LE ROMAN DES ROSES
En me penchant récemment sur BUISSON DE ROSES, j’ai eu l’idée de regarder si quelques autres iris roses, parmi les plus emblématiques, avaient un lien de parenté. J’ai choisi d’examiner les arbres généalogiques de quatre roses célèbres : COMING UP ROSES (Gatty 92), DESCANSO (Corlew 95), BEVERLY SILLS (Hager 79) et LOVELY KAY (Hamblen 80).
Je n’ai pas été déçu. Les cinq variétés en question (y compris donc BUISSON DE ROSES) ont une étroite parenté.
Un ancêtre unique se retrouve dans les cinq pedigrees : PINK TAFFETA (Rudolph 68 – DM 75).
On y remonte très vite dans les deux variétés les plus anciennes :
- PINK TAFFETA – VANITY – BEVERLY SILLS
- PINK TAFFETA – PINK SLEIGH – LOVELY KAY
C’est forcément un peu plus loin chez les variétés récentes :
- PINK TAFFETA – PINK SLEIGH – PLAYGIRL – COMING UP ROSES
- PINK TAFFETA – PINK SLEIGH – PLAYGIRL – PARADISE – BUISSON DE ROSES
- PINK TAFFETA – PINK SLEIGH – STORY BOOK - ELSIEMAE NICHOLSON – DESCANSO.
Chez ce dernier les gènes de PINK TAFFETA se trouvent même chez ses deux parents puisque l’on a aussi la combinaison PINK TAFFETA – PINK ANGEL – CARVED PINK – EASTER SONG – DESCANSO.
Une autre variété bien connue se retrouve chez nos cinq roses : RIPPLING WATERS.
- RIPPLING WATERS – PINK PIROUETTE – BEVERLY SILLS
- RIPPLING WATERS – PRETTY NANCY – LOVELY KAY
- RIPPLING WATERS – PRINCESS – PARADISE – BUISSON DE ROSES
- RIPPLING WATERS – PRINCESS – BONBON – COMING UP ROSES
- RIPPLING WATERS – PRINCESS – MAIS OUI – ELSIEMAE NICHOLSON (ou, également, EASTER SONG) – DESCANSO.
Quand on fait cette constatation, on n’est pas loin de penser, comme Harald Matthes (Iris et Bulbeuses n° 132), que l’on pourrait se lasser des iris roses. Et pourtant ! Aucune autre couleur n’a autant excité les hybrideurs. Certains s’en sont fait une spécialité comme Nate Rudolph, à qui l’on doit le fameux PINK TAFFETA, mais aussi bon nombre de ses descendants : PINK SLEIGH (70), PINK ANGEL (73), CARVED PINK (75) pour ne parler que de ceux dont il vient d’être question. Vernon Wood est un autre champion des roses MAIS OUI (80), EASTER SONG (84), VISION IN PINK (87), APRIL I N PARIS (92) font partie de ses plus belles obtentions. Jim GIBSON ne les a pas négligés : citons tout au long de sa carrière PINK EMBER (73), PINK SWAN (84) l’un des parents de COMING UP ROSES, EARLY WISH (85), FUNNY GIRL (94). Cependant parmi les obtenteurs modernes se sont Glen Corlew et surtout Joë Gatty qui s’y sont adonnés avec le plus de passion. Quand on parle des roses de Gatty, on a tout dit. Pour le premier on peut parler de CHERUB CHOIR (la « grand’mère » de BEVERLY SILLS), CHERISHED (73), INFATUATION (77), STORY BOOK (80), AMOUR (85), ELSIEMAE NICHOLSON (86). Pour le second, le choix est délicat parmi LIZ (72) l’un de ses tout premiers, PRINCESS (72), BONBON et PARADISE (77), SATIN GOWN (78), CHANTEUSE (80), EDEN (83), FEMME FATALE (88), SOFT CARESS (91), et bien sûr COMING UP ROSE (92). Peut-on aussi passer sous silence Ben Hager et ses deux champions VANITY et BEVERLY SILLS, Keith Keppel, Larry Gaulter, George Shoop ? Pour ne parler que des américains !
Non, les iris roses ne sont pas près de nous fatiguer. Je suis sûr que les années à venir nous réservent encore des moments d’exaltation avec des roses encore plus saturés, ou des pastels encore plus craquants. Le roman des roses n’est pas près d’être complètement écrit.
2.3.02
BUISSON DE ROSES
Avec cette variété, Richard Cayeux est parvenu à une intensité de rose jamais atteinte. L’un des roses le plus intense depuis COMING UP ROSES (92) de Joë Gatty.
BUISSON DE ROSES est le produit de PARADISE (Gatty 80) et de HÉLÈNE C. (Cayeux R. 94). Le premier est un de ces roses purs et clairs dont Gatty avait le secret, le second un rose orchidée à barbes minium. PARADISE résulte d’un croisement entre PLAYGIRL (77), un autre rose de Gatty et d’un semis rose (MAY DANCER X PRINCESS). On peut donc le qualifier de « rose de chez rose » pour employer un superlatif moderne. D’ailleurs sa généalogie révèle que ses ancêtres sont essentiellement des iris roses : LIZ (frère de semis de PRINCESS), PINK SLEIGH, PINK TAFFETA. HÉLÈNE C. est aussi le produit de deux variétés roses, mais la présence de pigments anthocyaniques y est plus marquée : ROSE (Gaulter 78) x ENCHANTED WORLD (Schreiner 79). ROSE descend d’une lignée de roses mâtinés de pourpre développée par Larry Gaulter : HOLIDAY HOUSE (73), MEGGIE (69), LAURIE (65). Dans le second on trouve des ancêtres roses et des ancêtres orangés FLAMING DRAGON (Fay 66) et son frère de semis RADIANT LIGHT (Fay 63), CHINESE CORAL (Fay 62)…
BUISSON DE ROSES nous donne l’occasion d’aborder le mystère de l’apparition de la couleur rose chez les grands iris. En effet, alors que les hybrideurs s’efforçaient depuis longtemps sans résultat d’obtenir des iris roses en mélangeant le rose orchidée et le pourpre, le vrai rose, avec des barbes mandarine, est apparu soudainement et presque en même temps sur plusieurs variétés d’origines différentes. Ben Hager, ce grand obtenteur, explique bien cet événement dans sa longue contribution au superbe livre de photos d’iris de Jos Westrich, L’IRIS (Thames and Hudson, éditeur, 1989).
Il décrit comment, le rose étant une couleur récessive, il faut que tous les chromosomes soient porteur de ce gène pour qu’un iris rose apparaisse. Dans ces conditions il est évident qu’il ait fallu attendre un certain temps pour que les conditions soient réunies.
Le premier iris d'un rose parfait s'appelait SEA SHELL : il date de 1925 mais n’a été enregistré que beaucoup tard. L'obtenteur de SEA SHELL, P.A. Loomis, de l'État du Colorado, utilisa ce premier iris véritablement rose afin d'en obtenir d'autres, notamment SPENDRIFT, le premier iris rose à connaître un grand succès.
En 1934, Sydney B. Mitchell présenta HAPPY DAYS, un jaune, important en raison de l’un de ses frères de semis, un rose pâle à barbes mandarine que Mitchell baptisa ISABELLINA, mais qu’il ne fit jamais enregsitrer mais qui fut cependant, abondamment utilisé pour l'hybridation.
Les recherches des frères Sass, qui ont exploré toutes les directions possibles, donnèrent FLORA ZENOR l’iris au rose le plus soutenu du groupe, et PINK CAMEO (Orville Fay, 1944), l’iris au rose le plus pur, doté, de surcroît, de la forme la plus belle. De cette variété descendent MARY RANDALL (Fay 50) et FLEETA (Fay 56) et) qui sont à l’origine de CHINESE CORAL, l’un des ancêtres à la quatrième génération de notre BUISSON DE ROSES…
L'apparition simultanée de la couleur rose en des lieux distincts, sous l'impulsion de différents hybrideurs, fait partie des phénomènes suffisamment étranges pour qu’ils deviennent légendaires.
Si cette apparition du rose sans traces de bleu a d’abord intéressé les Etats Unis d’Amérique, elle est intervenue en 1945 en Europe, en Grande Bretagne précisément, dans les semis d’un amateur, Sir Cedric Morris, qui produisit EDWARD WINDSOR, le rejeton de deux plicatas jaunes. Cette variété eut des descendants roses comme CONSTANT WATTEZ (Van Veen 59).
Ainsi les iris roses étaient apparus, mais ces roses n’avaient pas la pureté que nous constatons dans les variétés récentes comme BUISSON DE ROSES. Les améliorations sont, comme toujours, venues peu à peu.
C’est fou ce que tout cela peut être passionnant. Décidément les iris ne sont pas des plantes comme les autres, du moins pour ceux qui, comme moi, en sont des amateurs passionnés. Et BUISSON DE ROSES n’est qu’une étape de plus dans la recherche d’une manifestation de la perfection.
Avec cette variété, Richard Cayeux est parvenu à une intensité de rose jamais atteinte. L’un des roses le plus intense depuis COMING UP ROSES (92) de Joë Gatty.
BUISSON DE ROSES est le produit de PARADISE (Gatty 80) et de HÉLÈNE C. (Cayeux R. 94). Le premier est un de ces roses purs et clairs dont Gatty avait le secret, le second un rose orchidée à barbes minium. PARADISE résulte d’un croisement entre PLAYGIRL (77), un autre rose de Gatty et d’un semis rose (MAY DANCER X PRINCESS). On peut donc le qualifier de « rose de chez rose » pour employer un superlatif moderne. D’ailleurs sa généalogie révèle que ses ancêtres sont essentiellement des iris roses : LIZ (frère de semis de PRINCESS), PINK SLEIGH, PINK TAFFETA. HÉLÈNE C. est aussi le produit de deux variétés roses, mais la présence de pigments anthocyaniques y est plus marquée : ROSE (Gaulter 78) x ENCHANTED WORLD (Schreiner 79). ROSE descend d’une lignée de roses mâtinés de pourpre développée par Larry Gaulter : HOLIDAY HOUSE (73), MEGGIE (69), LAURIE (65). Dans le second on trouve des ancêtres roses et des ancêtres orangés FLAMING DRAGON (Fay 66) et son frère de semis RADIANT LIGHT (Fay 63), CHINESE CORAL (Fay 62)…
BUISSON DE ROSES nous donne l’occasion d’aborder le mystère de l’apparition de la couleur rose chez les grands iris. En effet, alors que les hybrideurs s’efforçaient depuis longtemps sans résultat d’obtenir des iris roses en mélangeant le rose orchidée et le pourpre, le vrai rose, avec des barbes mandarine, est apparu soudainement et presque en même temps sur plusieurs variétés d’origines différentes. Ben Hager, ce grand obtenteur, explique bien cet événement dans sa longue contribution au superbe livre de photos d’iris de Jos Westrich, L’IRIS (Thames and Hudson, éditeur, 1989).
Il décrit comment, le rose étant une couleur récessive, il faut que tous les chromosomes soient porteur de ce gène pour qu’un iris rose apparaisse. Dans ces conditions il est évident qu’il ait fallu attendre un certain temps pour que les conditions soient réunies.
Le premier iris d'un rose parfait s'appelait SEA SHELL : il date de 1925 mais n’a été enregistré que beaucoup tard. L'obtenteur de SEA SHELL, P.A. Loomis, de l'État du Colorado, utilisa ce premier iris véritablement rose afin d'en obtenir d'autres, notamment SPENDRIFT, le premier iris rose à connaître un grand succès.
En 1934, Sydney B. Mitchell présenta HAPPY DAYS, un jaune, important en raison de l’un de ses frères de semis, un rose pâle à barbes mandarine que Mitchell baptisa ISABELLINA, mais qu’il ne fit jamais enregsitrer mais qui fut cependant, abondamment utilisé pour l'hybridation.
Les recherches des frères Sass, qui ont exploré toutes les directions possibles, donnèrent FLORA ZENOR l’iris au rose le plus soutenu du groupe, et PINK CAMEO (Orville Fay, 1944), l’iris au rose le plus pur, doté, de surcroît, de la forme la plus belle. De cette variété descendent MARY RANDALL (Fay 50) et FLEETA (Fay 56) et) qui sont à l’origine de CHINESE CORAL, l’un des ancêtres à la quatrième génération de notre BUISSON DE ROSES…
L'apparition simultanée de la couleur rose en des lieux distincts, sous l'impulsion de différents hybrideurs, fait partie des phénomènes suffisamment étranges pour qu’ils deviennent légendaires.
Si cette apparition du rose sans traces de bleu a d’abord intéressé les Etats Unis d’Amérique, elle est intervenue en 1945 en Europe, en Grande Bretagne précisément, dans les semis d’un amateur, Sir Cedric Morris, qui produisit EDWARD WINDSOR, le rejeton de deux plicatas jaunes. Cette variété eut des descendants roses comme CONSTANT WATTEZ (Van Veen 59).
Ainsi les iris roses étaient apparus, mais ces roses n’avaient pas la pureté que nous constatons dans les variétés récentes comme BUISSON DE ROSES. Les améliorations sont, comme toujours, venues peu à peu.
C’est fou ce que tout cela peut être passionnant. Décidément les iris ne sont pas des plantes comme les autres, du moins pour ceux qui, comme moi, en sont des amateurs passionnés. Et BUISSON DE ROSES n’est qu’une étape de plus dans la recherche d’une manifestation de la perfection.
23.2.02
EARLY LIGHT
Cette variété anglaise est décrite de la façon suivante dans l’Iris Check List des années 80 :
« N. Scopes 1983 – TB 97cm – MT – Pétales crème, infus de citron ; sépales légèrement plus sombres ; barbes jaunes. – Cup Race x Lemon Brocade. »
Il s’agit donc d’un iris bitone crème ; cette fleur doucement ondulée, mais pas frisée a la particularité d’avoir été obtenue par une femme. Elle assez de mérites pour avoir obtenu la médaille de Dykes anglaise en 1989 (c’est d’ailleurs la seule BDM obtenue jusqu’à ce jour par un iris de Nora Scopes) et pour avoir été utilisée en hybridation par le champion britannique Barry Dodsworth. L’un de ses descendants, DARLEY DALE, a d’ailleurs été honoré de la BDM en 2001.
Sa « mère », CUP RACE (Buttrick 63), est un célèbre iris blanc issu de bleus, son « père », LEMON BROCADE (Rudolph 74), fait partie des superbes iris jaunes dont Nate Rudolph s’est fait une spécialité, comme ses ascendants CREAM TAFFETA (70) et YELLOW CHIFFON (65). CREAM TAFFETA, de plus a pour autre parent ARCTIC FLAME (Fay 60), un de ces blancs à barbes mandarine issu de SNOW FLURRY – tout blanc- et de CHERIE et NEW HORIZON – roses- qui sont à l’origine des blancs à barbes rouges.
Nora Scopes est bien connue des amateurs d’iris de Grande Bretagne, un peu moins chez nous. Elle est à l’œuvre depuis les années 70. Ses plus belles réalisations sont sans doute le pourpre DARK ROSALEEN (76), MATCHPOINT (80), blanc entièrement liseré de cuivre, et LAMORNA (90), un joli bitone lavande, issu de FOCUS et enfant de SONG OF NORWAY, comme celui-ci doté d’une belle barbe bleue, MAID OF NORWAY.
EARLY LIGHT nous permet de parler de la Médaille de Dykes anglaise, cette distinction qui, comme l’américaine, a commencé à être attribuée en 1927 et continue de couronner les meilleures variétés britanniques. Son existence démontre que nos voisins sont restés de grands obtenteurs d’iris. Elle a malgré tout le défaut de ne s’adresser qu’à un panel de fleurs assez restreint. Cette particularité explique qu’au fil des ans elle a surtout concerné les produits d’un obtenteur dominant son époque. Dans les années 50/60 ce sont L.W. Brummitt et H.J. Randall qui ont trusté les récompenses. Le premier en a eu trois (GOLDEN ALPS – 57, HEADLINES – 59, PRIMROSE DRIFT – 64), le second quatre (SEATHWAITE – 52, TARN HOWS – 58, PATTERDALE – 61, MARY TODD -65). La décennie 70 a vu la suprématie de H. Fothergill et de Marjorie Brummitt (l’épouse de L.W.) : Fothergill avec SHEPHERD’S DELIGHT en 72 et MURIEL NEVILLE en 73, s’ajoutant à ARCADY –62- et ANCIENT EGYPT –66-, M. Brummitt avec CAMBRIDGE (71), NO NAME (76) et ANNIVERSARY (79). Depuis, Barry Dodsworth n’a pas laissé beaucoup de place aux autres : ANNABEL JANE (77), KILDONIAN (80), JILL ROSALIND (81), DOVEDALE (83), BEWICK SWAN (84), ROMAN EMPEROR (85), BUCKDEN PIKE (87), WENSLEYDALE (88), HIGH PEAK (90), WHARFEDALE (91), ORINOCO FLOW (94) et WHOOPER SWAN (97).
A noter qu’en Europe, il n’y a guère, jusqu’à présent qu’en Grande Bretagne où les dames se soient distinguées dans l’hybridation. Non seulement on peut compter avec Nora SCOPES qui a travaillé dans de nombreuses familles d’iris, mais aussi avec Maureen FOSTER-PROBERT dont certaines variétés, comme CREGRINA (90) ou GALLIARD (96) ont été particulièrement remarquées.
Cette variété anglaise est décrite de la façon suivante dans l’Iris Check List des années 80 :
« N. Scopes 1983 – TB 97cm – MT – Pétales crème, infus de citron ; sépales légèrement plus sombres ; barbes jaunes. – Cup Race x Lemon Brocade. »
Il s’agit donc d’un iris bitone crème ; cette fleur doucement ondulée, mais pas frisée a la particularité d’avoir été obtenue par une femme. Elle assez de mérites pour avoir obtenu la médaille de Dykes anglaise en 1989 (c’est d’ailleurs la seule BDM obtenue jusqu’à ce jour par un iris de Nora Scopes) et pour avoir été utilisée en hybridation par le champion britannique Barry Dodsworth. L’un de ses descendants, DARLEY DALE, a d’ailleurs été honoré de la BDM en 2001.
Sa « mère », CUP RACE (Buttrick 63), est un célèbre iris blanc issu de bleus, son « père », LEMON BROCADE (Rudolph 74), fait partie des superbes iris jaunes dont Nate Rudolph s’est fait une spécialité, comme ses ascendants CREAM TAFFETA (70) et YELLOW CHIFFON (65). CREAM TAFFETA, de plus a pour autre parent ARCTIC FLAME (Fay 60), un de ces blancs à barbes mandarine issu de SNOW FLURRY – tout blanc- et de CHERIE et NEW HORIZON – roses- qui sont à l’origine des blancs à barbes rouges.
Nora Scopes est bien connue des amateurs d’iris de Grande Bretagne, un peu moins chez nous. Elle est à l’œuvre depuis les années 70. Ses plus belles réalisations sont sans doute le pourpre DARK ROSALEEN (76), MATCHPOINT (80), blanc entièrement liseré de cuivre, et LAMORNA (90), un joli bitone lavande, issu de FOCUS et enfant de SONG OF NORWAY, comme celui-ci doté d’une belle barbe bleue, MAID OF NORWAY.
EARLY LIGHT nous permet de parler de la Médaille de Dykes anglaise, cette distinction qui, comme l’américaine, a commencé à être attribuée en 1927 et continue de couronner les meilleures variétés britanniques. Son existence démontre que nos voisins sont restés de grands obtenteurs d’iris. Elle a malgré tout le défaut de ne s’adresser qu’à un panel de fleurs assez restreint. Cette particularité explique qu’au fil des ans elle a surtout concerné les produits d’un obtenteur dominant son époque. Dans les années 50/60 ce sont L.W. Brummitt et H.J. Randall qui ont trusté les récompenses. Le premier en a eu trois (GOLDEN ALPS – 57, HEADLINES – 59, PRIMROSE DRIFT – 64), le second quatre (SEATHWAITE – 52, TARN HOWS – 58, PATTERDALE – 61, MARY TODD -65). La décennie 70 a vu la suprématie de H. Fothergill et de Marjorie Brummitt (l’épouse de L.W.) : Fothergill avec SHEPHERD’S DELIGHT en 72 et MURIEL NEVILLE en 73, s’ajoutant à ARCADY –62- et ANCIENT EGYPT –66-, M. Brummitt avec CAMBRIDGE (71), NO NAME (76) et ANNIVERSARY (79). Depuis, Barry Dodsworth n’a pas laissé beaucoup de place aux autres : ANNABEL JANE (77), KILDONIAN (80), JILL ROSALIND (81), DOVEDALE (83), BEWICK SWAN (84), ROMAN EMPEROR (85), BUCKDEN PIKE (87), WENSLEYDALE (88), HIGH PEAK (90), WHARFEDALE (91), ORINOCO FLOW (94) et WHOOPER SWAN (97).
A noter qu’en Europe, il n’y a guère, jusqu’à présent qu’en Grande Bretagne où les dames se soient distinguées dans l’hybridation. Non seulement on peut compter avec Nora SCOPES qui a travaillé dans de nombreuses familles d’iris, mais aussi avec Maureen FOSTER-PROBERT dont certaines variétés, comme CREGRINA (90) ou GALLIARD (96) ont été particulièrement remarquées.
17.2.02
BALLADE DES DAMES DU TEMPS JADIS
Si l’on demande à l’un ou à l’autre de citer le nom d’obtenteurs célèbres des années passées, on aura pour réponse les frères SASS, Paul COOK, Orville FAY, et, bien sûr mais plus récemment, Robert SCHREINER, Ben HAGER, Joe GATTY ou Jim GIBSON. Cependant il ne faut pas oublier combien les femmes ont contribué à l’expansion du monde des iris.
Par exemple il ne faut pas oublier qu’en douze ans (65/77) la Médaille de Dykes a été attribuée cinq fois à des iris obtenus par des dames !
- 1965 PACIFIC PANORAMA, de Neva SEXTON ;
- 1967 WINTER OLYMPICS, d’Opal BROWN ;
- 1971 DEBBY RAIRDON, de L. KUNTZ ;
- 1973 NEW MOON, de Neva SEXTON, pour une deuxième fois ;
- 1977 DREAM LOVER, d’Esther TAMS.
Dans le même temps SUNSET SKY, de Bernice ROE s’emparait du Florin d’Or à Florence en 74.
Mais les récompenses ne font pas tout. Il existe un nombre considérable de grandes dames des iris qui se sont illustrées au cours des cinquante dernières années. Je ne parlerai que des plus connues, qui nous ont quittées après avoir offert aux amateurs la quintessence de leur travail et de leur sensibilité.
Opal BROWN
De toutes ces dames c’est sûrement celle qui a eu la carrière la plus longue et la plus féconde. Domiciliée dans l’est de l’Oregon, à proximité du grand bassin de la Columbia, elle a obtenu des iris dans toutes les catégories et toutes les couleurs.. Elle a enregistré ses premières variétés dans les années 50 et ses dernières obtentions datent de 1998. Dès le début, ses iris ont été remarqués et des variétés comme FALL PRIMROSE (56) ou CELESTIAL SNOW (57) ont fait le tour du monde. Son plus parfait succès a été, bien sûr, WINTER OLYMPICS (63) et la prestigieuse DM de 67 pour ce blanc qui a eu une descendance innombrable. Des variétés comme BUFFY (69), FULL TIDE (72), BIG DIPPER (81), COZY AND WARM (82), PERSIAN GOWN (85) ou ADORABLE ROSE (98) ont eu un succès mérité et fait de Mme Brown une des plus grandes obtentrices du siècle.
Melba HAMBLEN
Celle-ci a fait preuve, tout au long d’une carrière prolongée et remarquable, d’un goût et d’une sensibilité qui en font ma préférée. Elle n’a cependant jamais obtenu la récompense suprême, ce qui peut paraître injuste tant ces iris sont réussis. Elle aussi a commencé dans les années 50, et dès ses premiers enregistrements le monde des iris a su qu’il possédait une nouvelle « pointure ». PRETTY CAROL et VALIMAR (56) ont frappé un grand coup. Ensuite ce fut un enchaînement de réussites : CHARMAINE (67), TOUCHE (69), COSMOPOLITAN (72), GYPSY PRINCE (74), BETTY SIMON (76), EVENING ECHO (77), LOVELY KAY (80), CAPRICIOUS (81), EXTRAVAGANT (83), ADVENTURESS (85), DANCE AWAY (88) et WINE DINASTY (92) sont là pour témoigner de son éclectisme et de son talent. Elle a été la première à exploiter les barbes foncées, les bicolores rose/mauve et les pourpres fumés. Tous ces iris ont poussé à proximité du Grand Lac Salé, en Utah, là où elle a vécu.
Neva SEXTON
de Wasco en Californie, tout au fond de la vallée de San Joaquin, est la plus titrée des dames des iris. Deux DM ont confirmé qu’elle obtenait des variétés populaires et de qualité. De PACIFIC PANORAMA (60) à SPICED CIDER (89), il y a toute une kyrielle d’iris que nous connaissons tous : NEW MOON (68), HAPPY BRIDE (73), JACK R. DEE (74), SKYLAB (74), HOMECOMING QUEEN (78), GOOD MORNING AMERICA (79) en font partie.
Mary DUNN
Est une autre grande dame, à la production prolifique, disparue récemment. Cette autre californienne n’est pas près d’être oubliée, grâce à MOMENTUM (86), CRUZIN (87), DIVINE (88), VIBRATIONS (89), CITY LIGHTS (91) ou TANQUERAY (93).
Lily GARTMAN
Avait un indéniable talent pour les iris impeccablement coiffés, aux couleurs délicates. Elle a disparu trop tôt, mais nous a laissé FEMINIST (81), CLASSICO (84), STATUS SEEKER (90), FROSTICO (92), A L’ORANGE (94).
Jeannette NELSON
GONDOLIER (71), OUTREACH (71), FANTASY FAIRE (78), FOXY LADY (87) nous expliquent pourquoi Jeannette NELSON, de Cœur d’Alene, au milieu des montagnes de l’Idaho, est devenue célèbre.
