27.3.09


LES PLUS BELLES PHOTOS D’IRIS

On constate un regain d’intérêt pour les iris du modèle ‘Emma Cook’. Le plus célèbre actuellement est certainement ‘Queen’s Circle’ (Kerr 99) qui a obtenu la Médaille de Dykes en 2007. Mais ‘Heartstring Strummer’ (Ben Johnson 97) n’est pas mal placé non plus. En 2005 il est arrivé au niveau AM et, la même année, il s’est vu accorder la President’s Cup lors de la Convention de l’AIS à St Louis. La photo de Greenorchid met bien en valeur cette superbe fleur au coloris si frais.










PLACE AUX PETITS !
CAYEUX 2009

On pourrait s’attendre à ce que je détaille les grands iris enregistrés par Richard Cayeux cette année. Mais je suis obligé de dire que ce n’est pas la partie la plus intéressante de son nouveau catalogue. Bien plus remarquable est la collection d’iris intermédiaires et nains standards qu’il a réunie et qui vient compléter son panel d’iris autre que les traditionnels TB.

Riche de 7 nouveaux iris, l’offre de SDB a de quoi séduire ceux qui ont envie de connaître autre chose soit pour enrichir une collection déjà amorcée, soit pour se lancer dans les iris nains. On ne trouve là que des iris de grande qualité, issus des plus renommés hybrideurs :
‘Bourgeois’ (Paul Black 2002) ; d’un rouge amarante profond, marqué de rouille aux épaules : une couleur franche et vive.
‘City’ (Paul Black 2002) ; un plicata violacé classique.
‘Dot Com’ (Bennett Jones 96) ; blanc centré de bleu pâle, avec une grosse barbe couleur de lin : très original.
‘Gaily Forward’ (Perry Dyer 98) ; le modèle ‘Joyce Terry’ transposé chez les iris nains, avec des épaules finement striées de brun.
‘Just a Croc’ (Brad Kasperek 96) ; un petit iris bien gai, avec un spot bleuté sur fond blanc et des traces moutarde aux épaules.
‘Muggles’ (Sterling Innerst 99) ; une variété véritablement tricolore : les pétales sont blancs, les sépales, jaune d’or au cœur, deviennent grenat puis se terminent par un bord du blanc des pétales.
‘Pink Frosting’ (Paul Black 2002) ; l’impression générale est rose, mais les pétales sont en fait blancs finement veinés de rose orchidée, et les sépales dans les tons de crème portent les marques veinées de rose des pétales ; la barbe d’abord rouge vermillon se termine en blanc pur.

Ce choix à lui seul est parfaitement équilibré ; il réjouira tous ceux qui veulent se lancer dans les iris SDB.

La série des IB n’est pas moins intéressante, elle provient comme la précédente de chez les plus grands faiseurs :
‘Bold Stroke’ (Evelyn Jones 92) ; fait un peu figure d’ancêtre – 17 ans ! – mais garde tout son charme : c’est la version abrégée du célèbre bleu pâle à barbes bleu foncé ‘Codicil’.
‘Devil my Care’ (Paul Black 2000) ; les intermédiaires noirs ne sont pas nombreux ; celui-ci ajoute au plaisir de grosses barbes vermillon qui lui viennent de son « père » ‘Tom Johnson’.
‘Domaine’ (Keith Keppel 2002) ; une vraie réussite dans les tons de rose bruyère, avec des pétales qui s’éclaircissent vers les bords, au-dessus de sépales poudrés de blanc autour de la grosse barbe orange vif.
‘Frosty Elegance’ (Cleo Palmer 94) ; d’un très joli blanc, à peine teinté de jaune au cœur.
‘Minted Gold’ (Barry Blyth 99) ; fait d’or pur.
‘Pink Pele’ (Terry Aitken 96) ; abricot, taché de lie-de-vin sous les barbes qui sont rouge minium.
‘Redondo’ (Keith Keppel 2000) ; du modèle plicata classique, cette variété se distingue par son coloris bordeaux sombre et ses barbes vieux bronze.
‘Sangria’ (Keith Keppel 2002) ; ce breuvage est à base de vin rouge, assaisonné de rouge vif pour les barbes ; la fleur est superbement veloutée.
‘Young Blood’ (Ben Hager 94) ; un « vieil » iris, mais pas démodé du tout, uniformément rouge grenat et orné de barbes jaune d’or.

En dehors de ‘Pink Pele’, dont je trouve qu’il fait un peu ringard par sa forme trop plate, il me semble que cette collection soit de nature à enthousiasmer les amateurs tant elle est gaie et riche. Richard Cayeux a eu vraiment la main heureuse dans cette sélection qui devrait donner le goût des iris intermédiaires à beaucoup de débutants.

20.3.09
















BEAUX BRUNS D’AMÉRIQUE

Brighton Park est un jardin de Chicago qu’administre Carlos Ayento. Ce dernier poursuit le projet de mettre sur le net une photo de tous les iris enregistrés par la maison Schreiner depuis son origine. Tâche ambitieuse et difficile qui est en passe de s’accomplir. Il vient de publier toute une série de photos de variétés anciennes, surtout des années 40 et 50, intéressantes à plus d’un titre. J’ai été frappé par la présence dans ce large choix de nombreux iris bruns, ou cuivre, tous remarquables par la rutilance de leurs couleurs.

Profitons de l’occasion pour faire un voyage dans le temps au pays des iris bruns.

