Pour les amateurs d’iris, la langue française manque de mots. Il lui en manque un, notamment, pour faire la différence entre la couleur rose que les anglophones appellent « pink », et celle qu’ils nomment « rose ». Chez nous il n’y a que « rose » et il faut user de périphrases ou de référents particuliers pour décrire l’une et l’autre. On dira rose corail ou rose bonbon pour le rose « rose », celui qui tire un peu vers l’orangé, et rose orchidée ou rose flamant pour le rose « pink », plutôt bleuté. Quand on veut décrire la couleur d’une fleur d’iris, il est très facile de trouver la bonne teinte dans un nuancier comme celui de la RHS, mais chacune est désignée par un numéro, et un numéro ça ne parle pas ! On a donc besoin d’y aller à coup de qualificatif ou de comparaison. Cela représente bien sûr quelque chose dans l’esprit du descripteur, mais le lecteur n’a pas forcément la même conception. Prenez par exemple la couleur dite « lilas ». Chacun voit très bien une couleur qu’il attribue au lilas, mais ce n’est pas forcément celle que voit celui qui doit rédiger le portrait d’une fleur. Il y a des lilas plutôt bleus, et des lilas tirant vers le rose, voire même le rouge magenta. Certains vont même jusqu’à utiliser des références plus mystérieuses qui font appel à des plantes ou des objets de toute nature, communs ou plus rares – lavande, améthyste, ageratum, jacaranda… – qui peuvent contraindre le lecteur à un effort d’imagination, certes agréable, mais bien peu scientifique. C’est encore plus délicat pour la couleur rose.
Le catalogue 2013 de la Maison Cayeux donne un bel exemple de cette difficulté dans les descriptions. D’après celles-ci j’y distingue (pour ne parler que des produits maison) un nombre égal de « rose » et de « pink ». Dans la première catégorie je classerais :
· ‘Alerte Rose’ (2006) : « rose saumon très vif » ;
· ‘Buisson de Roses’ (1992) : « savoureux rose saumon » ;
· ‘Je l’Adore’ (2006) : « rose doux » ;
· ‘Sandro’ (2007) : « rose pur très, très soutenu ».
Les qualificatifs de « saumon », « doux » et « pur » font effectivement penser à un rose influencé par l’orange ou quelque-chose comme ça. C’est tout à fait le cas de ‘Alerte Rose’ qui descend essentiellement d’iris orangés. ‘Buisson de Roses’ est le produit du croisement d’un rose flamant – ‘Hélène C.’ – et d’un rose doux – ‘Paradise’ -. ‘Je l’Adore’ est un fils de ‘Buisson de Roses’, mais ‘Sandro’, lui, a des origines qui le dirigeraient plutôt vers la catégorie des « pink », comme son frère de semis, ‘Nuit de Noces’.
Dans celle des « pink » j’ai trouvé :
· ‘Caprice de Star’ ( 2011) : « rose dragée parfaitement pur » ;
· ‘Hélène C.’ (1995) : « rose cyclamen uni » ;
· 'La Vie en Rose’ (1999) : « rose flamant rose vif » ;
· ‘Succès Fou’ (2000) : « rose flamant rose soutenu ».
Le terme de « flamant » est celui utilisé par les pionniers du coloris rose, aux Etats-Unis, dans les années 1930/40 pour désigner ces iris qui n’avaient pas atteint la plénitude que l’on connaît aujourd’hui. C’était les « flamingo pink » de David Hall et Orville Fay. La couleur du cyclamen est sans aucun doute teintée de mauve, et le « rose dragée » prend la même direction. La tête de série, dans ce groupe, est ‘Hélène C.’ dont le pedigree, (Rosé X Enchanted World), ouvre tout à fait la voie à ce coloris ; ‘La Vie en Rose’ en descend directement, de même que ‘Caprice de Star’, mais ‘Succès Fou’ aurait très bien pu pencher du côté des « rose » puisque c’est un petit-fils de ‘Buisson de Roses’
.
En se penchant sur chaque fleur chacun se fera sa propre opinion. Car une description, aussi précise qu’elle puisse être, n’est que l’expression de la vision du descripteur, laquelle, en matière d’iris rose, est particulièrement subjective.
Illustrations :
· ‘Alerte Rose’
· ‘Buisson de Roses’
· ‘Caprice de Star’
· ‘Succès Fou’
21.6.13
LA SEMAINE PROCHAINE...
La semaine prochaine Irisenligne aura 24 heures de retard. Pour cause de promenade dans les Alpes Suisses.
14.6.13
"ROUGE"
Bordeaux, bourgogne, rubis, acajou, grenat, amarante, magenta… Ce sont les référents par lesquels on décrit ce qu’on appelle les iris « rouges ». Car les iris ne sont jamais rouges. Au jardin, cependant, on ne peut pas se passer de cette note sombre et chaude dont la richesse valorise toutes les fleurs qui l’entoure.
Pendant quelques semaines ce blog va proposer des photos – les plus belles que j’ai pu trouver – d’iris « rouges ».
Pour commencer, voici ‘Iconic’ :
ICONIC (Joseph Ghio, R. 2009) Sdlg. 04-29N. TB, 36" (91cm), EM. S., style arms and F. red, orange underglow, blackish haze; beards bronze. 02-87M2: (00-50S: (97-80-I2, Current Events sib, x 97-135R2: (U94-5E, unknown, x Saturday Night Live)) x 99-62B2, Trial by Fire sib) X 02-228V4: (Current Events x 00-101X: (97-148K: (Ritual x Saturday Night Live) x 97-80A2, Current Events sib)).
Un de ces rouges que Ghio réalise aujourd’hui, mais qu’il faudrait juger sous nos climats pour s’assurer qu’ils répondent à tous les espoirs qu’on peut mettre en eux quand on admire leurs photos.
Pendant quelques semaines ce blog va proposer des photos – les plus belles que j’ai pu trouver – d’iris « rouges ».
Pour commencer, voici ‘Iconic’ :
ICONIC (Joseph Ghio, R. 2009) Sdlg. 04-29N. TB, 36" (91cm), EM. S., style arms and F. red, orange underglow, blackish haze; beards bronze. 02-87M2: (00-50S: (97-80-I2, Current Events sib, x 97-135R2: (U94-5E, unknown, x Saturday Night Live)) x 99-62B2, Trial by Fire sib) X 02-228V4: (Current Events x 00-101X: (97-148K: (Ritual x Saturday Night Live) x 97-80A2, Current Events sib)).
