22.9.17

ECHOS DU MONDE DES IRIS

Le concours de Munich 2017 

Les résultats du concours de Munich 2017 viennent d'être publiés :

Après trois années de culture (plantation 2014) 

1 – semis 30-09-TD (Tiziano Dotto)
2 – 'Charmanda' (Klaus Burkhardt, 2014)
3 – semis MB 14-10 (Manfred Beer)

Les 39 variétés en compétition sont toutes des obtentions d'hybrideurs italiens, allemands et d'Europe de l'Est (Pologne, Slovaquie, Ukraine). 

Après deux années de culture (plantation 2015) 

1 – semis 73-08-12-2 (Günter Diedrich)
2 – semis KB 76 (Klaus Burkhardt)
3 – 'Cigarillo' (Richard Cayeux, 2014)

49 variétés en compétition, avec une participation plus diverses puisque les français Cayeux et Bersillon, et l'américain Schreiner figurent dans la liste. 

Guère de photos disponibles !


LES IRIS DE GLENN CORLEW

Beaucoup moins connu que Joseph Gatty ou Vernon Wood, Glenn Corlew est, comme les deux autres, un spécialiste des iris roses. L'essentiel de sa production a en effet été consacré à cette couleur tendre et si fortement appréciée. Mais en plus de cette spécialité, il a acquis une certaine célébrité avec ses photographies, et, bien entendu, ses photos d'iris. La base de données IRIS ENCYCLOPEDIA de l'AIS rassemble un certain nombre de ces images et nous allons en publier le plus grand nombre en hommage à cet homme de goût. Ce sont des diapositives qui ont un peu vieilli, elles ont pris une teinte un peu rosée, mais puisqu'il s'agit majoritairement d'iris roses, cela n'est pas désagréable. 

On remarquera que ces variétés, dont la date de naissance s'étend sur plus de 20 ans, en plus d'un fort air de famille, conservent d'un bout à l'autre une remarquable continuité d'allure. Le temps n'a pas eu de prise sur le travail de Glenn Corlew. 

IV – Quatrième semaine

'Cornerstone' (1974) 'Kimzey' X 'Signature' 


'Country Fair' (1965) 'Frilly Fringes' X ( 'Party Dress' x 'Native Dancer') 


'Crystal Ball' (1974) 'Portrait' X 'Foggy Dew' 


'Date Book' (1974) 'Kimzey' X ( 'Signature' x 'Flaming Heart')

LES HYBRIDEURS HEREDITAIRES

Ce n'est pas fréquent que l'on soit obtenteur d'iris de père en fils. En France la famille Cayeux fait figure d'exception puisqu'elle est dans le métier depuis cinq générations. Aux Etats-Unis, une telle situation, à ma connaissance, n'existe pas. Les Schreiner n'en sont encore qu'à la quatrième et je ne vois guère que les Craig pour avoir pris un tel chemin.

Car avec les Craig on est bien devant une dynastie. Cela commence avec Tom Craig,le père, qui a enregistré des iris de toutes sortes entre 1948 et 1969. Il avait commencé une carrière d'artiste peintre, d'ailleurs prometteuse dans le début des années 1940, mais cela fut interrompu par la guerre. A son retour, c'est vers les iris qu'il s'est dirigé. Il y mit tout son cœur et ses qualités d'artiste. Ses iris sont toujours des variétés où l'on sent que l'on a affaire à un homme de goût. Son premier catalogue, en 1948, est maintenant une pièce de musée : il est rédigé à la main, avec des dessins originaux en guise d'illustrations.

Dans ses premières recherches on note un attrait particulier pour les plicatas et le choix de 'Mme Louis Aureau' (F. Cayeux, 1934) pour base, ce qui donne des variétés dans les tons de pourpre. Mais très vite il s'est particulièrement intéressé aux iris bruns (ou brun-rouge). Ses meilleurs résultats sont sans doute dans cette couleur. Cela commence dès 1950 avec 'Ball Gown' et cela continue tout au long de la carrière avec 'Rich Raiment' (1949) 'Tabasco' (1951), 'Bang' (1955), 'Zombie' (1957) ou 'Red Polish' (1967). Il n'a pas dédaigné pour autant les autres coloris comme le blanc ('Frieda's Favorite', 1960), le mauve ('Farewell', 1951) ('Orchid and Flame', 1954), le rose ('Almond Blossom', 1953) ('Beau Catcher', 1955) ou le bleu (Mary McClellan' 1952, son plus grand succès). Enfin il faut noter qu'il est un des rares hybrideurs américains à avoir obtenu des variétés dans les tons de blanc teinté de vert et de bleu tirant vers le gris. Tom Craig a reçu l' « Hybridizer Award » en 1962.