L’histoire des bruns et celle des « rouges » se chevauchent à tous moments. C’est que la différence se situe dans la dose de pigments anthocyaniques qui s’ajoute aux pigments caroténoïdes pour produire du brun. Le « rouge », qui est en fait un brun-rouge, est assez courant chez les grands iris, beaucoup plus que le brun proprement dit ou ses dérivés, cuivre, bronze, ocre… Tenons-nous cette fois à cette couleur mordorée ou cuivrée qui n’est pas si fréquente dans le domaine floral. Il n’y a guère que les chrysanthèmes, avec les iris, à arborer cette robe.

L’un des tout premiers à pouvoir être rangé dans ce coloris est le fameux ‘Jean Cayeux’ (Cayeux F. 1931). Il n’a pas tardé à prendre le bateau pour les Etats-Unis et y a fait souche. L’un de ses premiers descendants à s’être illustré se nomme ‘Copper Lustre’ (Kirkland 1934), qui a enlevé la Médaille de Dykes en 1938. Comparé aux autres variétés de son époque, ce n’était pas une plante bien réussie, mais pour ce qui est de la couleur, en revanche, elle était au top. Cependant celui à qui on doit l’avancée la plus significative en matière d’iris brun est le docteur Rudolph Kleinsorge, de Silverton en Oregon. Pour simplifier, nous dirons que son parcours avec les bruns a commencé avec deux variétés incontournables : ‘Tobacco Road’ (41) et ‘Mexico’ (43). Le croisement de ces deux variétés a donné naissance à de nombreux cultivars bruns intéressants dont ‘Bryce Canyon’ (44), ‘Pretty Quadroon’ (48) et aussi, chez Grant E. Mitsch, ‘Inca Chief’ (52), qui sont à la base de la plupart des iris bruns et mordorés. ‘Bryce Canyon’ est à l’origine de ‘Copper Medallion’ (Schreiner 51) et de ‘Ginger’ (Schreiner 53) ; ‘Pretty Quadroon’ se trouve derrière ‘Tijuana Brass’ (Schreiner 67), en compagnie, d’ailleurs de ‘Inca Chief’, qui a engendré ‘Olympic Torch’ (Schreiner 56), ‘Brass Accents’ (Schreiner 58), ‘Brasilia’ (Schreiner 60), ‘Bronze Bell’ (Schreiner 55), ‘Gaylights’ (Schreiner 65), pour ne faire référence qu’aux variétés Schreiner dont les photos ont été récemment publiées par Carlos Ayento. A la génération suivante, il y a ‘Bronze Bell’ (Schreiner 55) venant de ‘Copper Medallion’, ‘Ginger Snap’ (Schreiner 65) venant de ‘Brass Accents’, tout comme ‘Honey Chiffon’ (Schreiner 71), quant à ‘Roman Copper’ (Schreiner 73) et ‘Hot Line’ (Schreiner 81) ils ont ‘Olympic Torch’ dans leur ascendance.

Parallèlement aux recherches de R. Kleinsorge, d’autres hybrideurs ont aussi été tentés par les iris mordorés. Pour n’en citer que trois, évoquons Jacob Sass (quel domaine lui a été étranger ?) et son ‘Sunset Serenade’ (41) puis Fred DeForest avec ‘Casa Morena’ (41) ou ‘Argus Pheasant’ (47), le second iris brun à avoir été décoré de la Dykes Medal en 52, dont le pedigree est (Casa Morena X Tobacco Road), c’est à dire un pont entre les filières Kleinsorge et DeForest. Le même genre d’union relie la filière Kleinsorge et la filière Sass dans le déjà nommé ‘Copper Medallion’. Le troisième est l’autre frère Sass, Hans ; son ‘Prairie Sunset’ (39), plus vieux rose que cuivre, fait aussi partie des initiateurs des iris bruns, puisqu’on le découvre dans le pedigree de ‘Ginger’, en compagnie de ‘Bryce Canyon’ (filière Kleinsorge) et de ‘Casa Morena (filière DeForest). A noter qu’il est aussi l’un des parents de ‘Sunset Serenade’, ce qui prouve que les différentes filières se sont très vite mariées, chacun profitant des avancées de l’autre.

On pourrait continuer de rechercher les descendants des variétés citées. Mais aujourd’hui les différentes origines sont tellement mêlées que l’on ne démontrerait plus rien du tout, sinon que l’amélioration du coloris mordoré ne s’est pas arrêtée et qu’il y a des gens qui continuent dans cette voie.
PROCÈS VERNAL

L’été dernier, sur le forum du site de la SFIB, a eu lieu une discussion à propos des besoins hydriques des iris, en vue d’une culture intensive au Maroc. Celui qui a amorcé la discussion n’a pas précisé s’il s’agissait de cultiver des iris pour le jardin ou des plantes destinées à la production de parfum. A mon avis, le problème devait concerner la culture d’iris à parfum car, au Maroc, je ne vois pas le débouché d’une culture d’iris décoratifs, plantes dont la diffusion locale doit rester restreinte et sûrement insuffisante pour faire vivre une entreprise.

De fil en aiguille, de la question des besoins en eau, la discussion a bifurqué vers les besoins des iris en température hivernale pour parvenir à l’anthèse. L’un des participants a écrit : « A mon avis, au Maroc, ce qui manquera le plus, ce n'est pas l'eau, mais le gel, l'hiver, nécessaire à la reprise de la végétation. » Cette observation a amené la réponse d’un autre internaute qui a précisé : «… je tiens à dire que l'iris n'a pas besoin d'hiver froid pour refleurir. Il y a des cultures d'iris au Maroc dans des régions pas spécialement froide en hiver et qui fleurissent très bien. Je connais également des cultures dans des régions d'Espagne où l'hiver est plutôt doux et la production et floraison donnent très bien. » Ces deux opinions sont-elles contradictoires ?

