas très proches l’un de l’autre et d’ailleurs l’un et l’autre descendants de RADIANT APOGEE (Gibson 64), plicata original fort célèbre.
L’intérêt de Richard Ernst pour le croisement EDNA’S WISH X WILD JASMINE ne se dément pas. Les premiers produits de ce couple ont été enregistrés en 1991 et en 2004 il apparaît encore dans le pedigree de TIME WARP. Cinq descendants directs du couple ont été enregistrés : AMBER TAMBOUR (91), CHIFFON RUFFLES (91), DESERT RENEGADE (92), HEARTHSTONE (93) et SHOOTING STARS (92). AMBER TAMBOUR possède des fleurs volumineuses, d’un beau jaune ambré ; CHIFFON RUFFLES, très différent, dispose aussi de fleurs de belle taille, avec des sépales très enveloppants, mais c’est son coloris qui en fait l’originalité : blanc nacré, avec sur les sépales un léger saupoudrage de brun cannelle. DESERT RENEGADE est un plicata beaucoup plus classique : pétales brun cannelle, sépales blancs bordés de dessins cannelle de plus en plus dense à mesure qu’on approche des bords. Si l’on plaçait HEARTHSTONE à côté du précédent on constaterait qu’il en est une version plus sombre et plus chargée. Avec SHOOTING STARS on revient au type variegata-plicata, mais en version allégée, le saupoudrage brun n’intéresse que les sépales et se fait assez discret, un peu comme chez les parents de WILD JASMINE. En recroisant le duo EDNA’S WISH X WILD JASMINE par un frère de semis, Richard Ernst a obtenu CANDLELIGHT MOOD (96), CINNAMON GLOW (98), CRIMSON TWIST (96), INDIAN SANDSTONE (96), LEMON DEW (98) et TIME WARP (2004). CANDLELIGHT MOOD est un gros jaune moyen, largement centré de blanc sur les sépales, CINNAMON GLOW reprend la forme de fleur de son cousin CHIFFON RUFFLES, avec presque les même couleurs que HEARTHSTONE, en plus rouge, ce qui donne un brun rouille. Rien que le nom de CRIMSON TWIST laisse entendre qu’il y a du rouge dans cette fleur. C’est toujours la même forme ample et mouvementée, et toujours la même disposition des couleurs, mais cette fois le plicata est plutôt rouge bordeaux. INDIAN SANDSTONE conserve la forme de fleur mais se décline en brun cannelle, proche de DESERT RENEGADE. Retour au coloris jaune avec LEMON DEW : jaune clair, largement marqué de blanc aux sépales. Quant à TIME WARP, c’est ni plus ni moins qu’une réédition, à peine plus chargée, de CHIFFON RUFFLES. En croisant son duo fétiche avec CHIFFON RUFFLES, justement, Ernst s’est enrichi de TIME WILL TELL (99) qui est sûrement la plus grande réussite de la série. Les pétales, tourmentés, sont in,digo vif, tout ourlés de pourpre ; c’est ce pourpre qu’on retrouve sur les sépales, mais il s’émiette en se rapprochant du cœur de la fleur, laissant apparaître le fond blanc luminata aux alentours des barbes, jaunes : une fleur superbe. Viennent ensuite deux frères de semis où l’élément CHIFFON RUFFLES a été redoublé : CHAMPAGNE TIME et SCHIZO, tous deux de 2003, véritablement à l’opposé l’un de l’autre. CHAMPAGNE TIME est un « faux »plicata. Il propose des pétales entièrement jaune profond, sur des sépales où le même jaune est cantonné aux bords alors que le centre est franchement blanc, à peine marqué d’une trace de plicata brun. SCHIZO est visiblement le cousin de TIME WILL TELL : même indigo pour les pétales, même pourpre pour les sépales, même dessin luminata sous les barbes du même jaune, la différence n’est pas en sa faveur puisqu’il perd presque totalement le liseré pourpre des pétales qui fait l’attrait du précédent. Pour terminer ce tour d’horizon, on arrive à RING AROUND ROSIE (2000), ses trois frères et une sorte de neveu, si l’on peut se permettre ce rapprochement. Manifestement Richard Ernst a été séduit par la formule de TIME WILL TELL à tel point qu’il a cherché à la reproduire en y apportant quelques retouches mineures. Cela a donné CHILD OF ROYALTY (2001), SMOKIN (2001) puis BALL OF CONFUSION (2004). Le premier est la déclinaison claire de la formule, le second en est la version sombre, le troisième une version allégée, plus blanche. Avec RING AROUND ROSIE et WHISPERING SPIRITS (2001), on est devant une disposition des couleurs très nouvelle, là encore déclinée en deux niveaux de saturation :pour RING AROUND ROSIE ce sont des pétales blancs finement ourlés de jaune primevère, et des sépales à fond blanc, légèrement poudré de grenat, bordés de jaune primevère ; barbes jaune vif. Pour WHISPERING SPIRITS c’est exactement la même description, sauf qu’il faut dire que le jaune est vif et le poudrage foncé et dense. Pour en arriver là, Ernst a tout simplement triplé ou quadruplé l’élément de base EDNA’S WISH X WILD JASMINE.
Chaque obtenteur a ses variétés de prédilection. Parmi celles dont fait usage Richard Ernst, il y a un couple qui apparaît au moins quinze fois dans ses cultivars, c’est EDNA’S WISH X WILD JASMINE.
Les deux membres de cet attelage ont des origines assez peu précises, voire même un peu mystérieuses. EDNA’S WISH (Gibson 83) n’a que vingt ancêtres identifiés jusqu’à la sixième génération (sur 126 possibilités). WILD JASMINE (Hamner 83) n’en a que 18 ! Cela n’empêche pas que l’un et l’autre aient été utilisés en hybridation de façon assez intensive, ensemble ou avec d’autres partenaires. EDNA’S WISH est un iris rose saumon, à barbes assorties, joliment ondulé ; WILD JASMINE, quant à lui, est un variegata-plicata avec des pétales jaune soutenu, couleur qui est aussi celle du fond des sépales, lesquelles sont couverts d’un tissu brun-rouge, plus sombre au centre, alors que la couleur du fond, presque blanche sous les barbes, réapparaît en lisière. EDNA’S WISH c’est STARFROST PINK (Gibson 76) X ORANGE PLUME sib. Le premier est un joli rose à barbes rouge, mais on ne connaît pas les couleurs du second puisqu’il n’a pas été officiellement décrit ; en tout cas son frère de semis est un iris orange rosé, plus clair sous les barbes. WILD JASMINE vient de SKETCH ME (Plough 76) X SHAFT OF GOLD (N. Sexton 76), deux variegata-plicatas très proches l’un de l’autre et d’ailleurs l’un et l’autre descendants de RADIANT APOGEE (Gibson 64), plicata original fort célèbre.
L’intérêt de Richard Ernst pour le croisement EDNA’S WISH X WILD JASMINE ne se dément pas. Les premiers produits de ce couple ont été enregistrés en 1991 et en 2004 il apparaît encore dans le pedigree de TIME WARP. Cinq descendants directs du couple ont été enregistrés : AMBER TAMBOUR (91), CHIFFON RUFFLES (91), DESERT RENEGADE (92), HEARTHSTONE (93) et SHOOTING STARS (92). AMBER TAMBOUR possède des fleurs volumineuses, d’un beau jaune ambré ; CHIFFON RUFFLES, très différent, dispose aussi de fleurs de belle taille, avec des sépales très enveloppants, mais c’est son coloris qui en fait l’originalité : blanc nacré, avec sur les sépales un léger saupoudrage de brun cannelle. DESERT RENEGADE est un plicata beaucoup plus classique : pétales brun cannelle, sépales blancs bordés de dessins cannelle de plus en plus dense à mesure qu’on approche des bords. Si l’on plaçait HEARTHSTONE à côté du précédent on constaterait qu’il en est une version plus sombre et plus chargée. Avec SHOOTING STARS on revient au type variegata-plicata, mais en version allégée, le saupoudrage brun n’intéresse que les sépales et se fait assez discret, un peu comme chez les parents de WILD JASMINE. En recroisant le duo EDNA’S WISH X WILD JASMINE par un frère de semis, Richard Ernst a obtenu CANDLELIGHT MOOD (96), CINNAMON GLOW (98), CRIMSON TWIST (96), INDIAN SANDSTONE (96), LEMON DEW (98) et TIME WARP (2004). CANDLELIGHT MOOD est un gros jaune moyen, largement centré de blanc sur les sépales, CINNAMON GLOW reprend la forme de fleur de son cousin CHIFFON RUFFLES, avec presque les même couleurs que HEARTHSTONE, en plus rouge, ce qui donne un brun rouille. Rien que le nom de CRIMSON TWIST laisse entendre qu’il y a du rouge dans cette fleur. C’est toujours la même forme ample et mouvementée, et toujours la même disposition des couleurs, mais cette fois le plicata est plutôt rouge bordeaux. INDIAN SANDSTONE conserve la forme de fleur mais se décline en brun cannelle, proche de DESERT RENEGADE. Retour au coloris jaune avec LEMON DEW : jaune clair, largement marqué de blanc aux sépales. Quant à TIME WARP, c’est ni plus ni moins qu’une réédition, à peine plus chargée, de CHIFFON RUFFLES. En croisant son duo fétiche avec CHIFFON RUFFLES, justement, Ernst s’est enrichi de TIME WILL TELL (99) qui est sûrement la plus grande réussite de la série. Les pétales, tourmentés, sont in,digo vif, tout ourlés de pourpre ; c’est ce pourpre qu’on retrouve sur les sépales, mais il s’émiette en se rapprochant du cœur de la fleur, laissant apparaître le fond blanc luminata aux alentours des barbes, jaunes : une fleur superbe. Viennent ensuite deux frères de semis où l’élément CHIFFON RUFFLES a été redoublé : CHAMPAGNE TIME et SCHIZO, tous deux de 2003, véritablement à l’opposé l’un de l’autre. CHAMPAGNE TIME est un « faux »plicata. Il propose des pétales entièrement jaune profond, sur des sépales où le même jaune est cantonné aux bords alors que le centre est franchement blanc, à peine marqué d’une trace de plicata brun. SCHIZO est visiblement le cousin de TIME WILL TELL : même indigo pour les pétales, même pourpre pour les sépales, même dessin luminata sous les barbes du même jaune, la différence n’est pas en sa faveur puisqu’il perd presque totalement le liseré pourpre des pétales qui fait l’attrait du précédent. Pour terminer ce tour d’horizon, on arrive à RING AROUND ROSIE (2000), ses trois frères et une sorte de neveu, si l’on peut se permettre ce rapprochement. Manifestement Richard Ernst a été séduit par la formule de TIME WILL TELL à tel point qu’il a cherché à la reproduire en y apportant quelques retouches mineures. Cela a donné CHILD OF ROYALTY (2001), SMOKIN (2001) puis BALL OF CONFUSION (2004). Le premier est la déclinaison claire de la formule, le second en est la version sombre, le troisième une version allégée, plus blanche. Avec RING AROUND ROSIE et WHISPERING SPIRITS (2001), on est devant une disposition des couleurs très nouvelle, là encore déclinée en deux niveaux de saturation :pour RING AROUND ROSIE ce sont des pétales blancs finement ourlés de jaune primevère, et des sépales à fond blanc, légèrement poudré de grenat, bordés de jaune primevère ; barbes jaune vif. Pour WHISPERING SPIRITS c’est exactement la même description, sauf qu’il faut dire que le jaune est vif et le poudrage foncé et dense. Pour en arriver là, Ernst a tout simplement triplé ou quadruplé l’élément de base EDNA’S WISH X WILD JASMINE.
