18.8.17

LES TROPHÉES AMÉRICAINS 2017

A peine attribués les trophées 2017 font l'objet d'âpres dicussions. Ce n'est pas étonnant, notamment pour l'attribution de la médaille de Dykes à 'Montmartre' (Keppel,2007), quand on constate que les juges eux-même ont eu du mal à trancher ! Le lauréat n'a, en effet obtenu que 37 voix sur 403 votants (09,2%). C'est un score très disputé, puisque depuis 2010, année où j'ai limité mes recherches, aucune variété n'a été élue avec aussi peu de suffrages. Voici le tableau comparatif :

2010 = 'Paul Black' (Johnson, 2002) 58 voix / 456 12,7%
2011 = 'Drama Queen' (Keppel, 2002) 53 voix / 446 11,9%
2012 = 'Florentine Silk' (Keppel, 2004) 84 voix / 482 17,4%
2013 = 'That's All Folks' (Marryott, 2002) 65 voix / 456 14,2%
2014 = 'Dividing Line' – MTB - (Bunnel, 2005) 79 voix / 452 17,5%
2015 = 'Gypsy Lord' (Keppel, 2005) 56 voix / 445 12,6%
2016 = 'Swans in Flight' – SIB – (Hollingworth, 2006) 74 voix / 400 18,5%

Le nombre des votants varie évidemment chaque année, mais il se situe toujours au-delà de 400.

Cela peut signifier deux choses : 1) positivement, que les variétés en mesure d'être couronnées était de valeur équivalente et que les avis ont été très partagés ; 2)négativement, qu'aucun des compétiteurs n'avait suffisamment de qualités pour surpasser largement ses concurrents. Déjà, les deux années précédentes, cette variété avait été écartée de la première place, avec des scores faibles, mais qui ont été en s'accroissant au point de la placer en tête à cette troisième tentative. Quoi qu'il en soit, je remarque que les avis sont très partagés à son propos.Plusieurs commentateurs ont déjà fait part de leur avis sur les mérites de cette plante que personnellement j'apprécie modérément, mais à laquelle je reconnais celui d'être la meilleure de son modèle. A son sujet, Keith Keppel fait remarquer avec justesse : « I am so happy that the Dykes Medal was for Montmartre! Luminatas have been around for 75+ years, but a luminata had never made it to the top award before. This should help to publicize (and popularize) the pattern! » (1) Rien que pour cet événement, 'Montmartre' n'a pas usurpé sa médaille.

Sur les autres récompenses, il n'y a pas grand' chose à dire. En voici les plus significatives :

Wister Medal =
I 'Reckless Abandon' (Keppel, 2009)
II 'Beauty Becomes Here' (Black, 2010)
III 'Black is Black' (Schreiner, 2010)

Knowlton Medal = 
'Ballerina Pink' (Black, 2010)

Sass Medal =
 'Red Hot Chili' – IB - (M. Sutton, 2007)

Cook-Douglas Medal = 
'Bright Blue Eyes' – SDB - (M. Sutton, 2008)

Williamson-Wight Medal = 
'Tic Tac Toe' – MTB - (T. Johnson, 2010)

Walther Cup = 
'Mooses Tracks' – MTB -(L. Miller, 2014)

President's Cup = 
'Landscaping Made Easy' – IB – (Ensminger, 2005)
Un enfant du célêbre 'Batik'. Récompense posthume pour Allan Ensminger.

Franklin Cook Cup =
'Heart of Hearts' – AB – (Black, 2015)
Une corde de plus pour l'arc de Paul Black.

Hager Median Cup =
'Chocolate Fountain' – MTB – (Fischer, 2011)
 Une nouvelle récompense pour le spécialiste des MTB.

Zurbrigg-Mahan Seedling Cup =
semis ADG 11-02-04 (Howard Dash)
Un TB mauve et pourpre, très ondulé, plutôt joli.

Félicitations à tous !

(1) Traduction : « Je suis vraiment content que la Médaille de Dykes soit allée à 'Montmartre' ! Les luminatas existent depuis plus de 75 ans, mais un luminata n'a jamais atteint la plus haute récompense auparavant. Cela pourrait aider à rendre public (et à populariser) ce modèle ! » 

Iconographie : 


'Montmartre' 


'Reckless Abandon' 


'Beauty Becomes Here' 


'Black is Black' 


'Ballerina Pink' 


'Red Hot Chili' 


'Bright Blue Eyes' 


'Tic Tac Toe' 


'Mooses Tracks'

HORS PISTE

Hors des pistes, la poudreuse est moelleuse et confortable, la glisse est tranquille et la descente en bordure des bosquets paisible et silencieuse. Autant d'agréments qui attirent les skieurs, mais ceux-ci ne doivent pas oublier qu'à l'inverse le danger est de tous les côtés... En matière d'iridophilie on rencontre des situations qui peuvent avoir une certaine analogie avec ce qui vient d'être dit. Par exemple la mise sur le marché de variétés non encore enregistrées.

