CONDOTTIERE x DELPHI
On ne présente plus CONDOTTIERE (J.Cayeux 78), qui est très certainement l’iris français le plus utilisé en hybridation partout dans le monde, et qui fait maintenant partie du petit cercle des variétés de base, mais on connaît moins son partenaire DELPHI (Shoop 79) qui n’a pas eu le même succès, mais qui est à l’origine d’une remarquable lignée.
A première vue, DELPHI est une variété assez banale. Il est décrit comme « Pétales blancs ; sépales bleus ; barbes mandarine ; ondulé. » C’est un peu cursif comme description, et pas tout à fait exact. En fait les sépales ne sont pas franchement bleus, mais d’un bleu-mauve un peu terne, avec des veines claires très visibles et des épaules fortement marquées de brun. Quant à la forme de la fleur, elle est tout à fait typique des années 70 : les pétales forment le dôme et les sépales retombent un peu. Rien donc qui attire particulièrement, si ce n’est les barbes vivement colorées, qui sont une caractéristique des iris signés George Shoop.
Avec le flair qui distingue les grands hybrideurs, Jean Cayeux, en visite aux USA en 1981, devine que cette variété, croisée avec le grand CONDOTTIERE, est susceptible de donner naissance à des iris tricolores, blancs aux pétales, bleus aux sépales et rouges aux barbes. Il rapporte du pollen de DELPHI et procède aussitôt au croisement envisagé. Dans son livre « L’iris, une fleur royale », Richard Cayeux raconte ensuite comment ce croisement a donné naissance à un semis bleu-blanc-rouge, mais insuffisamment contrasté, qui n’est connu que sous son numéro (8109 A), et comment recroisé avec d’autres descendants de CONDOTTIERE, il est à l’origine d’une série exceptionnelle de variétés tricolores. Quatre frères de semis ont été sélectionnés : BAL MASQUÉ, MARBRE BLEU, REBECCA PERRET et VIVE LA FRANCE. Ces quatre variétés ont été enregistrées en 1993. BAL MASQUÉ est le plus sombre des quatre : les pétales sont bien blancs, mais les sépales, fortement veinés sous les barbes, présentent un violet pensée qui offre un contraste très agréable. MARBRE BLEU est tout à fait remarquable, avec des sépales d’un beau bleu violacé vif et des veines blanches très importantes mais qui ne font que développer le caractère de la fleur. REBECCA PERRET est beaucoup plus clair : le bleu tendre des sépales rappelle à la fois celui d’ALIZÉS (J. Cayeux 87) (qui figure dans son pedigree) et celui de son semis « mère ». VIVE LA FRANCE est le plus proche du but recherché car son bleu est un bleu « drapeau » et le centre blanc des sépales nettement moins développé que sur ses frères. Des quatre, c’est REBECCA PERRET qui a assuré la continuation, avec trois variétés cousines : BELLE DE NUIT (R. Cayeux 99), PARISIEN (R.Cayeux 94) et LA MEIJE (R. Cayeux 2000). BELLE DE NUIT est un néglecta indigo à vives barbes rouges ; PARISIEN est l’ultime achèvement de la série des tricolores, car il tient le milieu entre VIVE LA FRANCE et MARBRE BLEU avec la teinte du premier aux sépales et les veines blanches du second ; quant à LA MEIJE c’est une amélioration du semis 8109 A en ce qui concerne la forme de la fleur et la pureté des couleurs, puisque le ton bleuté se limite aux bords des sépales. il provient du croisement de REBECCA PERRET et d’un autre descendant du couple CONDOTTIERE x DELPHI, l’exceptionnel SIXTINE C (R.Cayeux 94).
Car ce couple n’a pas seulement engendré la bande des quatre ! Parmi ses descendants on trouve aussi deux autres frères de semis : HORTENSE C (R. Cayeux 93). et RUBAN BLEU (R. Cayeux 97), ainsi que VOLUTE (R. Cayeux 96), issu d’un autre croisement. En plus il y a CUMULUS (R. Cayeux 2000), et l’américain REGAL AFFAIR (Shoop 89), la version US de la série tricolore. HORTENSE C. est très proche de BAL MASQUÉ ; RUBAN BLEU est sans doute le plus vif de la série tricolore, avec une zone blanche fortement rayée de brun sous les barbes. On retrouve dans CUMULUS le côté néglecta de BELLE DE NUIT, mais dans une tonalité plus mauve et plus claire. Enfin VOLUTE est nettement un bicolore, beige et violet améthyste, avec la belle barbe rouge propre à sa famille.
La descendance du couple CONDOTTIERE x DELPHI n’est peut-être pas terminée. Une prolongation lui a déjà été donnée avec FRENCH CANCAN (R. Cayeux 2001), une autre réussite, voisine pour les couleurs du fameux CELEBRATION SONG (Schreiner 93), mais voisine aussi de sa grand’mère REBECCA PERRET.
Avec le couple CONDOTTIERE x DELPHI, la maison Cayeux a donc fait une bonne affaire. Les amis des iris aussi, car on ne pourrait plus se passer désormais de ces iris tricolores, spécificité française, qui illuminent nos jardins.
4.4.03
27.3.03
LARRY GAULTER
D’après la chronique obituaire publiée par James P. McWhirter dans le Bulletin de l’AIS n° 283 (Octobre 1991)
Larry Albert Gaulter, ancien membre du staff de l’AIS est décédé le 8 juin 1991.C’était un hybrideur distingué dont la renommée est surtout due à MARY FRANCES, vainqueur de la Médaille de Dykes.
L’intérêt de Larry Gaulter pour les iris a été l’histoire d’amour de sa vie. Né à Kansas City, dans le Missouri, le 16 novembre 1907, il était encore enfant quand il commença à s’intéresser aux fleurs. Il habitait près d’une serre, en face d’un grand cimetière. Comme il l’a souvent raconté, il a travaillé au cimetière, vendant des plantes en pot pour le compte des propriétaires de la serre. Ces gens lui ont donné quelques plantes qu’il a commencé à faire pousser dans son arrière-cour. L. Gaulter travaillait aussi dans l’entreprise de peinture et papier peint de son père, ce qui lui permit d’affiner un sens subtil des couleurs, qui transparaît dans la couleur des variétés qu’il nous léguées.
Après son mariage avec Frances, dont il avait fait la connaissance dans un bal où il jouait du saxophone avec un orchestre local, il acheta sa première maison à Chanute, Kansas. Bien entendu une « charmante vieille dame » habitait à côté et fit cadeau aux Gaulter d’un ou deux paniers de plantes où il y avait des iris qui fleurirent le printemps suivant. La passion de Larry pour les iris avait commencé et il écrivit aussitôt au rédacteur en chef d’une revue de botanique pour demander que plus de place soit consacrée aux iris.
Au cours des années qui suivirent, les Gaulter visitèrent plein de jardins d’iris, et apprécièrent le travail des hybrideurs. Avec des amis, ils firent le voyage de Benson Station, à Omaha, pour voir le jardin des frères Sass. C’est là que L. Gaulter rencontra pour la première fois Bob Schreiner et Dave Hall. Comme il l’a expliqué, Omaha était à l’époque le centre du monde des iris et si vous vouliez rencontrer l’un de ses membres, vous étiez sûr de le trouver là-bas pendant la période de floraison. Larry visita également les jardins de tous les hybrideurs du moment, depuis les grandes prairies du centre des Etats Unis jusqu’à la côte ouest.
En 1938 il rejoignit l’AIS et devint juge. Il avait acquis de profondes connaissances des iris au contact des plus grands, en leur expliquant ce qu’il faisait et en écoutant leurs observations.
Pendant la deuxième guerre mondiale, il servit dans la Marine, en Californie. Avec l’argent de son pécule il acheta un tas d’iris chez différents hybrideurs, et peu après la fin de la guerre, déménagea sa famille pour s’installer en Californie sur la baie de San Francisco. C’est là qu’il fit la connaissance de tout le gratin des hybrideurs installés dans ce secteur. Chaque année il faisait le pèlerinage de l’Oregon et de l’Utah, depuis le jardin des Schreiner, jusqu’à celui de Melba Hamblen, en passant par les terres d’Opal Brown, au cœur des Blue Mountains.
L. Gaulter commença ses hybridations à la fin des années 40. Son premier enregistrement date de 1954, mais son premier véritable succès date de 1958 et se nomme MADEMOISELLE, un croisement de LAVANESQUE x PATHFINDER qui reçut un AM en 64 et tapa dans l’œil de Tell Muhlestein qui inscrivit cette variété à son catalogue.
Au cours des années 60 Larry Gaulter introduisit un grand nombre de variétés de haute valeur comme CLAUDIA RENE (63), CHRISTIE ANNE (64), qui remporta le Florin d’Or à Florence en 67, LAURIE (67), SAN LEANDRO (68), qui fut l’un des plus apprécié de son époque. Cependant c’est MARY FRANCES, introduit en 73, qui reçut la Médaille de Dykes en 79 et qui est l’exemple même de ce que doit être un vainqueur de la DM, c’est à dire une plante qui pousse et fleurit bien partout où on la cultive. MARY FRANCES continue d’avoir du succès et est toujours coté au Symposium de l’AIS.
Les autres iris marquants obtenus par Larry Gaulter se nomment TIBURON (71), VIRGINIA SQUIRE (73), TUPELO HONEY (75), CARRIAGE TRADE (77), PERSIAN BERRY (77), DRURY LANE (78), PORTRAIT OF LARRIE (79), SKATING PARTY (83) ou FIRST REUNION (90).
Larry Gaulter prétendait que la culture des iris était une activité si saine qu’elle permettait de vivre longtemps. C’est en effet ce qui lui est arrivé, puis qu’il est mort à 83 ans. Avec lui, le monde des iris a perdu un important obtenteur, mais, plus important encore, il a perdu un lien avec une autre époque. Heureusement il nous reste les iris qu’il a créés qui nous rappellent le passé, mais aussi nous guident vers le futur.
D’après la chronique obituaire publiée par James P. McWhirter dans le Bulletin de l’AIS n° 283 (Octobre 1991)
Larry Albert Gaulter, ancien membre du staff de l’AIS est décédé le 8 juin 1991.C’était un hybrideur distingué dont la renommée est surtout due à MARY FRANCES, vainqueur de la Médaille de Dykes.
L’intérêt de Larry Gaulter pour les iris a été l’histoire d’amour de sa vie. Né à Kansas City, dans le Missouri, le 16 novembre 1907, il était encore enfant quand il commença à s’intéresser aux fleurs. Il habitait près d’une serre, en face d’un grand cimetière. Comme il l’a souvent raconté, il a travaillé au cimetière, vendant des plantes en pot pour le compte des propriétaires de la serre. Ces gens lui ont donné quelques plantes qu’il a commencé à faire pousser dans son arrière-cour. L. Gaulter travaillait aussi dans l’entreprise de peinture et papier peint de son père, ce qui lui permit d’affiner un sens subtil des couleurs, qui transparaît dans la couleur des variétés qu’il nous léguées.
Après son mariage avec Frances, dont il avait fait la connaissance dans un bal où il jouait du saxophone avec un orchestre local, il acheta sa première maison à Chanute, Kansas. Bien entendu une « charmante vieille dame » habitait à côté et fit cadeau aux Gaulter d’un ou deux paniers de plantes où il y avait des iris qui fleurirent le printemps suivant. La passion de Larry pour les iris avait commencé et il écrivit aussitôt au rédacteur en chef d’une revue de botanique pour demander que plus de place soit consacrée aux iris.
Au cours des années qui suivirent, les Gaulter visitèrent plein de jardins d’iris, et apprécièrent le travail des hybrideurs. Avec des amis, ils firent le voyage de Benson Station, à Omaha, pour voir le jardin des frères Sass. C’est là que L. Gaulter rencontra pour la première fois Bob Schreiner et Dave Hall. Comme il l’a expliqué, Omaha était à l’époque le centre du monde des iris et si vous vouliez rencontrer l’un de ses membres, vous étiez sûr de le trouver là-bas pendant la période de floraison. Larry visita également les jardins de tous les hybrideurs du moment, depuis les grandes prairies du centre des Etats Unis jusqu’à la côte ouest.
En 1938 il rejoignit l’AIS et devint juge. Il avait acquis de profondes connaissances des iris au contact des plus grands, en leur expliquant ce qu’il faisait et en écoutant leurs observations.
Pendant la deuxième guerre mondiale, il servit dans la Marine, en Californie. Avec l’argent de son pécule il acheta un tas d’iris chez différents hybrideurs, et peu après la fin de la guerre, déménagea sa famille pour s’installer en Californie sur la baie de San Francisco. C’est là qu’il fit la connaissance de tout le gratin des hybrideurs installés dans ce secteur. Chaque année il faisait le pèlerinage de l’Oregon et de l’Utah, depuis le jardin des Schreiner, jusqu’à celui de Melba Hamblen, en passant par les terres d’Opal Brown, au cœur des Blue Mountains.
L. Gaulter commença ses hybridations à la fin des années 40. Son premier enregistrement date de 1954, mais son premier véritable succès date de 1958 et se nomme MADEMOISELLE, un croisement de LAVANESQUE x PATHFINDER qui reçut un AM en 64 et tapa dans l’œil de Tell Muhlestein qui inscrivit cette variété à son catalogue.
Au cours des années 60 Larry Gaulter introduisit un grand nombre de variétés de haute valeur comme CLAUDIA RENE (63), CHRISTIE ANNE (64), qui remporta le Florin d’Or à Florence en 67, LAURIE (67), SAN LEANDRO (68), qui fut l’un des plus apprécié de son époque. Cependant c’est MARY FRANCES, introduit en 73, qui reçut la Médaille de Dykes en 79 et qui est l’exemple même de ce que doit être un vainqueur de la DM, c’est à dire une plante qui pousse et fleurit bien partout où on la cultive. MARY FRANCES continue d’avoir du succès et est toujours coté au Symposium de l’AIS.
Les autres iris marquants obtenus par Larry Gaulter se nomment TIBURON (71), VIRGINIA SQUIRE (73), TUPELO HONEY (75), CARRIAGE TRADE (77), PERSIAN BERRY (77), DRURY LANE (78), PORTRAIT OF LARRIE (79), SKATING PARTY (83) ou FIRST REUNION (90).
Larry Gaulter prétendait que la culture des iris était une activité si saine qu’elle permettait de vivre longtemps. C’est en effet ce qui lui est arrivé, puis qu’il est mort à 83 ans. Avec lui, le monde des iris a perdu un important obtenteur, mais, plus important encore, il a perdu un lien avec une autre époque. Heureusement il nous reste les iris qu’il a créés qui nous rappellent le passé, mais aussi nous guident vers le futur.
22.3.03
FORÊT NOIRE
La plupart des iris noirs, ou tendant vers le noir, descendent aujourd’hui d’une variété de base qui se nomme BLACK FOREST (Schreiner 45). Cette variété a partagé avec SABLE (Cook 38) le titre de « l’iris noir », du fait de l’intensité de son coloris. SABLE s’est révélé être une sorte d’aboutissement, car ses descendants n’ont pas manifesté un réel progrès par rapport à leur géniteur sauf en direction d’autres sortes d’iris foncés. Néanmoins, l’un d’entre eux, SABLE NIGHT (Cook 50), digne descendant d’un illustre ancêtre, s’est distingué en obtenant la Médaille de Dykes en 1955. Il est vrai que cet iris a, par ailleurs, un lien de parenté avec BLACK FOREST.
Honneur donc à BLACK FOREST, et à ses innombrables descendants.
Pour donner une idée de la diversité de ceux-ci, voici une liste de variétés modernes, avec un résumé de leur pedigree, remontant jusqu’ à leur ancêtre mythique :
· EXOTIC ISLE (Plough 81) -> EXOTIC STAR -> WINNER’S CIRCLE -> WINTRY NIGHT -> semis -> BLACK FOREST ;
· NIGHT AFFAIR (Luihn 83) -> CONTEMPO -> ROYAL HERITAGE -> ALLEGIANCE -> DARK BOATMAN(1) -> BLACK FOREST ;
· MODERNAIRE (Luihn 74) -> ROYAL HERITAGE -> ALLEGIANCE -> DARK BOATMAN(1) -> BLACK FOREST ;
· TRAPEL (Ségui 82) -> DARK ALLURE -> GRAND ALLIANCE -> ALLEGIANCE -> DARK BOATMAN(1) -> BLACK FOREST ;
· WITCHES’ SABBATH ( Maryott 86) (2) -> WALTZING WIDOW -> semis -> GRAND ALLIANCE -> ALLEGIANCE -> DARK BOATMAN(1) -> BLACK FOREST ;
· NUIT DE CHINE (Anfosso 93) -> BLACK FLAG -> SWAHILI -> ALLEGIANCE -> DARK BOATMAN(1) -> BLACK FOREST ;
· BEFORE THE STORM (Innerst 89 DM 96) -> RAVEN’S ROOST -> BLACK MARKET -> STUDY IN BLACK -> CONGO SONG -> STORM WARNING -> BLACK FOREST ;
· NIGHTS OF GLADNESS (Ernst 90) -> INTERPOL -> STUDY IN BLACK -> CONGO SONG -> STORM WARNING -> BLACK FOREST ;
· BLENHEIM ROYAL (Schreiner 90) -> MASTER TOUCH -> STUDY IN BLACK -> CONGO SONG -> STORM WARNING -> BLACK FOREST ;
· JAZZ JUBILEE (Dunn R. 84) -> MIDNIGHT SPECIAL -> semis -> semis -> BLACK HILLS -> BLACK FOREST ;
· DUSKY EVENING (Schreiner 71) -> BLACK SWAN (3) -> semis -> BLACK HILLS -> BLACK FOREST ;
· MANDY G (Beer 92) -> SWAZI PRINCESS -> BLACK SWAN(3) -> semis -> BLACK HILLS -> BLACK FOREST ;
· BLACK AS NIGHT (Meek D. 92) -> BLACK PEARL -> DUSKY DANCER -> DARK FURY -> BASIN STREET -> STORM WARNING -> BLACK FOREST ;
· MIDNIGHT OIL (Keppel 98) -> BLACKOUT -> NAVY CHANT -> DUSKY DANCER -> DARK FURY -> BASIN STREET -> STORM WARNING -> BLACK FOREST ;
· CALAMITÉ (Anfosso 82) – BASIC BLACK -> semis -> BASIN STREET -> STORM WARNING -> BLACK FOREST ;
· NIGHT OWL (Schreiner 70) -> NIGHTSIDE -> semis -> LICORICE STICK -> semis -> STORM WARNING -> BLACK FOREST ;
· HELLO DARKNESS (Schreiner 92 DM 99) -> MIDNIGHT DANCER -> TUXEDO sib -> LICORICE STICK -> semis -> STORM WARNING -> BLACK FOREST ;
· OLD BLACK MAGIC (Schreiner 96) -> MIDNIGHT DANCER -> TUXEDO sib -> LICORICE STICK -> semis -> STORM WARNING -> BLACK FOREST ;
· AROUND MIDNIGHT (Schreiner 95) -> MATINATA -> deux semis -> STORM WARNING -> BLACK FOREST ;
· BLACK TIE AFFAIR (Schreiner 93) -> BLACK DRAGON -> MATINATA -> deux semis -> STORM WARNING -> BLACK FOREST ;
· THUNDER SPIRIT (Schreiner 96) -> DARKSIDE -> MATINATA -> deux semis -> STORM WARNING -> BLACK FOREST ;
· DRACO (Anfosso 88) -> STORM CENTER -> MATINATA -> deux semis -> STORM WARNING -> BLACK FOREST.
Avec celle de SABLE et SABLE NIGHT, les deux origines étant aujourd’hui intimement mêlées, la famille de BLACK FOREST est immense, à tel point que l’on ne peut plus parler d’iris noir sans faire y faire référence. C’est une variété qui tient bien sa place parmi les pères fondateurs de l’iridophilie moderne.
(1) variété issue également de SABLE
(2) compte également BLACK SWAN dans son ascendance
(3) variété issue également de SABLE NIGHT
La plupart des iris noirs, ou tendant vers le noir, descendent aujourd’hui d’une variété de base qui se nomme BLACK FOREST (Schreiner 45). Cette variété a partagé avec SABLE (Cook 38) le titre de « l’iris noir », du fait de l’intensité de son coloris. SABLE s’est révélé être une sorte d’aboutissement, car ses descendants n’ont pas manifesté un réel progrès par rapport à leur géniteur sauf en direction d’autres sortes d’iris foncés. Néanmoins, l’un d’entre eux, SABLE NIGHT (Cook 50), digne descendant d’un illustre ancêtre, s’est distingué en obtenant la Médaille de Dykes en 1955. Il est vrai que cet iris a, par ailleurs, un lien de parenté avec BLACK FOREST.
Honneur donc à BLACK FOREST, et à ses innombrables descendants.
Pour donner une idée de la diversité de ceux-ci, voici une liste de variétés modernes, avec un résumé de leur pedigree, remontant jusqu’ à leur ancêtre mythique :
· EXOTIC ISLE (Plough 81) -> EXOTIC STAR -> WINNER’S CIRCLE -> WINTRY NIGHT -> semis -> BLACK FOREST ;
· NIGHT AFFAIR (Luihn 83) -> CONTEMPO -> ROYAL HERITAGE -> ALLEGIANCE -> DARK BOATMAN(1) -> BLACK FOREST ;
· MODERNAIRE (Luihn 74) -> ROYAL HERITAGE -> ALLEGIANCE -> DARK BOATMAN(1) -> BLACK FOREST ;
· TRAPEL (Ségui 82) -> DARK ALLURE -> GRAND ALLIANCE -> ALLEGIANCE -> DARK BOATMAN(1) -> BLACK FOREST ;
· WITCHES’ SABBATH ( Maryott 86) (2) -> WALTZING WIDOW -> semis -> GRAND ALLIANCE -> ALLEGIANCE -> DARK BOATMAN(1) -> BLACK FOREST ;
· NUIT DE CHINE (Anfosso 93) -> BLACK FLAG -> SWAHILI -> ALLEGIANCE -> DARK BOATMAN(1) -> BLACK FOREST ;
· BEFORE THE STORM (Innerst 89 DM 96) -> RAVEN’S ROOST -> BLACK MARKET -> STUDY IN BLACK -> CONGO SONG -> STORM WARNING -> BLACK FOREST ;
· NIGHTS OF GLADNESS (Ernst 90) -> INTERPOL -> STUDY IN BLACK -> CONGO SONG -> STORM WARNING -> BLACK FOREST ;
· BLENHEIM ROYAL (Schreiner 90) -> MASTER TOUCH -> STUDY IN BLACK -> CONGO SONG -> STORM WARNING -> BLACK FOREST ;
· JAZZ JUBILEE (Dunn R. 84) -> MIDNIGHT SPECIAL -> semis -> semis -> BLACK HILLS -> BLACK FOREST ;
· DUSKY EVENING (Schreiner 71) -> BLACK SWAN (3) -> semis -> BLACK HILLS -> BLACK FOREST ;
· MANDY G (Beer 92) -> SWAZI PRINCESS -> BLACK SWAN(3) -> semis -> BLACK HILLS -> BLACK FOREST ;
· BLACK AS NIGHT (Meek D. 92) -> BLACK PEARL -> DUSKY DANCER -> DARK FURY -> BASIN STREET -> STORM WARNING -> BLACK FOREST ;
· MIDNIGHT OIL (Keppel 98) -> BLACKOUT -> NAVY CHANT -> DUSKY DANCER -> DARK FURY -> BASIN STREET -> STORM WARNING -> BLACK FOREST ;
· CALAMITÉ (Anfosso 82) – BASIC BLACK -> semis -> BASIN STREET -> STORM WARNING -> BLACK FOREST ;
· NIGHT OWL (Schreiner 70) -> NIGHTSIDE -> semis -> LICORICE STICK -> semis -> STORM WARNING -> BLACK FOREST ;
· HELLO DARKNESS (Schreiner 92 DM 99) -> MIDNIGHT DANCER -> TUXEDO sib -> LICORICE STICK -> semis -> STORM WARNING -> BLACK FOREST ;
· OLD BLACK MAGIC (Schreiner 96) -> MIDNIGHT DANCER -> TUXEDO sib -> LICORICE STICK -> semis -> STORM WARNING -> BLACK FOREST ;
· AROUND MIDNIGHT (Schreiner 95) -> MATINATA -> deux semis -> STORM WARNING -> BLACK FOREST ;
· BLACK TIE AFFAIR (Schreiner 93) -> BLACK DRAGON -> MATINATA -> deux semis -> STORM WARNING -> BLACK FOREST ;
· THUNDER SPIRIT (Schreiner 96) -> DARKSIDE -> MATINATA -> deux semis -> STORM WARNING -> BLACK FOREST ;
· DRACO (Anfosso 88) -> STORM CENTER -> MATINATA -> deux semis -> STORM WARNING -> BLACK FOREST.
Avec celle de SABLE et SABLE NIGHT, les deux origines étant aujourd’hui intimement mêlées, la famille de BLACK FOREST est immense, à tel point que l’on ne peut plus parler d’iris noir sans faire y faire référence. C’est une variété qui tient bien sa place parmi les pères fondateurs de l’iridophilie moderne.
(1) variété issue également de SABLE
(2) compte également BLACK SWAN dans son ascendance
(3) variété issue également de SABLE NIGHT
15.3.03
CON AMORE
Des iris et de la musique
C’est fou comme la musique, la musique classique entre autres, inspire les obtenteurs d’iris ! Et je ne peux parler que de ce que je connais (un peu) : les grands iris des jardins. Rien que dans ce domaine, les allusions musicales sont aussi agréables que les fleurs qui leur ont emprunté leur nom. Arrêtons-nous un moment (une pause ?) sur ces dénominations évocatrices.
Curieusement ce sont les compositeurs qui sont les moins bien représentés. Ils ne sont que deux, à ma connaissance : Mozart, qui est honoré par AMADEUS (Tompkins 89), un iris lilas à barbes jaunes, et SPECIAL MOZART (Anfosso 91), et Giacomo Puccini, qui a droit à MAESTRO PUCCINI (Benson 72), superbe bleu pur, et tout simplement PUCCINI (Ghio 98), plicata pourpre sur fond blanc.
Les artistes interprètes sont également au nombre de deux : la cantatrice BEVERLY SILLS (Hager 79 – DM 85) – dont les enregistrements d’opéras viennent d’être republiés – et l’immense pianiste VAN CLIBURN (Benson 61), un iris bleu parfait. En termes généraux on trouve aussi la CHANTEUSE de Joseph Gatty (80), toute de rose vêtue, la CHOIR GIRL (77) de Barry Blyth, en robe crème, le SOLOIST (Ernst 94) en costume de scène dans les tons miel, le vieux MAESTRO (Stevens 44), en rose isabelle, et même le MUSIC MAESTRO de Blyth (90) en habit bleu marine.
