14.5.05

VOYAGE IMAGINAIRE AU PAYS DES GRANDS IRIS
I. La Californie

Par le nombre des amateurs d’iris et celui des obtenteurs, la Californie est la terre d’élection des grands iris des jardins. Certes, le paradis est-il un peu plus au Nord, autour de Portland en Oregon, mais il n’est pas une région de Californie où l’on ne trouve des iris et, soit des hybrideurs fameux qui nous accueillent chez eux comme des amis, soit des sites emplis de nostalgie, là où opérèrent d’autres obtenteurs maintenant disparus mais que les amateurs n’oublient pas.

Partant de San Francisco, passé le Golden Gate Bridge, on arrive vite à SANTA ROSA. L’hybrideur local, c’est James Begley, dont on connaît TENNISON RIDGE (89) et PANAMA HATTIE (95). Tout près se situe SEBASTOPOL où résident Edwin et Elyse Hill, et, plus au nord, HEALDSBURG où les héritiers de l’inoubliable Monty Byers ont élu domicile, de même que les étoiles montantes que sont Anna et David Cadd, qui ont raflé en 2004 les deux premiers prix du concours de Florence (FROSTED FANTASY –2000- et MIDNIGHT MINK –2000-) . En revenant vers notre point de départ, il est facile de passer par NAPA et sa vallée célèbre pour ses vignobles, mais qui devrait aussi le devenir pour ses iris puisque John Painter, un nouvel hybrideur, s’y trouve et qu’il a beaucoup de talent (ENDEARING CHARM –2002-). Contournons la baie par l’est et arrêtons-nous à CONCORD, patrie de Carl Boswell. En remontant la vallée de la Walnut Creek, on arrive à WALNUT CREEK, là où habitent deux grands noms de l’iridophilie, Glenn Corlew, un maître des roses, de CHERUB CHOIR (68) à DESCANSO (95), et Virginia Messick dont on admire VOLTAGE (93) ou SWING AND SWAY (94). Il faut traverser la chaîne de San Pablo et descendre vers Oakland ; c’est à vingt kilomètres au sud-est que se trouve CASTRO VALLEY qui était le siège social de Larry Gaulter et le lieu où il a créé ses incontournables MARY FRANCES (73 – DM 79), PERSIAN BERRY (77) ou TIBURON (71). Puis vient HAYWARD, résidence, jadis, de Walter Luihn dont les variétés comme CALIENTE (68), SONG OF NORWAY (79 DM 86) ou BLACKOUT (86) ont fait la renommée. Traversons l’extrémité nord de la Diablo Range et retrouvons-nous dans l’immense dépression de la vallée de San Joaquin, à STOCKTON.

Pour l’amateur d’iris, STOCKTON c’est un peu comme Lourdes pour les catholiques ou La Mecque pour les musulmans. Trois des plus grands hybrideurs y ont laissé leur marque. Songez à Ben Hager, ses mythiques Melrose Gardens et ses centaines d’iris de rêve ! Trois Médailles de Dykes : VANITY (75 – DM 82), BEVERLY SILLS (79 – DM 85) et EDITH WOLFORD (86 – DM 93) ! N’oublions pas non plus Jim McWhirter à qui nos devons TEQUILA SUNRISE (78), WINTERSCAPE (84) et BRANDY (81). Enfin songeons que Keith Keppel avant de gagner les terres plus australes de l’Oregon, a vécu et travaillé ici, de même que Joë Gatty, l’homme des iris roses, à qui l’on est redevable de PLAYGIRL (77), FEMME FATALE (88) ou COMING UP ROSES (92).

Vers le nord, il n’y a qu’une cinquantaine de kilomètres avant d’arriver à SACRAMENTO, capitale de l’Etat de Californie et résidence de plusieurs hybrideurs comme Wayland Rudkin dont on entendra parler dans les années à venir ; dans la banlieue se trouve NORTH HIGHLANDS, connue depuis longtemps parce que les Dunn y ont produit leurs variétés bien appréciées comme PAGAN (73) ou CITY LIGHTS (91), mais qui est aussi le lieu de séjour de Frederick Kerr et de Joyce Ragle. Au premier on doit l’adorable QUEEN’S CIRCLE (99), à l’autre SWEET AMBROSIA (95). En se dirigeant vers les avant-postes de la Sierra Nevada, on parvient à PLACERVILLE, cher à Lloyd Austin, l’un des pères des iris à éperons. De retour à Stockton, on se dirigera vers WILTON, un peu au sud-est, où l’on découvrira le jardin de Larry Lauer, récent vainqueur de la D. M. avec STAIRWAY TO HEAVEN (93 – DM 2000) et qui n’a pas fini de faire parler de lui puisque c’est un des plus prolifiques et des plus talentueux hybrideurs d’aujourd’hui. En reprenant la route toute droite qui irrigue le centre de la vallée de San Joaquin, on passe nécessairement par Modesto puis MERCED, où demeure David Headrick (encore un nouveau venu), et où l’on bifurque vers les contreforts de la Sierra Nevada pour aller à CATHEY’S VALLEY. C’est là que se trouve un des plus beaux jardins d’iris de la région, c’est le domaine de Richard Tasco et de Roger Duncan, deux mousquetaires de l’hybridation (vous savez : « un pour tous et tous pour un »), qui nous gâtent avec SPLASHACATA (97), GOLDEN PANTHER (2000) ou HOLLYWOOD NIGHTS (2000). FRESNO n’est plus très loin ; John Weiler est installé là-bas ; nous lui devons entre autres FRESNO CALYPSO (78) et NAVAJO JEWEL (84). Cap au sud-est encore et cinquante kilomètres plus loin c’est HANFORD où officiait Carl Quadros (MADEIRA BELLE - 80), puis VISALIA dont Sanford Babson était le champion ( CHAPEAU -71 – SHIPSHAPE –69 DM 74). Un court arrêt s’impose à TULARE à la pépinière de Ed Matheny.

La visite à PORTERVILLE, tout près, sera plus longue car c’est là que Jim Gibson a produit ses fameux plicatas comme KILT LILT (70 – DM 76), LORNA LEE (66 – FO 65) ou QUEEN IN CALICO (80), et que W. B. Schortman ses grands « rouges » (CARDINAL IN FLIGHT -79). Aujourd’hui c’est le pays de George Sutton, l’auteur de plein de jolis iris comme BLUE FIN (97), BYE BYE BLUES (96) et DEVONSHIRE CREAM (99).

Finissons de remonter la vallée pour arriver à WASCO avec une pensée pour Neva Sexton et ses D.M. NEW MOON (68 – DM 73) et PACIFIC PANORAMA (60 – DM 65). LOS ANGELES n’est plus très loin, où vivait Lura Roach (SONG OF ERIN -71), mais il faut franchir la Tejon Pass avant de descendre vers la mégapole. En obliquant franchement vers l’est on se dirige vers la montagne de San Bernardino et REDLANDS où vivait S. Woodside (POP O’SHA -66 – WINGS OF DREAMS -74). Un peu plus au sud il faut faire un pèlerinage à PERRIS,pour se souvenir de Bernard Hamner et de ses obtentions mémorables comme AVALON BAY (74), CROWD PLEASER (83) et surtout WILD JASMINE (83). Ensuite, la route de San Diego passe par ESCONDIDO, le point le plus au sud de notre voyage et où flotte le souvenir de Tom Craig (BANG -55 – TABASCO -51).

Il faut maintenant revenir vers le nord, traverser de nouveau de part en part Los Angeles et prendre, au pied de Beverly Hills, la route de la côte qui nous permet de visiter Santa Monica et d’autres lieux célèbres comme Santa Barbara et San Luis Obispo avant de rattraper la côte pour un parcours exceptionnel via Big Sur, Carmel et Monterey (Ah ! Zorro !) Avant de rejoindre SALINAS et ZIGGY (97), l’étrange produit de Virginia Keyser. En continuant vers le nord on passe par FREEDOM où réside Bill Maryott, un obtenteur doué et prolifique à qui l’on doit ALMADEN (90), DEBRENEE (95), G’D MATE (87) ou LEMON FEVER (88). Au-delà ce sera l’escale obligée à SANTA CRUZ.

Comment ne pas s’arrêter chez Joseph Ghio, l’un des plus grands maîtres de l’hybridation, le champion des pedigrees compliqués et des fleurs parmi les plus élaborées. Avec plus de 300 variétés de grands iris enregistrées, et une multitude d’autres, il n’est pas facile de faire un choix et de n’évoquer que quelques-unes unes de ses réalisations. Pour faire court, en voici dix : BUBBLING OVER (82), DAWNING (95), DIALOGUE (73 – FO 75), ENTOURAGE (77 – FO 80), LADY FRIEND (81), MYSTIQUE (75 – DM 80), ROMANTIC EVENING (96), SOAP OPERA (82), STARRING (99) et WEDDING VOW (72). Chacun dans leur genre ils atteignent la perfection que seuls des très grands peuvent obtenir.

Traversons la chaîne de Santa Cruz et plongeons vers la région de San José qui n’est que l’extrémité sud de la conurbation de San Francisco. Là, passons à LOS GATOS et ayons une pensée pour Lily Gartman. Puis vient SARATOGA, séjour de John et Irene Nelson. A côté se situe CAMPBELL qui fut la ville de Maynard Knopf et reste celle de Bryce Williamson dont personne n’oublie qu’il a obtenu deux fois le Premio Firenze ( CHAMBER MUSIC (73 – FO 77) et PRINCE CHARMING –88 - FO 91) et une D.M. (JESSE’S SONG – 83 – DM 90)). Toujours plus au nord, c’est SUNNYVALE, là où demeure Manley Osborne. Celui-ci, ce n’est pas un stakhanoviste des brucelles, mais il a apporté aux amateurs d’iris des variétés à succès comme BATTLE STAR (79), GLADYS AUSTIN (85) et avant tout SKY HOOKS (80).

Désormais il n’y a plus qu’à longer l’immense baie de San Francisco et notre premier tour du pays des grands iris pourra se terminer, avec plus de souvenirs que notre tête ne peut en contenir et de quoi rêver bien au-delà des 12 heures d’avion qui nous séparent encore de Paris.

N.B. L’auteur précise qu’il n’a jamais effectué ce voyage autrement que sur la carte !

6.5.05

ZONAL ?

Nous connaissions déjà les géraniums zonales, il va falloir sans doute maintenant se familiariser avec les iris zonales. Les premiers doivent leur qualificatif au fait que leurs feuilles comportent en leur centre une partie d’une couleur différente du reste ; les seconds porteraient des fleurs de teinte bleue ou violacée, dont le centre des sépales serait orné d’une large tache absolument blanche. De temps en temps, sur le « chat » IRIS-PHOTOS, une discussion intéressante s’instaure entre les intervenants. Ce fut le cas, il y a quelques mois, lorsque Chuck Chapman, un hybrideur canadien, plutôt branché sur les iris médians, a présenté une photo d’une de ses dernières obtentions, EXIT TUNNEL, IB, 2004 (Troubadour's Song X Suky). Il développe à cette occasion une théorie concernant le type « luminata » et ses dérivés. Il en vient à définir un nouveau type de fleur, intermédiaire entre le type « glaciata », chez qui les pigments anthocyaniques sont totalement inhibés, et le type « luminata », où cette inhibition est limitée à la zone située dans la partie supérieure des sépales. Ce nouveau type, baptisé « zonal », convient à des variétés comme CLARENCE ou SUKY, c’est à dire des iris présentant sous les barbes une vaste plage blanche, qui confère à la fleur une clarté très agréable. Voici l’explication qu’il donne, et que personne ne semble contester :
« Troubadour’s Song est un SDB luminata. Cette plante a probablement un gène glaciata et trois gènes luminatas. Avec un gène luminata et trois glaciatas, nous avons le modèle luminata. Avec deux glaciatas et deux luminatas nous obtenons le type CLARENCE ou SUKY. EXIT TUNNEL doit être le maillon suivant dans la chaîne. Le spot blanc provient de l’action du gène glaciata essayant d’inhiber l’anthocyanine, et cette action s’opère à partir de la barbe. Le maillon suivant, quatre gènes luminatas, pourrait bien être soit un pur unicolore à base d’anthocyanine soit un unicolore sauf pour la barbe. Les plantes avec plus de deux gènes amoenas dominants repoussent l’anthocyanine vers le bord des pétales. Elles ont une base plus large et ne sont pas centrées sur la barbe. Pour moi elles ont un aspect différent (voir les sépales). » Il est certes bien pratique de disposer d’un mot pour désigner chaque type de fleur ; les descriptions que l’on en fait gagnent en précision et en simplicité. Mais il faut encore que chacune des désignations soit faite méticuleusement, et que la dénomination attribuée à chaque type soit connue de tous. A ce point, il semble aujourd’hui que le monde des iris manque un peu de discipline. Les termes nouveaux se multiplient, mais il n’existe pas encore de charte les régissant. D’où certaines désignations en américain, du genre « broken color » ou « space ager », d’autres en latin botanique (que les malveillants appelleraient latin de cuisine). Pour ma part je prêche pour que ces nouveaux vocables soient exprimés en latin, de manière à conserver au langage horticole un lien universel avec celui de la botanique. A ce titre le mot « zonal » n’est pas totalement satisfaisant car sous une apparence vaguement latine il reste une expression purement anglo-saxonne. Je préfèrerais, puisque le mot « iris » est du féminin, que l’on fasse usage de l’adjectif latinisant « zonalis » ou d’un néologisme qui pourrait être « zonata » . Quel que soit le terme retenu, je crois qu’il est temps que l’AIS, ce gardien du temple de l’iris, se charge de mettre de l’ordre dans cette partie de l’iridophilie.

DEVONSHIRE CREAM

Quelques jours passés en Angleterre, en Cornouailles et dans le Devon, m’ont permis d’apprécier ce qu’on appelle là-bas la « clotted cream », c’est à dire une crème épaisse, à mi-chemin entre ce que nous connaissons sous le nom de crème et ce qui devient du beurre. Cette délicate spécialité, d’une agréable couleur jaune très pâle, à peine teintée de rose, me donne l’occasion d’évoquer DEVONSHIRE CREAM (Sutton G. 99), cette délicieuse fleur dont le succès s’affirme de jour en jour.

