LE COUP DE CHANCE DE MADAME REES
Comme tous les microcosmes, celui des iris est peuplé d’aventures extraordinaires qui prennent avec le temps des allures mythiques. Le coup de chance de Madame Rees fait partie de ces mythes.
Chacun a en mémoire l’histoire de Clara Rees qui a croisé PURISSIMA, un tétraploïde blanc, avec le rose (et français) THAIS, et obtenu seulement deux graines. Il n’y a qu’une de ces deux graines qui a germé, mais le produit a dépassé toutes les espérances. , Un iris blanc, tétraploïde, impeccablement coiffé, ondulé, bref une fleur parfaite. Aussitôt qu’il a vu cet iris en fleur, le producteur Carl Salbach a été à ce point subjugué qu’il a acheté la totalité du stock pour le mettre en culture et l’introduire sur le marché. On est en 1939.
Au demeurant, SNOW FLURRY n’est pas une plante très fertile, il produit peu ou pas de pollen, mais heureusement il se comporte en bonne génitrice et les enfants qu’il a eus son tous formidables. Avec lui Madame Rees avait obtenu le plus fameux iris blanc des temps modernes. Ce n’est pas pour autant que le monde des iris ait tiré son chapeau à la chanceuse Clara Rees. SNOW FLURRY n’a jamais obtenu la Médaille de Dykes. Ce n’est qu’en 1974, trente cinq ans plus tard, que le staff de l’AIS a attribué à cet iris extraordinaire le premier AISBDA (American Iris Society Board of Directors Award). Mais ce n’est là qu’une récompense de circonstance, qui ne répare pas vraiment l’injustice qui a frappé SNOW FLURRY. Heureusement l’anecdote est restée, et, finalement, c’est peut-être encore mieux pour la notoriété de la plante et de son obtentrice.
SNOW FLURRY est à l’origine d’une foule de descendants, dans un grand nombre de coloris. Parmi ceux-ci, au premier rang, on trouve cinq variétés de premier plan : NEW SNOW, TRANQUILITY, CELESTIAL SNOW, REHOBETH et SNOW GODDESS qui, tous, reproduisent les qualités de SNOW FLURRY. NEW SNOW (Fay 46), entre autres, est dans le pedigree de RIPPLING WATERS (Fay 61 – DM 66), bleu-mauve à barbes mandarine, dont j’ai déjà décrit la descendance. Mais il s’est particulièrement distingué dans les iris blancs avec notamment CLIFFS OF DOVER, lui- même père de HENRY SHAW (Benson 59) et, de ce fait à l’origine de la lignée de blancs obtenus par Benson comme ARCTIC FURY (64), NIGHT FROST (69), ou, plus près de nous, ELVIS PRESLEY (82). Parmi les bleus ses plus beaux descendants sont peut-être VAN CLIBURN (61) puis VICTOR HERBERT (77), toujours chez Benson. Joë Ghio, comme bien d’autres, a également utilisé NEW SNOW pour sa lignée de blancs initiée avec FROSTED STARLIGHT (61) et poursuivie avec FIRST COURTSHIP (62) et NINA’S DELIGHT (64). CELESTIAL SNOW a eu aussi une brillante descendance dans laquelle on découvre ERMINE ROBE (Schreiner 69), FLIGHT OF ANGELS (Terrell 68), ANGEL CHOIR (Schliffert 70), ANGEL UNAWARES (Terrell 70) d’où provient HEAVENLY ANGELS (Gatty 79). REHOBETH est celui dont la descendance est sans doute la plus remarquable, avec en premier lieu WINTER OLYMPICS (O. Brown 63 – DM 67), lui-même abondamment utilisé comme parent essentiellement pour des blancs ou des bleus – DOVER BEACH (Nearpass 72), BARBARA DAWN (Neubert 74), FLAIR (Gatty 76), EMMANUEL (Boushay 76), ANGEL SYMPHONY (Meek J. 79) – mais aussi pour des jaunes – BIG DIPPER (Brown O. 81), PRECIOUS MOMENTS (Gatty 84) – ou même un « noir » - WEDDING SUIT (Mohr H. 74) !
Le nom de SNOW FLURRY se trouve aussi dans le pedigree d’autres variétés célèbres comme ARCTIC FLAME (Fay 60), blanc à barbes mandarine ; CLOUD FIRE (O. Brown 83), FILOLI (Corlew 82), SHOWMAN (Corlew 80) tous les trois également blanc à barbes rouges ; BLUE SAPPHIRE (Schreiner 53 – DM 58), bleu à barbes jaunes ; LORD BALTIMORE (Nearpass 69), néglecta bleu. Cependant c’est sans doute CHAMPAGNE MUSIC (Fay 64), amoena bleu, qui a eu lui-même la plus abondante descendance. Parmi celle-ci j’ai relevé des variétés très connues comme ALPINE SUNSHINE (Blyth 75), TRANQUIL STAR (Blyth 78) qui est à l’origine d’une grande partie des nombreuses variétés récentes sélectionnées par Barry Blyth (ALPINE JOURNEY, ELECTRIQUE, CHOCOLATE VANILLA, IMPRIMIS, INCA QUEEN…), LOUISIANA LACE (Schreiner 78), GYPSY WOMAN (Schreiner 84) et le petit français NEIGE DE MAI (Cayeux 78) lui-même parent de CREME GLACÉE (Cayeux 94).
Parmi les variétés les plus récentes il y a encore des gènes de SNOW FLURRY ou ses descendants. Citons, rien que chez Schreiner, ART FAIRE (93), BLACK TIE AFFAIR (93), GYPSY ROMANCE (94), LIGHTSHINE (2000), STASHIP ENTERPRISE (99), THUNDER SPIRIT (96)…
On ne finirait pas de parler des enfants, petits enfants et autres de SNOW FLURRY. Madame Rees, si elle était encore là pour le constater, pourrait être fière de sa réussite. On peut dire que, de tous les grands noms des iris, le sien doit être placé tout en haut de la liste.
31.5.02
27.5.02
LES IRIS SCHREINER RÉCENTS COMMERCIALISÉS EN FRANCE EN 2002
Sauf erreur ou omission involontaire, voici la liste des variétés Schreiner récentes (91/00) commercialisées cette année en France, par les quatre principaux producteurs.
A = Iris en Provence
B = Bourdillon
C = Cayeux
T = Iris de Thau
AVALON SUNSET BC
BLACK TIE AFFAIR BC
BOLD LOOK B
BLUE SUEDE SHOES C
CAJUN BEAUTY B
CAJUN RHYTHM BT
CANNONBALL ABC
CAPTAIN’S JOY B
CASCADE SPRING C
CELEBRATION SONG BCT
CHAMPAGNE WALTZ ABC
CHANGE OF PACE AC
DELTA BLUES C
DREAMSICLE B
DYNAMITE A
FALL FIESTA BC
FIRST INTERSTATE BC
FOOTLOOSE BC
GOODBYE GIRL B
GOODNIGHT MOON AB
GYPSY ROMANCE BC
HELLO DARKNESS ABC
INDIGO PRINCESS ABCT
IN THE MOOD BT
ISLAND SUNSET BC
JAZZED UP BC
JAZZ ME BLUE BC
MADEIRA AB
MARIAH ABT
MIDNIGHT EXPRESS B
MULBERRY PUNCH T
MYSTIC’S MUSE B
NEW CENTURION ABC
NORTHWEST PRIDE B
NORTHWEST PROGRESS B
OH JAMAICA T
OLD BLACK MAGIC A
ORANGE JUBILEE BC
OREGON SKIES ABC
OVERNIGHT SENSATion ABC
PAINT IT BLACK ABC
QUEEN OF ANGELS B
RAMBLIN’ ROSE B
RIDE THE WIND T
RIPPLING RIVER A
RIVERBOAT BLUE C
ROYAL INTRIGUE BC
SATURDAY NIGHT LIVE A
SERENE MOMENT C
SIERRA GRANDE C
SKYLARK SONG C
SKYWALKER B
SMILING ANGEL C
SPELLBREAKER BC
STAR SAILOR ABT
STARLIGHT EXPRESS BC
SWINGTOWN AB
THUNDER SPIRIT AB
UNFORGETTABLE FIRE T
VIGILANTE T
WAR CHIEF B
WILD THING B
YAQUINA BLUE BC
Sauf erreur ou omission involontaire, voici la liste des variétés Schreiner récentes (91/00) commercialisées cette année en France, par les quatre principaux producteurs.
A = Iris en Provence
B = Bourdillon
C = Cayeux
T = Iris de Thau
AVALON SUNSET BC
BLACK TIE AFFAIR BC
BOLD LOOK B
BLUE SUEDE SHOES C
CAJUN BEAUTY B
CAJUN RHYTHM BT
CANNONBALL ABC
CAPTAIN’S JOY B
CASCADE SPRING C
CELEBRATION SONG BCT
CHAMPAGNE WALTZ ABC
CHANGE OF PACE AC
DELTA BLUES C
DREAMSICLE B
DYNAMITE A
FALL FIESTA BC
FIRST INTERSTATE BC
FOOTLOOSE BC
GOODBYE GIRL B
GOODNIGHT MOON AB
GYPSY ROMANCE BC
HELLO DARKNESS ABC
INDIGO PRINCESS ABCT
IN THE MOOD BT
ISLAND SUNSET BC
JAZZED UP BC
JAZZ ME BLUE BC
MADEIRA AB
MARIAH ABT
MIDNIGHT EXPRESS B
MULBERRY PUNCH T
MYSTIC’S MUSE B
NEW CENTURION ABC
NORTHWEST PRIDE B
NORTHWEST PROGRESS B
OH JAMAICA T
OLD BLACK MAGIC A
ORANGE JUBILEE BC
OREGON SKIES ABC
OVERNIGHT SENSATion ABC
PAINT IT BLACK ABC
QUEEN OF ANGELS B
RAMBLIN’ ROSE B
RIDE THE WIND T
RIPPLING RIVER A
RIVERBOAT BLUE C
ROYAL INTRIGUE BC
SATURDAY NIGHT LIVE A
SERENE MOMENT C
SIERRA GRANDE C
SKYLARK SONG C
SKYWALKER B
SMILING ANGEL C
SPELLBREAKER BC
STAR SAILOR ABT
STARLIGHT EXPRESS BC
SWINGTOWN AB
THUNDER SPIRIT AB
UNFORGETTABLE FIRE T
VIGILANTE T
WAR CHIEF B
WILD THING B
YAQUINA BLUE BC
SCHREINER 1991/2000
Savez-vous combien de nouvelles variétés de grands iris la maison Schreiner a commercialisé entre 1991 et 2000 ? 151. Une moyenne de 15 par an.
C’est presque automatique. Entreprise parfaitement organisée, où l’on n’oublie ni l’horticulture ni le business, Schreiner « sort » chaque année quinze iris, dans seize coloris différents. Les exceptions sont rares, les surprises aussi. Schreiner, c’est le classique, c’est également la perfection : on ne donne ni dans le « space age » ni dans le « broken color », mais les iris maison sont tous des produits éprouvés, parfaits sous tous les aspects. Ce n’est pas pour rien que la Médaille de Dykes est pour ainsi dire trustée : quatre variétés Schreiner l’ont obtenue au cours de ces dix années.
Le tableau ci-dessous donne une idée de la régularité d’horloge de l’offre. Les seize coloris utilisés sont : blanc, jaune, orange, brun-rouge, rose, magenta/grenat, pourpre, mauve/violet, marine/indigo, bleu vif, bleu ciel, noir, amoena, plicata, variégata et bicolore. Seize coloris donc, mais en moyenne seulement quinze nouveautés. Il y a donc une petite marge de manœuvre ! En fait, au cours de ces dix années, Seules trois ont été quelque peu différentes de la normale : 93, avec seulement 14 nouveautés, 97, avec 16, de même que 2000. Il y a eu :
· Sept variétés blanches : SONG OF ANGELS (91), SPARKLING DEW (92), SMILING ANGEL (94), QUEEN OF ANGELS (95), CARTE BLANCHE (96), SEAKIST (97) et ARCTIC AGE (99). C’est peu et cela laisse à penser qu’il n’est pas facile de produire un bon blanc. Pour les dénominations, il est amusant de remarquer que le terme d’ « ange » est le plus souvent utilisé ;
· Douze variétés jaunes, ou jaune avec centre des sépales blanc : FIRST INTERSTATE (91), DAKOTA MOON et ELEGANT IMPRESSIONS (92), BOLD LOOK (93), STARLIGHT EXPRESS (94), GOODNIGHT MOON (95), AUTUMN ACCENT (96), CITYSCAPE (97), CHINA MOON et LUXOR GOLD (98), WEDDING DANCE (99), PICASSO MOON (2000). Pour les Anglo-saxons, l’idée de jaune est associée à celle de lune ;
· Onze variétés oranges : AFRICAN SUNSET (91), FIREBREATHER (92), ORANGE JUBILEE (93), AVALON SUNSET et CHAMPAGNE WALTZ (94), PARTY LIGHTS (95), CAJUN RHYTHM (96), GOOD VIBRATIONS (97), ORANGE BLOSSOM SPECIAL (99), MILLENIUM SUNRISE et SAVANNAH SUNSET (2000). Pour ceux là, l’association d’idées la plus courante est celle de « coucher de soleil » ;
· Onze variétés brun-rouge : CHIEF QUINABY et UNFORGETTABLE FIRE (91), CAJUN BEAUTY et WAR CHIEF (92), NEW CENTURION (93), CANNONBALL (94), RED HAWK (95), SATURDAY NIGHT LIVE (96), TERRA ROSA (98), RIP CITY (99) et SALSA RIO (2000). Qui dit « rouge », pense à « indien » ou à « feu » ;
· Treize variétés roses (un record) : MY GIRL (91), ISLAND SUNSET et JOYOUS MORN (92), INNOCENT BLUSH et MYSTIC MUSE (93), IN THE MOOD (94), DREAMSICLE et GOODBYE GIRL (95), HEAVENLY VISION (96), KENTUCKY WOMAN (97), IVORY BLUSH (98), MAGICAL ENCOUNTER (99), SENTIMENTAL ROSE (2000). Le rose est à la mode. C’est la couleur la plus présente, sous ses deux acceptions : rose « rose » et rose « pink ». Et pour les noms, on trouve une connotation féminine et onirique ;
· Huit variétés magenta ou grenat : ROSA NOVA (91), FESTIVE MOOD et RAMBLIN’ ROSE (93), SHEER ECSTASY (96), DIABOLIQUE (97), SERENE MOMENT (98), MERLOT (99), HOT SPICED WINE (2000). Schreiner vend aussi du vin, et donner à un iris un nom de cépage ou faire quelque allusion au vin permet un lien commercial entre les deux activités !
· Neuf variétés pourpres : SPELLBREAKER (91), MULBERRY PUNCH (92), MADEIRA (93), GYPSY ROMANCE (94), WILD THING (95), SWINGTOWN (96), DYNAMITE (97), LENTEN PRAYER (98) et WINNING DEBUT (2000). Ces deux dernières couleurs, plutôt proches l’une de l’autre, fournissent un fort contingent : c’est très « tendance » ;
· Seulement six variétés mauves ou violettes : FEATURE ATTRACTION (94), GOOD LOOKING (95), EMPEROR’S DELIGHT et GRAPE ICE (97), HIGH STAKES (99) et MERITAGE (2000). Cette couleur doit être moins porteuse, en tout cas c’est la moins représentée ;
· Huit variétés marine ou indigo : ROYAL INTRIGUE (91), INDIGO PRINCESS (92), CAPTAIN’S JOY (94), RIPPLING RIVER (95), THUNDER SPIRIT (96), BLUE CRUSADER (98), DEVIL’S LAKE (99) et TOCKATEE FALSS (2000) ;
· Huit variétés bleu vif : RIVERBOAT BLUE (91), YAQUINA BLUE (92), JAZZ ME BLUE (93), DELTA BLUES (94), MARIAH (95), BLUE SUEDE SHOES (96), CAPITAL CITY JAZZ (97), MONET’S BLUE (98). Dans ce cas c’est la référence à la musique noire américaine qui est présente dans les noms ;
· Sept variétés bleu clair : OREGON SKIES (91), STAR SAILOR (95), SKYWALKER (96), COLOR ME BLUE et MOUNTAIN ECHO (97), BLUE SKIRT WALTZ (99) et METOLIUS BLUES (2000). Le bleu sous tous ses aspects est la couleur favorite de la tribu Schreiner. C’est celle qui lui a valu ses plus retentissants succès ;
· Neuf variétés « noires » : MIDNIGHT DANCER (91), HELLO DARKNESS (92), BLACK TIE AFFAIR (93), PAINT IT BLACK (94), AROUND MIDNIGHT (95), OLD BLACK MAGIC (96), BLACK PASSION (98), BLACK BUTTE (99) et GHOST TRAIN (2000). C’est une couleur qui fait recette, même s’il n’y a pas de véritable progrès parmi les fleurs enregistrées ;
· Douze iris amoenas : RIDE THE WIND (91), SIERRA GRANDE (92), NORTHWEST PRIDE (93), CASCADE SPRING et JAZZED UP (94), OVERNIGHT SENSATION (95), SKYLARK SONG (96), NORTHWEST PROGRESS (97), COASTAL MIST, SUGAR MAGNOLIA et WORLD PREMIER (98), STARSHIP ENTERPRISE (99). C’est dans cette catégorie qu’on trouve, à mon avis le plus d’originalité, SUGAR MAGNOLIA et STARSHIP ENTERPRISE sont là pour le prouver ;
· Douze iris plicatas : CHANGE OF PACE (91), CLASSIC LOOK (92), ART FAIRE et FOOTLOOSE (93), CARNIVAL SONG et DEGAS DANCER (94), AMERICAN CLASSIC (96), ART DECO (97), BOLD FASHION et I’VE GOT RHYTHM (98), RARE QUALITY (99), JUMPING (2000). Pourquoi les noms choisis sont-ils aussi terre-à-terre ?
· Sept variégatas : VIGILANTE (91), CIRCUS WORLD (95), SOMBRERO WAY (96), HARVEST FAIRE (97), COUNTRY CHARM (98), GLORIOUS MORNING (99) et LIGHTSHINE (2000).Cette catégorie est, elle aussi, un peu passée de mode à l’heure actuelle ;
· Onze variétés que l’on peut qualifier d’ « autres » et qui sont essentiellement bicolores : FALL FIESTA (92), CELEBRATION SONG (93), OH JAMAICA (95), SO FINE (96), BRAZILIAN HOLIDAY et LET’S BOOGIE (97), LAST CHANCE et WILD FRONTIER (99), HIGH PROFILE, INSTANT HIT et RUSTIC ROYALTY (2000).
Dans ce choix formidable, deux variétés ont déjà obtenu la Médaille de Dykes (HELLO DARKNESS en 99 et YAQUINA BLUE en 2001) et trois ont été couronnées du Florin d’or à Florence (CELEBRATION SONG en 96, CHAMPAGNE WALTZ en 97 et DIABOLIQUE en2000) pendant que quatre autres remportaient le Florin d’Argent (CLASSIC LOOK en 95, GYPSY ROMANCE en 97, SWINGTOWN en 99 et WORLD PREMIER en 2001). Il faut aussi remarquer que soixante trois de ces nouveaux iris figurent cette année dans les catalogues français. C’est une démonstration de la domination exercée par Schreiner sur le monde des iris. Mais c’est aussi la preuve de la qualité exceptionnelle des produits de cette incontournable entreprise.