On rencontre aussi quelques personnages d’opéra, comme la THAÏS, non pas de Massenet, mais de Ferdinand Cayeux (1926), ou les mozartiens DESPINA (82) en blanc, et LEPORELLO (81) en violet sombre, tous deux produits par l’allemand Erhard Woerfel, tout comme ADALGISA, en blanc au cœur bleu, qui porte le nom d’une héroïne de Norma, de Bellini.
L’opéra, et ses morceaux de bravoure, sont dignement représentés, que ce soit le BEL CANTO (81) ou le VERISMO (87) de Ben Hager, la CELESTE AÏDA de Valeria Romoli (99), la FLUTE ENCHANTÉE de notre compatriote Anfosso (91), le CARO NOME de Bob Brown (68) ou la MUSETTA’S WALTZ de Herbert Spence (73). Ajoutons, toujours en ce qui concerne la « grande » musique, EMPEROR’S CONCERTO (Wood 95) – bleu drapeau – , EVENING CANTICLE (Carr 89 – FA 90) – digne descendant de SONG OF NORWAY - , SPRING SYMPHONY (Benson 72) – rose orchidée - SPRING RHAPSODY ( Maryott 94) – gris-, SUNSET SONATA (Hamblen 80) – abricot – et TWILIGHT SONATA (Ghio 62) – indigo - ; sans oublier la SONATE D’O composée par Pierre Anfosso en 79.
Les termes musicaux ne manquent pas parmi les grands iris. Les genres musicaux tout d’abord, avec CHAMBER MUSIC (Williamson 73 – FO 77), OPERA BOUFFE (Ransom 92), OPERETTE (J. Cayeux 68), ou, tout simplement MUSIQUE (B. Blyth 79), SIMFONIJA (Volfovitch-Moler 92), SYMPHONETTE (Noyd 69) ; les mesures et les rythmes, ensuite comme ALLEGRETTO (B. Martin 75), ALLEMANDE (Schliefert 73) ou RONDO (Schreiner 72), l’inoubliable plicata ; les termes plus généraux ensuite, comme FIRST MOVEMENT (Grosvenor 90 – ADM 92), IN TEMPO (B. Blyth 74), OPUS ONE (Coleman 72), ou WORDS AND MUSIC (Grosvenor 84) ; les indications de nuance, enfin, où l’on trouve SUR DEUX NOTES (Ségui 81), CON FUOCO (Ransom 94) et CON AMORE (Hager 84), auquel j’ai pris le titre de ce texte.
La musique inspire donc les hybrideurs, à moins que ce ne soit les iris qui fassent souvent penser à la musique. Ce ne serait pas étonnant car, comme la musique, ils savent parler directement au cœur.
Des iris et de la musique
C’est fou comme la musique, la musique classique entre autres, inspire les obtenteurs d’iris ! Et je ne peux parler que de ce que je connais (un peu) : les grands iris des jardins. Rien que dans ce domaine, les allusions musicales sont aussi agréables que les fleurs qui leur ont emprunté leur nom. Arrêtons-nous un moment (une pause ?) sur ces dénominations évocatrices.
Curieusement ce sont les compositeurs qui sont les moins bien représentés. Ils ne sont que deux, à ma connaissance : Mozart, qui est honoré par AMADEUS (Tompkins 89), un iris lilas à barbes jaunes, et SPECIAL MOZART (Anfosso 91), et Giacomo Puccini, qui a droit à MAESTRO PUCCINI (Benson 72), superbe bleu pur, et tout simplement PUCCINI (Ghio 98), plicata pourpre sur fond blanc.
Les artistes interprètes sont également au nombre de deux : la cantatrice BEVERLY SILLS (Hager 79 – DM 85) – dont les enregistrements d’opéras viennent d’être republiés – et l’immense pianiste VAN CLIBURN (Benson 61), un iris bleu parfait. En termes généraux on trouve aussi la CHANTEUSE de Joseph Gatty (80), toute de rose vêtue, la CHOIR GIRL (77) de Barry Blyth, en robe crème, le SOLOIST (Ernst 94) en costume de scène dans les tons miel, le vieux MAESTRO (Stevens 44), en rose isabelle, et même le MUSIC MAESTRO de Blyth (90) en habit bleu marine.
On rencontre aussi quelques personnages d’opéra, comme la THAÏS, non pas de Massenet, mais de Ferdinand Cayeux (1926), ou les mozartiens DESPINA (82) en blanc, et LEPORELLO (81) en violet sombre, tous deux produits par l’allemand Erhard Woerfel, tout comme ADALGISA, en blanc au cœur bleu, qui porte le nom d’une héroïne de Norma, de Bellini.
L’opéra, et ses morceaux de bravoure, sont dignement représentés, que ce soit le BEL CANTO (81) ou le VERISMO (87) de Ben Hager, la CELESTE AÏDA de Valeria Romoli (99), la FLUTE ENCHANTÉE de notre compatriote Anfosso (91), le CARO NOME de Bob Brown (68) ou la MUSETTA’S WALTZ de Herbert Spence (73). Ajoutons, toujours en ce qui concerne la « grande » musique, EMPEROR’S CONCERTO (Wood 95) – bleu drapeau – , EVENING CANTICLE (Carr 89 – FA 90) – digne descendant de SONG OF NORWAY - , SPRING SYMPHONY (Benson 72) – rose orchidée - SPRING RHAPSODY ( Maryott 94) – gris-, SUNSET SONATA (Hamblen 80) – abricot – et TWILIGHT SONATA (Ghio 62) – indigo - ; sans oublier la SONATE D’O composée par Pierre Anfosso en 79.
Les termes musicaux ne manquent pas parmi les grands iris. Les genres musicaux tout d’abord, avec CHAMBER MUSIC (Williamson 73 – FO 77), OPERA BOUFFE (Ransom 92), OPERETTE (J. Cayeux 68), ou, tout simplement MUSIQUE (B. Blyth 79), SIMFONIJA (Volfovitch-Moler 92), SYMPHONETTE (Noyd 69) ; les mesures et les rythmes, ensuite comme ALLEGRETTO (B. Martin 75), ALLEMANDE (Schliefert 73) ou RONDO (Schreiner 72), l’inoubliable plicata ; les termes plus généraux ensuite, comme FIRST MOVEMENT (Grosvenor 90 – ADM 92), IN TEMPO (B. Blyth 74), OPUS ONE (Coleman 72), ou WORDS AND MUSIC (Grosvenor 84) ; les indications de nuance, enfin, où l’on trouve SUR DEUX NOTES (Ségui 81), CON FUOCO (Ransom 94) et CON AMORE (Hager 84), auquel j’ai pris le titre de ce texte.
La musique inspire donc les hybrideurs, à moins que ce ne soit les iris qui fassent souvent penser à la musique. Ce ne serait pas étonnant car, comme la musique, ils savent parler directement au cœur.
7.3.03
LE TIERCÉ GAGNANT DE M. COOK
Il en est dans le monde des iris comme il en est dans le monde tout court : le hasard est toujours là. Il intervient quand on ne l’attend pas et peut être à l’origine d’événements considérables. J’ai déjà raconté les incroyables coups de chance de Clara Rees, avec SNOW FLURRY et de Lois Kuntz avec DEBBIE RAIRDON. Mais dans le genre, le geste du destin qui favorisa Paul Cook est au moins aussi extraordinaire.
Paul Cook, l’une des plus éminentes figures de l’hybridation, a commencé son travail avec les iris au début des années 30. Son nom est cité dans tous les domaines de l’hybridation, mais tout spécialement lorsqu’il est question d’iris bleus. En effet, dès 1939 il s’était lancé dans un programme destiné à améliorer la vivacité du coloris de ces iris. C’est dans ce but qu’il a acheté à l’obtenteur Rex Pearce un lot de graines qui devaient être celles d’I. mellita, et qui se sont révélées comme étant celles d’I. reichenbachii, une espèce d’iris nains originaires des Balkans, très florifère, dans les tons de jaune avec de fortes taches brunes sur les sépales. Paul Cook a réalisé en 1944 un croisement entre un de ces I. reichenbachii et le grand iris bleu SHINING WATERS (Douglas circa 35). Le résultat n’a pas été brillant en nombre de graines, mais l’un des semis obtenus, croisé de nouveau avec SHINING WATERS, a donné un iris amoena bleu de grande qualité. Cook a alors réalisé que ce petit iris de rien du tout, issu de ces graines d’ I. reichenbachii, possédait le pouvoir d’inhiber le pigment bleu dans les pétales de ses descendants. Il l’a enregistré en 1951 en lui donnant le nom de PROGENITOR.
PROGENITOR n’a jamais remporté la moindre distinction, mais il est à l’origine des iris néglectas, amoenas et bicolors actuels, et par conséquent de toutes leurs variantes comme celles que l’on rencontre chez les plicatas. Et les trois champions de cette immense descendance se nomment MELODRAMA (Cook 56), EMMA COOK (Cook 57) et WHOLE CLOTH (Cook 58).
MELODRAMA, l’aîné, est un iris néglecta, mauve bleuté ou bleu jacinthe pour les pétales, indigo clair pour les sépales, un peu plus clair sous les barbes mauve pâle, le plus ondulé des trois. Il tient son côté violacé au pollen de DREAMCASTLE, variété rose orchidée. Le cadet, EMMA COOK, ainsi nommé en l’honneur de l’épouse de Paul Cook, est le plus clair de la nichée : les pétales sont d’un blanc à peine bleuté, de même que les sépales qui comportent un large liseré en dégradé de bleu s’intensifiant vers le bord (l’effet d’inhibition s’est étendu largement sur les sépales), il est légèrement ondulé. Le petit dernier, de loin le plus célèbre, WHOLE CLOTH, est un vrai amoena : pétales blancs, sépales bleu violacé clair, barbes jaunes, fleurs presque sans ondulations.
MELODRAMA est à l’origine d’une foule d’iris bitones, bicolors ou plicatas, soit en descendance directe, soit par l’intermédiaire de ces descendants. A commencer par le bleu-mauve A PROPOS (Babson 64), les variegatas GYPSY LULLABY (Brown O. 60), BON VIVANT (Plough 63), AMIGO’S GUITAR (Plough 64) ou COSMOPOLITAN (Hamblen 72), les bicolors TOUCHE (Hamblen 69) ou DUALTONE (O. Brown 77) et des plicatas comme ODYSSEY (Babson 71) ou SPINNING WHEEL (Nearpass 74). Au moins trois de ses produits ont obtenu des récompenses majeures : DREAM LOVER (E. Tams 71) et EVERYTHING PLUS (Niswonger 84) ont reçu la Médaille de Dykes, le premier en 77 et le second en 91, et QUEEN OF FLORENCE (Mallory 76) porte ce nom en l’honneur du Florin d’Or qui lui a été accordé en 75 alors qu’il ne portait encore qu’un numéro de semis. Il est possible d’ajouter SOSTENIQUE (Blyth 75) qui fut le récipiendaire de la DM australienne en 86.
EMMA COOK est présent dans le pedigree de nombreuses variétés très diverses comme ARPEGE (Schreiner 66), SCINTILLATION (Schreiner 81), LIVE MUSIC (Schreiner 83), GYPSY WOMAN (Schreiner 84) qui ont eux-mêmes engendré plein de belles variétés comme l’amoena-plicata ART FAIRE (Schreiner 93), l’éclatant STARSHIP ENTERPRISE (Schreiner 99), et le brillant plicata allemand RENATE LEITMEYER (Beer 2001). Cependant c’est en France que sont nés les principaux rejetons d’EMMA COOK, en raison de l’usage qu’en a fait la famille Cayeux. CONDOTTIERE (78), tout d’abord, qui descend à la fois d’EMMA COOK et de WHOLE CLOTH, et dont la propre descendance est impressionnante, mais aussi GURLI (78) et VAHINÉ (79) dans le genre néglecta, ou JOLI CŒUR (99) délicat amoena rose. Enfin il faut parler des la grande famille des tricolores qui va d’ALIZÉS (87), plus amoena que tricolore, à PARISIEN (94), en passant par BAL MASQUÉ (91), VIVE LA FRANCE (91), REBECCA PERRET (92) – qui ressemble sans doute le plus à son ancêtre EMMA COOK--, et MARBRE BLEU (93).
WHOLE CLOTH est à l’origine d’un nombre incroyable d’iris de toutes sortes. On ne peut qu’en citer quelques-uns, en commençant par MISS INDIANA (Cook 61) qui reste l’un des plus brillants amoenas, avec une forme parfaite, et qui a eu lui-même une riche descendance avec DREAM LOVER (Tams 71) dont j’ai parlé ci-dessus. Les Français CASCADEUR (Cayeux 69), FANTAISIE (Cayeux 68), viennent de WHOLE CLOTH, comme les célèbres LATIN LOVER (Shoop 69), LILAC CHAMPAGNE (Hamblen 65), LORD BALTIMORE (Nearpass 69), MILESTONE (Plough 65), NAVAJO BLANKET (Schreiner 78)… Mais arrêtons-nous sur une famille issue de WHOLE CLOTH qui a eu un succès remarquable. Avec ROCOCO (Schreiner 59), Keppel a obtenu DIPLOMACY (65), que Ghio a associé à STEPPING OUT pour donner VENERATION (69). Il a par la suite croisé cette variété avec un de ses semis à la généalogie très complexe, englobant des blancs (SPANISH PEAKS) des bleus (CAHOKIA – CHIVALRY), des « noirs » (BLACK FOREST) et plusieurs de ses propres obtentions dans les tons de bleu (FROSTED STARLIGHT, PENTHOUSE, MAHALO), pour obtenir d’un côté DIALOGUE (73) et de l’autre MYSTIQUE (75). DIALOGUE a remporté le Florin d’Or en 76 et MYSTIQUE s’est vu décerner la DM en 1980 ! Les deux variétés ont indéniablement un air de famille, le premier est plus nettement amoena, le second tout à fait néglecta, mais tous les deux ont cette couleur extraordinaire, ce bleu spécifique qui a créé un choc lors de leur apparition sur le marché. C’est en regardant des photos de DIALOGUE et de MYSTIQUE que m’est venue l’idée de me pencher sur leur origine, car je leur trouvais quelque ressemblance avec MELODRAMA dont l’image figure également dans ma collection. Et il apparaît que ce dernier figure effectivement dans le pedigree des deux précédents, par l’intermédiaire de MAHALO (Ghio 64), qui est le produit de MELODRAMA et de TWILIGHT SONATA (Ghio 62), un iris indigo vif qui n’est pas pour rien dans la couleur exceptionnelle des deux demi-frères.
Voilà une étude généalogique passionnante qui, partant d’un petit iris botanique sans histoire, aboutit aux plus luxueux iris modernes par l’effet d’un hasard qui fait penser, en moins dramatique, à cette boutade selon laquelle une feuille de cerisier tombée à Tokyo peut être à l’origine d’un cyclone sur les Bahamas.
Il en est dans le monde des iris comme il en est dans le monde tout court : le hasard est toujours là. Il intervient quand on ne l’attend pas et peut être à l’origine d’événements considérables. J’ai déjà raconté les incroyables coups de chance de Clara Rees, avec SNOW FLURRY et de Lois Kuntz avec DEBBIE RAIRDON. Mais dans le genre, le geste du destin qui favorisa Paul Cook est au moins aussi extraordinaire.
Paul Cook, l’une des plus éminentes figures de l’hybridation, a commencé son travail avec les iris au début des années 30. Son nom est cité dans tous les domaines de l’hybridation, mais tout spécialement lorsqu’il est question d’iris bleus. En effet, dès 1939 il s’était lancé dans un programme destiné à améliorer la vivacité du coloris de ces iris. C’est dans ce but qu’il a acheté à l’obtenteur Rex Pearce un lot de graines qui devaient être celles d’I. mellita, et qui se sont révélées comme étant celles d’I. reichenbachii, une espèce d’iris nains originaires des Balkans, très florifère, dans les tons de jaune avec de fortes taches brunes sur les sépales. Paul Cook a réalisé en 1944 un croisement entre un de ces I. reichenbachii et le grand iris bleu SHINING WATERS (Douglas circa 35). Le résultat n’a pas été brillant en nombre de graines, mais l’un des semis obtenus, croisé de nouveau avec SHINING WATERS, a donné un iris amoena bleu de grande qualité. Cook a alors réalisé que ce petit iris de rien du tout, issu de ces graines d’ I. reichenbachii, possédait le pouvoir d’inhiber le pigment bleu dans les pétales de ses descendants. Il l’a enregistré en 1951 en lui donnant le nom de PROGENITOR.
PROGENITOR n’a jamais remporté la moindre distinction, mais il est à l’origine des iris néglectas, amoenas et bicolors actuels, et par conséquent de toutes leurs variantes comme celles que l’on rencontre chez les plicatas. Et les trois champions de cette immense descendance se nomment MELODRAMA (Cook 56), EMMA COOK (Cook 57) et WHOLE CLOTH (Cook 58).
MELODRAMA, l’aîné, est un iris néglecta, mauve bleuté ou bleu jacinthe pour les pétales, indigo clair pour les sépales, un peu plus clair sous les barbes mauve pâle, le plus ondulé des trois. Il tient son côté violacé au pollen de DREAMCASTLE, variété rose orchidée. Le cadet, EMMA COOK, ainsi nommé en l’honneur de l’épouse de Paul Cook, est le plus clair de la nichée : les pétales sont d’un blanc à peine bleuté, de même que les sépales qui comportent un large liseré en dégradé de bleu s’intensifiant vers le bord (l’effet d’inhibition s’est étendu largement sur les sépales), il est légèrement ondulé. Le petit dernier, de loin le plus célèbre, WHOLE CLOTH, est un vrai amoena : pétales blancs, sépales bleu violacé clair, barbes jaunes, fleurs presque sans ondulations.
MELODRAMA est à l’origine d’une foule d’iris bitones, bicolors ou plicatas, soit en descendance directe, soit par l’intermédiaire de ces descendants. A commencer par le bleu-mauve A PROPOS (Babson 64), les variegatas GYPSY LULLABY (Brown O. 60), BON VIVANT (Plough 63), AMIGO’S GUITAR (Plough 64) ou COSMOPOLITAN (Hamblen 72), les bicolors TOUCHE (Hamblen 69) ou DUALTONE (O. Brown 77) et des plicatas comme ODYSSEY (Babson 71) ou SPINNING WHEEL (Nearpass 74). Au moins trois de ses produits ont obtenu des récompenses majeures : DREAM LOVER (E. Tams 71) et EVERYTHING PLUS (Niswonger 84) ont reçu la Médaille de Dykes, le premier en 77 et le second en 91, et QUEEN OF FLORENCE (Mallory 76) porte ce nom en l’honneur du Florin d’Or qui lui a été accordé en 75 alors qu’il ne portait encore qu’un numéro de semis. Il est possible d’ajouter SOSTENIQUE (Blyth 75) qui fut le récipiendaire de la DM australienne en 86.
EMMA COOK est présent dans le pedigree de nombreuses variétés très diverses comme ARPEGE (Schreiner 66), SCINTILLATION (Schreiner 81), LIVE MUSIC (Schreiner 83), GYPSY WOMAN (Schreiner 84) qui ont eux-mêmes engendré plein de belles variétés comme l’amoena-plicata ART FAIRE (Schreiner 93), l’éclatant STARSHIP ENTERPRISE (Schreiner 99), et le brillant plicata allemand RENATE LEITMEYER (Beer 2001). Cependant c’est en France que sont nés les principaux rejetons d’EMMA COOK, en raison de l’usage qu’en a fait la famille Cayeux. CONDOTTIERE (78), tout d’abord, qui descend à la fois d’EMMA COOK et de WHOLE CLOTH, et dont la propre descendance est impressionnante, mais aussi GURLI (78) et VAHINÉ (79) dans le genre néglecta, ou JOLI CŒUR (99) délicat amoena rose. Enfin il faut parler des la grande famille des tricolores qui va d’ALIZÉS (87), plus amoena que tricolore, à PARISIEN (94), en passant par BAL MASQUÉ (91), VIVE LA FRANCE (91), REBECCA PERRET (92) – qui ressemble sans doute le plus à son ancêtre EMMA COOK--, et MARBRE BLEU (93).
WHOLE CLOTH est à l’origine d’un nombre incroyable d’iris de toutes sortes. On ne peut qu’en citer quelques-uns, en commençant par MISS INDIANA (Cook 61) qui reste l’un des plus brillants amoenas, avec une forme parfaite, et qui a eu lui-même une riche descendance avec DREAM LOVER (Tams 71) dont j’ai parlé ci-dessus. Les Français CASCADEUR (Cayeux 69), FANTAISIE (Cayeux 68), viennent de WHOLE CLOTH, comme les célèbres LATIN LOVER (Shoop 69), LILAC CHAMPAGNE (Hamblen 65), LORD BALTIMORE (Nearpass 69), MILESTONE (Plough 65), NAVAJO BLANKET (Schreiner 78)… Mais arrêtons-nous sur une famille issue de WHOLE CLOTH qui a eu un succès remarquable. Avec ROCOCO (Schreiner 59), Keppel a obtenu DIPLOMACY (65), que Ghio a associé à STEPPING OUT pour donner VENERATION (69). Il a par la suite croisé cette variété avec un de ses semis à la généalogie très complexe, englobant des blancs (SPANISH PEAKS) des bleus (CAHOKIA – CHIVALRY), des « noirs » (BLACK FOREST) et plusieurs de ses propres obtentions dans les tons de bleu (FROSTED STARLIGHT, PENTHOUSE, MAHALO), pour obtenir d’un côté DIALOGUE (73) et de l’autre MYSTIQUE (75). DIALOGUE a remporté le Florin d’Or en 76 et MYSTIQUE s’est vu décerner la DM en 1980 ! Les deux variétés ont indéniablement un air de famille, le premier est plus nettement amoena, le second tout à fait néglecta, mais tous les deux ont cette couleur extraordinaire, ce bleu spécifique qui a créé un choc lors de leur apparition sur le marché. C’est en regardant des photos de DIALOGUE et de MYSTIQUE que m’est venue l’idée de me pencher sur leur origine, car je leur trouvais quelque ressemblance avec MELODRAMA dont l’image figure également dans ma collection. Et il apparaît que ce dernier figure effectivement dans le pedigree des deux précédents, par l’intermédiaire de MAHALO (Ghio 64), qui est le produit de MELODRAMA et de TWILIGHT SONATA (Ghio 62), un iris indigo vif qui n’est pas pour rien dans la couleur exceptionnelle des deux demi-frères.
Voilà une étude généalogique passionnante qui, partant d’un petit iris botanique sans histoire, aboutit aux plus luxueux iris modernes par l’effet d’un hasard qui fait penser, en moins dramatique, à cette boutade selon laquelle une feuille de cerisier tombée à Tokyo peut être à l’origine d’un cyclone sur les Bahamas.
28.2.03
AU BOUT DU PINCEAU
Il n’est pas nécessaire de s’appeler Monet ou Van Gogh pour peindre des iris. Une multitude d’artistes moins connus ont choisi cette fleur pour exprimer leur art. C’est qu’avec la rose, l’iris est une fleur particulièrement expressive et décorative. Depuis la nuit des temps les artistes l’ont représenté dans leurs œuvres. Aujourd’hui, comme toujours, il fait partie des fleurs les plus peintes ou dessinées, et je voudrais ici rendre hommage à un certain nombre d’artistes dont j’ai pu admirer les œuvres au cours des dernières années.
Du temps où je m’occupais de le revue « Iris & Bulbeuses », j’ai eu le plaisir d’entrer en contact avec quelques uns dont le travail, découvert ici où là, m’avait particulièrement plu. En d’autres circonstances j’ai pu apprécier les œuvres de peintres tout aussi intéressants, mais dont l’éloignement géographique fait qu’ils n’ont pas en France la notoriété qu’ils méritent.
Ma sensibilité personnelle me mène à la fois vers des œuvres qui s’attachent à une représentation précise de leur sujet et des peintures imaginatives, à partir du moment où elles expriment avec grâce et délicatesse ce sur quoi elles portent. Dans cet ordre d’idée j’aine tout particulièrement les aquarelles de Jacqueline Farvacques, que l’on trouve, par exemple, dans l’ouvrage de Richard Cayeux « L’iris, une fleur royale ». Le dessin y est net, méticuleux, la couleur exacte et minutieuse, mais l’image n’est pas guindée, académique. L’interprétation de l’iris dénote une certaine fantaisie, très esthétique.
Le travail de l’artiste belge Diane Bruyninckx s’apparente au précédent par la finesse et la précision du trait : on est là devant une représentation plus scientifique de la plante, mais la touche personnelle de Madame Bruyninckx enlève tout ce qu’il pourrait y avoir de raideur dans une précision excessive.
Deux artistes pourtant fort éloignées l’une de l’autre réalisent des aquarelles évidemment moins « botaniques », mais qui restent proches du sujet. Une vision plus individuelle mais néanmoins très claire. Il s’agit de la Polonaise Barbara Smocszenska et de la Française Jeannine Néri. La première peint très souvent l’iris, mais aussi toute sorte de sujets intimistes ; c’est, depuis plusieurs années, l’illustratrice de calendrier annuel de l’équivalent polonais de l’EDF et ses ouvrages se trouvent par conséquent dans les foyers de bon nombre de ses concitoyens. La seconde expose dans son atelier de Moustier Ste Marie, un pays qui a connu la célébrité aux XVII et XVIIIeme siècle, pour la qualité de ses faïences et la délicatesse de leurs illustrations.
Les œuvres de L. de Lathouwer, artiste flamande, et de l’Américaine Carmel Foret, se situent à mi-chemin entre les deux groupes précédents. Le côté végétal est très présent, mais la liberté d’interprétation est aussi très vaste. Du même côté penchent des aquarellistes comme Clif Hadfield, au dessin riche et touffu, ou sa compatriote Nancy Harkins, dont le trait s’épaissit un peu trop à mon goût.
En France Joan Blondeel a choisi délibérément une interprétation très personnelle de son sujet. Il n’est que de voir celles de ses œuvres présentées dans « L’iris, une fleur royale » pour faire la différence avec la vision de Jacqueline Farvacques dont il a été question plus haut. Christiane Mathieu, une autre amatrice des iris, s’exprime encore différemment. Son but n’est pas de représenter l’iris en tant que plante ou fleur, mais d’en donner une image onirique, poétique, toute en souplesse. Dans leur foisonnement les pastels de Marie Magdeleine Boineau-Chevalier donnent une impression assez similaire, avec une plus grande richesse dans les couleurs.
A l’opposé se situent les iris de Janine Pathé-Lancry. La fleur y retrouve la finesse des peintures italiennes ou flamandes du XVeme siècle, mais la modernité n’est pas absente de ces huiles sur toile, notamment dans la palette des coloris.