C'est un comportement qui concerne essentiellement les pays européens. Aux Etats-Unis l'enregistrement précède nécessairement la mise sur le marché, événement qu'on appelle là-bas « introduction », qui est l'amorce de la course aux honneurs en même temps que le début de la carrière commerciale d'une plante. Dans l'hémisphère sud les obtenteurs suivent scrupuleusement le rythme américain, mais en Europe, où la question des compétitions ne se pose pas, on est beaucoup moins regardants sur le système. Depuis l'origine de l'AIS et le début de l'ordre que celle-ci a voulu mettre dans l'organisation du monde des iris, les hybrideurs européens se sont montrés peu sensibles. La nécessité d'une déclaration officielle marquant le début de l'existence administrative d'un iris, n'a pas été évidente pour tout le monde. Il y a plusieurs raisons à cela.

La première c'est que de nombreux hybrideurs n'ont aucune intention de commercialiser leurs obtentions. Leur travail est quelque chose d'intime, qui n'a pas pour but de sortir de leur jardin ou, au maximum, ne va se répandre que jusque dans celui de quelques amis : aucune diffusion étendue n'est envisagée. C'est le cas par exemple des variétés obtenues par les aristocrates italiennes des années 1920/1930 pour qui l'hybridation n'est qu'un loisir. C'était aussi la situation en France, pour la plupart des hybrideurs amateurs, jusqu'à une période récente, disons jusque dans les annés 1980. Jusqu'à l'intrusion de la famille Anfosso et les premiers catalogues d'Iris en Provence, les iris, en France, c'était la famille Cayeux et leur florissante entreprise qui respectait les consignes américaines, et c'est tout !

Une autre raison est à chercher dans l 'étroitesse du marché et le risque mineur d'assister à une distribution élargie de variétés restant dans l'anonymat. Dès lors qu'il n' y a pas de marché, même si l'on est conscient des inconvénients de l'opération, pourquoi se compliquer la vie en remplissant des documents officiels et donner un état-civil à des iris dont le destin n'est pas de se répandre à travers le monde ? On fait du hors piste, mais c'est sans danger.

C'est avec le début de la mondialisation et le développement considérable du marché international que le problème est devenu sensible.

Il est temps d'expliquer pourquoi l'enregistrement d'une variété avant sa mise sur le marché et devenu indispensable. La question de la nécessité d'un enregistrement peut en effet se poser. Notamment en Europe, puisque cela n'est pas une étape préalable indispensable pour commencer une carrière tant honirifique que commerciale. En fait, la question n'est pas là. Il s'agit plutôt de maintenir la fiabilité des origines d'une nouvelle variété. Prenons un exemple pas si lointain : Une variété 'Rive Gauche' a été proposée au commerce par la famille Anfosso en 1993, un moment de turbulence pour la famille et l'entreprise, avant tout enregistrement, . Ce nom avait été choisi sans vérifier qu'il était déjà celui d'un iris amoena bleu inversé de Sterling Innerst enregistré en 1979. Le 'Rive Gauche' français a eu un véritable succès commercial, d'ailleurs tout à fait mérité ; à la demande de nombreux collectionneurs américains et français « Iris en Provence » a effectué les formalités d'enregsitrement en 2012, mais, la place étant prise, il a fallu bricoler quelque chose pour que le 'Rive Gauche' français puisse officiellement exister , et c'est ainsi qu'il figure sous le nom de 'Rive Gauche Paris' dans les documents de l'AIS. Mais le malheur veut que cette variété ait été utilisée par Bernard Laporte, lequel a enregistré en 2006 un joli iris pourpre nommé 'Bouschet' normalement commercialisé sous ce nom. Malheureusement, l'enregistrement est ainsi rédigé : « Wine red self; beards dark bronze-wine; slight fragrance. Forge Fire X Rive Gauche ». La confusion est née. Quel 'Rive Gauche' est le père de 'Bouschet' ? Aujourd'hui cela ne fait pas de doute, du moins dans notre pays, mais qu'en sera-t-il dans quelques années ? Avec la distribution mondiale des variétés modernes, de telles mésaventures pourront se produire de plus en plus souvent, au grand dam des hybrideurs, d'un bout à l'autre de la planète.

Un autre incident, qui met en cause un grand nom de l'hybridation, s'est produit récemment. Pour une raison que j'ignore la Maison Cayeux a mis en vente en 2011 un iris bleu tendre adorable, sous le nom de 'Aigue Marine',sans passer par le préalable de l'enregistrement. C'est assez surprenant car la vénérable entreprise Cayeux ne pouvait pas ignorer l'existence d'un autre 'Aigue Marine', également bleu, signé Ferdinand Cayeux et enregistré en 1938 ! Quand le second 'Aigue Marine' a été soumis à l'enregistrement, l'anomalie est apparue et cela a été rattrapé « par les cheveux » en écrivant « Aigle Marine » le nom officiel de la nouvelle variété ! C'est plutôt dommage, et ça n'est pas une garantie de clarté pour tout le monde...

Il ne faudrait plus assiter à ce genre d'acrobatie, voilà pourquoi je prêche avec énergie pour inciter les obtenteurs européens à enregistrer leurs nouvelles variétés avant toute commercialisation. Je constate néanmoins que certains hybrideurs/producteurs (particulièrement en Europe de l'Est) continuent de mettre la charrue devant les bœufs...

