17.3.07


LA MÉDAILLE DE DYKES BRITANNIQUE
Une distinction…qui se distingue

Nos voisins britanniques gardent en toutes choses un comportement qui les distingue. En matière d’iris il en est comme ailleurs. Pendant sa brève existence, la Médaille de Dykes Française a distingué onze variétés d’iris, toutes des « grands barbus ». C’est à pau près la même chose pour la Médaille de Dykes Américaine. Celle-ci a toujours récompensé un grand iris barbu sauf en deux cas, en 80 ans ! La Médaille Anglaise est plus éclectique. D’abord, elle est plus rare, seulement attribuée 51 fois en 80 ans, ensuite elle n’hésite pas à admettre la grande valeur d’une plante quelle que soit sa catégorie.

En 1927, année de son institution, elle a été attribuée à une variété baptisée ‘Margot Holmes’ qui est un hybride interspécifique entre un I.douglasiana et un I. chrysographes. Le premier est un iris de Californie, le second un iris de Sibérie. A l’époque on ne parlait pas encore de « cal-sib », mais c’en est un ! Ces hybrides, stériles, ont fait l’objet de recherches dans les dernières années, mais en 1927, Amos Perry, un grand nom de l’hybridation, obtenteur de ‘Margot Holmes’, était vraiment un précurseur. Lui attribuer la première Médaille de Dykes était un choix courageux et tout à fait non conformiste.

Des trois médailles suivantes, 1929,30 et 31, deux ont été accordées à des grands iris obtenus par Katherine Dykes, la veuve de l’immense W. R. Dykes. Il s’agit de ‘Joyance’ et de ‘Gudrun’. Le premier est dans des tons de jaune clair, le second est un iris blanc. Jusqu’en 1935, les britanniques ont couronné des iris jaunes. A l’époque, obtenir des iris jaunes était encore une gageure ; on s’était extasié sur la variété ‘W.R. Dykes’ (Dykes 26) qui n’est pourtant pas franchement jaune ; le premier vrai jaune, en Europe, fut ‘Pluie d’Or’ (Cayeux 31). Le choix de ‘Joyance’ (K. Dykes 21), ‘G.P. Baker’ (Perry 30), ‘Golden Hind’ (Chadburn 31) et ‘Sahara’ (Pilkington 34) démontre une volonté d’imposer un coloris nouveau.

La distribution des prix s’est interrompue pendant les années de guerre : entre ‘Mabel Chadburn’ (Chadburn 39), encore un jaune couronné en 1941, et ‘Maisie Lowe’ (J.L. Gibson 30), en 1948, il n’y a eu aucune médaille. L’esprit était ailleurs. De ‘Maisie Lowe’ en 1948, à ‘Arabi Pasha’ en 1953, La B.I.S. a connu sa période bleue. ‘Blue Ensign’ (Meyer 37 – BDM 49) est un bleu royal, ‘Seathwaite’ (H.Randall 51 – BDM 52) est un bleu pâle, comme sa « mère » ‘Helen McGregor’, ‘Arabi Pasha’ (Anley 51 – BDM 53) est un bleu bleuet.

De 1955 à 1970, la BDM continuera d’aller à des grands iris. Mais avec un vaste choix de coloris, souvent très originaux, comme celui de ‘Tarn Hows’ (H.Randall 51 – BDM 58), qui est bois de rose, ‘Ancient Egypt’ (Fothergill 62 – BDM 66), qui est abricot, ou ‘Blue Eyed Brunette’ (C. Hall 62 – BDM 67) (photo) qui est couleur tabac.

Le règne des grands iris est interrompu en 1971 avec la victoire de ‘Cambridge’ (Brummitt 64), un joli iris de Sibérie bleu pur. Il repart pour les trois médailles suivantes qui vont être attribuée à ‘Shepherd’s Delight’ (Fothergill 69 – BDM 72), un rose devenu ultra célèbre et encore présent dans les catalogues français au cours des années 80, puis ‘Muriel Neville’ (Fothergill 63 – BDM 73), un grenat foncé, et ‘Tyrian Robe’ (C. Hall 69 – BDM 75), un violet pourpré.

Nouvelle originalité en 1976, puisque c’est un Iris de Californie, ‘No Name’ (Brummitt 68) : une petite variété dans les tons de jaune, issue, comme ‘Margot Holmes’, d’I. douglasiana. Après ‘Annabel Jane’ (Dodsworth 74 –BDM 77), en bleu lavande, première Médaille de Dykes attribuée à un produit de Brian Dodsworth, lequel va régner sur les iris anglais pendant vingt ans, c’est un iris intermédiaire qui triomphe en 78, ‘Cotsgold’ (J.D. Taylor 74), un iris jaune, une nouvelle fois. Puis viendra l’iris de Sibérie blanc ‘Anniversary’ (Brummitt 65 – BDM 79).

L’indépendance des juges britanniques se manifestera encore en 1982, puisqu’ils choisiront cette fois le petit SDB ‘Bibury’ (J.D. Taylor 75), blanc à barbe bleue. Mais on repart ensuite pour une lignée de TB, tous signés Dodsworth sauf ‘Early Light’ (Scopes 83 – BDM 89), qui tiendra la tête jusqu’en 1997. Ce sont dix variétés du grand obtenteur Dodsworth qui seront retenues le joli iris crème ‘Buckden Pike’ (85 – BDM 87) et le blanc à barbes rouges ‘Whooper Swan’ (95 – BDM 97).

Au règne Dodsworth succèdera le règne Bartlett, qui dure encore. ‘Orinoco Flow’ (Bartlett 89 – BDM 94), plicata violet à barbes sombres, marquera l’apparition dans le palmarès britannique d’un iris de bordure. Viendront ensuite, en 2000, un nouvel iris de Sibérie, ‘Perfect Vision’ (Bartlett 96 – BDM 2000), en deux tons de bleu, puis le TB ‘Alexia’ (Bartlett 2003 – BDM 2006), bleu lui aussi, mais nettement marqués des traits de son « père » ‘Honky Tonk Blues’, c’est à dire avec des marbrures claires sur les sépales.

La dernière fantaisie dans l’attribution de la DM britannique remonte à 1999, qui a vu l’arrivée en tête de ‘Berlin Ruffles’ (Tamberg 93), lequel présente l’excentricité d’être une variété allemande en même temps qu’un iris de Sibérie tétraploïde d’une hauteur inhabituelle !

Ce que nous réservent les juges d’outre-manche pour les années à venir, nul ne peut le savoir, mais ils vont être certainement obligé d’innover car les iris anglais de qualité semblent devenir rares. La Médaille n’a-t-elle pas pu être attribuée entre 2001 et 2006, après une décade 90 où elle n’a pu l’être que cinq fois ?
RÉCRÉATION (réponses)

Produit de France

L’intrus est : ‘Shekinah’
RÉCRÉATION

Deutsch oder Dutch

Laquelle de ces cinq variétés anciennes n’est pas originaire d’Allemagne ?
· ‘Loreley’
· ‘Walhalla’
· ‘Lohengrin’
· ‘Sans Souci’
· ‘Goldfackel’

9.3.07




LES ANCÊTRES FRANÇAIS DE ‘CONJURATION’

On ne mesure pas toujours l’apport de l’iridophilie française dans le patrimoine génétique des iris d’aujourd’hui. Il faut dire que retrouver cet apport est un travail de bénédictin qui n’est pas fait de manière systématique, et ne résulte que de l’acharnement de quelques chercheurs comme l’Américain David Pane-Joyce qui, en 1995, a méticuleusement reconstitué le pedigree de ‘Conjuration’ (Byers 88 – DM 98), jusqu’aux espèces d’origine. Grâce à ce travail, on mesure le chemin parcouru depuis les débuts de l’hybridation, c’est à dire, en gros, les années 1840, jusqu’à nos jours. En tout, treize générations ! Et depuis ‘Conjuration’, deux nouvelles générations sont apparues…

Quel est donc l’apport des iris français dans cette généalogie qui, rapportée à l’échelle humaine, correspondrait à une recherche remontant trois cents ans en arrière ?

A partir du travail de David Pane-Joyce, j’ai établi la liste des iris français identifiés. Elle est riche, comme on va le voir. Mais ce qui est vrai pour ‘Conjuration’ l’est également pour toutes les variétés actuelles. Les iris dont il va être question maintenant font donc partie, à un point ou à un autre, du patrimoine de tous les iris.

L’iris le plus ancien qui soit identifié est ‘Aurea’ (Jacques 1830), un petit iris qui fut considéré comme le meilleur iris jaune jusqu’au début de XXeme siècle. On en trouve la trace non seulement chez les iris jaunes, mais aussi chez les iris à éperons : on est donc déjà dans notre sujet quand on parle de ‘Conjuration’.

Ce sont les iris de Jean Nicolas Lémon qui se présentent ensuite. Ils sont au nombre de six. ‘Jacquesiana’ tout d’abord, puis deux autres variétés introduites en 1840 : ‘Hector’ et ‘Fries Morel’ (voir photo). Le premier est dans les tons de grenat bronzé, le second est un jaune miel, et le troisième, un bicolore jaune et acajou. Vient ensuite l’inévitable ‘Madame Chéreau’(1844), sûrement le plus célèbre des iris Lémon, présent dans tous les iris plicatas. Pour finir, deux intéressantes variétés, ‘Innocenza’ (1854) et ‘Céleste’ (1858). ‘Innocenza’ est un blanc à peine marqué de pourpre aux épaules, c’est un ancêtre de ‘Whole Cloth’ ; ‘Céleste’ est bleu tendre, comme son nom l’indique.

On passe ensuite aux hybrides obtenus chez Vilmorin. Pour commencer il y a ‘Oriflamme’ (1904), le premier tétraploïde de la famille, bitone lavande/violet. Puis vient ‘Alcazar’ (1910) la plus connue des variétés de Philippe de Vimorin, en deux tons de violet pourpré et des barbes oranges. ‘Parisiana’ (1911) est un étrange iris diploïde, blanc, légèrement liseré d’indigo, avec les styles de cette couleur, et des barbes blanches, orangées dans la gorge ; c’est l’ancêtre de ‘San Francisco’, première Médaille de Dykes américaine et fameux plicata indigo. ‘Déjazet’ (1914) se présente en deux tons de magenta bronzé, puis vient ‘Chasseur’ (1920), dont le titre de gloire est d’être le parent de ‘Pluie d’Or’, le premier iris vraiment jaune pur.

Dans les mêmes années, la grande époque des iris français, Fernand Denis a introduit quelques autres des ascendants de ‘Conjuration’. ‘Troost’ (1908), tout d’abord, dont on ne sait plus grand chose sinon qu’il devait être dans les tons de grenat ; puis ‘Madame Durrand’ (1912), lui aussi bien oublié. ‘Ochracea Caerulea’ (1919) est un frère de semis du précédent, c’est un variégata dont la descendance est fort importante. Enfin ‘Aurelle’ (1924) qui est l’enfant de ‘Souvenir de Mme Gaudichau’ dont on va parler maintenant.