20.5.05
VOYAGE IMAGINAIRE AU PAYS DES GRANDS IRIS
II. La terre promise (Oregon - Washington - Idaho)
La complexité géographique et climatique du nord-ouest des Etats-Unis explique que, sur cette terre d’élection des grands iris, la répartition des exploitations se fait par niches. On en compte au moins quatre, plus quelques sites plus dispersés.
Le voyage dans la terre promise des iris suivra donc le chemin tortueux des montagnes et des rivières. Point de départ, les confins de l’Idaho et de l’Oregon, au cœur des Montagnes Rocheuses, à environ 500 km de l’Océan Pacifique. Dans cette région de hauts plateaux les rivières errent à la recherche d’un passage qui leur permettrait d’atteindre la mer. Souvent elles n’en trouvent pas et terminent leur cours dans un lac sans issue, où elles se perdent. Il n’y a que les plus puissantes qui finissent par trouver leur chemin, au prix de détours innombrables. A vrai dire, il n’y a qu’une issue possible et toutes les eaux se résignent à rejoindre la Columbia, et à traverser par une gorge impressionnante la chaîne des Cascades puis la chaîne côtière (Coast Range). La Snake River fait partie de ces errantes. Elle naît dans le parc de Yellowstone, bien connu, traverse d’Est en Ouest l’Etat d’Idaho puis, à partir de la région de la capitale, Boise, après le confluent avec la Owyhee River, remonte vers le Nord sur 300 km, avant de reprendre la route de l’Ouest et, plus de 100 km plus loin, se mêler à la Columbia. Sur son parcours et dans les vallées adjacentes on découvre trois stations d’iris. Un gros nid tout d’abord à proximité de Boise : Nampa, Parma (où se trouve la pépinière de Lucille Pinkston, une hybrideuse qui a obtenu l’étrange OWYHEE DESERT (96) et quelques autres variétés de qualité) et surtout Caldwell. Neil Mogensen y est installé. Ce n’est pas qu’il inonde le marché avec ses iris, mais SGT. PEPPER (74) puis POWER WOMAN (2003) ont attiré l’attention sur son travail. En moins de cinq ans, Keith Chadwick s’est fait une place. Ses iris, auxquels il donne en général des noms commençant par le mot « oasis » parce que sa pépinière, Sand Hollow Iris Gardens, se situe Oasis Road, lui valent la reconnaissance de ses pairs. Tony et Irene DeRose sont plus connus pour leur pépinière, Riverview Iris Garden, que pour leurs obtentions encore rares. Riverview est maintenant une importante affaire, avec une offre de plus de 9000 variétés d’iris à barbes !!
Là où la Snake tourne à l’ouest, près de Lewiston, se tenait dans les années 60 une obtentrice de premier plan, Eva Smith. Elle est un peu oubliée de nos jours, mais nous lui devons des gloires de nos jardins comme GOLDEN DELIGHT (59), GRACIE PFOST(58) ou ORANGE CHIFFON (69). Lewiston est située à la frontière entre l’Idaho et le Washington. En allant avers l’ouest avec la rivière, on atteint la région de Walla-Walla. C’est là que vivait Hazel Schmelzer, à qui nous devons par exemple CAPTAIN GALLANT (57) ou HOPE DIVINE (57). A quelques kilomètres plus au sud, et dans l’Etat d’Oregon cette fois, se trouve Milton-Freewater. Opal Brown, une obtentrice de tout premier ordre, y avait sa pépinière. De là sont partis des iris qui ont fait le tour du monde, valant à leur auteur une superbe renommée et de jolis succès commerciaux. Il faut se souvenir de BARCELONA (67), BLUE LUSTER (73), BUFFY (69), FULL TIDE (72), GYPSY LULLABY (60), SALMON RIVER (71), mais avant tout de QUEEN OF HEARTS (74) qui faillit obtenir la Médaille de Dykes en 81, et de WINTER OLYMPICS (63) qui l’avait décrochée en 67.
Près du confluent avec la Columbia se trouvent Kennewick et Richland. C’est la résidence de la famille Fort (Dan, Lyle et Les), à qui l’on doit CHOCOLATE MARMALADE (90) et INCAN LEGACY (91) et de Gerald Richardson. En moins de quinze ans, G. Richardson est devenu une figure de l’hybridation. Dès LUCILLE RICHARDSON en 92, on devinait que cette fleur devait être le début d’une belle lignée. GRACE WHITTEMORE (97), puis T-REX (2002) confirment cette impression. A Richland, Margaret Parker, qui n’a pas fait parler d’elle autrement, a obtenu l’orange SUPERSIMMON (77), qui lui vaut encore d’être connue partout dans le monde.
Avant de descendre vers les basses vallées, continuons de parcourir le plateau de la Columbia, dont on va remonter le cours indécis. Wenatchee se trouve au centre de l’Etat de Washington. Son prestige a un peu baissé aujourd’hui mais elle a eu ses heures de gloire au cours des années 60 et 70. Jack Boushay, de Cashmere, petite ville voisine, a obtenu des iris réputés : ADDED PRAISE (76), ANOINTED (75), EMMANUEL (78) ou PRAISE THE LORD (72) ; Luella Noyd s’est fait connaître entre autres pour ses iris dans les tons de vert, comme FLUTED LIME (66) et PRIDE OF IRELAND (71) mais aussi pour avoir eu le flair de pressentir l’intérêt de DEBBY RAIRDON (Kuntz 65 – DM 71) et de s’en assurer l’exclusivité ; Gordon Plough, parmi les obtenteurs les plus prisés, est l’auteur de nombreux cultivars qui ont été autant de succès commerciaux. Il mérite bien qu’on cite une dizaine de ses obtentions : JAVA DOVE (64), MILESTONE (65), PUNCHLINE (68) et STUDY IN BLACK (68), BEAUX ARTS (69) et SON OF STAR (69), WINNER’S CIRCLE (72), INTERPOL (73), FREEDOM ROAD (77) et pour finir RIO DE ORO (83) toujours en vente.
Au nord de Wenatchee, on passe à Grand Coulee, pays de Merle Roberts, au pied d’un des plus énormes barrages des Etats-Unis ; plus loin le cours de la Columbia arrive du Nord et du Canada, mais en remontant vers l’est son affluent la San Jose on se dirige vers Spokane puis Cœur d’Alene, dans l’Idaho, où l’on rejoint une grande dame des années 70/80, Jeannette Nelson. D’elle on cultive toujours FANTASY FAIRE (78), FOXY LADY (87), GONDOLIER (71) ou OUTREACH (71).
Un long voyage commence pour revenir vers la côte ouest. Il faut monter à plus de 1200m, à Stevens Pass, à travers la forêt caractéristique de la région, pour franchir la chaîne des Cascades puis descendre vers Seattle par la vallée de la Skykomish. Seattle, c’est le pays des avions Boeing, mais c’est aussi une très grande métropole, très humide, mais au climat plutôt doux, qui convient bien aux iris. Rex Brown, pendant les années 60 (GREEN QUEST – 59 , LA JUANA –67) tout comme Carol Lankow, récemment décédée, surtout connue pour ses iris nains, ont vécu à Kirkland, dans l’agglomération de Seattle. Elaine Bessette (Frere Andre –96, Trillion – 96) est installée à Tacoma, au sud, au fond du golfe.
Cap au sud, pour se rendre au cœur même de la terre promise, dans cette vallée bénie de la Willamette, où se trouvent les plus grands noms du monde des iris. Pourquoi cet endroit a-t-il attiré les plus grands ? La Willamette court du sud au nord dans une vaste vallée entourée, rive gauche, de la Coast Range, qui la sépare de l’Océan Pacifique, l’abrite des vents d’ouest et lui garantit des températures clémentes en toutes saisons. Sur la rive droite, c’est la puissante chaîne des Cascades avec ses sommets qui dépassent les 3000 m et arrêtent les nuées assurant des précipitations abondantes. Ajoutez que le sol est profond et volcanique, d’une remarquable fertilité, et vous comprendrez ! Vancouver est sur la rive droite de la Columbia, donc en Washington, mais, le fleuve traversé, c’est Portland, en Oregon. Vancouver, et Salmon Creek, c’est le domaine de Terry Aitken, un hybrideur qui fait parler de lui depuis le début des années 80 et qui est devenu une des figures de proue de l’AIS. Pour ne citer que quelques-uns unes de ses variétés, parlons de ORBITER (85), STELLAR LIGHTS (85), GYRO (89), PRIVATE RESERVE (93), HIGHLAND GAMES (2000). Portland, ce fut le pays de George Shoop et des Jones – Bennett et Evelyn. Le premier est connu pour ses iris à barbes rouges, comme ONE DESIRE (60), LATIN LOVER (69), BRIGHT LIFE (77), RINGO (79), SANTA (97) ou LEADING LIGHT (99). Plus éclectique, Bennett Jones nous a donné ELIZABETH STUART (71), SEA VENTURE (72), IRENE NELSON (75), ou JEANNE PRICE (77). Le chant du cygne d’Evelyn Jones a été POND LILY (94).
Dans l’agglomération de Portland se trouve la petite cité de Tigard, là où se tiennent les Craig, Jim et Vicki. Ils ont introduit plusieurs grands iris comme TOUCH OF COLOR (91) ou VOLATILE (96). Maintenant la Willamette nous accompagne dans notre tournée des grands hybrideurs. A Canby plane le souvenir de Catherine et Fred DeForest. Ce dernier a régné sur les années 50 avec des variétés aussi célèbres que BY LINE (52) ou REHOBETH (53), tous deux Florin d’Or, CHRISTMAS ANGEL (59), LULA MARGUERITE (59), et FIRST VIOLET (51), qui obtint la D.M. en 1956. A son épouse Catherine, qui prit sa succession, appartiennent ALENETTE(69) et BAYBERRY CANDLE (69). Chet Tompkins habitait aussi Canby. D’une exceptionnelle longévité, il est l’obtenteur d’un grand nombre de variétés, dans tous les domaines, avec notamment CAMELOT ROSE (65), l’inimitable OVATION (69), GENESIS (77), BANDEIRA WALTZ (83), WINDWALKER (86) ou APOLLODORUS (88). Mount Angel abrite Dave Silverberg, père de ABBEY ROAD (94). Tout à côté se trouve Silverton, où la concentration d’iris devient forte. C’était le lieu de résidence du professeur Kleinsorge, le roi des iris bruns, auteur de TOBACCO ROAD (41), CASCADE SPLENDOR (44) ou DAYBREAK (46) qui a bien failli être désigné D.M. la même année. Aujourd’hui le flambeau a été repris par les Meek ; à eux deux ils dépassent largement la centaine d’enregistrements parmi lesquels on retient des variétés qui ont eu un beau succès comme CHERRY SMOKE (78), P.T. BARNUM (79), DESERT ECHO (80), WILD CARD (83), BLACK AS NIGHT (92) ou IMAGINARIUM (93). Le talent est ce qui manque le moins au jeune encore Larry Johnson, lui aussi enfant de Silverton. HER KINGDOM (94), puis EBONY ANGEL (2000) ou TAHITIAN PEARL (2003) lui garantissent un brillant avenir. Enfin et surtout Silverton est le lieu où travaille Richard Ernst pour le compte de la plus importante pépinière du monde en chiffre d’affaires, Cooley’s Garden. Rick Ernst, c’est en vingt ans plus de deux cents variétés enregistrées, d’indéniables succès commerciaux, et des iris originaux qui n’ont pas toujours été reconnus comme tels par la profession. Pour limiter l’énumération, ne retenons que, dès le départ, AFTERNOON DELIGHT (85), maintenant universellement connu, puis les bleus tendres CLEAR MORNING SKY (91) et CLEARWATER RIVER (99), ainsi que le récent SCHIZO (2003).