Savez-vous combien de nouvelles variétés de grands iris la maison Schreiner a commercialisé entre 1991 et 2000 ? 151. Une moyenne de 15 par an.
C’est presque automatique. Entreprise parfaitement organisée, où l’on n’oublie ni l’horticulture ni le business, Schreiner « sort » chaque année quinze iris, dans seize coloris différents. Les exceptions sont rares, les surprises aussi. Schreiner, c’est le classique, c’est également la perfection : on ne donne ni dans le « space age » ni dans le « broken color », mais les iris maison sont tous des produits éprouvés, parfaits sous tous les aspects. Ce n’est pas pour rien que la Médaille de Dykes est pour ainsi dire trustée : quatre variétés Schreiner l’ont obtenue au cours de ces dix années.
Le tableau ci-dessous donne une idée de la régularité d’horloge de l’offre. Les seize coloris utilisés sont : blanc, jaune, orange, brun-rouge, rose, magenta/grenat, pourpre, mauve/violet, marine/indigo, bleu vif, bleu ciel, noir, amoena, plicata, variégata et bicolore. Seize coloris donc, mais en moyenne seulement quinze nouveautés. Il y a donc une petite marge de manœuvre ! En fait, au cours de ces dix années, Seules trois ont été quelque peu différentes de la normale : 93, avec seulement 14 nouveautés, 97, avec 16, de même que 2000. Il y a eu :
· Sept variétés blanches : SONG OF ANGELS (91), SPARKLING DEW (92), SMILING ANGEL (94), QUEEN OF ANGELS (95), CARTE BLANCHE (96), SEAKIST (97) et ARCTIC AGE (99). C’est peu et cela laisse à penser qu’il n’est pas facile de produire un bon blanc. Pour les dénominations, il est amusant de remarquer que le terme d’ « ange » est le plus souvent utilisé ;
· Douze variétés jaunes, ou jaune avec centre des sépales blanc : FIRST INTERSTATE (91), DAKOTA MOON et ELEGANT IMPRESSIONS (92), BOLD LOOK (93), STARLIGHT EXPRESS (94), GOODNIGHT MOON (95), AUTUMN ACCENT (96), CITYSCAPE (97), CHINA MOON et LUXOR GOLD (98), WEDDING DANCE (99), PICASSO MOON (2000). Pour les Anglo-saxons, l’idée de jaune est associée à celle de lune ;
· Onze variétés oranges : AFRICAN SUNSET (91), FIREBREATHER (92), ORANGE JUBILEE (93), AVALON SUNSET et CHAMPAGNE WALTZ (94), PARTY LIGHTS (95), CAJUN RHYTHM (96), GOOD VIBRATIONS (97), ORANGE BLOSSOM SPECIAL (99), MILLENIUM SUNRISE et SAVANNAH SUNSET (2000). Pour ceux là, l’association d’idées la plus courante est celle de « coucher de soleil » ;
· Onze variétés brun-rouge : CHIEF QUINABY et UNFORGETTABLE FIRE (91), CAJUN BEAUTY et WAR CHIEF (92), NEW CENTURION (93), CANNONBALL (94), RED HAWK (95), SATURDAY NIGHT LIVE (96), TERRA ROSA (98), RIP CITY (99) et SALSA RIO (2000). Qui dit « rouge », pense à « indien » ou à « feu » ;
· Treize variétés roses (un record) : MY GIRL (91), ISLAND SUNSET et JOYOUS MORN (92), INNOCENT BLUSH et MYSTIC MUSE (93), IN THE MOOD (94), DREAMSICLE et GOODBYE GIRL (95), HEAVENLY VISION (96), KENTUCKY WOMAN (97), IVORY BLUSH (98), MAGICAL ENCOUNTER (99), SENTIMENTAL ROSE (2000). Le rose est à la mode. C’est la couleur la plus présente, sous ses deux acceptions : rose « rose » et rose « pink ». Et pour les noms, on trouve une connotation féminine et onirique ;
· Huit variétés magenta ou grenat : ROSA NOVA (91), FESTIVE MOOD et RAMBLIN’ ROSE (93), SHEER ECSTASY (96), DIABOLIQUE (97), SERENE MOMENT (98), MERLOT (99), HOT SPICED WINE (2000). Schreiner vend aussi du vin, et donner à un iris un nom de cépage ou faire quelque allusion au vin permet un lien commercial entre les deux activités !
· Neuf variétés pourpres : SPELLBREAKER (91), MULBERRY PUNCH (92), MADEIRA (93), GYPSY ROMANCE (94), WILD THING (95), SWINGTOWN (96), DYNAMITE (97), LENTEN PRAYER (98) et WINNING DEBUT (2000). Ces deux dernières couleurs, plutôt proches l’une de l’autre, fournissent un fort contingent : c’est très « tendance » ;
· Seulement six variétés mauves ou violettes : FEATURE ATTRACTION (94), GOOD LOOKING (95), EMPEROR’S DELIGHT et GRAPE ICE (97), HIGH STAKES (99) et MERITAGE (2000). Cette couleur doit être moins porteuse, en tout cas c’est la moins représentée ;
· Huit variétés marine ou indigo : ROYAL INTRIGUE (91), INDIGO PRINCESS (92), CAPTAIN’S JOY (94), RIPPLING RIVER (95), THUNDER SPIRIT (96), BLUE CRUSADER (98), DEVIL’S LAKE (99) et TOCKATEE FALSS (2000) ;
· Huit variétés bleu vif : RIVERBOAT BLUE (91), YAQUINA BLUE (92), JAZZ ME BLUE (93), DELTA BLUES (94), MARIAH (95), BLUE SUEDE SHOES (96), CAPITAL CITY JAZZ (97), MONET’S BLUE (98). Dans ce cas c’est la référence à la musique noire américaine qui est présente dans les noms ;
· Sept variétés bleu clair : OREGON SKIES (91), STAR SAILOR (95), SKYWALKER (96), COLOR ME BLUE et MOUNTAIN ECHO (97), BLUE SKIRT WALTZ (99) et METOLIUS BLUES (2000). Le bleu sous tous ses aspects est la couleur favorite de la tribu Schreiner. C’est celle qui lui a valu ses plus retentissants succès ;
· Neuf variétés « noires » : MIDNIGHT DANCER (91), HELLO DARKNESS (92), BLACK TIE AFFAIR (93), PAINT IT BLACK (94), AROUND MIDNIGHT (95), OLD BLACK MAGIC (96), BLACK PASSION (98), BLACK BUTTE (99) et GHOST TRAIN (2000). C’est une couleur qui fait recette, même s’il n’y a pas de véritable progrès parmi les fleurs enregistrées ;
· Douze iris amoenas : RIDE THE WIND (91), SIERRA GRANDE (92), NORTHWEST PRIDE (93), CASCADE SPRING et JAZZED UP (94), OVERNIGHT SENSATION (95), SKYLARK SONG (96), NORTHWEST PROGRESS (97), COASTAL MIST, SUGAR MAGNOLIA et WORLD PREMIER (98), STARSHIP ENTERPRISE (99). C’est dans cette catégorie qu’on trouve, à mon avis le plus d’originalité, SUGAR MAGNOLIA et STARSHIP ENTERPRISE sont là pour le prouver ;
· Douze iris plicatas : CHANGE OF PACE (91), CLASSIC LOOK (92), ART FAIRE et FOOTLOOSE (93), CARNIVAL SONG et DEGAS DANCER (94), AMERICAN CLASSIC (96), ART DECO (97), BOLD FASHION et I’VE GOT RHYTHM (98), RARE QUALITY (99), JUMPING (2000). Pourquoi les noms choisis sont-ils aussi terre-à-terre ?
· Sept variégatas : VIGILANTE (91), CIRCUS WORLD (95), SOMBRERO WAY (96), HARVEST FAIRE (97), COUNTRY CHARM (98), GLORIOUS MORNING (99) et LIGHTSHINE (2000).Cette catégorie est, elle aussi, un peu passée de mode à l’heure actuelle ;
· Onze variétés que l’on peut qualifier d’ « autres » et qui sont essentiellement bicolores : FALL FIESTA (92), CELEBRATION SONG (93), OH JAMAICA (95), SO FINE (96), BRAZILIAN HOLIDAY et LET’S BOOGIE (97), LAST CHANCE et WILD FRONTIER (99), HIGH PROFILE, INSTANT HIT et RUSTIC ROYALTY (2000).
Dans ce choix formidable, deux variétés ont déjà obtenu la Médaille de Dykes (HELLO DARKNESS en 99 et YAQUINA BLUE en 2001) et trois ont été couronnées du Florin d’or à Florence (CELEBRATION SONG en 96, CHAMPAGNE WALTZ en 97 et DIABOLIQUE en2000) pendant que quatre autres remportaient le Florin d’Argent (CLASSIC LOOK en 95, GYPSY ROMANCE en 97, SWINGTOWN en 99 et WORLD PREMIER en 2001). Il faut aussi remarquer que soixante trois de ces nouveaux iris figurent cette année dans les catalogues français. C’est une démonstration de la domination exercée par Schreiner sur le monde des iris. Mais c’est aussi la preuve de la qualité exceptionnelle des produits de cette incontournable entreprise.
MARY RANDALL
MARY RANDALL fait partie des quelques variétés de base du potentiel génétique des iris d’aujourd’hui. Je n’ose imaginer combien de variétés sont issues directement ou par descendants interposés de cet iris obtenu par Orville Fay et enregistré en 1950. Dès cet instant, tout le monde des iris s’est rendu compte qu’un grand pas avait été franchi dans les progrès de l’hybridation. Dès 1954 MARY RANDALL a obtenu la Médaille de Dykes.
MARY RANDALL se présente comme un iris rose vif, infus de crème, avec des barbes oranges. Mais quand on dit « rose », il s’agit de ce rose que les Américains appellent « pink » et que l’on n’a pas de mot équivalent pour définir. Un rose bleuté, que l’on peut qualifier de rose orchidée. Il a fleuri pour la première fois au printemps de 1948. Son pedigree s’écrit : NEW HORIZON X (PINK CAMEO X CHERIE). A son propos son obtenteur a écrit quelques années plus tard : « J’ai su aussitôt que j’ai vu la première fleur, que cette plante était exactement celle que je voulais… combinée avec SNOW FLURRY, PINK CAMEO, FLEETA et NATIVE DANCER, elle est à l’origine de tous mes bleu-mauve à barbes rouges…elle est porteuse d’assez de gènes rouges pour produire de l’orange en la croisant avec des jaunes issus d’une lignée de roses. » Effectivement, dès la première génération on lui trouve des enfants dans ces différents coloris sans compter le blanc. On peut citer par exemple, FLEETA (Fay 56), blanc à barbes oranges, CELESTIAL GLORY (Reckamp 61), rose chamoisé à barbes oranges, APRICOT HONEY (E. Smith 60), dans les tons d’abricot, de même que POMPANO PEACH (Schreiner 63) et LOVELY LIGHT (Tompkins 64) ; dans les roses on trouve CHINESE CORAL (Fay 62) et surtout OVATION (Tompkins 69) ; dans les jaunes il y a l’étrange BAYBERRY CANDLE (DeForest 69), et dans les oranges ROMAN CANDLE (Jones 75)…
Il serait fastidieux d’énumérer la longue liste de ses descendants. Mais on peut tout de même parler des plus connus, comme RISQUE (Gatty 74) en blanc pur, CATALYST (Keppel 80) en jaune, IRENE NELSON en plicata violet… A partir de ces variétés, les petits enfants de MARY RANDALL se comptent par centaines. CELESTIAL GLORY est à l’origine de FLAMING DAY (Schreiner 78), GLAZED ORANGE (Schreiner 69), TANGERINE SKY (Schreiner 76), WEST COAST (Knopf 68). FLEETA a donné LEMON MIST (Rudolph 72), SCHIAPARELLI (Moldovan 72), ESTHER FAY (Fay 61). CHINESE CORAL a engendré plein d’iris oranges comme FLAMING DRAGON (Fay 66), SALMON DREAM (Rudolph 70), SALMON RIVER (O. Brown 71). BAYBERRY CANDLE se trouve dans le pedigree de ADOBE ROSE (Ernst 88), APPOLLODORUS (Tompkins 88), ENVY (Ernst 90), TACO BELLE (N. Sexton 78). OVATION a produit PRETTY PLEASE (Tompkins 72), RISQUE a donné PRETTY LADY (Gatty 82), CATALYST a fourni SAMSARA (Ransom 96)…
Puisqu’on aborde les iris français, ceux-ci ont fait largement appel aux descendants de MARY RANDALL. Voici quelques exemples :
- FLAMING DAY a donné SKY FIRE (Schreiner 80) qui est parent de MANDARIN (Cayeux 90) et FEU DU CIEL (Cayeux 93);
- WEST COAST a donné DAZZLING GOLD ( Anderson 81) qui est parent de LOUIS D’OR (Cayeux 95), et GOLD GALORE (Schreiner 78) qui est parent de REFLETS SAFRAN (Cayeux 98), TERRE DE FEU (Cayeux 97) ou VIN NOUVEAU (Cayeux 96) ;
- SCHIAPARELLI a donné ROSEPLIC (Cayeux 82) et EFFERVESCENCE (Cayeux 95).
- FLAMING DRAGON a donné d’une part ENCHANTED WORLD (Schreiner 79) que l’on retrouve dans BAROCCO (Anfosso 88), FRAMBOISE (Cayeux 94), HELENE C. (Cayeux 94), d’autre part ROGER RENARD (Cayeux 76).
- RADIANT LIGHT a donné d’un côté FEU DE BENGALE (Cayeux 89), d’un autre FLAMING LIGHT (O. Brown 73) dont est issu CARMEN X (Anfosso 85), et MARMALADE (Keppel 79) d’où proviennent BASTILLE (Anfosso 89), JUBILEE RAINIER III (Cayeux 98), LASER (Anfosso 90), VOLEUR DE FEU (Anfosso 88).
- PRETTY PLEASE a donné BELLE EMBELLIE (Anfosso 81), et ADOBE ROSE se retrouve dans FRIMOUSSE (Cayeux 99).
Arrêtons là ! La démonstration est faite que MARY RANDALL mérite bien sa place au firmament des variétés de base du monde des iris d’aujourd’hui, aux côtés de SNOW FLURRY, BLACK FOREST, RIPPLING WATERS et quelques autres.
MARY RANDALL fait partie des quelques variétés de base du potentiel génétique des iris d’aujourd’hui. Je n’ose imaginer combien de variétés sont issues directement ou par descendants interposés de cet iris obtenu par Orville Fay et enregistré en 1950. Dès cet instant, tout le monde des iris s’est rendu compte qu’un grand pas avait été franchi dans les progrès de l’hybridation. Dès 1954 MARY RANDALL a obtenu la Médaille de Dykes.
MARY RANDALL se présente comme un iris rose vif, infus de crème, avec des barbes oranges. Mais quand on dit « rose », il s’agit de ce rose que les Américains appellent « pink » et que l’on n’a pas de mot équivalent pour définir. Un rose bleuté, que l’on peut qualifier de rose orchidée. Il a fleuri pour la première fois au printemps de 1948. Son pedigree s’écrit : NEW HORIZON X (PINK CAMEO X CHERIE). A son propos son obtenteur a écrit quelques années plus tard : « J’ai su aussitôt que j’ai vu la première fleur, que cette plante était exactement celle que je voulais… combinée avec SNOW FLURRY, PINK CAMEO, FLEETA et NATIVE DANCER, elle est à l’origine de tous mes bleu-mauve à barbes rouges…elle est porteuse d’assez de gènes rouges pour produire de l’orange en la croisant avec des jaunes issus d’une lignée de roses. » Effectivement, dès la première génération on lui trouve des enfants dans ces différents coloris sans compter le blanc. On peut citer par exemple, FLEETA (Fay 56), blanc à barbes oranges, CELESTIAL GLORY (Reckamp 61), rose chamoisé à barbes oranges, APRICOT HONEY (E. Smith 60), dans les tons d’abricot, de même que POMPANO PEACH (Schreiner 63) et LOVELY LIGHT (Tompkins 64) ; dans les roses on trouve CHINESE CORAL (Fay 62) et surtout OVATION (Tompkins 69) ; dans les jaunes il y a l’étrange BAYBERRY CANDLE (DeForest 69), et dans les oranges ROMAN CANDLE (Jones 75)…
Il serait fastidieux d’énumérer la longue liste de ses descendants. Mais on peut tout de même parler des plus connus, comme RISQUE (Gatty 74) en blanc pur, CATALYST (Keppel 80) en jaune, IRENE NELSON en plicata violet… A partir de ces variétés, les petits enfants de MARY RANDALL se comptent par centaines. CELESTIAL GLORY est à l’origine de FLAMING DAY (Schreiner 78), GLAZED ORANGE (Schreiner 69), TANGERINE SKY (Schreiner 76), WEST COAST (Knopf 68). FLEETA a donné LEMON MIST (Rudolph 72), SCHIAPARELLI (Moldovan 72), ESTHER FAY (Fay 61). CHINESE CORAL a engendré plein d’iris oranges comme FLAMING DRAGON (Fay 66), SALMON DREAM (Rudolph 70), SALMON RIVER (O. Brown 71). BAYBERRY CANDLE se trouve dans le pedigree de ADOBE ROSE (Ernst 88), APPOLLODORUS (Tompkins 88), ENVY (Ernst 90), TACO BELLE (N. Sexton 78). OVATION a produit PRETTY PLEASE (Tompkins 72), RISQUE a donné PRETTY LADY (Gatty 82), CATALYST a fourni SAMSARA (Ransom 96)…
Puisqu’on aborde les iris français, ceux-ci ont fait largement appel aux descendants de MARY RANDALL. Voici quelques exemples :
- FLAMING DAY a donné SKY FIRE (Schreiner 80) qui est parent de MANDARIN (Cayeux 90) et FEU DU CIEL (Cayeux 93);
- WEST COAST a donné DAZZLING GOLD ( Anderson 81) qui est parent de LOUIS D’OR (Cayeux 95), et GOLD GALORE (Schreiner 78) qui est parent de REFLETS SAFRAN (Cayeux 98), TERRE DE FEU (Cayeux 97) ou VIN NOUVEAU (Cayeux 96) ;
- SCHIAPARELLI a donné ROSEPLIC (Cayeux 82) et EFFERVESCENCE (Cayeux 95).
- FLAMING DRAGON a donné d’une part ENCHANTED WORLD (Schreiner 79) que l’on retrouve dans BAROCCO (Anfosso 88), FRAMBOISE (Cayeux 94), HELENE C. (Cayeux 94), d’autre part ROGER RENARD (Cayeux 76).
- RADIANT LIGHT a donné d’un côté FEU DE BENGALE (Cayeux 89), d’un autre FLAMING LIGHT (O. Brown 73) dont est issu CARMEN X (Anfosso 85), et MARMALADE (Keppel 79) d’où proviennent BASTILLE (Anfosso 89), JUBILEE RAINIER III (Cayeux 98), LASER (Anfosso 90), VOLEUR DE FEU (Anfosso 88).
- PRETTY PLEASE a donné BELLE EMBELLIE (Anfosso 81), et ADOBE ROSE se retrouve dans FRIMOUSSE (Cayeux 99).
