15.4.17

UN PIONNIER EN SLOVAQUIE

Ce n'est qu'il y a quelques semaines que j'ai appris le décès de Ladislaw Muska. Je le savais mal portant depuis plusieurs années, et il avait été contraint, de ce fait, de cesser son activité d'hybrideur d'iris. Il fut l'un des premiers iridophiles d'Europe de l'Est avc qui j'ai correspondu et nos échanges épistolaires ont duré de nombreuses années, à cheval sur la fin de l'ère communiste dans son pays et le début de la période démocratique. En fait nous n'avons jamais abordé ensemble le côté politique de l'affaire ; nos conversations portaient exclusivement sur des questions botaniques et horticoles.

C'est que pour pratiquer l’hybridation d’iris de l’autre côté du Rideau de Fer, entre 1960 et 1990, il fallait beaucoup d’humilité et beaucoup d’enthousiasme. Ladislaw Muska ne manquait ni de l’une ni de l’autre. Au début des années 1960 il avait terminé des études de chimie organique et disposait donc d’un bon bagage en matière de génétique, de biologie et de botanique. C’est avec cela qu’il s’est lancé dans l’hybridation des iris, une plante connue et appréciée de toujours dans sa Slovaquie natale. Son travail s'est immédiatement révélé méritoire : effectué dans des conditions matérielles élémentaires, avec presque aucun cultivar en provenance de l'Ouest, dans l'espace retreint d'un petit jardin populaire de banlieue, il a réussi à obtenir des iris très présentables, au point que le fameux jardin de Pruhonice, à Prague, s'en est procuré un certain nombre pour les exposer dans ses collections. Milan Blazek écrit lui-même : « Ils présentaient un réel intérêt pour la production de nos propres variétés. Parmi celles que nous avions à Pruhonice, nous en avions remarqué une vingtaine, notamment 'Carrara Lace' (1995), 'Alessandra' (1996) et 'Funny Bird' (1996), qui avaient une qualité de niveau international correspondant à ce qui se faisait de bien dans les années 1990."

Ces bons résultats dénotaient un réel talent car il n’était pas facile de se procurer les variétés américaines de l’époque. Aussi travaillait-on à partir de variétés anciennes, acquises par la débrouille et le commerce parallèle. La démarche était par ailleurs intuitive et sentimentale : pas de programme précis, pas d’autre but que celui d’obtenir de nouveaux iris, les plus beaux possibles, tout simplement.

 Ladislav Muska a appelé la première période de sa vie d’hybrideur, l’ « étape Babbling Brook ». parce que cette variété était la plus belle et parmi les plus récentes de celles dont il disposait. Cependant assez vite il se rendit compte que son travail n'était pas au niveau de celui de ses confrères de l'Ouest, aussi renouvela-t-il son matériel génétique et entama-t-il sa deuxième période, celle qu'il a baptisée la période « Laced Cotton », avec des parents potentiels plus modernes, tels que 'Beverly Sills' (Hager 1979 – DM 1985), 'Bride’s Halo' (Mohr 1973 – DM 1978), 'Kilt Lilt' (Gibson 1970 – DM 1976), 'Mystique' (Ghio 1975 – DM 1980), 'Victoria Falls' (Schreiner 1977 – DM 1984) et quelques autres d'aussi bonne facture. Les obtentions de cette époque ressemblaient déjà à ce qui s’était fait aux Etats-Unis et ailleurs, dans les années 1980. Celle dont L. Muska était le plus fier se nomme 'Don Epifano' (1989), de Laced Cotton X Pink Angel, qui est un bicolore noisette et pervenche avec un large liseré vanille autour des sépales, et qui est parfaitement ondulé et frisé. C'est de cette période dont font partie les variétés citées ci-dessus par Milan Blazek. Elles ont dix ans de retard par rapport à leurs équivalents américains, mais démontrent qu’avec les mêmes matériaux on arrive aux mêmes résultats.

La troisième époque a débuté vers la fin des années 1980. Muska l’a appelée sa période « Queen in Calico – Sky Hooks - Ringo » car elle s’appuie essentiellement sur ces trois variétés dans lesquelles il a trouvé de quoi alimenter son projet d’une ligne « plicata space age ». Ses autres géniteurs s’appelaient 'Aphrodisiac' (Schreiner 1986), 'Dusky Challenger' (Schreiner 1986 – DM 1992), 'Edith Wolford' (Hager 1986 – DM 1993), et de nombreux autres car il était devenu facile de se procurer des variétés modernes. Cette troisième époque, celle que Muska nommait celle du « triangle magique des iris » a vu naître des variétés très modernes qui ont nom, entre autres 'Calicoball' (1995), 'Ri-Sampei' (1996), 'Xochipili' (1995), et, surtout, 'Hellada' (1996), qui a fait connaître son obtenteur aux Etats-Unis.

A ce moment Ladislaw Muska (que ses amis appellent « Lako ») a atteint une maturité qui lui permet d’éviter les emballements des années 1980/90 pendant lesquelles il a sûrement enregistré trop de nouvelles variétés. Avec son compatriote Anton Mego, et les obtenteurs tchèques comme Zdenek Seidl, Pavel Nejedlo ou Jiri Dudek, il maîtrise mieux les problèmes de sélection et d’évaluation de son travail. Les variétés enregistrées alors sont à cet égard remarquables. On peut parler de 'Dreaming Clown' (1999) – utilisé par Keith Keppel et Barry Blyth, rien que ça -, 'Golden Fasan' (1999)', 'Zuzana' (2000) ou 'Snorri' (2002), remarquable rose à éperons mauves, qui a reçu le prix de la variété la plus originale à Florence en 99. C'est aussi le commencement de la fin, car il n'y a pas eu de cinquième période.