DEVONSHIRE CREAM, le bien nommé, se présente exactement dans le coloris de la fameuse « clotted cream », avec des épaules un peu plus jaunes, une barbe jaune pointée de crème ; de larges ondulations ourlées de fine dentelle complètent une fleur très gracieuse, toute en délicatesse. Dès son apparition sur le marché, il a rencontré la faveur des amateurs et des juges qui lui ont accordé un Award of Merit dès 2004. Dans la foulée il est entré au Symposium (cet incontournable indice de popularité) de 2005, d’emblée à la 45eme place, ce qui laisse à penser qu’il va très vite atteindre le top 10 de ce classement. Pour ma part, je suis intimement persuadé qu’il va falloir tenir avec lui dans les prochaines compétitions pour la Dykes Medal.

DEVONSHIRE CREAM résulte du croisement de ELIZABETH POLDARK (Nichol 90) par SIMPLY PRETTY (Gatty 85). Le premier est blanc à barbes jaunes, le second est jaune primevère, plus clair au coeur. L’un et l’autre viennent de bonne famille : pour ELIZABETH POLDARK il s’agit de MARY FRANCES (Gaulter 73 – DM 79) X PARADISE (Gatty 80), pour SIMPLY PRETTY, d’un mariage entre un produit de BONBON (Gatty 77) par le couple (DREAM AFFAIR (Gatty 78) X SUN CITY (Hamner 74)). On ne décrit plus MARY FRANCES parce que tout le monde possède cet iris mauve tendre, ni même PARADISE, qui est l’un des roses de Gatty des plus célèbres. BONBON est un peu moins connu, mais il fait aussi partie de la grande série des roses de Gatty. Quant à SUN CITY, c’est l’un des jaunes d’or les plus réussis de son époque et son « père » est NEW MOON (Sexton 68 – DM 73). DREAM AFFAIR est celui des ascendants de DEVONSHIRE CREAM dont les couleurs ce rapprochent le plus de celles de ce dernier : un crème avec de grosses barbes jaunes. Par l’intermédiaire de son parent PLEASURE FAIRE (Gatty 73), rose orchidée, il provient d’AMETHYST FLAME (Schreiner 57 – DM 63). On compte ainsi trois vainqueurs de la DM parmi les proches ancêtres de DEVONSHIRE CREAM, ce qui lui fait un beau CV !

Depuis NEW MOON, trisaïeul de DEVONSHIRE CREAM, en 1974, aucun iris jaune n’a obtenu la Médaille de Dykes. Je parierai volontiers qu’après les errements de ces dernières années, la fraîcheur et la grâce de DEVONSHIRE CREAM vaudront bientôt à celui-ci les faveurs de juges et la gloire suprême. Encore un peu de patience pour en avoir le cœur net !

29.4.05

On arrête ! Mais je prépare un autre jeu !!

La semaine dernière :

Les faux amis (4)

Voici la bonne liste :
CARTE BLANCHE Schreiner
CHANTEUSE Gatty
CHAPEAU Babson
CONJURATION Byers
CREME DE CREME Ghio
LES QUATRE VIES DE M. MUSKA

Pour pratiquer l’hybridation d’iris de l’autre côté du Rideau de Fer, entre 1960 et 1990, il fallait beaucoup d’humilité et beaucoup d’enthousiasme. Ladislav Muska ne manquait ni de l’une ni de l’autre. Au début des années 60 il avait terminé des études de chimie organique et disposait donc d’un bon bagage en matière de génétique, de biologie et de botanique. C’est avec cela qu’il s’est lancé dans l’hybridation des iris, une plante connue et appréciée de toujours dans sa Slovaquie natale. Il n’est cependant pas parti à l’aventure tout seul, car à cette époque, nombreux étaient ceux qui s’intéressaient aux iris hybrides dans ce qui constituait la Tchécoslovaquie. Entre tous ces amateurs régnait une vive amitié : aucun objectif commercial ne dressait entre eux les barrières de la concurrence, et s’il y avait compétition, elle s’entendait dans le sens de l’émulation et pas dans celui de l’antagonisme. Ceux qui, comme notre ami Muska, se lançaient dans l’hybridation manquaient évidemment d’expérience, mais aussi de connaissances, d’informations et, surtout, d’iris ! Il n’était pas facile de se procurer les variétés américaines de l’époque. Aussi travaillait-on à partir de variétés anciennes, acquises par la débrouille et le commerce parallèle. La démarche était par ailleurs intuitive et sentimentale : pas de programme précis, pas d’autre but que celui d’obtenir de nouveaux iris, les plus beaux possibles, tout simplement.

Ladislav Muska a appelé cette première période de sa vie d’hybrideur, l’ « étape Babbling Brook ». parce que cette variété était la plus belle et parmi les plus récentes de celles dont il disposait et qui comprenait surtout ALLEGIANCE (Cook 57 – DM 64), CRINOLINE (Schreiner 65), CRYSTAL BLUE (Schreiner 64), GLISTENING SNOW (Schreiner 63), HAPPY BIRTHDAY (Hall 52), LIME FIZZ (Schreiner 69), MATINATA (Schreiner 68), RADIANT APOGEE (Gibson 64), STEPPING OUT (Schreiner 64 – DM 68), WHOLE CLOTH (Cook 58 – DM 62), et quelques autres. A propos de cette période, L. Muska a écrit lui-même : « J’étais satisfait de certains de mes résultats d’alors, mais cela n’a pas résisté à un jugement critique. Quand j’ai été à même de comparer à d’autres les produits de ma période « Babbling Brook », j’ai écarté tous mes semis de cette époque. »

Adieu donc à BABBLING BROOK (Keppel 69 – DM 72). Une seconde vie allait commencer. Ce fut la période « Laced Cotton », avec des parents potentiels plus modernes, tels que BEVERLY SILLS (Hager 79 – DM 85), BRIDE’S HALO (Mohr 73 – DM78), FABULOUS FRILLS (Schreiner 76), GLORY BOUND (Nelson 74), GRAND WALTZ (Schreiner 70), HEAVENLY ANGELS (Gatty 79), KILT LILT (Gibson 70 – DM 76), MYSTIQUE (Ghio 75 – DM 80), PARADISE (Gatty 80), PINK ANGEL (Rudolph 73), VANITY (Hager 75 – DM 82), SILVER SHOWER (Schreiner 74) ou VICTORIA FALLS (Schreiner 77 – DM 84). Les obtentions de cette époque ressemblaient déjà à ce qui s’était fait aux Etats-Unis et ailleurs, dans les années 80. L’ obtention dont L. Muska est le plus fier se nomme DON EPIFANO (89), de LACED COTTON X PINK ANGEL, qui est un bicolore noisette et pervenche avec un large liseré vanille autour des sépales, et qui est parfaitement ondulé et frisé. Mais bien d’autres retiennent l’attention, comme BAB BABBILI (92), CALLELA (96), CARDINALE C. (90), COCORICO (96), MISS DÉCOLTÉ (91), RIO D’OR (93) ou VERNISSAGE (89). Ces variétés ont dix ans de retard par rapport à leurs équivalents américains, mais démontrent qu’avec les mêmes matériaux on arrive aux mêmes résultats, et Ladislav Muska peut être fier de sont travail.

La troisième vie a débuté au milieu des années 80. Muska l’appelle sa période « Queen in Calico – Sky Hooks - Ringo » car elle s’appuie essentiellement sur ces trois variétés dans lesquelles il a trouvé de quoi alimenter son projet d’une ligne « plicata space age ». Ses autres géniteurs s’appelaient APHRODISIAC (Schreiner 86), DUSKY CHALLENGER (Schreiner 86 – DM 92), EDITH WOLFORD (Hager 86 – DM 93), FRENCH GOWN (Blyth 83), JESSE’S SONG (Williamson 83 – DM 90), PLAY WITH FIRE (Schreiner 87), PROUD TRADITION (Schreiner 90), SILVERADO (Schreiner 87 – DM 94), SONG OF NORWAY (Luihn 79 – DM 86), TITAN’S GLORY (Schreiner 81 – DM 88), TOMORROW’S CHILD (Blyth 84)… Le gratin des années 80, en quelque sorte.

Cette troisième époque, celle que Muska dit être celle du « triangle magique des iris » verra naître des variétés très modernes qui ont nom, entre autres CALICOBALL (95), FONTANA DI TREVI (95), , RI-SAMPEI (96), XOCHIPILI (95), YENI CAMI (95), et, surtout, HELLADA (96), qui a fait connaître son obtenteur aux Etats-Unis.

Aujourd’hui, essentiellement parce qu’il est devenu possible de se procurer sans ruser les dernières obtentions « made in USA » ou « made in Australia », les hybrideurs d’Europe de l’Est rivalisent avec ceux du reste du monde. C’est particulièrement le cas de Ladislav Muska qui aborde sa quatrième vie d’hybrideur.

Il a atteint une maturité qui lui permet d’éviter les emballements des années 90 pendant lesquelles il a sûrement enregistré trop de nouvelles variétés. Avec son compatriote et ami Anton Mego, et les obtenteurs tchèques comme Zdenek Seidl, Pavel Nejedlo ou Jiri Dudek, il maîtrise mieux les problèmes de sélection et d’évaluation de son travail. Ses dernières variétés sont à cet égard remarquables. Parlons de BRADAMENTE (2005), DREAMING CLOWN (99), GIL Y GIL (99), L’INCORONAZIONE (2002) ou ZUZANA (2000). Le premier est un violet sombre , fils de WORLD PREMIER (Schreiner 98), le second est un plicata sur fond jaune, tout piqueté d’amarante, le troisième un étrange amoena blanc/bourgogne liseré et veine de caramel ; le suivant un superbe rose bitone, le dernier un plicata très dense, grenat, tout veiné de blanc. Ce choix très restreint ne donne qu’une étroite vision de ce qu’obtient Ladislav Muska. Ainsi son SNORRI (2002), remarquable rose à éperons mauves a reçu le prix de la variété la plus originale à Florence en 99.

Maintenant Ladislav Muska va-t-il aborder une cinquième vie ? Ce n’est pas impossible car, l’âge venant, il désire concentrer son travail sur un petit nombre thèmes et limiter ses enregistrements à des variétés toujours plus originales et porteuses d’espoir pour de nouveaux développements de l’hybridation des iris. Il a acquis toute l’expérience nécessaire et il dispose des moyens de réaliser ses objectifs.

Sources :
1) « Sur les bords du Danube bleu » par L. Muska, in Iris & Bulbeuses n° 123 – Hiver 97 ;
2) « Growing and hybridizing irises in Slovakia » par A. Mego, in Bulletin de l’AIS, Avril 2005.

23.4.05

PLICATA JAUNE (bis)

Une question récurrente, qui divise le petit monde des iris est celle de savoir s’il existe ou non des plicatas jaunes. Le problème semblait résolu après les explications circonstanciées données par Keith Keppel dans une démonstration faite sur Internet il y a deux ans. Celui à qui on peut délivrer sans crainte le titre de Mr. Plicata affirmait que, par définition, « plicata » signifie « iris à fond blanc ou coloré de jaune, rose ou orange, avec des motifs pointillés ou rayés bleus, violets ou pourpres ». Ce qui signifie qu’un iris jaune, aux sépales centrés de blanc comme JOYCE TERRY, n’est pas un plicata, même s’il en présente des signes encore plus apparents, comme LIGHT BEAM. Parce qu’ils n’auraient pas ces fameux pigments anthocyaniques dont l’apparition en quantité de plus en plus dense au fur et à mesure qu’on approche du bord des sépales (et parfois des pétales) et l’élément fondateur du modèle plicata. Admettons, mais comment qualifier ces fleurs où les pigments jaunes se trouvent répartis de la même façon que le sont les pigments violacés sur les plicatas traditionnels ?

Dans un article publié dans le numéro de janvier 71 du Bulletin de l’A.I.S., Jean Witt se disait convaincue qu’il existait des plicatas jaunes. Le débat ne serait-il alors qu’une question de dénomination ? S’il faut réserver le nom de plicata aux iris à motifs constitués par des pigments anthocyaniques, ce qui me semble désormais acquis, il faudrait trouver un autre nom pour ceux qui ne comportent pas ces pigments ou chez qui ils sont inhibés par un autre facteur, de telle sorte que les fleurs ont l’aspect plicata. C’est un peu comme pour cette boisson citronnée qui a le goût de l’alcool mais qui n’est pas de l’alcool, comme une publicité bien connue nous en a persuadé : l’effet « Gini » !

La question rebondit ces temps-ci parce que Chuck Chapman, obtenteur canadien très au fait du problème, a fait un rapprochement entre l’opinion de Jean Witt et celle, publiée dix ans plus tôt par Nolan Henderson, biologiste, qui a étudié les pigments et les manières dont ils étaient appliqués. Il décrit dans le bulletin de l’AIS d’avril 81 le modèle variegata –« variegata pattern »-, comme une fleur jaune, dont les sépales sont recouverts d’une couche brun acajou ou indigo vif qui ne laisse apparaître le jaune du fond que sur une étroite bande bordière. Il affirme que ce modèle peut être transféré sur des iris blancs récessifs ou des iris bleu clair parce qu’il n’affecte pas les autres pigments présents dans la fleur.