Arrêtons là ! La démonstration est faite que MARY RANDALL mérite bien sa place au firmament des variétés de base du monde des iris d’aujourd’hui, aux côtés de SNOW FLURRY, BLACK FOREST, RIPPLING WATERS et quelques autres.
24.5.02
LA LETTRE D’UN PASSIONNÉ
Chaque printemps, Lawrence Ransom adresse à ses amis et clients sa lettre annuelle, qui est aussi son catalogue. Cela fait onze ans qu’ainsi il nous écrit, racontant sobrement les heurs et malheurs de son exploitation, et présentant à la vente ses propres obtentions et quelques autres variétés, notamment des iris remontants et des iris botaniques.
Lawrence Ransom est un passionné. Rien ne l’intéresse que de créer de nouvelles variétés, d’entreprendre de nouvelles recherches avec des hybrides très particuliers. Pour « Iris & Bulbeuses » j’avais recueilli de lui une interview où il se livrait avec une sincérité touchante, décrivant son parcours atypique et expliquant pourquoi il ne recherchait ni la réussite commerciale, ni la course aux honneurs. Sa passion, hybrider les iris, suffit à nourrir son enthousiasme. Il y consacre toute sa vie, avec, comme il le dit lui-même, « beaucoup de travail, de patience… et d’optimisme ». Son bonheur, c’est de voir naître une nouvelle fleur. Il peut, pour cela passer une nuit à attendre l’éclosion d’un nouveau bouton…
La vente de ses iris n’est pas son objectif principal, mais il faut bien vivre. Alors il propose une liste qui ne s’allonge que de ses nouveautés. Pour 2002 elle comprend 22 grands iris, 7 iris intermédiaires, 20 iris nains standards, une nouveauté « ZARBI », qui est un nain miniature, ce que l’on fait de plus petit parmi les iris, puis aussi 12 espèces botaniques. On trouve en plus 10 variétés remontantes américaines. Enfin, pour les plus fidèles de ses amis et clients, il y a une feuille volante où l’on trouve 14 variétés originales, essentiellement australiennes et anglaises, à distribuer en toute petite quantité. Les arilbreds et regelia feront l’objet d’une seconde liste, à paraître en juillet. De ce côté là aussi il n’y aura que des choses intéressantes, mais leur distribution sera encore plus confidentielle et réservée aux spécialistes car ce sont des iris splendides, mais délicats à cultiver.
Je suis un fan des iris de Lawrence Ransom, je cultive plus de la moitié de ses obtentions (grands iris) et je ne m’en lasse jamais. OPERA BOUFFE, CLAUDE LOUIS GAYRARD, SAMSARA, et surtout DESIRIS font partie des variétés que j’emporterais sur mon île déserte. A mes yeux le fait que leur distribution soit assez confidentielle ne fait qu’ajouter à leur valeur, mais je conseille à tous les amateurs d’iris de se procurer ces fleurs de classe. Maintenant on peut en admirer quelques-unes sur le site Internet d’Iris au Trescols. C’est un progrès qui doit attirer de nouveaux amateurs. Consultez-le : www.iris-au-trescols.com vous ne serez pas déçus.
Chaque printemps, Lawrence Ransom adresse à ses amis et clients sa lettre annuelle, qui est aussi son catalogue. Cela fait onze ans qu’ainsi il nous écrit, racontant sobrement les heurs et malheurs de son exploitation, et présentant à la vente ses propres obtentions et quelques autres variétés, notamment des iris remontants et des iris botaniques.
Lawrence Ransom est un passionné. Rien ne l’intéresse que de créer de nouvelles variétés, d’entreprendre de nouvelles recherches avec des hybrides très particuliers. Pour « Iris & Bulbeuses » j’avais recueilli de lui une interview où il se livrait avec une sincérité touchante, décrivant son parcours atypique et expliquant pourquoi il ne recherchait ni la réussite commerciale, ni la course aux honneurs. Sa passion, hybrider les iris, suffit à nourrir son enthousiasme. Il y consacre toute sa vie, avec, comme il le dit lui-même, « beaucoup de travail, de patience… et d’optimisme ». Son bonheur, c’est de voir naître une nouvelle fleur. Il peut, pour cela passer une nuit à attendre l’éclosion d’un nouveau bouton…
La vente de ses iris n’est pas son objectif principal, mais il faut bien vivre. Alors il propose une liste qui ne s’allonge que de ses nouveautés. Pour 2002 elle comprend 22 grands iris, 7 iris intermédiaires, 20 iris nains standards, une nouveauté « ZARBI », qui est un nain miniature, ce que l’on fait de plus petit parmi les iris, puis aussi 12 espèces botaniques. On trouve en plus 10 variétés remontantes américaines. Enfin, pour les plus fidèles de ses amis et clients, il y a une feuille volante où l’on trouve 14 variétés originales, essentiellement australiennes et anglaises, à distribuer en toute petite quantité. Les arilbreds et regelia feront l’objet d’une seconde liste, à paraître en juillet. De ce côté là aussi il n’y aura que des choses intéressantes, mais leur distribution sera encore plus confidentielle et réservée aux spécialistes car ce sont des iris splendides, mais délicats à cultiver.
Je suis un fan des iris de Lawrence Ransom, je cultive plus de la moitié de ses obtentions (grands iris) et je ne m’en lasse jamais. OPERA BOUFFE, CLAUDE LOUIS GAYRARD, SAMSARA, et surtout DESIRIS font partie des variétés que j’emporterais sur mon île déserte. A mes yeux le fait que leur distribution soit assez confidentielle ne fait qu’ajouter à leur valeur, mais je conseille à tous les amateurs d’iris de se procurer ces fleurs de classe. Maintenant on peut en admirer quelques-unes sur le site Internet d’Iris au Trescols. C’est un progrès qui doit attirer de nouveaux amateurs. Consultez-le : www.iris-au-trescols.com vous ne serez pas déçus.
21.5.02
EMULATION
Les deux grands catalogues français d’iris, ceux de Cayeux et Iris en Provence, rivalisent de luxe et de modernité. Chacune de ces entreprises maintient néanmoins cette année encore sa ligne de conduite. Anfosso vise sur une rotation très rapide des variétés proposées à la vente, Cayeux enrichit son offre tout en maintenant un certain classicisme de bon ton.
Depuis fort longtemps le catalogue Cayeux offre de grandes similitudes avec celui de Schreiner’s Gardens aux Etats Unis. La comparaison est flatteuse car Schreiner est toujours la référence en matière de grands iris. Les deux catalogues, tout en couleur, présentent des photos en gros plan, soignées, et des descriptions minutieuses. Depuis quelque temps déjà Cayeux a abandonné l’ordre alphabétique de présentation pour un choix par thèmes. Cela nécessite un cahier supplémentaire qui reprend les variétés dans l’ordre de l’alphabet, pour ceux qui recherchent une variété en particulier et pour faciliter la passation des commandes. Cette année la maquette du catalogue s’est encore modernisée : il est somptueux, …et riche ! Vingt nouvelles variétés font leur apparition : treize sont américaines, une est australienne, et il y a six nouveaux iris maison. Dans l’ensemble, on reste très classique : de toute la collection seulement trois variétés sont des iris à éperons, une seule est un « broken color ». Au reste, on remarque que la description du parfum qui a été un argument choc lors de son lancement n’a pas été poursuivie pour les dernières variétés ; sans doute parce que l’on ne peut pas faire venir chaque année un « nez » pour tester les nouvelles offres… Je regrette toujours que le nom des obtenteurs et l’année d’introduction ne figurent pas dans les descriptions. Certes ce n’est pas un argument de vente, et un catalogue est là pour faire vendre, mais cela ne serait pas un bien gros investissement que de rendre cette justice à ceux qui ont créé ces variétés – d’autant que s’il s’agit d’une obtention maison, cette précision est donnée - et de renseigner du même coup les amateurs un peu plus exigeants. Schreiner le fait, alors pourquoi pas Cayeux ? En dehors de ce petit reproche, on peut dire que feuilleter le catalogue Cayeux est l’assurance d’un vrai moment de bonheur et d’admiration.
Les variétés ne font pas long feu dans le catalogue Iris en Provence. Si vous vous faites envie d’une, n’attendez pas l’année prochaine pour la commander, elle aura peut-être disparu. Cette politique a ses avantages et ses inconvénients pour l’amateur. Un avantage est qu’un grand nombre de variétés, toujours récentes et souvent originales, est ou a été proposé, un inconvénient est, comme je viens de le dire, qu’une variété désirée mais dont l’achat a du être différé peut vous passer sous le nez. Un tel « turn over » est courant dans les catalogues américains (sauf les plus grands) et répond au désir d’une partie du public américain de posséder tout de suite la dernière nouveauté, mais chez nous il s’agit de proposer des iris enregistrés il y a déjà cinq ou six ans, voire plus, et l’on ne peut plus vraiment parler de nouveauté. Sans doute est-ce de la part du producteur simplement le souci de ne pas faire la même chose que ses concurrents. Quoi qu’il en soit, cette année Iris en Provence propose vingt-deux nouveaux iris, choisis parmi les meilleurs des ceux obtenus aux USA. Dommage que, depuis quelques temps, la famille Anfosso ne commercialise plus de nouvelles hybridations maison. Les produits Anfosso faisaient partie de l’élite mondiale, et nombreux sont ceux, comme Keith Keppel, qui se désolent de ce désintérêt. Le catalogue 2002 est sobre, mais l’iconographie est riche (même si l’imprimeur a du mal avecla reproduction des bleus), avec systématiquement neuf photos pour deux pages, mais toujours une large place pour les iris remontants. La mauvaise note, s’il faut en donner une, sera pour le chapitre baptisé « Iris de Bordure » qui, sans hésiter, mélange les vrais iris de bordure et les iris intermédiaires. D’ailleurs ces derniers y sont même en majorité : dix sur quinze. En dehors de cela, le catalogue Iris en Provence, garantit de jolis instants de rêve parmi les plus belles fleurs.
Les deux grands catalogues français d’iris, ceux de Cayeux et Iris en Provence, rivalisent de luxe et de modernité. Chacune de ces entreprises maintient néanmoins cette année encore sa ligne de conduite. Anfosso vise sur une rotation très rapide des variétés proposées à la vente, Cayeux enrichit son offre tout en maintenant un certain classicisme de bon ton.
Depuis fort longtemps le catalogue Cayeux offre de grandes similitudes avec celui de Schreiner’s Gardens aux Etats Unis. La comparaison est flatteuse car Schreiner est toujours la référence en matière de grands iris. Les deux catalogues, tout en couleur, présentent des photos en gros plan, soignées, et des descriptions minutieuses. Depuis quelque temps déjà Cayeux a abandonné l’ordre alphabétique de présentation pour un choix par thèmes. Cela nécessite un cahier supplémentaire qui reprend les variétés dans l’ordre de l’alphabet, pour ceux qui recherchent une variété en particulier et pour faciliter la passation des commandes. Cette année la maquette du catalogue s’est encore modernisée : il est somptueux, …et riche ! Vingt nouvelles variétés font leur apparition : treize sont américaines, une est australienne, et il y a six nouveaux iris maison. Dans l’ensemble, on reste très classique : de toute la collection seulement trois variétés sont des iris à éperons, une seule est un « broken color ». Au reste, on remarque que la description du parfum qui a été un argument choc lors de son lancement n’a pas été poursuivie pour les dernières variétés ; sans doute parce que l’on ne peut pas faire venir chaque année un « nez » pour tester les nouvelles offres… Je regrette toujours que le nom des obtenteurs et l’année d’introduction ne figurent pas dans les descriptions. Certes ce n’est pas un argument de vente, et un catalogue est là pour faire vendre, mais cela ne serait pas un bien gros investissement que de rendre cette justice à ceux qui ont créé ces variétés – d’autant que s’il s’agit d’une obtention maison, cette précision est donnée - et de renseigner du même coup les amateurs un peu plus exigeants. Schreiner le fait, alors pourquoi pas Cayeux ? En dehors de ce petit reproche, on peut dire que feuilleter le catalogue Cayeux est l’assurance d’un vrai moment de bonheur et d’admiration.
Les variétés ne font pas long feu dans le catalogue Iris en Provence. Si vous vous faites envie d’une, n’attendez pas l’année prochaine pour la commander, elle aura peut-être disparu. Cette politique a ses avantages et ses inconvénients pour l’amateur. Un avantage est qu’un grand nombre de variétés, toujours récentes et souvent originales, est ou a été proposé, un inconvénient est, comme je viens de le dire, qu’une variété désirée mais dont l’achat a du être différé peut vous passer sous le nez. Un tel « turn over » est courant dans les catalogues américains (sauf les plus grands) et répond au désir d’une partie du public américain de posséder tout de suite la dernière nouveauté, mais chez nous il s’agit de proposer des iris enregistrés il y a déjà cinq ou six ans, voire plus, et l’on ne peut plus vraiment parler de nouveauté. Sans doute est-ce de la part du producteur simplement le souci de ne pas faire la même chose que ses concurrents. Quoi qu’il en soit, cette année Iris en Provence propose vingt-deux nouveaux iris, choisis parmi les meilleurs des ceux obtenus aux USA. Dommage que, depuis quelques temps, la famille Anfosso ne commercialise plus de nouvelles hybridations maison. Les produits Anfosso faisaient partie de l’élite mondiale, et nombreux sont ceux, comme Keith Keppel, qui se désolent de ce désintérêt. Le catalogue 2002 est sobre, mais l’iconographie est riche (même si l’imprimeur a du mal avecla reproduction des bleus), avec systématiquement neuf photos pour deux pages, mais toujours une large place pour les iris remontants. La mauvaise note, s’il faut en donner une, sera pour le chapitre baptisé « Iris de Bordure » qui, sans hésiter, mélange les vrais iris de bordure et les iris intermédiaires. D’ailleurs ces derniers y sont même en majorité : dix sur quinze. En dehors de cela, le catalogue Iris en Provence, garantit de jolis instants de rêve parmi les plus belles fleurs.
19.5.02
CARNIVAL NIGHT
L’internaute amateur d’iris va peut-être se demander pourquoi évoquer une variété dont seulement quelques dizaines d’iridophiles connaissent l’existence et ont pu le voir en fleur. Tout simplement parce que je fais partie de ce petit groupe, que son obtenteur m’a envoyé cet iris il y a cinq ans, et que je lui trouve plein de qualités.
CARNIVAL NIGHT, malgré qu’il porte un nom américain, est un iris obtenu en Ouzbékistan par Adolf Volfovitch-Moler et enregistré en 1997. C’est une plante robuste, décrite comme mesurant 80 cm, mais qui, chez moi, atteint plus d’un mètre, avec des tiges de plus d’un cm de diamètre qui lui confèrent une bonne résistance aux intempéries. Les fleurs sont volumineuses (14cm de large et de haut), en accord avec l’ensemble de la plante. Leur couleur est un violet pourpré, pas trop soutenu, mais souligné par des épaules brunes et éclairci sous les barbes. Celles-ci sont bleu marine, pointées moutarde. C’est une fleur pudique, en ce sens que les pétales, très larges à leur base, forment un cône clos, dissimulant totalement les parties sexuelles. Les sépales ne s’inclinent qu’à leur extrémité, ce qui constitue des fleurs plantureuses et de longue tenue. Cependant la caractéristique la plus intéressante est que les bords des tépales sont finement frisés et ondulés, ce qui est rare chez les iris sombres. La tige porte trois branches et sept à huit boutons. Si l’on veut faire une comparaison, on peut dire que CARNIVAL NIGHT tient à la fois de MODERNAIRE (Luihn 74) et de DARKSIDE (Schreiner 86).
Du côté du pedigree, on n’ira pas très loin car les parents de cette variété sont KARMEN DANCE (Volfovitch-Moler 95) et le célèbre VICTORIA FALLS (Schreiner 77 – DM 84). De sa « mère », il tient à la fois sa couleur de base, violet pourpré, et le fait d’être à la fois ondulé et frisé ; très certainement, l’éclaircie des sépales, sous les barbes, est un héritage de son père. KARMEN DANCE fait partie des variétés obtenues par l’hybrideur ouzbek du temps où il ne disposait que d’un matériel génétique restreint. Il est le produit de RIPPLING WATERS X SABLE NIGHT. On ne peut pas dire que cela soit des géniteurs de la dernière génération, cependant il ne faut pas oublier qu’ils ont l’un et l’autre obtenu la Médaille de Dykes (SABLE NIGHT en 1955 et RIPPLING WATERS en 1966). Le résultat, en tout cas est excellent et nous vaut le plaisir d’admirer un produit exotique, mais tout à fait digne d’intérêt.
L’internaute amateur d’iris va peut-être se demander pourquoi évoquer une variété dont seulement quelques dizaines d’iridophiles connaissent l’existence et ont pu le voir en fleur. Tout simplement parce que je fais partie de ce petit groupe, que son obtenteur m’a envoyé cet iris il y a cinq ans, et que je lui trouve plein de qualités.
CARNIVAL NIGHT, malgré qu’il porte un nom américain, est un iris obtenu en Ouzbékistan par Adolf Volfovitch-Moler et enregistré en 1997. C’est une plante robuste, décrite comme mesurant 80 cm, mais qui, chez moi, atteint plus d’un mètre, avec des tiges de plus d’un cm de diamètre qui lui confèrent une bonne résistance aux intempéries. Les fleurs sont volumineuses (14cm de large et de haut), en accord avec l’ensemble de la plante. Leur couleur est un violet pourpré, pas trop soutenu, mais souligné par des épaules brunes et éclairci sous les barbes. Celles-ci sont bleu marine, pointées moutarde. C’est une fleur pudique, en ce sens que les pétales, très larges à leur base, forment un cône clos, dissimulant totalement les parties sexuelles. Les sépales ne s’inclinent qu’à leur extrémité, ce qui constitue des fleurs plantureuses et de longue tenue. Cependant la caractéristique la plus intéressante est que les bords des tépales sont finement frisés et ondulés, ce qui est rare chez les iris sombres. La tige porte trois branches et sept à huit boutons. Si l’on veut faire une comparaison, on peut dire que CARNIVAL NIGHT tient à la fois de MODERNAIRE (Luihn 74) et de DARKSIDE (Schreiner 86).
Du côté du pedigree, on n’ira pas très loin car les parents de cette variété sont KARMEN DANCE (Volfovitch-Moler 95) et le célèbre VICTORIA FALLS (Schreiner 77 – DM 84). De sa « mère », il tient à la fois sa couleur de base, violet pourpré, et le fait d’être à la fois ondulé et frisé ; très certainement, l’éclaircie des sépales, sous les barbes, est un héritage de son père. KARMEN DANCE fait partie des variétés obtenues par l’hybrideur ouzbek du temps où il ne disposait que d’un matériel génétique restreint. Il est le produit de RIPPLING WATERS X SABLE NIGHT. On ne peut pas dire que cela soit des géniteurs de la dernière génération, cependant il ne faut pas oublier qu’ils ont l’un et l’autre obtenu la Médaille de Dykes (SABLE NIGHT en 1955 et RIPPLING WATERS en 1966). Le résultat, en tout cas est excellent et nous vaut le plaisir d’admirer un produit exotique, mais tout à fait digne d’intérêt.
