25.3.16

PRODUIT DE FRANCE

Depuis l'année 2000 nos compatriotes n'hésitent plus à enregistrer les produits de leurs hybridations. Cela nous vaut une abondance de nouvelles variétés dont la qualité progresse d'année en année. Et de nombreux nouveaux hybrideurs se font ainsi connaître à côté d'anciens toujours aussi valeureux. Pendant quelques semaines nous allons rendre hommage aux uns et aux autres en publiant les photos de leurs plus belles réalisations.

2007
Plusieurs « petits nouveaux » parmi les obtenteurs, cette année. En voici trois (sur quatre).


 'First One' (A. Chapelle, 2007) - Yaquina Blue X Rebecca Perret 


'Je Pense à Fernande' (J . Boulon, 2007) - Green and Gifted X Conjuration 


'Rose-Linda Vasquez' (R.L. Vasquez, 2007) - Hindu Magic X Magic Kingdom 


'Rosmalo' (G. Madoré, 2007) - (Pagan Pink x Cherub’s Smile) X Pretty in Pink

CRÉPUSCULE ORIENTAL

Nous allons parler aujourd'hui d'une remarquable série d'iris arilbreds obtenus par Lawrence Ransom depuis 2010. Il s'agit de 'Eastern Dusk' (2010) -d'où le nom de cette chronique – et de ses descendants.

Tout remonte, en fait à un iris aux origines imprécises, baptisé 'Vera' par la maison van Tubergen qui l'a commercialisé dans les années 1950, et qui a été mis sur le marché américain par Henry Danielson, de El Paso (Texas), en 1969. La pépinière Danielson, Mount Clare Iris Garden, était spécialisée dans les iris arils et arilbreds. C'est à ce titre qu'elle a proposé 'Vera'.

Plus qu'une variété quelconque, 'Vera' est, semble-t-il, un cultivar brun-rouge et violacé issu d'un croisement de deux espèces du groupe des Regelias, I. korolkowii et I. stolonifera.

 Ce groupe rassemble des iris arils originaires d'Asie Centrale. A partir de ce 'Vera' Lawrence Ransom a développé une recherche visant à créer des arilbreds originaux. En 1996 il a mis à son catalogue quatre variétés étonnantes d'arilbreds obtenues en croisant 'Vera' et des SDB classiques. Deux autres frères de semis des précédents sont apparus en 1998. Cependant c'est un autre croisement de 'Vera' qui a donné les résultats les plus intéressants. Il s'agit de Vera X Faux Pas ; Faux Pas (Keppel, 1989) étant un BB très connu et apprécié.

 Ransom a enregistré deux enfants de ce croisement : 'Eastern Blush' (2001), puis 'Eastern Dusk' (2010), et c'est de ce dernier que proviennent les arilbreds de la série dont nous parlons.

 En fait il y a eu cinq croisements productifs :
 Melting Pot X Eastern Dusk
Eastern Dusk X Jet-Setter
 Eastern Dusk X Outrage
Eastern Dusk X Lord of Letters
Eastern Dusk X Thornbird .

Du premier, L. Ransom a obtenu : 'Azadi' (2011) 'Grigri' (2012) 'Shahbada' (2010) 'Spices at Dusk' (2010) 'Trescols Ramdam' (2012)
Le second a donné 'Fruity' (2010)
Le troisième 'Poisonous' (2010)
Le quatrième 'Sleazy' (2012)
Et le cinquième 'Refosco' (2010) 'Sandthorn' (2011).

 Ces dix iris, tous plus beaux et originaux les uns que les autres, confirment tout le bien qu'on pensait de Lawrence Ransom et récompensent un travail persévérant et inspiré. Il est dommage que les arils et arilbreds, par le fait qu'ils soient délicats à cultiver, n'intéressent qu'un tout petit nombre d'amateurs habiles et méticuleux. Les arils et arilbreds ne nourrissent pas leur homme. Il faut quelqu'un d'aussi passionné et désintéressé que Lawrence Ransom pour continuer de leur accorder de l'attention ! Ce ne sera donc jamais des plantes de grande diffusion, et c'est pour cela qu'ils ne constituent qu'une toute petite partie du monde des iris. Mais il est agréable de constater qu'en dépit de conditions climatiques pas vraiment adaptées à leur culture, il est possible de les obtenir et de les faire pousser dans nos jardins, au moins au sud d'une ligne Bordeaux-Lyon.

Illustrations : 


'Eastern Dusk' 


'Faux Pas' 


'Azadi' 


'Fruity' 


'Sleazy'

18.3.16

PRODUIT DE FRANCE

Depuis l'année 2000 nos compatriotes n'hésitent plus à enregistrer les produits de leurs hybridations. Cela nous vaut une abondance de nouvelles variétés dont la qualité progresse d'année en année. Et de nombreux nouveaux hybrideurs se font ainsi connaître à côté d'anciens toujours aussi valeureux. Pendant quelques semaines nous allons rendre hommage aux uns et aux autres en publiant les photos de leurs plus belles réalisations. 

2006 
Les années fastes sont revenues. 

 'Bouschet' (B. Laporte, 2006) - Forge Fire X Rive Gauche 


'Iode' (L. Ransom, 2006) - Thalasso X Claude-Louis Gayrard 


 'Je l'Adore' (R. Cayeux, 2006) - Buisson de Roses X Prestige Item 


 'Miel de Lavande' (J.C. Jacob, 2006) - Seven Hills X Georgia Girl

UN QUART DE SIÈCLE D'IRIS FRANÇAIS 1990/2014

Pas facile de faire le compte exact des variétés d'iris enregistrées par des obtenteurs français au cours de ces 25 ans ! Il y a celles qui ont suivi le cursus normal et qui ont été enregistrées – via le « registrar » français – avant leur mise sur le marché (ou simultanément), celles dont l'enregistrement a été confié à un « registrar » étranger, et celles qui n'ont été enregistrées qu'après coup et dont le nom d'origine a du quelques fois être modifié. Sans compter celles dont l'obtenteur ne réside pas en France mais qui ont été enregistrées par notre « registrar » national, lequel – et c'est le cas actuellement – ne réside pas dans notre pays, car elles ne peuvent pas être qualifiées de « made in France » ! Cela dit, j'ai tout de même pu faire un décompte, mais je ne garantis pas qu'il n'y ait pas quelques inexactitudes...

