L’ENIGME DE LA SEMAINE
LES SAISONS
Parmi les cinq noms de variétés ci-dessous, il en est un qui ne fait pas allusion à la même chose que les quatre autres. Lequel ?
· AUTUMN LEAVES
· FALL OF EAGLES
· SPRING TIDINGS
· SUMMER SUNSHINE
· WINTERSCAPE
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
BELLE DE NUIT est une obtention de Richard Cayeux. Les autres sont des iris de la maison Anfosso.
30.1.04
LES « DARK TOP » À LA FRANÇAISE
Dans la recherche d’iris amoenas inversés, en américain « dark top », les obtenteurs français ne sont pas en reste. Keith Keppel l’a bien dit : il y a beaucoup de progrès à faire en matière d’iris aux pétales foncés et aux sépales clairs, voire blancs, dans tous les mélanges de couleurs possibles. Lui-même s’est attelé à la tâche avec l’acharnement qu’on lui connaît, et il a proposé ces dernières années de superbes « dark top » (WISHFUL THINKING, FOGBOUND, CROWNED HEADS, ALPENVIEW…). Le mouvement qu’il a lancé et l’émulation qu’il a créée ont des répercussions jusque chez nous. Il faut s’en réjouir parce que cette recherche maintient notre pays à son rang dans le domaine de l’hybridation et nous procure des plantes spécialement intéressantes, qui devraient être rapidement disponibles dans le commerce.
C’est Michèle Bersillon qui, dans son petit jardin du Loiret, a croisé EDGE OF WINTER (Schreiner 83) et PLEDGE ALLEGIANCE (Schreiner 84). Elle a eu le bonheur d’obtenir deux variétés prometteuses, LUNE BLEUE (99) et CŒUR D’HIVER (2000). Le premier est décrit comme ayant des pétales lavande et des sépales blancs légèrement teintés lavande, tandis que le second se présente avec des pétales bleu lavande de clair à moyen, des veines plus sombres, et des sépales blancs touchés de bleu de part et d’autre des barbes.
Plus au sud, en Ardèche, Bernard Laporte a croisé HONKY TONK BLUES (Schreiner 88) et SPECIAL MOZART (Anfosso 91). Il a obtenu IRIADE (2003) qui a été spécialement remarqué ce printemps aux Jardins de Brocéliande à Bréal sous Montfort (35) lors des Iriades 2003. C’est un iris aux pétales bleu glycine s’assombrissant vers la base, et aux sépales d’un blanc crayeux à peine bleuté aux épaules.
En dehors du fait que ces trois variétés soient des plantes fort belles, il m’a paru intéressant de chercher à savoir si, malgré les apparences, elles avaient des ancêtres qui les rapprocheraient.
Pour LUNE BLEUE et CŒUR D’HIVER le caractère amoena inversé est apporté par EDGE OF WINTER qui se présente avec des pétales bleu lavande tendre et des sépales blancs à peine influencés de bleu, et des barbes blanches. On ne sait pas grand’ chose des ascendants d’EDGE OF WINTER car la firme Schreiner n’a pas jugé bon de donner le détail de ses origines au moment de son enregistrement. Tout au plus sait-on qu’il provient de BLUE FANTASY (Branch 58), un blanc bleuté issu de AIRY CHARM (Branch 54) et de WIDE WORLD (Cook 53), qui est une amorce d’amoena inversé avec des pétales bleu glycine clair et des sépales blanc bleuté. C’est à ce WIDE WORLD et à ses origines dans l’espèce I. imbricata qu’on doit l’aspect inversé d’EDGE OF WINTER. L’autre parent, PLEDGE ALLEGIANCE, a fourni le bleu plus intense et, surtout, la fleur richement ondulée qu’il doit lui-même à ses ancêtres NEPTUNE’S POOL (Moldovan 69) et REGAL RUFFLING (Reckamp 61) dans lequel sont réunis SNOW FLURRY (Rees 39), le père des iris ondulés, et CELESTIAL BLUE (Reckamp 52), descendant du bleu ciel de base, CAHOKIA (Faught 46).
IRIADE réunit deux variétés remarquables : HONKY TONK BLUES (Schreiner 88 – DM 95) et SPECIAL MOZART (Anfosso 91). C’est de ce côté, avant tout qu’il faut chercher le caractère amoena inversé puisque ce cultivar, sans être un « dark top » très typé, offre tout de même des pétales glycine plus sombres que les sépales. Il tient ces traits de SEA VENTURE (Jones 72), un véritable « dark top » aux pétales tendrement bleus et aux sépales qui, s’ils n’ont pas « la blancheur sanglotante des lys » comme disait Mallarmé, n’en sont pas moins plus clairs que les pétales. C’est normal : il est fils de AVIS (Varner 63) tenu pour l’un des points de départ des amoenas inversés. Du côté féminin, SPECIAL MOZART rassemble les gènes de MYSTIQUE (Ghio 75 – DM 80) et de FLAIR (Gatty 76), l’un bitone bleu vif, l’autre bleu clair. Il serait trop long de rebâtir l’arbre généalogique complexe de ces deux iris. Contentons-nous de dire qu’on y trouve le gratin des anciens : REHOBETH, NEW SNOW, SNOW FLURRY, CHIVALRY, CAHOKIA, SPANISH PEAKS, WHOLE CLOTH… Tous y sont et, notamment les incontournables CAHOKIA et SNOW FLURRY. HONKY TONK BLUES se situe à un extrémité d’une lignée de bleus qui comprend ADMIRAL BLUE (Schreiner 72), SAILOR’S DANCE (Schreiner 73), un frère de semis de ROYAL REGENCY (Schreiner 77) et …NEPTUNE’S POOL (Moldovan 69) ! Voilà le lien entre les deux familles ! Au demeurant cette variété n’est en rien un amoena inversé puisqu’elle se présente en bleu-violet uniforme, assez banal, mais la fleur est joliment ondulée.
Pour le reste il faut donc remonter assez loin dans les arbres respectifs de IRIADE et des deux variétés Bersillon pour trouver d’autres ancêtres communs. A vrai dire ces ancêtres là sont communs à la plupart des iris d’aujourd’hui et leur présence n’est pas significative.
Par des voies visiblement différentes, IRIADE, LUNE BLEUE et CŒUR D’HIVER sont parvenus à un résultat identique. L’hybridation offre encore des surprises. Maintenant il serait peut-être intéressant de tenter de réunir les deux approches par un mariage de IRIADE et de la lignée Bersillon. Déjà à eu lieu un croisement de CŒUR D’HIVER et de CROWNED HEADS dont Michèle Bersillon attend impatiemment le résultat. Ce CROWNED HEADS (Keppel 97) est déjà le fruit de IN REVERSE x HONKY TONK BLUES, et sous IN REVERSE (Gatty 93) il y a EDGE OF WINTER ! Il manque encore le rapprochement de l’origine ‘AVIS’ et de l’origine ‘I. imbricata’. Rien ne dit que ce rapprochement aboutirait à une nouvelle amélioration de l’effet « dark top », mais on peut l’espérer. En tout cas nous devrions avoir tout plein de jolis amoenas inversés français dans les années à venir.
Dans la recherche d’iris amoenas inversés, en américain « dark top », les obtenteurs français ne sont pas en reste. Keith Keppel l’a bien dit : il y a beaucoup de progrès à faire en matière d’iris aux pétales foncés et aux sépales clairs, voire blancs, dans tous les mélanges de couleurs possibles. Lui-même s’est attelé à la tâche avec l’acharnement qu’on lui connaît, et il a proposé ces dernières années de superbes « dark top » (WISHFUL THINKING, FOGBOUND, CROWNED HEADS, ALPENVIEW…). Le mouvement qu’il a lancé et l’émulation qu’il a créée ont des répercussions jusque chez nous. Il faut s’en réjouir parce que cette recherche maintient notre pays à son rang dans le domaine de l’hybridation et nous procure des plantes spécialement intéressantes, qui devraient être rapidement disponibles dans le commerce.
C’est Michèle Bersillon qui, dans son petit jardin du Loiret, a croisé EDGE OF WINTER (Schreiner 83) et PLEDGE ALLEGIANCE (Schreiner 84). Elle a eu le bonheur d’obtenir deux variétés prometteuses, LUNE BLEUE (99) et CŒUR D’HIVER (2000). Le premier est décrit comme ayant des pétales lavande et des sépales blancs légèrement teintés lavande, tandis que le second se présente avec des pétales bleu lavande de clair à moyen, des veines plus sombres, et des sépales blancs touchés de bleu de part et d’autre des barbes.
Plus au sud, en Ardèche, Bernard Laporte a croisé HONKY TONK BLUES (Schreiner 88) et SPECIAL MOZART (Anfosso 91). Il a obtenu IRIADE (2003) qui a été spécialement remarqué ce printemps aux Jardins de Brocéliande à Bréal sous Montfort (35) lors des Iriades 2003. C’est un iris aux pétales bleu glycine s’assombrissant vers la base, et aux sépales d’un blanc crayeux à peine bleuté aux épaules.
En dehors du fait que ces trois variétés soient des plantes fort belles, il m’a paru intéressant de chercher à savoir si, malgré les apparences, elles avaient des ancêtres qui les rapprocheraient.
Pour LUNE BLEUE et CŒUR D’HIVER le caractère amoena inversé est apporté par EDGE OF WINTER qui se présente avec des pétales bleu lavande tendre et des sépales blancs à peine influencés de bleu, et des barbes blanches. On ne sait pas grand’ chose des ascendants d’EDGE OF WINTER car la firme Schreiner n’a pas jugé bon de donner le détail de ses origines au moment de son enregistrement. Tout au plus sait-on qu’il provient de BLUE FANTASY (Branch 58), un blanc bleuté issu de AIRY CHARM (Branch 54) et de WIDE WORLD (Cook 53), qui est une amorce d’amoena inversé avec des pétales bleu glycine clair et des sépales blanc bleuté. C’est à ce WIDE WORLD et à ses origines dans l’espèce I. imbricata qu’on doit l’aspect inversé d’EDGE OF WINTER. L’autre parent, PLEDGE ALLEGIANCE, a fourni le bleu plus intense et, surtout, la fleur richement ondulée qu’il doit lui-même à ses ancêtres NEPTUNE’S POOL (Moldovan 69) et REGAL RUFFLING (Reckamp 61) dans lequel sont réunis SNOW FLURRY (Rees 39), le père des iris ondulés, et CELESTIAL BLUE (Reckamp 52), descendant du bleu ciel de base, CAHOKIA (Faught 46).
