12.5.17

LES TROPHÉES

Emprunter le titre de ce feuilleton à José-Maria de Hérédia me paraît tout à fait adapté pour mettre en valeur les variétés d'iris considérées comme les meilleures de ces vingt dernières années. Ce sont des iris qui méritent bien les trophées qu'ils ont remportés. Nous en verrons quatre par semaine.

XVII – 2013


Médaille de Dykes = 'That's All Folks' (Maryott, 2004)


Fiorino d'Oro = 'Vento di Maggio' (Bianco, 2012) 


Wister Medal (TB) = 'Elizabethan Age' (Baumunk, 2005)


Knowlton Medal (BB) = 'Bundle of Love' (P. Black, 2007)

NEANDERTAL

Tout le monde connaît aujourd'hui l'extraordinaire destin qui fut celui des hommes de Neandertal. Voilà des être humains robustes, intelligents, largement (pour l'époque) répandus à travers le monde européen, qui en quelques temps ont disparu. Les spécialistes hésitent encore sur les causes de cette disparition, et ils semblent admettre qu'ils n'ont pas été en capacité de s'adapter aux transformations de leur environnement et, nettement moins nombreux que les autres hommes avec qui ils partageaient le territoire, ils ont été génétiquement absorbés par ces derniers. Adieu donc àux hommes de Neandertal... C'est un peu la même mésaventure qui est survenue dans le monde des iris avec les amoenas des premiers temps. A cette époque – c'est avant les années 1940 - , obtenir un amoena n’était pas chose aisée car non seulement les croisements à partir d’autres amoenas n’étaient pas très fertiles, mais encore les graines germaient mal et les jeunes plantes avaient du mal à se développer. C’est Jesse Wills, hybrideur de Nashville dans le Tennessee et véritable génie, qui a fait cette remarque. Il a écrit :  « Les croisements entre amoenas, et même entre amoenas et les autres bicolores sont difficiles à réussir ; de plus le taux de germination des graines ainsi obtenues est inférieur à la moyenne. Quant au développement des plantules, il est lent, surtout la première année, ce qui retarde encore la floraison, de sorte que l’on doit souvent attendre la seconde, voire la troisième année, pour porter un jugement sur les iris provenant de ces hybridations. » Il ajoute, d’après ses constatations, que le blanc des pétales est un caractère récessif, et que « si les chances d’obtenir un amoena sont d’une sur trente-cinq, combien petite sont-elles quand seulement cinq ou six semis provenant d’un croisement peuvent pousser et fleurir »(1). Il a convaincu d’autres hybrideurs, dont son voisin Geddes Douglas, de Brentwood (Tennessee) et le Docteur L. F. Randolph, d’Ithaca (New York), d’entreprendre une recherche sur le sujet. Un grand nombre d’hybrideurs, tant aux Etats Unis qu’ailleurs dans le monde, ont participé à cette expérience. Pour la Convention de l’AIS qui s'est tenue à Nashville, en 1948, de très nombreux semis expérimentaux étaient en fleur. Le semis le plus remarqué était issu du croisement d’un semis de Paul Cook par le produit de 'Wabash' et d’'Extravaganza'. Il a été baptisé par Geddes Douglas, son obtenteur, 'Bright Hour'.

 'Bright Hour' a été enregistré en 1949. Il a été aussitôt commercialisé et a reçu un accueil formidable des amateurs d’amoenas comme du public en général. Par rapport à son « grand-père » 'Wabash', il présente l’intérêt de ne plus être strié sous les barbes, et le ton de violet des sépales est plus vif. Par ailleurs, comme il se doit, la fleur est mieux proportionnée, avec des sépales plus ronds et plus dressés. 'Bright Hour' n’a cependant jamais obtenu la récompense suprême, c'est certainement une injustice, mais il faut bien reconnaître que, malgré son succès commercial, les problèmes de fertilité et de germination constatés avant son apparition n'ont pas été résolus et il n'a pas eu de véritable descendance : à peine deux variétés enregistrées dont une seule a laissé une trace dans l'univers des collectionneurs. Ce descendant remarquable, c'est 'Repartee' (C. & K. Smith, 1966), curieux amoena blanc crémeux et rouge sang de bœuf que l'on trouve toujours dans nos jardins pour son coloris exceptionnel. Ainsi la lignée des amoenas issus de 'Wabash' et de 'Bright Hour' s'est-elle éteinte, comme ce fut le cas pour celle des premiers hommes des cavernes.

 Mais on sait que le modèle amoena n'a pas subi le même sort. Et ce sauvetage a eu pour cause les travaux de Paul Cook et de ce qui s'est passé à partir de l’apparition de ‘Progenitor’. De cette plante insignifiante sont venus ‘Melodrama’ (Cook, 1956), ‘Whole Cloth’ (Cook, 1957), ‘Emma Cook’ (Cook, 1957), ‘Miss Indiana’ (Cook, 1961) et d'autres d'immense valeur qui nous valent de disposer aujourd'hui d'un panel pratiquement infini d'iris amoenas et bicolores, qui ne présentent aucune difficulté à s'hybrider et à se développer. Ce n'est cependant pas à Paul Cook lui-même que l'on doit la brillante multiplication du modèle amoena. Pour une raison qui n'appartient qu'à lui il a laissé à d'autres la mission qu'il avait initiée.

