28.4.06


TABLEAU D’HONNEUR

Deuxième partie

Dans le symposium (palmarès américain des variétés de TB les plus populaires) es parcours les plus remarquables sont ceux de :

STEPPING OUT : au palmarès depuis 39 ans, 15 ans n° 1 et toujours dans le Top 20 ;
BLUE SAPPHIRE : 39 ans de présence dont 9 ans à la première place ;
CAMELOT ROSE –voir photo - : depuis 37 ans en lice, mais seulement 8 ans au Top 20 ;
BAYBERRY CANDLE : déjà 34 ans de présence, mais seulement 9 ans au Top 20 ;
KILT LILT : déjà 33 ans de présence, 17 ans au Top 20 ;
AMETHYST FLAME : plus de 30 ans de présence, plus de 11 ans au Top 20 ;
MARY FRANCES : 30 ans déjà, dont 23 au Top 20 ;
GOING MY WAY : depuis 30 ans en compétition, 23 ans au Top 20 ;
BEVERLY SILLS : depuis 28 ans, 24 ans au Top 20 dont 10 au n° 1 ;
MYSTIQUE : depuis 28 ans, 18 ans de top 20 mais jamais au n° 1 ;
GAY PARASOL : présent depuis 29 ans, mais un an seulement au Top 20.

Certains n’ont fait qu’une assez brève apparition :
LILAC CHAMPAGNE : seulement 8 ans de présence dont un seul au Top 20 ;
GINGERSNAP : 9 ans de présence et un seul au Top 20 ;
IRISH LULLABY : 9 ans dont 4 au Top 20 ;
PACIFIC PANORAMA : 9 ans dont 6 au Top 20.

Ainsi PACIFIC PANORAMA, DM 65, fait partie de ces variétés qui n’ont pas vraiment connu le succès populaire. C’est étonnant car toutes celles qui ont obtenu la Médaille de Dykes, à une exception près, EVERYTHING PLUS, ont fait une carrière plutôt belle dans le Symposium. Toutes cependant n’ont pas atteint le même niveau de popularité. Voici le classement de toutes les DM depuis 1961 :

ELEANOR’S PRIDE (DM 61) : petit parcours, quatre ans seulement au Top 20 ;
WHOLE CLOTH (DM 62) : parcours moyen, mais entièrement en haut de la liste ;
AMETHYST FLAME (DM 63) : voir ci-dessus ;
ALLEGIANCE (DM 64) : neuf ans seulement au Top 20, et jamais n° 1 ;
PACIFIC PANORAMA (DM 65) : voir ci-dessus ;
RIPPLING WATERS (DM 66) : parcours moyen, pour une variété de cette valeur, 21 ans de présence, mais seulement onze au Top 20 ;
WINTER OLYMPICS (DM 67) : 30 ans de succès, 13 ans de Top 20 dont 3 ans de n° 2 ;
STEPPING OUT (DM 68) : le plus beau parcours de tous les temps (voir ci-dessus) ;
SKYWATCH (DM 70) : une variété assez délaissée avec 12 ans de présence, mais une seule année dans les 20 premiers ;
DEBBIE RAIRDON (DM 71) : 33 ans de présence, dont 15 dans le Top 20 ;
BABBLING BROOK (DM 72) : popularité assez moyenne avec 26 ans de présence, mais seulement 11 dans les 20 meilleurs ;
NEW MOON (DM 73) : 23 ans au tableau d’honneur seulement pour l’un des favoris des hybrideurs ;
SHIPSHAPE (DM 74) : assez belle carrière avec 26 ans de présence dont 12 au Top 20 et même n° 1 en 74 ;
PINK TAFFETA (DM 75) : 27 ans parmi les favoris, 12 ans au Top 20 ;
KILT LILT (DM 76) : l’une des plus belles carrières (voir ci-dessus) ;
DREAM LOVER (DM 77) : très moyen, 20 ans, dont 4 au Top 20 ;
BRIDE’S HALO (DM 78) : parmi les plus appréciés (voir ci-dessus) ;
MARY FRANCES (DM 79) : même chose que le précédent ;
MYSTIQUE (DM 80) : beau parcours (voir ci-dessus) ;
VANITY (DM 82) : toujours bien en vue, mais jamais le plus recherché ; 30 ans de présence, 27 ans au Top 20, meilleur rang = une fois n° 2 ;
RUFFLED BALLET (DM 83) : pas si mal pour un iris en demi-teinte, 26 ans au Symposium, 7 ans au Top 20 ;
VICTORIA FALLS (DM 84) : belle prestation, 20 ans au Top 20, meilleure place = 2 ;
BEVERLY SILLS (DM 85) : exceptionnel, entrée au Symposium en 83, directement en première place, où il est resté 10 ans ;
SONG OF NORWAY (DM 86) : popularité moyenne, 14 ans au Top 20, depuis 83 ;
TITAN’S GLORY (DM 88) : moins belle performance qu’on aurait pu espérer, n’a jamais fait mieux que n° 2 ;
JESSE’S SONG (DM 90) : très belle performance, depuis 88 se maintient aux premières places ;
EVERYTHING PLUS (DM 91) : le flop ! La contre-performance par excellence, n’est jamais entré au Top 20 !
DUSKY CHALLENGER (DM 92) : le leader actuel, depuis 93 ;
EDITH WOLFORD (DM 93) : beau parcours, n’a jamais quitté le Top 20 depuis 90 ;
SILVERADO (DM 94) : meilleur place = 1er en 96, se maintient depuis 91 dans les premiers du Top 20 ;
HONKY TONK BLUES (DM 95) : mois de succès que prévu, n’a jamais dépassé le 5eme rang ;
BEFORE THE STORM (DM 96) : popularité correcte pour un coloris difficilement populaire, meilleur rang = 10eme ;
THORNBIRD (DM 97) : malgré un aspect qui rebute certains, fait un parcours intéressant puisque son meilleur classement a été 6eme en 2000 puis en 2005 ;
CONJURATION (DM 98) : des débuts plutôt difficiles, mais un classement flatteur puisque 2eme en 2004 ;
HELLO DARKNESS (DM 99) : fait un peu mieux que BEFORE THE STORM, 9eme en 2002 ;
STAIRWAY TO HEAVEN (DM 2000) : trop récent pour qu’on puisse encore juger sa popularité, tout comme ses suivants ;
YAKINA BLUE (DM 01)
MESMERIZER (DM 02)
CELEBRATION SONG (DM 03)
CROWNED HEADS (DM 04) : semble avoir du mal à s’imposer ;
SPLASHACATA (DM 05) : mieux parti que le précédent car les plicatas sont presque toujours populaires.
Tous les vainqueurs de la DM figurent ou ont figuré au Top 20, à l’exception de EVERYTHING PLUS, qui n’a jamais reçu de consécration populaire. Pourquoi son voisin d’aspect JESSE’S SONG a-t-il été plus apprécié ?

Le Symposium, et le Top 20 que j’en ai extrait, est une très bon thermomètre de la popularité des variétés aux USA. Mais si l’on parvenait à établir un classement similaire en France, je crois qu’on obtiendrait des résultats assez semblables, car les lois de la popularité sont les mêmes quel que soit le pays. Seul peut influencer le fait qu’une variété soit plus ou moins bien commercialisée dans tel ou tel pays. Heureusement nos producteurs ont assez de flair et de professionnalisme pour nous proposer les iris qui marchent !
PASSEPORT (4)

Est-ce que vous méritez votre passeport pour le petit monde des iris ?

Si vous répondez aux questions suivantes, pas de doute. Sinon, pas de quoi s’affoler, pour atteindre le petit monde des iris, il suffit de lire IRISENLIGNE !

QUESTION 31

Dans la classification des iris de Rodionenko, à quelle série appartient I. sintenisii ?

QUESTION 32

I. japonica fait partie de la série Japonicae, de la section Crossiris. Quelle est la particularité de ces iris ?

QUESTION 33

Qu’appelle-t-on « iris de Suse » ?

QUESTION 34

Dans la liste suivante des noms communs de certains iris, il en est un qui n’est pas utilisé. Lequel ?
Iris d’Angleterre
Iris de Hollande
Iris de Grèce
Iris de Sibérie
Iris d’Espagne.
Iris d’Algérie

QUESTION 35

Combien de chromosome comporte I. pallida ?

QUESTION 36

Quelle est la caractéristique des iris obtenus par Lloyd Zurbrigg ?

QUESTION 37

En grande Bretagne, deux distinctions majeures peuvent être décernées annuellement. La première est la Dykes Medal anglaise, quelle est la seconde ?

QUESTION 38

Dans les années 80 la maison Cayeux a commercialisé une variété obtenue par un amateur. De quelle variété s’agit-il ?

QUESTION 39

Sous quelle dénomination les Américains (et derrière eux, le monde des iris en général) désignent-ils les iris où les couleurs sont aléatoirement réparties ?

QUESTION 40

Quel est le nom de la variété d’iris (TB) qui est restée jusqu’à présent le plus longtemps à la liste du Symposium de l’AIS ?
PASSEPORT 3 (réponses)

Vous avez trouvé les réponses aux questions de la semaine dernière ? Oui ? Non ?
Quoi qu’il en soit, vous pouvez contrôler ici l’exactitude de vos réponses.

Question n° 21
Dans la classification horticole des iris barbus, les MDB (nains miniatures) ne doivent pas dépasser la hauteur de 25 cm ; les MTB (grands miniatures) doivent avoir une hampe florale d’une hauteur comprise entre 40 et 71 cm.

Question n° 22
Les iris intermédiaires (IB) s’obtiennent habituellement en croisant un grand iris (TB) et un iris nain (SDB).

Question N° 23
Les iris nains standards (SDB) ont une hauteur comprise entre 21 et 40 cm.

Question N° 24
Le style est l’organe féminin des fleurs d’iris ; il s’élève au-dessus de l’ovaire et prend une forme plus ou moins pétaloïdes, suivant les espèces ; il porte la lame du stigmate, sur laquelle se déposent les grains de pollen.

Question N° 25
Iris tectorum fait partie de la section « crossiris », dans le sous-genre « crossiris », du genre « iris ».
Question N° 26
Les deux récompenses attribuées lors de la convention de l’AIS sont :
La « President Cup »
La « Franklin Cook Cup ».

Question N° 27
CELEBRATION SONG (Schreiner 93) a obtenu le Fiorino d’Oro en 1996 et la Dykes Medal en 2003.

Question N° 28
La variété en question est BERLIN RUFFLES (Tamberg 93) – iris de Sibérie tétraploïde.

Question N° 29
La variété récompensée se nomme PAY THE PRICE (Grosvenor 2004).

Question N° 30
Il s’agit de BROWN LASSO (Buckles – Niswonger 75).

23.4.06

Avec un peu de retard, voici la livraison de cette semaine. Bonne lecture !

TABLEAU D’HONNEUR
Première partie

Je porte un intérêt maladif aux statistiques (dans ma vie professionnelle j’en ai établi des centaines et c’est peut-être de là que m’est venu ce goût bizarre pour certains chiffres). Je me suis penché sur ce que les Américains appellent le « Symposium » ou le « Popularity Poll », en français le palmarès des variétés les plus populaires.