La maison Millet, dans les années 10/20, faisait concurrence aux grandes affaires qu’étaient celles de Ph. De Vilmorin et de Ferdinand Cayeux. Plusieurs de ses iris ont fortement marqué l’histoire de l’hybridation, et notamment ce ‘Souvenir de Madame Gaudichau’ (1914). Cet iris, tétraploïde, ressemble largement à celui qui est considéré comme son « père », le fameux ‘Amas’, c’est à dire qu’il est bleu violacé, neglecta, avec des barbes bleuâtres, jaune orangé dans la gorge. C’est ce trait qui a fait dire que ‘Souvenir de Mme Gaudichau’ possédait les caractéristiques de I. aphylla, bien qu’on ignore comment cela a pu se produire. Quoi qu’il en soit, cet iris est l’un des plus importants qui soient, un élément fondamental de l’hybridation. Dans l’arbre généalogique de ‘Conjuration’ on trouve encore trois autres produits d’Armand Millet : ‘Madame Cécile Bouscant’ (1923), ‘Souvenir de Laetitia Michaud’ (1923) et ‘Germaine Perthuis’ (1924). Le premier a des fleurs rose violacé ; le second est un bleu superbe ; le troisième est un grand violet à barbes jaunes. Tous les trois ont eu une influence considérable, qui dénote le sens exceptionnel de l’hybridation d’Armand Millet.

C’est le moment d’aborder la part prépondérante de cet inventaire que constituent les iris de Ferdinand Cayeux. Si le compte est exact, il y a dix, ou onze.

‘Sensation’ (1925), considéré de son temps comme le meilleur bleu clair, il figure parmi les ancêtres de ‘Whole Cloth’ ;
‘Phryné’ (1925), en deux tons de bleu lavande, liseré d’argent, c’est l’un des parents de ‘Jean Cayeux’ ;
‘Thaïs’ (1926), un mauve rosé qui a pour titre essentiel de gloire d’être à l’origine de ‘Snow Flurry’, l’iris blanc, ondulé, « de base » ;
‘Pluie d’Or’ (1928), la première Médaille de Dykes française, et le premier véritable iris jaune pur ;
‘Député Nomblot’ (1929), (voir photo), un modèle d’iris brun-rouge, Médaille de Dykes française en 1930 ;
‘Evolution’ (1929), en deux tons, or et bronze, est un des plus grands géniteurs du début du XXeme siècle ;
‘Iceberg’ (1930), blanc de blanc, comme on peut le déduire de son nom ; le moins « capé » des ancêtres de ‘Conjuration’, c’est le parent femelle de ‘Alice Harding’ ;
‘Président Pilkington’ (1931), frère de semis du célèbre ‘Alice Harding’, c’est un variegata or/lavande ;
‘Jean Cayeux’ (1931), coloris unique, neglecta gris ocré, qui a fait sensation lors de son apparition et a obtenu aussitôt la DM française ;
‘Alice Harding’ (1933), un excellent jaune uni, frère de semis de ‘Président Pilkington’.
A cette brochette de grands iris il faut ajouter le semis non dénommé (Bruno X Evolution), élément paternel de ‘Jean Cayeux’.

Pour être complet, il faut avancer dans le temps et rejoindre ‘Falbala’ (78) et son enfant l’incontournable ‘Condottiere’ (78), qui est peut-être l’iris le plus utilisé en hybridation au cours des années 80/90.

L’énumération ci-dessus en dit long sur l’importance des variétés françaises dans la généalogie des iris modernes. La guerre de 39 a sonné le glas de l’hybridation à la française. Le flambeau a traversé l’Atlantique, mais les bases sont restées françaises et l’on peut en être fiers.
RÉCRÉATION (réponses)

Born in the USA

L’intrus est : ‘Alice Harding’
RÉCRÉATION

Produit de France

Laquelle de ces cinq variétés anciennes n’est pas originaire de France ?
· ‘Clémentine Croutel’
· ‘Fries Morel’
· ‘President Pilkington’
· ‘Shekinah’
· ‘Romeo’

2.3.07


VISION D’AVENIR

Le catalogue de Keith Keppel présente chaque année un choix réduit mais irréprochable d’iris de qualité. Mais en plus il propose une réflexion toujours pointue et enthousiaste sur l’avenir de l’hybridation. Pour 2007, voici ce qu’il écrit :
« … Mai a vu la Convention (de l’AIS) se tenir en Oregon et le nombre en expansion des amateurs d’iris, jeunes ou vieux, qui ont visité le jardin (et le reste), mais aussi un important volume de pluie, grêle, et vent. Les croisements ont été difficiles à réaliser à cause du temps (et pas seulement à cause des visiteurs), et même de nombreux croisements qui avaient réussi ne sont pas allé jusqu’à la fructification, car les capsules et même les tiges ont pourri dans la pluie. (Même certains boutons ont pourri avant d’avoir une chance de s’ouvrir !) « Le paradis des iris », comme certains appellent l’Oregon, n’a pas été si paradisiaque que cela en 2006 !

Malgré tout, un nombre raisonnable de semences a pu être récolté. Ajoutées aux graines issues des croisements effectués en Australie à l’automne 2005 (c’est le printemps là-bas !), il devrait y avoir de quoi effectuer une belle plantation cette année. Comme pendant la saison 2007 environ quatre mille semis devraient arriver à fleur, et comme une partie de la récolte précédente a été laissée en place parce qu’elle n’a pas fleuri, ou mal fleuri, on n’est pas près de manquer de boulot !

En ce qui concerne le futur, nous aurions pu l’avoir déjà connu ! En effet le temps de 2006 a rendu très difficile autant la sélection que les croisements. Nous savons qu’il y a un grand nombre de semis qui méritent d’être recroisés ! Il y a beaucoup de couleurs très vives et très chaudes issues de la lignée de ‘Jazz Band’, comme des jaunes brillants et vifs, avec des sépales bordés de brun. ‘Dance Recital’ a apporté de jolies fleurs ondulées, de même que des teintes de bleu clair ombrées de plus sombre. Sous notre climat, quelques-uns de ces semis sont inhabituellement clairs et bleus. Est-ce que les pluies de 2006 y seraient pour quelque chose ? ‘Decadence’ donne toujours naissance à d’intéressants semis. Il y en a qui mériteraient d’avoir un meilleur branchement, d’autres qui pourraient avoir des épaules plus nettes, mais il y en a aussi qui sont condamnés à mort. ( Et il faut ajouter tous les enfants de ‘Decadence’ obtenus par Barry Blyth : tant de beautés, en si peu de temps…).

Les luminatas continuent de nous fasciner. Certes il y a toujours des problèmes de précocité excessive (d’où les risques de destruction par les gelées tardives dans bien des régions), de sensibilité à la pourriture molle, et, chez beaucoup parmi les plus jolis, de tiges trop courtes et de pétales trop malingres. Mais quelles couleurs et quels combinaisons de couleurs ! Nous avons été particulièrement attirés par un iris qui correspond tout à fait à nos souhaits : une couleur profonde, bien nette, presque sans veines, une barbe brillante, et un liseré pratiquement blanc sur les sépales, bien ondulés. La lignée des plicatas est aussi très prometteuse. Le développement porte sur des fonds jaunes brillants avec des dessins bruns, ou des fonds dans les tons de jaunes marqués de bleu ou de violet.

Les barbes deviennent plus brillantes et plus touffues. ‘Undercurrent’, ‘Braggadocio’ ‘Rio’, ‘Opposing Forces’, ‘Gypsy Lord’ et ‘Parisian Dawn’ font avancer la question. Quelques bicolores avec pétales sombres et une zone blanc cireux sous les barbes sont particulièrement attirants. En d’autres cas, changer la vive couleur mandarine de certaines barbes pour un rouge éteint ou un rose donne des effets tout différents. La lignée de ‘Crystal Gazer’ pousse plus loin les barbes roses.

Le croisement entre des frères de semis de ‘Bollywood’ (1) a donné quelques bicolores jaune et bleu-violet intéressants. Avec ‘Haut les Voiles’, cela donnera de belles formes !

Chez les iris nains, ‘Fission Chips’ amène des plantes plus naines, mais le bon côté est le feuillage vert très foncé. ‘Devil Baby’ X ‘Panther’ est un croisement supérieur sur tous les plans, pourtant avec des parents aussi remarquables, c’est difficile de faire des progrès.

Don Quichotte avait ses moulins à vent, nous, nous avons nos arcs-en-ciel à chasser. L’hybridation est un merveilleux passe-temps. Elle requiert de la patience (et de l’humilité !). Nous approchons de l’excellence, mais nous n’avons pas encore mis la main dessus. Mais pourquoi continuerions-nous si nous n’avions plus rien à faire ? L’anticipation est le carburant de notre machine à créer. Faisons ronfler le moteur et fonçons en avant ! Il a y encore tant à faire, et il reste si peu de temps… »

(1) variegata introduit en 2007 (voir photo).

UNE ANNÉE EN OR

Voici ce que Keith Keppel écrit dans son catalogue 2007 à propos de l’année 2006 :

« Nous avons été hyper gratifiés par les résultats des votes pour les récompenses de l’AIS. Parmi nos propres variétés, ‘Sea Power’ a remporté la Médaille de Dykes, ‘Happenstance’ la Médaille de Wister. En plus, des AM sont allés à ‘Kitty Kay’, ‘Wintry Sky’, ‘Charleston’, ‘Opposing Forces’, ‘Secret Service’, ‘Bel Esprit’, ‘Balderdash’, ‘Crystal Gazer’, ‘Jersey Bounce’ (grands barbus) et ‘Ruby Slippers’ (Intermédiaires). Des HM ont été attribués à ‘Oreo’, ‘Tour de France’, ‘Adoregon’, ‘In Love Again’, ‘Undercurrent’, ‘Mysterious Ways’, ‘Musician’, ‘Sunblaze’, plus ‘Eye Candy’ (BB), ‘Fission Chips’ (MDB) et ‘Jallab’ (AB).

Au concours de Florence, Italie, ‘Alpenview’ a pris la cinquième place, et ‘Opposing Forces’ a terminé septième et « meilleure variété commerciale ». ‘Trade Secret’ a été déclaré « couleur le plus originale ». Il a aussi été annoncé que ‘Kitty Kay’ avait été nommé « meilleure variété tardive ».

Pendant le Convention de l’AIS en Oregon, en mai, parmi les « Quinze Favoris » les participants ont voté pour ‘Oreo’, ‘Sea Power’, ‘Gypsy Lord’, ‘Secret Rites’, ‘Vienna Waltz’ et ‘Florentine Silk’ (qui a obtenu le première place) (voir photo).

En Russie, la Convention de la CIS a placé ‘Fancy Woman’ en tête de son vote de popularité.

Et parmi les 100 variétés du Symposium 2006 de l’AIS, 11% des iris cités sont des variétés Keppel. »

Keith Keppel a bien le droit, en effet, d’être fier de ces résultats. A l’heure actuelle, il domine largement le microcosme des hybrideurs. Tous ses iris obtiennent au moins un HM, ce qui n’est le cas d’aucun autre hybrideur. Mais cette reconnaissance exceptionnelle a été longue à être obtenue, et elle est pourtant tout à fait méritée. Il faut dire que si Keppel est parvenu au sommet de son art, c’est au prix d’un travail énorme et rigoureux qui laisse pantois les petits amateurs que nous sommes. Il faut savoir que chaque année, environ 4000 semis arrivent à la floraison et que n’est retenue qu’une poignée de plantes supérieures (9 en 2007) ! C’est dire à quel point la sélection est sévère, mais c’est à ce prix que l’on parvient à l’excellence.
ECHOS DU MONDE DES IRIS

Si vous aimez les cartes postales

Un collectionneur passionné propose à l’adresse ci-dessous les nombreuses cartes postales qu’il a amassées. Toujours sur le thème de l’iris. C’est une collection originale…
http://blogsperso.orange.fr/web/jsp/blog.jsp?blogID=130822

Enregistrements 2006

49 enregistrements de nouvelles variétés françaises ! Un record ! Et quel choix : 35 grands iris (TB) de 5 obtenteurs différents ; 2 iris de bordure (BB), 4 iris intermédiaires (IB), 3 iris nains standards (SDB), 2 iris nains miniatures (MDB) ; et aussi 2 arilbred (AB) et 1 iris du Japon (JI).