En effet peu après la santé de Ladislaw s'est déteriorée. Un jour il m'a annoncé qu'une première crise cardiaque l'obligeait à renoncer à son activité au jardin... Je n'ai plus entendu parler de lui, mais sa fille Miriam, dans un hommage posthume paru dans le bulletin de la MEIS sous la signature de Zdenek Seidl, raconte qu'il a peu à peu perdu goût à tout et qu'en quelque sorte il s'est laissé mourir... Il faut dire qu'à 55 ans il avait été atteint d'un cancer de l'estomac dont il avait guéri mais à cause duquel il avait été réformé ce qui l'avait fortement éprouvé.

Je me suis renseigné sur le sort des iris de la collection Muska, notamment auprès d'Anton Mego. Personne n'a pu me dire précisément si elle avait été conservée. Mais il est probable que, logée dans plusieurs jardins ouvriers, lorsque ces lopins ont été redistribués, elle a disparu corps et bien. Sans doute ne reste-t-il plus que les variétés expédiées un peu partout dans le monde pendant le temps où Ladislaw commercialisait ses obtentions. C'est a mon avis une fin bien triste pour le travail d'un homme qui, sans être un génie, a été un pionnier dans son pays et sa région et a sérieusement contribué à l'expansion du monde des iris.

Iconographie : 


'Alessandra' 


'Don Epifano' 


'Hellada' 


'Snorri'

7.4.17

LA FLEUR DU MOIS

‘ONE EIGHTH’ (Ransom, 2015)
 ('Refosco' X 'High Master') 

C'est la dernière variété enregistrée par Lawrence Ransom et rien qu'à ce titre elle mériterait une mise en lumière, mais cela n'est pas son seul titre de gloire. Elle fait partie du dernier lot de plantes que j'ai reçu de Lawrence (ou, plus exactement, de son frère lorsque celui-ci a liquidé les iris cultivés par Lawrence), et je vais la voir fleurie en ce printemps 2017 pour la première fois dans ce qui fut ma collection et qui fait désormais partie de celle de la commune de Champigny, cité de l'iris.

'One Eighth' porte un nom étrange qu'on peut évidemment traduire par « Un Huitième », mais ce qui ne change rien è son étrangeté. Pour comprendre, il faut se référer à ce qu'en dit Lawrence Ransom dans la description qu'il en a fournie pour son enregistrement auprès de l'AIS, et à son pedigree. Voici : « Standards light rose-lilac veined darker, slightly shaded brown at edges; (...) falls mid rose-red paling along edges, centre almost blackish, upper falls veined lilac to red-brown on white to yellow ground; beards orange on bluish-white base. (…) One eighth aril. » En français : Pétales rose lilacé clair, veines plus sombres, légèrement ombré de brun sur les bords ; sépales rose-rouge moyen pâlissant vers les bords, centre plutôt noirâtre, partie supérieure constituée de veines allant du lilas au brun-rouge sur fond de blanc à jaune ; barbes orange avec base blanc bleuté. Un huitième aril.

C'est cette part d'  « arilité » qui est intrigante. Le pedigree nous en donne l'origine en la personne de 'Refosco' (Ransom, 2010). Ce dernier est un « AB (1/4) » (¼ arilbred) par sa « mère » 'Eastern Dusk' (Ransom, 2010) lui-même ½ AB par sa propre « mère » 'Vera' (Van Tubergen, sans date). Cet iris est un hybride interspécifique vraisemblablement issu d'un croisement (I. stolonifera X I. Korolkowii) donc un vrai iris aril.

A force de croiser un aril avec des grands iris de jardin (TB ou BB), le produit perd peu à peu ses gènes arils, d'abord ½ AB avec 'Eastern Dusk', puis ¼ AB avec 'Refosco' et enfin 1/8 AB avec 'One Eighth'.

Cette dilution n'a pas fait disparaître les traits les plus marquants des iris arils, cette allure exotique avec ces veines sombres très apparentes et ces sépales centrés de noir. Cela donne une fleur qui a la perfection formelle des TB et l'apparence mystérieuse des AB. Un mariage mixte eurasien parfaitement réussi.

Lawrence Ransom s'est toujours intéressé à ces fleurs délicates et rares que sont les iris d'Asie Centrale. En vingt ans de carrière, de 1995 à 2015, il a enregistré 43 variétés d'arilbreds et 3 variétés de purs arils. Ce qui fait de lui un véritable spécialiste de ces fleurs. Avec son compère Jean Peyrard qui pour sa part à enregistré trois arilbreds, ils constituent une exception européenne qui n'est pas assez reconnue.

On ne saura jamais si Lawrence Ransom avait l'intention de poursuivre dans la voie de 'One Eighth' et de mettre au point un nouveau modèle d'iris barbu dans lequel les traits caractéristiques des arils viendraient compléter la palette des hybrideurs. Des tentatives ont déjà eu lieu, mais elles ont échoué. Souvenons-nous de 'Lady Mohr' (Salbach, 1943) avec son côté Oncocyclus en provenance 'Capitola' (Reinelt, 1940), et des malheurs de ceux qui ont essayé en croisant 'Capitola' avec un TB, notamment avec 'Snow Flurry' : cela n'a jamais donné naissance à une variété inoubliable et, surtout, susceptible d'une descendance. Henry Danielson, en compagnie de son épouse Luella, a obtenu un grand nombre d'arilbreds. Il a aussi essayé de transférer les traits des arils chez les TB. 'Lawrence Welk' (1976) et 'Scented Opals' (1979) sont les résultats de cette tentative. Ni l'un ni l'autre, en dehors de la couleur de la barbe, n'ont été de francs succès... Le problème provient de ce que les traits des arils, notamment le signal sombre sous les barbes, tend à disparaître au fur et à mesure que les gènes d'arils diminuent en intensité au fil des croisements avec les iris barbus. Peut-être que Ransom avait trouvé une solution. Sa disparition prématurée a mis un terme à tous ces espoirs.