Le rapprochement entre les deux théories que fait Chuck Chapman intervient à propos des trois iris obtenus ces temps derniers par Richard Ernst : TIME WILL TELL (99), RING AROUND ROSIE (2000) et SERIOUS NOTION (2004). Il considère que SERIOUS NOTION peut être considéré comme la variété de base : pétales blancs ourlés d’un filet jaune, sépales également blancs mais l’ourlet jaune, vif au bord, va en s’atténuant au fur et à mesure qu’on se rapproche du centre. Ce qui en ferait donc un plicata jaune. En ajoutant à cette base une couche de pigment violet (anthocyanique) on obtient RING AROUND ROSIE qui, en effet, conserve les pétales blancs bordés de jaune du précédent, mais dont les sépales sur fond blanc serti de jaune, comportent un poudrage rouge magenta. Enfin, avec une couche supplémentaire de pigments anthocyaniques on aboutit à TIME WILL TELL qui a des pétales indigo liserés de pourpre, et des sépales où domine le pourpre mais où le fond d’origine, blanc, réapparaît sous formes de veines et de pointillés partants de la barbe. Les deux dernières variétés présenteraient donc la « variegata pattern » sur une base plicata jaune. Il ajoute que le même cheminement pourrait avoir lieu à partir de deux autres variétés de Richard Ernst, LEMON DEW (98) – jaune tendre centré de blanc – ou CHAMPAGNE TIME (2003) – jaune doré avec un grand cœur blanc. Pourquoi pas aussi à partir de INDIAN SANDSTONE (96) ou de CINNAMON GLOW (98), ces quatre iris étant d’ailleurs cousins germains tout comme les trois autres. Tout ce beau monde est issu en effet d’un croisement de EDNA’S WISH X WILD JASMINE, qui aura donné jusqu’à aujourd’hui au moins quinze variétés enregistrées par Richard Ernst !

Qui a raison ? L’exposé de Keith Keppel me paraît plus convaincant, mais il faut bien reconnaître que l’existence de cultivars jaunes ayant tous les traits de plicatas est avérée et qu’elle intrigue. Quant au modèle variegata, transposable sur tous fonds clairs, il semble bien que la théorie tienne debout, mais à défaut de démonstration scientifique, on reste dans le domaine de la conjecture.
L’ENIGME DE LA SEMAINE

Les faux amis (4)

Il ne faut pas se fier aux apparences ! les variétés ci-dessous portent des noms bien français, mais elles ne sont pas françaises pour autant !
Faire le rapprochement entre le nom de chaque variété et celui d’un obtenteur.

CARTE BLANCHE Ghio
CHANTEUSE Byers
CHAPEAU Gatty
CONJURATION Babson
CREME DE CREME Schreiner


La semaine dernière :

Les faux amis (3)

Voici la bonne liste :
BAROQUE Williamson
BEAUX ARTS Plough
BLEU DE MER Ernst
BOUDOIR Ghio
BRIGADIER Schreiner

15.4.05

KEPPEL 2005

Keith Keppel, la star actuelle de l’hybridation aux Etats-Unis, m’a gentiment adressé son catalogue 2005. Ce n’est pas qu’il ait l’intention de me faire acheter quelques unes de ses dernières obtentions, non, d’ailleurs il n’effectue plus de livraisons à l’étranger, il a conclu pour cela un accord avec Paul Black, son voisin, lequel se charge de regrouper ses propres ventes « overseas » avec celles de Keppel. C’est simplement pour me permettre d’apprécier son travail. Ce catalogue est un petit opuscule de vingt pages, façon « Iris de Thau », avec au milieu quatre pages de photos auxquelles s’ajoutent les couvertures. Qui plu est il n’y a que onze pages de description des variétés. Car la collection Keppel ressemble un peu à celle de Lawrence Ransom, chez nous : essentiellement les produits maison, et seulement ceux des cinq dernières années, augmentés d’un certain nombre d’acclimatations d’iris australiens de la famille Blyth, des dernières variétés de Richard Cayeux et d’un ou deux iris de Ladislav Muska. Tout cela n’est que de l’extra. C’est le choix délibéré d’un artiste au sommet de son génie. Keith Keppel ne se soucie guère d’affaires commerciales ; il s’intéresse avant tout, et presque exclusivement, à ce qu’il appelle son plaisir, c’est à dire effectuer des croisements et sélectionner les semis obtenus. Encore un trait de caractère qui le rapproche de Lawrence Ransom. Les nouveautés 2005 sont au nombre de 19. Un MTB, trois SDB, trois IB, un BB et onze TB. Toutes ces nouveautés sont présentées en excellentes photos en couleur. Côté TB ce sont cette année les jaunes qui dominent, avec trois variétés, suivent deux « dark top », puis deux adorables roses, un luminata façon MIND READER (Keppel 94), un bicolore rose/violet, façon POEM OF ECSTASY (Hager 97), un plicata sombre façon QUEEN IN CALICO (Gibson 80), et un tricolore à la mode Cayeux. Le BB est, quant à lui un charmant iris améthyste touché de rose au cœur. Toutes ces fleurs sont superbement coiffées, gracieusement ondulées, avec des sépales larges qui confèrent à l’ensemble solidité et plénitude. On est loin maintenant des petites fleurs coquettes du genre ROUNDUP (74), THUNDERCLOUD (73) ou FLAMENCO (77). Avec le temps, Keppel est parvenu à un stade où ses iris rejoignent dans leur aspect ceux de Ben Hager.

Les iris jaunes sont :
MIAMI BEACH, un jaune pur à barbes rouges, à peine éclairci sous lesdites barbes ;
IRISH JIG, un bitone tirant sur le vert, ou tout au moins la couleur vanille ;
SECRET RITES, un étrange « dark top », dont les pétales jaunes un peu verts, sont imprégnés d’un violet sombre.
Les deux « dark top » proprement dits s’appellent :
DANCE RECITAL, un descendant de FOGBOUND (98), avec pétales bleu lilas et discrètes barbes corail qui réveillent l’ensemble ;
ROYAL STERLING, un autre enfant de FOGBOUND, moins contrasté que le précédent, mais délicieusement bouillonné et frisé : un délicat plaisir.
Les roses ne sont pas en reste :
GUARDIAN ANGEL, qui vient de HAPPENSTANCE (2000), est un rose vif, presque blanc sous les barbes corail, chacun voudrait bien un ange gardien comme celui-là ;
BIRTHDAY GIRL, en rose pêche, est lui aussi délicieusement ondulé.
MOONLIT WATER est le luminata de l’année. Il améliore le modèle MOONLIT SEA (Sass 42, le prototype des luminatas), en mauve lavande foncé sur fond crème, avec ce cœur et ces veines blancs caractéristiques.
Le bicolore présente de vives couleurs, un peu plus vives que celles de son « père » auquel il ressemble cependant beaucoup. Il se nomme FLORENTINE SILK.
DARK DRAMA est le nom donné au plicata sombre qui rappelle, en plus foncé mais aussi en moins agressif, DRAMA QUEEN (2003) ; le fond crème n’apparaît que sur les sépales, dans une nuée de pointillés amarante grisé.
Et le tricolore ? Très classique, avec pétales lavande pâle, sépales indigo profond et grosses barbes minium. Le contraste est parfait. Son nom ? TEAM SPIRIT.
Un mot enfin du BB, MORNING TWILIGHT, qui se tient à la limite de la catégorie (68cm). C’est apparemment une petite merveille avec son teint mauve un peu fumé et ce cœur touché de rose qui lui donne toute son originalité, et qu’elle tient du fameux FOGBOUND.
Les intermédiaires, GARNET SLIPPERS, en deux tons de grenat, LATINO, luminata-plicata de couleur bronze, et SUNBREAK, luminata amarante foncé, ne manquent pas d’allure. Les SDB me paraissent plus ordinaires, sauf DEVIL BABY, qui est de couleur aubergine, rare dans cette catégorie. Enfin le MTB, PERSONA, tout veiné de violet, a un aspect sauvage très amusant.

Reverra-t-on un catalogue Keppel l’an prochain ? Peut-être, mais en tout cas il deviendra encore plus mince car Keith Keppel annonce qu’il va continuer de réduire ses cultures pour se consacrer essentiellement à l’hybridation. Son jardin va donc devenir une sorte de laboratoire de l’iris, plus une station agronomique qu’une structure commerciale. Mais l’important c’est qu’il continue de nous offrir de nouvelles variétés toujours aussi originales et belles.
L’ENIGME DE LA SEMAINE
Les faux amis (3)

Il ne faut pas se fier aux apparences ! les variétés ci-dessous portent des noms bien français, mais elles ne sont pas françaises pour autant !
Faire le rapprochement entre le nom de chaque variété et celui d’un obtenteur.

BAROQUE Schreiner
BEAUX ARTS Ernst
BLEU DE MER Ghio
BOUDOIR Plough
BRIGADIER Williamson


La semaine dernière :

Les faux amis (2)

Voici la bonne liste :
AVIS Steve Varner
ARPEGE Robert Schreiner
ARTISTE Joseph Ghio
AUBERGINE Richard Ernst
AFFAIRE Barry Blyth

8.4.05

L’ANNÉE LAPORTE
Les iris français enregistrés en 2004

Il y a plus de dix ans que Bernard Laporte, dans sa campagne ardéchoise, croise des grands iris. Rien que des TB, et essentiellement des « rostrata ». Souvent avec beaucoup de réussite. Mais il a fallu le joli succès de son amoena inversé IRIADE, aux Iriades 2003 de Bréal sous Monfort, pour qu’il saute le pas et enregistre quelques-unes unes de ses plus belles variétés. Il s’est contenté de quatre, mais il en a plein d’autres qui devraient être un jour à leur tour enregistrées. Comme Bernard est un homme généreux, il a donné à Virginie Fur, l’animatrice du jardin d’iris de Bréal sous Montfort, tout un tas de graines issues de croisements par lui réalisés, et Virginie vient d’enregistrer huit variétés sélectionnées parmi celles qui proviennent des graines données. Sur trente deux variétés françaises, il y en a donc douze qui proviennent des semis réalisés par Bernard Laporte ! Et il y en a pour tous les goûts ! des blancs, bleus, violets, indigo, abricot, bitone rose et amoena inversé bleu. Cela fait plaisir de voir cet homme si modeste prendre la place qui lui revient dans le monde français des iris. A noter que parmi les noms choisis pour ces nouveautés, plusieurs font allusion à la « Matière de Bretagne », la chronique du Roi Arthur, ce transport dans le merveilleux est tout à fait dans l’air du temps. La plupart des autres ont une connotation moyenâgeuse qui reste dans le même registre.

Prenons-les dans l’ordre alphabétique :
DAME DE MONTFORT (Fur 2004) = prune, veiné de jaune, barbes bronze, descendant de FORGE FIRE ;
DAME DU LAC (Fur 2004) = bleu glacier à barbes jaunes et éperons bleus : la couleur de SILVERADO, les éperons de SKY HOOKS, ses parents ;
ENCHANTEUR MERLIN (Laporte 2004) = blanc à barbes jaunes, issu de SKY HOOKS X LEDA’S LOVER ;
FÉE VIVIANE (Laporte 2004) = unicolore bleu à barbes jaunes, de SKY HOOKS X CLEAR DAY ;
FONTAINE DE JOUVENCE (Fur 2004) = blanc à barbes jaunes, frère de semis de ENCHANTEUR MERLIN ;
IRIADE (Laporte 2004) = amoena inversé bleu soutenu sur bleu très pâle ;
JOLI PAGE (Fur 2004) = abricot à barbes oranges, issu d’un croisement très audacieux, MOTHER EARTH X BANJO MAN ;
MAMY FRAMBOISE (Fur 2004) = bicolore rose tendre sur mauve rosé liseré de blanc, enfant de MARIE KALFAYAN ;
MESSIRE LANCELOT (Laporte 2004) = « rostrata » uniformément blanc crémeux, qui vient de SNOW SPOON ;
MOÏSE (Fur 2004) = petit iris indigo clair, provenant du croisement de CHANGE OF PACE et de BROADWAY ;
ROI ARTHUR (Fur 2004) = très grand (1 m) bitone indigo à barbes bleues, dont les parents sont YAKINA BLUE et BYE BYE BLUES ;
SIRE DE BRÉAL (Fur 2004) = violet noir uniforme issu de deux noirs bien connus NIGHT RULER et BLACKOUT.

En complément de cette importante production, les autres obtenteurs français nous ont offert leur lot habituel de nouveautés.

Chez Richard Cayeux, sept nouveaux iris. Dans le « Registrations and Introductions Booklet » de l’AIS, les noms qui apparaissent semblent pour le moins fantaisistes. Comme on dit, le lecteur rectifiera de lui-même. Reste cependant un certain CHOU BLEU dont on peut se demander si la dénomination est vraiment commerciale !

CHELSEA BLEU (R.Cayeux 2004) = un descendant de la lignée des tricolores, associée à LOCAL COLOR ; pétales bleu clair lavé de lavande, sépales violet pensée, barbes minium ;
CHOU BLEU (R.Cayeux 2004) = bleu moyen à barbes bleu clair, issu de YAQUINA BLUE par OURAGAN ;
CITRONNADE (R.Cayeux 2004) = amoena jaune à barbes d’or, descendant de NEUTRON DANCE ;
ELEGANT (R.Cayeux 2004) = Le croisement CHEVALIER DE MALTE X CONJURATION a donné un iris blanc aux sépales bordés de bleu lavande clair, dans le style « Emma Cook » ;
RÉ LA BLANCHE (R.Cayeux 2004) est un iris blanc bleuté à barbes blanches ;
TOILE DE JOUY (R.Cayeux 2004) est un frère de semis de ELEGANT, très différent, en rose saumon clair pour les pétales, sur des sépales crème, bordés de mauve rosé, avec des barbes rouges terminées en éperons ; R. Cayeux, qui a longtemps boudé les iris « rostrata » semble maintenant y prendre goût ;
MOUSQUETAIRE (R.Cayeux 2004) est une tentative pour retrouver les jolies couleurs de FRENCH CANCAN par la technique de l’ « in-breeding », il faudra voir le résultat pour en parler.

Jean Peyrard, l’enregistreur des variétés françaises, a donné l’exemple en enregistrant deux nouvelles plantes, un SDB dans les tons de violet pourpré, baptisé HAYOO, et un grand iris dénommé MESSIRE PIERRE (toujours l’inspiration médiévale ?), de la même lignée qu’OSTROGOTH (94), mais en jaune clair avec le centre des sépales blanc, et des barbes blanches prolongées d’éperons bleutés, héritage de SKY HOOKS.

