26.1.07







LA GRANDE VARIÉTÉ DES VARIEGATAS

Curieusement, « The World of Irises », la Bible des iridophiles, ne parle pour ainsi dire pas des iris que nous appelons « variegatas », qui sont, faut-il le préciser, des fleurs aux pétales dans les tons de jaune et aux sépales soit brun-rouge, soit violets, voire bleus.

Pourtant il s’agit d’un modèle qui est maintenant fort répandu et qui attire beaucoup les amateurs. Son origine reste cependant obscure, même si l’on est certains que l’espèce I. variegata est prépondérante. I. variegata est une plante plutôt grande (environ 75 cm) avec des fleurs au contraire plutôt petites, pétales jaunâtres, sépales semblables mais veinés de brun-rouge. Une bonne représentation de cet iris se trouve reproduite dans le cultivar HONORABILE (Lémon 1840), à moins qu’on ne lui préfère le fameux SANS SOUCI (van Houte 1854) qui lui ressemble bigrement, mais dont les veines sont plus violacées. Ces deux iris sont plus proches de ce qu’on appelle aujourd’hui les variegatas-plicatas chers à Jim Gibson et Keith Keppel.

Pour arriver au modèle actuel, avec ses pétales parfaitement jaunes et ses sépales entièrement rouges ou violets, il a fallu travailler dur et ajouter beaucoup d’ingrédients divers à l’espèce de base. Ces travaux se sont orientés dans trois voies. Soit ajouter au modèle initial les gènes d’iris jaunes, brun-rouge ou pourpre foncé. Soit croiser un variegata et un autre bicolore. Soit enfin marier entre eux deux variegatas.

Une toute première approche du modèle se situe chez EXTRAVAGANZA (Douglas 1940), qui a des pétales blanc crémeux et des sépales rouge bourgogne. Croisé avec FRANK ADAMS (Lapham 1937) qui est un brun-rouge apprécié à son époque, il a donné naissance à ce qui reste un des meilleurs variegatas : ACCENT (Buss 52), un iris de haute taille avec des pétales d’un jaune très pur et des sépales d’un brun uniforme ornés de barbes dorées.

Auparavant, une variété comme RAMESES (Sass 1929 – DM 32) présentait cette addition du jaune et du magenta, mais elle n’a pas eu de véritable descendance dans ces coloris. Quinze ans plus tard, ROCKET (Whiting 45) est une autre approche du modèle, mais lui non plus n’a pas été foisonnant en descendant ; on peut cependant parler du Français GAI LURON (Cayeux 58) qui en provient en droite ligne.

C’est à Opal Brown que l’on doit une grande partie du développement des iris variegatas. Elle a en effet sélectionné, au début des années 60, une variété que l’on peut qualifier de variété de base dans ce coloris. Il s’agit de GYPSY LULLABY (O. Brown 60), un iris foncé, caramel / grenat, qui est à l’origine de PIPES OF PAN (O. Brown 63), qui est crème / pourpre, puis de GALA MADRID (Peterson 68), qui est cuivre / pourpre. PIPES OF PAN est lui-même l’un des parents de BARCELONA (O. Brown 67), qui est beige / bordeaux. Ajoutons à ce panel TAMBOURINE (Babson 69), un iris or et grenat, dont on ne sait pas grand chose des origines. Avec les descendants de ces cinq iris-là, on maîtrise une grande partie du pedigree des variegatas modernes.

La plupart des descendants de GALA MADRID sont des variegatas. Pour n’en citer que quelques-uns, connus parce que commercialisés en France, parlons de CAIRO LYRICS (Peterson 73) qui est le portrait craché de son ancêtre GYPSY LULLABY, ORITAM (Hoffmeister 77), CORBIERES (Ségui 82) et GLAD RAGS (Hager 85). BARCELONA a, aussi, une belle progéniture : CAPRICORN DANCER (B. Blyth 78), P.T. BARNUM (J. Meek 79), et surtout GYPSY CARAVAN (Moldovan 78) qui dispose d’une descendance exceptionnelle dans les tons du modèle, avec, entre autres, ALL THAT JAZZ (Denney 81), FIESTA TIME (Schreiner 86), ADOBE ROSE (Ernst 88), INTERNATIONAL INTRIGUE (P. Black 89), VIGILANTE (Schreiner 91) et ANDALOU (R. Cayeux 95). Quant à TAMBOURINE, il est plutôt à l’origine de cette variante du modèle qu’est le rapport jaune/bleu. Il a notamment pour descendants le tendre SWEDISH MODERN (Babson 76), et son cousin MERRY MADRIGAL (Babson 82), ainsi que SHAMAN (DuBose 80). MERRY MADRIGAL est à la base d’une longue lignée de grandes variétés jaune/bleu, et, tout particulièrement, de EDITH WOLFORD (Hager 86 – DM 93).

Cet EDITH WOLFORD a pour « père » FREEDOM ROAD (Plough 77) qui est lui-même un variegata jaune /bleu, et dont le pedigree mérite d’être décrypté car il provient d’une autre approche du modèle. En effet il est le fils de GUITAR COUNTRY (Plough 71), jaune moutarde / prune, et le petit-fils de MILESTONE (Plough 65), jaune beurre / pourpre, qui est l’aboutissement d’un croisement entre un iris jaune, RAINBOW GOLD, et un amoena, WHOLE CLOTH. Mais EDITH WOLFORD est surtout important par la richesse de sa descendance qui comporte à ce jour plus de 80 variétés enregistrées, essentiellement dans le modèle variegata. Dans cette belle famille on trouve des variétés aussi intéressantes que JURASSIC PARK (Lauer 95), DISCO ECLIPSE (Johnson T. 2000), les trois frères NOTHING TO LOSE (Ernst 92), PICTURE THIS (Ernst 93), THRILLSEEKER (Ernst 93) et les Français TUMULTUEUX (Cayeux R. 95) et HAUT LES VOILES (CAYEUX R. 99), ou le superbe LYDIA SAFAN-SWIASTYN (Jameson 99) –voir photo-. A côté, certaines variétés plus anecdotiques méritent d’être citées, comme ANNE MARIE CHESNAIS (François 98), MELEN HA GLAS (Madoré 2001) et les Slovaques SUZUKI CHIC (Muska 96) et GIL Y GIL (Muska 99) –voir photos-.

D’autres variegatas, d’une grande diversité d’aspect, ont eu une importante descendance. Il en est ainsi de BETTY SIMON (Hamblen 76), SHOWBIZ (Gatty 79), SMART ALECK (Gatty 87), SUPREME SULTAN (Schreiner 88), SYNCOPATION (Gatty 84), VILLAIN (Keppel 81), WORLD NEWS (Sexton N. 78) ou SHAMAN dont il a été question plus haut et que la famille Anfosso a utilisé pour sa série de variegatas qui ont pour noms ATYS (88), MARCHE TURQUE (91) et SAMARCANDE (92). On pourrait à l’infini poursuivre cette énumération car les iris variegatas sont très nombreux et très variés. C’est un modèle extrêmement courant, qui a encore de beaux jours devant lui et de grands progrès à accomplir. Voyez, par exemple, l’évolution qui donne naissance à des variegatas inversés, comme CREE LADY (Hedgecock 2003), WIDDERSHINS (Roberts M. 99) ou, encore plus évident, WONDERFUL TO SEE (Kerr 2000).
ECHOS DU MONDE DES IRIS

Adieu Irisland ?

Le blog IRISLAND semble n’avoir vécu que le temps de sa création. Je suis allé plusieurs fois vérifier s’il y avait du nouveau chez ce confrère. Rien. Aujourd’hui, j’y retourne, mais la page n’a pas évolué, désespérément arrêtée au 12/11/2006… Adieu Irisland ?

Eleanor for ever.

Après bien des tergiversations, le nom d’ELEANOR OF AQUITAINE ne sera pas attribué. Le responsable des enregistrements s’est rendu aux arguments de ceux qui considéraient ce nom comme faisant double emploi avec ALIENOR D’AQUITAINE. Ce n’est pas parce que cette dame extraordinaire a été tour à tour reine de France puis d’Angleterre pour l’honorer deux fois, une en français et une en anglais !

Comment transcrire ?

Une vive discussion remue actuellement le Landerneau des iris. Il s’agit de savoir comment transcrire les noms d’iris lorsqu’ils sont exprimés dans une langue utilisant un autre alphabet que l’alphabet latin. La question fait suite à une autre qui concerne la compréhension, par l’enregistreur, de ce que signifient les noms proposés à l’enregistrement quand il ne comprend pas la langue utilisée par l’obtenteur. En effet les règles régissant l’attribution des noms prévoient, entre autres, que les noms avec des qualificatifs exagérés, ou risquant de devenir inappropriés, ne doivent pas être acceptés. Pour appliquer cette règle, il faut comprendre le sens du nom proposé. Pour qu’il comprenne, il faut que l’enregistreur, a priori Américain, dispose d’une traduction en anglais. J’ai fait cette proposition de bon sens, qui a rencontré une large approbation, y compris venant d’un ancien président de l’AIS. Elle devrait être discutée lors d’une prochaine réunion du bureau des Directeurs de l’AIS. La mondialisation a des exigences dont il faut tenir compte.
RÉCRÉATION (réponses)

Devinettes

Combien de Médailles de Dykes Françaises ont été attribuées ?
Réponse : 11

Combien de Médailles de Dykes la British Iris Society offre-t-elle chaque année actuellement ?
Réponse : 4

Combien de variétés ont obtenu à la fois la Médaille de Dykes et le Fiorino d’Oro ?
Réponse : 6

Un obtenteur asiatique a vu une de ses variétés recevoir le Fiorino d’Oro, de qui s’agit-il ?
Réponse : Adlof Volfovitch-Moler
RÉCRÉATION

Pedigree

Laquelle de ces variétés de Jean Cayeux a le pedigree (Falbala X semis de Triton) ?
· ‘Alizés’
· ‘Condottiere’
· ‘Premier Bal’

19.1.07


ECHOS DU MONDE DES IRIS

Aliénor ou Eleanor ?

Une controverse agite actuellement le petit monde des iris d’habitude plutôt consensuel.

Voilà l’affaire :
A côté d’ALIENOR D’AQUITAINE (Ransom 92), le « registrar » de l’AIS vient d’enregistrer un ELEANOR OF AQUITAINE (Baumunk 2006) –voir photo. Plusieurs amateurs, Français comme Américains, ont trouvé qu’il y avait là une certaine homonymie, contraire aux règles d’enregistrement des variétés. Amené à s’expliquer, le « registrar » a présenté des arguments purement formels, mais n’a fait aucune allusion au sens des mots et à la signification du nom donné. Pour lui, il n’y a aucune confusion possible entre ALIENOR D’AQUITAINE et ELEANOR OF AQUITAINE : c’est comme si il ne s’agissait pas d’un seul et même personnage.

La traduction des noms propres était une pratique normale il y a quelques siècles, quand les nations n’échangeaient guère entre elles. C’est ainsi que l’on parle à la fois de Londres et de London, de Munich et de München ou Monaco di Bavaria, d’Athènes et d’Atinaï. C’est ainsi que les Anglais évoquent William the Conqueror quand les Français ne connaissent que Guillaume le Conquérant. Aujourd’hui la pratique des traductions de noms est tout à fait obsolète, et le plus souvent inopportune.