Le travail de ces heureux successeurs est parti essentiellement de ‘Whole Cloth’, celui des trois principaux descendants de ‘Progenitor’ qui est le plus franchement proche du modèle. On peut donc dire que la succession dans le développement du modèle amoena s'établit à partir de 'Wabash', a atteint une apogée avec 'Bright Hour', puis s'est éteinte malgré les efforts de certains comme Catherine et Kenneth Smith, jusqu'à renaître grâce à Paul Cook et son 'Whole Cloth', pui, à partir de là, s'est considérablement étendue, jusqu'à ce que les amoenas deviennent l'un des modèles les plus courants et les plus jolis, comme le délicat 'Sea Cruise' (Keppel, 2012).

La comparaison avec ce qu'il est advenu des hommes de Neandertal puis des « homo sapiens » me parait tout à fait judicieuse.

(1) traduction de Richard Cayeux in "L'Iris, une fleur royale".

 Iconographie : 


 'Bright Hour' 


'Repartee' 


'Whole Cloth' 


'Sea Cruise'

ECHOS DU MONDE DES IRIS

Centennial Celebration

 'Centennial Celebration' sera le nom donné à une variété d'iris barbu à l'issue d'une compétition qui se déroulera à l'occasion de la Convention américaine de 2019, et qui sera solennellement attribué en 2020, pour fêter le centenaire de l'AIS. Tous les hybrideurs américains sont sollicités pour participer à cette compétition et ils pourront envoyer à la Convention autant de variétés et autant de rhizomes qu'ils voudront à la condition qu'il s'agisse de variétés nouvelles non encore enregistrées. Une médaille spéciale récompensera l'obtenteur de la variété primée, mais, en plus, la communication que se fera autour de l'événement garantira à l'heureux bénéficiaire une lucrative opération commerciale.

Une récompense similaire, 'Centennial Anniversary', sera attribuée à un iris sans barbe.

5.5.17

LES TROPHÉES

Emprunter le titre de ce feuilleton à José-Maria de Hérédia me paraît tout à fait adapté pour mettre en valeur les variétés d'iris considérées comme les meilleures de ces vingt dernières années. Ce sont des iris qui méritent bien les trophées qu'ils ont remportés. Nous en verrons quatre par semaine.

XVI – 2012 


 Médaille de Dykes = 'Florentine Silk' (Keppel, 2004) 


Fiorino d'Oro = 'Cheyenne my Dog' (Marucchi, 2012) 


Wister Medal (TB) = 'Kathy Chilton' (Kerr, 2005) 


Iris Bewertung München = 'Miltitzer Tanzparty' (M. Herrn, 2011)

RENDEZ-VOUS AU 'MAJESTIC'

On ne se rend pas forcément compte des changements intervenus dans l'aspect des iris depuis les années 1980. Il faut feuilleter un ancien catalogue et le comparer à un catalogue d'aujourd'hui pour comprendre combien les iris ont évolué. Ils ont changé dans la forme : on est passé des discrètes ondulations comme celles qui ornaient 'Titan's Glory' ou 'Edith Wolford' aux bouillonnés de 'Sea Power' ou 'Décadence' ; ils ont aussi changé dans les couleurs et les modèles : les indémodables étaient présents : plicatas divers et variegatas ; ils sont toujours là, mais aucun « dark top » dans le catalogue Cayeux de 1988, aucun luminata, aucun « space ager », aucun « broken color » et il n'était pas encore question d'ombrata ou de distallata ! Le monde des iris se transforme au même rythme que le monde tout court...

Parmi les modèles ou associations de couleurs qui sont d'apparition récente, nous allons évoquer ces fleurs, dont on ne sait pas encore comment les appeler, ou se juxtaposent différentes couleurs dans des associations audacieuses et des dégradés originaux. Tout le monde se souvient de 'Burnt Toffee' (Schreiner, 1977) décrit comme :  « Pétales couleur chocolat clair, balayé de bleu lavande du centre vers les côtes ; sépales d'un cholocat plus soutenu, avec du chocolat sombre sur les épaules et une tache bleue au centre ; barbes allant du doré éteint au bleu. » C'était quelque chose d'étrange au moment de sa mise sur le marché. C'est longtemps resté une exception. Pour trouver une fleur qui s'en rapproche il a fallu attendre le début des années 2000. Peut-être d'ailleurs peut-on situer le point de départ du nouveau modèle à 'Berry Scarry' (Black P., 2005) qui est décrit comme : « Pétales gris-orchidée pastel, plus sombre aux bords (…) ; sépales violet pourpré au centre devenant rouge violacé, large bords gris perle translucide, poudrage blanc autour des barbes orange (...) ». Le pedigree est (Off Color Joke X (Skyblaze x Tom Johnson)), et dans ce couple on devine une amorce du modèle chez 'Off Color Joke' (Black P., 1997) avec ses pétales gris lavés de mauve et ses sépales parcourus de traces violettes. On trouve à peu près la même chose chez 'Comic Opera' (Sutton G., 2005), mais avec une toute autre origine. Cette fois le panel de couleurs s'enrichit aux sépales avec du brun tavelé de violet, comme la peau de certains serpents. A partir de ce moment on peut dire, en langage actuel, que l'affaire était dans les tuyaux.