Un nouvel hybrideur breton, J.C. Jacob, fait son apparition dans la famille, et notre ami Bernard Laporte propose 12 nouveautés. Parmi les hybrideurs chevronnés, il y a 15 nouveaux iris chez Lawrence Ransom, 13 chez Richard Cayeux, 4 chez Jean Peyrard et 1 chez Christian Lanthelme.

Cette année, sur un total de 1152 enregistrements, la France se place en 4° position derrière les USA, la Russie, et l’Australie. Ce sont les Grands Iris qui arrivent largement en tête avec plus de 60 % des variétés et les Miniatures largement derniers avec moins de 1 %.
RÉCRÉATION (réponses)

Made in UK

L’intrus est : ‘Morocco Rose’
RÉCRÉATION

Born in the USA

Laquelle de ces cinq variétés anciennes n’est pas originaire des Etats Unis ?
· ‘Argus Pheasant’
· ‘B. Y. Morrison’
· ‘Alice Harding’
· ‘Fairy’
· ‘Quaker Lady’

23.2.07

ECHOS DU MONDE DES IRIS

Irisland (suite ?)

Chaque semaine je jette un œil sur le blog « confrère » qui se nomme « IRISLAND ». Que faut-il penser de ce qu’on y voit ces jours-ci, qui n’a guère de lien avec les iris ? Erreur ? Grosse blague ?

En Ukraine

Le monde des iris s’étend d’année en année. Après l’Europe de l’Est, c’est au tour de l’ex-Union Soviétique de partir à la conquête des amateurs d’iris. Rien que pour le plaisir, allez visiter le site de TROTSKY IRIS GARDEN, à Nikolaev, en Ukraine. Vous allez être émerveillés, c’est l’une des plus belles collections de grands iris modernes en Europe. Et le site est très bien fait. www.iris.mksat.net



SI BLEU, SI PÂLE

On l’appelle lilas du Cap, mais son vrai nom c’est plumbago. Plumbago capensis en latin de botanique. Ce qui me séduit dans cette plante c’est avant tout sa couleur bleu tendre, si bleue, si pâle. Ce bleu-là, on le trouve aussi chez certains iris, et c’est de ceux-ci qu’on va parler aujourd’hui. En voici une vingtaine, classé dans l’ordre de leur enregistrement. Il ne faut pas les comparer trait à trait. L’aspect d’un iris des années 50 n’est pas celui d’une variété contemporaine. Cependant un « vieil » iris peut avoir tout autant d’intérêt qu’un nouveau. Il est souvent plus vigoureux et moins sensible aux maladies, et une partie de son charme provient justement de son côté ancien. Reste la couleur qui, elle, n’a pas d’âge.

Au début de l’ère moderne

ELEANOR’S PRIDE (Watkins 52 – DM 61). La consécration de cette variété a tardé à venir. Peut-être est-elle moins achevée que ses concurrentes. Mais son bleu tendre, ses barbes jaune acidulé ne laissent personne indifférent.

BLUE SAPPHIRE (Schreiner 53 – DM 58). Dès son apparition, il a impressionné les amateurs et les juges. Sa forme est parfaite, ses bords dentelés lui donnent un charme féminin très attirant. Quant à sa couleur, bleu pâle, elle attire tous les suffrages.

REHOBETH (DeForest 53 – FO 55). Un blanc bleuté. Une couleur très à la mode à son époque. Mais un aspect un peu raide, qui tranche avec celui de son contemporain BLUE SAPPHIRE. Une variété recherchée par les hybrideurs.

SPARKLING WATERS (Schreiner 59). La pureté même. Un bleu aussi tendre qu’une layette de garçon ; des barbes blanches qui affirment encore ce côté délicat. Une impression inoubliable.

Les classiques

JACK R. DEE (N. Sexton 74) On remarque tout de suite que vingt ans se sont écoulés depuis l’apparition de BLEU SAPPHIRE. La fleur a une ampleur nouvelle, les ondulations enrichissent la fleur. Le bleu clair est pur et limpide. Les barbes, bleu tendre elles aussi, affirment le coloris.

FLAIR (Gatty 76). On dit que la personnalité de l’obtenteur se révèle dans la forme des fleurs qu’il sélectionne. Le côté fragile est sensible de Joë Gatty est tout entier apparent dans cette fleur au cœur sombre, d’un bleu qui fait plaisir à voir.

GOOD MORNING AMERICA (N. Sexton 79). Une version modernisée de SPARKLING WATERS, un peu plus raide, peut-être, mais surtout un potentiel génétique exceptionnel : ses descendants, nombreux, sont tous intéressants et originaux ; prenez par exemple HIDDEN SURPRISE (Durrance 85) au cœur et aux styles orchidée, ou ALMOST RICH (Niswonger 94) blanc bordé de bleu.

CARVED CRYSTAL (Meek D. 80) (voir photo). La délicatesse et l’élégance même. Un bleu qui s’amplifie vers les bords, un reflet vert au cœur, une fine dentelle sur toute la fleur…

Les années 80

NAVAJO JEWEL (Weiler 84). Un grand classique, présent dans maints jardins français. La fleur manque un peu de souplesse, mais la plante est solide et le bleu, nuancé de vert comme les turquoises auxquelles son nom fait allusion, apporte fraîcheur et tendresse.

SILVERADO (Schreiner 87 – DM 94). Un roi du jardin. Qui serait insensible au bleu d’argent de cette fleur somptueuse qui n’a aucun défaut ?

MISTY TWILIGHT (Byers 88). Classique en tous points, cette fleur fait honneur à celui qui l’a obtenue. Au jardin, en bouquet, elle fait toujours autant d’effet par sa pureté et sa solidité. –voir photo-

YUKON TWILIGHT (Durrance 88). Celui-là rappelle JACK R. DEE des années 70. Peut-être la matière de la fleur est-elle un peu fragile, mais il s’agit néanmoins q’un apport non négligeable pour éclairer un jardin bleu.

SCANDIA DELIGHT (Schreiner 89). Parfait. Un bleu délicieux, une fleur bien formée, une plante robuste, des boutons nombreux et bien disposés. Bref un exemple idiomatique de ce que sait faire la grande maison Schreiner.

Les actuels

LADY BIRD JOHNSON (Mahan 96) (voir photo). Peut-être le plus joli de tous, avec ses fleurs joliment ondulées et frisées et son coloris façon JACK R. DEE. Un vrai délice !

CELESTIAL CHOIR (Blyth B. 98). La déclinaison australienne d’un coloris délicat. Les barbes, orangées, ajoutent du piquant.

UNCLE CHARLIE (Spoon 99). Est-il bleu, est-il blanc ? C’est selon la lumière et la sensibilité de chacun. En tout cas c’est l’un des plus beaux iris de ces dernières années. Comme on dit dans le jargon américain des amateurs d’iris, c’est un « winner ».

SHADES OF PALE (Ernst 2004). C’est presque un amoena inversé, car les pétales, d’un mauve parme tendre, sont un peu plus colorés que les sépales. La forme très classique de la fleur en fait une plante qui doit plaire à tous.

ABSOLUTE TREASURE (Tasco 2006). D’amples ondulations, un coloris un peu plus soutenu que les variétés précédentes, mais tout de même un bleu pâle et attachant. Tasco est l’un des hybrideurs qui montent. Cet iris est bien représentatif de l’école moderne.

ZIMNI KRALOVNA (Seidl NR). Pour terminer, un iris tchèque, qui a beaucoup plu l’an dernier lors de sa présentation en Allemagne. Une fleur très classique, dans un ton de bleu qui ne peut pas laisser indifférents les amateurs de teintes pastel.
RÉCRÉATION (réponses)

Species

L’intrus est : Iris danfordiae
RÉCRÉATION

Made in UK

Laquelle de ces cinq variétés anciennes n’est pas originaire de Grande Bretagne ?
· ‘Dominion’
· ‘Mrs George Darwin’
· ‘Susan Bliss’
· ‘Morocco Rose’
· ‘Cassandra’

16.2.07











RECOMMENCEMENT

Comment faire pour ne pas devoir attendre onze mois avant de revoir des fleurs d’iris ? Bien des amateurs se sont posé cette question. Mais, curieusement, la recherche de variétés remontantes n’a pas été une des premières démarches des hybrideurs. Ce n’est pas avant 1926, et l’apparition en France des iris nains baptisés JEAN SIRET et LIEUTENANT DE CHAVAGNAC (photo), que l’intérêt pour les remontants s’est éveillé. Pourtant l’existence d’espèces d’iris capables de refleurir était connue depuis fort longtemps. Dès 1597, dans son herbier, l’Anglais John Gerard présentait I. biflora et I. violacea auxquels il attribuait cette aptitude. Par ailleurs, au cours du 19eme siècle, il était noté que I. variegata pouvait aussi refleurir, à l’occasion, en automne. Néanmoins c’est seulement au Français Charles André et aux deux variétés naines qu’on vient de citer qu’on doit l’apparition d’iris remontants.

Les précurseurs

A vrai dire, ces petits iris ont bien tardés à être utilisés. Les premiers à s’intéresser vraiment à la question de la remontance ont été les frères Sass, dans le Nebraska, aux Etats-Unis. Y a-t-il une question à laquelle ces deux-là n’ont pas cherché de réponse ? Dès 1924, ils enregistraient AUTUMN KING, un grand iris bleu violacé, qui devait être suivi de nombreux autres au cours des années 20 et 30. Dans les décennies qui suivirent plusieurs hybrideurs s’essayèrent à l’obtention de remontants. Il s’agissait de gens curieux et décidés à sortir des sentiers battus. Lloyd Austin et Percy Brown en font partie. Du dernier nommé, FALL PRIMROSE (53) est un des premiers à avoir été franchement reconnu comme remontant. Cependant c’est Jim Gibson et son GIBSON GIRL (49) qui ont réellement marqué le coup d’envoi de la recherche en remontance.

Deux hybrideurs méritent d’être qualifiés de pionniers : Raymond G. Smith, d’une part, et Lloyd Zurbrigg d’autre part. L’un travaillait dans l’Indiana et l’autre au Etats-Unis, d’abord, puis sur la côte est des Etats-Unis ensuite. L’un et l’autre ont commencé leur travail avec des cultivars de chez les Sass et le déjà célèbre GIBSON GIRL. Les difficultés à vaincre étaient nombreuses et ardues. Mais leur détermination et leur conviction que des progrès étaient possibles les ont fait persévérer dans une voie étroite et rocailleuse. La carrière de l’un et l’autre a démarré dans les années 60 et s’est poursuivie inlassablement jusqu’à leur mort, 1995 pour Raymond Smith, 2004 pour Lloyd Zurbrigg. Celle de Raymond Smith fut plutôt discrète. Il n’a enregistré qu’une vingtaine de variétés, mais la plupart ont marqué leur époque, comme l’iris abricot RETURNING GLORY (72), le violet RE-TREAT (78), le jaune SUMMER OLYMPICS (80) et, parmi ses derniers, le plicata REDELTA (91) et le joli bleu SONATA IN BLUE (91).