IRIADE réunit deux variétés remarquables : HONKY TONK BLUES (Schreiner 88 – DM 95) et SPECIAL MOZART (Anfosso 91). C’est de ce côté, avant tout qu’il faut chercher le caractère amoena inversé puisque ce cultivar, sans être un « dark top » très typé, offre tout de même des pétales glycine plus sombres que les sépales. Il tient ces traits de SEA VENTURE (Jones 72), un véritable « dark top » aux pétales tendrement bleus et aux sépales qui, s’ils n’ont pas « la blancheur sanglotante des lys » comme disait Mallarmé, n’en sont pas moins plus clairs que les pétales. C’est normal : il est fils de AVIS (Varner 63) tenu pour l’un des points de départ des amoenas inversés. Du côté féminin, SPECIAL MOZART rassemble les gènes de MYSTIQUE (Ghio 75 – DM 80) et de FLAIR (Gatty 76), l’un bitone bleu vif, l’autre bleu clair. Il serait trop long de rebâtir l’arbre généalogique complexe de ces deux iris. Contentons-nous de dire qu’on y trouve le gratin des anciens : REHOBETH, NEW SNOW, SNOW FLURRY, CHIVALRY, CAHOKIA, SPANISH PEAKS, WHOLE CLOTH… Tous y sont et, notamment les incontournables CAHOKIA et SNOW FLURRY. HONKY TONK BLUES se situe à un extrémité d’une lignée de bleus qui comprend ADMIRAL BLUE (Schreiner 72), SAILOR’S DANCE (Schreiner 73), un frère de semis de ROYAL REGENCY (Schreiner 77) et …NEPTUNE’S POOL (Moldovan 69) ! Voilà le lien entre les deux familles ! Au demeurant cette variété n’est en rien un amoena inversé puisqu’elle se présente en bleu-violet uniforme, assez banal, mais la fleur est joliment ondulée.
Pour le reste il faut donc remonter assez loin dans les arbres respectifs de IRIADE et des deux variétés Bersillon pour trouver d’autres ancêtres communs. A vrai dire ces ancêtres là sont communs à la plupart des iris d’aujourd’hui et leur présence n’est pas significative.
Par des voies visiblement différentes, IRIADE, LUNE BLEUE et CŒUR D’HIVER sont parvenus à un résultat identique. L’hybridation offre encore des surprises. Maintenant il serait peut-être intéressant de tenter de réunir les deux approches par un mariage de IRIADE et de la lignée Bersillon. Déjà à eu lieu un croisement de CŒUR D’HIVER et de CROWNED HEADS dont Michèle Bersillon attend impatiemment le résultat. Ce CROWNED HEADS (Keppel 97) est déjà le fruit de IN REVERSE x HONKY TONK BLUES, et sous IN REVERSE (Gatty 93) il y a EDGE OF WINTER ! Il manque encore le rapprochement de l’origine ‘AVIS’ et de l’origine ‘I. imbricata’. Rien ne dit que ce rapprochement aboutirait à une nouvelle amélioration de l’effet « dark top », mais on peut l’espérer. En tout cas nous devrions avoir tout plein de jolis amoenas inversés français dans les années à venir.
23.1.04
L’ENIGME DE LA SEMAINE
IL ÉTAIT UNE NUIT
Les caractéristiques d’une de ces cinq variétés ne correspondent pas à celles des quatre autres. Laquelle ?
· BAR DE NUIT
· BELLE DE NUIT
· NUIT BLANCHE
· NUIT DE CHINE
· NUIT FAUVE
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
DANS LES VOILES
WAR SAILS est un iris brun-rouge ; les autres sont dans les tons de bleu.
IL ÉTAIT UNE NUIT
Les caractéristiques d’une de ces cinq variétés ne correspondent pas à celles des quatre autres. Laquelle ?
· BAR DE NUIT
· BELLE DE NUIT
· NUIT BLANCHE
· NUIT DE CHINE
· NUIT FAUVE
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
DANS LES VOILES
WAR SAILS est un iris brun-rouge ; les autres sont dans les tons de bleu.
SOCIAL GRACES
SOCIAL GRACES est une obtention récente – 2000 - de l’infatigable Keith Keppel. De ce fait elle n’est pas encore très connue en France, mais elle ne peut pas faire autrement que de le devenir, car c’est l’un des plus jolis iris que j’ai jamais vu. Imaginez une fleur lilas mauve rosé, à peine teintée d’abricot aux épaules, à peine plus pâle sous les barbes qui sont discrètes et corail clair. Pour la forme, c’est une perfection : pétales turbinés et bien dressés, sépales bien horizontaux grâce à une base très large, le tout largement ondulé et dentelé, mais sans excès. Une fleur tout de grâce et de tendresse dont on ne peut pas ne pas tomber amoureux.
Pour arriver à une réussite aussi exemplaire, il a fallu près de cinquante ans de travail. Un travail essentiellement basé sur l’ « inbreeding », en français endogamie, ou croisement dans la même lignée. J’en veux pour preuve le fait qu’à la sixième génération d’ancêtres on ne trouve que douze variétés identifiées, sur les 64 qui se situent à ce niveau. PINK TAFFETA (Rudolph 68 – DM 75) apparaît huit fois, RIPPLING WATERS (Fay 61 – DM – 66) sept, de même que RUFFLED VALENTINE (Brizendine 61) !
SOCIAL GRACES est le fruit du croisement d’un semis rose issu de FEMME FATALE (Gatty 88) et de SOCIAL EVENT (Keppel 91). Le premier est un aboutissement, dans les roses dragée, de la quête du rose de Joseph Gatty. Le second, dans les tons de rose corail clair, se trouve au bout d’un autre chemin parsemé de roses, à chaque génération améliorés. Mais à l’origine de l’un et l’autre il y a les mêmes variétés de base, le blanc à barbes rouges RUFFLED VALENTINE, le mauve RIPPLING WATERS, les roses PINK TAFFETA, PINK ANGEL, PINK SLEIGH… L’arbre généalogique démarre avec quelques variétés, s’amplifie et se ramifie, pour revenir à une seule. En effet FEMME FATALE provient d’un iris célèbre, PARADISE (Gatty 80), rose tendre et frisé à barbes minium, et de PRETTY LADY (Gatty 82), rose pâle à grosse barbes rouges. Dès lors on passe en revue les meilleurs roses de Joë Gatty : PLAYGIRL (Gatty 80), BONBON (Gatty 77), LIZ (Gatty 72), PRINCESS (Gatty 72), ainsi que le blanc RISQUE (Gatty 74) et le rose orchidée de Shoop MAY DANCER (67). Dans la même branche on trouve aussi NEFERTITI (Gatty 81), bitone rose et mauve à barbes blanches, et ses parents LOUISE WATTS (Blocher 71), bicolore caramel et mauve, et LOUDOUN CHARMER (Crossman 73), bicolore crème et violet, ainsi que PRESENCE (Gatty 87), rose dragée à barbes corail clair, et SIMPLY PRETTY (Gatty 86), rose orangé. Du côté de SOCIAL EVENT, on note la présence de MARASCHINO (Keppel 79), chamois à barbes rouges, THELMA RUDOLPH (Rudolph 72), lilas à barbes roses, un frère de semis de SATIN SIREN (Gatty 87) derrière lequel se cache la kyrielle des roses PRETTY LADY, BONBON, PLAYGIRL etc.
Si l’on se demande pourquoi SOCIAL GRACES, issu essentiellement d’iris roses, présente cette couleur lilacée qui fait toute son originalité, il suffit de se rappeler qu’il a parmi ses ancêtres plusieurs variétés mauves, voire violettes comme NEFERTITI et ses parents, mais aussi comme RIPPLING WATERS, mauve, PRETTY CAROL (Hamblen 56), franchement violet, ou AMETHYST FLAME (Schreiner 57 – DM 63), mauve améthyste. Quoi qu’il en soit, SOCIAL GRACES, que l’on peut qualifier de « rose de chez rose », est un iris dont on parlera dans les années à venir, parce que parmi tous les jolis cultivars qu’obtient Keith Keppel, celui-là mérite tous les superlatifs.
SOCIAL GRACES est une obtention récente – 2000 - de l’infatigable Keith Keppel. De ce fait elle n’est pas encore très connue en France, mais elle ne peut pas faire autrement que de le devenir, car c’est l’un des plus jolis iris que j’ai jamais vu. Imaginez une fleur lilas mauve rosé, à peine teintée d’abricot aux épaules, à peine plus pâle sous les barbes qui sont discrètes et corail clair. Pour la forme, c’est une perfection : pétales turbinés et bien dressés, sépales bien horizontaux grâce à une base très large, le tout largement ondulé et dentelé, mais sans excès. Une fleur tout de grâce et de tendresse dont on ne peut pas ne pas tomber amoureux.
Pour arriver à une réussite aussi exemplaire, il a fallu près de cinquante ans de travail. Un travail essentiellement basé sur l’ « inbreeding », en français endogamie, ou croisement dans la même lignée. J’en veux pour preuve le fait qu’à la sixième génération d’ancêtres on ne trouve que douze variétés identifiées, sur les 64 qui se situent à ce niveau. PINK TAFFETA (Rudolph 68 – DM 75) apparaît huit fois, RIPPLING WATERS (Fay 61 – DM – 66) sept, de même que RUFFLED VALENTINE (Brizendine 61) !
SOCIAL GRACES est le fruit du croisement d’un semis rose issu de FEMME FATALE (Gatty 88) et de SOCIAL EVENT (Keppel 91). Le premier est un aboutissement, dans les roses dragée, de la quête du rose de Joseph Gatty. Le second, dans les tons de rose corail clair, se trouve au bout d’un autre chemin parsemé de roses, à chaque génération améliorés. Mais à l’origine de l’un et l’autre il y a les mêmes variétés de base, le blanc à barbes rouges RUFFLED VALENTINE, le mauve RIPPLING WATERS, les roses PINK TAFFETA, PINK ANGEL, PINK SLEIGH… L’arbre généalogique démarre avec quelques variétés, s’amplifie et se ramifie, pour revenir à une seule. En effet FEMME FATALE provient d’un iris célèbre, PARADISE (Gatty 80), rose tendre et frisé à barbes minium, et de PRETTY LADY (Gatty 82), rose pâle à grosse barbes rouges. Dès lors on passe en revue les meilleurs roses de Joë Gatty : PLAYGIRL (Gatty 80), BONBON (Gatty 77), LIZ (Gatty 72), PRINCESS (Gatty 72), ainsi que le blanc RISQUE (Gatty 74) et le rose orchidée de Shoop MAY DANCER (67). Dans la même branche on trouve aussi NEFERTITI (Gatty 81), bitone rose et mauve à barbes blanches, et ses parents LOUISE WATTS (Blocher 71), bicolore caramel et mauve, et LOUDOUN CHARMER (Crossman 73), bicolore crème et violet, ainsi que PRESENCE (Gatty 87), rose dragée à barbes corail clair, et SIMPLY PRETTY (Gatty 86), rose orangé. Du côté de SOCIAL EVENT, on note la présence de MARASCHINO (Keppel 79), chamois à barbes rouges, THELMA RUDOLPH (Rudolph 72), lilas à barbes roses, un frère de semis de SATIN SIREN (Gatty 87) derrière lequel se cache la kyrielle des roses PRETTY LADY, BONBON, PLAYGIRL etc.
Si l’on se demande pourquoi SOCIAL GRACES, issu essentiellement d’iris roses, présente cette couleur lilacée qui fait toute son originalité, il suffit de se rappeler qu’il a parmi ses ancêtres plusieurs variétés mauves, voire violettes comme NEFERTITI et ses parents, mais aussi comme RIPPLING WATERS, mauve, PRETTY CAROL (Hamblen 56), franchement violet, ou AMETHYST FLAME (Schreiner 57 – DM 63), mauve améthyste. Quoi qu’il en soit, SOCIAL GRACES, que l’on peut qualifier de « rose de chez rose », est un iris dont on parlera dans les années à venir, parce que parmi tous les jolis cultivars qu’obtient Keith Keppel, celui-là mérite tous les superlatifs.