Il est une chose sur laquelle tout le monde s’accorde, c’est que l’iris « germanica » a besoin sous le climat européen, d’une période plutôt froide qui va déclencher la production de pousses florales. J’ai constaté moi-même que lorsque l’hiver a été doux la floraison des grands iris au printemps suivant est moins abondante. Les botanistes parlent à propos de ce phénomène de « vernalisation ». Mais ce qui est nécessaire, est-ce le gel, comme le dit le premier intervenant ? Ce qui laisse à penser que là où le gel ne se produit pas, ou pas assez, la floraison des iris serait compromise ? Le deuxième interlocuteur affirme qu’il n’en est rien et qu’au Maroc comme en Espagne, sous un climat nettement méditerranéen donc, la floraison ne pose pas de problème. Les deux participants à la discussion doivent, à mon avis, avoir raison l’un et l’autre. Parce que ce qui est nécessaire à la formation des fleurs, cela ne doit pas être le gel, ou le froid à proprement parler, mais une forte amplitude thermique. C’est ce qui doit expliquer pourquoi on cultive les grands iris en Arizona, au Nouveau Mexique ou au Texas, mais que ce n’est plus le cas en Floride ou en Louisiane, Etats qui se situent pourtant sous les mêmes latitudes. Mais les deux derniers jouissent d’un climat tropical, aux écarts de température faibles, alors que les autres sont sous l’influence d’un climat continental, souvent désertique, où la température varie fortement. Il n’y a pas une distance considérable entre New Orleans et Houston, mais je puis confirmer que le climat y est totalement différent ! Au Maroc et en Espagne, ailleurs que près des côtes, on n’est pas loin d’un climat continental à forte amplitude thermique.

Il n’empêche que les grands iris dits « germanicas » apprécient davantage les conditions météorologiques de la France ou de l’Italie du Nord que celles du Maroc ou de l’Espagne. La terre promise des iris c’est le Nord-Ouest des USA, où le climat est doux, humide, mais souvent frais l’hiver. C’est normal : les espèces botaniques qui entrent dans le cocktail de nos iris sont toutes originaires de l’aire européenne plus ou moins méditerranéenne ainsi que du Proche Orient où il n’est pas inhabituel de connaître des périodes de froid au cours de l’hiver. Les plantes subissent un choc salutaire à leur fleurissement : peut-on dire qu’elles reçoivent un « procès vernal » ?

12.3.09

UN PEU D'AVANCE

Une fois n'est coutume. Irisenligne est en ligne cette semaine avec un jour d'avance !

LES PLUS BELLES PHOTOS D’IRIS

On ne compte plus les iris bicolores avec pétales roses et sépales mauves. ‘Bon Appetit’ (Aitken 2006) est un descendant direct de ‘Boudoir’ (Ghio 97), d’un coloris très proche. Margie Valenzuela réalise des photos pour lesquelles elle choisit la netteté comme élément expressif. La photo de ‘Bon Appetit’ est un bon exemple de cette technique.






COMMENT CRÉER UN “BROKEN COLOR”

Chuck Chapman est un hybrideur canadien qui se crée petit à petit une intéressante réputation dans le petit monde des iris. Il s’est fait connaître en premier lieu dans le domaine des iris nains SDB. Après l’avoir « loupée » deux ans de suite (2004 et 2005) son SDB ‘Ruby Eruption’ (97) ¹ a décroché la Cook-Douglas Medal, sommet de la catégorie, en 2006. Au cours des même années son ‘Forever Blue’ (96) a disputé la préséance au précédent, ce qui n’est pas mal non plus. Dans le domaine des grands iris, ‘Artist’s Palette’ (2000) et surtout ‘Sergeant Preston’ (2000) ont été remarqués dans les compétitions tant américaines qu’européennes.

Il est à l’origine d’une théorie concernant l’inhibition des pigments anthocyaniques qui a fait l’objet ici d’une chronique publiée en 2006, dont voici un extrait : « … la pureté idéale représentée par le modèle glaciata pourrait être encore plus dégradée que dans le cas des luminatas qui constitueraient un premier degré de dégradation. A un second degré, seule une zone franchement blanche, sous les barbes, serait nettoyée des pigments anthocyaniques. Au troisième degré, il n’y aurait plus que les barbes à être franchement blanches. Enfin, lorsque l’inhibition est totalement absente, on serait en présence d’une fleur parfaitement envahie par les pigments anthocyaniques et donc d’un bleu, d’un violet ou d’un brun (à cause de l’effet conjugué des deux familles de pigments) sans trace de blanc, un anti-glaciata, en quelque sorte. Il attribue ces dégradations successives à l’intervention plus ou moins efficace d’un gène inhibiteur. Il voit ce gène à la puissance 4 chez les glaciatas, à la puissance 3 chez les luminatas, à la puissance 2 chez les ‘zonals’ ou ‘zonatas’, à la puissance 1 chez lez iris bleus à barbes blanches et à la puissance 0 chez les iris entièrement ‘gouachés’ d’anthocyanine. » Jusqu’à présent personne ne l’a contredit.

Actuellement il s’intéresse aux iris aux couleurs brisées (BC) et a proposé il y a quelques semaines sur le forum « iris-photos » les trois images ci-dessus qui montrent bien l’évolution aboutissant à un BC à partir de deux plicatas très différents, tous deux apparentés à des BC.

L’un des parents est ‘Eramosa Blushing Bride’ (Chapman 2005) lui-même issu du croisement entre un luminata-plicata non enregistré et un BC particulièrement spectaculaire, ‘Autumn Years’ (Ensminger 95). Pedigree : (Colortart x Gigolo) X Autumn Years. L’autre est un autre semis non enregistré provenant d’un plicata classique violet/blanc et d’un BC violet/rose, ‘King Tush’ (Kasperek 97). Le pedigree du semis 06-578-1 s’écrit donc : Eramosa Blushing Bride X (semis plicata x King Tush).