Quelqu'un qui a repéré le bon filon, c'est le texan Tom Burseen. Toujours à la recherche de la nouveauté et de la surprise, cet obtenteur original a fabriqué quelque chose de proche de ce qu'avaient fait ses deux prédécesseurs, mais y a ajouté une couleur supplémentaire, à partir du quasi-distallata 'Ring Around Rosie', c'est à dire une coloration poudrée brune au centre des sépales.

Il a attribué à ses nouveautés des noms improbables : 'Swearin Ima Blarin' (2010) et 'Dewuc Whatic' (2010). Dans ces deux iris on aperçoit des ascendances broken color qui surgissent aléatoirement sur certaines fleurs. Le côté broken color, d'ailleurs, est exploité pour quelques autres variétés richement colorées, mais victimes aussi, d'une certaine instabilité chromatique. C'est le cas de 'Cranfil's Gap' (2010) qui descend de 'Gnu Again' (Kasperek, 1993), tout comme 'Maggie Beth' (2012).

L'idée de fleurs dont les couleurs s’entremêlent comme chez les broken color, mais de façon plus harmonieuse, a fait son chemin parmi les hybrideurs. En Slovaquie, Anton Mego, a obtenu 'Bratislavan' (2010) qui répond exactement au but recherché, avec des pétales jaune caramel fumé, et des sépales bleu lavande clair liserés de jaune, même si le pedigree ne fait pas appel à des Broken colors. Conscient sans doute de l'intérêt de ce nouveau modèle, Mego a poursuivi ses recherches et sur six variétés enregistrées en 2015, cinq en font partie. Par une autre voie, Robert Piatek, en Pologne, a obtenu 'Etsitu' (2013), mélange de plicata ('Spacelight Sketch') et de dark top ('Andrus' : une lignée exclusivement centre-européenne. Ceci démontre l'originalité et l'inventivité des hybrideurs tchèques, slovaques et polonais auxquels nos catalogues français ne font pas assez de place pour l'instant.

Aux Etats-Unis aussi on se lance dans cette direction. C'est le cas de Paul Black, comme on l'a vu avec 'Berry Scary'. Il a récidivé avec 'I'm All Shook Up' (2013) et encore plus vigoureusement avec 'Big Band' (2016), ces deux derniers ayant une parenté commune : (Meritage X Pharaoh's Spirit). De la part d'un génie comme Paul Black cette nouvelle lignée n'est pas étonnante. Ce qui l'est, en revanche, c'est que la vénérable institution Schreiner s'est elle-même lancée dans l'aventure. Son catalogue 2017 fait état de deux variétés de cet acabit. Il s'agit de 'Express Yourself' (Great Smokey Dawn X Dakota Smoke) qui présente des « pétales or embrumés d'héliotrope, s'assombrissant vers l'extérieur », et des sépales dont « les stries violet clair s'étalent sur le fond blanc, et complètent joliment le marquage brun doré des épaules ». Encore plus contrasté, 'Rum is the Reason' montre des pétales bleu lavande vif et des sépales d'une sorte de rouge bourgogne qui se transforme en brun ocre en allant vers les bords. L'effet est saisissant. Le résultat commercial sera-t-il à la hauteur ?

Quoi qu'il en soit, il ne fait aucun doute que ce nouveau modèle va se répandre rapidement, car les autres hybrideurs ne voudront pas être en reste. La mode ne fait que commencer. D'ailleurs Anton Mego a poursuivi sa trajectoire et sa dernière réalisation dans la série, baptisée 'The Majestic' (2017), est tout à fait pleine de promesses. Il est certain que des iris comme celui-ci donneront des envies, non seulement aux collectionneurs, mais aussi aux hybrideurs eux-même qui vont chercher à faire aussi bien.

Iconographie : 


'Berry Scarry' 


'Comic Opera' 


'Big Band' 

'The Majestic'

28.4.17

ECHOS DU MONDE DES IRIS

Pile à l'heure ? 


Les iris du concours FRANCIRIS 2017 poussent allègrement, comme en témoigne cette photo de Gérard Sirius. Seront-ils à l'heure dans trois semaines ? La grande fraîcheur de ces jours-ci devrait être rassurante. Sur la photo, on voit que malgré tous les soins méticuleux des jardiniers de la Ville de Paris, le développement des iris semble un peu maigre. A mon avis un concours au bout de deux ans de culture ne permet pas à toutes les plantes d'être à leur meilleur le moment venu. Je préfère un concours sur trois ans.

Quoi qu'il en soit, j'espère que nous passerons un bon moment à Vincennes.