Iconographie : 


'One Eighth' 

'Refosco' 


'Eastern Dusk' 

'Lawrence Welk'

LES TROPHÉES

Emprunter le titre de ce feuilleton à José-Maria de Hérédia me paraît tout à fait adapté pour mettre en valeur les variétés d'iris considérées comme les meilleures de ces vingt dernières années. Ce sont des iris qui méritent bien les trophées qu'ils ont remportés. Nous en verrons quatre par semaine. 

XIII – 2009 


Médaille de Dykes = 'Golden Panther' (Tasco , 2000) 


Fiorino d'Oro = 'Ravissant' (R. Cayeux, 2005) 

Wister Medal (TB) = 'Slovak Prince' (Mego, 2002) 


Cook-Douglas Medal (SDB) = 'Puddy Tat' (P. Black, 2002)

ECHOS DU MONDE DES IRIS

Le temps des catalogues.

Ce matin j'ai reçu les catalogues Cayeux et Bourdillon.

Le catalogue Cayeux est toujours aussi somptueux. En dehors de cette perfection formelle, le contenu démontre une nette évolution vers une majorité de variétés maison. 215 iris « Cayeux » au total !(1) Tout le reste est constitué de variétés américaines ou australiennes à l'exception d'un SDB allemand ('Kleine Ballerina', F. Kathe, 2008).
 (1) Dans la liste générale les variétés Cayeux sont répertoriées en capitales bleues, à l'exception d'une, qui a été loupée : 'Hortensia Rose'.

Chez Bourdillon on note un net rajeunissement de la présentation, toute en couleur, et une ouverture vers les variétés françaises (9 iris), mais pas de liste récapitulative. 63 pages bien agréables à feuilleter.

NUITS PROVENÇALES

Qualifiés de « catégorie difficile » par Pierre Anfosso lui-même, les iris noirs n'en ont pas moins constitué un thême de recherche pour la famille Anfosso et notamment pour Pierre et sa fille Laure. En se lançant dans cette entreprise, ils ont eu une idée originale et intéressante. Ils se sont attaqué à un coloris qui jusqu'à leur initiative n'avait pas intéressé les hybrideurs français. Ils ont ainsi fait œuvre de pionniers. On ne sait pas pourquoi la famille Cayeux qui dominait le marché français depuis cinquante ans n'avait pas touché aux coloris sombres, mais les Anfosso ont vu qu'il y avait une place à prendre sur ce créneau et ils l'ont prise avec opportunité et réussite.

On peut fixer le début de l'affaire en 1979 avec l'enregistrement de 'Maldoror' par Pierre Anfosso. C'est peut-être un peu exagéré de dire que 'Maldoror' fait partie des iris noirs puisque Pierre Anfosso lui-même le décrit comme : « Un grand bleu outremer uni, à barbe assortie, remarquable par le velouté profond de sa texture ». Cependant l'idée est là. Elle devait être confirmée l'année suivante avec l'apparition de 'Calamité'. Si 'Maldoror' était issu d'un croisement plutôt destiné à obtenir des semis blancs (Wedding Vow X Valley West) - 'Wedding Vow' est un blanc pur et 'Valley West' un violet traditionnel – 'Calamité' (Basic Black X Dusky Dancer) provient d'une tentative d'inbreeding classique. « C'est un noir uni, personnalisé par une barbe aux reflets verts." (catalogue d'Iris en Provence) malheureusement, à mon avis, doté d'une odeur peu agréable. Ce 'Calamité', rescapé d'une inondation dévastatrice, faisait partie de ma collection personnelle et s'est toujours montré fidèle et prolifique. C'est une excellente plante de jardin.

 Une petite pause s'est produite ensuite puisque 'Bar de Nuit' n'a fait son apparition qu'en 1986. C'est aussi le produit d'un croisement entre noirs : Calamité X Superstition. L'effet d'approfondissement provenant de l'inbreeding a été pleinement efficace et 'Bar de Nuit' est un iris vraiment noir. On remarque « la profondeur du ton violet très sombre, à reflets noirs, la résonance de la barbe bleu cobalt foncé » (catalogue Iris en Provence), même si la photo constituant la Une du catalogue 1987 est outrageusement avantageuse !

La même année 1986 Laure Anfosso a présenté son 'Duranus' (Storm Center X Victoria Falls) qui n'est pas tout à fait noir mais qui montre le chemin pour une autre obtention, plus foncée et très plaisante : 'Draco' (1988) (Calamité X Storm Center). Il est « sombre et ensorcellant comme l'onyx » comme il est écrit dans le catalogue, toujours très lyrique, de Iris en Provence. Ce 'Draco' fait partie de mes favoris, non seulement pour sa riche couleur, mais aussi pour ses qualités horticoles.

Pierre Anfosso connait parfaitement les règles de l'hybridation. Il sait que pour intensifier la couleur le meilleur moyen est de croiser deux variétés de ladite couleur. Son 'Bar de Nuit', dont il vient d'être question, est un noir déjà issu de deux noirs. En le recroisant avec un autre grand iris noir, il était assuré d'obtenir quelque chose d'encore plus noir. Son choix d'allier 'Bar de Nuit' et 'Black Flag' (Stahly, 1983), lui-même descendant d'un paquet d'iris noirs ('Swahili', 'Edenite', 'Licorice Stck', Black Swan'), allait être récompensé par plusieurs semis remarquables dont il a retenu deux individus auxquels il a donné les noms de 'Nuit de Chine' et de 'Nuit Fauve'. Le premier est mis au catalogue en 1993 et sa description en dit qu'il est « impressionnant de couleur violet noir, à pétales soyeux à reflets prune ». Le second n'est mis en vente que l'année suivante et voici ce qu'en dit le catalogue de 1994 : « les pétales dressés sont presque noir, à reflets violet fauve et les sépales noir veloutés sont bordés du ton des pétales ». Ce sont ce que j'appelle les nuits provençales.

