Avant d'arriver à l'unification qui marque l'univers des iris du XXIeme siècle, les hybrideurs suivaient chacun leur propre chemin lorsqu'ils travaillaient sur une couleur ou un modèle. Le « rouge » (ou ce que l'on appelle ainsi par commodité bien qu'il ne s'agisse pas de rouge à proprement parler mais plutôt d'un brun ou d'un grenat tirant vers le rouge) ne fait pas exception à cette règle. Il est convenu de dire que pour ce coloris il y a quatre lignées principales qui ont existé. Celle amorcée par la famille Schreiner et celle de Chet Tompkins, qui ont fait l'objet de chroniques précédentes, celle de Paul Cook et enfin celle lancée par Greig Lapham, de l'Indiana, et poursuivie par Les Peterson et Tell Muhlestein, de l'Utah. C'est de cette dernière dont il va être question maintenant, car si elle n'est pas la principale, elle présente néanmoins bien des originalités.
Un article publié dans le Bulletin de l'AIS en 1967 par Tell Muhlestein, intitulé « Sur le chemin du, rouge », commence comme ceci : « Greig Lapham était un de ces hybrideurs qui persistait dans la recherche du véritable iris rouge. » C'est en effet cet obtenteur plus ou moins connu aujourd'hui, qui dès la fin des années 1920 s'était lancé dans la quête de ce Graal des irisariens qu'est l'iris rouge. Il était l'un des tout premiers à œuvrer dans cette direction, et son 'Belle Porter' date de 1929. Associé à 'Bruno' (Bliss, 1918), lui-même fils du fameux 'Dominion' (A. Bliss, 1917), il est le parent de 'Jerry' (Lapham, 1934), vraiment rouge, avec une barbe pointée de blanc, dont on peut dire qu'il est le véritable point de départ de la lignée Lapham. En 1937 il a enregistré 'Red Gleam', remarquable par la richesse de son coloris, qui est un descendant de 'Jerry'. La lignée s'est poursuivie pendant de nombreuses générations au cours desquelles sont apparus des variétés comme 'Red Waves' (1946) puis 'Pacemaker' (1948), tirant sur le rouge amarante.
A partir du début des années 1950, Tell Muhlestein s'est à son tour intéressé aux iris rouges. Il dit lui-même qu'il a commencé par creuser les dispositions qu'il voyait dans 'Dominion', pas spécialement pour sa couleur, mais surtout pour la qualité de ses fleurs. Néanmoins 'Dominion' n'est pas pour rien dans l'origine des « rouges ». On vient de le voir avec les descendants de 'Jerry' dans la lignée Lapham. Mais il a aussi sa place dans la généalogie des « rouges » de Muhlestein, notamment avec 'Burmese Ruby' (1948), tout comme dans celle des « rouges » de Tom Craig, avec 'Bang' (1955), au coloris vraiment riche, et dans celle de Les Peterson avec 'Main Event' (1958), dans les tons de grenat.
Muhlestein, en vérité, a exploité plusieurs origines. Celle de Lapham, bien sûr, mais aussi celle des frères Sass via 'The Red Douglas' ('Story Time' – 1947 ; 'Deep Maroon' – 1952), et celles de Tompkins et de Craig avec 'Fire Ruby', 1964, qui a été distingué à Florence comme étant le meilleur rouge du concours de 1965.
Dans son article de 1967, Tell Muhlestein rend justice à Les Peterson dans la recherche du rouge. « Les Peterson, de Salt Lake City, a parcouru la route du rouge aussi longtemps que quiconque de ma connaissance, et il a obtenu des choses vraiment excitantes. » Et parmi celles-ci on trouve, outre 'Main Event', plusieurs fois placé dans la coupe Lapham-Cook, 'Ardi Loy' (1967), 'Satan Jr.', (1968), décrit comme rouge cardinal, 'Ardent Glow' (1972), rouge sang de bœuf un peu clair, 'Texas Rouge' (1974), rubis profond, 'Spanish Harlem' (1976), acajou foncé, ou 'Le Sedna' (1976), bordeaux légèrement orangé...
Qu'ils soient signés Lapham, Craig, Muhlestein ou Peterson, tous ces iris ont été des étapes sur la route vers le rouge. Une route décidément bien difficile puisque malgré tous les efforts qui ont eu lieu depuis les années 20, malgré les manipulations diverses qui ont été tentées (irradiation, modification génétique...), il reste inaccessible. C'est comme un bateau qui apparaîtrait à l'horizon, mais qui ne parviendrait pas à s'avancer jusqu'au port.
Illustrations :
'Jerry'
'Red Gleam'
'Pacemaker'
'Bang'
8.4.16
1.4.16
LA FLEUR DU MOIS
‘WHITE LIGHTNING' (J. Gatty, 1974)
Launching Pad X New Moon
Voilà une variété qui fait partie de ma collection personnelle depuis le début. C'est un vieux fidèle. Depuis qu'il réside dans mon jardin, il n'a pas manqué une seule floraison. Son développement n'est pas exceptionnel, mais il pousse néanmoins bien et, surtout, fleurit beaucoup. C'est bien ce qu'on demande à un iris !
J'ai une attirance personnelle pour le travail d'hybrideur de Joseph Gatty. Nos caractères ont-ils un point de convergence ? Toujours est-il que j'ai depuis toujours apprécié les iris de cet obtenteur discret mais talentueux. Ses iris roses sont toujours unanimement appréciés, mais le reste de sa production mérite tout autant d'attention. 'White Lightning' fait partie de cette deuxième catégorie. Il a pour origine, non pas un croisement de deux iris blancs ou d'un blanc et d'un bleu, comme la plupart des iris blancs, mais de deux variétés jaunes. C'est en soi une originalité qui apparaît dans le fait qu'une teinte jaune pastel s'étale sur les épaules de la fleur, ce qui lui donne un charme supplémentaire. Les fleurs sont larges, gracieusement ondulées, sans raideur ni fantaisie excessive. Cela fait que notre 'White Lightning' n'est pas du tout démodé malgré ses quarante ans bien sonnés.
Ses parents ont l'un et l'autre une renommée qui a largement débordé les limites des USA. 'Launching Pad' (Knopf, 1966) fait partie de ce modèle d'iris où le centre des sépales est marqué par une large surface blanche. La référence, quand on parle de ce modèle, est souvent 'Joyce Terry' (Muhlestein, 1974), qui est lui-même un descendant direct de 'Launching Pad'. La Maison Schreiner a trouvé beaucoup d'intérêt à ce 'Launching Pad' et en a fait l'un de ses géniteurs attitrés, notamment dans le croisement numéroté D 1158-B qui est le suivant : (Y 1290-BB: (R 116-3, Imperial Lilac sib, x Arctic Flame) x White Taffeta) x Launching Pad). Elle en a fait usage à plusieurs reprises et il figure derrière des variétés comme 'Come Away with Me' (2008) ou le tout récent 'Oui, Madame' (2013), tandis que le sous-croisement Y 1280-BB figure au pedigree du très célèbre 'First Interstate' (1990).
L'autre parent est le fameux 'New Moon' (N. Sexton, 1968). Une variété qui a fait une carrière fulgurante dans la course aux honneurs (HC 1966 – HM 1969 – AM 1971 – DM 1973) et qui a eu une descendance des plus nombreuses et des plus huppées.
A son tour 'White Lightning' a pris rang parmi les variétés les plus utilisées en hybridation. On lui reconnaît une soixantaine de rejetons, avec plusieurs noms très connus :
'Aztec Sun' (Dyer, 1981)
'Bengal Tiger' (Maryott, 1980)
'Generosity' (Keppel, 1978)
'Montevideo' (Ghio, 1986)
'Polite Society' (Hager, 1988)
'Scotch Blend' (Gatty, 1981)
et bien d'autres...
De nos jours les nouveautés sont chaque année si nombreuses qu'on se demande quelle longévité auront les variétés mises sur le marché. Ce sera une performance si l'une d'entre elles résiste aussi longtemps que 'White Lightning' ! En tout cas le héros du jour mérite bien ce coup de chapeau qui salue un iris devenu un grand classique et qui a toujours sa place dans une collection d'amateur.
Illustrations :
'White Lightning'
'Launching Pad'
'New Moon'
cl. Cooley's Garden
'Scotch Blend'PRODUIT DE FRANCE
Depuis l'année 2000 nos compatriotes n'hésitent plus à enregistrer les produits de leurs hybridations. Cela nous vaut une abondance de nouvelles variétés dont la qualité progresse d'année en année. Et de nombreux nouveaux hybrideurs se font ainsi connaître à côté d'anciens toujours aussi valeureux. Pendant quelques semaines nous allons rendre hommage aux uns et aux autres en publiant les photos de leurs plus belles réalisations.
2008
Toujours des débutants. C'est le cas pour deux des quatre de cette semaine.
'Chaux-Neuve' (A. Bettinelli, 2008) - Edith Wolford X inconnu
'La Part des Anges' (M. Bersillon, 2008) - Fogbound X (Sapphire Hills x Surf Rider)
'Marika' (L. Ransom, 2008) - Marie Kalfayan X Serengeti
'Reine de Cuers' (R. Dejoux / R. Dauphin, 2008) - (Good Morning America x Rancho Rose) X Queen in Calico
2008
Toujours des débutants. C'est le cas pour deux des quatre de cette semaine.