Luella NOYD, de Wenatchee, au cœur de l’Etat de Washington, dans le grand bassin de la Columbia, a non seulement été une obtentrice inspirée, mais également une femme d’affaire habile. C’est elle qui a racheté à Mme KUNTZ, une simple amatrice chanceuse, les droits de DEBBY RAIRDON, qui est devenu une variété universelle et un grand succès commercial. Elle est l’autrice de variétés comme FLUTED LIME (66), SYMPHONETTE (66) et PRIDE OF IRELAND (71), et l’une des premières à hybrider des iris « verts ».
Dorothy PALMER est connue chez nous pour STARRING ROLE (73), SHEER PETRY (79), GOLD BURST (80) et TWIST OF FATE (80).
Merle DALING, quant à elle, s’est fait une renommée avec PIUTE PASS (75) et surtout ECSTATIC ECHO, une des variétés les plus originales et hautes en couleurs.
Georgia HINKLE, une dame de l’Illinois, nous a laissé des variétés aussi différentes que BRAVE VIKING (62), SOUTHERN COMFORT (65) ou ROYAL EGYPTIAN (70).
Citons encore Louise BELLAGAMBA, de St Louis (Missouri) pour AN-JAN (79) qui a obtenu le florin d’argent en 82, Lura ROACH (SONG OF ERIN –71-), Bernice ROE (SUNSET SKY – 69 – florin d’or en 74), Esther TAMS qui a peu produit, mais qui a eu la chance de sa vie avec DREAM LOVER (71) et sa DM de 77, Caroline DeFOREST (BAYBERRY CANDLE –69 -), et Tena BERNDT (MICHIGAN PRIDE –76- ).
Mais l’inventaire ne serait pas complet sans le nom de Clara REES, celle qui a eu la chance improbable d’obtenir l’incontournable SNOW FLURRY, dont on retrouve les gènes dans presque tous les iris d’aujourd’hui. Mais là, on aborde une autre histoire.
Si l’on demande à l’un ou à l’autre de citer le nom d’obtenteurs célèbres des années passées, on aura pour réponse les frères SASS, Paul COOK, Orville FAY, et, bien sûr mais plus récemment, Robert SCHREINER, Ben HAGER, Joe GATTY ou Jim GIBSON. Cependant il ne faut pas oublier combien les femmes ont contribué à l’expansion du monde des iris.
Par exemple il ne faut pas oublier qu’en douze ans (65/77) la Médaille de Dykes a été attribuée cinq fois à des iris obtenus par des dames !
- 1965 PACIFIC PANORAMA, de Neva SEXTON ;
- 1967 WINTER OLYMPICS, d’Opal BROWN ;
- 1971 DEBBY RAIRDON, de L. KUNTZ ;
- 1973 NEW MOON, de Neva SEXTON, pour une deuxième fois ;
- 1977 DREAM LOVER, d’Esther TAMS.
Dans le même temps SUNSET SKY, de Bernice ROE s’emparait du Florin d’Or à Florence en 74.
Mais les récompenses ne font pas tout. Il existe un nombre considérable de grandes dames des iris qui se sont illustrées au cours des cinquante dernières années. Je ne parlerai que des plus connues, qui nous ont quittées après avoir offert aux amateurs la quintessence de leur travail et de leur sensibilité.
Opal BROWN
De toutes ces dames c’est sûrement celle qui a eu la carrière la plus longue et la plus féconde. Domiciliée dans l’est de l’Oregon, à proximité du grand bassin de la Columbia, elle a obtenu des iris dans toutes les catégories et toutes les couleurs.. Elle a enregistré ses premières variétés dans les années 50 et ses dernières obtentions datent de 1998. Dès le début, ses iris ont été remarqués et des variétés comme FALL PRIMROSE (56) ou CELESTIAL SNOW (57) ont fait le tour du monde. Son plus parfait succès a été, bien sûr, WINTER OLYMPICS (63) et la prestigieuse DM de 67 pour ce blanc qui a eu une descendance innombrable. Des variétés comme BUFFY (69), FULL TIDE (72), BIG DIPPER (81), COZY AND WARM (82), PERSIAN GOWN (85) ou ADORABLE ROSE (98) ont eu un succès mérité et fait de Mme Brown une des plus grandes obtentrices du siècle.
Melba HAMBLEN
Celle-ci a fait preuve, tout au long d’une carrière prolongée et remarquable, d’un goût et d’une sensibilité qui en font ma préférée. Elle n’a cependant jamais obtenu la récompense suprême, ce qui peut paraître injuste tant ces iris sont réussis. Elle aussi a commencé dans les années 50, et dès ses premiers enregistrements le monde des iris a su qu’il possédait une nouvelle « pointure ». PRETTY CAROL et VALIMAR (56) ont frappé un grand coup. Ensuite ce fut un enchaînement de réussites : CHARMAINE (67), TOUCHE (69), COSMOPOLITAN (72), GYPSY PRINCE (74), BETTY SIMON (76), EVENING ECHO (77), LOVELY KAY (80), CAPRICIOUS (81), EXTRAVAGANT (83), ADVENTURESS (85), DANCE AWAY (88) et WINE DINASTY (92) sont là pour témoigner de son éclectisme et de son talent. Elle a été la première à exploiter les barbes foncées, les bicolores rose/mauve et les pourpres fumés. Tous ces iris ont poussé à proximité du Grand Lac Salé, en Utah, là où elle a vécu.
Neva SEXTON
de Wasco en Californie, tout au fond de la vallée de San Joaquin, est la plus titrée des dames des iris. Deux DM ont confirmé qu’elle obtenait des variétés populaires et de qualité. De PACIFIC PANORAMA (60) à SPICED CIDER (89), il y a toute une kyrielle d’iris que nous connaissons tous : NEW MOON (68), HAPPY BRIDE (73), JACK R. DEE (74), SKYLAB (74), HOMECOMING QUEEN (78), GOOD MORNING AMERICA (79) en font partie.
Mary DUNN
Est une autre grande dame, à la production prolifique, disparue récemment. Cette autre californienne n’est pas près d’être oubliée, grâce à MOMENTUM (86), CRUZIN (87), DIVINE (88), VIBRATIONS (89), CITY LIGHTS (91) ou TANQUERAY (93).
Lily GARTMAN
Avait un indéniable talent pour les iris impeccablement coiffés, aux couleurs délicates. Elle a disparu trop tôt, mais nous a laissé FEMINIST (81), CLASSICO (84), STATUS SEEKER (90), FROSTICO (92), A L’ORANGE (94).
Jeannette NELSON
GONDOLIER (71), OUTREACH (71), FANTASY FAIRE (78), FOXY LADY (87) nous expliquent pourquoi Jeannette NELSON, de Cœur d’Alene, au milieu des montagnes de l’Idaho, est devenue célèbre.
Luella NOYD, de Wenatchee, au cœur de l’Etat de Washington, dans le grand bassin de la Columbia, a non seulement été une obtentrice inspirée, mais également une femme d’affaire habile. C’est elle qui a racheté à Mme KUNTZ, une simple amatrice chanceuse, les droits de DEBBY RAIRDON, qui est devenu une variété universelle et un grand succès commercial. Elle est l’autrice de variétés comme FLUTED LIME (66), SYMPHONETTE (66) et PRIDE OF IRELAND (71), et l’une des premières à hybrider des iris « verts ».
Dorothy PALMER est connue chez nous pour STARRING ROLE (73), SHEER PETRY (79), GOLD BURST (80) et TWIST OF FATE (80).
Merle DALING, quant à elle, s’est fait une renommée avec PIUTE PASS (75) et surtout ECSTATIC ECHO, une des variétés les plus originales et hautes en couleurs.
Georgia HINKLE, une dame de l’Illinois, nous a laissé des variétés aussi différentes que BRAVE VIKING (62), SOUTHERN COMFORT (65) ou ROYAL EGYPTIAN (70).
Citons encore Louise BELLAGAMBA, de St Louis (Missouri) pour AN-JAN (79) qui a obtenu le florin d’argent en 82, Lura ROACH (SONG OF ERIN –71-), Bernice ROE (SUNSET SKY – 69 – florin d’or en 74), Esther TAMS qui a peu produit, mais qui a eu la chance de sa vie avec DREAM LOVER (71) et sa DM de 77, Caroline DeFOREST (BAYBERRY CANDLE –69 -), et Tena BERNDT (MICHIGAN PRIDE –76- ).
Mais l’inventaire ne serait pas complet sans le nom de Clara REES, celle qui a eu la chance improbable d’obtenir l’incontournable SNOW FLURRY, dont on retrouve les gènes dans presque tous les iris d’aujourd’hui. Mais là, on aborde une autre histoire.
9.2.02
TIGER HONEY
Nous voici en présence de ce que l’on appelle un iris « broken color ». Cette catégorie est apparue relativement récemment. Elle n’a conquis sa place dans la grande famille des variétés nobles seulement dans les années 80. Auparavant elle était considérée comme une anomalie curieuse mais plutôt laide, que l’on détruisait quand on la voyait apparaître dans un semis de plicatas. Le premier à avoir commercialisé ces chimères est Allan Ensminger, un obtenteur du Nebraska qui, au début des eighties, les a proposés, sans oser les enregistrer ! Ce n’était que des curiosités sans avenir. Peu à peu cependant il a fait progresser la qualité des cultivars obtenus et considéré, eu égard à la stabilité de la mutation constatée, qu’il pouvait faire enregistrer ses semis au même titre que les variétés traditionnelles. Depuis, plusieurs autres obtenteurs se sont lancés dans l’aventure, notamment Brad Kasperek, qui leur a fait franchir le pas entre la confidentialité et le succès commercial. C’est lui qui, en 94, a proposé TIGER HONEY, une variété réussie à tous points de vue, issue d’un croisement entre MARIA TORMENA (Ensminger 87), un autre « broken color », et DESERT REALM (Schreiner 85). Du premier il tient sont caractère « broken color », de l’autre sa couleur de base.
TIGER HONEY se présente comme un iris dans les tons de brun caramel, taché de projections aléatoires or et blanc huître. En quelque sorte, un plicata chez qui les couleurs, au lieu d’être sagement et harmonieusement réparties, se mélangent n’importe comment. C’est cette absence de respect de l’harmonie qui constitue la caractéristique des iris « broken color ». Il y a autant de différence entre un « broken color » et un plicata qu’entre une symphonie de Mozart et une œuvre de Charles Ives. On ne peut cependant pas dire que quelque chose de désordonné et forcément déplaisant. « On dit qu’un beau désordre est un effet de l’art » : cet alexandrin peut exactement s’appliquer aux iris « broken color ».
Le travail d’Allan Ensminger avec les iris « broken color » a commencé dès 1968et les iris qu’il a obtenus et enregistrés peuvent être classés en trois sous-catégories, c’est du moins ainsi que les classe Brad Kasperek dans un article paru dans le n° 303 du Bulletin de l’AIS, les iris rayés, comme PURPLE STREAKER et BATIK, les iris éclaboussés, comme MARIA TORMENA et BRINDLED BEAUTY, et les iris barbouillés, comme PAINTED PLIC. Mais ces distinctions sont peut-être un peu trop simplificatrices. En tout cas ils proviennent tous d’iris plicatas et Kasperek démontre qu’il s’agit d’iris au ¾ plicatas.
Certains ont affirmé que ces plantes étaient malades et même atteintes de virose, ce qui serait à l’origine de leur aspect « anormal ». Mais d’autres, comme Kasperek et Komarnicki ont expliqué qu’il n’en était rien, mais qu’on était plutôt en face d’une mutation. Disons, pour rester simple, que ce sont des descendants de plicatas dont l’ordonnance dans la répartition des couleurs se trouve bouleversée.
Aujourd’hui les « broken color » ne font plus peur. Le grand public commence à les apprécier. La preuve en est que parmi les 100 variétés les plus populaires de cette année, quatre « broken color » sont classés : notre TIGER HONEY, à la 43eme place, BEWILDERBEAST à la 47eme, SPICED TIGER étant 98eme et NIGERIAN RASPBERRY 100eme. Enfin à la 106eme place on trouve encore GNU’S FLASH. On n’est plus loin du jour où un « broken color » le disputera pour une médaille honorifique avec un iris classique, comme le fit THORNBIRD, un autre iris « anormal », quand il emporta la Dykes Medal en 1997.
Nous voici en présence de ce que l’on appelle un iris « broken color ». Cette catégorie est apparue relativement récemment. Elle n’a conquis sa place dans la grande famille des variétés nobles seulement dans les années 80. Auparavant elle était considérée comme une anomalie curieuse mais plutôt laide, que l’on détruisait quand on la voyait apparaître dans un semis de plicatas. Le premier à avoir commercialisé ces chimères est Allan Ensminger, un obtenteur du Nebraska qui, au début des eighties, les a proposés, sans oser les enregistrer ! Ce n’était que des curiosités sans avenir. Peu à peu cependant il a fait progresser la qualité des cultivars obtenus et considéré, eu égard à la stabilité de la mutation constatée, qu’il pouvait faire enregistrer ses semis au même titre que les variétés traditionnelles. Depuis, plusieurs autres obtenteurs se sont lancés dans l’aventure, notamment Brad Kasperek, qui leur a fait franchir le pas entre la confidentialité et le succès commercial. C’est lui qui, en 94, a proposé TIGER HONEY, une variété réussie à tous points de vue, issue d’un croisement entre MARIA TORMENA (Ensminger 87), un autre « broken color », et DESERT REALM (Schreiner 85). Du premier il tient sont caractère « broken color », de l’autre sa couleur de base.
TIGER HONEY se présente comme un iris dans les tons de brun caramel, taché de projections aléatoires or et blanc huître. En quelque sorte, un plicata chez qui les couleurs, au lieu d’être sagement et harmonieusement réparties, se mélangent n’importe comment. C’est cette absence de respect de l’harmonie qui constitue la caractéristique des iris « broken color ». Il y a autant de différence entre un « broken color » et un plicata qu’entre une symphonie de Mozart et une œuvre de Charles Ives. On ne peut cependant pas dire que quelque chose de désordonné et forcément déplaisant. « On dit qu’un beau désordre est un effet de l’art » : cet alexandrin peut exactement s’appliquer aux iris « broken color ».
Le travail d’Allan Ensminger avec les iris « broken color » a commencé dès 1968et les iris qu’il a obtenus et enregistrés peuvent être classés en trois sous-catégories, c’est du moins ainsi que les classe Brad Kasperek dans un article paru dans le n° 303 du Bulletin de l’AIS, les iris rayés, comme PURPLE STREAKER et BATIK, les iris éclaboussés, comme MARIA TORMENA et BRINDLED BEAUTY, et les iris barbouillés, comme PAINTED PLIC. Mais ces distinctions sont peut-être un peu trop simplificatrices. En tout cas ils proviennent tous d’iris plicatas et Kasperek démontre qu’il s’agit d’iris au ¾ plicatas.
Certains ont affirmé que ces plantes étaient malades et même atteintes de virose, ce qui serait à l’origine de leur aspect « anormal ». Mais d’autres, comme Kasperek et Komarnicki ont expliqué qu’il n’en était rien, mais qu’on était plutôt en face d’une mutation. Disons, pour rester simple, que ce sont des descendants de plicatas dont l’ordonnance dans la répartition des couleurs se trouve bouleversée.
Aujourd’hui les « broken color » ne font plus peur. Le grand public commence à les apprécier. La preuve en est que parmi les 100 variétés les plus populaires de cette année, quatre « broken color » sont classés : notre TIGER HONEY, à la 43eme place, BEWILDERBEAST à la 47eme, SPICED TIGER étant 98eme et NIGERIAN RASPBERRY 100eme. Enfin à la 106eme place on trouve encore GNU’S FLASH. On n’est plus loin du jour où un « broken color » le disputera pour une médaille honorifique avec un iris classique, comme le fit THORNBIRD, un autre iris « anormal », quand il emporta la Dykes Medal en 1997.
2.2.02
SAMSARA
Lawrence Ransom, l’obtenteur de SAMSARA (96), a créé une variété qui a été remarquée dès son apparition et qui a été consacrée comme le meilleur iris français, au Pommeret, en 2000.
SAMSARA, jaune moyen, plus clair sous les barbes, résulte du croisement de CAROLINE PENVENON (Nichol 89), par CATALYST (Keppel 80). Le premier est un iris mauve de deux tons, moyennement ondulé, mais très élégant. Le second, un magnifique jaune moyen, avec tous les atours d’une fleur moderne. L’un et l’autre ont un pedigree très compliqué (c’est souvent le cas chez Keith Keppel), mais on y trouve tous les ingrédients pour obtenir une belle fleur, parmi lesquels ANNABEL JANE (Dodsworth 74 – BDM 77), MYSTIQUE (Ghio 75 – DM 80), MARY FRANCES (Gaulter 73 – DM 79), AUTUMN LEAVES (Keppel 74 – FA 76), STERLING SILVER (Moldovan 61), RADIANT APOGEE (Gibson 66), MARY RANDALL (Fay 50 – DM 54), DENVER MINT (Knopf 63), TECHNY CHIMES (Reckamp 55)… Ce TECHNY CHIMES est le premier iris jaune clair à barbes mandarines, barbes qui proviennent de MARY RANDALL. On voit qu’il n’y a rien que du beau monde là-dedans !
SAMSARA n’est pas le seul iris de qualité obtenu par Lawrence Ransom. Cet obtenteur discret, plus attiré par le travail d’hybridation que les honneurs ou l’argent, nous a donné des merveilles depuis OPERA BOUFFE (92), jusqu’à ULTIMATUM (94), DESIRIS (94), CLAUDE LOUIS GAYRARD (96), DAMOISELLE (97), NEBBIOLO et GLADYS F. CLARKE (2000), pour n’en citer que quelques-uns.
Cependant ce ne sont pas les grands iris qui retiennent le plus son attention, mais les iris nains pour lesquels il a créé des variétés extrêmement originales, et les croisements interspécifiques à base d’arils, avec qui il a obtenu des résultats stupéfiants.
Il est certainement dommage que le travail de Lawrence Ransom ne soit pas plus connu. Cela provient du caractère exclusivement artisanal qu’il entend conserver à son entreprise, et de son désir de se consacrer intensément à l’hybridation, sans se soucier du reste. Connaissez-vous un hybrideur qui refuse de faire visiter son exploitation au moment de la floraison, pour ne pas être dérangé par ceux qui prendraient un peu trop de son temps au moment où il donne sans répit de la pince à étamines ?
29.1.02
BERTHALDA
« The World of Irises » est une bible à laquelle je me réfère chaque fois que j’essaie de reconstituer la biographie d’une variété. Cette semaine j’ai choisi de parler de BERTHALDA. Ce nom ne dira peut-être pas grand chose à ceux qui vont lire cette chronique, tant il est vrai que ce n’est pas une variété incontournable. Mais elle a l’avantage de permettre d’aborder l’hybridation des grands iris en Allemagne, de nos jours.
BERTHALDA a été introduit en 1984 par Erhardt WÖRFEL, un amateur d’iris, fervent jardinier, qui a été pendant de nombreuses années le président de la GDS (Gesellschaft der Staudenfreunde), l’équivalent de notre SNHF, laquelle publie chaque trimestre l’excellente revue « Der Staudengarten ». BERTHALDA est un iris blanc glacier à barbes jaunes. Il n’a rien d’exceptionnel, mais, à étudier sa généalogie, on se rend compte qu’il est d’une excellente lignée, ce qui explique que nous sommes devant une plante grande et solide, avec des fleurs bien formées et doucement ondulées, tout à fait dans le genre de ce que l’on enregistrait dans les années 80. Ses parents sont CUP RACE (Buttrick 63) et ERMINE ROBE (Schreiner 65), qui sont l’un et l’autre des blancs très réussis et appréciés à leur époque. CUP RACE descend d’une lignée de bleus et de blancs dont l’ancêtre est le fameux PURISSIMA, un iris qui doit se trouver dans les gènes de la plupart des iris d’aujourd’hui. ERMINE ROBE est un autre blanc descendant d’un croisement de bleus et de blancs. Sa « mère » est HARBOR BLUE (Schreiner 54), un iris bleu très coté et encore présent dans quelques catalogues, qui a pour parent JANE PHILIPS (Graves 50), lui-même fils de HELEN McGREGOR (Graves 43 – DM 49)… qui vient de PURISSIMA ! L’autre grand parent de JANE PHILIPS est un autre pilier de l’iridologie moderne, GREAT LAKES (Cousins 38 – DM 43). Pour compléter le pedigree de ERMINE ROBE, disons que son « père » est CELESTIAL SNOW, un grand blanc, fils lui-même de l’incomparable SNOW FLURRY. BERTHALDA n’est donc pas n’importe qui. Dans le Bottin Mondain des iris, ses ancêtres lui assurent une place honorable.
WÖRFEL n’a pas enregistré un grand nombre de variétés, mais il faut néanmoins citer ses introductions des années 82/84 :
MASSIANELLO (84) un pourpre à reflets noirs issu de NIGHT OWL et DUSKY DANCER ;
MENGONE (84) un rose, plus clair au cœur, à barbes mandarine ;
PEDRILLO (83) un jaune hâtif, fils de NEW MOON ;
DESPINA (82) un autre blanc, descendant de OUTREACH, NEW MOON et ERMINE ROBE.
Les obtenteurs allemands, jusqu’à ces dernières années, étaient peu nombreux, mais ils n’ont jamais hésité à faire enregistrer leurs variétés. Ils sont, de ce fait, mieux connus que d’autres qui travaillent peut-être tout autant mais ne font pas connaître leurs résultats.
Manfred BEER, un jardinier de Leipzig, a hybridé dans l’ombre, du temps de l’ancienne RDA, et réussi de nombreux croisements qui font de lui, aujourd’hui, le plus important hybrideur allemand. Il est apparu dans le monde occidental en faisant enregistré en 91 un grand nombre de variétés obtenues antérieurement. Citons parmi celles-ci :
ANETT, magenta à barbes mandarine (Fond Wish x Falbala)
JENNY E, amoena bleu à barbes jaunes (Lemon Brocade x Beauty Crown)
CARMEN KNEPPER, rose dragée à barbes rouges (Fond Wish x Pink Taffeta).
Parmi ses variétés plus moderne on trouve :
GITTA –92- , très joli iris champagne (Lemon Brocade x Beauty Crown)
MANDY G –92- aubergine presque noir, issu de (Swazi Princess x Superstition)
SANDRA BERNSCHEIN –95- un beau jaune (Tut’s Gold x Gold Trimmings)
TRINY –98- et JUTTA –99-, variegatas à reflets fumés (Edith Wolford x Sweet Musette)
MELANIE STEUERNAGEL –99- ivoire / bordeaux liseré brun (Edith Wolford x Condottiere), distingué (Zeppelin Pokale) au concours de Frankfurt en 99 ;
LALLENDORFER CARNEVAL –2000-, autre semis de Edith Wolford.
Un autre obtenteur talentueux s’appelle Harald MOOS. C’est un habitué des compétitions internationales ou nationales, qui accumule les récompenses :
LEINEUFER –86- bleu outremer à barbes grises, enfant de Shipshape, a obtenu la Karl Fischer Medaille à Frankfurt en 87 ;
La même distinction a été attribuée en 89 à SOMMERNACHTSTRAUM –87-, or à barbes vieil or (Wild West x Paradise), et en 96 à KRÄHENWINKEL SHOW –97-, cuivre rosé à barbes oranges, descendant de Lady Friend et de Post Time ;
A Florence, LEIBNIZ –87- a obtenu le florin d’argent en 91 ; c’est un orange issu de Fresno Calypso et de Flaming Light. GROSSER GARTEN –93- a quant à lui obtenu le florin de bronze en 94 ; c’est un violet à barbes crème (Jean Hoffmeister x God Bless).
Dietmar GÖRBITZ, lui, s’est un peu spécialisé dans les iris bleus. Le concours de Frankfurt lui a été souvent favorable :
DETMOLDER SOMMER –86- indigo barbes or, a reçu la ZP en 88 (Color Splash x Stepping Out) ;
SONNENGOLD –91-, jaune or à barbes oranges, descendant de Outreach et Gold Trimmings, a reçu la KFM en 93 ;
En 96 LIPPISCHER SCHÜTZE –97-, indigo, (fils de Five Star Admiral) et FÜRSTIN PAULINE –97-, bleu drapeau, (fils de Dusky Challenger) ont été KFM et ZP ; et LIPPISCHER SOMMER –2000-, noir presque parfait, ( autre fils de Dusky Challenger) a été apprécié l’été dernier.
Il ne faut pas oublier Eberhardt FISCHER, dont la plus belle réussite est peut-être BÖRDESSCHNEE –99- un iris blanc très pur (Azucena x Leda’s Lover).
Enfin, parmi les hybrideurs plus anciens, Lothar DENKEWITZ, récemment disparu, a obtenu ALSTERSEGEL –70- un amoena clair (Pierre Menard x Whole Cloth), et Tomas TAMBERG est l’auteur de URSULA VAHL –78- rose dragée à barbes roses. Depuis, il s’est spécialisé dans les croisements interspécifiques, Californie / Sibérie en particulier, et il brille en ce domaine.
Ainsi l’Allemagne, que l’on peut croire peu propice, par son climat, à la culture des iris, se distingue et est devenue une vrai nation iridophile.
19.1.02
BROWN LASSO
Le petit iris BROWN LASSO sera notre plante de la semaine. Il présente avant tout l’originalité d’être le seul iris de petite taille à avoir remporté la médaille de Dykes. C’était en 1981. La prédominance des grands iris est telle que BROWN LASSO devait avoir bien des qualités pour être le vainqueur, cette année là, devant VANITY, qui triomphera l’année suivante, et QUEEN OF HEARTS, un pêche sur blanc particulièrement réussi.
Ce fut la consécration pour les iris de bordure (border bearded en anglais), une catégorie qui n’est apparue qu’en 1950, pour des raisons que nous analyserons plus loin.