On voit bien que ‘Eramosa Blushing Bride’ n’est pas très typé plicata. Il est d’ailleurs décrit de la façon suivante : « Pétales rose pâle, teinté de bleu argenté ; Sépales rose pâle lavés de bleu argenté, lignes plus sombres autour des barbes et aux épaules, légères griffures sur les bords ; barbes mandarine… » Quant à l’autre parents, numéroté 03-446-1, jaune, son caractère plicata se limite à des stries brunes aux épaules et sous les barbes. Le semis issu de ce croisement rassemble les traits de ses deux parents tout en revenant aux origines BC de ceux-ci. Le résultat, à première vue, n’est pas franchement satisfaisant car la fleur à l’air bien banal, et ses couleurs ne sont pas assez contrastées, mais son intérêt est plus pédagogique qu’esthétique. Il met à la portée de n’importe quel amateur la possibilité d’obtenir des iris aux couleurs brisées. Les avis son très partagés sur les avancées présentées par ces sortes de fleurs, pour lesquelles la sélection doit être particulièrement rigoureuse afin de ne garder que les iris « techniquement » et esthétiquement réussis. Sur ce point, le semis Chapman ne devrait pas constituer une étape marquante, mais c’est un cas d’école bien instructif.

(¹) ‘Ruby Eruption’ est un enfant du SDB de Paul Black ‘Chubby Cheeks’ dont le portrait a été esquissé ici en janvier 2009.

7.3.09


LES PLUS BELLES PHOTOS D’IRIS

Pour réussir une photo de fleur, il faut que le sujet soit élégamment mis en valeur par un environnement qui charme l’œil. On peut choisir de réaliser un cliché d’une netteté chirurgicale où la netteté des détails enrichira le sujet. On peut préférer une sujet piqué et un arrière-plan plus ou moins flou. L’artiste qui a pour pseudonyme « Greenorchid » manie à merveille la seconde option, comme en témoigne cette photo de ‘Irish Jig’ où l’iris dans les tons de jaune verdâtre est enjolivé par un environnement assorti du meilleur effet.






DEUX DISPARITIONS

Dans le petit monde des iris il y a toujours eu des couples qui se sont passionnés ensemble pour leur plante favorite et ont laissé leurs deux noms dans les annales. Mais il en est des couple d’hybrideurs comme des couples ordinaires, vient le jour où la mort les sépare… Cela vient d’être le sort de deux familles illustres du microcosme irisarien : les Willott et les Meek.

Personne n’ignore, chez les amateurs d’iris nains, le rôle qu’ont joué Dorothy et Anthony Willott. Le 22 mars dernier, Anthony nous a quitté, à l’âge de 81 ans. Dans la chronique obituaire du Bulletin de l’AIS, voici ce qu’on a pu lire à son sujet.

« … la plupart des irisariens sera sans doute surprise d’apprendre quel été son nom, avant qu’il n’en change. Un changement qui est intervenu peu de temps avant qu’il n’épouse Dorothy. Ce fut la conséquence d’une taquinerie enfantine à propos de son nom d’origine : Antonio Gugliotta. Quand il fut en âge de le faire, Tony décida que si le physicien Guglielmo Marconi avait pu changer son prénom en celui de William, il pouvait bien, lui, américaniser le sien et même s’en créer un nouveau. C’est pourquoi il a pris les quatre premières lettres de William et trois des dernières de Gugliotta pour former Willott. Quand ils ont commencé à se fréquenter – c’est Dorothy qui raconte cette amusante anecdote – elle ne le connaissait que sous le nom de Willott, et quand elle vint à Cleveland pour le retrouver, elle n’a pas pu trouver ce nom dans l’annuaire du téléphone de sorte qu’elle ne savait plus quoi penser. Est-ce qu’il existait réellement ? Elle a fini par comprendre quand elle a appris le changement. » Ils devaient vivre ensemble pendant 55 années au cours desquelles ils ont enregistré et introduit plus de 300 nouveaux iris, qui leur ont valu de très nombreuses récompenses dont trois Carpane-Welch Medals (la plus haute récompense pour les iris miniature MDB) qui sont allées à ‘Alpine Lake’ (80 – CWM 89), ‘Pussytoes’ (81 – CWM 90) et ‘Little Drummer Boy’ (97 – CWM 2005).

La seconde disparition concerne Duane Meek, de Silverton, dans l’Oregon. Il s’est éteint au début de décembre 2008. Pendant un quart de siècle Joyce et Duane Meek ont obtenu un grand nombre d’iris parmi les plus jolis et les plus renommés. Leurs enregistrements ont été faits sous leurs propres prénoms de sorte qu’on peut savoir lequel est à l’origine de quoi. Pour sa part, Duane Meek n’a commencé sa vie d’hybrideur que relativement tard, à la fin des années 70, mais dès lors il se consacra entièrement à cette passion. Ses premiers enregistrements datent de 1972 (‘Sunday Sage’, plicata bourgogne/jaune) Ses iris sont très nombreux. Il nous a offert, entre autres, ‘Cherry Smoke’ (78), grenat foncé très original, ‘Desert Echo’ (80), jaune au cœur poudré de brun, ainsi que, la même année ‘Carved Crystal’ (80), d’une grande pureté dans le ton de bleu glacier. En 93 vinrent ‘Imaginarium’, en rose corail, et ‘Tempting Fate’ dont on admire le bleu tendre des pétales et le bleu marine des sépales. Il faut citer aussi le sombre ‘Matt McNames’ (2000) et, parmi ses dernières réalisations, ‘Sudden Love’ (2004), amoena inversé tout en délicatesse. Ce vétéran de la dernière guerre savait trouver les croisements efficaces, dans un grand choix de domaines. C’est peut-être d’ailleurs cet éclectisme qui ne lui a pas permis d’obtenir de récompenses marquantes. Car il s’est illustré non seulement chez les grands iris, mais aussi chez les SDB et les Iris de Californie sans jamais dépasser le niveau des AM. L’enthousiasme n’ouvre donc pas systématiquement la route du triomphe, mais qu’importe, quand on est passionné : la découverte d’un nouveau semis est peut-être plus gratifiante que la réception d’une médaille !
ECHOS DU MONDE DES IRIS