Ce quart de siècle est caractérisé par l'existence de deux phases très distinctes : de 1990 à 1999, d'une part, et à partir de 2000 d'une autre. La première phase est la suite sans évolution de ce qui s'est passé auparavant : deux ou trois obtenteurs seulement font enregistrer leur travail ; ce sont des hybrideurs chevronnés, également, le plus souvent, pépiniéristes, qui créent, enregistrent et commercialisent leurs iris. Cela donne une moyenne de 15 enregistrements par an et un total de 7 hybrideurs seulement. Cette situation n'est pas nouvelle, en effet depuis des décennies il en est ainsi dans notre pays. La SFIB, pendant des années, a insisté pour que les hybrideurs amateurs fassent enregistrer leur travail, mais ses incitations n'ont eu aucun effet car, je ne sais pourquoi, les amateurs considéraient avec une humilité excessive que leur travail n'arrivait pas à la cheville de celui des professionnels, et n'osaient pas se mesurer à eux. Notre pays se situait donc parmi les moins productifs du monde des iris. En Europe, d'ailleurs, c'était un peu partout la même chose. Seuls les Allemands agissaient scrupuleusement.

 Brusquement, à partir de 2000, le nombre des enregistrement s'est mis à croître considérablement.

En 2000, deux nouveaux venus se sont manifesté. C'est le début d'un renouvellement qui se prolongera d'un nouveau venu en 2001. Par la suite dix autres obtenteurs vont faire leur apparition, et le nombre des enregistrements va passer à une moyenne de 34 par an. Comment peut-on expliquer ce changement ? A mon avis il faut y voir l'arrivée d'une nouvelle génération d'hybrideurs, réellement passionnés, et pas du tout intimidés par leurs grands aînés. Nous disposons enfin d'une représentation à la mesure du développement de l'iridophilie chez nous. Mais le renouvellement n'est pas achevé, et plusieurs hybrideurs très jeunes – la trentaine – se lance maintenant dans le grand bain, et les pionniers des années 2000/2010 ont atteint une maîtrise de leur art qui s'affirme d'année en année, dans tous les domaines de l'hybridation.

Car une des caractéristiques des iris français, c'est la diversité. On ne trouve pas seulement les grands iris de jardin (TB), mais aussi des cultivars de tous les types.

69 SDB
42 AB
36 IB
21 MDB
05 BB
03 MTB
03 LA
03 SPU
02 CA
02 JA
02 SPCX
01 SIB
01 AR

Ce choix est vraiment exceptionnel. Quant aux TB, il y en a dans toutes les catégories et dans tous les modèles. Ce constat en dit long sur la vivacité de l'iridophilie en France. Il existe cependant une regrettable lacune dans cette France des iris : la difficulté pour les non-professionnels à commercialiser leur production. Parce que les pépiniéristes ayant pignon sur rue sont aussi, le plus souvent, obtenteurs eux-mêmes, et qu'ils accordent bien naturellement une priorité à leurs obtentions dans leurs catalogues. Pour les autres, s'ils veulent que leurs iris sortent de leurs jardins, il faut qu'ils se lancent dans le commerce. C'est d'ailleurs ce qu'ils font, souvent avec beaucoup de succès. Aux USA il est très fréquent qu'un pépinériste-obtenteur diffuse certains iris de ses confrères. En France c'est rarissime ce qui n'est justifié que parl'extrème concurrence, sur un marché très étroit.

 Illustrations : 


 'Mamours' (Ransom, 2002 - SDB) 


'Massoud' (Ransom, 2010 - AB) 


'Ombrageux' (Gestreau, 2012 - IB)


'Planète Magique' (P. Anfosso, 1991 - SDB) 


'Satyre' (Ransom, 1999 - SDB)

11.3.16

ECHOS DU MONDE DES IRIS

Gladys Clarke 

 Le petit monde français des iris a appris en fin de la semaine dernière avec un vrai chagrin la décès, à 96 ans, de la fondatrice de la SFIB : Gladys C. Clarke.

Cette personne énergique et de caractère est née en Chine à l'époque où ce pays s'ouvrait modestement aux contacts avec l'Occident. Elle y vécut pendant toute son adolescence et sa prime jeunesse. C'est là-bas qu'elle apprit à connaître les fleurs. Comme toutes les jeunes filles de bonne famille, elle avait été éduquée dans l'art des bouquets et s'était éprise des plantes qu'elle utilisait dans ses compositions. Par la suite elle se prit d'une passion particulière pour les iris. Installée dans l'arrière pays grassois après de nombreuses années à parcourir le monde, elle avait remarqué que pour certaines fleurs existait une association d'amateurs et elle s'étonnait qu'il n'en soit pas ainsi pour les iris. Avec l'aide de quelques amis aussi passionnés qu'elle, dont le Prince Wolkonsky, qui devait en devenir le premier président, elle créa donc la « Société Française des Amateurs d'Iris », autrement dit SFAI. C'était en 1959. En 1966, après pas mal de mésaventures et de tribulations, cette société devait s'adjoindre une activité liée aux plantes bulbeuses et devenir la SFIB, telle que nous la connaissons encore.

Gladys Clarke ne s'est retirée de sa chère SFIB que dans les années 1990. Depuis sa résidence de Domme, dans le Périgord, elle a suivi jusqu'au bout les activités et les psychodrames de cette association qui était l’œuvre de sa vie. De son côté, quelles que soient ses péripéties, la SFIB lui a toujours voué une affectueuse déférence.

Une biographie plus étoffée sera publiée dans la prochaine Revue de la SFIB, en fin d'année 2016.

ARILS OU APOGONS : MADE IN FRANCE

Irisenligne accorde, évidemment, une place prépondérante aux iris à barbes, surtout aux grands iris (TB). Mais c'est en préparant un chronique sur les enregistrements d'iris français que m'est venue l'idée de faire le point sur des variétés françaises mais d'une autre nature. Parce qu'elles sont étonnamment nombreuses, et très originales, en particulier lorsqu'ils s'agit d'iris Arils (AB) (1).

D'après mes sources, c'est en 1986 que sont apparus les premiers AB français. Ils provenaient des recherches de Pierre Anfosso, homme curieux de tout et s'intéressant à tout ce qui sortait de l'ordinaire, et de son fils Pierre-Christian. Le côté étrange et exotique des arils et arilbreds avaient tout pour les séduire.