BROWN LASSO se présente comme un variegata/plicata, c’est à dire avec des pétales d’un brun caramel profond, au dessus de sépales mauve pâle, presque blancs, entourés d’un liseré – un lasso- brun ; les barbes sont jaunes. Il est le résultat d’une hybridation réalisée par Eugene Buckles peu avant sa mort et sélectionnée par Dave Niswonger qui l’a introduit sur le marché en 1975. Ces parents sont des variétés que rien ne destinait a priori à engendrer un « prize winner » : Punchline x (Wild Mustang x Milestone). Punchline est un iris brun violacé, très joli, obtenu en 1968 par Gordon Plough, qui est également l’obtenteur de Milestone (1965). C’est ce Milestone, variegata beurre/pourpre à reflets fumés, qui a apporté à Brown Lasso son côté variegata, le côté brun étant un mélange de Punchline et de Wild Mustang (Benson 66). L’intérêt de Brown Lasso est aussi dans la forme très harmonieuse de sa fleur à laquelle de vives ondulations confèrent une souplesse et une légèreté qui ont séduit les juges américains.
Cette variété chanceuse me donne l’occasion de parler un peu des iris de bordure. Les amateurs d’iris à barbes savent que ceux-ci sont rangés en différentes catégories en fonction de leur taille, depuis le MDB (Miniature Dwarf Bearded) qui ne doivent pas mesurer plus de 25cm de haut et dont les fleurs ne doivent avoir plus de 7.5cm de large, jusqu’aux fameux TB (Tall Bearded), ceux qui dépassent la hauteur de 71cm. Entre les deux on trouve les SDB (Standard Dwarf Bearded), de 25cm à 40cm , les MTB (Miniature Tall Bearded) de 40cm à 70cm, mais avec des fleurs très petites (pas plus de 7.5cm), les IB (Intermediate Bearded) mesurant eux aussi entre 40 et 71cm, mais qui fleurissent –d’où leur nom – entre les petits, toujours hâtifs, et le grands, et le BB (Border Bearded), petits mais costauds (fleurs pouvant atteindre 15cm de large).
A l’origine, ces iris de bordure résultaient d’une opération commerciale, vendre des plantes issues de parents de grande taille mais qui n’avaient pas un développement suffisant. Les premiers à les commercialiser avaient considéré qu’il était dommage d’écarter des plantes jolies, mais un peu trop râblées. Ils leur ont trouvé d’autres qualités : une bonne résistance au vent du fait de leur hampe trop courte, un intérêt pour les petits jardins de ville où les grands iris sont un peu écrasants. Les premières variétés proposées sous le vocable BB étaient donc des grands iris ratés ! Les grosses fleurs au bout de hampes courtes donnaient une allure assez disproportionnée. C’est un défaut que l’on constate encore aujourd’hui chez beaucoup de plantes nanifiées pour la culture en balconnières, comme les roses d’inde ou les reines marguerite.
Au fil du temps les obtenteurs ont affiné leur travail. Ils ne se sont plus contentés de proposer au public des plantes de second ordre, mais ils ont cherché à obtenir des cultivars de taille moyenne, fleurissant en même temps que les grands, mais bien proportionnés : avec des fleurs plus petites, un peu moins tassées sur la tige, donc dignes de figurer dans un concours. Si problème il y a, ce n’est pas avec les variétés du bas de l’échelle des hauteurs, comme BROWN LASSO, qui ne mesure que 55cm, mais avec celles qui avoisine la limite de 71cm. Là, on est dans l’incertitude. Faut-il considérer que BATIK, le fameux « broken colors » d’Allan Ensminger, est réellement un BB, alors que dans bien des jardins il atteint allègrement les 80cm ? Il en est de même par exemple pour des variétés comme CERDAGNE (Ségui 89) ou CHICKASAW SUE (Gibson 83). Cette dernière a été enregistrée comme BB 65cm, mais dans la plupart des catalogues elle figure parmi les TB. CERDAGNE a été enregistrée comme TB 75cm, de même que CORBIERES (Ségui 82) mais dans le catalogue Iris de Thau, cette dernière est longtemps restée parmi les BB ! Presque chaque année, dans le R and I (Registrations and Introductions) de l’AIS des corrections de ce genre sont apportées dans le pedigree de variétés qui se situent à la limite. On peut donc se demander si cette catégorie est vraiment nécessaire ou si elle est correctement définie. A mon avis, plus que la hauteur de la plante, la classification devrait résulter dans un rapport hauteur/largeur de la fleur.
Quoiqu’il en soit, on dispose aujourd’hui d’iris de bordure intéressants, comme notre BROWN LASSO. C’est le cas de INNER CIRCLE (Ghio 76), PINK BUBBLES (Hager 80), SHENANIGAN (Keppel 85). Parmi les variétés plus récentes on trouve SONJA’S SELLAH (Ensminger 89) qui a obtenu la médaille spécifique de BB – la Knowlton Medal – en 92, PETITE BALLET (Keppel 92) – KM 99, STANZA (Byers 90), RED ROOSTER (Durrance 90) – KM 98, BABY BENGAL (Sutton 90) ou le plicata britannique ORINOCCO FLOW (Bartlett 93) qui a été honoré de la médaille anglaise de Dykes en 94.
Depuis BROWN LASSO aucun autre BB n’a obtenu la récompense suprême, même si BATIK (Ensminger 86) a été deux fois à deux doigts de l’emporter, en 94 et 95. Il est vraisemblable que le succès viendra de nouveau car ces petits iris ont cessé d’être des produits de second choix.
Le petit iris BROWN LASSO sera notre plante de la semaine. Il présente avant tout l’originalité d’être le seul iris de petite taille à avoir remporté la médaille de Dykes. C’était en 1981. La prédominance des grands iris est telle que BROWN LASSO devait avoir bien des qualités pour être le vainqueur, cette année là, devant VANITY, qui triomphera l’année suivante, et QUEEN OF HEARTS, un pêche sur blanc particulièrement réussi.
Ce fut la consécration pour les iris de bordure (border bearded en anglais), une catégorie qui n’est apparue qu’en 1950, pour des raisons que nous analyserons plus loin.
BROWN LASSO se présente comme un variegata/plicata, c’est à dire avec des pétales d’un brun caramel profond, au dessus de sépales mauve pâle, presque blancs, entourés d’un liseré – un lasso- brun ; les barbes sont jaunes. Il est le résultat d’une hybridation réalisée par Eugene Buckles peu avant sa mort et sélectionnée par Dave Niswonger qui l’a introduit sur le marché en 1975. Ces parents sont des variétés que rien ne destinait a priori à engendrer un « prize winner » : Punchline x (Wild Mustang x Milestone). Punchline est un iris brun violacé, très joli, obtenu en 1968 par Gordon Plough, qui est également l’obtenteur de Milestone (1965). C’est ce Milestone, variegata beurre/pourpre à reflets fumés, qui a apporté à Brown Lasso son côté variegata, le côté brun étant un mélange de Punchline et de Wild Mustang (Benson 66). L’intérêt de Brown Lasso est aussi dans la forme très harmonieuse de sa fleur à laquelle de vives ondulations confèrent une souplesse et une légèreté qui ont séduit les juges américains.
Cette variété chanceuse me donne l’occasion de parler un peu des iris de bordure. Les amateurs d’iris à barbes savent que ceux-ci sont rangés en différentes catégories en fonction de leur taille, depuis le MDB (Miniature Dwarf Bearded) qui ne doivent pas mesurer plus de 25cm de haut et dont les fleurs ne doivent avoir plus de 7.5cm de large, jusqu’aux fameux TB (Tall Bearded), ceux qui dépassent la hauteur de 71cm. Entre les deux on trouve les SDB (Standard Dwarf Bearded), de 25cm à 40cm , les MTB (Miniature Tall Bearded) de 40cm à 70cm, mais avec des fleurs très petites (pas plus de 7.5cm), les IB (Intermediate Bearded) mesurant eux aussi entre 40 et 71cm, mais qui fleurissent –d’où leur nom – entre les petits, toujours hâtifs, et le grands, et le BB (Border Bearded), petits mais costauds (fleurs pouvant atteindre 15cm de large).
A l’origine, ces iris de bordure résultaient d’une opération commerciale, vendre des plantes issues de parents de grande taille mais qui n’avaient pas un développement suffisant. Les premiers à les commercialiser avaient considéré qu’il était dommage d’écarter des plantes jolies, mais un peu trop râblées. Ils leur ont trouvé d’autres qualités : une bonne résistance au vent du fait de leur hampe trop courte, un intérêt pour les petits jardins de ville où les grands iris sont un peu écrasants. Les premières variétés proposées sous le vocable BB étaient donc des grands iris ratés ! Les grosses fleurs au bout de hampes courtes donnaient une allure assez disproportionnée. C’est un défaut que l’on constate encore aujourd’hui chez beaucoup de plantes nanifiées pour la culture en balconnières, comme les roses d’inde ou les reines marguerite.
Au fil du temps les obtenteurs ont affiné leur travail. Ils ne se sont plus contentés de proposer au public des plantes de second ordre, mais ils ont cherché à obtenir des cultivars de taille moyenne, fleurissant en même temps que les grands, mais bien proportionnés : avec des fleurs plus petites, un peu moins tassées sur la tige, donc dignes de figurer dans un concours. Si problème il y a, ce n’est pas avec les variétés du bas de l’échelle des hauteurs, comme BROWN LASSO, qui ne mesure que 55cm, mais avec celles qui avoisine la limite de 71cm. Là, on est dans l’incertitude. Faut-il considérer que BATIK, le fameux « broken colors » d’Allan Ensminger, est réellement un BB, alors que dans bien des jardins il atteint allègrement les 80cm ? Il en est de même par exemple pour des variétés comme CERDAGNE (Ségui 89) ou CHICKASAW SUE (Gibson 83). Cette dernière a été enregistrée comme BB 65cm, mais dans la plupart des catalogues elle figure parmi les TB. CERDAGNE a été enregistrée comme TB 75cm, de même que CORBIERES (Ségui 82) mais dans le catalogue Iris de Thau, cette dernière est longtemps restée parmi les BB ! Presque chaque année, dans le R and I (Registrations and Introductions) de l’AIS des corrections de ce genre sont apportées dans le pedigree de variétés qui se situent à la limite. On peut donc se demander si cette catégorie est vraiment nécessaire ou si elle est correctement définie. A mon avis, plus que la hauteur de la plante, la classification devrait résulter dans un rapport hauteur/largeur de la fleur.
Quoiqu’il en soit, on dispose aujourd’hui d’iris de bordure intéressants, comme notre BROWN LASSO. C’est le cas de INNER CIRCLE (Ghio 76), PINK BUBBLES (Hager 80), SHENANIGAN (Keppel 85). Parmi les variétés plus récentes on trouve SONJA’S SELLAH (Ensminger 89) qui a obtenu la médaille spécifique de BB – la Knowlton Medal – en 92, PETITE BALLET (Keppel 92) – KM 99, STANZA (Byers 90), RED ROOSTER (Durrance 90) – KM 98, BABY BENGAL (Sutton 90) ou le plicata britannique ORINOCCO FLOW (Bartlett 93) qui a été honoré de la médaille anglaise de Dykes en 94.
Depuis BROWN LASSO aucun autre BB n’a obtenu la récompense suprême, même si BATIK (Ensminger 86) a été deux fois à deux doigts de l’emporter, en 94 et 95. Il est vraisemblable que le succès viendra de nouveau car ces petits iris ont cessé d’être des produits de second choix.
14.1.02
IKAR
La variété de la semaine sera l’iris ouzbek IKAR, obtenu par Adolf Volfovitch-Moler. Introduit en 92, il a obtenu en 1995 le Florin d’Or au Concours de Florence. Cette chronique arrive maintenant, en hommage à Adolf Volfovitch-Moler, dont je viens d’apprendre la disparition.
Tout le monde a été surpris quand le jury de Florence a désigné IKAR comme meilleure variété de 95. Non pas parce que l’iris n’en valait pas la peine, mais pour deux autres raisons : d’une part ce prix couronnait une variété issue d’un pays dont on ignorait même qu’il abritait un amateur d’iris, et dont certains cherchaient fébrilement l’emplacement dans leur atlas, d’autre part parce que les origines de cet iris laissaient à penser qu’il pouvait s’agir d’une plante désuète, disons plutôt passée de mode. Son pedigree ? Rippling Waters x Pipes of Pan, deux variétés des années 60, dont on n’imaginait pas qu’elles puissent donner naissance à une variété moderne, trente ans plus tard. Et pourtant, IKAR est un iris très joli, grand et bien proportionné, dans un coloris pastel agréable à l’œil : les pétales sont blancs un peu violacé, on peut dire blanc huître, et les sépales d’un mauve améthyste léger, éclairci sous les barbes qui sont mandarine. L’ensemble est légèrement ondulé, gracieux. A y regarder de près, on constate tout de même que cette fleur avoue son âge : les sépales sont un peu pincés, donc ayant tendance à retomber, et l’allure générale n’a pas l’ampleur des variétés d’aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, IKAR n’a pas volé sa distinction, et les juges ont fait preuve d’une belle impartialité en tenant compte davantage des qualités de la plante que de sa modernité.
Adolf Volfovitch-Moler, avec qui j’ai eu des relations épistolaires suivies, était un scientifique retraité, bourru et entêté, mais passionné par ce qu’il faisait, les iris, bien sûr, mais aussi les glaïeuls, aux hybrides desquels il a fait faire un véritable bond en avant, avec des coloris franchement nouveaux obtenus par l’utilisation chimique du manganèse, et des fleurs denses, robustes et résistant bien aux intempéries. Dans le numéro 122 d’Iris et Bulbeuses, j’ai publié des photos de quelques uns de ces cultivars originaux, que l’on ne trouvera, malheureusement, jamais dans le commerce car leur obtenteur n’a jamais réussi à les faire produire en Europe.
Dans ce même numéro, j’ai cité Adolf Volfovitch-Moler qui reconnaissait la modestie de ses moyens et se plaignait de son isolement et des difficultés qu’il rencontrait à l’époque pour se procurer des variétés modernes pour enrichir ses hybridations. Je lui ai envoyé ou fait envoyer des obtentions françaises récentes dont il était très heureux et qui sans doute auraient donné naissance à de nouvelles variétés exotiques si la mort n’était pas venu interrompre la travail de cet obtenteur du bout du monde.
Adolf Volfovitch-Moler n’était pas spécialement fier d’IKAR, il lui préférait d’autres variétés de son cru, aux coloris plus originaux, comme TASHKENT (92), un variégata chaleureux, aux pétales dorés et aux sépales roux, liserés d’or et veinés de blanc, avec une nette flamme blanche sous les barbes oranges. Il avait aussi un faible pour un coloris mauve éteint, qui, à mon sens, manque d’éclat, mais qui ne se rencontre dans aucune autre fleur que dans CHIMGAN (92) ou VDOKNOVENYIE (92) et beaucoup de leurs descendants.
Je possède dans ma collection vingt variétés obtenues par Adolf Volfovitch-Moler, et mes préférences vont, en dehors de celles qui viennent d’être citées, à CARNIVAL NIGHT (97), un iris sombre, aux pétales et sépales pourpre mêlé de violet, barbes indigo, ainsi qu’à RAH RAH BOYS (97) un bicolor plicata très original et sans doute unique dans la répartition des couleurs, SYMFONYIA, le meilleur tardif de Florence en 95, un rose pourpré, ou rose neyron, avec une barbe minium qui relève l’ensemble ; la fleur est très peu ondulée, mais grande et belle : une touche de couleur vive en fin de saison. Et surtout ZOLOTAYA KORONA (98), un self vieil or très soutenu, presque bronze, éclairé de barbes mandarine, issu de Deep Fire x Christmas Time.
Comme il le regrettait lui-même, l’absence de variétés modernes dans le panel d’iris à la disposition des obtenteurs de l’ancien bloc soviétique, n’a certainement pas permis à A. Volfovitch-Moler d’exprimer tout son talent d’hybrideur. Il est arrivé un peu trop tard, victime de l’isolement où son pays a été longtemps confiné.
La variété de la semaine sera l’iris ouzbek IKAR, obtenu par Adolf Volfovitch-Moler. Introduit en 92, il a obtenu en 1995 le Florin d’Or au Concours de Florence. Cette chronique arrive maintenant, en hommage à Adolf Volfovitch-Moler, dont je viens d’apprendre la disparition.
Tout le monde a été surpris quand le jury de Florence a désigné IKAR comme meilleure variété de 95. Non pas parce que l’iris n’en valait pas la peine, mais pour deux autres raisons : d’une part ce prix couronnait une variété issue d’un pays dont on ignorait même qu’il abritait un amateur d’iris, et dont certains cherchaient fébrilement l’emplacement dans leur atlas, d’autre part parce que les origines de cet iris laissaient à penser qu’il pouvait s’agir d’une plante désuète, disons plutôt passée de mode. Son pedigree ? Rippling Waters x Pipes of Pan, deux variétés des années 60, dont on n’imaginait pas qu’elles puissent donner naissance à une variété moderne, trente ans plus tard. Et pourtant, IKAR est un iris très joli, grand et bien proportionné, dans un coloris pastel agréable à l’œil : les pétales sont blancs un peu violacé, on peut dire blanc huître, et les sépales d’un mauve améthyste léger, éclairci sous les barbes qui sont mandarine. L’ensemble est légèrement ondulé, gracieux. A y regarder de près, on constate tout de même que cette fleur avoue son âge : les sépales sont un peu pincés, donc ayant tendance à retomber, et l’allure générale n’a pas l’ampleur des variétés d’aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, IKAR n’a pas volé sa distinction, et les juges ont fait preuve d’une belle impartialité en tenant compte davantage des qualités de la plante que de sa modernité.
Adolf Volfovitch-Moler, avec qui j’ai eu des relations épistolaires suivies, était un scientifique retraité, bourru et entêté, mais passionné par ce qu’il faisait, les iris, bien sûr, mais aussi les glaïeuls, aux hybrides desquels il a fait faire un véritable bond en avant, avec des coloris franchement nouveaux obtenus par l’utilisation chimique du manganèse, et des fleurs denses, robustes et résistant bien aux intempéries. Dans le numéro 122 d’Iris et Bulbeuses, j’ai publié des photos de quelques uns de ces cultivars originaux, que l’on ne trouvera, malheureusement, jamais dans le commerce car leur obtenteur n’a jamais réussi à les faire produire en Europe.
Dans ce même numéro, j’ai cité Adolf Volfovitch-Moler qui reconnaissait la modestie de ses moyens et se plaignait de son isolement et des difficultés qu’il rencontrait à l’époque pour se procurer des variétés modernes pour enrichir ses hybridations. Je lui ai envoyé ou fait envoyer des obtentions françaises récentes dont il était très heureux et qui sans doute auraient donné naissance à de nouvelles variétés exotiques si la mort n’était pas venu interrompre la travail de cet obtenteur du bout du monde.
Adolf Volfovitch-Moler n’était pas spécialement fier d’IKAR, il lui préférait d’autres variétés de son cru, aux coloris plus originaux, comme TASHKENT (92), un variégata chaleureux, aux pétales dorés et aux sépales roux, liserés d’or et veinés de blanc, avec une nette flamme blanche sous les barbes oranges. Il avait aussi un faible pour un coloris mauve éteint, qui, à mon sens, manque d’éclat, mais qui ne se rencontre dans aucune autre fleur que dans CHIMGAN (92) ou VDOKNOVENYIE (92) et beaucoup de leurs descendants.
Je possède dans ma collection vingt variétés obtenues par Adolf Volfovitch-Moler, et mes préférences vont, en dehors de celles qui viennent d’être citées, à CARNIVAL NIGHT (97), un iris sombre, aux pétales et sépales pourpre mêlé de violet, barbes indigo, ainsi qu’à RAH RAH BOYS (97) un bicolor plicata très original et sans doute unique dans la répartition des couleurs, SYMFONYIA, le meilleur tardif de Florence en 95, un rose pourpré, ou rose neyron, avec une barbe minium qui relève l’ensemble ; la fleur est très peu ondulée, mais grande et belle : une touche de couleur vive en fin de saison. Et surtout ZOLOTAYA KORONA (98), un self vieil or très soutenu, presque bronze, éclairé de barbes mandarine, issu de Deep Fire x Christmas Time.
Comme il le regrettait lui-même, l’absence de variétés modernes dans le panel d’iris à la disposition des obtenteurs de l’ancien bloc soviétique, n’a certainement pas permis à A. Volfovitch-Moler d’exprimer tout son talent d’hybrideur. Il est arrivé un peu trop tard, victime de l’isolement où son pays a été longtemps confiné.
10.1.02
L’AVOIR OU PAS
Je veux parler de la fameuse Médaille de Dykes, si convoitée par tous les obtenteurs américains. Depuis sa création en 1920, peu nombreux sont ceux qui ont eu l’immense honneur de l’obtenir plus d’une fois.
Parmi ces champions, l’entreprise Schreiner se place délibérément hors concours avec 10 victoires en 43 ans :
- 1958 BLUE SAPPHIRE
- 1963 AMETHYST FLAME
- 1968 STEPPING OUT
- 1984 VICTORIA FALLS
- 1988 TITAN’S GLORY
- 1992 DUSKY CHALLENGER
- 1994 SILVERADO
- 1995 HONKY TONK BLUES
- 1999 HELLO DARKNESS
- 2001 YAQUINA BLUES.
Loin derrière on trouve ceux qui l’ont eue trois fois :
Orville Fay, avec
- TRULY YOURS 52
- MARY RANDALL 53
- RIPPLING WATERS 66
Paul Cook, avec
- SABLE NIGHT 54
- WHOLE CLOTH 62
- ALLEGIANCE 64
Ben Hager, avec
- VANITY 82
- BEVERLY SILLS 85
- EDITH WOLFORD 93.
Admirons la performance de ce dernier, dans une compétition de plus en plus acharnée.
Avec deux récompenses, il y a :
Hans Sass, avec
- RAMESES 32
- PRAIRIE SUNSET 43
Jacob Sass, avec
- THE RED DOUGLAS 41
- OLA KALA 48
Fred DeForest, avec
- ARGUS PHEASANT 51
- FIRST VIOLET 55
Neva Sexton, avec
- PACIFIC PANORAMA 65
- NEW MOON 73
Monty Byers, avec
- THORNBIRD 97
- CONJURATION 98
Un point, c’est tout.
On peut s’étonner de ce que des obtenteurs aussi brillants que Joë Ghio (pour MYSTIQUE en 80), Keith Keppel (pour BABBLING BROOK, en 62, au tout début de sa carrière) ou Jim Gibson (pour KILT LILT en 76) n’aient été couronnés qu’une seule fois, de même qu’on peut trouver miraculeux que Madame Kuntz, qui n’a enregistré qu’une seule variété, DEBBY RAIRDON, ait été récompensée pour cette unique prestation !
Par ailleurs, bien des hybrideurs considérés comme particulièrement doués n’ont jamais eu la chance d’être distingués comme ils l’auraient mérité. Je pense à Melba Hamblen, Joë Gatty, Gordon Plough, George Shoop ou Chet Tompkins, pour ceux qui sont récemment disparus. Quelques autres peuvent encore espérer : Lloyd Zurbrigg, ou Rick Ernst, par exemple.
Je veux parler de la fameuse Médaille de Dykes, si convoitée par tous les obtenteurs américains. Depuis sa création en 1920, peu nombreux sont ceux qui ont eu l’immense honneur de l’obtenir plus d’une fois.
Parmi ces champions, l’entreprise Schreiner se place délibérément hors concours avec 10 victoires en 43 ans :
- 1958 BLUE SAPPHIRE
- 1963 AMETHYST FLAME
- 1968 STEPPING OUT
- 1984 VICTORIA FALLS
- 1988 TITAN’S GLORY
- 1992 DUSKY CHALLENGER
- 1994 SILVERADO
- 1995 HONKY TONK BLUES
- 1999 HELLO DARKNESS
- 2001 YAQUINA BLUES.
Loin derrière on trouve ceux qui l’ont eue trois fois :
Orville Fay, avec
- TRULY YOURS 52
- MARY RANDALL 53
- RIPPLING WATERS 66
Paul Cook, avec
- SABLE NIGHT 54
- WHOLE CLOTH 62
- ALLEGIANCE 64
Ben Hager, avec
- VANITY 82
- BEVERLY SILLS 85
- EDITH WOLFORD 93.
Admirons la performance de ce dernier, dans une compétition de plus en plus acharnée.
Avec deux récompenses, il y a :
Hans Sass, avec
- RAMESES 32
- PRAIRIE SUNSET 43
Jacob Sass, avec
- THE RED DOUGLAS 41
- OLA KALA 48
Fred DeForest, avec
- ARGUS PHEASANT 51
- FIRST VIOLET 55
Neva Sexton, avec
- PACIFIC PANORAMA 65
- NEW MOON 73
Monty Byers, avec
- THORNBIRD 97
- CONJURATION 98
Un point, c’est tout.
On peut s’étonner de ce que des obtenteurs aussi brillants que Joë Ghio (pour MYSTIQUE en 80), Keith Keppel (pour BABBLING BROOK, en 62, au tout début de sa carrière) ou Jim Gibson (pour KILT LILT en 76) n’aient été couronnés qu’une seule fois, de même qu’on peut trouver miraculeux que Madame Kuntz, qui n’a enregistré qu’une seule variété, DEBBY RAIRDON, ait été récompensée pour cette unique prestation !
Par ailleurs, bien des hybrideurs considérés comme particulièrement doués n’ont jamais eu la chance d’être distingués comme ils l’auraient mérité. Je pense à Melba Hamblen, Joë Gatty, Gordon Plough, George Shoop ou Chet Tompkins, pour ceux qui sont récemment disparus. Quelques autres peuvent encore espérer : Lloyd Zurbrigg, ou Rick Ernst, par exemple.