 Il faut croire que l'amour des iris peut être contagieux car Tom Craig a transmis le virus à son épouse, Frances, dont 'Escondido' (1958) a reçu un accueil très chaleureux, et ses cinq enfants Tim, Ken, Ivan, Patricia et Frances (comme sa mère) qui ont tous enregistré un certain nombre de variétés comme 'Ebbtide' (Ivan Craig, 1957).

La famille Craig a produit au total plus de 390 variétés dans toutes les catégories avec néanmoins une majorité d'arilbreds et de grands iris, lesquels, d'ailleurs comportent fréquemment des gènes d'arils. Cela les classe parmi les hybrideurs les plus prolifiques.

Tom Craig et sa petite famille ne sont pas très connus en dehors des frontières américaines. Leurs iris n'ont guère été commercialisés chez nous. Cela n'enlève rien à leur mérite qui dépasse largement le côté anecdotique de la saga familiale.

 Iconographie :


 'Bang' 


'Zombie' 


'Beau Catcher' 


'Mary McClellan' 


'Escondido' 


'Ebbtide'

15.9.17

LES IRIS DE GLENN CORLEW

Beaucoup moins connu que Joseph Gatty ou Vernon Wood, Glenn Corlew est, comme les deux autres, un spécialiste des iris roses. L'essentiel de sa production a en effet été consacré à cette couleur tendre et si fortement appréciée. Mais en plus de cette spécialité, il a acquis une certaine célébrité avec ses photographies, et, bien entendu, ses photos d'iris. La base de données IRIS ENCYCLOPEDIA de l'AIS rassemble un certain nombre de ces images et nous allons en publier le plus grand nombre en hommage à cet homme de goût. Ce sont des diapositives qui ont un peu vieilli, elles ont pris une teinte un peu rosée, mais puisqu'il s'agit majoritairement d'iris roses, cela n'est pas désagréable. 

On remarquera que ces variétés, dont la date de naissance s'étend sur plus de 20 ans, en plus d'un fort air de famille, conservent d'un bout à l'autre une remarquable continuité d'allure. Le temps n'a pas eu de prise sur le travail de Glenn Corlew. 

III – Troisième semaine 


'Carondelet' (1971) 'Carolands' X 'Orange Chariot' 


'Cherished' (1972) 'Cherub Choir' X 'Adorable You' 


'Cherub Choir' (1966) 'Signature' X 'One Desire' 


'Concert' (1974) 'Pink Fringe' X 'Signature'