17.1.04
16.1.04
L’ENIGME DE LA SEMAINE
DANS LES VOILES
Les caractéristiques d’une de ces cinq variétés ne correspondent pas à celles des quatre autres. Laquelle ?
· ARMADA
· FIVE STAR ADMIRAL
· SAILOR’S DANCE
· TALL SHIP
· WAR SAILS
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
STORMY WEATHER est un iris variegata ambre/violet. Les autres sont tous dans les tons de bleu nuit ou de noir.
DANS LES VOILES
Les caractéristiques d’une de ces cinq variétés ne correspondent pas à celles des quatre autres. Laquelle ?
· ARMADA
· FIVE STAR ADMIRAL
· SAILOR’S DANCE
· TALL SHIP
· WAR SAILS
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
STORMY WEATHER est un iris variegata ambre/violet. Les autres sont tous dans les tons de bleu nuit ou de noir.
CHINESE NEW YEAR
Nous entrons dans l’année du singe. Comme, de plus en plus, nous célébrons le nouvel an chinois, les amateurs d’iris peuvent s’inscrire dans le mouvement en évoquant la variété CHINESE NEW YEAR enregistrée par Joë Ghio en 96 et mise sur le marché en 97. La description qui en est donnée est simple et sobre : « Pétales chamois ; sépales mêlés de rose, fuchsia, vin et ocre brun ; barbes rouges. » Est-elle exacte ? Pour ma part je vois les pétales beige rosé, veinés de plus sombre, les sépales d’un pourpre profond à peine éclairci sous les barbes qui sont plus minium que rouge et qui s’abritent sous des styles rose doré. La fleur, légèrement dentelée, est amplement animée de gracieuses ondulations. Les sépales sont exceptionnellement larges à la base, ce qui donne à l’ensemble une tenue parfaite. CHINESE NEW YEAR est un bicolore superbe et majestueux.
Remonter aux origines de cette fleur n’est pas une mince affaire, enfin du côté paternel essentiellement car du côté maternel les choses sont beaucoup plus simples.
La maman s’appelle JUNGLE PRINCESS (Aitken 89) et CHINESE NEW YEAR ressemble beaucoup à sa maman. Mais s’en est une manifeste amélioration : les pétales de JUNGLE PRINCESS sont plus clairs, les sépales plus ternes ; la barbe est bronze. L’ensemble de la fleur manque un peu de souplesse. A mon avis ce n’est pas une grande réussite, d’autant moins qu’elle descend directement d’un chef d’œuvre, l’inoubliable MYSTIQUE (Ghio 75 – DM 80). JUNGLE PRINCESS a pour parent femelle le beau rouge bourgogne SPARTAN (Schreiner 73) qui descend d’une lignée d’iris brun-rouge. Quant à MYSTIQUE, son « père », c’est un cocktail de blancs, bleus et noirs, typique de la fameuse cuisine dans laquelle se complait Joë Ghio.
Le papa, c’est BATTLE ROYAL (Ghio 94), un iris grenat-cerise sur fond d’abricot, plus clair sous les barbes dorées. Cette variété a le pedigree le plus compliqué qu’on puisse concevoir : pas moins de six parenthèses figurent dans l’énumération qui en est donnée par Joë Ghio, ce qui veut dire qu’aux moins six générations ont été nécessaires pour arriver à ce résultat et que l’on y trouve à peu près tous les ingrédients dont l’obtenteur se sert pour son travail au moins aussi complexe que celui d’un grand parfumeur. Vingt et un noms différents y apparaissent jusqu’à trois fois dans un enchevêtrement de croisements où l’on rencontre du brun (MALAYSIA), du « rouge » (LADY FRIEND), du rose (ENTOURAGE), du jaune (PEACE OFFERING, PRALINE) ou de l’orangé (HOMECOMING QUEEN, BALLET IN ORANGE)…
En fait CHINESE NEW YEAR ajoute les teintes maternelles à l’éclat rutilant du coloris paternel. C’est la recette pour obtenir une amélioration d’ un modèle qui recèle des potentialités pas encore toutes mises en œuvre. A ce jeu, Joë Ghio est imbattable. Ses succès, depuis quarante ans qu’il progresse, sont au moins aussi nombreux que les années écoulées à marier et remarier des variétés dont il tire à chaque fois le maximum.
A partir de CHINESE NEW YEAR, il a continué son travail de perfectionnement. C’est ainsi que le croisement CHINESE NEW YEAR x ROMANTIC EVENING a donné deux « siblings » qui développent, chacun dans son genre les qualités de leur « mère ». IDOL (Ghio 98) allie des pétales abricot, des sépales grenat et des barbes rouge minium proéminentes. OCELOT (Ghio 98) insiste sur le côté bicolore et accentue les teintes maternelles : les pétales sont pêche clair et les sépales acajou sombre ; les barbes, mandarine, tranchent vigoureusement sur la teinte foncée des sépales. C’est un pas de plus vers le blanc et noir qui est un des buts actuels recherchés par Joë Ghio, un but qui a été pratiquement atteint avec STARRING (Ghio 99), qui se trouve être aussi un enfant de ROMANTIC EVENING, ce superbe bleu-noir à barbes rouges.
Nous entrons dans l’année du singe. Comme, de plus en plus, nous célébrons le nouvel an chinois, les amateurs d’iris peuvent s’inscrire dans le mouvement en évoquant la variété CHINESE NEW YEAR enregistrée par Joë Ghio en 96 et mise sur le marché en 97. La description qui en est donnée est simple et sobre : « Pétales chamois ; sépales mêlés de rose, fuchsia, vin et ocre brun ; barbes rouges. » Est-elle exacte ? Pour ma part je vois les pétales beige rosé, veinés de plus sombre, les sépales d’un pourpre profond à peine éclairci sous les barbes qui sont plus minium que rouge et qui s’abritent sous des styles rose doré. La fleur, légèrement dentelée, est amplement animée de gracieuses ondulations. Les sépales sont exceptionnellement larges à la base, ce qui donne à l’ensemble une tenue parfaite. CHINESE NEW YEAR est un bicolore superbe et majestueux.
Remonter aux origines de cette fleur n’est pas une mince affaire, enfin du côté paternel essentiellement car du côté maternel les choses sont beaucoup plus simples.
La maman s’appelle JUNGLE PRINCESS (Aitken 89) et CHINESE NEW YEAR ressemble beaucoup à sa maman. Mais s’en est une manifeste amélioration : les pétales de JUNGLE PRINCESS sont plus clairs, les sépales plus ternes ; la barbe est bronze. L’ensemble de la fleur manque un peu de souplesse. A mon avis ce n’est pas une grande réussite, d’autant moins qu’elle descend directement d’un chef d’œuvre, l’inoubliable MYSTIQUE (Ghio 75 – DM 80). JUNGLE PRINCESS a pour parent femelle le beau rouge bourgogne SPARTAN (Schreiner 73) qui descend d’une lignée d’iris brun-rouge. Quant à MYSTIQUE, son « père », c’est un cocktail de blancs, bleus et noirs, typique de la fameuse cuisine dans laquelle se complait Joë Ghio.
Le papa, c’est BATTLE ROYAL (Ghio 94), un iris grenat-cerise sur fond d’abricot, plus clair sous les barbes dorées. Cette variété a le pedigree le plus compliqué qu’on puisse concevoir : pas moins de six parenthèses figurent dans l’énumération qui en est donnée par Joë Ghio, ce qui veut dire qu’aux moins six générations ont été nécessaires pour arriver à ce résultat et que l’on y trouve à peu près tous les ingrédients dont l’obtenteur se sert pour son travail au moins aussi complexe que celui d’un grand parfumeur. Vingt et un noms différents y apparaissent jusqu’à trois fois dans un enchevêtrement de croisements où l’on rencontre du brun (MALAYSIA), du « rouge » (LADY FRIEND), du rose (ENTOURAGE), du jaune (PEACE OFFERING, PRALINE) ou de l’orangé (HOMECOMING QUEEN, BALLET IN ORANGE)…
En fait CHINESE NEW YEAR ajoute les teintes maternelles à l’éclat rutilant du coloris paternel. C’est la recette pour obtenir une amélioration d’ un modèle qui recèle des potentialités pas encore toutes mises en œuvre. A ce jeu, Joë Ghio est imbattable. Ses succès, depuis quarante ans qu’il progresse, sont au moins aussi nombreux que les années écoulées à marier et remarier des variétés dont il tire à chaque fois le maximum.
A partir de CHINESE NEW YEAR, il a continué son travail de perfectionnement. C’est ainsi que le croisement CHINESE NEW YEAR x ROMANTIC EVENING a donné deux « siblings » qui développent, chacun dans son genre les qualités de leur « mère ». IDOL (Ghio 98) allie des pétales abricot, des sépales grenat et des barbes rouge minium proéminentes. OCELOT (Ghio 98) insiste sur le côté bicolore et accentue les teintes maternelles : les pétales sont pêche clair et les sépales acajou sombre ; les barbes, mandarine, tranchent vigoureusement sur la teinte foncée des sépales. C’est un pas de plus vers le blanc et noir qui est un des buts actuels recherchés par Joë Ghio, un but qui a été pratiquement atteint avec STARRING (Ghio 99), qui se trouve être aussi un enfant de ROMANTIC EVENING, ce superbe bleu-noir à barbes rouges.
KEITH KEPPEL
Cette fois, ce n’est pas une personnalité décédée qui fait l’objet de la présente biographie, mais un hybrideur du plus haut rang, à qui un hommage est ainsi rendu.
Keith Keppel a commencé à s’intéresser aux iris en 1953 quand il en a découvert une plantation dans un jardin du voisinage. Peu après il a commencé à en cultiver dans son jardin, avec SNOW FLURRY (Rees 39) parmi ses premières acquisitions. En 1957, dans une publicité publiée dans un magazine de jardinage, il fit la connaissance de l’American Iris Society. Il a rapidement envoyé un bulletin d’adhésion avec une question : « Comment faire pour devenir juge ? » En peu de temps il a fait son apprentissage et est très vite devenu l’un des experts les plus avertis en ce domaine.
Diplômé de l’Institut Polytechnique de Californie – à San Luis Obispo – en Horticulture Ornementale avec mention en hybridation, Keith Keppel a connu le succès très rapidement quand l’une de ses premières introductions, BABBLING BROOK, a obtenu la Médaille de Dykes en 1972. Il fut le premier rédacteur de la rubrique « Flight Lines » quand celle-ci est apparue dans le bulletin de l’ AIS, et il a exercé la fonction de vice-président de la Median Iris Society pendant une mandature. Il a pris une grande part dans la rédaction de « The World of Irises », et nombreux sont les articles qu’il a fournis pour le Bulletin de l’AIS. Il a fait partie du Bureau des Directeurs de l’AIS de 1976 à 1980. En 1982 il est devenu le rédacteur en chef du Bulletin, fonction qu’il a exercée pendant cinq ans, fournissant quelques unes des publications les plus intéressantes.