 'Giboulée' (P. Anfosso, 1986) est un arilbred issu d'un croisement de TB et d'Aril : Song of Erin X Esther the Queen. Cet iris ressemble beaucoup à un TB, tandis que l'autre variété de l'année, 'Zazou' (PC Anfosso, 1986) a conservé le traits caractéristiques des Arils. La famille Anfosso a continué sur sa lancée et nous a offert 'Equateur' (1988), frère de semis de 'Zazou', puis 'Byzance ' (1990), avant de passer à autre chose.

Le grand spécialiste français des iris Arils est sans conteste Lawrence Ransom. Toujours à l'affût de découvertes innovantes, il a commencé dans ce domaine par une série de « regelia-bred », tous issus d'un croisement interspécifique dénommé 'Vera' (van Tubergen, NR) reconnu comme étant un croisement de I. stolonifera X I. korolkowii. Ces iris sont apparus en 1996. La plupart sont dans les tons de jaune marqué de mauve ou pourpre sur les sépales, à l'exception de 'Vera-Beatrice', bleu-indigo. D'une autre origine (I. suziana et I. sari) 'Tadzhiki Bandit' et 'Tadzhiki Eclipse' auront une descendance intéressante. L'année suivante Ransom a présenté 'Tauris' et 'Urmia', deux variétés issues de I. hoogiana, typiques, avec leur signal sombre au centre de fleurs bleues. 'Easter Blush' (2001), puis 'Benazir' (2007) et 'Aravane' (2010) continuent la série issue de 'Vera'. Tout comme 'Easter Dusk' (2010) à partir duquel L. Ransom a obtenu toute une suite de variétés particulièrement belles et originales. Nous avons là une spécialité française exceptionnelle qui est l’œuvre d'un irisarien passionné, toujours à la recherche de la perfection dans tous les domaines de l'hybridation.

 Un autre obtenteur qui sort du commun, c'est Jean Peyrard. Il abordé la plupart des domaines avec beaucoup de bonheur. Son AB 'Ear Falas' (2005), croisement AB X SDB, est une plante qui a obtenu un succès international. Tout comme cela avait été le cas avec 'Thabor' (1991), bien connu aux USA.

Quittons les Arilbreds pour nous diriger vers les Spurias. Il fut un temps où la famille Anfosso s'était distinguée dans cette catégorie. Entre 1988 et 1990 Pierre Anfosso s'est intéressé à ces grands iris très spectaculaires. Le premier s'appelle 'Mezcal' et est apparu en 1988. L'année 1989 fut celle d'une profusion de Spurias signés Anfosso. On ne peut pas tous les citer, mais on peut retenir 'Tenere', richement coloré de jaune et d'acajou. En 1990, 'Cafeine' et 'Louqsor', proche de l'espèce de base, marquent la fin de l'expérience. Cette proximité avec l'espèce I. ochroleuca est aussi le cas des variétés proposées par Lawrence Ransom en 2011. Jérôme Boulon est également un passionné des spurias, mais jusqu'à présent il n'a pas enregistré de variétés de son cru.

En matière d'Iris du Japon, la France n'est pas en reste, même si sa production en ce domaine est encore anecdotique. Cependant Jean Peyrard en 2000, avec 'Messire Mickael', en bleu, puis Richard Cayeux, en 2006, avec 'Extase', s'y sont exercés.

Le catalogue français n'est pas beaucoup plus riche en matière d'Iris de Californie (PCN) puisque seulement Jean Peyrard (encore lui !) s'y est lancé, avec 'Sonam' (1997), 'Tropézienne' (1995) et 'Viva Maria' (1998). Cependant mon petit doigt me dit que nous ne devrions pas en rester là car du côté de la baie de Morlaix il y a de jolies choses qui se préparent !

Autre domaine exceptionnel chez nous, les iris de Sibérie. C'est assez étonnant mais ces plantes faciles ne sont présentes en notre pays que grâce à 'Lightly Touched' (Peyrard, 1991), et encore cette variété n'a-t-elle été mise sur le marché qu'en Amérique.

Terminons par ce qui est le plus surprenant, l'obtention d'iris de Louisiane. On ne s'attend pas à cela sous notre climat, sachant que ces plantes demandent en principe des étés chauds et humides et des hivers doux et secs : le contraire de ce que nous connaissons. Néanmoins il y a des LA français. Ils proviennent de Provence, et datent des années 1988/1991, la grande période de la famille Anfosso. Le 'Cassiopée', rouge brique, de Laure Anfosso (1988) et le 'Tequila' (1988), bleu, de son père, marquent le début de l'exercice. Ont suivi 'Barbare' (P. Anfosso, 1989) puis 'Cosi Fan Tutte' (L. Anfosso, 1990). Comme pour le reste, la belle aventure a pris fin au début des années 1990...

Ce tour d'horizon apporte la preuve que « impossible n'est pas français » ! Et ce n'est pas faire preuve de chauvinisme que de constater que dans notre hexagone on ne cultive pas que des grands iris.

(1) Les iris Arilbreds sont des croisements entre iris Arils (Regelia, Pseudoregelia, Oncocyclus) et Pogoniris (par exemple Grands Iris de Jardin -TB-). Pour être qualifiés d'AB ils doivent porter au moins 50% de « sang » Aril.

 Illustrations : 


'Cosi Fan Tutte' (cl.Iris en Provence)


 'Ear Falas' (cl. Ransom)


 'Eastern Dusk' (cl. Ransom)


'Tenere' (cl. Iris en Provence)


'Viva Maria' (cl. Ransom)

LA FLEUR DU MOIS 'Yaquina Blue'

(((Cup Race x Tufted Cloud) x Sailor's Dance) x (Sapphire Hills x (Parisian Blue x ((Blue Linen sib x (semis x Violet Harmony)) x (Swan Ballet x Snowy Heron))))) X ((((((Black Onyx x semis) x Grand Ball) x (Sterling Silver x (((Pierre Menard x (Blue Rhythm x Chivalry)) x Harbor Blue) x (Blue Sapphire x Harbor Blue)))) x inconnu) x Neptune's Pool) x Royal Regency sib 

En août 2001, voici ce que j'écrivais à propos de 'Yaquina Blue' et de sa Médaille de Dykes fraîchement obtenue:  « On peut dire que c’est un outsider qui a gagné. Le favori était 'Clarence', de Lloyd Zurbrigg, devant 'Mesmerizer', le fameux blanc space-age de Monty Byers et 'Celebration Song', autre produit Schreiner. A défaut de se mettre d’accord sur l’un de ces candidats, les juges ont choisi un quatrième larron, qui faisait partie du lot des variétés les plus appréciées. » 'Clarence', malgré ses qualités et son originalité n'a jamais été couronné, mais les deux autres ont eu leur heure de gloire : 'Mesmerizer' en 2002, et 'Celebration Song' en 2003. Il suffisait d'être patient ! Pour Monty Byers, ce fut le dernier feu d'un génial hybrideur trop tôt disparu. Pour Schreiner c'est la dernière victoire avant un très long purgatoire qui dure encore en 2015.