'Chaux-Neuve' (A. Bettinelli, 2008) - Edith Wolford X inconnu
'La Part des Anges' (M. Bersillon, 2008) - Fogbound X (Sapphire Hills x Surf Rider)
'Marika' (L. Ransom, 2008) - Marie Kalfayan X Serengeti
'Reine de Cuers' (R. Dejoux / R. Dauphin, 2008) - (Good Morning America x Rancho Rose) X Queen in Calico
COPIÉ MAIS JAMAIS ÉGALÉ
Qu'y a-t-il de plus commun qu'un iris plicata à fond blanc et dessins violet ou bleu foncé ? Le modèle-type est certainement 'Stepping Out' (Schreiner, 1964). Et c'est un fait universellement reconnu puisque il s'agit une variété encore fréquente dans les catalogues de base et qui, depuis une trentaine d’année, ne s’est jamais beaucoup éloignée des premiers rangs. Très longtemps n° 1 du classement du Symposium, elle a un peu rétrogradé mais, depuis son entrée dans la liste n'est jamais descendue au-delà de la quinzième place avant 2009. Autre signe de célébrité : il y en a quarante photos dans la base de données « Twiki » de l'AIS.
Est-ce ce succès exceptionnel qui conduit régulièrement la Maison Schreiner à mettre à son catalogue un nouvel iris du modèle de 'Stepping Out' ? Dans l'espoir de voir se renouveler l'aventure ? Mais un nouveau triomphe se fait attendre depuis cinquante ans ! Malgré de belles réussites comme :
'Jolie' (1967) - Kimberly X Rococo
'Dundee' (1970) - sib de Merry Ripple X ((Caroline Jane x Flying Saucer) x Belle Meade)
'Rondo' (1972) - Stepping Out X Jolie
'Loop the Loop' (1973) - Stepping Out X Port Royal
'Closed Circuit' (1981) - Rondo X semis
'Classic Look' (1992) - Go Around X (((Full Circle x Rococo) x ( sib de Arpege x (Rococo x Emma Cook))) x Spinning Wheel)
'American Classic' (1996) - (Lorilee x Raspberry Frills) X (Titan's Glory x ((Rococo x Belray) x Navy Strut))
'Art Deco' (1997) - Momentum X semis inconnu
'Take Five' (2005) - (AA 2156-1: (Rare Treat x semis inconnu) x Snowbrook) X American Classic 'On the Move' (2006) - Rare Quality X American Classic
'Place Your Bets' (2007) - I’ve Got Rhythm X American Classic
'First Stitch' (2010) - (Art Deco x American Classic) X American Classic
Car presque une année sur trois, un genre de 'Stepping Out' apparaît. Mais malgré de beaux résultats comme pour 'Rondo', 'Loop the Loop' ou 'Art Deco', le miracle ne s'est pas produit. Peut-être peut-on dire qu'on ne gagne jamais deux fois à la loterie !
Il est vrai que 'Stepping Out' avait tout pour réussir : côté « affaires » : une Médaille Dykes (en 1968), une commercialisation abondante ; côté horticole : une robustesse et une santé exemplaires, une grande floribondité, une fleur de forme parfaite, qui ne vieillit pas vite tant elle est classique... Bref, tout ce qu'il faut pour jouer les premiers rôles.
Auparavant 'Rococo' (1959) - (Caroline Jane x Flying Saucer) x Belle Meade - avait presque fait aussi bien, mais il avait manqué la DM et avait donc obtenu un moindre succès. On le trouve néanmoins à plusieurs reprises dans les antécédents des variétés énumérées ci-dessus, comme dans ceux de 'American Classic' qui, lui-même, apparaît souvent chez les variétés qui lui sont postérieures.
Mais il n'y a pas que la famille Schreiner qui ait été tentée par le succès de 'Stepping Out'. Je suppose que chaque fois qu'un obtenteur découvre dans ses semis une nouveauté proche de 'Stepping Out' il se dit « Et si celui-ci faisait une aussi belle carrière ? » Mais là non plus, le miracle ne s'est pas reproduit (du moins jusqu'à aujourd'hui). Il y a eu pourtant des challengers de valeur, comme :
'Charmed Circle' (Keppel, 1968) - (Happy Meeting x Rococo) X (Full Circle x Rococo)
'Aegean Star' (Plough, 1971) - ((Jaipur x (My Darling x Copper Halo)) x sib de Jakarta) X Stepping Out
'Going my Way' (J. Gibson, 1971) - Border Happy X Stepping Out (sans doute le concurrent le plus dangereux)
'Emphasis' (Keppel, 1976) - Odyssey X Charmed Circle
'Barrister' (D. Meek, 1980) - Circle Step X Roundup
'Bountiful Harvest' (Hager, 1991) - (Space Odyssey x Socialite) X Earl of Essex
'Sew It Up' (Hedgecock, 1997) - Going My Way X Hey Looky
'Your Majesty' (Valenzuela, 2006) – Select Circle X Snowbrook pour n'en citer que quelques-uns, en provenance de chez de bons faiseurs.
En Europe même on s'est essayé à l'exercice. J'ai noté, entre autres :
'Mnich Rehor' (Smid, 1971) - origines non précisées (variété tchèque obtenue avec beaucoup de mérite au temps du rideau de fer)
'Masetto' (Wörfel, 1981) - Sempronio X Night Out (made in Germany)
'Illiuzionist' (Khorosh, 2007) - Slavianski Bazar X Superstition (en provenance d'Ukraine, témoin de l'expansion vers l'Est du monde des iris depuis la chute du mur de Berlin)
'Emilia Pauline' (Görbitz, 2009) - (Spinning Wheel x Stepping Out) X Fürstin Pauline (du spécialiste allemand des variétés bleues et plicatas)
Mais ce ne sont pas des variétés que l'on trouve à tous les coins de rue !
En fin de compte il faut admettre que le parcours triomphal de 'Stepping Out', une variété dont le pedigree n'a jamais été confirmé, reste encore aujourd'hui exceptionnel, souvent imité, mais jamais égalé. C'est un de ces phénomènes qui ponctuent l'histoire de l'iridophilie...
Illustrations :
'Stepping Out'
'Loop the Loop'
'American Classic'
'Going my Way'
'Emilia Pauline'
Est-ce ce succès exceptionnel qui conduit régulièrement la Maison Schreiner à mettre à son catalogue un nouvel iris du modèle de 'Stepping Out' ? Dans l'espoir de voir se renouveler l'aventure ? Mais un nouveau triomphe se fait attendre depuis cinquante ans ! Malgré de belles réussites comme :
'Jolie' (1967) - Kimberly X Rococo
'Dundee' (1970) - sib de Merry Ripple X ((Caroline Jane x Flying Saucer) x Belle Meade)
'Rondo' (1972) - Stepping Out X Jolie
'Loop the Loop' (1973) - Stepping Out X Port Royal
'Closed Circuit' (1981) - Rondo X semis
'Classic Look' (1992) - Go Around X (((Full Circle x Rococo) x ( sib de Arpege x (Rococo x Emma Cook))) x Spinning Wheel)
'American Classic' (1996) - (Lorilee x Raspberry Frills) X (Titan's Glory x ((Rococo x Belray) x Navy Strut))
'Art Deco' (1997) - Momentum X semis inconnu
'Take Five' (2005) - (AA 2156-1: (Rare Treat x semis inconnu) x Snowbrook) X American Classic 'On the Move' (2006) - Rare Quality X American Classic
'Place Your Bets' (2007) - I’ve Got Rhythm X American Classic
'First Stitch' (2010) - (Art Deco x American Classic) X American Classic
Car presque une année sur trois, un genre de 'Stepping Out' apparaît. Mais malgré de beaux résultats comme pour 'Rondo', 'Loop the Loop' ou 'Art Deco', le miracle ne s'est pas produit. Peut-être peut-on dire qu'on ne gagne jamais deux fois à la loterie !
Il est vrai que 'Stepping Out' avait tout pour réussir : côté « affaires » : une Médaille Dykes (en 1968), une commercialisation abondante ; côté horticole : une robustesse et une santé exemplaires, une grande floribondité, une fleur de forme parfaite, qui ne vieillit pas vite tant elle est classique... Bref, tout ce qu'il faut pour jouer les premiers rôles.
Auparavant 'Rococo' (1959) - (Caroline Jane x Flying Saucer) x Belle Meade - avait presque fait aussi bien, mais il avait manqué la DM et avait donc obtenu un moindre succès. On le trouve néanmoins à plusieurs reprises dans les antécédents des variétés énumérées ci-dessus, comme dans ceux de 'American Classic' qui, lui-même, apparaît souvent chez les variétés qui lui sont postérieures.
Mais il n'y a pas que la famille Schreiner qui ait été tentée par le succès de 'Stepping Out'. Je suppose que chaque fois qu'un obtenteur découvre dans ses semis une nouveauté proche de 'Stepping Out' il se dit « Et si celui-ci faisait une aussi belle carrière ? » Mais là non plus, le miracle ne s'est pas reproduit (du moins jusqu'à aujourd'hui). Il y a eu pourtant des challengers de valeur, comme :
'Charmed Circle' (Keppel, 1968) - (Happy Meeting x Rococo) X (Full Circle x Rococo)
'Aegean Star' (Plough, 1971) - ((Jaipur x (My Darling x Copper Halo)) x sib de Jakarta) X Stepping Out
'Going my Way' (J. Gibson, 1971) - Border Happy X Stepping Out (sans doute le concurrent le plus dangereux)
'Emphasis' (Keppel, 1976) - Odyssey X Charmed Circle
'Barrister' (D. Meek, 1980) - Circle Step X Roundup
'Bountiful Harvest' (Hager, 1991) - (Space Odyssey x Socialite) X Earl of Essex
'Sew It Up' (Hedgecock, 1997) - Going My Way X Hey Looky
'Your Majesty' (Valenzuela, 2006) – Select Circle X Snowbrook pour n'en citer que quelques-uns, en provenance de chez de bons faiseurs.