Si elle était confirmée, la décision du « registrar » risquerait d’amener une certaine pagaille dans les noms d’iris , si un jour, par exemple, on constate l’existence parallèle d’un WILLIAM OF ORANGE (Dodsworth 99) qui existe déjà, et d’un GUILLAUME D’ORANGE.

Il est regrettable que les instructions concernant l’attribution des noms ne soient pas plus précises, mais il est aussi décevant que ceux qui régissent cette attribution ne soient pas attentifs au sens des noms qu’ils enregistrent.

ON A TOUS QUELQUE CHOSE DE SNOW FLURRY

« On a tous quelque chose de SNOW FLURRY » pourraient chanter la plupart des grands iris actuels. Pour les lecteurs qui ne le sauraient pas encore, SNOW FLURRY (Rees 39) est le premier iris moderne, tétraploïde, blanc et ondulé. Il a été utilisé en abondance par les hybrideurs des années 40 et 50 pour tirer profit de ces intéressantes aptitudes. Mais parmi ses très nombreux descendants directs quelques-uns uns ont eu eux-même un grand nombre de rejetons, et au travers de ceux-ci on atteint presque toutes les variétés contemporaines.

Ces descendants de SNOW FLURRY qui foisonnent en enfants se nomment essentiellement :
· NEW SNOW (Fay 46) – blanc, barbes jaunes,
· VIOLET HARMONY (Lowry 48) - violet améthyste,
· ZARA (Hinckle 51) – indigo uni,
· BLUE SAPPHIRE (Schreiner 53 – DM 58) – bleu, barbes or
· REHOBETH (DeForest 53) – bleu très pâle, barbes blanches,
· CELESTIAL SNOW (Reckamp 57) – blanc pur,
· MEMPHIS LASS (Schortman 57) – plicata amarante /blanc.

A partir de cet échantillon, on peut découvrir un lien de parenté entre les variétés les plus représentatives de ces dernières années comme, par exemple, les vainqueurs des six dernières Médailles de Dykes.

Une variété qui répond entièrement à ce qui vient d’être écrit, c’est YAQUINA BLUE (Schreiner 92 – DM 2001), pour qui on doit trouver au moins trois itinéraires pour remonter à SNOW FLURRY. Un premier s’établit par SAPPHIRE HILLS, PARISIAN BLUE, MELISSA et ZARA. Mais on aurait pu choisir de passer par PLEDGE ALLEGIANCE OU HONKY TONK BLUES, NEPTUNE’S POOL, STERLING SILVER et CELESTIAL SNOW.

MESMERIZER (Byers 91 – DM 2002) aussi descend de SNOW FLURRY par plusieurs chemins. Un premier remonte par CONDOTTIERE, FALBALA, PARISIAN BLUE, MELISSA et ZARA, comme le précédent. Un autre va par SKY HOOKS, WEDDING VOW, NINA’S DELIGHT et VIOLET HARMONY.

CELEBRATION SONG (Schreiner 93) a obtenu la DM en 2003. Je lui ai trouvé au moins un parcours pour rejoindre son illustre ancêtre : LULLABY OF SPRING, SWEET MUSETTE, CHRISTMAS TIME, ARCTIC FLAME, LIPSTICK et NEW SNOW.

L’amoena inversé CROWNED HEADS (Keppel 97) a vite accompli son cursus et a été couronné dès 2004. A partir de lui on chemine vers SNOW FLURRY via IN REVERSE, SWIRLING SEAS, FULL TIDE à partir de qui on rejoint LIPSTICK et le chemin précédent.

En 2005 c’est SPLASHACATA (Tasco 97) qui a eu la médaille. La voies vers son ascendant fameux ne s’attarde pas en cours de route : JESSE’S SONG, DECOLLETAGE, MEMPHIS LASS et l’affaire est faite !

Enfin pour ce qui est de SEA POWER (Keppel 99 – DM 2006), il n’y a qu’un pas de plus à faire depuis YAQUINA BLUE puisqu’il s’agit de son parent direct.

Multiplier les exemples comme ceux-ci ne présente pas de difficulté. Une bonne base de donnée et quelques minutes pour chaque variété et le tour est joué. Mais ce jeu de piste est plutôt amusant : les convergences, tout comme les différences, sont variées et instructives pour qui s’intéresse à la généalogie des iris, et notamment pour tous ceux qui veulent faire de l’hybridation un peu autrement qu’au gré de leur fantaisie.
RÉCRÉATION (réponses)

ÇA SWINGUE (II)

Le nom qui n’est pas attribué est :
SWING WITH ME
RÉCRÉATION

Devinettes

Combien de Médailles de Dykes Françaises ont été attribuées ?
Combien de Médailles de Dykes la British Iris Society offre-t-elle chaque année actuellement ?
Combien de variétés ont obtenu à la fois la Médaille de Dykes et le Fiorino d’Oro ?
Un obtenteur asiatique a vu une de ses variétés recevoir le Fiorino d’Oro, de qui s’agit-il ?

13.1.07




ECHOS DU MONDE DES IRIS

D’autres récompenses (Contemporary Views)

L’hybrideur américain Perry Dyer distribue chaque année ses propres récompenses aux iris qu’il a vus et appréciés. Ses choix sont toujours judicieux et portent la marque d’un fin connaisseur. Voici les principales distinctions qu’il a accordées cette année :

CONTEMPORARY AWARD – pour la meilleure nouveauté (variété introduite dans les trois dernières années) : ALL NIGHT LONG (Duncan 2005).
L’ELEGANTE AWARD – pour le nouvel iris portant les plus jolies fleurs : HYPNOTIC MELODY (Innerst 2003).
9-1-1 AWARD – pour le nouvel iris qui constitue la principale avancée en matière d’hybridation ou d’originalité dans le domaine de la couleur : BLUEBEARD’S GHOST (P. Black 2006).
SUN BELT AWARD – pour la nouvelle variété aux qualités confirmées après au moins quatre années de culture : HEARTSTRING STRUMMER (Ben Johnson 2001).
DARK HORSE AWARD – pour la variété introduite dans les dix dernières années, mais injustement délaissée par les juges de l’AIS : PURE AS GOLD (Maryott 1993).
PICK OF THE LITTER AWARD – pour le nouvel iris le plus prometteur de l’année : KING OF LIGHT (Baumunk 2007).

Perry Dyer attire aussi l’attention sur un hybrideur qui lui paraît particulièrement doué. Cette année il couronne Anton Mego, l’obtenteur slovaque que les lecteurs de ce blogue connaissent bien. Il signale en particulier les semis suivants :
AM 96/0121-13
AM 99/0387-1 –voir photo -
AM 99/0393-2

Ses autres choix font une belle place aux obtentions récentes de Richard Cayeux :
PRINCESSE CAROLINE DE MONACO (Cayeux 1998)
ELEGANT (Cayeux 2005)
FABULEUX (Cayeux 2003)
POESIE (Cayeux 2003)
TOILE DE JOUY (Cayeux 2005)

Enfin, dans la catégorie des iris de bordure (BB), il signale la réussite de MORNING TWILIGHT (Keppel 2005), dont je joins une photo pour que mes lecteurs apprécient.

FEMME-ÉTOILE

Un iris intermédiaire réussira-t-il à remporter la Médaille de Dykes ? S’il en est un qui est bien placé pour accomplir cette performance, c’est bien STARWOMAN (Marky Smith 97) – voir photo - .

Certains diront : « Mais qu’a-t-il de particulier ? C’est un plicata archi-classique ! » Sans doute, mais ce coloris, vif et assez chargé, n’est pas si courant chez les iris intermédiaires. En plus il est fortement ondulé, voire bouillonné pour ce qui est des pétales, un peu comme le sont certains grands iris actuels, et cela aussi c’est rare dans la catégorie IB. Enfin STARWOMAN sent bon, est considéré comme robuste et poussant bien, et si on ajoute qu’il s’agit d’une variété fertile, on a fait le tour des qualités peu ordinaires de cette variété.

STARWOMAN est issu d’un iris nain standard, CHUBBY CHEEKS (P. Black 84) et d’un grand iris, en l’occurrence un semis non dénommé réunissant SNOWBROOK (Keppel 86) et un de ses frères de semis. On ne sait pas exactement quel est le coloris de ce semis. S’agit-il d’un plicata type « Emma Cook » comme SNOWBROOK ? Ou d’un plicata ordinaire ? En tout cas il ne peut s’agir que d’un plicata, et vraisemblablement dans les teintes de bleu ou de violet puisqu’on ne trouve presque que ce coloris chez les ancêtres. La vive coloration de STARWOMAN est à coup sûr un acquis paternel.

C’est plutôt du côté maternel que STARWOMAN retient l’attention des hybrideurs. Son parent femelle, CHUBBY CHEEKS (voir photo), est une sorte de plicata, dans les tons de bleu grisé, nuancé de chartreuse aux épaules. Esthétiquement, ce n’est pas un chef d’œuvre, mais c’est une variété au fort potentiel génétique, et qui a été abondamment utilisée par les obtenteurs de SDB et d’IB. L’une de ses aptitudes est d’engendrer des iris intermédiaires fertiles. Or chacun sait que les Intermédiaires, du fait de leur nombre impair de chromosomes, sont en principe stériles. Pour démontrer qu'ils n'étaient pas tous aussi stériles qu'on voulait bien le dire, l’obtentrice américaine Marky Smith a effectué de nombreux croisements entre des intermédiaires utilisés comme parent femelle et, soit des nains standards, soit des grands iris. Au début de 98 elle a choisi trente-trois IB qu'elle a d'abord fécondé avec du pollen prélevé sur des SDB, alors en fin de floraison, puis, un peu plus tard, avec du pollen de TB. Parmi les variétés choisies pour l’expérience figurait ce STARWOMAN, ainsi que quelques autres descendants de CHUBBY CHEEKS. Et il s’est avéré que STARWOMAN et ses cousins étaient fertiles, cependant ils n'ont bien réussi qu'avec les TB. L'intérêt de cette expérience se situe notamment dans la perspective d'obtenir, par cette voie, des iris de bordure (BB) qui soient plus élégants et mieux proportionnés que ceux enregistrés jusqu'ici, lesquels ne sont que des grands iris déclassés pour cause de tiges trop courtes, et, de ce fait, généralement dotés de fleurs trop grosses pour la taille des plantes. Le mélange IB/TB aboutit á des iris moyens en taille, mais avec des fleurs petites et fines. Un autre intérêt est qu'on peut envisager que des traits caractéristiques des iris nains (SDB) comme la macule brune héritée des I. pumila apparaissent sur des grands iris (TB) ou tout au moins sur les BB de nouvelle génération.

Voilà donc une variété plus originale qu’elle n’en a l’air, qui peut apporter un développement nouveau dans le domaine de l’hybridation. Rien qu’à ce titre elle mériterait bien d’être distinguée lors de l’attribution de la récompense suprême de 2007. Elle est en tout cas remarquablement placée dans la course. Mais ce ne serait pas la première fois qu’un iris exceptionnel passerait à côté de la consécration. Souvenons-nous de ce qui est arrivé à SNOW FLURRY, au début des années 40. Souhaitons néanmoins à STARWOMAN de devenir une vraie star !
RÉCRÉATION (réponses)

ÇA SWINGUE

Le nom qui n’est pas attribué est :
CHICAGO JAZZ
RÉCRÉATION

ÇA SWINGUE (II)

Les six noms qui suivent comportent une anomalie : l’un d’entre eux n’a pas (encore) été attribué à une variété d’iris. Lequel ?