'Yaquina Blue' a figuré dans la liste de mes iris, mais il n'y est pas resté longtemps car après quelques années brillantes, il a brusquement disparu sans explication. Je ne lui en veux pas, de cette défection. Il arrive que les meilleurs aient des faiblesses...

Les variétés qui reçoivent la DM sont très généralement des plantes de qualité. 'Yaquina Blue' répond à cette définition et sa médaille n'est pas usurpée. Avec son pedigree bien difficile à lire, il marque l'aboutissement d'une lignée d'iris bleus où l'on retrouve à peu près tout le gratin des fleurs de cette couleur. 'Yaquina Blue' est certainement une des variétés qui a obtenu le plus grand nombre de distinctions : Franklin Cook Memorial Cup en 1996 ( iris provenant d’une région autre que la région organisatrice le plus apprécié lors de la Convention Nationale), Wister Medal (meilleur grand iris) en 1998, n° 2 pour la DM de 1999 (l’équivalent de la médaille de bronze dans un concours olympique), n° 1 pour la DM de 2000 (médaille d’argent). Difficile de faire mieux !

Avec un CV comme celui-là, il n'est pas étonnant que 'Yaquina Blue' ait excité la convoitise des hybrideurs du monde entier. Ils sont vingt-sept à l'avoir utilisé. Dont quatorze américains, mais aussi des hybrideurs de sept autres pays, ce qui fait de 'Yaquina Blue' une des variétés les plus internationales qui soit. Les meilleurs obtenteurs du monde l'ont utilisé : la Maison Schreiner, bien sûr, puis les Sutton père et fils, Keith Keppel, Tom Burseen et quelques autres. En France il a intéressé Richard Cayeux, Jean-Claude Jacob, Alain Chapelle et Bernard Laporte ; en Allemagne Anne-Ruth Brehm, Harald Moos et Manfred Beer, en Italie Lorena Montanari et Roberto Marucchi, en Russie Vladimir Osipenko et Yuri Krutchenko, en Ukraine Igor Khorosh et en Australie Graeme Grosvenor.

Plusieurs de ses descendants ont atteint la célébrité, comme 'Sea Power' (Keppel, 1998) Wister Medal 2005 et Dykes Medal 2006, ou 'World Premier' (Schreiner, 1998) Wister Medal 2004. 'Above the Clouds' (Schreiner, 2001), 'Adriatic Waves' (Keppel, 2008) ou 'Merchant Marine' (Keppel, 2006) font aussi partie des plus connus.

C'est bien entendu les tons de bleu qui dominent parmi ses descendants, mais il y a quelques exceptions, dans les blancs comme 'Porcelain Angel' (Schreiner, 2003), ou 'White Pool' (Grosvenor, 2003), ou dans les variegatas comme 'Static Electricity' (M. Sutton, 2012).

J'ai bien regretté que 'Yaquina Blue' n'ait pas persévéré sa croissance dans mon jardin. Je persiste à penser qu'un aussi bel iris y avait toute sa place.

Illustrations : 


'Yaquina Blue' 


'Above the Clouds' 


'White Pool' 


'Static Electricity'

4.3.16

PRODUIT DE FRANCE

Depuis l'année 2000 nos compatriotes n'hésitent plus à enregistrer les produits de leurs hybridations. Cela nous vaut une abondance de nouvelles variétés dont la qualité progresse d'année en année. Et de nombreux nouveaux hybrideurs se font ainsi connaître à côté d'anciens toujours aussi valeureux. Pendant quelques semaines nous allons rendre hommage aux uns et aux autres en publiant les photos de leurs plus belles réalisations.

 2005 
Abondance et qualité sont les vocables qui conviennent le mieux au cru 2005. En voici quatre extraits :

 'Aube Rose' (C. Murati, 2005) – parents inconnus 


'Noctambule' (R. Cayeux, 2005) - ((Rebecca Perret x semis) x (Bal Masque x (Astrid Cayeux x Helene C.))) X (Futuriste x (In Town x Night Edition)) 


'Ploumanach' (G. Madoré, 2005) - Social Event X Bubble Up 


 'Rose Bonbon' (G. Dalvard, 2005) - Coquetterie X Enchanted World

ECHOS DU MONDE DES IRIS

2016 : année de l'iris chez Fragonard. 

C’est inspiré par la richesse olfactive de l’Iris, que Fragonard a créé une ligne parfumée à la fleur de l’année 2016.

 Le parfum particulier de notre fleur préférée, longtemps en perte de vitesse du fait, surtout, du coût exorbitant de la matière première, revient puissamment en grâce depuis quelques années. Fragonard s'y met à son tour et ceux qui passeront par Grasse pendant leurs vacances pourront y apprécier cette nouvelle ligne.

LES PETITS MAÎTRES DES ANNÉES FOLLES

Les années 1920/1930 ont été outrageusement dominées par la personnalité – et le talent – de Ferdinand Cayeux. Cependant ce grand personnage, admiré partout dans le monde, n'était pas le seul dans le microcosme français des iris. Certes son principal concurrent, Philippe de Vilmorin, associé à son alter ego Séraphin Mottet, avait quitté ce monde en 1917, et laissé béante un vaste espace, mais d'autres hybrideurs tentaient de se faire une place au soleil.