Rapprochement en vue

Cela fait quelques année qu’est apparue, parallèlement à l’AIS (American Iris Society), une société consacrée exclusivement aux grands iris, la Tall Bearded Iris Society. Pendant longtemps ce fut la petite guerre entre ces deux organismes, le second refusant même de devenir une société coopérant avec l’AIS. Mais les choses s’arrangent : pour manifester sa bonne volonté, la TBIS a offert de financer la Wister Medal (celle qui couronne le meilleur TB de l’année) pour les trois prochaines années. Un rapprochement plus complet est même en discussion.

28.2.09

RETARD

Victime d'une "indisposition passagère", mon ordinateur est rétabli !
ECHOS DU MONDE DES IRIS

Bientôt un nouveau concours ?

Juge au dernier Concours de Florence, Jeanne Clay Plank, ex-présidente de l’AIS et personnalité très écoutée du monde des iris, a proposé au staff de l’AIS la création aux Etats-Unis d’un nouveau concours, semblable dans ses règles aux compétitions européennes (Florence, Jouy en Josas, Munich…). Ce type de compétition n’existe pas là-bas où les juges apprécient les iris sous leur nom et non à l’aveugle.

L’Etat-major de l’AIS réfléchit…










‘EDITH WOLFORD’ ET FILS

L’entreprise ‘Edith Wolford’ n’est pas à proprement parler commerciale ou industrielle, mais elle en a certains traits. En effet cette variété de grand iris, extrêmement répandue dans le monde entier, a donc été un grand succès commercial en même temps qu’un grand succès en hybridation.

‘Edith Wolford’ (Hager 86 – DM 93) a bien mérité son triomphe à la Médaille de Dykes car c’est un des plus beaux variegatas qu’on puisse trouver. Il se présente avec des pétales jaune citron infus de mauve au cœur, au-dessus de sépales indigo soutenu bordés plus clair et marqués de brun aux épaules, et enrichis d’une barbe moutarde. La forme est classique, mais sans reproche, et la robustesse au-dessus de tout éloge. Son pedigree est tout simple : (Merry Madrigal x Freedom Road). Sa “mère”, ‘Merry Madrigal’ (Babson 82) est crème/mauve, variegata donc, mais dans des tons pâles ; son « père » ‘Freedom Road’ (Plough 77), s’habille de jaune primevère et de bleu ; il descend du fameux ‘Shipshape’ (Babson 69 – DM 74), (lui-même provenant de ‘Pacific Panorama’ (N. Sexton 60 – DM 65) de la grande famille ‘Cahokia’), et de ‘Guitar Country’ (Plough 71), variegata sombre.

Voilà donc une fleur parfaitement classique, mais qui a certainement fourni au monde des iris, plus d’une centaine de variétés enregistrées à la première génération. Rien que dans la base de données qui me sert à alimenter ces chroniques, riche aujourd’hui de 9723 variétés, j’ai compté 78 descendants directs de ‘Edith Wolford’. Une des particularités de ces descendants est qu’ils proviennent à 87% d’un croisement où ‘Edith Wolford’ est le parent femelle. Une autre est qu’il s’agit essentiellement de variegatas (63%), avec, cependant quelques exceptions remarquables comme les iris du type « Emma Cook » obtenus par Frederik Kerr, ou le splendide ‘Slovak Prince’ d’Anton Mego, amoena. Parmi ces descendants, l’un s’est fait remarquer de la belle façon, puisqu’il s’agit de ‘Stairway to Heaven’ (Lauer 93 – DM 2000). Mais on peut aussi citer ‘Mani Pulite’ (98) qui est l’une des obtentions qui ont marqué les débuts de l’hybrideur italien Augusto Bianco.

Un autre trait remarquable d’‘Edith Wolford’ est qu’il a inspiré un grand nombre d’hybrideurs, dans tous les pays. J’en ai compté 30 dans ma base de données. Des Américains, bien sûr, et presque tous les plus grands comme Schreiner, Kerr, Lauer, Ernst, Black ou T. Johnson, mais des Australiens, Blyth, des Allemands, Beer, Landgraf, des Slovaques, Mego, Muska, et l’Ukrainien Trotsky. Sans oublier les Français qui sont au nombre de trois : R. Cayeux avec deux croisements, (Edith Wolford x Honky Tonk Blues) pour ‘Haut les Voiles’ (99) et (Edith Wolford x Bold Accent) pour le sombre ‘Tumultueux’ (95) ; J.J. François avec (Edith Wolford X Ringo) pour ‘Anne-Marie Chesnais’ (98), et G. Madoré pour ‘Damgan’ (2007), qui ressemble outrageusement à sa « mère » à l’exception du liseré des sépales, et qui a utilisé le croisement (Edith Wolford X Lullaby of Spring), tout comme l’Americain Kerr, ce qui est tout à fait exceptionnel, ‘Locronan’ (2007) issu de (Sweet Music X (Edith Wolford x Sierra Grande)), et ‘Melen ha Glas’ (2001) par (Edith Wolford x Sierra Grande) tout simplement.