Clément Murati, un autre nouvel amateur, a découvert dans ses bordures un iris qui lui a semblé mériter l’enregistrement et auquel il a donné un nom bien de circonstance pour un cultivar de parents inconnus : ESPONTANEO YO TAMBIEN, un variegata-plicata avec de petits éperons qui doivent lui conférer une certaine originalité.

Notre ami Lawrence Ransom n’est pas en reste, avec dix nouveaux iris ! Avec un grand choix dans les tailles : huit SDB, un IB et un TB, qui démontre son infatigable soif de nouveautés. Tous ces iris étaient déjà présents dans son catalogue 2004.
Cinq des huit SDB sont des rejetons directs ou indirects du couple star de Lawrence Ransom : VIOLET LULU X COUTURE STAR, dans des coloris très différents. Les autres sont un plicata violet pourpré : COQUIN, un autre plicata, brun sur fond jaune : JOVIAL, un bleu argenté unicolore : MAFFLU.
L’iris intermédiaire s’appelle TOUT SIMPLEMENT et est un blanc à barbes bleutées, issu de BLUE LINE X BIRTHBATH ; le grand iris se nomme JET-SETTER. C’est un « glaciata » dans les tons de rose orangé, avec de petits éperons au bout des barbes. En photo, il a l’air très gai et très original. C’est le produit de ROCKSTAR X CLASSMATE.

L’année 2004 a été riche en iris français. Espérons qu’il en sera de même pour 2005, marquant ainsi la volonté des hybrideurs de notre pays de se hausser au niveau de leurs collègues européens.
L’ENIGME DE LA SEMAINE

Les faux amis (2)

Il ne faut pas se fier aux apparences ! les variétés ci-dessous portent des noms bien français, mais elles ne sont pas françaises pour autant !
Faire le rapprochement entre le nom de chaque variété et celui d’un obtenteur.

AVIS Barry Blyth
ARPEGE Richard Ernst
ARTISTE Joseph Ghio
AUBERGINE Robert Schreiner
AFFAIRE Steve Varner

La semaine dernière :

Les faux amis (1)

Voici la bonne liste :
A L’ORANGE Lily Gartman
APROPOS Sanford Babson
AMOUR Glen Corlew
AMUSEMENT Hooker Nicholls
APLOMB Joseph Ghio

2.4.05

PARENTS INCONNUS

La mentions « parents inconnus » (ou plus exactement puisque les enregistrements sont rédigés en anglais « unknown parentage ») peut dénoter deux choses de la part de l’obtenteur qui se résout à enregistrer une variété avec cette mention : ou bien qu’il ne s’est pas montré très attentif ou soigneux au cours des opérations de croisement, de semis et de culture, oui bien, au contraire, qu’il affecte une attitude scrupuleuse lorsqu’un incident lui a fait perdre la certitude du pedigree.

Le premier cas est celui de bon nombre d’amateurs qui ont fait un croisement sans prendre attachement des noms des variétés croisées, ou qui ont semé les graines d’une hybridation réalisée par les insectes. La plupart du temps ce genre de semis ne donne pas grand’ chose de valable, mais de temps en temps, par chance, le résultat est satisfaisant et la variété mérite son enregistrement. C’est le cas par exemple de DEBBY RAIRDON (65), l’unique variété enregistrée par Lois Kuntz, qui est allée jusqu’au bout du parcours et a obtenu la Médaille de Dykes en 1971. Cependant une telle aventure reste tout à fait exceptionnelle ! La plus souvent les variétés d’amateurs enregistrées avec la mention « parents inconnus » ne présentent guère d’intérêt que pour celui qui les a obtenues. Nadejda et Vitali Gordodelov, les hybrideurs caucasiens, qui ont fait un tas de croisements dans les années 70 et 80, ont enregistré, quand la Russie s’est jointe au concert des nations iridophiles, une foule d’iris sans indication de parentage… Parfois l’enregistrement de ce type de plantes n’a pour but que d’attribuer une certaine garantie de sérieux à un hybrideur soucieux de sa notoriété. C’est le cas des premiers enregistrements de Christian Lanthelme, en France, ce dont l’homme en question ne se cache d’ailleurs pas.

Dans l’autre catégorie se situent les obtenteurs professionnels qui perdent de temps en temps les références de certains de leurs semis. Plutôt que d’attribuer à leurs variétés sélectionnées malgré ce handicap, une origine approximative, ils préfèrent faire l’impasse sur les parents supposés, ce qui ne peut que témoigner du sérieux de leur travail.

La plupart des grands noms de l’hybridation ont ainsi reconnu leur incertitude. Bill Maryott a fait souvent cet aveu, ALMADEN (90), ce superbe iris brun sombre, fait partie de ce lot d’anonymes. Un autre brun, LIONESS (89) de Richard Ernst, est dans le même cas. David Hall, en 1964, a eu la même démarche en ce qui concerne le rose HEARTBREAKER, et auparavant Fred deForest avait fait de même pour le célèbre LULA MARGUERITE (59). Duane Meek a procédé de cette façon pour son IMAGINARIUM (93), ce très agréable rose corail présent dans beaucoup de catalogues de par le monde. CLARENCE (Zurbrigg 91), bleu vif centré de blanc, impeccable et d’ailleurs longtemps en balance pour obtenir la D.M., est aussi né de parents inconnus. Pour toutes ces variétés, plutôt que de parler de parents inconnus, il conviendrait de dire « origines non certifiées » car leur auteur est à peu près certain du nom des géniteurs.

D’autres obtenteurs chevronnés ont usé de l’anonymat des origines : Jim Gibson, par exemple, qui a déclaré de cette manière certains de ses plus beaux iris comme FUNNY GIRL (94), remarquable iris rose, LADY FIRE (92) formidable plicata brun, MAGENTA ROSE (77) plicata amarante, ou TOTAL ELEGANCE (85) plicata encore, mais dans les tons de pourpre. Joë Ghio, le fameux obtenteur californien, n’a pas hésité à donner la qualification de « parents inconnus » à quelques-unes unes de ses plus belles réalisations comme RARE FIND (2002) bitone original, crème et abricot, ou STARRING (99), extraordinaire amoena blanc/noir, des plus contrastés. Le plus célèbre des iris de parents inconnus est sans conteste STEPPING OUT (Schreiner 64). Cela ne l’a pas particulièrement handicapé puisqu’il a obtenu la D. M. dès 1968. D. M. également pour le majestueux DUSKY CHALLENGER (86), en 1992. D’une façon générale ; la grande maison Schreiner ne fait aucun complexe à dire qu’elle ignore les origines exactes de quelques-unes unes de ses variétés. C’est le cas, entre autres, pour BOLD LOOK (93), BURNT TOFFEE (77), CIRCUS WORLD (95), COLOR SPLASH (80), INTO THE NIGHT (89), MULBERRY PUNCH (92), NORTHWEST PROGRESS (97), RED TORNADO (88), ROYAL INTRIGUE (91), WAR SAILS (84) ou WILD THING (95), toutes variétés hautement appréciées.

A ces iris signés de grands noms, dont les origines ne sont pas certaines, je serais tenté de donner le qualificatif de « nés sous X » plutôt que celui de « parents inconnus » car le plus souvent, les parents ne sont pas franchement ignorés, mais l’obtenteur ne tient pas à les révéler car il y a dans ses documents un élément qui laisse supposer un doute ou une erreur. Les vrais parents inconnus sont ceux de la première catégorie.

La liste ci-dessus n’évoque que les variétés dont l’identité des deux parents est passée sous silence. Mais à côté il existe un grand nombre de cultivars dont seulement l’un ou l’autre des parents n’est pas formellement identifié. Celui qui a pratiqué l’hybridation sait combien il peut être facile de perdre les références d’un croisement ou, au cours de la vie des plants non encore baptisés, de voir disparaître un étiquetage. Celui-là ne jettera pas la pierre à l’obtenteur consciencieux qui préfère taire les origines plutôt que de donner une information qui peut être erronée.
L’ENIGME DE LA SEMAINE

Les faux amis (1)

Il ne faut pas se fier aux apparences ! les variétés ci-dessous portent des noms bien français, mais elles ne sont pas françaises pour autant !
Faire le rapprochement entre le nom de chaque variété et celui d’un obtenteur.

A L’ORANGE Sanford Babson
APROPOS Glen Corlew
AMOUR Lily Gartman
AMUSEMENT Joseph Ghio
APLOMB Hooker Nicholls
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE

Chacun cherche son chat

La liste exacte est :
ALTRUIST Robert Schreiner
FEMINIST Lily Gartman
IMPRESSIONIST Joseph Ghio
ROMANTICIST Keith Keppel
ROYALIST Mary Dunn

29.3.05

Avec un peu de retard, voici les messages de la semaine dernière !
Edward WATKINS

C’est comme pour le Prix Goncourt, la Médaille de Dykes est quelquefois décernée à un iris qui reste le seul ouvrage connu de son auteur. Certains écrivains sont à la tête d’une œuvre importante, appréciée des initiés, mais le grand public ne connaît d’eux qu’un roman, celui qui a été primé. Il en est de même dans le petit monde des iris. Prenez par exemple le cas d’Edward Watkins : aurait-on parlé de lui sans ELEANOR’S PRIDE et la D.M. qui lui a échu en 1961 ?

Ed Watkins (1889/1963) était un homme sans histoire, un pur produit de la Nouvelle Angleterre, né à Concord, capitale du New Hampshire, au nord de Boston. Rien ne le prédestinait à la moindre notoriété. Venant d’un milieu modeste il commença dans la vie par un emploi dans la compagnie de chemin de fer du coin. Mais un grave accident le laissa avec une jambe estropiée… C’est le médecin qui le soigna qui l’attira vers les iris. Le Dr Robert Graves était passionné par l’hybridation. Il prit Ed. Watkins en amitié et celui-ci se mit à jouer les abeilles, comme un dérivatif à son inaptitude au travail sur les voies ferrées. Comme son mentor, qui devait quelques années plus tard obtenir HELEN McGREGOR (43), iris blanc, D.M. en 1949, il fit des essais sur les iris blancs. C’est ainsi que sans en revendiquer la paternité, les deux semis blancs qui se nommèrent SNOW CARNIVAL (Graves 40) et AND THOU (Graves 40) résultent de son travail méticuleux et perfectionniste. Pour la petite histoire, il faut savoir que cet AND THOU est un fils du français NENE (F. Cayeux 28).

Au début des années 50, à plus de soixante ans donc, Ed. Watkins s’associa avec son frère Arthur pour créer sa propre pépinière, Fairmount Gardens, à Lowell, sur la route qui va de Concord à Boston. Une de ses premières introductions fut ICE CARNIVAL (50), un bleu très pâle issu de JANE PHILIPS (49), variété obtenue par son ami R. Graves. Pour s’assurer qu’il avait bien exploité toutes les potentialités, Watkins n’hésitait pas à recommencer au moins trois ans de suite le même croisement. Ce fut le cas pour ELEANOR’S PRIDE (52), qui provient d’un énième mariage de JANE PHILIPS et de BLUE RHYTHM. Cette fois aura été la bonne puisque cet iris bleu pâle sera l’attributaire de la D.M. en 1961.

Depuis son accident, la santé d’Ed. Watkins n’avait jamais été bonne et elle s’est encore détériorée après son soixantième anniversaire. L’aide de son frère Arthur lui fut précieuse : Edward était la tête, Arthur était les jambes. Ed. décidait des croisements qu’il voulait faire, mais c’est Art. qui les réalisait. De même c’est Ed. qui sélectionnait les plantes à conserver, mais c’est Art. qui prenait la bêche pour détruire les autres. De ce travail à quatre mains sont sortis quelques iris, en général des variétés unicolores (self), mais aucune n’est jamais parvenue à retenir durablement l’attention des juges. Cela ne veut pas dire qu’il s’agissait de variétés médiocres ! JEAN BOYD FITTZ (60), par exemple, est une réelle avancée dans les tons foncés, et LONDON TOWN (57), mauve jacinthe clair, plus sombre au cœur, a vraiment beaucoup de charme. Néanmoins le miracle d’ELEANOR’S PRIDE ne s’est jamais reproduit, et Edward Watkins reste l’un de ceux qui ne sont pratiquement l’obtenteur que d’une seule variété.
L’ENIGME DE LA SEMAINE

Chacun cherche son chat

Voici cinq variétés des années 80. En face, le nom de cinq obtenteurs bien connus. Rendre a chacun la variété qui lui appartient.

ALTRUIST Lily Gartman
FEMINIST Mary Dunn
IMPRESSIONIST Keith Keppel
ROMANTICIST Robert Schreiner
ROYALIST Joseph Ghio


RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE

EN REPUBLIQUE TCHEQUE

ZOLOTAYA KORONA est une obtention de l’Ouzbek A. Volfovitch-Moler.
L’ENIGME DE LA SEMAINE

Chacun cherche son chat

Voici cinq variétés des années 80. En face, le nom de cinq obtenteurs bien connus. Rendre a chacun la variété qui lui appartient.

ALTRUIST Lily Gartman
FEMINIST Mary Dunn
IMPRESSIONIST Keith Keppel
ROMANTICIST Robert Schreiner
ROYALIST Joseph Ghio


RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE

EN REPUBLIQUE TCHEQUE

ZOLOTAYA KORONA est une obtention de l’Ouzbek A. Volfovitch-Moler.
L’ENIGME DE LA SEMAINE

Chacun cherche son chat

Voici cinq variétés des années 80. En face, le nom de cinq obtenteurs bien connus. Rendre a chacun la variété qui lui appartient.

ALTRUIST Lily Gartman
FEMINIST Mary Dunn
IMPRESSIONIST Keith Keppel
ROMANTICIST Robert Schreiner
ROYALIST Joseph Ghio


RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE

EN REPUBLIQUE TCHEQUE

ZOLOTAYA KORONA est une obtention de l’Ouzbek A. Volfovitch-Moler.

19.3.05

FAMILLES NOMBREUSES

L’imagination des obtenteurs lorsqu’il s’agit de choisir les deux partenaires de leurs croisements est pratiquement sans limite. C’est pourquoi, sur les milliers d’iris enregistrés, il n’y en a qu’une poignée dont les noms reviennent régulièrement dans les pedigrees. Sans remonter aux origines de l’hybridation, puisque évidemment le choix était alors plus réduit, et pour rester dans les cinquante dernières années, les variétés favorites des obtenteurs ne sont en fait qu’une centaine !