DA CAPO (68) est une variété fétiche de Lloyd Zurbrigg, il en obtint de remarquables descendants comme CROSS STITCH (73) ou LIGHTLY SEASONED (79) –voir photo. Il considérait cependant que son premier iris vraiment valable était GRAND BAROQUE (69). Il s’agit d’un amoena jaune pâle, avec des traces de mauve sur les sépales ; pas une variété qui attire l’œil, mais un iris à fort potentiel génétique. D’ailleurs il l’a utilisé largement à cette fin. Des variétés aussi connues que BAROQUE PRELUDE (74) et son frère de semis I DO (79), ainsi que EARL OF ESSEX (80), ENGLISH COTTAGE (76), LATEST STYLE (79) SPIRIT OF MEMPHIS (77) ou YOUTH DEW (76) en sont des descendants. Ces variétés elles-même, unies entre elles ou à d’autres, sont à l’origine de très grands noms des iris, tous remarquables par leur capacité à remonter largement, même si les autres qualités que l’on attend d’un iris moderne n’étaient pas forcément présentes. Ce n’est guère qu’à partir d’IMMORTALITY (82), qui, d’ailleurs, a frisé la D. M. que l’on a obtenu des iris à la fois remontants, de belle vigueur et de bonne texture. Cet IMMORTALITY a donné naissance à de très belles variétés comme SUNNY DISPOSITION (Zurbrigg 91), ou FROST ECHO (Aitken 95).

A partir de là, les iris remontants ont offert quelque chose de plus, sans présenter quelque chose en moins, et on trouve maintenant des remontants chez la plupart des grands hybrideurs.





Les temps modernes

Le travail de ces deux précurseurs que furent Raymond Smith et Lloyd Zurbrigg a éveillé l’attention de nombre de leurs confrères. Un autre originaire de l’Indiana, Earl Hall, s’est signalé par ses obtentions peu nombreuses mais très appréciées : QUEEN DOROTHY (84), PINK ATTRACTION (88) et MATRIX (91). Parmi les grands généralistes qui se sont exercés à la remontance, il faut signaler Ben Hager qui, là comme ailleurs, a obtenu de remarquables résultats aux rangs desquels se trouvent FEED BACK (83) , MANY HAPPY RETURNS (88), BONUS MAMA (90) ou WINDS OF CHANGE (93) –voir photo -. Grâce à lui, les iris remontants ont cessé d’être des plantes un peu spéciales pour devenir des iris que l’on peut qualifier d’ordinaires. Cependant c’est un touche-à-tout génial, Monty Byers qui est la figure dominante des années 80, en la matière.

Byers, pour ses remontants, a utilisé abondamment le matériel de Lloyd Zurbrigg. C’est le cas pour ZURICH (90) ou WINTERLAND (90), qui proviennent d’IMMORTALITY (Zurbrigg 82). C’est aussi celui de BUCKWEAT (89) qui provient de SPIRIT OF MEMPHIS (77), de CAROLINE GIBBS (90) qui est un enfant de ANEW, de HIGH HO SILVER (89) qui est issu de I DO. Quant à ART OF RAPHAEL (79), il a engendré THORNBIRD (89 – DM 97). Enfin EARL OF ESSEX a donné FLOORSHOW (89) et surtout LICHEN (89). Avec cette variété, on atteint un nouvel état, celui de l’iris « semper florens », c’est à dire dont la floraison ne s’interrompt pas, du printemps aux gelées.

La disparition prématurée de Monty Byers a privé le monde des iris d’une figure exceptionnelle, et les iris remontants d’un de leurs champions. Mais cela n’a pas arrêté le mouvement. Aujourd’hui les nouveaux « rebloomers », comme disent les Américains, envahissent les pages des « Registrations and Introductions ». Pour 2005, par exemple, on en compte au moins quarante, produits par une quinzaine d’obtenteurs. Parmi ceux-ci, les plus prolifiques sont les Sutton père et fils, George et Michaël, dont on peut dire qu’ils ont repris le flambeau jadis brandi par Zurbrigg et Byers. Quand on regarde des variétés comme BROAD APPEAL (M. Sutton 2006) ou MARBELLA (G. Sutton 2006) –voir photo -, on se rend compte du chemin parcouru depuis les origines des iris remontants. Les fleurs malingres et minces du début ont fait place à des corolles plantureuses, ondulées, frisées, qui n’ont plus rien à désirer des variétés non remontantes. Ne reste à améliorer, si c’est possible, que la fidélité de la remontance, patente dans les climats doux aux étés bien arrosés, plus capricieuse ailleurs, voire encore franchement aléatoire. Ainsi, beaucoup de variétés considérées comme remontantes au bord de la Méditerranée déçoivent fortement ceux qui, se fiant aux constatations du producteur, achètent ces iris mais ne les voient jamais refleurir. Sur ce point, les obtenteurs d’iris remontants ont encore du travail.

Dans ce qui précède on a parlé exclusivement des grands iris, mais il faut ajouter que les autres types d’iris connaissent aussi la remontance. C’est bien sûr le cas pour les iris nains, SDB, qui retrouvent leurs origines remontantes et le souvenir de LIEUTENANT DE CHAVAGNAC, mais c’est aussi celui des intermédiaires et même des tout petits iris de tables, MTB.
RÉCRÉATION (réponses)

Années 30

L’intrus est : ‘Germaine Coty’
RÉCRÉATION

Species

Les noms d’iris qui suivent sont ceux de d’espèces botaniques d’iris rhizomateux. Enfin, presque, parce que l’un d’entre eux n’est pas un iris rhizomateux. Lequel ?

Iris aphylla
Iris danfordiae
Iris perrieri
Iris trojana
Iris variegata

9.2.07


ECHOS DU MONDE DES IRIS

‘Eleanor of Aquitaine’, suite et fin

Désormais, le très bel iris de Lowell Baumunk portera le nom, définitif, de ‘Queen Eleanor of Aquitaine’. C’est une sage décision qui donne satisfaction à toutes les parties en cause.
Le « vrai » et seul ‘Aliénor d’Aquitaine’ c’est celui du cliché ci-dessus.

Irisland ressuscité

Un coup d’œil au blog IRISLAND a permis de constater un léger réveil. Le confrère va-t-il vraiment démarrer ?
L’IRIDOPHILIE EN DANGER ?

Une vive polémique secoue actuellement le petit monde américain des iris. Dans les jardins d’Amérique, les maladies des iris semblent se développer de façon alarmante. Au point que de nombreuses voix s’élèvent pour reprocher aux variétés modernes d’être trop sensibles à la pourriture et au brunissement des feuilles. Les protestataires font la comparaison avec les variétés anciennes qui, d’après eux, résisteraient très bien à ces maladies.

Certains voient dans cette situation la conséquence de deux choses : la course au succès et le laxisme des juges.

Course au succès.

Il est évident que pour espérer faire un succès commercial, il est nécessaire de proposer aux amateurs des variétés originales : couleurs nouvelles, aspect différent, formes exceptionnelles. Si on recommence cent fois la même chose, les clients ne verront pas l’intérêt d’acheter ce qui n’est qu’une pseudo nouveauté. Mais ces nouveaux iris sensationnels se révèleraient souvent fragiles et sensibles aux maladies… D’où la demande de variétés certes originales, mais testées pendant suffisamment de temps et sous des climats différents, de façon à être assuré qu’elles sont costaudes. Problème : celui qui se montrerait à ce point scrupuleux ne serait-il pas distancé par des confrères plus prompts à engranger des bénéfices ?

Laxisme des juges.

Ce serait normalement aux juges à procéder à ces observations de robustesse. Mais, paraît-il, la population de ces arbitres serait vieillissante et beaucoup de juges voteraient pour telles ou telles variétés non pas parce qu’ils les ont appréciées de visu, mais parce qu’elles ont une bonne réputation médiatique ! L’accusation est dramatique et va certainement durcir la controverse.

Quelques personnalités de l’AIS, dont l’ancien Président Terry Aitken, ont tenté de ramener le débat à de justes mesures, mais les plus actifs des détracteurs persistent dans leurs critiques et réclament plus de rigueur de la part des hybrideurs et plus d’engagement des juges.

De notre côté de l’Atlantique, la question de la conscience professionnelle des juges est difficile à apprécier, mais on peut avoir une opinion sur les causes de la recrudescence des maladies. Personnellement, j’en vois deux : l’abus de fongicides, pesticides et engrais chimiques ; la culture trop intensive.

Fongicides, pesticides etc.

A trop utiliser les produits chimiques de toutes sortes, les amateurs d’iris américains n’ont-ils pas fragilisé leur propre terre et rendu les maladies résistantes, comme le deviennent certains microbes en cas d’abus d’antibiotiques ? Pourquoi certaine variété considérée là-bas comme sujette aux maladies se porte-t-elle à merveille en France ? Pourquoi, d’une façon générale, les cas d’attaque de la pourriture du rhizome sont-ils relativement rares chez nous, et devenus une véritable plaie aux USA ? On peut se rendre malade à force de vouloir éviter la maladie !

Culture intensive.

Beaucoup d’amateurs américains sont friands de nouveautés : ils se jettent sur les nouvelles variétés et délaissent très vite celles qu’ils ont porté un temps jusqu’aux nues. Ce « turn over » important, dans des jardins qui ne sont pas toujours gigantesques, impose de replanter dans des bordures qui ne sont pas restées sans iris pendant quelques années. C’est un fait avéré que replanter sans laisser la terre évacuer les enzymes secrétés par les iris qui y ont poussé, ne favorise pas du tout la force des remplaçants. Cela peut être une des raisons de la fragilité constatée un peu partout.

Par ailleurs, c’est évident que les cultivars modernes sont atteints de consanguinité à un niveau très élevé. Prenez le cas de ‘Conjuration’ (Byers 89 – DM 98) : dans son pedigree il y a 6 fois ‘Mary Randall’, 5 fois ‘Frosted Starlet’, 4 fois ‘May Hall’ et ‘Palomino’ etc. La consanguinité n’est pas un facteur de robustesse !

Pour conclure.

Enfin, sur ce sujet délicat, les réflexions de Michelle Bersillon, iridophile avertie, font preuve d’une grande sagesse : « En tant qu’hybrideur, ma responsabilité personnelle est de faire de mon mieux pour observer mes semis et écarter ceux qui sont manifestement faibles et sensibles à la maladie. Ça peut paraître simple, mais le travail d’un hybrideur est plutôt compliqué, après tout. Il nous faut penser à élever des iris qui soient les meilleurs en tous points :davantage de boutons, meilleure substance, fortes tiges, floraison garantie, meilleure forme, des ondulations, des bords dentelés etc. Sans parler des nouvelles couleurs et associations de couleurs ! Je ne crois pas qu’exiger que les iris du monde entier soient obligatoirement testés dans des jardins américains ad hoc avant leur enregistrement et leur introduction garantisse d’avoir des cultivars plus résistants. Une partie du travail de l’hybrideur est justement de sélectionner et re-sélectionner ses semis puis de décider de ceux qui sont effectivement dignes d’être enregistrés et mis sur le marché. S’il n’en était pas ainsi, il serait réduit à n’être qu’une paire de mains destinée à étaler du pollen ! Ensuite il est aussi de la responsabilité de celui qui introduit l’iris – qui n’est pas forcément son obtenteur – de choisir les meilleures plantes pour son catalogue. Après cela ce sera aux juges, et à ceux qui achèteront les iris, de décider quelles plantes resteront sur le marché : les juges par leurs votes et les acheteurs par leurs commandes.