MOOD SWING
SWING AND SWAY
SWING DANCING
SWINGING SINGER
SWINGTOWN
SWING WITH ME

5.1.07




CLARA B. REES
OU LA CÉLÉBRITÉ AVEC UNE SEULE FLEUR


Sans doute dans d’autres domaines trouve-t-on le même genre de phénomène, la vie et la célébrité de Clara B. Rees ne constituent sûrement pas une exception, mais elles méritent d’être comptées à tous ceux qui ont une intimité avec le monde des iris.

Clara B. Rees et sa sœur Ruth étaient originaires de l’Ohio. Comme beaucoup d’Américains, elles ont été attirées par la douceur de la vie en Californie et sont venues, au début des années 30, s’installer dans la vallée de Santa Clara, à San José, tout à fait au fond de la baie de San Francisco. Elles avaient l’intention de cultiver et de vendre des tulipes. Mais le climat californien n’est pas celui de la Hollande, et les tulipes, qui n’avaient pas assez de froid, l’hiver, pour entreprendre leur floraison, poussèrent mal. Cet échec conduisit les deux sœurs à s’intéresser à d’autres plantes. Pourquoi pas les iris ? Elles firent l’achat de quelques variétés et se lancèrent dans l’aventure. Leurs premières acquisitions concernèrent des variétés fameuses de l’époque, comme le Français THAÏS (Cayeux 26) et le blanc PURISSIMA (Mohr-Mitchell 27) –voir photos-.

En déposant le pollen de THAÏS dans la fleur de PURISSIMA, Clara Rees prenait de gros risques. THAÏS est in iris diploïde et PURISSIMA une variété tétraploïde. Le produit, s’il y en avait un, avait de grandes chances d’être triploïde, donc stérile et de peu d’intérêt. Première chance, le croisement réussit. Oh, petitement, seulement deux graines ! Dont une visiblement ratée… Clara hésita un moment, puis prit la décision de planter cette unique graine. Deuxième chance, elle germa ! Troisième chance, la nouvelle plante prospéra, et si bien que dès la première année, elle put être divisée. La deuxième année la nouvelle plante se mit à fleurir, et dès qu’elles virent les nouvelles fleurs, les sœurs Rees comprirent que quelque chose d’important venait de survenir. Ruth, la cadette, cueillit délicatement deux fleurs et partit, en traversant la baie, les porter à Carl Salbach, en sa pépinière des collines de Berkeley. « Où avez-vous trouvé ça ? » demanda Carl Salbach, et Ruth répondit « dans mon jardin ! ». Dès le lendemain Carl Salbach fit le voyage de San José. Quand il vit les iris en question, il acheta immédiatement tout le stock sauf un rhizome ! Clara n’avait plus rien ou presque, et il lui fallut trois ans pour reconstituer la touffe de ce qui allait s’appeler SNOW FLURRY (39), et devenir la variété d’iris la plus importante du XXeme siècle. Voilà une bourrasque de neige qui allait secouer le petit monde des iris et se trouver à l’origine de presque toutes les variétés que nous connaissons aujourd’hui.

Dès le début, SNOW FLURRY rencontra un succès phénoménal. Tous les hybrideurs voulurent l’utiliser pour leurs croisements. Mais SNOW FLURRY n’a presque jamais de pollen. Heureusement il se comporte comme une généreuse génitrice et ses gousses sont toujours abondamment pourvues.

Ceux qui ont connu Clara Rees, dans les années 60, l’ont décrite comme une charmante vieille dame mince et élégante, passant ses journées à lire la Bible ou à rassembler des articles de presse et toutes sortes de documents concernant ses affaires ou sa famille, qu’elle réunissait dans des albums. Elle était toujours active et, à l’occasion, fabriquait des vêtements au crochet, ou refaisait le cannage des chaises et des rocking chairs chers aux Américains ! Le jardin des sœurs Rees était plein de tulipes (il en restait), de narcisses et d’amaryllis qu’elles hybridaient aussi bien que les iris. Au printemps, sous les pêchers, s’étalaient les touffes de muguet…

Clara Rees a continué d’hybrider, sans excès, avec la modestie tranquille qui la caractérisait. Elle n’a, de toute sa vie enregistré que 27 variétés, dont aucune n’a atteint la célébrité de SNOW FLURRY. Sa meilleure réalisation fut YELLOW ORGANDY (52), descendant jaune de SNOW FLURRY, qu’elle déclina par la suite, avec de jolis iris jaunes comme ASTRONAUT (59), TOUCH OF ELEGANCE (61) ou LIGHT AND LOVELY (65).

L’histoire retiendra que Clara Rees atteignit la célébrité sans que son iris fétiche ne décroche jamais la récompense suprême. L’American Iris Society a tenté de réparer cette injustice en attribuant à Clara en 1967 la Hybridizers' Medal. Cette reconnaissance de ses pairs est cependant arrivée bien tard : Clara B. Rees s’est éteinte en 1970.
ECHOS DU MONDE DES IRIS

Vous aimez les photos d’iris ? Voici quatre sites où vous en trouverez tou plein, dont certaines très belles :

DAVE’S GARDEN = http://davesgarden.com/ (choisir ensuite „plant file“ puis „iris“)
BRIGHTON PARK = www.brightonparkiris.com
Laetitia MUNROE = http://www.garden-of-mu.com/
Laurie FRAZER = http://lfrazer.com/iris

DYKES MEDAL

Cela peut intéresser certains de trouver la liste des variétés ayant obtenu la Dykes Medal, depuis la création de cette distinction. Les TB (Grands Barbus) l’ont toujours emporté, à l’exception de deux fois : en 1945, avec l’AB (Arilbred) ELMOHR, et en 1981, où c’est le BB (Iris de Bordure) BROWN LASSO qui a triomphé.

Depuis 1990 la Médaille est attribuée chaque année, car le règlement a été modifié. Auparavant, il y a des « manques », qui correspondent aux années où aucune variété n’a pris le meilleur.

Voici la dernière série.

D : depuis 1990

1990 JESSE’S SONG (B. Williamson 83) plicata indigo
1991 EVERYTHING PLUS (Niswonger 84) am/plic indigo vif
1992 DUSKY CHALLENGER (Schreiner 86) unicolor outremer
1993 EDITH WOLFORD (Hager 86) variegata jaune pâle / bleu
1994 SILVERADO (Schreiner 87) unicolor blanc argenté
1995 HONKY TONK BLUES (Schreiner 88) bleu marbré blanc
1996 BEFORE THE STORM (Innerst 89) unicolor “noir”
1997 THORNBIRD (Byers 89) paille, veines et éperons violacés
1998 CONJURATION (Byers 89) am/plic indigo clair, épr. blancs
1999 HELLO DARKNESS (Schreiner 92) unicolor ‘’noir“
2000 STAIRWAY TO HEAVEN(Lauer 93) neglecta bleu
2001 YAQUINA BLUE (Schreiner 92) unicolor bleu
2002 MESMERIZER (Byers 91) blanc, à grands éperons
2003 CELEBRATION SONG (Schreiner 93) bicolor, abricot / lavande
2004 CROWNED HEADS (Keppel 97) amoena inversé, bleu lavande
2005 SPLASHACATA (Tasco 97) plicata indigo
2006 SEA POWER (Keppel 99) unicolor bleu très ondulé
RÉCRÉATION (réponses)

ENTRE CHIEN ET LOUP

Le nom qui n’est pas attribué est :
RAIN AT TWILIGHT
RÉCRÉATION

ÇA SWINGUE


Les six noms qui suivent comportent une anomalie : l’un d’entre eux n’a pas (encore) été attribué à une variété d’iris. Lequel ?

ALL THAT JAZZ
CAPITAL CITY JAZZ
CHICAGO JAZZ
JAZZ SWINGER
JAZZED UP
STRICKTLY JAZZ

29.12.06




LES MÉSAVENTURES DE ‘PLUIE D’OR’

Le rapport de la Commission des Iris de la SNHF de 1926 décrit en détail le problème qui s’est posé lors de l’attribution de la Médaille de Dykes française, cette année-là. Voici le texte de ce rapport :

« La Commission qui s'était réunie pour distribuer cette haute récompense, avait d'abord décidé de l'attribuer â la variété DON JUAN, quoique la variété DEJANIRE, nommée ensuite PLUIE D’OR, par son obtenteur, M. Cayeux, ait été proposée par plusieurs membres du jury. Un scrupule de M. Cayeux avait fait écarter cette variété comme pouvant faire double emploi avec la variété anglaise W. R. DYKES qui avait la réputation d’être le plus grand Iris jaune pur connu à ce jour. Mais, à la suite d'une visite de la Commission des Iris dans les cultures de MM. Cayeux et Le Clerc á Vitry, la variété PLUIE D’OR fut examinée dans toute sa beauté et la Commission revenant sur sa précédente décision accorda la Médaille de Dykes â l'Iris PLUIE D’OR –voir photo -; d'autant plus que, d'après certaines constatations faites en Angleterre et relatées par la presse horticole, la variété anglaise aurait présenté cette année quelques stries sur les onglets, et, d'autre part, ne serait pas très vigoureuse.
La variété PLUIE D’OR est le premier Iris á grande fleur jaune pur d'une réelle valeur que nous connaissions. Jusqu'ici, on avait vainement cherché, sans arriver á un résultat satisfaisant, á obtenir, un Iris vigoureux de bonne taille, de coloris jaune franc et pur. La variété PLUIE D’OR remplit ces conditions.
Dans cette variété les hampes sont solides, fermes et très ramifiées, elles atteignent 1m de hauteur, et portent un grand nombre de fleurs d’un beau jaune franc. C’est un gain remarquable qui n’a pas été égalé. »

Les termes de ce rapport sont tout à fait exacts : W.R.DYKES –voir photo - n’est pas un iris franchement jaune, mais seulement une étape sur le chemin menant au jaune pur ; aujourd’hui on le qualifierait de « broken color ».



TRICOLORES À L’AMÉRICAINE

Il faut bien reconnaître que les iris tricolores (bleu, blanc, rouge) sont d’abord apparus en France. La tribu Anfosso c’est un peu précipitée pour présenter, en 1989, REVOLUTION, qui fut qualifié d’iris bleu, blanc, rouge, alors qu’il ne s’agit que d’un neglecta à barbe minium. Mais Richard Cayeux s’est fait, lui, une spécialité des véritables bleu, blanc, rouge. Il en a même enregistré une telle quantité qu’on s’est un peu demandé s’il ne savait plus faire autre chose !

Les hybrideurs américains ont été piqués au vif par ce succès français. L’émulation est une bonne chose quand elle permet le progrès.