LES CHOIX DE RAINER
De puis vingt ans Rainer Zeh, un amateur d’iris allemand, propose dans « Der Staudengarten », le bulletin trimestriel de la GDS (Gesellschaft der Staudenfreunde –l’équivalent de notre SNHF) une revue annuelle des iris qui l’ont le plus impressionné. Et l’on peut dire qu’il a ce que l’on appelle chez nous le « coup d’œil » ! Toutes les variétés, ou presque, qui l’ont frappé ont eu un destin commercial remarquable et ont très souvent récolté les plus hautes distinctions. Qu’on en juge :
- 1980 = ENTOURAGE (Ghio 77) et TASTE OF WINE (Plough 79, un violet à barbes jaunes) ;
- 1981 = COPPER CLASSIC (Roderick 79), LEDA’S LOVER (Hager 79) et BEVERLY SILLS (Hager 79) ;
- 1982 = GOOD MORNING AMERICA (Sexton 79, un blanc à barbes bleutées) ;
- 1983 = PRETTY LADY (Gatty 82), BUBBLING OVER (Ghio 82) et HONEY MOCHA (Luihn 80) ;
- 1984 = GIGOLO (Keppel 84) ;
- 1986 = ANNA BELLE BABSON (Hager 85) et WILD JASMINE (Hamner 83) ;
- 1989 = RUSTLER (Keppel 88), IMPRESSIONNIST (Ghio 88) et OKTOBERFEST (Maryott 87) ;
- 1990 = ALTRUIST (Schreiner 87) et WINIFRED ROSS (Hamblen 88) ;
- 1991 = PEACEFUL WATERS (Schreiner 88), SWEETER THAN WINE (Schreiner 88), ARMADA (Keppel 88) et SNOWBROOK (Keppel 87) ;
- 1992 = SOCIAL EVENT (Keppel 91), LIONESS (Ernst 89), REGAL AFFAIR (Shoop 89) et NOTABLE (Ghio 91) ;
- 1993 = DUSKY CHALLENGER (Schreiner 86) et EDITH WOLFORD (Hager 86) ;
- 1994 = une série d’iris obtenus par les hybrideurs allemands, comme le noir MANDY G (Beer 92) ou le crème GITTA (Beer 92) ;
- 1995 = PEACE AND HARMONY (Ghio 92), FOREIGN ACCENT (Keppel 91) et FILIBUSTER (Ghio 93) ;
- 1996 FASHION DESIGNER (Keppel 95), FINALIST (Gatty 94) et REALITY (Ghio 95) ;
- 1997 = GRATEFUL CITIZEN (Innerst 94) ;
- 1998 = IN REVERSE (Gatt 93) et YES (Blyth 96) ;
- 1999 = CHAMPAGNE FROST (Keppel 96), COPPER AND SNOW (Blyth 95), OCELOT (Ghio 98) et RIPPLING RIVER (Schreiner 95) ;
- 2000 = COFFEE WHISPERS (Blyth 99), LOUISA’S SONG (Blyth 99) et STRICTLY JAZZ (Blyth 99).
Il n’y a rien dans tous ces choix qui ne soit de première qualité. Rainer Zeh est un connaisseur, un hybrideur aussi, qui publie quelques photos de ses obtentions, mais qui n’en enregistre que très peu tant il est scrupuleux dans sa sélection. Pour ma part, j’ai dans ma propre collection deux variétés qu’il m’a données et que je trouve formidables : deux enfants de HONKY TONK BLUES, le semis 17-1-90 qui est un iris chartreuse à suffusions pourpres et barbes mandarine, étrange et ensorcelant (HONKY TONK BLUES X IMPRESSIONNIST), et 1-2-91, un adorable bleu d’azur, plus pâle aux bords (SILVERADO X HONKY TONK BLUES). Bravo Herr Zeh !
De puis vingt ans Rainer Zeh, un amateur d’iris allemand, propose dans « Der Staudengarten », le bulletin trimestriel de la GDS (Gesellschaft der Staudenfreunde –l’équivalent de notre SNHF) une revue annuelle des iris qui l’ont le plus impressionné. Et l’on peut dire qu’il a ce que l’on appelle chez nous le « coup d’œil » ! Toutes les variétés, ou presque, qui l’ont frappé ont eu un destin commercial remarquable et ont très souvent récolté les plus hautes distinctions. Qu’on en juge :
- 1980 = ENTOURAGE (Ghio 77) et TASTE OF WINE (Plough 79, un violet à barbes jaunes) ;
- 1981 = COPPER CLASSIC (Roderick 79), LEDA’S LOVER (Hager 79) et BEVERLY SILLS (Hager 79) ;
- 1982 = GOOD MORNING AMERICA (Sexton 79, un blanc à barbes bleutées) ;
- 1983 = PRETTY LADY (Gatty 82), BUBBLING OVER (Ghio 82) et HONEY MOCHA (Luihn 80) ;
- 1984 = GIGOLO (Keppel 84) ;
- 1986 = ANNA BELLE BABSON (Hager 85) et WILD JASMINE (Hamner 83) ;
- 1989 = RUSTLER (Keppel 88), IMPRESSIONNIST (Ghio 88) et OKTOBERFEST (Maryott 87) ;
- 1990 = ALTRUIST (Schreiner 87) et WINIFRED ROSS (Hamblen 88) ;
- 1991 = PEACEFUL WATERS (Schreiner 88), SWEETER THAN WINE (Schreiner 88), ARMADA (Keppel 88) et SNOWBROOK (Keppel 87) ;
- 1992 = SOCIAL EVENT (Keppel 91), LIONESS (Ernst 89), REGAL AFFAIR (Shoop 89) et NOTABLE (Ghio 91) ;
- 1993 = DUSKY CHALLENGER (Schreiner 86) et EDITH WOLFORD (Hager 86) ;
- 1994 = une série d’iris obtenus par les hybrideurs allemands, comme le noir MANDY G (Beer 92) ou le crème GITTA (Beer 92) ;
- 1995 = PEACE AND HARMONY (Ghio 92), FOREIGN ACCENT (Keppel 91) et FILIBUSTER (Ghio 93) ;
- 1996 FASHION DESIGNER (Keppel 95), FINALIST (Gatty 94) et REALITY (Ghio 95) ;
- 1997 = GRATEFUL CITIZEN (Innerst 94) ;
- 1998 = IN REVERSE (Gatt 93) et YES (Blyth 96) ;
- 1999 = CHAMPAGNE FROST (Keppel 96), COPPER AND SNOW (Blyth 95), OCELOT (Ghio 98) et RIPPLING RIVER (Schreiner 95) ;
- 2000 = COFFEE WHISPERS (Blyth 99), LOUISA’S SONG (Blyth 99) et STRICTLY JAZZ (Blyth 99).
Il n’y a rien dans tous ces choix qui ne soit de première qualité. Rainer Zeh est un connaisseur, un hybrideur aussi, qui publie quelques photos de ses obtentions, mais qui n’en enregistre que très peu tant il est scrupuleux dans sa sélection. Pour ma part, j’ai dans ma propre collection deux variétés qu’il m’a données et que je trouve formidables : deux enfants de HONKY TONK BLUES, le semis 17-1-90 qui est un iris chartreuse à suffusions pourpres et barbes mandarine, étrange et ensorcelant (HONKY TONK BLUES X IMPRESSIONNIST), et 1-2-91, un adorable bleu d’azur, plus pâle aux bords (SILVERADO X HONKY TONK BLUES). Bravo Herr Zeh !
RIPPLING WATERS
Avec RIPPLING WATERS (FAY, 1961) on aborde une variété qui figure dans le pedigree d’un nombre incroyable de variétés modernes. Il faut dire qu’il s’agit d’une plante proche de la perfection dans la forme, et riche d’un potentiel génétique qui n’a échappé à aucun des obtenteurs importants des années 60, 70, et même 80. Plus de cent variétés enregistrées sont issues directement de RIPPLING WATERS, et on ne peut pas compter ses descendants à la deuxième ou troisième génération !
Du point de vue de la couleur, il s’agit d’un iris lilas, à barbes mandarine, ni spécialement original, ni spécialement spectaculaire, mais néanmoins un très belle fleur remarquée par tous les amateurs et couronnée de la Médaille de Dykes en 1966. Il descend de NATIVE DANCER, une variété des années 50, issue elle-même de NEW SNOW, l’un des plus beaux blancs venu lui-même du fameux SNOW FLURRY, et de MAY HALL, un rose « flamant », avec des barbes mandarine, certes pas ondulé, mais portant les gènes pour cette particularité.
RIPPLING WATERS a eu des descendants dans toutes les couleurs, mais essentiellement dans les tons de rose à violet. Il faut citer les plus connus de ses enfants :
· Chez Clifford Benson : PARIS OPERA
· Chez Opal Brown : BUFFY
· Chez Glen Corlew : l’indigo TRIUMPHANT
· Chez Mary Dunn : le brillant luminata VIBRATIONS
· Chez Jim Gibson : SPACE BLAZER couronné à Florence en 78
· Chez Joe Gatty : les roses LIZ et PANACHE
· Chez Larry Gaulter : deux très fameuses variétés, LOMBARDY, et SAN LEANDRO
· Chez Melba Hamblen : COUNTRY LILAC et FLAMINGO FLING
· Chez Eleonor KEGERISE : COUNTRY MANOR
· Chez Evelyn KEGERISE : FEMININE CHARM
· Chez Keith Keppel : MULLED WINE
· Chez Dave Niswonger : LILAC TREAT ou RASPBERRY RIPPLES
· Chez Gordon Plough : BEAUX ARTS
· Chez les Schreiner : CARNABY puis, plus récemment GOODBYE HEART et SWEET MUSETTE
· Chez Herbert Spence : le blanc VALENTINA
· Chez Esther Tams : DREAM LOVER, décoré de la DM en 77
· Enfin chez Bryce Williamson :WORDS OF LOVE.
Hors des Etats unis, RIPPLING WATERS a aussi été utilisé, en grande Bretagne par Barry Dodsworth (BEWICK SWAN – BDM 85), et même dans le lointain Ouzbékistan par Adolf Volfovitch Moler qui en a obtenu trois remarquables variétés récentes :TASHKENT, SYMPHONYIA, et surtout IKAR, florin d’or à Florence en 95.
Il est intéressant de rappeler quelques uns des descendants à la deuxième génération. Parce qu’on constate que pratiquement tous les obtenteurs ont utilisé au moins à ce niveau les aptitudes de RIPPLING WATERS. Ainsi BEAUX ARTS a engendré DISCRETION (Boushay), HEATHER CLOUD (Hamner), KENTUCKY DERBY (Mohr), SIMPLE PLEASURES (Gatty) ; BUFFY est parent de AÏDA ROSE (Ségui), AUTUMN HEIRESS (Gartmann), BROCADED GOWN (Tompkins), MING ROSE et QUEEN OF HEARTS (O. Brown), FANTASY FAIRE (Jeannette Nelson), FEMININE WILES (John Nelson) de même que STANDING OVATION. CARNABY est à l’origine de STARCREST –FO 86- (Schreiner) ; SWEET MUSETTE a donné naissance à CHASING RAINBOW (Hager), FRIMOUSSE et ROBE D’ETE (Cayeux) ; MULLED WINE a inspiré de très nombreux hybrideurs, dont Ghio (BATTLE ROYAL), Keppel (EVER AFTER et FARAWAY PLACES), Anfosso (LASER et VOLEUR DE FEU), Schreiner (SHEER ECSTASY et SWINGTOWN)…DREAM LOVER a été utilisé par Ransom (DAMOISELLE), Hamblen (WINIFRED ROSS, PINK SAPPHIRE), Ensminger (ISN’T THIS SOMETHING) ; SAN LEANDRO a eu une descendance très importante, dont AMOUR (Corlew), ENTOURAGE et PARIS ORIGINAL (Ghio), TEQUILA SUNRISE (McWirther) ; SPACE BLAZER a donné ELLAHMAE FEHRER (Corlew), FRISOUNETTE (Ségui), GRECIAN SKIES (O. Brown) ; LIZ a servi chez Hager (MOON’S DELIGHT, MY VALENTINE), et surtout Gatty (PLAYGIRL, SATIN GOWN, SYMMETRY) ; LOMBARDY est dans le pedigree de AFTERNOON DELIGHT (Ernst) ou ORCHIDARIUM (Gaulter) ; et l’on peut encore citer FLAMINGO FLING qui se trouve dans EVASION (Anfosso), LAUREL PARK (Gaulter) ou SONG OF SPRING (Hamblen).
On pourrait continuer ainsi pendant plusieurs générations. Cela deviendrait fastidieux et n’apporterait qu’une confirmation supplémentaire de ce que RIPPLING WATERS est un des piliers de l’hybridation moderne.
Avec RIPPLING WATERS (FAY, 1961) on aborde une variété qui figure dans le pedigree d’un nombre incroyable de variétés modernes. Il faut dire qu’il s’agit d’une plante proche de la perfection dans la forme, et riche d’un potentiel génétique qui n’a échappé à aucun des obtenteurs importants des années 60, 70, et même 80. Plus de cent variétés enregistrées sont issues directement de RIPPLING WATERS, et on ne peut pas compter ses descendants à la deuxième ou troisième génération !
Du point de vue de la couleur, il s’agit d’un iris lilas, à barbes mandarine, ni spécialement original, ni spécialement spectaculaire, mais néanmoins un très belle fleur remarquée par tous les amateurs et couronnée de la Médaille de Dykes en 1966. Il descend de NATIVE DANCER, une variété des années 50, issue elle-même de NEW SNOW, l’un des plus beaux blancs venu lui-même du fameux SNOW FLURRY, et de MAY HALL, un rose « flamant », avec des barbes mandarine, certes pas ondulé, mais portant les gènes pour cette particularité.
RIPPLING WATERS a eu des descendants dans toutes les couleurs, mais essentiellement dans les tons de rose à violet. Il faut citer les plus connus de ses enfants :
· Chez Clifford Benson : PARIS OPERA
· Chez Opal Brown : BUFFY
· Chez Glen Corlew : l’indigo TRIUMPHANT
· Chez Mary Dunn : le brillant luminata VIBRATIONS
· Chez Jim Gibson : SPACE BLAZER couronné à Florence en 78
· Chez Joe Gatty : les roses LIZ et PANACHE
· Chez Larry Gaulter : deux très fameuses variétés, LOMBARDY, et SAN LEANDRO
· Chez Melba Hamblen : COUNTRY LILAC et FLAMINGO FLING
· Chez Eleonor KEGERISE : COUNTRY MANOR
· Chez Evelyn KEGERISE : FEMININE CHARM
· Chez Keith Keppel : MULLED WINE
· Chez Dave Niswonger : LILAC TREAT ou RASPBERRY RIPPLES
· Chez Gordon Plough : BEAUX ARTS
· Chez les Schreiner : CARNABY puis, plus récemment GOODBYE HEART et SWEET MUSETTE
· Chez Herbert Spence : le blanc VALENTINA
· Chez Esther Tams : DREAM LOVER, décoré de la DM en 77
· Enfin chez Bryce Williamson :WORDS OF LOVE.
Hors des Etats unis, RIPPLING WATERS a aussi été utilisé, en grande Bretagne par Barry Dodsworth (BEWICK SWAN – BDM 85), et même dans le lointain Ouzbékistan par Adolf Volfovitch Moler qui en a obtenu trois remarquables variétés récentes :TASHKENT, SYMPHONYIA, et surtout IKAR, florin d’or à Florence en 95.
Il est intéressant de rappeler quelques uns des descendants à la deuxième génération. Parce qu’on constate que pratiquement tous les obtenteurs ont utilisé au moins à ce niveau les aptitudes de RIPPLING WATERS. Ainsi BEAUX ARTS a engendré DISCRETION (Boushay), HEATHER CLOUD (Hamner), KENTUCKY DERBY (Mohr), SIMPLE PLEASURES (Gatty) ; BUFFY est parent de AÏDA ROSE (Ségui), AUTUMN HEIRESS (Gartmann), BROCADED GOWN (Tompkins), MING ROSE et QUEEN OF HEARTS (O. Brown), FANTASY FAIRE (Jeannette Nelson), FEMININE WILES (John Nelson) de même que STANDING OVATION. CARNABY est à l’origine de STARCREST –FO 86- (Schreiner) ; SWEET MUSETTE a donné naissance à CHASING RAINBOW (Hager), FRIMOUSSE et ROBE D’ETE (Cayeux) ; MULLED WINE a inspiré de très nombreux hybrideurs, dont Ghio (BATTLE ROYAL), Keppel (EVER AFTER et FARAWAY PLACES), Anfosso (LASER et VOLEUR DE FEU), Schreiner (SHEER ECSTASY et SWINGTOWN)…DREAM LOVER a été utilisé par Ransom (DAMOISELLE), Hamblen (WINIFRED ROSS, PINK SAPPHIRE), Ensminger (ISN’T THIS SOMETHING) ; SAN LEANDRO a eu une descendance très importante, dont AMOUR (Corlew), ENTOURAGE et PARIS ORIGINAL (Ghio), TEQUILA SUNRISE (McWirther) ; SPACE BLAZER a donné ELLAHMAE FEHRER (Corlew), FRISOUNETTE (Ségui), GRECIAN SKIES (O. Brown) ; LIZ a servi chez Hager (MOON’S DELIGHT, MY VALENTINE), et surtout Gatty (PLAYGIRL, SATIN GOWN, SYMMETRY) ; LOMBARDY est dans le pedigree de AFTERNOON DELIGHT (Ernst) ou ORCHIDARIUM (Gaulter) ; et l’on peut encore citer FLAMINGO FLING qui se trouve dans EVASION (Anfosso), LAUREL PARK (Gaulter) ou SONG OF SPRING (Hamblen).
On pourrait continuer ainsi pendant plusieurs générations. Cela deviendrait fastidieux et n’apporterait qu’une confirmation supplémentaire de ce que RIPPLING WATERS est un des piliers de l’hybridation moderne.
22.12.01
EVENING ECHO ET LES BARBES NOIRES
A propos d’EVENING ECHO (Hamblen 77), Ben Hager a écrit : « Hybrideurs et amateurs d’iris sont également fascinés par la couleur des barbes…. Le choix dont nous bénéficions aujourd’hui n’est que le fruit du désir qu’éprouve l’homme de rechercher, dès que cela lui est possible, ce qui est nouveau et différent. Peut-être le coloris spectaculaire de la barbe représentée ici nous permettra-t-il de comprendre le pourquoi de cette irrésistible quête. » (in « L’Iris » du photographe Josh Westrich).
Fascinés, nous le sommes par ces barbes violettes, pointées de brun, qui paraissent vraiment noires dans cette fleur indigo très pâle. Mais d’où viennent-elles ? EVENING ECHO est le descendant de trois variétés très différentes, dont AZURE ACCENT (Durrance 67), un gris-bleu à barbes sombres qui lui viennent d’un parent aril, ARABI PASHA. Le côté blanc provient de SWAN BALLET, une variété de T. Muhlestein qui a obtenu la médaille de Dykes en 1959.
Ces barbes noires ont été exploitées par plusieurs obtenteurs : Melba Hamblen, bien sûr, avec FONTAINE (89), Sterling Innerst avec le fameux CODICIL (85), bleu vif à barbes très foncées, et, surtout, Barry Blyth, en Australie, avec INCA QUEEN (83) et tous ces descendants.
Un autre voie vers les barbes sombres a été parcourue par Walt Luihn, lequel a obtenu SONG OF NORWAY, blanc bleuté à barbes bleu marine, issu de NOBLE MAN et BLUE LUSTER. Ce vainqueur de la médaille de Dykes en 86 a eu une nombreuse descendance, dont un bon nombre d’iris à barbes sombres, comme l’anglais WARLEGGAN (Nichol 90), l’américain CAPE HORN (Byers 91), ou le français BARBOUZE (Ransom 2001). Luihn lui-même a marié son SONG OF NORWAY avec EVENING ECHO et obtenu un très beau blanc à barbes très sombres, AUTOGRAPH (83).
De son côté Joë Ghio s’est essayé aux barbes sombres. Il a obtenu un iris très original, INTUITION (77), qui présente une corolle bleue et des barbes brunes. Ces barbes là ont été transmises à certains de ses descendants comme AL FRESCO ( Ghio 81), blanc nettement imprégné de chlorophylle, ou WITCHE’S SABBATH (Maryott 86), pourpre noir à barbes bronze.
Par ailleurs Melba Hamblen elle-même a essayé un autre chemin pour obtenir des barbes foncées : elle a eu recours à la variété blanche à cœur bleu NANCY GLAZIER (Hamblen 85) issue d’un brun HENNA ACCENT. Elle a obtenu des iris intéressants comme WHISPERING ( 90), JOYCE MEEK (91) et PRIVATE STOCK (91), toutes dans les tons de rose, avec des barbes violet très sombre.
Cependant c’est l’Australien Barry Blyth qui s’est le plus passionné pour les iris à barbes noires, et EVENING ECHO a été pour lui le début d’une entreprise très importante. Au premier degré on trouve, comme je l’ai dit, INCA QUEEN, un bleu ciel à barbes marine, et TOUCH OF BRONZE (83), un autre bleu, plus foncé, à barbes bronze. Le premier est issu de croisement TRANQUIL STAR X EVENING ECHO, le second de MUSIQUE X EVENING ECHO. TOUCH OF BRONZE est à l’origine de quelques iris originaux, comme BEAU ZAM (Blyth 87), CHINESE EMPRESS (Blyth 88), HELLO HOBO (Blyth 88) et CHOCOLATE VANILLA (Blyth 92), tous avec des barbes très sombres, et PRETTY WOMAN (Maryott 92), bleu lavande à barbes pourpres.
INCA QUEEN a donné naissance à WITCHING (Blyth 93) et surtout ELECTRIQUE (Blyth 93), un bicolore bleu glacier aux pétales et vieux rose aux sépales, avec barbes bronze foncé, dont la propre descendance est absolument surprenante. Citons entre autres et par ordre d’enregistrement, VOODOO SPELL (Blyth 95), DREAMING LILAC (Blyth 95), CAFE RISQUE (Blyth 96), lui-même richement pourvu en descendants de qualité comme ARC OF COLOURS (Blyth 98), ACE ROYALE (Blyth 97) dont est issu PAINT THE SCENE (Blyth 98). Tous ces iris sont bicolores et portent la marque d’EVENING ECHO sur leurs barbes. Ailleurs qu’en Australie, INCA QUEEN a également été utilisé avec succès, surtout par Sterling Innerst. CEE CEE (96), CONTINUITY (94) et HELEN K. ARMSTRONG (94) sont des enfants d’INCA QUEEN.
En Europe, il y peu d’hybrideurs qui se soient intéressés aux barbes noires. En dehors de Lawrence Ransom, déjà cité, il n’y a guère que le Britannique Cy Bartlett qui ait effectué des recherches dans cette direction. Ila obtenu, à partir de TOUCH OF BRONZE, RIVER PEARL (98), et à partir de CODICIL, les deux frères de semis SPACE MIST (96) et ALIEN MIST (98) tous dans les tons de bleu avec barbes marine ou bronze foncé.
On n’est pas près de cesser de s’intéresser aux effets des barbes originales. La mode est aussi aux iris « noirs » à barbes rouges ou bronze, mais les barbes noires ont encore de l’avenir, surtout sur des fleurs d’autres couleurs que le bleu, et en particulier sur le rose ou le jaune. On aura encore l’occasion d’être fascinés, comme le disait Ben Hager.
A propos d’EVENING ECHO (Hamblen 77), Ben Hager a écrit : « Hybrideurs et amateurs d’iris sont également fascinés par la couleur des barbes…. Le choix dont nous bénéficions aujourd’hui n’est que le fruit du désir qu’éprouve l’homme de rechercher, dès que cela lui est possible, ce qui est nouveau et différent. Peut-être le coloris spectaculaire de la barbe représentée ici nous permettra-t-il de comprendre le pourquoi de cette irrésistible quête. » (in « L’Iris » du photographe Josh Westrich).
Fascinés, nous le sommes par ces barbes violettes, pointées de brun, qui paraissent vraiment noires dans cette fleur indigo très pâle. Mais d’où viennent-elles ? EVENING ECHO est le descendant de trois variétés très différentes, dont AZURE ACCENT (Durrance 67), un gris-bleu à barbes sombres qui lui viennent d’un parent aril, ARABI PASHA. Le côté blanc provient de SWAN BALLET, une variété de T. Muhlestein qui a obtenu la médaille de Dykes en 1959.
Ces barbes noires ont été exploitées par plusieurs obtenteurs : Melba Hamblen, bien sûr, avec FONTAINE (89), Sterling Innerst avec le fameux CODICIL (85), bleu vif à barbes très foncées, et, surtout, Barry Blyth, en Australie, avec INCA QUEEN (83) et tous ces descendants.
Un autre voie vers les barbes sombres a été parcourue par Walt Luihn, lequel a obtenu SONG OF NORWAY, blanc bleuté à barbes bleu marine, issu de NOBLE MAN et BLUE LUSTER. Ce vainqueur de la médaille de Dykes en 86 a eu une nombreuse descendance, dont un bon nombre d’iris à barbes sombres, comme l’anglais WARLEGGAN (Nichol 90), l’américain CAPE HORN (Byers 91), ou le français BARBOUZE (Ransom 2001). Luihn lui-même a marié son SONG OF NORWAY avec EVENING ECHO et obtenu un très beau blanc à barbes très sombres, AUTOGRAPH (83).
De son côté Joë Ghio s’est essayé aux barbes sombres. Il a obtenu un iris très original, INTUITION (77), qui présente une corolle bleue et des barbes brunes. Ces barbes là ont été transmises à certains de ses descendants comme AL FRESCO ( Ghio 81), blanc nettement imprégné de chlorophylle, ou WITCHE’S SABBATH (Maryott 86), pourpre noir à barbes bronze.
Par ailleurs Melba Hamblen elle-même a essayé un autre chemin pour obtenir des barbes foncées : elle a eu recours à la variété blanche à cœur bleu NANCY GLAZIER (Hamblen 85) issue d’un brun HENNA ACCENT. Elle a obtenu des iris intéressants comme WHISPERING ( 90), JOYCE MEEK (91) et PRIVATE STOCK (91), toutes dans les tons de rose, avec des barbes violet très sombre.