Le voyage va se terminer en apothéose, à Salem, la capitale mondiale de l’iris. Parce que les trois plus grandes pépinières y sont réunies. Et sans doute parmi les plus talentueux hybrideurs du moment y trouvera-t-on Paul Black et Tom Johnson son compère, Keith Keppel, l’artiste, et les inimitables industriels qui constituent le clan Schreiner.
Paul Black a commencé sa carrière d’hybrideur dans le Middle West, à Oklahoma City. Mais une incroyable succession d’avatars malheureux l’ont contraint à abandonner l’Oklahoma. Il a eu la chance de pouvoir se réinstaller à Salem où il a commencé, à la fin des années 90, une nouvelle vie en compagnie d’un autre hybrideur, Tom Johnson. Il peut se féliciter maintenant de cette transplantation car son affaire, autant que ses hybridations, y ont gagné à tous points de vue. Ses dernières réalisations sont remarquables. DUDE RANCH (2000 – F.O. 2002), HABIT (99) ou TOM JOHNSON (96) sont là pour en témoigner. Quant à Tom Johnson, dont les premiers enregistrements ne datent que de 2000, on peut dire qu’il promet ! HOOK (2000) ou PAUL BLACK (2002) sont des variétés qui iront loin.
On ne présente plus Keith Keppel. Chacun sait qu’il a toujours été un précurseur ; mais au fil des années il a acquis une maîtrise exceptionnelle, appuyée sur des connaissances génétiques et un savoir-faire reconnus de tous. Aujourd’hui, c’est le pape des iris. Chaque année il offre aux amateurs de nouvelles variétés toujours belles et originales qui se placent d’emblée en tête de toutes les compétitions. En 2004 CROWNED HEADS (97) a emporté la Médaille de Dykes ; FOGBOUND (98) est arrivé 4eme dans la course à la Wister Medal ; WINTRY SKY (2002) a fini n° 3 de la Walther Cup ; HAPPENSTANCE (2000), SHARPSHOOTER (2000), VIENNA WALTZ (2000), FASHIONABLY LATE (98) et SOCIAL GRACES (2000) ont obtenu un Award of Merit ; CHARLESTON (2002), KITTY KAY (2002), SECRET SERVICE (2002), INSIDE TRACK (2002), BALDERDASH (2002), CRYSTAL GAZER (2002), BEL ESPRIT (2002), GAME PLAN (2002), OPEN SEA (2002) et OPPOSING FORCES (2002) ont reçu une Honorable Mention. Son IB LONDONDERRY (95) a été à deux doigts de rafler la H. and J. Sass Medal et cinq autres iris intermédiaires ont obtenu un H. M. ! Personne n’a jamais fait mieux. Son implantation récente en Oregon, après de longues années en Californie, est certainement pour quelque chose dans cet incomparable succès.
Salem, capitale administrative de l’Oregon, est aussi le siège de l’entreprise Schreiner. Il faut en effet parler d’entreprise car les Schreiner ont installé au niveau industriel l’obtention de nouveaux iris et le commerce de ces plantes. Cela fait plus de 65 ans que les Schreiner sont dans les iris, depuis le patriarche Xavier Schreiner, jusqu’à ses petits enfants, maintenant en charge de la société. Environ 600 variétés d’iris, presque exclusivement des grands, portent le patronyme Schreiner. Ils sont présents partout dans le monde, ont colonisé tous les catalogues et envahi tous les jardins. Onze fois les variétés Schreiner ont conquis la Médaille de Dykes ! BLUE SAPPHIRE (53 - DM 58), AMETHYST FLAME (57 – DM 63), STEPPING OUT (64 – DM 68), VICTORIA FALLS (77 – DM 84), TITAN'S GLORY (81 – DM 88), DUSKY CHALLENGER (86 – 92), SILVERADO (87 – DM 94), HONKY TONK BLUES (88 – DM 95), HELLO DARKNESS (92 – DM 99), YAQUINA BLUE (92 – DM 2001) et CELEBRATION SONG (93 – DM 2003). Mais SUPERSTITION (77), LACED COTTON (80) et SUPREME SULTAN (88) l’ont raté de peu. A Florence, trois Premio Firenze ont couronné des iris Schreiner : GOLD GALORE (78 – FO 82), STARCREST (83 – FO 86) et CHAMPAGNE WALTZ (94 – FO 97). Aujourd’hui il semble que, sans démériter, les iris Schreiner soient moins dominateurs. Il n’empêche qu’on ne peut pas faire mieux que de terminer un voyage, fut-il imaginaire, au pays des iris, dans le temple qu’est la pépinière Schreiner.
La brume qui recouvre souvent la région du Nord-Ouest sera peut-être présente au moment où nous quitterons cette contrée, mais elle ne masquera pas ce qui, au fond de nos yeux, constitue l’aboutissement d’un ineffable rêve.
II. La terre promise (Oregon - Washington - Idaho)
La complexité géographique et climatique du nord-ouest des Etats-Unis explique que, sur cette terre d’élection des grands iris, la répartition des exploitations se fait par niches. On en compte au moins quatre, plus quelques sites plus dispersés.
Le voyage dans la terre promise des iris suivra donc le chemin tortueux des montagnes et des rivières. Point de départ, les confins de l’Idaho et de l’Oregon, au cœur des Montagnes Rocheuses, à environ 500 km de l’Océan Pacifique. Dans cette région de hauts plateaux les rivières errent à la recherche d’un passage qui leur permettrait d’atteindre la mer. Souvent elles n’en trouvent pas et terminent leur cours dans un lac sans issue, où elles se perdent. Il n’y a que les plus puissantes qui finissent par trouver leur chemin, au prix de détours innombrables. A vrai dire, il n’y a qu’une issue possible et toutes les eaux se résignent à rejoindre la Columbia, et à traverser par une gorge impressionnante la chaîne des Cascades puis la chaîne côtière (Coast Range). La Snake River fait partie de ces errantes. Elle naît dans le parc de Yellowstone, bien connu, traverse d’Est en Ouest l’Etat d’Idaho puis, à partir de la région de la capitale, Boise, après le confluent avec la Owyhee River, remonte vers le Nord sur 300 km, avant de reprendre la route de l’Ouest et, plus de 100 km plus loin, se mêler à la Columbia. Sur son parcours et dans les vallées adjacentes on découvre trois stations d’iris. Un gros nid tout d’abord à proximité de Boise : Nampa, Parma (où se trouve la pépinière de Lucille Pinkston, une hybrideuse qui a obtenu l’étrange OWYHEE DESERT (96) et quelques autres variétés de qualité) et surtout Caldwell. Neil Mogensen y est installé. Ce n’est pas qu’il inonde le marché avec ses iris, mais SGT. PEPPER (74) puis POWER WOMAN (2003) ont attiré l’attention sur son travail. En moins de cinq ans, Keith Chadwick s’est fait une place. Ses iris, auxquels il donne en général des noms commençant par le mot « oasis » parce que sa pépinière, Sand Hollow Iris Gardens, se situe Oasis Road, lui valent la reconnaissance de ses pairs. Tony et Irene DeRose sont plus connus pour leur pépinière, Riverview Iris Garden, que pour leurs obtentions encore rares. Riverview est maintenant une importante affaire, avec une offre de plus de 9000 variétés d’iris à barbes !!
Là où la Snake tourne à l’ouest, près de Lewiston, se tenait dans les années 60 une obtentrice de premier plan, Eva Smith. Elle est un peu oubliée de nos jours, mais nous lui devons des gloires de nos jardins comme GOLDEN DELIGHT (59), GRACIE PFOST(58) ou ORANGE CHIFFON (69). Lewiston est située à la frontière entre l’Idaho et le Washington. En allant avers l’ouest avec la rivière, on atteint la région de Walla-Walla. C’est là que vivait Hazel Schmelzer, à qui nous devons par exemple CAPTAIN GALLANT (57) ou HOPE DIVINE (57). A quelques kilomètres plus au sud, et dans l’Etat d’Oregon cette fois, se trouve Milton-Freewater. Opal Brown, une obtentrice de tout premier ordre, y avait sa pépinière. De là sont partis des iris qui ont fait le tour du monde, valant à leur auteur une superbe renommée et de jolis succès commerciaux. Il faut se souvenir de BARCELONA (67), BLUE LUSTER (73), BUFFY (69), FULL TIDE (72), GYPSY LULLABY (60), SALMON RIVER (71), mais avant tout de QUEEN OF HEARTS (74) qui faillit obtenir la Médaille de Dykes en 81, et de WINTER OLYMPICS (63) qui l’avait décrochée en 67.
Près du confluent avec la Columbia se trouvent Kennewick et Richland. C’est la résidence de la famille Fort (Dan, Lyle et Les), à qui l’on doit CHOCOLATE MARMALADE (90) et INCAN LEGACY (91) et de Gerald Richardson. En moins de quinze ans, G. Richardson est devenu une figure de l’hybridation. Dès LUCILLE RICHARDSON en 92, on devinait que cette fleur devait être le début d’une belle lignée. GRACE WHITTEMORE (97), puis T-REX (2002) confirment cette impression. A Richland, Margaret Parker, qui n’a pas fait parler d’elle autrement, a obtenu l’orange SUPERSIMMON (77), qui lui vaut encore d’être connue partout dans le monde.
Avant de descendre vers les basses vallées, continuons de parcourir le plateau de la Columbia, dont on va remonter le cours indécis. Wenatchee se trouve au centre de l’Etat de Washington. Son prestige a un peu baissé aujourd’hui mais elle a eu ses heures de gloire au cours des années 60 et 70. Jack Boushay, de Cashmere, petite ville voisine, a obtenu des iris réputés : ADDED PRAISE (76), ANOINTED (75), EMMANUEL (78) ou PRAISE THE LORD (72) ; Luella Noyd s’est fait connaître entre autres pour ses iris dans les tons de vert, comme FLUTED LIME (66) et PRIDE OF IRELAND (71) mais aussi pour avoir eu le flair de pressentir l’intérêt de DEBBY RAIRDON (Kuntz 65 – DM 71) et de s’en assurer l’exclusivité ; Gordon Plough, parmi les obtenteurs les plus prisés, est l’auteur de nombreux cultivars qui ont été autant de succès commerciaux. Il mérite bien qu’on cite une dizaine de ses obtentions : JAVA DOVE (64), MILESTONE (65), PUNCHLINE (68) et STUDY IN BLACK (68), BEAUX ARTS (69) et SON OF STAR (69), WINNER’S CIRCLE (72), INTERPOL (73), FREEDOM ROAD (77) et pour finir RIO DE ORO (83) toujours en vente.
Au nord de Wenatchee, on passe à Grand Coulee, pays de Merle Roberts, au pied d’un des plus énormes barrages des Etats-Unis ; plus loin le cours de la Columbia arrive du Nord et du Canada, mais en remontant vers l’est son affluent la San Jose on se dirige vers Spokane puis Cœur d’Alene, dans l’Idaho, où l’on rejoint une grande dame des années 70/80, Jeannette Nelson. D’elle on cultive toujours FANTASY FAIRE (78), FOXY LADY (87), GONDOLIER (71) ou OUTREACH (71).
Un long voyage commence pour revenir vers la côte ouest. Il faut monter à plus de 1200m, à Stevens Pass, à travers la forêt caractéristique de la région, pour franchir la chaîne des Cascades puis descendre vers Seattle par la vallée de la Skykomish. Seattle, c’est le pays des avions Boeing, mais c’est aussi une très grande métropole, très humide, mais au climat plutôt doux, qui convient bien aux iris. Rex Brown, pendant les années 60 (GREEN QUEST – 59 , LA JUANA –67) tout comme Carol Lankow, récemment décédée, surtout connue pour ses iris nains, ont vécu à Kirkland, dans l’agglomération de Seattle. Elaine Bessette (Frere Andre –96, Trillion – 96) est installée à Tacoma, au sud, au fond du golfe.