C’est George Shoop qui s’est lancé le premier dans l’aventure. Il avait déjà plusieurs arguments : les barbes rouges, le petit DELPHI (79), à l’origine de la série française de Richard Cayeux. Procédant un peu comme ce dernier, Shoop croisa DELPHI et CONDOTTIERE (Cayeux J. 78) et obtint un iris vaguement tricolore, mais bien terne, qu’il baptisa fort à propos FRENCH CONNECTION (87). Mais chez Cayeux on avait une longueur d’avance et celle-ci s’est concrétisée par l’apparition de BAL MASQUÉ et de VIVE LA FRANCE en 91. Shoop a eu beau poursuivre sur sa lancée, son PARISIAN FLIGHT de 93 n’est pas beaucoup plus contrasté que son prédécesseur FRENCH CONNECTION.

Pendant que les Américains faisaient tous leurs efforts, le petit Français accumulait les réussites : MARBRE BLEU (93), PARISIEN (94), RUBAN BLEU (97). Ce n’est qu’en 1998 que Dona Fort, à l’extrême nord-ouest des Etats-Unis, obtenait PATRIOTIC BANNER, un iris vraiment tricolore, comme le drapeau national auquel son nom fait allusion.

Il faut cependant attendre 2005 pour découvrir un succès complet dans la recherche du bleu, blanc, rouge. Et qui est l’heureux gagnant ? Keith Keppel, naturellement, lui qui fait ce qu’il veut en matière d’hybridation. Son GYPSY LORD (voir photo) est magnifique. Il provient de PARISIAN FLIGHT, via LAST LAUGH (Shoop 2000) et la bonne sauce keppel qui y a mis son piment (Bragadoccio X Romantic Evening). En 2006, c’est la grande maison Schreiner qui ne veut pas être en reste et qui propose quelque chose d’apparemment excitant et qui se nomme MAJOR LEAGUE (voir photo). Des pétales absolument blancs, des sépales en dégradé de bleu, profond au bord, drainé de blanc sous les barbes, lesquelles sont volumineuses et d’un beau rouge vermillon. Chez Cayeux, en 2005, l’apparition de CERCLE BLEU semble signer la fin d’une impressionnante série car REUSSITE est, dans le genre, à mon avis, moins intéressant.

Que peut-on attendre maintenant de la série des tricolores ? Sans doute plus grand chose. Mais c’est l’avenir qui nous le dira !
RÉCRÉATION (réponses)

A LONDRES

Le nom qui n’est pas attribué est :
MARBLE ARCH
RÉCRÉATION

ENTRE CHIEN ET LOUP

Les six noms crépusculaires qui suivent comportent une anomalie : l’un d’entre eux n’a pas (encore) été attribué à une variété d’iris. Lequel ?

ALPINE TWILIGHT
MISTY TWILIGHT
RAIN AT TWILIGHT
TWILIGHT BLAZE
TWILIGHT SONATA
YUKON TWILIGHT

22.12.06

ECHOS DU MONDE DES IRIS

Un nouveau blog pour les amateurs d’iris

Depuis quelques semaines il existe un nouveau blog (ou blogue) à l’intention des amateurs d’iris. Il s’appelle IRISLAND et pour y aller il faut faire http://irisland.over-blog.com . C’est tout simple. Mais pour l’instant ce blog n’a pas l’air bien vivant. Les trois articles publiés sont des classiques du genre, et il n’y a pas eu de nouvel apport depuis que je lis ce blog. Alors ? Vrai blog ou essai avorté ?

PASSION ROSE

Le rose est l’une des couleurs favorites des amateurs d’iris. Les variétés roses ont peut-être, même, plus de succès populaire que les bleues. Chez les obtenteurs, les choses se présentent différemment. Si la plupart d’entre eux ont enregistré des iris roses, tous n’ont pas travaillé cette couleur avec autant de conviction. Certains en ont fait leur domaine de prédilection, c’est à certains, américains, de ceux-ci que cette chronique sera consacrée.

Au cours des années 30 de nombreux roses apparurent un peu partout, mais c’est surtout à partir des années 40 qu’ils atteignirent le plein succès. Paradoxalement MELITZA (Nesmith E. 40), considéré comme rose, est en fait plus ivoire que rose, mais il eut un rôle important en hybridation, tant chez les véritables roses que chez les iris beiges ou chartreuse. A la même époque, ce sont les frères Sass qui ont présenté le rose le plus vif, baptisé FLORA ZENOR (42), battu sur ce plan par PINK CAMEO (Fay 44) encore plus rose, et de forme impeccable. L’un et l’autre font partie de la base des iris roses d’aujourd’hui.

Le célèbre hybrideur David Hall fut l’un des premiers à obtenir une nette amélioration du coloris rose. Peu à peu la pureté du coloris s’est affinée. Comme on vient de le voir, les premiers iris considérés comme roses contenaient une bonne dose de couleur jaune, donnant naissance à des roses un peu beiges ou pèche, le défi relevé par les hybrideurs a consisté à éliminer le jaune et concentrer le rose. David Hall, en unissant le variegata RAMESES (Sass 29 – DM 32) et le bitone grenat DAUNTLESS (Connell 29 – DM 29) aux descendants de SEASHELL (Loomis 40), le premier iris dit « rose », obtint ses fameux roses flamant. Pour se donner une idée des améliorations successives apportées au coloris, il est intéressant de suivre en photo le chemin qui sépare OVERTURE (Hall 42) de FASHION FLING (Hall 65), en passant par CHERIE (48 – DM 51), HAPPY BIRTHDAY (52) et JUDY MARSONNETTE (62).

Celui qui, dans la quête des roses, a succédé à David Hall s’appelle Nathan Rudolph. Son règne en ce domaine a duré tout le long des années 70. Il a commencé ce règne par un coup de maître, PINK TAFFETA (68 – DM 75), et l’a poursuivi par des variétés largement appréciées et répandues comme PINK SLEIGH (70), CARVED CAMEO (72), PINK ANGEL (73), CARVED PINK (75) et BLUSHING PINK (77). Tous vont du rose dragée au rose orchidée et ont constitué une étape décisive du progrès des roses.

Presque en même temps, Melba Hamblen, au fin fond de l’Utah, s’est aussi attelée à la tâche d’améliorer les iris roses. Et elle a obtenu de brillants résultats. L’un des premiers a été FLAMINGO FLING (72), puis les très roses LOVE SONNET (77) et SUNDAY CHIMES (78). Le plus réussi est sans doute LOVELY KAY (80) – voir photo - , mais CORAL SATIN (81) n’est pas mal non plus, et WHISPERING (90), l’un de ses derniers, allie à un joli rose doux les barbes sombres dont Melba Hamblen s’était fait une spécialité.

Pendant environ trente ans, de 66 à 96, Glen Corlew a poursuivi une carrière d’hybrideur sage et discrète. Il avait une prédilection pour les iris roses et en a obtenu une vingtaine, tous délicats et gracieux. Retenons de cette production quasi exclusive des noms comme CHERUB CHOIR (68), DATEBOOK (72), CHERISHED (73), BIRTHDAY SONG (77), STORYBOOK (80), AMOUR (85) ou DESCANSO (95) – voir photo - .

Les roses de Gatty ont marqué leur époque et fourni des munitions de choix à tous ceux qui avaient l’intention de rendre le rose encore plus rose et les fleurs encore plus élégantes. On ne peut pas tous les citer, mais voici une liste de huit iris qui valent le voyage (comme on dit dans les guides touristiques) : BONBON (77), de forme impeccable, PLAYGIRL (77), universellement connu, SATIN GOWN (78), finement dentelé, PARADISE (80) et CHANTEUSE (80), parmi les meilleurs, SATIN SIREN (87), l’un des plus foncés, FEMME FATALE (88), un peu plus teinté de pêche mais superbement formé, SOFT CARESS (91), l’un des plus clairs, et pour finir en apothéose, COMING UP ROSES (92), le plus proche de la perfection.

Tous les grands hybrideurs ont été tentés d’enregistrer des variétés roses. Que ce soit Schreiner – PINK HORIZON (68), GOODNIGHT KISS (2003), Ghio – ENTOURAGE (77), BUBBLE UP (88) - , Keppel – SOCIAL EVENT (91), HAPPENSTANCE (2000) ou Hager. Ce dernier d’ailleurs a eu l’incroyable chance de voir deux de ses variétés roses obtenir la Médaille de Dykes : VANITY (75) en 82 et BEVERLY SILLS (79) en 85. Mais parmi ces généralistes, Richard Ernst a une place à part car ce n’est que depuis les années 90 qu’il s’est pris d’intérêt pour les roses. Depuis il ne propose un ou deux chaque année, comme : FEMININE FIRE (91), particulièrement bien coiffé, TOO SWEET (95), rose saumoné, JUST FOR SOPHIE (98), plus sombre au cœur, LACY DAY (2000) – voir photo - , rose tendre, très frisé, SHE’S ALL THAT (2001), qui a une éclatante barbe rouge, PASSION FOR PINK (2002), le bien nommé, rose classique jusque dans ses ondulations, LADIES ONLY (2003), classique également, mais dans un ton foncé, et PLUSH AND PINK (2004), rose clair, bien agréable.

On ne peut pas terminer ce tour d’horizon sans parler de Vernon Wood. A l’instar de Glen Corlew ou de Joseph Gatty, c’est essentiellement un homme de roses. Il s’est spécialisé dans cette couleur et a produit des iris roses charmants, qui mériteraient une plus large diffusion et, partant, une notoriété qui pourrait lui donner accès aux médailles prestigieuses. Si vous en avez la possibilité, allez admirer ces petits chef-d’œuvre que sont : EASTER SONG (84), rose clair à barbes rouges, PINK BELLE (84) adorablement frisé, VISION IN PINK (87), rose pur à barbes rouges, APRIL IN PARIS (92), parfait, avec une barbe vermillon qui lui donne tant de piquant, PINK STARLET (93), rose foncé, épaules marquées de brun, barbes cerise, PINK QUARTZ (96), rose tendre, barbes assorties, forme exquise, LARUE BOSWELL (97), plus traditionnel ou VALENTINE’S DAY (97), clair et doux comme un mot d’amour.

On pourrait parler sans fin des iris roses tant ils sont nombreux et souvent délicieux. D’ailleurs dans cette énumération beaucoup et non des moindres ont été passés sous silence. Mais il faut bien se limiter ! Que ces quelques noms fassent seulement regretter que nos jardins ne soient pas plus vastes pour pouvoir accueillir toutes ces merveilles.
RÉCRÉATION (réponses)

ÇA C’EST PARIS !

Le nom qui n’est pas attribué est :
QUARTIER LATIN
RÉCRÉATION

A LONDRES

Les six noms qui suivent évoquent la ville de Londres. Mais l’un d’entre eux n’a pas (encore) été attribué à une variété d’iris. Lequel ?

ABBEY ROAD
LONDON FOG
LONDON LORD
LONDON TOWN
MARBLE ARCH
REGENT’S ROW

15.12.06


UN MODÈLE ASSEZ RARE

Un modèle assez rare de répartition des couleurs sur une fleur d’iris est celle que j’ai trouvée récemment en recherchant des photos d’iris sur le Net. Je suis tombé sur celle de ALAN M. TURING (Jameson 95) (voir photo) et je me suis dit que j’avais déjà vu ça quelque part. Un moment de réflexion, et je suis allé regarder la photo de MYSTERIOUS (Scheiner 74) : j’avais trouvé !

Il semble d’ailleurs que ce modèle intéresse de nouveau les hybrideurs puisque AFTERNOON IN RIO (Schreiner 2005) est taillé dans le même tissu.