Cependant c’est l’Australien Barry Blyth qui s’est le plus passionné pour les iris à barbes noires, et EVENING ECHO a été pour lui le début d’une entreprise très importante. Au premier degré on trouve, comme je l’ai dit, INCA QUEEN, un bleu ciel à barbes marine, et TOUCH OF BRONZE (83), un autre bleu, plus foncé, à barbes bronze. Le premier est issu de croisement TRANQUIL STAR X EVENING ECHO, le second de MUSIQUE X EVENING ECHO. TOUCH OF BRONZE est à l’origine de quelques iris originaux, comme BEAU ZAM (Blyth 87), CHINESE EMPRESS (Blyth 88), HELLO HOBO (Blyth 88) et CHOCOLATE VANILLA (Blyth 92), tous avec des barbes très sombres, et PRETTY WOMAN (Maryott 92), bleu lavande à barbes pourpres.
INCA QUEEN a donné naissance à WITCHING (Blyth 93) et surtout ELECTRIQUE (Blyth 93), un bicolore bleu glacier aux pétales et vieux rose aux sépales, avec barbes bronze foncé, dont la propre descendance est absolument surprenante. Citons entre autres et par ordre d’enregistrement, VOODOO SPELL (Blyth 95), DREAMING LILAC (Blyth 95), CAFE RISQUE (Blyth 96), lui-même richement pourvu en descendants de qualité comme ARC OF COLOURS (Blyth 98), ACE ROYALE (Blyth 97) dont est issu PAINT THE SCENE (Blyth 98). Tous ces iris sont bicolores et portent la marque d’EVENING ECHO sur leurs barbes. Ailleurs qu’en Australie, INCA QUEEN a également été utilisé avec succès, surtout par Sterling Innerst. CEE CEE (96), CONTINUITY (94) et HELEN K. ARMSTRONG (94) sont des enfants d’INCA QUEEN.
En Europe, il y peu d’hybrideurs qui se soient intéressés aux barbes noires. En dehors de Lawrence Ransom, déjà cité, il n’y a guère que le Britannique Cy Bartlett qui ait effectué des recherches dans cette direction. Ila obtenu, à partir de TOUCH OF BRONZE, RIVER PEARL (98), et à partir de CODICIL, les deux frères de semis SPACE MIST (96) et ALIEN MIST (98) tous dans les tons de bleu avec barbes marine ou bronze foncé.
On n’est pas près de cesser de s’intéresser aux effets des barbes originales. La mode est aussi aux iris « noirs » à barbes rouges ou bronze, mais les barbes noires ont encore de l’avenir, surtout sur des fleurs d’autres couleurs que le bleu, et en particulier sur le rose ou le jaune. On aura encore l’occasion d’être fascinés, comme le disait Ben Hager.
16.12.01
CONDOTTIERE
L’iris de la semaine sera le fabuleux CONDOTTIERE. Fabuleux, parce qu’il fait partie de la vingtaine de variétés les plus utilisées en hybridation. Fabuleux aussi par la qualité de ses descendants et l’originalité de leurs coloris.
CONDOTTIERE a été introduit par Jean Cayeux en 1978. C’est une grosse fleur en deux tons de bleu-mauve, avec une barbe rouge minium. Cette barbe, il la tient de sa « mère », FALBALA (Cayeux 78), qui la tient lui-même de ses grand-parent, CHRISTMAS TIME (Schreiner 66), et arrière grands parents, ARCTIC FLAME (Fay 60) et ONE DESIRE (Shoop 60). Quant à la teinte bleu-mauve, elle provient à la fois de FALBALA et de TRITON (Julander 62), une de ses « grand’mères ». Richard Cayeux, dans son livre « L’iris, une fleur royale » explique très bien comment, à partir d’iris amoena (WHOLE CLOTH) ou approchant (EMMA COOK), on a obtenu ce néglecta aux capacités génétiques remarquables.
L’une des aptitudes de CONDOTTIERE est de transmettre à ses descendants ses deux caractéristiques essentielles, le modèle amoena (pétales blancs, sépales bleus) et la barbe rouge. Les aptitudes de DELPHI (Shoop 79), un amoena un peu pâlichon à barbes rouges, ajoutées à celles de CONDOTTIERE ont donné naissance à la série d’iris tricolores dont la maison Cayeux s’est fait une spécialité dans les années 90. Il y eut d’abord les quatre frères : BAL MASQUÉ (Cayeux 91), VIVE LA FRANCE (Cayeux 91), REBECCA PERRET (Cayeux 92) et MARBRE BLEU (Cayeux 93). A la génération suivante on trouve PARISIEN (Cayeux 94) descendant de REBECCA PERRET, et RUBAN BLEU, issu directement du mariage CONDOTTIERE X DELPHI. Et il y a aussi DELTAPLANE (Cayeux 91), un peu moins typé, de même que CUMULUS (Cayeux 2000).
La famille Cayeux a abondamment utilisé CONDOTTIERE dans ses croisements. Pas seulement dans sa recherche du Bleu-Blanc-Rouge, mais pour obtenir des néglectas ou bicolores à barbes rouges ( BÉATRICE CHERBUY –87-, FEU DE BENGALE –89-, TOURBILLON –90-, VIREVOLTE –90-, HORTENSE C. –93-, VAL DE LOIRE –98-, VOLUTE –96-) de même que l’inclassable SIXTINE C. –94-, et même une variété rose, STARLETTE ROSE –96-. ALIZÉS –87-, autre descendant de CONDOTTIERE, n’a pas hérité de la barbe rouge, mais constitue néanmoins une des plus belles réussites des années 80.
Bien d’autres obtenteurs se sont servis de CONDOTTIERE, dans de multiples directions. Citons parmi d’autres, Sydney DuBose avec DREAM MACHINE (89), un lilas à barbes rouges ; Ben Hager avec LARK ASCENDING (96), dans les tons de blanc ; Frederick Kerr avec AGE OF INNOCENCE (94), assez voisin de SIXTINE C. ; même les Schreiner, avec INSTANT HIT (2000), cousin de VOLUTE et de VIREVOLTE. Quelques-uns se sont aventurés vers les variétés tricolores. C’est le cas de George Shoop, obtenteur de DELPHI, qui a proposé REGAL AFFAIR (89), de Don Nebeker, avec DELIGHTSUM (97), de Dona Fort, avec PATRIOTIC BANNER, le bien nommé. Le mariage d’EDITH WOLFORD avec CONDOTTIERE a donné une variété très originale, MELANIE STEUERNAGEL (Beer 99), en provenance d’Allemagne et couronnée à Frankfurt en 99. Quant au génial Monty Byers, il a utilisé avec une énorme réussite l’union SKY HOOKS X CONDOTTIERE, pour présenter des variétés aussi diverses que DANCE FOR JOY (92), MAGIC KINGDOM (89), MAUVELOUS (88), STARS AND STRIPES (92) STARSHIP (89) ou ST PETERSBURG ( 90), et plusieurs autres.
Ce ne sont là que des descendants directs de CONDOTTIERE, mais aux générations suivantes, ses gênes sont encore présents dans une foule de jolis iris, le plus souvent à barbes rouges ou oranges. On peut dire qu’avec ce cultivar, la maison Cayeux a obtenu l’un des iris les plus importants du vingtième siècle.
L’iris de la semaine sera le fabuleux CONDOTTIERE. Fabuleux, parce qu’il fait partie de la vingtaine de variétés les plus utilisées en hybridation. Fabuleux aussi par la qualité de ses descendants et l’originalité de leurs coloris.
CONDOTTIERE a été introduit par Jean Cayeux en 1978. C’est une grosse fleur en deux tons de bleu-mauve, avec une barbe rouge minium. Cette barbe, il la tient de sa « mère », FALBALA (Cayeux 78), qui la tient lui-même de ses grand-parent, CHRISTMAS TIME (Schreiner 66), et arrière grands parents, ARCTIC FLAME (Fay 60) et ONE DESIRE (Shoop 60). Quant à la teinte bleu-mauve, elle provient à la fois de FALBALA et de TRITON (Julander 62), une de ses « grand’mères ». Richard Cayeux, dans son livre « L’iris, une fleur royale » explique très bien comment, à partir d’iris amoena (WHOLE CLOTH) ou approchant (EMMA COOK), on a obtenu ce néglecta aux capacités génétiques remarquables.
L’une des aptitudes de CONDOTTIERE est de transmettre à ses descendants ses deux caractéristiques essentielles, le modèle amoena (pétales blancs, sépales bleus) et la barbe rouge. Les aptitudes de DELPHI (Shoop 79), un amoena un peu pâlichon à barbes rouges, ajoutées à celles de CONDOTTIERE ont donné naissance à la série d’iris tricolores dont la maison Cayeux s’est fait une spécialité dans les années 90. Il y eut d’abord les quatre frères : BAL MASQUÉ (Cayeux 91), VIVE LA FRANCE (Cayeux 91), REBECCA PERRET (Cayeux 92) et MARBRE BLEU (Cayeux 93). A la génération suivante on trouve PARISIEN (Cayeux 94) descendant de REBECCA PERRET, et RUBAN BLEU, issu directement du mariage CONDOTTIERE X DELPHI. Et il y a aussi DELTAPLANE (Cayeux 91), un peu moins typé, de même que CUMULUS (Cayeux 2000).
La famille Cayeux a abondamment utilisé CONDOTTIERE dans ses croisements. Pas seulement dans sa recherche du Bleu-Blanc-Rouge, mais pour obtenir des néglectas ou bicolores à barbes rouges ( BÉATRICE CHERBUY –87-, FEU DE BENGALE –89-, TOURBILLON –90-, VIREVOLTE –90-, HORTENSE C. –93-, VAL DE LOIRE –98-, VOLUTE –96-) de même que l’inclassable SIXTINE C. –94-, et même une variété rose, STARLETTE ROSE –96-. ALIZÉS –87-, autre descendant de CONDOTTIERE, n’a pas hérité de la barbe rouge, mais constitue néanmoins une des plus belles réussites des années 80.
Bien d’autres obtenteurs se sont servis de CONDOTTIERE, dans de multiples directions. Citons parmi d’autres, Sydney DuBose avec DREAM MACHINE (89), un lilas à barbes rouges ; Ben Hager avec LARK ASCENDING (96), dans les tons de blanc ; Frederick Kerr avec AGE OF INNOCENCE (94), assez voisin de SIXTINE C. ; même les Schreiner, avec INSTANT HIT (2000), cousin de VOLUTE et de VIREVOLTE. Quelques-uns se sont aventurés vers les variétés tricolores. C’est le cas de George Shoop, obtenteur de DELPHI, qui a proposé REGAL AFFAIR (89), de Don Nebeker, avec DELIGHTSUM (97), de Dona Fort, avec PATRIOTIC BANNER, le bien nommé. Le mariage d’EDITH WOLFORD avec CONDOTTIERE a donné une variété très originale, MELANIE STEUERNAGEL (Beer 99), en provenance d’Allemagne et couronnée à Frankfurt en 99. Quant au génial Monty Byers, il a utilisé avec une énorme réussite l’union SKY HOOKS X CONDOTTIERE, pour présenter des variétés aussi diverses que DANCE FOR JOY (92), MAGIC KINGDOM (89), MAUVELOUS (88), STARS AND STRIPES (92) STARSHIP (89) ou ST PETERSBURG ( 90), et plusieurs autres.
Ce ne sont là que des descendants directs de CONDOTTIERE, mais aux générations suivantes, ses gênes sont encore présents dans une foule de jolis iris, le plus souvent à barbes rouges ou oranges. On peut dire qu’avec ce cultivar, la maison Cayeux a obtenu l’un des iris les plus importants du vingtième siècle.
1.12.01
LES GRANDS IRIS DÉGÉNÈRENT-ILS ?
La question ci-dessus est souvent posée par les jardiniers amateurs. C’est même une opinion franchement encrée chez certains qui voient peu à peu disparaître les belles couleurs des variétés qu’ils ont plantées dans leur jardin.
Il faut expliquer et faire comprendre que cette dégénérescence n’est pas possible.
L’iris se reproduit par graines, mais se multiplie par prolifération à partir d’un rhizome. À l’extrémité du rhizome, et sur les côtés de celui-ci se développent des yeux qui vont donner naissance à de nouvelles pousses exactement identiques à la plante-mère car les cellules de chaque œil contiennent tous les gènes de la plante. Tous les spécialistes des iris sont d’accord là-dessus et ils expliquent la soi-disant dégénérescence par différents incidents de culture.
Dans un court article publié dans la revue Iris et Bulbeuses (N°113 – Été 94), Jean Cayeux, qui, mieux que personne connaît les iris, trouve trois raisons à la disparition progressive des coloris d’origine :
· L’uniformisation des couleurs. Dans une bordure composée à l’origine de variétés de différents coloris, au bout de quelques années n’apparaissent plus que deux ou trois couleurs ;
· Le « retour » à un bleu uniforme, dans des fleurs qui ont perdu également leurs belles ondulations et la fermeté de leurs tépales ;
· L’apparition de nouveaux coloris, le plus souvent ternes ou délavés, au lieu et place des brillants coloris initiaux.
L’uniformisation des couleurs s’explique par les différences de prolificité et de rusticité des variétés. Si une plante se développe plus vite et plus fort que sa voisine, elle va peu à peu étouffer celle-ci ou la priver de nutriments, de sorte que la plus faible va cesser de fleurir, voire disparaître. Dans le fouillis d’une plantation ancienne, ou trop serrée, on ne saura plus distinguer les pousses de la plante robuste de celles de la plante chétive, et l’impression d’uniformisation sera bien réelle : malheur aux fables !
Le bleu qui gagne du terrain n’est pas non plus une illusion. C’est le fait de la réapparition, dans la bordure, d’anciens iris diploïdes (germanica ou pallida), dont quelques morceaux de rhizomes seraient restés en place, et, compte tenu de leur prolificité, auraient étouffé les autres iris.
L’apparition de nouveaux coloris, plus pâles que les coloris d’origine, n’est pas à proprement parler dégénératif, c’est le produit de semis « sauvages ». Si par malheur ont laisse venir à maturité une capsule issue d’une insémination naturelle, les graines vont tomber au sol et certaines vont germer. Jamais on n’obtiendra par ce moyen des fleurs identiques à leurs parents, mais le plus souvent des rejetons plus ou moins bien formés et pâlichons qui laisseront croire qu’il y a eu dégénérescence. Et, en quelque sorte, c’en est une : pour conserver aux hybrides comme les iris modernes leurs coloris initiaux, il ne faut pas les laisser se reproduire ; seule la multiplication rhizomateuse garantit la réapparition des qualités de la plante d’origine. Ses enfants sont, comme ceux des humains, tous différents de leurs parents, et c’est la banalité qui l’emporte.
Certains prétendent que ce serait une « sécrétion » des racines qui aboutirait à faire dégénérer les iris lorsqu’ils sont plantés trop serrés, mais ceci est de la plus haute fantaisie. S’il y a effectivement production d’enzymes, ceux-ci n’ont nullement le pouvoir d’apporter une modification génétique. En revanche ils ont celui d’inhiber la pousse de nouveaux iris plantés à l’emplacement de variétés retirées. Si l’on veut remettre des iris dans une plate-bande où il y en a déjà eu, il faut attendre quelques années, le temps que les enzymes laissés dans le sol se dissipent. Sinon les plantes mises en place végéteront longtemps avant de se développer normalement.
La question ci-dessus est souvent posée par les jardiniers amateurs. C’est même une opinion franchement encrée chez certains qui voient peu à peu disparaître les belles couleurs des variétés qu’ils ont plantées dans leur jardin.
Il faut expliquer et faire comprendre que cette dégénérescence n’est pas possible.
L’iris se reproduit par graines, mais se multiplie par prolifération à partir d’un rhizome. À l’extrémité du rhizome, et sur les côtés de celui-ci se développent des yeux qui vont donner naissance à de nouvelles pousses exactement identiques à la plante-mère car les cellules de chaque œil contiennent tous les gènes de la plante. Tous les spécialistes des iris sont d’accord là-dessus et ils expliquent la soi-disant dégénérescence par différents incidents de culture.
Dans un court article publié dans la revue Iris et Bulbeuses (N°113 – Été 94), Jean Cayeux, qui, mieux que personne connaît les iris, trouve trois raisons à la disparition progressive des coloris d’origine :
· L’uniformisation des couleurs. Dans une bordure composée à l’origine de variétés de différents coloris, au bout de quelques années n’apparaissent plus que deux ou trois couleurs ;
· Le « retour » à un bleu uniforme, dans des fleurs qui ont perdu également leurs belles ondulations et la fermeté de leurs tépales ;
· L’apparition de nouveaux coloris, le plus souvent ternes ou délavés, au lieu et place des brillants coloris initiaux.
L’uniformisation des couleurs s’explique par les différences de prolificité et de rusticité des variétés. Si une plante se développe plus vite et plus fort que sa voisine, elle va peu à peu étouffer celle-ci ou la priver de nutriments, de sorte que la plus faible va cesser de fleurir, voire disparaître. Dans le fouillis d’une plantation ancienne, ou trop serrée, on ne saura plus distinguer les pousses de la plante robuste de celles de la plante chétive, et l’impression d’uniformisation sera bien réelle : malheur aux fables !
Le bleu qui gagne du terrain n’est pas non plus une illusion. C’est le fait de la réapparition, dans la bordure, d’anciens iris diploïdes (germanica ou pallida), dont quelques morceaux de rhizomes seraient restés en place, et, compte tenu de leur prolificité, auraient étouffé les autres iris.
L’apparition de nouveaux coloris, plus pâles que les coloris d’origine, n’est pas à proprement parler dégénératif, c’est le produit de semis « sauvages ». Si par malheur ont laisse venir à maturité une capsule issue d’une insémination naturelle, les graines vont tomber au sol et certaines vont germer. Jamais on n’obtiendra par ce moyen des fleurs identiques à leurs parents, mais le plus souvent des rejetons plus ou moins bien formés et pâlichons qui laisseront croire qu’il y a eu dégénérescence. Et, en quelque sorte, c’en est une : pour conserver aux hybrides comme les iris modernes leurs coloris initiaux, il ne faut pas les laisser se reproduire ; seule la multiplication rhizomateuse garantit la réapparition des qualités de la plante d’origine. Ses enfants sont, comme ceux des humains, tous différents de leurs parents, et c’est la banalité qui l’emporte.
Certains prétendent que ce serait une « sécrétion » des racines qui aboutirait à faire dégénérer les iris lorsqu’ils sont plantés trop serrés, mais ceci est de la plus haute fantaisie. S’il y a effectivement production d’enzymes, ceux-ci n’ont nullement le pouvoir d’apporter une modification génétique. En revanche ils ont celui d’inhiber la pousse de nouveaux iris plantés à l’emplacement de variétés retirées. Si l’on veut remettre des iris dans une plate-bande où il y en a déjà eu, il faut attendre quelques années, le temps que les enzymes laissés dans le sol se dissipent. Sinon les plantes mises en place végéteront longtemps avant de se développer normalement.
BEFORE THE STORM
Le quatrième iris de la série « Iris de la semaine » sera BEFORE THE STORM (Innerst 89 – DM 96). Il fait partie de ce que l’on appelle les iris « noirs », et constitue l’un des aboutissements d’une longue série d’amélioration et d’approfondissement de la couleur. Les variétés étudiées précédemment procédaient toutes d’une recherche de quelque chose de nouveau, celle-ci résulte d’un autre type de recherche : ne pas vouloir faire du neuf, mais améliorer ce qui existe déjà.
La même ligne de conduite a par ailleurs été également suivie par la maison Schreiner pour obtenir et enregistrer un autre vainqueur de la DM : HELLO DARKNESS (Schreiner 92 – DM 99), et l’on verra plus loin que ces deux cultivars sont des cousins assez proches.
BEFORE THE STORM est un iris violet très foncé, pratiquement noir. Comme la plupart des noirs, il est un peu délicat à faire pousser et ses fleurs ne sont pas très ondulées. Mais ce qui compte le plus, c’est qu’il soit d’un beau noir, uni et velouté. De ce côté là il n’y a aucun reproche à lui faire ! Il est le produit du croisement de deux autres « noirs », SUPERSTITION (Schreiner 77) et RAVEN’S ROOST (Plough 81). Du côté maternel, on n’a que des informations partielles car la « mère » de Superstition est un semis dont la check-list de l’AIS ne dit rien, mais sont « père » est NAVY STRUT (Schreiner 74), un iris largement utilisé en hybridation, aussi bien dans la recherche des bleus que dans celle des noirs.
Raven’s Roost est l’aboutissement des travaux de Gordon Plough dans la recherche du noir le plus noir. Il faut faire remarquer que G. Plough est l’un des obtenteurs américains qui s’est le plus impliqué dans cette voie, avec des variétés comme EDENITE, SWAHILI (1964), STUDY IN BLACK (1968), CHARCOAL (1969), BLACK MARKET (1973), variétés que l’on retrouve toutes dans les ancêtres de Raven’s Roost et, donc, de Before the Storm. Le « père » de Raven’s Roost provient de la ligne de recherche de noirs de la maison Schreiner. Il s’agit de PATENT LEATHER (1971), une variété qui n’a pas fait carrière, du moins en Europe, mais dans l’arbre généalogique de laquelle on rencontre les principaux noirs de Schreiner : PRINCE INDIGO (1964), NIGHTSIDE (1966), STORM WARNING, ETHIOP QUEEN, LICORICE STICK et enfin BLACK FOREST, le géniteur d’origine de pratiquement tous les noirs actuels.
La descendance de Black Forest est édifiante : A la première génération il y a eu DARK BOATMAN, BLACK HILLS, BLACK TAFFETA, STORM WARNING/ ENSUITE ON TROUVE PAR EXEMPLE ECSTATIC NIGHT, BLACK SWAN, STUDY IN BLACK, DARK FURY, LICORICE STICK, puis CHARCOAL, MIDNIGHT SPECIAL, TROPICAL NIGHT, DUSKY EVENING, BLACK MARKET, OPENING NIGHT, DUSKY DANCER, BASIC BLACK, MATINATA, puis TUXEDO, DARK TRIUMPH, NIGHT OWL, etc.
Si l’on reprend l’arborescence des ancêtres de Hello Darkness, pur produit Schreiner, on ne va pas voir les noirs de Plough, mais toutes les autres variétés que l’on vient de citer, ou presque, se retrouvent dans son pedigree. Il est le fils de TITAN’S GLORY (Schreiner 81 – DM 88) et de MIDNIGHT DANCER (Schreiner 91). Titan’s Glory compte parmi ses ancêtres Navy Strut et Prince Indigo, Midnight Dancer descend de Navy Strut, Black Swan, un frère de semis de Tuxedo…
C’est avec les bons légumes qu’on fait les bonnes soupe. Cet aphorisme s’applique tout à fait à Before the Storm et à Hello Darkness. Les enfants de ces deux iris seront toujours plus noirs, comme GHOST TRAIN (Schreiner 2000) et tous ceux qui apparaîtront dans les années à venir.
Le quatrième iris de la série « Iris de la semaine » sera BEFORE THE STORM (Innerst 89 – DM 96). Il fait partie de ce que l’on appelle les iris « noirs », et constitue l’un des aboutissements d’une longue série d’amélioration et d’approfondissement de la couleur. Les variétés étudiées précédemment procédaient toutes d’une recherche de quelque chose de nouveau, celle-ci résulte d’un autre type de recherche : ne pas vouloir faire du neuf, mais améliorer ce qui existe déjà.
La même ligne de conduite a par ailleurs été également suivie par la maison Schreiner pour obtenir et enregistrer un autre vainqueur de la DM : HELLO DARKNESS (Schreiner 92 – DM 99), et l’on verra plus loin que ces deux cultivars sont des cousins assez proches.
BEFORE THE STORM est un iris violet très foncé, pratiquement noir. Comme la plupart des noirs, il est un peu délicat à faire pousser et ses fleurs ne sont pas très ondulées. Mais ce qui compte le plus, c’est qu’il soit d’un beau noir, uni et velouté. De ce côté là il n’y a aucun reproche à lui faire ! Il est le produit du croisement de deux autres « noirs », SUPERSTITION (Schreiner 77) et RAVEN’S ROOST (Plough 81). Du côté maternel, on n’a que des informations partielles car la « mère » de Superstition est un semis dont la check-list de l’AIS ne dit rien, mais sont « père » est NAVY STRUT (Schreiner 74), un iris largement utilisé en hybridation, aussi bien dans la recherche des bleus que dans celle des noirs.
Raven’s Roost est l’aboutissement des travaux de Gordon Plough dans la recherche du noir le plus noir. Il faut faire remarquer que G. Plough est l’un des obtenteurs américains qui s’est le plus impliqué dans cette voie, avec des variétés comme EDENITE, SWAHILI (1964), STUDY IN BLACK (1968), CHARCOAL (1969), BLACK MARKET (1973), variétés que l’on retrouve toutes dans les ancêtres de Raven’s Roost et, donc, de Before the Storm. Le « père » de Raven’s Roost provient de la ligne de recherche de noirs de la maison Schreiner. Il s’agit de PATENT LEATHER (1971), une variété qui n’a pas fait carrière, du moins en Europe, mais dans l’arbre généalogique de laquelle on rencontre les principaux noirs de Schreiner : PRINCE INDIGO (1964), NIGHTSIDE (1966), STORM WARNING, ETHIOP QUEEN, LICORICE STICK et enfin BLACK FOREST, le géniteur d’origine de pratiquement tous les noirs actuels.
La descendance de Black Forest est édifiante : A la première génération il y a eu DARK BOATMAN, BLACK HILLS, BLACK TAFFETA, STORM WARNING/ ENSUITE ON TROUVE PAR EXEMPLE ECSTATIC NIGHT, BLACK SWAN, STUDY IN BLACK, DARK FURY, LICORICE STICK, puis CHARCOAL, MIDNIGHT SPECIAL, TROPICAL NIGHT, DUSKY EVENING, BLACK MARKET, OPENING NIGHT, DUSKY DANCER, BASIC BLACK, MATINATA, puis TUXEDO, DARK TRIUMPH, NIGHT OWL, etc.