Cap au sud, pour se rendre au cœur même de la terre promise, dans cette vallée bénie de la Willamette, où se trouvent les plus grands noms du monde des iris. Pourquoi cet endroit a-t-il attiré les plus grands ? La Willamette court du sud au nord dans une vaste vallée entourée, rive gauche, de la Coast Range, qui la sépare de l’Océan Pacifique, l’abrite des vents d’ouest et lui garantit des températures clémentes en toutes saisons. Sur la rive droite, c’est la puissante chaîne des Cascades avec ses sommets qui dépassent les 3000 m et arrêtent les nuées assurant des précipitations abondantes. Ajoutez que le sol est profond et volcanique, d’une remarquable fertilité, et vous comprendrez ! Vancouver est sur la rive droite de la Columbia, donc en Washington, mais, le fleuve traversé, c’est Portland, en Oregon. Vancouver, et Salmon Creek, c’est le domaine de Terry Aitken, un hybrideur qui fait parler de lui depuis le début des années 80 et qui est devenu une des figures de proue de l’AIS. Pour ne citer que quelques-uns unes de ses variétés, parlons de ORBITER (85), STELLAR LIGHTS (85), GYRO (89), PRIVATE RESERVE (93), HIGHLAND GAMES (2000). Portland, ce fut le pays de George Shoop et des Jones – Bennett et Evelyn. Le premier est connu pour ses iris à barbes rouges, comme ONE DESIRE (60), LATIN LOVER (69), BRIGHT LIFE (77), RINGO (79), SANTA (97) ou LEADING LIGHT (99). Plus éclectique, Bennett Jones nous a donné ELIZABETH STUART (71), SEA VENTURE (72), IRENE NELSON (75), ou JEANNE PRICE (77). Le chant du cygne d’Evelyn Jones a été POND LILY (94).
Dans l’agglomération de Portland se trouve la petite cité de Tigard, là où se tiennent les Craig, Jim et Vicki. Ils ont introduit plusieurs grands iris comme TOUCH OF COLOR (91) ou VOLATILE (96). Maintenant la Willamette nous accompagne dans notre tournée des grands hybrideurs. A Canby plane le souvenir de Catherine et Fred DeForest. Ce dernier a régné sur les années 50 avec des variétés aussi célèbres que BY LINE (52) ou REHOBETH (53), tous deux Florin d’Or, CHRISTMAS ANGEL (59), LULA MARGUERITE (59), et FIRST VIOLET (51), qui obtint la D.M. en 1956. A son épouse Catherine, qui prit sa succession, appartiennent ALENETTE(69) et BAYBERRY CANDLE (69). Chet Tompkins habitait aussi Canby. D’une exceptionnelle longévité, il est l’obtenteur d’un grand nombre de variétés, dans tous les domaines, avec notamment CAMELOT ROSE (65), l’inimitable OVATION (69), GENESIS (77), BANDEIRA WALTZ (83), WINDWALKER (86) ou APOLLODORUS (88). Mount Angel abrite Dave Silverberg, père de ABBEY ROAD (94). Tout à côté se trouve Silverton, où la concentration d’iris devient forte. C’était le lieu de résidence du professeur Kleinsorge, le roi des iris bruns, auteur de TOBACCO ROAD (41), CASCADE SPLENDOR (44) ou DAYBREAK (46) qui a bien failli être désigné D.M. la même année. Aujourd’hui le flambeau a été repris par les Meek ; à eux deux ils dépassent largement la centaine d’enregistrements parmi lesquels on retient des variétés qui ont eu un beau succès comme CHERRY SMOKE (78), P.T. BARNUM (79), DESERT ECHO (80), WILD CARD (83), BLACK AS NIGHT (92) ou IMAGINARIUM (93). Le talent est ce qui manque le moins au jeune encore Larry Johnson, lui aussi enfant de Silverton. HER KINGDOM (94), puis EBONY ANGEL (2000) ou TAHITIAN PEARL (2003) lui garantissent un brillant avenir. Enfin et surtout Silverton est le lieu où travaille Richard Ernst pour le compte de la plus importante pépinière du monde en chiffre d’affaires, Cooley’s Garden. Rick Ernst, c’est en vingt ans plus de deux cents variétés enregistrées, d’indéniables succès commerciaux, et des iris originaux qui n’ont pas toujours été reconnus comme tels par la profession. Pour limiter l’énumération, ne retenons que, dès le départ, AFTERNOON DELIGHT (85), maintenant universellement connu, puis les bleus tendres CLEAR MORNING SKY (91) et CLEARWATER RIVER (99), ainsi que le récent SCHIZO (2003).
Le voyage va se terminer en apothéose, à Salem, la capitale mondiale de l’iris. Parce que les trois plus grandes pépinières y sont réunies. Et sans doute parmi les plus talentueux hybrideurs du moment y trouvera-t-on Paul Black et Tom Johnson son compère, Keith Keppel, l’artiste, et les inimitables industriels qui constituent le clan Schreiner.
Paul Black a commencé sa carrière d’hybrideur dans le Middle West, à Oklahoma City. Mais une incroyable succession d’avatars malheureux l’ont contraint à abandonner l’Oklahoma. Il a eu la chance de pouvoir se réinstaller à Salem où il a commencé, à la fin des années 90, une nouvelle vie en compagnie d’un autre hybrideur, Tom Johnson. Il peut se féliciter maintenant de cette transplantation car son affaire, autant que ses hybridations, y ont gagné à tous points de vue. Ses dernières réalisations sont remarquables. DUDE RANCH (2000 – F.O. 2002), HABIT (99) ou TOM JOHNSON (96) sont là pour en témoigner. Quant à Tom Johnson, dont les premiers enregistrements ne datent que de 2000, on peut dire qu’il promet ! HOOK (2000) ou PAUL BLACK (2002) sont des variétés qui iront loin.
On ne présente plus Keith Keppel. Chacun sait qu’il a toujours été un précurseur ; mais au fil des années il a acquis une maîtrise exceptionnelle, appuyée sur des connaissances génétiques et un savoir-faire reconnus de tous. Aujourd’hui, c’est le pape des iris. Chaque année il offre aux amateurs de nouvelles variétés toujours belles et originales qui se placent d’emblée en tête de toutes les compétitions. En 2004 CROWNED HEADS (97) a emporté la Médaille de Dykes ; FOGBOUND (98) est arrivé 4eme dans la course à la Wister Medal ; WINTRY SKY (2002) a fini n° 3 de la Walther Cup ; HAPPENSTANCE (2000), SHARPSHOOTER (2000), VIENNA WALTZ (2000), FASHIONABLY LATE (98) et SOCIAL GRACES (2000) ont obtenu un Award of Merit ; CHARLESTON (2002), KITTY KAY (2002), SECRET SERVICE (2002), INSIDE TRACK (2002), BALDERDASH (2002), CRYSTAL GAZER (2002), BEL ESPRIT (2002), GAME PLAN (2002), OPEN SEA (2002) et OPPOSING FORCES (2002) ont reçu une Honorable Mention. Son IB LONDONDERRY (95) a été à deux doigts de rafler la H. and J. Sass Medal et cinq autres iris intermédiaires ont obtenu un H. M. ! Personne n’a jamais fait mieux. Son implantation récente en Oregon, après de longues années en Californie, est certainement pour quelque chose dans cet incomparable succès.
Salem, capitale administrative de l’Oregon, est aussi le siège de l’entreprise Schreiner. Il faut en effet parler d’entreprise car les Schreiner ont installé au niveau industriel l’obtention de nouveaux iris et le commerce de ces plantes. Cela fait plus de 65 ans que les Schreiner sont dans les iris, depuis le patriarche Xavier Schreiner, jusqu’à ses petits enfants, maintenant en charge de la société. Environ 600 variétés d’iris, presque exclusivement des grands, portent le patronyme Schreiner. Ils sont présents partout dans le monde, ont colonisé tous les catalogues et envahi tous les jardins. Onze fois les variétés Schreiner ont conquis la Médaille de Dykes ! BLUE SAPPHIRE (53 - DM 58), AMETHYST FLAME (57 – DM 63), STEPPING OUT (64 – DM 68), VICTORIA FALLS (77 – DM 84), TITAN'S GLORY (81 – DM 88), DUSKY CHALLENGER (86 – 92), SILVERADO (87 – DM 94), HONKY TONK BLUES (88 – DM 95), HELLO DARKNESS (92 – DM 99), YAQUINA BLUE (92 – DM 2001) et CELEBRATION SONG (93 – DM 2003). Mais SUPERSTITION (77), LACED COTTON (80) et SUPREME SULTAN (88) l’ont raté de peu. A Florence, trois Premio Firenze ont couronné des iris Schreiner : GOLD GALORE (78 – FO 82), STARCREST (83 – FO 86) et CHAMPAGNE WALTZ (94 – FO 97). Aujourd’hui il semble que, sans démériter, les iris Schreiner soient moins dominateurs. Il n’empêche qu’on ne peut pas faire mieux que de terminer un voyage, fut-il imaginaire, au pays des iris, dans le temple qu’est la pépinière Schreiner.
La brume qui recouvre souvent la région du Nord-Ouest sera peut-être présente au moment où nous quitterons cette contrée, mais elle ne masquera pas ce qui, au fond de nos yeux, constitue l’aboutissement d’un ineffable rêve.
14.5.05
VOYAGE IMAGINAIRE AU PAYS DES GRANDS IRIS
I. La Californie
Par le nombre des amateurs d’iris et celui des obtenteurs, la Californie est la terre d’élection des grands iris des jardins. Certes, le paradis est-il un peu plus au Nord, autour de Portland en Oregon, mais il n’est pas une région de Californie où l’on ne trouve des iris et, soit des hybrideurs fameux qui nous accueillent chez eux comme des amis, soit des sites emplis de nostalgie, là où opérèrent d’autres obtenteurs maintenant disparus mais que les amateurs n’oublient pas.
Partant de San Francisco, passé le Golden Gate Bridge, on arrive vite à SANTA ROSA. L’hybrideur local, c’est James Begley, dont on connaît TENNISON RIDGE (89) et PANAMA HATTIE (95). Tout près se situe SEBASTOPOL où résident Edwin et Elyse Hill, et, plus au nord, HEALDSBURG où les héritiers de l’inoubliable Monty Byers ont élu domicile, de même que les étoiles montantes que sont Anna et David Cadd, qui ont raflé en 2004 les deux premiers prix du concours de Florence (FROSTED FANTASY –2000- et MIDNIGHT MINK –2000-) . En revenant vers notre point de départ, il est facile de passer par NAPA et sa vallée célèbre pour ses vignobles, mais qui devrait aussi le devenir pour ses iris puisque John Painter, un nouvel hybrideur, s’y trouve et qu’il a beaucoup de talent (ENDEARING CHARM –2002-). Contournons la baie par l’est et arrêtons-nous à CONCORD, patrie de Carl Boswell. En remontant la vallée de la Walnut Creek, on arrive à WALNUT CREEK, là où habitent deux grands noms de l’iridophilie, Glenn Corlew, un maître des roses, de CHERUB CHOIR (68) à DESCANSO (95), et Virginia Messick dont on admire VOLTAGE (93) ou SWING AND SWAY (94). Il faut traverser la chaîne de San Pablo et descendre vers Oakland ; c’est à vingt kilomètres au sud-est que se trouve CASTRO VALLEY qui était le siège social de Larry Gaulter et le lieu où il a créé ses incontournables MARY FRANCES (73 – DM 79), PERSIAN BERRY (77) ou TIBURON (71). Puis vient HAYWARD, résidence, jadis, de Walter Luihn dont les variétés comme CALIENTE (68), SONG OF NORWAY (79 DM 86) ou BLACKOUT (86) ont fait la renommée. Traversons l’extrémité nord de la Diablo Range et retrouvons-nous dans l’immense dépression de la vallée de San Joaquin, à STOCKTON.