Un de ces rouges que Ghio réalise aujourd’hui, mais qu’il faudrait juger sous nos climats pour s’assurer qu’ils répondent à tous les espoirs qu’on peut mettre en eux quand on admire leurs photos.
EUROPÉENS OU AMÉRICAINS ?
Peu à peu on constate que les variétés obtenues ailleurs qu’en Australie ou aux Etats-Unis rencontrent de plus en plus de succès dans leurs confrontations. Par exemple, depuis 2006 les iris américains n’ont triomphé à Florence que deux fois, en 2008 et en 2011. Toutes les autres compétitions ont vu la victoire d’une variété européenne.
Plus précisément voici le palmarès :
2006 1er ‘Recondita Armonia’ (Bertuzzi, Italie)
2eme ‘High Class’ (Black, USA)
3eme ‘Mythology’ (Johnson, USA)
2007 1er ‘Aurélie’ (Cayeux, France)
2eme ‘Sorisso di Alice’ (Marucchi, Italie)
3eme ‘Red ‘Masterpiece’ (Schreiner, USA)
2008 1er ‘Morning Sunrise’ (Johnson, USA)
2eme ‘Power Point’ (Johnson, USA)
3eme ‘Designer’s Art’ (Kerr, USA)
2009 1er ‘Ravissant’ (Cayeux, France)
2eme ‘Noctambule’ (Cayeux, France)
3eme ‘Fortunate Son’ (Schreiner, USA)
2010 1er ‘Ale Viola’ (Gigli, Italie)
2eme ‘Tatra’s Eagle’ (Mego, Slovaquie)
3eme ‘Pursuit of Happiness’ (Johnson, USA)
2011 1er ‘Silk Road’ (Keppel, USA)
2eme ‘Egeo’ (Dotto, Italie)
3eme ‘Cloudscape’ (Black, USA)
2012 1er ‘Cheyenne my Dog’ (Marucchi, Italie)
2eme ‘Reckless Abandon’ (Keppel, USA)
3eme ‘Return to Camelot’ (Grosvenor, Australie)
2013 1er ‘Vento di Maggio’ (Bianco, Italie)
2eme ‘Sweet Candy’ (Mego, Slovaquie)
3eme ‘Classy Lady’ (Mego, Slovaquie)
En caractères gras j’ai mis les variétés européennes.
On aurait pu imaginer que les « grands » producteurs français allaient mettre sans tarder ces variétés européennes à leurs catalogues, car le concours de Florence, qui est la plus importante compétition internationale, avec un jury indépendant et des conditions de sérieux indiscutables, récompense forcément des variétés de valeur. Mais non, pas grand’ chose, en dehors des variétés Cayeux, logiquement distribuées par leur obtenteur, et d’un début de renouvellement prometteur chez Iris en Provence.
Pourquoi cet ostracisme ?
Ce n’est pas en raison de difficultés à se procurer ces variétés, car à l’heure actuelle il est bien plus facile d’importer des iris européens que des iris américains ou australiens. Ce n’est pas parce qu’en dehors de leurs pays d’origine ces variétés pousseraient mal ou irrégulièrement (les collectionneurs français peuvent apporter la preuve du contraire, eux qui les font venir et les cultivent depuis des années). J’incline à penser qu’il s’agit plutôt d’habitudes très fortement ancrées ou de convictions injustifiées. En tout cas je trouve dommage que nos célèbres producteurs ne se décident pas à nous proposer massivement ces variétés européennes, au moins aussi belles et bonnes que leurs concurrentes américaines.
Illustrations :
· ‘Recondita Armonia’
· ‘Ravissant’
· ‘Egeo’
· ‘Cheyenne my Dog’
Plus précisément voici le palmarès :
2006 1er ‘Recondita Armonia’ (Bertuzzi, Italie)
2eme ‘High Class’ (Black, USA)
3eme ‘Mythology’ (Johnson, USA)
2007 1er ‘Aurélie’ (Cayeux, France)
2eme ‘Sorisso di Alice’ (Marucchi, Italie)
3eme ‘Red ‘Masterpiece’ (Schreiner, USA)
2008 1er ‘Morning Sunrise’ (Johnson, USA)
2eme ‘Power Point’ (Johnson, USA)
3eme ‘Designer’s Art’ (Kerr, USA)
2009 1er ‘Ravissant’ (Cayeux, France)
2eme ‘Noctambule’ (Cayeux, France)
3eme ‘Fortunate Son’ (Schreiner, USA)
2010 1er ‘Ale Viola’ (Gigli, Italie)
2eme ‘Tatra’s Eagle’ (Mego, Slovaquie)
3eme ‘Pursuit of Happiness’ (Johnson, USA)
2011 1er ‘Silk Road’ (Keppel, USA)
2eme ‘Egeo’ (Dotto, Italie)
3eme ‘Cloudscape’ (Black, USA)
2012 1er ‘Cheyenne my Dog’ (Marucchi, Italie)
2eme ‘Reckless Abandon’ (Keppel, USA)
3eme ‘Return to Camelot’ (Grosvenor, Australie)
2013 1er ‘Vento di Maggio’ (Bianco, Italie)
2eme ‘Sweet Candy’ (Mego, Slovaquie)
3eme ‘Classy Lady’ (Mego, Slovaquie)
En caractères gras j’ai mis les variétés européennes.
On aurait pu imaginer que les « grands » producteurs français allaient mettre sans tarder ces variétés européennes à leurs catalogues, car le concours de Florence, qui est la plus importante compétition internationale, avec un jury indépendant et des conditions de sérieux indiscutables, récompense forcément des variétés de valeur. Mais non, pas grand’ chose, en dehors des variétés Cayeux, logiquement distribuées par leur obtenteur, et d’un début de renouvellement prometteur chez Iris en Provence.
Pourquoi cet ostracisme ?
Ce n’est pas en raison de difficultés à se procurer ces variétés, car à l’heure actuelle il est bien plus facile d’importer des iris européens que des iris américains ou australiens. Ce n’est pas parce qu’en dehors de leurs pays d’origine ces variétés pousseraient mal ou irrégulièrement (les collectionneurs français peuvent apporter la preuve du contraire, eux qui les font venir et les cultivent depuis des années). J’incline à penser qu’il s’agit plutôt d’habitudes très fortement ancrées ou de convictions injustifiées. En tout cas je trouve dommage que nos célèbres producteurs ne se décident pas à nous proposer massivement ces variétés européennes, au moins aussi belles et bonnes que leurs concurrentes américaines.