SANS FAMILLE

Dans tous les livres consacrés aux iris il y a un chapitre qui parle de la taille des différentes catégories.Pour cet exercice, à propos des iris barbus, Graeme Grosvenor dans « Iris, Flower of the Rainbow » a choisi une présentation shématique originale et pratique (voir photo). On y distingue facilement les différentes tailles de la classification officielle. Si il n'y a que les grands iris de jardin – en langage anglo-saxon TB – qui se situent dans la fourchette 70/100 cm, trois catégories se placent dans la fourchette inférieure, 40/70. Ce sont les iris de bordure (BB), les iris intermédiaires (IB) et les iris de table (MTB). L'évolution de l'horticulture des iris va sans doute nécessiter la création dans ce créneau d'une nouvelle catégorie. En effet l'hybrideur Paul Black, dans les années 2000, a mis au point un iris qui prend place entre les TB et les IB mais qui n'est ni un BB ni un MTB. La première variété de ce genre à être enregistrée a nom 'Dolce' (2003) et a été classée, à défaut d'autre chose parmi la catégorie fourre-tout des SPEC-X qui est sensée rassembler les plantes issue directement d'un croisement interspécifique. Mais 'Dolce' n'est pas exactement dans ce cas. Son pedigree en apporte la preuve : (Northern Jewel x 91196A: (8864B: (( Navy Waves x Bride's Halo) x sibling) x C. Palmer aphylla seedling)) X B194C: (Abridged Version x 91135D: ((Center Fold x Wings of Dreams) x Birthday Gift)). Dans cette équipe il n'y a aucune espèce proprement dite mais des variétés et des croisements dont un de I. aphylla réalisé par Cleo Palmer. 'Northern Jewel' (Schreiner, 1991) est un IB jaune de parents inconnus ; 'Navy Waves' (Black, 1983) est un TB bleu issu de 'Navy Strut' ; 'Bride's Halo' (H. Mohr, 1971) un TB connu et honoré ; 'Abridged Version' (Hager, 1983) un MTB très apprécié des créateurs de MTB ; 'Center Fold' (Niswonger, 1976) un TB rose ultra classique, de même que 'Wings of Dreams' (Woodside, 1974) et 'Birthday Gift' (K. Mohr, 1982). Soit une majorité de TB dont plusieurs destinés à constituer la couleur de la nouvelle plante, et deux « petits » iris. L'élément fondamental est en fait le semis d'aphylla ; Paul Black lui-même en dit que « It is the most important part of the pollen parent of Dolce (C'est la part la plus importante du père de Dolce) ».

Cet élément majeur du semis de Cleo Palmer est I. aphylla, une espèce dont on connaît le rôle essentiel qu'il joue dans les hybrides modernes. En effet c'est elle qui a apporté des qualités devenues indispensables :
Elle a le pouvoir d’intensifier les couleurs des variétés qui portent ses gènes ; les noirs sont plus noirs, les roses plus vifs, les jaunes plus brillants, les bruns plus rutilants ;
Elle provoque un branchement puissant et partant bas sur la tige, ce qui permet de multiplier les fleurs sur une même hampe, et, par là, d’allonger la durée de floraison ;
Dans le même domaine, étant très florifère, elle participe à la multiplication des boutons, ce qui va dans le même sens que la caractéristique précédente ;
Elle est naturellement remontante et, à ce titre, améliore cette caractéristique appréciée par beaucoup d’amateurs ;
Elle contribue a donner des plantes assez trapues, donc moins sensibles à la verse dans les jours de gros temps ;
Elle est très résistante au froid et à l’humidité, ce qui est un gage de robustesse des variétés qui en sont issues.

Mais elle a aussi ce qui peut être à la fois un défaut et une qualité, c'est la disparition des feuilles en hiver. C’est la raison pour laquelle beaucoup de variétés modernes ne présentent plus, dès l’entrée en dormance, que des moignons de plante, de quelques centimètres seulement, denses et drus, mais qui ne reprendront leur végétation qu’au retour de jours plus longs.

Ce sont les caractéristiques de I. aphylla qui font tout l'intérêt de 'Dolce' et de son descendant 'Bundle of Love' (Black, 2007). Ce dernier a la taille d’un BB (65 cm), les fleurs d’un IB, et la floribondité d’un TB. Il a été classé parmi les BB, mais c'est une classification par défaut. Ces deux iris, très voisins d'apparence, sont les points de départ de la nouvelle catégorie.

C'est bien à Paul Black que l'on doit cette invention. Elle a beaucoup d'intérêt car c'est avant tout une plante de jardin formidable : pas trop haute, avec un feuillage bas qui dégage bien les hampes florales, des touffes puissantes avec des tiges portant de 10 à 14 boutons et de petites fleurs bien étagées pour une floraison de longue durée. Que peut-on souhaiter de mieux ?

Très vite d'autres obtenteurs se sont rendu compte des avantages de ces nouveaux iris. Loïc Tasquier fait partie de ceux-là. Mais 'Dolce' a déjà une trentaine de descendants, essentiellement des croisements réalisés par Paul Black, mais aussi quelques-uns dus à Sergeï Loktev, en Russie. Pour l'instant cela manque de diversité dans les coloris : on est sur preque exclusivement sur du rose, mais d'autres couleurs vont venir. Toutes ces plantes sont classées, un peu au hasard, parmi les TB, les BB ou les IB. Il faudra bien prendre une décision et créer une nouvelle catégorie adaptée à la diversité des situations.

Iconographie : 


 'Dolce' 


'Northern Jewel'


'Pitoune' 


'Teatr Kukol'

ECHOS DU MONDE DES IRIS

Cité de l'Iris. 