A la génération suivante, l’influence de ‘Edith Wolford’ est toujours sensible. ‘Age of Innocence’ (Kerr 94) a donné ‘Grand Circle’ (2003) chez George Sutton ; ‘Dear Jean’ (Kerr 96) est l’un des plus prolifiques, avec entre autres ‘Gérard Brière’ (R. Cayeux 2007), ‘Jurassic Park’ (Lauer 95), ‘Lena Baker’ (Kerr 98) et surtout ‘Stairway to Heaven’ (12 descendants enregistrés à ce jour) sont aussi de bons géniteurs. Plus anecdotiques sont les rejetons de ‘Mani Pulite’ et de ‘Lydia Safran-Swiastyn’ (Jameson 99), mais dans ce dernier cas il s’agit d’une obtention de K. Keppel : ‘Bollywood’ (2007). Il y aura, évidemment, une suite à ces descendances, ce qui fait qu’on peut effectivement parler, comme dans le titre ci-dessus, de ‘Edith Wolford’ et Fils, comme d’une firme ayant pignon sur rue.

20.2.09











MI-GRANDS, MI-NAINS

Le triomphe de ‘Starwoman’ à la dernière Dykes Medal a mis le projecteur sur les iris intermédiaires puisque c’était la première fois qu’un iris de cette catégorie emportait la médaille. Longtemps les iris intermédiaires ont été plutôt mal appréciés des amateurs. Alors que les nains (SDB) ont toujours eu du succès, les intermédiaires ont connu des moments difficiles. La raison en était dans leur stérilité. Mais les choses ont évolué et, un peu comme ce fut le cas pour les grands iris, un jour, les intermédiaires sont devenus fertiles et, du coup, ont attiré l’attention. Ce moment magique n’est pas ancien : à peine une vingtaine d’années.

Dans un article sous-titré « Un mythe anéanti », publié en 1998 dans la revue «The Medianite» dédiée, comme l'indique son nom, aux iris moyens, l’obtentrice américaine Marky Smith, celle qui aura la chance de proposer le désormais fameux ‘Starwoman’, a fait une synthèse de ses travaux sur les iris intermédiaires. Elle a effectué de nombreux croisements entre des intermédiaires utilisés comme parent femelle et, soit des nains standards, soit des grands iris. Au début de 98 elle a choisi trente-trois IB (intermédiaires) qu'elle a d'abord fécondé avec du pollen prélevé sur des SDB (iris nains), alors en fin de floraison, puis, un peu plus tard, avec du pollen de TB (grands iris). Cette expérience a été tentée avec des variétés dont elle pouvait espérer obtenir des semis intéressants et dont la fertilité pollinique était reconnue. Une démarche identique a été suivie par l’amateur franco-néerlandais Loïc Tasquier, qui en a rendu compte dans le n° 158 de Iris & Bulbeuses (2008) et par l’obtenteur russe Sergeï Loktev.
Certains des iris fécondés n'ont rien donné, mais les plus nombreux ont produit, au moins dans l'un ou l'autre des croisements, quelques voire de nombreuses graines. En dépit d'un taux assez faible de germination des graines provenant des ces croisements, cette expérience a été un véritable succès. A tel point qu’aujourd’hui, on peut dire que les IB sont des iris fertiles à peu près comme les autres. Et cette caractéristique se généralisera vraisemblablement avec l’utilisation en hybridation des dernières variétés, reconnues comme fertiles.
Cela dit, il serait peut-être temps de dire ce que l’on entend exactement par « iris intermédiaires ».

Pour définir le mot « intermédiaire », le dictionnaire Robert écrit : « Qui, étant entre deux termes, se trouve placé dans une situation moyenne, forme une transition ou assure une communication ». Point de communication, ni, à proprement parler, de transition, en ce qui concerne nos iris. Mais effectivement une situation moyenne qui résulte de leur origine : un croisement entre iris nains et grands iris. Cependant, comme ce type de croisement n’est pas homogène, la classification des iris préfère s’en tenir à une notion de taille : les iris intermédiaires sont ceux dont la hampe florale mesure entre 40 et 69 cm et qui sont en fleur entre les SDB et les TB. En rester là ne serait pas satisfaisant : il faut entrer dans la « fabrication » de ces iris pour bien comprendre l’origine de leur taille et les particularités qui les caractérisent.

Un peu d’histoire. Certains iris diploïdes des débuts de l’hybridation n’atteignaient pas 70 cm, c’était donc des intermédiaires si l’on s’en tient à la hauteur de la tige. C’est le cas, par exemple, de ‘Loute’ (Vilmorin 1910) ou de ‘Fra Angelico’ (Vilmorin 1920). Mais au plan génétique ce sont des grands iris. De véritables intermédiaires sont apparus au début du XXeme siècle par l’entremise de certains hybrideurs, et tout particulièrement de l’anglais William John Carpane qui en introduisit près de deux cent variétés, dont très peu sont parvenues jusqu’à nous pour la raison essentielle qu’étant des hybrides stériles, elles ne devaient leur survie qu’à une multiplication végétative souvent difficile à obtenir. Carpane n’a jamais précisé quelles étaient les origines de ses intermédiaires. C’est Marc Simonet qui a expliqué que ces iris provenaient de l’alliance entre de grands iris tétraploïdes et des iris nains diploïdes, d’où l’imparité chromosomique et la stérilité.

Les Européens se sont très peu intéressés aux iris intermédiaires, qu’ils ont négligé jusque dans les années 80 ; ils ont laissé aux Américains le monopole de leur développement. Ces derniers ont créé pour eux une récompense spécifique, la Hans and Jacob Sass Medal qui a incité certains obtenteurs à poursuivre l’amélioration de la catégorie.