 Commençons par dire deux mots d'un obtenteur dénommé Bouscant. Il n'est pas facile d'obtenir aujourd'hui des précisions concernant ce personnage. J'ai découvert qu'il s'agissait de Alexandre Bouscant, horticulteur à Fontenay aux Roses. Cet homme bien oublié de nos jours s'est intéressé aux iris, et, dans les travaux de la Commission des Iris de 1933, le Secrétaire de la Commission, J.M. Duvernay, cite parmi les variétés remarquables du moment un iris nommé 'Frida', forte plante aux fleurs bitones bleu dauphin aux pétales et violet moyen aux sépales, avec des barbes jaune safran. Le nom de Bouscant apparaît une seconde fois dans celui d'une variété de la Maison Millet baptisée 'Mme Cécile Bouscant' (1923), variété tétraploïde de couleur rose orchidée. Il semble que la renommée de cet hybrideur n'ait pas atteint les États-Unis d'Amérique : ni « The World of Irises », ni Clarence Mahan n'y font allusion.

 Un autre petit maître peu connu est Auguste Nonin, horticulteur à Châtillon sous Bagneux. Il était beaucoup plus réputé pour ses chrysanthèmes et surtout ses roses. 'Madame Auguste Nonin' est un rosier que l'on trouve encore aujourd'hui. Mais il avait aussi un intérêt pour les iris (il a fait partie de la Commission des Iris, en 1926) et quelques-unes de ses obtentions ont été remarquées, comme 'Odette Olivet' (?), unicolore rose mauve vif, mêlé de lilas, 'Marie-Louise', (1918), mauve, 'Candeur' (1933), blanc comme son nom le laisse à penser, ou 'Fraîcheur' (1933), plicata blanc de porcelaine, teinté et marginé de rose magenta.

 On franchit un niveau quand on passe aux autres confrères de Ferdinand Cayeux. En effet qu'il s'agisse de Fernand Denis ou de Millet père puis fils, on a affaire à des hybrideurs internationalement connus.

 Fernand Denis était déjà un irisarien chevronné au début des années folles puisqu'il avait 62 ans en 1920 et que ses premiers iris datent des années 1900, comme 'Troost' (1904). J.M. Duvernay dans l'ouvrage pré-cité dit de lui : « M. Denis, qui a tant contribué à l'amélioration du genre Iris, et à qui nous devons la série de magnifiques hybrides de Ricardi (…). » Ce patriarche de l'hybridation vivaient à Balaruc-les-Bains, sur l'étang de Thau, non loin d'où demeure Jean Ségui, autre hybrideur réputé. Son haut fait d'arme est d'avoir fait usage dans ses croisements de Ricardi qui est la version horticole de l'espèce I. mesopotamica. Convaincu que les grosses fleurs de cette espèce devaient apporter un progrès dans l'hybridation des iris, il avait pratiqué ce croisement interspécifique I. mesopotamica X I. germanica sans savoir qu'il unissait deux plantes au nombre de chromosomes différent et qu'avec un peu de chance il allait transférer la tétraploïdie de son Ricardi aux variétés diploïdes et provoquer ce qu'on a désigné sous le nom de « révolution tétraploïde ».

 Le plus fameux des descendants de Ricardi est sans doute 'Mme Chobaut' qui est déjà une variété ancienne au moment de début de cette chronique puisque enregistré en 1916. C. Mahan le décrit ainsi : « un fond de couleur jaune calcédoine qui devient blanc sur les sépales. Ses pétales sont teintés et liserés de rouge violacé clair, et ses sépales sont veinés et striés de rouge violacé. » D'autres variétés issues avec certitude de Ricardi se nomment 'Andrée Autissier' (1921), indigo clair, 'Melle Schwartz' (1916), mauve pâle, ou 'Blanc-Bleuté' (1922), bleu glacier. Ce dernier devait avoir une descendance illustre puisqu'on y trouve 'Missouri' (Grinter, 1932 – DM 1937), 'Chivalry' (Wills, 1943 – DM 1947) et 'Blue Sapphire' (Schreiner, 1953 – DM 1958), le gratin des iris bleus en quelque sorte.

Parmi les autres intéressants cultivars, il faut faire une place à 'Ochracea Caerulea' (1919), dont le nom latinisant ne doit pas faire oublier qu'il ne s'agit pas d'une espèce d'iris, mais d'une variété utilisée largement en hybridation par les confrères de F. Denis, dont F. Cayeux lui-même.

Avec plus de 150 variétés à son inventaire, Fernand Denis est un hybrideur important.

La famille Millet, avec Armand, le père, et Lionel, le fils, est l'autre versant de la concurrence à Ferdinand Cayeux. Compte tenu de sa renommée, il est sans doute un peu injuste de la classer parmi les « petits maîtres ». Mais elle ne se situe néanmoins pas au niveau de la Maison Cayeux qui, à l'époque, plantait déjà chaque année plus de 6000 semis !

Le plus important des iris obtenus à Bourg-la-Reine, par Armand Millet est sans conteste 'Souvenir de Mme Gaudichau' (1914) ainsi baptisé pour rendre hommage à Armandine Rosalie, fille de l'obtenteur, veuve à 34 ans et décédée à 44. Ce superbe tétraploïde dans les tons de bleu violacé a eu un impact considérable sur le monde des iris, notamment parce que Mitchell l'a utilisé pour obtenir 'Santa Clara' (1931) et qu'à partir de là ses gènes se retrouvent dans la plupart des iris bleus actuels et, par retombée indirecte, dans de très nombreuses variétés dans toutes les couleurs possible. Plusieurs variétés remarquables sont sorties des jardins Millet au cours des années 1920/1930. A commencer par le célèbre 'Romeo' (1922), qui est un genre de variegata, décrit par ses auteurs comme « Iris à petites fleurs et fines tiges solides. Pétales d'un joli jaune citron ; sépales où se mêlent le mauve et le rouge violacé avec une gorge striée et griffée d'acajou sur un fond blanc ». Le nom de 'Madame Cécile Bouscant' a été évoqué plus haut, mais il faut ajouter que cette variété vivement appréciée aux USA est à l'origine de nombreux iris dans les tons de brun ou de cuivre.