Au demeurant, peut-on espérer que tous les iris barbus vont donner de bons résultats sous tous les climats et est-ce même raisonnable de l’imaginer ? Par exemple, peut-on penser qu’une plante obtenue et sélectionnée dans le Sud de la Californie ou dans le Midi de la France poussera bien dans des endroits comme le Michigan, l’Ontario ou le Nord de l’Angleterre, et vice-versa ? Même s’il en était ainsi, il existe des micro-climats qui permettent à certains de faire pousser des cultivars avec lesquels d’autres, dans la même région, n’auront aucun succès. C’est une sage façon de procéder que d’étudier d’où vient un iris quand on songe à en faire l’acquisition, et aussi de bien connaître son jardin.
»

Que ceux qui portent de graves accusations commencent donc par regarder dans leur jardin et s’interrogent sur leurs propres comportements avant de jeter l’anathème sur des gens qui ne sont forcément pas insensibles à des impératifs commerciaux, mais qui, surtout, pratiquent leur activité iridophile avec sérieux et passion.
RÉCRÉATION (réponses)

Pedigree

La réponse est : ‘Condottiere’.
RÉCRÉATION

Années 30

Les noms d’iris qui suivent sont ceux de variétés des années 20 et 30. Enfin, presque, parce que l’un d’entre eux n’a jamais été attribué. Lequel ?

‘Geneviève Sérouge’
‘Germaine Leclerc’
‘Germaine Perthuis’
‘Germaine Coty’
‘Jacqueline Guillot’

2.2.07


LES TROIS MOUSQUETAIRES

« Un pour tous, tous pour un », cette devise aurait très bien pu s’appliquer aux trois enfants de F.X. Schreiner, qui ont constitué la cellule de base de l’entreprise connue sous le nom de Schreiner’s Gardens.

Lorsque François Xavier Schreiner meurt, en 1931, la pépinière d’iris qu’il a créée en 1922 est déjà prospère. Ses trois enfants vont prendre la succession et, avec une complicité que rien ne pourra défaire, transformer l’affaire encore artisanale en une entreprise pratiquement industrielle. On est là en face d’une de ces réussites proprement exemplaires, due à la force, la ténacité et le courage qui ont fait les succès américains.

Les enfants de F.X. Schreiner sont trois : ROBERT, dit « Bob », CONSTANCE, dite « Connie » et BERNARD dit « Gus ». Lorsqu’ils reprennent l’affaire paternelle, ils se partagent le travail en fonction de leurs aptitudes personnelles. Gus sera l’homme de terrain, le jardinier. Connie se chargera de la comptabilité et des commandes, Bob prendra à son compte les relations publiques et, surtout, les hybridations, cœur de l’activité de l’entreprise. Travaillant chacun dans son domaine, ils se rassemblent pourtant au moment de la sélection des nouvelles variétés, laquelle restera une œuvre collective tant que durera la collaboration des trois enfants.

Les années d’expansion

La pépinière Schreiner est installée à St Paul (Minnesota) au centre-nord des Etats-Unis, dans une région au climat particulièrement rude. Les hivers terribles des années 38/40 causent des ravages dans les plantations et détruisent presque tous les semis. Les trois associés se rendent compte que leur affaire sera en danger tant qu’elle restera assujettie aux aléas de la météorologie. Ils cherchent un endroit plus propice à la culture des iris et envisagent un déménagement. En 1946, le terrain où s’implanter est trouvé, en Oregon, sur la côte ouest, tout près de Portland, dans la délicieuse vallée de la Willamette. C’est décidé, on s’en va ! En voiture pour Salem ! Déménager une pépinière de l’importance de celle des Schreiner n’est pas une petite affaire. Il faut mettre en pot toutes les plantes et faire parcourir à des milliers d’iris presque 2500 kilomètres !

Le choix de la douce vallée fraîche et humide, au sol volcanique fertile, est une décision parfaite, qui va permettre à l’entreprise familiale de se développer rapidement et vigoureusement. Depuis 1928, la maison édite chaque année un catalogue. Peu à peu celui-ci se développe et s’enrichit. Les nouvelles variétés proposées rencontrent un franc succès que renforce la qualité des plantes vendues. Mais il faudra tout de même douze ans avant que le travail acharné des Schreiner soit récompensé par une première Médaille de Dykes. Ce sera, en 1958, pour BLUE SAPPHIRE, cette fleur d’un bleu si tendre, portée par une plante si solide et prolifique. Sur la lancée, deux autres variétés remarquables seront couronnées : AMETHYST FLAME en 64, puis STEPPING OUT, en 68.

Les années difficiles

D’une activité artisanale, les Schreiner’s Gardens vont devenir, au fil des années, une prospère entreprise puissamment structurée et gérée comme une industrie. Bob, de ce fait, est obligé de se consacrer essentiellement à la vie de la firme. Il laisse de plus en plus à son frère Gus le travail d’hybridation. Malgré cette réussite, tout n’est pas rose pour les Schreiner. Les années 70 vont être décevantes et, surtout, marquées par le décès de Connie, en 1971. Heureusement pour la famille, Gus ne manque pas de descendance. Il a 8 enfants ! Quatre filles et quatre garçons, et c’est son fils Ray qui va entrer dans l’équipe dirigeante.

Malgré des obtentions superbes et chaque année plus nombreuses, il va s’écouler seize ans sans que la maison Schreiner ne parvienne au sommet du palmarès… La concurrence est rude et les choix des juges terriblement indécis. Au cours des années 70, les Schreiner vont mettre sur le marché plus de 150 variétés nouvelles dans toutes les catégories, mais essentiellement dans celle de grands iris barbus. Et aucune récompense majeure ! Ce n’est pourtant pas les choses intéressantes qui manquent ! Qu’on en juge : GRAND WALTZ en 70, qui a frôlé la DM en 76 et 77, POSTTIME en 71 (AM74), PEACH FROST en 72 (AM75), SPARTAN en 73 (AM76), GAY PARASOL en 74 (AM 77), NAVY STRUT en 74 également (AM77), GOLD TRIMMINGS en 75 (AM 78), mais aucune variété de 1976 ayant atteint l’AM, LACY SNOWFLAKE en 77 (AM82), GOLD GALORE en 78 (AM 82) ou PACIFIC MIST en 79 (AM84).

Ce n’est qu’en cette année 84 que le signe indien est vaincu, avec le triomphe de VICTORIA FALLS (77) (voir photo). Un triomphe annoncé dès 82 et confirmé en 83.

Mais dans les mêmes moments la trinité Schreiner est de nouveau amputée, avec la mort de Gus en 1982. Ce sont ses enfants Steve et Liz qui entrent au staff directeur.

Les années glorieuses

Bob est seul à profiter de la formidable série de grandes victoires qui va marquer les années 80 et 90. L’entreprise Schreiner est au faîte de sa gloire. Elle domine tous ses concurrents de la tête et des épaules. Son catalogue est attendu dans le monde entier comme l’événement de l’année iridistique.

Après 84, l’année de la résurrection, marquée non seulement par la DM de VICTORIA FALLS, mais aussi par le Fiorino d’Oro attribué à TITAN’S GLORY, viendra la période de suprématie. Elle commencera par un nouveau succès pour TITAN’S GLORY, DM en 1988. Elle continuera par une série de six Médailles de Dykes en neuf ans ! DUSKY CHALLENGER en 92, SILVERADO EN 94, HONKY TONK BLUES en 95, HELLO DARKNESS en 99, puis YAQUINA BLUE en 2001 et CELEBRATION SONG en 2003.

Le décès de Bob, l’ancêtre, en 2002 marque la fin d’une époque. Même si la maison Schreiner et la famille éponyme continuent sur leur lancée, avec l’entrée aux affaires familiales de Dave, un cousin des dirigeants de la troisième génération que sont Ray, Steve et Liz. Il y a toujours des pilotes dans l’avion et l’entreprise est toujours florissante. Elle fonctionne avec la régularité d’une horloge, avec chaque année un choix d’une quinzaine de nouveautés dans un panel immuable de coloris. Chez Schreiner, on fabrique maintenant les iris à la chaîne. Commercialement cela marche, les nouveaux iris sont irréprochables, avec des fleurs plantureuses et des plantes qui ne donnent pas de soucis, mais l’innovation est devenue rare. D’ailleurs d’autres hybrideurs s’installent aux premières places : Keppel est enfin reconnu à sa juste valeur, Lauer, Black, Tasco, Duncan ou Johnson trustent les récompenses. Schreiner est entré dans une phase plus modeste : on ne peut pas éternellement tenir le premier rang…
ECHOS DU MONDE DES IRIS

Symposium

Chaque année l’AIS demande à ses adhérents de voter pour les 20 variétés qu’ils ont le plus appréciées au cours de l’année. Les résultats sont regroupé dans le « Symposium », qui désigne le « Top 100 » des favoris américains. J’ai déjà parlé de ce classement qui montre toujours une grande stabilité puisque rarement plus de cinq nouvelles variétés y font leur apparition.

J’ai extrait les vingt premiers pour un TOP 20, que voici pour 2007 :
1. ‘Dusky Challenger’
2. ‘Silverado’
3. ‘Stairway to Heaven’
4. ‘Jesse’s Song’
5. ‘Conjuration’
6. ‘Thornbird’
7. ‘Celebration Song’
8. ‘Sea Power’
9. ‘Before the Storm’
10. ‘Queen’s Circle’
11. ‘Beverly Sills’
12. ‘Splashacata’
13. ‘Stepping Out’
14. ‘Golden Panther’
15. ‘Lady Friend’
16. ‘Happenstance’
17. ‘Yaquina Blue’
18. ‘Hello Darkness’
19. ‘Honky Tonk Blues’
20. ‘Imortality’

Sortent de cette liste : ‘Mesmerizer’, ‘Edith Wolford’, ‘Vanity’, ‘Skating Party’ et ‘Titan’s Glory’.
Apparaissent pour la première fois : ‘Sea Power’ et ‘Happenstance’.
Reviennent dans la liste : ‘Honky Tonk Blues’, ‘Golden Panther’ et ‘Immortality’.

‘Dusky Challenger’ l’emporte pour la 14eme fois, dont 11 consécutives.

A noter que dans la liste des 100, apparaît ‘Slovak Prince’ à la 83eme place. C’est le seul iris non originaire des USA à figurer dans la liste.