Ce n’est là qu’un infime panorama de la représentation de l’iris dans l’art contemporain : je ne suis pas un coureur de galeries d’art, et je ne parle que de ce que j’ai vu. Mais, comme les artistes cités, j’en parle avec mon cœur, et je ne cherche qu’à leur rendre grâce du plaisir que j’ai éprouvé à la contemplation de leur talent. Mon regret est de ne pouvoir, dans le présent « blog », joindre des images qui illustreraient mon propos.
Il n’est pas nécessaire de s’appeler Monet ou Van Gogh pour peindre des iris. Une multitude d’artistes moins connus ont choisi cette fleur pour exprimer leur art. C’est qu’avec la rose, l’iris est une fleur particulièrement expressive et décorative. Depuis la nuit des temps les artistes l’ont représenté dans leurs œuvres. Aujourd’hui, comme toujours, il fait partie des fleurs les plus peintes ou dessinées, et je voudrais ici rendre hommage à un certain nombre d’artistes dont j’ai pu admirer les œuvres au cours des dernières années.
Du temps où je m’occupais de le revue « Iris & Bulbeuses », j’ai eu le plaisir d’entrer en contact avec quelques uns dont le travail, découvert ici où là, m’avait particulièrement plu. En d’autres circonstances j’ai pu apprécier les œuvres de peintres tout aussi intéressants, mais dont l’éloignement géographique fait qu’ils n’ont pas en France la notoriété qu’ils méritent.
Ma sensibilité personnelle me mène à la fois vers des œuvres qui s’attachent à une représentation précise de leur sujet et des peintures imaginatives, à partir du moment où elles expriment avec grâce et délicatesse ce sur quoi elles portent. Dans cet ordre d’idée j’aine tout particulièrement les aquarelles de Jacqueline Farvacques, que l’on trouve, par exemple, dans l’ouvrage de Richard Cayeux « L’iris, une fleur royale ». Le dessin y est net, méticuleux, la couleur exacte et minutieuse, mais l’image n’est pas guindée, académique. L’interprétation de l’iris dénote une certaine fantaisie, très esthétique.
Le travail de l’artiste belge Diane Bruyninckx s’apparente au précédent par la finesse et la précision du trait : on est là devant une représentation plus scientifique de la plante, mais la touche personnelle de Madame Bruyninckx enlève tout ce qu’il pourrait y avoir de raideur dans une précision excessive.
Deux artistes pourtant fort éloignées l’une de l’autre réalisent des aquarelles évidemment moins « botaniques », mais qui restent proches du sujet. Une vision plus individuelle mais néanmoins très claire. Il s’agit de la Polonaise Barbara Smocszenska et de la Française Jeannine Néri. La première peint très souvent l’iris, mais aussi toute sorte de sujets intimistes ; c’est, depuis plusieurs années, l’illustratrice de calendrier annuel de l’équivalent polonais de l’EDF et ses ouvrages se trouvent par conséquent dans les foyers de bon nombre de ses concitoyens. La seconde expose dans son atelier de Moustier Ste Marie, un pays qui a connu la célébrité aux XVII et XVIIIeme siècle, pour la qualité de ses faïences et la délicatesse de leurs illustrations.
Les œuvres de L. de Lathouwer, artiste flamande, et de l’Américaine Carmel Foret, se situent à mi-chemin entre les deux groupes précédents. Le côté végétal est très présent, mais la liberté d’interprétation est aussi très vaste. Du même côté penchent des aquarellistes comme Clif Hadfield, au dessin riche et touffu, ou sa compatriote Nancy Harkins, dont le trait s’épaissit un peu trop à mon goût.
En France Joan Blondeel a choisi délibérément une interprétation très personnelle de son sujet. Il n’est que de voir celles de ses œuvres présentées dans « L’iris, une fleur royale » pour faire la différence avec la vision de Jacqueline Farvacques dont il a été question plus haut. Christiane Mathieu, une autre amatrice des iris, s’exprime encore différemment. Son but n’est pas de représenter l’iris en tant que plante ou fleur, mais d’en donner une image onirique, poétique, toute en souplesse. Dans leur foisonnement les pastels de Marie Magdeleine Boineau-Chevalier donnent une impression assez similaire, avec une plus grande richesse dans les couleurs.
A l’opposé se situent les iris de Janine Pathé-Lancry. La fleur y retrouve la finesse des peintures italiennes ou flamandes du XVeme siècle, mais la modernité n’est pas absente de ces huiles sur toile, notamment dans la palette des coloris.
Ce n’est là qu’un infime panorama de la représentation de l’iris dans l’art contemporain : je ne suis pas un coureur de galeries d’art, et je ne parle que de ce que j’ai vu. Mais, comme les artistes cités, j’en parle avec mon cœur, et je ne cherche qu’à leur rendre grâce du plaisir que j’ai éprouvé à la contemplation de leur talent. Mon regret est de ne pouvoir, dans le présent « blog », joindre des images qui illustreraient mon propos.
21.2.03
PLICATA JAUNE ?
Il m’arrive d’écrire des bêtises. Pour preuve l’article sur LIGHT BEAM qui a paru l’an dernier. J’ai appris depuis que l’on ne pouvait pas véritablement parler de « plicata jaune ». Pour la bonne raison que, par définition, « plicata » signifie « iris à fond blanc ou colorés de jaune, rose ou orange, avec des motifs pointillés ou rayés bleus, violets ou pourpres ». C’est une communication récente de Keith Keppel, destinée aux membres du groupe de discussion « IRIS TALK » qui a éclairé ma lanterne.
Admettons donc qu’il n’existe pas à proprement parler de plicata jaune, mais alors, comment définir une variété comme LIGHT BEAM (L. Blyth 85) ? Car cet iris se présente bien comme un plicata : les pétales sont vivement colorés, les sépales, centrés de blanc, s’ornent d’un motif pointillé de la même couleur. A part que cette couleur est un joli jaune citron, l’aspect est tout à fait proche de celui, par exemple de GOING MY WAY (Gibson 72) que tout le monde connaît. Cependant son pedigree met en doute son appartenance à la famille des plicatas : ce caractère est en effet récessif et pour qu’il apparaisse dans un nouvel iris, il faut que ses deux parents comportent le gène plicata. BROADWAY, la « mère » de LIGHT BEAM comporte évidemment le caractère plicata, mais ce n’est pas le cas du « père », BEVERLY SILLS. Il faut en déduire, d’après K. Keppel, que l’on serait en présence d’un gène inconnu jusqu’à présent, qui agirait sur l’apparition des pigments caroténoïdes, solubles dans l’huile, qui génèrent la coloration jaune, alors que le gène plicata connu vise les pigments anthocyaniques, solubles dans l’eau, responsables des tons de bleu ou violet.
Il faut prendre cette explication pour une hypothèse car rien n’a été prouvé en ce domaine. Mais elle est très vraisemblable. En effet une autre explication possible, avancée également par K. Keppel, est que l’on aurait affaire à un « plicata fantôme », forme dans laquelle les pigments bleus sont presque complètement inhibés, à partir d’une base de type « JOYCE TERRY », c’est à dire un iris à pétales jaunes et sépales blancs cernés du jaune des pétales. Dans ce cas, d’où proviendrait le second gène plicata puisque a priori BEVERLY SILLS en est dépourvu ?
Il résulte de ce qui précède qu’il y a un mystère LIGHT BEAM. Ce qui me console un peu. LIGHT BEAM n’est peut-être pas un iris plicata traditionnel, mais on peut lui accorder qu’il a tout de même beaucoup de traits propres aux plicatas. Tant qu’on ne lui aura pas enlevé son faux nez, on peut le considérer comme pseudo-plicata, et, de toute façon lui conserver notre admiration.
Mais j’aurai aussi appris autre chose grâce à Keith Keppel, c’est que les iris du type « Joyce Terry », ne sont pas des plicatas, alors que beaucoup les baptisent ainsi (R. Cayeux lui-même, dans son livre « L’Iris une fleur royale », parle de « plicata jaunes à bruns »). Cela étant, dans quelle catégorie ranger des variétés comme DEBBY RAIRDON (Kuntz 64 – DM 71) ou EASTERTIME (Schreiner 80) ?
Il m’arrive d’écrire des bêtises. Pour preuve l’article sur LIGHT BEAM qui a paru l’an dernier. J’ai appris depuis que l’on ne pouvait pas véritablement parler de « plicata jaune ». Pour la bonne raison que, par définition, « plicata » signifie « iris à fond blanc ou colorés de jaune, rose ou orange, avec des motifs pointillés ou rayés bleus, violets ou pourpres ». C’est une communication récente de Keith Keppel, destinée aux membres du groupe de discussion « IRIS TALK » qui a éclairé ma lanterne.
Admettons donc qu’il n’existe pas à proprement parler de plicata jaune, mais alors, comment définir une variété comme LIGHT BEAM (L. Blyth 85) ? Car cet iris se présente bien comme un plicata : les pétales sont vivement colorés, les sépales, centrés de blanc, s’ornent d’un motif pointillé de la même couleur. A part que cette couleur est un joli jaune citron, l’aspect est tout à fait proche de celui, par exemple de GOING MY WAY (Gibson 72) que tout le monde connaît. Cependant son pedigree met en doute son appartenance à la famille des plicatas : ce caractère est en effet récessif et pour qu’il apparaisse dans un nouvel iris, il faut que ses deux parents comportent le gène plicata. BROADWAY, la « mère » de LIGHT BEAM comporte évidemment le caractère plicata, mais ce n’est pas le cas du « père », BEVERLY SILLS. Il faut en déduire, d’après K. Keppel, que l’on serait en présence d’un gène inconnu jusqu’à présent, qui agirait sur l’apparition des pigments caroténoïdes, solubles dans l’huile, qui génèrent la coloration jaune, alors que le gène plicata connu vise les pigments anthocyaniques, solubles dans l’eau, responsables des tons de bleu ou violet.
Il faut prendre cette explication pour une hypothèse car rien n’a été prouvé en ce domaine. Mais elle est très vraisemblable. En effet une autre explication possible, avancée également par K. Keppel, est que l’on aurait affaire à un « plicata fantôme », forme dans laquelle les pigments bleus sont presque complètement inhibés, à partir d’une base de type « JOYCE TERRY », c’est à dire un iris à pétales jaunes et sépales blancs cernés du jaune des pétales. Dans ce cas, d’où proviendrait le second gène plicata puisque a priori BEVERLY SILLS en est dépourvu ?
Il résulte de ce qui précède qu’il y a un mystère LIGHT BEAM. Ce qui me console un peu. LIGHT BEAM n’est peut-être pas un iris plicata traditionnel, mais on peut lui accorder qu’il a tout de même beaucoup de traits propres aux plicatas. Tant qu’on ne lui aura pas enlevé son faux nez, on peut le considérer comme pseudo-plicata, et, de toute façon lui conserver notre admiration.
Mais j’aurai aussi appris autre chose grâce à Keith Keppel, c’est que les iris du type « Joyce Terry », ne sont pas des plicatas, alors que beaucoup les baptisent ainsi (R. Cayeux lui-même, dans son livre « L’Iris une fleur royale », parle de « plicata jaunes à bruns »). Cela étant, dans quelle catégorie ranger des variétés comme DEBBY RAIRDON (Kuntz 64 – DM 71) ou EASTERTIME (Schreiner 80) ?
ORINOCO FLOW
Nos voisins britanniques, dans l’attribution de leur Médaille de Dykes, se montrent beaucoup plus éclectiques que leurs cousins américains. Ils n’hésitent pas à la décerner, à l’occasion, à des iris qui ne sont pas les fameux TB qui trustent pratiquement toutes les Médailles de Dykes américaines. Ainsi en fut-il pour l’iris de Sibérie CAMBRIDGE qui fut couronné en 1971, pour l’iris de Californie NO NAME, vainqueur en 1976, pour l’intermédiaire COTSGOLD en 1978 et, en 1994, pour ORINOCO FLOW (Cy Bartlett 89) qui est un iris de bordure. Oui, dira-t-on, mais entre un iris de bordure et un grand iris, il n’y a qu’une question de taille ! Rappelons qu’un iris de bordure (BB) est structurellement un grand iris qui n’atteint pas la taille réglementaire de 70 cm. Pour le cas présent, ORINOCO FLOW est sensé ne mesurer que 65 cm, mais l’on sait que ces mensurations sont variables en fonction des conditions de culture et de climat. Cet ORINOCO FLOW a donc tendance à faire un peu de nanisme, mais il se situe à la limite, tout comme beaucoup de jolis BB, comme BATIK ou CERDAGNE.
Quoi qu’il en soit, au plan des qualités intrinsèques, ORINOCO FLOW n’est en dessous des limites. C’est même un iris de toute beauté, seulement handicapé par sa taille. Pour le reste, il est à la hauteur ! Il est décrit en ces termes : « Pétales à fond blanc vivement pointillé aux bords de bleu pourpré profond ; styles bleu pourpré profond ; sépales comportant des motifs plicata denses aux épaules et en lisière ; barbes bleu marine. » Un plicata léger, donc, c’est à dire chez qui les pigments anthocyaniques sont assez fortement inhibés. Ce qui le distingue, c’est son cœur sombre, styles et barbes contribuent à lui donner son caractère. Ses parents se nomment BLUE STACCATO, pour la « mère », et RAZIZA pour le « père », tous les deux sont des plicatas bleus. On connaît bien BLUE STACCATO (Gibson 77) qui a figuré dans tous les catalogues français des années 80, mais très peu RAZIZA (Plough 75), son contemporain, qui n’a pas franchi souvent l’Atlantique. Les parents de cet iris sont eux-mêmes parfaitement inconnus chez nous. D’un côté SENTRY (Noyd 70) est un plicata orchidée, qui descend de STEPPING OUT et d’un autre géniteur de choix, TEA APRON (Sass 60), plicata léger bleu ; de l’autre PUNJAB (Plough 71) est un plicata jacinthe, dans la généalogie duquel on retrouve TEA APRON. L’arbre généalogique de BLUE STACCATO comporte toute une série de produits strictement Gibson, INDIGO RIM (74), BOLD OVERTURE (73), NIGHT LINES (66), tous plicatas bleus ou violets. Le père de BOLD OVERTURE est, encore, STEPPING OUT, le père de NIGHT LINES est ROCOCO (Schreiner 59), un autre célèbre plicata. Rien que du plicata, donc, jusqu’à un certain OPENING NIGHT (Gibson 69), un bitone violet remontant à deux ancêtres connus, d’un côté LA NEGRA FLOR (Crosby 58) qui a obtenu le Florin d’or en 59, de l’autre DARK FURY (Gaulter) , uniformément violet, qui descend de BLACK FOREST, considéré comme le fondateur de la lignée des iris noirs.
De TEA APRON et BOLD OVERTURE, en trois ou quatre générations, on s’est progressivement approché de cette sorte de perfection que représente ORINOCO FLOW. Cet iris est un achèvement ; il aurait du atteindre la taille des grands iris, car aucun de ses antécédents n’est de petite taille, mais quelque gène d’iris nain a ressurgi, assurément celui d’I. aphylla qui se trouve dans tant de nos iris actuels. Ne nous plaignons pas en l’occurrence de l’existence de cette catégorie d’iris de bordure, sans elle en effet, à cause de sa taille, ORINOCO FLOW ne serait pas venu sur le marché et nous n’aurions pas pu profiter de son élégance et de son charme.
Nos voisins britanniques, dans l’attribution de leur Médaille de Dykes, se montrent beaucoup plus éclectiques que leurs cousins américains. Ils n’hésitent pas à la décerner, à l’occasion, à des iris qui ne sont pas les fameux TB qui trustent pratiquement toutes les Médailles de Dykes américaines. Ainsi en fut-il pour l’iris de Sibérie CAMBRIDGE qui fut couronné en 1971, pour l’iris de Californie NO NAME, vainqueur en 1976, pour l’intermédiaire COTSGOLD en 1978 et, en 1994, pour ORINOCO FLOW (Cy Bartlett 89) qui est un iris de bordure. Oui, dira-t-on, mais entre un iris de bordure et un grand iris, il n’y a qu’une question de taille ! Rappelons qu’un iris de bordure (BB) est structurellement un grand iris qui n’atteint pas la taille réglementaire de 70 cm. Pour le cas présent, ORINOCO FLOW est sensé ne mesurer que 65 cm, mais l’on sait que ces mensurations sont variables en fonction des conditions de culture et de climat. Cet ORINOCO FLOW a donc tendance à faire un peu de nanisme, mais il se situe à la limite, tout comme beaucoup de jolis BB, comme BATIK ou CERDAGNE.
Quoi qu’il en soit, au plan des qualités intrinsèques, ORINOCO FLOW n’est en dessous des limites. C’est même un iris de toute beauté, seulement handicapé par sa taille. Pour le reste, il est à la hauteur ! Il est décrit en ces termes : « Pétales à fond blanc vivement pointillé aux bords de bleu pourpré profond ; styles bleu pourpré profond ; sépales comportant des motifs plicata denses aux épaules et en lisière ; barbes bleu marine. » Un plicata léger, donc, c’est à dire chez qui les pigments anthocyaniques sont assez fortement inhibés. Ce qui le distingue, c’est son cœur sombre, styles et barbes contribuent à lui donner son caractère. Ses parents se nomment BLUE STACCATO, pour la « mère », et RAZIZA pour le « père », tous les deux sont des plicatas bleus. On connaît bien BLUE STACCATO (Gibson 77) qui a figuré dans tous les catalogues français des années 80, mais très peu RAZIZA (Plough 75), son contemporain, qui n’a pas franchi souvent l’Atlantique. Les parents de cet iris sont eux-mêmes parfaitement inconnus chez nous. D’un côté SENTRY (Noyd 70) est un plicata orchidée, qui descend de STEPPING OUT et d’un autre géniteur de choix, TEA APRON (Sass 60), plicata léger bleu ; de l’autre PUNJAB (Plough 71) est un plicata jacinthe, dans la généalogie duquel on retrouve TEA APRON. L’arbre généalogique de BLUE STACCATO comporte toute une série de produits strictement Gibson, INDIGO RIM (74), BOLD OVERTURE (73), NIGHT LINES (66), tous plicatas bleus ou violets. Le père de BOLD OVERTURE est, encore, STEPPING OUT, le père de NIGHT LINES est ROCOCO (Schreiner 59), un autre célèbre plicata. Rien que du plicata, donc, jusqu’à un certain OPENING NIGHT (Gibson 69), un bitone violet remontant à deux ancêtres connus, d’un côté LA NEGRA FLOR (Crosby 58) qui a obtenu le Florin d’or en 59, de l’autre DARK FURY (Gaulter) , uniformément violet, qui descend de BLACK FOREST, considéré comme le fondateur de la lignée des iris noirs.
De TEA APRON et BOLD OVERTURE, en trois ou quatre générations, on s’est progressivement approché de cette sorte de perfection que représente ORINOCO FLOW. Cet iris est un achèvement ; il aurait du atteindre la taille des grands iris, car aucun de ses antécédents n’est de petite taille, mais quelque gène d’iris nain a ressurgi, assurément celui d’I. aphylla qui se trouve dans tant de nos iris actuels. Ne nous plaignons pas en l’occurrence de l’existence de cette catégorie d’iris de bordure, sans elle en effet, à cause de sa taille, ORINOCO FLOW ne serait pas venu sur le marché et nous n’aurions pas pu profiter de son élégance et de son charme.
16.2.03
STERLING SILVER
Vous en connaissez beaucoup, des iris comme STERLING SILVER (Moldovan 61), qui comptent parmi leurs descendants au moins onze Médailles de Dykes, un Florin d’or et un Florin d’Argent ? D’accord, les DM sont essentiellement les DM anglaises, mais tout de même !
Il n’est pas forcément nécessaire d’être soi-même couvert de récompenses pour avoir une destinée exceptionnelle. STERLING SILVER fait partie de ces variétés peu reconnues au moment de leur apparition sur le marché, mais utilisées avec succès par des obtenteurs habiles ou bien inspirés. STERLING SILVER est décrit comme un bitone violet argenté, fils de BROTHER CHARLES (un sibling de CELESTIAL SNOW, un fameux blanc enregistré par Opal Brown en 1957) et de Dr WANLASS. Il a fait un tabac en Grande Bretagne, notamment chez Bryan Dodsworth. Ses descendants, du moins dans les premières générations sont essentiellement des iris dans les tons de bleu ou violet :
· ANNABEL JANE (Dodsworth 74, BDM 77) ;
· BUBBLING OVER (Ghio 82) ;
· KILDONAN (Dodsworth 76, BDM 80) ;
· MARY FRANCES (Gaulter 73, DM 79) ;
· POP’S CONCERT (Waite 81) ;
· PRAISE THE LORD (Boushay 72) ;
· REGENT’S ROW (Denney 79) ;
· ROMAN EMPEROR (Dodsworth 81, BDM 86).
Mais aussi quelques blancs :
· JILL ROSALIND (Dodsworth 76, BDM 81) ;
· JOLIMONT (Baldwin 89, ADM 89) ;
· NUIT BLANCHE (Anfosso 80).
Presque chacune des variétés qui viennent d’être citées ont eu une descendance riche et intéressante. Commençons par ANNABEL JANE, ce bleu britannique a donné naissance à TRENWITH (Nichol 85), un autre britannique, bleu violet, qui s’est distingué à Florence en 1984, où il a obtenu la seconde place du podium. Un autre iris de Bob Nichol est bien connu chez nous. Il s’agit de CAROLINE PENVENON (89), dont Lawrence Ransom a fait usage pour son SAMSARA (96), superbe jaune honoré de la première place au concours Franciris 2000. HIGH PEAK (Dodsworth 87), amoena blanc et lavande, obtint la BDM en 90.
Les descendants de BUBBLING OVER, célèbre pour le bouillonné particulier de ses pétales, sont fort nombreux, mais OLYMPIAD (Ghio 84), « dark top » bien connu, est l’un des meilleurs, avec ELECTRIC SHOCK (Messick 95), blanc aux sépales lavés de bleu sombre, et le tout bleu italien AZZURRA (Bianco 96).
JILL ROSALIND a engendré deux vainqueurs de la BDM, rien de moins : BUCKDEN PIKE (Dodsworth 85, BDM 87) et DARLEYDALE (Dodsworth 98, BDM 2001). De même, KILDONAN a donné WHARFEDALE (Dodsworth 89, BDM 91). ADDED PRAISE, bleu, bien connu en France vient de PRAISE THE LORD ; AARON’S DREAM (Sutton 94), bleu argenté, vient de l’Australien JOLIMONT. Donald Denney a généreusement utilisé REGENT’S ROW, joli bleu glycine, pour la suite de son programme (BUSY BEING BLUES, PACIFIC OVERTURES…). Mais c’est l’illustre MARY FRANCES qui a eu la plus riche descendance.
Retenons parmi toutes les variétés qui en sont issues :
· AFTERNOON DELIGHT (Ernst 85) lui-même utilisé à outrance par Richard Ernst depuis son apparition ;
· ELIZABETH POLDARK (Nichol 90), l’iris britannique sûrement le plus connu actuellement, qui a produit H.C. STETSON (Stetson 2001), beau blanc à barbes rouge Florin d’Or en 2001 ;
· MILL VALLEY (Gaulter 75) qui se trouve dans le pedigree du brillant amoena JAZZED UP (Schreiner 94) ;
· L’Australien PEMCAW (Harding 94) médaille de l’ISA en 93, et son demi-frère PENCHANT (Harding 86), copie conforme de BABBLING BROOK ;
· RUFFLED GODDESS (Tasco 93), bleu lilas à barbes jaunes, poulain d’une écurie qui monte, celle de « Superstition Iris Garden ».
Chaque fois que je me lance dans l’examen de la généalogie ascendante ou descendante d’une variété comme STERLING SILVER, je ne puis m’empêcher de penser que non seulement le monde de l’hybridation est bien petit, mais aussi que les situations surprenantes ou insolites y sont bigrement nombreuses. On ne s’ennuie pas, avec les iris !
Vous en connaissez beaucoup, des iris comme STERLING SILVER (Moldovan 61), qui comptent parmi leurs descendants au moins onze Médailles de Dykes, un Florin d’or et un Florin d’Argent ? D’accord, les DM sont essentiellement les DM anglaises, mais tout de même !
Il n’est pas forcément nécessaire d’être soi-même couvert de récompenses pour avoir une destinée exceptionnelle. STERLING SILVER fait partie de ces variétés peu reconnues au moment de leur apparition sur le marché, mais utilisées avec succès par des obtenteurs habiles ou bien inspirés. STERLING SILVER est décrit comme un bitone violet argenté, fils de BROTHER CHARLES (un sibling de CELESTIAL SNOW, un fameux blanc enregistré par Opal Brown en 1957) et de Dr WANLASS. Il a fait un tabac en Grande Bretagne, notamment chez Bryan Dodsworth. Ses descendants, du moins dans les premières générations sont essentiellement des iris dans les tons de bleu ou violet :
· ANNABEL JANE (Dodsworth 74, BDM 77) ;
· BUBBLING OVER (Ghio 82) ;
· KILDONAN (Dodsworth 76, BDM 80) ;
· MARY FRANCES (Gaulter 73, DM 79) ;
· POP’S CONCERT (Waite 81) ;
· PRAISE THE LORD (Boushay 72) ;
· REGENT’S ROW (Denney 79) ;
· ROMAN EMPEROR (Dodsworth 81, BDM 86).
Mais aussi quelques blancs :
· JILL ROSALIND (Dodsworth 76, BDM 81) ;
· JOLIMONT (Baldwin 89, ADM 89) ;
· NUIT BLANCHE (Anfosso 80).
Presque chacune des variétés qui viennent d’être citées ont eu une descendance riche et intéressante. Commençons par ANNABEL JANE, ce bleu britannique a donné naissance à TRENWITH (Nichol 85), un autre britannique, bleu violet, qui s’est distingué à Florence en 1984, où il a obtenu la seconde place du podium. Un autre iris de Bob Nichol est bien connu chez nous. Il s’agit de CAROLINE PENVENON (89), dont Lawrence Ransom a fait usage pour son SAMSARA (96), superbe jaune honoré de la première place au concours Franciris 2000. HIGH PEAK (Dodsworth 87), amoena blanc et lavande, obtint la BDM en 90.
Les descendants de BUBBLING OVER, célèbre pour le bouillonné particulier de ses pétales, sont fort nombreux, mais OLYMPIAD (Ghio 84), « dark top » bien connu, est l’un des meilleurs, avec ELECTRIC SHOCK (Messick 95), blanc aux sépales lavés de bleu sombre, et le tout bleu italien AZZURRA (Bianco 96).