17.5.02
NEW CENTURION (bis)
L’étroitesse de la présentation des textes sur irisenligne rend incompréhensible l’arbre généalogique de NEW CENTURION. En voici une autre présentation mieux compatible avec le format :
Trois branches (a, b, c,) proviennent de TOBACCO LAND
Une branche (d) est issue de MOON TIDE et TRIM
a) TOBACCO LAND
INCA CHIEF
OLYMPIC TORCH
BRASS ACCENTS
OCTOBER ALE
DISTANT FIRE
b) TOBACCO LAND
Semis
TOMECO
VITAFIRE
RABAT RUBY
DISTANT FIRE
c) TOBACCO LAND
BRYCE CANYON
CORDOVAN
GRACIE PFOST
GALLANT MOMENT
CAYENNE PEPPER
d) MOON TIDE
TRIM
FIRE MAGIC
WAR LORD
Semis
CAYENNE PEPPER
Origine immédiate :
DISTANT FIRE +
CAYENNE PEPPER =
NEW CENTURION
L’étroitesse de la présentation des textes sur irisenligne rend incompréhensible l’arbre généalogique de NEW CENTURION. En voici une autre présentation mieux compatible avec le format :
Trois branches (a, b, c,) proviennent de TOBACCO LAND
Une branche (d) est issue de MOON TIDE et TRIM
a) TOBACCO LAND
INCA CHIEF
OLYMPIC TORCH
BRASS ACCENTS
OCTOBER ALE
DISTANT FIRE
b) TOBACCO LAND
Semis
TOMECO
VITAFIRE
RABAT RUBY
DISTANT FIRE
c) TOBACCO LAND
BRYCE CANYON
CORDOVAN
GRACIE PFOST
GALLANT MOMENT
CAYENNE PEPPER
d) MOON TIDE
TRIM
FIRE MAGIC
WAR LORD
Semis
CAYENNE PEPPER
Origine immédiate :
DISTANT FIRE +
CAYENNE PEPPER =
NEW CENTURION
D’ITALIE
Comme chaque année depuis cinq ans, j’ai reçu le petit catalogue de l’iriseraie d’Augusto Bianco, à Gabiano (département d’Alessandria, en Piémont). D’année en année, les progrès dans la qualité de l’impression, l’iconographie, sont évidents. Comme toujours ce catalogue fait la part belle aux produits maisons, les iris obtenus par A. Bianco. Rapidement celui-ci est devenu un hybrideur reconnu dans son pays et apprécié jusqu’aux USA où il a réussi à se faire connaître et à être diffusé par Perry Dyer.
Sept ou huit nouveautés apparaissent chaque année, non seulement parmi les grands iris, mais aussi dans les catégories naines et intermédiaires. Cette fois il y a cinq grands iris et deux iris nains standards, tous présentés en photos couleur.
- AALIYAH : plicata pourpre du genre de FILIBUSTER ;
- BURKA : bitone jaune clair avec zone mauve pâle sous les barbes orange doux ;
- KOI : pétales pèche veinés mauve au bord, sépales violet, devenant rose sous les barbes mandarine ;
- MASCALZONE LATINO : violet clair du genre de BLYTHE DEAN ;
- PASSAPAROLA : variegata jaune cadmium / violet liseré de brun, barbes oranges.
Les deux nains sont :
- CUORE : étrange plicata rouille sur fond crème, barbes lavande ;
- DEATH BY CHOCOLATE : original bitone chocolat, barbes brun café.
Les prix sont forcément, maintenant, indiqués en Euros, et cela permet des comparaisons qui font ressortir que les iris « made in Italy » ne sont pas cher du tout ! Les nouveautés sont à 13 euros et les variétés plus anciennes descendent vite à 1,80 ou 2 euros, ce qui est extrêmement avantageux pour nous, français. Même en ajoutant les frais de port qui, eux, sont élevés. Je ne saurais donc trop conseiller aux amateurs français de se procurer le catalogue et à y faire leur marché, au moins partiellement. Ils auront aussi la certitude d’acquérir des iris originaux, de très belle qualité. J’en porte témoignage car je cultive une douzaine de variétés signées Bianco, que je trouve très réussies, comme ALDO RATTI, AZZURRA, BONET, LUNA NUOVA, PANE E VINO, PIERO BARGELLINI, PIU’ BLU, TE’ ALLA PESCA, que l’on trouve dans le catalogue 2002, et d’autres, écartés cette année mais tout aussi intéressants (CANDELE AL VENTO, MANI PULITE, QUARTA CARAVELLA, RUBACUORI…).
Les internautes peuvent consulter le site Internet d’ A. Bianco : www.biancoiride.com et lui écrire à iride.a@libero.it.
Comme chaque année depuis cinq ans, j’ai reçu le petit catalogue de l’iriseraie d’Augusto Bianco, à Gabiano (département d’Alessandria, en Piémont). D’année en année, les progrès dans la qualité de l’impression, l’iconographie, sont évidents. Comme toujours ce catalogue fait la part belle aux produits maisons, les iris obtenus par A. Bianco. Rapidement celui-ci est devenu un hybrideur reconnu dans son pays et apprécié jusqu’aux USA où il a réussi à se faire connaître et à être diffusé par Perry Dyer.
Sept ou huit nouveautés apparaissent chaque année, non seulement parmi les grands iris, mais aussi dans les catégories naines et intermédiaires. Cette fois il y a cinq grands iris et deux iris nains standards, tous présentés en photos couleur.
- AALIYAH : plicata pourpre du genre de FILIBUSTER ;
- BURKA : bitone jaune clair avec zone mauve pâle sous les barbes orange doux ;
- KOI : pétales pèche veinés mauve au bord, sépales violet, devenant rose sous les barbes mandarine ;
- MASCALZONE LATINO : violet clair du genre de BLYTHE DEAN ;
- PASSAPAROLA : variegata jaune cadmium / violet liseré de brun, barbes oranges.
Les deux nains sont :
- CUORE : étrange plicata rouille sur fond crème, barbes lavande ;
- DEATH BY CHOCOLATE : original bitone chocolat, barbes brun café.
Les prix sont forcément, maintenant, indiqués en Euros, et cela permet des comparaisons qui font ressortir que les iris « made in Italy » ne sont pas cher du tout ! Les nouveautés sont à 13 euros et les variétés plus anciennes descendent vite à 1,80 ou 2 euros, ce qui est extrêmement avantageux pour nous, français. Même en ajoutant les frais de port qui, eux, sont élevés. Je ne saurais donc trop conseiller aux amateurs français de se procurer le catalogue et à y faire leur marché, au moins partiellement. Ils auront aussi la certitude d’acquérir des iris originaux, de très belle qualité. J’en porte témoignage car je cultive une douzaine de variétés signées Bianco, que je trouve très réussies, comme ALDO RATTI, AZZURRA, BONET, LUNA NUOVA, PANE E VINO, PIERO BARGELLINI, PIU’ BLU, TE’ ALLA PESCA, que l’on trouve dans le catalogue 2002, et d’autres, écartés cette année mais tout aussi intéressants (CANDELE AL VENTO, MANI PULITE, QUARTA CARAVELLA, RUBACUORI…).
Les internautes peuvent consulter le site Internet d’ A. Bianco : www.biancoiride.com et lui écrire à iride.a@libero.it.
NEW CENTURION
Quand on parle d’iris brun-rouge, puisqu’on ne peut pas parler d’iris rouge, il faut remonter à 1942 et à l’apparition de TOBACCO LAND (Kliensorge). Cette variété, dans les tons tabac brun doré, est véritablement à la base de tous les iris brun-rouge d’aujourd’hui. Par exemple de NEW CENTURION (Schreiner 93) que beaucoup considèrent comme le brun-rouge le plus rouge que l’on puisse trouver de nos jours.
TOBACCO ROAD descend lui-même d’AZTEC COPPER, un brun doré, de FAR WEST, un iris bronze, et de… JEAN CAYEUX, havane nuancé d’or. Parmi ses innombrables descendants, on trouve à la deuxième génération, TOMECO (Suiter), qui descend par ailleurs d’une lignée d’iris grenats. Ce TOMECO est le parent d’un « rouge » unanimement apprécié et encore présent dans les catalogues classiques, VITAFIRE (Schreiner 68) dont l’autre parent est GYPSY JEWELS (Schreiner 63). L’un et l’autre proviennent aussi d’un autre pilier de la filière des « rouges », TRIM (McKee 53), un brun-rouge velouté qui fit sensation dès son apparition, et qui fut à son tour largement utilisé en hybridation. Un autre enfant de TRIM s’appelle FIRE MAGIC. Uni à GYPSY JEWELS, il a donné naissance à WAR LORD (Schreiner 67). Marié à son tour avec VITAFIRE, WAR LORD a produit RABAT RUBY (Schreiner 73). OCTOBER ALE (Schreiner 68) est un descendant de BRASS ACCENTS qui est de la branche « bronze » de TOBACCO LAND. RABAT RUBY et OCTOBER ALE ont donné DISTANT FIRE (Schreiner 83) dont on reparlera un peu plus loin.
A la troisième génération de TOBACCO LAND apparaît un iris très « rouge » qui s’appelle GRACIE PFOST (Smith 61) qui est à l’origine d’une variété bien connue en Europe, GALLANT MOMENT (Schreiner 80), considéré comme l’un des meilleurs brun-rouge de sa décennie. Le croisement de cette variété avec un semis de WAR LORD (encore !) a donné CAYENNE PEPPER 5Schreiner 86) décrit comme bitone rouge, d’aspect velouté, à barbes mandarine.
CAYENNE PEPPER plus DISTANT FIRE, rouge cuivré à barbes dorées, aboutit à NEW CENTURION ! La boucle est bouclée (1). Avec du bronze, du brun, du grenat, beaucoup de persévérance et de chance, la maison Schreiner, qui a produit plein d’excellents bruns rouges, est parvenue à cette somptueuse variété, d’un rouge carminé profond, accompagné de barbes bronze discrètes.
(1) arbre généalogique simplifié :
Inca Chief Olympic Torch Brass Accents October Ale
Distant Fire
Tobacco Land semis Tomeco Vitafire Rabat Ruby
New Centurion
Bryce Canyon Cordovan Gracie Pfost Gallant Moment
Cayenne Pepper
Moon Tide Trim Fire Magic War Lord semis
Quand on parle d’iris brun-rouge, puisqu’on ne peut pas parler d’iris rouge, il faut remonter à 1942 et à l’apparition de TOBACCO LAND (Kliensorge). Cette variété, dans les tons tabac brun doré, est véritablement à la base de tous les iris brun-rouge d’aujourd’hui. Par exemple de NEW CENTURION (Schreiner 93) que beaucoup considèrent comme le brun-rouge le plus rouge que l’on puisse trouver de nos jours.
TOBACCO ROAD descend lui-même d’AZTEC COPPER, un brun doré, de FAR WEST, un iris bronze, et de… JEAN CAYEUX, havane nuancé d’or. Parmi ses innombrables descendants, on trouve à la deuxième génération, TOMECO (Suiter), qui descend par ailleurs d’une lignée d’iris grenats. Ce TOMECO est le parent d’un « rouge » unanimement apprécié et encore présent dans les catalogues classiques, VITAFIRE (Schreiner 68) dont l’autre parent est GYPSY JEWELS (Schreiner 63). L’un et l’autre proviennent aussi d’un autre pilier de la filière des « rouges », TRIM (McKee 53), un brun-rouge velouté qui fit sensation dès son apparition, et qui fut à son tour largement utilisé en hybridation. Un autre enfant de TRIM s’appelle FIRE MAGIC. Uni à GYPSY JEWELS, il a donné naissance à WAR LORD (Schreiner 67). Marié à son tour avec VITAFIRE, WAR LORD a produit RABAT RUBY (Schreiner 73). OCTOBER ALE (Schreiner 68) est un descendant de BRASS ACCENTS qui est de la branche « bronze » de TOBACCO LAND. RABAT RUBY et OCTOBER ALE ont donné DISTANT FIRE (Schreiner 83) dont on reparlera un peu plus loin.
A la troisième génération de TOBACCO LAND apparaît un iris très « rouge » qui s’appelle GRACIE PFOST (Smith 61) qui est à l’origine d’une variété bien connue en Europe, GALLANT MOMENT (Schreiner 80), considéré comme l’un des meilleurs brun-rouge de sa décennie. Le croisement de cette variété avec un semis de WAR LORD (encore !) a donné CAYENNE PEPPER 5Schreiner 86) décrit comme bitone rouge, d’aspect velouté, à barbes mandarine.
CAYENNE PEPPER plus DISTANT FIRE, rouge cuivré à barbes dorées, aboutit à NEW CENTURION ! La boucle est bouclée (1). Avec du bronze, du brun, du grenat, beaucoup de persévérance et de chance, la maison Schreiner, qui a produit plein d’excellents bruns rouges, est parvenue à cette somptueuse variété, d’un rouge carminé profond, accompagné de barbes bronze discrètes.
(1) arbre généalogique simplifié :
Inca Chief Olympic Torch Brass Accents October Ale
Distant Fire
Tobacco Land semis Tomeco Vitafire Rabat Ruby
New Centurion
Bryce Canyon Cordovan Gracie Pfost Gallant Moment
Cayenne Pepper
Moon Tide Trim Fire Magic War Lord semis
16.5.02
PASSER À L’ORANGE
L’orange est une couleur qui a eu du mal à s’imposer dans le monde des iris. Son apparition, qui coïncide avec celle du rose, a d’abord consisté en une teinte abricot qui était considérée en général, dans les années 50, comme une imperfection dans la recherche du rose pur. Cette présence de jaune gênait les hybrideurs qui se sont alors évertués à la faire disparaître. Seul un très petit nombre d’entre eux a misé sur cette couleur intermédiaire. La première variété abricot à présenter des qualités réelles a été APRICOT GLORY (Muhlestein 54), un iris abricot, à barbes du même ton, avec uns substance épaisse. Cette variété a été largement exploitée par ceux qui trouvaient quelque intérêt à la couleur abricot. Notamment par Melba Hamblen qui a enregistré en 56 VALIMAR, un iris très réussi. Mais par la suite, on s’est plutôt efforcé d’accroître la saturation de l’orange, et les recherches vers l’abricot ont été plus ou moins délaissées. Il faut rendre cette justice à Jean Cayeux, qu’il s’est attaché à poursuivre son travail dans cette direction, ce qui l’a amené à introduire deux frères de semis, PIROSKA (78) et ROGER RENARD (78), deux variétés remarquables et toujours appréciées.
La véritable histoire des oranges commence avec CELESTIAL GLORY (Reckamp 61) et ORANGE PARADE (Hamblen 61). En 63, un enfant de CELESTIAL GLORY, MISSION SUNSET (Reckamp) apporte une première amélioration. C’est un orange doré, à reflets fumés sur les sépales, et des barbes rouges. A partir de ce moment l’orange se développe rapidement. Il atteint un haut degré de perfection avec SON OF STAR (Plough 69), dont la pureté du ton est remarquable, même si la plante elle-même est un peu fluette. Désormais l’orange fait réellement partie de la palette des obtenteurs et une foultitude d’iris de cette couleur va voir le jour, le défi étant d’obtenir des plantes moins fragiles et plus résistantes aux variations climatiques, ce qui reste, malgré tout, le handicap des oranges.
Parmi les plus beaux oranges que l’on peut qualifier d’anciens, citons SPANISH GIFT (Shoop 64), orange uni à barbes minium, TANGERINE SUNSET (Marsh 72), puis SUPERSIMMON (Parker 77) et FRESNO CALYPSO (Weiler 78). Au cours des années 80 on a pu admirer l’original CARMEN X (Anfosso 85), FRINGE BENEFITS (Hager 88) qui est un des plus beaux, HINDENBURG (Maryott 83), LEIBNIZ (Moos 89), un descendants de FRESNO CALYPSO, Florin d’Argent à Florence en 91, MONTEVIDEO (Ghio 87), ORANGE CELEBRITY (Niswonger 84), SKYFIRE (Schreiner 80), et les Français VOLEUR DE FEU ( Anfosso 88) et MANDARIN (Cayeux 89). Les années 90 ont été aussi riches. Par exemple FEU DU CIEL (Cayeux 93), AVALON SUNSET (Schreiner 94), VIVA MEXICO (Maryott 96).
De nos jours l’orange est présent en masse dans les catalogues. On le trouve, bien entendu, dans des variétés unicolores comme celles qui viennent d’être citées, mais aussi dans toutes les autres catégories ; Chez les « selfs » il est associé à des barbes le plus souvent rouges ou minium, mais il y a des variétés à barbes oranges comme ORANGE SLICES (Niswonger 87). Parfois, comme chez certains brun-rouge, un petit spot mauve vient se glisser sous les barbes, pour donner plus de relief à la fleur, c’est le cas de QUITO (Ghio 93). Très souvent il ne s’agit que d’une trace plus claire, tendant vers le blanc, comme chez FRESNO FROLIC (Weiler 80) ou ESMERALDA (Ghio 88).
On trouve maintenant des iris aux pétales oranges et aux sépales où la couleur ne se trouve que sous forme d’un liseré plus ou moins large, le centre étant bien blanc. S’agit-il d’une forme de plicata ? C’est l’aspect que l’on connaît bien chez les iris jaunes du type de JOYCE TERRY, ou chez les roses comme CUTTING EDGE, cependant les oranges de ce type sont encore rares. Citons les récents SIGNPOST (Ghio 91) ou AMBER AMULET (Kerr 99).
L’amoena orange est une combinaison de couleurs difficile à obtenir, mais qui comporte des variétés absolument remarquables comme AMBROSIA DELIGHT ( Niswonger 84) et son descendant PUMPKIN CHEESECAKE (Niswonger 95), mais surtout les obtentions de Barry Blyth, depuis LOVE CHANT (79), jusqu’à BEACH GIRL (83) et ses descendants actuels AMBER SNOW (87) et AZTEC BURST (93). Chaque génération nous apporte des cultivars de plus en plus contrastés, où le blanc est de plus en plus pur et l’orange de plus en plus vif.
Dans la grande famille des plicatas, l’orange a eu encore plus de mal à s’imposer. Le premier vrai plicata orange doit être CAJUN RHYTHM (Schreiner 96) ! Autant dire que la voie est à peine explorée. Mais les iris à fond orange avec dessins plicatas d’une autre couleur se sont développés, depuis le célèbre GIGOLO (Keppel 84) jusqu’au récent TANZANIAN TANGERINE (Kasperek 95), orange aux sépales piquetés de grenat..
Restent les bicolores, où l’on trouve des pétales oranges et des sépales autrement colorés. S’ils ne sont pas légion, ils brillent par leur originalité. A commencer par AFTERNOON DELIGHT (Ernst 85), qui présente des pétales oranges, un peu miel, liserés de mauve, et des sépales où les couleurs sont inversées. Citons aussi, par ordre chronologique, PURGATORY (Moores 87), pétales oranges, sépales bordeaux liseré d’orange brûlé ; ADOBE ROSE (Ernst 88), pétales orange clair, sépales orange rosé, terre cuite, d’où le nom ; KATMANDU (Ghio 91), pétales oranges, sépales chamois plus sombre au cœur ; et l’Anglais WOLF WHISTLE (Scopes 96) orange sombre et rouge fuchsia. On peut encore parler de ce qui peut être qualifié de variégata inversé, comme SPARKLING SUNRISE (Schreiner 70) ou PRIVATE TREASURE (Shoop 93), où l’orange des pétales se marie au jaune des sépales. Enfin, puisqu’on vient de citer George Shoop, rendons hommage à ses recherches de bicolores inversés, et ses réussites qui s’appellent HAWAÏAN QUEEN (86) et ISLAND DANCER (91). Le premier associe le magenta et l’orange, le second, le brun et l’orange !