Dans une chronique baptisée « Triomphe de la stabilité », publiée ici il y a quelques temps je disais : « Chaque année, dans son numéro de janvier, le Bulletin de l’AIS publie les résultats du Concours de Popularité des Grands Iris. Cela donne le classement des cent variétés les plus populaires auprès du grand public. En effet, au mois d’août précédent, les adhérents de l’AIS ont été appelés à se prononcer sur une liste de noms établie selon des critères très précis (que je passe ici) mais qui comprend les cent noms du classement précédent auxquels s’ajoutent un certain nombre de nouveaux venus. Chacun vote pour vingt variétés, sans ordre de préférence, mais le votant doit avoir apprécié « de visu » les cultivars cités. Le classement s’effectue en fonction du nombre de voix obtenu par chaque variété. Le fait de ne voter que pour des iris vus sur le terrain est une prime aux meilleures ventes : plus il y a de touffes d’une même variété, plus celle-ci a de chances d’être choisie. Une autre constante est que certaines variétés, pour des raisons qui mériteraient une analyse en profondeur des motivations des amateurs, restent cultivées fort longtemps, alors que d’autres n’ont qu’un succès de mode. Certains iris, particulièrement chouchoutés par les amateurs, peuvent ainsi rester au classement pendant des années et des années. »

Partant de cette constatation, j’ai dressé un tableau qui pourrait s’intituler « Le Top 20 », des vingt variétés placées en tête des votes de 1961 à 2005. Le constat est éloquent : il n’y a que 114 variétés qui se soient situées dans ce profil au cours de ces 44 années. C’est effectivement le triomphe de la stabilité. Les voici, classées dans l’ordre de leur apparition au classement des 100 premières :

ALLEGIANCE avant 1961 DM
AMETHYST FLAME id DM
BLACK TAFFETA id
BLUE SAPPHIRE id DM
BUTTERSCOTCH KISSid
CELESTIAL SNOW id
CHIVALRY id DM
ELEANOR'S PRIDE id DM
FIRST VIOLET id DM
FROST AND FLAME id
HAPPY BIRTHDAY id
INCA CHIEF id
MARY RANDALL id DM
MELODRAMA id
OLYMPIC TORCH id
PALOMINO id
PIERRE MENARD id
REHOBETH id
ROCOCO id
SABLE NIGHT id DM
SWAN BALLET id DM
TECHNY CHIMES id
TRULY YEARS id DM
VIOLET HARMONY id DM
WHOLE CLOTH id DM

BLACK SWAN 61 DM

DOT AND DASH 61

EDENITE 61

RAINBOW GOLD 61

HENRY SHAW 62

PACIFIC PANORAMA 62 DM

CELESTIAL GLORY 63

ORANGE PARADE 63

RIPPLING WATERS 63 DM

ESTHER FAY 64

ONE DESIRE 64

ULTRAPOISE 64

WILD GINGER 64

STERLING SILVER 65

WINE AND ROSES 65

WINTER OLYMPICS 65 DM

SKYWATCH 66 DM

STEPPING OUT 66 DM

CHRISTMAS TIME 67

GINGER SNAP 67

IRISH LULLABY 67

LILAC CHAMPAGNE 67

BABBLING BROOK 68 DM

CAMELOT ROSE 68

DEBBIE RAIRDON 68 DM

LAURIE 68

RADIANT APOGEE 68

CUP RACE 69

DUSKY DANCER 69

CHERUB CHOIR 70

GALA MADRID 70

NEW MOON 70 DM

PINK TAFFETA 70 DM

BAYBERRY CANDLE 71

BUFFY 71

LATIN LOVER 71

LIME FIZZ 71

SHIPSHAPE 71 DM

GRAND WALTZ 72

KILT LILT 72 DM

PINK SLEIGH 72

SON OF STAR 72

LEMON MIST 74

BRIDE'S HALO 75 DM

GOING MY WAY 75

MARY FRANCES 75 DM

FIVE STAR ADMIRAL 76

GAY PARASOL 76

QUEEN OF HEARTS 76

WHITE LIGHTNING 76

MYSTIQUE 77 DM

VANITY 77 DM

CRANBERRY ICE 78

JOYCE TERRY 78

RUFFLED BALLET 78 DM

ENTOURAGE 79

VICTORIA FALLS 79 DM

SUPERSTITION 82

BEVERLY SILLS 83 DM

COPPER CLASSIC 83

SONG OF NORWAY 83 DM

LACED COTTON 84

RINGO 84

DAZZLING GOLD 85

LADY FRIEND 85

TITAN'S GLORY 85 DM

BUBBLING OVER 87

MULLED WINE 87

SKY HOOKS 87

JESSE'S SONG 88 DM

BREAKERS 90

DUSKY CHALLENGER90 DM

EDITH WOLFORD 90 DM

IMMORTALITY 90

SILVERADO 91 DM

SKATING PARTY 91

HONKY TONK BLUES 92 DM

SUPREME SULTAN 92

BEFORE THE STORM 93 DM

CONJURATION 94 DM

THORNBIRD 94 DM

HELLO DARKNESS 96 DM

MESMERIZER 97 DM

STAIRWAY TO HAVEN97 DM

YAQUINA BLUE 97 DM

CELEBRATION SONG 98 DM

SPLASHACATA 03 DM

GOLDEN PANTHER 04

QUEEN'S CIRCLE 04

On constate en général une montée très rapide des nouveautés qui arrivent sur le marché. Ensuite leur progression stoppe, puis la régression apparaît, mais elle est lente et sujette à de brusques recrudescences de popularité dont les causes sont complexes (le plus souvent obtention d’une distinction honorifique qui rebooste le marché).

Dans une prochaine chronique nous analyserons les plus beaux parcours au sein du Symposium.
PASSEPORT (3)

Est-ce que vous méritez votre passeport pour le petit monde des iris ?

Si vous répondez aux questions suivantes, pas de doute. Sinon, pas de quoi s’affoler, pour atteindre le petit monde des iris, il suffit de lire IRISENLIGNE !

QUESTION 21

Quelle différence y a-t-il entre un MTB et un MDB ?

QUESTION 22

Quel croisement faut-il réaliser pour obtenir un Iris Intermédiaire (IB) ?

QUESTION 23

Quelle est la hauteur maximale d’un SDB ?

QUESTION 24

Quelle partie de la fleur d’iris appelle-t-on le style ?

QUESTION 25

Dans la classification de Rodionenko, dans quelle section est classé Iris tectorum ?

QUESTION 26

Lors de chaque convention annuelle de l’AIS, deux récompenses sont attribuées. Quelles sont-elles ?

QUESTION 27

Quelle est la dernière variété à avoir obtenu à la fois le Fiorino d’Oro et la Dykes Medal ?

QUESTION 28

La Médaille de Dykes anglaise a été attribuée en 1999 à une variété allemande ! Comment s’appelle-t-elle ?

QUESTION 29

Quelle est la dernière variété australienne à avoir obtenu le Fiorino d’Oro, à Florence ?

QUESTION 30

Quel est l’iris de bordure (BB) qui a obtenu la Dykes Medal en 1981 ?
PASSEPORT (2) : (réponses)

Vous avez trouvé les réponses aux questions de la semaine dernière ? Oui ? Non ?
Quoi qu’il en soit, vous pouvez contrôler ici l’exactitude de vos réponses.

QUESTION 11
Iris foetidissima est aussi appelé « Iris gigot ».

QUESTION 12
Iris latifolia s’appelle aujourd’hui Xiphium latifolium.

QUESTION 13
L’iris de Florence est blanc.

QUESTION 14
Les iris Hexapogon ont six barbes (sur les pétales et sur les sépales).

QUESTION 15
I. paradoxa se caractérise par des sépales pourpre-noir, très petits et horizontaux, avec une forte barbe noire et des pétales plus développés, d’un violet soyeux.

QUESTION 16
Les hybrides modernes perdent leurs feuilles en hiver en raison de la présence dans leurs gènes de Iris aphylla.

QUESTION 17
Le premier des Schreiner à s’être intéressé aux iris s’appelait Frantz Xavier.

QUESTION 18
Un Cal-sib est un hybride de Sibirica et de Californica.

QUESTION 19
C’est Graeme Grosvenor qui a remporté les deux premières places avec HELEN DAWN et SIDNEY.

QUESTION 20
La troisième place du concours Iriade 2003, qui s’est déroulé à Bréal sous Montfort, aux Jardins de Brocéliande, est revenue à IRIADE (Laporte 2004).

15.4.06







QUESTION DE FORMES

Il est souvent question ici de la couleur des iris ou des modèles selon lesquels ces couleurs sont disposées. Pour une fois, nous allons changer de registre et parler de la forme des fleurs, et particulièrement de celle des sépales. Ce qui m’a donné l’idée de cette chronique, c’est une courte note publiée sur le forum « Iris-Photos » par un amateur américain qui s’appelle Thomas Silvers. Son texte analyse avec justesse et simplicité les diverses formes de sépales des fleurs qu’il a rencontrées parmi les anciennes variétés qu’il cultive. Il en a fait la classification et les a rangées sous cinq types.

Je le cite (avec sa permission, bien entendu) :
« 1 – La forme spatulée, un peu comme chez I. versicolor ;
2 – la forme ondulée ;
3 – la forme pendante « en oreille de cocker » (je suppose que ceux qui ont trouvé ça dan leurs semis l’ont immédiatement mis au rebut) ;
4 – la forme roulée ;
5 - la forme pincée et rétractée, à la manière de certains iris sauvages. » -voir photos –

En dehors de la forme n° 2, ondulée, toutes sont considérées aujourd’hui comme indésirables, et pas seulement la forme n° 3 signalée par l’auteur.

Je ne sais pas si l’on rencontre encore parfois des fleurs avec les sépales spatulés. Je n’en ai jamais constaté. Mais les trois autres se présentent, surtout quand on utilise comme parent une variété ancienne. C’est une constante de l’hybridation que la réapparition prioritaire des caractéristiques les moins recherchées. Dans le semis d’un croisement entre une variété ancienne et une variété moderne, ce sont les caractères de la variété ancienne qui se rencontrent le plus souvent ; les semis qui présentent les traits du parent moderne n’en ont que plus d’intérêt.

Avec le temps et une rigoureuse sélection, les hybrideurs ont retenu les semis dont les sépales offraient un aspect élégant et robuste. Le gros défaut des sépales d’iris, c’est qu’ils ont, d’origine, des attaches très minces. Cela n’est pas une anomalie : les sépales devaient initialement s’ouvrir largement et se rabattre pour laisser les insectes accéder facilement aux pièces sexuelles. D’où les formes n° 3 et n° 5 décrites par Thomas Silvers. Pour atteindre l’élégance recherchée, les hybrideurs ont retenu les fleurs avec des sépales se tenant de plus en plus près de l’horizontale. Pour qu’ils aient ce caractère, il faut que l’attache soit large et la substance épaisse. Peu à peu les sépales se sont redressés, essentiellement depuis l’apparition de la tétraploïdie qui a généré des fleurs plus grandes et plus résistantes. En son temps, une variété comme MISS INDIANA (Cook 61) avait une forme très moderne et séduisante grâce à des sépales très horizontaux.

L’apparition des ondulations sur les fleurs d’iris a permis une meilleure tenue des sépales. C’est le principe de la tôle ondulée, où la rigidité est atteinte par le mouvement donné au métal : il est évident que les variétés ondulées ont des sépales plus rigides et plus dressés que les variétés plates.

Un autre moyen de maintenir les sépales à l’horizontale a été de sélectionner les plantes dont ces parties se développaient rapidement en largeur dès leur sortie du nœud floral. Les Américains parlent de sépales « overlapping », c’est à dire qui ne laissent aucun espace entre eux et, même, viennent à se chevaucher. La fleur y gagne en ampleur ce qu’elle perd en accessibilité reproductrice : chez de nombreuses variétés modernes le chevauchement des sépales et leurs ondulations dissimulent partiellement ou totalement les étamines et les styles. Dans un hybride, cela n’a pas d’importance puisque la pollinisation est exclusivement assurée par l’homme.

Les fleurs d’iris d’aujourd’hui proposent des pétales serrés et turbinés comme des boutons de rose et des sépales larges et à plat. On est loin des fleurs de diploïdes façon ALCAZAR (Vilmorin 1910) ! Cependant chez les variétés à éperons il est fréquent de constater des sépales qui ont tendance à prendre l’aspect roulé de la forme n°4 détectée par Tom Silvers. Cela tient aux tensions exercées à l’origine des sépales par l’excroissance des barbes : c’est un défaut, difficile à éviter, mais qui est vivement combattu par les obtenteurs de « rostratas », maintenant avec un succès certain. Les mêmes tensions aboutissent parfois à faire apparaître des sépales de la forme n° 5. Encore un défaut vigoureusement combattu !

Allant jusqu’au bout de son raisonnement, Tom Silvers écrit : « Cela m’amène à poser une question : y a-t-il des hybrideurs qui travaillent sur les formes de fleur inhabituelles ? » La réponse à cette question est oui, mais les recherches actuelles portent sur les fleurs plates (façon I. ensata), aux pétales atrophiés ou absents plutôt que sur des anomalies dans les sépales. Il reste, comme le dit aussi Thomas Silvers que l’on peut penser « aux formes « araignée » et aux autres formes inhabituelles de certaines hémérocalles. » C’est d’ailleurs ce qu’imagine Richard Cayeux pour l’iris du futur lorsqu’il évoque, dans son livre « L’iris, une fleur royale », les iris barbus du troisième millénaire : « On peut donc dès aujourd’hui imaginer de nouveaux modèles de fleurs d’iris : des iris « spiders » (à divisions très longues et très fines…), des iris aux divisions bordées de cils… » ainsi que des fleurs à l’aspect de I. paradoxa, c’est à dire avec des sépales « très petits, horizontaux, portant une forte barbe noire et des pétales violets et chatoyants nettement plus grands ».