Avec un penchant pour les documents probants et les diagrammes de pedigrees, Keith Keppel a fait partie du Comité d’Enregistrement, assistant Kay Nelson dans sa tâche de « Registrar » et de contrôleur des Publicités. Après leur mariage, en 1992, le service a déménagé du Nebraska en Californie puis en Oregon. Mais Kay est décédée prématurément en 1994 et Keith a repris à son compte le travail d’enregistrement des variétés pour le monde entier. Il l’est demeuré jusqu’à ces derniers mois, responsable de surcroît, de la préparation et de la publication du fascicule annuel des Enregistrements et Introductions, et, en fin de décade, de la « Checklist ».
En dehors de la Médaille de Dykes, Keith Keppel a reçu de nombreux signes de reconnaissance y compris la Foster Memorial Plaque, la plus haute distinction décernée par la Britsh Iris Society, la Distinguished Service Medal et la Hybridizer’s Medal des l’AIS. Ses trophées, tant américains qu’étrangers sont trop nombreux pour être tous cités, et maintenant, tout à fait opportunément, la Médaille d’Or de l’AIS lui a été attribuée.
Cette fois, ce n’est pas une personnalité décédée qui fait l’objet de la présente biographie, mais un hybrideur du plus haut rang, à qui un hommage est ainsi rendu.
Keith Keppel a commencé à s’intéresser aux iris en 1953 quand il en a découvert une plantation dans un jardin du voisinage. Peu après il a commencé à en cultiver dans son jardin, avec SNOW FLURRY (Rees 39) parmi ses premières acquisitions. En 1957, dans une publicité publiée dans un magazine de jardinage, il fit la connaissance de l’American Iris Society. Il a rapidement envoyé un bulletin d’adhésion avec une question : « Comment faire pour devenir juge ? » En peu de temps il a fait son apprentissage et est très vite devenu l’un des experts les plus avertis en ce domaine.
Diplômé de l’Institut Polytechnique de Californie – à San Luis Obispo – en Horticulture Ornementale avec mention en hybridation, Keith Keppel a connu le succès très rapidement quand l’une de ses premières introductions, BABBLING BROOK, a obtenu la Médaille de Dykes en 1972. Il fut le premier rédacteur de la rubrique « Flight Lines » quand celle-ci est apparue dans le bulletin de l’ AIS, et il a exercé la fonction de vice-président de la Median Iris Society pendant une mandature. Il a pris une grande part dans la rédaction de « The World of Irises », et nombreux sont les articles qu’il a fournis pour le Bulletin de l’AIS. Il a fait partie du Bureau des Directeurs de l’AIS de 1976 à 1980. En 1982 il est devenu le rédacteur en chef du Bulletin, fonction qu’il a exercée pendant cinq ans, fournissant quelques unes des publications les plus intéressantes.
Avec un penchant pour les documents probants et les diagrammes de pedigrees, Keith Keppel a fait partie du Comité d’Enregistrement, assistant Kay Nelson dans sa tâche de « Registrar » et de contrôleur des Publicités. Après leur mariage, en 1992, le service a déménagé du Nebraska en Californie puis en Oregon. Mais Kay est décédée prématurément en 1994 et Keith a repris à son compte le travail d’enregistrement des variétés pour le monde entier. Il l’est demeuré jusqu’à ces derniers mois, responsable de surcroît, de la préparation et de la publication du fascicule annuel des Enregistrements et Introductions, et, en fin de décade, de la « Checklist ».
En dehors de la Médaille de Dykes, Keith Keppel a reçu de nombreux signes de reconnaissance y compris la Foster Memorial Plaque, la plus haute distinction décernée par la Britsh Iris Society, la Distinguished Service Medal et la Hybridizer’s Medal des l’AIS. Ses trophées, tant américains qu’étrangers sont trop nombreux pour être tous cités, et maintenant, tout à fait opportunément, la Médaille d’Or de l’AIS lui a été attribuée.
2.1.04
L’ENIGME DE LA SEMAINE
L’ORAGE
Les caractéristiques d’une de ces cinq variétés ne correspondent pas à celles des quatre autres. Laquelle ?
· AFTER THE STORM
· BEFORE THE STORM
· STORM CENTER
· STORMY NIGHT
· STORMY WEATHER
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
ANGEL’S TOUCH est un iris rose. Les autres sont blancs.
.
L’ORAGE
Les caractéristiques d’une de ces cinq variétés ne correspondent pas à celles des quatre autres. Laquelle ?
· AFTER THE STORM
· BEFORE THE STORM
· STORM CENTER
· STORMY NIGHT
· STORMY WEATHER
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
ANGEL’S TOUCH est un iris rose. Les autres sont blancs.
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VERS DE NOUVEAUX COLORIS ?
IV. Les dernières combinaisons
Le sujet des nouveautés n’a pas encore été totalement épuisé. Finissons aujourd’hui le tour d’horizon entamé il y a déjà plus d’un mois.
De plus en plus d’obtenteurs proposent maintenant des iris « maculosa » ou, autrement dit, « broken color ». Pendant des années ces variétés sont restées au rang de curiosités et il n’y a pas si longtemps, leur promoteur Alan Ensminger n’osait même pas les enregistrer ! Mais maintenant que le pas est franchi, il a de nombreux imitateurs. Brad Kasperek a été l’un des premiers et il améliore continuellement ses produits qui sont désormais pris en considération pour les récompenses officielles. BEWILDERBEAST (95), GNU (94), TIGER HONEY (94) et plusieurs autres ont atteint le niveau des AM. Des variétés comme MILLENIUM FALCON (Kasperek 98) ou ZIGGY (Keyser 97) apportent la preuve que la netteté des couleurs s’améliore et que la fleur devient plus raffinée.
On ne peut plus parler de nouveauté quand on veut traiter des iris « space age », que j’appelle aussi « rostrata ». Ils ont maintenant leurs fervents défenseurs et Monty Byers doit être fier d’en avoir été l’un des grands promoteurs. Plus personne n’ose en dire du mal et Richard Cayeux lui-même, qui a fait longtemps la fine bouche, s’est lancé à en produire : son croisement de CHEVALIER DE MALTE X CONJURATION, est à l’origine d’AURELIE (2002) et CERF VOLANT (2002), deux iris à éperons, encore timides, mais démonstratifs d’un changement d’opinion. L’évolution du modèle va dans le sens de MESMERIZER (Byers 91 – DM 2002), c’est à dire vers des fleurs doubles, chez qui les pétaloïdes développés à l’extrémité des barbes vont venir doubler les pétales situés juste au-dessus et tendre vers des iris « flore pleno » à l’instar des roses, des pivoines ou de bien d’autres fleurs. Cela va changer sérieusement l’aspect des iris. En bien ? Oui si les pétaloïdes restent discrets et joliment développés, non s’ils prennent des formes disgracieuses ou gigantesques, ou si le reste de la fleur, les sépales en particulier, résistent mal à la charge que constituerait un pétaloïde trop lourd pour eux, et prenaient des formes tordues, effondrées. Les spécialistes américains des iris à éperons sont sans doute George Sutton et Jim Hedgecock, et chez eux on trouve le pire et le meilleur. BYE BYE BLUES (Sutton 96), WINGS OF PEACE (Sutton 97) et surtout AMERICAN EAGLE (Sutton 98) vont dans le bon sens, de même que GALACTIC WARRIOR (Hedgecock 99) ou ANNOUNCEMENT (P. Black 2002). En revanche on est à la limite avec IN A HEARTBEAT (Christopherson 2001), et le mauvais exemple est donné par HONEY SCOOP (Sutton 97) dont les sépales sont pliés et les éperons assez laids. En France, les bons « space agers » s’appellent DERVICHE (Bersillon 2000) ou LIBELLULE BLEUE (Lanthelme 2001).
La couleur des barbes fait partie des domaines de recherche activement parcourus par les hybrideurs actuels. C’est encore Keith Keppel qui est en tête du mouvement. NIGHT GAMES (96) a lancé le processus des iris sombres, voire noirs avec des barbes rouges. WILD WINGS (99) et FIERY TEMPER (2001) ont suivi. Quant à FANCY DRESS (98), il lance la mode des barbes blanches sur des fleurs sombres ; mode que Schreiner va suivre en proposant prochainement un iris vraiment noir avec des barbes vraiment blanches. Du côté des barbes rouges sur des fleurs sombres, TOM JOHNSON (P. Black 2003) apporte un approfondissement remarquable de l’opposition des couleurs. Les barbes très sombres sur des fleurs claires sont aussi très en faveur. Il y a longtemps que le début en est puisque EVENING ECHO (Hamblen 77) présente cette particularité, mais aujourd’hui le mouvement s’accélère et MYTHOLOGY (P. Black 2003) en est une preuve : c’est un iris façon HONKY TONK BLUES, doté de barbes noires, d’un effet saisissant. Les barbes bleues excitent l’intérêt des amateurs, mais à condition, maintenant, qu’elles se trouvent sur des fleurs roses ou jaunes. Du côté des roses on n’a pas fait mieux que MAGIC WISH (Hager 90), il y a donc encore des progrès à faire. Du côté des jaunes, la difficulté est réelle mais une variété comme BLUE-EYED SUSAN (Lauer 98) démontre qu’on peut y arriver.
Les années 2000 nous réservent plein de nouveautés. Non seulement dans les coloris ou modèles dont il vient d’être longuement question, mais encore dans des découvertes que les progrès de l’hybridation nous offriront sans que l’on sache exactement ce qui nous attend.
IV. Les dernières combinaisons
Le sujet des nouveautés n’a pas encore été totalement épuisé. Finissons aujourd’hui le tour d’horizon entamé il y a déjà plus d’un mois.
De plus en plus d’obtenteurs proposent maintenant des iris « maculosa » ou, autrement dit, « broken color ». Pendant des années ces variétés sont restées au rang de curiosités et il n’y a pas si longtemps, leur promoteur Alan Ensminger n’osait même pas les enregistrer ! Mais maintenant que le pas est franchi, il a de nombreux imitateurs. Brad Kasperek a été l’un des premiers et il améliore continuellement ses produits qui sont désormais pris en considération pour les récompenses officielles. BEWILDERBEAST (95), GNU (94), TIGER HONEY (94) et plusieurs autres ont atteint le niveau des AM. Des variétés comme MILLENIUM FALCON (Kasperek 98) ou ZIGGY (Keyser 97) apportent la preuve que la netteté des couleurs s’améliore et que la fleur devient plus raffinée.