JILL ROSALIND a engendré deux vainqueurs de la BDM, rien de moins : BUCKDEN PIKE (Dodsworth 85, BDM 87) et DARLEYDALE (Dodsworth 98, BDM 2001). De même, KILDONAN a donné WHARFEDALE (Dodsworth 89, BDM 91). ADDED PRAISE, bleu, bien connu en France vient de PRAISE THE LORD ; AARON’S DREAM (Sutton 94), bleu argenté, vient de l’Australien JOLIMONT. Donald Denney a généreusement utilisé REGENT’S ROW, joli bleu glycine, pour la suite de son programme (BUSY BEING BLUES, PACIFIC OVERTURES…). Mais c’est l’illustre MARY FRANCES qui a eu la plus riche descendance.
Retenons parmi toutes les variétés qui en sont issues :
· AFTERNOON DELIGHT (Ernst 85) lui-même utilisé à outrance par Richard Ernst depuis son apparition ;
· ELIZABETH POLDARK (Nichol 90), l’iris britannique sûrement le plus connu actuellement, qui a produit H.C. STETSON (Stetson 2001), beau blanc à barbes rouge Florin d’Or en 2001 ;
· MILL VALLEY (Gaulter 75) qui se trouve dans le pedigree du brillant amoena JAZZED UP (Schreiner 94) ;
· L’Australien PEMCAW (Harding 94) médaille de l’ISA en 93, et son demi-frère PENCHANT (Harding 86), copie conforme de BABBLING BROOK ;
· RUFFLED GODDESS (Tasco 93), bleu lilas à barbes jaunes, poulain d’une écurie qui monte, celle de « Superstition Iris Garden ».
Chaque fois que je me lance dans l’examen de la généalogie ascendante ou descendante d’une variété comme STERLING SILVER, je ne puis m’empêcher de penser que non seulement le monde de l’hybridation est bien petit, mais aussi que les situations surprenantes ou insolites y sont bigrement nombreuses. On ne s’ennuie pas, avec les iris !
10.2.03
COMMENTARY
Qu’y a-t-il de commun entre le gentil mauve à barbes rouges AYGADE (Igor Fédoroff 76), le rose et gracieux DESIRIS (Ransom 94) ou l’étrange SANSEVERINA (Anfosso 81) ? Ils ont pour père ou grand-père COMMENTARY (Babson 63), un iris qui fait partie de la poignée de variétés dont descendent tous nos iris modernes.
COMMENTARY est décrit dans la Check-List des années 60 comme : « Pétales chamois, sépales lavande violacé clair, brun roux aux épaules, barbes lavande pointées bronze. » L’association du brun chamois et de l’indigo clair donne une fleur de teinte pastel, un peu terne peut-être, mais chez qui les hybrideurs ont reconnu une fécondité exceptionnelle et l’aptitude, entre autres, à produire de beaux iris dans les tons de brun, bronze, chamois, chartreuse etc.… Les iris bruns ne sont pas de coloris pur ; ils résultent du mélange visuel du rose et de l’indigo, c’est pourquoi, d’ailleurs ils produisent facilement des plantes bicolores et d’autres où ressortent l’une ou l’autre des couleurs de base. Ce sont les frères Sass qui, les premiers, ont sélectionné des iris bruns, et par la suite Sanford Babson a lancé sa propre ligne de bruns en utilisant notamment le brun roux SAVAGE comme géniteur. Avec COMMENTARY, de même que son enfant CAMBODIA (Babson 66) dans une tonalité plus vive, il a créé une immense descendance où l’on retrouve, par associations avec d’autres origines, toutes les couleurs de la palette des iris, mais avec une propension, bien nette, à produire des tons mêlés caractéristiques.
Ainsi en va-t-il de COSMOPOLITAN (Hamblen 72), qui ressemble beaucoup à son parent, et de CHAPEAU (Babson 71), l’un des bicolores les plus connus et appréciés, que l’on retrouve dans le pedigree d’un autre bicolore, moderne, JAZZ FESTIVAL (Schreiner 90). Qui dit bicolore, dit aussi, bien souvent, variegata, car il est quelquefois difficile de faire la part du jaune et du chamois dans les pétales de ces fleurs. Pas de doute pour ce qui est de TAMBOURINE (Babson 69), ses couleurs sont l’or et le grenat ; il descend bien de COMMENTARY, mais via un cultivar bleu lavande, APROPOS (Babson 64). Et ce TAMBOURINE a des descendants variegatas, certains clairs comme MERRY MADRIGAL (Babson 82) ou SWEDISH MODERN (Babson 76), certains foncés comme SHAMAN (DuBose 80). MERRY MADRIGAL et SHAMAN ont des familles nombreuses. Dans celle de MERRY MADRIGAL on trouve les variegatas EDITH WOLFORD (Hager 86 – DM 93) et THRILLSEEKER (Ernst 93) , les bicolores CHASING RAINBOWS (Hager 98) , POEM OF ECSTASY (Hager 97) et SOTTO VOCE (Hager 2000). Chez SHAMAN, ce sont les petits français ATYS (Anfosso 88), MARCHE TURQUE (Anfosso 91) et SAMARCANDE (Anfosso 92). CAPRICORN DANCER (Blyth 78) fait partie de la branche australienne des descendants de COMMENTARY, c’est un variegata, d’où provient un autre variegata, plus influencé par le brun, LATIN LARK (Blyth 88).
Parmi les descendants bruns, ou chamois, de COMMENTARY figure aussi GHOST STORY (Ghio 75), gris et moutarde. Citons enfin SOAP OPERA (Ghio 82) qui a été abondamment utilisé lui aussi, notamment en France où il a donné, chez L. Ransom, le rose DESIRIS (94) et son enfant SENSUELLE (2000), le bicolore brun/améthyste MENESTREL (95), le bleu lavande THALASSO (2000), et le blanc TITANIUM (2000) et chez Jean Jacques François BUC ARCADES (2000), bicolore lilas/grenat, et BUC VAPOREUX (2000), prune. En Italie Augusto Bianco a également fait usage de SOAP OPERA et obtenu ALDO RATTI (98) amoena inversé bleu violet, PIERO BARGELLINI (98), orange abricot, SUMATRA (non enregistré), beige taché de bleu glycine… Enfin le brun caramel TUCSON (Hager 70) est à l’origine de bruns comme VERISMO (Hager 87) et CHEROKEE TEARS (Hager 90).
COMMENTARY a engendré des iris de bien d’autres couleurs, dont des bleus (APROPOS, CANONERO, ON LINE) et des roses (DOUBLE SCOOP, INHERITANCE). Il n’est pas possible de les passer tous en revue, mais il faut savoir que dans tous nos jardins, sous des aspects souvent très divers, se cache un parent plus ou moins éloigné de COMMENTARY.
Qu’y a-t-il de commun entre le gentil mauve à barbes rouges AYGADE (Igor Fédoroff 76), le rose et gracieux DESIRIS (Ransom 94) ou l’étrange SANSEVERINA (Anfosso 81) ? Ils ont pour père ou grand-père COMMENTARY (Babson 63), un iris qui fait partie de la poignée de variétés dont descendent tous nos iris modernes.
COMMENTARY est décrit dans la Check-List des années 60 comme : « Pétales chamois, sépales lavande violacé clair, brun roux aux épaules, barbes lavande pointées bronze. » L’association du brun chamois et de l’indigo clair donne une fleur de teinte pastel, un peu terne peut-être, mais chez qui les hybrideurs ont reconnu une fécondité exceptionnelle et l’aptitude, entre autres, à produire de beaux iris dans les tons de brun, bronze, chamois, chartreuse etc.… Les iris bruns ne sont pas de coloris pur ; ils résultent du mélange visuel du rose et de l’indigo, c’est pourquoi, d’ailleurs ils produisent facilement des plantes bicolores et d’autres où ressortent l’une ou l’autre des couleurs de base. Ce sont les frères Sass qui, les premiers, ont sélectionné des iris bruns, et par la suite Sanford Babson a lancé sa propre ligne de bruns en utilisant notamment le brun roux SAVAGE comme géniteur. Avec COMMENTARY, de même que son enfant CAMBODIA (Babson 66) dans une tonalité plus vive, il a créé une immense descendance où l’on retrouve, par associations avec d’autres origines, toutes les couleurs de la palette des iris, mais avec une propension, bien nette, à produire des tons mêlés caractéristiques.
Ainsi en va-t-il de COSMOPOLITAN (Hamblen 72), qui ressemble beaucoup à son parent, et de CHAPEAU (Babson 71), l’un des bicolores les plus connus et appréciés, que l’on retrouve dans le pedigree d’un autre bicolore, moderne, JAZZ FESTIVAL (Schreiner 90). Qui dit bicolore, dit aussi, bien souvent, variegata, car il est quelquefois difficile de faire la part du jaune et du chamois dans les pétales de ces fleurs. Pas de doute pour ce qui est de TAMBOURINE (Babson 69), ses couleurs sont l’or et le grenat ; il descend bien de COMMENTARY, mais via un cultivar bleu lavande, APROPOS (Babson 64). Et ce TAMBOURINE a des descendants variegatas, certains clairs comme MERRY MADRIGAL (Babson 82) ou SWEDISH MODERN (Babson 76), certains foncés comme SHAMAN (DuBose 80). MERRY MADRIGAL et SHAMAN ont des familles nombreuses. Dans celle de MERRY MADRIGAL on trouve les variegatas EDITH WOLFORD (Hager 86 – DM 93) et THRILLSEEKER (Ernst 93) , les bicolores CHASING RAINBOWS (Hager 98) , POEM OF ECSTASY (Hager 97) et SOTTO VOCE (Hager 2000). Chez SHAMAN, ce sont les petits français ATYS (Anfosso 88), MARCHE TURQUE (Anfosso 91) et SAMARCANDE (Anfosso 92). CAPRICORN DANCER (Blyth 78) fait partie de la branche australienne des descendants de COMMENTARY, c’est un variegata, d’où provient un autre variegata, plus influencé par le brun, LATIN LARK (Blyth 88).
Parmi les descendants bruns, ou chamois, de COMMENTARY figure aussi GHOST STORY (Ghio 75), gris et moutarde. Citons enfin SOAP OPERA (Ghio 82) qui a été abondamment utilisé lui aussi, notamment en France où il a donné, chez L. Ransom, le rose DESIRIS (94) et son enfant SENSUELLE (2000), le bicolore brun/améthyste MENESTREL (95), le bleu lavande THALASSO (2000), et le blanc TITANIUM (2000) et chez Jean Jacques François BUC ARCADES (2000), bicolore lilas/grenat, et BUC VAPOREUX (2000), prune. En Italie Augusto Bianco a également fait usage de SOAP OPERA et obtenu ALDO RATTI (98) amoena inversé bleu violet, PIERO BARGELLINI (98), orange abricot, SUMATRA (non enregistré), beige taché de bleu glycine… Enfin le brun caramel TUCSON (Hager 70) est à l’origine de bruns comme VERISMO (Hager 87) et CHEROKEE TEARS (Hager 90).
COMMENTARY a engendré des iris de bien d’autres couleurs, dont des bleus (APROPOS, CANONERO, ON LINE) et des roses (DOUBLE SCOOP, INHERITANCE). Il n’est pas possible de les passer tous en revue, mais il faut savoir que dans tous nos jardins, sous des aspects souvent très divers, se cache un parent plus ou moins éloigné de COMMENTARY.
30.1.03
INTERMÉDIAIRES, MAIS FERTILES.
On a longtemps affirmé que les iris intermédiaires étaient stériles du fait de leur nombre impair de chromosomes. Dans un article sous-titré « Un mythe anéanti », publié en 1998 (1) dans la revue « The Medianite » dédiée, comme l’indique son nom, aux iris moyens, l’obtenteur américain Marky Smith fait une synthèse de ses travaux sur les iris intermédiaires. Pour démontrer qu’ils n’étaient pas tous aussi stériles qu’on voulait bien le dire, il a effectué de nombreux croisements entre des intermédiaires utilisés comme parent femelle et, soit des nains standards, soit des grands iris. Au début de 98 il a choisi trente-trois IB (intermédiaires) qu’il a d’abord fécondé avec du pollen prélevé sur des SDB (iris nains), alors en fin de floraison, puis, un peu plus tard, avec du pollen de TB (grands iris). Cette expérience a été tentée avec des variétés dont il pouvait espérer obtenir des semis intéressants et dont la fertilité pollinique était reconnue.
Certains des iris fécondés n’ont rien donné, mais les plus nombreux ont produit, au moins dans l’un ou l’autre des croisements, quelques voire de nombreuses graines. Certaines variétés comme BOLD STROKE (E. Jones 93), un bleu drapeau à barbes sombres issu de CODICIL, DARK WATERS (Aitken 92), un self violet foncé, fils de GYRO, PROTOCOL (Keppel 94), un amoena jaune dont le père est AMBER SNOW, ou SMITTEN KITTEN (Aitken 91), amoena rose issu de MARMALADE SKIES, se sont montrés particulièrement performants tant avec les SDB qu’avec les TB. D’autres comme IMPERATIVE (P. Black 97), un néglecta pourpre sombre, PRISM ( M. Smith 95), qui tient de sa « mère » CHUBBY CHEEKS une tonalité violet grisé et des veines bleutées sous les barbes, STARWOMAN (M. Smith 97), un autre plicata grisé provenant également de CHUBBY CHEEKS, et cousin du précédent, ou THIS AND THAT (P. Black 98), très original rose pourpré et argenté, autre descendant du petit CHUBBY CHEEKS, n’ont bien réussi qu’avec les TB. D’une manière générale cette expérience a été un véritable succès.
L’intérêt d’une telle démonstration se situe notamment dans la perspective d’obtenir, par cette voie, des iris de bordure (BB) qui soient plus élégants et mieux proportionnés que ceux enregistrés jusqu’ici, lesquels ne sont que des grands iris déclassés pour cause de tiges trop courtes, et, de ce fait, généralement dotés de fleurs trop grosses pour la taille des plantes. Le mélange IB/TB aboutit à des iris moyens en taille, mais avec des fleurs petites et fines. Un autre intérêt est qu’on peut envisager que des traits caractéristiques des iris nains (SDB) comme la macule brune héritée des I. pumila apparaissent sur des grands iris (TB) ou tout au moins sur les BB de nouvelle génération. De même les couleurs si diverses et riches des SDB pourraient être transmises à des plantes de haute taille, renouvelant le choix de coloris de ces variétés.
En dépit d’un taux de germination des graines provenant des ces croisements assez faible, un champ de recherches original s’ouvre ainsi pour les hybrideurs à l’affût de renouveau. Pouvait-on craindre que l’hybridation finisse par ne plus produire que sans fin les mêmes iris ? Par ce chemin, cette hypothèse est sans doute à négliger.
(1) article repris dans le bulletin n° 313 (avril 99) de l’AIS.
On a longtemps affirmé que les iris intermédiaires étaient stériles du fait de leur nombre impair de chromosomes. Dans un article sous-titré « Un mythe anéanti », publié en 1998 (1) dans la revue « The Medianite » dédiée, comme l’indique son nom, aux iris moyens, l’obtenteur américain Marky Smith fait une synthèse de ses travaux sur les iris intermédiaires. Pour démontrer qu’ils n’étaient pas tous aussi stériles qu’on voulait bien le dire, il a effectué de nombreux croisements entre des intermédiaires utilisés comme parent femelle et, soit des nains standards, soit des grands iris. Au début de 98 il a choisi trente-trois IB (intermédiaires) qu’il a d’abord fécondé avec du pollen prélevé sur des SDB (iris nains), alors en fin de floraison, puis, un peu plus tard, avec du pollen de TB (grands iris). Cette expérience a été tentée avec des variétés dont il pouvait espérer obtenir des semis intéressants et dont la fertilité pollinique était reconnue.
Certains des iris fécondés n’ont rien donné, mais les plus nombreux ont produit, au moins dans l’un ou l’autre des croisements, quelques voire de nombreuses graines. Certaines variétés comme BOLD STROKE (E. Jones 93), un bleu drapeau à barbes sombres issu de CODICIL, DARK WATERS (Aitken 92), un self violet foncé, fils de GYRO, PROTOCOL (Keppel 94), un amoena jaune dont le père est AMBER SNOW, ou SMITTEN KITTEN (Aitken 91), amoena rose issu de MARMALADE SKIES, se sont montrés particulièrement performants tant avec les SDB qu’avec les TB. D’autres comme IMPERATIVE (P. Black 97), un néglecta pourpre sombre, PRISM ( M. Smith 95), qui tient de sa « mère » CHUBBY CHEEKS une tonalité violet grisé et des veines bleutées sous les barbes, STARWOMAN (M. Smith 97), un autre plicata grisé provenant également de CHUBBY CHEEKS, et cousin du précédent, ou THIS AND THAT (P. Black 98), très original rose pourpré et argenté, autre descendant du petit CHUBBY CHEEKS, n’ont bien réussi qu’avec les TB. D’une manière générale cette expérience a été un véritable succès.
L’intérêt d’une telle démonstration se situe notamment dans la perspective d’obtenir, par cette voie, des iris de bordure (BB) qui soient plus élégants et mieux proportionnés que ceux enregistrés jusqu’ici, lesquels ne sont que des grands iris déclassés pour cause de tiges trop courtes, et, de ce fait, généralement dotés de fleurs trop grosses pour la taille des plantes. Le mélange IB/TB aboutit à des iris moyens en taille, mais avec des fleurs petites et fines. Un autre intérêt est qu’on peut envisager que des traits caractéristiques des iris nains (SDB) comme la macule brune héritée des I. pumila apparaissent sur des grands iris (TB) ou tout au moins sur les BB de nouvelle génération. De même les couleurs si diverses et riches des SDB pourraient être transmises à des plantes de haute taille, renouvelant le choix de coloris de ces variétés.
En dépit d’un taux de germination des graines provenant des ces croisements assez faible, un champ de recherches original s’ouvre ainsi pour les hybrideurs à l’affût de renouveau. Pouvait-on craindre que l’hybridation finisse par ne plus produire que sans fin les mêmes iris ? Par ce chemin, cette hypothèse est sans doute à négliger.
(1) article repris dans le bulletin n° 313 (avril 99) de l’AIS.
24.1.03
MEZZA CARTUCCIA
Si je m’intéresse un peu à autre chose que les grands iris, je le dois essentiellement à Augusto Bianco et à l’iris intermédiaire qu’il m’a envoyé il y a six ans. Il n’était alors identifié que par un numéro de semis et je devais le printemps suivant fournir une appréciation sur les qualités de cette variété sous un autre climat que la douceur piémontaise. Et j’ai été tout à fait séduit par MEZZA CARTUCCIA (Bianco 98). Il s’agit donc d’un iris intermédiaire, joli et original, avec des pétales bleu argenté, et des sépales violet clair, accompagnés de barbes assorties dans les tons lilas, un peu sombre. La fleur est gentiment frisottée et ondulée, les sépales se tiennent très horizontaux. La plante pousse très bien chez moi et j’ai déjà du la dédoubler : elle a en partie émigré vers Orléans, chez ma fille, et en Auvergne chez mon fils cadet. Je ne sais pas si d’autres amateurs français se la sont procurée, mais je les invite vivement à le faire s’ils veulent disposer d’une variété en tous points intéressante.
Elle provient d’un croisement entre le pollen du SDB CHUBBY CHEEKS (P. Black 84) et les ovaires d’un semis de PACIFIC TIDE (Cowdery 86) x TOUCH OF BRONZE (B. Blyth 83). Avec de tels parents on pouvait évidemment espérer un bon iris. Car CHUBBY CHEEKS est un iris nain super original et très apprécié des obtenteurs. Paul Black est l’auteur de variétés qui sortent souvent de l’ordinaire, ainsi en est-il de GLITZ AND GLITTER (88) comme de GOLDKIST (93) ou de DUDE RANCH (2000), dernier vainqueur du Concours de Florence. Concours que SIGHS AND WHISPERS (89) avait remporté en 92, ce qui situe Paul Black dans la petite famille des doubles triomphateurs de Florence. CHUBBY CHEEKS est blanc, veiné de violet et liseré de jaune chartreuse. Il descend du côté maternel de DAISY (C. Palmer 76), blanc veiné de jaune, et de plicatas violets, dont CARROUSEL PRINCESS (Warburton 71), et du côté paternel d’un autre iris de Bee Warburton, SOFT AIR (72) qui est de couleur crème et qui compte parmi ses ancêtres l’incontournable SNOW FLURRY (Clara Rees 39), tout comme DAISY compte le bleu drapeau PIERRE MENARD (Eva Faught 48), l’une des pierres angulaires de l’hybridation des iris bleus.
TOUCH OF BRONZE a fourni à MEZZA CARTUCCIA sa barbe foncée, qu’il tient lui-même de EVENING ECHO (Melba Hamblen 77), lequel est un descendant de SWAN BALLET (Muhlestein 57 – DM 59). PACIFIC TIDE est un beau bleu marine à barbes rouges. Il a pour géniteurs VIVIEN (Keppel 79) et FULL TIDE (Opal Brown 72), et par conséquent pour grand parent le célèbre bleu BABBLING BROOK (Keppel 69 – DM 72).
Voilà donc ce MEZZA CARTUCCIA que je guette à fleurir chaque printemps, car il sonne le début de la saison des grands iris, alors que les petits SDB sont déjà sur leur fin. C’est un peu les trois coups du grand spectacle qui va durer jusqu’à la mi-juin.
Si je m’intéresse un peu à autre chose que les grands iris, je le dois essentiellement à Augusto Bianco et à l’iris intermédiaire qu’il m’a envoyé il y a six ans. Il n’était alors identifié que par un numéro de semis et je devais le printemps suivant fournir une appréciation sur les qualités de cette variété sous un autre climat que la douceur piémontaise. Et j’ai été tout à fait séduit par MEZZA CARTUCCIA (Bianco 98). Il s’agit donc d’un iris intermédiaire, joli et original, avec des pétales bleu argenté, et des sépales violet clair, accompagnés de barbes assorties dans les tons lilas, un peu sombre. La fleur est gentiment frisottée et ondulée, les sépales se tiennent très horizontaux. La plante pousse très bien chez moi et j’ai déjà du la dédoubler : elle a en partie émigré vers Orléans, chez ma fille, et en Auvergne chez mon fils cadet. Je ne sais pas si d’autres amateurs français se la sont procurée, mais je les invite vivement à le faire s’ils veulent disposer d’une variété en tous points intéressante.
Elle provient d’un croisement entre le pollen du SDB CHUBBY CHEEKS (P. Black 84) et les ovaires d’un semis de PACIFIC TIDE (Cowdery 86) x TOUCH OF BRONZE (B. Blyth 83). Avec de tels parents on pouvait évidemment espérer un bon iris. Car CHUBBY CHEEKS est un iris nain super original et très apprécié des obtenteurs. Paul Black est l’auteur de variétés qui sortent souvent de l’ordinaire, ainsi en est-il de GLITZ AND GLITTER (88) comme de GOLDKIST (93) ou de DUDE RANCH (2000), dernier vainqueur du Concours de Florence. Concours que SIGHS AND WHISPERS (89) avait remporté en 92, ce qui situe Paul Black dans la petite famille des doubles triomphateurs de Florence. CHUBBY CHEEKS est blanc, veiné de violet et liseré de jaune chartreuse. Il descend du côté maternel de DAISY (C. Palmer 76), blanc veiné de jaune, et de plicatas violets, dont CARROUSEL PRINCESS (Warburton 71), et du côté paternel d’un autre iris de Bee Warburton, SOFT AIR (72) qui est de couleur crème et qui compte parmi ses ancêtres l’incontournable SNOW FLURRY (Clara Rees 39), tout comme DAISY compte le bleu drapeau PIERRE MENARD (Eva Faught 48), l’une des pierres angulaires de l’hybridation des iris bleus.
TOUCH OF BRONZE a fourni à MEZZA CARTUCCIA sa barbe foncée, qu’il tient lui-même de EVENING ECHO (Melba Hamblen 77), lequel est un descendant de SWAN BALLET (Muhlestein 57 – DM 59). PACIFIC TIDE est un beau bleu marine à barbes rouges. Il a pour géniteurs VIVIEN (Keppel 79) et FULL TIDE (Opal Brown 72), et par conséquent pour grand parent le célèbre bleu BABBLING BROOK (Keppel 69 – DM 72).
Voilà donc ce MEZZA CARTUCCIA que je guette à fleurir chaque printemps, car il sonne le début de la saison des grands iris, alors que les petits SDB sont déjà sur leur fin. C’est un peu les trois coups du grand spectacle qui va durer jusqu’à la mi-juin.
16.1.03
JOSEPH ALFRED GATTY
Les iris roses sont maintenant innombrables et tous les obtenteurs se sont astreints à en sélectionner quelques-uns : cela doit faire partie de ces choses incontournables qui interviennent dans la vie de chacun d’entre nous. Mais peu nombreux sont ceux qui ont eu la main aussi heureuse que Joe Gatty dans l’hybridation des iris roses. Il est probable que cette couleur correspondait à sa sensibilité et à la délicatesse de son caractère.
Sa disparition en janvier 92 a mis un terme à trente-cinq ans de dévotion aux iris. Joseph Alfred Gatty était originaire de la côte Est des Etats-Unis, du New Jersey exactement il y vécut jusqu’en 1969, moment où il émigra vers l’une des terres de prédilection des iris, la côte Ouest, et précisément la Californie.
Longtemps, a-t-il dit lui même, il a cherché un but pour son existence. Vers l’âge de 25 ans il a découvert enfin ce qu’il voulait faire. Dès ce moment il s’est consacré aux iris, aidé au début par quelques grands noms de l’époque, le long de la côte atlantique : Robert Graves. Ed Watkins, Kenneth et Catherine Smith. et Stedman Butrick. Il s’était lancé dans l’hybridation en iris et il était très fier de son premier cultivar qu'il présentait un concours, quand quelqu'un derrière lui demanda : « Et ça, qu’est-ce que c’est? » Toute honte bue, le jeune Joe se dit qu’il devait se montrer plus rigoureux et sélectif, et attendit dix ans pour oser présenter de nouveau une de ses obtentions. Ce fut le point de départ d’une brillante carrière : ce premier iris fut considéré comme le plus beau de ceux présentés à la convention de 1960 qui se tenait Newark près de chez lui. Il s’appelait FRIENDSHIP.
En 1967 il prit la décision de faire le grand saut et de traverser les Etats-Unis de part an part pour trouver une terre où ses projets d’hybridation auraient les meilleures conditions pour se réaliser. Il y transporta ses graines et ses meilleurs jeunes plants, et la nouvelle vie commença, avec, tout de suite, des iris roses de grande classe venus de l’est. PRINCESS (72) et LIZ (72). Le ton était donné, Joe Gatty allait sélectionner de préférence des iris dans les couleurs tendres et surtout des roses.