Il est encore temps de passer à l’orange. Ce domaine n’a pas encore révélé tous ces mystères, et les hybrideurs à la recherche des couleurs qui flashent et des associations nouvelles ont de beaux jours devant eux.
L’orange est une couleur qui a eu du mal à s’imposer dans le monde des iris. Son apparition, qui coïncide avec celle du rose, a d’abord consisté en une teinte abricot qui était considérée en général, dans les années 50, comme une imperfection dans la recherche du rose pur. Cette présence de jaune gênait les hybrideurs qui se sont alors évertués à la faire disparaître. Seul un très petit nombre d’entre eux a misé sur cette couleur intermédiaire. La première variété abricot à présenter des qualités réelles a été APRICOT GLORY (Muhlestein 54), un iris abricot, à barbes du même ton, avec uns substance épaisse. Cette variété a été largement exploitée par ceux qui trouvaient quelque intérêt à la couleur abricot. Notamment par Melba Hamblen qui a enregistré en 56 VALIMAR, un iris très réussi. Mais par la suite, on s’est plutôt efforcé d’accroître la saturation de l’orange, et les recherches vers l’abricot ont été plus ou moins délaissées. Il faut rendre cette justice à Jean Cayeux, qu’il s’est attaché à poursuivre son travail dans cette direction, ce qui l’a amené à introduire deux frères de semis, PIROSKA (78) et ROGER RENARD (78), deux variétés remarquables et toujours appréciées.
La véritable histoire des oranges commence avec CELESTIAL GLORY (Reckamp 61) et ORANGE PARADE (Hamblen 61). En 63, un enfant de CELESTIAL GLORY, MISSION SUNSET (Reckamp) apporte une première amélioration. C’est un orange doré, à reflets fumés sur les sépales, et des barbes rouges. A partir de ce moment l’orange se développe rapidement. Il atteint un haut degré de perfection avec SON OF STAR (Plough 69), dont la pureté du ton est remarquable, même si la plante elle-même est un peu fluette. Désormais l’orange fait réellement partie de la palette des obtenteurs et une foultitude d’iris de cette couleur va voir le jour, le défi étant d’obtenir des plantes moins fragiles et plus résistantes aux variations climatiques, ce qui reste, malgré tout, le handicap des oranges.
Parmi les plus beaux oranges que l’on peut qualifier d’anciens, citons SPANISH GIFT (Shoop 64), orange uni à barbes minium, TANGERINE SUNSET (Marsh 72), puis SUPERSIMMON (Parker 77) et FRESNO CALYPSO (Weiler 78). Au cours des années 80 on a pu admirer l’original CARMEN X (Anfosso 85), FRINGE BENEFITS (Hager 88) qui est un des plus beaux, HINDENBURG (Maryott 83), LEIBNIZ (Moos 89), un descendants de FRESNO CALYPSO, Florin d’Argent à Florence en 91, MONTEVIDEO (Ghio 87), ORANGE CELEBRITY (Niswonger 84), SKYFIRE (Schreiner 80), et les Français VOLEUR DE FEU ( Anfosso 88) et MANDARIN (Cayeux 89). Les années 90 ont été aussi riches. Par exemple FEU DU CIEL (Cayeux 93), AVALON SUNSET (Schreiner 94), VIVA MEXICO (Maryott 96).
De nos jours l’orange est présent en masse dans les catalogues. On le trouve, bien entendu, dans des variétés unicolores comme celles qui viennent d’être citées, mais aussi dans toutes les autres catégories ; Chez les « selfs » il est associé à des barbes le plus souvent rouges ou minium, mais il y a des variétés à barbes oranges comme ORANGE SLICES (Niswonger 87). Parfois, comme chez certains brun-rouge, un petit spot mauve vient se glisser sous les barbes, pour donner plus de relief à la fleur, c’est le cas de QUITO (Ghio 93). Très souvent il ne s’agit que d’une trace plus claire, tendant vers le blanc, comme chez FRESNO FROLIC (Weiler 80) ou ESMERALDA (Ghio 88).
On trouve maintenant des iris aux pétales oranges et aux sépales où la couleur ne se trouve que sous forme d’un liseré plus ou moins large, le centre étant bien blanc. S’agit-il d’une forme de plicata ? C’est l’aspect que l’on connaît bien chez les iris jaunes du type de JOYCE TERRY, ou chez les roses comme CUTTING EDGE, cependant les oranges de ce type sont encore rares. Citons les récents SIGNPOST (Ghio 91) ou AMBER AMULET (Kerr 99).
L’amoena orange est une combinaison de couleurs difficile à obtenir, mais qui comporte des variétés absolument remarquables comme AMBROSIA DELIGHT ( Niswonger 84) et son descendant PUMPKIN CHEESECAKE (Niswonger 95), mais surtout les obtentions de Barry Blyth, depuis LOVE CHANT (79), jusqu’à BEACH GIRL (83) et ses descendants actuels AMBER SNOW (87) et AZTEC BURST (93). Chaque génération nous apporte des cultivars de plus en plus contrastés, où le blanc est de plus en plus pur et l’orange de plus en plus vif.
Dans la grande famille des plicatas, l’orange a eu encore plus de mal à s’imposer. Le premier vrai plicata orange doit être CAJUN RHYTHM (Schreiner 96) ! Autant dire que la voie est à peine explorée. Mais les iris à fond orange avec dessins plicatas d’une autre couleur se sont développés, depuis le célèbre GIGOLO (Keppel 84) jusqu’au récent TANZANIAN TANGERINE (Kasperek 95), orange aux sépales piquetés de grenat..
Restent les bicolores, où l’on trouve des pétales oranges et des sépales autrement colorés. S’ils ne sont pas légion, ils brillent par leur originalité. A commencer par AFTERNOON DELIGHT (Ernst 85), qui présente des pétales oranges, un peu miel, liserés de mauve, et des sépales où les couleurs sont inversées. Citons aussi, par ordre chronologique, PURGATORY (Moores 87), pétales oranges, sépales bordeaux liseré d’orange brûlé ; ADOBE ROSE (Ernst 88), pétales orange clair, sépales orange rosé, terre cuite, d’où le nom ; KATMANDU (Ghio 91), pétales oranges, sépales chamois plus sombre au cœur ; et l’Anglais WOLF WHISTLE (Scopes 96) orange sombre et rouge fuchsia. On peut encore parler de ce qui peut être qualifié de variégata inversé, comme SPARKLING SUNRISE (Schreiner 70) ou PRIVATE TREASURE (Shoop 93), où l’orange des pétales se marie au jaune des sépales. Enfin, puisqu’on vient de citer George Shoop, rendons hommage à ses recherches de bicolores inversés, et ses réussites qui s’appellent HAWAÏAN QUEEN (86) et ISLAND DANCER (91). Le premier associe le magenta et l’orange, le second, le brun et l’orange !
Il est encore temps de passer à l’orange. Ce domaine n’a pas encore révélé tous ces mystères, et les hybrideurs à la recherche des couleurs qui flashent et des associations nouvelles ont de beaux jours devant eux.
20.4.02
ADVENTURESS
Parmi les iris bicolores, on trouve de jolies choses comme de moins réussies : tous les contrastes ne sont pas du meilleur goût. Bien souvent j’ai entendu dire que de mettre du rose et du mauve côte à côte n’était pas ce qui se fait de mieux. Cependant, quand on regarde ADVENTURESS (Hamblen 85) on se dit que c’est un bel iris. C’est en tout cas l’aboutissement des recherches menées dans cette voie par Melba Hamblen, la grande dame des iris. Pendant vingt ans elle s’est fixé pour but de parvenir à un cultivar aux pétales franchement roses et aux sépales franchement violets.
Sa première obtention majeure dans ce type de bicolore a été TOUCHÉ (1969), un iris qui a fait sensation à l’époque. Ses capacités génétiques, notamment en matière d’iris bicolores ont été largement et longtemps utilisées par les hybrideurs. Cette variété fait partie de la petite vingtaine d’iris dont le nom figure au pedigree d’une foule d’autres. De HEATHER BLUSH (Hamner 76) à STAR FLEET (Keppel 93), il y a de nombreux iris rose/violet qui ont TOUCHÉ dans leurs gènes. Par exemple POT POURRI (Hamblen 75), DUALTONE (O. Brown 77), SUGARPLUM FAIRY (Hamblen 79), TRUE BLISS (Hamblen 87), MARY D. (Hamblen 88)…
TOUCHÉ est décrit comme « pétales roses, infus de bleu-violet, sépales bleu-violet, barbes mandarine ». Il y a trente ans les descriptions étaient beaucoup plus concises qu’aujourd’hui, et on ne s’attardait ni sur la forme de la fleur, ni sur le parfum, ni même sur les petits détails dans la disposition des couleurs. The World of Irises complète la description en ajoutant que les pétales ont un reflet fumé et qu’un film bleu drape le centre des sépales. Sur les photos on voit que la fleur est d’une belle ampleur, largement ondulée. Bref un superbe iris. Pour arriver à ce résultat, Melba Hamblen a utilisé son variegata LILAC CHAMPAGNE, qu’elle a uni à un croisement de rose et de bleu où l’on retrouve l’incontournable MELODRAMA, le pivot des bicolores créé par Paul Cook dans les années 50.
Quelques années plus tard Melba Hamblen enregistra NEW ROCHELLE (1973), un autre enfant de LILAC CHAMPAGNE, qui est un autre rose/violet, qu’elle utilisera aussi pour la suite pour essayer d’améliorer encore ses bicolores. Toujours dans les rose/violet ou rose/mauve, elle obtient en 75 POT POURRI (Touché x Lightning Ridge) puis en 77 HEAVENLY HARMONY (New Rochelle x Pretty Karen), en 79 SUGARPLUM FAIRY ((Touché x Misty Dawn)x Pot Pourri). FRANCES GAULTER (1982) est déjà un aboutissement. C’est le produit de SUGARPLUM FAIRY par HEAVENLY HARMONY, donc un petit-fils de TOUCHÉ par les deux voies.
On approche du but. L’année suivante apparaît KAREN, un iris monumental dans le pedigree duquel on retrouve sans surprise SUGARPLUM FAIRY et HEAVENLY HARMONY et dont le rose est enrichi de l’apport de FASHION FLING. KAREN est aussi réussi que le suivant, ADVENTURESS, qui provient d’un frère de semis de FRANCES GAULTER et d’un frère de semis de SONG OF SPRING, un mauve bitone lui aussi issu de SUGARPLUM FAIRY. Tout se retrouve !
ADVENTURESS, c’est un iris aux pétales roses, finement liserés de violet, et aux sépales violet pourpré plus clair aux bords, avec des barbes orange brûlé. A mon avis c’est le plus réussi de la série, mais son cousin KAREN, dont le rose des pétales est plus soutenu, présente aussi un bien joli minois. Par la suite, Melba Hamblen a continué. C’est ainsi qu’elle a enregistré WINIFRED ROSS en 88, de la même lignée, à la fois plus rose et plus pourpre, puis PINK SAPPHIRE (92), provenant d’une autre souche, dont le côté bleu est plus mis en valeur. Tous sont de grande valeur et chacun dans son genre mérite une place au jardin. Mais si je devais faire un choix, il irait toujours à ADVENTURESS.
Parmi les iris bicolores, on trouve de jolies choses comme de moins réussies : tous les contrastes ne sont pas du meilleur goût. Bien souvent j’ai entendu dire que de mettre du rose et du mauve côte à côte n’était pas ce qui se fait de mieux. Cependant, quand on regarde ADVENTURESS (Hamblen 85) on se dit que c’est un bel iris. C’est en tout cas l’aboutissement des recherches menées dans cette voie par Melba Hamblen, la grande dame des iris. Pendant vingt ans elle s’est fixé pour but de parvenir à un cultivar aux pétales franchement roses et aux sépales franchement violets.
Sa première obtention majeure dans ce type de bicolore a été TOUCHÉ (1969), un iris qui a fait sensation à l’époque. Ses capacités génétiques, notamment en matière d’iris bicolores ont été largement et longtemps utilisées par les hybrideurs. Cette variété fait partie de la petite vingtaine d’iris dont le nom figure au pedigree d’une foule d’autres. De HEATHER BLUSH (Hamner 76) à STAR FLEET (Keppel 93), il y a de nombreux iris rose/violet qui ont TOUCHÉ dans leurs gènes. Par exemple POT POURRI (Hamblen 75), DUALTONE (O. Brown 77), SUGARPLUM FAIRY (Hamblen 79), TRUE BLISS (Hamblen 87), MARY D. (Hamblen 88)…
TOUCHÉ est décrit comme « pétales roses, infus de bleu-violet, sépales bleu-violet, barbes mandarine ». Il y a trente ans les descriptions étaient beaucoup plus concises qu’aujourd’hui, et on ne s’attardait ni sur la forme de la fleur, ni sur le parfum, ni même sur les petits détails dans la disposition des couleurs. The World of Irises complète la description en ajoutant que les pétales ont un reflet fumé et qu’un film bleu drape le centre des sépales. Sur les photos on voit que la fleur est d’une belle ampleur, largement ondulée. Bref un superbe iris. Pour arriver à ce résultat, Melba Hamblen a utilisé son variegata LILAC CHAMPAGNE, qu’elle a uni à un croisement de rose et de bleu où l’on retrouve l’incontournable MELODRAMA, le pivot des bicolores créé par Paul Cook dans les années 50.
Quelques années plus tard Melba Hamblen enregistra NEW ROCHELLE (1973), un autre enfant de LILAC CHAMPAGNE, qui est un autre rose/violet, qu’elle utilisera aussi pour la suite pour essayer d’améliorer encore ses bicolores. Toujours dans les rose/violet ou rose/mauve, elle obtient en 75 POT POURRI (Touché x Lightning Ridge) puis en 77 HEAVENLY HARMONY (New Rochelle x Pretty Karen), en 79 SUGARPLUM FAIRY ((Touché x Misty Dawn)x Pot Pourri). FRANCES GAULTER (1982) est déjà un aboutissement. C’est le produit de SUGARPLUM FAIRY par HEAVENLY HARMONY, donc un petit-fils de TOUCHÉ par les deux voies.
On approche du but. L’année suivante apparaît KAREN, un iris monumental dans le pedigree duquel on retrouve sans surprise SUGARPLUM FAIRY et HEAVENLY HARMONY et dont le rose est enrichi de l’apport de FASHION FLING. KAREN est aussi réussi que le suivant, ADVENTURESS, qui provient d’un frère de semis de FRANCES GAULTER et d’un frère de semis de SONG OF SPRING, un mauve bitone lui aussi issu de SUGARPLUM FAIRY. Tout se retrouve !
ADVENTURESS, c’est un iris aux pétales roses, finement liserés de violet, et aux sépales violet pourpré plus clair aux bords, avec des barbes orange brûlé. A mon avis c’est le plus réussi de la série, mais son cousin KAREN, dont le rose des pétales est plus soutenu, présente aussi un bien joli minois. Par la suite, Melba Hamblen a continué. C’est ainsi qu’elle a enregistré WINIFRED ROSS en 88, de la même lignée, à la fois plus rose et plus pourpre, puis PINK SAPPHIRE (92), provenant d’une autre souche, dont le côté bleu est plus mis en valeur. Tous sont de grande valeur et chacun dans son genre mérite une place au jardin. Mais si je devais faire un choix, il irait toujours à ADVENTURESS.
16.4.02
CLAIR DE LUNE A MAUBEUGE
Je ne sais pas si un obtenteur français aurait l’idée de baptiser ainsi une de ses variétés, mais un Américain n’y verrait aucun inconvénient. D’ailleurs MAUI MOONLIGHT (Aitken 87), un petit IB jaune, n’est guère nommé autrement, à ceci près que Maui (l’une des îles Hawaï) est plus évocateur de douce chaleur que notre Maubeuge !
D’une façon générale les obtenteurs américains ne choisissent pas forcément des noms poétiques ou portant à rêver. Un grand nombre de variétés ont été baptisées d’un nom qui, traduit en français, dénote une inspiration bien prosaïque. En voici quelques exemples : ALMOST RICH (Niswonger 94), HILLTOP VIEW (Gaulter 90), SPANISH TILE (Gaulter 88) PUMPKIN CHEESECAKE (Niswonger 95), FADED DENIMS (Ernst 84), TOMORROW MAY RAIN (Ernst 95)… On pourrait en trouver bien d’autres, mais c’est aussi une question d’appréciation personnelle.
Ajoutez à ces expressions terre à terre les jeux de mots vaseux (NO BIKINI ATOLL) et les allitérations approximatives (CAFE OLE), et vous aurez une idée de la haute portée de certaines dénominations !
Pourtant les Anglo-saxons disposent d’une langue qui permet d’exprimer en peu de mot des idées complexes, des messages savoureux. CROWD PLEASER (Hamner 83), STATUS SEEKER (Gartman 90), MILLENIUM SUNRISE (Schreiner 2000) illustrent la première catégorie, MISTY TWILIGHT (Byers 88), OVERJOYED (Gatty 94) sont représentatifs de la seconde. En français on est bien désavantagé de ce côté là. Notre langue ne peut pas être aussi concise, et l’usage de prépositions constitue un handicap pour faire court. En effet l’AIS maintient toujours une règle draconienne : maximum trois mots, dix syllabes, trente lettres. Pourtant, depuis 1995, l’ « International Code of Nomenclature for Cultivated Plants (ICNCP) » ne fait plus état de la limitation à trois mots. Cependant il semble que maintenant le gardien du temple, Keith Keppel, accepte des entorses à la règle. Cayeux a choisi de baptiser une variété récente PRINCESSE CAROLINE DE MONACO (97) et ce nom a été accepté comme tel, de même, en 98, j’ai repéré un iris de Californie dénommé RAINER VON DER SCHULENBURG.
Mais maintenant que l’explosion de l’iridophilie dans les anciens Etats de bloc soviétique a fait apparaître des noms en russe, tchèque, slovaque, polonais, on ne peut sans doute plus se montrer trop rigoureux. D’ailleurs le nombre de langues utilisées pour nommer des variétés s’élargit d’années en années ; après l’espéranto (JUNA SOMERO – Golob 97), le breton a fait son entrée avec les variétés enregistrées par Gérard Madoré en 2001. Et l’on a recours de temps en temps à l’argot (BARBOUZE – Ransom 2000) et même le verlan (ZARBI – Ransom 2001) !
Je ne sais pas si un obtenteur français aurait l’idée de baptiser ainsi une de ses variétés, mais un Américain n’y verrait aucun inconvénient. D’ailleurs MAUI MOONLIGHT (Aitken 87), un petit IB jaune, n’est guère nommé autrement, à ceci près que Maui (l’une des îles Hawaï) est plus évocateur de douce chaleur que notre Maubeuge !
D’une façon générale les obtenteurs américains ne choisissent pas forcément des noms poétiques ou portant à rêver. Un grand nombre de variétés ont été baptisées d’un nom qui, traduit en français, dénote une inspiration bien prosaïque. En voici quelques exemples : ALMOST RICH (Niswonger 94), HILLTOP VIEW (Gaulter 90), SPANISH TILE (Gaulter 88) PUMPKIN CHEESECAKE (Niswonger 95), FADED DENIMS (Ernst 84), TOMORROW MAY RAIN (Ernst 95)… On pourrait en trouver bien d’autres, mais c’est aussi une question d’appréciation personnelle.