Illustrations :
· ‘Recondita Armonia’
· ‘Ravissant’
· ‘Egeo’
· ‘Cheyenne my Dog’
7.6.13
LA FLEUR DU MOIS
‘ENGLISH COTTAGE’
Quand on évoque ‘English Cottage’, on pense immédiatement au mot « parfum ». Car il n’y a pas beaucoup d’iris dont l’odeur soit aussi puissante et agréable. Mais ce n’est pas la seule des particularités de cette variété archi-connue.
‘English Cottage’ (Zurbrigg, 1976), est d’abord un iris plicata. Cela ne se voit pas du premier coup d’œil, mais il ne faut pas un long examen pour s’en rendre compte : les pétales, qui ont l’air blanc, sont veinés de bleu pâle ; les sépales, sur le fond blanc, ont tout un réseau indigo clair qui va s’intensifiant vers les bords et particulièrement aux épaules. C’est, en fait, le résultat d’un mariage entre une lignée de blancs et une lignée de plicatas : ((Crinkled Ivory x Autumn Sensation) x Grand Baroque) X Cross Stitch. Derrière ‘Grand Baroque’ il y a les iris blancs ‘Henry Shaw’, ‘Cliffs of Dover’, New Snow’. Derrière ‘Cross Stitch’, lui-même plicata, il y a ‘Rococo’, ‘Gibson Girl’, ‘Tiffany’, ‘Blue Shimmer’ etc.
C’est aussi un iris remontant, et même à fort pouvoir en ce domaine. Une caractéristique, fortement recherchée par Lloyd Zurbrigg, que l’on retrouve dans sa descendance, notamment chez ‘Immortality’ (1982) ou ‘ Northward Ho’ (1990).
C’est enfin un iris au parfum puissant et délicieux.
C’est ce dernier aspect qui m’a fait m’intéresser à lui. J’avais lu ça dans la liste de Lawrence Ransom, et je le lui ai acheté. Quand je me suis penché pour la première fois, l’année suivante, au-dessus des premières fleurs ouvertes, j’ai pu me rendre compte que Lawrence n’avait pas menti en parlant d’un parfum exceptionnel. Est-ce celui du seringat ? Du chèvrefeuille ? En tout cas c’est quelque chose comme cela. Cela sent le printemps, les soirs paisibles sur les gazons d’avril… Ce n’est pas la lourde odeur sucrée propre à l’iris en général, c’est bien plus délicat. Cela va parfaitement avec cette fleur un peu surannée, maintenant, à la consistance un peu fragile, à la grâce légère et féminine. ‘English Cottage’ n’enthousiasmera pas les amateurs de fleurs somptueuses, mais il plaira à tous ceux qui mettent la délicatesse et la classe au-dessus de tout.
Illustrations :
- ‘English Cottage’
- ‘Cross Stitch’
- ‘Crinkled Ivory’
- ‘Grand Baroque’
Quand on évoque ‘English Cottage’, on pense immédiatement au mot « parfum ». Car il n’y a pas beaucoup d’iris dont l’odeur soit aussi puissante et agréable. Mais ce n’est pas la seule des particularités de cette variété archi-connue.
‘English Cottage’ (Zurbrigg, 1976), est d’abord un iris plicata. Cela ne se voit pas du premier coup d’œil, mais il ne faut pas un long examen pour s’en rendre compte : les pétales, qui ont l’air blanc, sont veinés de bleu pâle ; les sépales, sur le fond blanc, ont tout un réseau indigo clair qui va s’intensifiant vers les bords et particulièrement aux épaules. C’est, en fait, le résultat d’un mariage entre une lignée de blancs et une lignée de plicatas : ((Crinkled Ivory x Autumn Sensation) x Grand Baroque) X Cross Stitch. Derrière ‘Grand Baroque’ il y a les iris blancs ‘Henry Shaw’, ‘Cliffs of Dover’, New Snow’. Derrière ‘Cross Stitch’, lui-même plicata, il y a ‘Rococo’, ‘Gibson Girl’, ‘Tiffany’, ‘Blue Shimmer’ etc.
C’est aussi un iris remontant, et même à fort pouvoir en ce domaine. Une caractéristique, fortement recherchée par Lloyd Zurbrigg, que l’on retrouve dans sa descendance, notamment chez ‘Immortality’ (1982) ou ‘ Northward Ho’ (1990).
C’est enfin un iris au parfum puissant et délicieux.
C’est ce dernier aspect qui m’a fait m’intéresser à lui. J’avais lu ça dans la liste de Lawrence Ransom, et je le lui ai acheté. Quand je me suis penché pour la première fois, l’année suivante, au-dessus des premières fleurs ouvertes, j’ai pu me rendre compte que Lawrence n’avait pas menti en parlant d’un parfum exceptionnel. Est-ce celui du seringat ? Du chèvrefeuille ? En tout cas c’est quelque chose comme cela. Cela sent le printemps, les soirs paisibles sur les gazons d’avril… Ce n’est pas la lourde odeur sucrée propre à l’iris en général, c’est bien plus délicat. Cela va parfaitement avec cette fleur un peu surannée, maintenant, à la consistance un peu fragile, à la grâce légère et féminine. ‘English Cottage’ n’enthousiasmera pas les amateurs de fleurs somptueuses, mais il plaira à tous ceux qui mettent la délicatesse et la classe au-dessus de tout.
Illustrations :
- ‘English Cottage’
- ‘Cross Stitch’
- ‘Crinkled Ivory’
- ‘Grand Baroque’
CALENDRIER RÉPUBLICAIN
Le cycle va s’achever. Les fruits sont là, prêts à être récoltés, et les créateurs d’iris, toujours proches de la terre et de ce qu’elle donne, s’en sont inspiré dans les noms qu’ils ont choisi.
· ‘Juicy Fruit’ (Monty Byers, 1989)
· ‘Honey Fruit Cocktail’ (Richard Ernst, 2009)
· ‘Peau de Pêche’ (Richard Cayeux, 2007)
· ‘Tropical Fruit’ (Paul Black, 1989)
NATHAN ET THELMA
Il ne reste pas beaucoup de grands hybrideurs américains dont je n’ai pas encore dressé le portrait. Pour ceux qui restent, il me faut davantage d’informations. Je pense à Evelyn Kegerise, Georgia Hinckle, Glen Corlew, Steve Varner, George Crossman, Loletta Powell, et quelques autres… Cette fois nous allons faire la connaissance de Nathan Rudolph, dont plusieurs variétés sont toujours présentes dans nos jardins : ‘Pink Angel’ (1973), ‘Pink Sleigh’ (1970), ‘Lemon Mist’ (1972), ‘Titian Gold’ (1973), et surtout ‘Pink Taffeta’ (1968).