En 1975, c’est un blanc à barbe jaune cadmium, WHITE LIGHTNING (74), qui fut particulièrement remarqué à la convention de San Diego et obtînt la Franklin Cook Cup (le plus apprécié des participants parmi les iris « invités »). Par la suite nombre de ses obtentions retinrent l’attention des juges mais il n’eut pas la chance de se voir décerner la fameuse Dykes Medal rejoignant en cela quelques grands hybrideurs malheureux, comme Melba Hamblen ou Gordon Plough et bien d’autres à qui il a manqué ce je ne sais quoi qui emporte l’enthousiasme des juges.
Sa renommée dépassa rapidement les frontières américaines et de très nombreuses variétés signées Gatty ont été retenues, entre autres, par nos producteurs nationaux. Presque toutes dans les tons pastels, mais également avec de belles réussites vivement colorées comme JEAN HOFFMEISTER (82), en bleu, BOLD GOLD (87), en or, SYNCOPATION (84) en jaune et pourpre. Néanmoins son goût le pousse à retenir essentiellement des iris clairs : des blancs comme WHITE LIGHTNING déjà cité, RISQUE (74), PANACHE (78) ou SYMMETRY (81) : des lilas comme DESIGNING WOMAN (90) ; des jaunes pâles comme DREAM AFFAIR (78) ; des abricot comme LOVELY GLOW (87) ; des blanc-bleutés comme FLAIR (76) et surtout des roses, les fameux roses de Gatty, du rose clair de PRINCESS (72) au rose pourpré de PRESENCE (87), en passant par toutes les nuances : rose pur - LIZ (72). ou rose tendre - BONBON (77), rose dragée - PLAYGIRL (77) ou FRENCH PASTRY (87) ou encore FEMME FATALE (83), rose pêche - LYRICAL (78) ou PARADISE (80) ou SOFT CARESS (91), rose corail - SATIN SIREN (87), rose vif – COMING UP ROSES (92).
Joe GATTY ne s’intéressait pas qu’aux grands iris, il a aussi créé des iris intermédiaires comme. VAMP (72), en violet carminé, VOILA (72), en rose orchidée, VIRTUE (76), en pourpre, BUTTER COOKIE (80), en jaune clair, RARE EDITION (80), magnifique plicata violet, TCHIN-TCHIN (88), en rose tendre, ou MEMO (91), en jaune citron. Enfin on doit citer ses iris nains standard (que certains appellent de rocaille, ou lilliput), notamment JOYFUL (77), jaune citron clair, MUCHACHA (83), petit plicata crème bordé de jaune, PAL SAM (87), ivoire bordé de pourpre et TOY CLOWN (91), jaune bordé de brun.
Tous ces iris portent la patte de Joe Gatty, c’est à dire une forme pleine et gracieuse, et des bords souplement ondulés.
Il n’a jamais tenté de commercialiser tout seul ses obtentions : ce n’était pas son affaire. Pendant vingt ans il a été associé Keith KEPPEL dans le catalogue présenté par ce dernier, et il a donné quelques fleurs à introduire à des amis producteurs, comme cela se pratique couramment aux USA, dans un esprit de « business » bien compris tout autant que de courtoisie bien sympathique.
Ses dernières sélections sont apparues quelques années après son décès, toujours chez Keppel, l’ami de toujours. Ce sont le superbe blanc ARCTIC EXPRESS (95) ou encore des roses : HAUTE COUTURE (96), rose pêche, MALLOW DRAMATIC (96) rose mauve. Mais ce tour d’horizon ne serait pas complet si l’on ne citait pas deux splendeurs : le bitone jaune pastel OVERJOYED (94) et l’amoena inversé IN REVERSE (93), l’un des plus contrastés du genre, qui démontre la maîtrise de Joe Gatty, l’un des grands seigneurs de l’iris de notre époque.
Les iris roses sont maintenant innombrables et tous les obtenteurs se sont astreints à en sélectionner quelques-uns : cela doit faire partie de ces choses incontournables qui interviennent dans la vie de chacun d’entre nous. Mais peu nombreux sont ceux qui ont eu la main aussi heureuse que Joe Gatty dans l’hybridation des iris roses. Il est probable que cette couleur correspondait à sa sensibilité et à la délicatesse de son caractère.
Sa disparition en janvier 92 a mis un terme à trente-cinq ans de dévotion aux iris. Joseph Alfred Gatty était originaire de la côte Est des Etats-Unis, du New Jersey exactement il y vécut jusqu’en 1969, moment où il émigra vers l’une des terres de prédilection des iris, la côte Ouest, et précisément la Californie.
Longtemps, a-t-il dit lui même, il a cherché un but pour son existence. Vers l’âge de 25 ans il a découvert enfin ce qu’il voulait faire. Dès ce moment il s’est consacré aux iris, aidé au début par quelques grands noms de l’époque, le long de la côte atlantique : Robert Graves. Ed Watkins, Kenneth et Catherine Smith. et Stedman Butrick. Il s’était lancé dans l’hybridation en iris et il était très fier de son premier cultivar qu'il présentait un concours, quand quelqu'un derrière lui demanda : « Et ça, qu’est-ce que c’est? » Toute honte bue, le jeune Joe se dit qu’il devait se montrer plus rigoureux et sélectif, et attendit dix ans pour oser présenter de nouveau une de ses obtentions. Ce fut le point de départ d’une brillante carrière : ce premier iris fut considéré comme le plus beau de ceux présentés à la convention de 1960 qui se tenait Newark près de chez lui. Il s’appelait FRIENDSHIP.
En 1967 il prit la décision de faire le grand saut et de traverser les Etats-Unis de part an part pour trouver une terre où ses projets d’hybridation auraient les meilleures conditions pour se réaliser. Il y transporta ses graines et ses meilleurs jeunes plants, et la nouvelle vie commença, avec, tout de suite, des iris roses de grande classe venus de l’est. PRINCESS (72) et LIZ (72). Le ton était donné, Joe Gatty allait sélectionner de préférence des iris dans les couleurs tendres et surtout des roses.
En 1975, c’est un blanc à barbe jaune cadmium, WHITE LIGHTNING (74), qui fut particulièrement remarqué à la convention de San Diego et obtînt la Franklin Cook Cup (le plus apprécié des participants parmi les iris « invités »). Par la suite nombre de ses obtentions retinrent l’attention des juges mais il n’eut pas la chance de se voir décerner la fameuse Dykes Medal rejoignant en cela quelques grands hybrideurs malheureux, comme Melba Hamblen ou Gordon Plough et bien d’autres à qui il a manqué ce je ne sais quoi qui emporte l’enthousiasme des juges.
Sa renommée dépassa rapidement les frontières américaines et de très nombreuses variétés signées Gatty ont été retenues, entre autres, par nos producteurs nationaux. Presque toutes dans les tons pastels, mais également avec de belles réussites vivement colorées comme JEAN HOFFMEISTER (82), en bleu, BOLD GOLD (87), en or, SYNCOPATION (84) en jaune et pourpre. Néanmoins son goût le pousse à retenir essentiellement des iris clairs : des blancs comme WHITE LIGHTNING déjà cité, RISQUE (74), PANACHE (78) ou SYMMETRY (81) : des lilas comme DESIGNING WOMAN (90) ; des jaunes pâles comme DREAM AFFAIR (78) ; des abricot comme LOVELY GLOW (87) ; des blanc-bleutés comme FLAIR (76) et surtout des roses, les fameux roses de Gatty, du rose clair de PRINCESS (72) au rose pourpré de PRESENCE (87), en passant par toutes les nuances : rose pur - LIZ (72). ou rose tendre - BONBON (77), rose dragée - PLAYGIRL (77) ou FRENCH PASTRY (87) ou encore FEMME FATALE (83), rose pêche - LYRICAL (78) ou PARADISE (80) ou SOFT CARESS (91), rose corail - SATIN SIREN (87), rose vif – COMING UP ROSES (92).
Joe GATTY ne s’intéressait pas qu’aux grands iris, il a aussi créé des iris intermédiaires comme. VAMP (72), en violet carminé, VOILA (72), en rose orchidée, VIRTUE (76), en pourpre, BUTTER COOKIE (80), en jaune clair, RARE EDITION (80), magnifique plicata violet, TCHIN-TCHIN (88), en rose tendre, ou MEMO (91), en jaune citron. Enfin on doit citer ses iris nains standard (que certains appellent de rocaille, ou lilliput), notamment JOYFUL (77), jaune citron clair, MUCHACHA (83), petit plicata crème bordé de jaune, PAL SAM (87), ivoire bordé de pourpre et TOY CLOWN (91), jaune bordé de brun.
Tous ces iris portent la patte de Joe Gatty, c’est à dire une forme pleine et gracieuse, et des bords souplement ondulés.
Il n’a jamais tenté de commercialiser tout seul ses obtentions : ce n’était pas son affaire. Pendant vingt ans il a été associé Keith KEPPEL dans le catalogue présenté par ce dernier, et il a donné quelques fleurs à introduire à des amis producteurs, comme cela se pratique couramment aux USA, dans un esprit de « business » bien compris tout autant que de courtoisie bien sympathique.
Ses dernières sélections sont apparues quelques années après son décès, toujours chez Keppel, l’ami de toujours. Ce sont le superbe blanc ARCTIC EXPRESS (95) ou encore des roses : HAUTE COUTURE (96), rose pêche, MALLOW DRAMATIC (96) rose mauve. Mais ce tour d’horizon ne serait pas complet si l’on ne citait pas deux splendeurs : le bitone jaune pastel OVERJOYED (94) et l’amoena inversé IN REVERSE (93), l’un des plus contrastés du genre, qui démontre la maîtrise de Joe Gatty, l’un des grands seigneurs de l’iris de notre époque.
DONALD CHARLES NEARPASS
Le monde des iris est comme le monde tout court, il est constitué de gens très différents. En matière de différence, Donald Charles Nearpass fut tout à fait remarquable. Tout d’abord ce n’était pas à proprement parler un professionnel de l’iris. Son activité principale a toujours été l’agronomie. Il a travaillé toute sa vie comme spécialiste du sol dans un organisme qui correspond, pour nous en France, à l’INRA. Les iris étaient sa seconde activité, mais c’est celle qui a fait sa célébrité. Et pourtant ! En trente-sept ans d’hybridation, il n’a enregistré que seize variétés ! Ce n’est pas lui qui a encombré nos jardins de cultivars ordinaires ou redondants. Les critères qu’il s’était donné pour sélectionner ses iris étaient d’une extrême sévérité, et ses rares choix ont tous été des variétés exceptionnelles.
Dans ses débuts, il a été impressionné par les travaux de Paul Cook, et il s’est efforcé de poursuivre le travail de cet illustre obtenteur. Dans les années 60 ses efforts ont été récompensés par un iris bleu des plus élégants de l’époque, LORD BALTIMORE (69), un néglecta qui inclut dans sa parenté des incontournables comme SNOW FLURRY et WHOLE CLOTH, mais aussi, par son « père » le bleu violacé INDIGLOW (Schortman 59 – FO 62), SABLE et CHIVALRY. Voilà une belle carte de visite ! Au cours des années 70, deux de ses iris se sont fait particulièrement remarquer. Il s’agit de l’amoena DOVER BEACH (72), un fils de WINTER OLYMPICS (O. Brown 63 –DM 67), et du plicata SPINNING WHEEL (74). Dans le pedigree de ce dernier on trouve les plicatas bien connus que sont le britannique DANCER’S VEIL (Hutchison 59 –BDM 63), et CHARMED CIRCLE (Keppel 69). SPINNING WHEEL est l’un des tout premiers néglecta-plicatas, c’est à dire qu’il réunit les dispositions des deux types : les pétales clairs, les sépales foncés des néglectas, et le fond blanc poudré et liseré de sombre des plicatas. Souvent d’ailleurs on prend SPINNING WHEEL comme modèle de ce type de fleurs. Des quantités d’iris ont, depuis, reproduit cette disposition des couleurs. Dans le type des plicatas, un autre enfant de D. C. Nearpass a connu la célébrité, c’est PURPLE PEPPER (86), et c’est encore une réussite. C’est d’ailleurs un descendant direct de SPINNING WHEEL.
En dehors des grands barbus, D.C. Nearpass s’est intéressé aux MTB (Miniature Tall Bearded, que l’on désigne chez nous sous le nom d’Iris de Table) tétraploïdes solides et vivement colorés. Pour cela il a fait usage de l’Iris aphylla et obtenu d’intéressants semis dont certains sont aussi des iris remontants.
Pour l’originalité et la différence, D.C. Nearpass a eu la particularité d’être un descendant des premiers colons venus avec le Mayflower pour peupler les futurs Etats-Unis, et d’appartenir à l’Eglise Mormone, pour laquelle il a mis en œuvre ses connaissances en généalogie. Père Pèlerin, mormon, généalogiste, agronome et iridophile, tel était cet homme qui a apporté aux iris son savoir et son exigence et obtenu la reconnaissance de ses pairs.
Le monde des iris est comme le monde tout court, il est constitué de gens très différents. En matière de différence, Donald Charles Nearpass fut tout à fait remarquable. Tout d’abord ce n’était pas à proprement parler un professionnel de l’iris. Son activité principale a toujours été l’agronomie. Il a travaillé toute sa vie comme spécialiste du sol dans un organisme qui correspond, pour nous en France, à l’INRA. Les iris étaient sa seconde activité, mais c’est celle qui a fait sa célébrité. Et pourtant ! En trente-sept ans d’hybridation, il n’a enregistré que seize variétés ! Ce n’est pas lui qui a encombré nos jardins de cultivars ordinaires ou redondants. Les critères qu’il s’était donné pour sélectionner ses iris étaient d’une extrême sévérité, et ses rares choix ont tous été des variétés exceptionnelles.
Dans ses débuts, il a été impressionné par les travaux de Paul Cook, et il s’est efforcé de poursuivre le travail de cet illustre obtenteur. Dans les années 60 ses efforts ont été récompensés par un iris bleu des plus élégants de l’époque, LORD BALTIMORE (69), un néglecta qui inclut dans sa parenté des incontournables comme SNOW FLURRY et WHOLE CLOTH, mais aussi, par son « père » le bleu violacé INDIGLOW (Schortman 59 – FO 62), SABLE et CHIVALRY. Voilà une belle carte de visite ! Au cours des années 70, deux de ses iris se sont fait particulièrement remarquer. Il s’agit de l’amoena DOVER BEACH (72), un fils de WINTER OLYMPICS (O. Brown 63 –DM 67), et du plicata SPINNING WHEEL (74). Dans le pedigree de ce dernier on trouve les plicatas bien connus que sont le britannique DANCER’S VEIL (Hutchison 59 –BDM 63), et CHARMED CIRCLE (Keppel 69). SPINNING WHEEL est l’un des tout premiers néglecta-plicatas, c’est à dire qu’il réunit les dispositions des deux types : les pétales clairs, les sépales foncés des néglectas, et le fond blanc poudré et liseré de sombre des plicatas. Souvent d’ailleurs on prend SPINNING WHEEL comme modèle de ce type de fleurs. Des quantités d’iris ont, depuis, reproduit cette disposition des couleurs. Dans le type des plicatas, un autre enfant de D. C. Nearpass a connu la célébrité, c’est PURPLE PEPPER (86), et c’est encore une réussite. C’est d’ailleurs un descendant direct de SPINNING WHEEL.
En dehors des grands barbus, D.C. Nearpass s’est intéressé aux MTB (Miniature Tall Bearded, que l’on désigne chez nous sous le nom d’Iris de Table) tétraploïdes solides et vivement colorés. Pour cela il a fait usage de l’Iris aphylla et obtenu d’intéressants semis dont certains sont aussi des iris remontants.
Pour l’originalité et la différence, D.C. Nearpass a eu la particularité d’être un descendant des premiers colons venus avec le Mayflower pour peupler les futurs Etats-Unis, et d’appartenir à l’Eglise Mormone, pour laquelle il a mis en œuvre ses connaissances en généalogie. Père Pèlerin, mormon, généalogiste, agronome et iridophile, tel était cet homme qui a apporté aux iris son savoir et son exigence et obtenu la reconnaissance de ses pairs.
11.1.03
SE SONT-ILS TROMPÉS ?
Quelqu’un que j’aime bien, et qui se reconnaîtra s’il lit ce texte, me fait part de son étonnement de voir que c’est MESMERIZER qui a remporté la Dykes Medal cette année. Pour lui, cet iris est « mal foutu », et ne mérite pas la récompense qu’il a reçue. Moi, qui admire MESMERIZER, cette opinion m’a étonné. Je ne cultive pas cette variété, mais je l’ai vue à plusieurs reprises dans des jardins d’amis et je ne lui ai pas trouvé de gros défauts. La plante m’a parue « normale », et la fleur, bien proportionnée par rapport à la taille des tiges, est à la fois belle, originale, et tellement prometteuse ! Ce n’est pas que je sois un fanatique des fleurs doubles, mais je conçois qu’on puisse s’y intéresser, et, en l’occurrence, on a fait un grand pas en avant avec cet iris là. La route de l’iris « flore pleno » me semble ouverte grâce à MESMERIZER, de même qu’avec son pendant bleu, SCENTED BUBBLES.
Au demeurant, l’observation de mon ami, grand connaisseur d’iris, dont la sincérité ne peut pas être mise en doute, m’amène à m’interroger. Et si les juges avaient commis une erreur ? S’ils avaient couronné une variété discutable ? Est-ce possible ?
Quand on connaît le système d’attribution des récompenses, cela semble difficile à admettre. Il est hautement improbable qu’un quelconque lobby pro-Mesmerizer, ait réussi à convaincre le panel des juges. Le long et lent cheminement pour arriver à la consécration suprême rend la chose quasiment impossible. Mais d’autres raisons ont pu entraîner la conviction des juges : l’effet de mode et le souci de marcher avec son temps, la difficulté de trancher entre des variétés de valeur équivalente, l’opportunité de rendre un hommage posthume à un hybrideur de génie…
L’effet de mode a certainement eu un impact. Distinguer un cultivar à éperons (pour ce type j’ai inventé le terme de « rostrata »), c’est aller avec l’air du temps : de plus en plus d’hybrideurs enregistrent des iris de ce type, pas toujours de très bon goût d’ailleurs, et ceux qui font de la résistance sont de moins en moins nombreux. Dans le type également récent des iris « broken colors » les enregistrements se multiplient et les juges semblent apprécier car les HM et AM attribués à ces iris deviennent abondants : il est probable qu’un « broken colors » obtiendra la DM dans quelques années. Mais déjà deux iris à éperons de Monty Byers avaient été couronnés : THORNBIRD en 97 et CONJURATION en 98. Etait-il nécessaire d’en rajouter ?
Les autres candidats à la DM avaient de farouches partisans CLARENCE (Zurbrigg 91) et FANCY WOMAN (Keppel 95) notamment. Chacun dans leur genre, se sont des variétés remarquables, et, surtout, elles proviennent d’obtenteurs qu’il serait justifié d’honorer. Alors, à défaut de se départager sur ces deux là, les juges ont-ils opté pour un outsider, lequel, de plus, permet de donner un signe marqué de reconnaissance posthume à Monty Byers, qui n’a plus aucune chance ensuite d’être salué.
Sans doute toutes ses considérations ont pu et du jouer. Mais MESMERIZER n’a-t-il pas les qualités nécessaires pour emporter seul la décision ? La plante est-elle disgracieuse ? Pousse-t-elle difficilement ? Sa médaille est-elle en conséquence usurpée ? Personnellement je ne le pense pas, mais l’autorité de mon ami en cette matière me met le doute à l’esprit. Et je me demande si, dans le passé, les juges se sont trompés. J’ai regardé dans le classement des vingt dernières années.
En 83 RUFFLED BALLET l’a emporté devant VICTORIA FALLS et ENTOURAGE. Il avait fini deuxième l’année précédente et sa récompense était prévisible. Cependant cette victoire n’a pas eu d’effet sur sa commercialisation, qui est restée plutôt médiocre, ce qui veut dire que les juges n’ont pas été du même avis que le public. VICTORIA FALLS s’est vengé l’année suivante et justice a été rendue à cette variété de haute qualité. Le triomphe de BEVERLY SILLS en 85 était amplement mérité et l’énorme succès commercial de cet iris est là pour démontrer qu’il avait toutes les qualités pour l’emporter. En 86 les juges ont choisi SONG OF NORWAY, devant COPPER CLASSIC et LACED COTTON. Cette fois, je ne suis pas certain qu’ils aient été bien inspirés. SONG OF NORWAY est-il un iris blanc ? Bleu ? Amoena inversé ? Sa couleur n’est pas nette, même un peu grisâtre. Son port est raide et ses fleurs assez peu gracieuses. Son principal mérite tient dans la teinte bleue de sa barbe. COPPER CLASSIC est autrement intéressant, au moins pour son coloris unique. LACED COTTON a une fleur profondément laciniée, superbe, et de plus possède des aptitudes génétiques intéressantes. Le choix de SONG OF NORWAY est peut-être du à l’impossibilité de séparer les deux autres !
Pas de DM en 87 ni en 89. Mais le choix de TITAN’S GLORY en 88 n’est pas discutable. En revanche celui de JESSE’S SONG en 90 peut sûrement l’être. Sans doute doit-il sa gloire au fait que son concurrent le plus dangereux était le petit intermédiaire AZ AP (Ensminger 79), et que jamais un intermédiaire n’a réussi à triompher jusqu’à présent. Un autre plicata, EVERYTHING PLUS, l’a emporté en 91. Ses concurrents immédiats étaient le brillant EXTRAVAGANT (Hamblen 83) et le fameux bleu TIDE’S IN (Schreiner 83). C’est sans doute celui-là qui était le plus méritant, notamment en raison de ses aptitudes génétiques largement utilisées par la suite. De 92 à 95 les choix des juges ont été incontestables. Aussi bien DUSKY CHALLENGER que EDITH WOLFORD, SILVERADO et HONKY TONK BLUES ont marqué leur époque et porté aux nues la qualité Schreiner. Mais BEFORE THE STORM était-il vraiment le meilleur de 1996 ? Encore une fois la fleur, surprenante par sa couleur sombre pratiquement noire, manque de souplesse, et la plante a la réputation de souvent pousser difficilement. Le tout petit BUMBLEBEE DEELITE aurait sans doute plus justement mérité de l’emporter n’eut été le fait qu’il ne soit pas un grand iris.
On entre ensuite dans l’ère Byers, avec THORNBIRD puis CONJURATION. Le choix de THORNBIRD a été vivement contesté, voire même déploré par les adversaires à la fois des iris à éperons et par ceux de son coloris très inhabituel. Pour moi, THORNBIRD, qui marque une rupture, est un choix justifié. Je ne pense pas la même chose de celui de CONJURATION. Je reproche à celui-ci sa raideur, la disproportion entre ses tiges très élevées et ses fleurs plutôt petites, et l’intérêt mitigé de ses éperons bien riquiqui. Mais, cette année là, la concurrence était assez faible, tant en ce qui concerne ACOMA, banal, que CITY LIGHTS, un peu trop délicat. HELLO DARKNESS était bien le meilleur en 99. Nettement plus intéressant que son aîné BEFORE THE STORM. Le succès de STAIRWAY TO HEAVEN en 2000 a constitué une surprise. Je ne suis pas apte à émettre un avis à son sujet car je ne l’ai vu qu’en photo et je ne sais rien de ses dispositions botaniques. En tout cas il ne semble pas devoir faire une grande carrière commerciale, car s’il est présent dans la plupart des catalogues américains, il n’a pas une bonne distribution en Europe. En 2001 YAQUINA BLUE a ramené au premier rang le savoir-faire de l’entreprise Schreiner. Il est probable que celle-ci triomphera encore une fois en 2003 car on ne voit pas de réel concurrent à CELEBRATION SONG qui a fait jusqu’à aujourd’hui un parcours sans faute.
De cette énumération il ressort que les juges américains n’ont pas toujours fait le meilleur choix, même si les variétés distinguées ne sont jamais des plantes médiocres. Alors pourquoi ne se seraient-ils pas égarés en désignant MESMERIZER ? En ce qui me concerne je ne suis pas convaincu de leur erreur, mais la question peut bien être posée !
Quelqu’un que j’aime bien, et qui se reconnaîtra s’il lit ce texte, me fait part de son étonnement de voir que c’est MESMERIZER qui a remporté la Dykes Medal cette année. Pour lui, cet iris est « mal foutu », et ne mérite pas la récompense qu’il a reçue. Moi, qui admire MESMERIZER, cette opinion m’a étonné. Je ne cultive pas cette variété, mais je l’ai vue à plusieurs reprises dans des jardins d’amis et je ne lui ai pas trouvé de gros défauts. La plante m’a parue « normale », et la fleur, bien proportionnée par rapport à la taille des tiges, est à la fois belle, originale, et tellement prometteuse ! Ce n’est pas que je sois un fanatique des fleurs doubles, mais je conçois qu’on puisse s’y intéresser, et, en l’occurrence, on a fait un grand pas en avant avec cet iris là. La route de l’iris « flore pleno » me semble ouverte grâce à MESMERIZER, de même qu’avec son pendant bleu, SCENTED BUBBLES.
Au demeurant, l’observation de mon ami, grand connaisseur d’iris, dont la sincérité ne peut pas être mise en doute, m’amène à m’interroger. Et si les juges avaient commis une erreur ? S’ils avaient couronné une variété discutable ? Est-ce possible ?
Quand on connaît le système d’attribution des récompenses, cela semble difficile à admettre. Il est hautement improbable qu’un quelconque lobby pro-Mesmerizer, ait réussi à convaincre le panel des juges. Le long et lent cheminement pour arriver à la consécration suprême rend la chose quasiment impossible. Mais d’autres raisons ont pu entraîner la conviction des juges : l’effet de mode et le souci de marcher avec son temps, la difficulté de trancher entre des variétés de valeur équivalente, l’opportunité de rendre un hommage posthume à un hybrideur de génie…
L’effet de mode a certainement eu un impact. Distinguer un cultivar à éperons (pour ce type j’ai inventé le terme de « rostrata »), c’est aller avec l’air du temps : de plus en plus d’hybrideurs enregistrent des iris de ce type, pas toujours de très bon goût d’ailleurs, et ceux qui font de la résistance sont de moins en moins nombreux. Dans le type également récent des iris « broken colors » les enregistrements se multiplient et les juges semblent apprécier car les HM et AM attribués à ces iris deviennent abondants : il est probable qu’un « broken colors » obtiendra la DM dans quelques années. Mais déjà deux iris à éperons de Monty Byers avaient été couronnés : THORNBIRD en 97 et CONJURATION en 98. Etait-il nécessaire d’en rajouter ?
Les autres candidats à la DM avaient de farouches partisans CLARENCE (Zurbrigg 91) et FANCY WOMAN (Keppel 95) notamment. Chacun dans leur genre, se sont des variétés remarquables, et, surtout, elles proviennent d’obtenteurs qu’il serait justifié d’honorer. Alors, à défaut de se départager sur ces deux là, les juges ont-ils opté pour un outsider, lequel, de plus, permet de donner un signe marqué de reconnaissance posthume à Monty Byers, qui n’a plus aucune chance ensuite d’être salué.