En Europe même on s'est essayé à l'exercice. J'ai noté, entre autres :
'Mnich Rehor' (Smid, 1971) - origines non précisées (variété tchèque obtenue avec beaucoup de mérite au temps du rideau de fer)
'Masetto' (Wörfel, 1981) - Sempronio X Night Out (made in Germany)
'Illiuzionist' (Khorosh, 2007) - Slavianski Bazar X Superstition (en provenance d'Ukraine, témoin de l'expansion vers l'Est du monde des iris depuis la chute du mur de Berlin)
'Emilia Pauline' (Görbitz, 2009) - (Spinning Wheel x Stepping Out) X Fürstin Pauline (du spécialiste allemand des variétés bleues et plicatas)
Mais ce ne sont pas des variétés que l'on trouve à tous les coins de rue !
En fin de compte il faut admettre que le parcours triomphal de 'Stepping Out', une variété dont le pedigree n'a jamais été confirmé, reste encore aujourd'hui exceptionnel, souvent imité, mais jamais égalé. C'est un de ces phénomènes qui ponctuent l'histoire de l'iridophilie...
Illustrations :
'Stepping Out'
'Loop the Loop'
'American Classic'
'Going my Way'
'Emilia Pauline'
25.3.16
PRODUIT DE FRANCE
Depuis l'année 2000 nos compatriotes n'hésitent plus à enregistrer les produits de leurs hybridations. Cela nous vaut une abondance de nouvelles variétés dont la qualité progresse d'année en année. Et de nombreux nouveaux hybrideurs se font ainsi connaître à côté d'anciens toujours aussi valeureux. Pendant quelques semaines nous allons rendre hommage aux uns et aux autres en publiant les photos de leurs plus belles réalisations.
2007
Plusieurs « petits nouveaux » parmi les obtenteurs, cette année. En voici trois (sur quatre).
'First One' (A. Chapelle, 2007) - Yaquina Blue X Rebecca Perret
'Je Pense à Fernande' (J . Boulon, 2007) - Green and Gifted X Conjuration
'Rose-Linda Vasquez' (R.L. Vasquez, 2007) - Hindu Magic X Magic Kingdom
'Rosmalo' (G. Madoré, 2007) - (Pagan Pink x Cherub’s Smile) X Pretty in Pink
2007
Plusieurs « petits nouveaux » parmi les obtenteurs, cette année. En voici trois (sur quatre).
'First One' (A. Chapelle, 2007) - Yaquina Blue X Rebecca Perret
'Je Pense à Fernande' (J . Boulon, 2007) - Green and Gifted X Conjuration
'Rose-Linda Vasquez' (R.L. Vasquez, 2007) - Hindu Magic X Magic Kingdom
CRÉPUSCULE ORIENTAL
Nous allons parler aujourd'hui d'une remarquable série d'iris arilbreds obtenus par Lawrence Ransom depuis 2010. Il s'agit de 'Eastern Dusk' (2010) -d'où le nom de cette chronique – et de ses descendants.
Tout remonte, en fait à un iris aux origines imprécises, baptisé 'Vera' par la maison van Tubergen qui l'a commercialisé dans les années 1950, et qui a été mis sur le marché américain par Henry Danielson, de El Paso (Texas), en 1969. La pépinière Danielson, Mount Clare Iris Garden, était spécialisée dans les iris arils et arilbreds. C'est à ce titre qu'elle a proposé 'Vera'.
Plus qu'une variété quelconque, 'Vera' est, semble-t-il, un cultivar brun-rouge et violacé issu d'un croisement de deux espèces du groupe des Regelias, I. korolkowii et I. stolonifera.
Ce groupe rassemble des iris arils originaires d'Asie Centrale. A partir de ce 'Vera' Lawrence Ransom a développé une recherche visant à créer des arilbreds originaux. En 1996 il a mis à son catalogue quatre variétés étonnantes d'arilbreds obtenues en croisant 'Vera' et des SDB classiques. Deux autres frères de semis des précédents sont apparus en 1998. Cependant c'est un autre croisement de 'Vera' qui a donné les résultats les plus intéressants. Il s'agit de Vera X Faux Pas ; Faux Pas (Keppel, 1989) étant un BB très connu et apprécié.
Ransom a enregistré deux enfants de ce croisement : 'Eastern Blush' (2001), puis 'Eastern Dusk' (2010), et c'est de ce dernier que proviennent les arilbreds de la série dont nous parlons.
En fait il y a eu cinq croisements productifs :
Melting Pot X Eastern Dusk
Eastern Dusk X Jet-Setter
Eastern Dusk X Outrage
Eastern Dusk X Lord of Letters
Eastern Dusk X Thornbird .
Du premier, L. Ransom a obtenu : 'Azadi' (2011) 'Grigri' (2012) 'Shahbada' (2010) 'Spices at Dusk' (2010) 'Trescols Ramdam' (2012)
Le second a donné 'Fruity' (2010)
Le troisième 'Poisonous' (2010)
Le quatrième 'Sleazy' (2012)
Et le cinquième 'Refosco' (2010) 'Sandthorn' (2011).
Ces dix iris, tous plus beaux et originaux les uns que les autres, confirment tout le bien qu'on pensait de Lawrence Ransom et récompensent un travail persévérant et inspiré. Il est dommage que les arils et arilbreds, par le fait qu'ils soient délicats à cultiver, n'intéressent qu'un tout petit nombre d'amateurs habiles et méticuleux. Les arils et arilbreds ne nourrissent pas leur homme. Il faut quelqu'un d'aussi passionné et désintéressé que Lawrence Ransom pour continuer de leur accorder de l'attention ! Ce ne sera donc jamais des plantes de grande diffusion, et c'est pour cela qu'ils ne constituent qu'une toute petite partie du monde des iris. Mais il est agréable de constater qu'en dépit de conditions climatiques pas vraiment adaptées à leur culture, il est possible de les obtenir et de les faire pousser dans nos jardins, au moins au sud d'une ligne Bordeaux-Lyon.
Illustrations :
'Eastern Dusk'
'Faux Pas'
'Azadi'
'Fruity'
'Sleazy'
Tout remonte, en fait à un iris aux origines imprécises, baptisé 'Vera' par la maison van Tubergen qui l'a commercialisé dans les années 1950, et qui a été mis sur le marché américain par Henry Danielson, de El Paso (Texas), en 1969. La pépinière Danielson, Mount Clare Iris Garden, était spécialisée dans les iris arils et arilbreds. C'est à ce titre qu'elle a proposé 'Vera'.
Plus qu'une variété quelconque, 'Vera' est, semble-t-il, un cultivar brun-rouge et violacé issu d'un croisement de deux espèces du groupe des Regelias, I. korolkowii et I. stolonifera.
Ce groupe rassemble des iris arils originaires d'Asie Centrale. A partir de ce 'Vera' Lawrence Ransom a développé une recherche visant à créer des arilbreds originaux. En 1996 il a mis à son catalogue quatre variétés étonnantes d'arilbreds obtenues en croisant 'Vera' et des SDB classiques. Deux autres frères de semis des précédents sont apparus en 1998. Cependant c'est un autre croisement de 'Vera' qui a donné les résultats les plus intéressants. Il s'agit de Vera X Faux Pas ; Faux Pas (Keppel, 1989) étant un BB très connu et apprécié.
Ransom a enregistré deux enfants de ce croisement : 'Eastern Blush' (2001), puis 'Eastern Dusk' (2010), et c'est de ce dernier que proviennent les arilbreds de la série dont nous parlons.
En fait il y a eu cinq croisements productifs :
Melting Pot X Eastern Dusk
Eastern Dusk X Jet-Setter
Eastern Dusk X Outrage
Eastern Dusk X Lord of Letters
Eastern Dusk X Thornbird .
Du premier, L. Ransom a obtenu : 'Azadi' (2011) 'Grigri' (2012) 'Shahbada' (2010) 'Spices at Dusk' (2010) 'Trescols Ramdam' (2012)
Le second a donné 'Fruity' (2010)
Le troisième 'Poisonous' (2010)
Le quatrième 'Sleazy' (2012)
Et le cinquième 'Refosco' (2010) 'Sandthorn' (2011).
Ces dix iris, tous plus beaux et originaux les uns que les autres, confirment tout le bien qu'on pensait de Lawrence Ransom et récompensent un travail persévérant et inspiré. Il est dommage que les arils et arilbreds, par le fait qu'ils soient délicats à cultiver, n'intéressent qu'un tout petit nombre d'amateurs habiles et méticuleux. Les arils et arilbreds ne nourrissent pas leur homme. Il faut quelqu'un d'aussi passionné et désintéressé que Lawrence Ransom pour continuer de leur accorder de l'attention ! Ce ne sera donc jamais des plantes de grande diffusion, et c'est pour cela qu'ils ne constituent qu'une toute petite partie du monde des iris. Mais il est agréable de constater qu'en dépit de conditions climatiques pas vraiment adaptées à leur culture, il est possible de les obtenir et de les faire pousser dans nos jardins, au moins au sud d'une ligne Bordeaux-Lyon.