Quand on parle de la carrière parmi les iris de Nate Rudolph, on ne peut pas passer sous silence le rôle de sa femme Thelma, car il s’agit véritablement d’un travail à quatre mains. En fait c’est Thelma qui est à l’origine de l’intérêt de Nate pour les iris, car c’est avec son épouse et dans le jardin de sa belle-mère que Nate s’est pris de passion pour notre fleur favorite.
Il a fait des études scientifiques et s’est spécialisé dans l’électricité. Il a mené une longue carrière d’ingénieur électrotechnicien dans une grande entreprise de l’Illinois, à Aurora, où il a passé toute sa vie. Ce n’est qu’après son mariage, donc, qu’il a commencé à ajouter l’horticulture à ses pôles d’intérêt. C’est en 1938 qu’il a commencé à hybrider. Dès le départ il s’est fixé comme but l’amélioration de l’ondulation chez les grands iris. Et quand les iris roses ont commencé à se développer, il a ajouté cette problématique à son projet horticole. La longue liste de ses iris roses et ondulés atteste de son succès dans les deux domaines.
Pendant la guerre, en 1942, il a fait la connaissance des deux sommités du monde des iris qu’étaient à l’époque Orville Fay et David Hall, tous deux installés dans l’Illinois, à Wilmette, à proximité de Chicago. En dépit des restrictions de carburant, Nate et Thelma ont fait souvent la route entre Aurora et Wilmette pour admirer la production de ces deux mentors. C’est chez Orville Fay que Nate a été convaincu de l’intérêt présenté par les ondulations pour l’élégance et la tenue des fleurs d’iris. Fay avait en effet remarqué le potentiel de ‘Snow Flurry’ et s’était procuré cette variété afin d’en introduire les gènes dans ses hybridations. Il a donné à Rudolph des rhizomes et du pollen, et celui-ci c’est évertué à améliorer, de génération en génération, l’aspect ondulé de ses iris, en sorte que ce trait est devenu sa marque de fabrique.
Les succès de Nate, qui ont commencé avec ‘Dancing Bride’ (1961) et ‘Yellow Chiffon’ (1965), se sont poursuivi avec ‘Cream Taffeta’ (1970) et ‘Carved Cameo’ (1972). Ils sont le résultat d’une étude des lois de Mendel sur l’hérédité appliquée à un grand nombre de semis : de 1500 à 2000 chaque année. Ce qui laisse imaginer quelle charge de travail cela pouvait représenter ! Avec l’aide de Thelma il semait, repiquait, soignait toutes ses plantes avec une attention méticuleuse qu’il portait également à leur sélection sévère. Les iris qu’il a enregistrés étaient toujours des plantes non seulement belles, mais aussi robustes et vigoureuses. Ajoutons, pour décrire sa puissance de travail, qu’il semait chaque année à peu autant d’hémérocalles que d’iris, et qu’il s’intéressait aussi aux pivoines !
Les années 70 marquent l’apogée de la carrière iridistique de Nathan Rudolph. Après la renommée, la gloire lui est venue en 1975 avec la Médaille de Dykes attribuée à ‘Pink Taffeta’, tandis que ‘Chartreuse Ruffles’ (1976) entamait une diffusion mondiale et lui valait la reconnaissance de ses pairs.
Il n’y a pas de surprise, pour faire une grande carrière dans le domaine des iris, il faut évidemment un sens inné de l’opportunité et un goût très sûr, mais encore plus une puissance de travail exceptionnelle tant sur le terrain que dans les livres, quand il faut acquérir de vastes connaissances en botanique et en génétique. Nate Rudolph est, en ce sens, un exemple.
Cette chronique doit une large contribution à l’article publié dans le Bulletin de l’AIS n° 214 par C.J. Blocher.
Illustrations :
· ‘Carved Cameo’
· ‘Chartreuse Ruffles’
· ‘Pink Taffeta’
· ‘Yellow Chiffon’
Quand on parle de la carrière parmi les iris de Nate Rudolph, on ne peut pas passer sous silence le rôle de sa femme Thelma, car il s’agit véritablement d’un travail à quatre mains. En fait c’est Thelma qui est à l’origine de l’intérêt de Nate pour les iris, car c’est avec son épouse et dans le jardin de sa belle-mère que Nate s’est pris de passion pour notre fleur favorite.
Il a fait des études scientifiques et s’est spécialisé dans l’électricité. Il a mené une longue carrière d’ingénieur électrotechnicien dans une grande entreprise de l’Illinois, à Aurora, où il a passé toute sa vie. Ce n’est qu’après son mariage, donc, qu’il a commencé à ajouter l’horticulture à ses pôles d’intérêt. C’est en 1938 qu’il a commencé à hybrider. Dès le départ il s’est fixé comme but l’amélioration de l’ondulation chez les grands iris. Et quand les iris roses ont commencé à se développer, il a ajouté cette problématique à son projet horticole. La longue liste de ses iris roses et ondulés atteste de son succès dans les deux domaines.
Pendant la guerre, en 1942, il a fait la connaissance des deux sommités du monde des iris qu’étaient à l’époque Orville Fay et David Hall, tous deux installés dans l’Illinois, à Wilmette, à proximité de Chicago. En dépit des restrictions de carburant, Nate et Thelma ont fait souvent la route entre Aurora et Wilmette pour admirer la production de ces deux mentors. C’est chez Orville Fay que Nate a été convaincu de l’intérêt présenté par les ondulations pour l’élégance et la tenue des fleurs d’iris. Fay avait en effet remarqué le potentiel de ‘Snow Flurry’ et s’était procuré cette variété afin d’en introduire les gènes dans ses hybridations. Il a donné à Rudolph des rhizomes et du pollen, et celui-ci c’est évertué à améliorer, de génération en génération, l’aspect ondulé de ses iris, en sorte que ce trait est devenu sa marque de fabrique.
Les succès de Nate, qui ont commencé avec ‘Dancing Bride’ (1961) et ‘Yellow Chiffon’ (1965), se sont poursuivi avec ‘Cream Taffeta’ (1970) et ‘Carved Cameo’ (1972). Ils sont le résultat d’une étude des lois de Mendel sur l’hérédité appliquée à un grand nombre de semis : de 1500 à 2000 chaque année. Ce qui laisse imaginer quelle charge de travail cela pouvait représenter ! Avec l’aide de Thelma il semait, repiquait, soignait toutes ses plantes avec une attention méticuleuse qu’il portait également à leur sélection sévère. Les iris qu’il a enregistrés étaient toujours des plantes non seulement belles, mais aussi robustes et vigoureuses. Ajoutons, pour décrire sa puissance de travail, qu’il semait chaque année à peu autant d’hémérocalles que d’iris, et qu’il s’intéressait aussi aux pivoines !