A l’image du passé et des formes diverses prises par les sépales desvieux diploïdes, l’avenir s’annonce aussi multiple et excitant. Nos chers iris n’ont pas fini de nous épater.
PASSEPORT (réponses)

Vous avez trouvé les réponses aux questions de la semaine dernière ? Oui ? Non ?
Quoi qu’il en soit, vous pouvez contrôler ici l’exactitude de vos réponses
.

Question n° 1
Un iris diploïde a deux paires de chromosomes ; un iris tétraploïde en a quatre.

Question n° 2
Le mot « flaring » peut se traduire en français littéralement par « évasé », c’est à dire élargi. Dans le langage des iris, il désigne des sépales larges et se tenant proche de l’horizontale.

Question N° 3
La société des iris d’Europe Centrale s’appelle : Middle European Iris Society.

Question N° 4
Cet iris se nomme SAN FRANCISCO (W. Mohr 27 – DM 27)

Question N° 5
Salem est aussi la capitale administrative de l’Etat d’Oregon.

Question N° 6
La SFIB a été fondée par Gladys Clarke.

Question N° 7
L’ouvrage monumental et fondamental écrit par W. R. Dykes a pour titre « The Genus Iris ».

Question N° 8
La variété en question est MA MIE (Cayeux 1906).

Question N° 9
La variété récompensée par la ADM EN 1986 est SOSTENIQUE (Blyth B. 75).

Question N° 10
Il s’agit de SAMSARA (Ransom 96).
PASSEPORT (2)

Est-ce que vous méritez votre passeport pour le petit monde des iris ?

Si vous répondez aux questions suivantes, pas de doute. Sinon, pas de quoi s’affoler, pour atteindre le petit monde des iris, il suffit de lire IRISENLIGNE !

QUESTION 11

Comment nomme-t-on vulgairement Iris foetidissima ?

QUESTION 12

Avant la dernière modification intervenue dans la classification des iris, on parlait de Iris latifolia pour désigner l’iris d’Angleterre. Quelle est l’appellation actuelle ?

QUESTION 13

Quelle est la couleur de l’iris de Florence (I. florentina) ?

QUESTION 14

Quelle est la particularité des iris Hexapogon ?

QUESTION 15

Par quels traits se caractérise l’Hexapogon I. paradoxa ?

QUESTION 16

A quelle espèce d’iris nos hybrides actuels doivent-ils de perdre pratiquement leurs feuilles en hiver ?

QUESTION 17

Quel est le prénom du fondateur de la dynastie des Schreiner ?

QUESTION 18

Qu’est-ce qu’un hybride Cal-sib ?

QUESTION 19

Un obtenteur australien s’est signalé en 1998 en remportant les deux premières places au Concours de Florence. Comment s’appelle-t-il ?

QUESTION 20

C’est une variété française, obtenue par un amateur, qui s’est classée 3eme au 2eme concours Franciris (baptisé Iriade pour la circonstance). De quel iris s’agit-il ?

7.4.06


PETIT DICTIONNAIRE DU MONDE DES IRIS

Tétraploïde
Adjectif. Terme d’origine grecque (tetraplous) signifiant ‘quadruple’.
A propos des iris, se dit des espèces (ou des cultivars) dont les cellules ont quatre paires de chromosomes, par opposition aux espèces diploïdes, qui n’en ont que deux.
Pendant très longtemps on n’a connu et cultivé que des iris diploïdes issus de I. germanica, I. pallida et I. variegata. La découverte en Asie Mineure d’espèces plus grandes et plus vigoureuses (I. trojana, mesopotamica, kashmiriana, cypriana) mais de coloris moins variés, a incité certains hybrideurs à croisé les deux types. Il s’est révélé que les espèces nouvellement découvertes avait un nombre de chromosomes double des espèces anciennes, ce qui a posé de sérieux problèmes car les cultivars issus du croisement des uns et des autres étaient rares et le plus souvent stériles. Ce n’est que peu à peu et après d’innombrables croisements que des variétés fertiles ont vu le jour. Les iris tétraploïdes se sont imposés dès lors rapidement (1920/1930).
Photo : SUCRE D’ORGE (Fédoroff) est un iris tétraploïde, comme tous les grands iris obtenus de nos jours – il n’a pas été enregistré.
TABLEAU D’HONNEUR
Première partie

Je porte un intérêt maladif aux statistiques (dans ma vie professionnelle j’en ai établi des centaines et c’est peut-être de là que m’est venu ce goût bizarre pour certains chiffres). Je me suis penché sur ce que les Américains appellent le « Symposium » ou le « Popularity Poll », en français le palmarès des variétés les plus populaires.

Dans une chronique baptisée « Triomphe de la stabilité », publiée ici il y a quelques temps je disais : « Chaque année, dans son numéro de janvier, le Bulletin de l’AIS publie les résultats du Concours de Popularité des Grands Iris. Cela donne le classement des cent variétés les plus populaires auprès du grand public. En effet, au mois d’août précédent, les adhérents de l’AIS ont été appelés à se prononcer sur une liste de noms établie selon des critères très précis (que je passe ici) mais qui comprend les cent noms du classement précédent auxquels s’ajoutent un certain nombre de nouveaux venus. Chacun vote pour vingt variétés, sans ordre de préférence, mais le votant doit avoir apprécié « de visu » les cultivars cités. Le classement s’effectue en fonction du nombre de voix obtenu par chaque variété. Le fait de ne voter que pour des iris vus sur le terrain est une prime aux meilleures ventes : plus il y a de touffes d’une même variété, plus celle-ci a de chances d’être choisie. Une autre constante est que certaines variétés, pour des raisons qui mériteraient une analyse en profondeur des motivations des amateurs, restent cultivées fort longtemps, alors que d’autres n’ont qu’un succès de mode. Certains iris, particulièrement chouchoutés par les amateurs, peuvent ainsi rester au classement pendant des années et des années. »

Partant de cette constatation, j’ai dressé un tableau qui pourrait s’intituler « Le Top 20 », des vingt variétés placées en tête des votes de 1961 à 2005. Le constat est éloquent : il n’y a que 114 variétés qui se soient situées dans ce profil au cours de ces 44 années. C’est effectivement le triomphe de la stabilité. Les voici, classées dans l’ordre de leur apparition au classement des 100 premières :

ALLEGIANCE avant 1961 DM
AMETHYST FLAME id DM
BLACK TAFFETA id
BLUE SAPPHIRE id DM
BUTTERSCOTCH KISSid
CELESTIAL SNOW id
CHIVALRY id DM
ELEANOR'S PRIDE id DM
FIRST VIOLET id DM
FROST AND FLAME id
HAPPY BIRTHDAY id
INCA CHIEF id
MARY RANDALL id DM
MELODRAMA id
OLYMPIC TORCH id
PALOMINO id
PIERRE MENARD id
REHOBETH id
ROCOCO id
SABLE NIGHT id DM
SWAN BALLET id DM
TECHNY CHIMES id
TRULY YEARS id DM
VIOLET HARMONY id DM
WHOLE CLOTH id DM
BLACK SWAN 61 DM
DOT AND DASH 61
EDENITE 61
RAINBOW GOLD 61
HENRY SHAW 62
PACIFIC PANORAMA 62 DM
CELESTIAL GLORY 63
ORANGE PARADE 63
RIPPLING WATERS 63 DM
ESTHER FAY 64
ONE DESIRE 64
ULTRAPOISE 64
WILD GINGER 64
STERLING SILVER 65
WINE AND ROSES 65
WINTER OLYMPICS 65 DM
SKYWATCH 66 DM
STEPPING OUT 66 DM
CHRISTMAS TIME 67
GINGER SNAP 67
IRISH LULLABY 67
LILAC CHAMPAGNE 67
BABBLING BROOK 68 DM
CAMELOT ROSE 68
DEBBIE RAIRDON 68 DM
LAURIE 68
RADIANT APOGEE 68
CUP RACE 69
DUSKY DANCER 69
CHERUB CHOIR 70
GALA MADRID 70
NEW MOON 70 DM
PINK TAFFETA 70 DM
BAYBERRY CANDLE 71
BUFFY 71
LATIN LOVER 71
LIME FIZZ 71
SHIPSHAPE 71 DM
GRAND WALTZ 72
KILT LILT 72 DM
PINK SLEIGH 72
SON OF STAR 72
LEMON MIST 74
BRIDE'S HALO 75 DM
GOING MY WAY 75
MARY FRANCES 75 DM
FIVE STAR ADMIRAL 76
GAY PARASOL 76
QUEEN OF HEARTS 76
WHITE LIGHTNING 76
MYSTIQUE 77 DM
VANITY 77 DM
CRANBERRY ICE 78
JOYCE TERRY 78
RUFFLED BALLET 78 DM
ENTOURAGE 79
VICTORIA FALLS 79 DM
SUPERSTITION 82
BEVERLY SILLS 83 DM
COPPER CLASSIC 83
SONG OF NORWAY 83 DM
LACED COTTON 84
RINGO 84
DAZZLING GOLD 85
LADY FRIEND 85
TITAN'S GLORY 85 DM
BUBBLING OVER 87
MULLED WINE 87
SKY HOOKS 87
JESSE'S SONG 88 DM
BREAKERS 90
DUSKY CHALLENGER90 DM
EDITH WOLFORD 90 DM
IMMORTALITY 90
SILVERADO 91 DM
SKATING PARTY 91
HONKY TONK BLUES 92 DM
SUPREME SULTAN 92
BEFORE THE STORM 93 DM
CONJURATION 94 DM
THORNBIRD 94 DM
HELLO DARKNESS 96 DM
MESMERIZER 97 DM
STAIRWAY TO HAVEN97 DM
YAQUINA BLUE 97 DM
CELEBRATION SONG 98 DM
SPLASHACATA 03 DM
GOLDEN PANTHER 04
QUEEN'S CIRCLE 04

On constate en général une montée très rapide des nouveautés qui arrivent sur le marché. Ensuite leur progression stoppe, puis la régression apparaît, mais elle est lente et sujette à de brusques recrudescences de popularité dont les causes sont complexes (le plus souvent obtention d’une distinction honorifique qui rebooste le marché).
LES LEÇONS D’IRIS DANS UN PARC
Un parcours initiatique dans des jardins imaginaires