Illustrations :
'Eastern Dusk'
'Faux Pas'
'Azadi'
'Fruity'
'Sleazy'
18.3.16
PRODUIT DE FRANCE
Depuis l'année 2000 nos compatriotes n'hésitent plus à enregistrer les produits de leurs hybridations. Cela nous vaut une abondance de nouvelles variétés dont la qualité progresse d'année en année. Et de nombreux nouveaux hybrideurs se font ainsi connaître à côté d'anciens toujours aussi valeureux. Pendant quelques semaines nous allons rendre hommage aux uns et aux autres en publiant les photos de leurs plus belles réalisations.
2006
Les années fastes sont revenues.
'Bouschet' (B. Laporte, 2006) - Forge Fire X Rive Gauche
'Iode' (L. Ransom, 2006) - Thalasso X Claude-Louis Gayrard
'Je l'Adore' (R. Cayeux, 2006) - Buisson de Roses X Prestige Item
'Miel de Lavande' (J.C. Jacob, 2006) - Seven Hills X Georgia Girl
2006
Les années fastes sont revenues.
'Bouschet' (B. Laporte, 2006) - Forge Fire X Rive Gauche
'Iode' (L. Ransom, 2006) - Thalasso X Claude-Louis Gayrard
'Je l'Adore' (R. Cayeux, 2006) - Buisson de Roses X Prestige Item
'Miel de Lavande' (J.C. Jacob, 2006) - Seven Hills X Georgia Girl
UN QUART DE SIÈCLE D'IRIS FRANÇAIS 1990/2014
Pas facile de faire le compte exact des variétés d'iris enregistrées par des obtenteurs français au cours de ces 25 ans ! Il y a celles qui ont suivi le cursus normal et qui ont été enregistrées – via le « registrar » français – avant leur mise sur le marché (ou simultanément), celles dont l'enregistrement a été confié à un « registrar » étranger, et celles qui n'ont été enregistrées qu'après coup et dont le nom d'origine a du quelques fois être modifié. Sans compter celles dont l'obtenteur ne réside pas en France mais qui ont été enregistrées par notre « registrar » national, lequel – et
c'est le cas actuellement – ne réside pas dans notre pays, car elles ne peuvent pas être qualifiées de « made in France » ! Cela dit, j'ai tout de même pu faire un décompte, mais je ne garantis pas qu'il n'y ait pas quelques inexactitudes...
Ce quart de siècle est caractérisé par l'existence de deux phases très distinctes : de 1990 à 1999, d'une part, et à partir de 2000 d'une autre. La première phase est la suite sans évolution de ce qui s'est passé auparavant : deux ou trois obtenteurs seulement font enregistrer leur travail ; ce sont des hybrideurs chevronnés, également, le plus souvent, pépiniéristes, qui créent, enregistrent et commercialisent leurs iris. Cela donne une moyenne de 15 enregistrements par an et un total de 7 hybrideurs seulement. Cette situation n'est pas nouvelle, en effet depuis des décennies il en est ainsi dans notre pays. La SFIB, pendant des années, a insisté pour que les hybrideurs amateurs fassent enregistrer leur travail, mais ses incitations n'ont eu aucun effet car, je ne sais pourquoi, les amateurs considéraient avec une humilité excessive que leur travail n'arrivait pas à la cheville de celui des professionnels, et n'osaient pas se mesurer à eux. Notre pays se situait donc parmi les moins productifs du monde des iris. En Europe, d'ailleurs, c'était un peu partout la même chose. Seuls les Allemands agissaient scrupuleusement.
Brusquement, à partir de 2000, le nombre des enregistrement s'est mis à croître considérablement.
En 2000, deux nouveaux venus se sont manifesté. C'est le début d'un renouvellement qui se prolongera d'un nouveau venu en 2001. Par la suite dix autres obtenteurs vont faire leur apparition, et le nombre des enregistrements va passer à une moyenne de 34 par an. Comment peut-on expliquer ce changement ? A mon avis il faut y voir l'arrivée d'une nouvelle génération d'hybrideurs, réellement passionnés, et pas du tout intimidés par leurs grands aînés. Nous disposons enfin d'une représentation à la mesure du développement de l'iridophilie chez nous. Mais le renouvellement n'est pas achevé, et plusieurs hybrideurs très jeunes – la trentaine – se lance maintenant dans le grand bain, et les pionniers des années 2000/2010 ont atteint une maîtrise de leur art qui s'affirme d'année en année, dans tous les domaines de l'hybridation.
Car une des caractéristiques des iris français, c'est la diversité. On ne trouve pas seulement les grands iris de jardin (TB), mais aussi des cultivars de tous les types.
69 SDB
42 AB
36 IB
21 MDB
05 BB
03 MTB
03 LA
03 SPU
02 CA
02 JA
02 SPCX
01 SIB
01 AR
Ce choix est vraiment exceptionnel. Quant aux TB, il y en a dans toutes les catégories et dans tous les modèles. Ce constat en dit long sur la vivacité de l'iridophilie en France. Il existe cependant une regrettable lacune dans cette France des iris : la difficulté pour les non-professionnels à commercialiser leur production. Parce que les pépiniéristes ayant pignon sur rue sont aussi, le plus souvent, obtenteurs eux-mêmes, et qu'ils accordent bien naturellement une priorité à leurs obtentions dans leurs catalogues. Pour les autres, s'ils veulent que leurs iris sortent de leurs jardins, il faut qu'ils se lancent dans le commerce. C'est d'ailleurs ce qu'ils font, souvent avec beaucoup de succès. Aux USA il est très fréquent qu'un pépinériste-obtenteur diffuse certains iris de ses confrères. En France c'est rarissime ce qui n'est justifié que parl'extrème concurrence, sur un marché très étroit.
Illustrations :
'Mamours' (Ransom, 2002 - SDB)
'Massoud' (Ransom, 2010 - AB)
'Ombrageux' (Gestreau, 2012 - IB)
'Planète Magique' (P. Anfosso, 1991 - SDB)
'Satyre' (Ransom, 1999 - SDB)
Ce quart de siècle est caractérisé par l'existence de deux phases très distinctes : de 1990 à 1999, d'une part, et à partir de 2000 d'une autre. La première phase est la suite sans évolution de ce qui s'est passé auparavant : deux ou trois obtenteurs seulement font enregistrer leur travail ; ce sont des hybrideurs chevronnés, également, le plus souvent, pépiniéristes, qui créent, enregistrent et commercialisent leurs iris. Cela donne une moyenne de 15 enregistrements par an et un total de 7 hybrideurs seulement. Cette situation n'est pas nouvelle, en effet depuis des décennies il en est ainsi dans notre pays. La SFIB, pendant des années, a insisté pour que les hybrideurs amateurs fassent enregistrer leur travail, mais ses incitations n'ont eu aucun effet car, je ne sais pourquoi, les amateurs considéraient avec une humilité excessive que leur travail n'arrivait pas à la cheville de celui des professionnels, et n'osaient pas se mesurer à eux. Notre pays se situait donc parmi les moins productifs du monde des iris. En Europe, d'ailleurs, c'était un peu partout la même chose. Seuls les Allemands agissaient scrupuleusement.
Brusquement, à partir de 2000, le nombre des enregistrement s'est mis à croître considérablement.
En 2000, deux nouveaux venus se sont manifesté. C'est le début d'un renouvellement qui se prolongera d'un nouveau venu en 2001. Par la suite dix autres obtenteurs vont faire leur apparition, et le nombre des enregistrements va passer à une moyenne de 34 par an. Comment peut-on expliquer ce changement ? A mon avis il faut y voir l'arrivée d'une nouvelle génération d'hybrideurs, réellement passionnés, et pas du tout intimidés par leurs grands aînés. Nous disposons enfin d'une représentation à la mesure du développement de l'iridophilie chez nous. Mais le renouvellement n'est pas achevé, et plusieurs hybrideurs très jeunes – la trentaine – se lance maintenant dans le grand bain, et les pionniers des années 2000/2010 ont atteint une maîtrise de leur art qui s'affirme d'année en année, dans tous les domaines de l'hybridation.
Car une des caractéristiques des iris français, c'est la diversité. On ne trouve pas seulement les grands iris de jardin (TB), mais aussi des cultivars de tous les types.
69 SDB
42 AB
36 IB
21 MDB
05 BB
03 MTB
03 LA
03 SPU
02 CA
02 JA
02 SPCX
01 SIB
01 AR
Ce choix est vraiment exceptionnel. Quant aux TB, il y en a dans toutes les catégories et dans tous les modèles. Ce constat en dit long sur la vivacité de l'iridophilie en France. Il existe cependant une regrettable lacune dans cette France des iris : la difficulté pour les non-professionnels à commercialiser leur production. Parce que les pépiniéristes ayant pignon sur rue sont aussi, le plus souvent, obtenteurs eux-mêmes, et qu'ils accordent bien naturellement une priorité à leurs obtentions dans leurs catalogues. Pour les autres, s'ils veulent que leurs iris sortent de leurs jardins, il faut qu'ils se lancent dans le commerce. C'est d'ailleurs ce qu'ils font, souvent avec beaucoup de succès. Aux USA il est très fréquent qu'un pépinériste-obtenteur diffuse certains iris de ses confrères. En France c'est rarissime ce qui n'est justifié que parl'extrème concurrence, sur un marché très étroit.