Sans doute toutes ses considérations ont pu et du jouer. Mais MESMERIZER n’a-t-il pas les qualités nécessaires pour emporter seul la décision ? La plante est-elle disgracieuse ? Pousse-t-elle difficilement ? Sa médaille est-elle en conséquence usurpée ? Personnellement je ne le pense pas, mais l’autorité de mon ami en cette matière me met le doute à l’esprit. Et je me demande si, dans le passé, les juges se sont trompés. J’ai regardé dans le classement des vingt dernières années.
En 83 RUFFLED BALLET l’a emporté devant VICTORIA FALLS et ENTOURAGE. Il avait fini deuxième l’année précédente et sa récompense était prévisible. Cependant cette victoire n’a pas eu d’effet sur sa commercialisation, qui est restée plutôt médiocre, ce qui veut dire que les juges n’ont pas été du même avis que le public. VICTORIA FALLS s’est vengé l’année suivante et justice a été rendue à cette variété de haute qualité. Le triomphe de BEVERLY SILLS en 85 était amplement mérité et l’énorme succès commercial de cet iris est là pour démontrer qu’il avait toutes les qualités pour l’emporter. En 86 les juges ont choisi SONG OF NORWAY, devant COPPER CLASSIC et LACED COTTON. Cette fois, je ne suis pas certain qu’ils aient été bien inspirés. SONG OF NORWAY est-il un iris blanc ? Bleu ? Amoena inversé ? Sa couleur n’est pas nette, même un peu grisâtre. Son port est raide et ses fleurs assez peu gracieuses. Son principal mérite tient dans la teinte bleue de sa barbe. COPPER CLASSIC est autrement intéressant, au moins pour son coloris unique. LACED COTTON a une fleur profondément laciniée, superbe, et de plus possède des aptitudes génétiques intéressantes. Le choix de SONG OF NORWAY est peut-être du à l’impossibilité de séparer les deux autres !
Pas de DM en 87 ni en 89. Mais le choix de TITAN’S GLORY en 88 n’est pas discutable. En revanche celui de JESSE’S SONG en 90 peut sûrement l’être. Sans doute doit-il sa gloire au fait que son concurrent le plus dangereux était le petit intermédiaire AZ AP (Ensminger 79), et que jamais un intermédiaire n’a réussi à triompher jusqu’à présent. Un autre plicata, EVERYTHING PLUS, l’a emporté en 91. Ses concurrents immédiats étaient le brillant EXTRAVAGANT (Hamblen 83) et le fameux bleu TIDE’S IN (Schreiner 83). C’est sans doute celui-là qui était le plus méritant, notamment en raison de ses aptitudes génétiques largement utilisées par la suite. De 92 à 95 les choix des juges ont été incontestables. Aussi bien DUSKY CHALLENGER que EDITH WOLFORD, SILVERADO et HONKY TONK BLUES ont marqué leur époque et porté aux nues la qualité Schreiner. Mais BEFORE THE STORM était-il vraiment le meilleur de 1996 ? Encore une fois la fleur, surprenante par sa couleur sombre pratiquement noire, manque de souplesse, et la plante a la réputation de souvent pousser difficilement. Le tout petit BUMBLEBEE DEELITE aurait sans doute plus justement mérité de l’emporter n’eut été le fait qu’il ne soit pas un grand iris.
On entre ensuite dans l’ère Byers, avec THORNBIRD puis CONJURATION. Le choix de THORNBIRD a été vivement contesté, voire même déploré par les adversaires à la fois des iris à éperons et par ceux de son coloris très inhabituel. Pour moi, THORNBIRD, qui marque une rupture, est un choix justifié. Je ne pense pas la même chose de celui de CONJURATION. Je reproche à celui-ci sa raideur, la disproportion entre ses tiges très élevées et ses fleurs plutôt petites, et l’intérêt mitigé de ses éperons bien riquiqui. Mais, cette année là, la concurrence était assez faible, tant en ce qui concerne ACOMA, banal, que CITY LIGHTS, un peu trop délicat. HELLO DARKNESS était bien le meilleur en 99. Nettement plus intéressant que son aîné BEFORE THE STORM. Le succès de STAIRWAY TO HEAVEN en 2000 a constitué une surprise. Je ne suis pas apte à émettre un avis à son sujet car je ne l’ai vu qu’en photo et je ne sais rien de ses dispositions botaniques. En tout cas il ne semble pas devoir faire une grande carrière commerciale, car s’il est présent dans la plupart des catalogues américains, il n’a pas une bonne distribution en Europe. En 2001 YAQUINA BLUE a ramené au premier rang le savoir-faire de l’entreprise Schreiner. Il est probable que celle-ci triomphera encore une fois en 2003 car on ne voit pas de réel concurrent à CELEBRATION SONG qui a fait jusqu’à aujourd’hui un parcours sans faute.
De cette énumération il ressort que les juges américains n’ont pas toujours fait le meilleur choix, même si les variétés distinguées ne sont jamais des plantes médiocres. Alors pourquoi ne se seraient-ils pas égarés en désignant MESMERIZER ? En ce qui me concerne je ne suis pas convaincu de leur erreur, mais la question peut bien être posée !
4.1.03
JOSEPH ALFRED GATTY
Les iris roses sont maintenant innombrables et tous les obtenteurs se sont astreints à en sélectionner quelques-uns : cela doit faire partie de ces choses incontournables qui interviennent dans la vie de chacun d’entre nous. Mais peu nombreux sont ceux qui ont eu la main aussi heureuse que Joe Gatty dans l’hybridation des iris roses. Il est probable que cette couleur correspondait à sa sensibilité et à la délicatesse de son caractère.
Sa disparition en janvier 92 a mis un terme à trente-cinq ans de dévotion aux iris. Joseph Alfred Gatty était originaire de la côte Est des Etats-Unis, du New Jersey exactement il y vécut jusqu’en 1969, moment où il émigra vers l’une des terres de prédilection des iris, la côte Ouest, et précisément la Californie.
Longtemps, a-t-il dit lui même, il a cherché un but pour son existence. Vers l’âge de 25 ans il a découvert enfin ce qu’il voulait faire. Dès ce moment il s’est consacré aux iris, aidé au début par quelques grands noms de l’époque, le long de la côte atlantique : Robert Graves. Ed Watkins, Kenneth et Catherine Smith. et Stedman Butrick. Il s’était lancé dans l’hybridation en iris et il était très fier de son premier cultivar qu'il présentait un concours, quand quelqu'un derrière lui demanda : « Et ça, qu’est-ce que c’est? » Toute honte bue, le jeune Joe se dit qu’il devait se montrer plus rigoureux et sélectif, et attendit dix ans pour oser présenter de nouveau une de ses obtentions. Ce fut le point de départ d’une brillante carrière : ce premier iris fut considéré comme le plus beau de ceux présentés à la convention de 1960 qui se tenait Newark près de chez lui. Il s’appelait FRIENDSHIP.
En 1967 il prit la décision de faire le grand saut et de traverser les Etats-Unis de part an part pour trouver une terre où ses projets d’hybridation auraient les meilleures conditions pour se réaliser. Il y transporta ses graines et ses meilleurs jeunes plants, et la nouvelle vie commença, avec, tout de suite, des iris roses de grande classe venus de l’est. PRINCESS (72) et LIZ (72). Le ton était donné, Joe Gatty allait sélectionner de préférence des iris dans les couleurs tendres et surtout des roses.
En 1975, c’est un blanc à barbe jaune cadmium, WHITE LIGHTNING (74), qui fut particulièrement remarqué à la convention de San Diego et obtînt la Franklin Cook Cup (le plus apprécié des participants parmi les iris « invités »). Par la suite nombre de ses obtentions retinrent l’attention des juges mais il n’eut pas la chance de se voir décerner la fameuse Dykes Medal rejoignant en cela quelques grands hybrideurs malheureux, comme Melba Hamblen ou Gordon Plough et bien d’autres à qui il a manqué ce je ne sais quoi qui emporte l’enthousiasme des juges.
Sa renommée dépassa rapidement les frontières américaines et de très nombreuses variétés signées Gatty ont été retenues, entre autres, par nos producteurs nationaux. Presque toutes dans les tons pastels, mais également avec de belles réussites vivement colorées comme JEAN HOFFMEISTER (82), en bleu, BOLD GOLD (87), en or, SYNCOPATION (84) en jaune et pourpre. Néanmoins son goût le pousse à retenir essentiellement des iris clairs : des blancs comme WHITE LIGHTNING déjà cité, RISQUE (74), PANACHE (78) ou SYMMETRY (81) : des lilas comme DESIGNING WOMAN (90) ; des jaunes pâles comme DREAM AFFAIR (78) ; des abricot comme LOVELY GLOW (87) ; des blanc-bleutés comme FLAIR (76) et surtout des roses, les fameux roses de Gatty, du rose clair de PRINCESS (72) au rose pourpré de PRESENCE (87), en passant par toutes les nuances : rose pur - LIZ (72). ou rose tendre - BONBON (77), rose dragée - PLAYGIRL (77) ou FRENCH PASTRY (87) ou encore FEMME FATALE (83), rose pêche - LYRICAL (78) ou PARADISE (80) ou SOFT CARESS (91), rose corail - SATIN SIREN (87), rose vif – COMING UP ROSES (92).
Joe GATTY ne s’intéressait pas qu’aux grands iris, il a aussi créé des iris intermédiaires comme. VAMP (72), en violet carminé, VOILA (72), en rose orchidée, VIRTUE (76), en pourpre, BUTTER COOKIE (80), en jaune clair, RARE EDITION (80), magnifique plicata violet, TCHIN-TCHIN (88), en rose tendre, ou MEMO (91), en jaune citron. Enfin on doit citer ses iris nains standard (que certains appellent de rocaille, ou lilliput), notamment JOYFUL (77), jaune citron clair, MUCHACHA (83), petit plicata crème bordé de jaune, PAL SAM (87), ivoire bordé de pourpre et TOY CLOWN (91), jaune bordé de brun.
Tous ces iris portent la patte de Joe Gatty, c’est à dire une forme pleine et gracieuse, et des bords souplement ondulés.
Il n’a jamais tenté de commercialiser tout seul ses obtentions : ce n’était pas son affaire. Pendant vingt ans il a été associé Keith KEPPEL dans le catalogue présenté par ce dernier, et il a donné quelques fleurs à introduire à des amis producteurs, comme cela se pratique couramment aux USA, dans un esprit de « business » bien compris tout autant que de courtoisie bien sympathique.
Ses dernières sélections sont apparues quelques années après son décès, toujours chez Keppel, l’ami de toujours. Ce sont le superbe blanc ARCTIC EXPRESS (95) ou encore des roses : HAUTE COUTURE (96), rose pêche, MALLOW DRAMATIC (96) rose mauve. Mais ce tour d’horizon ne serait pas complet si l’on ne citait pas deux splendeurs : le bitone jaune pastel OVERJOYED (94) et l’amoena inversé IN REVERSE (93), l’un des plus contrastés du genre, qui démontre la maîtrise de Joe Gatty, l’un des grands seigneurs de l’iris de notre époque.
Les iris roses sont maintenant innombrables et tous les obtenteurs se sont astreints à en sélectionner quelques-uns : cela doit faire partie de ces choses incontournables qui interviennent dans la vie de chacun d’entre nous. Mais peu nombreux sont ceux qui ont eu la main aussi heureuse que Joe Gatty dans l’hybridation des iris roses. Il est probable que cette couleur correspondait à sa sensibilité et à la délicatesse de son caractère.
Sa disparition en janvier 92 a mis un terme à trente-cinq ans de dévotion aux iris. Joseph Alfred Gatty était originaire de la côte Est des Etats-Unis, du New Jersey exactement il y vécut jusqu’en 1969, moment où il émigra vers l’une des terres de prédilection des iris, la côte Ouest, et précisément la Californie.
Longtemps, a-t-il dit lui même, il a cherché un but pour son existence. Vers l’âge de 25 ans il a découvert enfin ce qu’il voulait faire. Dès ce moment il s’est consacré aux iris, aidé au début par quelques grands noms de l’époque, le long de la côte atlantique : Robert Graves. Ed Watkins, Kenneth et Catherine Smith. et Stedman Butrick. Il s’était lancé dans l’hybridation en iris et il était très fier de son premier cultivar qu'il présentait un concours, quand quelqu'un derrière lui demanda : « Et ça, qu’est-ce que c’est? » Toute honte bue, le jeune Joe se dit qu’il devait se montrer plus rigoureux et sélectif, et attendit dix ans pour oser présenter de nouveau une de ses obtentions. Ce fut le point de départ d’une brillante carrière : ce premier iris fut considéré comme le plus beau de ceux présentés à la convention de 1960 qui se tenait Newark près de chez lui. Il s’appelait FRIENDSHIP.
En 1967 il prit la décision de faire le grand saut et de traverser les Etats-Unis de part an part pour trouver une terre où ses projets d’hybridation auraient les meilleures conditions pour se réaliser. Il y transporta ses graines et ses meilleurs jeunes plants, et la nouvelle vie commença, avec, tout de suite, des iris roses de grande classe venus de l’est. PRINCESS (72) et LIZ (72). Le ton était donné, Joe Gatty allait sélectionner de préférence des iris dans les couleurs tendres et surtout des roses.
En 1975, c’est un blanc à barbe jaune cadmium, WHITE LIGHTNING (74), qui fut particulièrement remarqué à la convention de San Diego et obtînt la Franklin Cook Cup (le plus apprécié des participants parmi les iris « invités »). Par la suite nombre de ses obtentions retinrent l’attention des juges mais il n’eut pas la chance de se voir décerner la fameuse Dykes Medal rejoignant en cela quelques grands hybrideurs malheureux, comme Melba Hamblen ou Gordon Plough et bien d’autres à qui il a manqué ce je ne sais quoi qui emporte l’enthousiasme des juges.
Sa renommée dépassa rapidement les frontières américaines et de très nombreuses variétés signées Gatty ont été retenues, entre autres, par nos producteurs nationaux. Presque toutes dans les tons pastels, mais également avec de belles réussites vivement colorées comme JEAN HOFFMEISTER (82), en bleu, BOLD GOLD (87), en or, SYNCOPATION (84) en jaune et pourpre. Néanmoins son goût le pousse à retenir essentiellement des iris clairs : des blancs comme WHITE LIGHTNING déjà cité, RISQUE (74), PANACHE (78) ou SYMMETRY (81) : des lilas comme DESIGNING WOMAN (90) ; des jaunes pâles comme DREAM AFFAIR (78) ; des abricot comme LOVELY GLOW (87) ; des blanc-bleutés comme FLAIR (76) et surtout des roses, les fameux roses de Gatty, du rose clair de PRINCESS (72) au rose pourpré de PRESENCE (87), en passant par toutes les nuances : rose pur - LIZ (72). ou rose tendre - BONBON (77), rose dragée - PLAYGIRL (77) ou FRENCH PASTRY (87) ou encore FEMME FATALE (83), rose pêche - LYRICAL (78) ou PARADISE (80) ou SOFT CARESS (91), rose corail - SATIN SIREN (87), rose vif – COMING UP ROSES (92).
Joe GATTY ne s’intéressait pas qu’aux grands iris, il a aussi créé des iris intermédiaires comme. VAMP (72), en violet carminé, VOILA (72), en rose orchidée, VIRTUE (76), en pourpre, BUTTER COOKIE (80), en jaune clair, RARE EDITION (80), magnifique plicata violet, TCHIN-TCHIN (88), en rose tendre, ou MEMO (91), en jaune citron. Enfin on doit citer ses iris nains standard (que certains appellent de rocaille, ou lilliput), notamment JOYFUL (77), jaune citron clair, MUCHACHA (83), petit plicata crème bordé de jaune, PAL SAM (87), ivoire bordé de pourpre et TOY CLOWN (91), jaune bordé de brun.
Tous ces iris portent la patte de Joe Gatty, c’est à dire une forme pleine et gracieuse, et des bords souplement ondulés.
Il n’a jamais tenté de commercialiser tout seul ses obtentions : ce n’était pas son affaire. Pendant vingt ans il a été associé Keith KEPPEL dans le catalogue présenté par ce dernier, et il a donné quelques fleurs à introduire à des amis producteurs, comme cela se pratique couramment aux USA, dans un esprit de « business » bien compris tout autant que de courtoisie bien sympathique.
Ses dernières sélections sont apparues quelques années après son décès, toujours chez Keppel, l’ami de toujours. Ce sont le superbe blanc ARCTIC EXPRESS (95) ou encore des roses : HAUTE COUTURE (96), rose pêche, MALLOW DRAMATIC (96) rose mauve. Mais ce tour d’horizon ne serait pas complet si l’on ne citait pas deux splendeurs : le bitone jaune pastel OVERJOYED (94) et l’amoena inversé IN REVERSE (93), l’un des plus contrastés du genre, qui démontre la maîtrise de Joe Gatty, l’un des grands seigneurs de l’iris de notre époque.
30.12.02
CLEAR MORNING SKY
La classe des amoenas inversés n’est pas surchargée. Cependant, depuis quelques années elle s’alourdit un peu et les variétés nouvelle sont de plus en plus contrastées. Parmi ces dernières, une des plus jolie me paraît être CLEAR MORNING SKY (Ernst 91). Cette variété est décrite comme « pétales bleu clair, plus sombres à la base, sépales bleu pâle, barbes bleues, jaune au coeur ». C’est une description très honnête, car certains auraient été tentés de dire que les sépales étaient blancs, ce qui ne serait pas franchement inexact ! La fleur, délicatement parfumée, se distingue par ses belles ondulations et la grâce de sa forme générale. Le contraste bleu/blanc est très net, et l’effet amoena inversé incontestable. Ajoutons que la plante est grande et robuste et nous aurons une vision complète d’un bel iris de collection.
Au plan du pedigree, on a affaire à une fleur endogamique, résultant du croisement de deux iris frères de semis, issus de SONG OF NORWAY (Luihn 79 – DM 86) et de INHERITANCE (Babson 77). On ne décrit plus SONG OF NORWAY, qui a obtenu une DM un peu heureuse, à mon avis, car l’effet amoena inversé y est faible et la fleur est raide. INHERITANCE est une variété peu connue, du moins en France, dans les tons de rose orchidée, en provenance des travaux de Sanford Babson avec les iris bleus ou indigos. Ses grands-parents s’appellent CLAREMONT CLASSIC (Babson 65), bleu saphir, HIGH ABOVE (DeForest 60), bleu très clair, APROPOS (Babson 64), deux tons de bleu indigo, et COMMENTARY (Babson 63), chamois sur parme. Ce COMMENTARY fait partie des variétés qui ont été la coqueluche des hybrideurs dans les années 60. En l’occurrence on la retrouve dans les origines de APROPOS – COMMENTARY x MELODRAMA - et de CLAREMONT CLASSIC – GOODNESS x COMMENTARY. La « mère » de cet iris est une variété fameuse, SAVAGE, bronze rosé, qui remonte aux origines des iris où le rose et le brun se mélangent, très utilisée par Sanford Babson pour ses iris bruns et mauves comme CAMBODIA (Babson 66) et ses descendants.
CLEAR MORNING SKY tient donc de sa « mère » son caractère d’amoena inversé. Il en est une évidente amélioration, avec des teintes plus contrastées et une fleur beaucoup plus souple et gracieuse. Son obtenteur, Richard Ernst, est l’hybrideur attitré de la famille Cooley dont il est une « pièce rapportée ». Voilà un obtenteur qui travaille depuis plus de trente ans, qui enregistre chaque année quatre ou cinq variétés, dans tous les types de fleurs et tous les coloris, et qui n’a encore jamais été distingué par une distinction de haut rang. Cela peut paraître surprenant car il dispose d’un soutien logistique remarquable ( le catalogue Cooley est le premier au monde par le chiffre d’affaire) et produit des fleurs qui me paraissent intéressantes. Peut-être doit-on attribuer ce relatif insuccès à une certaine dispersion dans les hybridations ? En tout cas le succès commercial est parfait : des variétés comme ADOBE ROSE (88), AFTERNOON DELIGHT (85), AMBER TAMBOUR (91), ENVY (90), JURISPRUDENCE (86), QUIET RIOT (84) ou TRACY TYRENE (88) sont bien connues chez nous et bien présentes dans nos jardins. C’est matériellement une bonne affaire, mais la renommée de l’obtenteur est aussi liée à la reconnaissance des juges, et, sur ce plan, Rick Ernst n’est pas encore parvenu à la consécration. Il n’est pas le seul obtenteur de talent à se trouver dans ce cas : Gordon Plough ou Melba Hamblen ont connu la même mésaventure…
La classe des amoenas inversés n’est pas surchargée. Cependant, depuis quelques années elle s’alourdit un peu et les variétés nouvelle sont de plus en plus contrastées. Parmi ces dernières, une des plus jolie me paraît être CLEAR MORNING SKY (Ernst 91). Cette variété est décrite comme « pétales bleu clair, plus sombres à la base, sépales bleu pâle, barbes bleues, jaune au coeur ». C’est une description très honnête, car certains auraient été tentés de dire que les sépales étaient blancs, ce qui ne serait pas franchement inexact ! La fleur, délicatement parfumée, se distingue par ses belles ondulations et la grâce de sa forme générale. Le contraste bleu/blanc est très net, et l’effet amoena inversé incontestable. Ajoutons que la plante est grande et robuste et nous aurons une vision complète d’un bel iris de collection.
Au plan du pedigree, on a affaire à une fleur endogamique, résultant du croisement de deux iris frères de semis, issus de SONG OF NORWAY (Luihn 79 – DM 86) et de INHERITANCE (Babson 77). On ne décrit plus SONG OF NORWAY, qui a obtenu une DM un peu heureuse, à mon avis, car l’effet amoena inversé y est faible et la fleur est raide. INHERITANCE est une variété peu connue, du moins en France, dans les tons de rose orchidée, en provenance des travaux de Sanford Babson avec les iris bleus ou indigos. Ses grands-parents s’appellent CLAREMONT CLASSIC (Babson 65), bleu saphir, HIGH ABOVE (DeForest 60), bleu très clair, APROPOS (Babson 64), deux tons de bleu indigo, et COMMENTARY (Babson 63), chamois sur parme. Ce COMMENTARY fait partie des variétés qui ont été la coqueluche des hybrideurs dans les années 60. En l’occurrence on la retrouve dans les origines de APROPOS – COMMENTARY x MELODRAMA - et de CLAREMONT CLASSIC – GOODNESS x COMMENTARY. La « mère » de cet iris est une variété fameuse, SAVAGE, bronze rosé, qui remonte aux origines des iris où le rose et le brun se mélangent, très utilisée par Sanford Babson pour ses iris bruns et mauves comme CAMBODIA (Babson 66) et ses descendants.
CLEAR MORNING SKY tient donc de sa « mère » son caractère d’amoena inversé. Il en est une évidente amélioration, avec des teintes plus contrastées et une fleur beaucoup plus souple et gracieuse. Son obtenteur, Richard Ernst, est l’hybrideur attitré de la famille Cooley dont il est une « pièce rapportée ». Voilà un obtenteur qui travaille depuis plus de trente ans, qui enregistre chaque année quatre ou cinq variétés, dans tous les types de fleurs et tous les coloris, et qui n’a encore jamais été distingué par une distinction de haut rang. Cela peut paraître surprenant car il dispose d’un soutien logistique remarquable ( le catalogue Cooley est le premier au monde par le chiffre d’affaire) et produit des fleurs qui me paraissent intéressantes. Peut-être doit-on attribuer ce relatif insuccès à une certaine dispersion dans les hybridations ? En tout cas le succès commercial est parfait : des variétés comme ADOBE ROSE (88), AFTERNOON DELIGHT (85), AMBER TAMBOUR (91), ENVY (90), JURISPRUDENCE (86), QUIET RIOT (84) ou TRACY TYRENE (88) sont bien connues chez nous et bien présentes dans nos jardins. C’est matériellement une bonne affaire, mais la renommée de l’obtenteur est aussi liée à la reconnaissance des juges, et, sur ce plan, Rick Ernst n’est pas encore parvenu à la consécration. Il n’est pas le seul obtenteur de talent à se trouver dans ce cas : Gordon Plough ou Melba Hamblen ont connu la même mésaventure…
HOLLYWOOD NIGHTS
Ce n’est pas tous les jours qu’on découvre un iris qui vous fasse une impression saisissante. La plupart du temps, quand cette émotion se produit, c’est à cause d’une fleur d’une couleur qui sort de l’ordinaire. Mais en ce qui concerne HOLLYWOOD NIGHTS (R. Duncan 2000), c’est plutôt la forme de la fleur qui est remarquable, ainsi que son fini. HOLLYWOOD NIGHTS est une variété d’un bleu indigo sombre, à peine éclairci d’un voile de poudre blanche sous les barbes qui sont également indigo. La couleur est uniforme et fortement saturée, mais surtout elle a un aspect luxueusement satiné qui accroît sa brillance naturelle. Par-dessus le marché la fleur est de belle taille, très ample, une forme à la Hager, avec des sépales larges dès leur point d’attache et des ondulations voluptueuses et des bords finement laciniés, ce qui est une apparence exceptionnelle chez un iris sombre. Il est vrai que la « mère » de cette fleur magnifique est le fameux DUSKY CHALLENGER (Schreiner 86 – DM 92), dont la forme est déjà remarquable. HOLLYWOOD NIGHTS tient donc beaucoup de sa mère, mais il y ajoute de la modernité et de la grâce. Son géniteur est un semis issu de deux variétés pourprées, SPIN-OFF (Maryott 87) et STREET WALKER (Joyce Meek 84). Le premier cité a apporté à son descendant les frisures et le velouté, le second lui a donné ce soupçon de blanc qui lui confère une bonne part de son caractère. SPIN-OFF descend lui-même de MAGENTA ROSE (Gibson 77) dont il tient sa couleur. STREET WALKER est un fils de deux variétés intéressantes, KILT LILT (Gibson 70 – DM 76) et SEVEN HILLS (Coleman 75), un iris foncé, bronze et acajou, un peu strié aux épaules.
L’an prochain, HOLLYWOOD NIGHTS sera en lice pour les Honorables Mentions. Je ne crois pas m’avancer en disant qu’il a toutes ses chances pour aller loin dans la course aux honneurs. Cela serait une rapide consécration pour son obtenteur, Roger Duncan, un Californien dont HOLLYWOOD NIGHTS n’est que la seconde variété enregistrée. Avec Richard Tasco, il gère une pépinière qui commence à être connue, Superstition iris Garden. Ce même Richard Tasco est une étoile montante, apparue en 92 dans le ciel de l’iridophilie. Dès cette année là son premier iris, RUFFLED GODDESS, a été aussitôt remarqué, de même que le furent en 95 MARIPOSA SKIES et en 97 SPLASHACATA, un plicata original, qui dès 2000 récoltait un HM.. Maintenant Tasco et Duncan atteignent leur rythme de croisière. C’est une paire d’obtenteur qui fait déjà partie des meilleurs.