On ne peut plus parler de nouveauté quand on veut traiter des iris « space age », que j’appelle aussi « rostrata ». Ils ont maintenant leurs fervents défenseurs et Monty Byers doit être fier d’en avoir été l’un des grands promoteurs. Plus personne n’ose en dire du mal et Richard Cayeux lui-même, qui a fait longtemps la fine bouche, s’est lancé à en produire : son croisement de CHEVALIER DE MALTE X CONJURATION, est à l’origine d’AURELIE (2002) et CERF VOLANT (2002), deux iris à éperons, encore timides, mais démonstratifs d’un changement d’opinion. L’évolution du modèle va dans le sens de MESMERIZER (Byers 91 – DM 2002), c’est à dire vers des fleurs doubles, chez qui les pétaloïdes développés à l’extrémité des barbes vont venir doubler les pétales situés juste au-dessus et tendre vers des iris « flore pleno » à l’instar des roses, des pivoines ou de bien d’autres fleurs. Cela va changer sérieusement l’aspect des iris. En bien ? Oui si les pétaloïdes restent discrets et joliment développés, non s’ils prennent des formes disgracieuses ou gigantesques, ou si le reste de la fleur, les sépales en particulier, résistent mal à la charge que constituerait un pétaloïde trop lourd pour eux, et prenaient des formes tordues, effondrées. Les spécialistes américains des iris à éperons sont sans doute George Sutton et Jim Hedgecock, et chez eux on trouve le pire et le meilleur. BYE BYE BLUES (Sutton 96), WINGS OF PEACE (Sutton 97) et surtout AMERICAN EAGLE (Sutton 98) vont dans le bon sens, de même que GALACTIC WARRIOR (Hedgecock 99) ou ANNOUNCEMENT (P. Black 2002). En revanche on est à la limite avec IN A HEARTBEAT (Christopherson 2001), et le mauvais exemple est donné par HONEY SCOOP (Sutton 97) dont les sépales sont pliés et les éperons assez laids. En France, les bons « space agers » s’appellent DERVICHE (Bersillon 2000) ou LIBELLULE BLEUE (Lanthelme 2001).
La couleur des barbes fait partie des domaines de recherche activement parcourus par les hybrideurs actuels. C’est encore Keith Keppel qui est en tête du mouvement. NIGHT GAMES (96) a lancé le processus des iris sombres, voire noirs avec des barbes rouges. WILD WINGS (99) et FIERY TEMPER (2001) ont suivi. Quant à FANCY DRESS (98), il lance la mode des barbes blanches sur des fleurs sombres ; mode que Schreiner va suivre en proposant prochainement un iris vraiment noir avec des barbes vraiment blanches. Du côté des barbes rouges sur des fleurs sombres, TOM JOHNSON (P. Black 2003) apporte un approfondissement remarquable de l’opposition des couleurs. Les barbes très sombres sur des fleurs claires sont aussi très en faveur. Il y a longtemps que le début en est puisque EVENING ECHO (Hamblen 77) présente cette particularité, mais aujourd’hui le mouvement s’accélère et MYTHOLOGY (P. Black 2003) en est une preuve : c’est un iris façon HONKY TONK BLUES, doté de barbes noires, d’un effet saisissant. Les barbes bleues excitent l’intérêt des amateurs, mais à condition, maintenant, qu’elles se trouvent sur des fleurs roses ou jaunes. Du côté des roses on n’a pas fait mieux que MAGIC WISH (Hager 90), il y a donc encore des progrès à faire. Du côté des jaunes, la difficulté est réelle mais une variété comme BLUE-EYED SUSAN (Lauer 98) démontre qu’on peut y arriver.
Les années 2000 nous réservent plein de nouveautés. Non seulement dans les coloris ou modèles dont il vient d’être longuement question, mais encore dans des découvertes que les progrès de l’hybridation nous offriront sans que l’on sache exactement ce qui nous attend.
19.12.03
L’ENIGME DE LA SEMAINE
UN ANGE PASSE
Les caractéristiques d’une de ces cinq variétés ne correspondent pas à celles des quatre autres. Laquelle ?
· ANGEL’S DREAM
· ANGEL’S TOUCH
· FLIGHT OF ANGELS
· HEAVENLY ANGEL
· QUEEN OF ANGELS
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
MIDNIGHT CALLER est une variété obtenue par Monty Byers en 89 ; les autres variétés sont des obtentions Schreiner.
UN ANGE PASSE
Les caractéristiques d’une de ces cinq variétés ne correspondent pas à celles des quatre autres. Laquelle ?
· ANGEL’S DREAM
· ANGEL’S TOUCH
· FLIGHT OF ANGELS
· HEAVENLY ANGEL
· QUEEN OF ANGELS
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
MIDNIGHT CALLER est une variété obtenue par Monty Byers en 89 ; les autres variétés sont des obtentions Schreiner.
MAUVAISE NOUVELLE
Il y a quelques semaines j’ai appris que le gel de l’hiver dernier avait eu des conséquences sérieuses sur les cultures de Ladislaw Luska, en Slovaquie. De nombreux semis ont été détruits et, parmi ceux-ci, CALLELA et ILLULISAT, deux variétés dont j’ai parlé dans ce blog. Je suis d’autant plus navré que j’ai moi-même perdu CALLELA cette année pour cause de « blooming out ». Pourvu que, le printemps prochain, je retrouve ILLULISAT !
Misère de misère…
Il y a quelques semaines j’ai appris que le gel de l’hiver dernier avait eu des conséquences sérieuses sur les cultures de Ladislaw Luska, en Slovaquie. De nombreux semis ont été détruits et, parmi ceux-ci, CALLELA et ILLULISAT, deux variétés dont j’ai parlé dans ce blog. Je suis d’autant plus navré que j’ai moi-même perdu CALLELA cette année pour cause de « blooming out ». Pourvu que, le printemps prochain, je retrouve ILLULISAT !
Misère de misère…
CHRISTMAS TIME
C’est de circonstance que de parler aujourd’hui de CHRISTMAS TIME (Schreiner 65), et cela offre l’occasion, d’une façon générale, d’évoquer les iris blancs à barbes rouges.
CHRISTMAS TIME, en fait, se situe au tout début de ce modèle d’iris. L’idée de base a consisté à introduire la barbe rouge – ou tout au moins orangée – des iris roses sur une fleur blanche. C’est Orville Fay qui a entrepris cette recherche. Il a croisé d’une part le fameux blanc SNOW FLURRY (Rees 39) avec le rose CHERIE (Hall 48 – DM 51), d’autre part NEW SNOW (Fay 46) et le rose NEW HORIZON (Fay 46) pour obtenir LIPSTICK (Fay 54), effectivement blanc à barbes minium. En renouvelant l’opération, il a obtenu ARCTIC FLAME (Fay 57), blanc pur et barbes mandarine. Pour obtenir CHRISTMAS TIME, la famille Schreiner a utilisé un semis blanc issu du rose MAY HALL (Hall 52) qu’elle a croisé avec ARCTIC FLAME. Le résultat est un blanc très pur, bien ondulé, avec une jolie barbe rouge orangé.
La beauté de cette fleur, autant que ses aptitudes génétiques ont été utilisées par un grand nombre d’hybrideurs dans le but d’obtenir soit des iris du même modèle mais comportant une certaine amélioration, soit des iris d’autres couleurs mais dotés de certains traits propres à CHRISTMAS TIME, notamment la barbe rouge.
Dans le modèle blanc à barbes rouges on relève par exemple, deux variétés Cayeux : AS DE CŒUR (78) et NEIGE DE MAI (78) proches voisins mais néanmoins issus de deux croisements différents ; ainsi que VALENTINA (Spence 72), dont la barbe est orange, STARTLER (Schreiner 78), qui ressemble beaucoup à CHRISTMAS TIME mais avec des bords nettement dentelés, ou FILOLI (Corlew 82), très voisin également mais avec une barbe plus grosse et plus claire.
EASTERTIME (Schreiner 80), crème cerné d’or, LACY SNOWFLAKE (Schreiner 77), blanc à barbes et spot citron, ECUME (Anfosso 86), blanc rosé à barbes corail, PREMIER BAL (Cayeux 78), rose vif à barbes minium, QUEEN OF HEART (O. Brown 74), corail et blanc, tout comme PEACH FROST (Schreiner72), avec sa grosse barbe corail vif, sont directement descendants de CHRISTMAS TIME. C’est aussi le cas d’autres variétés à barbes « rouges », comme le mauve TIBURON (Gaulter 71), le rose amarante WINDSOR ROSE (Schreiner 77), et même le bleu FALBALA (Cayeux 78).
Si l’on s’attarde sur les descendants innombrables des variétés citées ci-dessus on acquiert vite la conviction que le potentiel de CHRISTMAS TIME a pénétré les iris modernes encore plus profondément que ne le laisse à penser la renommée déjà un peu émoussée de cette fleur qui fait maintenant partie des fondamentaux (comme diraient les sportifs). Pour s’en convaincre citons seulement deux Américains récents : le bicolore SUGAR MAGNOLIA (Schreiner 98) et le brillant STARSHIP ENTERPRISE (Schreiner 99), et pour finir, un autre pilier de l’hybridation : le Français CONDOTTIERE (Cayeux 78) ! On entre là dans une autre histoire…
C’est de circonstance que de parler aujourd’hui de CHRISTMAS TIME (Schreiner 65), et cela offre l’occasion, d’une façon générale, d’évoquer les iris blancs à barbes rouges.
CHRISTMAS TIME, en fait, se situe au tout début de ce modèle d’iris. L’idée de base a consisté à introduire la barbe rouge – ou tout au moins orangée – des iris roses sur une fleur blanche. C’est Orville Fay qui a entrepris cette recherche. Il a croisé d’une part le fameux blanc SNOW FLURRY (Rees 39) avec le rose CHERIE (Hall 48 – DM 51), d’autre part NEW SNOW (Fay 46) et le rose NEW HORIZON (Fay 46) pour obtenir LIPSTICK (Fay 54), effectivement blanc à barbes minium. En renouvelant l’opération, il a obtenu ARCTIC FLAME (Fay 57), blanc pur et barbes mandarine. Pour obtenir CHRISTMAS TIME, la famille Schreiner a utilisé un semis blanc issu du rose MAY HALL (Hall 52) qu’elle a croisé avec ARCTIC FLAME. Le résultat est un blanc très pur, bien ondulé, avec une jolie barbe rouge orangé.
La beauté de cette fleur, autant que ses aptitudes génétiques ont été utilisées par un grand nombre d’hybrideurs dans le but d’obtenir soit des iris du même modèle mais comportant une certaine amélioration, soit des iris d’autres couleurs mais dotés de certains traits propres à CHRISTMAS TIME, notamment la barbe rouge.
Dans le modèle blanc à barbes rouges on relève par exemple, deux variétés Cayeux : AS DE CŒUR (78) et NEIGE DE MAI (78) proches voisins mais néanmoins issus de deux croisements différents ; ainsi que VALENTINA (Spence 72), dont la barbe est orange, STARTLER (Schreiner 78), qui ressemble beaucoup à CHRISTMAS TIME mais avec des bords nettement dentelés, ou FILOLI (Corlew 82), très voisin également mais avec une barbe plus grosse et plus claire.
EASTERTIME (Schreiner 80), crème cerné d’or, LACY SNOWFLAKE (Schreiner 77), blanc à barbes et spot citron, ECUME (Anfosso 86), blanc rosé à barbes corail, PREMIER BAL (Cayeux 78), rose vif à barbes minium, QUEEN OF HEART (O. Brown 74), corail et blanc, tout comme PEACH FROST (Schreiner72), avec sa grosse barbe corail vif, sont directement descendants de CHRISTMAS TIME. C’est aussi le cas d’autres variétés à barbes « rouges », comme le mauve TIBURON (Gaulter 71), le rose amarante WINDSOR ROSE (Schreiner 77), et même le bleu FALBALA (Cayeux 78).