On aurait aimé que la série se poursuive, mais il n'en fut rien et l'activité créatrice de la famille Anfosso allait connaître une longue éclipse regrettée par tous les spécialistes des iris. Les deux derniers iris noirs font aussi partie du dernier contingent des obtentions des années 90. Vingt ans plus tard l'illustre famille a repris les brucelles et de nouvelles variétés sont nées dans la pépinière hyèroise. Mais pas encore de noirs...

Les autres hybrideurs français ont fini par s'intéresser à la couleur noire. Richard Cayeux a enregistré en 2009 un 'Eclipse de Mai' qui est ainsi décrit : « Pétales pourpre violacé foncé ; Sépales presque noirs ; barbes voilet-noir », dont les parents 'Dusky Challenger' et 'Romantic Evening' ne sont pas noirs mais ont l'un et l'autre engendré des variétés très foncées. La même année Bernard Laporte a produit 'Dakar' (Designer Gown X Ostrogoth) qui est un des premiers iris noirs à éperons et se révèle être une excellente plante de jardin, très sombre, robuste et florifère. Jouant à son tour sur l'intensification des couleurs, Richard Cayeux a obtenu 'Nuit Satinée', mis au catalogue en 2012 : « Pétales violet profond ; sépales entre noir et violet ; barbes violet-noir. » Le croisement d'origine est (Badlands X Black Suited). Dans les mêmes moments la famille Bourdillon s'est décidée à enregistrer 'Myrtille', une obtention de Luc Bourdillon de 2004, qui est un violet foncé, mais n'a pas fait de même avec 'Velours Noir', autre obtention de Luc, beaucoup plus proche du noir. 'Miz Du' est une variété de Jean Claude Jacob qui provient de (Night Game X Romantic Evening') et qui tire vers le noir, sans l'atteindre vraiment, mais 'Macassar' (2016) (Black is Black X Black Suited) en est encore plus proche. Enfin du cœur de Bretagne nous vient 'Jais Moqueur' (Chapelle, 2016) (Badlands X Sea Power), bleu violacé très foncé, orné de barbes bronze.

La couleur noire est donc à présent bien présente parmi les obtentions françaises, mais il ne faut surtout pas oublier les nuits provençales de la famille Anfosso qui ont été des figures de proue dans ce domaine.

Iconographie : 


 'Calamité' 


'Bar de Nuit' 


'Draco' 


'Nuit de Chine' 

'Nuit Fauve' 


'Nuit Satinée' 


'Macassar' 


'Jais Moqueur'

31.3.17

LES TROPHÉES

Emprunter le titre de ce feuilleton à José-Maria de Hérédia me paraît tout à fait adapté pour mettre en valeur les variétés d'iris considérées comme les meilleures de ces vingt dernières années. Ce sont des iris qui méritent bien les trophées qu'ils ont remportés. Nous en verrons quatre par semaine.

 XII – 2008 


Médaille de Dykes = 'Starwoman' (IB, M. Smith, 1997) 


Fiorino d'Oro = 'Morning Sunrise' (T. Johnson, 2005) 


Hager Cup = 'Crow's Feet' (BB, Black P. 2006) 


Cook-Douglas Medal (SDB) = 'Cat's Eye' (P. Black, 2002)

TOUTES SORTES DE GENS

C'est au début de « La Marche Nuptiale » de Georges Brassens : 
 « Mariage d'amour, mariage d'argent, 
J'ai vu se marier toutes sortes de gens... » 
C'est vrai qu'en toutes circonstances on rencontre des gens de toutes les sortes, et notre petit monde des iris n'échappe pas à cette règle. C'est particulièrement évident quand on lit la biographie des créateurs d'iris célèbres. J'en ai rédigé pas loin d'une centaine pour ce blog et j'ai ajouté à ma statistique les biographies données par Clarence Mahan dans son livre ; j'ai complété avec ce que je sais des obtenteurs contemporains. Cela fait un beau panel !

Il faut bien dire que le plus grand nombre est constitué d'horticulteurs et de pépiniéristes qui, par goût, par hasard ou par passion, se sont spécialisés dans le domaine des iris, comme d'autres ont pu choisir de se lancer dans la culture des roses, des hémérocalles, des tulipes... Ceux-là sont des iridophiles « normaux », en quelque sorte. Ils représentent tout de même 40 % du total ! Il y a parmi eux des héritiers d'entreprises déjà bien implantées, comme Richard Ernst pour les Cooley's Gardens, les Schreiner pour leur archi-célèbre maison, ou Richard Cayeux et son père Jean, héritiers de la firme créée par Ferdinand Cayeux, et les hybrideurs des années vingt que furent les Millet, Nonin ou Vilmorin. Il y a aussi ceux qui ont opté dès le départ pour le métier de pépiniériste spécialisé : Ben Hager et Sidney DuBose, son alter ego, Jim McWirther, Sterling Innerst et bien d'autres font partie de ceux-là. Les autres sont généralement venus aux iris après une période d'incertitude et de tatonnements comme en ont connu bien des personnes au début de leur vie professionnelle. Cette occupation qui est souvent le fruit d'un hasard ou d'un concours de circonstances est devenue le plus souvent un métier.