Si l’on reprend l’arborescence des ancêtres de Hello Darkness, pur produit Schreiner, on ne va pas voir les noirs de Plough, mais toutes les autres variétés que l’on vient de citer, ou presque, se retrouvent dans son pedigree. Il est le fils de TITAN’S GLORY (Schreiner 81 – DM 88) et de MIDNIGHT DANCER (Schreiner 91). Titan’s Glory compte parmi ses ancêtres Navy Strut et Prince Indigo, Midnight Dancer descend de Navy Strut, Black Swan, un frère de semis de Tuxedo…
C’est avec les bons légumes qu’on fait les bonnes soupe. Cet aphorisme s’applique tout à fait à Before the Storm et à Hello Darkness. Les enfants de ces deux iris seront toujours plus noirs, comme GHOST TRAIN (Schreiner 2000) et tous ceux qui apparaîtront dans les années à venir.
28.11.01
ROBERT SCHREINER
Tous ceux qui s’intéressent aux iris connaissent la maison Schreiner, celle dont le nom apparaît derrière celui d’une quantité incroyable d’iris de grande qualité répandus dans le monde entier. Mais peu de personnes connaissent ceux qui ont créé puis développé cette entreprise d’une taille inconnue sur notre continent dans un domaine aussi restreint que les iris.
Le fondateur de la maison fut Francis X. Schreiner, chef de rayon et acheteur dans un grand magasin, qui s’intéressait aussi au jardinage. A partir de 1917 il s’est mis à cultiver les iris. Dès 1925 il disposait d’assez de marchandise pour publier une première liste, bientôt suivie, en 1928, d’un véritable catalogue. L’année suivante Francis Schreiner abandonnait son métier et se consacrait exclusivement à la production d’iris. A cette époque son fils Robert avait 19 ans.
Pour connaître la suite de l’histoire, il n’y a rien de mieux que de lire ce qu’a écrit à ce sujet Keith Keppel dans le bulletin n° 320 de l’AIS.
« Francis encouragea son fils à s’intéresser aux iris, et ce dernier, dès l’âge de 9 ans, disposait de sa propre planche. Combien de parents feraient manquer l’école à leur fils une journée entière pour assister à une exposition d’iris ? Francis l’a fait, parce que le pionnier de l’hybridation Willis Fryer devait être là, et qu’il pensait que Robert devait le rencontrer. Comme Francis était souvent parti pour faire des achats, il confia à Robert la responsabilité de la plantation et des soins aux nouvelles acquisitions, y compris les variétés européennes hors de prix. Francis fit cadeau à son fils du livre de Dykes ‘Le Genre Iris’ ; Robert y fit la connaissance d’obscures espèces originaires de pays exotiques, écrivit au département de botanique de l’université et examina les fameuses graines. A 19 ans il fit ses premiers croisements, et quelques années plus tard entreprit des études de botanique à l’Université du Minnesota. »
« Malheureusement, les études de Robert (surnommé Bob) furent brutalement interrompues en 1931, par la mort de Francis. Robert n’avait que vingt ans, mais il était l’aîné des trois enfants – Constance avait deux ans de moins que lui et Bernard (Gus pour les intimes) en avait neuf. La décision fut prise de continuer le commerce des iris, en dépit des âpres réalités de la crise économique. Constance (Connie) donnait un coup de main au bureau et Gus travaillait aux champs après l’école. Ainsi, comme maintenant, les Jardins Schreiner étaient une véritable affaire de famille, tellement qu’aujourd’hui il est difficile de séparer l’individuel du collectif. »
« Mais au début c’est surtout Robert qui s’occupait de l’hybridation, et il avait du sujet une approche éclectique. Si l’on consulte le plan de plantation de 1933, on voit un nombre prodigieux de croisement de grands iris. Et s’y ajoute une abondance de croisements concernant des iris nains, intermédiaires, ou même de purs arils comme parents d’un côté ou des deux. Il y avait des croisements d’Iris aphylla et autres avec Iris albertii ; d’autres entre des espèces de la section des juno. Plantées dans des boîtes il y avait des ‘graines d’Europe’ : espèces en provenance d’Autriche, de Bulgarie, de Roumanie et de Russie. »
« En 1935 est apparue la première introduction Schreiner : ‘Lucrezia Bori’. Alors qu’aujourd’hui quand on dit Schreiner on pense grands iris, dans les dix années qui suivirent les catalogues Schreiner comptaient des introductions d’iris oncos, et d’iris intermédiaires. » …
« Bob s’est intéressé dès le début aux iris sombres, et ‘Ethiop Queen’ (1938) était tout à fait estimable, mais c’est le petit ‘Black Forest’ (1945) qui incluait des gènes d’I. aphylla, qui a enclenché la succession rapide de grands iris de plus en plus sombres et de plus en plus grands. … »
« Une autre recherche fut celle des iris dentelés dans une large palette de couleurs. Les dentelures sont apparues parmi les semis des frères Sass au début des années 30, mais ceux-ci les considéraient plutôt comme des anomalies et ne poursuivirent pas dans cette direction. Les visiteurs pouvaient acheter ces semis comme des nouveautés, et ce fut Dave Hall, fameux pour ses iris rose flamand, qui lança les iris dentelés en 1943 avec son ‘Chantilly’. Avant l’apparition de ‘Chantilly’, Bob avait commencé un programme incluant la variété de Sass ‘Matula’, et il a introduit en 53 le rose orchidée dentelé ‘Lavanesque’ suivi l’année suivante par ‘Orchid Ruffles’ et ‘Crispette’. En 55 ‘Carmela’ amena les dentelures parmi les fleurs dans les tons de brun. Ce premier travail se situe derrière les délicieuses variétés issues de ‘Salem’. »
« Parlez des grands iris de Schreiner et vous pensez inévitablement aux bleus – et rouges- deux classes de couleur si largement explorées pendant des années. Les uns et les autres se basent sur les premiers travaux de Bob. Il y eut un moment une forte poussée vers les bruns et les ‘blends’, mais ces lignes là ne furent pas poursuivies parce qu’elle furent considérées comme pas assez commerciales. »
« Quelquefois vous n’êtes pas complètement satisfait, mais il faut tenir bon. Au fur et à mesure que l’affaire prenait de l’ampleur, l’emploi du temps de Bob devint de plus en plus exigeant. Voyages outremer, supervision, photographies, relations publiques, et autres…laissèrent de moins en moins de temps pour le programme d’hybridation. Gus se chargeait du travail des champs, y compris les semis et le programme d’hybridation, mais c’était toujours initié par Bob, et ils se consultaient tous les trois quand venait le moment de choisir les introductions du nouveau catalogue. Cependant Bob n’a jamais perdu son intérêt pour l’hybridation, même en ce qui concerne les petits iris. Il gardait près de la maison quelques semis faisant appel aux Iris reichenbachii, plantes à fleurs de taille intermédiaire dans les tons de rouge à magenta, avec de grosses barbes bleues. Certains de leurs descendants parmi les grands iris sont en culture maintenant et on peut espérer qu’en sortira le roue à barbes bleues que Bob prévoyait. »
« On peut seulement se demander si l’adolescent du Minnesota avait une idée d’où la vie pouvait le mener, et de l’effet important qu’il aurait sur les iris et leurs amateurs. Comment le difficile déménagement de St Paul à Salem (Oregon) dans les années 40 donnerait naissance à une pépinière d’iris de plusieurs centaines d’hectares. Qu’il recevrait la Médaille d’Honneur de l’AIS en 72, que les Schreiner (Bob, Gus et Connie considérés comme une équipe) obtiendraient la Medaille des Hybrideurs en 54, et qu’il serait distingué personnellement par la rare Médaille d’or de l’AIS en 94. Les récompenses ne sont pas venues des seules sociétés iridophiles américaines. La Foster Memorial Plaque de la BIS en 63, la médaille de la Société d’Horticulture du Massachusetts pour services remarquables à l’horticulture en 75, et la Distinguished Service Medal de la Perennial Plant Association en 88 viennent à l’esprit. »
« Une liste des récompenses obtenues par les iris Schreiner serait fastidieuse. Il suffit de mentionner au passage les nombreuses Médailles de Dykes et les Florins d’Or de Florence comme un petit exemple du total, et de leur laisser le soin de faire la preuve absolue de l’importance de cet homme dont le travail d’hybridation a commencé dès l’adolescence. Qu’une brindille est devenue un arbre puissant. »
Tous ceux qui s’intéressent aux iris connaissent la maison Schreiner, celle dont le nom apparaît derrière celui d’une quantité incroyable d’iris de grande qualité répandus dans le monde entier. Mais peu de personnes connaissent ceux qui ont créé puis développé cette entreprise d’une taille inconnue sur notre continent dans un domaine aussi restreint que les iris.
Le fondateur de la maison fut Francis X. Schreiner, chef de rayon et acheteur dans un grand magasin, qui s’intéressait aussi au jardinage. A partir de 1917 il s’est mis à cultiver les iris. Dès 1925 il disposait d’assez de marchandise pour publier une première liste, bientôt suivie, en 1928, d’un véritable catalogue. L’année suivante Francis Schreiner abandonnait son métier et se consacrait exclusivement à la production d’iris. A cette époque son fils Robert avait 19 ans.
Pour connaître la suite de l’histoire, il n’y a rien de mieux que de lire ce qu’a écrit à ce sujet Keith Keppel dans le bulletin n° 320 de l’AIS.
« Francis encouragea son fils à s’intéresser aux iris, et ce dernier, dès l’âge de 9 ans, disposait de sa propre planche. Combien de parents feraient manquer l’école à leur fils une journée entière pour assister à une exposition d’iris ? Francis l’a fait, parce que le pionnier de l’hybridation Willis Fryer devait être là, et qu’il pensait que Robert devait le rencontrer. Comme Francis était souvent parti pour faire des achats, il confia à Robert la responsabilité de la plantation et des soins aux nouvelles acquisitions, y compris les variétés européennes hors de prix. Francis fit cadeau à son fils du livre de Dykes ‘Le Genre Iris’ ; Robert y fit la connaissance d’obscures espèces originaires de pays exotiques, écrivit au département de botanique de l’université et examina les fameuses graines. A 19 ans il fit ses premiers croisements, et quelques années plus tard entreprit des études de botanique à l’Université du Minnesota. »
« Malheureusement, les études de Robert (surnommé Bob) furent brutalement interrompues en 1931, par la mort de Francis. Robert n’avait que vingt ans, mais il était l’aîné des trois enfants – Constance avait deux ans de moins que lui et Bernard (Gus pour les intimes) en avait neuf. La décision fut prise de continuer le commerce des iris, en dépit des âpres réalités de la crise économique. Constance (Connie) donnait un coup de main au bureau et Gus travaillait aux champs après l’école. Ainsi, comme maintenant, les Jardins Schreiner étaient une véritable affaire de famille, tellement qu’aujourd’hui il est difficile de séparer l’individuel du collectif. »
« Mais au début c’est surtout Robert qui s’occupait de l’hybridation, et il avait du sujet une approche éclectique. Si l’on consulte le plan de plantation de 1933, on voit un nombre prodigieux de croisement de grands iris. Et s’y ajoute une abondance de croisements concernant des iris nains, intermédiaires, ou même de purs arils comme parents d’un côté ou des deux. Il y avait des croisements d’Iris aphylla et autres avec Iris albertii ; d’autres entre des espèces de la section des juno. Plantées dans des boîtes il y avait des ‘graines d’Europe’ : espèces en provenance d’Autriche, de Bulgarie, de Roumanie et de Russie. »
« En 1935 est apparue la première introduction Schreiner : ‘Lucrezia Bori’. Alors qu’aujourd’hui quand on dit Schreiner on pense grands iris, dans les dix années qui suivirent les catalogues Schreiner comptaient des introductions d’iris oncos, et d’iris intermédiaires. » …
« Bob s’est intéressé dès le début aux iris sombres, et ‘Ethiop Queen’ (1938) était tout à fait estimable, mais c’est le petit ‘Black Forest’ (1945) qui incluait des gènes d’I. aphylla, qui a enclenché la succession rapide de grands iris de plus en plus sombres et de plus en plus grands. … »
« Une autre recherche fut celle des iris dentelés dans une large palette de couleurs. Les dentelures sont apparues parmi les semis des frères Sass au début des années 30, mais ceux-ci les considéraient plutôt comme des anomalies et ne poursuivirent pas dans cette direction. Les visiteurs pouvaient acheter ces semis comme des nouveautés, et ce fut Dave Hall, fameux pour ses iris rose flamand, qui lança les iris dentelés en 1943 avec son ‘Chantilly’. Avant l’apparition de ‘Chantilly’, Bob avait commencé un programme incluant la variété de Sass ‘Matula’, et il a introduit en 53 le rose orchidée dentelé ‘Lavanesque’ suivi l’année suivante par ‘Orchid Ruffles’ et ‘Crispette’. En 55 ‘Carmela’ amena les dentelures parmi les fleurs dans les tons de brun. Ce premier travail se situe derrière les délicieuses variétés issues de ‘Salem’. »
« Parlez des grands iris de Schreiner et vous pensez inévitablement aux bleus – et rouges- deux classes de couleur si largement explorées pendant des années. Les uns et les autres se basent sur les premiers travaux de Bob. Il y eut un moment une forte poussée vers les bruns et les ‘blends’, mais ces lignes là ne furent pas poursuivies parce qu’elle furent considérées comme pas assez commerciales. »
« Quelquefois vous n’êtes pas complètement satisfait, mais il faut tenir bon. Au fur et à mesure que l’affaire prenait de l’ampleur, l’emploi du temps de Bob devint de plus en plus exigeant. Voyages outremer, supervision, photographies, relations publiques, et autres…laissèrent de moins en moins de temps pour le programme d’hybridation. Gus se chargeait du travail des champs, y compris les semis et le programme d’hybridation, mais c’était toujours initié par Bob, et ils se consultaient tous les trois quand venait le moment de choisir les introductions du nouveau catalogue. Cependant Bob n’a jamais perdu son intérêt pour l’hybridation, même en ce qui concerne les petits iris. Il gardait près de la maison quelques semis faisant appel aux Iris reichenbachii, plantes à fleurs de taille intermédiaire dans les tons de rouge à magenta, avec de grosses barbes bleues. Certains de leurs descendants parmi les grands iris sont en culture maintenant et on peut espérer qu’en sortira le roue à barbes bleues que Bob prévoyait. »
« On peut seulement se demander si l’adolescent du Minnesota avait une idée d’où la vie pouvait le mener, et de l’effet important qu’il aurait sur les iris et leurs amateurs. Comment le difficile déménagement de St Paul à Salem (Oregon) dans les années 40 donnerait naissance à une pépinière d’iris de plusieurs centaines d’hectares. Qu’il recevrait la Médaille d’Honneur de l’AIS en 72, que les Schreiner (Bob, Gus et Connie considérés comme une équipe) obtiendraient la Medaille des Hybrideurs en 54, et qu’il serait distingué personnellement par la rare Médaille d’or de l’AIS en 94. Les récompenses ne sont pas venues des seules sociétés iridophiles américaines. La Foster Memorial Plaque de la BIS en 63, la médaille de la Société d’Horticulture du Massachusetts pour services remarquables à l’horticulture en 75, et la Distinguished Service Medal de la Perennial Plant Association en 88 viennent à l’esprit. »
« Une liste des récompenses obtenues par les iris Schreiner serait fastidieuse. Il suffit de mentionner au passage les nombreuses Médailles de Dykes et les Florins d’Or de Florence comme un petit exemple du total, et de leur laisser le soin de faire la preuve absolue de l’importance de cet homme dont le travail d’hybridation a commencé dès l’adolescence. Qu’une brindille est devenue un arbre puissant. »
27.11.01
BEFORE THE STORM
Le quatrième iris de la série « Iris de la semaine » sera BEFORE THE STORM (Innerst 89 – DM 96). Il fait partie de ce que l’on appelle les iris « noirs », et constitue l’un des aboutissements d’une longue série d’amélioration et d’approfondissement de la couleur. Les variétés étudiées précédemment procédaient toutes d’une recherche de quelque chose de nouveau, celle-ci résulte d’un autre type de recherche : ne pas vouloir faire du neuf, mais améliorer ce qui existe déjà.
La même ligne de conduite a par ailleurs été également suivie par la maison Schreiner pour obtenir et enregistrer un autre vainqueur de la DM : HELLO DARKNESS (Schreiner 92 – DM 99), et l’on verra plus loin que ces deux cultivars sont des cousins assez proches.
BEFORE THE STORM est un iris violet très foncé, pratiquement noir. Comme la plupart des noirs, il est un peu délicat à faire pousser et ses fleurs ne sont pas très ondulées. Mais ce qui compte le plus, c’est qu’il soit d’un beau noir, uni et velouté. De ce côté là il n’y a aucun reproche à lui faire ! Il est le produit du croisement de deux autres « noirs », SUPERSTITION (Schreiner 77) et RAVEN’S ROOST (Plough 81). Du côté maternel, on n’a que des informations partielles car la « mère » de Superstition est un semis dont la check-list de l’AIS ne dit rien, mais sont « père » est NAVY STRUT (Schreiner 74), un iris largement utilisé en hybridation, aussi bien dans la recherche des bleus que dans celle des noirs.
Raven’s Roost est l’aboutissement des travaux de Gordon Plough dans la recherche du noir le plus noir. Il faut faire remarquer que G. Plough est l’un des obtenteurs américains qui s’est le plus impliqué dans cette voie, avec des variétés comme EDENITE, SWAHILI (1964), STUDY IN BLACK (1968), CHARCOAL (1969), BLACK MARKET (1973), variétés que l’on retrouve toutes dans les ancêtres de Raven’s Roost et, donc, de Before the Storm. Le « père » de Raven’s Roost provient de la ligne de recherche de noirs de la maison Schreiner. Il s’agit de PATENT LEATHER (1971), une variété qui n’a pas fait carrière, du moins en Europe, mais dans l’arbre généalogique de laquelle on rencontre les principaux noirs de Schreiner : PRINCE INDIGO (1964), NIGHTSIDE (1966), STORM WARNING, ETHIOP QUEEN, LICORICE STICK et enfin BLACK FOREST, le géniteur d’origine de pratiquement tous les noirs actuels.
La descendance de Black Forest est édifiante : A la première génération il y a eu DARK BOATMAN, BLACK HILLS, BLACK TAFFETA, STORM WARNING/ ENSUITE ON TROUVE PAR EXEMPLE ECSTATIC NIGHT, BLACK SWAN, STUDY IN BLACK, DARK FURY, LICORICE STICK, puis CHARCOAL, MIDNIGHT SPECIAL, TROPICAL NIGHT, DUSKY EVENING, BLACK MARKET, OPENING NIGHT, DUSKY DANCER, BASIC BLACK, MATINATA, puis TUXEDO, DARK TRIUMPH, NIGHT OWL, etc.
Si l’on reprend l’arborescence des ancêtres de Hello Darkness, pur produit Schreiner, on ne va pas voir les noirs de Plough, mais toutes les autres variétés que l’on vient de citer, ou presque, se retrouvent dans son pedigree. Il est le fils de TITAN’S GLORY (Schreiner 81 – DM 88) et de MIDNIGHT DANCER (Schreiner 91). Titan’s Glory compte parmi ses ancêtres Navy Strut et Prince Indigo, Midnight Dancer descend de Navy Strut, Black Swan, un frère de semis de Tuxedo…
C’est avec les bons légumes qu’on fait les bonnes soupes. Cet aphorisme s’applique tout à fait à Before the Storm et à Hello Darkness. Les enfants de ces deux iris seront toujours plus noirs, comme GHOST TRAIN (Schreiner 2000) et tous ceux qui apparaîtront dans les années à venir.
Le quatrième iris de la série « Iris de la semaine » sera BEFORE THE STORM (Innerst 89 – DM 96). Il fait partie de ce que l’on appelle les iris « noirs », et constitue l’un des aboutissements d’une longue série d’amélioration et d’approfondissement de la couleur. Les variétés étudiées précédemment procédaient toutes d’une recherche de quelque chose de nouveau, celle-ci résulte d’un autre type de recherche : ne pas vouloir faire du neuf, mais améliorer ce qui existe déjà.
La même ligne de conduite a par ailleurs été également suivie par la maison Schreiner pour obtenir et enregistrer un autre vainqueur de la DM : HELLO DARKNESS (Schreiner 92 – DM 99), et l’on verra plus loin que ces deux cultivars sont des cousins assez proches.
BEFORE THE STORM est un iris violet très foncé, pratiquement noir. Comme la plupart des noirs, il est un peu délicat à faire pousser et ses fleurs ne sont pas très ondulées. Mais ce qui compte le plus, c’est qu’il soit d’un beau noir, uni et velouté. De ce côté là il n’y a aucun reproche à lui faire ! Il est le produit du croisement de deux autres « noirs », SUPERSTITION (Schreiner 77) et RAVEN’S ROOST (Plough 81). Du côté maternel, on n’a que des informations partielles car la « mère » de Superstition est un semis dont la check-list de l’AIS ne dit rien, mais sont « père » est NAVY STRUT (Schreiner 74), un iris largement utilisé en hybridation, aussi bien dans la recherche des bleus que dans celle des noirs.
Raven’s Roost est l’aboutissement des travaux de Gordon Plough dans la recherche du noir le plus noir. Il faut faire remarquer que G. Plough est l’un des obtenteurs américains qui s’est le plus impliqué dans cette voie, avec des variétés comme EDENITE, SWAHILI (1964), STUDY IN BLACK (1968), CHARCOAL (1969), BLACK MARKET (1973), variétés que l’on retrouve toutes dans les ancêtres de Raven’s Roost et, donc, de Before the Storm. Le « père » de Raven’s Roost provient de la ligne de recherche de noirs de la maison Schreiner. Il s’agit de PATENT LEATHER (1971), une variété qui n’a pas fait carrière, du moins en Europe, mais dans l’arbre généalogique de laquelle on rencontre les principaux noirs de Schreiner : PRINCE INDIGO (1964), NIGHTSIDE (1966), STORM WARNING, ETHIOP QUEEN, LICORICE STICK et enfin BLACK FOREST, le géniteur d’origine de pratiquement tous les noirs actuels.
La descendance de Black Forest est édifiante : A la première génération il y a eu DARK BOATMAN, BLACK HILLS, BLACK TAFFETA, STORM WARNING/ ENSUITE ON TROUVE PAR EXEMPLE ECSTATIC NIGHT, BLACK SWAN, STUDY IN BLACK, DARK FURY, LICORICE STICK, puis CHARCOAL, MIDNIGHT SPECIAL, TROPICAL NIGHT, DUSKY EVENING, BLACK MARKET, OPENING NIGHT, DUSKY DANCER, BASIC BLACK, MATINATA, puis TUXEDO, DARK TRIUMPH, NIGHT OWL, etc.
Si l’on reprend l’arborescence des ancêtres de Hello Darkness, pur produit Schreiner, on ne va pas voir les noirs de Plough, mais toutes les autres variétés que l’on vient de citer, ou presque, se retrouvent dans son pedigree. Il est le fils de TITAN’S GLORY (Schreiner 81 – DM 88) et de MIDNIGHT DANCER (Schreiner 91). Titan’s Glory compte parmi ses ancêtres Navy Strut et Prince Indigo, Midnight Dancer descend de Navy Strut, Black Swan, un frère de semis de Tuxedo…
C’est avec les bons légumes qu’on fait les bonnes soupes. Cet aphorisme s’applique tout à fait à Before the Storm et à Hello Darkness. Les enfants de ces deux iris seront toujours plus noirs, comme GHOST TRAIN (Schreiner 2000) et tous ceux qui apparaîtront dans les années à venir.
17.11.01
SKY HOOKS
Avec SKY HOOKS, les iris à éperons (en américain iris Space Age) ont acquis leurs lettres de noblesse. Parce qu’il rassemble à la fois force, beauté et élégance, il est devenu l’une des variétés les plus utilisées en hybridation par tous ceux qui souhaitaient entreprendre ou améliorer une lignée d’iris à éperons. Avec un peu de chance il aurait pu obtenir la Médaille de Dykes en 1990, puisqu’il a terminé troisième de la compétition, derrière Jesse’s Song, Az et Everything Plus. Pour voir un iris Space Age remporter la médaille, il faudra attendre jusqu’en 97, et le triomphe de Thornbird, qui est l’un de ses nombreux descendants.
SKY HOOKS (Manley Osborne 1980) se distingue par des fleurs amples et bien ondulées, une couleur jaune un peu teinté de vert, et surtout de beaux éperons bleus à l’extrémité de barbes jaunes. Lorsqu’on admire la fleur, présente aujourd’hui dans la plupart des jardins d’iris, on ne cherche pas forcément à savoir de qui il tient ces divers éléments. Cependant l’examen de son pedigree, on comprend que tout cela est le résultat que l’on pouvait attendre des différents gènes qu’il contient.
Il est le produit de quatre sources : une source blanc pur, blanc bleuté, voir bleu ciel du côté maternel ; une source rose, du côté de son père, avec des antécédents jaunes et, bien entendu des éperons !
Sa « mère » est Wedding Vow (Joë Ghio 72) un blanc issu d’une longue lignée de blancs et de bleus : dans les premières générations on trouve Patricia Craig (Tom Craig 62), un blanc, First Courtship (Ghio 62), un autre blanc, Junior Prom (Ghio 66), un blanc glacier, et Nina’s Delight (Ghio 62), un blanc à barbes bleues. Plus loin, on trouve Frosted Starlight (Ghio 61), un autre bleu glacier, enfant d’un blanc, New Snow (Fay 46) et d’un bleu archi célèbre, Chivalry ; Frieda’s Favourite (Craig 60), toujours un blanc, Jane Phillips (Graves 50), un fameux bleu ciel descendant d’Helen McGregor,Violet Harmony (Lowry 48 – DM 57), et Mary McClellan (Craig). De cette ascendance Sky Hooks tient à la fois le bleu de ses éperons et la teinte un peu verte de son coloris.