Si l’on s’attarde sur les descendants innombrables des variétés citées ci-dessus on acquiert vite la conviction que le potentiel de CHRISTMAS TIME a pénétré les iris modernes encore plus profondément que ne le laisse à penser la renommée déjà un peu émoussée de cette fleur qui fait maintenant partie des fondamentaux (comme diraient les sportifs). Pour s’en convaincre citons seulement deux Américains récents : le bicolore SUGAR MAGNOLIA (Schreiner 98) et le brillant STARSHIP ENTERPRISE (Schreiner 99), et pour finir, un autre pilier de l’hybridation : le Français CONDOTTIERE (Cayeux 78) ! On entre là dans une autre histoire…
12.12.03
L’ENIGME DE LA SEMAINE
A MINUIT
Quel nom de variété n’a pas sa place dans la liste ci-dessous ?
· MIDNIGHT BLUE
· MIDNIGHT CALLER
· MIDNIGHT DANCER
· MIDNIGHT EXPRESS
· MIDNIGHT HOUR
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
SUR LE ROCHER
MONTE CARLO est un quartier de Monaco. Les autres noms sont dédiés aux membres de la famille princière.
A MINUIT
Quel nom de variété n’a pas sa place dans la liste ci-dessous ?
· MIDNIGHT BLUE
· MIDNIGHT CALLER
· MIDNIGHT DANCER
· MIDNIGHT EXPRESS
· MIDNIGHT HOUR
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
SUR LE ROCHER
MONTE CARLO est un quartier de Monaco. Les autres noms sont dédiés aux membres de la famille princière.
QU’EST-CE QUE C’EST QU’UN « GERMANICA » ?
Quand ils veulent désigner nos grands iris de jardin, il y en a qui parlent d’Iris germanica. Pourtant de nos jours les botanistes s’accordent à dire qu’I. germanica n’existe pas ! Tout au plus consentent-ils à parler d’I. x germanica, ce qui, vous en conviendrez, ferait bien pédant dans une conversation entre jardiniers !
C’est, semble-t-il Linné lui-même qui serait responsable des erreurs concernant les grands iris, bien qu’il n’ait pas parlé d’Iris germanica, mais d’ Iris x germanica, sous-entendant par là qu’il ne s’agit pas d’une espèce mais d’un mélange d’espèces. Il choisit cependant de décrire le type de la catégorie « grands iris barbus » sous le nom d’ I. x germanica . Pourquoi ce qualificatif de germanica ? Simplement, sans doute, parce que c’est un botaniste allemand qui lui a fait parvenir la plante à décrire. C’est ainsi que nos grands barbus sont qualifiés d’allemands depuis 250 ans, alors qu’ils n’ont rien à voir avec le pays dont ils portent le nom. Mais alors qu’est-ce que c’est que cet iris qui n’a rien de germanique ?
Dans la classification en usage actuellement, les grands iris font partie de la série « Elatae » qui contient au moins 27 espèces et présente de ce fait une grande diversité. A ces 27 espèces il faut ajouter les hybrides établis depuis longtemps parmi lesquels se trouve I. germanica, notre sujet d’aujourd’hui.
Deux espèces en particulier ont été hybridées (sûrement même se sont-elles hybridées naturellement dans les régions dont elles sont originaires) : I. pallida et I. variegata. L’habitat naturel de ces espèces se situe en Europe Sud-orientale. I. pallida, est originaire de campagnes d’Illyrie, qui est la contrée montagneuse située sur la côte orientale de la mer Adriatique. On appelle cette région côte dalmate et elle appartient aujourd’hui à la Slovénie, la Croatie et la Bosnie-Herzégovine. I. pallida est ce grand iris aux tiges frêles, qui porte des fleurs bleu clair et dégage une délicieuse odeur à la fois douce et puissante. I. variegata a pour terre d’élection cette zone des Balkans qui va de la Hongrie jusqu’à la mer Noire. Il est très différent de son compère et, s’il offre souvent des diversités de coloris, il est présente d’abord une base jaune et des tons brun-rouge sur les sépales. A l’Ouest de son territoire d’origine il a été en contact avec I. pallida et de nombreux hybrides sauvages existent, qui ont été pris, au siècle dernier, pour des espèces distinctes, alliant les couleurs de leurs parents avec des variantes infinies. I. germanica, tout comme I. florentina et quelques autres (I. amoena, I. plicata, I. squalens, I. neglecta…) fait partie de ces fausses espèces. Quand, plus tard, on s’est rendu compte qu’il s’agissait d’hybrides, les noms ont été conservés pour définir les principales combinaisons de couleurs.
Cette hybridation naturelle a été exploitée par l’homme au moins depuis le 16eme siècle, dans le but d’obtenir des fleurs de jardin plus belles que les fleurs botaniques. A partir des années 1850 un certain nombre de pépiniéristes, français d’abord, puis anglais et allemands, ont développé cette hybridation en pratiquant une sélection sévère parmi les plantes issue d’une pollinisation naturelle. Ce furent les premiers hybrides dénommés et commercialisés. A la fin du 19eme siècle seulement apparurent des hybrides provenant de croisements réalisés par la main de l’homme, mais tous provenaient par conséquent du couple de base I. pallida x I. variegata.
Cependant, à côté des espèces I. pallida et I. variegata, en ex-Yougoslavie et dans les Balkans en général poussent d’autres grands iris, plus grands et plus résistants. Les Grecs les avaient découverts et les avaient transportés un peu partout dans l’œcoumène, c’est à dire le monde connu de l’époque. Malgré cela, il a fallu attendre le milieu du XXeme siècle pour que ces grands iris à barbes soient de nouveau découverts ! Il s’agit des I. croatica et I. varbossiana, d’une part, mais aussi d’autres espèces voisines I. trojana, I.cypriana, dont les noms disent assez de quelle région ils proviennent. Ces iris se présentaient tous avec des fleurs plus grandes que celles des hybrides alors connus, des tiges plus hautes et un meilleur branchement. Surtout ils arrivaient à point car les hybrideurs avaient la conviction qu’ils avaient épuisé les possibilités génétiques des iris précédents. Ils tentèrent donc des croisements d’anciens et de nouveaux iris. Les résultats ne furent pas à la mesure de leurs espoirs. Beaucoup de nouveaux semis se révélèrent stériles et beaucoup de plantes souvent inintéressantes. Cependant quelques nouveaux hybrides se distinguèrent comme des plantes formidables et le jeu a consisté à faire passer les couleurs et modèles des anciens iris dans les nouveaux. Tout cela, au début, était informel et inexpliqué. Ce n’est que dans les années 1920/30, quand on eut fait le décompte des chromosomes des iris, que l’on découvrit pourquoi les « nouveaux » étaient plus grands et plus beaux : les anciens étaient des iris diploïdes (2 paires de 24 chromosomes), les nouveaux étaient tétraploïdes ( 2 paires de 48 chromosomes).
Passer de 24 à 48 le nombre des chromosomes des variétés nouvelles à été le défi des années 30. Mais les hybrideurs sont des gens enthousiastes et persévérants. Ils sont parvenus à leurs fins, ajoutant au passage quelques caractéristiques supplémentaires issues d’autres espèces tétraploïdes comme I. kashmiriana qui a apporté aux nouveaux cultivars les sépales se tenant à l’horizontale, ou I. aphylla qui a introduit deux traits remarquables : des couleurs plus vives, surtout pour les iris foncés (bleus et violets) et des feuilles ayant tendance à disparaître en hiver.
D’autres progrès marqueront et marquent encore l’hybridation des iris, principalement des grands, mais ce n’est pas notre propos d’aujourd’hui. Pour en rester à notre sujet, on peut dire que ce qu’on appelle encore souvent I. germanica est maintenant un type bien défini, dont l’aspect est le résultat d’un savant mélange interspécifique, un peu comme nos plats les plus raffinés résultent de l’association finement élaborée des saveurs de leurs différents composants. I. germanica ne signifie plus grand chose, et il est bien préférable de parler de grands iris de jardin, ou de grands iris barbus, mais il ne faut pas non plus s’attacher excessivement aux dénominations. L’important c’est ce qui se cache au fond de chaque fleur et l’alchimie toujours un peu mystérieuse qui en fait des objets de vénération.
Sources :
L’IRIS- commentaires de Ben Hager
THE WORLD OF IRISES de Bee Warburton et Melba Hamblen
L’IRIS UNE FLEUR ROYALE de Richard Cayeux
Quand ils veulent désigner nos grands iris de jardin, il y en a qui parlent d’Iris germanica. Pourtant de nos jours les botanistes s’accordent à dire qu’I. germanica n’existe pas ! Tout au plus consentent-ils à parler d’I. x germanica, ce qui, vous en conviendrez, ferait bien pédant dans une conversation entre jardiniers !
C’est, semble-t-il Linné lui-même qui serait responsable des erreurs concernant les grands iris, bien qu’il n’ait pas parlé d’Iris germanica, mais d’ Iris x germanica, sous-entendant par là qu’il ne s’agit pas d’une espèce mais d’un mélange d’espèces. Il choisit cependant de décrire le type de la catégorie « grands iris barbus » sous le nom d’ I. x germanica . Pourquoi ce qualificatif de germanica ? Simplement, sans doute, parce que c’est un botaniste allemand qui lui a fait parvenir la plante à décrire. C’est ainsi que nos grands barbus sont qualifiés d’allemands depuis 250 ans, alors qu’ils n’ont rien à voir avec le pays dont ils portent le nom. Mais alors qu’est-ce que c’est que cet iris qui n’a rien de germanique ?
Dans la classification en usage actuellement, les grands iris font partie de la série « Elatae » qui contient au moins 27 espèces et présente de ce fait une grande diversité. A ces 27 espèces il faut ajouter les hybrides établis depuis longtemps parmi lesquels se trouve I. germanica, notre sujet d’aujourd’hui.
Deux espèces en particulier ont été hybridées (sûrement même se sont-elles hybridées naturellement dans les régions dont elles sont originaires) : I. pallida et I. variegata. L’habitat naturel de ces espèces se situe en Europe Sud-orientale. I. pallida, est originaire de campagnes d’Illyrie, qui est la contrée montagneuse située sur la côte orientale de la mer Adriatique. On appelle cette région côte dalmate et elle appartient aujourd’hui à la Slovénie, la Croatie et la Bosnie-Herzégovine. I. pallida est ce grand iris aux tiges frêles, qui porte des fleurs bleu clair et dégage une délicieuse odeur à la fois douce et puissante. I. variegata a pour terre d’élection cette zone des Balkans qui va de la Hongrie jusqu’à la mer Noire. Il est très différent de son compère et, s’il offre souvent des diversités de coloris, il est présente d’abord une base jaune et des tons brun-rouge sur les sépales. A l’Ouest de son territoire d’origine il a été en contact avec I. pallida et de nombreux hybrides sauvages existent, qui ont été pris, au siècle dernier, pour des espèces distinctes, alliant les couleurs de leurs parents avec des variantes infinies. I. germanica, tout comme I. florentina et quelques autres (I. amoena, I. plicata, I. squalens, I. neglecta…) fait partie de ces fausses espèces. Quand, plus tard, on s’est rendu compte qu’il s’agissait d’hybrides, les noms ont été conservés pour définir les principales combinaisons de couleurs.