Ce n’est pas tous les jours qu’on découvre un iris qui vous fasse une impression saisissante. La plupart du temps, quand cette émotion se produit, c’est à cause d’une fleur d’une couleur qui sort de l’ordinaire. Mais en ce qui concerne HOLLYWOOD NIGHTS (R. Duncan 2000), c’est plutôt la forme de la fleur qui est remarquable, ainsi que son fini. HOLLYWOOD NIGHTS est une variété d’un bleu indigo sombre, à peine éclairci d’un voile de poudre blanche sous les barbes qui sont également indigo. La couleur est uniforme et fortement saturée, mais surtout elle a un aspect luxueusement satiné qui accroît sa brillance naturelle. Par-dessus le marché la fleur est de belle taille, très ample, une forme à la Hager, avec des sépales larges dès leur point d’attache et des ondulations voluptueuses et des bords finement laciniés, ce qui est une apparence exceptionnelle chez un iris sombre. Il est vrai que la « mère » de cette fleur magnifique est le fameux DUSKY CHALLENGER (Schreiner 86 – DM 92), dont la forme est déjà remarquable. HOLLYWOOD NIGHTS tient donc beaucoup de sa mère, mais il y ajoute de la modernité et de la grâce. Son géniteur est un semis issu de deux variétés pourprées, SPIN-OFF (Maryott 87) et STREET WALKER (Joyce Meek 84). Le premier cité a apporté à son descendant les frisures et le velouté, le second lui a donné ce soupçon de blanc qui lui confère une bonne part de son caractère. SPIN-OFF descend lui-même de MAGENTA ROSE (Gibson 77) dont il tient sa couleur. STREET WALKER est un fils de deux variétés intéressantes, KILT LILT (Gibson 70 – DM 76) et SEVEN HILLS (Coleman 75), un iris foncé, bronze et acajou, un peu strié aux épaules.
L’an prochain, HOLLYWOOD NIGHTS sera en lice pour les Honorables Mentions. Je ne crois pas m’avancer en disant qu’il a toutes ses chances pour aller loin dans la course aux honneurs. Cela serait une rapide consécration pour son obtenteur, Roger Duncan, un Californien dont HOLLYWOOD NIGHTS n’est que la seconde variété enregistrée. Avec Richard Tasco, il gère une pépinière qui commence à être connue, Superstition iris Garden. Ce même Richard Tasco est une étoile montante, apparue en 92 dans le ciel de l’iridophilie. Dès cette année là son premier iris, RUFFLED GODDESS, a été aussitôt remarqué, de même que le furent en 95 MARIPOSA SKIES et en 97 SPLASHACATA, un plicata original, qui dès 2000 récoltait un HM.. Maintenant Tasco et Duncan atteignent leur rythme de croisière. C’est une paire d’obtenteur qui fait déjà partie des meilleurs.
21.12.02
JAMES P. McWHIRTER
L’existence de James P. McWhirter s’est achevée brusquement en mai 1995. Il n’avait que 56 ans. C’était un fan d’iris depuis sa prime jeunesse. Il était originaire du Tennessee. A l’époque Nashville était un haut lieu de l’iridophilie, avec la présence d’hybrideurs fameux comme Geddes Douglas et Jesse Wills. Très tôt donc, le petit Jim s’est intéressé aux iris et s’est initié à la tâche de juge. Après ses études à l’Université Vanderbilt, il est allé, dans les années 60, s’installer en Californie. Avec son ami Don Denney, autre grand hybrideur, il a loué une exploitation et a commencé à hybrider. Sa première variété enregistrée a été TENNESSEE FROST, en 1974. Il s’agit d’un iris entièrement blanc, issue d’un bleu, SAPPHIRE HILLS. Par une curieuse coïncidence, l’une de ses dernières obtentions à avoir obtenu un HM se nomme MOTHER MARSHMALLOW (97) et est aussi un iris tout blanc, également issu d’un bleu, en l’occurrence le beu turquoise clair NAVAJO JEWEL.
Des récompenses, Jim McWhirter en a obtenu beaucoup : une trentaine de ses iris sont parvenus jusqu’aux HM, et six au moins ont reçu l’Award of Merit, une distinction qui n’est pas si courante. En matière de concours, sa plus belle réussite a été pour AMERICA’S CUP (89) qui, en 97, a terminé son parcours au troisième rang pour l’obtention de la Wister Medal.
De toute sa production, nous connaissons surtout en France BARBARY COAST (78), brun clair ombré de mauve, BRANDY (81), couleur « vieux marc », comme son nom l’indique, CYCLES (85), bleu et blanc, très lumineux, et TEQUILA SUNRISE (78), variegata original, en orangé clair et violet améthyste, sans doute la plante la plus connue de sa production.
En dehors de son activité d’iridophile, Jim McWhirter était un homme généreux et dévoué, engagé politiquement et dans les œuvres sociales, notamment en faveur des malades du SIDA et de leurs familles. En plus d’être un excellent créateur d’iris, il était ce que l’on appellait au XVIIIeme siècle un honnête homme.
CLIFFORD W. BENSON
Il y a maintenant un peu plus de deux ans que Clifford W. Benson nous a quitté. Il fait partie de la petite cohorte des “amateurs” qui ont réussi a décrocher une Médaille de Dykes. C’est une performance assez rare pour être signalée.
Ce n’est pas la seule originalité de ce militaire de carrière qui servit à l’état-major du Général Patton pendant la seconde guerre mondiale, puis prit part à la guerre de Corée, avant de rejoindre la vie civile au sein de la McDonnell Aircraft Company, un des principaux fournisseurs de l’Armée de l’Air américaine. En plus des iris, sa seconde passion concernait la musique classique et tout particulièrement le violon qu’il pratiqua au sein de l’Orchestre Symphonique de St Louis.
Cependant ce sont bien les iris qui ont contribué à sa célébrité. Il s’y est intéressé dès les années 40 et son BELLERIVE (47) était déjà distingué en 1952 quand il reçut la President’s Cup (qui honore le plus bel iris présenté lors d’une Convention Nationale par un habitant de la Région organisatrice). Par la suite il s’est affirme comme l’un des hybrideurs les plus doués de sa génération. Il se fit une spécialité des iris blancs et des iris bleus. Parmi les premiers se trouve HENRY SHAW (59) qui a obtenu un Award of Merit en 1961 et a remporté la première Clara B. Rees Cup, instituée pour distinguer le meilleur iris blanc (en souvenir du fameux SNOW FLURRY dont HENRY SHAW est le petit-fils, par NEW SNOW). Dans la même série on peut placer ARCTIC FURY (64) et, plus tard, ELVIS PRESLEY (82) Ce sont pourtant les bleus qui ont le plus gratifié leur obtenteur. ISLANDER (59) faisait preuve de beaucoup de qualités. Celles-ci se sont trouvé confirmées dans VAN CLIBURN (61) et dans ses suivants qui ont nom SKYWATCH (64 — DM 70), MAESTRO PUCCINI (69), VICTOR HERBERT (72) et surtout LAKE PLACID) (73) qui est sûrement l’un des plus beaux bleus jamais obtenus. Dans des couleurs très voisines on peut ajouter PARIS OPERA (69) et son frère de semis SPRING SYMPHONY (69).
L’existence de Cliff Benson s’est achevée tristement : vaincu par la maladie de Parkinson, il s’est éteint dans son cher Missouri, mais nul ne doute qu’il ne se trouve maintenant au paradis des obtenteurs.
Il y a maintenant un peu plus de deux ans que Clifford W. Benson nous a quitté. Il fait partie de la petite cohorte des “amateurs” qui ont réussi a décrocher une Médaille de Dykes. C’est une performance assez rare pour être signalée.
Ce n’est pas la seule originalité de ce militaire de carrière qui servit à l’état-major du Général Patton pendant la seconde guerre mondiale, puis prit part à la guerre de Corée, avant de rejoindre la vie civile au sein de la McDonnell Aircraft Company, un des principaux fournisseurs de l’Armée de l’Air américaine. En plus des iris, sa seconde passion concernait la musique classique et tout particulièrement le violon qu’il pratiqua au sein de l’Orchestre Symphonique de St Louis.
Cependant ce sont bien les iris qui ont contribué à sa célébrité. Il s’y est intéressé dès les années 40 et son BELLERIVE (47) était déjà distingué en 1952 quand il reçut la President’s Cup (qui honore le plus bel iris présenté lors d’une Convention Nationale par un habitant de la Région organisatrice). Par la suite il s’est affirme comme l’un des hybrideurs les plus doués de sa génération. Il se fit une spécialité des iris blancs et des iris bleus. Parmi les premiers se trouve HENRY SHAW (59) qui a obtenu un Award of Merit en 1961 et a remporté la première Clara B. Rees Cup, instituée pour distinguer le meilleur iris blanc (en souvenir du fameux SNOW FLURRY dont HENRY SHAW est le petit-fils, par NEW SNOW). Dans la même série on peut placer ARCTIC FURY (64) et, plus tard, ELVIS PRESLEY (82) Ce sont pourtant les bleus qui ont le plus gratifié leur obtenteur. ISLANDER (59) faisait preuve de beaucoup de qualités. Celles-ci se sont trouvé confirmées dans VAN CLIBURN (61) et dans ses suivants qui ont nom SKYWATCH (64 — DM 70), MAESTRO PUCCINI (69), VICTOR HERBERT (72) et surtout LAKE PLACID) (73) qui est sûrement l’un des plus beaux bleus jamais obtenus. Dans des couleurs très voisines on peut ajouter PARIS OPERA (69) et son frère de semis SPRING SYMPHONY (69).
L’existence de Cliff Benson s’est achevée tristement : vaincu par la maladie de Parkinson, il s’est éteint dans son cher Missouri, mais nul ne doute qu’il ne se trouve maintenant au paradis des obtenteurs.
13.12.02
DE LA DIFFICULTÉ D’ETRE RECONNU
Luc Bourdillon vient de secouer le petit monde des iris en posant la question suivante : une variété d’iris mise en vente sur Internet peut-elle concourir pour les récompenses américaines ? Cela a l’air d’une question innocente, mais en réalité elle remet partiellement en cause le système actuel des attributions américaines des récompenses.
Il y a quelques années la question avait été posée de savoir quelles variétés pouvaient concourir. En particulier, des variétés non américaines pouvaient-elles être éligibles ? Le bureau de l’AIS a eu à l’automne 1993, une longue et difficile discussion sur ce sujet. Les partisans d’une compétition purement américaine ont argué de ce que la DM avait été donnée par la BIS pour récompenser la meilleure variété nord-américaine, et qu’il existait des récompenses attribuées dans certains pays, qui n’étaient pas accessibles aux variétés américaines. Ils ont aussi fait la proposition d’un prix pour la meilleure variété étrangère, affirmant que cette mise en valeur serait plus intéressante pour les obtenteurs étrangers qu’une distinction noyée parmi celles délivrées aux variétés américaines. A l’opposé, les partisans d’une internationalisation ont fait état du rôle dévolu à l’AIS de tenir le registre de toutes les variétés obtenues à travers le monde, qu’il était du devoir de cet organisme de favoriser l’extension de l’iridophilie dans tous les pays, et qu’il fallait promouvoir généreusement la distribution des iris étrangers aux USA… Comme de bien entendu on est parvenu à un compromis suggéré par Clarence Mahan, à l’époque second vice-président : l’éligibilité aux prix décernés par l’AIS est offerte aux iris de toutes origines à la condition qu’ils aient été mis en vente en premier lieu sur le marché américain, c’est à dire au moins pendant la première année de leur mise en vente.
Cette exigence satisfaisait les deux camps. Les vœux des partisans de l’ouverture étaient exhaussés, les nationalistes étaient assurés que les variétés américaines conserveraient un certain avantage car pour un obtenteur étranger, il n’est pas évident de commercialiser ses produits dans un pays éloigné ; enfin les organisateurs de la compétition ne risquaient pas de voir le nombre des candidats brutalement exploser. Cette crainte n’était pas sans fondement. Aujourd’hui en effet il y a un nombre incroyable de nouvelles variétés enregistrées chaque année. En 2001 il y en a eu 964, dont 574 dans la seule Amérique du Nord ! Si toutes devaient entrer dans la compétition, la liste des compétiteurs serait énorme et bien difficile à utiliser par les juges officiels chargés de voter pour l’attribution des prix. D’où la quasi-obligation de limiter les compétiteurs aux iris réellement commercialisés aux Etats-Unis et au Canada, d’autant plus que les juges sont américains à plus de 90%.
La règle actuelle est qu’un iris est « introduit » lorsque son obtenteur a avisé l’AIS de ce qu’il avait été mis en vente par un commerçant qui peut être l’obtenteur lui-même, soit qu’il soit réellement commerçant, soit qu’il propose ses cultivars par une annonce dans le bulletin de l’AIS, ou un véritable producteur. Cela élimine déjà tous les iris enregistrés par les amateurs, pour leur seule satisfaction, ou qui ne sont distribués qu’à la famille et aux amis. En 2001, ce premier tri réduisait le nombre des compétiteurs potentiels à 683. C’est déjà énorme sachant que le premier tour de la compétition dure deux ans (trois pour les iris sans barbes), l’année d’introduction étant la première du cycle. Si les iris du monde entier concouraient, cela ferait une liste de plus de 1300 noms remise chaque année à chaque juge ! Il faut donc encore élaguer et le bon sens veut que l’on se limite au marché américain. 40% des variétés nouvelles sont ainsi écartées. C’est beaucoup, mais réaliste, et cela provient essentiellement de l’explosion des enregistrements en provenance de l’Ancien Monde et particulièrement de l’ex-Europe de l’Est : 153 en 2001.
Si un non-américain veut concourir il faut donc qu’il se plie à cette règle et qu’il propose les iris qu’il rêve de voir couronnés par l’intermédiaire d’un marchand américain qui veut bien lui faire une place dans son catalogue. L’Australien Barry Blyth avait anticipé la décision de 93 en faisant vendre ses iris par Keith Keppel, un grand nom de l’hybridation américaine. De la sorte CHOCOLATE ROYALE en 88, WITCH’S WAND en 90 ont obtenu un HM, TOMORROW’S CHILD, GALLANT ROGUE et AURA LIGHT sont même parvenus aux AM, le premier en 88, les autres en 94 et 2000. D’autres ont suivi le mouvement comme l’Anglais Cy Bartlett, et son CANNINGTON BLUEBIRD a eu un HM en 95. Pour les non-anglophones, la difficulté s’alourdit d’un problème de communication. Ils ont donc tardé à entrer dans le jeu. Il n’y a que deux ans que les Européens sont réellement apparus aux USA. L’Italien Augusto Bianco, le Slovaque Ladislav Muska et quelques autres ont conclu des accords avec des producteurs pour lesquels cet apport est un attrait supplémentaire de leurs catalogues, mais ils ne font pas forcément partie des « majors », c’est à dire ceux qui, du fait de la grande diffusion de leur produits, ont des iris qui sont vus et appréciés par un nombre important de juges, et, partant, trustent les prix. En 2002, sur 75 HM décernés à des grands iris, 40 sont revenus à 7 producteurs, lesquels ont aussi obtenu 12 AM sur 23 !
L’apparition de l’e-commerce va-t-elle changer les choses ? C’est peu probable car il n’est pas près de supplanter le commerce classique, mais la décision de 93 est maintenant battue en brèche. Les producteurs américains, qui sont aussi le plus souvent également obtenteurs, ne se privent pas de proposer leurs variétés sur leurs sites Internet. Si les obtenteurs non américains font de même, même s’ils ont par ailleurs respecté les règles exposées plus haut, ils verront leurs variétés éliminées ! L’AIS se doit donc de rétablir une certaine égalité des chances. Bien sûr, les non- américains devraient-ils organiser leurs propres concours, au niveau national ou, plutôt, continental, de façon à promouvoir leur propre production, mais les distinctions américaines restent des références à tous points de vue, et il est normal qu’elles tentent des hybrideurs d’autres pays. Tant que les non américains n’auront pas pu, pour plein de raisons bien valables, créer et fiabiliser d’autres compétitions, celles des USA se doivent d’être accessibles à tous, dès lors que les juges les voient en assez grand nombre pour qu’elles obtiennent suffisamment de votes. La règle du « marché américain d’abord » ne me paraît plus justifiée, et les quelques variétés mises en vente directement par Internet ne doivent pas être pénalisées : leur nombre ne va pas, du jour au lendemain alourdir excessivement les listes destinées aux juges, et l’obligation pratique d’être vu par le plus grand nombre possible d’entre eux laissera encore pour longtemps l’avantage aux iris achetés de façon traditionnelle.
Néanmoins Luc Bourdillon a eu raison de poser la question, il serait bon qu’elle fasse l’objet d’une discussion lors d’une prochaine réunion du bureau des Directeurs de l’AIS.
Luc Bourdillon vient de secouer le petit monde des iris en posant la question suivante : une variété d’iris mise en vente sur Internet peut-elle concourir pour les récompenses américaines ? Cela a l’air d’une question innocente, mais en réalité elle remet partiellement en cause le système actuel des attributions américaines des récompenses.
Il y a quelques années la question avait été posée de savoir quelles variétés pouvaient concourir. En particulier, des variétés non américaines pouvaient-elles être éligibles ? Le bureau de l’AIS a eu à l’automne 1993, une longue et difficile discussion sur ce sujet. Les partisans d’une compétition purement américaine ont argué de ce que la DM avait été donnée par la BIS pour récompenser la meilleure variété nord-américaine, et qu’il existait des récompenses attribuées dans certains pays, qui n’étaient pas accessibles aux variétés américaines. Ils ont aussi fait la proposition d’un prix pour la meilleure variété étrangère, affirmant que cette mise en valeur serait plus intéressante pour les obtenteurs étrangers qu’une distinction noyée parmi celles délivrées aux variétés américaines. A l’opposé, les partisans d’une internationalisation ont fait état du rôle dévolu à l’AIS de tenir le registre de toutes les variétés obtenues à travers le monde, qu’il était du devoir de cet organisme de favoriser l’extension de l’iridophilie dans tous les pays, et qu’il fallait promouvoir généreusement la distribution des iris étrangers aux USA… Comme de bien entendu on est parvenu à un compromis suggéré par Clarence Mahan, à l’époque second vice-président : l’éligibilité aux prix décernés par l’AIS est offerte aux iris de toutes origines à la condition qu’ils aient été mis en vente en premier lieu sur le marché américain, c’est à dire au moins pendant la première année de leur mise en vente.
Cette exigence satisfaisait les deux camps. Les vœux des partisans de l’ouverture étaient exhaussés, les nationalistes étaient assurés que les variétés américaines conserveraient un certain avantage car pour un obtenteur étranger, il n’est pas évident de commercialiser ses produits dans un pays éloigné ; enfin les organisateurs de la compétition ne risquaient pas de voir le nombre des candidats brutalement exploser. Cette crainte n’était pas sans fondement. Aujourd’hui en effet il y a un nombre incroyable de nouvelles variétés enregistrées chaque année. En 2001 il y en a eu 964, dont 574 dans la seule Amérique du Nord ! Si toutes devaient entrer dans la compétition, la liste des compétiteurs serait énorme et bien difficile à utiliser par les juges officiels chargés de voter pour l’attribution des prix. D’où la quasi-obligation de limiter les compétiteurs aux iris réellement commercialisés aux Etats-Unis et au Canada, d’autant plus que les juges sont américains à plus de 90%.
La règle actuelle est qu’un iris est « introduit » lorsque son obtenteur a avisé l’AIS de ce qu’il avait été mis en vente par un commerçant qui peut être l’obtenteur lui-même, soit qu’il soit réellement commerçant, soit qu’il propose ses cultivars par une annonce dans le bulletin de l’AIS, ou un véritable producteur. Cela élimine déjà tous les iris enregistrés par les amateurs, pour leur seule satisfaction, ou qui ne sont distribués qu’à la famille et aux amis. En 2001, ce premier tri réduisait le nombre des compétiteurs potentiels à 683. C’est déjà énorme sachant que le premier tour de la compétition dure deux ans (trois pour les iris sans barbes), l’année d’introduction étant la première du cycle. Si les iris du monde entier concouraient, cela ferait une liste de plus de 1300 noms remise chaque année à chaque juge ! Il faut donc encore élaguer et le bon sens veut que l’on se limite au marché américain. 40% des variétés nouvelles sont ainsi écartées. C’est beaucoup, mais réaliste, et cela provient essentiellement de l’explosion des enregistrements en provenance de l’Ancien Monde et particulièrement de l’ex-Europe de l’Est : 153 en 2001.
Si un non-américain veut concourir il faut donc qu’il se plie à cette règle et qu’il propose les iris qu’il rêve de voir couronnés par l’intermédiaire d’un marchand américain qui veut bien lui faire une place dans son catalogue. L’Australien Barry Blyth avait anticipé la décision de 93 en faisant vendre ses iris par Keith Keppel, un grand nom de l’hybridation américaine. De la sorte CHOCOLATE ROYALE en 88, WITCH’S WAND en 90 ont obtenu un HM, TOMORROW’S CHILD, GALLANT ROGUE et AURA LIGHT sont même parvenus aux AM, le premier en 88, les autres en 94 et 2000. D’autres ont suivi le mouvement comme l’Anglais Cy Bartlett, et son CANNINGTON BLUEBIRD a eu un HM en 95. Pour les non-anglophones, la difficulté s’alourdit d’un problème de communication. Ils ont donc tardé à entrer dans le jeu. Il n’y a que deux ans que les Européens sont réellement apparus aux USA. L’Italien Augusto Bianco, le Slovaque Ladislav Muska et quelques autres ont conclu des accords avec des producteurs pour lesquels cet apport est un attrait supplémentaire de leurs catalogues, mais ils ne font pas forcément partie des « majors », c’est à dire ceux qui, du fait de la grande diffusion de leur produits, ont des iris qui sont vus et appréciés par un nombre important de juges, et, partant, trustent les prix. En 2002, sur 75 HM décernés à des grands iris, 40 sont revenus à 7 producteurs, lesquels ont aussi obtenu 12 AM sur 23 !
L’apparition de l’e-commerce va-t-elle changer les choses ? C’est peu probable car il n’est pas près de supplanter le commerce classique, mais la décision de 93 est maintenant battue en brèche. Les producteurs américains, qui sont aussi le plus souvent également obtenteurs, ne se privent pas de proposer leurs variétés sur leurs sites Internet. Si les obtenteurs non américains font de même, même s’ils ont par ailleurs respecté les règles exposées plus haut, ils verront leurs variétés éliminées ! L’AIS se doit donc de rétablir une certaine égalité des chances. Bien sûr, les non- américains devraient-ils organiser leurs propres concours, au niveau national ou, plutôt, continental, de façon à promouvoir leur propre production, mais les distinctions américaines restent des références à tous points de vue, et il est normal qu’elles tentent des hybrideurs d’autres pays. Tant que les non américains n’auront pas pu, pour plein de raisons bien valables, créer et fiabiliser d’autres compétitions, celles des USA se doivent d’être accessibles à tous, dès lors que les juges les voient en assez grand nombre pour qu’elles obtiennent suffisamment de votes. La règle du « marché américain d’abord » ne me paraît plus justifiée, et les quelques variétés mises en vente directement par Internet ne doivent pas être pénalisées : leur nombre ne va pas, du jour au lendemain alourdir excessivement les listes destinées aux juges, et l’obligation pratique d’être vu par le plus grand nombre possible d’entre eux laissera encore pour longtemps l’avantage aux iris achetés de façon traditionnelle.
Néanmoins Luc Bourdillon a eu raison de poser la question, il serait bon qu’elle fasse l’objet d’une discussion lors d’une prochaine réunion du bureau des Directeurs de l’AIS.
6.12.02
FLORINS D’OR
Le Concours International d’Iris de Florence existe depuis 1957. Pour ses quarante cinq ans, on peut faire un peu le point sur cette compétition qui est la plus importante à l’échelle mondiale, et qui, si ce n’était pas un concours avec tous les aléas que ce genre d’événement comporte, pourrait être le Championnat du Monde des Iris. Tel qu’il est cependant c’est le rassemblement des plus beaux iris du monde entier, et celui qui est primé fait partie du gratin de nos fleurs préférées.
Voici la liste des récipiendaires :
· 57 = REHOBETH (Fred DeForest – US)
· 58 = SWAN BALLET (Tell Muhlestein – US)
· 59 = LA NEGRA FLOR (Luzon Crosby – US)
· 60 = ALLAGLOW (Chet Tompkins – US)
· 61 = WHOLE CLOTH (Paul Cook – US)
· 62 = INDIGLOW (William Schortman – US)
· 63 = DANCER’S VEIL (P. Hutchison – GB)
· 64 = MIDNIGHT WALTZ (L. Burbridge – US)
· 65 = LORNA LEE (Jim Gibson – US)
· 66 = pas attribué
· 67 = CHRISTIE ANNE (Larry Gaulter – US)
· 68 = BEWITCHING ( David Lyon – US)
· 69 = IRISH CHARMER ( Cora Pickard – US)
· 70 = LAUNCHING PAD (Maynard Knopf – US)
· 71 = FOGGY DEW (Keith Keppel – US)
· 72 = pas attribué
· 73 = ‘ROSSO FIORENTINO’ (F. Specht – IT)
· 74 = SUNSET SKY (Bernice Roe – US)
· 75 = QUEEN OF FLORENCE (Robert Mallory – US)
· 76 = DIALOGUE (Joseph Ghio – US)
· 77 = CHAMBER MUSIC (Bryce Williamson – US)
· 78 = SPACE BLAZER ( Jim Gibson – US)
· 79 = pas attribué
· 80 = ENTOURAGE ( Joseph Ghio – US)
· 81 = BEVERLY SILLS (Ben Hager – US)
· 82 = GOLD GALORE (Schreiner – US)
· 83 = WOODCRAFT ( Keith Keppel – US)
· 84 = TITAN’S GLORY (Schreiner – US)
· 85 = ‘LIBON’ (Wojtek Smid – CZ)
· 86 = STARCREST (Schreiner – US)
· 87 = MISSY YORKTOWNE (Sterling Innerst – US)
· 88 = pas attribué
· 89 = DUSKY CHALLENGER (Schreiner – US)
· 90 = SKYBLAZE (Keith Keppel – US)
· 91 = PRINCE CHARMING (Bryce Williamson – US)
· 92 = SIGHS AND WHISPERS (Paul Black – US)
· 93 = CONJURATION ( Monty Byers – US)
· 94 = STEADFAST LOVE ( Franklin Carr – US)
· 95 = IKAR (Adolf Volfovitch-Moler – UZ)
· 96 = CELEBRATION SONG (Schreiner – US)
· 97 = CHAMPAGNE WALTZ (Schreiner – US)
· 98 = HELEN DAWN (Graeme Grosvenor – AU)
· 99 = SETTIMO CIELO (Valeria Romoli – IT)
· 00 = DIABOLIQUE (Schreiner – US)
· 01 = H.C. STETSON ( Robert Stetson- US)
· 02 = DUDE RANCH (Paul Black – US)
Sur quarante et un florins distribués, six seulement ne sont pas allés à une variété américaine ! Et seulement six vainqueurs ont par la suite empoché la Dykes Medal.