CONTROVERSE ET FLEUR DE LIS

Dans le numéro 342 (juillet 2006) du Bulletin de l’AIS, a été publié un long texte émanant de Madame Kristen Faith Laing, intitulé « Spéculations sur l’origine de la Fleur de Lis ». Cette thèse, fort intéressante, rattache la naissance de la pièce héraldique baptisée « fleur de lis » tout d’abord à la légende selon laquelle Clovis, en guerre contre Alaric, aurait découvert un gué pour traverser une rivière grâce à la présence d’iris pseudacorus. En hommage à cette fleur à qui il aurait du la victoire, il l’aurait placée dans ses armes. Elle note qu’en fait la fleur de lis est apparue dans les armes des rois de France, soit sous Louis VI (vers 1096), soit sous Louis VII (vers 1270). L’auteur ajoute que : « Après avoir examiné les légendes et l’histoire, les seuls faits qui semblent vrais sont que la fleur de lis, au moins dans la culture française, est basée sur une fleur, l’iris pseudacorus, et qu’elle fut adoptée comme symbole de la France pendant les Croisades. » Elle se demande alors « Comment se fait-il donc qu’un objet aussi étrange que la fleur de lis héraldique, qui ne ressemble pas vraiment à cette simple fleur, ait pu être dessinée d’après elle ? » Elle analyse alors les formes, de la plus simple à la plus complexe, que revêt la fleur de lis dans ses représentations, et note que « toutes ont trois grands pétales dans leur partie supérieure, et trois plus petits en bas, ainsi que une, deux ou trois bandes horizontales un peu en dessous du milieu », et que, « traditionnellement la plupart sont colorées en jaune, tout comme le pseudacorus ». Ce sont ces bandes horizontales qui l’intriguent parce que rien de tel n’existe dans la nature. Elle en attribue l’origine à une sorte de lien, qui serait là pour maintenir ensemble les différents éléments de la fleur de lis. L’auteur a ensuite essayé de reconstituer la manipulation qui, partant de la fleur de pseudacorus, aboutit à la fleur de lis ayant servi aux artistes à créer la pièce héraldique. Elle décrit ainsi son travail : « Pour créer une fleur de lis classique, les anthères et les petits pétales insignifiants sont enlevés. Cela laisse les larges sépales et les styles attachés au pédoncule. Partant de l’idée que la fleur de lis est une fleur pressée et séchée, ce qui est sans doute une méthode pour la conserver, les étapes suivantes sont évidentes. Le style est délicatement replié vers le bas pour couvrir le pédoncule plutôt inesthétique. Une fois le pédoncule ainsi couvert par le style et correctement arrangé, on lie autour de l’ensemble un ou deux brins, pour le maintenir pendant qu’il sèche. Quand il est replié et attaché, le style est un peu plus long que le pédoncule et si tout cela est bien fait, il donne bien l’aspect des petits pétales du bas de la fleur de lis sur les dessins. » Elle relève ensuite l’un des sépales vers le haut et replie les deux autres aux 2/3, avant d’enfermer cette construction entre deux feuilles de buvard pour la faire sécher. Un tel assemblage aurait été l’œuvre de jeunes femmes sur le point d’âtre abandonnées par leurs preux chevaliers partant à la Croisade et remis à ceux-ci en guise de gage d’amour. Le lien central pouvant alors être constitué d’une tresse des cheveux de la belle pour accroître encore l’intimité du talisman. Pour terminer, l’auteur remarque tout de même qu’on trouve des fleurs de lis plus ou moins semblables dans les hiéroglyphes égyptiens, dans l’art de Mésopotamie et même comme un symbole sacré dans l’Inde ancienne. Elle conjecture enfin que le nom même de fleur de lis ne dériverait pas comme beaucoup le pense d’une altération de « fleur d’iris », mais, en rapport avec les fils qui semblent là pour maintenir ensemble les divers éléments, d’une déformation de l’expression « fleur de liasse ».

Je n’ai aucunes connaissances particulières en héraldique, mais les spéculations de Madame Faith Laing ne laissent pas de m’interpeller. J’apprécie à sa valeur la légende de Clovis décidé à célébrer les pseudacorus salvateurs, mais je me demande si toute la construction qui en découle n’est pas tout autant légendaire et contestable. Je pense notamment au fait que, dans les représentations les plus anciennes de l’iris, qui concernent des fleurs, très vraisemblablement d’iris germanica, ou de cousins de celui-ci (Iris albicans, iris florentina, iris variegata…), le dessin représente l’iris vu de profil, un pétale vu de dos en premier plan avec deux sépales, récurvés, sur les côtés. Cela ressemble diablement à la fleur de lis héraldique, bien plus que le pseudacorus auquel il faut infliger un traitement laborieux pour arriver à lui donner l’aspect recherché. Quant aux fameuses barres horizontales, plutôt que représenter des ficelles ou des tresses, ne s’agirait-il pas d’une stylisation de cette spathe, parcheminée et ridée, qui entoure la base de la fleur ? Enfin, pour confirmer cette thèse, n’oublions pas que les armes de la ville de Florence portent une fleur de lis rouge (de gueules) sur champ blanc (d’argent). Ce qui n’est d’ailleurs pas la forme originale, qui était, à l’inverse, une fleur blanche sur fond rouge, et qui était liée à la présence d’iris à parfum, blancs, dans la campagne environnant la ville. L’iris pseudacorus est bien loin. Et je ne parle pas de cette « fleur de liasse » bien naïve et lexicalement fort peu probable !

S’il y a parmi les lecteurs de ce blogue des personnes qui ont un avis sur cette question, qu’elles veuillent bien s’exprimer pour faire avancer la réflexion.
RÉCRÉATION

Pedigree

Laquelle de ces variétés de Jean Cayeux a le pedigree (Falbala X semis de Triton) ?
· ‘Alizés’
· ‘Condottiere’
· ‘Premier Bal’

26.1.07







LA GRANDE VARIÉTÉ DES VARIEGATAS

Curieusement, « The World of Irises », la Bible des iridophiles, ne parle pour ainsi dire pas des iris que nous appelons « variegatas », qui sont, faut-il le préciser, des fleurs aux pétales dans les tons de jaune et aux sépales soit brun-rouge, soit violets, voire bleus.

Pourtant il s’agit d’un modèle qui est maintenant fort répandu et qui attire beaucoup les amateurs. Son origine reste cependant obscure, même si l’on est certains que l’espèce I. variegata est prépondérante. I. variegata est une plante plutôt grande (environ 75 cm) avec des fleurs au contraire plutôt petites, pétales jaunâtres, sépales semblables mais veinés de brun-rouge. Une bonne représentation de cet iris se trouve reproduite dans le cultivar HONORABILE (Lémon 1840), à moins qu’on ne lui préfère le fameux SANS SOUCI (van Houte 1854) qui lui ressemble bigrement, mais dont les veines sont plus violacées. Ces deux iris sont plus proches de ce qu’on appelle aujourd’hui les variegatas-plicatas chers à Jim Gibson et Keith Keppel.

Pour arriver au modèle actuel, avec ses pétales parfaitement jaunes et ses sépales entièrement rouges ou violets, il a fallu travailler dur et ajouter beaucoup d’ingrédients divers à l’espèce de base. Ces travaux se sont orientés dans trois voies. Soit ajouter au modèle initial les gènes d’iris jaunes, brun-rouge ou pourpre foncé. Soit croiser un variegata et un autre bicolore. Soit enfin marier entre eux deux variegatas.

Une toute première approche du modèle se situe chez EXTRAVAGANZA (Douglas 1940), qui a des pétales blanc crémeux et des sépales rouge bourgogne. Croisé avec FRANK ADAMS (Lapham 1937) qui est un brun-rouge apprécié à son époque, il a donné naissance à ce qui reste un des meilleurs variegatas : ACCENT (Buss 52), un iris de haute taille avec des pétales d’un jaune très pur et des sépales d’un brun uniforme ornés de barbes dorées.

Auparavant, une variété comme RAMESES (Sass 1929 – DM 32) présentait cette addition du jaune et du magenta, mais elle n’a pas eu de véritable descendance dans ces coloris. Quinze ans plus tard, ROCKET (Whiting 45) est une autre approche du modèle, mais lui non plus n’a pas été foisonnant en descendant ; on peut cependant parler du Français GAI LURON (Cayeux 58) qui en provient en droite ligne.

C’est à Opal Brown que l’on doit une grande partie du développement des iris variegatas. Elle a en effet sélectionné, au début des années 60, une variété que l’on peut qualifier de variété de base dans ce coloris. Il s’agit de GYPSY LULLABY (O. Brown 60), un iris foncé, caramel / grenat, qui est à l’origine de PIPES OF PAN (O. Brown 63), qui est crème / pourpre, puis de GALA MADRID (Peterson 68), qui est cuivre / pourpre. PIPES OF PAN est lui-même l’un des parents de BARCELONA (O. Brown 67), qui est beige / bordeaux. Ajoutons à ce panel TAMBOURINE (Babson 69), un iris or et grenat, dont on ne sait pas grand chose des origines. Avec les descendants de ces cinq iris-là, on maîtrise une grande partie du pedigree des variegatas modernes.

La plupart des descendants de GALA MADRID sont des variegatas. Pour n’en citer que quelques-uns, connus parce que commercialisés en France, parlons de CAIRO LYRICS (Peterson 73) qui est le portrait craché de son ancêtre GYPSY LULLABY, ORITAM (Hoffmeister 77), CORBIERES (Ségui 82) et GLAD RAGS (Hager 85). BARCELONA a, aussi, une belle progéniture : CAPRICORN DANCER (B. Blyth 78), P.T. BARNUM (J. Meek 79), et surtout GYPSY CARAVAN (Moldovan 78) qui dispose d’une descendance exceptionnelle dans les tons du modèle, avec, entre autres, ALL THAT JAZZ (Denney 81), FIESTA TIME (Schreiner 86), ADOBE ROSE (Ernst 88), INTERNATIONAL INTRIGUE (P. Black 89), VIGILANTE (Schreiner 91) et ANDALOU (R. Cayeux 95). Quant à TAMBOURINE, il est plutôt à l’origine de cette variante du modèle qu’est le rapport jaune/bleu. Il a notamment pour descendants le tendre SWEDISH MODERN (Babson 76), et son cousin MERRY MADRIGAL (Babson 82), ainsi que SHAMAN (DuBose 80). MERRY MADRIGAL est à la base d’une longue lignée de grandes variétés jaune/bleu, et, tout particulièrement, de EDITH WOLFORD (Hager 86 – DM 93).

Cet EDITH WOLFORD a pour « père » FREEDOM ROAD (Plough 77) qui est lui-même un variegata jaune /bleu, et dont le pedigree mérite d’être décrypté car il provient d’une autre approche du modèle. En effet il est le fils de GUITAR COUNTRY (Plough 71), jaune moutarde / prune, et le petit-fils de MILESTONE (Plough 65), jaune beurre / pourpre, qui est l’aboutissement d’un croisement entre un iris jaune, RAINBOW GOLD, et un amoena, WHOLE CLOTH. Mais EDITH WOLFORD est surtout important par la richesse de sa descendance qui comporte à ce jour plus de 80 variétés enregistrées, essentiellement dans le modèle variegata. Dans cette belle famille on trouve des variétés aussi intéressantes que JURASSIC PARK (Lauer 95), DISCO ECLIPSE (Johnson T. 2000), les trois frères NOTHING TO LOSE (Ernst 92), PICTURE THIS (Ernst 93), THRILLSEEKER (Ernst 93) et les Français TUMULTUEUX (Cayeux R. 95) et HAUT LES VOILES (CAYEUX R. 99), ou le superbe LYDIA SAFAN-SWIASTYN (Jameson 99) –voir photo-. A côté, certaines variétés plus anecdotiques méritent d’être citées, comme ANNE MARIE CHESNAIS (François 98), MELEN HA GLAS (Madoré 2001) et les Slovaques SUZUKI CHIC (Muska 96) et GIL Y GIL (Muska 99) –voir photos-.

D’autres variegatas, d’une grande diversité d’aspect, ont eu une importante descendance. Il en est ainsi de BETTY SIMON (Hamblen 76), SHOWBIZ (Gatty 79), SMART ALECK (Gatty 87), SUPREME SULTAN (Schreiner 88), SYNCOPATION (Gatty 84), VILLAIN (Keppel 81), WORLD NEWS (Sexton N. 78) ou SHAMAN dont il a été question plus haut et que la famille Anfosso a utilisé pour sa série de variegatas qui ont pour noms ATYS (88), MARCHE TURQUE (91) et SAMARCANDE (92). On pourrait à l’infini poursuivre cette énumération car les iris variegatas sont très nombreux et très variés. C’est un modèle extrêmement courant, qui a encore de beaux jours devant lui et de grands progrès à accomplir. Voyez, par exemple, l’évolution qui donne naissance à des variegatas inversés, comme CREE LADY (Hedgecock 2003), WIDDERSHINS (Roberts M. 99) ou, encore plus évident, WONDERFUL TO SEE (Kerr 2000).
ECHOS DU MONDE DES IRIS

Adieu Irisland ?