Cette hybridation naturelle a été exploitée par l’homme au moins depuis le 16eme siècle, dans le but d’obtenir des fleurs de jardin plus belles que les fleurs botaniques. A partir des années 1850 un certain nombre de pépiniéristes, français d’abord, puis anglais et allemands, ont développé cette hybridation en pratiquant une sélection sévère parmi les plantes issue d’une pollinisation naturelle. Ce furent les premiers hybrides dénommés et commercialisés. A la fin du 19eme siècle seulement apparurent des hybrides provenant de croisements réalisés par la main de l’homme, mais tous provenaient par conséquent du couple de base I. pallida x I. variegata.
Cependant, à côté des espèces I. pallida et I. variegata, en ex-Yougoslavie et dans les Balkans en général poussent d’autres grands iris, plus grands et plus résistants. Les Grecs les avaient découverts et les avaient transportés un peu partout dans l’œcoumène, c’est à dire le monde connu de l’époque. Malgré cela, il a fallu attendre le milieu du XXeme siècle pour que ces grands iris à barbes soient de nouveau découverts ! Il s’agit des I. croatica et I. varbossiana, d’une part, mais aussi d’autres espèces voisines I. trojana, I.cypriana, dont les noms disent assez de quelle région ils proviennent. Ces iris se présentaient tous avec des fleurs plus grandes que celles des hybrides alors connus, des tiges plus hautes et un meilleur branchement. Surtout ils arrivaient à point car les hybrideurs avaient la conviction qu’ils avaient épuisé les possibilités génétiques des iris précédents. Ils tentèrent donc des croisements d’anciens et de nouveaux iris. Les résultats ne furent pas à la mesure de leurs espoirs. Beaucoup de nouveaux semis se révélèrent stériles et beaucoup de plantes souvent inintéressantes. Cependant quelques nouveaux hybrides se distinguèrent comme des plantes formidables et le jeu a consisté à faire passer les couleurs et modèles des anciens iris dans les nouveaux. Tout cela, au début, était informel et inexpliqué. Ce n’est que dans les années 1920/30, quand on eut fait le décompte des chromosomes des iris, que l’on découvrit pourquoi les « nouveaux » étaient plus grands et plus beaux : les anciens étaient des iris diploïdes (2 paires de 24 chromosomes), les nouveaux étaient tétraploïdes ( 2 paires de 48 chromosomes).
Passer de 24 à 48 le nombre des chromosomes des variétés nouvelles à été le défi des années 30. Mais les hybrideurs sont des gens enthousiastes et persévérants. Ils sont parvenus à leurs fins, ajoutant au passage quelques caractéristiques supplémentaires issues d’autres espèces tétraploïdes comme I. kashmiriana qui a apporté aux nouveaux cultivars les sépales se tenant à l’horizontale, ou I. aphylla qui a introduit deux traits remarquables : des couleurs plus vives, surtout pour les iris foncés (bleus et violets) et des feuilles ayant tendance à disparaître en hiver.
D’autres progrès marqueront et marquent encore l’hybridation des iris, principalement des grands, mais ce n’est pas notre propos d’aujourd’hui. Pour en rester à notre sujet, on peut dire que ce qu’on appelle encore souvent I. germanica est maintenant un type bien défini, dont l’aspect est le résultat d’un savant mélange interspécifique, un peu comme nos plats les plus raffinés résultent de l’association finement élaborée des saveurs de leurs différents composants. I. germanica ne signifie plus grand chose, et il est bien préférable de parler de grands iris de jardin, ou de grands iris barbus, mais il ne faut pas non plus s’attacher excessivement aux dénominations. L’important c’est ce qui se cache au fond de chaque fleur et l’alchimie toujours un peu mystérieuse qui en fait des objets de vénération.
Sources :
L’IRIS- commentaires de Ben Hager
THE WORLD OF IRISES de Bee Warburton et Melba Hamblen
L’IRIS UNE FLEUR ROYALE de Richard Cayeux
5.12.03
VERS DE NOUVEAUX COLORIS ?
III. Luminatas, Plicatas et autres
Ma dernière chronique sur ce sujet se terminait par : « Pour les mélanges de couleurs, on en restera là, mais le sujet n’est pas épuisé pour autant ! Dans une prochaine chronique, on abordera un autre domaine, celui des fleurs poudrées, piquetées, liserées ou autrement colorées. » Ce sont ces fleurs là dont il va être question aujourd’hui.
En matière de plicata on peut faire confiance à Keith Keppel pour apporter du nouveau ! Chaque année il propose un ou des plicatas originaux et remarquables. A distance on voit apparaître des iris du même genre chez d’autres obtenteurs : Keppel lance les modes. Les années à venir devraient voir se développer les iris « luminatas » qui sont, en quelque sorte l’inverse des plicatas. C’est à dire que la couleur des sépales (en fait les pigments solubles dans l’eau, donc dans les tons de bleu ou de violet) est étalée assez légèrement et même est absente dans les veines. De même la couleur s’estompe, voire disparaît en lisière des sépales. Ce n’est pas toujours évident, mais une variété comme SPIRIT WORLD (Keppel 94) est une démonstration parfaite. Dans la description qu’il en donne, Keith Keppel ajoute : « Il y a toujours une surface bien déterminée autour des barbes où il n’y a pas un seul pigment hydro-soluble, pas un seul point, et les barbes n’ont aucune trace de bleu ou de pourpre. » et il décrit les évolutions du modèle : « La zone sans marques autour des barbes s’élargit, formant des taches de plus en plus grandes, en forme de fer de lance. Les veines claires sur des sépales presque complètement colorés se transforment en larges bandes ou veines, avec des îlots de pigment plutôt qu’une véritable pigmentation. » Il en apporte la preuve avec TELEPATHY (2003), et Rick Ernst a suivi le mouvement – voir WHISPERING SPIRITS (2001) et SCHIZO (2003) -, de même que Lucille Pinkston, de l’Idaho, avec OWYHEE DESERT (97).. D’autres iris de la même eau vont apparaître dans les années à venir.
Le modèle purement plicata n’a plus beaucoup de transformations à présenter. Cependant une variété comme SPLASHACATA (Tasco 97), qui a beaucoup des traits de sa « mère » PURPLE PEPPER (Nearpass 86), avec ses sépales entièrement poudrés de bleu pourpré et ses pétales blancs infus de la même teinte, est caractéristique des plicatas du XXIeme siècle.
Il existe des iris caractérisés par un assemblage de couleurs étrange ou particulièrement éclatant. C’est un domaine qui intéresse quelques pionniers, mais qui touche aussi quelques-uns uns ayant pignon sur rue. Merle Daling, en 83 a enregistré ECSTATIC ECHO qui est un bel exemple de couleurs heurtées. Dans le genre, Lowell Baumunk a produit LIGHTS CAMERA ACTION (99) qui est encore plus contrasté. Il y en aura d’autres. THREE STRIKES (Annand 98), en jaune chartreuse flammé de violet, ne peut pas laisser indifférent. Schreiner même, la vénérable maison de Salem (Oregon), n’a-t-elle pas offert STARSHIP ENTERPRISE en 99 ? On y trouve le blanc, le jaune, le pourpre dans une fleur superbe et, forcément voyante ! Quant à la maison Cayeux, elle a produit CHEVALIER DE MALTE (97) qui réunit le rose, le blanc et le pourpre autour de barbes énormes et d’un rouge flashant. On pourrait multiplier les exemples de ces iris si riches en couleurs, dont on parlera sûrement dans les années à venir.
Arrêtons-nous là pour aujourd’hui. Une dernière page sera consacrée, bientôt aux iris « broken color » et « space age », ainsi qu’aux barbes colorées contrastantes qui sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus vibrantes.
III. Luminatas, Plicatas et autres
Ma dernière chronique sur ce sujet se terminait par : « Pour les mélanges de couleurs, on en restera là, mais le sujet n’est pas épuisé pour autant ! Dans une prochaine chronique, on abordera un autre domaine, celui des fleurs poudrées, piquetées, liserées ou autrement colorées. » Ce sont ces fleurs là dont il va être question aujourd’hui.
En matière de plicata on peut faire confiance à Keith Keppel pour apporter du nouveau ! Chaque année il propose un ou des plicatas originaux et remarquables. A distance on voit apparaître des iris du même genre chez d’autres obtenteurs : Keppel lance les modes. Les années à venir devraient voir se développer les iris « luminatas » qui sont, en quelque sorte l’inverse des plicatas. C’est à dire que la couleur des sépales (en fait les pigments solubles dans l’eau, donc dans les tons de bleu ou de violet) est étalée assez légèrement et même est absente dans les veines. De même la couleur s’estompe, voire disparaît en lisière des sépales. Ce n’est pas toujours évident, mais une variété comme SPIRIT WORLD (Keppel 94) est une démonstration parfaite. Dans la description qu’il en donne, Keith Keppel ajoute : « Il y a toujours une surface bien déterminée autour des barbes où il n’y a pas un seul pigment hydro-soluble, pas un seul point, et les barbes n’ont aucune trace de bleu ou de pourpre. » et il décrit les évolutions du modèle : « La zone sans marques autour des barbes s’élargit, formant des taches de plus en plus grandes, en forme de fer de lance. Les veines claires sur des sépales presque complètement colorés se transforment en larges bandes ou veines, avec des îlots de pigment plutôt qu’une véritable pigmentation. » Il en apporte la preuve avec TELEPATHY (2003), et Rick Ernst a suivi le mouvement – voir WHISPERING SPIRITS (2001) et SCHIZO (2003) -, de même que Lucille Pinkston, de l’Idaho, avec OWYHEE DESERT (97).. D’autres iris de la même eau vont apparaître dans les années à venir.
Le modèle purement plicata n’a plus beaucoup de transformations à présenter. Cependant une variété comme SPLASHACATA (Tasco 97), qui a beaucoup des traits de sa « mère » PURPLE PEPPER (Nearpass 86), avec ses sépales entièrement poudrés de bleu pourpré et ses pétales blancs infus de la même teinte, est caractéristique des plicatas du XXIeme siècle.
Il existe des iris caractérisés par un assemblage de couleurs étrange ou particulièrement éclatant. C’est un domaine qui intéresse quelques pionniers, mais qui touche aussi quelques-uns uns ayant pignon sur rue. Merle Daling, en 83 a enregistré ECSTATIC ECHO qui est un bel exemple de couleurs heurtées. Dans le genre, Lowell Baumunk a produit LIGHTS CAMERA ACTION (99) qui est encore plus contrasté. Il y en aura d’autres. THREE STRIKES (Annand 98), en jaune chartreuse flammé de violet, ne peut pas laisser indifférent. Schreiner même, la vénérable maison de Salem (Oregon), n’a-t-elle pas offert STARSHIP ENTERPRISE en 99 ? On y trouve le blanc, le jaune, le pourpre dans une fleur superbe et, forcément voyante ! Quant à la maison Cayeux, elle a produit CHEVALIER DE MALTE (97) qui réunit le rose, le blanc et le pourpre autour de barbes énormes et d’un rouge flashant. On pourrait multiplier les exemples de ces iris si riches en couleurs, dont on parlera sûrement dans les années à venir.