Cinquième leçon : les iris spurias

L’AMATEUR D’IRIS : « C’est mon grand-père qui a dessiné et planté ce parc. Il a eu l’opportunité d’acquérir cette grande parcelle, juste derrière sa maison, et comme il était pharmacien et passionné de botanique, il a pensé à aménager une sorte d’arboretum, où se trouveraient réunies les espèces d’arbres qu’il aimait. C’est à dire de nombreux conifères et presque tous les arbres endémiques du Limousin. C’était dans les années 1900, et vous voyez comme tout cela a magnifiquement poussé. »
L’AMIE DES PLANTES : « Ces arbres sont maintenant centenaires ! pas étonnant qu’ils aient atteint un tel développement ! D’autant que le sol acide n’est pas pour leur déplaire. Les plantes arbustives sont au moins aussi géantes. »
L’AMATEUR D’IRIS : « En particulier les rhododendrons. Et regardez ces bambous ! Et les cotinus ! »
L’AMIE DES PLANTES : « Je suppose que les iris ne sont pas aussi vieux ? »
L’AMATEUR D’IRIS : « Evidemment ! C’est moi qui les ai plantés. J’ai commencé la collection en 1983. Là où ils sont, il y avait une pommeraie. Mais les pommiers étaient trop âgés et ne donnaient plus rien. Ils ont été arrachés, le terrain a été retourné, enrichi et planté, peu à peu. Il y a maintenant plus de quatre cents variétés de grands iris, quelques dizaines de nains standard et les spurias, qui ne datent que de quatre et cinq ans. »
L’AMIE DES PLANTES : « Pourquoi des spurias ? »
L’AMATEUR D’IRIS : « Parce qu’ils prolongent agréablement la saison des iris. Ils commencent à fleurir quand les grands barbus se terminent, et ici, durent jusqu’au début de juillet. »
L’AMIE DES PLANTES : « On n’en voit pas très souvent. D’où viennent-ils ? »
L’AMATEUR D’IRIS : « A l’origine les grands spurias, qui font partie du sous-genre Xyridion, sont des plantes assez largement répandues en Espagne et en France, en Afrique du Nord et en Asie Mineure. Ils ont de longs rhizomes fibreux qui mettent longtemps à s’installer, mais qui, une fois en place, produisent chaque année ces longues tiges que vous voyez. Ils ne sont pas exigeants en matière de sol et de soins. Ils sont particulièrement rustiques, en cela, le rude climat limousin ne les affecte pas. Il leur faut du soleil et un bon drainage. Mais ils demandent de la patience car ces messieurs ne se décident à fleurir qu’après plusieurs années de plantation. Ici ils n’ont commencé qu’au bout de trois ans. »
L’AMIE DES PLANTES : « J’ai entendu dire que c’est un Anglais qui les a ‘inventés’ »
L’AMATEUR D’IRIS : « Exact ! Il s’agit de Sir Michael Foster, vers 1890. Il a introduit un croisement interspécifique entre I. monnieri et I. spuria, et ce fut le point de départ des hybrides actuels. Ce n’est, ensuite, après la guerre 39/45, que des obtenteurs américains, avides de nouveauté, ont repris le travail. Ils ont ajouté à la sauce I. orientalis – qu’on appelle aussi I. ochroleuca – et peu à peu ont obtenu des variétés diversement colorées. »
L’AMIE DES PLANTES : « Surtout, tout de même, dans les tons chauds : du mordoré, du brun… »
L’AMATEUR D’IRIS : « Mais pas seulement ! Depuis que Ben Hager a introduit l’espèce I. carthalinae dans le mélange des spurias hybrides, on trouve des variétés vraiment bleues. Ce qui manque, c’est encore le rose pur et tout ce qui va vers le rouge. »
L’AMIE DES PLANTES : « Leur haute taille est-elle un handicap ? »
L’AMATEUR D’IRIS : « Non. Au contraire elle présente un véritable intérêt pour la fleur coupée. Les spurias ressemblent aux iris bulbeux chers aux fleuristes, mais les fleurs sont plus hautes et plus larges. »
L’AMIE DES PLANTES : « Vous parliez tout à l’heure de Ben Hager, le grand obtenteur américain. Est-il le seul à s’intéresser aux spurias ? »
L’AMATEUR D’IRIS : « Hager est maintenant décédé. Mais il est curieux de constater que ce sont pratiquement les mêmes obtenteurs qui hybrident les grands iris et les spurias, Joë Ghio, David Niswonger, Glen Corlew et l’infatigable australien Barry Blyth en sont aujourd’hui les plus grands pourvoyeurs. »
L’AMIE DES PLANTES : « En fin de compte, ce sont des hybrides d’origine récente. »
L’AMATEUR D’IRIS : « Tout à fait, et on peut présumer que les spurias ont beaucoup d’avenir et que leur hybridation nous réserve encore bien des évolutions. »

Le mois de juin est souvent superbe en Limousin. Cette fois, un souffle tiède caressait les grands spurias en fleur. Le soleil commençait à descendre derrière les croupes imposantes des Monts de Blond, qui se découpaient en bleu profond sur l’horizon doré. La brume n’allait pas tarder à s’élever au-dessus de la vallée de la Glaïeule : déjà l’air se troublait, et les deux visiteurs du parc prenaient tranquillement le chemin de la maison.
PASSEPORT

Est-ce que vous méritez votre passeport pour le petit monde des iris ?

Si vous répondez aux questions suivantes, pas de doute. Sinon, pas de quoi s’affoler, pour atteindre le petit monde des iris, il suffit de lire IRISENLIGNE !

QUESTION 1

En quoi un iris diploïde se distingue-t-il d’un iris tétraploïde ?

QUESTION 2

Par quel adjectif traduit-on en français le mot américain « flaring » ?

QUESTION 3

Les Etats d’Europe Centrale ont créé une société iridophile multinationale. Comment s’appelle-t-elle ?

QUESTION 4

Quelle est la variété de grand iris qui a obtenu la première Dykes Medal américaine ?

QUESTION 5

En dehors d’abriter la plus grande pépinière d’iris du monde, quelle est la particularité de la ville de Salem, dans l’Etat d’Oregon aux USA ?

QUESTION 6

Comment se nomme la fondatrice de la Société Française des Iris et plantes Bulbeuses ?

QUESTION 7

Comment se nomme l’ouvrage fondamental de William Rikatson Dykes ?

QUESTION 8

En 1903, la Maison Cayeux a enregistré une variété de plicata restée fort célèbre. Comment s’appelle-t-elle ?

QUESTION 9

L’hybrideur Barry Blyth a obtenu la Médaille de Dykes australienne en 1986. Comment se nomme l’iris qui a reçu cette récompense ?

QUESTION 10

Lawrence Ransom est l’obtenteur de la variété qui est arrivée en tête du classement du premier concours Franciris. Comment se nomme cet iris ?
ET APRÈS ? (réponse)

Testez votre connaissance des iris !

Vous avez deviné ?
Cette liste est celle du début de la liste des variétés obtenues par elle, présentées par la Maison Schreiner en 2004 (j’en ai parlé dans ce blog), qui sont classées en ordre alphabétique.
Voici la liste complétée :

BLUEBERRY BLISS
CANT’ TOUCH THIS
CHANGING SEASONS
CODI’S ANGEL FACE
CRAZY IN LOVE.

31.3.06


UN RAZ DE MARÉE

On n’aurait jamais cru qu’un producteur d’iris puisse mettre sur le marché, la même année soixante neuf variétés nouvelles ! C’est pourtant ce que vient de faire Mid-America Iris Garden, de Paul Black et Tom Johnson. Un tel raz de marée ne va pas sans poser de nombreuses questions. Parmi celles-ci j’en aborderai seulement quelques-unes unes, peut-être les plus évidentes.

Depuis qu’il a transféré sa pépinière du Middle West au paradis des iris, dans l’Oregon, Paul Black s’est senti pousser des ailes immenses. Lui et son compère Thomas Johnson accumulent les offres : en 2000 leur catalogue comportait 22 nouveautés ; en 2001, ils sont passés à 24 ; en 2002 ils ont atteint 30 nouvelles variétés, tous types confondus ; en 2003 leur offre a porté sur 39 variétés ; en 2004 ils n’en avaient « que » 37, et une quarantaine en 2005. La première question pourrait être : « Comment font-ils ? » Elle en appelle plusieurs autres, à propos de la quantité de semis qu’ils réalisent chaque année, de la surface de leur exploitation, de la rigueur de leur sélection…

Je n’ai pas la réponse à toutes ces interrogations. Je crois seulement que leur terrain n’est que d’une surface de moins d’un hectare. A comparer avec les 8 hectares de la Maison Cooley et les 24 hectares de Schreiner ! Cela rend encore plus problématique la culture d’une aussi grande quantité de variétés nouvelles chaque année, sans compter les obtentions de confrères qu’ils proposent également à la vente.

A défaut de savoir, donc, comment fonctionne leur affaire, il ne nous reste qu’à admirer ce qu’ils nous proposent. Notre regard ne peut hélas se porter que sur les fleurs qu’ils nous présentent, les qualités végétatives des plantes ne peuvent pas être appréciées. Mais pour ce qui est de la beauté des fleurs, il faut bien dire que nous sommes gâtés ! Pour ne parler que de ce qui nous intéresse au premier chef, les grands iris, le cru 2006, riche de 26 nouveautés, est absolument superbe. A propos des offres de la Maison Schreiner, j’ai établi un choix de quinze coloris ou modèles qui peut être utilisé pour classer les produits de Mid-America. Le classement que j’ai établi est le suivant :

BLANC
BLANKET OF SNOW (J). Blanc à barbes jaunes, très classique ;
IN STYLE (J). Forme classique, très larges sépales frisés, épaules marquées de jaune ;

JAUNE
Rien

ORANGE
FIESTA ORANGE (B). Très classique orange clair avec barbes orange très vif ;

BRUN-ROUGE
Rien

ROSE
BLUSHING BASHFUL (B). Un blanc teinté de pêche, qui fait nettement penser au célèbre PEACH SPOT, des années 60 ;
BRIDAL PARTY (J). Pas vraiment blanc, pas vraiment rose non plus : un iris ivoire, plus vivement coloré de rose orangé au cœur ;

MAGENTA/GRENAT
Rien

POURPRE
I FEEL LUCKY (J). Un iris d’un pourpre sombre, très ondulé, avec une originale barbe bleue ;

MAUVE/VIOLET
BERRY SCARY (B). Étrange coloris, où le violet qui centre les sépales s’éclaircit peu à peu en allant vers les bords, très fortement ondulés ;

MARINE/INDIGO
CLEARANCE SALE (B). Fleur solide et classique, d’un bleu indigo profond, barbes bleu clair ;

BLEU CLAIR
ATHENS (J) – luminata. Une fleur tout à fait originale, d’un bleu vif illuminé de bleu clair, presque blanc, barbes jaunes ;
DOLLAR (B). Bleu grisé un peu terne, rehaussé de barbes orange brûlé, très peu d’ondulations ;
IMAGERY (J). Entre bleu et mauve, fait penser à MARY FRANCES ;

NOIR
Rien

AMOENA
BY POPULAR DEMAND (B). Peut-être bicolore, parce que les pétales sont rose dragée clair, et les sépales violine largement éclaircis sous les barbes mandarine, avec des veines indigo, fleur très classique, finement frisée ;
CAMEO APPEARANCE (B) – inversé. Ondulé et très frisé, avec des airs de FOGBOUND.
DISGUISE (J). Une fleur sombre, avec des pétales rose isabelle sur des sépales pourpre foncé, et des barbes orange brûlé ;
DRESSED TO KILL (B). Sans doute le moins original de la collection : pétales blancs infus de mauve, sépales pourpre profond au centre, devenant améthyste aux bords ;
HALF DOLLAR (B) – inversé. Proche de CAMEO APPEARANCE décrit ci-dessus ;
HOUSE WARMING (J). Une fleur toute froufroutante, aux pétales blanc pur et aux sépales d’un joli mauve, avec barbe rouge pour réveiller le tout ;
WATERFALL MIST (B) – inversé. Encore une réplique de FOGBOUND, avec des sépales immenses ;
WILD ANGEL (J) – type Quandary. Très ondulé, cet iris très original, avec des pétales blancs et des sépales qui, jaune clair aux épaules, deviennent blanc veiné de mauve sous les barbes jaunes, puis plus nettement mauve avant de se terminer par un lacet jaune – voir photo - ;

PLICATA
Rien

VARIEGATA
BROKEN HEART (J). Chamois et violet, plus clair sous les barbes brique ;
BUSHWHACKED (B). Vanille et prune, sépales devenant bruns aux bords, côtes des pétales infus de mauve, zone plus claire sous les barbes orange ;
CHINOOK ARCH (J). Une fleur façon « années 60 », pétales paille, sépales mauves, devenant café au lait vers les bords, épaules miel et barbes orange ;
IMPOSTER (J). Cela pourrait être une amélioration de VILAIN, des années 70. Pétales chamois, sépales pourpre-noir et barbes orange brûlé ;
SECRETARY (J) – var/plic. Quelque chose comme LAREDO, aux très amples ondulations ;
SPICED LEMON (J) – var/plic. On pourrait parler de plicata jaune si ce n’était une appellation erronée. Le jaune vif est infus de brun au cœur et les sépales bordés d’un pointillé de plus en plus dense de la même couleur ;

BICOLORE
FOREIGNER (J). Pétales grenat sur sépales pratiquement noirs : c’est l’iris le plus sombre de la série, mais l’ensemble est très attrayant.