La petite ville de Champigny sur Veude, en Touraine, a l'ambition de devenir la Cité de l'Iris. Elle se crée une jolie collection de variétés, classiques et modernes, qui prend place aux quatre coins de la commune, et a confié à une association le soin de la faire prospérer. Pour l'instant tout va bien !

21.4.17

LES TROPHÉES

Emprunter le titre de ce feuilleton à José-Maria de Hérédia me paraît tout à fait adapté pour mettre en valeur les variétés d'iris considérées comme les meilleures de ces vingt dernières années. Ce sont des iris qui méritent bien les trophées qu'ils ont remportés. Nous en verrons quatre par semaine. 

XV – 2011 



 Médaille de Dykes = 'Drama Queen' (Keppel, 2002) 


Fiorino d'Oro = 'Silk Road' (Keppel, 2007) 


Walther Cup =Star in the Night' (P. Black, 2009) 


FRANCIRIS = 'Aleutian Islands' (M. Sutton, 2007)

UN AIR DE FAMILLE

C'est en feuilletant « Piękno Irysow » le dernier ouvrage de Lech Komarnicki, constitué de photos d'iris, que m'est venue l'idée des comparaisons qui vont constituer le corps de cette chronique. J'ai en effet remarqué que de nombreuses photos représentaient des variétés qui se ressemblaient énormément, etj'ai voulu savoir si, en dehors d'un évident air de famille, elles avaient effectivement un lien de parenté.

Ma première recherche a concerné trois iris : 'Aligoté' (BB. Tasquier, 2015), 'Ma Véronique' (TB. Cayeux, 2014) et 'Italian Ice' (TB. Cadd, 2000). A quelques détails près, ces trois variétés se présentent avec des pétales blanc crémeux, plus ou moins tirant vers le jaune pâle, et des sépales blancs agrémentés du jaune des pétales sur les épaules. Voici le pedigree des uns et des autres :
 'Italian Ice' = 'America's Cup' X 'Branching Out' ;
'Ma Véronique' = 'Tropical Passion' X 'Winterfest' ;
'Aligoté' = 'Northern Jewel' X 'I'm Back'.
Aucun lien récent ne relie ces trois plantes. Et si l'on remarque une ressemblance entre 'Aligoté' et sa « mère » 'Northern Jewel', rien de tel n'apparaît chez les deux autres. Dans cette première comparaison, mon hypothèse semble tout à fait contrebattue par les faits. Mais il faut bien admettre que rien n'est certain puisque malheureusement la Maison Schreiner, obtenteur de l'IB 'Northern Jewel' en1991, n'en a pas donné le nom des parents. Peut-être y a-t-il quelque chose de ce côté là, qui sait ? C'est néanmoins peu probable.

Ce premier échec aurait pu m'inciter à arrêter là les recherches. J'ai cependant tenté ma chance avec deux autres iris très proches l'un de l'autre : 'Jealous Guy' (Blyth, 2009) et 'Buongiorno' (Blyth, 2011). Il s'agit de plantes issues de la même pépinière et la présence d'un lien entre les deux devient moins problématique car chacun sait que les hybrideurs aiment bien tenter d'améliorer ce qu'ils ont obtenu mais dont ils sentent qu'ils peuvent faire progresser leur travail.Barry Blyth procède ainsi de manière quasiment systématique. Pourtant, au départ, dans le cas présent rien n'était évident :
'Jealous Guy' = ('Puff the Magic' x (('Enjoy the Party' x 'Kathleen Kay Nelson') x 'Calling')) X ('Apricot Already' x ('Terracotta Bay' x 'Mango Daiquiri')) ;
'Buongiorno' = 'Thundermaker' X 'Stop Flirting'.
Mais on s'aperçoit vite que 'Buongiorno' et 'Terracotta Bay'(Blyth, 2005) ont l'un et l'autre pour parent femelle 'Thundermaker' (Blyth, 2001), un brillant iris pourpre. Est-ce suffisant pour décréter qu'il y a un air de famille entre eux ? Même s'il y a un réel lien génétique. C'est alors qu'on découvre que le croisement à l'origine de 'Apricot Already'(Blyth, 2009) est ('Terracotta Bay' x 'Mango Daiquiri') déjà présent derrière 'Jealous Guy'. Ce dernier a donc un second lien avec 'Buongiorno'. En cherchant encore plus loin il apparaît que 'Puff the Magic' (Blyth, 2006), le premier membre du croisement qui a donné 'Jealous Guy', dispose dan son pedigree d'un certain 'Poetess' (Blyth, 1999) qui est aussi présent chez 'Thundermaker', « mère » de 'Buongiorno'... N'insistons pas, la démonstration est faite de l'étroite parenté entre les deux protagonistes de la comparaison en cours.