Voisins des précédents sont ceux qui sont issus du monde agricole : ils sont ancrés dans la nature, qu'elle soit animale ou végétale. Le virage qui les a amenés à devenir des spécialistes de l'iris – et de l'iris à barbe en particulier- n'est pas spécialement remarquable. Ce sont des arboriculteurs – Sanford Babson cultivait les orangers – des véritables agriculteurs qui ont bifurqué vers quelque chose de plus à leur mesure : ainsi en est-il de Bernard Hamner, ou, avant lui, de Carl Salbach. Melba Hamblen était l'épouse d'un agriculteur, Neva Sexton, une pure fille de la campagne ; Steve Varner vendait des aliments pour bestiaux et Fred DeForest élevait des poulets !

Mais on découvre aussi des gens que rien ne prédisposait à devenir un jour de grands hybrideurs. Par ordre d'importance statistique apparaissent d'abord les industriels et ingénieurs, comme Jesse Wills qui fut à la fois assureur, chef d'entreprise, enseignant et animateur de radio (et aurait pu être l'un des plus grands poètes de son époque). Nate Rudolph, de son côté, était ingénieur dans l'appareillage électrique, tandis que Clifford Benson travaillait dans l'aéronautique. Viennent ensuite les médecins, fréquemment des spécialistes renommés, comme le professeur Loomis, cardiologue, ou W. Ayres, ophtalmo, Jack Durrance, pneumologue (et alpiniste olympique), et notre compatriote Jean Ségui, gynécologue. Le choix s'étend à des artistes, gens de théâtre, peintres ou musiciens : Lech Komarnicki fut un acteur et metteur en scène fort connu en Pologne ; Pierre Anfosso était d'abord un artiste peintre, comme l'anglais Cedric Morris ; quant à Tell Muhlestein, c'était d'abord un musicien, instrumentiste classique, et Lloyd Zurbrigg un professeur de musique. On arrive aux enseignants qui constituent le contingent suivant. Quelquefois des professeurs dans l'enseignement agricole, mais aussi plusieurs professeurs de Faculté comme John Kirkland qui enseignait le latin et le grec, Edward Essig, Lowell Randolf, Harold Stahly... Des artisans ou commerçants : Larry Gaulter vendait de la peinture et du papier peint, Elvan Roderick était fleuriste ; des militaires (Manley Osborne, Clarence Mahan ou, en Russie, Vitali Gordodelov), des employés (Manfred Beer, Igor Fedoroff), des fonctionnaires (principalement des employés des Postes comme Jim Gibson ou Henry Rowlan, Robert Piatek en Pologne, et chez nous, actuellement, Jean Claude Jacob)... Quelque chose qui ne se produirait plus guère aujourd'hui : de nombreuses femmes étaient de grandes bourgeoises ou de simples femmes au foyer. C'est le cas de Grace Sturtevant, Elizabeth Nesmith, ou des obtentrices italiennes comme Gina Sgaravitti ou, plus récemment, Valeria Romoli.

 Cet inventaire montre bien que l'amour des iris peut atteindre les gens les plus divers. Cela fut toujours le cas, et si à une certaine époque le côté intellectuel l'emportait sur le côté manuel, l'inverse semble se dessiner de nos jours. Cela correspond bien à l'évolution de notre société dont le petit monde des iris n'est qu'une toute petite composante.

24.3.17

LES TROPHÉES

Emprunter le titre de ce feuilleton à José-Maria de Hérédia me paraît tout à fait adapté pour mettre en valeur les variétés d'iris considérées comme les meilleures de ces vingt dernières années. Ce sont des iris qui méritent bien les trophées qu'ils ont remportés. Nous en verrons quatre par semaine. 

 XI – 2007 


Médaille de Dykes = 'Queen's Circle' (Kerr, 1999) 


Fiorino d'Oro = 'Aurélie' (R. Cayeux, 2002) 


Wister Medal (TB) = 'Starring' (Ghio, 1999) 


FRANCIRIS = 'Solovinayia Noc' (Miroschnichenko, NR)

LES FLEURS DU BAL

C'est assez courant de dire que les fleurs se balancent ou dansent dans le vent. Celui qui l'a dit le mieux est sans doute William Wordsworth dans son célêbre poème connu sous le nom de « The Daffodils » :
 « (…) a host of golden daffodils ; 
Beside the lake, beneath the trees, 
 Fluttering and dancing in the breeze. »
 (… une armée de jonquilles dorées ; 
auprès du lac, entre les arbres, 
flottant et dansant dans la brise.)

 Cela peut bien sûr s'appliquer aux iris quand leurs hautes tiges s'agitent au gré du vent printanier, mais il semble que ceux qui donnent un nom aux nouvelles variétés voient plutôt les fleurs comme des danseuses ou des danseurs plus ou moins folkloriques, ou, plus rarement, des ballerines en tutu ou comme les belles jeunes filles qui tournaient dans les salons lors des soirées mondaines de l'époque victorienne.

Et des iris dont le nom comportent les mots danse, ou danseur, il y en a de très nombreux. Je me suis amusé à en faire une sorte d'inventaire, en me limitant à ces seuls mots, en anglais, français, allemand, polonais ou russe, car si j'avais ajouté les noms des danses de salon (valse, tango, quadrille...) ou pris en compte le mot « bal », j'aurais rempli des pages et des pages.

Il semble donc bien que les iris soient souvent les fleurs du bal. C'est du moins l'impression que donne la longue liste que j'ai constituée, rien que pour les grands iris, à partir de la base de données « Irisregister » (et en éliminant toutes les variétés non introduites ou provenant d'obtenteurs purement amateurs). Presque tous les obtenteurs ont, un jour ou l'autre, donné un nom évoquant la danse.