Les années 70 marquent l’apogée de la carrière iridistique de Nathan Rudolph. Après la renommée, la gloire lui est venue en 1975 avec la Médaille de Dykes attribuée à ‘Pink Taffeta’, tandis que ‘Chartreuse Ruffles’ (1976) entamait une diffusion mondiale et lui valait la reconnaissance de ses pairs.
Il n’y a pas de surprise, pour faire une grande carrière dans le domaine des iris, il faut évidemment un sens inné de l’opportunité et un goût très sûr, mais encore plus une puissance de travail exceptionnelle tant sur le terrain que dans les livres, quand il faut acquérir de vastes connaissances en botanique et en génétique. Nate Rudolph est, en ce sens, un exemple.
Cette chronique doit une large contribution à l’article publié dans le Bulletin de l’AIS n° 214 par C.J. Blocher.
Illustrations :
· ‘Carved Cameo’
· ‘Chartreuse Ruffles’
· ‘Pink Taffeta’
· ‘Yellow Chiffon’
31.5.13
MEA CULPA
Sur la foi de je ne sais quelle information j’ai écrit que Lorena Montanari était « italo argentine ». Cette personne me fait savoir qu’elle est exclusivement italienne. Je lui demande pardon de mon erreur.
Cela devrait me servir de leçon. Je vais m’efforcer d’éviter ces pédanteries qui n’apportent rien à mes propos. Un peu d’humilité ne me fera pas de mal !
Cela devrait me servir de leçon. Je vais m’efforcer d’éviter ces pédanteries qui n’apportent rien à mes propos. Un peu d’humilité ne me fera pas de mal !
ECHOS DU MONDE DES IRIS
George Sutton
George Sutton vient de mourir, brusquement, pendant son sommeil. C’est un hybrideur qui n’a pas fait une longue carrière puisque ses premiers enregistrements datent seulement de la fin des années 1980 (‘Cute Orange Horn’ – 1988). C’est aussi un producteur sérieux et un des rares à bien vouloir continuer d’expédier vers l’Europe. Il est bien connu des amateurs français pour son ‘Bye Bye Blues’ (1996), vainqueur du concours FRANCIRIS 2005. Son fils Michael, déjà associé à son entreprise depuis 1994, va continuer les hybridations et l’exploitation de la pépinière, la plus importante de Californie, à Porterville.
Illustrations :
· ‘Cute Orange Horns’
· ‘Bye Bye Blues’
George Sutton vient de mourir, brusquement, pendant son sommeil. C’est un hybrideur qui n’a pas fait une longue carrière puisque ses premiers enregistrements datent seulement de la fin des années 1980 (‘Cute Orange Horn’ – 1988). C’est aussi un producteur sérieux et un des rares à bien vouloir continuer d’expédier vers l’Europe. Il est bien connu des amateurs français pour son ‘Bye Bye Blues’ (1996), vainqueur du concours FRANCIRIS 2005. Son fils Michael, déjà associé à son entreprise depuis 1994, va continuer les hybridations et l’exploitation de la pépinière, la plus importante de Californie, à Porterville.
Illustrations :
· ‘Cute Orange Horns’
· ‘Bye Bye Blues’
CALENDRIER RÉPUBLICAIN
XI. Thermidor
La chaleur, l’été en général ont donné naissance à une multitude de noms évocateurs. En voici quatre, parmi tant d’autres…
· ‘Podzni Leto’ (Zdenek Seidl, 1997) « Eté Indien »
· ‘Summer Song’ (Elizabeth Nesmith, 1948)
· ‘Summer Sunburst’ (Terry Aitken, 2010)
· ‘Tropical Fruit' (Paul Black, 1989)
La chaleur, l’été en général ont donné naissance à une multitude de noms évocateurs. En voici quatre, parmi tant d’autres…
· ‘Podzni Leto’ (Zdenek Seidl, 1997) « Eté Indien »
· ‘Summer Song’ (Elizabeth Nesmith, 1948)
· ‘Summer Sunburst’ (Terry Aitken, 2010)
· ‘Tropical Fruit' (Paul Black, 1989)
CLASSIQUE ? MODERNE ? Une vieille querelle
Peut-on dire de telle ou telle variété qu’elle est « moderne » ou « classique » ? Qu’est-ce qui peut constituer cette distinction ? Je ne m’étais pas posé ces questions, jusqu’à ce que Lawrence Ransom me fasse part de son désaccord avec les exemples que j’en ai donné dans quelque chronique passée. Je vais donc essayer de préciser ma pensée à ce sujet.
Les premiers iris cultivés datent des années 1830, mais ne se sont véritablement développés qu’après 1850, et surtout à partir de 1900. Dans ma classification personnelle, les iris antérieurs aux années 1920 sont à considérer comme « iris anciens ». Les iris « classiques » sont apparus ensuite. Ils se divisent en deux sous-classes : les « proto-classiques » et les ‘classiques » à proprement parler. Les « proto-classiques » sont ceux qui sont apparus entre le commencement de la révolution tétraploïde et les débuts des ondulations et des bords dentelés. Grosso modo cela couvre les décennies 1930/40. Viennent ensuite les véritables classiques. Mais mon classement n’est pas seulement un classement chronologique. Il fait appel à des notions très suggestives essentiellement liées à la forme de la fleur, à la tenue des sépales et à la position des pétales. Ce que j’appelle une forme classique exemplaire peut se rencontrer chez les fleurs telles qu’en sélectionne la Maison Schreiner depuis des années. Pas d’excès, pas de fantaisie, mais un produit impeccable, qui plaira à la majorité de la clientèle. Cependant il y a tout de même une certaine évolution : comparez ‘Gingersnap’ (1965) et ‘Fortunate Son’ (2006). A côté de cela il existe des obtenteurs qui sélectionnent des fleurs différentes.
Avec ‘Bubbling Over’ par exemple, Joë Ghio a choisi quelque chose qui n’est pas classique et que je qualifie donc de « moderne ». Les iris dont les pétales s’écartent ou se dressent à la verticale, oubliant la forme en dôme traditionnelle, sont aussi des iris « modernes », comme ‘Boutefeu’ (Jacob, 2012). Les variétés aux pétales bouillonnés, façon ‘Sea Power’ ou ‘Decadence’ sont à mettre dans le même panier. Voilà ce que j’appelle des iris « modernes ».