Moins largement commercialisés que ceux de son confrère Cayeux, et victimes des destructions dues à la deuxième guerre mondiale, la plupart des obtentions de la Maison Millet de la période 1920/1930 ont disparu. On trouve encore 'La Bohémienne' (1926), étrange sorte de plicata veiné de rouge magenta sur fond blanc, 'Henri Rivière' (1927), variegata crème et mauve, 'Germaine Perthuis' (1924), magnifique fleur violette à barbes jaunes, et quelques autres dont, et surtout, 'Souvenir de Laetitia Michaud', bleu violacé, d'une forme considérée comme parfaite.

Ainsi le règne incontestable de Ferdinand Cayeux n'a pas été sans partage, et si ses concurrents sont aujourd'hui un peu oubliés, ils ont cependant été de valeureux hybrideurs dont il ne faut pas négliger le travail.

 Illustrations : 


 'Madame Chobaut' 


'Ochracea Caerulea' 


'La Bohémienne' 


'Germaine Perthuis'

26.2.16

PRODUIT DE FRANCE

Depuis l'année 2000 nos compatriotes n'hésitent plus à enregistrer les produits de leurs hybridations. Cela nous vaut une abondance de nouvelles variétés dont la qualité progresse d'année en année. Et de nombreux nouveaux hybrideurs se font ainsi connaître à côté d'anciens toujours aussi valeureux. Pendant quelques semaines nous allons rendre hommage aux uns et aux autres en publiant les photos de leurs plus belles réalisations.

2004 

C'est la reprise ! Il n'y a que l'embarras du choix !


 'Dame du Lac' (V.Fur/B. Laporte, 2004) - Silverado X Sky Hooks 


 'Messire Pierre' (J. Peyrard, 2004) - (Sky Hooks x Golden Encore) X inconnu 


 'Ré la Blanche' (R. Cayeux, 2004) - ((Astrid Cayeux x Helene C.) x Rebecca Perret) X (Chevalier de Malte sib x First Interstate) 


 'Tout Simplement' (L. Ransom, 2004) IB - Blue Line X Birdbath

ECHOS DU MONDE DES IRIS

Exception française.

 Il est exceptionnel qu'un iris français obtienne une distinction aux États-Unis. Cette année, au mois de juin, s'est déroulé à Ann Arbor, petite ville du Michigan, entre Detroit, à l'est, et Chicago, à l'ouest, un « show » comme on les aime là-bas, c'est à dire une exposition où les amateurs du coin viennent montrer les plus belles parmi les variétés qu'ils cultivent. Et cette fois c'est une variété française qui a été sacrée « Best seedling of the show » ! Il s'agit d'un semis de René Dauphin, amateur éclairé, et ami du Président de la SFIB, maintenant décédé. Le n° 93-14. Il se trouve qu'un amateur américain, le photographe Brock Heilman, s'en est fait envie et l'a mis en culture, avec le résultat qu'on constate.

Cet iris n'a pas de nom. Mais sa soudaine notoriété va peut-être inciter Roland Dejoux à lui en donner un !

BOTANIQUE ET GÉOGRAPHIE (2eme partie)

Commençons cette seconde partie par l'Extrème-Orient :

Iris du Japon. 

Dans la série des LAEVIGATAE il y a entre autres I. ensata, qui est le nom savant des iris du Japon. Ce sont des fleurs cultivées depuis des temps immémoriaux au Japon où elles jouissent d'un engouement exceptionnel. Voici ce qu'en dit Richard Cayeux (2) :  « Il suffit d'avoir admiré un jour leurs fleurs qui semblent flotter dans l'air et leurs multiples associations de teintes pour (le) comprendre. » Après les grands iris des jardins, c'est certainement les hybrides les plus cultivés dans le monde.

Iris de Formose. 

Avec ces iris-là, nous restons en Extrême Orient. Nous sommes en présence de ce qu 'on a longtemps appelé les « iris à crête », et qui font partie de la série JAPONICAE. I. formosana, et son cousin I. japonica sont des plantes qui ne perdent pas leurs feuilles, étroites et longues, d'un vert moyen, qui portent des fleurs de petite taille, relativement nombreuses, sur des hampes grêles mais solides, blanches marquées de plumetis lilacés et ornées de crêtes jaunes. Ce sont des fleurs très originales, faciles à cultiver et dont la floraison, en juin, dure environ quatre semaines. I. formosana est originaire du nord-est de Taïwan, où il vit en lisière des forêts, sur les pentes des collines et les talus des routes, à partir de 500-1000 m d'altitude, ce qui en fait une plante rustique.

Pour terminer ce long voyage, nous allons franchir l'Atlantique et gagner l'Amérique.

Iris de Louisiane.

Les iris de Louisiane sont des plantes créées par l‘homme. Les croisements de base ont été effectués entre des espèces de la série des iris HEXAGONAE, originaires de l’embouchure du Mississipi et des régions environnantes, dans le sud des USA : I. brevicaulis, I. fulva et I. giganticaerulea, auxquels il faut ajouter Iris hexagona. Plus tard, I. nelsonii est venu apporter aux hybrides des coloris jusqu’alors inconnus dans le groupe, et surtout le rouge. Ce sont des plantes volumineuses et gourmandes, mais dont les fleurs, plutôt petites et aplaties, font partie des plus belles du monde des iris. Elles sont réputées peu rustiques, mais les plus récentes obtentions résistent bien au gel. Les champions de la culture des ces fleurs sont les Australiens, plus encore que les Américains !

Iris de Californie. 

Ce sont des hybrides d'apparition assez récente. Disons qu'ils sont apparus dans les années 1930. Pas aux États-Unis d'ailleurs, mais en Grande-Bretagne. Au début ce furent des espèces botaniques qui ont été utilisées, puis des croisements interspécifiques sont intervenus, dans le but de réunir les qualités de différentes espèces, toutes natives de la côte Ouest, entre l’État de Washington et celui de Californie. Le cocktail actuel est composé d'une douzaine d'espèces, mais il y en a quatre qui ont été majoritairement utilisées : I. douglasiana, I. innominata, I. tenax et I. munzii. Le résultat est un hybride qui forme rapidement de fortes touffes, qui préfèrent les sols acides et bien drainés, couvertes à la floraison de nombreuses fleurs généralement rondes, d'environ 8cm de diamètre, dans un choix remarquable de couleurs et de modèles. 

 Iris du Canada.