Illustrations :
'Mamours' (Ransom, 2002 - SDB)
'Massoud' (Ransom, 2010 - AB)
'Ombrageux' (Gestreau, 2012 - IB)
'Planète Magique' (P. Anfosso, 1991 - SDB)
'Satyre' (Ransom, 1999 - SDB)
11.3.16
ECHOS DU MONDE DES IRIS
Gladys Clarke
Le petit monde français des iris a appris en fin de la semaine dernière avec un vrai chagrin la décès, à 96 ans, de la fondatrice de la SFIB : Gladys C. Clarke.
Cette personne énergique et de caractère est née en Chine à l'époque où ce pays s'ouvrait modestement aux contacts avec l'Occident. Elle y vécut pendant toute son adolescence et sa prime jeunesse. C'est là-bas qu'elle apprit à connaître les fleurs. Comme toutes les jeunes filles de bonne famille, elle avait été éduquée dans l'art des bouquets et s'était éprise des plantes qu'elle utilisait dans ses compositions. Par la suite elle se prit d'une passion particulière pour les iris. Installée dans l'arrière pays grassois après de nombreuses années à parcourir le monde, elle avait remarqué que pour certaines fleurs existait une association d'amateurs et elle s'étonnait qu'il n'en soit pas ainsi pour les iris. Avec l'aide de quelques amis aussi passionnés qu'elle, dont le Prince Wolkonsky, qui devait en devenir le premier président, elle créa donc la « Société Française des Amateurs d'Iris », autrement dit SFAI. C'était en 1959. En 1966, après pas mal de mésaventures et de tribulations, cette société devait s'adjoindre une activité liée aux plantes bulbeuses et devenir la SFIB, telle que nous la connaissons encore.
Gladys Clarke ne s'est retirée de sa chère SFIB que dans les années 1990. Depuis sa résidence de Domme, dans le Périgord, elle a suivi jusqu'au bout les activités et les psychodrames de cette association qui était l’œuvre de sa vie. De son côté, quelles que soient ses péripéties, la SFIB lui a toujours voué une affectueuse déférence.
Une biographie plus étoffée sera publiée dans la prochaine Revue de la SFIB, en fin d'année 2016.
Le petit monde français des iris a appris en fin de la semaine dernière avec un vrai chagrin la décès, à 96 ans, de la fondatrice de la SFIB : Gladys C. Clarke.
Cette personne énergique et de caractère est née en Chine à l'époque où ce pays s'ouvrait modestement aux contacts avec l'Occident. Elle y vécut pendant toute son adolescence et sa prime jeunesse. C'est là-bas qu'elle apprit à connaître les fleurs. Comme toutes les jeunes filles de bonne famille, elle avait été éduquée dans l'art des bouquets et s'était éprise des plantes qu'elle utilisait dans ses compositions. Par la suite elle se prit d'une passion particulière pour les iris. Installée dans l'arrière pays grassois après de nombreuses années à parcourir le monde, elle avait remarqué que pour certaines fleurs existait une association d'amateurs et elle s'étonnait qu'il n'en soit pas ainsi pour les iris. Avec l'aide de quelques amis aussi passionnés qu'elle, dont le Prince Wolkonsky, qui devait en devenir le premier président, elle créa donc la « Société Française des Amateurs d'Iris », autrement dit SFAI. C'était en 1959. En 1966, après pas mal de mésaventures et de tribulations, cette société devait s'adjoindre une activité liée aux plantes bulbeuses et devenir la SFIB, telle que nous la connaissons encore.
Gladys Clarke ne s'est retirée de sa chère SFIB que dans les années 1990. Depuis sa résidence de Domme, dans le Périgord, elle a suivi jusqu'au bout les activités et les psychodrames de cette association qui était l’œuvre de sa vie. De son côté, quelles que soient ses péripéties, la SFIB lui a toujours voué une affectueuse déférence.
Une biographie plus étoffée sera publiée dans la prochaine Revue de la SFIB, en fin d'année 2016.
ARILS OU APOGONS : MADE IN FRANCE
Irisenligne accorde, évidemment, une place prépondérante aux iris à barbes, surtout aux grands iris (TB). Mais c'est en préparant un chronique sur les enregistrements d'iris français que m'est venue l'idée de faire le point sur des variétés françaises mais d'une autre nature. Parce qu'elles sont étonnamment nombreuses, et très originales, en particulier lorsqu'ils s'agit d'iris Arils (AB) (1).
D'après mes sources, c'est en 1986 que sont apparus les premiers AB français. Ils provenaient des recherches de Pierre Anfosso, homme curieux de tout et s'intéressant à tout ce qui sortait de l'ordinaire, et de son fils Pierre-Christian. Le côté étrange et exotique des arils et arilbreds avaient tout pour les séduire.
'Giboulée' (P. Anfosso, 1986) est un arilbred issu d'un croisement de TB et d'Aril : Song of Erin X Esther the Queen. Cet iris ressemble beaucoup à un TB, tandis que l'autre variété de l'année, 'Zazou' (PC Anfosso, 1986) a conservé le traits caractéristiques des Arils. La famille Anfosso a continué sur sa lancée et nous a offert 'Equateur' (1988), frère de semis de 'Zazou', puis 'Byzance ' (1990), avant de passer à autre chose.
Le grand spécialiste français des iris Arils est sans conteste Lawrence Ransom. Toujours à l'affût de découvertes innovantes, il a commencé dans ce domaine par une série de « regelia-bred », tous issus d'un croisement interspécifique dénommé 'Vera' (van Tubergen, NR) reconnu comme étant un croisement de I. stolonifera X I. korolkowii. Ces iris sont apparus en 1996. La plupart sont dans les tons de jaune marqué de mauve ou pourpre sur les sépales, à l'exception de 'Vera-Beatrice', bleu-indigo. D'une autre origine (I. suziana et I. sari) 'Tadzhiki Bandit' et 'Tadzhiki Eclipse' auront une descendance intéressante. L'année suivante Ransom a présenté 'Tauris' et 'Urmia', deux variétés issues de I. hoogiana, typiques, avec leur signal sombre au centre de fleurs bleues. 'Easter Blush' (2001), puis 'Benazir' (2007) et 'Aravane' (2010) continuent la série issue de 'Vera'. Tout comme 'Easter Dusk' (2010) à partir duquel L. Ransom a obtenu toute une suite de variétés particulièrement belles et originales. Nous avons là une spécialité française exceptionnelle qui est l’œuvre d'un irisarien passionné, toujours à la recherche de la perfection dans tous les domaines de l'hybridation.
Un autre obtenteur qui sort du commun, c'est Jean Peyrard. Il abordé la plupart des domaines avec beaucoup de bonheur. Son AB 'Ear Falas' (2005), croisement AB X SDB, est une plante qui a obtenu un succès international. Tout comme cela avait été le cas avec 'Thabor' (1991), bien connu aux USA.
Quittons les Arilbreds pour nous diriger vers les Spurias. Il fut un temps où la famille Anfosso s'était distinguée dans cette catégorie. Entre 1988 et 1990 Pierre Anfosso s'est intéressé à ces grands iris très spectaculaires. Le premier s'appelle 'Mezcal' et est apparu en 1988. L'année 1989 fut celle d'une profusion de Spurias signés Anfosso. On ne peut pas tous les citer, mais on peut retenir 'Tenere', richement coloré de jaune et d'acajou. En 1990, 'Cafeine' et 'Louqsor', proche de l'espèce de base, marquent la fin de l'expérience. Cette proximité avec l'espèce I. ochroleuca est aussi le cas des variétés proposées par Lawrence Ransom en 2011. Jérôme Boulon est également un passionné des spurias, mais jusqu'à présent il n'a pas enregistré de variétés de son cru.
En matière d'Iris du Japon, la France n'est pas en reste, même si sa production en ce domaine est encore anecdotique. Cependant Jean Peyrard en 2000, avec 'Messire Mickael', en bleu, puis Richard Cayeux, en 2006, avec 'Extase', s'y sont exercés.
Le catalogue français n'est pas beaucoup plus riche en matière d'Iris de Californie (PCN) puisque seulement Jean Peyrard (encore lui !) s'y est lancé, avec 'Sonam' (1997), 'Tropézienne' (1995) et 'Viva Maria' (1998). Cependant mon petit doigt me dit que nous ne devrions pas en rester là car du côté de la baie de Morlaix il y a de jolies choses qui se préparent !
Autre domaine exceptionnel chez nous, les iris de Sibérie. C'est assez étonnant mais ces plantes faciles ne sont présentes en notre pays que grâce à 'Lightly Touched' (Peyrard, 1991), et encore cette variété n'a-t-elle été mise sur le marché qu'en Amérique.
Terminons par ce qui est le plus surprenant, l'obtention d'iris de Louisiane. On ne s'attend pas à cela sous notre climat, sachant que ces plantes demandent en principe des étés chauds et humides et des hivers doux et secs : le contraire de ce que nous connaissons. Néanmoins il y a des LA français. Ils proviennent de Provence, et datent des années 1988/1991, la grande période de la famille Anfosso. Le 'Cassiopée', rouge brique, de Laure Anfosso (1988) et le 'Tequila' (1988), bleu, de son père, marquent le début de l'exercice. Ont suivi 'Barbare' (P. Anfosso, 1989) puis 'Cosi Fan Tutte' (L. Anfosso, 1990). Comme pour le reste, la belle aventure a pris fin au début des années 1990...