Mais il y a un nombre considérable de variétés dont le rangement dans l’une ou l’autre des classes est absolument subjectif. Par certains traits une fleur peut me paraître « moderne », par d’autres elle peut mériter de se trouver parmi les « classiques ».
Finalement, effectuer un tel classement n’est qu’une question d’appréciation personnelle. Un iris contemporain, mais issu de variétés anciennes, tout en faisant ressortir des traits qui datent, peut présenter un intérêt qui lui donne toute sa place parmi les modernes. Dans quelle colonne vais-je le placer ? A bien y réfléchir, je me demande si cette classification que j’ai établie dans un souci d’ordre sans doute excessif, n’est pas artificielle. Peut-être serait-il plus simple que je m’en tienne à un ordre purement chronologique. Cela au moins serait indiscutable !
Illustration :
· ‘Gingersnap’ (Schreiner, 1965) – variété dite « classique »
· ‘Bubbling Over (Ghio, 1982) – variété qualifiée de « moderne »
· ‘Boutefeu’ (Jacob, 2012) – variété qualifiée de « moderne »
· ‘Sea Power’ (Keppel, 1999) – variété qualifiée de « moderne »
Les premiers iris cultivés datent des années 1830, mais ne se sont véritablement développés qu’après 1850, et surtout à partir de 1900. Dans ma classification personnelle, les iris antérieurs aux années 1920 sont à considérer comme « iris anciens ». Les iris « classiques » sont apparus ensuite. Ils se divisent en deux sous-classes : les « proto-classiques » et les ‘classiques » à proprement parler. Les « proto-classiques » sont ceux qui sont apparus entre le commencement de la révolution tétraploïde et les débuts des ondulations et des bords dentelés. Grosso modo cela couvre les décennies 1930/40. Viennent ensuite les véritables classiques. Mais mon classement n’est pas seulement un classement chronologique. Il fait appel à des notions très suggestives essentiellement liées à la forme de la fleur, à la tenue des sépales et à la position des pétales. Ce que j’appelle une forme classique exemplaire peut se rencontrer chez les fleurs telles qu’en sélectionne la Maison Schreiner depuis des années. Pas d’excès, pas de fantaisie, mais un produit impeccable, qui plaira à la majorité de la clientèle. Cependant il y a tout de même une certaine évolution : comparez ‘Gingersnap’ (1965) et ‘Fortunate Son’ (2006). A côté de cela il existe des obtenteurs qui sélectionnent des fleurs différentes.
Avec ‘Bubbling Over’ par exemple, Joë Ghio a choisi quelque chose qui n’est pas classique et que je qualifie donc de « moderne ». Les iris dont les pétales s’écartent ou se dressent à la verticale, oubliant la forme en dôme traditionnelle, sont aussi des iris « modernes », comme ‘Boutefeu’ (Jacob, 2012). Les variétés aux pétales bouillonnés, façon ‘Sea Power’ ou ‘Decadence’ sont à mettre dans le même panier. Voilà ce que j’appelle des iris « modernes ».
Mais il y a un nombre considérable de variétés dont le rangement dans l’une ou l’autre des classes est absolument subjectif. Par certains traits une fleur peut me paraître « moderne », par d’autres elle peut mériter de se trouver parmi les « classiques ».
Finalement, effectuer un tel classement n’est qu’une question d’appréciation personnelle. Un iris contemporain, mais issu de variétés anciennes, tout en faisant ressortir des traits qui datent, peut présenter un intérêt qui lui donne toute sa place parmi les modernes. Dans quelle colonne vais-je le placer ? A bien y réfléchir, je me demande si cette classification que j’ai établie dans un souci d’ordre sans doute excessif, n’est pas artificielle. Peut-être serait-il plus simple que je m’en tienne à un ordre purement chronologique. Cela au moins serait indiscutable !
Illustration :
· ‘Gingersnap’ (Schreiner, 1965) – variété dite « classique »
· ‘Bubbling Over (Ghio, 1982) – variété qualifiée de « moderne »
· ‘Boutefeu’ (Jacob, 2012) – variété qualifiée de « moderne »
· ‘Sea Power’ (Keppel, 1999) – variété qualifiée de « moderne »
ECHOS DU MONDE DES IRIS
Chapeau !
J’ai visité le site de Iris en Provence et j’ai été séduit par les nombreuses nouveautés présentées. Il y a un net renouvellement, avec des variétés européennes et même françaises ! Quelques bugs informatiques devront être corrigés, mais dans l’ensemble, c’est un catalogue très réjouissant.
Jeunes hybrideurs
Après une visite chez Iris en Provence, TF 1 a proposé un sujet sur la Maison Bourdillon. Ce fut pour moi l’occasion d’apprendre qu’une troisième génération de Bourdillon se prépare à prendre le relais. Il est de plus fort intéressant que le jeune Nicolas Bourdillon se lance dans l’hybridation, ce que n’ont fait ni son grand-père ni son père. De son côté le fils de Laure Anfosso a repris le flambeau familial et ses premières variétés apparaîtront bientôt sur le marché. Cela fait deux espoirs majeurs pour l’hybridation française.
Complément d’information : Concorso Firenze 2013
Florence Darthenay a rapporté de Florence des photos des semis d’Anton Mego, classés 2eme et 3eme au concours 2013, qui ont reçu un nom :
seedling AM-04/1734-5 (classé 2eme) = ‘Sweet Candy’
seedling AM-05/1942-2 (classé 3eme) = ‘Classy Lady’
J’ai visité le site de Iris en Provence et j’ai été séduit par les nombreuses nouveautés présentées. Il y a un net renouvellement, avec des variétés européennes et même françaises ! Quelques bugs informatiques devront être corrigés, mais dans l’ensemble, c’est un catalogue très réjouissant.
Jeunes hybrideurs
Après une visite chez Iris en Provence, TF 1 a proposé un sujet sur la Maison Bourdillon. Ce fut pour moi l’occasion d’apprendre qu’une troisième génération de Bourdillon se prépare à prendre le relais. Il est de plus fort intéressant que le jeune Nicolas Bourdillon se lance dans l’hybridation, ce que n’ont fait ni son grand-père ni son père. De son côté le fils de Laure Anfosso a repris le flambeau familial et ses premières variétés apparaîtront bientôt sur le marché. Cela fait deux espoirs majeurs pour l’hybridation française.