Le blog IRISLAND semble n’avoir vécu que le temps de sa création. Je suis allé plusieurs fois vérifier s’il y avait du nouveau chez ce confrère. Rien. Aujourd’hui, j’y retourne, mais la page n’a pas évolué, désespérément arrêtée au 12/11/2006… Adieu Irisland ?

Eleanor for ever.

Après bien des tergiversations, le nom d’ELEANOR OF AQUITAINE ne sera pas attribué. Le responsable des enregistrements s’est rendu aux arguments de ceux qui considéraient ce nom comme faisant double emploi avec ALIENOR D’AQUITAINE. Ce n’est pas parce que cette dame extraordinaire a été tour à tour reine de France puis d’Angleterre pour l’honorer deux fois, une en français et une en anglais !

Comment transcrire ?

Une vive discussion remue actuellement le Landerneau des iris. Il s’agit de savoir comment transcrire les noms d’iris lorsqu’ils sont exprimés dans une langue utilisant un autre alphabet que l’alphabet latin. La question fait suite à une autre qui concerne la compréhension, par l’enregistreur, de ce que signifient les noms proposés à l’enregistrement quand il ne comprend pas la langue utilisée par l’obtenteur. En effet les règles régissant l’attribution des noms prévoient, entre autres, que les noms avec des qualificatifs exagérés, ou risquant de devenir inappropriés, ne doivent pas être acceptés. Pour appliquer cette règle, il faut comprendre le sens du nom proposé. Pour qu’il comprenne, il faut que l’enregistreur, a priori Américain, dispose d’une traduction en anglais. J’ai fait cette proposition de bon sens, qui a rencontré une large approbation, y compris venant d’un ancien président de l’AIS. Elle devrait être discutée lors d’une prochaine réunion du bureau des Directeurs de l’AIS. La mondialisation a des exigences dont il faut tenir compte.
RÉCRÉATION (réponses)

Devinettes

Combien de Médailles de Dykes Françaises ont été attribuées ?
Réponse : 11

Combien de Médailles de Dykes la British Iris Society offre-t-elle chaque année actuellement ?
Réponse : 4

Combien de variétés ont obtenu à la fois la Médaille de Dykes et le Fiorino d’Oro ?
Réponse : 6

Un obtenteur asiatique a vu une de ses variétés recevoir le Fiorino d’Oro, de qui s’agit-il ?
Réponse : Adlof Volfovitch-Moler
RÉCRÉATION

Pedigree

Laquelle de ces variétés de Jean Cayeux a le pedigree (Falbala X semis de Triton) ?
· ‘Alizés’
· ‘Condottiere’
· ‘Premier Bal’

19.1.07


ECHOS DU MONDE DES IRIS

Aliénor ou Eleanor ?

Une controverse agite actuellement le petit monde des iris d’habitude plutôt consensuel.

Voilà l’affaire :
A côté d’ALIENOR D’AQUITAINE (Ransom 92), le « registrar » de l’AIS vient d’enregistrer un ELEANOR OF AQUITAINE (Baumunk 2006) –voir photo. Plusieurs amateurs, Français comme Américains, ont trouvé qu’il y avait là une certaine homonymie, contraire aux règles d’enregistrement des variétés. Amené à s’expliquer, le « registrar » a présenté des arguments purement formels, mais n’a fait aucune allusion au sens des mots et à la signification du nom donné. Pour lui, il n’y a aucune confusion possible entre ALIENOR D’AQUITAINE et ELEANOR OF AQUITAINE : c’est comme si il ne s’agissait pas d’un seul et même personnage.

La traduction des noms propres était une pratique normale il y a quelques siècles, quand les nations n’échangeaient guère entre elles. C’est ainsi que l’on parle à la fois de Londres et de London, de Munich et de München ou Monaco di Bavaria, d’Athènes et d’Atinaï. C’est ainsi que les Anglais évoquent William the Conqueror quand les Français ne connaissent que Guillaume le Conquérant. Aujourd’hui la pratique des traductions de noms est tout à fait obsolète, et le plus souvent inopportune.

Si elle était confirmée, la décision du « registrar » risquerait d’amener une certaine pagaille dans les noms d’iris , si un jour, par exemple, on constate l’existence parallèle d’un WILLIAM OF ORANGE (Dodsworth 99) qui existe déjà, et d’un GUILLAUME D’ORANGE.

Il est regrettable que les instructions concernant l’attribution des noms ne soient pas plus précises, mais il est aussi décevant que ceux qui régissent cette attribution ne soient pas attentifs au sens des noms qu’ils enregistrent.

ON A TOUS QUELQUE CHOSE DE SNOW FLURRY

« On a tous quelque chose de SNOW FLURRY » pourraient chanter la plupart des grands iris actuels. Pour les lecteurs qui ne le sauraient pas encore, SNOW FLURRY (Rees 39) est le premier iris moderne, tétraploïde, blanc et ondulé. Il a été utilisé en abondance par les hybrideurs des années 40 et 50 pour tirer profit de ces intéressantes aptitudes. Mais parmi ses très nombreux descendants directs quelques-uns uns ont eu eux-même un grand nombre de rejetons, et au travers de ceux-ci on atteint presque toutes les variétés contemporaines.

Ces descendants de SNOW FLURRY qui foisonnent en enfants se nomment essentiellement :
· NEW SNOW (Fay 46) – blanc, barbes jaunes,
· VIOLET HARMONY (Lowry 48) - violet améthyste,
· ZARA (Hinckle 51) – indigo uni,
· BLUE SAPPHIRE (Schreiner 53 – DM 58) – bleu, barbes or
· REHOBETH (DeForest 53) – bleu très pâle, barbes blanches,
· CELESTIAL SNOW (Reckamp 57) – blanc pur,
· MEMPHIS LASS (Schortman 57) – plicata amarante /blanc.

A partir de cet échantillon, on peut découvrir un lien de parenté entre les variétés les plus représentatives de ces dernières années comme, par exemple, les vainqueurs des six dernières Médailles de Dykes.

Une variété qui répond entièrement à ce qui vient d’être écrit, c’est YAQUINA BLUE (Schreiner 92 – DM 2001), pour qui on doit trouver au moins trois itinéraires pour remonter à SNOW FLURRY. Un premier s’établit par SAPPHIRE HILLS, PARISIAN BLUE, MELISSA et ZARA. Mais on aurait pu choisir de passer par PLEDGE ALLEGIANCE OU HONKY TONK BLUES, NEPTUNE’S POOL, STERLING SILVER et CELESTIAL SNOW.

MESMERIZER (Byers 91 – DM 2002) aussi descend de SNOW FLURRY par plusieurs chemins. Un premier remonte par CONDOTTIERE, FALBALA, PARISIAN BLUE, MELISSA et ZARA, comme le précédent. Un autre va par SKY HOOKS, WEDDING VOW, NINA’S DELIGHT et VIOLET HARMONY.

CELEBRATION SONG (Schreiner 93) a obtenu la DM en 2003. Je lui ai trouvé au moins un parcours pour rejoindre son illustre ancêtre : LULLABY OF SPRING, SWEET MUSETTE, CHRISTMAS TIME, ARCTIC FLAME, LIPSTICK et NEW SNOW.

L’amoena inversé CROWNED HEADS (Keppel 97) a vite accompli son cursus et a été couronné dès 2004. A partir de lui on chemine vers SNOW FLURRY via IN REVERSE, SWIRLING SEAS, FULL TIDE à partir de qui on rejoint LIPSTICK et le chemin précédent.

En 2005 c’est SPLASHACATA (Tasco 97) qui a eu la médaille. La voies vers son ascendant fameux ne s’attarde pas en cours de route : JESSE’S SONG, DECOLLETAGE, MEMPHIS LASS et l’affaire est faite !

Enfin pour ce qui est de SEA POWER (Keppel 99 – DM 2006), il n’y a qu’un pas de plus à faire depuis YAQUINA BLUE puisqu’il s’agit de son parent direct.

Multiplier les exemples comme ceux-ci ne présente pas de difficulté. Une bonne base de donnée et quelques minutes pour chaque variété et le tour est joué. Mais ce jeu de piste est plutôt amusant : les convergences, tout comme les différences, sont variées et instructives pour qui s’intéresse à la généalogie des iris, et notamment pour tous ceux qui veulent faire de l’hybridation un peu autrement qu’au gré de leur fantaisie.
RÉCRÉATION (réponses)

ÇA SWINGUE (II)

Le nom qui n’est pas attribué est :
SWING WITH ME
RÉCRÉATION

Devinettes

Combien de Médailles de Dykes Françaises ont été attribuées ?
Combien de Médailles de Dykes la British Iris Society offre-t-elle chaque année actuellement ?
Combien de variétés ont obtenu à la fois la Médaille de Dykes et le Fiorino d’Oro ?
Un obtenteur asiatique a vu une de ses variétés recevoir le Fiorino d’Oro, de qui s’agit-il ?

13.1.07




ECHOS DU MONDE DES IRIS

D’autres récompenses (Contemporary Views)

L’hybrideur américain Perry Dyer distribue chaque année ses propres récompenses aux iris qu’il a vus et appréciés. Ses choix sont toujours judicieux et portent la marque d’un fin connaisseur. Voici les principales distinctions qu’il a accordées cette année :

CONTEMPORARY AWARD – pour la meilleure nouveauté (variété introduite dans les trois dernières années) : ALL NIGHT LONG (Duncan 2005).
L’ELEGANTE AWARD – pour le nouvel iris portant les plus jolies fleurs : HYPNOTIC MELODY (Innerst 2003).
9-1-1 AWARD – pour le nouvel iris qui constitue la principale avancée en matière d’hybridation ou d’originalité dans le domaine de la couleur : BLUEBEARD’S GHOST (P. Black 2006).
SUN BELT AWARD – pour la nouvelle variété aux qualités confirmées après au moins quatre années de culture : HEARTSTRING STRUMMER (Ben Johnson 2001).
DARK HORSE AWARD – pour la variété introduite dans les dix dernières années, mais injustement délaissée par les juges de l’AIS : PURE AS GOLD (Maryott 1993).
PICK OF THE LITTER AWARD – pour le nouvel iris le plus prometteur de l’année : KING OF LIGHT (Baumunk 2007).

Perry Dyer attire aussi l’attention sur un hybrideur qui lui paraît particulièrement doué. Cette année il couronne Anton Mego, l’obtenteur slovaque que les lecteurs de ce blogue connaissent bien. Il signale en particulier les semis suivants :
AM 96/0121-13
AM 99/0387-1 –voir photo -
AM 99/0393-2

Ses autres choix font une belle place aux obtentions récentes de Richard Cayeux :
PRINCESSE CAROLINE DE MONACO (Cayeux 1998)
ELEGANT (Cayeux 2005)
FABULEUX (Cayeux 2003)
POESIE (Cayeux 2003)
TOILE DE JOUY (Cayeux 2005)

Enfin, dans la catégorie des iris de bordure (BB), il signale la réussite de MORNING TWILIGHT (Keppel 2005), dont je joins une photo pour que mes lecteurs apprécient.

FEMME-ÉTOILE

Un iris intermédiaire réussira-t-il à remporter la Médaille de Dykes ? S’il en est un qui est bien placé pour accomplir cette performance, c’est bien STARWOMAN (Marky Smith 97) – voir photo - .

Certains diront : « Mais qu’a-t-il de particulier ? C’est un plicata archi-classique ! » Sans doute, mais ce coloris, vif et assez chargé, n’est pas si courant chez les iris intermédiaires. En plus il est fortement ondulé, voire bouillonné pour ce qui est des pétales, un peu comme le sont certains grands iris actuels, et cela aussi c’est rare dans la catégorie IB. Enfin STARWOMAN sent bon, est considéré comme robuste et poussant bien, et si on ajoute qu’il s’agit d’une variété fertile, on a fait le tour des qualités peu ordinaires de cette variété.