Dans tout cela, la diversité n’est pas dans les coloris, mais plutôt dans les associations de teintes, dont beaucoup sont très originales. En comparaison, l’éventail offert chaque année par Schreiner, la vieille maison de Salem, est d’un classicisme parfait. Ici on a affaire à un choix qui ne relève pas prioritairement du commercial, mais plutôt de l’artistique. Reste à savoir si un peu plus de retenue dans le nombre des enregistrements ne serait pas préférable.
ET APRÈS ? (réponse)

Testez votre connaissance des iris !

Vous avez deviné ?
Cette liste est celle des variétés qui ont obtenu le Premio Firenze (Florin d’Or) à partir de 1980.
Voici la liste complétée :

ENTOURAGE (1980)
BEVERLY SILLS (1981)
GOLD GALORE (1982)
WOODCRAFT (1983)
TITAN’S GLORY (1984).

ET APRÈS ?

Testez votre connaissance des iris !

Voici une liste de quatre noms de variétés de grands iris. Quel est le nom qui vient ensuite dans cette énumération ?

BLUEBERRY BLISS
CANT’ TOUCH THIS
CHANGING SEASONS
CODI’S ANGEL FACE

24.3.06


ENCHÈRES ET CONCURRENCE

Le petit monde des iris se pose des questions, depuis que quelqu’un s’est aperçu que sur un site d’enchères en ligne il y avait des iris à vendre. Cet amateur s’est aussitôt posé des questions : Mais cela ne va-t-il pas faire du tort aux producteurs qui vendent les mêmes variétés ? Et quelle est la légalité de ces ventes ? Et les échanges entre particuliers, peuvent-ils avoir le même impact ? C’est à cela que je vais essayer de répondre dans cet article qui sort un peu de l’ordinaire de mes chroniques.

Les enchères font-elles du tort aux producteurs ?

La réponse est forcément affirmative. Il ne peut pas en être autrement. Celui qui achète un iris sur la toile ne l’achètera pas dans le commerce. Il y a donc bien concurrence. Une de plus. Car les producteurs, au sens où je l’entends ici, ne sont pas les seuls à vendre des iris. On en trouve dans toutes les jardineries, en petits godets étiquetés au nom présumé de la variété. On en trouve dans tous les catalogues de généralistes VPC, identifiés également, ou, parfois, en vrac. On en trouve enfin dans les foires aux plantes, en pots, la plupart du temps, et identifiés, bien entendu. C’est d’ailleurs à ce type de concurrence que s’assimile un peu le commerce aux enchères en ligne. En effet, dans les foires aux plantes ce sont le plus souvent des associations, dont la SFIB, qui vendent des iris fournis gracieusement par leurs adhérents. Le produit de ces ventes vient enrichir un peu leur trésorerie souvent faiblarde. Mais ces ventes-là, concurrentielles, certes, ne vont pas perturber le commerce normal, car elles restent confidentielles. En revanche les ventes sur Internet peuvent prendre des proportions inquiétantes : si de nombreux amateurs internautes se lancent dans les enchères dès qu’ils disposent de quelques rhizomes excédentaires, le trafic peut devenir sérieusement préjudiciable au vrai commerce. D’autant plus qu’il n’y a guère de barrières juridiques ou répressives pour le limiter.

Ces ventes aux enchères sont-elles légales ?

J’ai interrogé à ce sujet un juriste qui avait justement sous les yeux un arrêt de la Cour de Cassation concernant une affaire de ce genre. La règle est que la vente par un particulier est toléré dans la mesure où elle reste dans des proportions raisonnables et ne prend donc pas le caractère d’un véritable commerce. Bien des éleveurs ont de tous temps vendu directement quelques litres de lait, souvent on voit le long des routes des producteurs privés proposer aux automobilistes des fruits, de légumes ou des œufs, et jadis les fermières venaient au marché proposer les produits de leur exploitation. Rien de gênant là-dedans. Sur Internet, cependant, ce commerce prend une autre ampleur ! Et c’est à ceux qui pensent être lésés de poursuivre les vendeurs indélicats qui font un véritable commerce déloyal. Il leur faut donc être attentif, venir régulièrement sur les sites d’enchères pour vérifier que ce ne sont pas toujours les mêmes vendeurs qui proposent leurs produits, et que les quantités mises en ventes restent modestes : la tâche n’est pas des plus faciles ! L’abus sera constaté par le juge et le vendeur indélicat sera condamné, y compris à des dommages-intérêts pour celui qui a engagé l’action judiciaire, sans compter sur le redressement que le fisc s’avisera de calculer ! Mais à mon avis le risque est, malheureusement, faible pour le vendeur en ligne.

Les échanges entre particuliers peuvent-ils avoir les mêmes conséquences ?

Dans ces cas on n’est plus dans le même contexte : ceux qui pratiquent les échanges ne tirent pas un profit en argent de leurs transactions, ils ne sont donc ni pénalement, ni fiscalement en infraction. Mais y-a-t-il néanmoins une concurrence vis à vis des producteurs ?

A priori cette concurrence existe. Certes les bourses d’échange entre collectionneurs existent depuis toujours, mais la différence entre échanger des objets et échanger des plantes est que ces dernières se renouvellement pratiquement sans fin : chaque année le propriétaire d’une variété d’iris peut disposer du croît de sa plante et échanger celui-ci contre une variété nouvelle. Les producteurs peuvent don déplorer cette pratique. Ils ont sans doute raison de le faire si les échanges concernent des variétés qui figurent à leurs catalogues. Je crois cependant que, sauf rares exceptions, les variétés qui sont échangées ne sont pas, ou plus, commercialisées en France au moment de l’échange. D’autre part, pour alimenter la pompe à échanger, il faut proposer des variétés que l’on ne trouve pas dans tous les jardins. Il faut donc se procurer continuellement des variétés récentes ou historiques intéressantes. Ceux qui pratiquent l’échange sont donc amenés à acheter chez les obtenteurs-producteurs leurs plus récents cultivars de manière à disposer très vite d’iris qui serviront de monnaie (d’échange !). Par ailleurs, pour obtenir des variétés exotiques, comme celles en provenance d’Asie Centrale ou, plus simplement, de pays d’Europe de l’Est encore extérieurs à l’Union Européenne, il est intéressant de faire envoyer aux hybrideurs ces mêmes variétés françaises récentes introuvables chez eux, qu’ils « paient » en expédiant leurs propres obtentions qu’il leur est techniquement impossible d’envoyer par les voies commerciales (la réglementation russe concernant les exportations, qui date de la période soviétique, n’a pas prévu les échanges commerciaux de faibles quantités : pour être en règle il faudrait expédier plusieurs tonnes de rhizomes !).

En fin de compte, si les échanges créent une certaine concurrence, elle me paraît très subsidiaire et sûrement pas de nature à compromettre l’activité des producteurs nationaux. Ne serait-ce que parce qu’ils concernent essentiellement des variétés rares (les collectionneurs possèdent pratiquement tous les grands classiques lorsqu’ils commencent à faire des échanges) ou ne figurant dans aucun catalogue français. Souvent même ils portent sur des obtentions d’amateurs que ces derniers n’ont aucune chance de diffuser puisque le commerce traditionnel les boude.

Ceux qui se procurent par ce moyen des variétés autrement introuvables ne font de tort à personne, sauf à imaginer qu’à défaut de trouver ce qu’ils recherchent en dehors des circuits commerciaux, les échangeurs se rabattraient sur les produits présents dans les catalogues, ce qui me paraît fort improbable.

Les collectionneurs sont-ils ingrats ?

Mais les producteurs français, dont l’attitude m’interpelle souvent, se plaignent également de ce que certains collectionneurs leur fassent des infidélités en commandant aux USA ou en Australie ces variétés qu’ils ne cultivent pas eux-même. Dans ces cas aussi la concurrence est virtuelle et, je crois, réversible ! En effet, si quelques-uns commandent à l’étranger (je ne crois pas qu’ils soient plus d’une demi-douzaine), il est probable que des amateurs non-hexagonaux passent commande directement aux producteurs français connus dans le reste du monde. Tous les catalogues américains proposent un certain nombre de variétés obtenues par les maisons Cayeux ou Anfosso, celles-ci sont donc bien connues là-bas, elles ont un site Internet accessible de partout et doivent vendre à des particuliers pour un chiffre d’affaire peut-être marginal, mais pas forcément moindre que celui qu’elles pourraient faire avec les amateurs français ! Tout le monde doit profiter de la mondialisation. Le marché français des iris est étroit, peut-être même est-il encombré avec l’apparition de plusieurs nouveaux marchands ces dernières années, et si les producteurs doivent se montrer vigilants en face de pseudo-commerçants sur le Net, ils devraient aussi s’ouvrir sur le petit monde des amateurs passionnés, considérer ces derniers comme leurs ambassadeurs, en constituer leur fan-club en ayant à leur égard des gestes de reconnaissance et de soutien (par exemple en mettant sur le marché les meilleures variétés obtenues par ces amateurs, comme GWENNADEN – Madoré 2001 - voir photo), et en participant directement au destin de la SFIB qui souffre gravement de leur désintérêt. C’est un appel que je leur lance.
ET APRÈS ?

Testez votre connaissance des iris !

Voici une liste de quatre noms de variétés de grands iris. Quel est le nom qui vient ensuite dans cette énumération ?

ENTOURAGE
BEVERLY SILLS
GOLD GALORE
WOODCRAFT
….
ET APRÈS ? (réponse)

Testez votre connaissance des iris !

Voici une liste de quatre noms de variétés de grands iris. Vous avez deviné ? Il s’agit des variétés qui ont obtenu la Médaille de Dykes à partir de 1970.
Celle qui suit les quatre indiquées est SHIPSHAPE.

SKYWATCH (1970)
DEBBY RAIRDON (1971)
BABBLING BROOK (1972)
NEW MOON (1973)
SHIPSHAPE (1974).

17.3.06


EXTENSION DU DOMAINE DE LA BARBE
Deuxième partie

Cependant la véritable extension du domaine de la barbe a eu lieu quand, au début des années 60, Lloyd Austin et ses émules ont entrepris de tirer parti de certaines excroissances originales apparues sur les barbes de quelques iris. Austin a dit qu’il avait débuté ses recherches sur les barbes à partir de deux semis qu’il avait remarqués chez son voisin Mitchell L’un de ceux-ci a été baptisé ADVANCE GUARD et fut très certainement le premier du genre à porter un nom. Pourtant les iris à barbes n’étaient pas nouveaux puisque les tout premiers seraient apparus chez Henry Sass dans les années 30 ! Cependant, à cette époque, cela était considéré comme une anomalie et systématiquement rejeté. C’est bien à Lloyd Austin qu’on doit d’avoir su tirer avantage de ces malformations.

Dès le début, il a essayé d’apporter à ces nouveautés toutes les améliorations qui étaient possibles, de manière à ce que les éperons et autres pétaloïdes, confèrent aux fleurs une personnalité excitante mais aussi esthétique. C’est lui qui a inventé l’expression « Space Age » pour désigner ces nouveaux iris, leur attribuant du même coup une identité synonyme de modernité. Le premier des SA qu’il a enregistré s’appelle UNICORN (52), et c’est aussi un plicata. Beaucoup de temps et beaucoup d’efforts plus tard, les S.A. (que je préfère appeler ‘rostratas’ ) ont conquis leur place dans le monde des iris. Mais il a fallu que les promoteurs de ces fleurs vainquent bien des résistances et bien des doutes. C’est avant tout à Monty Byers, le génial obtenteur californien, que l’on doit le fait que les ‘rostratas’ aient été enfin reconnus. La consécration en ce domaine lui est venue post mortem quand CONJURATION (89 – DM 98), puis THORNBIRD (89 – DM 97) et MESMERIZER (91 – DM 2002) ont décroché la Médaille de Dykes.

Aujourd’hui les ‘rostratas’ n’ont plus guère de détracteurs. Richard Cayeux lui-même, qui, dans son livre « L’Iris, une fleur royale » - 1996, déclare : «Ces iris … rencontrent un certain succès dû à leur grande originalité, mais de là à parler de beauté supérieure, il y a un pas que nous ne franchirons pas », l’a tout de même franchi et enregistre maintenant des ‘rostratas’ – CERF VOLANT (2002). Il faut dire qu’ils ont fait des progrès gigantesques et que le principal de leurs défauts à été surmonté. Il s’agit de ce que très souvent l’extension des barbes exerce des tensions sur les sépales qui déforment ces derniers de manière très inesthétique. Mais les obtenteurs ont éliminé les semis ainsi martyrisés pour ne retenir que des fleurs de belle apparence.