VOIR ROUGE

Quand on parle de voir rouge, c'est en général que l'on est très en colère. Mais dans le langage des irisariens c'est, plus calmement, faire comme si une fleur était rouge alors qu'elle n'est que d'une couleur plus proche du grenat ou du brun. Tout ça parce que le rouge, le vrai, n'existe pas dans le monde des iris. C'est génétique. Je n'ai aucune culture scientifique et je sais seulement qu'il s'agit d'une question de pélargonidine et de delphinidine, pigments que les iris ne peuvent pas synthétiser naturellement. Pas de rouge, donc. Pourtant cette couleur, sans doute parce qu'elle n'existe pas pour eux, a de tous temps excité les hybrideurs. Ils ont donc déplacé ciel et terre pour tenter d'obtenir du rouge. Keith Keppel, dans « The World of Irises » en fait le constat : « Tout comme l'impression de brun chez les iris est due à l'interaction visuelle de deux types différents de pigmentation, c'est la même chose pour le rouge. Il n'y a pas de pigment rouge présent dans les iris, et les hybrideurs d'iris rouges sont, en fait, des maîtres de l'illusion. » Dans le même ouvrage, Keppel fait remonter l'origine des iris « rouges » à la variété 'Cardinal' (Bliss, 1919). Il suit le cheminement de la couleur à travers les recherches de plusieurs obtenteurs des années 1920/1930 : 'Dauntless' (Connell, 1929), puis 'Coralie' (Ayres, 1933), puis 'Rosy Wings' (Gage, 1939), et aussi 'Ethel Peckham' (1932, Ed. Williamson), dont la description parle de « pourpre » et de « bordeaux ». La quête s'est poursuivie chez les frères Sass jusqu'à 'The Red Douglas' (1947) qui a 'Cardinal' parmi ses ancêtres ; chez Agnes Whiting, il y a 'Garden Glory' (1943) puis, 'Technicolor' (1949) que l'on décrirait aujourd'hui comme bitone grenat. Plusieurs autres obtenteurs ont continué le travail, notamment Chet Tompkins avec 'Defiance' (1953) qui fit véritablement sensation lors de son apparition au point que certains ont crié à la supercherie. Tom Craig, de son côté a mené une longue recherche qui a abouti à 'Red Boat' (1963) décrit comme « porto », ce qui lui va bien, même si ce porto est bien sombre à nos yeux. Cependant c'est le travail de la maison Schreiner qui a fait faire le plus grand bon en avant sur le route des iris rouges. A commencer par 'War Lord' (1967), puis 'Spartan' (1972), et surtout 'Vitafire' (1968).

« The World of Irises » s'arrête au milieu des années 1970, mais dans les quarante années suivantes, les hybrideurs n'ont pas lâché le morceau. Ils se sont orientés notamment vers la science pour les aider. Ce fut le cas de Pierre Anfosso qui a pensé qu'un traitement par irradiation de graines de variétés sélectionnées pour leur potentielle aptitude à donner des fleurs rouges pouvait provoquer une mutation aboutissant à une profonde coloration écarlate ; mais ce traitement n'a pas été couronné de succès. Richard Ernst, quant à lui, a fait effectuer une analyse complète de l’ADN d’un iris. La pigmentation de douzaines de variétés a été analysée et des cultures de tissu « in vitro » ont été réalisées. Il a fallu douze années de recherche pour découvrir et sélectionner ce que les scientifiques pensaient être les bons gènes rouges avant que ne commence le processus de transformation qui devait déboucher sur une plante nouvelle dont la première floraison était attendue pour le printemps 2005. Mais cette coûteuse expérience s'est achevée sur un échec. Donald Spoon a constaté que certains iris présentaient des barbes absolument rouges. Un rouge coquelicot provenant d’une forte concentration de lycopène, le pigment qui fait que les tomates sont rouges. Il en a déduit que ce pigment, lorsqu’il est présent dans une fleur d’iris, peut se trouver concentré à l’extrême dans les barbes, mais ne peut pas se développer de la même façon dans les pétales et sépales parce qu’il est bloqué par un gène particulier qu’il suffirait d’identifier et d’éliminer. Mais tout cela résulte d’une extrapolation de données qui n’est pas vérifiée scientifiquement. Se plaçant sur un plan plus théorique que pratique, Neil Mogensen a expliqué que la couleur rouge pure, qui est produite par la pélargonidine (pigment présent dans les géraniums) fait partie de la même série que la delphinidine (pigment qui colore en bleu les delphiniums …et les iris). Ces deux pigments, ainsi que beaucoup d’autres, sont des éléments de la grande famille des pigments anthocyaniques comportant plus ou moins de radicaux OH. Mogensen en a déduit que pour obtenir de la pélargonidine au lieu de la delphinidine, il suffirait de réussir à retirer deux des radicaux OH de cette dernière. Mais il n'a pas trouvé la solution à ce problème. On en est encore là. La recherche scientifique n'a donc rien donné jusqu'à présent. Reste alors une approche pragmatique, une approche lente et méticuleuse où le rouge s’affine et se purifie de croisements en croisements. C'est la voie suivie par Joë Ghio. La base de son travail, c’est le « vieux » ‘Lady Friend’ (Ghio 81), déjà très rouge au moment de son apparition. Pour renforcer le coloris, lui donner plus de profondeur, Ghio a ajouté une foule d’ingrédients en utilisant un panel de fleurs considérable puisqu’il n’y a pas moins de soixante noms de variétés cités dans les pedigrees de sa série rouge ! Son idée a été reprise par d'autres hybrideurs, comme Bruce Filardi ou son ami Keith Keppel. Peu à peu l'iris rouge se perfectionne.