STARWOMAN est issu d’un iris nain standard, CHUBBY CHEEKS (P. Black 84) et d’un grand iris, en l’occurrence un semis non dénommé réunissant SNOWBROOK (Keppel 86) et un de ses frères de semis. On ne sait pas exactement quel est le coloris de ce semis. S’agit-il d’un plicata type « Emma Cook » comme SNOWBROOK ? Ou d’un plicata ordinaire ? En tout cas il ne peut s’agir que d’un plicata, et vraisemblablement dans les teintes de bleu ou de violet puisqu’on ne trouve presque que ce coloris chez les ancêtres. La vive coloration de STARWOMAN est à coup sûr un acquis paternel.

C’est plutôt du côté maternel que STARWOMAN retient l’attention des hybrideurs. Son parent femelle, CHUBBY CHEEKS (voir photo), est une sorte de plicata, dans les tons de bleu grisé, nuancé de chartreuse aux épaules. Esthétiquement, ce n’est pas un chef d’œuvre, mais c’est une variété au fort potentiel génétique, et qui a été abondamment utilisée par les obtenteurs de SDB et d’IB. L’une de ses aptitudes est d’engendrer des iris intermédiaires fertiles. Or chacun sait que les Intermédiaires, du fait de leur nombre impair de chromosomes, sont en principe stériles. Pour démontrer qu'ils n'étaient pas tous aussi stériles qu'on voulait bien le dire, l’obtentrice américaine Marky Smith a effectué de nombreux croisements entre des intermédiaires utilisés comme parent femelle et, soit des nains standards, soit des grands iris. Au début de 98 elle a choisi trente-trois IB qu'elle a d'abord fécondé avec du pollen prélevé sur des SDB, alors en fin de floraison, puis, un peu plus tard, avec du pollen de TB. Parmi les variétés choisies pour l’expérience figurait ce STARWOMAN, ainsi que quelques autres descendants de CHUBBY CHEEKS. Et il s’est avéré que STARWOMAN et ses cousins étaient fertiles, cependant ils n'ont bien réussi qu'avec les TB. L'intérêt de cette expérience se situe notamment dans la perspective d'obtenir, par cette voie, des iris de bordure (BB) qui soient plus élégants et mieux proportionnés que ceux enregistrés jusqu'ici, lesquels ne sont que des grands iris déclassés pour cause de tiges trop courtes, et, de ce fait, généralement dotés de fleurs trop grosses pour la taille des plantes. Le mélange IB/TB aboutit á des iris moyens en taille, mais avec des fleurs petites et fines. Un autre intérêt est qu'on peut envisager que des traits caractéristiques des iris nains (SDB) comme la macule brune héritée des I. pumila apparaissent sur des grands iris (TB) ou tout au moins sur les BB de nouvelle génération.

Voilà donc une variété plus originale qu’elle n’en a l’air, qui peut apporter un développement nouveau dans le domaine de l’hybridation. Rien qu’à ce titre elle mériterait bien d’être distinguée lors de l’attribution de la récompense suprême de 2007. Elle est en tout cas remarquablement placée dans la course. Mais ce ne serait pas la première fois qu’un iris exceptionnel passerait à côté de la consécration. Souvenons-nous de ce qui est arrivé à SNOW FLURRY, au début des années 40. Souhaitons néanmoins à STARWOMAN de devenir une vraie star !
RÉCRÉATION (réponses)

ÇA SWINGUE

Le nom qui n’est pas attribué est :
CHICAGO JAZZ
RÉCRÉATION

ÇA SWINGUE (II)

Les six noms qui suivent comportent une anomalie : l’un d’entre eux n’a pas (encore) été attribué à une variété d’iris. Lequel ?

MOOD SWING
SWING AND SWAY
SWING DANCING
SWINGING SINGER
SWINGTOWN
SWING WITH ME

5.1.07




CLARA B. REES
OU LA CÉLÉBRITÉ AVEC UNE SEULE FLEUR


Sans doute dans d’autres domaines trouve-t-on le même genre de phénomène, la vie et la célébrité de Clara B. Rees ne constituent sûrement pas une exception, mais elles méritent d’être comptées à tous ceux qui ont une intimité avec le monde des iris.

Clara B. Rees et sa sœur Ruth étaient originaires de l’Ohio. Comme beaucoup d’Américains, elles ont été attirées par la douceur de la vie en Californie et sont venues, au début des années 30, s’installer dans la vallée de Santa Clara, à San José, tout à fait au fond de la baie de San Francisco. Elles avaient l’intention de cultiver et de vendre des tulipes. Mais le climat californien n’est pas celui de la Hollande, et les tulipes, qui n’avaient pas assez de froid, l’hiver, pour entreprendre leur floraison, poussèrent mal. Cet échec conduisit les deux sœurs à s’intéresser à d’autres plantes. Pourquoi pas les iris ? Elles firent l’achat de quelques variétés et se lancèrent dans l’aventure. Leurs premières acquisitions concernèrent des variétés fameuses de l’époque, comme le Français THAÏS (Cayeux 26) et le blanc PURISSIMA (Mohr-Mitchell 27) –voir photos-.

En déposant le pollen de THAÏS dans la fleur de PURISSIMA, Clara Rees prenait de gros risques. THAÏS est in iris diploïde et PURISSIMA une variété tétraploïde. Le produit, s’il y en avait un, avait de grandes chances d’être triploïde, donc stérile et de peu d’intérêt. Première chance, le croisement réussit. Oh, petitement, seulement deux graines ! Dont une visiblement ratée… Clara hésita un moment, puis prit la décision de planter cette unique graine. Deuxième chance, elle germa ! Troisième chance, la nouvelle plante prospéra, et si bien que dès la première année, elle put être divisée. La deuxième année la nouvelle plante se mit à fleurir, et dès qu’elles virent les nouvelles fleurs, les sœurs Rees comprirent que quelque chose d’important venait de survenir. Ruth, la cadette, cueillit délicatement deux fleurs et partit, en traversant la baie, les porter à Carl Salbach, en sa pépinière des collines de Berkeley. « Où avez-vous trouvé ça ? » demanda Carl Salbach, et Ruth répondit « dans mon jardin ! ». Dès le lendemain Carl Salbach fit le voyage de San José. Quand il vit les iris en question, il acheta immédiatement tout le stock sauf un rhizome ! Clara n’avait plus rien ou presque, et il lui fallut trois ans pour reconstituer la touffe de ce qui allait s’appeler SNOW FLURRY (39), et devenir la variété d’iris la plus importante du XXeme siècle. Voilà une bourrasque de neige qui allait secouer le petit monde des iris et se trouver à l’origine de presque toutes les variétés que nous connaissons aujourd’hui.

Dès le début, SNOW FLURRY rencontra un succès phénoménal. Tous les hybrideurs voulurent l’utiliser pour leurs croisements. Mais SNOW FLURRY n’a presque jamais de pollen. Heureusement il se comporte comme une généreuse génitrice et ses gousses sont toujours abondamment pourvues.

Ceux qui ont connu Clara Rees, dans les années 60, l’ont décrite comme une charmante vieille dame mince et élégante, passant ses journées à lire la Bible ou à rassembler des articles de presse et toutes sortes de documents concernant ses affaires ou sa famille, qu’elle réunissait dans des albums. Elle était toujours active et, à l’occasion, fabriquait des vêtements au crochet, ou refaisait le cannage des chaises et des rocking chairs chers aux Américains ! Le jardin des sœurs Rees était plein de tulipes (il en restait), de narcisses et d’amaryllis qu’elles hybridaient aussi bien que les iris. Au printemps, sous les pêchers, s’étalaient les touffes de muguet…

Clara Rees a continué d’hybrider, sans excès, avec la modestie tranquille qui la caractérisait. Elle n’a, de toute sa vie enregistré que 27 variétés, dont aucune n’a atteint la célébrité de SNOW FLURRY. Sa meilleure réalisation fut YELLOW ORGANDY (52), descendant jaune de SNOW FLURRY, qu’elle déclina par la suite, avec de jolis iris jaunes comme ASTRONAUT (59), TOUCH OF ELEGANCE (61) ou LIGHT AND LOVELY (65).

L’histoire retiendra que Clara Rees atteignit la célébrité sans que son iris fétiche ne décroche jamais la récompense suprême. L’American Iris Society a tenté de réparer cette injustice en attribuant à Clara en 1967 la Hybridizers' Medal. Cette reconnaissance de ses pairs est cependant arrivée bien tard : Clara B. Rees s’est éteinte en 1970.
ECHOS DU MONDE DES IRIS

Vous aimez les photos d’iris ? Voici quatre sites où vous en trouverez tou plein, dont certaines très belles :

DAVE’S GARDEN = http://davesgarden.com/ (choisir ensuite „plant file“ puis „iris“)
BRIGHTON PARK = www.brightonparkiris.com
Laetitia MUNROE = http://www.garden-of-mu.com/
Laurie FRAZER = http://lfrazer.com/iris

DYKES MEDAL

Cela peut intéresser certains de trouver la liste des variétés ayant obtenu la Dykes Medal, depuis la création de cette distinction. Les TB (Grands Barbus) l’ont toujours emporté, à l’exception de deux fois : en 1945, avec l’AB (Arilbred) ELMOHR, et en 1981, où c’est le BB (Iris de Bordure) BROWN LASSO qui a triomphé.

Depuis 1990 la Médaille est attribuée chaque année, car le règlement a été modifié. Auparavant, il y a des « manques », qui correspondent aux années où aucune variété n’a pris le meilleur.

Voici la dernière série.

D : depuis 1990

1990 JESSE’S SONG (B. Williamson 83) plicata indigo
1991 EVERYTHING PLUS (Niswonger 84) am/plic indigo vif
1992 DUSKY CHALLENGER (Schreiner 86) unicolor outremer
1993 EDITH WOLFORD (Hager 86) variegata jaune pâle / bleu
1994 SILVERADO (Schreiner 87) unicolor blanc argenté
1995 HONKY TONK BLUES (Schreiner 88) bleu marbré blanc
1996 BEFORE THE STORM (Innerst 89) unicolor “noir”
1997 THORNBIRD (Byers 89) paille, veines et éperons violacés
1998 CONJURATION (Byers 89) am/plic indigo clair, épr. blancs
1999 HELLO DARKNESS (Schreiner 92) unicolor ‘’noir“
2000 STAIRWAY TO HEAVEN(Lauer 93) neglecta bleu
2001 YAQUINA BLUE (Schreiner 92) unicolor bleu
2002 MESMERIZER (Byers 91) blanc, à grands éperons
2003 CELEBRATION SONG (Schreiner 93) bicolor, abricot / lavande
2004 CROWNED HEADS (Keppel 97) amoena inversé, bleu lavande
2005 SPLASHACATA (Tasco 97) plicata indigo
2006 SEA POWER (Keppel 99) unicolor bleu très ondulé
RÉCRÉATION (réponses)

ENTRE CHIEN ET LOUP

Le nom qui n’est pas attribué est :
RAIN AT TWILIGHT
RÉCRÉATION

ÇA SWINGUE


Les six noms qui suivent comportent une anomalie : l’un d’entre eux n’a pas (encore) été attribué à une variété d’iris. Lequel ?

ALL THAT JAZZ
CAPITAL CITY JAZZ
CHICAGO JAZZ
JAZZ SWINGER
JAZZED UP
STRICKTLY JAZZ