Complément d’information : Concorso Firenze 2013
Florence Darthenay a rapporté de Florence des photos des semis d’Anton Mego, classés 2eme et 3eme au concours 2013, qui ont reçu un nom :
seedling AM-04/1734-5 (classé 2eme) = ‘Sweet Candy’
seedling AM-05/1942-2 (classé 3eme) = ‘Classy Lady’
24.5.13
ECHOS DU MONDE DES IRIS
Florence 2013
Le concours de Florence 2013 s’est déroulé pendant la semaine du 13 au 18 mai. En voici le palmarès :
1er Premio Firenze (Florin d’or): ‘Vento di Maggio’ (A.Bianco - 2012)
2nd : seedling AM-04/1734-5 (A. Mego)
3eme : seedling AM-05/1942-2 (A. Mego)
4eme : ‘Blue Trill’ (P. Black - 2010)
5eme : ‘Barbablu’ (S. Gigli)
6eme : ‘Vymarna’ (S. Paolin)
7eme : ‘Magnétisme’ (R. Cayeux - 2009)
8eme : ‘Nouvelle Vague’ (R. Cayeux - 2010)
9eme : ‘Calgary’ (T. Johnson - 2010)
10eme : ‘Ballerina’ (L. Montanari) (1)
Ce succès pour Augusto Bianco vient couronner une longue et belle carrière d’hybdideur. La liste ci-dessus apporte une preuve supplémentaire de ce que les hybrideurs européens ont atteint le niveau international. Quand leurs iris apparaîtront-ils dans les catalogues des grandes pépinières françaises ?
(1) Le nom de ‘Ballerina’ a déjà été attribué à une variété de D. Hall, en 1950. Il est vraisemblable qu’il ne pourra pas être retenu lors de l’enregistrement de cet iris.
Le concours de Florence 2013 s’est déroulé pendant la semaine du 13 au 18 mai. En voici le palmarès :
1er Premio Firenze (Florin d’or): ‘Vento di Maggio’ (A.Bianco - 2012)
2nd : seedling AM-04/1734-5 (A. Mego)
3eme : seedling AM-05/1942-2 (A. Mego)
4eme : ‘Blue Trill’ (P. Black - 2010)
5eme : ‘Barbablu’ (S. Gigli)
6eme : ‘Vymarna’ (S. Paolin)
7eme : ‘Magnétisme’ (R. Cayeux - 2009)
8eme : ‘Nouvelle Vague’ (R. Cayeux - 2010)
9eme : ‘Calgary’ (T. Johnson - 2010)
10eme : ‘Ballerina’ (L. Montanari) (1)
Ce succès pour Augusto Bianco vient couronner une longue et belle carrière d’hybdideur. La liste ci-dessus apporte une preuve supplémentaire de ce que les hybrideurs européens ont atteint le niveau international. Quand leurs iris apparaîtront-ils dans les catalogues des grandes pépinières françaises ?
(1) Le nom de ‘Ballerina’ a déjà été attribué à une variété de D. Hall, en 1950. Il est vraisemblable qu’il ne pourra pas être retenu lors de l’enregistrement de cet iris.
CALENDRIER RÉPUBLICAIN
X . Messidor
Autres événements qui inspirent, l’été, les vacances, les blés qui mûrissent sous un soleil doré…
· ‘Days of Summer’ (Tim Stanek, 2001)
· ‘Gold Country’ (Joseph Ghio, 1987)
· ‘Sands of Gold’ (Gordon Plough, 1972)
· ‘Summer Holidays’ (Lloyd Zurbrigg, 1979)
Autres événements qui inspirent, l’été, les vacances, les blés qui mûrissent sous un soleil doré…
· ‘Days of Summer’ (Tim Stanek, 2001)
· ‘Gold Country’ (Joseph Ghio, 1987)
· ‘Sands of Gold’ (Gordon Plough, 1972)
· ‘Summer Holidays’ (Lloyd Zurbrigg, 1979)
PORTRAIT DE JOSEPH GHIO
Joseph Ghio n’a jusqu’à présent obtenu qu’une seule fois la Médaille de Dykes. C’était en 1980, pour ‘Mystique’, une variété qui avait suscité une admiration générale pour sa couleur bleue unique. Depuis, sa renommée mondiale n’a pas réussi à lui valoir une nouvelle consécration.
Enfant de Santa Cruz, en Californie, sur la côte du Pacifique, au sud-est de San Francisco, il y fut enseignant dans une école de commerce pendant 19 ans avant d’en devenir le maire dans les années 1970. il est d’une famille où l’on aime à cultiver des choses. Pas étonnant donc qu’encore adolescent il se soit intéressé au jardinage. Un jour il a vu dans un magazine une annonce pour une collection d’iris à 5 $ ; admiratif de la variété des couleurs, il a passé commande après avoir tondu maintes pelouses pour se procurer l’argent nécessaire. Cet achat lui est parvenu accompagné d’un catalogue en couleur de chez Shreiner, et Joe a immédiatement passé une autre commande.
Le printemps suivant, en 1954, il s’est mis à croiser tout et n’importe quoi, comme il dit. « J’étais encore collégien à cette époque ». Mais il s’est assagi et a pratiqué l’hybridation avec de plus en plus de discernement et de plus en plus de succès. D’après lui, ‘Mystique’ est particulièrement intéressant parque c’est l’aboutissement d’une longue lignée suivie à partir de ‘Frosted Starlight’, variété issue d’un croisement réalisé dès sa troisième année de pratique.
Aujourd’hui, Joe Ghio en est à sa soixantième année d’hybridation ! Il cultive toujours des milliers de nouveaux semis chaque année, et a enregistré pas loin de 900 variétés nouvelles, essentiellement des grands iris et des iris de Californie, catégorie dont il s’est fait une spécialité. Cette masse de nouveaux iris lui a valu de très nombreuses médailles, mais seulement une cinquantaine d’Awards of Merit. Chacun s’accorde à le considérer comme l’un des plus habiles hybrideurs, dans tous les modèles et dans toutes les couleurs. Mais beaucoup d’amateurs reprochent à ses obtentions d’être souvent capricieuses et quelque fois décevantes. Ce sont des iris qui promettent beaucoup, mais qui exigent des conditions de culture délicates et pas toujours à la portée des jardiniers ordinaires. C’est sans doute la conséquence de croisements subtils et astucieux mais affaiblis par des consanguinités répétées. De plus, nées dans la douceur climatique de la baie de San Francisco, ses iris ne s’accommodent pas toujours de conditions moins clémentes. Sont-ce les raisons pour lesquelles les plus hautes récompenses lui échappent depuis si longtemps ? En dehors de la DM de ‘Mystique’, seuls ‘Designer Gown’ (1985) et ‘Starring’ (1999) se sont approché du sommet. A Florence, les conditions climatiques plutôt proches de celles de leur Californie natale, ont sans doute contribué aux belles prestations de ‘Dialogue’ (1973, Florin d’Or 1976), ‘Entourage’ (1977, Florin d’Or 1980), ‘Dignitary’ (1973, 2eme Prix 1980), ‘Haunting Rhapsody’ (1967, 2eme Prix 1971), ‘Ghost Story’ (1975, 3eme Prix 1976) et ‘Intuition’ (1977, 3eme Prix, 1979).