Si, au début, les iris intermédiaires vrais étaient issus de croisements TB X SDB ou vice-versa, dans la proportion 50/50, au fil du temps on a essayé des croisements plus complexes qui ont abouti à des produits classés IB en raison de leur taille mais résultant de croisements 75% TB X 25% SDB comme ‘Vamp’ (Gatty 71) ou ’Oklahoma Bandit’ (Nichols 79), 75% BB X 25% SDB, voire 50% TB X 50% IB comme ‘Voilà’ (Gatty 72) ou ‘In a Flash’ (P. Black 2000). Ce sont ces variétés mixtes qui ont réussi à donner naissance à des IB fertiles. A cette constatation il faut ajouter que certains croisements classiques se montrent également fertiles. C’est le cas de ‘Starwoman’ (M. Smith 97), qui est issu d’un SDB, ‘Chubby Cheeks’ (P. Black 84) et d’un grand iris, en l’occurrence un semis non dénommé réunissant ‘Snowbrook’ (Keppel 86) et un de ses frères de semis. L’origine des IB devient de plus en plus complexe ! Désormais les IB ont acquis tous les traits des grands iris, comme les éperons - voir ‘Devilish Nature’ (Boswell 98) - ou les couleurs brisées, et ils peuvent posséder ceux des iris nains, notamment le typique signal sombre sous les barbes.

Devant cet état de fait, l’amateur, qui n’est pas nécessairement un adepte de la génétique, se contentera de se réjouir de ce qu’il peut désormais trouver des iris remarquables qui font que la saison se poursuit sans interruption depuis la floraison des tout petits MDB jusqu’à celle de grands TB. Les iris intermédiaires, désormais fertiles, ont comblé le vide qui apparaissait après la floraison des SDB. Ils offrent en plus la possibilité de croisements surprenants et tous plus intéressants les uns que les autres.






ECHOS DU MONDE DES IRIS

Nouveaux obtenteurs français

Puisque les français n’hésitent plus à enregistrer leurs obtentions, il est du devoir d’un blog comme « Irisenligne » de faire connaître leurs travaux.

Voici trois variétés françaises enregistrées en 2008 par des amateurs inspirés et chanceux.

‘Chaux Neuve’ (Antoine Bettinelli)
‘Mûre Mure’ (Sébastien Cancade)
‘Sardane’ (René Dauphin – par Roland Dejoux)
ECHOS DU MONDE DES IRIS

Symposium

Le scrutin le plus caractéristique de l’American Iris Society est certainement le « Symposium ». C’est le choix par les amateurs des variétés qu’ils préfèrent. Ce choix varie très peu d’une année sur l’autre, même si on enregistre de temps en temps des engouements exceptionnels. Cette année ce choix d’emballement vise en particulier le superbe ‘Paul Black’, dont il a été question ici il y a trois semaines, puis deux iris de Keppel : ‘Florentine Silk’ et ‘Drama Queen’.

DUSKY CHALLENGER (Schreiner 86)
QUEEN’S CIRCLE (Kerr 2000)
JESSE’S SONG (Williamson 83)
THORNBIRD (Byers 89)
STAIRWAY TO HEAVEN (Lauer 93)
SILVERADO (Schreiner 87)
CONJURATION (Byers 89)
SEA POWER (Keppel 99)
MESMERIZER (Byers 91)
CELEBRATION SONG (Schreiner 93)
GOLDEN PANTHER (Tasco 2000)
BEVERLY SILLS (Hager 79)
PAUL BLACK (Johnson T. 03)
YAQUINA BLUE (Schreiner 92)
SPLASHACATA (Tasco 98)
FLORENTINE SILK (Keppel 2004)
CLARENCE (Zurbrigg 91)
DECADENCE (Blyth 2004)
STEPPING OUT (Schreiner 64)
BEFORE THE STORM (Innerst 89)
DRAMA QUEEN (Keppel 2003)

13.2.09


LES PLUS BELLES PHOTOS D’IRIS

Ce jour est celui de la couleur pourpre. Dans le genre, ‘Ransom Note’ est une avancée certaine due à l’obtenteur californien Joseph Ghio. Celui-ci a en France une réputation écornée par le fait que ses iris ne réussissent pas bien sous notre climat. Cependant ses iris sont génétiquement très intéressants. La présente photo met bien en évidence la richesse de la couleur et l’élégance de la fleur.
ECHOS DU MONDE DES IRIS

Un nouveau producteur d’iris en France

Iris et Hémérocalles en Lauragais. Une nouvelle pépinière d’iris, dans la région de Toulouse. Avec un site, en cours de mise au point : www.iris-hemerocalles-en-lauragais.fr

ECHOS DU MONDE DES IRIS II

Les enregistrements français en 2008

Trente six nouvelles variétés françaises ont été enregistrées en 2008. On est loin des 54 de 2007, mais cela dénote néanmoins une belle vitalité des obtenteurs d’iris dans notre pays. Il y a un phénomène difficile à expliquer : pendant de nombreuses années, les enregistrements français ont été rares et limités à quelques professionnels, mais dans le même temps la SFIB était florissante et riche de beaucoup d’adhérents ; aujourd’hui les adhérents manquent mais les nouveaux iris abondent !