Ajoutez à ces expressions terre à terre les jeux de mots vaseux (NO BIKINI ATOLL) et les allitérations approximatives (CAFE OLE), et vous aurez une idée de la haute portée de certaines dénominations !
Pourtant les Anglo-saxons disposent d’une langue qui permet d’exprimer en peu de mot des idées complexes, des messages savoureux. CROWD PLEASER (Hamner 83), STATUS SEEKER (Gartman 90), MILLENIUM SUNRISE (Schreiner 2000) illustrent la première catégorie, MISTY TWILIGHT (Byers 88), OVERJOYED (Gatty 94) sont représentatifs de la seconde. En français on est bien désavantagé de ce côté là. Notre langue ne peut pas être aussi concise, et l’usage de prépositions constitue un handicap pour faire court. En effet l’AIS maintient toujours une règle draconienne : maximum trois mots, dix syllabes, trente lettres. Pourtant, depuis 1995, l’ « International Code of Nomenclature for Cultivated Plants (ICNCP) » ne fait plus état de la limitation à trois mots. Cependant il semble que maintenant le gardien du temple, Keith Keppel, accepte des entorses à la règle. Cayeux a choisi de baptiser une variété récente PRINCESSE CAROLINE DE MONACO (97) et ce nom a été accepté comme tel, de même, en 98, j’ai repéré un iris de Californie dénommé RAINER VON DER SCHULENBURG.
Mais maintenant que l’explosion de l’iridophilie dans les anciens Etats de bloc soviétique a fait apparaître des noms en russe, tchèque, slovaque, polonais, on ne peut sans doute plus se montrer trop rigoureux. D’ailleurs le nombre de langues utilisées pour nommer des variétés s’élargit d’années en années ; après l’espéranto (JUNA SOMERO – Golob 97), le breton a fait son entrée avec les variétés enregistrées par Gérard Madoré en 2001. Et l’on a recours de temps en temps à l’argot (BARBOUZE – Ransom 2000) et même le verlan (ZARBI – Ransom 2001) !
OPEN SKY
Chaque fois que je passe devant, j’ai un moment d’admiration pour cette large plaque bleue clair que constitue une touffe d’OPEN SKY (Warburton 76), vieille de trois ans. Tout près, le muguet, lui aussi en fleur, assure un arrière plan clair et parfumé auquel le vent frais ajoute, grâce aux pommiers, une pluie de pétales blancs et roses, tandis qu’un autre iris nain standard, DARK CRYSTAL (Byers 88), violet sombre à barbes violettes, complète gracieusement l’harmonie. Un peu plus loin CINNAMON ROSE (Nichols 90) associé à BABY BOOM (Byers 90), forment un joli mariage de pourpre et de jaune. Enfin PUMPIN’ IRON (P. Black 90), un pourpre, délicieusement parfumé, complète le tableau en compagnie de LOCARNO (Muska 90), un jaune crème à barbes bleues.
J’ai longtemps hésité à me lancer dans les iris nains standards, mais je dois reconnaître qu’en ce début de printemps, ils constituent un élément de choix dans l’ornement du jardin. De sorte que je regrette d’avoir perdu tant d’années.
OPEN SKY, mon favori, est le résultat d’une longue série de croisements entre petits iris nains (I. pumila) et grands iris des jardins, dans le but d’obtenir un bleu d’azur pratiquement parfait. Il est décrit comme bleu à barbes blanches, ce qui est exact mais un peu court pour une fleur aussi jolie et qui aurait mérité que l’on parle également de sa forme, classique, et de son parfum. A propos de forme, on peut aujourd’hui trouver des SDB bleus avec plus de grâce dans les ondulations et plus de tenue dans les sépales, mais tel qu’il est j’aime OPEN SKY.
Il a fallu attendre le début des années 50 et les travaux de Paul Cook et de Geddes Douglas pour voir apparaître des petits iris, d’une trentaine de centimètres de haut, avec toutes les qualités à la fois des iris nains et des iris de grande taille. Une fois de plus le hasard, et la chance, auront abouti à un progrès significatif. En effet c’est en cherchant à améliorer le bleu des grands iris que Cook a obtenu son semis n° 10942, lequel, croisé avec un petit I. pumila, a donné naissance à des hybrides bien proportionnés, plus petits que les iris intermédiaires et fleurissant un peu avant eux, mais présentant une qualité de fleurs et une diversité dans les coloris qui suscitèrent l’enthousiasme de leur inventeur. Il enregistra aussitôt trois de ces merveilles : BARIA, un jaune bitone, FAIRY FLAX, un indigo clair, et GREEN SPOT, un blanc marqué de vert dans la gorge. En 1954 Geddes Douglas utilisant du pollen provenant de variétés obtenues par Cook, lança ce qu’il baptisa les « iris lilliputs », démontrant l’énorme potentiel de ces variétés aussi bien pour ce qui est de la multitude des coloris possibles, qu’en matière de fertilité, du fait de leur nombre pair de chromosomes. En 1959, Randolph définit précisément une nouvelle catégorie d’iris, qu’il nomma « Standard Dwarf Bearded – SDB », analogue aux Lilliputs de Douglas. D’ailleurs cette double dénomination est à l’origine d’une ambiguïté que l’on constate encore dans certains catalogues, qui qualifient de Lilliputs aussi bien les SDB que les MTB (Miniature Tall Bearded) et qui est encore aggravée quand on parle d’iris « de rocaille ».
Les iris SDB sont donc à la base le produit d’un TB (Tall Bearded), en français Grand Iris de Jardin, et d’I. pumila. Puisqu’ils sont fertiles, ils peuvent être croisés avec d’autres catégories. Par exemple en les croisant de nouveau avec I. pumila on obtient une autre catégorie d’iris, les MDB (Miniature Dwarf Bearded), la plus naine des catégories référencées ; avec TB cela donne IB (Intermediate Bearded ), et croisé de nouveau avec SDB, on crée de nouveaux iris SDB. Notre OPEN SKY résulte de ces croisements multiples. Ceux-ci ont été nécessaires pour obtenir une variétés qui soit débarrassée de la tache sombre sur les sépales caractéristique des pumilas. Cette tache est gênante quand on souhaite obtenir un iris absolument monochrome, mais elle offre aussi d’immenses possibilités pour varier les coloris des cultivars polychromes. En jouant sur les prédispositions des uns et des autres, la catégorie SDB est sûrement celle qui offre le plus de choix possibles en combinaisons de couleurs. Même les barbes ont leur rôle dans ce choix puisque les pumilas apportent avec eux les barbes bleues que l’on peut retrouver en compagnie de couleurs qui ne leur sont pas associées chez le grands iris. Chez les SDB, on trouve tous les mélanges possibles. C’est un attrait de plus pour une catégorie qui en a déjà beaucoup : l’élégance, la robustesse, la rusticité, la floribondité, la vigueur et le parfum.
Il n’est pas étonnant, dans ces conditions, que les SDB se situent immédiatement après le TB dans le nombre des enregistrements. Ils représentent 12% des nouvelles variétés, bien loin devant une autre catégorie qui a le vent en poupe, les iris de Louisiane (5%). Et n’oubliez pas que les obtenteurs français ne négligent pas les SDB : Anfosso en a enregistré un certain nombre, et c’est une spécialité de Lawrence Ransom qui en propose de nouveaux presque chaque année et dont la collection dépasse maintenant la quinzaine. Parmi ceux-ci on remarque TRESCOLS (Kurzmann-Peyrard 91), au coloris étrange, mélange de gris-bleu et de vert, et ses enfants, CRAQUELURE (Ransom 96), bleu argenté fortement veiné d’indigo sur les sépales, ou ROMAN NOIR (Ransom 96), pourpre sombre. Alors, si vous n’étiez pas encore convaincus, peut-être allez vous l’être après ce plaidoyer.
Chaque fois que je passe devant, j’ai un moment d’admiration pour cette large plaque bleue clair que constitue une touffe d’OPEN SKY (Warburton 76), vieille de trois ans. Tout près, le muguet, lui aussi en fleur, assure un arrière plan clair et parfumé auquel le vent frais ajoute, grâce aux pommiers, une pluie de pétales blancs et roses, tandis qu’un autre iris nain standard, DARK CRYSTAL (Byers 88), violet sombre à barbes violettes, complète gracieusement l’harmonie. Un peu plus loin CINNAMON ROSE (Nichols 90) associé à BABY BOOM (Byers 90), forment un joli mariage de pourpre et de jaune. Enfin PUMPIN’ IRON (P. Black 90), un pourpre, délicieusement parfumé, complète le tableau en compagnie de LOCARNO (Muska 90), un jaune crème à barbes bleues.
J’ai longtemps hésité à me lancer dans les iris nains standards, mais je dois reconnaître qu’en ce début de printemps, ils constituent un élément de choix dans l’ornement du jardin. De sorte que je regrette d’avoir perdu tant d’années.
OPEN SKY, mon favori, est le résultat d’une longue série de croisements entre petits iris nains (I. pumila) et grands iris des jardins, dans le but d’obtenir un bleu d’azur pratiquement parfait. Il est décrit comme bleu à barbes blanches, ce qui est exact mais un peu court pour une fleur aussi jolie et qui aurait mérité que l’on parle également de sa forme, classique, et de son parfum. A propos de forme, on peut aujourd’hui trouver des SDB bleus avec plus de grâce dans les ondulations et plus de tenue dans les sépales, mais tel qu’il est j’aime OPEN SKY.
Il a fallu attendre le début des années 50 et les travaux de Paul Cook et de Geddes Douglas pour voir apparaître des petits iris, d’une trentaine de centimètres de haut, avec toutes les qualités à la fois des iris nains et des iris de grande taille. Une fois de plus le hasard, et la chance, auront abouti à un progrès significatif. En effet c’est en cherchant à améliorer le bleu des grands iris que Cook a obtenu son semis n° 10942, lequel, croisé avec un petit I. pumila, a donné naissance à des hybrides bien proportionnés, plus petits que les iris intermédiaires et fleurissant un peu avant eux, mais présentant une qualité de fleurs et une diversité dans les coloris qui suscitèrent l’enthousiasme de leur inventeur. Il enregistra aussitôt trois de ces merveilles : BARIA, un jaune bitone, FAIRY FLAX, un indigo clair, et GREEN SPOT, un blanc marqué de vert dans la gorge. En 1954 Geddes Douglas utilisant du pollen provenant de variétés obtenues par Cook, lança ce qu’il baptisa les « iris lilliputs », démontrant l’énorme potentiel de ces variétés aussi bien pour ce qui est de la multitude des coloris possibles, qu’en matière de fertilité, du fait de leur nombre pair de chromosomes. En 1959, Randolph définit précisément une nouvelle catégorie d’iris, qu’il nomma « Standard Dwarf Bearded – SDB », analogue aux Lilliputs de Douglas. D’ailleurs cette double dénomination est à l’origine d’une ambiguïté que l’on constate encore dans certains catalogues, qui qualifient de Lilliputs aussi bien les SDB que les MTB (Miniature Tall Bearded) et qui est encore aggravée quand on parle d’iris « de rocaille ».
Les iris SDB sont donc à la base le produit d’un TB (Tall Bearded), en français Grand Iris de Jardin, et d’I. pumila. Puisqu’ils sont fertiles, ils peuvent être croisés avec d’autres catégories. Par exemple en les croisant de nouveau avec I. pumila on obtient une autre catégorie d’iris, les MDB (Miniature Dwarf Bearded), la plus naine des catégories référencées ; avec TB cela donne IB (Intermediate Bearded ), et croisé de nouveau avec SDB, on crée de nouveaux iris SDB. Notre OPEN SKY résulte de ces croisements multiples. Ceux-ci ont été nécessaires pour obtenir une variétés qui soit débarrassée de la tache sombre sur les sépales caractéristique des pumilas. Cette tache est gênante quand on souhaite obtenir un iris absolument monochrome, mais elle offre aussi d’immenses possibilités pour varier les coloris des cultivars polychromes. En jouant sur les prédispositions des uns et des autres, la catégorie SDB est sûrement celle qui offre le plus de choix possibles en combinaisons de couleurs. Même les barbes ont leur rôle dans ce choix puisque les pumilas apportent avec eux les barbes bleues que l’on peut retrouver en compagnie de couleurs qui ne leur sont pas associées chez le grands iris. Chez les SDB, on trouve tous les mélanges possibles. C’est un attrait de plus pour une catégorie qui en a déjà beaucoup : l’élégance, la robustesse, la rusticité, la floribondité, la vigueur et le parfum.
Il n’est pas étonnant, dans ces conditions, que les SDB se situent immédiatement après le TB dans le nombre des enregistrements. Ils représentent 12% des nouvelles variétés, bien loin devant une autre catégorie qui a le vent en poupe, les iris de Louisiane (5%). Et n’oubliez pas que les obtenteurs français ne négligent pas les SDB : Anfosso en a enregistré un certain nombre, et c’est une spécialité de Lawrence Ransom qui en propose de nouveaux presque chaque année et dont la collection dépasse maintenant la quinzaine. Parmi ceux-ci on remarque TRESCOLS (Kurzmann-Peyrard 91), au coloris étrange, mélange de gris-bleu et de vert, et ses enfants, CRAQUELURE (Ransom 96), bleu argenté fortement veiné d’indigo sur les sépales, ou ROMAN NOIR (Ransom 96), pourpre sombre. Alors, si vous n’étiez pas encore convaincus, peut-être allez vous l’être après ce plaidoyer.
11.4.02
OVATION
La chronique obituaire du bulletin de l’AIS nous annonce le décès de l’obtenteur bien connu Chet Tompkins. C’est l’occasion d’évoquer une carrière d’hybrideur hors de pair et d’une remarquable longévité, et de parler d’un cultivar qui a marqué une étape majeure de l’hybridation des iris roses.
Dans l’article qu’il lui consacre dans le bulletin AIS n ° 321, Keith Keppel raconte l’aventure de Chet Tompkins, depuis ses débuts comme vendeur dans une pépinière de l’Iowa, jusqu’à la commercialisation de ses propres obtentions dans son jardin « Fleur de Lis », d’abord dans le Midwest, puis dans le paradis des iris, l’Oregon. Au début, dans les années 40, le catalogue Fleur de Lis présentait les obtention de Chet Tompkins ainsi que celles de frères Sass et celles d’Agnès Whiting. La grande période des hybridations de Chet Tompkins commence dans les années 50 et se poursuit avec acharnement jusqu’en 1977. A partir de ce moment, et jusqu’en 86, le catalogue Fleur de Lis cesse de paraître et les fleurs de Chet Tompkins sont alors proposées par ses confrères, comme Cooley. Il repart en 86 pour disparaître définitivement en 99. Pendant tout ce temps, Chet Tompkins n’a pas cessé d’hybrider et il a enregistré plus de 500 variétés.
Chez nous, nous connaissons de lui des plantes aussi célèbres que BRIGADOON (55), ALLAGLOW (58), CAMELOT ROSE (65), TINSEL TOWN (67), CIMARRON STRIP (68), PRETTY PLEASE (72), DELFT TOUCH (77), GENESIS (77), et parmi les plus récentes, BANDEIRA WALTZ (83), SHEER BLISS (87), APOLLODORUS (88), DANCE FEVER (88), MEGABUCKS (90). Mais celle qui a rencontré le plus de succès est sans conteste OVATION (69).
Le pedigree d’OVATION se présente comme ceci : ((CAMEO CORAL X CAMEO CORAL) X PASSWORD) X (( PASSWORD X MARY RANDALL) X CAMEO CORAL). C’est à l’évidence le produit d’une endogamie poussée au maximum, avec la présence de deux variétés roses, dont le fameux MARY RANDALL qui a fleuri pour la première fois chez Orville Fay en 1948 et montré son coloris rose profond, exceptionnel pour l’époque. D’ailleurs cette variété a obtenu en 1954 une Dykes Medal qui a confirmé ses incontestables qualités.
OVATION est considéré encore aujourd’hui comme le rose le plus profond, même si des variétés plus modernes comme COMING UP ROSES ou BUISSON DE ROSES, peuvent lui contester ce qualificatif. Son défaut, si l’on peut dire, c’est d’être un peu raide, de manquer de ces ondulations ou frisottis qui font le charme des iris d’aujourd’hui. Cependant on ne comprend pas pourquoi un tel progrès n’a pas été salué par une récompense plus marquée. Il est vrai que cela n’est pas la première fois qu’un iris exceptionnel passe à côté de la DM !
Curieusement, OVATION a été peu utilisé en hybridation. Il semble que seul Chet Tompkins ait tenté de le marier. Les enfants obtenus sont roses en grande majorité, dont PRETTY PLEASE (72) et ANGEL’S TOUCH (88). C’est dire combien les spécialistes de l’hybridation ont estimé que OVATION constituait un aboutissement en soi, et qu’il n’était plus possible de l’améliorer.
On a fait à Chet Tompkins le reproche de trop finasser dans ses hybridations, de rechercher des combinaisons trop complexes, mais il n’empêche qu’il a obtenu des variétés superbes et qui ont obtenu un réel succès commercial. Rendons lui donc l’hommage qu’il mérite.
PS : L’année 2001 a également été marquée par la disparition de quelques autres hybrideurs connus, comme Clifford Benson, le « roi » des blancs, Irene Nelson (PLUM CRAZY –84- , PAPRIKA FONOS –87-) et W.H. Clough, surtout connu chez nous pour TULIP FESTIVAL (75) et souvent confondu avec Gordon Plough, pour cause de quasi homonymie.
La chronique obituaire du bulletin de l’AIS nous annonce le décès de l’obtenteur bien connu Chet Tompkins. C’est l’occasion d’évoquer une carrière d’hybrideur hors de pair et d’une remarquable longévité, et de parler d’un cultivar qui a marqué une étape majeure de l’hybridation des iris roses.
Dans l’article qu’il lui consacre dans le bulletin AIS n ° 321, Keith Keppel raconte l’aventure de Chet Tompkins, depuis ses débuts comme vendeur dans une pépinière de l’Iowa, jusqu’à la commercialisation de ses propres obtentions dans son jardin « Fleur de Lis », d’abord dans le Midwest, puis dans le paradis des iris, l’Oregon. Au début, dans les années 40, le catalogue Fleur de Lis présentait les obtention de Chet Tompkins ainsi que celles de frères Sass et celles d’Agnès Whiting. La grande période des hybridations de Chet Tompkins commence dans les années 50 et se poursuit avec acharnement jusqu’en 1977. A partir de ce moment, et jusqu’en 86, le catalogue Fleur de Lis cesse de paraître et les fleurs de Chet Tompkins sont alors proposées par ses confrères, comme Cooley. Il repart en 86 pour disparaître définitivement en 99. Pendant tout ce temps, Chet Tompkins n’a pas cessé d’hybrider et il a enregistré plus de 500 variétés.
Chez nous, nous connaissons de lui des plantes aussi célèbres que BRIGADOON (55), ALLAGLOW (58), CAMELOT ROSE (65), TINSEL TOWN (67), CIMARRON STRIP (68), PRETTY PLEASE (72), DELFT TOUCH (77), GENESIS (77), et parmi les plus récentes, BANDEIRA WALTZ (83), SHEER BLISS (87), APOLLODORUS (88), DANCE FEVER (88), MEGABUCKS (90). Mais celle qui a rencontré le plus de succès est sans conteste OVATION (69).