Ce tour d'horizon apporte la preuve que « impossible n'est pas français » ! Et ce n'est pas faire preuve de chauvinisme que de constater que dans notre hexagone on ne cultive pas que des grands iris.
(1) Les iris Arilbreds sont des croisements entre iris Arils (Regelia, Pseudoregelia, Oncocyclus) et Pogoniris (par exemple Grands Iris de Jardin -TB-). Pour être qualifiés d'AB ils doivent porter au moins 50% de « sang » Aril.
Illustrations :
'Cosi Fan Tutte' (cl.Iris en Provence)
'Ear Falas' (cl. Ransom)
'Eastern Dusk' (cl. Ransom)
'Tenere' (cl. Iris en Provence)
'Viva Maria' (cl. Ransom)
D'après mes sources, c'est en 1986 que sont apparus les premiers AB français. Ils provenaient des recherches de Pierre Anfosso, homme curieux de tout et s'intéressant à tout ce qui sortait de l'ordinaire, et de son fils Pierre-Christian. Le côté étrange et exotique des arils et arilbreds avaient tout pour les séduire.
'Giboulée' (P. Anfosso, 1986) est un arilbred issu d'un croisement de TB et d'Aril : Song of Erin X Esther the Queen. Cet iris ressemble beaucoup à un TB, tandis que l'autre variété de l'année, 'Zazou' (PC Anfosso, 1986) a conservé le traits caractéristiques des Arils. La famille Anfosso a continué sur sa lancée et nous a offert 'Equateur' (1988), frère de semis de 'Zazou', puis 'Byzance ' (1990), avant de passer à autre chose.
Le grand spécialiste français des iris Arils est sans conteste Lawrence Ransom. Toujours à l'affût de découvertes innovantes, il a commencé dans ce domaine par une série de « regelia-bred », tous issus d'un croisement interspécifique dénommé 'Vera' (van Tubergen, NR) reconnu comme étant un croisement de I. stolonifera X I. korolkowii. Ces iris sont apparus en 1996. La plupart sont dans les tons de jaune marqué de mauve ou pourpre sur les sépales, à l'exception de 'Vera-Beatrice', bleu-indigo. D'une autre origine (I. suziana et I. sari) 'Tadzhiki Bandit' et 'Tadzhiki Eclipse' auront une descendance intéressante. L'année suivante Ransom a présenté 'Tauris' et 'Urmia', deux variétés issues de I. hoogiana, typiques, avec leur signal sombre au centre de fleurs bleues. 'Easter Blush' (2001), puis 'Benazir' (2007) et 'Aravane' (2010) continuent la série issue de 'Vera'. Tout comme 'Easter Dusk' (2010) à partir duquel L. Ransom a obtenu toute une suite de variétés particulièrement belles et originales. Nous avons là une spécialité française exceptionnelle qui est l’œuvre d'un irisarien passionné, toujours à la recherche de la perfection dans tous les domaines de l'hybridation.
Un autre obtenteur qui sort du commun, c'est Jean Peyrard. Il abordé la plupart des domaines avec beaucoup de bonheur. Son AB 'Ear Falas' (2005), croisement AB X SDB, est une plante qui a obtenu un succès international. Tout comme cela avait été le cas avec 'Thabor' (1991), bien connu aux USA.
Quittons les Arilbreds pour nous diriger vers les Spurias. Il fut un temps où la famille Anfosso s'était distinguée dans cette catégorie. Entre 1988 et 1990 Pierre Anfosso s'est intéressé à ces grands iris très spectaculaires. Le premier s'appelle 'Mezcal' et est apparu en 1988. L'année 1989 fut celle d'une profusion de Spurias signés Anfosso. On ne peut pas tous les citer, mais on peut retenir 'Tenere', richement coloré de jaune et d'acajou. En 1990, 'Cafeine' et 'Louqsor', proche de l'espèce de base, marquent la fin de l'expérience. Cette proximité avec l'espèce I. ochroleuca est aussi le cas des variétés proposées par Lawrence Ransom en 2011. Jérôme Boulon est également un passionné des spurias, mais jusqu'à présent il n'a pas enregistré de variétés de son cru.
En matière d'Iris du Japon, la France n'est pas en reste, même si sa production en ce domaine est encore anecdotique. Cependant Jean Peyrard en 2000, avec 'Messire Mickael', en bleu, puis Richard Cayeux, en 2006, avec 'Extase', s'y sont exercés.
Le catalogue français n'est pas beaucoup plus riche en matière d'Iris de Californie (PCN) puisque seulement Jean Peyrard (encore lui !) s'y est lancé, avec 'Sonam' (1997), 'Tropézienne' (1995) et 'Viva Maria' (1998). Cependant mon petit doigt me dit que nous ne devrions pas en rester là car du côté de la baie de Morlaix il y a de jolies choses qui se préparent !
Autre domaine exceptionnel chez nous, les iris de Sibérie. C'est assez étonnant mais ces plantes faciles ne sont présentes en notre pays que grâce à 'Lightly Touched' (Peyrard, 1991), et encore cette variété n'a-t-elle été mise sur le marché qu'en Amérique.
Terminons par ce qui est le plus surprenant, l'obtention d'iris de Louisiane. On ne s'attend pas à cela sous notre climat, sachant que ces plantes demandent en principe des étés chauds et humides et des hivers doux et secs : le contraire de ce que nous connaissons. Néanmoins il y a des LA français. Ils proviennent de Provence, et datent des années 1988/1991, la grande période de la famille Anfosso. Le 'Cassiopée', rouge brique, de Laure Anfosso (1988) et le 'Tequila' (1988), bleu, de son père, marquent le début de l'exercice. Ont suivi 'Barbare' (P. Anfosso, 1989) puis 'Cosi Fan Tutte' (L. Anfosso, 1990). Comme pour le reste, la belle aventure a pris fin au début des années 1990...
Ce tour d'horizon apporte la preuve que « impossible n'est pas français » ! Et ce n'est pas faire preuve de chauvinisme que de constater que dans notre hexagone on ne cultive pas que des grands iris.
(1) Les iris Arilbreds sont des croisements entre iris Arils (Regelia, Pseudoregelia, Oncocyclus) et Pogoniris (par exemple Grands Iris de Jardin -TB-). Pour être qualifiés d'AB ils doivent porter au moins 50% de « sang » Aril.
Illustrations :
'Cosi Fan Tutte' (cl.Iris en Provence)
'Ear Falas' (cl. Ransom)
'Eastern Dusk' (cl. Ransom)
'Tenere' (cl. Iris en Provence)
'Viva Maria' (cl. Ransom)
LA FLEUR DU MOIS 'Yaquina Blue'
(((Cup Race x Tufted Cloud) x Sailor's Dance) x (Sapphire Hills x (Parisian Blue x ((Blue Linen sib x (semis x Violet Harmony)) x (Swan Ballet x Snowy Heron))))) X ((((((Black Onyx x semis) x Grand Ball) x (Sterling Silver x (((Pierre Menard x (Blue Rhythm x Chivalry)) x Harbor Blue) x (Blue Sapphire x Harbor Blue)))) x inconnu) x Neptune's Pool) x Royal Regency sib
En août 2001, voici ce que j'écrivais à propos de 'Yaquina Blue' et de sa Médaille de Dykes fraîchement obtenue: « On peut dire que c’est un outsider qui a gagné. Le favori était 'Clarence', de Lloyd Zurbrigg, devant 'Mesmerizer', le fameux blanc space-age de Monty Byers et 'Celebration Song', autre produit Schreiner. A défaut de se mettre d’accord sur l’un de ces candidats, les juges ont choisi un quatrième larron, qui faisait partie du lot des variétés les plus appréciées. » 'Clarence', malgré ses qualités et son originalité n'a jamais été couronné, mais les deux autres ont eu leur heure de gloire : 'Mesmerizer' en 2002, et 'Celebration Song' en 2003. Il suffisait d'être patient ! Pour Monty Byers, ce fut le dernier feu d'un génial hybrideur trop tôt disparu. Pour Schreiner c'est la dernière victoire avant un très long purgatoire qui dure encore en 2015.
'Yaquina Blue' a figuré dans la liste de mes iris, mais il n'y est pas resté longtemps car après quelques années brillantes, il a brusquement disparu sans explication. Je ne lui en veux pas, de cette défection. Il arrive que les meilleurs aient des faiblesses...
Les variétés qui reçoivent la DM sont très généralement des plantes de qualité. 'Yaquina Blue' répond à cette définition et sa médaille n'est pas usurpée. Avec son pedigree bien difficile à lire, il marque l'aboutissement d'une lignée d'iris bleus où l'on retrouve à peu près tout le gratin des fleurs de cette couleur. 'Yaquina Blue' est certainement une des variétés qui a obtenu le plus grand nombre de distinctions : Franklin Cook Memorial Cup en 1996 ( iris provenant d’une région autre que la région organisatrice le plus apprécié lors de la Convention Nationale), Wister Medal (meilleur grand iris) en 1998, n° 2 pour la DM de 1999 (l’équivalent de la médaille de bronze dans un concours olympique), n° 1 pour la DM de 2000 (médaille d’argent). Difficile de faire mieux !