Au début, les extensions n’étaient que des éperons, prolongations des barbes par une pointe plus ou moins redressée, apparentes surtout sur les fleurs du haut de la tige, mais moins évidentes sur les fleurs inférieures. Puis vinrent des appendices plus développés, se terminant par des excroissances plus larges, sortes de cuillères. On a trouvé aussi de longs filaments dressés vers le ciel, puis des pétaloïdes plus ou moins larges et de formes variées. A mon avis, ce sont ces développements–là qui apportent et apporteront encore quelque chose d’intéressant puisque cela va dans le sens d’une multiplication des pièces florales, sorte de modèle « flore pleno » des iris. MESMERIZER est une bonne approche de ce modèle, mais des iris plus récents sont encore plus près de la définition, George Sutton, un autre Californien, travaille beaucoup dans cette direction et une variété comme CALIFORNIA DREAMIN’ (2003) en est un nouvel exemple.

De nos jours de nombreux hybrideurs enregistrent des ‘rostratas’ dont les appendices prennent des formes de plus en plus diversifiées. A cet égard, des fleurs comme IMPRESARIO (Muska 2006) – voir photo - ou SPOONED DEMONSTRATION (Muska 2006) sont tout à fait remarquables. Chez la première les pétaloïdes ont un peu l’aspect d’un champignon (girolle ou mousseron), avec un pied étroit et un chapeau en trompette aplatie, et chez la seconde ce sont de larges quasi-pétales assortis aux sépales lilas.

Le domaine de la barbe a pris récemment une extension à laquelle personne ne s’attendait : taille, couleur, appendices constituent maintenant des champs d’expériences très diversifiés, qui démontrent que la modification des fleurs d’iris n’est pas sur le point de s’arrêter.
ET APRÈS ?

Testez votre connaissance des iris !

Voici une liste de quatre noms de variétés de grands iris. Devinez de quoi il s’agit et donnez le nom de la variété qui doit suivre…
Réponse la semaine prochaine.

SKYWATCH
DEBBY RAIRDON
BABBLING BROOK
NEW MOON
….

11.3.06

FERTILITÉ DES IRIS INTERMÉDIAIRES

Pendant très longtemps on a considéré que les iris intermédiaires étaient stériles. Cependant des expériences récentes, notamment celles de Marky Smith, aux Etats-Unis, on démontré que certains intermédiaires pouvaient être fertiles. A ce sujet, les résultats des expériences de Sergeï Loktev, en Russie, sont particulièrement intéressants. Leur auteur a publié dans le bulletin de l’AIS n° 317 d’ avril 2000, un court article dont voici une traduction.

« Ce fut très intéressant pour moi de lire l’article de Marky Smith « les intermédiaires fertiles » dans le numéro d’avril 99 du bulletin de l’AIS.J’utilise les intermédiaires dans mes hybridations depuis 1996. AU cours des quatre années qui ont suivi j’ai fait 396 croisements avec des intermédiaires en tant que parents. 288 fois (73%) en tant que parent femelle (y compris pour des croisements IB X IB), et 108 fois (27%) en tant que parent mâle (non compris les croisements IB X IB). 49 variétés d’intermédiaires ont été utilisées comme parents femelles et 51 comme parents mâles. 39 de ceux-ci ont été utilisés dans les deux sens. Cela a donné les résultats suivants :
IBXSDB IBXTB IBXIB SDBXIB TBXIB total
Nb de cx 38 167 83 67 41 396
Cx réussis 14 68 5 18 1 106
Tx réussite 37% 14% 6% 27% 2% 27%

A noter que le taux de réussite de mes croisements d’iris barbus est en moyenne de 41%.

Le tableau ci-dessus montre que le taux de réussite de deux catégories, IBXSDB et IBXTB, est à peu près égal au taux de réussite général. Les résultats des croisements SDBXIB ont été presque aussi satisfaisants. Pour les croisements IBXIB et TBXIB, le taux est si bas que j’en suis à me demander si il ne s’agit pas d’un effet du hasard –ou des abeilles !- J’en déduis que la soi-disant infertilité des intermédiaires concerne surtout les croisements IBXIB.

… (suit la liste des variétés utilisées qui ont donné les meilleurs résultats).

Tous ces croisements n’ont donné qu’un fort petit nombre de graines, et il est tout à fait possible qu’aucune de celles-ci ne germe. Mais j’ai l’intention de continuer ce type d’hybridations.

De tous les croisements effectués avec des intermédiaires pendant les cinq dernières années, le nombre moyen de graines par gousse a été de 28, à comparer à la moyenne de 37 atteinte par les croisements TBXTB (le maximum de graines trouvées dans une gousse a été de 90 !) Dans mon jardin je ne constate d’habitude que 7% de germinations la première année. Ce taux monte à 30% la seconde année (y compris celles de la première année, déduction faite des plantules qui sont mortes). Je n’ai jamais eu de germinations dans la troisième année. »
RÉCRÉATION ( réponses)

URSULA VAHL (Tamberg 78) est une belle… allemande.

EXTENSION DU DOMAINE DE LA BARBE

Première partie

Rassurez-vous ! Ce titre houelbecquien n’annonce pas quelque chronique sulfureuse. Il s’adapte en fait fort bien au sujet d’aujourd’hui, qui est l’histoire de la barbe des iris (du moins celle de ceux qui en sont pourvus, qu’on appelle aussi « eupogons »).

La nature ne manque jamais d’imagination quand il s’agit d’assurer la perpétuation des espèces. Pour certains iris, ceux qui sont dits « eupogons » ou « pogoniris », elle a préparé un leurre étonnant pour convaincre les insectes, et en particulier les gros bourdons qui sont seuls suffisamment volumineux pour pouvoir se charger du pollen de la plante, d’entrer jusqu’au cœur de la fleur. Elle a d’abord créé pour eux une vaste piste d’atterrissage : les sépales, mais pour mettre toutes les chances de son côté, elle a ajouté des guides fallacieux : les barbes. Elles ont l’apparence de ces champs d’étamines où les insectes savent instinctivement qu’ils vont trouver du délicieux nectar. Ils vont donc se poser sur ce champ, mais là, point de nectar, point de pollen non plus. Alors ils s’enfoncent plus avant vers le cœur de la fleur en suivant cette ligne conductrice toute tracée. Ils trouveront enfin ce qu’ils recherchent, mais au passage ils seront passés sous les anthères des étamines, auront provoqué leur inflexion et reçu sur leur dos poilu le pollen de la fleur. Ce pollen, ils le déposeront tout aussi involontairement sur les lames des stigmates de la fleur d’à côté dans laquelle ils pénètreront ensuite. La fécondation croisée se trouve assurée par cet astucieux système pour lequel la fleur à fait preuve d’une rouerie admirable.

Les barbes auraient pu en rester là : assurer le cheminement des bourdons. Mais les hommes, lorsqu’ils ont commencé à jouer eux-même le rôle du bourdon pour ne polliniser les fleurs que dans le sens qu’ils souhaitaient et améliorer par l’hybridation les iris à barbes, ont compris que ces appendices pouvaient présenter un intérêt esthétique. Ils en ont fait un sujet de recherche et d’approfondissement.

A vrai dire, aux débuts de l’hybridation, les barbes n’ont pas particulièrement fait l’objet de l’attention des hybrideurs. Elles étaient blanches, ou jaunes, et c’était très bien comme ça. Il a fallu attendre les années 40, et l’apparition du facteur « mandarine » pour que l’on commence à s’intéresser aux barbes en elle-même. Ce fut avant tout pour tenter de transférer les barbes mandarines vers des fleurs d’une autre couleur ; Les premiers résultats intervinrent quand des iris violets furent ornés de barbes mandarines. Ce fut le cas pour ENCHANTED VIOLET en 1958. Mais pour obtenir un vrai bleu avec des barbes vraiment rouges, il fallut encore attendre longtemps, peut-être jusqu’à ACTRESS (Keppel 76) ou VIVIEN (Keppel 79) ! Entre-temps, les barbes mandarines avaient envahi des fleurs de bien d’autres couleurs : rose, bien sûr, mais aussi amarante, blanc, jaune… Un peu plus tard, même le noir – NIGHT GAME (Keppel 96)a été ainsi agrémenté. Il en a été de même pour la plupart des associations de couleurs ou de teintes, jusqu’à ces fameux iris que l’on qualifie de tricolores (pétales blancs, sépales bleus, barbes rouges) dont Richard Cayeux s’est fait une spécialité – PARISIEN (94), RUBAN BLEU (97), mais pour lesquels les Américains ne sont pas en reste – PATRIOTIC BANNER (Fort 98).

Le travail sur la couleur des barbes ne s’est pas arrêté aux barbes mandarines. Des couleurs originales sont apparues, bleu nuit entre autres, comme le célèbre EVENING ECHO (Hamblen 77) –voir photo - ou CODICIL (Innerst 85) ; moutarde, bronze – TOUCH OF BRONZE (Blyth 83)… Mais le défi le plus difficile a sans doute été d’introduire des barbes bleues dans des iris jaunes ou roses. Le résultat n’est pas encore parfait, mais des variétés comme MAGIC WISH (Hager 90) ou BLUE-EYED SUSAN (Lauer 98) y sont presque parvenues.

Mais certains se sont dit que ces barbes, quelle qu’en serait la couleur, pouvaient être un attrait supplémentaire soit parce que leur importance pouvait donner du caractère à une fleur, soit, au contraire, parce qu’en se faisant discrètes elles permettaient d’attirer l’attention sur les autres qualités de la fleur. De là est né le souci de jouer avec l’importance des barbes. Certains cultivars se présentent avec des barbes proéminentes, épaisses, vivement colorées, d’autre à l’inverse ne sont dotés que de barbes infimes dans les tons de la fleur, pour passer presque inaperçues. Les obtenteurs jouent encore aujourd’hui sur ces traits. Ainsi en est-il chez Richard Cayeux, par exemple : CUMULUS (2000) est un néglecta mauve, où les barbes minuscules laissent la vedette à l’ensemble coquet et élégant de la fleur, alors que chez CHEVALIER DE MALTE (97) les énormes barbes minium s’étalent sur le plastron blanc des sépales et font encore plus ressortir l’apparence tricolore de la variété.

3.3.06


PETIT DICTIONNAIRE DU MONDE DES IRIS

Bicolore
Adjectif et nom masculin.
Pour désigner un iris dont les pétales et les sépales sont de couleurs différentes. Ce qualificatif est attribué en général à des fleurs dont les pétales sont clairs et les sépales plus foncés, mais l’inverse peut également se rencontrer. A noter que si le blanc est l’une des deux couleurs, le terme consacré est amoena (voir ce terme), et si c’est le jaune ou une couleur approchante, on parle de variegata (voir ce terme).
Les associations de couleurs sont aujourd’hui très variées, et pétales et sépales peuvent être non pas d’un ton uni, mais dans un dégradé de la couleur. Les bords peuvent aussi être marqués par un liseré pouvant être clair ou foncé. SWEET MUSETTE (Schreiner 86) est un exemple classique de variété bicolore. (voir photo).
LES LEÇONS D’IRIS DANS UN PARC

Un parcours initiatique dans des jardins imaginaires

Quatrième leçon : les iris du Japon

De la route, c’est à peine si l’on aperçoit le petit château. Non seulement les murs qui l’enferment sont assez élevés, mais il se cache parmi de grands arbres. Derrière c’est immédiatement le flan de la colline ; devant, c’est une grande pelouse qui descend en pente douce jusqu’à la petite rivière. Sur le côté droit, une vaste pièce d’eau reçoit un ruisseau minuscule, qui a contourné la colline et qui, avant d’aller rejoindre la rivière, s’attarde un moment et paresse autour des nénuphars. C’est un peu plus qu’une mare, pas tout à fait un étang. De hauts bambous en occupent toute la rive opposée au château, ils sont si denses qu’il paraît impossible de pénétrer dans ce bosquet. L’endroit prend un aspect si exotique qu’on ne se croit plus en Touraine, mais transporté brusquement bien loin, sans doute au Japon… D’autant plus qu’en ce soir de juillet, de grosses gouttes molles et éparses annoncent un orage qui commence à gronder dans un ciel gris et terne.