Connaissez-vous la plus cotée ? SKY HOOKS. Cette variété surpasse toutes les autres, et de très loin ! Dans l’inventaire que j’en ai fait, j’ai relevé 142 fois le nom de SKY HOOKS, alors que le fameux RIPPLING WATERS n’est cité que 93 fois. Ces chiffres sont a prendre pour ce qu’ils sont, une valeur approximative, car je n’ai pas poussé l’analyse jusqu’à vérifier le pedigree de toutes les variétés enregistrées. Néanmoins cette statistique porte sur plus de 6500 variétés, ce qui n’est pas mince et lui confère une certaine crédibilité.

Voici le palmarès des trente premières :
1. SKY HOOKS (Osborne 80)
2. RIPPLING WATERS (Fay 61 – DM 66)
3. PONDEROSA (Ghio 70)
4. PINK SLEIGH (Rudolph 70)
5. NEW MOON (Sexton 68 – DM 73)
6. VANITY (Hager 75 – DM 82)
7. STEPPING OUT (Schreiner 64 – DM 68)
8. QUEEN IN CALICO (Gibson 80)
9. EDITH WOLFORD (Hager 86 – DM 93)
10. TITAN’S GLORY (Schreiner 81 – DM 88)
11. SILVERADO (Schreiner 87 – DM 94)
12. HONKY TONK BLUES (Schreiner 88 – DM 95)
13. NAVY STRUT (Schreiner 74)
14. RINGO (Shoop 79)
15. PINK TAFFETA (Rudolph 38 – DM 75)
16. CONDOTTIERE (Cayeux 78)
17. GIGOLO (Keppel 84)
18. AFTERNOON DELIGHT (Ernst 85)
19. SONG OF NORWAY (Luihn 79 – DM 86)
20. MYSTIQUE (Ghio 75 – DM 80)
21. ALLEGIANCE (Cook 57 – DM 64)
22. WHOLE CLOTH (Cook 57 – DM 62)
23. CLAUDIA RENE (Gaulter 63)
24. CHRISTMAS TIME (Schreiner 65)
25. ENTOURAGE (Ghio 77 – FO 80)
26. MELODRAMA (Cook 56)
27. WINTERSCAPE (McWhirter 84)
28. EDNA’S WISH (Gibson 83)
29. VICTORIA FALLS (Schreiner 77 – DM 84)
30. LACED COTTON (Schreiner 80)…

Au-delà les ex aequo sont multiples et le choix devient vite infini. J’ai compté plus de 70 variétés citées au moins 20 fois ! Quant aux variétés françaises, en dehors de CONDOTTIERE, champion national, il y en a vingt-sept qui sont citées au moins une fois, la plupart du temps pour des obtentions françaises, mais aussi, pour quelques obtentions américaines.

Quels enseignements tirer de ces résultats ?
Lorsqu’ils choisissent d’utiliser une variété, les hybrideurs tiennent évidemment compte de son potentiel génétique. Les couleurs de la fleur ne sont pas l’élément essentiel de leur choix, ils s’intéressent à la plante en général et, surtout, à ce qu’ils attendent du croisement qu’ils veulent réaliser. C’est ainsi que des variétés de peu d’intérêt commercial peuvent avoir parallèlement une carrière importante en tant que géniteurs. Dans la liste ci-dessus c’est le cas pour PONDEROSA, tout comme pour CLAUDIA RENE ou MELODRAMA, mais c’est aussi le cas de DENVER MINT (Knopf 62), COMMENTARY (Babson 63) ou GLITTERING AMBER (Hamblen 55), que l’on trouve en bonne place par ailleurs. Les hybrideurs n’attendent pas la consécration d’une variété par une haute récompense pour lui accorder, ou non, leur attention. Les médaillent interviennent alors que leurs bénéficiaires ont déjà pu être appréciés. Cependant qui dit médaillé dit aussi variété intéressante à plusieurs points de vue et douze noms de la liste ci-dessus sont ceux de lauréats des grandes compétitions (Dykes Medal et Florin d’Or). En revanche obtenir une Médaille de Dykes ne garantit pas un avenir génétique. Des variétés comme ELEANOR’S PRIDE (Watkins 52 – DM 61), JESSE’S SONG (Williamson 83 – DM 90), EVERYTHING PLUS (Niswonger 84 – DM 91) ou THORNBIRD (Byers 89 – DM 97), qui constituent en elles-même l’aboutissement d’une lignée génétique, n’ont pour ainsi dire pas été utilisées en hybridation. Cela signifierait-il que la plupart des variétés primées à Florence ne présentent aucun intérêt génétique ? En effet bien peu sont celles qui ont engendré une famille nombreuse. Ni MIDNIGHT WALTZ (Burbridge 59), ni CHRISTIE ANNE (Gaulter 63), ni SUNSET SKY (Roe 69), ni MISSY YORKTOWNE (Innerst 84), ni STEADFAST LOVE (Carr 94), ni bien d’autres, n’ont eu une notable descendance. En fait il faut ajouter au relatif manque d’intérêt que ces variétés peuvent avoir, le fait qu’elles n’ont pas eu une véritable diffusion dans le commerce.

Le choix est tellement immense qu’il faut à une variété un pouvoir ou une renommée exceptionnels pour s’imposer auprès des hybrideurs. Le cas de SKY HOOKS est tout à fait remarquable. Si cet iris a écrasé tous les autres en matière de famille nombreuse, c’est avant tout parce qu’il est le premier iris à éperons vraiment réussi et susceptible de produire des descendants de valeur, avec ou sans appendices. D’ailleurs trois de ses descendants directs ont eu droit à la plus haute récompense : THORNBIRD (Byers 89 – DM 97), CONJURATION (Byers 89 – DM 98) et MESMERIZER (Byers 91 – DM 2002). Quant à MESCALERO CHIEF (Hedgecock 93) il a décroché le Plateau d’Argent à Florence en 95. Deux obtenteurs en ont fait un usage abondant : Monty Byers, aux Etats-Unis, et Ladislaw Muska, en Slovaquie. Mais au total au moins vingt-deux obtenteurs différents l’ont utilisé. En France, ce fut le cas de la famille Anfosso qui en a tiré, entre autres, FLUTE ENCHANTÉE (Anfosso 91), dont provient IRIADE (Laporte 2003).

Les grands géniteurs ne voient pas leurs mérites reconnus par une récompense. C’est une lacune qu’il faudrait combler car leurs obtenteurs devraient avoir droit, à ce titre, à une considération particulière. A quand un prix Cognacq-Jay pour les iris ? Le jour où cette récompense existera son premier titulaire devrait être SKY HOOKS, mais SNOW FLURRY, chez les plus anciens, DENVER MINT, PONDEROSA et bien d’autres devraient aussi la décrocher.
L’ENIGME DE LA SEMAINE

EN REPUBLIQUE TCHEQUE

La République Tchèque est devenue un pays véritable pays des iris.
Sauriez-vous identifier laquelle des variétés ci-dessous n’est pas obtenue par un hybrideur tchèque ?

BRATISLAVA NOC
LIBON
PEGAS
ZIMNI KRALOVNA
ZOLOTAYA KORONA

RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE

A FLORENCE

TRENWITH n’a pas obtenu le Florin d’Or, mais seulement le second prix.

11.3.05

Agnes WHITING

L’un des grand iris les plus populaires, tout au moins jusqu’à la fin du XXeme siècle, fut sans doute BLUE RHYTHM (A. Whiting 45). Ce bleu parfait, à peine argenté, a été immédiatement reconnu comme un progrès considérable dans l’hybridation des bleus. Il fut aussitôt l’objet d’un engouement qui en a fait l’une des variétés les plus vendues au monde. Rencontré partout, BLUE RHYTHM a été honoré de deux prestigieuses récompenses, la President’s Cup puis, la même année 1950, la Dykes Medal ! Une telle reconnaissance suffirait à la gloire de n’importe quel iris, mais BLUE RHYTHM ne s’est pas arrêté là : il a pris place dans le « Top 100 » des iris aux Etats-Unis et y est resté pendant 18 ans !

Nous devons cet iris au talent d’Agnes Whiting, une élégante dame, mince et distinguée, qui connut la gloire au cours des années 40 et 50. Elle et son mari Charles étaient les heureux propriétaires de la pépinière Maple Valley Gardens, à Mapleton, dans l’Iowa, au pays des Indiens Sioux (Sioux City, sur le Missouri, est à 70 km au nord-ouest). Dans ce jardin qui faisait l’admiration de tous ceux, nombreux, qui s’y rendaient chaque année, elle a recherché la qualité et cultivé des variétés qui ont marqué leur époque et engendré une innombrable descendance qui compte au moins cinq vainqueurs de la DM.

BLUE RHYTHM a donné naissance à ELEANOR’S PRIDE (Watkins 52 – DM 61), qui est à l’origine de WINTER OLYMPICS (O. Brown 63 – DM 67), et du célèbrissime WHOLE CLOTH (Cook 57 – DM 62). A partir de cette variété, forme de base de l’iris amoena, les obtenteurs du monde entier ont offert aux amateurs une kyrielle de fleurs, de toutes les couleurs, qui, par elles-même ou par leurs descendants, peuplent aujourd’hui nos jardins, DIPLOMACY (Keppel 65), LATIN LOVER (Shoop 69), MARGARITA (Schreiner 68), MISS INDIANA (Cook 61) ou le prolifique LILAC CHAMPAGNE (Hamblen 65). Mais là ne s’arrêtent pas les mérites d’Agnes Whiting.

En dehors de BLUE RHYTHM, elle a obtenu DAMASCUS (44), orange, et ROCKET (45) qui est longtemps resté un des jaune-orangé les plus brillants. GARDEN GLORY, une autre de ses obtentions, à la couleur grenat douce et veloutée, a donné naissance à une série de bruns célèbres comme CALDRON (Schreiner 57) et TALL CHIEF (DeForest 55). Par TALL CHIEF nous disposons de FRONTIER MARSHALL (Schreiner 65) ; par CALDRON nous avons connu BRASILIA (Schreiner 60), VELVET ROBE (Schreiner 60) ou GYPSY JEWELS (Schreiner 63). Ce cultivar a donné VITAFIRE (Schreiner 68), l’un des « rouges » les plus rouges, qui est lui-même à l’origine de POST TIME (Schreiner 71) et, par là, d’une foule de brun-rouge. ROCKET et GARDEN GLORY ont engendré TECHNICOLOR qui se trouve derrière GAI LURON (Cayeux 58) ou TOMECO (Suiter 59), l’autre parent de VITAFIRE.

A l’actif d’Agnes Whiting il faut ajouter une autre pierre angulaire qui se nomme PATHFINDER (46). On entre là dans le domaine des iris rose orchidée et donc des bicolores à base de rose et des fleurs mauves ou violet améthyste. A commencer par son descendant immédiat qui s’appelle MAYTIME (48), rose / mauve, et son « petit-fils » BROADWAY STAR (Schreiner 57), qui a été le point de départ des hybridations de l’ouzbek Adolf Volfovitch-Moler, du temps où il n’avait que cela à se mettre sous la dent. Mais PATHFINDER, ce n’est pas que cela. C’est surtout AMETHYST FLAME (Schreiner 57 – DM 63) et sa belle descendance, et MADEMOISELLE (Gaulter 58). A vrai dire, ce MADEMOISELLE est surtout intéressant parce qu’il a donné naissance à CLAUDIA RENE (Gaulter 63), la variété de base du travail de Joë Ghio, également fréquemment utilisée par d’autres comme O. Brown, B. Blyth ou R. Ernst.

Les autres obtentions d’Agnes Whiting n’ont pas eu le même intérêt ou le même succès, mais il faut quand même citer THREE OAKS (41) et VIOLET RHYTHM (47 ?), une variété dont tous ceux qui l’ont vue disent qu’elle constitue à elle seule un bouquet de fleur.

Pendant les années 40, faire le voyage de Mapleton était quelque chose d’indispensable, et pratiquement tous les hybrideurs de l’époque l’ont fait. Non seulement pour admirer les iris qui y étaient cultivés, mais aussi pour la beauté du jardin et, surtout, pour l e charme et l’hospitalité d’Agnes Whiting. Aussi ce fut un véritable choc quand le petit monde des iris a appris la disparition prématurée de cette autre grande dame des iris.
L’ENIGME DE LA SEMAINE

A FLORENCE

Ce n’est pas souvent qu’une variété européenne remporte le Florin d’Or. Cependant cela s’est produit ! Dans la liste ci-dessous cependant, il y a une variété qui n’a pas eu ce succès. Laquelle ?

DANCER’S VEIL (Hutchison GB 59)
LIBON (Smid CZ 84)
ROSSO FIORENTINO (Spetcht IT NR)
SETTIMO CIELO (Romoli IT 99)
TRENWITH (Nichol GB 84)

RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE

Graeme Grosvenor

HELEN DAWN n’a pas obtenu une ADM. Il a été couronné à Florence !

4.3.05

UN AUTRE CHEMIN VERS LE ROUGE

Décidément, le rouge excite ! Après l’énergique exposé de Rick Ernst à propos de sa quête de l’iris rouge via une modification génétique, c’est au tour de Don Spoon, dans le numéro d’octobre 2004 du Bulletin de l’AIS, de décrire son approche personnelle du problème et d’annoncer pour bientôt des avancées significatives.