L'amateur d'iris verra-t-il rouge un jour prochain ? Il est peu probable qu'on parvienne jamais au rouge pompier, mais ce qu'on voit actuellement s'en approche de plus en plus et fait vivre l'espoir chez tous ceux pour qui le rouge est une sorte de graal.

Iconographie : 


'Cardinal'


'Technicolor'


'Regimen'


semis Keppel 10/109A

8.9.17

LES IRIS DE GLENN CORLEW

Beaucoup moins connu que Joseph Gatty ou Vernon Wood, Glenn Corlew est, comme les deux autres, un spécialiste des iris roses. L'essentiel de sa production a en effet été consacré à cette couleur tendre et si fortement appréciée. Mais en plus de cette spécialité, il a acquis une certaine célébrité avec ses photographies, et, bien entendu, ses photos d'iris. La base de données IRIS ENCYCLOPEDIA de l'AIS rassemble un certain nombre de ces images et nous allons en publier le plus grand nombre en hommage à cet homme de goût. Ce sont des diapositives qui ont un peu vieilli, elles ont pris une teinte un peu rosée, mais puisqu'il s'agit majoritairement d'iris roses, cela n'est pas désagréable. 

On remarquera que ces variétés, dont la date de naissance s'étend sur plus de 20 ans, en plus d'un fort air de famille, conservent d'un bout à l'autre une remarquable continuité d'allure. Le temps n'a pas eu de prise sur le travail de Glenn Corlew. 

 II – Deuxième semaine

'Candelero' (1984) 'Proclamation' X 'Lemon Mist' 


'Candy Shop' (1970) 'Rio Roso' X 'Lilting Melody' 


'Canonero' (1972) 'Commentary' X 'Claudia Rene' 


'Carolands' (1964) ( 'Party Dress' x 'Native Dancer') X 'Lynn Hall'

LA FLEUR DU MOIS

‘KARINKA’ 

(Jean Cayeux, 1978) 
('Cascadeur' X 'Fashion Fling' ) 

Tous les iris n'ont pas le même destin. Certains brillent par leur succès populaire et se rencontrent dans de nombreux jardins, d'autres, au bout de quelques années, disparaissent peu à peu de la scène jardinière et sombrent dans l'oubli. C'est sans doute ce qui arrive à 'Karinka' (Jean Cayeux, 1978). Comme chez bien d'autres collectionneurs il a fait dans mon jardin une brève apparition et a été remplacé au bout de quelques années d'une présence assez terne. Aujourd'hui ce doit être une variété rare, sinon en danger.

L'année 1978 a été la plus prolifique de la carrière d'hybrideur de Jean Cayeux : 19 enregistrements, dont trois grands noms, 'Condottiere', 'Falbala' et 'Provençal'. 'Falbala' a reçu un excellent accueil dans le petit monde des iris et s'est longtemps maintenu parmi les meilleurs bleus à barbe rouge. 'Provençal', avec ses couleurs rutilantes et sa floribondité ont encore aujourd'hui un indéniable succès populaire ; n'a-t-il pas été sacré meilleurs iris du XXe siècle au concours Franciris de 2005 ? Quant à 'Condottiere', c'est sans aucun doute la plus belle réussite de son obtenteur et celle qui lui a valu une renommée internationale ; c'est l'une des variétés qui a été le plus utilisée en hybridation et ses descendants sont maintenant si nombreux qu'on trouvera bientôt ses gènes dans le patrimoine de presque tous les nouveaux iris.

Ce n'est pas la destinée de 'Karinka'. Pour quelle raison une variété bien née, plaisante, est-elle restée confidentielle ? Pour ce qui me concerne j'attribue cette modestie à un coloris un peu fade, rose grisé aux pétales, rose-mauve aux sépales, mais les barbes, cependant plus vivement colorées, sont trop discrètes pour rehausser réellement l'ensemble. Cette variété a du passer assez inaperçue dans un catalogue riche de fleurs éclatantes.