A l’abri d’un large parapluie, la maîtresse de maison converse au bord de l’eau avec son ami l’amateur d’iris.
LA MAÎTRESSE DE MAISON : « Ce sont les bambous qui te font penser au Japon ? »
L’AMATEUR D’IRIS : « Oui, évidemment, chaque fois que je reviens ici, je ressens la même impression : calme et sérénité ; le Japon, en quelque sorte. Ou tout au moins, une certaine idée du Japon. »
LA MAÎTRESSE DE MAISON : « Mais où sont les iris dont tu m’as parlé ? »
L’AMATEUR D’IRIS : « Ils sont commandés ! Tu les recevras fin septembre ou début octobre. Tu as le temps de préparer le terrain comme il faut, parce que ce sont des plantes délicates. Mais je connais tes qualités de jardinière. »
LA MAÎTRESSE DE MAISON : « Je sais ! Une terre très riche, acide, beaucoup d’eau au printemps, beaucoup d’engrais avant et après la floraison… »
L’AMATEUR D’IRIS : « Mais, dans ces conditions, l’assurance de plantes formidables. Ce n’est pas pour rien que les Japonais cultivent ces fleurs depuis le début du 16eme siècle ; ils avaient repéré une vraie merveille. Et tout cela à partir d’une seule espèce botanique, l’Iris ensata. Au début, il n’y avait que des fleurs simples, avec trois tout petits pétales, trois sépales plus larges et trois styles, d’un violet pourpré veiné de blanc ; aujourd’hui, après cinq siècles de croisements et plusieurs milliers de variétés obtenues, on dispose de fleurs doubles, aux pétales aussi larges que les sépales, étalées à l’horizontale, au bout de tiges fines mais solides. Ces fleurs me font penser aux assiettes que certains jongleurs chinois font tourner à l’extrémité d’une perche. En masse, elles donnent un spectacle extraordinaire. Tu verras cela dans deux ans ! »
LA MAÎTRESSE DE MAISON : « Mais il n’y en a que des bleus ! »
L’AMATEUR D’IRIS : « Non. Le bleu est la couleur dominante, mais cela va du blanc, au rose orchidée et même au grenat. La seule couleur qui manque vraiment, c’est le jaune et ses dérivés, l’orange ou le brun. Certains obtenteurs essaient de franchir cet obstacle en croisant les iris du Japon actuels avec l’Iris pseudacorus, l’iris jaune de nos fossés. Mais les résultats ne sont pas encore très intéressants. On trouve aussi des fleurs veinées, marbrées, tachées. Bref le choix n’est pas si restreint que cela. D’ailleurs, tu verras. Je t’ai commandé un panel de variétés très diverses. »
LA MAÎTRESSE DE MAISON : «Ils viennent d’Amérique ? »
L’AMATEUR D’IRIS : « Oui, mais pas seulement. Tu auras des variétés japonaises, bien entendu, et des variétés australiennes. Mais la majorité sont américaines. Quand la passion pour les iris du Japon s’est internationalisée, ce sont les Américains qui ont saisi le flambeau. W. Arlie Payne ou Walter Marx ont consacré toute leur vie à ces iris. D’autres obtenteurs comme Fred Maddocks, ont continué. Puis vinrent le tour de Lorena Reid, de Terry Aitken, de Clarence Mahan, sans oublier le Dr Currier McEwen qui a été le premier à obtenir de iris du Japon tétraploïdes. »
LA MAÎTRESSE DE MAISON : « Ques aco ? »
L’AMATEUR D’IRIS : « Les ensatas sont naturellement diploïdes, ils n’ont que deux jeux de chromosomes. En traitant les graines à la colchicine, McEwen est parvenu à un doublement du nombre des chromosomes. Du coup, les possibilités d’évolution qui étaient un peu limitées après cinq siècles de croisements, ont été multipliées. On peut dire que les iris du Japon ont de cette façon acquis une nouvelle jeunesse. »
LA MAÎTRESSE DE MAISON : « Tu crois qu’il faut les planter auprès de l’eau ? »
L’AMATEUR D’IRIS : « C’est même recommandé ! Si, au printemps, ton étang déborde un peu et inonde tes iris, ce ne sera pas pour leur déplaire. Ils fleuriront peut-être un peu plus tard, mais cela n’en est que mieux : la saison des iris sera ainsi prolongée en beauté. Et puis, l’été, l’humidité est indispensable. Tu vois qu’au bord de l’eau ils devraient être heureux. »
LA MAÎTRESSE DE MAISON : « J’ai hâte de les voir fleurir ! »

La pluie d’été commençait à s’aggraver, criblant l’eau de myriades de petits impacts. Les deux amis reprirent alors le chemin du château où les attendait une bonne tasse de thé. Japon oblige !
UNE AUTRE FAÇON D’OBTENIR DU ROUGE

Décidément la recherche de l’iris rouge devient de plus en plus d’actualité ! Après Richard Ernst et les milliers de dollars investis dans une tentative de manipulation génétique, après Don Spoon et ses avancées pragmatiques par saturation de l’orange, voici Neil Mogensen et son approche par la biologie moléculaire.

Dans une communication sous le titre de « Another Approach to Red Irises », publiée dans le bulletin de l’AIS n° 340, de janvier 2006, Neil Mogensen, de Arden, en Caroline de Nord, démontre qu’il peut exister une troisième voie pour obtenir du rouge. Il explique que la couleur rouge pure, qui est produite par la pélargonidine (pigment présent dans les géraniums) fait partie de la même série que la delphinidine (pigment qui colore en bleu les delphiniums …et les iris). Ces deux pigments, ainsi que beaucoup d’autres, sont des éléments de la grande famille des pigments anthocyaniques, hydrosolubles, et présents dans le liquide intercellulaire des fleurs. Ils ne se différencient que par le nombre et la position de radicaux OH attachés à l’un des anneaux de base des anthocyanines. Je ne sais pas si je me fais bien comprendre, parce que je n’ai aucune notion de chimie, et que j’essaie seulement de transcrire ce que l’auteur du texte a dit. Toujours est-il que, d’après les schémas illustrant l’article, la delphinidine a trois radicaux OH, et la pélargonidine seulement un. D’où l’idée, pour obtenir de la pélargonidine au lieu de la delphinidine, de réussir à retirer deux des radicaux OH de cette dernière. On sait cela depuis les travaux de L. F. Randolph, dans les années 50 et 60. Mais le problème n’est pas de savoir ce qu’il faut faire, mais de trouver comment le faire !

Mogensen, très savamment, expose aussi que l’on sait, désormais, où se situe sur les chromosomes de l’iris, l’enzyme qui détermine le nombre des radicaux OH et l’emplacement où ils s’attachent. Il envisage donc la manipulation qui pourrait aboutir à transformer la delphinidine et pélargonidine. Parfait ! Mais rien n’est simple ! Parce qu’aux pigments de base, s’ajoutent des co-pigments et des variations du taux d’acidité du liquide intercellulaire qui rendent l’opération infiniment complexe et très aléatoire dans ses résultats. D’autant plus que, paraît-il, le processus de transformation pourrait être bloqué par une réaction de la plante qui, constatant une anomalie dans les cellules, rétablirait automatiquement la normalité !

Autant dire que la transformation décrite n’est pas pour demain. Mais on peut toujours en rêver. D’ailleurs Neil Mogensen fait justement remarquer qu’il y a cinquante ans on n’imaginait pas que l’on pourrait un jour manipuler les gènes au point où on le fait maintenant.

Après la stratégie adoptée par Richard Ernst, et son idée de transplantation de gènes de lis dans les chromosomes de l’iris pour tenter de lui donner la couleur éclatante d’un poivron, après l’initiative de Donald Spoon de saturer le lycopène des iris roses ou oranges et d’y ajouter une pointe de violet pour donner l’illusion du rouge pompier, vient la troisième approche, celle de la production d’une grande quantité de pélargonidine pour atteindre le rouge du géranium zonale.

L’iris rouge risque donc de ne pas provenir d’une seule source ; mais, au train où vont les choses, il est à peu près sûr qu’il n’est plus loin d’apparaître. Avec toutes les questions que son apparition vont poser : Quel sera le prix de ces plantes transgéniques ? Quelles seront les contraintes imposées aux acheteurs ? Quels seront les risques de dissémination de la mutation génétique pour les variétés de l’avenir ? Celles-là et bien d’autres feront des iris rouges des phénomènes à la fois intéressants et inquiétants.
RÉCRÉATION

Les belles anglaises.
Oui, mais une de ces dames n’est pas anglaise, laquelle ?
CAROLINE PENVENON
ELIZABETH POLDARK
MURIEL NEVILLE
SUSAN BLISS
URSULA VAHL
RÉCRÉATION ( réponses)

FANCY FLIRTING (B. Blyth 2002) est une variété australienne.

24.2.06


TROIS GOUTTES D’EAU
Zuzana – Dreaming Clown – Tagli e Bucchi


A propos de ces trois variétés, j’ai dit, il y a quelques temps, que leur obtenteur, Ladislaw Muska, ne se montrait pas assez sélectif. J’ai peut-être eu tort dans le cas présent, même si mon observation vaut pour bien d’autres. En effet ces iris ne sont pas issus d’un même croisement, mais de croisements parallèles, voisins mais non identiques.

ZUZANA (Muska 99), DREAMING CLOWN (Muska 99) et TAGLI E BUCCHI (Muska 2001) ont une évidente ressemblance. Ce sont tous les trois des plicatas très chargés, dans lesquels on distingue aussitôt la parenté avec QUEEN IN CALICO (Gibson 79). Le premier, sur fond crème, déploie un plumetis, caractéristique du modèle plicata, dans les tons de violet améthyste tirant sur le magenta. Le second est un peu plus foncé, plus violacé aussi, avec un fond franchement jaune, mais surtout pourvu de frisures denses qui manquent à ZUZANA. Quant au troisième (voir photo), qui a le fond crémeux de ZUZANA et les frisettes de DREAMING CLOWN, il tire plus nettement sur le rouge amarante. Tous les trois ont des barbes jaune miel.

A l’instant j’évoquai les frisettes dont se parent DREAMING CLOWN et TAGLI E BUCCHI. Elles sont effectivement absentes de ZUZANA, alors que l’on aurait pu s’attendre à les trouver puisque trois fleurs remarquablement frisées figurent dans son pedigree : LACED COTTON (Schreiner 80), DATE BAIT (Joyce Meek 85) et RI-SAMPEÏ (Muska 96). Mais la nature s’amuse parfois à déjouer les attentes de l’homme, et il faut attendre la génération suivante pour que réapparaissent ces gracieux ornements.

En ce qui concerne la parenté avec QUEEN IN CALICO, celle-ci n’est pas qu’apparente, elle se vérifie dans les pedigrees. Chez l’aîné des trois, ZUZANA, QUEEN IN CALICO apparaît trois fois en six générations. On monte à quatre fois au moins chez DREAMING CLOWN, et on atteint au moins sept fois chez TAGLI E BUCCHI !

Dans les trois cas, L. Muska a appliqué le système d’amélioration par endogamie. Ainsi, pour ZUZANA, l’élément femelle est constitué de deux semis – non dénommés. Le premier a pour formule (QUEEN IN CALICO x FIALOVY KVET), dans laquelle FIALOVY KVET est une variété jamais enregistrée, mais qui doit, si l’on en croit son nom et son pedigree, être une fleur mauve. Dans le second (RI-SAMPEÏ x DATE BAIT) on retrouve le premier élément (QUEEN IN CALICO x FIALOVY KVET), qui est une partie de l’élément femelle de RI-SAMPEÏ, l’autre se nommant CALICOBALL (Muska 95), et est également issu de QUEEN IN CALICO. Pour DREAMING CLOWN, le processus s’est poursuivi puisque à ZUZANA est, de nouveau, associé CALICOBALL. Quant au dernier, le plus abouti, ce n’est pas par hasard que le nom de QUEEN IN CALICO apparaît sept fois.