Passons à un nouveau chapitre. Se ressemblent vivement 'Délicieux Caramel' (Cayeux, 2014), excellent amoena jaune, et 'Urban Cowgirl' (Schreiner, 2013). Cette fois on ne fera pas remarquer qu'on ne change pas d'écurie ! Le premier est né sur les bords de la Loire, le second provient des rives de la Willamette, à plusieurs milliers de kilomètres. A ceci près que leurs pedigrees les rapprochent : 'Délicieux Caramel' = ('Conjuration' x 'Futuriste') X 'Changing Seasons' ;
'Urban Cowgirl' = 'New Accent' x 'Changing Seasons'.
Cette fois nous avons bien affaire à deux frères, par le biais de ce 'Changing Seasons' (Schreiner, 2004) qui n'a pas hésité à faire près de la moitié du tour du monde pour apporter ses gènes au cœur de la France. Les deux variétés en question n'ont pas qu'un air de famille, elles sont bien du même sang. Je dirais même que 'Délicieux Caramel' est encore plus proche de 'New Accent' qu'il ne l'est de 'Urban Cowgirl', mais cette fois encore, la Maison Schreiner ne donne pas le pedigree de 'New Accent' : l'honnêteté peut avoir quelque chose de frustrant !

On pourrait multiplier les rapprochements tels que ceux qui nous occupent aujourd'hui car il y en a énormément. A tel point qu'il est pratiquement impossible de donner un nom à une variété qui a perdu son étiquetage tant les ressemblances sont trompeuses, chez les plicatas bleus notamment. Il est plus sage, en matière d'identification, de s'en tenir à ce qui est certain et à laisser dans l'anonymat un iris qui a perdu son nom. Se méfier des airs de famille.

Iconographie : 





'Aligoté' – 'Ma Véronique' – 'Italian Ice' – 'Northern Jewel' 




'Jealous Guy' – 'Buongiorno' – 'Terracotta Bay' 











'Délicieux Caramel – 'Urban Cowgirl' – 'New Accent'

15.4.17

LES TROPHÉES

Emprunter le titre de ce feuilleton à José-Maria de Hérédia me paraît tout à fait adapté pour mettre en valeur les variétés d'iris considérées comme les meilleures de ces vingt dernières années. Ce sont des iris qui méritent bien les trophées qu'ils ont remportés. Nous en verrons quatre par semaine. 

XIV – 2010 


Médaille de Dykes = 'Paul Black' (T. Johnson, 2002) 


Fiorino d'Oro = 'Ale Viola' (Gigli, NR) 


Sass Medal -IB) = 'Ruby Slippers' (Keppel, 2002) 


Williamson-White Medal (MTB) = 'Sailor's Dream' (K. Fischer, 2004)

UN PIONNIER EN SLOVAQUIE

Ce n'est qu'il y a quelques semaines que j'ai appris le décès de Ladislaw Muska. Je le savais mal portant depuis plusieurs années, et il avait été contraint, de ce fait, de cesser son activité d'hybrideur d'iris. Il fut l'un des premiers iridophiles d'Europe de l'Est avc qui j'ai correspondu et nos échanges épistolaires ont duré de nombreuses années, à cheval sur la fin de l'ère communiste dans son pays et le début de la période démocratique. En fait nous n'avons jamais abordé ensemble le côté politique de l'affaire ; nos conversations portaient exclusivement sur des questions botaniques et horticoles.

C'est que pour pratiquer l’hybridation d’iris de l’autre côté du Rideau de Fer, entre 1960 et 1990, il fallait beaucoup d’humilité et beaucoup d’enthousiasme. Ladislaw Muska ne manquait ni de l’une ni de l’autre. Au début des années 1960 il avait terminé des études de chimie organique et disposait donc d’un bon bagage en matière de génétique, de biologie et de botanique. C’est avec cela qu’il s’est lancé dans l’hybridation des iris, une plante connue et appréciée de toujours dans sa Slovaquie natale. Son travail s'est immédiatement révélé méritoire : effectué dans des conditions matérielles élémentaires, avec presque aucun cultivar en provenance de l'Ouest, dans l'espace retreint d'un petit jardin populaire de banlieue, il a réussi à obtenir des iris très présentables, au point que le fameux jardin de Pruhonice, à Prague, s'en est procuré un certain nombre pour les exposer dans ses collections. Milan Blazek écrit lui-même : « Ils présentaient un réel intérêt pour la production de nos propres variétés. Parmi celles que nous avions à Pruhonice, nous en avions remarqué une vingtaine, notamment 'Carrara Lace' (1995), 'Alessandra' (1996) et 'Funny Bird' (1996), qui avaient une qualité de niveau international correspondant à ce qui se faisait de bien dans les années 1990."

Ces bons résultats dénotaient un réel talent car il n’était pas facile de se procurer les variétés américaines de l’époque. Aussi travaillait-on à partir de variétés anciennes, acquises par la débrouille et le commerce parallèle. La démarche était par ailleurs intuitive et sentimentale : pas de programme précis, pas d’autre but que celui d’obtenir de nouveaux iris, les plus beaux possibles, tout simplement.