Son « père » s’appelle Moon Mistress (Osborne 75), un iris pèche à éperons assortis, lui-même issu d’une lignée de roses chair : Chinese Coral (Fay 62), Mary Randall (Fay 50 – DM 54), Fleeta… et d’une lignée d’iris à éperons, dans les tons de jaune : Spooned Blaze (Austin 64), Lemon Spoon (Austin 60), Horned Papa… D’où à la fois les éperons et la coloris jaune clair.
La descendance de Sky Hooks est immense. Dans ma documentation j’ ai décelé plus de 120 descendants au premier degré, mais je suis loin du compte ! Pour mémoire j’en citerai quelques uns qui ont atteint une certaine célébrité : Antigua Soleil (Anfosso 90), Carmagnole (Anfosso 89), Conjuration (Byers 8ç – DM 98), Flûte Enchantée (Anfosso 91), Lurid (Byers 87), Magic Kingdom (Byers 89), Mesmerizer (Byers 91), Ostrogoth (Peyrard 94), Thornbird (Byers 89 – DM 97), Triple Whammy (Hager 90), pour ne parler que de cette génération là.
Avec SKY HOOKS, les iris à éperons (en américain iris Space Age) ont acquis leurs lettres de noblesse. Parce qu’il rassemble à la fois force, beauté et élégance, il est devenu l’une des variétés les plus utilisées en hybridation par tous ceux qui souhaitaient entreprendre ou améliorer une lignée d’iris à éperons. Avec un peu de chance il aurait pu obtenir la Médaille de Dykes en 1990, puisqu’il a terminé troisième de la compétition, derrière Jesse’s Song, Az et Everything Plus. Pour voir un iris Space Age remporter la médaille, il faudra attendre jusqu’en 97, et le triomphe de Thornbird, qui est l’un de ses nombreux descendants.
SKY HOOKS (Manley Osborne 1980) se distingue par des fleurs amples et bien ondulées, une couleur jaune un peu teinté de vert, et surtout de beaux éperons bleus à l’extrémité de barbes jaunes. Lorsqu’on admire la fleur, présente aujourd’hui dans la plupart des jardins d’iris, on ne cherche pas forcément à savoir de qui il tient ces divers éléments. Cependant l’examen de son pedigree, on comprend que tout cela est le résultat que l’on pouvait attendre des différents gènes qu’il contient.
Il est le produit de quatre sources : une source blanc pur, blanc bleuté, voir bleu ciel du côté maternel ; une source rose, du côté de son père, avec des antécédents jaunes et, bien entendu des éperons !
Sa « mère » est Wedding Vow (Joë Ghio 72) un blanc issu d’une longue lignée de blancs et de bleus : dans les premières générations on trouve Patricia Craig (Tom Craig 62), un blanc, First Courtship (Ghio 62), un autre blanc, Junior Prom (Ghio 66), un blanc glacier, et Nina’s Delight (Ghio 62), un blanc à barbes bleues. Plus loin, on trouve Frosted Starlight (Ghio 61), un autre bleu glacier, enfant d’un blanc, New Snow (Fay 46) et d’un bleu archi célèbre, Chivalry ; Frieda’s Favourite (Craig 60), toujours un blanc, Jane Phillips (Graves 50), un fameux bleu ciel descendant d’Helen McGregor,Violet Harmony (Lowry 48 – DM 57), et Mary McClellan (Craig). De cette ascendance Sky Hooks tient à la fois le bleu de ses éperons et la teinte un peu verte de son coloris.
Son « père » s’appelle Moon Mistress (Osborne 75), un iris pèche à éperons assortis, lui-même issu d’une lignée de roses chair : Chinese Coral (Fay 62), Mary Randall (Fay 50 – DM 54), Fleeta… et d’une lignée d’iris à éperons, dans les tons de jaune : Spooned Blaze (Austin 64), Lemon Spoon (Austin 60), Horned Papa… D’où à la fois les éperons et la coloris jaune clair.
La descendance de Sky Hooks est immense. Dans ma documentation j’ ai décelé plus de 120 descendants au premier degré, mais je suis loin du compte ! Pour mémoire j’en citerai quelques uns qui ont atteint une certaine célébrité : Antigua Soleil (Anfosso 90), Carmagnole (Anfosso 89), Conjuration (Byers 8ç – DM 98), Flûte Enchantée (Anfosso 91), Lurid (Byers 87), Magic Kingdom (Byers 89), Mesmerizer (Byers 91), Ostrogoth (Peyrard 94), Thornbird (Byers 89 – DM 97), Triple Whammy (Hager 90), pour ne parler que de cette génération là.
QUESTION DE FORME
Celui qui ne s’intéresse que superficiellement aux iris ne fera pas forcément la différence entre une fleur d’iris germanica ou pallida, comme on en voit dans tous les jardins, et une fleur de grand iris barbu. L’une et l’autre ont trois pétales dressés en dôme, trois sépales retombants et des barbes.
Et pourtant ! Le spécialiste, lui, saura distinguer et même pourra dire, sans trop de risque de se tromper, en quelle décennie la variété qu’on lui présente a été obtenue. Une grande partie de travail des hybrideurs a porté sur la forme des fleurs. Le progrès a consisté à corriger ce qui pouvait manquer de grâce dans la fleur botanique : raideur de l’ensemble, étroitesse des sépales, manque de rigidité des pétales. Il a contribué aussi à apporter de petits détails, comme le bord lacinié des parties florales, qui donnent à l’ensemble un chic particulier. On peut dire qu’il y a autant de différences entre une fleur d’iris botanique et une fleur d’iris moderne qu’entre une robe coupée à la maison et une tenue de soirée signée d’un grand couturier.
Le chemin a été long, et il n’est sûrement pas près de s’achever. Prenez, par exemple l’iris ALCAZAR (Vilmorin 1910). Il est très proche de l’iris botanique, aucune ondulation, pas trace de frisettes, des sépales qui pendent comme des oreilles de cockers… Regardez ensuite JEAN CAYEUX (Cayeux 1931) : les pétales sont encore un peu mous, mais les sépales ne s’effondrent plus, commencent à prendre de l’ampleur. Comparez avec BY LINE (de Forest 1952 – Florin d’or 53) : les pétales ont pris de la rigidité, les sépales s’étalent, manquent encore les ondulations. BABBLING BROOK (Keppel 69 – DM 72), a côté de cela a pris une allure franchement moderne, les pièces florales ondulent gracieusement, les sépales, larges, se tiennent horizontaux sur plus de la moitié de leur longueur, les pétales, soutenus par des côtes robustes se dressent vigoureusement ; la récompense suprême n’a pas été usurpée.
Dix ans plus tard, RINGO (Shoop 79) atteint une sorte de paroxysme en matière d’ondulations, et les épaules des sépales sont si développées que ceux-ci restent parfaitement horizontaux jusqu’à ce que la fleur se fane. Mais une certaine réaction va se faire, avec le retour des iris a fleurs rigoureusement dessinées, adieu le flou. C’est le cas, par exemple chez CODICIL (Innerst 85) ou WINESAP (Byers 89), et c’est une forme appréciée par l’obtenteur franco-britannique Lawrence Ransom, et que l’on trouve chez son tout récent BARBOUZE (2001).
Une autre transformation a été l’apparition des fines dentelures sur le bord des pièces florales. Cela confère de la légèreté à l’ensemble, c’est un col de plumes d’autruche sur une robe de soirée. FABULOUS FRILLS (Schreiner 75) ou LACED COTTON (Schreiner 80) sont des illustrations remarquables de ce développement, que l’on trouve aussi chez FRINGE BENEFITS (Hager 88) et, en Europe chez FLOUNCED BAJAZZO (Muska 98).
Une autre évolution a marqué la tenue horizontale des sépales. Ceux-ci ont pris de plus en plus d’ampleur à leur base, de sorte qu’ils ne plient plus sous leur propre poids et restent bien droits, comme dans les variétés françaises suivantes : ANTIGUA SOLEIL (Anfosso 90), AU PAIR (Ransom 95), BUISSON DE ROSES (Cayeux 97), ou celles de Hager : ANNA BELLE BABSON (85), KATHERINE KAY NELSON (93), ou de Keppel : FLAMENCO (77), THUNDERCLOUD (73) (position favorisée dans ces variétés par la légèreté de la fleur, qui est restée assez petite) ou encore de Blyth : AFFAIRE (93).
Il faut aussi parler d’une autre évolution, celle de la disposition des pétales. On a vu les pétales des iris botaniques, qui s’écrasaient un peu, surtout sous la pluie. Ce défaut a été corrigé en rigidifiant peu à peu les côtes qui les soutiennent et en recherchant d’autres situations où les pétales s’entraident à rester verticaux. Ainsi ont été sélectionnées des variétés dont les pétales s’enroulent comme des boutons de rose, plutôt que de se croiser en dôme. C’est le cas de BAYBERRY CANDLE (DeForest 69), de CALAMITÉ (Anfosso 82) ou de CAROLINE PENVENON (Nichol 89). Certains ont retenu des fleurs sont les pétales, franchement dressés, s’ouvrent un peu par le haut, souvent dans une abondance d’ondulations. Voyez BUBBLING OVER (Ghio 82) ou BUBBLE UP (Ghio 88), CARRIBEE (Hager 90) ou CERDAGNE (Segui 89).
Cependant la majorité des obtenteurs optent pour des fleurs de forme classique, mais amples et bien disposées, qui ne se démodent pas. C’est le choix traditionnel de l’équipe SCHREINER dont les iris superbes conservent une forme majestueuse et opulente : BREAKERS (86), CHAMPAGNE WALTZ (94 - FO 97), CELEBRATION SONG (93) en sont des exemples récents ; la même politique est suivie par la maison Cayeux (FRISON-ROCHE 94), MER DU SUD (97), ROUGE GORGE (2000).
Cela n’empêche pas certains de présenter des plantes aux caractéristiques florales très anormales – pas de pétales, pas de barbes – mais je ne sais pas si c’est un progrès, ou plutôt une volonté de se singulariser. Enfin disons un mot des appendices divers qui ornent maintenant un grand nombre de cultivars. Ces modifications génétiques ne font pas l’unanimité même si deux iris à éperons ont déjà été couronnés de la Dykes Medal : CONJURATION (Byers 89 – DM 98) et THORNBIRD (Byers 89 – DM 97), mais une variété comme MESMERIZER (Byers 91) devrait réconcilier tout le monde sur ce sujet, tant les appendices gracieux qu’une telle fleur comporte montrent la voie vers des iris « flore pleno », ou, plus simplement, à fleurs doubles.
On n’arrête pas le progrès, c’est banal de le dire, mais c’est vrai dans le domaine des iris comme dans tout autre, et les années avenir verront apparaître de variétés avec des nouveautés qui nous feront aimer encore plus nos fleurs préférées.
Celui qui ne s’intéresse que superficiellement aux iris ne fera pas forcément la différence entre une fleur d’iris germanica ou pallida, comme on en voit dans tous les jardins, et une fleur de grand iris barbu. L’une et l’autre ont trois pétales dressés en dôme, trois sépales retombants et des barbes.
Et pourtant ! Le spécialiste, lui, saura distinguer et même pourra dire, sans trop de risque de se tromper, en quelle décennie la variété qu’on lui présente a été obtenue. Une grande partie de travail des hybrideurs a porté sur la forme des fleurs. Le progrès a consisté à corriger ce qui pouvait manquer de grâce dans la fleur botanique : raideur de l’ensemble, étroitesse des sépales, manque de rigidité des pétales. Il a contribué aussi à apporter de petits détails, comme le bord lacinié des parties florales, qui donnent à l’ensemble un chic particulier. On peut dire qu’il y a autant de différences entre une fleur d’iris botanique et une fleur d’iris moderne qu’entre une robe coupée à la maison et une tenue de soirée signée d’un grand couturier.
Le chemin a été long, et il n’est sûrement pas près de s’achever. Prenez, par exemple l’iris ALCAZAR (Vilmorin 1910). Il est très proche de l’iris botanique, aucune ondulation, pas trace de frisettes, des sépales qui pendent comme des oreilles de cockers… Regardez ensuite JEAN CAYEUX (Cayeux 1931) : les pétales sont encore un peu mous, mais les sépales ne s’effondrent plus, commencent à prendre de l’ampleur. Comparez avec BY LINE (de Forest 1952 – Florin d’or 53) : les pétales ont pris de la rigidité, les sépales s’étalent, manquent encore les ondulations. BABBLING BROOK (Keppel 69 – DM 72), a côté de cela a pris une allure franchement moderne, les pièces florales ondulent gracieusement, les sépales, larges, se tiennent horizontaux sur plus de la moitié de leur longueur, les pétales, soutenus par des côtes robustes se dressent vigoureusement ; la récompense suprême n’a pas été usurpée.
Dix ans plus tard, RINGO (Shoop 79) atteint une sorte de paroxysme en matière d’ondulations, et les épaules des sépales sont si développées que ceux-ci restent parfaitement horizontaux jusqu’à ce que la fleur se fane. Mais une certaine réaction va se faire, avec le retour des iris a fleurs rigoureusement dessinées, adieu le flou. C’est le cas, par exemple chez CODICIL (Innerst 85) ou WINESAP (Byers 89), et c’est une forme appréciée par l’obtenteur franco-britannique Lawrence Ransom, et que l’on trouve chez son tout récent BARBOUZE (2001).
Une autre transformation a été l’apparition des fines dentelures sur le bord des pièces florales. Cela confère de la légèreté à l’ensemble, c’est un col de plumes d’autruche sur une robe de soirée. FABULOUS FRILLS (Schreiner 75) ou LACED COTTON (Schreiner 80) sont des illustrations remarquables de ce développement, que l’on trouve aussi chez FRINGE BENEFITS (Hager 88) et, en Europe chez FLOUNCED BAJAZZO (Muska 98).
Une autre évolution a marqué la tenue horizontale des sépales. Ceux-ci ont pris de plus en plus d’ampleur à leur base, de sorte qu’ils ne plient plus sous leur propre poids et restent bien droits, comme dans les variétés françaises suivantes : ANTIGUA SOLEIL (Anfosso 90), AU PAIR (Ransom 95), BUISSON DE ROSES (Cayeux 97), ou celles de Hager : ANNA BELLE BABSON (85), KATHERINE KAY NELSON (93), ou de Keppel : FLAMENCO (77), THUNDERCLOUD (73) (position favorisée dans ces variétés par la légèreté de la fleur, qui est restée assez petite) ou encore de Blyth : AFFAIRE (93).
Il faut aussi parler d’une autre évolution, celle de la disposition des pétales. On a vu les pétales des iris botaniques, qui s’écrasaient un peu, surtout sous la pluie. Ce défaut a été corrigé en rigidifiant peu à peu les côtes qui les soutiennent et en recherchant d’autres situations où les pétales s’entraident à rester verticaux. Ainsi ont été sélectionnées des variétés dont les pétales s’enroulent comme des boutons de rose, plutôt que de se croiser en dôme. C’est le cas de BAYBERRY CANDLE (DeForest 69), de CALAMITÉ (Anfosso 82) ou de CAROLINE PENVENON (Nichol 89). Certains ont retenu des fleurs sont les pétales, franchement dressés, s’ouvrent un peu par le haut, souvent dans une abondance d’ondulations. Voyez BUBBLING OVER (Ghio 82) ou BUBBLE UP (Ghio 88), CARRIBEE (Hager 90) ou CERDAGNE (Segui 89).
Cependant la majorité des obtenteurs optent pour des fleurs de forme classique, mais amples et bien disposées, qui ne se démodent pas. C’est le choix traditionnel de l’équipe SCHREINER dont les iris superbes conservent une forme majestueuse et opulente : BREAKERS (86), CHAMPAGNE WALTZ (94 - FO 97), CELEBRATION SONG (93) en sont des exemples récents ; la même politique est suivie par la maison Cayeux (FRISON-ROCHE 94), MER DU SUD (97), ROUGE GORGE (2000).
Cela n’empêche pas certains de présenter des plantes aux caractéristiques florales très anormales – pas de pétales, pas de barbes – mais je ne sais pas si c’est un progrès, ou plutôt une volonté de se singulariser. Enfin disons un mot des appendices divers qui ornent maintenant un grand nombre de cultivars. Ces modifications génétiques ne font pas l’unanimité même si deux iris à éperons ont déjà été couronnés de la Dykes Medal : CONJURATION (Byers 89 – DM 98) et THORNBIRD (Byers 89 – DM 97), mais une variété comme MESMERIZER (Byers 91) devrait réconcilier tout le monde sur ce sujet, tant les appendices gracieux qu’une telle fleur comporte montrent la voie vers des iris « flore pleno », ou, plus simplement, à fleurs doubles.
On n’arrête pas le progrès, c’est banal de le dire, mais c’est vrai dans le domaine des iris comme dans tout autre, et les années avenir verront apparaître de variétés avec des nouveautés qui nous feront aimer encore plus nos fleurs préférées.
10.11.01
KILT LILT
L’iris de la semaine s’appelle KILT LILT. Il a été enregistré par Jim Gibson, de Porterville, Californie, en 1969 et a obtenu la Médaille de Dykes en 1976.
C’est le type parfait de ce que l’on appelle un « variegata-plicata ». Variegata parce qu’à base de jaune orangé, pour les pétales, et de brun, pour les sépales ; mais plicata parce que le brun des sépales est agrémenté d’une tache blanche sous les barbes largement piquetée de brun sombre, le bord des sépales étant d’un brun clair. Une flamme brun sombre part des barbes, oranges, et atteint le bord de la fleur.
Ce type de coloris est maintenant largement connu et des variétés célèbres l’arborent : Broadway (Keppel 81) et ses parents Caramba et Flamenco, Morocco (Keppel 80), lui-même fils de Kilt Lilt, Desert Echo (D. Meek 80), Bengal Tiger (Maryott 81), Dazzling Gold (Anderson 81), Chuckles (Ghio 87), Test Pattern (Ghio 90), Light Show (Keppel 91) et son descendant Sneezy (Keppel 96), ou le français Corbières (Segui 82), pour n’en citer que quelques uns. Mais le grand maître en la matière a été James Gibson qui s’en est fait une spécialité bien à lui. Parmi ses nombreuses réussites dans le genre, citons chronologiquement Spyglass Hill (82), Chickasaw Sue (83), Lemon and Spice (85), Thunder Echo (87), Yellow Brick Road (92), Living Legacy (93)… « The World of Irises », sous la plume de Melba Hamblen et Keith Keppel, raconte que Jim Gibson a décidé dès 1940 de consacrer ses efforts d’hybridation sur les plicata, et qu’en effectuant une visite chez Mitchell, il a recueilli du pollen d’un semis brun-rouge qui lui plaisait. De retour chez lui, il n’a trouvé qu’un seul iris plicata en mesure de recevoir ce pollen, il s’appelait Sacramento. C’est de ce mariage, effectué un peu à la sauvette, qu’est née la longue lignée de ses variegata-plicata.
L’arbre généalogique de KILT LILT ne peut être développé que d’un côté car on ne connaît rien de sa « mère ». En revanche, du côté du père, on dispose de renseignements précis. Il s’agit de Golden Filigree (Gibson 64), qui est déjà un variegata-plicata qui descend de deux autre iris du même type, Henna Stiches (Gibson 60) et Wild Ginger (Gibson 60).
Cette dernière variété descend de deux ancêtres illustres, le français Madame Louis Aureau (Cayeux 34), un plicata rose pourpré, et Tiffany (Sass), un autre plicata, largement utilisé par une foule d’obtenteur dans les années 40 et 50. Ces deux iris ont donné Gibson Girl, fameux plicata violet sur blanc, dont l’un des frères de semis, marié à Firecracker (qui a apporté la couleur brune), a donné un plicata brun, Taholah (Gibson 56), une autre variété-fétiche des hybrideurs des années 50. L’union avec Floradora Flounce, une variété qui contient par deux fois Taholah dans ses géniteurs a donné naissance à Wild Ginger, remarquable variegata-plicata dont on retrouve la trace dans la plupart des variétés modernes de cette catégorie.
KILT LILT, par la chaleur de ses couleurs et l’élégance de sa fleur, a bien mérité la récompense qu’il a reçue. Il reste aujourd’hui un élément de valeur dans tous les jardins d’iris.
L’iris de la semaine s’appelle KILT LILT. Il a été enregistré par Jim Gibson, de Porterville, Californie, en 1969 et a obtenu la Médaille de Dykes en 1976.
C’est le type parfait de ce que l’on appelle un « variegata-plicata ». Variegata parce qu’à base de jaune orangé, pour les pétales, et de brun, pour les sépales ; mais plicata parce que le brun des sépales est agrémenté d’une tache blanche sous les barbes largement piquetée de brun sombre, le bord des sépales étant d’un brun clair. Une flamme brun sombre part des barbes, oranges, et atteint le bord de la fleur.
Ce type de coloris est maintenant largement connu et des variétés célèbres l’arborent : Broadway (Keppel 81) et ses parents Caramba et Flamenco, Morocco (Keppel 80), lui-même fils de Kilt Lilt, Desert Echo (D. Meek 80), Bengal Tiger (Maryott 81), Dazzling Gold (Anderson 81), Chuckles (Ghio 87), Test Pattern (Ghio 90), Light Show (Keppel 91) et son descendant Sneezy (Keppel 96), ou le français Corbières (Segui 82), pour n’en citer que quelques uns. Mais le grand maître en la matière a été James Gibson qui s’en est fait une spécialité bien à lui. Parmi ses nombreuses réussites dans le genre, citons chronologiquement Spyglass Hill (82), Chickasaw Sue (83), Lemon and Spice (85), Thunder Echo (87), Yellow Brick Road (92), Living Legacy (93)… « The World of Irises », sous la plume de Melba Hamblen et Keith Keppel, raconte que Jim Gibson a décidé dès 1940 de consacrer ses efforts d’hybridation sur les plicata, et qu’en effectuant une visite chez Mitchell, il a recueilli du pollen d’un semis brun-rouge qui lui plaisait. De retour chez lui, il n’a trouvé qu’un seul iris plicata en mesure de recevoir ce pollen, il s’appelait Sacramento. C’est de ce mariage, effectué un peu à la sauvette, qu’est née la longue lignée de ses variegata-plicata.
L’arbre généalogique de KILT LILT ne peut être développé que d’un côté car on ne connaît rien de sa « mère ». En revanche, du côté du père, on dispose de renseignements précis. Il s’agit de Golden Filigree (Gibson 64), qui est déjà un variegata-plicata qui descend de deux autre iris du même type, Henna Stiches (Gibson 60) et Wild Ginger (Gibson 60).
Cette dernière variété descend de deux ancêtres illustres, le français Madame Louis Aureau (Cayeux 34), un plicata rose pourpré, et Tiffany (Sass), un autre plicata, largement utilisé par une foule d’obtenteur dans les années 40 et 50. Ces deux iris ont donné Gibson Girl, fameux plicata violet sur blanc, dont l’un des frères de semis, marié à Firecracker (qui a apporté la couleur brune), a donné un plicata brun, Taholah (Gibson 56), une autre variété-fétiche des hybrideurs des années 50. L’union avec Floradora Flounce, une variété qui contient par deux fois Taholah dans ses géniteurs a donné naissance à Wild Ginger, remarquable variegata-plicata dont on retrouve la trace dans la plupart des variétés modernes de cette catégorie.
KILT LILT, par la chaleur de ses couleurs et l’élégance de sa fleur, a bien mérité la récompense qu’il a reçue. Il reste aujourd’hui un élément de valeur dans tous les jardins d’iris.
7.11.01
PLICATAS POPULAIRES
(Traduction d’un article de Keith Keppel, paru dans le Bulletin Spécial de l’AIS, pour son 75eme anniversaire, mai 1995)
La première médaille de Dykes américaine est allée au plicata SAN FRANCISCO en 1927, mais il a fallu attendre quarante et un an pour qu’un autre plicata obtienne cet honneur. En revanche, le dernier quart de siècle a été un âge d’or pour le développement et l’intérêt porté aux « plics », avec trois nouveaux vainqueurs de la DM : KILT LILT (76), JESSE’S SONG (90) et EVERYTHING PLUS (91). Au cours des vingt-cinq dernières années, trente-quatre Awards of Merit ont été accordés à des grands iris plicatas.
Un progrès est basé sur un succès préalable, c’est là dessus qu’il faut tabler dans une discussion sur l’obtention actuelle de plicatas. Il y a trois plicatas des années 60 qui ont eu une influence profonde sur la recherche. ROCOCO (Schreiner 60) a apporté les ondulations dans une classe qui n’était pas en avance dans ce domaine. Cette modernisation a amené de nombreux hybrideurs qui évitaient traditionnellement cette classe, à se lancer dans des projets de plicatas. L’intérêt initial a été accru par l’aspect de STEPPING OUT (Schreiner 64), vainqueur de la DM en 68 et plante de jardin extraordinaire, qui a montré que les plicatas n’étaient pas limités à une appréciation limitée, mais pouvaient être de remarquables éléments de décoration. Une troisième variété importante a été APRIL MELODY (Gibson 67). Les plicatas antérieurs comportant le facteur orange étaient rares et généralement insignifiants. Avec l’arrivée et l’utilisation d’APRIL MELODY, un fort courant d’innovations dans le domaine des barbes oranges a commencé à se développer.
Un quatrième ancêtre des plicatas modernes doit être mentionné : PROGENITOR, avec son rejeton médaillé de Dykes, WHOLE CLOTH (Cook 58). PROGENITOR, humble iris intermédiaire ainsi nommé par Cook pour simplifier les discussions et les enregistrements, et son descendant à la quatrième génération WHOLE CLOTH ne sont pas des plicatas, et ne portent pas autant que l’on sache ce facteur génétique, mais ils doivent contenir le gène requis pour inhiber la pigmentation anthocyanique dans les pétales (mais pas, ou peu, dans les sépales). Puisque les pigments anthocyaniques sont le tissu dont sont faits les dessins plicatas, cela signifiait qu’il était possible d’obtenir des « bicolor-plicatas », iris avec pétales unis et sépales à dessins plicatas.