LA COULEUR POURPRE

Il n’est pas facile de dire ce qu’est exactement la couleur pourpre. Le dictionnaire Robert en donne la définition suivante : « Couleur rouge foncé, tirant sur le violet. » Ainsi le pourpre procède à la fois du rouge et du violet. Lequel « violet » se décrit comme : « D’une couleur qui s’obtient par le mélange du bleu et du rouge. » Avançant donc par tâtonnement, on commence à mieux situer notre pourpre : entre le bleu et le rouge, couleurs primaires, se situe le violet, couleur secondaire ; le pourpre, couleur tertiaire, trouve sa place entre le violet et le rouge. Mais comme on ne passe pas brusquement d’une couleur à une autre, de l’une à l’autre s’échelonnent une infinité de nuances qui ne se définissent que par référence à quelque chose de plus ou moins facilement identifiable. Ce sont ces références qui compliquent les choses quand il s’agit de décrire une nuance. On n’est plus dans le concret mais dans le subjectif et l’inspiration poétique n’est pas loin ! D’autant plus que, d’un pays à l’autre, on ne voit pas les choses de la même façon. Les Anglo-saxons trouvent que la lune est jaune, les Français la voient blanche ; les Allemands appellent « lilas » un violet vif et rougeâtre (le pourpre ?), le même nom désigne en France une nuance de violet pâle. Quant à notre « pourpre », il est beaucoup plus rouge que le « purple » des Anglais qui ne serait qu’une autre manière de dire « violet. » Dans la notion de « pourpre », chez nous, on englobe, en fait tout ce qui est « rouge tirant sur le violet », à commencer par l’amarante et, en plus clair, le fameux « magenta », popularisé par les cartouches d’encre pour imprimante.

En matière d’iris, le pourpre est une couleur très présente, qui va dériver d’un côté vers le grenat puis l’acajou et ce brun-rouge caractéristique que l’on désigne autrement sous les vocables de bordeaux, bourgogne ou rubis, de l’autre jusqu’au nuances baptisées aubergine, lie de vin ou prune. On peut même qualifier de « pourpres », ou pourprés, les coloris évoluant autour de teintes plus claires, comme le rose bruyère ou fuchsia. Tout est affaire de sensibilité personnelle.

Cette analyse est le prétexte à faire un tour parmi les iris pourpres qui ont marqué le siècle passé, celui du développement spectaculaire de notre fleur préférée. Car le pourpre n’est pas propre aux iris dits « modernes », ces iris tétraploïdes apparus au début du XXeme siècle. Le pourpre était même une couleur très fréquente chez les « anciens », diploïdes. C’est le cas de ‘Archevêque’ (Vilmorin 1911). Côté tétraploïde, il y a dans les années situées entre les deux guerres mondiales, de bien jolies choses, comme ‘Numa Roumestan’ (Cayeux F. 1928), ‘Député Nomblot’ (Cayeux F. 1929), ‘Professeur S.M. Mitchell’ (Cayeux F. 1930), ‘Hermione’ (Cayeux F. 1933) ou ‘Olympio’ (Cayeux F. 36 - FDM 38). Plus tard, aux Etats-Unis, Gordon Plough, avec ‘Edenite’ (1958) a franchi une étape dans sa quête du noir par le « rouge » qui devait aboutir au fameux ‘Study in Black’ (68) dont on peut dire qu’il est une saturation du coloris pourpre. Dans les années 70, deux variétés me paraissent se distinguer dans le pourpre : ‘Dos Pesos’ (Coleman 72) et ‘Gondolier’ (Jeannette Nelson 71), sans oublier un petit français bien sympathique, ‘Lucinou’ (Brun 78) et un petit russe qui ne l’est pas moins, ‘Fioletovy Nizkorozly’ (Driagina 78). Au cours des années 80, la grande période de la famille Schreiner, on ne peut qu’admirer les pourpres superbes qu’elle nous a proposés, comme ‘Loyalist’ (86) ou ‘Thriller’ (88). Citons aussi ‘Winesap’ (89), un iris de Monty Byers, remontant. La décennie suivante verra toujours la suprématie des Schreiners. Avec ‘Wild Thing’ (95), ‘Swingtown’ (96) et ‘Lenten Prayer’ (98), ils nous ont gâtés. En Australie Graeme Grosvenor s’est aussi essayé dans cette couleur et son ‘Temptone’ (93) a été remarqué au point d’obtenir la Médaille de Dykes de l’hémisphère sud en 96.

Le début du XXIeme siècle marque l’extension du monde des iris à l’ensemble de la planète, et, parallèlement, le palissement de l’étoile Schreiner, aux USA. Même si ‘Raspberry Wine’ (2001), cousin éloigné de ‘Thriller’, démontre que cette illustre maison n’a pas dit son dernier mot. Son voisin, Paul Black, a sélectionné un très bel iris pourpre, ‘Cranberry Sauce’ qui a été enregistré en 2002. Dans le même temps le jeune Anton Mego, en Slovaquie, a proposé ‘Titvan’ (2000), témoin de son véritable talent. Mais j’ai remarqué qu’en France, Gérard Madoré s’intéressait particulièrement au pourpre et qu’il avait dans sa collection de beaux iris comme ‘Goulven’ (2007), ‘Menehan’ (2005), ‘Port-Louis’ (2005) et ‘Lannion’ (2007), tous descendants de ‘Wild Thing’.

Le pourpre est à la mode. A preuve les jolies variétés présentes au concours FRANCIRIS ® 2007 : ‘Troméal’ (Jacob 2006), richement coloré mais de forme à améliorer, ‘Baldaquin’ (Dalvard 2003) et, surtout ‘Venetian Red’ (Mostosi NR). Dans les trois cas il s’agit de variétés d’amateurs, mais leurs qualités démontrent que de ce côté les progrès sont flagrants.

6.2.09


LES PLUS BELLES PHOTOS D’IRIS

De Russie provient la photo ci-dessus. Le sujet, ‘No Doubt’ (Lauer 2003) est particulièrement mis en valeur, et l’on ne sent pas l’effet miroir du flash.