 Ladislav Muska a appelé la première période de sa vie d’hybrideur, l’ « étape Babbling Brook ». parce que cette variété était la plus belle et parmi les plus récentes de celles dont il disposait. Cependant assez vite il se rendit compte que son travail n'était pas au niveau de celui de ses confrères de l'Ouest, aussi renouvela-t-il son matériel génétique et entama-t-il sa deuxième période, celle qu'il a baptisée la période « Laced Cotton », avec des parents potentiels plus modernes, tels que 'Beverly Sills' (Hager 1979 – DM 1985), 'Bride’s Halo' (Mohr 1973 – DM 1978), 'Kilt Lilt' (Gibson 1970 – DM 1976), 'Mystique' (Ghio 1975 – DM 1980), 'Victoria Falls' (Schreiner 1977 – DM 1984) et quelques autres d'aussi bonne facture. Les obtentions de cette époque ressemblaient déjà à ce qui s’était fait aux Etats-Unis et ailleurs, dans les années 1980. Celle dont L. Muska était le plus fier se nomme 'Don Epifano' (1989), de Laced Cotton X Pink Angel, qui est un bicolore noisette et pervenche avec un large liseré vanille autour des sépales, et qui est parfaitement ondulé et frisé. C'est de cette période dont font partie les variétés citées ci-dessus par Milan Blazek. Elles ont dix ans de retard par rapport à leurs équivalents américains, mais démontrent qu’avec les mêmes matériaux on arrive aux mêmes résultats.

La troisième époque a débuté vers la fin des années 1980. Muska l’a appelée sa période « Queen in Calico – Sky Hooks - Ringo » car elle s’appuie essentiellement sur ces trois variétés dans lesquelles il a trouvé de quoi alimenter son projet d’une ligne « plicata space age ». Ses autres géniteurs s’appelaient 'Aphrodisiac' (Schreiner 1986), 'Dusky Challenger' (Schreiner 1986 – DM 1992), 'Edith Wolford' (Hager 1986 – DM 1993), et de nombreux autres car il était devenu facile de se procurer des variétés modernes. Cette troisième époque, celle que Muska nommait celle du « triangle magique des iris » a vu naître des variétés très modernes qui ont nom, entre autres 'Calicoball' (1995), 'Ri-Sampei' (1996), 'Xochipili' (1995), et, surtout, 'Hellada' (1996), qui a fait connaître son obtenteur aux Etats-Unis.

A ce moment Ladislaw Muska (que ses amis appellent « Lako ») a atteint une maturité qui lui permet d’éviter les emballements des années 1980/90 pendant lesquelles il a sûrement enregistré trop de nouvelles variétés. Avec son compatriote Anton Mego, et les obtenteurs tchèques comme Zdenek Seidl, Pavel Nejedlo ou Jiri Dudek, il maîtrise mieux les problèmes de sélection et d’évaluation de son travail. Les variétés enregistrées alors sont à cet égard remarquables. On peut parler de 'Dreaming Clown' (1999) – utilisé par Keith Keppel et Barry Blyth, rien que ça -, 'Golden Fasan' (1999)', 'Zuzana' (2000) ou 'Snorri' (2002), remarquable rose à éperons mauves, qui a reçu le prix de la variété la plus originale à Florence en 99. C'est aussi le commencement de la fin, car il n'y a pas eu de cinquième période.

En effet peu après la santé de Ladislaw s'est déteriorée. Un jour il m'a annoncé qu'une première crise cardiaque l'obligeait à renoncer à son activité au jardin... Je n'ai plus entendu parler de lui, mais sa fille Miriam, dans un hommage posthume paru dans le bulletin de la MEIS sous la signature de Zdenek Seidl, raconte qu'il a peu à peu perdu goût à tout et qu'en quelque sorte il s'est laissé mourir... Il faut dire qu'à 55 ans il avait été atteint d'un cancer de l'estomac dont il avait guéri mais à cause duquel il avait été réformé ce qui l'avait fortement éprouvé.

Je me suis renseigné sur le sort des iris de la collection Muska, notamment auprès d'Anton Mego. Personne n'a pu me dire précisément si elle avait été conservée. Mais il est probable que, logée dans plusieurs jardins ouvriers, lorsque ces lopins ont été redistribués, elle a disparu corps et bien. Sans doute ne reste-t-il plus que les variétés expédiées un peu partout dans le monde pendant le temps où Ladislaw commercialisait ses obtentions. C'est a mon avis une fin bien triste pour le travail d'un homme qui, sans être un génie, a été un pionnier dans son pays et sa région et a sérieusement contribué à l'expansion du monde des iris.

Iconographie : 


'Alessandra' 


'Don Epifano' 


'Hellada' 


'Snorri'

7.4.17

LA FLEUR DU MOIS

‘ONE EIGHTH’ (Ransom, 2015)
 ('Refosco' X 'High Master') 

C'est la dernière variété enregistrée par Lawrence Ransom et rien qu'à ce titre elle mériterait une mise en lumière, mais cela n'est pas son seul titre de gloire. Elle fait partie du dernier lot de plantes que j'ai reçu de Lawrence (ou, plus exactement, de son frère lorsque celui-ci a liquidé les iris cultivés par Lawrence), et je vais la voir fleurie en ce printemps 2017 pour la première fois dans ce qui fut ma collection et qui fait désormais partie de celle de la commune de Champigny, cité de l'iris.