Don Spoon a axé sa recherche sur une voie traditionnelle. Il est parti de la constatation que certains iris, dont deux de ceux qu’il a obtenus, MY GINNY (2002) et SPECIAL RED (2004), présentaient des barbes absolument rouges. Un rouge coquelicot provenant d’une forte concentration de lycopène, le pigment qui fait que les tomates sont rouges. Il en a déduit que ce pigment, lorsqu’il est présent dans une fleur d’iris, peut se trouver concentré à l’extrême dans les barbes, mais ne peut pas se développer de la même façon dans les pétales et sépales parce qu’il est bloqué par un gène particulier. Il imagine qu’il existe deux sortes de gènes inhibiteurs, un pour les barbes et un pour les autres parties, et que ces gènes peuvent exister avec quatre niveaux d’influence : faible, médian, vif et très vif. Le niveau très vif correspond à une quasi-absence de lycopène, donnant une coloration très pâle, proche du blanc. Le niveau vif est synonyme de coloration rose tendre ; le niveau médian abouti au rose soutenu, et le niveau faible laisse le lycopène se développer au maximum, ce qui donne une coloration d’un rose orangé foncé proche du rouge coquelicot. Mais le rouge coquelicot n’est pas le rouge absolu. Il contient une pointe d’orange qu’il faut corriger pour tendre vers la perfection. Cette correction peut être obtenue au moyen d’un trait de pigments anthocyaniques qui adoucit ou rafraîchit la couleur de base.

Ce qui précède résulte d’une extrapolation de données qui n’est pas vérifiée scientifiquement. On reste dans le domaine du possible, voire du probable, mais pas du certain. Il n’empêche que Don Spoon est convaincu qu’en utilisant des parents dont les fleurs ont une forte concentration de lycopène, il est sur le point de parvenir à ce rêve plus que centenaire de l’iris parfaitement rouge. Il a utilisé le fameux « rouge » de Joë Ghio LADY FRIEND (81), ainsi que l’autre « rouge », de Terry Aitken, CODE RED (2003). Il a recommencé l’expérience avec d’autres rouge-orangé, mariés à des rose vif, puis mêlé les deux lignées. Son autre fer au feu se nomme SIGNAL RED (qui ne devrait être commercialisé qu’en 2006), produit de O.K. CORRAL X HORATIO. C’est une fleur mauve rose dont les barbes sont totalement rouges. En croisant MY GINNY et ce SIGNAL RED, il pense qu’il a de bonnes chances de parvenir à son but, l’iris rouge parfait.

Dans un proche avenir nous saurons si les conjectures de Don Spoon se révèlent exactes et s’il a le droit d’exulter. Nous le lui souhaitons, tout comme nous espérons que le monde des iris bénéficie de ce nouveau défi. En tout cas l’iris rouge atteint par cette voie, même s’il n’a peut-être pas le même éclat ou la même pureté que celui obtenu par Rick Ernst (si tant est que l’iris en question soit effectivement rouge), aura sur ce dernier l’irremplaçable avantage de ne pas introduire dans la génétique des iris un intrus (ou un « alien ») dont on a tout autant à craindre qu’à espérer.
L’ENIGME DE LA SEMAINE

Graeme Grosvenor

Cet obtenteur australien est devenu un abonné de la Médaille Australienne de Dykes. Cependant l’une des variétés ci-dessous n’a pas obtenu cette récompense. Laquelle ?
FIRST MOVEMENT
HELEN DAWN
HILLS DISTRICT
RIBANDS
TEMPTONE

RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE

LAVIE EN JAUNE

La réponse est :

YELLOW BRICK ROAD (Gibson 92).
PROCHAINEMENT DANS CE BLOG :

Dans la série « Les grands obtenteurs » : Agnès Whiting, Edward Watkins, Orville Fay, David Hall…
Un visite virtuelle de la Californie et de l’Oregon
Les iris ayant eu une longue descendance
Les années cinquante
Les plicatas « jaunes »…

25.2.05

A PROPOS DE « DURHAM DREAM »

Dans la chronique consacrée à Lloyd Zurbrigg, j’ai écrit que DURHAM DREAM était le premier iris « rostrata » obtenu par Lloyd. C’était une erreur car auparavant plusieurs variétés à éperons signées Zurbrigg ont été enregistrées. DURHAM DREAM a une qualité supplémentaire : il est à la fois à éperons et remontant !

C’est Jérôme Boulon, amateur éclairé d’iris remontants et admirateur du travail de Lloyd Zurbrigg qui m’a fait ce signalement. Qu’il soit ici remercié de cette précision.
SANFORD BABSON

Si l’on devait décerner une médaille à l’obtenteur le plus discret, sans doute devrait-on décorer Sanford Babson. Ce Californien du Sud, installé à Visalia, dans l’ample vallée de San Joaquin, à mi-chemin entre San Francisco et Los Angeles, a fourni au monde des iris des variétés qui ont marqué leur temps, sans qu’il recherche la moindre notoriété. Il ne songeait ni aux honneurs ni à la célébrité, participant très peu aux activités du microcosme dont il faisait involontairement partie. Il considérait les iris comme un loisir, son activité principale étant la culture des orangers. Mais il passait aussi pas mal de temps à herboriser dans les Rocheuses et s’adonnait au golf.

Son intérêt pour les iris lui est venu avec les encouragements de Tom Craig, Californien du Sud lui aussi, obtenteur important de l’après-guerre, qui l’accueillit à son catalogue au début des années 50, avec des variétés comme YUCCA (53), iris crème plus blanc au cœur, issu d’un croisement de SNOW FLURRY X BALI BELLE, qui devait être à l’origine d’une grande partie des obtention de Sanford Babson.

Il prétendait ne pas avoir d’idée préconçue dans ses choix de croisement, mais à défaut de ligne de conduite claire, il avait au moins un sens précis de ce qui pouvait aboutir à quelque chose de neuf et d’intéressant. Par exemple ce croisement de SNOW FLURRY et de BALI BELLE. A vrai dire Babson perdit un jour le pedigree d’un semis qui lui a cependant paru porteur d’espoir, son E 61. Il était certain qu’il s’agissait du croisement SNOW FLURRY X BALI BELLE, mais n’en ayant plus la preuve, il se contenta d’indiquer le numéro de ce semis dans les informations données à propos de ses descendants. C’est le cas pour CAMBODIA (66), COMMENTARY (63), CONFECTION (64), EPIC (65) ou FAIR IMAGE (60). ET bien entendu les descendants directs de ces variétés, comme APROPOS (64).

Après la disparition de Tom Craig, c’est Ben Hager qui a trouvé dans son Melrose Garden une place pour les cultivars de Sanford Babson. Il y en eut une quarantaine entre 1960 et 1984. On ne peut pas tous les nommer, mais il y en a cependant qui ont atteint une telle renommée et un succès international si important qu’on ne peut pas les passer sous silence. Témoin : CREDO (64), acajou uni, TAMBOURINE (68), variegata or et grenat, PANTOMIME (70) blanc nacré, ODYSSEY (71), plicata indigo, CHAPEAU (71) imposant amoena beige et pourpre, SWEDISH MODERN (76), délicat variegata paille et mauve, MERRY MADRIGAL (82), voisin du précédent, FANCY FELLOW (84), original bleu clair veiné de plus foncé, sans oublier SHIPSHAPE (69), bleu drapeau à barbes jaunes, qui s’est offert la Médaille de Dykes en 74 après avoir déjà conquis la Franklin Cook Cup l’année précédente.

La plupart de ces variétés ont eu une descendance nombreuse et valeureuse, ce qui prouve l’excellence des choix de Sanford Babson. Prenez le joli bleu ciel EPIC : c’est le « père » de SHIPSHAPE, lui-même à l’origine du bleu vif BREAKERS (Schreiner 86), de BLEU DE GIEN (Cayeux 78) ou de FREEDOM ROAD (Plough 77), lequel rejoint un autre iris Babson, MERRY MADRIGAL, dans le pedigree de EDITH WOLFORD (Hager 86 – DM 93). CHASING RAINBOWS, un autre superbe produit de Ben Hager, est également un descendant de MERRY MADRIGAL qui a pour parent un certain TAMBOURINE. Dans le jeu des participations croisées, TAMBOURINE se retrouve chez SWEDIH MODERN, mais il a également donné naissance au chaleureux bicolore SHAMAN (DuBose 80). CAMBODIA a été utilisé par P. Anfosso pour son original SANSEVERINA (81). J’ai déjà parlé de COMMENTARY, qui est une des variétés les plus utilisées jusqu’à présent et qu’on trouve entre autres derrière SOAP OPERA (Ghio 82), PANTOMIME (Babson 70), APROPOS (Babson 64) lui-même à l’origine de TAMBOURINE et d’une longue lignée où se rencontre PACIFIC MIST(Schreiner 79. Enfin n’oublions pas que CHAPEAU a donné naissance à JAZZ FESTIVAL (Schreiner 90), un brillant variegata, et que CREDO a transmis ses qualités et ses couleurs à une série de brun-rouge comme MINISA (Wall 76) ou EVENING IN PARIS (N. Sexton 76).

Après une carrière d’hybrideur d’une trentaine d’années, Sanford Babson a rangé ces brucelles au début des années 80. Il s’est tenu complètement à l’écart du monde des iris, à la place qu’il avait toujours occupée. Il s’est éteint en 2003 à l’âge respectable de 93 ans, mais les amateurs l’avaient tellement perdu de vue que cette disparition est passée inaperçue et qu’il n’a pas eu droit à la chronique obituaire que le Bulletin de l’AIS consacre habituellement aux « majors » de l’hybridation. C’est donc ici qu’il trouvera l’hommage que les iridophiles lui doivent.

Sources : Article de Ben Hager in B. AIS juillet 1974 ; F. Thoolen (e-mail du 16/01/05).
L’ENIGME DE LA SEMAINE

LAVIE EN JAUNE

Quelle est, des cinq variétés ci-dessous, celle qui a été obtenue par Jim Gibson ?
YELLOW BRICK ROAD
YELLOW CHIFFON
YELLOW EAGLE
YELLOW FRINGES
YELLOW TAPESTRY

RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE

Ciel !

HEAVEN’S EDGE est un néglecta-plicata aux pétales mauves et aux sépales blancs bordés d’indigo vif.

18.2.05

DE « WIDE WORLD » A « CROWNED HEADS »

Il y a des enquêtes généalogiques décevantes : celles où, après un bon départ, on tombe sur un pedigree obscur, ambigu, ou, pire encore, sur la mention « parents inconnus ». Point, barre, comme on dit maintenant. Il y en a d’autres où, en quelques minutes on arrive à la racine recherchée. C’est le cas pour CROWNED HEADS (Keppel 97 – DM 2004), quand on se demande d’où il tient cette inversion des couleurs qui font toute son originalité.

Remontons donc le cours du temps.

CROWNED HEADS est de (IN REVERSE X HONKY TONK BLUES). Or il se trouve que IN REVERSE (Gatty 93) est également un amoena inversé. Cherchons par-là. Ses parents sont (EDGE OF WINTER X SWIRLING SEAS). Ce dernier est un bleu d’une longue lignée de bleus, mais EDGE OF WINTER (Schreiner 83) présente une trace d’inversion des couleurs puisque ses pétales sont mauve tendre et ses sépales presque blancs. Continuons par celui-ci. Alerte ! Les informations concernant la parentèle de EDGE OF WINTER sont imprécises : on nous dit seulement qu’il s’agit du résultat d’un semis de BLUE FANTASY. Allons tout de même dans cette direction puisque nous n’avons aucune autre information. BLUE FANTASY (Branch 58), c’est (AIRY CHARM X WIDE WORLD). AIRY CHARM (Branch 54) est un bleu de bleus mais, bingo ! WIDE WORLD (Cook 53) est un semis d’Iris imbricata et c’est cette espèce qui a introduit dans les gènes de nos iris hybrides le phénomène d’inversion des couleurs ! Il est d’ailleurs décrit comme « bicolore inversé ; pétales bleu glycine clair, plus au sommet qu’à la base, sépales blancs, barbes blanches. » Paul Cook était vraiment un génie et on ne dira jamais assez combien il a apporté au monde des iris.

Ainsi notre champion du monde 2004 est-il parvenu au degré de perfection qui lui a valu sa distinction en cinq étapes seulement ! Cependant l’imprécision de la généalogie d’EDGE OF WINTER ne permet pas de savoir combien de générations se sont effectivement succédées entre lui et son ancêtre BLUE FANTASY. Car il s’est quand même écoulé 25 ans entre les deux !

Les descendants enregistrés de CROWNED HEADS sont encore peu nombreux, mais la notoriété que lui confère la Médaille de Dykes va certainement renouveler l’intérêt que les hybrideurs vont lui porter. En tout cas les quatre variétés issues de CROWNED HEADS que je connais sont toutes intéressantes. ALPENVIEW (Keppel 2002) est encore plus pur que son parent maternel ; WINTRY SKY (Keppel 2002) et d’un coloris plus froid, mais encore plus contrasté ; BRUSSELS (Johnson 2003) se rapproche du précédent, avec des traces de vert sur le haut des sépales, mais la fleur est un peu plus ample et traditionnelle de forme. Quant à MYSTERIOUS WAY (Keppel 2004), il porte bien son nom. Vers quel chemin mystérieux nous entraîne cette fleur aux pétales jaune tilleul dont les côtes sont imprégnées de violet, tandis que les sépales, à peine bleutés, sont marqués de jaune aux épaules ? On est en route vers une nouvelle association de couleurs, un nouvel amoena inversé, peut-être porteur de nouveauté mais qui, à mon avis, aura du mal à conquérir les cœurs des amateurs traditionnels. En tout cas bien d’autres enfants de CROWNED HEADS viendront bientôt et ils nous offriront d’autres surprises.
L’ENIGME DE LA SEMAINE

Ciel !

Parler des cieux évoque la pureté … et le blanc ! A moins que…
Découvrez l’iris qui n’est pas blanc pur parmi les cinq ci-dessous.
HEAVEN – Ghio 97
HEAVEN HELPED – Waltermire 79
HEAVEN’S BEST – E. Smith 72
HEAVEN’S EDGE – Tompkins 96
HERE ‘S HEAVEN – D. Meek 92


RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE

Les Déesses

RUFFLED GODDESS est une variété lilas vif.

13.2.05

Lloyd ZURBRIGG

En perdant Lloyd Zurbrigg, le monde des iris voit disparaître un des maîtres incontesté des iris remontants. Dans un long article paru dans le numéro de janvier 2001 du Bulletin de l’AIS, il a raconté lui-même son cheminement parmi les plantes dont il s’est amouraché très jeune et auxquelles il a apporté une qualité particulière appréciée par de très nombreux amateurs.