Il y a les noms à connotation ethnique : 'Aztec Dance' (Blythn 1986) ; 'Celtic Dancer' (Van Liere, 2013) ; 'Exotic Dancer' (K. Mohr, 1987) ; 'Fiji Dancer' (Zurbrigg, 1978) ; 'Georgian Dancer' (Plotner, 1992) ; 'Hula Dancer' (Shoop, 1985) ; 'Jungle Dancer' (Hedgecock, 2002) ; 'Mayan Dancer' (Tolman, 1978) ; 'Native Dancer' (Fay, 1953) ; 'Pagan Dance' (Blyth, 1989) ; 'Polynesian Dancer' (Stevens, 1957) ; 'Tribal Dance' (Plough, 1972) ; … Ceux-là ne fréquentent pas, comme 'Danseur Mondain' (Bersillon, 2009) ou 'Princess in Dance' (Piatek, 2013), le Bal des Petits Lits Blancs en robes luxueuses et en habits noirs, mais ont revêtu toutes sortes de tenues folkloriques bariolées. D'autres restent sur le sol européen en rêvant de spectacles plus familiers comme c'est le cas pour : 'Danse du Feu' (Cayeux, 1960) ; 'Flamenco Dancer' (Schreiner, 1964), 'Gypsy Dance (Shoop, 1966) ; 'Tanets Flamingo' (I. Khorosh,2001) ; 'Ukrainian Dance' (Khorosh, 2012) ; 'Venetian Dancer' (Hamblen, 1973) ; ainsi que 'Neapolitanets' (Trotsky, 2014) ou 'Neopolitanskiy Tanets' (Loktev, 2007) – l'un et l'autre dédiés aux danses napolitaines.

Il y a les noms qui sentent bon nos campagnes, nos villes et nos villages, comme : 'Balny Tanetz' (Ryabyk, 2012) ; 'Barn Dance (Byers, 1990) ; 'Beach Dance' (Blyth, 2006) ; 'Cancan Dancer' (Lauer, 1997) ; 'Berlin Dancer' (A. Nicoll, 2007) ; 'Circus Dancer' (G. Sutton, 2001) ; 'Leipziger Tanzgirl' (Beer, 2015) ; 'Leipziger Tanzparty' (Beer, 2014 : 'Sailor's Dance' (Schreiner, 1972) ; 'Street Dancer' (Blyth, 1985) ; 'Wedding Dance' (Schreiner, 1999)...

Il y a des noms d'inspiration scientifique ou pseudo-scientifique comme 'Cosmic Danse' (Schreiner, 1982) ; 'Dragon, Dance' (Blyth 2010) ; 'Neutron Dance' (Blyth, 1987) ; 'Space Dancer' (G. Sutton, 1998) ;et quelques autres...

Des termes généraux apparaissent çà et là : ce sont par exemple 'Dance Man' (Blyth, 1989) ; 'Dance Master' (K. Mohr, 1992) ; 'Dance Recital' (Keppel, 2004) ; 'Dance Step' (Keppel, 1988) ; 'Slow Dance' (F. Rogers, 2007) ; des qualificatifs comme 'Colour Dance' (Mego, 2013) ;'Dark Dancer' (Hedgecock, 2002) ; 'Elegant Dancer' (Valenzuela, 2006) ; 'Fancy Dancer' (Blyth, 1981) ; 'Super Dancer' (Blyth, 1988) ; 'Winsome Dancer' (Blyth, 2005)...

Et puis il faut citer tout un tas de noms évoquant d'autres aspect de la danse ou des danseurs : 'Born to Dance' (Otterness, 2001) ; 'Dance a Dance' (Blyth, 2011) ; 'Dance Away' (Hamblen, 1987) ; 'Dance Queen' (Kerr, 2013) ; 'Dance the Night Away' (Schreiner, 2010) ; 'Dance Til Dawn' (T. Johnson, 2011) ; 'Degas Dancer' (Schreiner, 1994) ; 'Dignity Dancer' (Blyth, 2001) ; 'He Can Dance' (Blyth, 2003) ; 'I Hope you Dance' (T. Johnson, 2009) ; 'Midnight Dancer' (Schreiner, 1991) ; 'Miltitzer Tanzparty (Herrn, 2011) ; 'So you Dance' (Burseen, 2011) ; 'Tanetz Moria' (Ryabyk, 2013) ; 'Toten Tanz' (Dyer, 2001) ; et j'en ai négligé un certain nombre !

 Dans ce genre d'exercice certains se sont particulièrement distingués. Notamment Barry Blyth chez qui j'ai relevé au moins douze noms avec le mot « dance » ou « dancer ». Pour lui la danse doit avoir une grande importance. Mais l'antique maison Schreiner n'est pas mal non plus (sept noms). Il y aurait avec toutes ces fleurs de quoi constituer une belle bordure consacrée uniquement à la danse.

Le bal des iris est l'un des plus recherchés au monde !

 Iconographie : 


'Balny Tanets' 


'Cosmic Dance' 


'Dance Away' 


'I Hope you Dance' 


'Princess in Dance'

18.3.17

LES TROPHÉES

Emprunter le titre de ce feuilleton à José-Maria de Hérédia me paraît tout à fait adapté pour mettre en valeur les variétés d'iris considérées comme les meilleures de ces vingt dernières années. Ce sont des iris qui méritent bien les trophées qu'ils ont remportés. Nous en verrons quatre par semaine.