'One Eighth' porte un nom étrange qu'on peut évidemment traduire par « Un Huitième », mais ce qui ne change rien è son étrangeté. Pour comprendre, il faut se référer à ce qu'en dit Lawrence Ransom dans la description qu'il en a fournie pour son enregistrement auprès de l'AIS, et à son pedigree. Voici : « Standards light rose-lilac veined darker, slightly shaded brown at edges; (...) falls mid rose-red paling along edges, centre almost blackish, upper falls veined lilac to red-brown on white to yellow ground; beards orange on bluish-white base. (…) One eighth aril. » En français : Pétales rose lilacé clair, veines plus sombres, légèrement ombré de brun sur les bords ; sépales rose-rouge moyen pâlissant vers les bords, centre plutôt noirâtre, partie supérieure constituée de veines allant du lilas au brun-rouge sur fond de blanc à jaune ; barbes orange avec base blanc bleuté. Un huitième aril.

C'est cette part d'  « arilité » qui est intrigante. Le pedigree nous en donne l'origine en la personne de 'Refosco' (Ransom, 2010). Ce dernier est un « AB (1/4) » (¼ arilbred) par sa « mère » 'Eastern Dusk' (Ransom, 2010) lui-même ½ AB par sa propre « mère » 'Vera' (Van Tubergen, sans date). Cet iris est un hybride interspécifique vraisemblablement issu d'un croisement (I. stolonifera X I. Korolkowii) donc un vrai iris aril.

A force de croiser un aril avec des grands iris de jardin (TB ou BB), le produit perd peu à peu ses gènes arils, d'abord ½ AB avec 'Eastern Dusk', puis ¼ AB avec 'Refosco' et enfin 1/8 AB avec 'One Eighth'.

Cette dilution n'a pas fait disparaître les traits les plus marquants des iris arils, cette allure exotique avec ces veines sombres très apparentes et ces sépales centrés de noir. Cela donne une fleur qui a la perfection formelle des TB et l'apparence mystérieuse des AB. Un mariage mixte eurasien parfaitement réussi.

Lawrence Ransom s'est toujours intéressé à ces fleurs délicates et rares que sont les iris d'Asie Centrale. En vingt ans de carrière, de 1995 à 2015, il a enregistré 43 variétés d'arilbreds et 3 variétés de purs arils. Ce qui fait de lui un véritable spécialiste de ces fleurs. Avec son compère Jean Peyrard qui pour sa part à enregistré trois arilbreds, ils constituent une exception européenne qui n'est pas assez reconnue.

On ne saura jamais si Lawrence Ransom avait l'intention de poursuivre dans la voie de 'One Eighth' et de mettre au point un nouveau modèle d'iris barbu dans lequel les traits caractéristiques des arils viendraient compléter la palette des hybrideurs. Des tentatives ont déjà eu lieu, mais elles ont échoué. Souvenons-nous de 'Lady Mohr' (Salbach, 1943) avec son côté Oncocyclus en provenance 'Capitola' (Reinelt, 1940), et des malheurs de ceux qui ont essayé en croisant 'Capitola' avec un TB, notamment avec 'Snow Flurry' : cela n'a jamais donné naissance à une variété inoubliable et, surtout, susceptible d'une descendance. Henry Danielson, en compagnie de son épouse Luella, a obtenu un grand nombre d'arilbreds. Il a aussi essayé de transférer les traits des arils chez les TB. 'Lawrence Welk' (1976) et 'Scented Opals' (1979) sont les résultats de cette tentative. Ni l'un ni l'autre, en dehors de la couleur de la barbe, n'ont été de francs succès... Le problème provient de ce que les traits des arils, notamment le signal sombre sous les barbes, tend à disparaître au fur et à mesure que les gènes d'arils diminuent en intensité au fil des croisements avec les iris barbus. Peut-être que Ransom avait trouvé une solution. Sa disparition prématurée a mis un terme à tous ces espoirs.

Iconographie : 


'One Eighth' 

'Refosco' 


'Eastern Dusk' 

'Lawrence Welk'

LES TROPHÉES

Emprunter le titre de ce feuilleton à José-Maria de Hérédia me paraît tout à fait adapté pour mettre en valeur les variétés d'iris considérées comme les meilleures de ces vingt dernières années. Ce sont des iris qui méritent bien les trophées qu'ils ont remportés. Nous en verrons quatre par semaine. 

XIII – 2009 


Médaille de Dykes = 'Golden Panther' (Tasco , 2000) 


Fiorino d'Oro = 'Ravissant' (R. Cayeux, 2005) 

Wister Medal (TB) = 'Slovak Prince' (Mego, 2002) 


Cook-Douglas Medal (SDB) = 'Puddy Tat' (P. Black, 2002)

ECHOS DU MONDE DES IRIS

Le temps des catalogues.

Ce matin j'ai reçu les catalogues Cayeux et Bourdillon.

Le catalogue Cayeux est toujours aussi somptueux. En dehors de cette perfection formelle, le contenu démontre une nette évolution vers une majorité de variétés maison. 215 iris « Cayeux » au total !(1) Tout le reste est constitué de variétés américaines ou australiennes à l'exception d'un SDB allemand ('Kleine Ballerina', F. Kathe, 2008).
 (1) Dans la liste générale les variétés Cayeux sont répertoriées en capitales bleues, à l'exception d'une, qui a été loupée : 'Hortensia Rose'.

Chez Bourdillon on note un net rajeunissement de la présentation, toute en couleur, et une ouverture vers les variétés françaises (9 iris), mais pas de liste récapitulative. 63 pages bien agréables à feuilleter.