Pour l’amateur d’iris, STOCKTON c’est un peu comme Lourdes pour les catholiques ou La Mecque pour les musulmans. Trois des plus grands hybrideurs y ont laissé leur marque. Songez à Ben Hager, ses mythiques Melrose Gardens et ses centaines d’iris de rêve ! Trois Médailles de Dykes : VANITY (75 – DM 82), BEVERLY SILLS (79 – DM 85) et EDITH WOLFORD (86 – DM 93) ! N’oublions pas non plus Jim McWhirter à qui nos devons TEQUILA SUNRISE (78), WINTERSCAPE (84) et BRANDY (81). Enfin songeons que Keith Keppel avant de gagner les terres plus australes de l’Oregon, a vécu et travaillé ici, de même que Joë Gatty, l’homme des iris roses, à qui l’on est redevable de PLAYGIRL (77), FEMME FATALE (88) ou COMING UP ROSES (92).
Vers le nord, il n’y a qu’une cinquantaine de kilomètres avant d’arriver à SACRAMENTO, capitale de l’Etat de Californie et résidence de plusieurs hybrideurs comme Wayland Rudkin dont on entendra parler dans les années à venir ; dans la banlieue se trouve NORTH HIGHLANDS, connue depuis longtemps parce que les Dunn y ont produit leurs variétés bien appréciées comme PAGAN (73) ou CITY LIGHTS (91), mais qui est aussi le lieu de séjour de Frederick Kerr et de Joyce Ragle. Au premier on doit l’adorable QUEEN’S CIRCLE (99), à l’autre SWEET AMBROSIA (95). En se dirigeant vers les avant-postes de la Sierra Nevada, on parvient à PLACERVILLE, cher à Lloyd Austin, l’un des pères des iris à éperons. De retour à Stockton, on se dirigera vers WILTON, un peu au sud-est, où l’on découvrira le jardin de Larry Lauer, récent vainqueur de la D. M. avec STAIRWAY TO HEAVEN (93 – DM 2000) et qui n’a pas fini de faire parler de lui puisque c’est un des plus prolifiques et des plus talentueux hybrideurs d’aujourd’hui. En reprenant la route toute droite qui irrigue le centre de la vallée de San Joaquin, on passe nécessairement par Modesto puis MERCED, où demeure David Headrick (encore un nouveau venu), et où l’on bifurque vers les contreforts de la Sierra Nevada pour aller à CATHEY’S VALLEY. C’est là que se trouve un des plus beaux jardins d’iris de la région, c’est le domaine de Richard Tasco et de Roger Duncan, deux mousquetaires de l’hybridation (vous savez : « un pour tous et tous pour un »), qui nous gâtent avec SPLASHACATA (97), GOLDEN PANTHER (2000) ou HOLLYWOOD NIGHTS (2000). FRESNO n’est plus très loin ; John Weiler est installé là-bas ; nous lui devons entre autres FRESNO CALYPSO (78) et NAVAJO JEWEL (84). Cap au sud-est encore et cinquante kilomètres plus loin c’est HANFORD où officiait Carl Quadros (MADEIRA BELLE - 80), puis VISALIA dont Sanford Babson était le champion ( CHAPEAU -71 – SHIPSHAPE –69 DM 74). Un court arrêt s’impose à TULARE à la pépinière de Ed Matheny.
La visite à PORTERVILLE, tout près, sera plus longue car c’est là que Jim Gibson a produit ses fameux plicatas comme KILT LILT (70 – DM 76), LORNA LEE (66 – FO 65) ou QUEEN IN CALICO (80), et que W. B. Schortman ses grands « rouges » (CARDINAL IN FLIGHT -79). Aujourd’hui c’est le pays de George Sutton, l’auteur de plein de jolis iris comme BLUE FIN (97), BYE BYE BLUES (96) et DEVONSHIRE CREAM (99).
Finissons de remonter la vallée pour arriver à WASCO avec une pensée pour Neva Sexton et ses D.M. NEW MOON (68 – DM 73) et PACIFIC PANORAMA (60 – DM 65). LOS ANGELES n’est plus très loin, où vivait Lura Roach (SONG OF ERIN -71), mais il faut franchir la Tejon Pass avant de descendre vers la mégapole. En obliquant franchement vers l’est on se dirige vers la montagne de San Bernardino et REDLANDS où vivait S. Woodside (POP O’SHA -66 – WINGS OF DREAMS -74). Un peu plus au sud il faut faire un pèlerinage à PERRIS,pour se souvenir de Bernard Hamner et de ses obtentions mémorables comme AVALON BAY (74), CROWD PLEASER (83) et surtout WILD JASMINE (83). Ensuite, la route de San Diego passe par ESCONDIDO, le point le plus au sud de notre voyage et où flotte le souvenir de Tom Craig (BANG -55 – TABASCO -51).
Il faut maintenant revenir vers le nord, traverser de nouveau de part en part Los Angeles et prendre, au pied de Beverly Hills, la route de la côte qui nous permet de visiter Santa Monica et d’autres lieux célèbres comme Santa Barbara et San Luis Obispo avant de rattraper la côte pour un parcours exceptionnel via Big Sur, Carmel et Monterey (Ah ! Zorro !) Avant de rejoindre SALINAS et ZIGGY (97), l’étrange produit de Virginia Keyser. En continuant vers le nord on passe par FREEDOM où réside Bill Maryott, un obtenteur doué et prolifique à qui l’on doit ALMADEN (90), DEBRENEE (95), G’D MATE (87) ou LEMON FEVER (88). Au-delà ce sera l’escale obligée à SANTA CRUZ.
Comment ne pas s’arrêter chez Joseph Ghio, l’un des plus grands maîtres de l’hybridation, le champion des pedigrees compliqués et des fleurs parmi les plus élaborées. Avec plus de 300 variétés de grands iris enregistrées, et une multitude d’autres, il n’est pas facile de faire un choix et de n’évoquer que quelques-unes unes de ses réalisations. Pour faire court, en voici dix : BUBBLING OVER (82), DAWNING (95), DIALOGUE (73 – FO 75), ENTOURAGE (77 – FO 80), LADY FRIEND (81), MYSTIQUE (75 – DM 80), ROMANTIC EVENING (96), SOAP OPERA (82), STARRING (99) et WEDDING VOW (72). Chacun dans leur genre ils atteignent la perfection que seuls des très grands peuvent obtenir.
Traversons la chaîne de Santa Cruz et plongeons vers la région de San José qui n’est que l’extrémité sud de la conurbation de San Francisco. Là, passons à LOS GATOS et ayons une pensée pour Lily Gartman. Puis vient SARATOGA, séjour de John et Irene Nelson. A côté se situe CAMPBELL qui fut la ville de Maynard Knopf et reste celle de Bryce Williamson dont personne n’oublie qu’il a obtenu deux fois le Premio Firenze ( CHAMBER MUSIC (73 – FO 77) et PRINCE CHARMING –88 - FO 91) et une D.M. (JESSE’S SONG – 83 – DM 90)). Toujours plus au nord, c’est SUNNYVALE, là où demeure Manley Osborne. Celui-ci, ce n’est pas un stakhanoviste des brucelles, mais il a apporté aux amateurs d’iris des variétés à succès comme BATTLE STAR (79), GLADYS AUSTIN (85) et avant tout SKY HOOKS (80).
Désormais il n’y a plus qu’à longer l’immense baie de San Francisco et notre premier tour du pays des grands iris pourra se terminer, avec plus de souvenirs que notre tête ne peut en contenir et de quoi rêver bien au-delà des 12 heures d’avion qui nous séparent encore de Paris.
N.B. L’auteur précise qu’il n’a jamais effectué ce voyage autrement que sur la carte !
I. La Californie
Par le nombre des amateurs d’iris et celui des obtenteurs, la Californie est la terre d’élection des grands iris des jardins. Certes, le paradis est-il un peu plus au Nord, autour de Portland en Oregon, mais il n’est pas une région de Californie où l’on ne trouve des iris et, soit des hybrideurs fameux qui nous accueillent chez eux comme des amis, soit des sites emplis de nostalgie, là où opérèrent d’autres obtenteurs maintenant disparus mais que les amateurs n’oublient pas.
Partant de San Francisco, passé le Golden Gate Bridge, on arrive vite à SANTA ROSA. L’hybrideur local, c’est James Begley, dont on connaît TENNISON RIDGE (89) et PANAMA HATTIE (95). Tout près se situe SEBASTOPOL où résident Edwin et Elyse Hill, et, plus au nord, HEALDSBURG où les héritiers de l’inoubliable Monty Byers ont élu domicile, de même que les étoiles montantes que sont Anna et David Cadd, qui ont raflé en 2004 les deux premiers prix du concours de Florence (FROSTED FANTASY –2000- et MIDNIGHT MINK –2000-) . En revenant vers notre point de départ, il est facile de passer par NAPA et sa vallée célèbre pour ses vignobles, mais qui devrait aussi le devenir pour ses iris puisque John Painter, un nouvel hybrideur, s’y trouve et qu’il a beaucoup de talent (ENDEARING CHARM –2002-). Contournons la baie par l’est et arrêtons-nous à CONCORD, patrie de Carl Boswell. En remontant la vallée de la Walnut Creek, on arrive à WALNUT CREEK, là où habitent deux grands noms de l’iridophilie, Glenn Corlew, un maître des roses, de CHERUB CHOIR (68) à DESCANSO (95), et Virginia Messick dont on admire VOLTAGE (93) ou SWING AND SWAY (94). Il faut traverser la chaîne de San Pablo et descendre vers Oakland ; c’est à vingt kilomètres au sud-est que se trouve CASTRO VALLEY qui était le siège social de Larry Gaulter et le lieu où il a créé ses incontournables MARY FRANCES (73 – DM 79), PERSIAN BERRY (77) ou TIBURON (71). Puis vient HAYWARD, résidence, jadis, de Walter Luihn dont les variétés comme CALIENTE (68), SONG OF NORWAY (79 DM 86) ou BLACKOUT (86) ont fait la renommée. Traversons l’extrémité nord de la Diablo Range et retrouvons-nous dans l’immense dépression de la vallée de San Joaquin, à STOCKTON.
Pour l’amateur d’iris, STOCKTON c’est un peu comme Lourdes pour les catholiques ou La Mecque pour les musulmans. Trois des plus grands hybrideurs y ont laissé leur marque. Songez à Ben Hager, ses mythiques Melrose Gardens et ses centaines d’iris de rêve ! Trois Médailles de Dykes : VANITY (75 – DM 82), BEVERLY SILLS (79 – DM 85) et EDITH WOLFORD (86 – DM 93) ! N’oublions pas non plus Jim McWhirter à qui nos devons TEQUILA SUNRISE (78), WINTERSCAPE (84) et BRANDY (81). Enfin songeons que Keith Keppel avant de gagner les terres plus australes de l’Oregon, a vécu et travaillé ici, de même que Joë Gatty, l’homme des iris roses, à qui l’on est redevable de PLAYGIRL (77), FEMME FATALE (88) ou COMING UP ROSES (92).