X – 2006 

 Médaille de Dykes = 'Sea Power' (Keppel, 1998) 


Fiorino d'Oro = 'Recondita Armonia' (Bertuzzi, 2007) 


Knowlton Medal (BB) = 'Anaconda Love' (Kasperek, 1998) 


Cook-Douglas Medal (SDB) = 'Ruby Eruption' (Chapman, 1997)

LA COULEUR POURPRE

Dans son dernier dictionnaire, Alain Rey définit la couleur pourpre comme un « rouge foncé intense ». Pour ma part je vois le pourpre plutôt comme un rouge foncé, certes, mais imprégné de bleu. Autrement dit un violet tirant sur le rouge. Affaire de perception personnelle. La langue anglaise, plus riche que la langue française dans l'expression des couleurs, a deux mots pour désigner le violet : pour le violet côté bleu, elle parle de « violet », pour le violet côté rouge, elle possède « purple ». Il est vrai que dans le spectre du prisme, le violet pur se situe a égale distance du bleu et du rouge. Qu'il penche un peu vers le rouge, et l'on obtient le pourpre.

 Le pourpre est une couleur riche, noble, symbole de l'autorité et du pouvoir. Mais ce n'est pas sous cet angle-là qu'elle nous intéresse en ce moment, il nous importe plus de savoir quelle est sa place dans la coloration des fleurs d'iris. Examinons-la d'une extrémité à l'autre de l'espace qu'elle occupe en matière de saturation des pigments.

A mon avis elle commence avec le rose qualifié de « orchidée », celui que les anglais, décidément bien mieux outillés que nous, nomment « pink ». Puis elle s'intensifie et nous passons au rouge « magenta », un rouge violacé issu du langage de l'imprimerie et de la teinture. En matière florale on parlera de rouge « fuchsia », qui est une couleur éclatante, ou flashy pour faire moderne à moins qu'on ne préfère dire rouge « groseille » ou « framboise ». Si nous rajoutons une dose de couleur, nous passons au rouge « amarante » qui peut être « grenat », voire « acajou ». A ce moment la différence avec ce que nous appelons le pourpre est assez subtile. Voilà donc tout l'éventail des teintes pourprées. Des teintes que l'on rencontre fréquemment chez les iris.




 Le rose orchidée fut longtemps le seul rose à la disposition de hybrideurs. Il a perdu de son intérêt le jour où l'on a réussi à obtenir du rose pur, rendu plus éclatant par une pointe de jaune. Dans les années 1940/1950 les grands maîtres sont Paul Cook, Orville Fay et David Hall. Contemporains et amis, ces trois personnages ont marqué l'histoire de iris et des iris orchidée en particulier, et comme ce sont des habitants du Middle-West, on peut dire que le rose orchidée est la couleur de cette partie des Etats-Unis. 'Dreamcastle' (Cook, 1943) est peut-être le premier iris de cette couleur qui soit vraiment remarquable, tant par son coloris que par la perfection de sa fleur. Mais avec 'Pink Bountiful' (Cook, 1949) on atteint une étape encore plus perfectionnée, même si cette variété n'a pas eu le même succès que la précédente. 'Mary Randall' (Fay, 1950) et 'Vanity Fair' (Hall, 1950) continuent dans la même direction. L'une et l'autre sont d'absolues réussites, Tout comme, dix ans plus tard, 'Pink Magic' (Hall, 1959), 'Esther Fay' (Fay, 1960) et 'Dave's Orchid' (Hall, 1960). Enfin, point final de la série, 'Fashion Fling' (Hall, 1965) est une plante encore bien présente dans nos jardins. Mais le rose orchidée n'a jamais été abandonné par les hybrideurs et dans les temps modernes on en trouve encore régulièrement. Par exemple 'Inga Ivey' (Hamblen, 1985), 'Hélène C.' (R. Cayeux, 1994) ou 'Vienna Waltz' (Keppel, 2000).




 Passons au « générique » magenta, qui est une version plus saturée du précédent. C'est une couleur très répandue chez les iris, et présente depuis longtemps. La preuve avec le bien nommé 'Magenta' (F. Cayeux, 1927). A l'époque dite classique le très célêbre 'Raspberry Ripples' (Niswonger, 1969) est à ranger dans cette tranche, de même que 'Strawberry Sensation' (L. Powell, 1978) ou 'Extravagant' (Hamblen, 1983) qui est un peu plus vif et qu'on peut qualifier de rouge fuchsia. Vingt ans plus tard, 'Eye for Style' (Blyth, 2006) ajoute à cette couleur une abondance de frou-frous caractéristique de l'époque. Pour ne pas oublier ce qui se fait chez nous, citons 'Rose Bonbon' (Dalvard, 2005), d'une fraîcheur très classique. La période contemporaine n'oublie pas le rose magenta. Témoin : 'Up in Flames' (T. Johnson, 2010).





 Avec le rouge amarante, on est au plus près de ce qu'on imagine (ou que j'imagine) quand on évoque la couleur pourpre. Avec 'Numa Roumestan' (F. Cayeux, 1928) ou 'Député Nomblot' (F. Cayeux, 1929) on est déjà dans ce coloris. Mais cela va prendre du velouté et de la profondeur. 'Claret Mahogany' (Austin, 1963), une variété bien oubliée aujourd'hui, montre bien l'évolution qui s'est produite en trente ans. Et cela continue avec 'Cranberry Ice' (Schreiner, 1976), puis 'Lady Friend' (Ghio, 1981), peut-être l'iris le plus rouge quu ait été obtenu, à moins qu'il ne s'agisse de 'Mulled Wine' (Keppel, 1982). Mais le rouge amarante séduit toujours les hybrideurs et on trouve de nos jours des variétés excellentes comme 'Almandin' (Le May, 2011) ou 'Tiff' (Lauer, 2013) décrit comme « sang de boeuf » ou « rubis ». A ce point de concentration, on hésite entre le pourpre et le fameux brun-rouge si fréquemment rencontré.