Le pedigree d’OVATION se présente comme ceci : ((CAMEO CORAL X CAMEO CORAL) X PASSWORD) X (( PASSWORD X MARY RANDALL) X CAMEO CORAL). C’est à l’évidence le produit d’une endogamie poussée au maximum, avec la présence de deux variétés roses, dont le fameux MARY RANDALL qui a fleuri pour la première fois chez Orville Fay en 1948 et montré son coloris rose profond, exceptionnel pour l’époque. D’ailleurs cette variété a obtenu en 1954 une Dykes Medal qui a confirmé ses incontestables qualités.
OVATION est considéré encore aujourd’hui comme le rose le plus profond, même si des variétés plus modernes comme COMING UP ROSES ou BUISSON DE ROSES, peuvent lui contester ce qualificatif. Son défaut, si l’on peut dire, c’est d’être un peu raide, de manquer de ces ondulations ou frisottis qui font le charme des iris d’aujourd’hui. Cependant on ne comprend pas pourquoi un tel progrès n’a pas été salué par une récompense plus marquée. Il est vrai que cela n’est pas la première fois qu’un iris exceptionnel passe à côté de la DM !
Curieusement, OVATION a été peu utilisé en hybridation. Il semble que seul Chet Tompkins ait tenté de le marier. Les enfants obtenus sont roses en grande majorité, dont PRETTY PLEASE (72) et ANGEL’S TOUCH (88). C’est dire combien les spécialistes de l’hybridation ont estimé que OVATION constituait un aboutissement en soi, et qu’il n’était plus possible de l’améliorer.
On a fait à Chet Tompkins le reproche de trop finasser dans ses hybridations, de rechercher des combinaisons trop complexes, mais il n’empêche qu’il a obtenu des variétés superbes et qui ont obtenu un réel succès commercial. Rendons lui donc l’hommage qu’il mérite.
PS : L’année 2001 a également été marquée par la disparition de quelques autres hybrideurs connus, comme Clifford Benson, le « roi » des blancs, Irene Nelson (PLUM CRAZY –84- , PAPRIKA FONOS –87-) et W.H. Clough, surtout connu chez nous pour TULIP FESTIVAL (75) et souvent confondu avec Gordon Plough, pour cause de quasi homonymie.
ON REPART
Après une interruption consécutive à de petites vacances (et une panne d’ordinateur !), Irisenligne repart.
Les premiers catalogues 2002 commencent à arriver. J’ai reçu celui d’Iris de Thau et celui de Bourdillon.
Ni l’un ni l’autre ne se signalent par des modifications importantes : Thau n’a pas changé sa présentation, celle de Bourdillon, toujours très soignée, se distingue par une rigueur un peu sévère ; les photos à droite ou à gauche, rangés sur deux colonnes, les descriptions de variétés au milieu.
Le catalogue « Iris de Thau » a la particularité de proposer de très nombreuses variétés des années 60, 70 et 80. Il faut saluer cette attitude à la fois commerciale (les autres ne font pas pareil) et propre à satisfaire les collectionneurs. Au plan des apparitions (ou des réapparitions) on trouve ENGLISH COTTAGE (Zurbrigg 76), LIGHT BEAM (L. Blyth 85), NORTHERN FLAME (Byers 90), un blanc à barbes rouges remontant, OULO (Ségui NR), une nouvelle obtention du Dr Ségui, pourpre foncé, OVERJOYED (Gatty ), POET (Williamson 84), rose à barbes orangées, SOUND OF GOLD (Blyth 81) et surtout SETTIMO CIELO (Romoli 99), le vainqueur du Florin d’or 2000 et la première variété italienne récente à être commercialisée en France. Un nouvel iris intermédiaire : SUNSHINE BOY (Foster 85), un descendant de WHITE LIGHTNING auquel il ressemble beaucoup.
Chez les frères Bourdillon il y a dix-neuf nouveautés parmi lesquelles le dernier DM, YAQUINA BLUES, et deux prétendants à la couronne 2002, CLARENCE et MESMERIZER. A noter que les variétés françaises ont une bonne place (12 dont 10 variétés Cayeux) et que l’on nous en annonce plein d’autres, provenant des obtentions de Jean jacques François, un amateur éclairé, pour les années à venir : tant mieux ! Un regret : que dans la catégorie « Intermédiaires » on trouve un peu de tout : des iris de bordure, des iris de table…
J’attends les autres, Cayeux, Iris en Provence, Iris au Trescols… Ils feront l’objet d’une future chronique.
Après une interruption consécutive à de petites vacances (et une panne d’ordinateur !), Irisenligne repart.
Les premiers catalogues 2002 commencent à arriver. J’ai reçu celui d’Iris de Thau et celui de Bourdillon.
Ni l’un ni l’autre ne se signalent par des modifications importantes : Thau n’a pas changé sa présentation, celle de Bourdillon, toujours très soignée, se distingue par une rigueur un peu sévère ; les photos à droite ou à gauche, rangés sur deux colonnes, les descriptions de variétés au milieu.
Le catalogue « Iris de Thau » a la particularité de proposer de très nombreuses variétés des années 60, 70 et 80. Il faut saluer cette attitude à la fois commerciale (les autres ne font pas pareil) et propre à satisfaire les collectionneurs. Au plan des apparitions (ou des réapparitions) on trouve ENGLISH COTTAGE (Zurbrigg 76), LIGHT BEAM (L. Blyth 85), NORTHERN FLAME (Byers 90), un blanc à barbes rouges remontant, OULO (Ségui NR), une nouvelle obtention du Dr Ségui, pourpre foncé, OVERJOYED (Gatty ), POET (Williamson 84), rose à barbes orangées, SOUND OF GOLD (Blyth 81) et surtout SETTIMO CIELO (Romoli 99), le vainqueur du Florin d’or 2000 et la première variété italienne récente à être commercialisée en France. Un nouvel iris intermédiaire : SUNSHINE BOY (Foster 85), un descendant de WHITE LIGHTNING auquel il ressemble beaucoup.
Chez les frères Bourdillon il y a dix-neuf nouveautés parmi lesquelles le dernier DM, YAQUINA BLUES, et deux prétendants à la couronne 2002, CLARENCE et MESMERIZER. A noter que les variétés françaises ont une bonne place (12 dont 10 variétés Cayeux) et que l’on nous en annonce plein d’autres, provenant des obtentions de Jean jacques François, un amateur éclairé, pour les années à venir : tant mieux ! Un regret : que dans la catégorie « Intermédiaires » on trouve un peu de tout : des iris de bordure, des iris de table…
J’attends les autres, Cayeux, Iris en Provence, Iris au Trescols… Ils feront l’objet d’une future chronique.
17.3.02
CUTIE ET LES INTERMEDIAIRES
Vous connaissez CUTIE ? Un petit iris blanc aux sépales veinés de bleu aniline. C’est une variété ancienne (1962), mais typique de cette catégorie fort intéressante que l’on a baptisée « iris intermédiaires ».
L’idée de croiser les iris nains et les grands iris pour obtenir des iris se situant entre les deux ne date pas d’aujourd’hui. Le but recherché était d’obtenir des variétés qui comblent le vide temporel entre les iris nains qui fleurissent très tôt en saison, et les grands iris qui ont leur anthèse près de deux mois plus tard. L’expérience avait été tentée en Europe par Dykes et par Foster en Grande Bretagne, par Koenemann en Allemagne, à partir des iris diploïdes de l’époque, mais ce n’est qu’après la découverte des iris tétraploïdes que l’entreprise est devenue intéressante. Aux USA, ce sont les frères Hans et Jacob Sass qui se lancèrent dans l’aventure parmi les premiers.
En fait ils ont tenté de croiser de grands tétraploïdes avec des petits « Iris pumila ». Moyennant quoi ils ont obtenu ce que l’on appelle aujourd’hui des « nains standards », en américain SDB –Standard Dwarf Iris -, c’est à dire des iris plus grands que les pumilas, mais très en dessous de la taille des grands iris. Ils avaient inventé une catégorie qui, depuis, a pris une ampleur remarquable et doit être une des plus créatives. Ils se sont dit, néanmoins, qu’il y avait encore de la place, dans l’échelle des tailles et dans la période de floraison, pour une catégorie un peu plus haute et un peu plus tardive. D’où l’idée de croiser de nouveau les SDB avec des grands iris. Sitôt dit, sitôt fait. Les meilleurs des SDB de l’époque furent « mariés » aux variétés de TB AMAS et CATERINA, et les Sass obtinrent les premiers iris intermédiaires. De son côté William Mohr entreprit une démarche analogue, mais en utilisant comme espèce de départ, non plus I. pumila, mais les petits chamaeiris jaunes, introduisant du même coup une nouvelle couleur dans la catégorie des intermédiaires.
Le problème, pour obtenir des iris intermédiaires, c’est que les parents potentiels ne fleurissent pas au même moment. Il faut donc un peu tricher et utiliser le réfrigérateur pour conserver le pollen des uns jusqu’à la floraison des autres. Un peu comme aujourd’hui l’on conserve dans l’azote liquide les spermatozoïdes destinés à une fécondation in vitro. Cela dit, un second problème se présente : les hybrides interspécifiques de nains standards (40 chromosomes) et de grands iris (48 chromosomes) disposent de 42 chromosomes (12+12/12+8) et cette formules bancale fait qu’ils sont stériles. Leur reproduction est donc seulement végétative et ils ne donnent pas naissance à de nouvelles variétés intermédiaires. Pour en créer de nouveaux, il faut reprendre le processus à la base : TB + pumila = SDB ; SDB + TB = IB.
CUTIE répond tout à fait au processus décrit ci-dessus : il est issu d’un semis SDB lui-même obtenu en unissant un TB, le fameux JANE PHILIPS, et un iris pumila bleu, et d’un grand iris, MRS DOUGLAS PATTISON.
Certains ont espéré obtenir des iris intermédiaires fertiles : ceux-là proviennent d’une autre voie, celle d’un croisement entre TB et petits tétraploïdes comme I. aphylla ou I. reichenbachii. Mais cette recherche est plus douteuse et l’on devrait plutôt parler, alors, d’iris de bordure car la spécificité des IB n’existe plus, ni dans la gracilité de la fleur, ni dans la période de floraison.
Les vrais iris intermédiaires ne doivent rien à voir avec les iris de bordure, qui sont trop souvent des avortons de TB. Ce sont des hybrides originaux dont les caractéristiques sont maintenant bien arrêtées (de 40 à 70 cm de hauteur, des fleurs de cm de large) et qui disposent de leur propre récompense suprême, la Sass Medal. Ce sont sans doute les réelles difficultés dont on a parlé plus haut qui ont longtemps limité l’obtention d’intermédiaires, mais de nos jours les hybrideurs professionnels et expérimentés, conscients de l’intérêt à la fois commercial et horticole de la catégorie, présentent chaque année de nouvelles variétés intéressantes. Ils ont « explosé » lorsque Paul Cook, en 1951 a enregistré trois variétés inoubliables, FAIRY FLAX, BARIA, et GREEN SPOT. CUTIE, onze ans plus tard, a également marqué la catégorie. Maintenant les intermédiaires sont nombreux et de belle qualité.
Mes préférés sont certainement le rose flamant ASK ALMA (Lankow 87), les bleus AZ AP (Ensminger 80) et BEL AZUR (Cayeux 93), le gris-bleu MEZZA CARTUCCIA (Bianco 98), le « noir » HELEN PROCTOR (Briscoe 77), le pourpre VAMP (Gatty 72), et, dans les jaunes MAUI MOONLIGHT (Aitken 87) et BLUE EYED BLONDE ( Ensminger 89) intéressant pour ses barbes bleues. Le meilleur plicata sont peut-être RARE EDITION (Gatty 80) en blanc marqué de violet pourpré, et BROADWAY BABY (Gatty 89), véritable variegata-plicata. Et parmi les bicolores j’ai un faible pour HELLCAT (Aitken 81), amoena à barbes sombres, LUNAR FROST (Keppel 96), blanc taché de jaune citron sous les barbes blanches, et PROTOCOL (Keppel 96), amoena jaune. Pour terminer en brillance, citons FIREBUG (Gatty 94), superbe variegata jaune et brun.
Vous connaissez CUTIE ? Un petit iris blanc aux sépales veinés de bleu aniline. C’est une variété ancienne (1962), mais typique de cette catégorie fort intéressante que l’on a baptisée « iris intermédiaires ».
L’idée de croiser les iris nains et les grands iris pour obtenir des iris se situant entre les deux ne date pas d’aujourd’hui. Le but recherché était d’obtenir des variétés qui comblent le vide temporel entre les iris nains qui fleurissent très tôt en saison, et les grands iris qui ont leur anthèse près de deux mois plus tard. L’expérience avait été tentée en Europe par Dykes et par Foster en Grande Bretagne, par Koenemann en Allemagne, à partir des iris diploïdes de l’époque, mais ce n’est qu’après la découverte des iris tétraploïdes que l’entreprise est devenue intéressante. Aux USA, ce sont les frères Hans et Jacob Sass qui se lancèrent dans l’aventure parmi les premiers.
En fait ils ont tenté de croiser de grands tétraploïdes avec des petits « Iris pumila ». Moyennant quoi ils ont obtenu ce que l’on appelle aujourd’hui des « nains standards », en américain SDB –Standard Dwarf Iris -, c’est à dire des iris plus grands que les pumilas, mais très en dessous de la taille des grands iris. Ils avaient inventé une catégorie qui, depuis, a pris une ampleur remarquable et doit être une des plus créatives. Ils se sont dit, néanmoins, qu’il y avait encore de la place, dans l’échelle des tailles et dans la période de floraison, pour une catégorie un peu plus haute et un peu plus tardive. D’où l’idée de croiser de nouveau les SDB avec des grands iris. Sitôt dit, sitôt fait. Les meilleurs des SDB de l’époque furent « mariés » aux variétés de TB AMAS et CATERINA, et les Sass obtinrent les premiers iris intermédiaires. De son côté William Mohr entreprit une démarche analogue, mais en utilisant comme espèce de départ, non plus I. pumila, mais les petits chamaeiris jaunes, introduisant du même coup une nouvelle couleur dans la catégorie des intermédiaires.
Le problème, pour obtenir des iris intermédiaires, c’est que les parents potentiels ne fleurissent pas au même moment. Il faut donc un peu tricher et utiliser le réfrigérateur pour conserver le pollen des uns jusqu’à la floraison des autres. Un peu comme aujourd’hui l’on conserve dans l’azote liquide les spermatozoïdes destinés à une fécondation in vitro. Cela dit, un second problème se présente : les hybrides interspécifiques de nains standards (40 chromosomes) et de grands iris (48 chromosomes) disposent de 42 chromosomes (12+12/12+8) et cette formules bancale fait qu’ils sont stériles. Leur reproduction est donc seulement végétative et ils ne donnent pas naissance à de nouvelles variétés intermédiaires. Pour en créer de nouveaux, il faut reprendre le processus à la base : TB + pumila = SDB ; SDB + TB = IB.
CUTIE répond tout à fait au processus décrit ci-dessus : il est issu d’un semis SDB lui-même obtenu en unissant un TB, le fameux JANE PHILIPS, et un iris pumila bleu, et d’un grand iris, MRS DOUGLAS PATTISON.
Certains ont espéré obtenir des iris intermédiaires fertiles : ceux-là proviennent d’une autre voie, celle d’un croisement entre TB et petits tétraploïdes comme I. aphylla ou I. reichenbachii. Mais cette recherche est plus douteuse et l’on devrait plutôt parler, alors, d’iris de bordure car la spécificité des IB n’existe plus, ni dans la gracilité de la fleur, ni dans la période de floraison.
Les vrais iris intermédiaires ne doivent rien à voir avec les iris de bordure, qui sont trop souvent des avortons de TB. Ce sont des hybrides originaux dont les caractéristiques sont maintenant bien arrêtées (de 40 à 70 cm de hauteur, des fleurs de cm de large) et qui disposent de leur propre récompense suprême, la Sass Medal. Ce sont sans doute les réelles difficultés dont on a parlé plus haut qui ont longtemps limité l’obtention d’intermédiaires, mais de nos jours les hybrideurs professionnels et expérimentés, conscients de l’intérêt à la fois commercial et horticole de la catégorie, présentent chaque année de nouvelles variétés intéressantes. Ils ont « explosé » lorsque Paul Cook, en 1951 a enregistré trois variétés inoubliables, FAIRY FLAX, BARIA, et GREEN SPOT. CUTIE, onze ans plus tard, a également marqué la catégorie. Maintenant les intermédiaires sont nombreux et de belle qualité.
Mes préférés sont certainement le rose flamant ASK ALMA (Lankow 87), les bleus AZ AP (Ensminger 80) et BEL AZUR (Cayeux 93), le gris-bleu MEZZA CARTUCCIA (Bianco 98), le « noir » HELEN PROCTOR (Briscoe 77), le pourpre VAMP (Gatty 72), et, dans les jaunes MAUI MOONLIGHT (Aitken 87) et BLUE EYED BLONDE ( Ensminger 89) intéressant pour ses barbes bleues. Le meilleur plicata sont peut-être RARE EDITION (Gatty 80) en blanc marqué de violet pourpré, et BROADWAY BABY (Gatty 89), véritable variegata-plicata. Et parmi les bicolores j’ai un faible pour HELLCAT (Aitken 81), amoena à barbes sombres, LUNAR FROST (Keppel 96), blanc taché de jaune citron sous les barbes blanches, et PROTOCOL (Keppel 96), amoena jaune. Pour terminer en brillance, citons FIREBUG (Gatty 94), superbe variegata jaune et brun.
13.3.02
LES DOIGTS VERTS DE MADAME KUNTZ
Tout le monde, ou presque, connaît la variété DEBBY RAIRDON. Elle se rencontre dans de très nombreux jardins, partout dans le monde, et se trouve encore en vente dans certains catalogues.
Cette variété a une histoire amusante, que j’ai trouvé racontée sur le site web de la Société Canadienne des Iris, il y a quelques années. En voici un résumé.
Madame Kuntz, Lois pour ses intimes, est une grand’mère américaine, qui aime les iris et qui, un jour, s'est amusée à semer les graines qu'elle avait récoltées dans son jardin. Elle a obtenu un bon nombre d'iris d'un rose délavé, grisâtre, plutôt laids. La dernière graine à lever n'en finissait pas de fleurir. Quand elle se décida, ce fut la surprise: une jolie fleur aux pétales jaunes et aux sépales blancs liserés du jaune des pétales, avec une substance solide et résistant aux intempéries; une plante vigoureuse, bien branchue, bref une belle fleur. Mamie Kuntz en parla à des amis, qui répandirent la nouvelle dans le petit monde des iris. Luella Noyd, une obtentrice bien connue, se procura des rhizomes et les multiplia. Elle convainquit Mme Kuntz de faire enregistrer cette variété, et la bonne grand’mère dédia son iris à l'une de ses petites filles, Debby, Debby Rairdon.
Au fil des années, l'iris jaune, né de parents inconnus, se fraya un chemin parmi les variétés huppées : en 1965, il obtint un HM (Honorable Mention, le premier degré des récompenses américaines) ; en 1968, il fut parmi les 12 variétés honorées d'un AM (Award of Merit), ce qui lui permit de concourir pour la Médaille de Dykes. En 1971, c'est lui qui obtint la suprême récompense Voilà comment, une petite Cendrillon est parvenue au firmament de son univers.