Arrêtons-nous là pour aujourd’hui. Une dernière page sera consacrée, bientôt aux iris « broken color » et « space age », ainsi qu’aux barbes colorées contrastantes qui sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus vibrantes.
L’ENIGME DE LA SEMAINE
SUR LE ROCHER
Où se situe l’erreur, dans la liste ci-dessous ?
· GRACE PATRICIA (Bovet 85)
· MONTE CARLO (Cook 52)
· PRINCE OF MONACO (Kleinsorge 56)
· PRINCESSE CAROLINE DE MONACO (Cayeux R. 97)
· RAINIER (E. Smith 57)
L’ENIGME DE LA SEMAINE
SUR LE ROCHER
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· GRACE PATRICIA (Bovet 85)
· MONTE CARLO (Cook 52)
· PRINCE OF MONACO (Kleinsorge 56)
· PRINCESSE CAROLINE DE MONACO (Cayeux R. 97)
· RAINIER (E. Smith 57)
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
FAMILLE ROYALE
PRINCE CHARLES fait référence à un membre masculin de la Famille Royale britannique. Les autres noms concernent les dames.
SUR LE ROCHER
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· MONTE CARLO (Cook 52)
· PRINCE OF MONACO (Kleinsorge 56)
· PRINCESSE CAROLINE DE MONACO (Cayeux R. 97)
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L’ENIGME DE LA SEMAINE
SUR LE ROCHER
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· GRACE PATRICIA (Bovet 85)
· MONTE CARLO (Cook 52)
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RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
FAMILLE ROYALE
PRINCE CHARLES fait référence à un membre masculin de la Famille Royale britannique. Les autres noms concernent les dames.
27.11.03
L’ENIGME DE LA SEMAINE
FAMILLE ROYALE
Où se situe l’erreur, dans la liste ci-dessous ?
· ELIZABETH (White 50)
· LADY DIANA (Lohman 51)
· LADY SARA (Minnick 80)
· PRINCE CHARLES (Zurbrigg 59)
· PRINCESS ANNE (Zurbrigg 53)
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
DE L’OR
YUKON FEVER fait allusion à la Ruée vers l’Or ; les quatre autres s’intéressent plutôt à l’or monnayé !
.
FAMILLE ROYALE
Où se situe l’erreur, dans la liste ci-dessous ?
· ELIZABETH (White 50)
· LADY DIANA (Lohman 51)
· LADY SARA (Minnick 80)
· PRINCE CHARLES (Zurbrigg 59)
· PRINCESS ANNE (Zurbrigg 53)
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
DE L’OR
YUKON FEVER fait allusion à la Ruée vers l’Or ; les quatre autres s’intéressent plutôt à l’or monnayé !
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QUEEN’S CIRCLE
EMMA COOK (Paul Cook 57) est une variété qui a fait sensation lors de son apparition, avec ses pétales d’un blanc à peine bleuté et ses sépales également blancs mais agrémentés d’un large liseré en dégradé de bleu s’intensifiant vers le bord. Il n’est donc pas étonnant q’un grand nombre d’hybrideurs l’aient utilisé dans leurs programmes de recherche (comme les Cayeux qui en ont fait un des éléments fondamentaux de leur travail). Parmi ceux-ci quelques-uns uns ont essayé de l’améliorer en rendant les pétales plus blancs et le liseré des sépales plus vif et plus net. Paul Cook lui-même s’en est chargé et il a enregistré QUIET SKY (64) qui est tout à fait dans cette ligne. C’est également le cas de MID-VICTORIAN (Nearpass 70). QUEEN’S CIRCLE (Kerr 99) est un aboutissement de cette recherche.
Il n’est que de comparer les deux fleurs pour se rendre compte du progrès obtenu en une quarantaine d’années. QUEEN’S CIRCLE propose des pétales d’un blanc légèrement crémeux, épais et résistants, largement ondulés et finement dentelés. Les sépales ont les ondulations, la consistance et la couleur mate des pétales. Le liseré est mince mais d’un bleu indigo soutenu, et la barbe, orange clair, apporte à l’ensemble un complément de piquant. Pour en arriver là, Frederick Kerr, l’une des étoiles montantes de l’hybridation actuelle aux USA, a choisi un de ses cultivars, VICTORIA CIRCLE (94), blanc liseré de bleu aux sépales et barbes ivoire, et CHRISTIANA BAKER (99) une autre de ses obtentions, qui est un amoena bleu pâle dont le bord des sépales va en s’assombrissant. La particularité de CHRISTIANA BAKER est de ne mesurer qu’environ 70cm, ce qui le classe parmi les BB (Border Bearded). Les parents de VICTORIA CIRCLE sont deux variétés valeureuses, EDITH WOLFORD (Hager 86 – DM 93) et LULLABY OF SPRING (Schreiner 89). Ils n’ont ni l’un ni l’autre de lien proche avec EMMA COOK, mais ils disposent, notamment LULLABY OF SPRING, des gènes de la barbe rouge, qui réapparaissent sur QUEEN’S CIRCLE. C’est du côté « paternel », c’est à dire vers CHRISTIANA BAKER, qu’il faut se tourner pour retrouver l’iris mythique de Paul Cook. Du côté masculin, CHRISTIANA BAKER provient de GLISTENING ICICLE (Maryott 82), un célèbre amoena, lui-même descendant d’une lignée d’amoenas réussis : PRESIDENT FARNSWORTH (Muhlestein 74), IVY LEAGUE (Nearpass 68) et LORD BALTIMORE (Nearpass 69). Du côté féminin il est issu d’un autre BB, CLASSIC TREASURE (Burger 83), chez qui se rencontrent non seulement les gènes de l’ancêtre des amoenas, WHOLE CLOTH (Cook 58 – DM 62), mais aussi ceux de l’ancêtre des iris ondulés, SNOW FLURRY (Rees 39), et de l’ancêtre des iris frisés, MAY HALL (Hall 52) ! Tout cela en passant par des variétés du type EMMA COOK : QUIET SKY et MID-VICTORIAN déjà cités, CRYSTAL BAY (B. Jones 65) et LADY OF LOUDOUN (Crossmann 69).
D’EMMA COOK à QUEEN’S CIRCLE, le chemin est bien tracé et la recette pourrait être ainsi rédigée : Prenez un descendant d’EMMA COOK enrichi par plusieurs générations d’ « in-breeding » ; Ajoutez une pointe d’amoena pour la pureté du coloris blanc ; Pour la beauté de la fleur, complétez de quelques variétés voisines ayant des fleurs solides, ondulées et frisées ; pimentez d’une barbe vivement colorée héritée d’ARCTIC FLAME, et …comptez sur un peu de chance ! Vous obtiendrez une variété superbe destinée à un bel avenir.
EMMA COOK (Paul Cook 57) est une variété qui a fait sensation lors de son apparition, avec ses pétales d’un blanc à peine bleuté et ses sépales également blancs mais agrémentés d’un large liseré en dégradé de bleu s’intensifiant vers le bord. Il n’est donc pas étonnant q’un grand nombre d’hybrideurs l’aient utilisé dans leurs programmes de recherche (comme les Cayeux qui en ont fait un des éléments fondamentaux de leur travail). Parmi ceux-ci quelques-uns uns ont essayé de l’améliorer en rendant les pétales plus blancs et le liseré des sépales plus vif et plus net. Paul Cook lui-même s’en est chargé et il a enregistré QUIET SKY (64) qui est tout à fait dans cette ligne. C’est également le cas de MID-VICTORIAN (Nearpass 70). QUEEN’S CIRCLE (Kerr 99) est un aboutissement de cette recherche.
Il n’est que de comparer les deux fleurs pour se rendre compte du progrès obtenu en une quarantaine d’années. QUEEN’S CIRCLE propose des pétales d’un blanc légèrement crémeux, épais et résistants, largement ondulés et finement dentelés. Les sépales ont les ondulations, la consistance et la couleur mate des pétales. Le liseré est mince mais d’un bleu indigo soutenu, et la barbe, orange clair, apporte à l’ensemble un complément de piquant. Pour en arriver là, Frederick Kerr, l’une des étoiles montantes de l’hybridation actuelle aux USA, a choisi un de ses cultivars, VICTORIA CIRCLE (94), blanc liseré de bleu aux sépales et barbes ivoire, et CHRISTIANA BAKER (99) une autre de ses obtentions, qui est un amoena bleu pâle dont le bord des sépales va en s’assombrissant. La particularité de CHRISTIANA BAKER est de ne mesurer qu’environ 70cm, ce qui le classe parmi les BB (Border Bearded). Les parents de VICTORIA CIRCLE sont deux variétés valeureuses, EDITH WOLFORD (Hager 86 – DM 93) et LULLABY OF SPRING (Schreiner 89). Ils n’ont ni l’un ni l’autre de lien proche avec EMMA COOK, mais ils disposent, notamment LULLABY OF SPRING, des gènes de la barbe rouge, qui réapparaissent sur QUEEN’S CIRCLE. C’est du côté « paternel », c’est à dire vers CHRISTIANA BAKER, qu’il faut se tourner pour retrouver l’iris mythique de Paul Cook. Du côté masculin, CHRISTIANA BAKER provient de GLISTENING ICICLE (Maryott 82), un célèbre amoena, lui-même descendant d’une lignée d’amoenas réussis : PRESIDENT FARNSWORTH (Muhlestein 74), IVY LEAGUE (Nearpass 68) et LORD BALTIMORE (Nearpass 69). Du côté féminin il est issu d’un autre BB, CLASSIC TREASURE (Burger 83), chez qui se rencontrent non seulement les gènes de l’ancêtre des amoenas, WHOLE CLOTH (Cook 58 – DM 62), mais aussi ceux de l’ancêtre des iris ondulés, SNOW FLURRY (Rees 39), et de l’ancêtre des iris frisés, MAY HALL (Hall 52) ! Tout cela en passant par des variétés du type EMMA COOK : QUIET SKY et MID-VICTORIAN déjà cités, CRYSTAL BAY (B. Jones 65) et LADY OF LOUDOUN (Crossmann 69).
D’EMMA COOK à QUEEN’S CIRCLE, le chemin est bien tracé et la recette pourrait être ainsi rédigée : Prenez un descendant d’EMMA COOK enrichi par plusieurs générations d’ « in-breeding » ; Ajoutez une pointe d’amoena pour la pureté du coloris blanc ; Pour la beauté de la fleur, complétez de quelques variétés voisines ayant des fleurs solides, ondulées et frisées ; pimentez d’une barbe vivement colorée héritée d’ARCTIC FLAME, et …comptez sur un peu de chance ! Vous obtiendrez une variété superbe destinée à un bel avenir.
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