Joseph Ghio est un hybrideur génial, plus préoccupé sans doute de la beauté de ses produits et de leur originalité que de leurs qualités végétatives, mais qui force néanmoins l’admiration.
NDLA : D’après un article anonyme publié dans le n° 239 du Bulletin de l’AIS
Illustrations :
· ‘Mystique’
· ‘Designer Gown’
· ‘Frosted Starlight’
· ‘Intuition’
Enfant de Santa Cruz, en Californie, sur la côte du Pacifique, au sud-est de San Francisco, il y fut enseignant dans une école de commerce pendant 19 ans avant d’en devenir le maire dans les années 1970. il est d’une famille où l’on aime à cultiver des choses. Pas étonnant donc qu’encore adolescent il se soit intéressé au jardinage. Un jour il a vu dans un magazine une annonce pour une collection d’iris à 5 $ ; admiratif de la variété des couleurs, il a passé commande après avoir tondu maintes pelouses pour se procurer l’argent nécessaire. Cet achat lui est parvenu accompagné d’un catalogue en couleur de chez Shreiner, et Joe a immédiatement passé une autre commande.
Le printemps suivant, en 1954, il s’est mis à croiser tout et n’importe quoi, comme il dit. « J’étais encore collégien à cette époque ». Mais il s’est assagi et a pratiqué l’hybridation avec de plus en plus de discernement et de plus en plus de succès. D’après lui, ‘Mystique’ est particulièrement intéressant parque c’est l’aboutissement d’une longue lignée suivie à partir de ‘Frosted Starlight’, variété issue d’un croisement réalisé dès sa troisième année de pratique.
Aujourd’hui, Joe Ghio en est à sa soixantième année d’hybridation ! Il cultive toujours des milliers de nouveaux semis chaque année, et a enregistré pas loin de 900 variétés nouvelles, essentiellement des grands iris et des iris de Californie, catégorie dont il s’est fait une spécialité. Cette masse de nouveaux iris lui a valu de très nombreuses médailles, mais seulement une cinquantaine d’Awards of Merit. Chacun s’accorde à le considérer comme l’un des plus habiles hybrideurs, dans tous les modèles et dans toutes les couleurs. Mais beaucoup d’amateurs reprochent à ses obtentions d’être souvent capricieuses et quelque fois décevantes. Ce sont des iris qui promettent beaucoup, mais qui exigent des conditions de culture délicates et pas toujours à la portée des jardiniers ordinaires. C’est sans doute la conséquence de croisements subtils et astucieux mais affaiblis par des consanguinités répétées. De plus, nées dans la douceur climatique de la baie de San Francisco, ses iris ne s’accommodent pas toujours de conditions moins clémentes. Sont-ce les raisons pour lesquelles les plus hautes récompenses lui échappent depuis si longtemps ? En dehors de la DM de ‘Mystique’, seuls ‘Designer Gown’ (1985) et ‘Starring’ (1999) se sont approché du sommet. A Florence, les conditions climatiques plutôt proches de celles de leur Californie natale, ont sans doute contribué aux belles prestations de ‘Dialogue’ (1973, Florin d’Or 1976), ‘Entourage’ (1977, Florin d’Or 1980), ‘Dignitary’ (1973, 2eme Prix 1980), ‘Haunting Rhapsody’ (1967, 2eme Prix 1971), ‘Ghost Story’ (1975, 3eme Prix 1976) et ‘Intuition’ (1977, 3eme Prix, 1979).
Joseph Ghio est un hybrideur génial, plus préoccupé sans doute de la beauté de ses produits et de leur originalité que de leurs qualités végétatives, mais qui force néanmoins l’admiration.
NDLA : D’après un article anonyme publié dans le n° 239 du Bulletin de l’AIS
Illustrations :
· ‘Mystique’
· ‘Designer Gown’
· ‘Frosted Starlight’
· ‘Intuition’
17.5.13
ECHOS DU MONDE DES IRIS
TF1
Le journal de 13H de TF1 du 13 mai 2013 a consacré un sujet de 1’54 aux iris de la famille Anfosso. Toujours aussi charmante, Laure Anfosso a donné quelques explications qui ont été suivies d’un bref exemple de croisement, bien photographié. C’est pourquoi on a envie de dire, comme Cyrano de Bergerac : « Ah, non ! C’est un peu court, jeune homme. »
Le journal de 13H de TF1 du 13 mai 2013 a consacré un sujet de 1’54 aux iris de la famille Anfosso. Toujours aussi charmante, Laure Anfosso a donné quelques explications qui ont été suivies d’un bref exemple de croisement, bien photographié. C’est pourquoi on a envie de dire, comme Cyrano de Bergerac : « Ah, non ! C’est un peu court, jeune homme. »
CALENDRIER RÉPUBLICAIN
IX. Prairial
Situé du 20 mai au 18 juin, ce mois révolutionnaire a souvent inspiré les créateurs d’iris. Leurs choix portent à la fois sur les prairies et les céréales encore en vert, et sur le mois de juin lui-même.
· ‘Going Green’ (Anton Mego, 2008)
· ‘Prairie Sunset’ (Hans Sass, 1939)
· ‘Silicon Prairie’ (Tim Stanek, 1991)
· ‘Vesna Krasna’ (Boris Krasheninnikov, 2006) « Printemps Rouge »
Situé du 20 mai au 18 juin, ce mois révolutionnaire a souvent inspiré les créateurs d’iris. Leurs choix portent à la fois sur les prairies et les céréales encore en vert, et sur le mois de juin lui-même.
· ‘Going Green’ (Anton Mego, 2008)
· ‘Prairie Sunset’ (Hans Sass, 1939)
· ‘Silicon Prairie’ (Tim Stanek, 1991)
· ‘Vesna Krasna’ (Boris Krasheninnikov, 2006) « Printemps Rouge »
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