Avec un CV comme celui-là, il n'est pas étonnant que 'Yaquina Blue' ait excité la convoitise des hybrideurs du monde entier. Ils sont vingt-sept à l'avoir utilisé. Dont quatorze américains, mais aussi des hybrideurs de sept autres pays, ce qui fait de 'Yaquina Blue' une des variétés les plus internationales qui soit. Les meilleurs obtenteurs du monde l'ont utilisé : la Maison Schreiner, bien sûr, puis les Sutton père et fils, Keith Keppel, Tom Burseen et quelques autres. En France il a intéressé Richard Cayeux, Jean-Claude Jacob, Alain Chapelle et Bernard Laporte ; en Allemagne Anne-Ruth Brehm, Harald Moos et Manfred Beer, en Italie Lorena Montanari et Roberto Marucchi, en Russie Vladimir Osipenko et Yuri Krutchenko, en Ukraine Igor Khorosh et en Australie Graeme Grosvenor.
Plusieurs de ses descendants ont atteint la célébrité, comme 'Sea Power' (Keppel, 1998) Wister Medal 2005 et Dykes Medal 2006, ou 'World Premier' (Schreiner, 1998) Wister Medal 2004. 'Above the Clouds' (Schreiner, 2001), 'Adriatic Waves' (Keppel, 2008) ou 'Merchant Marine' (Keppel, 2006) font aussi partie des plus connus.
C'est bien entendu les tons de bleu qui dominent parmi ses descendants, mais il y a quelques exceptions, dans les blancs comme 'Porcelain Angel' (Schreiner, 2003), ou 'White Pool' (Grosvenor, 2003), ou dans les variegatas comme 'Static Electricity' (M. Sutton, 2012).
J'ai bien regretté que 'Yaquina Blue' n'ait pas persévéré sa croissance dans mon jardin. Je persiste à penser qu'un aussi bel iris y avait toute sa place.
Illustrations :
'Yaquina Blue'
'Above the Clouds'
'White Pool'
'Static Electricity'
4.3.16
PRODUIT DE FRANCE
Depuis l'année 2000 nos compatriotes n'hésitent plus à enregistrer les produits de leurs hybridations. Cela nous vaut une abondance de nouvelles variétés dont la qualité progresse d'année en année. Et de nombreux nouveaux hybrideurs se font ainsi connaître à côté d'anciens toujours aussi valeureux. Pendant quelques semaines nous allons rendre hommage aux uns et aux autres en publiant les photos de leurs plus belles réalisations.
2005
Abondance et qualité sont les vocables qui conviennent le mieux au cru 2005. En voici quatre extraits :
'Aube Rose' (C. Murati, 2005) – parents inconnus
'Noctambule' (R. Cayeux, 2005) - ((Rebecca Perret x semis) x (Bal Masque x (Astrid Cayeux x Helene C.))) X (Futuriste x (In Town x Night Edition))
'Ploumanach' (G. Madoré, 2005) - Social Event X Bubble Up
'Rose Bonbon' (G. Dalvard, 2005) - Coquetterie X Enchanted World
2005
Abondance et qualité sont les vocables qui conviennent le mieux au cru 2005. En voici quatre extraits :
'Aube Rose' (C. Murati, 2005) – parents inconnus
'Noctambule' (R. Cayeux, 2005) - ((Rebecca Perret x semis) x (Bal Masque x (Astrid Cayeux x Helene C.))) X (Futuriste x (In Town x Night Edition))
'Ploumanach' (G. Madoré, 2005) - Social Event X Bubble Up
'Rose Bonbon' (G. Dalvard, 2005) - Coquetterie X Enchanted World
ECHOS DU MONDE DES IRIS
2016 : année de l'iris chez Fragonard.
C’est inspiré par la richesse olfactive de l’Iris, que Fragonard a créé une ligne parfumée à la fleur de l’année 2016.
Le parfum particulier de notre fleur préférée, longtemps en perte de vitesse du fait, surtout, du coût exorbitant de la matière première, revient puissamment en grâce depuis quelques années. Fragonard s'y met à son tour et ceux qui passeront par Grasse pendant leurs vacances pourront y apprécier cette nouvelle ligne.
C’est inspiré par la richesse olfactive de l’Iris, que Fragonard a créé une ligne parfumée à la fleur de l’année 2016.
Le parfum particulier de notre fleur préférée, longtemps en perte de vitesse du fait, surtout, du coût exorbitant de la matière première, revient puissamment en grâce depuis quelques années. Fragonard s'y met à son tour et ceux qui passeront par Grasse pendant leurs vacances pourront y apprécier cette nouvelle ligne.
LES PETITS MAÎTRES DES ANNÉES FOLLES
Les années 1920/1930 ont été outrageusement dominées par la personnalité – et le talent – de Ferdinand Cayeux. Cependant ce grand personnage, admiré partout dans le monde, n'était pas le seul dans le microcosme français des iris. Certes son principal concurrent, Philippe de Vilmorin, associé à son alter ego Séraphin Mottet, avait quitté ce monde en 1917, et laissé béante un vaste espace, mais d'autres hybrideurs tentaient de se faire une place au soleil.
Commençons par dire deux mots d'un obtenteur dénommé Bouscant. Il n'est pas facile d'obtenir aujourd'hui des précisions concernant ce personnage. J'ai découvert qu'il s'agissait de Alexandre Bouscant, horticulteur à Fontenay aux Roses. Cet homme bien oublié de nos jours s'est intéressé aux iris, et, dans les travaux de la Commission des Iris de 1933, le Secrétaire de la Commission, J.M. Duvernay, cite parmi les variétés remarquables du moment un iris nommé 'Frida', forte plante aux fleurs bitones bleu dauphin aux pétales et violet moyen aux sépales, avec des barbes jaune safran. Le nom de Bouscant apparaît une seconde fois dans celui d'une variété de la Maison Millet baptisée 'Mme Cécile Bouscant' (1923), variété tétraploïde de couleur rose orchidée. Il semble que la renommée de cet hybrideur n'ait pas atteint les États-Unis d'Amérique : ni « The World of Irises », ni Clarence Mahan n'y font allusion.
Un autre petit maître peu connu est Auguste Nonin, horticulteur à Châtillon sous Bagneux. Il était beaucoup plus réputé pour ses chrysanthèmes et surtout ses roses. 'Madame Auguste Nonin' est un rosier que l'on trouve encore aujourd'hui. Mais il avait aussi un intérêt pour les iris (il a fait partie de la Commission des Iris, en 1926) et quelques-unes de ses obtentions ont été remarquées, comme 'Odette Olivet' (?), unicolore rose mauve vif, mêlé de lilas, 'Marie-Louise', (1918), mauve, 'Candeur' (1933), blanc comme son nom le laisse à penser, ou 'Fraîcheur' (1933), plicata blanc de porcelaine, teinté et marginé de rose magenta.
On franchit un niveau quand on passe aux autres confrères de Ferdinand Cayeux. En effet qu'il s'agisse de Fernand Denis ou de Millet père puis fils, on a affaire à des hybrideurs internationalement connus.
Fernand Denis était déjà un irisarien chevronné au début des années folles puisqu'il avait 62 ans en 1920 et que ses premiers iris datent des années 1900, comme 'Troost' (1904). J.M. Duvernay dans l'ouvrage pré-cité dit de lui : « M. Denis, qui a tant contribué à l'amélioration du genre Iris, et à qui nous devons la série de magnifiques hybrides de Ricardi (…). » Ce patriarche de l'hybridation vivaient à Balaruc-les-Bains, sur l'étang de Thau, non loin d'où demeure Jean Ségui, autre hybrideur réputé. Son haut fait d'arme est d'avoir fait usage dans ses croisements de Ricardi qui est la version horticole de l'espèce I. mesopotamica. Convaincu que les grosses fleurs de cette espèce devaient apporter un progrès dans l'hybridation des iris, il avait pratiqué ce croisement interspécifique I. mesopotamica X I. germanica sans savoir qu'il unissait deux plantes au nombre de chromosomes différent et qu'avec un peu de chance il allait transférer la tétraploïdie de son Ricardi aux variétés diploïdes et provoquer ce qu'on a désigné sous le nom de « révolution tétraploïde ».
Le plus fameux des descendants de Ricardi est sans doute 'Mme Chobaut' qui est déjà une variété ancienne au moment de début de cette chronique puisque enregistré en 1916. C. Mahan le décrit ainsi : « un fond de couleur jaune calcédoine qui devient blanc sur les sépales. Ses pétales sont teintés et liserés de rouge violacé clair, et ses sépales sont veinés et striés de rouge violacé. » D'autres variétés issues avec certitude de Ricardi se nomment 'Andrée Autissier' (1921), indigo clair, 'Melle Schwartz' (1916), mauve pâle, ou 'Blanc-Bleuté' (1922), bleu glacier. Ce dernier devait avoir une descendance illustre puisqu'on y trouve 'Missouri' (Grinter, 1932 – DM 1937), 'Chivalry' (Wills, 1943 – DM 1947) et 'Blue Sapphire' (Schreiner, 1953 – DM 1958), le gratin des iris bleus en quelque sorte.
Parmi les autres intéressants cultivars, il faut faire une place à 'Ochracea Caerulea' (1919), dont le nom latinisant ne doit pas faire oublier qu'il ne s'agit pas d'une espèce d'iris, mais d'une variété utilisée largement en hybridation par les confrères de F. Denis, dont F. Cayeux lui-même.
Avec plus de 150 variétés à son inventaire, Fernand Denis est un hybrideur important.
La famille Millet, avec Armand, le père, et Lionel, le fils, est l'autre versant de la concurrence à Ferdinand Cayeux. Compte tenu de sa renommée, il est sans doute un peu injuste de la classer parmi les « petits maîtres ». Mais elle ne se situe néanmoins pas au niveau de la Maison Cayeux qui, à l'époque, plantait déjà chaque année plus de 6000 semis !