Des trente-quatre grands iris qui ont reçu l’AM depuis 70, seulement cinq ne proviennent pas de ROCOCO, STEPPING OUT ou APRIL MELODY : KILT LILT, SUMMER SUNSHINE, SHOWCASE, WILD JASMINE et LACED COTTON. Des 29 restants seul ODYSSEY n’est pas un descendant de ROCOCO ! Quatorze proviennent de APRIL MELODY, neuf de STEPPING OUT, et seize descendent de PROGENITOR.
Parmi ces 34 lauréats on trouve une bonne représentation de ce que contient maintenant la famille plicata. Il y a LACED COTTON, un plicata minimaliste si finement marqué qu’on a du mal à l’identifier comme plicata ; de vigoureux, brillants plicatas à fond blanc comme GOING MY WAY et TENNISON RIDGE ; des variétés fermement marquées comme MODERN CLASSIC et d’autres, finement dessinées, comme RARE TREAT, plus ceux comme GENTLE RAIN ou JESSE’S SONG avec un dégradé s’estompant à partir du liseré ; des néglecta-plicatas comme THEATRE et EVERYTHING PLUS, des amoena-plicatas comme SNOWBROOK. Des plicatas à fond jaune comme SUMMER SUNSHINE et SHOWCASE, des variegata-plicatas comme WILD JASMINE, CARAMBA et BROADWAY. Des variations avec le facteur mandarine, depuis ANON, légèrement marqué, jusqu’à RANCHO ROSE et MISTRESS, plus vifs, et QUEEN IN CALICO ou RASPBERRY FUDGE franchement colorés. Des combinaisons à base de mandarine comme ACOMA, CAPRICIOUS et GIGOLO…
Quel est l’avenir ? De récentes introductions, ou des variétés en attente d’être introduites, montrent une batterie toujours croissante de couleurs orangées, certaines avec un fond rose ou orange foncé, et des marquages toujours plus frappants comme chez ABSTRACT ART, POWER SURGE et EPICENTER. ROCK STAR ajoute des éperons à cette catégorie. DAREDEVIL présente des barbes mandarine en combinaison avec des dessins bleus. Les barbes mandarine elles-mêmes deviennent brique, brun, ocre, chocolat ou autre, ajoutant un nouvel intérêt. Au demeurant, des plicatas à fond blanc ou jaune, plus conventionnels, deviennent de plus en plus ondulés et frisés.
Les luminatas longtemps délaissés commencent à faire leur entrée dans le camp : FLIGHTS OF FANCY, SPIRIT WORLD et MIND READER sont trois innovations dans ce domaine.
Les « non-plicata plicatas » (oui, s'il y a de la bière sans alcool, pourquoi pas des plicatas sans dessins ?) font aussi leur retour. Ces blancs « de glace » et ces « citrons glacés » avec leurs marquages inhibés et donc invisibles apparaissent dans plusieurs autres couleurs et peuvent être rassemblés sous le terme nouveau de « glaciata ». Exhibant une clarté de coloris remarquable, BURNING LIGHT, GODDESS, CLASSMATE et ANSWERED PRAYERS sont quelques-uns de ces nouveaux iris « de glace ».
Il y avait huit plicatas dans la liste de 1970 du Symposium des grands iris ; leur nombre a cru jusqu’à quatorze sur cent dans la liste de 94. Nous pouvons parier que le nombre des plicatas populaires s’accroîtra encore dans les vingt-cinq prochaines années.
(Traduction d’un article de Keith Keppel, paru dans le Bulletin Spécial de l’AIS, pour son 75eme anniversaire, mai 1995)
La première médaille de Dykes américaine est allée au plicata SAN FRANCISCO en 1927, mais il a fallu attendre quarante et un an pour qu’un autre plicata obtienne cet honneur. En revanche, le dernier quart de siècle a été un âge d’or pour le développement et l’intérêt porté aux « plics », avec trois nouveaux vainqueurs de la DM : KILT LILT (76), JESSE’S SONG (90) et EVERYTHING PLUS (91). Au cours des vingt-cinq dernières années, trente-quatre Awards of Merit ont été accordés à des grands iris plicatas.
Un progrès est basé sur un succès préalable, c’est là dessus qu’il faut tabler dans une discussion sur l’obtention actuelle de plicatas. Il y a trois plicatas des années 60 qui ont eu une influence profonde sur la recherche. ROCOCO (Schreiner 60) a apporté les ondulations dans une classe qui n’était pas en avance dans ce domaine. Cette modernisation a amené de nombreux hybrideurs qui évitaient traditionnellement cette classe, à se lancer dans des projets de plicatas. L’intérêt initial a été accru par l’aspect de STEPPING OUT (Schreiner 64), vainqueur de la DM en 68 et plante de jardin extraordinaire, qui a montré que les plicatas n’étaient pas limités à une appréciation limitée, mais pouvaient être de remarquables éléments de décoration. Une troisième variété importante a été APRIL MELODY (Gibson 67). Les plicatas antérieurs comportant le facteur orange étaient rares et généralement insignifiants. Avec l’arrivée et l’utilisation d’APRIL MELODY, un fort courant d’innovations dans le domaine des barbes oranges a commencé à se développer.
Un quatrième ancêtre des plicatas modernes doit être mentionné : PROGENITOR, avec son rejeton médaillé de Dykes, WHOLE CLOTH (Cook 58). PROGENITOR, humble iris intermédiaire ainsi nommé par Cook pour simplifier les discussions et les enregistrements, et son descendant à la quatrième génération WHOLE CLOTH ne sont pas des plicatas, et ne portent pas autant que l’on sache ce facteur génétique, mais ils doivent contenir le gène requis pour inhiber la pigmentation anthocyanique dans les pétales (mais pas, ou peu, dans les sépales). Puisque les pigments anthocyaniques sont le tissu dont sont faits les dessins plicatas, cela signifiait qu’il était possible d’obtenir des « bicolor-plicatas », iris avec pétales unis et sépales à dessins plicatas.
Des trente-quatre grands iris qui ont reçu l’AM depuis 70, seulement cinq ne proviennent pas de ROCOCO, STEPPING OUT ou APRIL MELODY : KILT LILT, SUMMER SUNSHINE, SHOWCASE, WILD JASMINE et LACED COTTON. Des 29 restants seul ODYSSEY n’est pas un descendant de ROCOCO ! Quatorze proviennent de APRIL MELODY, neuf de STEPPING OUT, et seize descendent de PROGENITOR.
Parmi ces 34 lauréats on trouve une bonne représentation de ce que contient maintenant la famille plicata. Il y a LACED COTTON, un plicata minimaliste si finement marqué qu’on a du mal à l’identifier comme plicata ; de vigoureux, brillants plicatas à fond blanc comme GOING MY WAY et TENNISON RIDGE ; des variétés fermement marquées comme MODERN CLASSIC et d’autres, finement dessinées, comme RARE TREAT, plus ceux comme GENTLE RAIN ou JESSE’S SONG avec un dégradé s’estompant à partir du liseré ; des néglecta-plicatas comme THEATRE et EVERYTHING PLUS, des amoena-plicatas comme SNOWBROOK. Des plicatas à fond jaune comme SUMMER SUNSHINE et SHOWCASE, des variegata-plicatas comme WILD JASMINE, CARAMBA et BROADWAY. Des variations avec le facteur mandarine, depuis ANON, légèrement marqué, jusqu’à RANCHO ROSE et MISTRESS, plus vifs, et QUEEN IN CALICO ou RASPBERRY FUDGE franchement colorés. Des combinaisons à base de mandarine comme ACOMA, CAPRICIOUS et GIGOLO…
Quel est l’avenir ? De récentes introductions, ou des variétés en attente d’être introduites, montrent une batterie toujours croissante de couleurs orangées, certaines avec un fond rose ou orange foncé, et des marquages toujours plus frappants comme chez ABSTRACT ART, POWER SURGE et EPICENTER. ROCK STAR ajoute des éperons à cette catégorie. DAREDEVIL présente des barbes mandarine en combinaison avec des dessins bleus. Les barbes mandarine elles-mêmes deviennent brique, brun, ocre, chocolat ou autre, ajoutant un nouvel intérêt. Au demeurant, des plicatas à fond blanc ou jaune, plus conventionnels, deviennent de plus en plus ondulés et frisés.
Les luminatas longtemps délaissés commencent à faire leur entrée dans le camp : FLIGHTS OF FANCY, SPIRIT WORLD et MIND READER sont trois innovations dans ce domaine.
Les « non-plicata plicatas » (oui, s'il y a de la bière sans alcool, pourquoi pas des plicatas sans dessins ?) font aussi leur retour. Ces blancs « de glace » et ces « citrons glacés » avec leurs marquages inhibés et donc invisibles apparaissent dans plusieurs autres couleurs et peuvent être rassemblés sous le terme nouveau de « glaciata ». Exhibant une clarté de coloris remarquable, BURNING LIGHT, GODDESS, CLASSMATE et ANSWERED PRAYERS sont quelques-uns de ces nouveaux iris « de glace ».
Il y avait huit plicatas dans la liste de 1970 du Symposium des grands iris ; leur nombre a cru jusqu’à quatorze sur cent dans la liste de 94. Nous pouvons parier que le nombre des plicatas populaires s’accroîtra encore dans les vingt-cinq prochaines années.
3.11.01
ALTRUIST
Il y a peu de temps, j’ai parlé du dernier vainqueur de la Dykes Medal, Yaquina Blue. Je faisais remarquer combien son pedigree était empli d’ancêtres glorieux. Aujourd’hui c’est un autre iris bleu, d’une lignée non moins prestigieuse, que je vais évoquer ; il s’agit de ALTRUIST (Schreiner 87). J’ai choisi cette variété un peu par hasard, parce que j’aime bien son bleu pâle marqué de blanc au cœur, et que je me suis aperçu, en établissant sa biographie qu’à l’instar de Yaquina Blue, elle est d’une lignée truffée de grands iris.
ALTRUIST a pour parents un semis de VICTORIA FALLS (Schreiner 77 – DM 84) et de TIDE’S IN (Schreiner 83), un iris abondamment utilisé par les hybrideurs. A partir de là, on entre dans un arbre généalogique impressionnant. Victoria Falls provient de White Pride (Branch 62) et de Violet Favor (O. Brown 71), un iris blanc et un iris violet. White Pride descend d’un bon iris blanc, Spanish Peaks, que l’on retrouve dans une autre branche de la famille d’Altruist ; Violet Favor est le fils de Silver Trail et de Queen’s Favor, dont on reparlera un peu plus loin.
Du côté de Tide’s In on trouve trois iris célèbres : Fashion Trend (Palmer 73), Blue Chiffon (Schreiner 66) et Sapphire Hills (Schreiner 71). Fashion Trend n’a que des ténors parmi ses ancêtres : au premier degré il y a Queen’s Favor (Palmer 63) et Winter Olympics (O. Brown 63 – DM 67), fils d’un autre DM, Eleanor’s Pride (DM 61). Queen’s Favor provient de First Violet (DeForest) – DM 56, et Violet Harmony (Lowry 48 – DM 57) le premier est un enfant du fameux Chivalry, et le second, du non moins fameux Snow Flurry !
Blue Chiffon (Schreiner 66) descend, lui aussi d’Eleanor’s Pride (Watkins 56 – DM 61) et d’un grand bleu, Salem (Schreiner 57). Quant à Sapphire Hills, une variété qui a eu un succès fou auprès des amateurs du monde entier, parce que considérée longtemps comme le meilleur bleu pur jamais obtenu, il descend d’une lignée de bleus : Galilee, Salem (encore), Parisian Blue (Schreiner 64), fils de Melissa et de Sylvan Stream (Schreiner 61) chez lequel on retrouve des célébrités comme Pierre Menard (frère foncé de Galilee), Blue Rhythm (Witting 45 – DM 50), Chivalry (Wills – DM 47) et Harbor Blue…
ALTRUIST, pour revenir à lui n’est pas seulement une variété remarquable, on ne peut pas ne pas aimer son ton pastel et le charme de sa fleur, typique de la « Schreiner’s touch », il a été également utilisé en hybridation pour obtenir des variétés à base de bleu ciel, comme Water Ballet (Ghio 93) ou Skywalker (Schreiner 96).
ALTRUIST est une variété de qualité, mais à se pencher sur ses origines, on se rend compte à quel point les cultivars modernes laissent apparaître leur consanguinité. C’est certainement la raison de la fragilité de plus en plus évidente des iris d’aujourd’hui.
PS : L’analyse d’Altruist marque le début d’un feuilleton hebdomadaire. Chaque semaine, désormais, une variété remarquable sera passée au crible. La semaine prochaine nous parlerons de KILT LILT, ce qui donnera l’occasion d’étudier les iris que l’on appelle « variegata-plicata ».
Il y a peu de temps, j’ai parlé du dernier vainqueur de la Dykes Medal, Yaquina Blue. Je faisais remarquer combien son pedigree était empli d’ancêtres glorieux. Aujourd’hui c’est un autre iris bleu, d’une lignée non moins prestigieuse, que je vais évoquer ; il s’agit de ALTRUIST (Schreiner 87). J’ai choisi cette variété un peu par hasard, parce que j’aime bien son bleu pâle marqué de blanc au cœur, et que je me suis aperçu, en établissant sa biographie qu’à l’instar de Yaquina Blue, elle est d’une lignée truffée de grands iris.
ALTRUIST a pour parents un semis de VICTORIA FALLS (Schreiner 77 – DM 84) et de TIDE’S IN (Schreiner 83), un iris abondamment utilisé par les hybrideurs. A partir de là, on entre dans un arbre généalogique impressionnant. Victoria Falls provient de White Pride (Branch 62) et de Violet Favor (O. Brown 71), un iris blanc et un iris violet. White Pride descend d’un bon iris blanc, Spanish Peaks, que l’on retrouve dans une autre branche de la famille d’Altruist ; Violet Favor est le fils de Silver Trail et de Queen’s Favor, dont on reparlera un peu plus loin.
Du côté de Tide’s In on trouve trois iris célèbres : Fashion Trend (Palmer 73), Blue Chiffon (Schreiner 66) et Sapphire Hills (Schreiner 71). Fashion Trend n’a que des ténors parmi ses ancêtres : au premier degré il y a Queen’s Favor (Palmer 63) et Winter Olympics (O. Brown 63 – DM 67), fils d’un autre DM, Eleanor’s Pride (DM 61). Queen’s Favor provient de First Violet (DeForest) – DM 56, et Violet Harmony (Lowry 48 – DM 57) le premier est un enfant du fameux Chivalry, et le second, du non moins fameux Snow Flurry !
Blue Chiffon (Schreiner 66) descend, lui aussi d’Eleanor’s Pride (Watkins 56 – DM 61) et d’un grand bleu, Salem (Schreiner 57). Quant à Sapphire Hills, une variété qui a eu un succès fou auprès des amateurs du monde entier, parce que considérée longtemps comme le meilleur bleu pur jamais obtenu, il descend d’une lignée de bleus : Galilee, Salem (encore), Parisian Blue (Schreiner 64), fils de Melissa et de Sylvan Stream (Schreiner 61) chez lequel on retrouve des célébrités comme Pierre Menard (frère foncé de Galilee), Blue Rhythm (Witting 45 – DM 50), Chivalry (Wills – DM 47) et Harbor Blue…
ALTRUIST, pour revenir à lui n’est pas seulement une variété remarquable, on ne peut pas ne pas aimer son ton pastel et le charme de sa fleur, typique de la « Schreiner’s touch », il a été également utilisé en hybridation pour obtenir des variétés à base de bleu ciel, comme Water Ballet (Ghio 93) ou Skywalker (Schreiner 96).
ALTRUIST est une variété de qualité, mais à se pencher sur ses origines, on se rend compte à quel point les cultivars modernes laissent apparaître leur consanguinité. C’est certainement la raison de la fragilité de plus en plus évidente des iris d’aujourd’hui.
PS : L’analyse d’Altruist marque le début d’un feuilleton hebdomadaire. Chaque semaine, désormais, une variété remarquable sera passée au crible. La semaine prochaine nous parlerons de KILT LILT, ce qui donnera l’occasion d’étudier les iris que l’on appelle « variegata-plicata ».
21.10.01
BON CHIEN CHASSE DE RACE
Il est à peu près impossible (sauf à disposer des archives de la maison Schreiner) de reconstituer exactement le pedigree de YAQUINA BLUES, le dernier vainqueur de la Dykes Medal. Cependant avec les éléments dont chacun peut disposer, on s’aperçoit que parmi ses ancêtres identifiés figurent au moins cinq autres vainqueurs de la DM !
Ainsi, par SAPPHIRE HILLS, il descend de PARISIAN BLUE, lequel a dans sa généalogie BLUE RHYTHM (DM 50) et CHIVALRY (DM47). Par un autre de ses antécédents, NEPTUNE’S POOL, il a pour ancêtres ALLEGIANCE (DM 64) et PACIFIC PANORAMA (DM 65), lequel descend lui-même de SWAN BALLET (DM 59). Peut-être pourrait-on lui trouver d’autres fameux ancêtres par SAILOR’S DANCE, l’un de ces proches parents, si le pedigree de ce dernier n’était pas constitué uniquement de numéros de semis.
Tout cela pour dire aux hybrideurs amateurs que la qualité d’un semis compte énormément dans celle de ses rejetons. Bon chien chasse de race !
Il est à peu près impossible (sauf à disposer des archives de la maison Schreiner) de reconstituer exactement le pedigree de YAQUINA BLUES, le dernier vainqueur de la Dykes Medal. Cependant avec les éléments dont chacun peut disposer, on s’aperçoit que parmi ses ancêtres identifiés figurent au moins cinq autres vainqueurs de la DM !
Ainsi, par SAPPHIRE HILLS, il descend de PARISIAN BLUE, lequel a dans sa généalogie BLUE RHYTHM (DM 50) et CHIVALRY (DM47). Par un autre de ses antécédents, NEPTUNE’S POOL, il a pour ancêtres ALLEGIANCE (DM 64) et PACIFIC PANORAMA (DM 65), lequel descend lui-même de SWAN BALLET (DM 59). Peut-être pourrait-on lui trouver d’autres fameux ancêtres par SAILOR’S DANCE, l’un de ces proches parents, si le pedigree de ce dernier n’était pas constitué uniquement de numéros de semis.
Tout cela pour dire aux hybrideurs amateurs que la qualité d’un semis compte énormément dans celle de ses rejetons. Bon chien chasse de race !
16.10.01
LE PARFUM
Dans son catalogue de l’année 2000, la Maison Cayeux a apporté une innovation qui est une première mondiale. Le parfum de chaque variété est indiqué, au même titre que son aspect et ses couleurs. Parler du parfum des iris n’est peut-être plus une nouveauté, car de nombreux obtenteurs notent cette particularité dans le pedigree de leurs nouveaux cultivars. Mais c’est le plus souvent d’une façon sommaire, par exemple : « fort parfum musqué » ou « légèrement parfumé ». Cayeux est allé beaucoup plus loin, en faisant appel à un nez professionnel réputé, Jean Claude Elléna, qui a analysé et identifié le parfum de presque toutes les variétés du catalogue.
En général quand on veut définir le parfum d’une fleur, on le fait par référence à celui de quelque chose de bien connu, facilement identifiable par chacun. M. Elléna a bien entendu choisi ces mêmes repères. C’est ainsi qu’il a découvert une vingtaine de convergences parmi les variétés qu’il a respirées : le lis blanc, la vanille, le gâteau, la mandarine, l’œillet, le muguet, le chocolat, le chèvrefeuille, la mûre, l’orange et la fleur d’oranger, le gâteau au citron, le pamplemousse, la pêche, la frangipane, le pois de senteur… Mais, paradoxe, aucun iris ne sent… l’iris ! A vrai dire la majorité des variétés analysées a été gratifiée d’un parfum « fleuri, doux » qui ne fait référence à rien de précis et que l’on peut sans crainte considérer comme étant l’odeur « sui generis » de l’iris. A mon avis c’est un peu dommage que l’on n’ait pas été trouvé le moyen de dire que ce parfum fleuri doux, caractéristique, était le parfum même de l’iris. Dans le même ordre d’idée le nez de M. Elléna, plu sensible que celui du commun des mortels, a découvert une odeur là où nous disons couramment qu’une variété n’en a pas. Mais à défaut de pouvoir lui trouver une référence particulière, il l’a qualifiée de parfum « discret », ce qui n’est pas faux, mais fait appel, une nouvelle fois à quelque chose d’abstrait, alors que l’on s’attendait à une comparaison concrète.
Cela dit, ne boudons pas notre plaisir, et espérons qu’un jour prochain l’initiative de la Maison Cayeux sera reprise par les autres obtenteurs et que nous disposerons, dans quelque temps, d’un nouvel élément d’appréciation de tous les iris.
Dans son catalogue de l’année 2000, la Maison Cayeux a apporté une innovation qui est une première mondiale. Le parfum de chaque variété est indiqué, au même titre que son aspect et ses couleurs. Parler du parfum des iris n’est peut-être plus une nouveauté, car de nombreux obtenteurs notent cette particularité dans le pedigree de leurs nouveaux cultivars. Mais c’est le plus souvent d’une façon sommaire, par exemple : « fort parfum musqué » ou « légèrement parfumé ». Cayeux est allé beaucoup plus loin, en faisant appel à un nez professionnel réputé, Jean Claude Elléna, qui a analysé et identifié le parfum de presque toutes les variétés du catalogue.
En général quand on veut définir le parfum d’une fleur, on le fait par référence à celui de quelque chose de bien connu, facilement identifiable par chacun. M. Elléna a bien entendu choisi ces mêmes repères. C’est ainsi qu’il a découvert une vingtaine de convergences parmi les variétés qu’il a respirées : le lis blanc, la vanille, le gâteau, la mandarine, l’œillet, le muguet, le chocolat, le chèvrefeuille, la mûre, l’orange et la fleur d’oranger, le gâteau au citron, le pamplemousse, la pêche, la frangipane, le pois de senteur… Mais, paradoxe, aucun iris ne sent… l’iris ! A vrai dire la majorité des variétés analysées a été gratifiée d’un parfum « fleuri, doux » qui ne fait référence à rien de précis et que l’on peut sans crainte considérer comme étant l’odeur « sui generis » de l’iris. A mon avis c’est un peu dommage que l’on n’ait pas été trouvé le moyen de dire que ce parfum fleuri doux, caractéristique, était le parfum même de l’iris. Dans le même ordre d’idée le nez de M. Elléna, plu sensible que celui du commun des mortels, a découvert une odeur là où nous disons couramment qu’une variété n’en a pas. Mais à défaut de pouvoir lui trouver une référence particulière, il l’a qualifiée de parfum « discret », ce qui n’est pas faux, mais fait appel, une nouvelle fois à quelque chose d’abstrait, alors que l’on s’attendait à une comparaison concrète.
Cela dit, ne boudons pas notre plaisir, et espérons qu’un jour prochain l’initiative de la Maison Cayeux sera reprise par les autres obtenteurs et que nous disposerons, dans quelque temps, d’un nouvel élément d’appréciation de tous les iris.
2.10.01
H.C.STETSON
Le vainqueur de la compétition de Florence 2001 et le TB H.C. STETSON (Rob Stetson, US, 2001).
Voici la description de cette variété :
Self blanc, infus de rose au cœur, barbes orange, pointes blanches (Art School Angel x Elizabeth Poldark).
L’obtenteur de cette variété, R. Stetson, nouveau venu dans la grande famille des amateurs d’iris, frappe d’entrée très fort. En effet voici le résultat de la compétition allemande, qui s’est tenue cette année pour la dernière fois au Palmengarten de Frankfurt :
Pour les variétés plantées en 98 :
Karl-Foerster-Medaille = Semis TB9512 (Rob Stetson, US, non enregistré à ce jour). Iris neglecta bleu clair/lavande, barbes orange, appendices bleus (Cabaret Royale x Special Feature).
2eme place = Semis 06-LM-98 ( Ladislaw Muska, Slovaquie, non enregistré à ce jour). Plicata crème /violet clair –space age- (Louise Watts x(Sky Hooks x Lady Madonna)).
3eme place = H.C. STETSON (Stetson, US, 2001), voir ci-dessus.
Pour les variétés plantées en 99 :
1er = NITRA (Anton Mego, Slovaquie, 2001) Amoena crème : violet, barbes orange, (parents inconnus) ;
2nd = ANDALOU (R. Cayeux, France,1995).
3eme = BEAKY WIT (L. Muska, Slovaquie,1999). Plicata jaune, éperons violets.
Le vainqueur de la compétition de Florence 2001 et le TB H.C. STETSON (Rob Stetson, US, 2001).
Voici la description de cette variété :
Self blanc, infus de rose au cœur, barbes orange, pointes blanches (Art School Angel x Elizabeth Poldark).
L’obtenteur de cette variété, R. Stetson, nouveau venu dans la grande famille des amateurs d’iris, frappe d’entrée très fort. En effet voici le résultat de la compétition allemande, qui s’est tenue cette année pour la dernière fois au Palmengarten de Frankfurt :
Pour les variétés plantées en 98 :
Karl-Foerster-Medaille = Semis TB9512 (Rob Stetson, US, non enregistré à ce jour). Iris neglecta bleu clair/lavande, barbes orange, appendices bleus (Cabaret Royale x Special Feature).
2eme place = Semis 06-LM-98 ( Ladislaw Muska, Slovaquie, non enregistré à ce jour). Plicata crème /violet clair –space age- (Louise Watts x(Sky Hooks x Lady Madonna)).
3eme place = H.C. STETSON (Stetson, US, 2001), voir ci-dessus.
Pour les variétés plantées en 99 :
1er = NITRA (Anton Mego, Slovaquie, 2001) Amoena crème : violet, barbes orange, (parents inconnus) ;
2nd = ANDALOU (R. Cayeux, France,1995).
3eme = BEAKY WIT (L. Muska, Slovaquie,1999). Plicata jaune, éperons violets.
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