Son pedigree est intéressant car il réunit deux variétés brillantes. 'Cascadeur', autre produit signé J. Cayeux, est une fleur parfaitement formée, richement colorée, et une bonne plante de jardin. 'Fashion Fling' ( D. Hall, 1965) fait partie de la grande famille des roses « flamant » qui sont l'apanage de David Hall, lequel a consacré une grande partie de sa vie d'hybrideur à rechercher l'iris rose idéal. Celui-là descend de 'May Hall' (1952) et de 'Pink Magic' (1959), deux membres de la série. 'Fashion Fling', tant en son pays d'origine qu'à l'exportation, a connu une longue carrière commerciale. Sa vie d'étalon n'a pas été aussi réussie : Jean Cayeux et Melba Hamblen sont les seuls professionnels qui lui ont fait confiance. Le premier en a tiré trois jolies fleurs roses ('Nuage Rose' et 'Premier Bal', en 1978, puis 'Perle Rose', en tant que grand-parent, en 1990) ainsi que notre 'Karinka'. Chez Melba Hamblen, c'est à la deuxième génération que 'Fashion Fling ' apparaît, dans trois variétés dont le très connu 'Karen' (1983) qui dispose des mêmes couleurs que 'Karinka' mais en plus soutenu et donc en plus attrayant.

Il eut été étonnant qu'une fleur plutôt anonyme comme 'Karinka' soit vivement sollicitée par les hybrideurs. Aucune descendance enregistrée...

'Karinka' a quitté sans gloire les bordures de mon jardin. C'est cependant dommage car, avec le recul, je me dis que j'aurais du le conserver, à tout le moins pour qu'il ne disparaisse pas, ce qui risque de lui arriver maintenant.

Iconographie :


'Karinka'


'Cascadeur' 


'Fashion Fling'


'Pink Magic'

ECHOS DU MONDE DES IRIS

Igor Fedoroff 

Laure Anfosso m'apprend que Igor Fedoroff est décédé il y a quelques mois. Pour les anciens de la SFIB, c'est une information qui ne laisse pas indifférent. En effet, dans les années 1970 cet employé municipal de la ville d'Hyères a tenu une place importante dans le staff de la SFIB.

Son activité d'hybrideur d'iris a toujours fait l'admiration de ses amis car il ne disposait que d'un balcon et d'un petit lopin de terre dans la campagne toulonnaise pour cultiver ses semis. Plusieurs de ceux-ci auraient mérité un enregistrement, mais sa modestie lui faisait considérer que son travail n'était que celui d'un petit amateur. Seul, 'Sable d'Argent' (1997), par mon entremise, a réussi son entrée dans le monde des iris.

Un note biographique plus complète sera publiée dans la prochaine livraison de Iris & Bulbeuses.

POUR UN IRIS DES RUES

Depuis peu de temps je participe au fleurissement d'un commune rurale, celle à qui j'ai fait don de ma collection personnelle d'iris, et quand il est question de choisir des espèces et des variétés de plantes d'ornement je constate que les iris ne figurent pas parmi celles que l'on peut utiliser très facilement dans le simple but de les disposer le long des rues et sur les places.

Il existe de nombreux villages qui depuis quelques années ont fait le choix de fleurir agréablement l'espace public. Dans ma région j'en connais plusieurs, le plus emblématique étant sans doute Chédigny, toute petite commune d'Indre et Loire, à proximité de la ville de Loches. Cela fait déjà un bon bout de temps que son Conseil Municipal a décidé de faire du village une « Cité de la Rose » et, par la même occasion, de transformer les trottoirs goudronnés et les abords des maisons en espaces fleuris, ce qui, entre autre, avait l'avantage avant que cela ne devienne obligatoire, de faire cesser l'usage des herbicides et autres produits phytosanitaires. Bien des arbustes ou de grandes vivaces y ont été plantés, avec un goût et une élégance rares. C'est le cas des hémérocalles (en particulier la fameuse variété 'Rio de Oro'), des roses trémières, des géraniums vivaces, des achillées, des asters ou encore des gauras et bien d'autres plantes, mais on n'y trouve guère d'iris. Les seules que j'y ai vu en une certaine abondance sont les habituelles touffes de 'Zantha', comme on en trouve un peu partout, ainsi que les traditionnels Iris pallida bleu tendre. La raison de cette absence de variétés modernes tient essentiellement au fait que celles-ci n'ont qu'une floraison brève et sont des plantes qui, par leur splendeur, attirent trop souvent la convoitise des habitants (ou des visiteurs) qui se servent là où c'est possible.