Et cela nous amène au plus vif du coloris, quand il y a du violet dans l'apparence même si la couleur est plutôt tournée vers le rouge. Cela donne des iris de toute beauté dont les teintes chaudes et majestueuses viennent apporter au jardin de la richesse et de la force. Le maître absolu en la matière (comme dans bien d'autres d'ailleurs) est Joseph Ghio qui est l'auteur d'une progression formidable. On peut en placer l'origine à 'Battle Royal' (1993), et continuer avec 'Rogue' (1994), un peu plus clair, puis Ennoble' (1996), 'Vizier'(1997), 'Ransom Note' (2000), 'Cover Page' (2001), 'Infrared' (2002), 'House Afire' (2002), 'Iconic' (2009), 'Cardinal Rule' (2010)... et j'en oublie forcément !Quel boulot !

La couleur pourpre va très bien aux iris. Les obtenteurs le savent bien et en ont usé avec délectation. Que ce soit en Amérique, en France ou n'importe où, les variétés pourpres sont partout présentes et font le bonheur des irisariens.

Iconographie : 

'Dreamcastle', 'Fashion Fling', 'Vienna Waltz' ; 

'Raspberry Ripples','Eye for Style', 'Up in Flames' ; 

'Numa Roumestan', 'Lady Friend', 'Tiff' ; 

'Battle Royal', 'Vizier', 'Cardinal Rule'.

11.3.17

LES TROPHÉES

Emprunter le titre de ce feuilleton à José-Maria de Hérédia me paraît tout à fait adapté pour mettre en valeur les variétés d'iris considérées comme les meilleures de ces vingt dernières années. Ce sont des iris qui méritent bien les trophées qu'ils ont remportés. Nous en verrons quatre par semaine. 

 IX – 2005 


 Médaille de Dykes = 'Splashacata' (Tasco, 1997)

Wister Medal (TB) = 'Fogbound' (Keppel, 1997)

President's Cup = 'Heartstring Strummer' (B. Johnson, 1997)

FRANCIRIS = 'Bye Bye Blues' (G. Sutton, 1996)

RÉCAPITULONS

On parle déjà des compétitions de l'année 2017, il est donc grand temps de faire le point sur celles de 2016.

U.S.A. 

Ce fut une année marquée par une petite révolution : pour le première fois un iris sans barbes , exactement un iris de Sibérie, a reçu la récompense suprême qu'est la Médaille de Dykes.Cela ne veut pas dire que les grands iris ont perdu leur suprématie, mais cela marque le fait qu'ils ne sont plus intouchables et que les juges se montrent plus ouverts. Voici le palmarès :

Dykes Medal = 'Swans in Flight' (Hollingworth, 2006)
Wister Medal -TB - = 'Sharp Dressed Man (T. Johnson, 2010)
                                   'Haunted Heart' (Keppel, 2009)
                                   'Tuscan Summer' (Keppel, 2009)
Knowlton Medal – BB - = 'Meerkat Manor (Kasperek, 2009)
Sass Medal – IB - = 'Star in the Night' (P. Black, 2009)
Williamson-White Medal – MTB - = 'Sari's Dance' (G. Spoon, 2007)
Cook-Douglas Medal – SDB - = 'Open your Eyes' (P. Black, 2010)
Carpane-Welch Medal – MDB - = 'Gecko Echo' (Kasperek, 2008)
Walther Cup – HM+ - = 'Good Morning Sunshine' (T. Johnson, 2013)
President's Cup – Région hôte - = 'Put Another Nickel In' (Bushnell, 2010)
Franklin-Cook Cup – Hors région - = 'Honky Tonk Rumble' (H. Nichols, 2014)
                                     ex-aequo avec 'Three Part Harmony' (P. Black, 2013)
Hager Cup – Median - = 'Moose Tracks' (L. Miller, 2014)

GRANDE-BRETAGNE 

La dernière British Dykes Medal a été attribuée en 2004. Rien depuis. La Grande-Bretagne traverse une crise profonde en matière d'iridophilie. C'est l'inverse de ce qui se passe en France où il y a de plus en plus d'amateurs avertis et d'enregistrements.

FRANCE 

La prochaine compétition FRANCIRIS aura lieu cette année 2017. Elle s'annonce particulièrement riche, mais pour l'instant, pas de récompenses à annoncer !

ALLEMAGNE

Le concours de Munich prend chaque année plus d'importance aux yeux des hybrideurs internationaux. En 2016 le règlement à changé et le côté purement allemand de la compétition a été abandonné.
Irisbewertung = 'Traute's Blue' (Moos, 2003)

ITALIE

Pour la première fois de son histoire le concours de Florence a du être annulé au denier moment, faute de fleurs à juger ! La faute à un printemps pourri. Ce devait être la reprise de la compétition après une période de réaménagement du jardin. Ce sera, espérons-le, pour 2017.

EUROPE CENTRALE 

Pas de compétition organisée cette année par la MEIS.

 RUSSIE

Si le concours d'Europe Centrale traverse une crise profonde, celui de Russie est en pleine expansion. CIS compétition = 'Please, Please Me' (Loktev, 2009)

AUSTRALIE 

Australian Dykes Medal = 'Rusty Taylor' (Grosvenor, 2012)
I.S.A. Medal = 'Mineral Spring' (J. Taylor, 2008) -LA

NOUVELLE ZÉLANDE 

Renseignements non parvenus.

2016 fut, en général, une année plutôt pauvre, avec les difficultés rencontrées en Grande-Bretagne, en République Tchèque et en Italie