On aurait du mal à expliquer l’origine de ce modèle chez MYSTERIOUS car le pedigree déclaré ne parle que de COMMENTARY (Babson 63) et d’un vague semis non précisé. En revanche Jameson st plus explicite, et le ruban brun qui cerne les sépales de ALAN M. TURING peut provenir à la fois de sa « mère » EMANATIONS (Jameson 95) et de son aïeul paternel GRADUATION (Hamblen 85). L’examen du pedigree, plus compliqué, de AFTERNOON IN RIO n’amène pas à la même constatation puisque aucun de ces antécédents connus ne porte ces cernes ; mais il y a des lacunes dans ce pedigree et on peut conjecturer qu’ils proviennent de ce côté obscur.

Quoi qu’il en soit, le modèle porté par ALAN M. TURING et AFTERNOON IN RIO est original et agréable. Au jardin il apporte sûrement un élément qui accroche l’œil.



INVERSION ?

Regardez bien les deux photos ci-dessus. Ne dirait-on pas que l’une est exactement l’inverse de l’autre ? Pourtant ces deux variétés ne sont pas directement parentes. L’une, BEWITCHMENT (Ghio 2003), est une de ces savantes cuisines dont Joë Ghio se régale, tenez-vous bien : (Heaven x ((Birthday Greetings x Bubbling Along) x (Birthday Greetings x Presence))) X Fogbound. L’autre, GENUFLECT (Ghio 2000), est de Haute Couture X Boudoir. Oui, mais dans BOUDOIR (Ghio 97), que trouve-t-on ? (Birthday Greetings x Presence), et derrière HAUTE COUTURE (Gatty 96) il y a aussi Presence ! Autrement dit, ces deux iris antagonistes sont de proches cousins. Pas étonnant donc qu’on y trouve les mêmes couleurs ! On aurait pu aboutir d’ailleurs à deux fleurs similaires, du genre CELEBRATION SONG (Schreiner 93 – DM 2003), comme il y en a tant maintenant. Mais c’est là qu’intervient l’effet de FOGBOUND (Keppel 98), qui a apporté l’inversion des couleurs, ainsi que sa jolie barbe rose.

Joë Ghio est un artiste qui maîtrise parfaitement la génétique des iris. Il a en toute occasion la solution au plus ardu des problèmes.

Et c’est l’occasion de réaliser, au jardin, un voisinage qui ne manquera pas d’attirer l’attention des visiteurs.
RÉCRÉATION (réponses)

AU PETIT JOUR

Le nom qui n’est pas attribué est :
DAWN IS COMING
RÉCRÉATION

ÇA C’EST PARIS !

Les six noms qui suivent évoquent Paris. Mais l’un d’entre eux n’a pas (encore) été attribué à une variété d’iris. Lequel ?

APRIL IN PARIS
ARC DE TRIOMPHE
LETTER FROM PARIS
PARIS OPERA
PARISIEN
QUARTIER LATIN

8.12.06




MOISSON 2006

Les résultats des différents concours et critériums de 2006 sont maintenant connus. Il est donc possible d’en présenter un tableau.

1) Etats-Unis

DYKES MEDAL US :
· SEA POWER (Keppel 99)
· STARWOMAN (M. Smith 97) - IB
· TOM JOHNSON (P. Black 96)
WISTER MEDAL (meilleur TB) :
· QUEEN’S CIRCLE (Kerr 99)
· GOLDEN PANTHER (Tasco 2000)
· HAPPENSTANCE (Keppel 2000)
KNOWLTON MEDAL (BB)
· ANACONDA LOVE (Kasperek 98)
SASS MEDAL (IB)
· MIDSUMMER NIGHT’S DREAM (Baumunk 98)
COOK-DOUGLAS MEDAL (SDB)
· RUBY ERUPTION (Chapman 97) –voir photo-
WALTHER CUP (meilleur espoir)
· DECADENCE (B. Blyth 2004)
PRESIDENT’S CUP (meilleure variété originaire de la Région organisatrice de la Convention)
· HIGH CHAPARRAL (Schreiner 2006)
FRANKLIN COOK MEDAL (meilleure variété obtenue hors de la Région organisatrice de la Convention)
· SAILOR’S DREAM (Fischer 2004) -MTB
SYMPOSIUM (concours de popularité) – six premières variétés classées –
· DUSKY CHALLENGER
· JESSE’S SONG
· CONJURATION
· SILVERADO
· STAIRWAY TO HEAVEN
· THORNBIRD

2) France

CRITERIUM DE L’IRIS (ORLÉANS) – six premières variétés classées –
· MYSTERIEUX
· POESIE
· RARE QUALITY
· FABULEUX
· OCELOT
· AURÉLIE

3) Italie

PREMIO FIRENZE
· Florin d’or = RECONDITA ARMONIA (Bertuzzi 2006)
· HIGH CLASS (P. Black 2002)
· MYTHOLOGY (T. Johnson 2002)

4) Grande Bretagne

BRITISH DYKES MEDAL
· ALEXIA (Cy Bartlett 2003)

5) Allemagne

IRIS-BEWERTUNG MÜNCHEN
Compétition Nationale
· BARBARA MÜLLER (Beer 2006)
Compétition Internationale
· SERGEANT PRESTON (Chapman 2000)

6) Europe Centrale

Compétition Nationale
· Slovak Cup = DANUBE WAVES (Mego 2006) (voir photo)
· Czech Cup = 95-TGRI-2 (Josef Dudek, non enregistré)
· Polish Cup = ZK-00-13-C (Kilimnik, non enregistré)
Compétition Internationale
· LACY MODELING (Muska 2002)

7) Russie

Compétition Internationale de Moscou
· LESTNITSA V NEBO (Loktev 2003)
Concours de popularité
· FANCY WOMAN
· VANITY
· COPATONIC
· HELLO DARKNESS
· CHARM CITY CHOICE
· RAINBOW TOUR
· PIATIORKA

8) Ukraine

Concours de popularité
· BATIK
· BEFORE THE STORM

9) Australie

AUSTRALIAN DYKES MEDAL
· GUNNER (Taylor J. 98) -LA
I.S.A. MEDAL
· SECOND OPTION (Grosvenor 99)

UNE COMPÉTITION PEU CONNUE

Ce petit écho pour présenter compétition américaine dont on parle peu, et qui est à peu près inconnue sur notre continent. Il s’agit du « Dr Loomis Memorial Iris Trial ».

Cette compétition se déroule à Colorado Springs, dans le Colorado, d’une façon permanente. Chaque hybrideur qui le désire peut envoyer aux jardins où se déroule la « trial » les variétés nouvelles d’iris barbus (grands ou nains) qu’il veut mettre en compétition. Les iris plantés seront jugés à trois reprises, les 1ère, 2eme et 3eme année de leur plantation. Chaque année un classement est établi, catégorie par catégorie, qui met en avant les plantes les plus intéressantes. Après leur troisième appréciation, les iris deviennent la propriété des jardins et sont vendus au profit de l’organisation qui n’a que le produit de ces ventes pour subsister. A noter que les compétiteurs ne sont pas exclusivement américains et que les hybrideurs du monde entier peuvent envoyer leurs semis à tester. Beaucoup d’Européens ont tenté leur chance et souvent avec succès, ce qui constitue une ouverture en vue d’une commercialisation des iris ainsi reconnus dans les catalogues américains. Une porte d’entrée comme cela ne doit pas être négligée par qui entend se faire connaître outre Atlantique.

A titre d’exemple voici les derniers grands iris distingués à Colorado Springs :

2003 =
1ère année SONG OF HEARTS (Ernst 2001)
2eme année WALKING ON AIR (P. Black 2000)
3eme année KEEPING UP APPEARANCES (P. Black 2000)

2004 =
1ère année CECILIA’S PURPLE BAND (Hedgecock 2002)
2eme année CALYPSO BEAT (Schreiner 2002)
3eme année GARDEN BRIDE (Chapman 98)

2005 =
1ère année RED MASTERPIECE (Schreiner 2004)
2eme année LINDA DARNELL (Hedgecock 2002) (voir photo)
3eme année CARISMA (Bianco 2006)

2006 =
1ère année SOLO FLIGHT (L. Johnson 2004)
2eme année SOLOMON’S TREASURE (van Liere 2005)
3eme année WINDJAMMER SEAS (L. Johnson 2003)

Si des hybrideurs français, qui lisent ces lignes, sont intéressés, il faut qu’ils prennent contact avec Carol et Russ Eacker, les gestionnaires des jardins : reacker@juno.com
ECHOS DU MONDE DES IRIS

Pour Noël, une idée de cadeau

Clarence Mahan, un hybrideur bien connu doublé d’un iridophile érudit, vient de publier un gros livre sur l'histoire des débuts des iris de jardin. On y trouve des biographies de tous les grands pionniers, sélectionneurs d'iris, français, britanniques, japonais, allemands et hollandais aussi bien que les Américains. Il y a également des chapitres qui discutent les connaissances admises au sujet d'Iris germanica, d'Iris florentina et des diverses espèces américaines du groupe Hexagonae. Le livre comporte 404 pages en 31chapitres. Il vient juste d'être publié par "Krieger Publishing Company". On le trouve en vente auprès de l'American Iris Society au prix de $67.00 (surface) ou $81.00 (poste aérienne).L'AIS peut accepter une carte VISA ou un mandat.Pour acheter, contacter John ou Kay Ludi à kludi@juno.com ; adresse postale : Jack and Kay Ludi, P.O. Box 956, Sandy, OR 97055 USA.
RÉCRÉATION (réponses)

NOBLESSE

Le nom qui n’est pas attribué est :
FLYING BARON
RÉCRÉATION

AU PETIT JOUR

Les six noms qui suivent évoquent le lever du jour. Mais l’un d’entre eux n’a pas (encore) été attribué à une variété d’iris. Lequel ?

AFTER THE DAWN
AT DAWN
DAWN IS COMING
DAWNING
JUST BEFORE DAWN
NEW DAY DAWNING

1.12.06


LES ANCIENS FONT DE LA RÉSISTANCE

Le dernier bulletin de l’AIS a publié les résultats complets des compétitions américaines de 2006. Une brève analyse de ces résultats laisse apparaître une étonnante solidité des hybrideurs chevronnés face à des nouveaux venus qui ont encore du mal à s’imposer.

Les Honorable Mentions

En ce qui concerne les grands iris, 87 HM ont été distribuées. Les variétés récompensées proviennent seulement de 38 hybrideurs, ce qui démontre qu’un certain nombre seulement de leaders se partagent les honneurs. En premier lieu se trouve la fameuse maison Schreiner, de Salem, Oregon, qui engrange douze récompenses (voir photo de CAN’T TOUCH THIS). Visiblement, si cette entreprise marque le pas au moment des grandes distinctions, elle conserve la qualité qui a fait sa renommée. Deux hybrideurs arrivent ex æquo à la seconde place : Paul Black, et Keith Keppel. L’un et l’autre ont depuis longtemps pignon sur rue. Paul Black a déjà à son actif près de 200 variétés enregistrées et plus de 50 récompenses internationales dont deux Premio Firenze : SIGH AND WHISPERS (89) en 92 et DUDE RANCH (2000) en 2002, et son TOM JOHNSON (96) a frôlé la Médaille de Dykes en 2004. Quant à Keith Keppel, il est aujourd’hui au faîte de sa gloire, avec tous ses nouveaux iris unanimement appréciés et récompensés à un titre ou un autre. Au nombre d’enregistrements, il se situe à peu près au même niveau que Black, mais pour ce qui est des honneurs, il est de loin l’hybrideur le plus riche. A Florence, il a triomphé trois fois : en 71 par FOGGY DEW (69), en 83 avec WOODCRAFT (79) puis en 90, grâce à SKYBLAZE (87). Mais surtout, après le succès de BABBLING BROOK (69) en 1972, puis une longue et inexplicable éclipse, ceux de CROWNED HEADS en 2004 et de SEA POWER en 2006, il est devenu un habitué de la DM.