Tous les hybrideurs ont admiré DEBBY RAIRDON, et depuis la fin des années 60 jusqu’au début des années 90, nombre d’entre eux l’ont utilisé en hybridation. Luella Noyd, bien entendu, qui l’a choisi pour maman de deux jolis iris dans les tons de rose : SYMPHONETTE (69) et LUCKY NUMBER (70). Associé à NEW MOON, un autre vainqueur de la DM, elle a donné à Bernard Hamner le célèbre iris rouille GYPSY BELLE (74), avec PICTURE PERFECT il a donné JEANNETTE (Rogers 77), qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau ; Joë Ghio l’a utilisé plusieurs fois, par exemple pour DOUBLE SCOOP (81), EXHILARATION (84) et BYGONE ERA (90) ; et Lawrence Ransom l’a marié au jaune SPIRIT OF MEMPHIS pour obtenir OPERA BOUFFE, qui est aussi très voisin de sa « mère ».
Madame Kuntz n'a jamais plus fait d'hybridations, elle n'a pas non plus tiré un grand profit de son coup de chance : L. Noyd lui a proposé le choix entre une somme d'argent et un pourcentage sur les ventes. Lois Kuntz a choisi la première solution ; elle a touché 150 $ et reçu cette somme en rhizomes. On n'a pas tous les jours la main heureuse...
Tout le monde, ou presque, connaît la variété DEBBY RAIRDON. Elle se rencontre dans de très nombreux jardins, partout dans le monde, et se trouve encore en vente dans certains catalogues.
Cette variété a une histoire amusante, que j’ai trouvé racontée sur le site web de la Société Canadienne des Iris, il y a quelques années. En voici un résumé.
Madame Kuntz, Lois pour ses intimes, est une grand’mère américaine, qui aime les iris et qui, un jour, s'est amusée à semer les graines qu'elle avait récoltées dans son jardin. Elle a obtenu un bon nombre d'iris d'un rose délavé, grisâtre, plutôt laids. La dernière graine à lever n'en finissait pas de fleurir. Quand elle se décida, ce fut la surprise: une jolie fleur aux pétales jaunes et aux sépales blancs liserés du jaune des pétales, avec une substance solide et résistant aux intempéries; une plante vigoureuse, bien branchue, bref une belle fleur. Mamie Kuntz en parla à des amis, qui répandirent la nouvelle dans le petit monde des iris. Luella Noyd, une obtentrice bien connue, se procura des rhizomes et les multiplia. Elle convainquit Mme Kuntz de faire enregistrer cette variété, et la bonne grand’mère dédia son iris à l'une de ses petites filles, Debby, Debby Rairdon.
Au fil des années, l'iris jaune, né de parents inconnus, se fraya un chemin parmi les variétés huppées : en 1965, il obtint un HM (Honorable Mention, le premier degré des récompenses américaines) ; en 1968, il fut parmi les 12 variétés honorées d'un AM (Award of Merit), ce qui lui permit de concourir pour la Médaille de Dykes. En 1971, c'est lui qui obtint la suprême récompense Voilà comment, une petite Cendrillon est parvenue au firmament de son univers.
Tous les hybrideurs ont admiré DEBBY RAIRDON, et depuis la fin des années 60 jusqu’au début des années 90, nombre d’entre eux l’ont utilisé en hybridation. Luella Noyd, bien entendu, qui l’a choisi pour maman de deux jolis iris dans les tons de rose : SYMPHONETTE (69) et LUCKY NUMBER (70). Associé à NEW MOON, un autre vainqueur de la DM, elle a donné à Bernard Hamner le célèbre iris rouille GYPSY BELLE (74), avec PICTURE PERFECT il a donné JEANNETTE (Rogers 77), qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau ; Joë Ghio l’a utilisé plusieurs fois, par exemple pour DOUBLE SCOOP (81), EXHILARATION (84) et BYGONE ERA (90) ; et Lawrence Ransom l’a marié au jaune SPIRIT OF MEMPHIS pour obtenir OPERA BOUFFE, qui est aussi très voisin de sa « mère ».
Madame Kuntz n'a jamais plus fait d'hybridations, elle n'a pas non plus tiré un grand profit de son coup de chance : L. Noyd lui a proposé le choix entre une somme d'argent et un pourcentage sur les ventes. Lois Kuntz a choisi la première solution ; elle a touché 150 $ et reçu cette somme en rhizomes. On n'a pas tous les jours la main heureuse...
8.3.02
LE LONG VOYAGE DE MATHIAS COOLEY
La marche vers l’Ouest qui a été un épisode formidable de l’histoire américaine a touché bien des familles installées maintenant sur la côte ouest des Etats-Unis, là où poussent les iris. C’est le cas de la famille Cooley, dont la pépinière est connue de tous les amateurs d’iris.
Mathias Cooley, le fondateur de la dynastie a suivi la piste de l’Oregon en 1845. Il avait sept ans. Il s’est par la suite installé à Silverton, dans la vallée de la Willamette, à proximité des Silver Creek Falls. Cette ville est rapidement devenue un important nœud commercial, à l’extrémité du chemin en provenance de l’Est, et la vallée, douce et paisible, fut appelée l’Eden du bout de la piste de l’Oregon.
Les Américains placent la famille au sommet de leurs valeurs, et quand cette famille a une histoire particulière, elle devient l’objet d’un véritable culte. Les Cooley n’échappent pas à cette règle et, dans leur catalogue d’iris de 1993 ils racontent par le menu l’histoire de Mathias Cooley, l’ancêtre.
Cette histoire commence dans le Missouri en 1845. La vie y est dure et la famille Cooley fort nombreuse. Certains membres sont partis vers l’Ouest et sont prêts à accueillir le petit Mathias . Celui-ci est confié à une famille amie, les Wilson qui sont sur le départ. Leur char rejoint Fort Boise, au confluent de la Snake et de la Boise et forme avec ceux de plein d’autres candidats à l’aventure l’un des plus grands convois de l’espèce : plus de deux cents chars ! C’est Stephen Meek qui mène le groupe. Il a dans la tête de rejoindre la vallée de la Willamette par un chemin beaucoup plus court que celui emprunté habituellement, qui passe par le canyon de la Snake, les Montagnes Bleues et les gorges de la Columbia, en passant par un col de la Cascade Mountain Range. Cet itinéraire est censé économiser une vingtaine de jours de voyage.
Mais l’aventure a tourné au cauchemar. Au lieu d’être de vingt jours plus bref, le voyage a pris quarante jours de plus ! Les pionniers errants et perdus de la caravane de Meek ont vécu une expérience tragique qui dépassa toutes les autres par le nombre des morts.
Comme elle n’a pas réussi à trouver le passage au centre de la chaîne des Cascades, la caravane de Meek a remonté vers le nord jusqu’à The Dalles, à l’entrée des gorges de la Columbia. Là M. Wilson meurt et laisse sa veuve continuer le parcours vers l’Oregon avec ses quatre enfants et le jeune Mathias. Elle se remariera en 1846 avec David Hill et s’installera avec lui, ses enfants et Mathias à l’emplacement actuel de la ville de Hillsboro, à l’ouest de Portland.
Dès son jeune âge, Mathias parcourt la région, gagnant sa vie en jouant du violon. Il s’installe a proximité de Silverton et se lance dans l’agriculture. Il épouse Willamina Smith, avec qui il fait neuf enfants. A chacun il fait apprendre à jouer d’un instrument de musique différent, et bientôt l’orchestre de la famille Cooley devient incontournable pour qui veut organiser une fête dans la région.
C’est ainsi qu’à commencé l’histoire de la famille Cooley, à Silverton, en Oregon, là où elle réside toujours. Elle a créé l’entreprise actuelle en 1928 Chaque phase de l’exploitation est sous la responsabilité d’un membre de la famille. C’est ainsi qu’elle est parvenue maintenant au premier rang des producteurs d’iris dans le monde.
La marche vers l’Ouest qui a été un épisode formidable de l’histoire américaine a touché bien des familles installées maintenant sur la côte ouest des Etats-Unis, là où poussent les iris. C’est le cas de la famille Cooley, dont la pépinière est connue de tous les amateurs d’iris.
Mathias Cooley, le fondateur de la dynastie a suivi la piste de l’Oregon en 1845. Il avait sept ans. Il s’est par la suite installé à Silverton, dans la vallée de la Willamette, à proximité des Silver Creek Falls. Cette ville est rapidement devenue un important nœud commercial, à l’extrémité du chemin en provenance de l’Est, et la vallée, douce et paisible, fut appelée l’Eden du bout de la piste de l’Oregon.
Les Américains placent la famille au sommet de leurs valeurs, et quand cette famille a une histoire particulière, elle devient l’objet d’un véritable culte. Les Cooley n’échappent pas à cette règle et, dans leur catalogue d’iris de 1993 ils racontent par le menu l’histoire de Mathias Cooley, l’ancêtre.
Cette histoire commence dans le Missouri en 1845. La vie y est dure et la famille Cooley fort nombreuse. Certains membres sont partis vers l’Ouest et sont prêts à accueillir le petit Mathias . Celui-ci est confié à une famille amie, les Wilson qui sont sur le départ. Leur char rejoint Fort Boise, au confluent de la Snake et de la Boise et forme avec ceux de plein d’autres candidats à l’aventure l’un des plus grands convois de l’espèce : plus de deux cents chars ! C’est Stephen Meek qui mène le groupe. Il a dans la tête de rejoindre la vallée de la Willamette par un chemin beaucoup plus court que celui emprunté habituellement, qui passe par le canyon de la Snake, les Montagnes Bleues et les gorges de la Columbia, en passant par un col de la Cascade Mountain Range. Cet itinéraire est censé économiser une vingtaine de jours de voyage.
Mais l’aventure a tourné au cauchemar. Au lieu d’être de vingt jours plus bref, le voyage a pris quarante jours de plus ! Les pionniers errants et perdus de la caravane de Meek ont vécu une expérience tragique qui dépassa toutes les autres par le nombre des morts.
Comme elle n’a pas réussi à trouver le passage au centre de la chaîne des Cascades, la caravane de Meek a remonté vers le nord jusqu’à The Dalles, à l’entrée des gorges de la Columbia. Là M. Wilson meurt et laisse sa veuve continuer le parcours vers l’Oregon avec ses quatre enfants et le jeune Mathias. Elle se remariera en 1846 avec David Hill et s’installera avec lui, ses enfants et Mathias à l’emplacement actuel de la ville de Hillsboro, à l’ouest de Portland.
Dès son jeune âge, Mathias parcourt la région, gagnant sa vie en jouant du violon. Il s’installe a proximité de Silverton et se lance dans l’agriculture. Il épouse Willamina Smith, avec qui il fait neuf enfants. A chacun il fait apprendre à jouer d’un instrument de musique différent, et bientôt l’orchestre de la famille Cooley devient incontournable pour qui veut organiser une fête dans la région.
C’est ainsi qu’à commencé l’histoire de la famille Cooley, à Silverton, en Oregon, là où elle réside toujours. Elle a créé l’entreprise actuelle en 1928 Chaque phase de l’exploitation est sous la responsabilité d’un membre de la famille. C’est ainsi qu’elle est parvenue maintenant au premier rang des producteurs d’iris dans le monde.
2.3.02
LE ROMAN DES ROSES
En me penchant récemment sur BUISSON DE ROSES, j’ai eu l’idée de regarder si quelques autres iris roses, parmi les plus emblématiques, avaient un lien de parenté. J’ai choisi d’examiner les arbres généalogiques de quatre roses célèbres : COMING UP ROSES (Gatty 92), DESCANSO (Corlew 95), BEVERLY SILLS (Hager 79) et LOVELY KAY (Hamblen 80).
Je n’ai pas été déçu. Les cinq variétés en question (y compris donc BUISSON DE ROSES) ont une étroite parenté.
Un ancêtre unique se retrouve dans les cinq pedigrees : PINK TAFFETA (Rudolph 68 – DM 75).
On y remonte très vite dans les deux variétés les plus anciennes :
- PINK TAFFETA – VANITY – BEVERLY SILLS
- PINK TAFFETA – PINK SLEIGH – LOVELY KAY
C’est forcément un peu plus loin chez les variétés récentes :
- PINK TAFFETA – PINK SLEIGH – PLAYGIRL – COMING UP ROSES
- PINK TAFFETA – PINK SLEIGH – PLAYGIRL – PARADISE – BUISSON DE ROSES
- PINK TAFFETA – PINK SLEIGH – STORY BOOK - ELSIEMAE NICHOLSON – DESCANSO.
Chez ce dernier les gènes de PINK TAFFETA se trouvent même chez ses deux parents puisque l’on a aussi la combinaison PINK TAFFETA – PINK ANGEL – CARVED PINK – EASTER SONG – DESCANSO.
Une autre variété bien connue se retrouve chez nos cinq roses : RIPPLING WATERS.
- RIPPLING WATERS – PINK PIROUETTE – BEVERLY SILLS
- RIPPLING WATERS – PRETTY NANCY – LOVELY KAY
- RIPPLING WATERS – PRINCESS – PARADISE – BUISSON DE ROSES
- RIPPLING WATERS – PRINCESS – BONBON – COMING UP ROSES
- RIPPLING WATERS – PRINCESS – MAIS OUI – ELSIEMAE NICHOLSON (ou, également, EASTER SONG) – DESCANSO.
Quand on fait cette constatation, on n’est pas loin de penser, comme Harald Matthes (Iris et Bulbeuses n° 132), que l’on pourrait se lasser des iris roses. Et pourtant ! Aucune autre couleur n’a autant excité les hybrideurs. Certains s’en sont fait une spécialité comme Nate Rudolph, à qui l’on doit le fameux PINK TAFFETA, mais aussi bon nombre de ses descendants : PINK SLEIGH (70), PINK ANGEL (73), CARVED PINK (75) pour ne parler que de ceux dont il vient d’être question. Vernon Wood est un autre champion des roses MAIS OUI (80), EASTER SONG (84), VISION IN PINK (87), APRIL I N PARIS (92) font partie de ses plus belles obtentions. Jim GIBSON ne les a pas négligés : citons tout au long de sa carrière PINK EMBER (73), PINK SWAN (84) l’un des parents de COMING UP ROSES, EARLY WISH (85), FUNNY GIRL (94). Cependant parmi les obtenteurs modernes se sont Glen Corlew et surtout Joë Gatty qui s’y sont adonnés avec le plus de passion. Quand on parle des roses de Gatty, on a tout dit. Pour le premier on peut parler de CHERUB CHOIR (la « grand’mère » de BEVERLY SILLS), CHERISHED (73), INFATUATION (77), STORY BOOK (80), AMOUR (85), ELSIEMAE NICHOLSON (86). Pour le second, le choix est délicat parmi LIZ (72) l’un de ses tout premiers, PRINCESS (72), BONBON et PARADISE (77), SATIN GOWN (78), CHANTEUSE (80), EDEN (83), FEMME FATALE (88), SOFT CARESS (91), et bien sûr COMING UP ROSE (92). Peut-on aussi passer sous silence Ben Hager et ses deux champions VANITY et BEVERLY SILLS, Keith Keppel, Larry Gaulter, George Shoop ? Pour ne parler que des américains !
Non, les iris roses ne sont pas près de nous fatiguer. Je suis sûr que les années à venir nous réservent encore des moments d’exaltation avec des roses encore plus saturés, ou des pastels encore plus craquants. Le roman des roses n’est pas près d’être complètement écrit.
En me penchant récemment sur BUISSON DE ROSES, j’ai eu l’idée de regarder si quelques autres iris roses, parmi les plus emblématiques, avaient un lien de parenté. J’ai choisi d’examiner les arbres généalogiques de quatre roses célèbres : COMING UP ROSES (Gatty 92), DESCANSO (Corlew 95), BEVERLY SILLS (Hager 79) et LOVELY KAY (Hamblen 80).
Je n’ai pas été déçu. Les cinq variétés en question (y compris donc BUISSON DE ROSES) ont une étroite parenté.
Un ancêtre unique se retrouve dans les cinq pedigrees : PINK TAFFETA (Rudolph 68 – DM 75).
On y remonte très vite dans les deux variétés les plus anciennes :
- PINK TAFFETA – VANITY – BEVERLY SILLS
- PINK TAFFETA – PINK SLEIGH – LOVELY KAY
C’est forcément un peu plus loin chez les variétés récentes :
- PINK TAFFETA – PINK SLEIGH – PLAYGIRL – COMING UP ROSES
- PINK TAFFETA – PINK SLEIGH – PLAYGIRL – PARADISE – BUISSON DE ROSES
- PINK TAFFETA – PINK SLEIGH – STORY BOOK - ELSIEMAE NICHOLSON – DESCANSO.
Chez ce dernier les gènes de PINK TAFFETA se trouvent même chez ses deux parents puisque l’on a aussi la combinaison PINK TAFFETA – PINK ANGEL – CARVED PINK – EASTER SONG – DESCANSO.
Une autre variété bien connue se retrouve chez nos cinq roses : RIPPLING WATERS.
- RIPPLING WATERS – PINK PIROUETTE – BEVERLY SILLS
- RIPPLING WATERS – PRETTY NANCY – LOVELY KAY
- RIPPLING WATERS – PRINCESS – PARADISE – BUISSON DE ROSES
- RIPPLING WATERS – PRINCESS – BONBON – COMING UP ROSES
- RIPPLING WATERS – PRINCESS – MAIS OUI – ELSIEMAE NICHOLSON (ou, également, EASTER SONG) – DESCANSO.
Quand on fait cette constatation, on n’est pas loin de penser, comme Harald Matthes (Iris et Bulbeuses n° 132), que l’on pourrait se lasser des iris roses. Et pourtant ! Aucune autre couleur n’a autant excité les hybrideurs. Certains s’en sont fait une spécialité comme Nate Rudolph, à qui l’on doit le fameux PINK TAFFETA, mais aussi bon nombre de ses descendants : PINK SLEIGH (70), PINK ANGEL (73), CARVED PINK (75) pour ne parler que de ceux dont il vient d’être question. Vernon Wood est un autre champion des roses MAIS OUI (80), EASTER SONG (84), VISION IN PINK (87), APRIL I N PARIS (92) font partie de ses plus belles obtentions. Jim GIBSON ne les a pas négligés : citons tout au long de sa carrière PINK EMBER (73), PINK SWAN (84) l’un des parents de COMING UP ROSES, EARLY WISH (85), FUNNY GIRL (94). Cependant parmi les obtenteurs modernes se sont Glen Corlew et surtout Joë Gatty qui s’y sont adonnés avec le plus de passion. Quand on parle des roses de Gatty, on a tout dit. Pour le premier on peut parler de CHERUB CHOIR (la « grand’mère » de BEVERLY SILLS), CHERISHED (73), INFATUATION (77), STORY BOOK (80), AMOUR (85), ELSIEMAE NICHOLSON (86). Pour le second, le choix est délicat parmi LIZ (72) l’un de ses tout premiers, PRINCESS (72), BONBON et PARADISE (77), SATIN GOWN (78), CHANTEUSE (80), EDEN (83), FEMME FATALE (88), SOFT CARESS (91), et bien sûr COMING UP ROSE (92). Peut-on aussi passer sous silence Ben Hager et ses deux champions VANITY et BEVERLY SILLS, Keith Keppel, Larry Gaulter, George Shoop ? Pour ne parler que des américains !
Non, les iris roses ne sont pas près de nous fatiguer. Je suis sûr que les années à venir nous réservent encore des moments d’exaltation avec des roses encore plus saturés, ou des pastels encore plus craquants. Le roman des roses n’est pas près d’être complètement écrit.
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