C’est dans la province canadienne d’Ontario qu’il a vu le jour et qu’il a grandi. Dès 1938 il dit s’être intéressé au jardinage, mais c’est seulement alors qu’il était étudiant à l’Université de Toronto qu’il s’est tourné vers les iris. Cependant les variétés capables de supporter le climat plutôt rigoureux de l’Ontario étaient rares dans les années 40, et les déceptions n’ont pas manqué au jeune Lloyd tant qu’il est resté au Canada. Il était cependant décidé à poursuivre ses expériences d’hybridation et il s’était fixé trois buts : les amoenas, les remontants et les arilbreds. Parti poursuivre ses études musicales aux Etats-Unis, à l’Université d’Indiana, il reçut les encouragements de Raymond Smith et de Earl Roberts deux hybrideurs « hoosier * » bien connus.

Comme c’est bien souvent le cas, ses premières hybridations tant chez les amoenas que chez les arilbreds ne l’ont pas totalement satisfait. Mais Paul Cook l’a encouragé à persévérer. C’est ce qu’il a fait, surtout après son installation en Virginie où il a été professeur de musique pendant vingt-neuf ans. Il considérait que son premier iris vraiment valable était GRAND BAROQUE (69). Il s’agit d’un amoena jaune pâle, avec des traces de mauve sur les sépales ; pas une variété qui attire l’œil, mais un iris à fort potentiel génétique. D’ailleurs Lloyd Zurbrigg l’a utilisé largement à cette fin. Des variétés aussi connues que BAROQUE PRELUDE (74) et son frère de semis I DO (79), ainsi que EARL OF ESSEX (80), ENGLISH COTTAGE (76), LATEST STYLE (79) SPIRIT OF MEMPHIS (77) ou YOUTH DEW (76) en sont des descendants. Ces variétés elles-même, unies entre elles ou à d’autres, sont à l’origine de très grands noms des iris, tous remarquables par leur capacité à remonter largement : prenez IMMORTALITY (82) qui a frisé la D. M. et qui a donné naissance à de très belles variétés comme SUNNY DISPOSITION (91) ou des produits de Monty Byers comme ZURICH (90) ou WINTERLAND (90). DA CAPO (68) est une variété fétiche de Lloyd Zurbrigg, elle aussi riche en descendants comme CROSS STITCH (73) ou LIGHTLY SEASONED (79). Monty Byers et Lloyd Zurbrigg ont eu beaucoup d’attachement l’un pour l’autre, notamment parce qu’ils poursuivaient des buts similaires. Ils ont souvent échangé leurs obtentions et Byers a largement utilisé les obtentions de son aîné. Citons par exemple SPIRIT OF MEMPHIS pour BUCKWEAT (89), ANEW pour CAROLINE GIBBS (90), I DO pour HIGH HO SILVER (89), EARL OF ESSEX pour FLOORSHOW (89) et LICHEN (89), et surtout ART OF RAPHAEL (79) pour THORNBIRD (89 – DM 97). En sens inverse notons que ROCKSTAR (91) est à l’origine de GLADIATRIX (2003), qu’ICELAND (90) a donné TWILIGHT FANCIES (2001), que MESMERIZER (91 – DM 2002) a engendré MASTERWORK (2000) et que MOONLIT(86) est derrière le premier « rostrata » de Zurbrigg : DURHAM DREAM (99).

DURHAM, c’est le nom de la ville de Caroline du Nord où Lloyd Zurbrigg s’était retiré et où il vient de mourir. Il a dit lui-même que l’hybridation n’était pas chez lui une vocation, mais qu’il l’a pratiquée parce qu’elle lui apportait du plaisir, et qu’il était heureux de faire partager ce plaisir par tous les amateurs d’iris, non seulement ceux qui se passionnent pour les remontants, mais tous ceux qui apprécient les belles fleurs, comme ce CLARENCE (91) qui est sans doute sa plus intéressante obtention, comme le démontre le fait que cette variété ait tutoyé deux fois la Médaille de Dykes. Le nom de Zurbrigg restera longtemps dans la mémoire du petit monde des iris, à une place qu’il a amplement méritée.

* Hoosier est le surnom donné aux habitants de l’Indiana.
L’ENIGME DE LA SEMAINE

Les Déesses

Des quatre déesses ci-dessous, trois présentent une inversion des couleurs, mais la quatrième diffère profondément. De laquelle s’agit-il ?
GRECIAN GODDESS – Maryott 89
IVORY GODDESS – Kerr 97
RAINBOW GODDESS – Ernst 94
RUFFLED GODDESS – Tasco 92

RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE

Définitions

La définition n° 1 correspond à RUÉE VERS L’OR ; la définition n° 2 est celle de LOUIS D’OR ; la définition n° 3 appartient à BASTILLE.

4.2.05

A DEUX, C’EST MIEUX
II. Les belles équipes

Dans le petit monde des iris il y a toujours eu des couples qui se sont passionnés ensemble pour leur plante favorite et ont laissé leurs deux noms dans les annales. « Irisenligne » s’est intéressé aux ménages d’hybrideurs, des années 50 à nos jours. Pour être complet, il nous faut parler maintenant des couples d’amis ou de frères.

Précisément, parlons pour commencer des frères Watkins. Pendant les années 50, Edward et Arthur Watkins ont géré à deux la pépinière Fairmount Gardens, en Nouvelle Angleterre. Arthur était le bras de son frère Edward, handicapé. C’est cette complémentarité exemplaire qui leur a permis de produire des iris de qualité.

Entre Ben Hager et Sidney DuBose, c’était comme entre Montaigne et La Boëtie. La plupart des variétés obtenues dans les jardins de cette paire de compagnons indéfectible sont enregistrées au nom de Ben Hager, mais auraient-elles pu être produites et soignées sans l’intervention discrète de Sid DuBose ? L’amitié est une vraiment belle chose quand elle parvient à ce point de symbiose dans la recherche de la perfection.

C’est dans un autre registre que se situe la relation entre Joë Gatty et Keith Keppel. Une autre complémentarité aussi. Gatty était un génial hybrideur, amoureux des fleurs amples et romantiques, mais en faire commerce n’était pas son domaine. Keppel, en plus d’être un hybrideur d’exception et une sommité en matière de génétique des iris, ne néglige pas le côté matériel du métier. Chaque année le catalogue Keppel s’est ouvert aux productions de Joë Gatty. Les variétés de l’un et de l’autre étaient complémentaires, et leurs travaux s’appuyaient sur une utilisation partagée du potentiel génétique de leurs iris. Derrière les discrets amoenas jaunes que sont CHAMPAGNE FROST (Keppel 96) et SMILING FACES (Keppel 98), frères de semis, il y a PRECIOUS MOMENTS (Gatty 87) ; le côté maternel de l’adorable SOCIAL GRACES (Keppel 2000) est constitué de variétés Gatty : (Femme Fatale x ((Nefertiti x Playgirl) x Presence)) ; et le délicieux rose tendre KITTY KAY, tout ébouriffé, (Keppel 2002), a pour maman COMING UP ROSES (92), le dernier rose de Gatty. En sens inverse il y a du VILLAIN (Keppel 81) dans les deux variegatas de Gatty SMART ALECK (87) et HIGH DRAMA (91).

Une collaboration un peu différente s’est établie entre Abram Feuerstein et Jim McWhirter. Comme les deux précédentes elle ne s’est achevée que lors de la disparition de l’un des deux membres de l’équipe.

A la génération suivante, celle qui monte aujourd’hui, on découvre deux belles équipes. D’une part Paul Black et Tom Johnson, de l’autre Richard Tasco et Roger Duncan. Paul Black, jadis installé à Oklahoma City, en Oklahoma, a du abandonner sa pépinière ravagée par les maladies ; il a rejoint Tom Johnson à Salem dans l’Oregon, le paradis des iris. Conjuguant leurs talents, ils produisent l’un et l’autre des iris qui font désormais partie de l’élite, comme le grand bicolore NAPLES (Johnson T. 2000) ou le bleu nuit à barbes rouges PAUL BLACK (Johnson T. 2002), DUDE RANCH (Black P. 2000), Florin d’Or en 2002, ou TOM JOHNSON (Black P. 96), bitone bleu foncé à barbes orange, en course pour la D.M. de 2005. Le Californien Richard Tasco a commencé sa carrière en 1992, avec RUFFLED GODDESS, un violet améthyste impressionnant. Douze ans plus tard il collectionne les récompenses avec GOLDEN PANTHER (2000), President’s Cup 2004, et SPLASHACATA (97), Wister Medal 2004 et bien placé pour la D.M. 2005. Quant a Roger Duncan, il a débuté en 95 avec SHAKEDOWN, un très classique variegata-plicata, mais son deuxième iris, HOLLYWOOD NIGHTS (2000) est déjà considéré comme le meilleur « noir » de ce début de siècle.

Des associations comme celles qui viennent d’être évoquées devraient à l’avenir prospérer et se multiplier. En effet dans une région où les terrains sont chers, il est intéressant de réunir ses forces pour posséder les surfaces nécessaires au développement de nouvelles pépinières. Par ailleurs faire catalogue commun est une source non négligeable d’économies. Alors, quand l’amitié s’ajoute aux intérêts bien compris, quand le talent est affermi par l’émulation, on ne peut qu’obtenir des résultats flatteurs. Ce ne sont pas les amateurs d’iris qui s’en plaindront.

L’ENIGME DE LA SEMAINE

Descriptions

Irisenligne a parlé récemment de trois iris français, proches cousins : BASTILLE, RUÉE VERS L’OR et LOUIS D’OR. En voici les descriptions telles qu’elles apparaissent dans les « Check-Lists » de l’AIS.
Attribuez à chaque description le nom de variété qui va avec.

1) Jaune indien, sépales avec des raies brunes ; barbes plus foncées que jaune indien ; ondulé, frisé.
2) Jaune d’or brillant, proche du jaune cadmium, sépales avec des lignes brun clair autour des barbes jaunes.
3) Jaune brillant avec des lignes brunes autour des barbes mandarines.


RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE

Qu’est-ce que c’est ?

Le texte en question est la traduction en Espéranto de la définition de trois iris enregistrés en 2003 par Richard Cayeux :
FANFRELUCHE
MYSTERIEUX
ROUCOULADE.
Voici la traduction des abréviations :
AA = (Alta Arista) = Grand Barbu (ou TB en anglais).
MT = (Mez-tarda) = Mi-tardif
MS = (Mez-sezona) = Mi-saison
MF = (Mez-frua) = Hâtif moyen
Sem. = (semado) = semis (ou seedling en anglais)

Les mots qui ne se traduisent pas spontanément :
Hel-flavaj ( au singulier hel-flava) = Jaune clair
Siringaj ( du substantif siringo) = Lilas
Or-flavaj ( au singulier or-flava) = Jaune d’or
Aristoj (au singulier aristo) = Barbes
Wultroj ( au singulier wultro) = Epaules
Miniaj ( du substantif minio) = Minium.
Le « j » est la marque du pluriel.

28.1.05

A DEUX, C’EST MIEUX
I. Maris et femmes

Dans le petit monde des iris il y a toujours eu des couples qui se sont passionnés ensemble pour leur plante favorite et ont laissé leurs deux noms dans les annales. Pour ne parler que des grands iris, qui font le plus souvent l’objet des chroniques d’ « Irisenligne », on en relève plus d’une vingtaine, dans la période récente (de 1950 à nos jours).

Pendant plus de vingt ans, Fred et Caroline DeForest, de Canby, dans l’Oregon, ont connu la célébrité, s’offrant le luxe de décrocher deux Florins d’Or et une Médaille de Dykes. BY LINE (52) a été l’un des tout premiers iris à être récompensé à Florence. Un nouveau succès est venu de cette ville en 57 pour couronner ce qui reste l’un des bleu ciel les plus célèbres, REHOBETH (53). Quant à FIRST VIOLET (51), c’est le vainqueur de la DM de 1956 ! Mais bien d’autres variétés ont fait la renommée des DeForest : COLOR CARNIVAL (48), unique rose pêche griffé de pourpre ; LULA MARGUERITE (59) blanc teinté de vert, ou le fameux BAYBERRY CANDLE (69), l’une des dernières obtentions de Caroline, et qui a fait le tour du monde.

Le couple de Kenneth et Catherine Smith, au cours de la même période, s’est distingué en proposant, en 1949, HELEN COLLINGWOOD, l’un des premiers amoenas remarquables. En 53 c’est le tour de ELIZABETH NOBLE, fils du précédent, et également joli amoena. Enfin le célèbre REPARTEE (68), toujours commercialisé, n’a pas encore trouvé quelque variété pour lui donner la réplique dans les tons de chamois et de marron.

Pour en finir avec les couples fameux des années 50, citons Roy et Mildred Brizendine, de Topeka, au Kansas, dont MILLIONAIRE (56), reste un « must » quand on parle d’iris couleur de bronze.

Une autre famille s’est spécialisée dans les iris bruns : les BLODGETT, Arthur et Romona, dont on connaît INDIAN FRINGE (68) et, surtout, CHIEF WAUKESHA (78), couleur sang de bœuf.

Deux couples de Brown se sont fait une place au soleil. Le premier, Rex et Alta, a occupé le terrain pendant les années 60, avec, notamment, GREEN QUEST (59), puis LA JUANA (67), éclatant jaune à barbes orange, et GRAND FINALE (73), bleu ciel tardif issu d’une longue lignée de bleus. Le second, Bob et Jean, a eu son heure de gloire avec une série d’iris bleus ou violets, comme CARO NOME (68), bleu lavande comme son descendant MONACO (76) et, en plus foncé COLLAGE (86) ou ARRANGER’S CHOICE (87).