Vers le nord, il n’y a qu’une cinquantaine de kilomètres avant d’arriver à SACRAMENTO, capitale de l’Etat de Californie et résidence de plusieurs hybrideurs comme Wayland Rudkin dont on entendra parler dans les années à venir ; dans la banlieue se trouve NORTH HIGHLANDS, connue depuis longtemps parce que les Dunn y ont produit leurs variétés bien appréciées comme PAGAN (73) ou CITY LIGHTS (91), mais qui est aussi le lieu de séjour de Frederick Kerr et de Joyce Ragle. Au premier on doit l’adorable QUEEN’S CIRCLE (99), à l’autre SWEET AMBROSIA (95). En se dirigeant vers les avant-postes de la Sierra Nevada, on parvient à PLACERVILLE, cher à Lloyd Austin, l’un des pères des iris à éperons. De retour à Stockton, on se dirigera vers WILTON, un peu au sud-est, où l’on découvrira le jardin de Larry Lauer, récent vainqueur de la D. M. avec STAIRWAY TO HEAVEN (93 – DM 2000) et qui n’a pas fini de faire parler de lui puisque c’est un des plus prolifiques et des plus talentueux hybrideurs d’aujourd’hui. En reprenant la route toute droite qui irrigue le centre de la vallée de San Joaquin, on passe nécessairement par Modesto puis MERCED, où demeure David Headrick (encore un nouveau venu), et où l’on bifurque vers les contreforts de la Sierra Nevada pour aller à CATHEY’S VALLEY. C’est là que se trouve un des plus beaux jardins d’iris de la région, c’est le domaine de Richard Tasco et de Roger Duncan, deux mousquetaires de l’hybridation (vous savez : « un pour tous et tous pour un »), qui nous gâtent avec SPLASHACATA (97), GOLDEN PANTHER (2000) ou HOLLYWOOD NIGHTS (2000). FRESNO n’est plus très loin ; John Weiler est installé là-bas ; nous lui devons entre autres FRESNO CALYPSO (78) et NAVAJO JEWEL (84). Cap au sud-est encore et cinquante kilomètres plus loin c’est HANFORD où officiait Carl Quadros (MADEIRA BELLE - 80), puis VISALIA dont Sanford Babson était le champion ( CHAPEAU -71 – SHIPSHAPE –69 DM 74). Un court arrêt s’impose à TULARE à la pépinière de Ed Matheny.
La visite à PORTERVILLE, tout près, sera plus longue car c’est là que Jim Gibson a produit ses fameux plicatas comme KILT LILT (70 – DM 76), LORNA LEE (66 – FO 65) ou QUEEN IN CALICO (80), et que W. B. Schortman ses grands « rouges » (CARDINAL IN FLIGHT -79). Aujourd’hui c’est le pays de George Sutton, l’auteur de plein de jolis iris comme BLUE FIN (97), BYE BYE BLUES (96) et DEVONSHIRE CREAM (99).
Finissons de remonter la vallée pour arriver à WASCO avec une pensée pour Neva Sexton et ses D.M. NEW MOON (68 – DM 73) et PACIFIC PANORAMA (60 – DM 65). LOS ANGELES n’est plus très loin, où vivait Lura Roach (SONG OF ERIN -71), mais il faut franchir la Tejon Pass avant de descendre vers la mégapole. En obliquant franchement vers l’est on se dirige vers la montagne de San Bernardino et REDLANDS où vivait S. Woodside (POP O’SHA -66 – WINGS OF DREAMS -74). Un peu plus au sud il faut faire un pèlerinage à PERRIS,pour se souvenir de Bernard Hamner et de ses obtentions mémorables comme AVALON BAY (74), CROWD PLEASER (83) et surtout WILD JASMINE (83). Ensuite, la route de San Diego passe par ESCONDIDO, le point le plus au sud de notre voyage et où flotte le souvenir de Tom Craig (BANG -55 – TABASCO -51).
Il faut maintenant revenir vers le nord, traverser de nouveau de part en part Los Angeles et prendre, au pied de Beverly Hills, la route de la côte qui nous permet de visiter Santa Monica et d’autres lieux célèbres comme Santa Barbara et San Luis Obispo avant de rattraper la côte pour un parcours exceptionnel via Big Sur, Carmel et Monterey (Ah ! Zorro !) Avant de rejoindre SALINAS et ZIGGY (97), l’étrange produit de Virginia Keyser. En continuant vers le nord on passe par FREEDOM où réside Bill Maryott, un obtenteur doué et prolifique à qui l’on doit ALMADEN (90), DEBRENEE (95), G’D MATE (87) ou LEMON FEVER (88). Au-delà ce sera l’escale obligée à SANTA CRUZ.
Comment ne pas s’arrêter chez Joseph Ghio, l’un des plus grands maîtres de l’hybridation, le champion des pedigrees compliqués et des fleurs parmi les plus élaborées. Avec plus de 300 variétés de grands iris enregistrées, et une multitude d’autres, il n’est pas facile de faire un choix et de n’évoquer que quelques-unes unes de ses réalisations. Pour faire court, en voici dix : BUBBLING OVER (82), DAWNING (95), DIALOGUE (73 – FO 75), ENTOURAGE (77 – FO 80), LADY FRIEND (81), MYSTIQUE (75 – DM 80), ROMANTIC EVENING (96), SOAP OPERA (82), STARRING (99) et WEDDING VOW (72). Chacun dans leur genre ils atteignent la perfection que seuls des très grands peuvent obtenir.
Traversons la chaîne de Santa Cruz et plongeons vers la région de San José qui n’est que l’extrémité sud de la conurbation de San Francisco. Là, passons à LOS GATOS et ayons une pensée pour Lily Gartman. Puis vient SARATOGA, séjour de John et Irene Nelson. A côté se situe CAMPBELL qui fut la ville de Maynard Knopf et reste celle de Bryce Williamson dont personne n’oublie qu’il a obtenu deux fois le Premio Firenze ( CHAMBER MUSIC (73 – FO 77) et PRINCE CHARMING –88 - FO 91) et une D.M. (JESSE’S SONG – 83 – DM 90)). Toujours plus au nord, c’est SUNNYVALE, là où demeure Manley Osborne. Celui-ci, ce n’est pas un stakhanoviste des brucelles, mais il a apporté aux amateurs d’iris des variétés à succès comme BATTLE STAR (79), GLADYS AUSTIN (85) et avant tout SKY HOOKS (80).
Désormais il n’y a plus qu’à longer l’immense baie de San Francisco et notre premier tour du pays des grands iris pourra se terminer, avec plus de souvenirs que notre tête ne peut en contenir et de quoi rêver bien au-delà des 12 heures d’avion qui nous séparent encore de Paris.
N.B. L’auteur précise qu’il n’a jamais effectué ce voyage autrement que sur la carte !
6.5.05
ZONAL ?
Nous connaissions déjà les géraniums zonales, il va falloir sans doute maintenant se familiariser avec les iris zonales. Les premiers doivent leur qualificatif au fait que leurs feuilles comportent en leur centre une partie d’une couleur différente du reste ; les seconds porteraient des fleurs de teinte bleue ou violacée, dont le centre des sépales serait orné d’une large tache absolument blanche. De temps en temps, sur le « chat » IRIS-PHOTOS, une discussion intéressante s’instaure entre les intervenants. Ce fut le cas, il y a quelques mois, lorsque Chuck Chapman, un hybrideur canadien, plutôt branché sur les iris médians, a présenté une photo d’une de ses dernières obtentions, EXIT TUNNEL, IB, 2004 (Troubadour's Song X Suky). Il développe à cette occasion une théorie concernant le type « luminata » et ses dérivés. Il en vient à définir un nouveau type de fleur, intermédiaire entre le type « glaciata », chez qui les pigments anthocyaniques sont totalement inhibés, et le type « luminata », où cette inhibition est limitée à la zone située dans la partie supérieure des sépales. Ce nouveau type, baptisé « zonal », convient à des variétés comme CLARENCE ou SUKY, c’est à dire des iris présentant sous les barbes une vaste plage blanche, qui confère à la fleur une clarté très agréable. Voici l’explication qu’il donne, et que personne ne semble contester :
« Troubadour’s Song est un SDB luminata. Cette plante a probablement un gène glaciata et trois gènes luminatas. Avec un gène luminata et trois glaciatas, nous avons le modèle luminata. Avec deux glaciatas et deux luminatas nous obtenons le type CLARENCE ou SUKY. EXIT TUNNEL doit être le maillon suivant dans la chaîne. Le spot blanc provient de l’action du gène glaciata essayant d’inhiber l’anthocyanine, et cette action s’opère à partir de la barbe. Le maillon suivant, quatre gènes luminatas, pourrait bien être soit un pur unicolore à base d’anthocyanine soit un unicolore sauf pour la barbe. Les plantes avec plus de deux gènes amoenas dominants repoussent l’anthocyanine vers le bord des pétales. Elles ont une base plus large et ne sont pas centrées sur la barbe. Pour moi elles ont un aspect différent (voir les sépales). » Il est certes bien pratique de disposer d’un mot pour désigner chaque type de fleur ; les descriptions que l’on en fait gagnent en précision et en simplicité. Mais il faut encore que chacune des désignations soit faite méticuleusement, et que la dénomination attribuée à chaque type soit connue de tous. A ce point, il semble aujourd’hui que le monde des iris manque un peu de discipline. Les termes nouveaux se multiplient, mais il n’existe pas encore de charte les régissant. D’où certaines désignations en américain, du genre « broken color » ou « space ager », d’autres en latin botanique (que les malveillants appelleraient latin de cuisine). Pour ma part je prêche pour que ces nouveaux vocables soient exprimés en latin, de manière à conserver au langage horticole un lien universel avec celui de la botanique. A ce titre le mot « zonal » n’est pas totalement satisfaisant car sous une apparence vaguement latine il reste une expression purement anglo-saxonne. Je préfèrerais, puisque le mot « iris » est du féminin, que l’on fasse usage de l’adjectif latinisant « zonalis » ou d’un néologisme qui pourrait être « zonata » . Quel que soit le terme retenu, je crois qu’il est temps que l’AIS, ce gardien du temple de l’iris, se charge de mettre de l’ordre dans cette partie de l’iridophilie.
DEVONSHIRE CREAM
Quelques jours passés en Angleterre, en Cornouailles et dans le Devon, m’ont permis d’apprécier ce qu’on appelle là-bas la « clotted cream », c’est à dire une crème épaisse, à mi-chemin entre ce que nous connaissons sous le nom de crème et ce qui devient du beurre. Cette délicate spécialité, d’une agréable couleur jaune très pâle, à peine teintée de rose, me donne l’occasion d’évoquer DEVONSHIRE CREAM (Sutton G. 99), cette délicieuse fleur dont le succès s’affirme de jour en jour.
DEVONSHIRE CREAM, le bien nommé, se présente exactement dans le coloris de la fameuse « clotted cream », avec des épaules un peu plus jaunes, une barbe jaune pointée de crème ; de larges ondulations ourlées de fine dentelle complètent une fleur très gracieuse, toute en délicatesse. Dès son apparition sur le marché, il a rencontré la faveur des amateurs et des juges qui lui ont accordé un Award of Merit dès 2004. Dans la foulée il est entré au Symposium (cet incontournable indice de popularité) de 2005, d’emblée à la 45eme place, ce qui laisse à penser qu’il va très vite atteindre le top 10 de ce classement. Pour ma part, je suis intimement persuadé qu’il va falloir tenir avec lui dans les prochaines compétitions pour la Dykes Medal.