Ce constat m'a conduit à réfléchir à la manière de faire apparaître les iris dans le panel des plantes de rue. Je me suis dit qu'il faudrait des iris à développement rapide mais pas trop encombrants, qui fleurissent beaucoup, avec des fleurs petites mais nombreuses, jolies mais pas trop spectaculaires, bref ce qui existe déjà chez les rosiers et les hémérocalles. Cette description correspond à peu près à celle de la variété 'Dolce' (Black, 2003). Paul Black a mis au point un iris qui prend place entre les TB et les IB mais qui n'est ni un BB ni un MTB. 'Dolce' a été la première variété de ce genre à être enregistrée. Elle a été classée, à défaut d'autre chose, parmi la catégorie fourre-tout des SPEC-X qui est sensée rassembler les plantes issue directement d'un croisement interspécifique. Mais 'Dolce' n'est pas exactement dans ce cas. Son pedigree en apporte la preuve : (Northern Jewel x 91196A: (8864B: (( Navy Waves x Bride's Halo) x sibling) x C. Palmer aphylla seedling)) X B194C: (Abridged Version x 91135D: ((Center Fold x Wings of Dreams) x Birthday Gift)). Dans cette équipe il n'y a aucune espèce proprement dite mais des variétés et des croisements dont un de I. aphylla réalisé par Cleo Palmer.

A ma connaissance 'Dolce' pousse bien, fleurit beaucoup et n'est pas trop encombrant. En revanche on ne peut pas s'extasier sur son coloris, d'un rose assez terne et banal. Ce sont les caractéristiques apportées par I. aphylla qui font tout l'intérêt de 'Dolce' et de ses descendants comme 'Bundle of Love' (Black, 2007). Ce dernier a la taille d’un BB (65 cm), les fleurs d’un IB, et la floribondité d’un TB. Loïc Tasquier, aux Pays-Bas, s'est dès le départ intéressé à cette nouvelle catégorie d'iris pas encore dénommée. Il est parti du travail de Paul Black auquel il a ajouté des initiatives de son cru, notamment en ajoutant à son cocktail un trait de MTB tétraploïde issu en grande partie de I. aphylla. Il a obtenu un certain nombre de variétés – pas encore enregistrées - qui correspondent aux nouveaux critères, avec des caractéristiques intéressantes, en particulier pour ce qui est des coloris. Cependant les autres obtenteurs restent prudents et ne se sont pas lancés dans l'aventure, de sorte que les iris qui conviendraient à mon projet restent peu nombreux avec une dominante dans les tons de rose (voir néanmoins un iris blanc à barbe rouge baptisé 'Arctic Wind' (Black, 2005) et un brun rouge : 'Devil's Delight' (2014).

En dépit de ces premières approches, les « iris de rue » n'existent pas encore. Il faudrait créer entre les hybrideurs une sorte d'émulation afin qu'ils travaillent à la création de ces plantes. Je me dis que la SFIB, dans son rôle de promotion des tous les iris, pourrait les inciter à travailler sur ce thème en créant une compétition pour récompenser ceux qui feraient l'effort de se lancer dans cette création. Il est certain que ce travail serait un peu moins prestigieux que celui consistant à inventer de somptueux grands iris, mais, d'un point de vue plus terre-à-terre, il pourrait aussi y avoir là un intérêt économique non négligeable car de plus en plus de collectivités territoriales auront à cœur de fleurir leurs artères et leurs jardins publics. Et pourquoi pas y planter des iris ?

 Iconographie : 


'Bundle of Love' 


'Arctic Wind' 


'Devil's Delight' 


semis Tasquier i681A