Black et Keppel ont obtenu chacun 8 HM en 2006. Ils devancent un peu un autre grand ancien, le Californien Joë Ghio, qui a récolté 6 distinctions. C’est ensuite qu’apparaît un nouveau nom. En fait, ce n’est pas une apparition ex nihilo, mais une confirmation méritée, car George Sutton, s’il est de la génération suivante, à depuis un certain temps la reconnaissance de ses pairs et des juges. Cette année il obtient 5 HM, ce qui n’est pas rien. Que Tom Johnson arrive en 6eme position dans ce palmarès, avec 4 variétés primées, n’étonne personne. Tom travaille avec Paul Black, et leur entreprise commune, Mid-America Iris Gardens, jouit d’une réputation d’excellence. A eux deux ils égalent le résultat de la maison Schreiner. Richard Ernst n’a reçu que trois HM. C’est peu, mais – pour moi c’est incompréhensible – il n’a jamais pu s’imposer devant les juges. Son associé au sein de Cooley’s Garden, Larry Johnson, obtient quant à lui un HM. Au même rang que Rick Ernst se situe Jim Hedgecock. C’est une belle situation pour un hybrideur moins productif que les grands.

Au-delà, dans ce classement, figurent des obtenteurs confirmés comme Rick Tasco, Brad Kasperek, Terry Aitken, Walter Moores, William Maryott, Dave Niswonger, Frederik Kerr, Larry Lauer, Tom Burseen ou Vernon Wood, qui sont des habitués des podiums, et quelques noms nouveaux de personnes qui sont en train de se faire un nom dans le microcosme irisarien : Vincent Christopherson, Joyce Ragle, Rob Stetson, bien connu en France, Barbara Nicodemus ou John Painter. De ceux- là on entendra sûrement parler dans les années à venir.

Les Awards of Merit

A ce niveau de la compétition, les places sont plus rares et plus convoitées. Il n’y a que 22 variétés distinguées et seulement 12 hybrideurs. Tous font évidemment partie du gratin de la profession, mais Keith Keppel obtient un incroyable succès avec 9 variétés primées : KITTY KAY (le jumeau rose en frisottis de SEA POWER), WINTRY SKY, CHARLESTON, OPPOSING FORCES, SECRET SERVICE, BEL ESPRIT, BALDERDASH, CRYSTAL GAZER et JERSEY BOUNCE ! Il écrase tous ses confrères, puisque Joë Ghio n’est cité que deux fois (REVERE et AMIABLE), de même que Paul Black (AWESOME BLOSSOM et ANNOUNCEMENT). Pour le reste, on retrouve à peu près les mêmes noms que dans le classement précédent, mais deux choses sont remarquables : la citation à titre posthume de Ben Hager, pour le jaune AMARILLO FRILLS, et l’absence surprenante de Schreiner. Ce résultat médiocre pour une maison aussi réputée confirmerait-il l’impression que je ressens depuis quelques années, selon laquelle les iris Schreiner sont toujours parfaits, mais ne se renouvellent plus guère ?

Les variétés récipiendaires des AM 2006 ne sont pas encore toutes en vente en France, il nous reste donc à attendre leur apparition chez nous pour nous régaler de ces belles fleurs.

DYKES MEDAL

Cela peut intéresser certains de trouver la liste des variétés ayant obtenu la Dykes Medal, depuis la création de cette distinction. Les TB (Grands Barbus) l’ont toujours emporté, à l’exception de deux fois : en 1945, avec l’AB (Arilbred) ELMOHR, et en 1981, où c’est le BB (Iris de Bordure) BROWN LASSO qui a triomphé.

Depuis 1990 la Médaille est attribuée chaque année, car le règlement a été modifié. Auparavant, il y a des « manques », qui correspondent aux années où aucune variété n’a pris le meilleur.

Voici la troisième série, les années 70/80. La fin dans le prochain numéro !


C: 70/90

1970 SKYWATCH (Benson 64) unicolor parme
1971 DEBBY RAIRDON (Kuntz 65) bic. Jaune / blanc liseré jaune
1972 BABBLING BROOK (Keppel 69) unicolor bleu ciel
1973 NEW MOON (Sexton 68) unicolor jaune citron
1974 SHIPSHAPE (Babson 69) unicolor bleu profond
1975 PINK TAFFETA (Rudolph 68) unicolor rose
1976 KILT LILT (Gibson 70) var/plic jaune, blanc, brun
1977 DREAM LOVER (Tams 71) bitone bleu ciel/ bleu moyen
1978 BRIDE’S HALO (H. Mohr 73) blanc liseré or
1979 MARY FRANCES (Gaulter 73) unicolor mauve
1980 MYSTIQUE (Ghio 75) bitone bleu tendre / bleu violacé
1981 BROWN LASSO (Buckles 72) pét.ocre, sep. mauve lis. ocre
1982 VANITY (Hager 75) unicolor rose
1983 RUFFLED BALLET (Roderick 75) amoena blanc / bleu doux
1984 VICTORIA FALLS (Schreiner 77) unicolor bleu vif
1985 BEVERLY SILLS (Hager 79) unicolor rose corail
1986 SONG OF NORWAY (Luihn 79) blanc bleuté, barbes bleu nuit
1988 TITAN’S GLORY (Schreiner 81) unicolor archevèque
ECHOS DU MONDE DES IRIS


Une récompense originale

L’American Iris Society organisait cette année un concours de photos d’iris. Les résultats viennent d’être publiés et on y découvre avec plaisir qu’une Française a remporté une « Honorable Mention » dans la catégorie « gros plans d’iris ». Il s’agit de Florence Darthenay, de Courbevoie, adhérente de la SFIB, pour son cliché « Noble Thoughts » (voir photo). Nos félicitations à la lauréate qui est, à l’occasion, la seule non américaine à remporter un prix dans cette compétition.

Critérium de l’Iris 2006

Le Parc Floral de La Source vient de communiquer les résultats du Critérium de l’Iris 2006 :

1er MYSTERIEUX (Cayeux R. 2003)
1er EA POESIE (Cayeux R. 2002)
3eme RARE QUALITY (Schreiner 99)

Les autres variétés sont totalement distancées par ce trio là.


Blyth à la retraite !

Dans un récent message amical, Barry Blyth a annoncé que la saison 2006/2007 était la dernière de sa pépinière TEMPO TWO. Il continuera cependant, pour notre plus grand bonheur, de pratiquer l’hybridation. Je n’ai pas encore de précisions sur ce que deviendront les collections de TEMPO TWO dans l’avenir. A suivre…
RÉCRÉATION (réponses)

MONTAGNE

Le nom qui n’est pas attribué est :
CANIGOU
RÉCRÉATION

NOBLESSE

Les six noms qui suivent font référence à des titres de noblesse. Mais l’un d’entre eux n’a pas (encore) été attribué à une variété d’iris. Lequel ?


BLUSHING DUCHESS
EARL OF ESSEX
FLYING BARON
LORD BALTIMORE
PRINZESSIN ZUR LIPPE
SLOVAK PRINCE

25.11.06

NOUVEAU BLOG

A partir d'aujourd'hui j'utilise le nouveau "Blogger beta". Des améliorations interviendront la semaine prochaine.

KITTY KAY, COCKTAIL DE ROSES

Avec KITTY KAY (Keppel 2002) on a un exemple d’anthologie d’utilisation astucieuse de l’ « in breeding ».

Tous ceux qui hybrident savent que pour améliorer une fleur, il faut aller chercher des parents ayant les qualités désirées : l’un dans une direction l’autre dans une autre. On peut bien entendu passer par des étapes intermédiaires d’amélioration progressive. C’est l’ « in-breeding », en français savant, l’endogamie.

Pour sa récente série d’iris roses, Keith Keppel a abondamment utilisé ce procédé. Il est parti d’un croisement intéressant, alliant le rose pâle et la forme parfaite de FEMME FATALE ( Gatty 88) et le rose corail tendre avec barbes oranges de SOCIAL EVENT (Keppel 91). Celui-ci résulte déjà d’une manœuvre d’endogamie dans laquelle on trouve réunis deux descendants d’un fameux rose, PINK SLEIGH (Rudolph 70), en la personne d’un frère de semis de MARASCHINO (Keppel 79), et de THELMA RUDOLPH (Rudolph 72), issu de PINK SLEIGH, déjà cité, et de PINK ANGEL (Rudolph 73) : on est dans le rose depuis plusieurs générations puisque dans l’autre branche, SATIN SIREN est lui-même un rose issu de roses (PRETTY LADY (Gatty 82), PLAYGIRL (Gatty 77)). Et FEMME FATALE ? Pur rose, lui aussi puisque de PRETTY LADY et de PARADISE (Gatty 80). Le couple SOCIAL EVENT X FEMME FATALE a été utilisé plusieurs fois par Keppel. D’abord, seul, pour obtenir PERFECT GIFT (96), un rose très pâle, un peu globuleux ; puis associé à BUBBLE UP (Ghio 88 – rose saumoné) pour l’étrange BROKEN DREAMS (98) et son frère LOTUS LAND (99), ensuite dans un cocktail où sont ajoutés NEFERTITI (Gatty 81) , PLAYGIRL et PRESENCE (Gatty 87), tous roses, pour trois « siblings » superbes, le rose parfait HAPPENSTANCE (2000), le rose orchidée SOCIAL GRACES (2000) et le mauve à barbes oranges VIENNA WALTZ (2000). Avec, en complément le grand rose vif de COMING UP ROSES (Gatty 92), Keppel a obtenu la variété qui nous intéresse aujourd’hui, KITTY KAY (voir photo).

Cet iris a tout pour remporter tous les suffrages : en associant le rose pâle et la barbe assortie de FEMME FATALE, le rose corail a barbe orangée de SOCIAL EVENT et le rose vif à barbe cerise de COMING UP ROSES (qui apporte aussi une fleur adorablement bouillonnée), Keppel a obtenu une variété quasi parfaite.

Il faut toute la science de Keith Keppel pour savoir réunir tous les ingrédients capables de donner une fleur où l’on retrouve tout ce qu’on a voulu y mettre, il faut aussi disposer d’un panel de plantes où puiser à son aise, et de l’espace pour cultiver un grand nombre de semis. Mais sans espérer atteindre le nec plus ultra, l’exemple de la construction de KITTY KAY doit servir à tous les amateurs à la recherche de l’iris rose de leurs rêves.
RÉCRÉATION (réponses)

SPORTS D’HIVER

Le nom qui n’est pas attribué est :
CALGARY
RÉCRÉATION

MONTAGNE

Les six noms qui suivent évoquent la montagne. Mais l’un d’entre eux n’a pas (encore) été attribué à une variété d’iris. Lequel ?