DEVONSHIRE CREAM résulte du croisement de ELIZABETH POLDARK (Nichol 90) par SIMPLY PRETTY (Gatty 85). Le premier est blanc à barbes jaunes, le second est jaune primevère, plus clair au coeur. L’un et l’autre viennent de bonne famille : pour ELIZABETH POLDARK il s’agit de MARY FRANCES (Gaulter 73 – DM 79) X PARADISE (Gatty 80), pour SIMPLY PRETTY, d’un mariage entre un produit de BONBON (Gatty 77) par le couple (DREAM AFFAIR (Gatty 78) X SUN CITY (Hamner 74)). On ne décrit plus MARY FRANCES parce que tout le monde possède cet iris mauve tendre, ni même PARADISE, qui est l’un des roses de Gatty des plus célèbres. BONBON est un peu moins connu, mais il fait aussi partie de la grande série des roses de Gatty. Quant à SUN CITY, c’est l’un des jaunes d’or les plus réussis de son époque et son « père » est NEW MOON (Sexton 68 – DM 73). DREAM AFFAIR est celui des ascendants de DEVONSHIRE CREAM dont les couleurs ce rapprochent le plus de celles de ce dernier : un crème avec de grosses barbes jaunes. Par l’intermédiaire de son parent PLEASURE FAIRE (Gatty 73), rose orchidée, il provient d’AMETHYST FLAME (Schreiner 57 – DM 63). On compte ainsi trois vainqueurs de la DM parmi les proches ancêtres de DEVONSHIRE CREAM, ce qui lui fait un beau CV !
Depuis NEW MOON, trisaïeul de DEVONSHIRE CREAM, en 1974, aucun iris jaune n’a obtenu la Médaille de Dykes. Je parierai volontiers qu’après les errements de ces dernières années, la fraîcheur et la grâce de DEVONSHIRE CREAM vaudront bientôt à celui-ci les faveurs de juges et la gloire suprême. Encore un peu de patience pour en avoir le cœur net !
Nous connaissions déjà les géraniums zonales, il va falloir sans doute maintenant se familiariser avec les iris zonales. Les premiers doivent leur qualificatif au fait que leurs feuilles comportent en leur centre une partie d’une couleur différente du reste ; les seconds porteraient des fleurs de teinte bleue ou violacée, dont le centre des sépales serait orné d’une large tache absolument blanche. De temps en temps, sur le « chat » IRIS-PHOTOS, une discussion intéressante s’instaure entre les intervenants. Ce fut le cas, il y a quelques mois, lorsque Chuck Chapman, un hybrideur canadien, plutôt branché sur les iris médians, a présenté une photo d’une de ses dernières obtentions, EXIT TUNNEL, IB, 2004 (Troubadour's Song X Suky). Il développe à cette occasion une théorie concernant le type « luminata » et ses dérivés. Il en vient à définir un nouveau type de fleur, intermédiaire entre le type « glaciata », chez qui les pigments anthocyaniques sont totalement inhibés, et le type « luminata », où cette inhibition est limitée à la zone située dans la partie supérieure des sépales. Ce nouveau type, baptisé « zonal », convient à des variétés comme CLARENCE ou SUKY, c’est à dire des iris présentant sous les barbes une vaste plage blanche, qui confère à la fleur une clarté très agréable. Voici l’explication qu’il donne, et que personne ne semble contester :
« Troubadour’s Song est un SDB luminata. Cette plante a probablement un gène glaciata et trois gènes luminatas. Avec un gène luminata et trois glaciatas, nous avons le modèle luminata. Avec deux glaciatas et deux luminatas nous obtenons le type CLARENCE ou SUKY. EXIT TUNNEL doit être le maillon suivant dans la chaîne. Le spot blanc provient de l’action du gène glaciata essayant d’inhiber l’anthocyanine, et cette action s’opère à partir de la barbe. Le maillon suivant, quatre gènes luminatas, pourrait bien être soit un pur unicolore à base d’anthocyanine soit un unicolore sauf pour la barbe. Les plantes avec plus de deux gènes amoenas dominants repoussent l’anthocyanine vers le bord des pétales. Elles ont une base plus large et ne sont pas centrées sur la barbe. Pour moi elles ont un aspect différent (voir les sépales). » Il est certes bien pratique de disposer d’un mot pour désigner chaque type de fleur ; les descriptions que l’on en fait gagnent en précision et en simplicité. Mais il faut encore que chacune des désignations soit faite méticuleusement, et que la dénomination attribuée à chaque type soit connue de tous. A ce point, il semble aujourd’hui que le monde des iris manque un peu de discipline. Les termes nouveaux se multiplient, mais il n’existe pas encore de charte les régissant. D’où certaines désignations en américain, du genre « broken color » ou « space ager », d’autres en latin botanique (que les malveillants appelleraient latin de cuisine). Pour ma part je prêche pour que ces nouveaux vocables soient exprimés en latin, de manière à conserver au langage horticole un lien universel avec celui de la botanique. A ce titre le mot « zonal » n’est pas totalement satisfaisant car sous une apparence vaguement latine il reste une expression purement anglo-saxonne. Je préfèrerais, puisque le mot « iris » est du féminin, que l’on fasse usage de l’adjectif latinisant « zonalis » ou d’un néologisme qui pourrait être « zonata » . Quel que soit le terme retenu, je crois qu’il est temps que l’AIS, ce gardien du temple de l’iris, se charge de mettre de l’ordre dans cette partie de l’iridophilie.
DEVONSHIRE CREAM
Quelques jours passés en Angleterre, en Cornouailles et dans le Devon, m’ont permis d’apprécier ce qu’on appelle là-bas la « clotted cream », c’est à dire une crème épaisse, à mi-chemin entre ce que nous connaissons sous le nom de crème et ce qui devient du beurre. Cette délicate spécialité, d’une agréable couleur jaune très pâle, à peine teintée de rose, me donne l’occasion d’évoquer DEVONSHIRE CREAM (Sutton G. 99), cette délicieuse fleur dont le succès s’affirme de jour en jour.
DEVONSHIRE CREAM, le bien nommé, se présente exactement dans le coloris de la fameuse « clotted cream », avec des épaules un peu plus jaunes, une barbe jaune pointée de crème ; de larges ondulations ourlées de fine dentelle complètent une fleur très gracieuse, toute en délicatesse. Dès son apparition sur le marché, il a rencontré la faveur des amateurs et des juges qui lui ont accordé un Award of Merit dès 2004. Dans la foulée il est entré au Symposium (cet incontournable indice de popularité) de 2005, d’emblée à la 45eme place, ce qui laisse à penser qu’il va très vite atteindre le top 10 de ce classement. Pour ma part, je suis intimement persuadé qu’il va falloir tenir avec lui dans les prochaines compétitions pour la Dykes Medal.
DEVONSHIRE CREAM résulte du croisement de ELIZABETH POLDARK (Nichol 90) par SIMPLY PRETTY (Gatty 85). Le premier est blanc à barbes jaunes, le second est jaune primevère, plus clair au coeur. L’un et l’autre viennent de bonne famille : pour ELIZABETH POLDARK il s’agit de MARY FRANCES (Gaulter 73 – DM 79) X PARADISE (Gatty 80), pour SIMPLY PRETTY, d’un mariage entre un produit de BONBON (Gatty 77) par le couple (DREAM AFFAIR (Gatty 78) X SUN CITY (Hamner 74)). On ne décrit plus MARY FRANCES parce que tout le monde possède cet iris mauve tendre, ni même PARADISE, qui est l’un des roses de Gatty des plus célèbres. BONBON est un peu moins connu, mais il fait aussi partie de la grande série des roses de Gatty. Quant à SUN CITY, c’est l’un des jaunes d’or les plus réussis de son époque et son « père » est NEW MOON (Sexton 68 – DM 73). DREAM AFFAIR est celui des ascendants de DEVONSHIRE CREAM dont les couleurs ce rapprochent le plus de celles de ce dernier : un crème avec de grosses barbes jaunes. Par l’intermédiaire de son parent PLEASURE FAIRE (Gatty 73), rose orchidée, il provient d’AMETHYST FLAME (Schreiner 57 – DM 63). On compte ainsi trois vainqueurs de la DM parmi les proches ancêtres de DEVONSHIRE CREAM, ce qui lui fait un beau CV !
Depuis NEW MOON, trisaïeul de DEVONSHIRE CREAM, en 1974, aucun iris jaune n’a obtenu la Médaille de Dykes. Je parierai volontiers qu’après les errements de ces dernières années, la fraîcheur et la grâce de DEVONSHIRE CREAM vaudront bientôt à celui-ci les faveurs de juges et la gloire suprême. Encore un peu de patience pour en avoir le cœur net !
29.4.05
LES QUATRE VIES DE M. MUSKA
Pour pratiquer l’hybridation d’iris de l’autre côté du Rideau de Fer, entre 1960 et 1990, il fallait beaucoup d’humilité et beaucoup d’enthousiasme. Ladislav Muska ne manquait ni de l’une ni de l’autre. Au début des années 60 il avait terminé des études de chimie organique et disposait donc d’un bon bagage en matière de génétique, de biologie et de botanique. C’est avec cela qu’il s’est lancé dans l’hybridation des iris, une plante connue et appréciée de toujours dans sa Slovaquie natale. Il n’est cependant pas parti à l’aventure tout seul, car à cette époque, nombreux étaient ceux qui s’intéressaient aux iris hybrides dans ce qui constituait la Tchécoslovaquie. Entre tous ces amateurs régnait une vive amitié : aucun objectif commercial ne dressait entre eux les barrières de la concurrence, et s’il y avait compétition, elle s’entendait dans le sens de l’émulation et pas dans celui de l’antagonisme. Ceux qui, comme notre ami Muska, se lançaient dans l’hybridation manquaient évidemment d’expérience, mais aussi de connaissances, d’informations et, surtout, d’iris ! Il n’était pas facile de se procurer les variétés américaines de l’époque. Aussi travaillait-on à partir de variétés anciennes, acquises par la débrouille et le commerce parallèle. La démarche était par ailleurs intuitive et sentimentale : pas de programme précis, pas d’autre but que celui d’obtenir de nouveaux iris, les plus beaux possibles, tout simplement.
Ladislav Muska a appelé cette première période de sa vie d’hybrideur, l’ « étape Babbling Brook ». parce que cette variété était la plus belle et parmi les plus récentes de celles dont il disposait et qui comprenait surtout ALLEGIANCE (Cook 57 – DM 64), CRINOLINE (Schreiner 65), CRYSTAL BLUE (Schreiner 64), GLISTENING SNOW (Schreiner 63), HAPPY BIRTHDAY (Hall 52), LIME FIZZ (Schreiner 69), MATINATA (Schreiner 68), RADIANT APOGEE (Gibson 64), STEPPING OUT (Schreiner 64 – DM 68), WHOLE CLOTH (Cook 58 – DM 62), et quelques autres. A propos de cette période, L. Muska a écrit lui-même : « J’étais satisfait de certains de mes résultats d’alors, mais cela n’a pas résisté à un jugement critique. Quand j’ai été à même de comparer à d’autres les produits de ma période « Babbling Brook », j’ai écarté tous mes semis de cette époque. »
Adieu donc à BABBLING BROOK (Keppel 69 – DM 72). Une seconde vie allait commencer. Ce fut la période « Laced Cotton », avec des parents potentiels plus modernes, tels que BEVERLY SILLS (Hager 79 – DM 85), BRIDE’S HALO (Mohr 73 – DM78), FABULOUS FRILLS (Schreiner 76), GLORY BOUND (Nelson 74), GRAND WALTZ (Schreiner 70), HEAVENLY ANGELS (Gatty 79), KILT LILT (Gibson 70 – DM 76), MYSTIQUE (Ghio 75 – DM 80), PARADISE (Gatty 80), PINK ANGEL (Rudolph 73), VANITY (Hager 75 – DM 82), SILVER SHOWER (Schreiner 74) ou VICTORIA FALLS (Schreiner 77 – DM 84). Les obtentions de cette époque ressemblaient déjà à ce qui s’était fait aux Etats-Unis et ailleurs, dans les années 80. L’ obtention dont L. Muska est le plus fier se nomme DON EPIFANO (89), de LACED COTTON X PINK ANGEL, qui est un bicolore noisette et pervenche avec un large liseré vanille autour des sépales, et qui est parfaitement ondulé et frisé. Mais bien d’autres retiennent l’attention, comme BAB BABBILI (92), CALLELA (96), CARDINALE C. (90), COCORICO (96), MISS DÉCOLTÉ (91), RIO D’OR (93) ou VERNISSAGE (89). Ces variétés ont dix ans de retard par rapport à leurs équivalents américains, mais démontrent qu’avec les mêmes matériaux on arrive aux mêmes résultats, et Ladislav Muska peut être fier de sont travail.