Henry et Luella Danielson, de Chapparal au Nouveau Mexique, se sont fait connaître par les deux frères de semis que sont LAURENCE WELK (77), blanc à barbes bleues, et SCENTED OPALS (80), bleu glacier à barbes bleues. Dorothy et Anthony Willott, eux, sont plutôt spécialisés dans les iris nains, mais leur LOVER’S CONCERTO (99) est un rose dragée, fils de BEVERLY SILLS, tout à fait charmant.

Evelyn et Bennett Jones ont eu une longue carrière dont l’apogée se situe au cours des années 70. A leur actif il y a ELIZABETH STUART (71), rose orchidée, SEA VENTURE (72), un précurseur en matière d’amoenas inversés, JEANNE PRICE (77), jaune acide très apprécié, TREVI FOUNTAIN (78) blanc ourlé d’abricot, puis ORANGE HARVEST (88) et aussi POND LILY (94), chant du cygne d’Evelyn, délicieux mauve améthyste influencé de rose.

Robert et Mary Dunn font partie des obtenteurs les plus prolifiques. Entre 1970 et la fin du siècle, ils ont obtenu un grand nombre d’iris remarquables dans tous les types et Mary Dunn figure au panthéon des obtenteurs. Depuis DREAM WORLD, en 78, jusqu’à CITY LIGHTS, son chef d’œuvre, en 91, elle nous a donné des splendeurs comme HIGH FALUTIN (84), CRUZIN (87), DIVINE (88), ZANY (88) ou LA FORTUNE (89). Quant à Robert Dunn, il est l’auteur de PAGAN (73), CRYSTALYN (86) ou VERIVOGUE (89) et bien d’autres.

Autre couple à la production phénoménale, les Meek. Leur activité s’est un peu ralentie, mais pendant un quart de siècle ils ont obtenu des iris parmi les plus jolis et les plus renommés. Joyce Meek est l’obtentrice de P.T. BARNUM (79), un brun-rouge archi-connu, AFTER HOURS (81), HARLEM HUSSY (82), WILD CARD (83), l’un des premiers maculosas enregistrés, DATE BAIT (85), BLACK FANTASY (88), ou FALLEN ANGEL (95), un amoena inversé joliment frisotté. Pour sa part, Duane Meek nous a offert CHERRY SMOKE (78), grenat foncé très original, DESERT ECHO (80), jaune au cœur poudré de brun, BLACK AS NIGHT (92) puis, en 93, IMAGINARIUM et TEMPTING FATE dont on admire le bleu tendre des pétales et le bleu marine des sépales.

La mode des couples d’obtenteurs ne se dément pas et au cours des dernières années leur nombre n’a fait que croître avec des noms devenus célèbres comme ceux de Anna et David Cadd, Vicki et Jim Craig, Kathie et Brad Kasperek, Ginny et Donald Spoon … En dix ans les Kasperek se sont fait un nom en enregistrant un grand nombre de maculosas souvent très réussis mais affublés de noms plutôt ridicules à nos yeux d’Européens, comme GNU (94), TIGER HONEY (94), GIRAFFE KNEEHIZ (96), HIPPO’Z TUTU (96), SERENGETI SPAGHETTI (98) mais aussi SAHARAN SUN (95) ou MILLENIUM FALCON (98), vraiment réussi, avec des pétales bleu glacier et des sépales blancs barbouillés d’indigo. Les Craig sont moins productifs mais leurs TOUCH OF COLOR (91) à peine amoena inversé, VOLATILE (96), blanc bleuté, ou BLUEBERRY ICE (97), plicata bleu, sont des variétés plaisantes. Les Spoon ont acquis une belle réputation en quelques années. BLANEY MARLOW (96) qui offre une certaine ressemblance avec l’inimitable COLOR CARNIVAL, puis UNCLE CHARLIE (99) blanc très pur à barbes mauves et MY GINNY (2000), brillant bicolore rose orangé et magenta, laissent présager des performances enviables. La famille Cadd, pour ce qui la concerne, n’a commencé d’enregistrer qu’en 1999, mais elle promet des lendemains qui chantent car elle a réussi cette année un doublé mémorable à Florence (Florin d’Or pour FROSTED FANTASY (2000) et d’Argent pour MIDNIGHT MINK (2000). Le premier est blanc, nuancé d’argent, le second est un bleu nuit profond. Ajoutez à cela le superbe amoena sombre CHANGE OF MILLENIUM (99), et vous aurez un aperçu du talent de ces deux obtenteurs.

Mais il n’y a pas qu’aux Etats-Unis où monsieur et madame se mettent à hybrider ! Prenez les Blyth, en Australie. Lesley, l’ex-épouse a obtenu, par exemple, le fameux LIGHT BEAM (85) qui donne l’impression d’être un plicata jaune, mais c’est Barry qui nous gratifie chaque année d’une multitude de variétés nouvelles. Pour n’en citer qu’un petit nombre, choisissons CABARET ROYALE (76) qui n’est plus à décrire, NEUTRON DANCE (87), amoena jaune très contrasté, LOVE CHANT(79), magistral amoena orange, REMBRANDT MAGIC (92), magnifique iris café à barbes moutarde, ou TOMORROW’S CHILD (84), bicolore orchidée et bourgogne. En France, nous avons connu la famille Anfosso. Plutôt les familles car les aînés, Pierre et Monique, ont donné le virus aux plus jeunes, Pierre-Christian et Laure. L’iridophilie est bien marrie du désintérêt que ces obtenteurs talentueux manifestent aujourd’hui à l’égard des iris. Jusqu’en Russie, l’iridophilie à deux s’est répandue : le ménage Gordodelov, au pied du Caucase, a sélectionné un grand nombre de variétés, toutes de parents inconnus, comme des enfants trouvés. Et maintenant Sergeï Loktev travaille de conserve avec sa compagne Ludmilla Rozanova. Leur entreprise, qui concerne tous les types d’iris, est bien dans la ligne de l’iridophilie russe actuelle, davantage orientée vers le nombre que vers la qualité.

Hybrider à deux, c’est apparemment mieux, ou tout au moins source d’un complément de motivation. Nous venons de voir que les couples d’hybrideurs sont nombreux et déterminés. Mais depuis longtemps de solides relations entre hommes ont abouti au même résultat. Dans une prochaine chronique, nous évoquerons ce phénomène.
L’ENIGME DE LA SEMAINE

Qu’est-ce que c’est ?

A vous de deviner ce qui se cache derrière le texte ci-dessous.

GALANTERIO
Sem. 9545A, AA, 90 cm, MT. Hel-flavaj petaloj ; siringaj hel-rozaj sepaloj ; or-flavaj aristoj. 92102B : (Tracy Tyrene x Sweet Musette) X Jazzed Up.

MISTERA
Sem ; 98168B. AA, 90 cm, MS. Mez-violaj petaloj ; veluraj nigraj petaloj ; bronzaj aristoj. 96190B : (94973 : (In Town x Night Edition) x Futuriste) X Romantic Evening.

RUKULADO
Sem. 9549B, AA, 90 cm, MF. Puraj blankaj petaloj ; puraj blankaj sepaloj, kun granda abrikota centra spoto kaj blanka centra linio, abrikotaj wultroj ; miniaj aristoj. Sf. de ‘Kastelo d’Auvers’.


RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE

Danseurs de tous pays…

La variété qui n’est pas américaine est PEKING DANCER (Blyth –Australie- 85)

21.1.05

ARDENTE HUMEUR

Il y a quelques semaines, une ardente discussion s’est engagée sur le Net à propos de l’iris FIERY TEMPER (Keppel 2000). Le sujet de la discussion est venu d’une photo publiée sur hortnet.com dans laquelle certains n’ont pas reconnu le FIERY TEMPER qu’ils cultivent.

Dans les « Registrations and Introductions 2000 », FIERY TEMPER est décrit par Keith Keppel avec la minutie et le souci du détail qui le caractérise. Voici cette définition : « Pétales violet dahlia ; style violet dahlia ombré et liseré de jaune abricot ; sépales rouge-noir ; barbes d’orange douce-amère à rouge tuile. (Night Game x ((Tomorrow’s Child x (Show Biz x Villain)) x Gallant Rogue)) X Romantic Evening. » La magnifique image proposée représentait un iris aux pétales dans les tons de mauve rosé, au cœur illuminé d’orange, sur des sépales violet aubergine, plus clairs sous les barbes, avec un liseré mauve. Plusieurs observateurs ont dit : »mais ce n’est pas ça les couleurs de FIERY TEMPER, chez moi il est beaucoup plus sombre » et d’en apporter la preuve, photo à l’appui, y compris celle extraite du catalogue Keppel. Certain même a fourni la photo d’un iris franchement aubergine foncé, à peine plus clair aux pétales. Pourtant toutes ces photos représentaient bien la même variété !

Ces différences se sont révélées avoir plusieurs causes. La première étant les conditions dans lesquelles a été faites les photographies (âge de la fleur, heure de la prise de vue, lumière ambiante…). Il s’est avéré que certains clichés avaient été pris de bon matin, d’autres en pleine journée, d’autres vers le soir ; que certains représentaient une fleur à peine éclose, d’autres une fleur pleinement épanouie. Il était également évident que ces clichés provenaient des quatre coins des Etats-Unis avec des conditions d’ensoleillement très variables, depuis les brumes de l’Oregon, jusqu’à l’éclatant soleil du désert de l’Arizona ! Et il semble bien que ce soit ces conditions climatiques qui aient été à l’origine de la plupart des variations constatées. Dans les conditions fraîches et humides du Nord-Ouest des USA, l’iris présentait des teintes rutilantes mais sombres, alors qu’au sud, plus le climat devenait sec et chaud, plus la fleur s’éclaircissait, mais sans perdre de son éclat. L’ardente humeur de FIERY TEMPER s’accommode à sa façon des variations climatiques. C’est une fois de plus la confirmation d’une constatation faite depuis bien longtemps qui montre que les teintes « rouges » tiennent moins bien au soleil que les teintes claires, de même que les iris violets ou bleu foncé réussissent mieux là où la lumière est moins vive. Et c’est d’ailleurs ce qui fait que les iris se plaisent si bien dans le Nord-Ouest (Oregon, Washington et nord de la Californie) et y sont si somptueux.

En tout cas cette discussion nous a valu une avalanche de photos, toutes plus belles les unes que les autres, d’un iris superbe, que l’on voudrait tous avoir dans son jardin.


L’ENIGME DE LA SEMAINE

Danseurs de tous pays…

De ces cinq danseurs, il n’y en a qu’un qui, en fait, ne soit pas américain. Lequel ?

EXOTIC DANCER
FIJI DANCER
ISLAND DANCER
JUNGLE DANCER
PEKING DANCER


RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE

Vive la danse

L’iris qui n’est pas australien est CIRCUS DANCER (Sutton –USA- 2001).

14.1.05

FILLES A PAPA

Quatre variétés obtenues par Richard Cayeux ont été baptisées du prénom de ses quatre filles. C’est une touchante attention paternelle, mais là n’est pas la seule particularité de ces quatre iris qui présentent d’intéressantes similitudes.

Dans l’ordre chronologique c’est ASTRID C. (91) qui est apparu en premier. C’est un iris aux pétales blancs et aux sépales mauve clair avec un liseré un peu plus foncé, et une barbe minium. Vient ensuite HORTENSE C. (93) qui fait partie de la grande série « bleu-blanc-rouge » chère à Richard Cayeux. Ses pétales sont crème, ses sépales sont violets, striés de blanc sous les barbes rouges, héritées de ses ancêtres Shoop. Puis c’est au tour de HÉLÈNE C. d’entrer en scène, en 1994. C’est une plantureuse fleur rose orchidée. Enfin voici SIXTINE C. (94), le plus original des quatre (j’en ai parlé dans une récente chronique), qui a toute la fraîcheur de ses pétales blancs surmontant des sépales, blancs également mais veinés d’un bleu indigo clair devenant de plus en plus dense à mesure que l’on s’approche des bords. Voilà quatre iris bien différents les uns des autres. Pour leur trouver des liens de parenté il faut aller piocher dans leurs pedigrees.

ASTRID C. est issu de HEAVENLY HARMONY (Hamblen 77) X METROPOLITAN (Nelson R. 78). Le premier est un pur produit Hamblen, sans liens génétiques immédiats avec les antécédents des autres iris dont il est question aujourd’hui. METROPOLITAN, lavande et lilas, qui a été très apprécié en son temps, provient de LIGHTNING RIDGE (O. Brown 66), un bicolore pêche et violet, à barbes rouges. A côté de cela, la souche maternelle d’HORTENSE C. contient LOVE BANDIT (Blyth 77), bicolore dragée / lilas qui a lui-même pour parent LATIN TEMPO (Blyth 74), derrière lequel apparaît …LIGHTNING RIDGE cité ci-dessus. Astrid et Hortense, sœurs, sont ainsi cousines par iris interposé !

HORTENSE C. continue de faire le lien entre les quatre iris étudiés. Son pedigree s’écrit : (ALIZÉS sib x LOVE BANDIT) X (CONDOTTIERE x DELPHI). HÉLÈNE C. quant à lui est de ROSE X ENCHANTED WORLD. Comme ça, rien à voir. Voire ! Parce que derrière ROSE se cache HOLIDAY HOUSE (Gaulter 73) lui-même issu de LAURIE et, par là, de CLAUDIA RENE (Gaulter 63). Mais aussi LOVE BANDIT, est venu de LATIN TEMPO, qui vient à son tour de CLAUDIA RENE. Hortense et Hélène, sœurs dans la vie, sont cousines à la troisième ou quatrième génération chez les variétés qui les représentent.

Dans le pedigree d’HORTENSE C. on a vu que se trouve le fameux croisement (CONDOTTIERE X DELPHI), qui est son « papa » ; mais ce même croisement est aussi le « papa » de SIXTINE C. ! On ne peut pas avoir de liens plus étroits ! Sœurs à l’état civil, Hortense et Sixtine sont aussi demi-sœurs d’iris…

Je ne sais pas si Richard Cayeux a, pour dédier des fleurs à ses enfants, choisi délibérément des variétés parentes. Si c’est le cas, c’est bien vu, mais c’est peut-être le hasard qui se dissimule derrière tout cela. Et alors, c’est merveilleux ! …