CANIGOU
MT. OLYMPUS
NEIGE DE MAI
SIERRA GRANDE
SNOW BLANKET
ST HELEN’S WAKE

17.11.06


ALLER CRESCENDO

Pas facile de croire que Joë Ghio savait où il allait quand il a entrepris de réaliser la magistrale salade génétique qui a abouti à son iris baptisé PUCCINI (98) !

Coucher sur le papier le pedigree de cette variété n’est pas quelque chose de simple et facile. Pas moins de 34 variétés différentes interviennent, souvent à plusieurs reprises, de sorte que les parenthèses s’ajoutent aux parenthèses dans un imbroglio qui doit bien amuser le spécialiste du genre qu’est Joë Ghio, lui qui jongle avec tout cela avec une incroyable dextérité. En tout cas le résultat est là : croisées et recroisées ces trente quatre variétés ont donné naissance à un iris particulièrement original et nouveau, ce PUCCINI qui se présente avec des pétales bien blancs (mais avec un filet d’or à la crête des styles), des barbes mandarine et des sépales dont le fond blanc est orné d’or aux épaules et parcouru de fines veinures violacées. C’est là toute la nouveauté de cette fleur. Une nouveauté qui a amené Keith Keppel, autre utilisateur de la même série de croisements, à donner au modèle ainsi créé le nom de « distalata », de « distal », néologisme américain qui me paraît signifier « éparpillé » ou quelque chose comme ça.

PUCCINI a pour partie maternelle une variété nommée PROTOTYPE, enregistrée en 2000 seulement, de sorte qu’elle n’apparaît pas sous son nom dans le pedigree de PUCCINI, mais dans le détail de ses composants. Pour faire simple on peut donc résumer PUCCINI à : (Prototype x 88-180 P) X 92-75 D4, sachant que la partie mâle de ce 92-75 D4 est aussi… 88-180 P !!

Mais qu’est-ce qui se cache derrière ces numéros de semis plutôt ésotériques ?

Les éléments majeurs se trouvent dans 88-180 P (et par conséquent dans 92-75 D4) et s’appellent FANCY TALES et STRAWBERRY SUNDAE. Penchons-nous un peu sur ces deux variétés dont la seconde, au moins, n’est guère connue chez nous.

FANCY TALES (Shoop 80) se présente avec des pétales blancs et des sépales en dégradé de mauve violacé avec des épaules pêche. C’est une variété sur les origines de qui Shoop est resté peu disert, se contentant de dire qu’il s’agit d’un semis dans lequel on remonte à WHOLE CLOTH, WINE AND ROSES et à des semis amoenas roses. STRAWBERRY SUNDAE (Schmelzer 77) est un amoena orange clair dans le pedigree duquel on retrouve ce WINE AND ROSES cité ci-dessus. Il ne peut pas faire de doute que le coloris de PUCCINI (et de sa « mère » PROTOTYPE) tienne dans ces deux variétés-là. Le blanc des pétales vient de WHOLE CLOTH, les griffures pourpres en bas des sépales, de même que les épaules marquées de jaune, proviennent de WINE AND ROSES et des semis amoenas rose ou orange, même si ce n’est pas évident quand on regarde WINE AND ROSES, mauve vif et grenat.

Voilà pour le point de départ. Mais Ghio ne s’est pas arrêté à ces deux variétés, il a poursuivi son travail et tenté, d’année en année, d’améliorer le résultat obtenu. Ce crescendo en est à son quatrième perfectionnement.

Au départ il y a donc eu PROTOTYPE, le bien nommé. Puis est venu PUCCINI. Ensuite est apparu EXPOSE (2003). Pour celui-là, Ghio a pris l’élément maternel de PUCCINI, il y a ajouté ROMANTIC EVENING, une des variétés les plus recherchées du moment pour ce qu’elle apporte en brillant des couleurs, en grâce de la fleur et en vigueur de la plante, et un élément nouveau, IMPULSIVE (Ghio 2001). Et cela c’est une idée de génie car cet IMPULSIVE descend de CINNAMON SUN, une des premières variétés à présenter les fameuses griffures violacées, tenues elle-même de PEACH SUNDAE par qui l’on remonte à WINE AND ROSES. Voilà donc cette particularité présente deux fois, dans PUCCINI et dans IMPULSIVE. Comme il fallait s’y attendre, EXPOSE enrichit la panoplie, notamment grâce à une fleur plus ondulée et à la teinte abricot des épaules qui a gagné du terrain sur les sépales.

En 2005, Ghio a proposé une étape supplémentaire sous le nom de MAGIC HAPPENS (voir photo) où les griffures violettes sont accentuées, les couleurs plus vives et la fleur encore mieux formée et ondulée. Joë Ghio ne s’avance pas sur le pedigree de cette variété, sans doute a-t-il perdu les éléments d’identification, mais je parie volontiers qu’il a repris les éléments précédents auxquels il a ajouté quelque chose : une sorte d’épice qui rend le plat encore plus appétissant !
RÉCRÉATION (réponses)

LA FOI

Le nom qui n’a pas été attribué est :
WHIT MONDAY
RÉCRÉATION

SPORTS D’HIVER

Les six noms qui suivent évoquent les sports d’hiver. Mais l’un d’entre eux n’a pas (encore) été attribué à une variété d’iris. Lequel ?

ASPEN
CALGARY
LAKE PLACID
SKATING PARTY
SNOW SHOES
WINTER OLYMPICS

10.11.06



DES IRIS A RAYURES

On ne peut pas dire que ce soit une nouveauté, car des iris à rayures, il y en a depuis fort longtemps. Prenez, par exemple le « vieux » MARQUITA (Cayeux 31), dont les sépales sont richement veinés de bleu violacé avant que cette couleur ne prenne le dessus vers le bord. Voyez aussi cette variété célèbre et encore souvent présente dans nos jardins, COLOR CARNIVAL (deForest 48), avec ses sépales rose corail rayés de pourpre. Rapportez-vous surtout à cet élément de base de nos iris hybrides qui est I. variegata, dont les rayures sur les sépales constituent le fond de commerce.

Veines, stries et rayures font donc partie du panel génétique de tous nos iris. Elles ont parfois été mises en avant comme élément décoratif, voire même comme seule valeur de certaines variétés comme CIRCUS STRIPES (Plough 75), par ailleurs bien médiocre. Mais le plus souvent elles ont été chassées, considérées longtemps comme un défaut là où on recherchait la pureté des couleurs. C’est encore bien marqué dans les esprits : un hybrideur amateur, il y a peu de temps, s’étonnait devant moi de voir qu’on admirait des variétés qu’il aurait lui-même rejetées s’il les avaient découvertes dans ses semis. Et Richard Cayeux, qui n’a pas hésité à enregistrer des iris ayant de fortes marques aux épaules, comme CREME GLACÉE (94) ou MARBRE BLEU (93), écrit en 96 dans son livre, L’Iris, une Fleur Royale, à propos justement de ce dernier cultivar : « bien que généralement la sélection fasse rejeter les fleurs à sépales striés… » Maintenant cette exclusion n’est plus systématique et nombreux sont ceux qui considèrent les iris rayés comme des plantes qui apportent quelque chose de nouveau dans un domaine où les innovations deviennent plus rares qu’il y a cinquante ans.

Des rayures, les iris plicatas en ont toujours présenté, cela peut même être une de leurs caractéristiques. Cependant ce n’est pas d’eux dont il faut parler, mais de variétés dont les veines, au demeurant toujours un peu plus foncées que le voile des tépales, tracent dans les fleurs de véritables rayures, bien nettes et vives. L’un des tout premiers représentants de ce modèle a été BUTTERFLY WINGS (White C.G. 45). Il a été suivi de son « fils » STRIPED BUTTERFLY (Noyd 56), bleu de lin – de son parent CAHOKIA – aux sépales veinés d’indigo. Puis on peut citer un descendant du précédent, WEBSPUN (Craig 68), gris a veines glycine. Par la suite, cette voie a été abandonnée au profit d’iris toujours plus nets et sans veinures. Mais la mode en revient aujourd’hui. Elle a été lancée par la multiplication récente des iris luminatas, dont le cœur blanc pur irradie plus ou moins la partie haute des sépales et crée cet effet de rayures caractéristique. De là à forcer sur ces rayures pour donner du caractère aux fleurs, il n’y a qu’un pas qu’ont franchi plusieurs hybrideurs américains. L’un des plus célèbres et des plus imaginatifs, celui dont chaque nouveauté est maintenant un événement, je veux parler de Keith Keppel, en a fait son prochain cheval de bataille. Les deux nouveaux semis dont je joins une photo sont les déclinaisons, en rose et en bleu, de ces nouveaux iris à rayures qui ne tarderont plus de venir apporter dans nos jardins une touche agréable de fantaisie. Pour l’instant je ne dispose que des images, pas des pedigrees. Il sera intéressant, quand ces renseignements seront connus, d’analyser le cheminement qui aboutit à ce modèle.

ECHOS DU MONDE DES IRIS

UNE RÉCOMPENSE ORIGINALE

L’American Iris Society organisait cette année un concours de photos d’iris. Les résultats viennent d’être publiés et on y découvre avec plaisir qu’une Française a remporté une « Honorable Mention » dans la catégorie « gros plans d’iris ». Il s’agit de Florence Darthenay, de Courbevoie, pour son cliché « Noble Thoughts » (voir photo). Mes félicitations à la lauréate qui est, à l’occasion, la seule non américaine à remporter un prix dans cette compétition.

CRITERIUM DE L’IRIS 2006

Le Parc Floral de La Source vient de me communiquer les résultats du Critérium de l’Iris 2006 :

1er MYSTERIEUX (Cayeux R. 2003)
1er EA POESIE (Cayeux R. 2002)
3eme RARE QUALITY (Schreiner 99)

Les autres variétés sont totalement distances par ce trio là.
RÉCRÉATION (réponses)

A L’EAU

Le nom qui n’a pas été attribué est :
SOUS L’AVERSE
RÉCRÉATION

LA FOI

Les six noms qui suivent ont trait à la religion chrétienne. Mais l’un d’entre eux n’a pas (encore) été attribué à une variété d’iris. Lequel ?

CHRISTMAS RUBIES
EASTER SONG
LADY MADONNA
MOÏSE
SHEBA’S QUEEN
WHIT MONDAY

3.11.06


DYKES MEDAL

Cela peut intéresser certains de trouver la liste des variétés ayant obtenu la Dykes Medal, depuis la création de cette distinction. Les TB (Grands Barbus) l’ont toujours emporté, à l’exception de deux fois : en 1945, avec l’AB (Arilbred) ELMOHR, et en 1981, où c’est le BB (Iris de Bordure) BROWN LASSO qui a triomphé.

Depuis 1990 la Médaille est attribuée chaque année, car le règlement a été modifié. Auparavant, il y a des « manques », qui correspondent aux années où aucune variété n’a pris le meilleur.

Voici une deuxième série, les années 50/60. La suite aux prochains numéros !