Muska a utilisé QUEEN IN CALICO à toutes les sauces dans son programme de plicatas. Rien que parmi les TB, et sans garantir qu’il n’en manque pas quelques uns, je compte 26 variétés enregistrées où, au premier ou deuxième rang, apparaît le nom de QUEEN IN CALICO. Que ces 26 variétés aient un air de famille n’a rien d’étonnant ! Les trois d’aujourd’hui ne constituent que des exemples de cet attachement pour une unique variété.
RÉCRÉATION

Un peu de fantaisie ! Même s’il n’en est qu’une seule qui ne soit pas américaine. Laquelle ?
FANCY BRASS
FANCY DRESS
FANCY FELLOW
FANCY FLIRTING
FANCY LADY
RÉCRÉATION ( réponses)

L’Elizabeth qui est anglaise est
ELIZABETH POLDARK (Nichol 90)

17.2.06


EFFET DE MODE OU ÉMULATION ?

Depuis AVIS (Varner 63), qui est considéré comme le premier amoena inversé (ou « dark top ») des temps modernes, le modèle a considérablement progressé. Pendant longtemps SURF RIDER (Tucker 70) a fait l’effet de meilleur du genre. SEA VENTURE (Jones 72) est venu lui contester ce classement, mais avec des couleurs moins nettement tranchées. BALLERINA BLUE (Innerst 86) a tenté de gagner sur tous les tableaux en réunissant les deux précédents, et de fait il a lui aussi marqué une étape. Joë Ghio, avec PERFECT COUPLE puis, et surtout, INCANTATION, s’est un temps intéressé à la question. Mais jusqu’au début des années 90, les amoenas inversés restèrent rares. Puis, brusquement, tout s’est accéléré. C’est Richard Ernst qui a relancé la machine avec son très tendre CLEAR MORNING SKY (91), puis Paul Black, en 92, a proposé WINTER ADVENTURE, un petit peu plus contrasté. Joë Gatty a obtenu en 93 le magnifique IN REVERSE, qui fait toujours partie des meilleurs. Ernst a remis ça en 93 avec DAWN OF CHANGE, plus vif que CLEAR MORNING SKY, mais pas aussi élégant. David Niswonger s’est immédiatement inscrit sur la liste avec UPSIDE DOWN (94) (voir photo) qui ajoutait à l’affaire des barbes abricot. La même année Aitken a enregistré ISLAND SURF, aux sépales un peu trop marqués de bleu, et Schreiner a mis à son catalogue CASCADE SPRING, très joliment coiffé. Puis vint Joyce Meek et son FALLEN ANGEL(95), très réussi, lui aussi avec barbes abricot.

L’arrivée sur le marché de nouveaux amoenas inversés a de nouveau accéléré à partir de 97. C’est l’année de l’apparition de JOHN PAUL JONES (Ensminger), et surtout de CROWNED HEADS (Keppel) qui a atteint un niveau de contraste encore jamais vu et qui sera récompensé par la Médaille de Dykes en 2004. A partir de ce moment tous les obtenteurs qui ne l’avaient pas encore fait vont vouloir avoir leur amoena inversé. C’est le cas de Bill Maryott qui propose en 98 QUITE THE REVERSE, très pâle. Barry Blyth se lance dans la mêlée avec COME TO PARIS (98), un peu pâlot lui aussi, tout comme EAGLE CONTROL (G. Sutton 98), qui ajoute cependant des petits éperons.

Chaque année désormais il y aura une récolte d’amoenas inversés. On ne peut pas les citer tous, mais du moins les plus représentatifs : CALL ME BLUE (Blyth 00), TOKATEE FALLS (Schreiner 00), TURN THE TIDE (Christopherson 00), ETHEREAL VOICES (Hager 01), IN THE CLOUDS (Christopherson 01), SOVEREIGN CROWN (G. Sutton 01), CRYSTAL GAZER (Keppel 02), MOUNTAIN VIEW (P. Black 02), OPPOSING FORCES (Keppel 02), WINTRY SKY (Keppel 02), BRUSSELS (T. Johnson 03), IT’S ALL GOOD (Ernst 03), RIPPLING EFFECT (Keppel 03), GIFTED HEART (Blyth 04), DANCE RECITAL (Keppel 05), SOIREE GIRL (Blyth 05)… Entre 1990 et 2005, j’ai compté plus de 40 « dark tops » enregistrés ! C’est Keith Keppel qui tient la tête, avec 8 nouvelles variétés, suivi de Richard Ernst, cinq, de Barry Blyth, quatre, et de Vincent Christopherson, un jeune qui monte, trois. Mais tous les ténors sont représentés, à l’exception de Bryce Williamson, de Lloyd Zurbrigg et de Clarence Mahan. Alors, effet de mode ou émulation ? Il y a sans doute un peu des deux, mais Keith Keppel, en insistant dans le bulletin de l’AIS sur ce sujet et démontrant qu’il y avait là un vaste domaine encore mal exploré, a certainement été à l’origine de cet engouement qui ne s’est pas limité aux deux rives du Pacifique : en Europe aussi le phénomène prend de l’ampleur puisque six variétés d’amoenas inversés ont été enregistrées au cours des 8 dernières années ; SACRED WATERS (Engelen 97), ALDO RATTI (Bianco 98), LUNE BLEUE (Bersillon 99), CŒUR D’HIVER (Bersillon 00), ALBINOS (Wosniak 01) et IRIADE (Laporte 04) (voir photo).

Aujourd’hui, obtenir un amoena inversé n’est plus une gageure. Des variétés aussi prometteuses que IN REVERSE, FOGBOUND ou CROWNED HEADS donnent à chacun l’envie de s’essayer, et bien d’autres jolies fleurs viendront certainement dans les années 2000, avec notamment, un développement du modèle chez les ‘rostratas’, sans oublier l’adjonction de barbes de différentes couleurs.
RÉCRÉATION

Une seule de ces Elizabeth est anglaise. Laquelle ?
ELIZABETH CAROL
ELIZABETH NOBLE
ELIZABETH OF ENGLAND
ELIZABETH POLDARK
ELIZABETH STUART
RÉCRÉATION ( réponses)

Joë Ghio a effectivement signé quatre des « double » en présence, le cinquième est une obtention Hedgecock, il s’agit de :
DOUBLE TROUBLE (Hedgecock 96)

11.2.06

QUESTIONNAIRE SFIB : UNE RÉPONSE

Par un courriel envoyé récemment, Madame Chesnais, Présidente de la SFIB, m’annonce que les réponses aux questions que je lui ai posées en septembre dernier seront publiées dans le prochain numéro de le Revue IRIS ET BULBEUSES.

Dès lors qu’il s’agit de problèmes qui agitent le petit monde des iris – section française - il est vraisemblable que ces réponses susciteront un nouveau débat et que ce blog s’en fera l’écho.

BLUE SAPPHIRE
Une exceptionnelle longévité

Quand elle l’a mis à son catalogue, en 1953, la famille Schreiner ne misait pas beaucoup sur la réussite de BLUE SAPPHIRE. Elle l’avait renvoyé à la dernière page et fixé son prix nettement plus bas que celui de LAVANESQUE (Schreiner 53), la vedette de l’année. Les amateurs allaient faire le choix contraire. LAVANESQUE n’a jamais dépassé le niveau II de la compétition pour les Honneurs, avec un AM en 59, alors que BLUE SAPPHIRE avait déjà obtenu la DM en 58 ! Cette ascension foudroyante n’avait pourtant commencé qu’en 1954, alors qu’à l’époque on pouvait décrocher la HM dès son année d’introduction. Mais par la suite ce fut un triomphe : L’AM a été accordé en 56 et la DM, dans la foulée, en 58. Et, comme le raconte Joë Ghio dans l’article qu’il a consacré à cette variété dans le numéro d’avril 95 du Bulletin de l’AIS, ce fut à chaque fois avec une avance considérable sur ses concurrents : 215 voix pour l’AM, devant un autre bleu, REHOBETH (DeForest 53 – FO 57), qui n’en avait obtenu que 161 ! Pour la DM, l’avance fut du même ordre : 136 voix, contre 39 à JUNE MEREDITH (Muhlestein 53), et 36 à PALOMINO (Hall 51). Comme on dirait aujourd’hui, il n’y a pas photo !

Mais BLUE SAPPHIRE allait se distinguer encore d’une autre façon. Il a fait son apparition dès 1955 dans le Symposium (le classement des variétés les plus populaires) et s’est hissé à la première place de ce classement dès 1958. Il allait conserver cette première place jusqu’en 1962. C’est WHOLE CLOTH (Cook 57 – DM 62) qui allait lui succéder en 1963 en haut de la liste, mais il n’allait pas pour autant disparaître de la circulation. En effet il a fallu attendre 1995 pour le voir s’effacer définitivement. Aucun autre iris n’est resté dans ce classement pour une aussi longue durée, et il fut le second vainqueur de la DM à entrer au Symposium, après WABASH (Williamson 36 – DM 40), qui l’avait précédé en 1940.

BLUE SAPPHIRE a encore d’autres titres de gloire, comme celui d’avoir été la première variété Schreiner à recevoir une DM. Qui aurait cru ça, en 53, en consultant le catalogue de la grande maison de Salem ?

Il fait partie de la famille de CHIVALRY (Wills 43 – DM 47) puisqu’il en est le descendant direct, en association avec l’immense SNOW FLURRY (Rees 39) dont il tient de jolies ondulations qui n’existaient pas auparavant chez les bleus. C’est un bleu lavande clair, à barbes jaunes pointées de blanc. Ce sont peut-être ces ondulations, nouvelles, qui ont attiré à ce point l’attention des juges et des amateurs, en tout cas ce ne sont pas ses aptitudes au développement et à la fertilité car, de ces côtés là, il s’est montré bien peu performant. La bête à concours n’a pas été un étalon. Le seul descendant valable que je lui connaisse est REGALAIRE (Schreiner 69), un bel iris indigo.

Combien d’iris ayant remporté la DM sont, comme BLUE SAPPHIRE, devenus les têtes de liste du Symposium ? Ils ne sont pas nombreux ! J’ai feuilleté le classement depuis 1940 et je n’en ai trouvé que onze. Le premier fut WABASH, comme il a été dit ci-dessus. Puis vint OLA KALA (Sass 42 – DM 48) qui tint la tête de 1948 à 1954. En 55 il a été remplacé par TRULY YOURS (Fay 49 – DM 53), qui est resté en place jusqu’en 57. Ensuite vint notre variété du jour, BLUE SAPPHIRE (58/62) ; puis WHOLE CLOTH qui n’est resté leader qu’une année, 1963. Pour faire suite, il y a eu AMETHYST FLAME ( Schreiner 57 – DM 63) qui a régné en 66 seulement, car l’année suivante, 1967, il a été détrôné par RIPPLING WATERS (Fay 61 – DM 66) pour un règne aussi court. Arriva alors le fameux STEPPING OUT (Schreiner 64 – DM 68), le Louis XIV des iris, qui a tenu la tête pendant 14 ans (1968/1981), un record encore inégalé. Pour lui succéder, en 82, il y eut MYSTIQUE ( Ghio 75 – DM 80), mais son règne fut immédiatement interrompu par l’irruption de BEVERLY SILLS (Hager 79 – DM 85), qui garda la tête de 1983 à 1992. La place a été prise alors par DUSKY CHALLENGER (Schreiner 86 – DM 92) pour trois ans (93/94/95), c’est SILVERADO (Schreiner 87 – DM 94) qui lui a succédé en 96, mais ce fut tout pour ce superbe iris, qui, par ailleurs, à bien des points communs avec BLUE SAPPHIRE, car DUSKY CHALLENGER a repris son bien dès 1995 pour ne plus la céder : en 2005 il était encore à son poste !

Cela ne fait que 10 ans que BLUE SAPPHIRE est rentré dans l’anonymat. Cela veut dire que dans bien des jardins, aux Amériques comme ailleurs dans le monde où il s’est répandu, il est encore présent et admiré. De cette admiration qu’on porte aux anciennes vedettes dont on se raconte l’histoire entre passionnés.
RÉCRÉATION

Non, vous ne voyez pas double ! Mais une seule des variétés ci-dessous n’est pas l’œuvre de Joseph Ghio. Laquelle ?
DOUBLE CLICK
DOUBLE DRIBBLE
DOUBLE SCOOP
DOUBLE TROUBLE
DOUBLE VISION
RÉCRÉATION ( réponses)

Le rêve qui n’est pas américain se nomme :
DREAM LORD (Blyth 96)