Le plus important des iris obtenus à Bourg-la-Reine, par Armand Millet est sans conteste 'Souvenir de Mme Gaudichau' (1914) ainsi baptisé pour rendre hommage à Armandine Rosalie, fille de l'obtenteur, veuve à 34 ans et décédée à 44. Ce superbe tétraploïde dans les tons de bleu violacé a eu un impact considérable sur le monde des iris, notamment parce que Mitchell l'a utilisé pour obtenir 'Santa Clara' (1931) et qu'à partir de là ses gènes se retrouvent dans la plupart des iris bleus actuels et, par retombée indirecte, dans de très nombreuses variétés dans toutes les couleurs possible. Plusieurs variétés remarquables sont sorties des jardins Millet au cours des années 1920/1930. A commencer par le célèbre 'Romeo' (1922), qui est un genre de variegata, décrit par ses auteurs comme « Iris à petites fleurs et fines tiges solides. Pétales d'un joli jaune citron ; sépales où se mêlent le mauve et le rouge violacé avec une gorge striée et griffée d'acajou sur un fond blanc ». Le nom de 'Madame Cécile Bouscant' a été évoqué plus haut, mais il faut ajouter que cette variété vivement appréciée aux USA est à l'origine de nombreux iris dans les tons de brun ou de cuivre.
Moins largement commercialisés que ceux de son confrère Cayeux, et victimes des destructions dues à la deuxième guerre mondiale, la plupart des obtentions de la Maison Millet de la période 1920/1930 ont disparu. On trouve encore 'La Bohémienne' (1926), étrange sorte de plicata veiné de rouge magenta sur fond blanc, 'Henri Rivière' (1927), variegata crème et mauve, 'Germaine Perthuis' (1924), magnifique fleur violette à barbes jaunes, et quelques autres dont, et surtout, 'Souvenir de Laetitia Michaud', bleu violacé, d'une forme considérée comme parfaite.
Ainsi le règne incontestable de Ferdinand Cayeux n'a pas été sans partage, et si ses concurrents sont aujourd'hui un peu oubliés, ils ont cependant été de valeureux hybrideurs dont il ne faut pas négliger le travail.
Illustrations :
'Madame Chobaut'
'Ochracea Caerulea'
'La Bohémienne'
'Germaine Perthuis'
Commençons par dire deux mots d'un obtenteur dénommé Bouscant. Il n'est pas facile d'obtenir aujourd'hui des précisions concernant ce personnage. J'ai découvert qu'il s'agissait de Alexandre Bouscant, horticulteur à Fontenay aux Roses. Cet homme bien oublié de nos jours s'est intéressé aux iris, et, dans les travaux de la Commission des Iris de 1933, le Secrétaire de la Commission, J.M. Duvernay, cite parmi les variétés remarquables du moment un iris nommé 'Frida', forte plante aux fleurs bitones bleu dauphin aux pétales et violet moyen aux sépales, avec des barbes jaune safran. Le nom de Bouscant apparaît une seconde fois dans celui d'une variété de la Maison Millet baptisée 'Mme Cécile Bouscant' (1923), variété tétraploïde de couleur rose orchidée. Il semble que la renommée de cet hybrideur n'ait pas atteint les États-Unis d'Amérique : ni « The World of Irises », ni Clarence Mahan n'y font allusion.
Un autre petit maître peu connu est Auguste Nonin, horticulteur à Châtillon sous Bagneux. Il était beaucoup plus réputé pour ses chrysanthèmes et surtout ses roses. 'Madame Auguste Nonin' est un rosier que l'on trouve encore aujourd'hui. Mais il avait aussi un intérêt pour les iris (il a fait partie de la Commission des Iris, en 1926) et quelques-unes de ses obtentions ont été remarquées, comme 'Odette Olivet' (?), unicolore rose mauve vif, mêlé de lilas, 'Marie-Louise', (1918), mauve, 'Candeur' (1933), blanc comme son nom le laisse à penser, ou 'Fraîcheur' (1933), plicata blanc de porcelaine, teinté et marginé de rose magenta.
On franchit un niveau quand on passe aux autres confrères de Ferdinand Cayeux. En effet qu'il s'agisse de Fernand Denis ou de Millet père puis fils, on a affaire à des hybrideurs internationalement connus.
Fernand Denis était déjà un irisarien chevronné au début des années folles puisqu'il avait 62 ans en 1920 et que ses premiers iris datent des années 1900, comme 'Troost' (1904). J.M. Duvernay dans l'ouvrage pré-cité dit de lui : « M. Denis, qui a tant contribué à l'amélioration du genre Iris, et à qui nous devons la série de magnifiques hybrides de Ricardi (…). » Ce patriarche de l'hybridation vivaient à Balaruc-les-Bains, sur l'étang de Thau, non loin d'où demeure Jean Ségui, autre hybrideur réputé. Son haut fait d'arme est d'avoir fait usage dans ses croisements de Ricardi qui est la version horticole de l'espèce I. mesopotamica. Convaincu que les grosses fleurs de cette espèce devaient apporter un progrès dans l'hybridation des iris, il avait pratiqué ce croisement interspécifique I. mesopotamica X I. germanica sans savoir qu'il unissait deux plantes au nombre de chromosomes différent et qu'avec un peu de chance il allait transférer la tétraploïdie de son Ricardi aux variétés diploïdes et provoquer ce qu'on a désigné sous le nom de « révolution tétraploïde ».
Le plus fameux des descendants de Ricardi est sans doute 'Mme Chobaut' qui est déjà une variété ancienne au moment de début de cette chronique puisque enregistré en 1916. C. Mahan le décrit ainsi : « un fond de couleur jaune calcédoine qui devient blanc sur les sépales. Ses pétales sont teintés et liserés de rouge violacé clair, et ses sépales sont veinés et striés de rouge violacé. » D'autres variétés issues avec certitude de Ricardi se nomment 'Andrée Autissier' (1921), indigo clair, 'Melle Schwartz' (1916), mauve pâle, ou 'Blanc-Bleuté' (1922), bleu glacier. Ce dernier devait avoir une descendance illustre puisqu'on y trouve 'Missouri' (Grinter, 1932 – DM 1937), 'Chivalry' (Wills, 1943 – DM 1947) et 'Blue Sapphire' (Schreiner, 1953 – DM 1958), le gratin des iris bleus en quelque sorte.
Parmi les autres intéressants cultivars, il faut faire une place à 'Ochracea Caerulea' (1919), dont le nom latinisant ne doit pas faire oublier qu'il ne s'agit pas d'une espèce d'iris, mais d'une variété utilisée largement en hybridation par les confrères de F. Denis, dont F. Cayeux lui-même.
Avec plus de 150 variétés à son inventaire, Fernand Denis est un hybrideur important.
La famille Millet, avec Armand, le père, et Lionel, le fils, est l'autre versant de la concurrence à Ferdinand Cayeux. Compte tenu de sa renommée, il est sans doute un peu injuste de la classer parmi les « petits maîtres ». Mais elle ne se situe néanmoins pas au niveau de la Maison Cayeux qui, à l'époque, plantait déjà chaque année plus de 6000 semis !
Le plus important des iris obtenus à Bourg-la-Reine, par Armand Millet est sans conteste 'Souvenir de Mme Gaudichau' (1914) ainsi baptisé pour rendre hommage à Armandine Rosalie, fille de l'obtenteur, veuve à 34 ans et décédée à 44. Ce superbe tétraploïde dans les tons de bleu violacé a eu un impact considérable sur le monde des iris, notamment parce que Mitchell l'a utilisé pour obtenir 'Santa Clara' (1931) et qu'à partir de là ses gènes se retrouvent dans la plupart des iris bleus actuels et, par retombée indirecte, dans de très nombreuses variétés dans toutes les couleurs possible. Plusieurs variétés remarquables sont sorties des jardins Millet au cours des années 1920/1930. A commencer par le célèbre 'Romeo' (1922), qui est un genre de variegata, décrit par ses auteurs comme « Iris à petites fleurs et fines tiges solides. Pétales d'un joli jaune citron ; sépales où se mêlent le mauve et le rouge violacé avec une gorge striée et griffée d'acajou sur un fond blanc ». Le nom de 'Madame Cécile Bouscant' a été évoqué plus haut, mais il faut ajouter que cette variété vivement appréciée aux USA est à l'origine de nombreux iris dans les tons de brun ou de cuivre.
Moins largement commercialisés que ceux de son confrère Cayeux, et victimes des destructions dues à la deuxième guerre mondiale, la plupart des obtentions de la Maison Millet de la période 1920/1930 ont disparu. On trouve encore 'La Bohémienne' (1926), étrange sorte de plicata veiné de rouge magenta sur fond blanc, 'Henri Rivière' (1927), variegata crème et mauve, 'Germaine Perthuis' (1924), magnifique fleur violette à barbes jaunes, et quelques autres dont, et surtout, 'Souvenir de Laetitia Michaud', bleu violacé, d'une forme considérée comme parfaite.
Ainsi le règne incontestable de Ferdinand Cayeux n'a pas été sans partage, et si ses concurrents sont aujourd'hui un peu oubliés, ils ont cependant été de valeureux hybrideurs dont il ne faut pas négliger le travail.
Illustrations :
'Madame Chobaut'
'Ochracea Caerulea'
'La Bohémienne'
'Germaine Perthuis'
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