La troisième vie a débuté au milieu des années 80. Muska l’appelle sa période « Queen in Calico – Sky Hooks - Ringo » car elle s’appuie essentiellement sur ces trois variétés dans lesquelles il a trouvé de quoi alimenter son projet d’une ligne « plicata space age ». Ses autres géniteurs s’appelaient APHRODISIAC (Schreiner 86), DUSKY CHALLENGER (Schreiner 86 – DM 92), EDITH WOLFORD (Hager 86 – DM 93), FRENCH GOWN (Blyth 83), JESSE’S SONG (Williamson 83 – DM 90), PLAY WITH FIRE (Schreiner 87), PROUD TRADITION (Schreiner 90), SILVERADO (Schreiner 87 – DM 94), SONG OF NORWAY (Luihn 79 – DM 86), TITAN’S GLORY (Schreiner 81 – DM 88), TOMORROW’S CHILD (Blyth 84)… Le gratin des années 80, en quelque sorte.
Cette troisième époque, celle que Muska dit être celle du « triangle magique des iris » verra naître des variétés très modernes qui ont nom, entre autres CALICOBALL (95), FONTANA DI TREVI (95), , RI-SAMPEI (96), XOCHIPILI (95), YENI CAMI (95), et, surtout, HELLADA (96), qui a fait connaître son obtenteur aux Etats-Unis.
Aujourd’hui, essentiellement parce qu’il est devenu possible de se procurer sans ruser les dernières obtentions « made in USA » ou « made in Australia », les hybrideurs d’Europe de l’Est rivalisent avec ceux du reste du monde. C’est particulièrement le cas de Ladislav Muska qui aborde sa quatrième vie d’hybrideur.
Il a atteint une maturité qui lui permet d’éviter les emballements des années 90 pendant lesquelles il a sûrement enregistré trop de nouvelles variétés. Avec son compatriote et ami Anton Mego, et les obtenteurs tchèques comme Zdenek Seidl, Pavel Nejedlo ou Jiri Dudek, il maîtrise mieux les problèmes de sélection et d’évaluation de son travail. Ses dernières variétés sont à cet égard remarquables. Parlons de BRADAMENTE (2005), DREAMING CLOWN (99), GIL Y GIL (99), L’INCORONAZIONE (2002) ou ZUZANA (2000). Le premier est un violet sombre , fils de WORLD PREMIER (Schreiner 98), le second est un plicata sur fond jaune, tout piqueté d’amarante, le troisième un étrange amoena blanc/bourgogne liseré et veine de caramel ; le suivant un superbe rose bitone, le dernier un plicata très dense, grenat, tout veiné de blanc. Ce choix très restreint ne donne qu’une étroite vision de ce qu’obtient Ladislav Muska. Ainsi son SNORRI (2002), remarquable rose à éperons mauves a reçu le prix de la variété la plus originale à Florence en 99.
Maintenant Ladislav Muska va-t-il aborder une cinquième vie ? Ce n’est pas impossible car, l’âge venant, il désire concentrer son travail sur un petit nombre thèmes et limiter ses enregistrements à des variétés toujours plus originales et porteuses d’espoir pour de nouveaux développements de l’hybridation des iris. Il a acquis toute l’expérience nécessaire et il dispose des moyens de réaliser ses objectifs.
Sources :
1) « Sur les bords du Danube bleu » par L. Muska, in Iris & Bulbeuses n° 123 – Hiver 97 ;
2) « Growing and hybridizing irises in Slovakia » par A. Mego, in Bulletin de l’AIS, Avril 2005.
Pour pratiquer l’hybridation d’iris de l’autre côté du Rideau de Fer, entre 1960 et 1990, il fallait beaucoup d’humilité et beaucoup d’enthousiasme. Ladislav Muska ne manquait ni de l’une ni de l’autre. Au début des années 60 il avait terminé des études de chimie organique et disposait donc d’un bon bagage en matière de génétique, de biologie et de botanique. C’est avec cela qu’il s’est lancé dans l’hybridation des iris, une plante connue et appréciée de toujours dans sa Slovaquie natale. Il n’est cependant pas parti à l’aventure tout seul, car à cette époque, nombreux étaient ceux qui s’intéressaient aux iris hybrides dans ce qui constituait la Tchécoslovaquie. Entre tous ces amateurs régnait une vive amitié : aucun objectif commercial ne dressait entre eux les barrières de la concurrence, et s’il y avait compétition, elle s’entendait dans le sens de l’émulation et pas dans celui de l’antagonisme. Ceux qui, comme notre ami Muska, se lançaient dans l’hybridation manquaient évidemment d’expérience, mais aussi de connaissances, d’informations et, surtout, d’iris ! Il n’était pas facile de se procurer les variétés américaines de l’époque. Aussi travaillait-on à partir de variétés anciennes, acquises par la débrouille et le commerce parallèle. La démarche était par ailleurs intuitive et sentimentale : pas de programme précis, pas d’autre but que celui d’obtenir de nouveaux iris, les plus beaux possibles, tout simplement.
Ladislav Muska a appelé cette première période de sa vie d’hybrideur, l’ « étape Babbling Brook ». parce que cette variété était la plus belle et parmi les plus récentes de celles dont il disposait et qui comprenait surtout ALLEGIANCE (Cook 57 – DM 64), CRINOLINE (Schreiner 65), CRYSTAL BLUE (Schreiner 64), GLISTENING SNOW (Schreiner 63), HAPPY BIRTHDAY (Hall 52), LIME FIZZ (Schreiner 69), MATINATA (Schreiner 68), RADIANT APOGEE (Gibson 64), STEPPING OUT (Schreiner 64 – DM 68), WHOLE CLOTH (Cook 58 – DM 62), et quelques autres. A propos de cette période, L. Muska a écrit lui-même : « J’étais satisfait de certains de mes résultats d’alors, mais cela n’a pas résisté à un jugement critique. Quand j’ai été à même de comparer à d’autres les produits de ma période « Babbling Brook », j’ai écarté tous mes semis de cette époque. »
Adieu donc à BABBLING BROOK (Keppel 69 – DM 72). Une seconde vie allait commencer. Ce fut la période « Laced Cotton », avec des parents potentiels plus modernes, tels que BEVERLY SILLS (Hager 79 – DM 85), BRIDE’S HALO (Mohr 73 – DM78), FABULOUS FRILLS (Schreiner 76), GLORY BOUND (Nelson 74), GRAND WALTZ (Schreiner 70), HEAVENLY ANGELS (Gatty 79), KILT LILT (Gibson 70 – DM 76), MYSTIQUE (Ghio 75 – DM 80), PARADISE (Gatty 80), PINK ANGEL (Rudolph 73), VANITY (Hager 75 – DM 82), SILVER SHOWER (Schreiner 74) ou VICTORIA FALLS (Schreiner 77 – DM 84). Les obtentions de cette époque ressemblaient déjà à ce qui s’était fait aux Etats-Unis et ailleurs, dans les années 80. L’ obtention dont L. Muska est le plus fier se nomme DON EPIFANO (89), de LACED COTTON X PINK ANGEL, qui est un bicolore noisette et pervenche avec un large liseré vanille autour des sépales, et qui est parfaitement ondulé et frisé. Mais bien d’autres retiennent l’attention, comme BAB BABBILI (92), CALLELA (96), CARDINALE C. (90), COCORICO (96), MISS DÉCOLTÉ (91), RIO D’OR (93) ou VERNISSAGE (89). Ces variétés ont dix ans de retard par rapport à leurs équivalents américains, mais démontrent qu’avec les mêmes matériaux on arrive aux mêmes résultats, et Ladislav Muska peut être fier de sont travail.
La troisième vie a débuté au milieu des années 80. Muska l’appelle sa période « Queen in Calico – Sky Hooks - Ringo » car elle s’appuie essentiellement sur ces trois variétés dans lesquelles il a trouvé de quoi alimenter son projet d’une ligne « plicata space age ». Ses autres géniteurs s’appelaient APHRODISIAC (Schreiner 86), DUSKY CHALLENGER (Schreiner 86 – DM 92), EDITH WOLFORD (Hager 86 – DM 93), FRENCH GOWN (Blyth 83), JESSE’S SONG (Williamson 83 – DM 90), PLAY WITH FIRE (Schreiner 87), PROUD TRADITION (Schreiner 90), SILVERADO (Schreiner 87 – DM 94), SONG OF NORWAY (Luihn 79 – DM 86), TITAN’S GLORY (Schreiner 81 – DM 88), TOMORROW’S CHILD (Blyth 84)… Le gratin des années 80, en quelque sorte.
Cette troisième époque, celle que Muska dit être celle du « triangle magique des iris » verra naître des variétés très modernes qui ont nom, entre autres CALICOBALL (95), FONTANA DI TREVI (95), , RI-SAMPEI (96), XOCHIPILI (95), YENI CAMI (95), et, surtout, HELLADA (96), qui a fait connaître son obtenteur aux Etats-Unis.
Aujourd’hui, essentiellement parce qu’il est devenu possible de se procurer sans ruser les dernières obtentions « made in USA » ou « made in Australia », les hybrideurs d’Europe de l’Est rivalisent avec ceux du reste du monde. C’est particulièrement le cas de Ladislav Muska qui aborde sa quatrième vie d’hybrideur.
Il a atteint une maturité qui lui permet d’éviter les emballements des années 90 pendant lesquelles il a sûrement enregistré trop de nouvelles variétés. Avec son compatriote et ami Anton Mego, et les obtenteurs tchèques comme Zdenek Seidl, Pavel Nejedlo ou Jiri Dudek, il maîtrise mieux les problèmes de sélection et d’évaluation de son travail. Ses dernières variétés sont à cet égard remarquables. Parlons de BRADAMENTE (2005), DREAMING CLOWN (99), GIL Y GIL (99), L’INCORONAZIONE (2002) ou ZUZANA (2000). Le premier est un violet sombre , fils de WORLD PREMIER (Schreiner 98), le second est un plicata sur fond jaune, tout piqueté d’amarante, le troisième un étrange amoena blanc/bourgogne liseré et veine de caramel ; le suivant un superbe rose bitone, le dernier un plicata très dense, grenat, tout veiné de blanc. Ce choix très restreint ne donne qu’une étroite vision de ce qu’obtient Ladislav Muska. Ainsi son SNORRI (2002), remarquable rose à éperons mauves a reçu le prix de la variété la plus originale à Florence en 99.
Maintenant Ladislav Muska va-t-il aborder une cinquième vie ? Ce n’est pas impossible car, l’âge venant, il désire concentrer son travail sur un petit nombre thèmes et limiter ses enregistrements à des variétés toujours plus originales et porteuses d’espoir pour de nouveaux développements de l’hybridation des iris. Il a acquis toute l’expérience nécessaire et il dispose des moyens de réaliser ses objectifs.
Sources :
1) « Sur les bords du Danube bleu » par L. Muska, in Iris & Bulbeuses n° 123 – Hiver 97 ;
2) « Growing and hybridizing irises in Slovakia » par A. Mego, in Bulletin de l’AIS, Avril 2005.
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