Le Québec, au Canada, s’est adjugé la paternité de I. versicolor au point d’en avoir fait sa fleur nationale on ne peut plus légalement, en 1999. Iris versicolor est le cousin américain de nos I. pseudacorus, iris qui pousse dans les fossés et se couvre de fleurs jaunes. I. versicolor lui ressemble beaucoup : ses fleurs, assez grandes mais étroites, ont des sépales qui s’évasent à la pointe, ce qui fait tout leur charme. De couleur bleue ou violacée, elles s’ornent d’un signal blanc et se teintent de jaune d’or au cœur. C’est cette couleur bleue qui les fait appeler communément aux États-Unis « blue flag », drapeau bleu. Il fait partie de la série des LAEVIGATAE. Ses origines asiatiques lui confèrent une solide résistance au froid. I. versicolor vit de préférence en milieu humide, voire inondé, mais il peut également pousser en terrain plus sec à la condition de l’arroser copieusement. Il lui faut néanmoins un sol acide, riche en nutriments.

 Nous terminons ici notre tour du globe.

 Qu'ils soient des plantes botaniques ou horticoles, tous ces iris démontrent la grande diversité du genre et attestent de sa diffusion mondiale.
 
(2) Richard Cayeux, L'Iris, une fleur royale.

19.2.16

PRODUIT DE FRANCE

Depuis l'année 2000 nos compatriotes n'hésitent plus à enregistrer les produits de leurs hybridations. Cela nous vaut une abondance de nouvelles variétés dont la qualité progresse d'année en année. Et de nombreux nouveaux hybrideurs se font ainsi connaître à côté d'anciens toujours aussi valeureux. Pendant quelques semaines nous allons rendre hommage aux uns et aux autres en publiant les photos de leurs plus belles réalisations. 

2003 
Encore une petite récolte, mais, patience, les années fastes vont revenir !


'Baldaquin' (G. Dalvard, 2003) - (Warm Gold x Chartreuse Ruffles) X Coquetterie 


'Château d'Auvers' (R. Cayeux, 2003) - Wings of Gold X ((semis x (Gypsy Caravan x Embassadora)) x (Peach Sundae x semis)) 


'Kir' (S. Ruaud, 2003) - "Beghina" X Sky Hooks 


'Vitrail' (R. Cayeux, 2003) IB - Hoodlum X Change of Pace

ECHOS DU MONDE DES IRIS

SYMPOSIUM 2015 

L'une des rares informations contenues dans le dernier numéro de « IRISES » concerne le Symposium 2015. Rappelons qu'il s'agit d'un vote de popularité accessible à tous les membres de l'AIS. Il est d'une remarquable stabilité. Cette année les quatre variétés les plus populaires restent les mêmes que l'an dernier et il n'y a aucun nouvel entrant dans les vingt premiers, et seulement 3 (1) sur 100 variétés classées.

'Dusky Challenger' conserve la première place. Il est apparu au classement en 1991 et ne l'a plus quitté. Il est numéro un pour la 22eme fois dont 19 fois consécutivement. Le plus ancien iris de la liste est 'Stepping Out', classé 12eme, présent sans discontinuer depuis son accession en 1966.

(1) – 'Daring Deception' (Johnson, 2012) - 'Jeanne Clay-Plank' (Kerr, 2012) - Insaniac' (Johnson, 2012)

BOTANIQUE ET GÉOGRAPHIE

L'iris, plante universelle ? Si l'on se fie au nombre de pays ou de région auxquels on a associé son nom, il semble bien qu'il y ait des iris qui proviennent d'un peu partout dans le monde. Dans les lignes qui suivent on va faire une sorte de tour du monde des iris, en se rapportant aux noms qu'on leur a donné, que ce soit dans leur dénomination botanique ou dans leur appellation vernaculaire.

Iris d'Angleterre.

L'iris connu sous le nom d'iris d'Angleterre est en réalité l'espèce I. latifolia ou X. latifolium. Originaire des Pyrénées et du nord de l'Espagne, on le rencontre par exemple, en abondance au cirque de Gavarnie et au col du Tourmalet, sur les pelouses de montagne. Dans l'inépuisable source d'information que l'on trouve sur Internet, on peut lire ce commentaire : « Cette appellation erronée provient du fait qu'aux environs de l'an 1600, le couvent d'Eichstätt en Allemagne reçut les premiers gros bulbes ovoïdes d'Angleterre, ce qui fit croire aux moines que cet iris croissait spontanément près de Bristol. C'est ainsi que, cultivée sous le nom Iris bulbosa angliana, cette plante devint l'iris d'Angleterre. Dans l' « ABCdaire des iris » les mêmes informations sont développées et, au plan botanique, il est ajouté : « (L'iris d'Angleterre) appartient au groupe des Xiphium (iris bulbeux) qui ne s'hybride avec aucune autre espèce. Les fleurs vont du blanc au pourpre et au bleu foncé, en passant par divers tons de violet. » (1)

Iris d'Espagne. 

Y a-t-il une confusion entre ce qu'on appelle l'iris d'Espagne et l'iris d'Angleterre ? Tous deux sont des Xiphium, mais l'ABCdaire des iris fait bien le distingo : « On regroupe sous (le nom d'Iris d'Espagne) un ensemble de variétés naturelles ou sélectionnées par l'homme, de Xiphium vulgare, espèce botanique spontanément répandue dans la péninsule ibérique (Espagne et Portugal), aux fleurs de coloris variés (…). Le nom de cette espèce correspond bien à sa localisation géographique, ce qui n'est pas le cas des iris d'Angleterre. (…) L'espèce et ses variétés font partie des iris cultivés pour la fleur coupée. » (1) A propos de la couleur des fleurs, R. Cayeux, dans « L'iris, une fleur royale » précise que ces couleurs sont « toujours marquées par une tache jaune sur les sépales. »

Iris de Hollande.

Pendant qu'on y est, restons dans le groupe Xiphium, parce que les iris de Hollande constituent « une série d'iris horticoles obtenus par hybridation entre deux espèces botaniques d'iris bulbeux du groupe Xiphium (…). »(1) Les couleurs obtenues, et qu'on peut voir dans les bouquets de fleuristes, mais aussi dans nos jardins lorsque les bulbes y sont plantés, sont dans les tons de bleu avec un spot jaune sur les sépales. C'est devenu une plante très commune.