B : 50/60

1950 BLUE RHYTHM (Whiting 45) unicolor bleu clair
1951 CHERIE (Hall 48) unicolor rose, b. minium
1952 ARGUS PHEASANT (DeForest 47) unicolor cuivre
1953 TRULY YOURS (Fay 49) blanc, épaules et barbes abricot
1954 MARY RANDALL (Fay 50) orchidée vif, barbes mandarine
1955 SABLE NIGHT (Cook 50) unicolor violet-noir
1956 FIRST VIOLET (DeForest 51) unicolor violet
1957 VIOLET HARMONY (Lowry 48) unicolor indigo, barbes blanches
1958 BLUE SAPPHIRE (Schreiner 53) unicolor bleu pâle
1959 SWAN BALLET (Muhlestein 53) entièrement blanc pur
1961 ELEANOR’S PRIDE (Watkins 52) unicolor bleu pâle
1962 WHOLE CLOTH (Cook 57) amoena blanc / bleu tendre
1963 AMETHYST FLAME (Schreiner 57) unicolor violet améthyste
1964 ALLEGIANCE (Cook 57) unicolor bleu profond
1965 PACIFIC PANORAMA (Sexton 60) entièrement bleu moyen
1966 RIPPLING WATERS (Fay 61) mauve, barbes mandarine
1967 WINTER OLYMPICS (O. Brown 63) blanc pur
1968 STEPPING OUT (Schreiner 64) plicata indigo foncé
AU MAURITSHUIS

Le musée baptisé Mauritshuis se trouve aux Pays-Bas, dans le centre de la ville de La Haye, la capitale politique du pays. C’est un petit musée, établi dans l’ancienne demeure du prince Maurice de Nassau, construite en 1640 à proximité immédiate de l’enceinte médiévale où siège le gouvernement néerlandais : les fenêtres du Mauritshuis donnent directement sur celles du bureau du Premier Ministre, situé dans une petite tour octogonale à l’angle sud-ouest de l’enceinte. Mais pourquoi parler de cela dans un endroit consacré par définition aux iris ? Parce que ce musée, l’un des plus prestigieux d’Europe, qui abrite un grand nombre de chefs d’œuvres de Vermeer et de Rembrandt, est un lieu où l’on peut aussi admirer de nombreuses toiles intimistes des maîtres hollandais du 17eme siècle, et en particulier des bouquets de fleurs exceptionnels, dans lesquels l’amateur d’iris découvrira souvent sa plante préférée.

Le sol gorgé d’eau des Pays-Bas n’est pas a priori le terrain de prédilection des iris. Mais ce sol est parfaitement drainé et à la fois sableux et humifère. Les iris y poussent donc convenablement, et ceci n’est pas un effet des techniques modernes de culture puisque ces fleurs sont souvent présentes dans les tableaux des années 1650/1700 qui s’accrochent aux cimaises du Mauritshuis.

Les iris représentés sont le plus souvent des pallidas traditionnels, d’un bleu tendre avec des barbes orangées (Roelandt Savery : nature morte –1603-). Mais on y voit aussi quelques variegatas primitifs aux pétales jaunes verdâtres et aux sépales veinés de brun (Ambrosius Bosschaert : bouquet dans une niche –1617-), et d’autres modèles plus surprenants. Un iris entièrement bleu vif, devenant blanc sous les barbes également blanches apparaît au milieu d’une composition très réaliste, ce qui laisse à penser que le peintre n’a pas rêvé la couleur qu’il a choisie pour cet iris à la fleur plutôt grosse et bien dressée pour l’époque. Mais la surprise la plus évidente provient d’un iris blanc, aux sépales cernés de bleu indigo : un modèle « Emma Cook » du 17eme siècle ! A l’époque on ne se souciait pas d’hybridation, mais les insectes se sont toujours chargés de cette tâche et, dans le cas présent, ils ont réussi un joli coup !

De nos jours on représente le plus souvent les fleurs d’iris avec l’un des sépales au premier plan et le dôme des pétales bien apparent. Les peintres du 17eme ont généralement choisi la présentation contraire, c’est à dire le revers d’un des pétales bien évident, et les trois sépales dessinés de profil (par exemple Jan van Huysum). C’est la présentation traditionnelle de la « fleur de lys » héraldique. En revanche Daniel Seghers, dans ses guirlandes de fleurs, peint les iris sépale en avant. Ce qui frappe l’observateur de ces toiles, c’est l’extraordinaire fraîcheur des couleurs et la finesse des détails. Il faut voir comment les poils des barbes d’iris sont délicatement représentés, avec leur base orangée et les pointes bleuissantes. Les photos numériques d’aujourd’hui ne sont pas plus nettes. De même les veines légèrement plus sombres que le voile des pièces florales apparaissent avec précision ainsi que les marbrures brunes qui se trouvent toujours aux épaules des sépales. Le travail des peintres atteint une précision scientifique qui démontre qu’à cette époque les iris avaient étaient à un stade d’évolution qui n’a plus guère progressé. Les iris du Mauritshuis sont les mêmes que ceux qu’on rencontre encore un peu partout. Il faut attendre que M. Lémon, dans les années 1850, découvre les variétés pollinisées par les insectes et commence à les sélectionner, pour que débute une longue aventure, qui dure encore.

Il n’empêche que s’attarder devant les bouquets hollandais du Mauritshuis est un plaisir esthétique que l’amateur d’iris savoure avec délices.






IMAGES D’IRIS

Deuxième partie : la représentation des iris en photographie

Les photos descriptives

Peut-être l’idée de représenter les iris en mettant au premier plan, de façon presque systématique, l’un des sépales, est-elle née d’un impératif commercial. En effet cette manière de faire donne une image plus avantageuse de la fleur. Un sépale, large, plutôt horizontal, avec une barbe bien en évidence, montre la variété mieux qu’une longue description ; les deux pétales présentés en dôme complètent l’agréable vision que le photographe a été chargé de mettre en valeur. Voilà sans doute pourquoi, actuellement, les photos d’iris sont en grande majorité tournées sépale en avant.

Cela fait un peu uniforme, et peut devenir lassant. La fantaisie serait-elle bannie de la représentation des iris ? Il y a maintenant une tendance à trouver autre chose qu’illustrent certains clichés du photographe américain Brock Heilman, l’un des meilleurs du moment et tout à fait dans la ligne actuelle. Tout d’abord, les photographes comme Heilman ont un peu tourné leur objectif pour montrer une fleur de trois-quarts, mais dans ce cas l’image est un peu déséquilibrée (voir photo de Ozark Rebounder(1)). Ils ont aussi essayé de prendre un peu de hauteur : au lieu de s’accroupir pour que le sépale occupe la plus grande partie de l’espace, ils restent debout, ou presque, et dirigent leur appareil vers le cœur de la fleur. Cela donne des photos où le sujet paraît un peu écrasé, qui donnent l’impression que les éléments fondamentaux sont les parties sexuelles de la fleur. En plus de cela, le manque de relief est un peu gênant (voir photo de Duncan’s Smiling Eyes(2)).

Mais la présentation « fleur de lys » a trouvé une nouvelle jeunesse avec les iris « space-age ». En effet, si l’on veut montrer nettement les appendices pétaloïdes qui caractérisent ce modèle de fleur, il est presque obligatoire de les filmer de profil (voir photo de Announcement(3)). Dans la plupart des catalogues, on voit donc maintenant les fleurs classiques photographiées de face, et les modèles « space-age » dans l’autre sens.

Sans doute influencés par les images des catalogues, les photographes amateurs choisissent actuellement dans leur grande majorité la présentation sépale en avant (voir photo de Tomcat(4)). C’est du moins le cas pour les grands iris, pour les autres, c’est moins évident. Dès que l’on a affaire à des iris de petite taille (SDB et au-dessous), les photographes privilégient l’image par en dessus (voir photo de Deuce(5)). C’est ainsi que l’on voit ces iris dans les jardins car on ne se met pas systématiquement à quatre pattes pour les regarder. Pour les iris sans barbes, il n’y a aucune nécessité, commerciale ou esthétique, à les présenter de face plutôt que de profil. Les deux dispositions sont donc visibles. Mais pour ce qui est des iris japonicas, le choix photographique qui s’impose est l’image à plat, comme les fleurs elle-même se présentent.

Quand le but de la photo n’est pas d’insister sur les caractères de la fleur proprement dite, mais de mettre en valeur l’esthétique de la plante, les images de touffes d’iris prennent une allure beaucoup plus banale, mais qui a son intérêt pour juger de l’effet de la plante dans son cadre normal, le jardin.

Les photos d’art

Les photographes d’art, c’est à dire ceux dont le but n’est pas de donner de l’iris une image aussi exacte que possible, mais d’extraire de cette fleur autre chose qu’un portrait, ne satisfont pas de ces choix somme toute limités. Dans leur cas l’angle de prise de vue, le cadrage, le jeu des couleurs, des gros plans, des contrastes, des lumières sont plus important que la fleur elle-même, et toutes les fantaisies sont possibles. Un parfait exemple de l’utilisation de la fleur d’iris comme source d’inspiration artistique se trouve dans les clichés de Josh Westrich, photographe allemand, qui a réalisé, en 1989, un remarquable ouvrage de photos d’iris baptisé tout simplement « L’Iris » (Thames and Hudson, éditeur). Il a mis en œuvre non seulement les présentations traditionnelles telles que décrites ci-dessus, mais aussi beaucoup de gros plans sur une partie de la fleur, voire des macrophotographies très spectaculaires.

Les photographies de Jim Frazier, artiste australien, pour le livre de Graeme Grosvenor « Iris, Flower of the Rainbow », utilisent l’iris d’une toute autre façon : les fleurs sont placées devant un fond noir, un fort éclairage latéral vient en ciseler les contours et met particulièrement en valeur les différentes parties du sujet et également du feuillage qui l’ entoure (voir photo). Mais les cadrages restent traditionnels.

D’autres photographes ont délibérément décidé de provoquer des distorsions de l’image, dans le but d’obtenir un effet artistique, mais où la fleur n’est plus qu’un élément d’une composition très élaborée.

Dans un but analogue certains artistes utilisent les fleurs d’iris en masse multicolore, allant jusqu’à se servir d’un amas de fleurs fanées, pour obtenir une sorte d’œuvre abstraite où l’iris n’est plus à proprement parler une fleur mais une simple source de couleurs.

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Les iris ont évolué au cours des siècles. Les images que l’on a d’eux aussi. Peu importe en vérité l’angle sous lequel on les admire. L’essentiel, en matière de peinture ou de photo, est que le résultat soit esthétique, et pour cela, c’est seulement la sensibilité de l’artiste qui entre en jeu.


(1) Ozark Rebounder : TB Nicodemus 2002
(2) Duncan’s Smiling Eyes : TB Lauer 2003
(3) Announcement : TB Paul Black 2002
(4) Tomcat : TB Lauer 2005
(5) Deuce : MTB Lynda Miller 2004
RÉCRÉATION (réponses)

EN HABIT

Le nom qui n’a pas été attribué est :
CLOAK OF DARKNESS
RÉCRÉATION

A L’EAU

Les six noms qui suivent font référence à l’eau. Mais l’un d’entre eux n’a pas (encore) été attribué à une variété d’iris. Lequel ?

CALM STREAM
DOLCE ACQUA
GENTLE RAIN
SOUS L’AVERSE
SPRING SHOWER
WILD RIVER