Ce classement me fait penser au Championnat du Monde sur route de Cyclisme professionnel : c’est souvent un outsider qui l’emporte.
Rappelons que ce concours s’adresse à tous les obtenteurs du monde. Ils peuvent envoyer leurs variétés trois ans avant le concours au moment duquel elles seront appréciées par un jury de juges italiens et internationaux. Comme dans toutes ces compétitions, les variétés hâtives comme les variétés tardives se trouvent d’office écartées, de même que celles qui, par un caprice de la nature ou un incident de croissance, ne sont pas au top au jour du concours. En revanche se trouvent avantagées celles que rien ne perturbe, qui fleurissent simplement à mi-saison. Peut-être est-ce en cela que les variétés américaines se sont si souvent mises en évidence.
On a discuté aussi sur ce que les iris obtenant la Dykes Medal n’avaient pas rencontré autant de succès à Florence. Cependant sait-on si les vainqueurs de la DM ont tous concouru ? Rien n’est moins sûr ! On peut briguer la Dykes Medal et faire l’impasse sur Florence. Les iris non américains, eux, n’ont que ce concours pour se mettre en évidence. Certains obtenteurs l’ont compris, d’autres n’ont pas encore pris le risque d’un échec.
Une autre caractéristique des bénéficiaires de Florin d’Or, c’est que beaucoup d’entre eux, même parmi les américains, n’ont pas bénéficié, en fait de notoriété et donc de commercialisation, de leur succès florentin. Je ne parle pas des variétés confidentielles issues d’Europe, dont le triomphe n’a été qu’anecdotique, mais de plantes américaines, provenant d’obtenteurs ayant pignon sur rue. LORNA LEE, qui l’a emporté en 65, APRIL MELODY, introduit en 67 ou RADIANT APOGEE, commercialisé en 64, ont autrement fait pour la fortune de leur obtenteur. De même
FOGGY DEW n’est pas le plus connu des iris de Keppel de cette période. ROUNDUP (73) ou THUNDERCLOUD (74) ont eu un autre succès commercial ; et si, pour Joe Ghio, DIALOGUE et ENTOURAGE ont été bien vendus, ils n’ont pas atteint la notoriété de WEDDING VOW (72) ou MANDOLIN (77).
Et les variétés françaises, là-dedans ? La meilleure place qui leur ait été attribuée est la seconde (Florin d’Argent) obtenue cette année par HAUT LES VOILES (Cayeux 99). DOCTOR GOLD (Ségui 83) est la variété d’un non-professionnel qui se soit le mieux placé. Elle ne serait pas si tardive, il est probable qu’elle se serait placé dans les trois premiers en 86, année où elle a été déclarée « variété la plus commerciale ».
Le Concours International d’Iris de Florence existe depuis 1957. Pour ses quarante cinq ans, on peut faire un peu le point sur cette compétition qui est la plus importante à l’échelle mondiale, et qui, si ce n’était pas un concours avec tous les aléas que ce genre d’événement comporte, pourrait être le Championnat du Monde des Iris. Tel qu’il est cependant c’est le rassemblement des plus beaux iris du monde entier, et celui qui est primé fait partie du gratin de nos fleurs préférées.
Voici la liste des récipiendaires :
· 57 = REHOBETH (Fred DeForest – US)
· 58 = SWAN BALLET (Tell Muhlestein – US)
· 59 = LA NEGRA FLOR (Luzon Crosby – US)
· 60 = ALLAGLOW (Chet Tompkins – US)
· 61 = WHOLE CLOTH (Paul Cook – US)
· 62 = INDIGLOW (William Schortman – US)
· 63 = DANCER’S VEIL (P. Hutchison – GB)
· 64 = MIDNIGHT WALTZ (L. Burbridge – US)
· 65 = LORNA LEE (Jim Gibson – US)
· 66 = pas attribué
· 67 = CHRISTIE ANNE (Larry Gaulter – US)
· 68 = BEWITCHING ( David Lyon – US)
· 69 = IRISH CHARMER ( Cora Pickard – US)
· 70 = LAUNCHING PAD (Maynard Knopf – US)
· 71 = FOGGY DEW (Keith Keppel – US)
· 72 = pas attribué
· 73 = ‘ROSSO FIORENTINO’ (F. Specht – IT)
· 74 = SUNSET SKY (Bernice Roe – US)
· 75 = QUEEN OF FLORENCE (Robert Mallory – US)
· 76 = DIALOGUE (Joseph Ghio – US)
· 77 = CHAMBER MUSIC (Bryce Williamson – US)
· 78 = SPACE BLAZER ( Jim Gibson – US)
· 79 = pas attribué
· 80 = ENTOURAGE ( Joseph Ghio – US)
· 81 = BEVERLY SILLS (Ben Hager – US)
· 82 = GOLD GALORE (Schreiner – US)
· 83 = WOODCRAFT ( Keith Keppel – US)
· 84 = TITAN’S GLORY (Schreiner – US)
· 85 = ‘LIBON’ (Wojtek Smid – CZ)
· 86 = STARCREST (Schreiner – US)
· 87 = MISSY YORKTOWNE (Sterling Innerst – US)
· 88 = pas attribué
· 89 = DUSKY CHALLENGER (Schreiner – US)
· 90 = SKYBLAZE (Keith Keppel – US)
· 91 = PRINCE CHARMING (Bryce Williamson – US)
· 92 = SIGHS AND WHISPERS (Paul Black – US)
· 93 = CONJURATION ( Monty Byers – US)
· 94 = STEADFAST LOVE ( Franklin Carr – US)
· 95 = IKAR (Adolf Volfovitch-Moler – UZ)
· 96 = CELEBRATION SONG (Schreiner – US)
· 97 = CHAMPAGNE WALTZ (Schreiner – US)
· 98 = HELEN DAWN (Graeme Grosvenor – AU)
· 99 = SETTIMO CIELO (Valeria Romoli – IT)
· 00 = DIABOLIQUE (Schreiner – US)
· 01 = H.C. STETSON ( Robert Stetson- US)
· 02 = DUDE RANCH (Paul Black – US)
Sur quarante et un florins distribués, six seulement ne sont pas allés à une variété américaine ! Et seulement six vainqueurs ont par la suite empoché la Dykes Medal.
Ce classement me fait penser au Championnat du Monde sur route de Cyclisme professionnel : c’est souvent un outsider qui l’emporte.
Rappelons que ce concours s’adresse à tous les obtenteurs du monde. Ils peuvent envoyer leurs variétés trois ans avant le concours au moment duquel elles seront appréciées par un jury de juges italiens et internationaux. Comme dans toutes ces compétitions, les variétés hâtives comme les variétés tardives se trouvent d’office écartées, de même que celles qui, par un caprice de la nature ou un incident de croissance, ne sont pas au top au jour du concours. En revanche se trouvent avantagées celles que rien ne perturbe, qui fleurissent simplement à mi-saison. Peut-être est-ce en cela que les variétés américaines se sont si souvent mises en évidence.
On a discuté aussi sur ce que les iris obtenant la Dykes Medal n’avaient pas rencontré autant de succès à Florence. Cependant sait-on si les vainqueurs de la DM ont tous concouru ? Rien n’est moins sûr ! On peut briguer la Dykes Medal et faire l’impasse sur Florence. Les iris non américains, eux, n’ont que ce concours pour se mettre en évidence. Certains obtenteurs l’ont compris, d’autres n’ont pas encore pris le risque d’un échec.
Une autre caractéristique des bénéficiaires de Florin d’Or, c’est que beaucoup d’entre eux, même parmi les américains, n’ont pas bénéficié, en fait de notoriété et donc de commercialisation, de leur succès florentin. Je ne parle pas des variétés confidentielles issues d’Europe, dont le triomphe n’a été qu’anecdotique, mais de plantes américaines, provenant d’obtenteurs ayant pignon sur rue. LORNA LEE, qui l’a emporté en 65, APRIL MELODY, introduit en 67 ou RADIANT APOGEE, commercialisé en 64, ont autrement fait pour la fortune de leur obtenteur. De même
FOGGY DEW n’est pas le plus connu des iris de Keppel de cette période. ROUNDUP (73) ou THUNDERCLOUD (74) ont eu un autre succès commercial ; et si, pour Joe Ghio, DIALOGUE et ENTOURAGE ont été bien vendus, ils n’ont pas atteint la notoriété de WEDDING VOW (72) ou MANDOLIN (77).
Et les variétés françaises, là-dedans ? La meilleure place qui leur ait été attribuée est la seconde (Florin d’Argent) obtenue cette année par HAUT LES VOILES (Cayeux 99). DOCTOR GOLD (Ségui 83) est la variété d’un non-professionnel qui se soit le mieux placé. Elle ne serait pas si tardive, il est probable qu’elle se serait placé dans les trois premiers en 86, année où elle a été déclarée « variété la plus commerciale ».
STAIRWAY TO HEAVEN
STAIRWAY TO HEAVEN (Lauer 92 – DM 2000) peut être considéré comme une variété de noble origine. Connaît-on en effet un autre iris qui puisse se vanter d’avoir parmi ses ancêtres un bénéficiaire de la Dykes Medal depuis six générations ?
Cela commence par SWAN BALLET (Muhlestein 54), blanc uni, qui a été couronné en 1959, cela continue avec PACIFIC PANORAMA (Sexton 60), bleu profond, fils de SWAN BALLET, qui a obtenu la médaille en 1965, puis vient le fils de PACIFIC PANORAMA, SHIPSHAPE (Babson 69), bleu moyen, qui l’a eue en 1974. A la génération suivante, c’est VICTORIA FALLS (Schreiner 77), bleu vif, vainqueur en 1984, qui descend lui-même, par une autre voie, de SWAN BALLET. Enfin la « mère » du notre héros du jour s’appelle EDITH WOLFORD (Hager 86), lumineux variegata, distingué en 1993 ! On ne peut pas faire plus riche pedigree.
STAIRWAY TO HEAVEN est décrit comme blanc crémeux, avec des sépales bleu moyen à reflets lavande, et barbes blanches. Ses parents sont donc EDITH WOLFORD, d’une part, et BREAKERS (Schreiner 86) d’autre part. Le premier est issu de MERRY MADRIGAL (Babson 82), un iris pastel, crème sur lavande, et de FREEDOM ROAD (Plough 77), au coloris très voisin du précédent. Ces deux iris sont d’ailleurs des cousins qui descendent l’un et l’autre d’un fameux géniteur, MELODRAMA ( Cook 56), un iris bitone bleu, qui d’un côté a engendré GUITAR COUNTRY (Plough 71), variegata sombre et fumé, de l’autre A PROPOS (Babson 63), bitone lavande bien connu, et TAMBOURINE (Babson 68), variegata. Toutes ces variétés se retrouvent dans EDITH WOLFORD, de même que SHIPSHAPE, dont on a vu qu’il fait aussi partie des ancêtres de BREAKERS. Et quoi de plus naturel – et banal – de trouver derrière tout ce beau monde l’inévitable blanc SNOW FLURRY, l’incontournable bleu REHOBETH et l’autre blanc fameux, KASHMIR WHITE ?
STAIRWAY TO HEAVEN fait donc partie de la grande famille des iris blancs et bleus, qui remonte à l’origine des iris modernes tétraploïdes. Les piliers de cette famille se rencontrent dans son pedigree : MELODRAMA, déjà cité, mais aussi CLIFFS OF DOVER, CELESTIAL SNOW, WHOLE CLOTH, des noms qui réapparaissent presque dans chaque description présentée ici. Les iris ont l’air d’être d’une extrême multiplicité, mais en réalité on compte sur les doigts les géniteurs de base, et cela explique, comme je l’ai déjà dit, les phénomènes de fragilisation et d’anomalies qu’on constate de temps en temps dans les résultats de croisements entre variétés qui se révèlent par trop consanguines.
STAIRWAY TO HEAVEN (Lauer 92 – DM 2000) peut être considéré comme une variété de noble origine. Connaît-on en effet un autre iris qui puisse se vanter d’avoir parmi ses ancêtres un bénéficiaire de la Dykes Medal depuis six générations ?
Cela commence par SWAN BALLET (Muhlestein 54), blanc uni, qui a été couronné en 1959, cela continue avec PACIFIC PANORAMA (Sexton 60), bleu profond, fils de SWAN BALLET, qui a obtenu la médaille en 1965, puis vient le fils de PACIFIC PANORAMA, SHIPSHAPE (Babson 69), bleu moyen, qui l’a eue en 1974. A la génération suivante, c’est VICTORIA FALLS (Schreiner 77), bleu vif, vainqueur en 1984, qui descend lui-même, par une autre voie, de SWAN BALLET. Enfin la « mère » du notre héros du jour s’appelle EDITH WOLFORD (Hager 86), lumineux variegata, distingué en 1993 ! On ne peut pas faire plus riche pedigree.
STAIRWAY TO HEAVEN est décrit comme blanc crémeux, avec des sépales bleu moyen à reflets lavande, et barbes blanches. Ses parents sont donc EDITH WOLFORD, d’une part, et BREAKERS (Schreiner 86) d’autre part. Le premier est issu de MERRY MADRIGAL (Babson 82), un iris pastel, crème sur lavande, et de FREEDOM ROAD (Plough 77), au coloris très voisin du précédent. Ces deux iris sont d’ailleurs des cousins qui descendent l’un et l’autre d’un fameux géniteur, MELODRAMA ( Cook 56), un iris bitone bleu, qui d’un côté a engendré GUITAR COUNTRY (Plough 71), variegata sombre et fumé, de l’autre A PROPOS (Babson 63), bitone lavande bien connu, et TAMBOURINE (Babson 68), variegata. Toutes ces variétés se retrouvent dans EDITH WOLFORD, de même que SHIPSHAPE, dont on a vu qu’il fait aussi partie des ancêtres de BREAKERS. Et quoi de plus naturel – et banal – de trouver derrière tout ce beau monde l’inévitable blanc SNOW FLURRY, l’incontournable bleu REHOBETH et l’autre blanc fameux, KASHMIR WHITE ?
STAIRWAY TO HEAVEN fait donc partie de la grande famille des iris blancs et bleus, qui remonte à l’origine des iris modernes tétraploïdes. Les piliers de cette famille se rencontrent dans son pedigree : MELODRAMA, déjà cité, mais aussi CLIFFS OF DOVER, CELESTIAL SNOW, WHOLE CLOTH, des noms qui réapparaissent presque dans chaque description présentée ici. Les iris ont l’air d’être d’une extrême multiplicité, mais en réalité on compte sur les doigts les géniteurs de base, et cela explique, comme je l’ai déjà dit, les phénomènes de fragilisation et d’anomalies qu’on constate de temps en temps dans les résultats de croisements entre variétés qui se révèlent par trop consanguines.
22.11.02
DENVER MINT
Il existe des variétés qui, a priori, ne présentent pas un intérêt évident. Disons qu’elles ont l’air banal. DENVER MINT (Knopf 62) fait partie de celles-ci. D’ailleurs elle n’a pas fait un parcours sensationnel dans la course aux récompenses, et n’a pas dépassé le stade de l’Award of Merit, qu’elle a obtenu en 1967. Dans la Bible des iridophiles, « The World of Irises », on n’en parle même pas ! C’était tout de même un bon iris. Surtout, les hybrideurs ont eu vite fait de remarquer la qualité de ses descendants et ils ont été nombreux à l’utiliser en ce sens. De sorte qu’aujourd’hui, DENVER MINT figure au nombre des variétés que l’on trouve dans l’arbre généalogique d’un très grand nombre d’iris modernes.
DENVER MINT est originaire de Californie, de Potter Valley exactement, là où demeurait son obtenteur, Maynard Knopf. Il est décrit très simplement, comme on le faisait à l’époque, « Dresden yellow self », c’est à dire jaune pâle. Aucune indication sur la couleur des barbes. Pas de photo non plus sur le site de la HIPS (Historic Irises Protection Society). Pas facile de se faire une idée sur l’aspect de cet iris ! Mais en fin de compte, ce n’est pas cela qui est le plus intéressant. On peut dire deux mots de ses origines, et surtout s’attarder sur sa descendance.
Il est le fils d’un frère de semis de MISSION TRAILS ( dont je n’ai pas de traces) et de GLITTERING AMBER (Hamblen 57), qui est un iris abricot à barbes oranges et qui est issu de PALOMINO (Hall 51), fameux iris bitone rose clair liseré de rose cuivré, et d’un frère de semis de JUNE MEREDITH (Muhlestein 54), l’un des premiers rose flamant à barbes mandarine. On est donc parti de roses, pour aboutir au jaune, ce qui n’est pas un parcours spécialement original. DENVER MINT a d’autres qualités : ses descendants ont tous été des iris du premier rang. Commençons par BRIDE’S HALO (H. Mohr 73 – DM 78), que tous les amateurs connaissent pour sa blancheur et son liseré doré. Continuons par GOLD TRIMMINGS (Schreiner 75), original jaune lavé de blanc, LAUNCHING PAD (Knopf 67) de la longue lignée des iris à pétales jaunes et sépales blancs bordée de jaune, WEST COAST (Knopf 68), superbe bitone or bien connu, et, surtout, PONDEROSA (Ghio 70), bicolore, rose-mauve et brun, que son obtenteur a utilisé par la suite pour l’essentiel de sa production.
A la seconde génération, les descendants de DENVER MINT sont tout aussi intéressants. Témoins : BRIDAL CROWN (Schreiner 81), blanc marqué de jaune aux épaules, tout comme GOLD BURST (Palmer 80), MANDOLIN (Ghio 77) célèbre orange clair, qui descend aussi de PONDEROSA, PISTACHIO (Ghio 74), un iris tendant vraiment vers le vert, ORANGE GLAZE (Gibson 77) couleur souci, proche cousin de BRIDE’S HALO, PUNKIN (Keppel 81), véritable orange, STARRING ROLE (Palmer 73) ou CATALYST (Keppel 80), vraiment jaunes… On ne compte pas les enfants et petits enfants de PONDEROSA. Je n’en énumérai que quelques-uns, tous fort connus, tous sortis du jardin de Joe Ghio à San José : BICENTENNIAL (76), BUBBLING ALONG (93), CHUCKLES (87), COFFEE HOUSE (77), DESIGNER GOWN (85), ENTOURAGE (77), FLARE UP (78), HOT STREAK (88), INDISCREET (88), PARIS ORIGINAL (81), SAN JOSE (78), VENEER (81)… On en voit de toutes les couleurs ! et c’est sans compter la longue série des jaunes et orangés, a partir de WELL ENDOWED (79), suivi de FINANCIER (80), TROPICA (82), MALAGUENA (85), MONTEVIDEO (87), ESMERALDA (88), GUADALARAJA (89)… Véritablement, PONDEROSA est la base de la cuisine compliquée et raffinée inventée par Joe Ghio.
BRIDE’S HALO n’est pas resté sans descendance, pour n’en citer que trois, parlons du délicat plicata bleu ciel CLOUD BALLET ( L. Fort 90), du bitone orange ORANGE FLOAT (K. Mohr 85), et de celui qui ressemble le plus à son géniteur, AMAZON BRIDE (Hager 88).
GOLD TRIMMINGS a été encore plus prolifique. Les Schreiner l’ont utilisé à tour de pincettes : AVALON SUNSET (94), CHAMPAGNE WALTZ (94), FALL FIESTA (92), HARVEST KING (90), OLYMPIC CHALLENGE (90)… Uni au rose SUR DEUX NOTES, le Docteur Ségui en a obtenu son superbe VIA DOMITIA (93).
WEST COAST a surtout donné des jaunes, comme MONEY (Bernice Roe 77), RADIANT SUMMER (Schreiner 78), GOLD GALORE (Schreiner 78), DAZZLING GOLD (Anderson 81).
Il serait lassant de passer aux générations suivantes. Mais sachons que nos obtenteurs français ne sont pas en reste. TERRE DE FEU (Cayeux 97), REFLETS SAFRAN (Cayeux 98), JUBILEE RAINIER III (98) sont des lointains descendants de DENVER MINT, tout comme VOLEUR DE FEU (Anfosso 88), BASTILLE (Anfosso 89), LASER (Anfosso 90), ou SAMSARA (Ransom 96). On s’apercevrait, en fin de compte, que c’est une bonne partie des iris que nous cultivons aujourd’hui qui descendent plus ou moins directement de DENVER MINT ou de PONDEROSA. Ce qui démontre bien qu’il n’y a qu’une poignée d’iris qui ont engendré tous ceux que nous connaissons.
Il existe des variétés qui, a priori, ne présentent pas un intérêt évident. Disons qu’elles ont l’air banal. DENVER MINT (Knopf 62) fait partie de celles-ci. D’ailleurs elle n’a pas fait un parcours sensationnel dans la course aux récompenses, et n’a pas dépassé le stade de l’Award of Merit, qu’elle a obtenu en 1967. Dans la Bible des iridophiles, « The World of Irises », on n’en parle même pas ! C’était tout de même un bon iris. Surtout, les hybrideurs ont eu vite fait de remarquer la qualité de ses descendants et ils ont été nombreux à l’utiliser en ce sens. De sorte qu’aujourd’hui, DENVER MINT figure au nombre des variétés que l’on trouve dans l’arbre généalogique d’un très grand nombre d’iris modernes.
DENVER MINT est originaire de Californie, de Potter Valley exactement, là où demeurait son obtenteur, Maynard Knopf. Il est décrit très simplement, comme on le faisait à l’époque, « Dresden yellow self », c’est à dire jaune pâle. Aucune indication sur la couleur des barbes. Pas de photo non plus sur le site de la HIPS (Historic Irises Protection Society). Pas facile de se faire une idée sur l’aspect de cet iris ! Mais en fin de compte, ce n’est pas cela qui est le plus intéressant. On peut dire deux mots de ses origines, et surtout s’attarder sur sa descendance.
Il est le fils d’un frère de semis de MISSION TRAILS ( dont je n’ai pas de traces) et de GLITTERING AMBER (Hamblen 57), qui est un iris abricot à barbes oranges et qui est issu de PALOMINO (Hall 51), fameux iris bitone rose clair liseré de rose cuivré, et d’un frère de semis de JUNE MEREDITH (Muhlestein 54), l’un des premiers rose flamant à barbes mandarine. On est donc parti de roses, pour aboutir au jaune, ce qui n’est pas un parcours spécialement original. DENVER MINT a d’autres qualités : ses descendants ont tous été des iris du premier rang. Commençons par BRIDE’S HALO (H. Mohr 73 – DM 78), que tous les amateurs connaissent pour sa blancheur et son liseré doré. Continuons par GOLD TRIMMINGS (Schreiner 75), original jaune lavé de blanc, LAUNCHING PAD (Knopf 67) de la longue lignée des iris à pétales jaunes et sépales blancs bordée de jaune, WEST COAST (Knopf 68), superbe bitone or bien connu, et, surtout, PONDEROSA (Ghio 70), bicolore, rose-mauve et brun, que son obtenteur a utilisé par la suite pour l’essentiel de sa production.
A la seconde génération, les descendants de DENVER MINT sont tout aussi intéressants. Témoins : BRIDAL CROWN (Schreiner 81), blanc marqué de jaune aux épaules, tout comme GOLD BURST (Palmer 80), MANDOLIN (Ghio 77) célèbre orange clair, qui descend aussi de PONDEROSA, PISTACHIO (Ghio 74), un iris tendant vraiment vers le vert, ORANGE GLAZE (Gibson 77) couleur souci, proche cousin de BRIDE’S HALO, PUNKIN (Keppel 81), véritable orange, STARRING ROLE (Palmer 73) ou CATALYST (Keppel 80), vraiment jaunes… On ne compte pas les enfants et petits enfants de PONDEROSA. Je n’en énumérai que quelques-uns, tous fort connus, tous sortis du jardin de Joe Ghio à San José : BICENTENNIAL (76), BUBBLING ALONG (93), CHUCKLES (87), COFFEE HOUSE (77), DESIGNER GOWN (85), ENTOURAGE (77), FLARE UP (78), HOT STREAK (88), INDISCREET (88), PARIS ORIGINAL (81), SAN JOSE (78), VENEER (81)… On en voit de toutes les couleurs ! et c’est sans compter la longue série des jaunes et orangés, a partir de WELL ENDOWED (79), suivi de FINANCIER (80), TROPICA (82), MALAGUENA (85), MONTEVIDEO (87), ESMERALDA (88), GUADALARAJA (89)… Véritablement, PONDEROSA est la base de la cuisine compliquée et raffinée inventée par Joe Ghio.
BRIDE’S HALO n’est pas resté sans descendance, pour n’en citer que trois, parlons du délicat plicata bleu ciel CLOUD BALLET ( L. Fort 90), du bitone orange ORANGE FLOAT (K. Mohr 85), et de celui qui ressemble le plus à son géniteur, AMAZON BRIDE (Hager 88).
GOLD TRIMMINGS a été encore plus prolifique. Les Schreiner l’ont utilisé à tour de pincettes : AVALON SUNSET (94), CHAMPAGNE WALTZ (94), FALL FIESTA (92), HARVEST KING (90), OLYMPIC CHALLENGE (90)… Uni au rose SUR DEUX NOTES, le Docteur Ségui en a obtenu son superbe VIA DOMITIA (93).
WEST COAST a surtout donné des jaunes, comme MONEY (Bernice Roe 77), RADIANT SUMMER (Schreiner 78), GOLD GALORE (Schreiner 78), DAZZLING GOLD (Anderson 81).
Il serait lassant de passer aux générations suivantes. Mais sachons que nos obtenteurs français ne sont pas en reste. TERRE DE FEU (Cayeux 97), REFLETS SAFRAN (Cayeux 98), JUBILEE RAINIER III (98) sont des lointains descendants de DENVER MINT, tout comme VOLEUR DE FEU (Anfosso 88), BASTILLE (Anfosso 89), LASER (Anfosso 90), ou SAMSARA (Ransom 96). On s’apercevrait, en fin de compte, que c’est une bonne partie des iris que nous cultivons aujourd’hui qui descendent plus ou moins directement de DENVER MINT ou de PONDEROSA. Ce qui démontre bien qu’il n’y a qu’une poignée d’iris qui ont engendré tous ceux que nous connaissons.
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