Iris d'Allemagne

C'est le très célèbre I. x germanica, que nous connaissons tous et qui, depuis des siècles illumine nos jardins dès la fin de l'hiver, de ces fleurs généralement d'un violet sombre, mais qui peut, du fait d'innombrables croisements spontanés, prendre toutes sortes de tons, du bleu au pourpre. On a beaucoup glosé sur le fait de savoir s'il s'agissait d'une véritable espèce ou, simplement, de variétés naturalisées. « Il se caractérise par son feuillage plus ou moins persistant en hiver et ses grandes fleurs printanières violettes et odorantes dont les trois pétales dressés en forme d dôme sont de couleur plus claire que les trois sépales retombants, ornés d'une barbe jaune vif. » (1) Son rhizome horizontal à demi enterré s'allonge par l'extrémité, qui porte feuilles et hampe, et forme latéralement de nouveaux points de croissance. On peut dire qu'il constitue l'un des points de départ de tous les hybrides d'iris à barbes.

Iris d'Italie. 

Continuons notre tour d'Europe. L'iris d'Italie n'est pas à proprement parlé une espèce, ni même une variété, mais une version locale d'Iris germanica, dans sa forme blanche plus connue sous le nom d'iris de Florence, et d'Iris pallida, cultivée en Italie et très recherchée en parfumerie pour le rhizome, dont on extrait l'essence d'iris, après une préparation longue et laborieuse qui en fait le prix.

Iris de Dalmatie. 

Il s'agit de Iris pallida dont tout le monde s'accorde pour dire qu'il est originaire de Dalmatie, la région située en Croatie actuelle, tout au long de la côte de la mer Adriatique. En juin, des hampes florales se dressent au sommet du feuillage et portent des fleurs similaires à celles de Iris germanica mais d’un coloris bleu pâle, délicieusement parfumées. L’iris de Dalmatie, comme l'iris d'Italie, possède un rhizome odorant et est, de ce fait, cultivé pour la parfumerie.

 Iris d'Algérie. 

Traversons la Méditerranée pour nous intéresser à l'iris d'Algérie (ou d'Alger, tout simplement). Il s'agit de ce que les botanistes appellent I. unguicularis. C'est Richard Cayeux qui en parle le mieux : « Cet iris d'Alger présente le grand intérêt d'une floraison parfumée et hivernale (en fait de mi-novembre à mi-mars). Les fleurs relativement éphémères se renouvellent pendant presque quatre mois. »(2) La couleur varie du blanc (variété 'Winter's Treasure') au mauve vif. Cette plante est largement cultivée dans les régions tempérées et de nombreux cultivars ont été sélectionnés pour les jardins d'agrément.

Iris de Sibérie. 

Tous ceux qui s'intéressent aux iris connaissent les iris de Sibérie. Sous ce nom on range essentiellement l'espèce I. sibirica aux rhizomes minces et ligneux et au feuillage étroit, long et souple, qui pousse de préférence en milieu humide et donne d'adorables fleurs bleues. On la trouve en Europe centrale et orientale ainsi que dans le Caucase. En France, c'est une plante rare et protégée, qu'on rencontre en Alsace ainsi que dans le Jura et, peut-être, encore quelques fois en Charente Maritime.

Il en existe de très nombreux et très beaux hybrides. Ceux-ci, de nos jours, existent dans presque toutes les couleurs. Les iris de Sibérie constituent maintenant une vaste famille de fleurs de jardin, particulièrement décorative.

Iris de Liban. 

Le Proche et le Moyen Orient regorgent d'iris de toutes sortes. Il est même avéré que les ancêtres tétraploïdes de nos grands iris de jardin proviennent de ces contrées. L'iris du Liban ou Iris sofarana est endémique des montagnes du Liban. C'est une espèce en grand danger du fait des circonstances politiques et économiques de son pays, mais aussi en raison de sa beauté qui en fait la proie de collectionneurs peu scrupuleux. Elle fait partie du groupe de I. susiana (iris de Suse) en compagnie notamment de I. damascena (iris de Damas), un groupe aux fleurs énormes et sombrement colorées, très spectaculaire, mais difficilement cultivable en dehors de sa région d'origine.

Iris de Palestine. 

Restons dans la même région, pour admirer l'iris de Palestine (I. palaestina),une fleur exotique rangée parmi les Juno, que certains auteurs renoncent à classer parmi les iris.  « Le Monde des Iris » décrit comme suit ces plantes peu communes : « (Elles) ont des racines épaisses et charnues qui se maintiennent pendant la période de dormance et sont facilement endommageables. Les fleurs, qui naissent à l'aisselle des feuilles, sont superbes par la variété de leurs coloris ; elles diffèrent de la forme traditionnelle des iris par leurs très petits pétales qui sont soit pendants, soit tenus à l'horizontale... » Les fleurs, soit vert grisâtre, soit plutôt jaunes, s'épanouissent à la fin de l'hiver et sont agréablement parfumées.

 Dans le même groupe on trouve...

Iris de Perse. 

Il est originaire d'Irak, de Syrie et du sud-ouest de la Turquie, un secteur qui, politiquement, fait bien tristement parler de lui par les temps qui courent. D'autres espèces proviennent de ces régions et d'Asie Centrale, mais éloignons-nous un peu ; la semaine prochaine nous terminerons notre tour du monde.

À suivre...



  1. Maurice Boussard, l'ABCdaire des iris.
  2. Richard Cayeux, L'Iris, une fleur royale.




12.2.16

PRODUIT DE FRANCE

Depuis l'année 2000 nos compatriotes n'hésitent plus à enregistrer les produits de leurs hybridations. Cela nous vaut une abondance de nouvelles variétés dont la qualité progresse d'année en année. Et de nombreux nouveaux hybrideurs se font ainsi connaître à côté d'anciens toujours aussi valeureux. Pendant quelques semaines nous allons rendre hommage aux uns et aux autres en publiant les photos de leurs plus belles réalisations. 

 2002    
Reviendrait-on au rythme des décades passées ? Les enregistrements sont peu nombreux...


'Buc Joyeux Anniversaire' (J. J. François, 2002) - Tomorrow's Child X Eternal Bliss 

'Cerf-Volant' (R. Cayeux, 2002) - Chevalier de Malte X Conjuration 


'Cheeky' (L. Ransom, 2002) - Blackbeard X Champagne Elegance 


'Plénitude' (L. Ransom, 2002) SDB - Sensational X (Senor Frog x Zounds)