Pour en revenir à la métaphore qui vaut son titre à la présente chronique, Il est manifestement préférable de rester sur les pistes balisées ; il est étonnant que cette évidence ne soit toujours pas comprise par tous.

 Iconographie : 


'Rive Gauche Paris' 


'Bouschet' 


'Aigue Marine' 


'Aigle Marine' 

11.8.17

CENT ANS DE PLICATAS

A plusieurs reprises j'ai expliqué ici que les iris plicatas provenaient de l'action d'un gène récessif inhibant le développement des pigments anthocyaniques dans les sépales – surtout – mais aussi dans les pétales. L'intervention, plus ou moins active de ce gène aboutit à l'infini variétés de la coloration des plicatas. Si on y ajoute l'action d'autres gènes, comme celui des amoenas, on multiplie encore la variété des aspects. 

Les hybrideurs ont créé une infinité de variétés plicatas. Nous partirons de 'San Francisco', la première variété ayant reçu la Médaille de Dykes, en 1927, et, à raison de quatre par semaine et par décennie, nous ferons un grand tour dans cette immense famille au cours des cent dernières années.

 X – 2010 

 'Admiral Nelson' (Mego, 2010) 


'Vpiymay Zvira' (Yakovchuk, 2010) 


'Dipped in Dots' (Blyth, 2011) 


'Locomotion' (T. Johnson, 2017)

La semaine prochaine, nouveau feuilleton !

ECHOS DU MONDE DES IRIS

1er Festival  IRIS et PATRIMOINE 

La commune de Champigny-sur-Veude organisera le dimanche 20 Mai 2018 son 1erFestival  IRIS et PATRIMOINE.

La journée se déroulera autour de deux axes :

 1)Découverte du patrimoine campinois

2) l’ Iris :
avec, notamment la découverte du jardin d’iris et de ses 400 variétés identifiées, au Presbytère et le baptême de la variété 'La Grande Mademoiselle'

C'est le premier pas vers la « Cité de l'iris », situation que la ville de Champigny ambitionne d'atteindre rapidement.

LE CANDÉLABRE

La durée de vie d'une fleur d'iris n'excède pas quatre jours, selon la variété et les circonstances météorologiques. Dans la nature cela suffit car il faut que la fleur soit à la fois attrayante pour les insectes pollinisateurs et vierge de toute fécondation. Mais c'est très peu et s'il n'y avait qu'une fleur par tige, l'iris serait une plante tout à fait inintéressante d'un point de vue horticole. Heureusement la nature a pourvu à tout : chaque tige porte plusieurs fleurs qui se succèdent sur une durée plus ou moins longue. Pour faciliter cette floraison, de chaque côté de la hampe, des tiges latérales se développent. Elles s'écartent de la tige principale selon un angle d'environ 45°. Sur les iris anciens ces tiges latérales, au nombre de deux en général, compte tenu de leur inclinaison, obligent les fleurs qu'elles portent à rester penchées, ce qui nuit à l'esthétique de la plante. Pour un iris botanique, cela n'a guère d'importance, du moment que cela ne contrevient pas au rôle de la fleur, à savoir contribuer à la reproduction de l'espèce. Mais pour le jardinier qui cultive ces iris pour l'ornementation, c'est insatisfaisant. Les horticulteurs ont donc sélectionné les plantes qui avaient la bonne idée de faire en sorte que les fleurs latérales conservent un plan horizontal. De génération en génération ils ont retenu les variétés qui, sur ce point, offraient le meilleur aspect et c'est ainsi que les amateurs-collectionneurs d'iris ont défini des règles qui sont répertoriées dans les manuels destinés aux juges et s'appliquent dans les compétitions d'iris.

On rencontre aujourd'hui deux présentations possibles :

 - La tige principale reste rectiligne, les tiges latérales s'écartent largement et se redressent à leur extrémité pour que les boutons floraux soient à l'aise pour s'épanouir et puissent conserver leur horizontalité ;
 - A chaque implantation d'une tige latérale la tige principale s'incline elle-même d'environ 40 à 45° de manière à laisser la position verticale à la tige latérale ; elle change d'inclinaison à la jonction avec la tige latérale suivante, etc.

La première situation n'est pas très esthétique : l'iris a un air dégingandé et maigrichon. La seconde est bien préférable car le balancement alterné de la tige lui confère un bel équilibre et l'étalement des fleurs est harmonieux. C'est la disposition en candélabre ou en grappe composée qui est la mieux notée dans les concours. Pourtant les débutants en hybridation se laissent souvent séduire par la première disposition qui leur paraît plus naturelle et plus séduisante au premier abord. De fait la tige toute droite fait penser à une plante plus vigoureuse et mieux portante qu'une autre ayant des tiges florales tordues... Mais lorsque les fleurs sont ouvertes, on est obligé de convenir que la deuxième solution est la meilleure. C'est un point très­ important et dans un concours d'iris l'ensemble des items concernant les hampes florales compte pour 30 points sur 100 : un tiers de la note, autant que la fleur proprement dite !

Mais il faut aussi que les tiges latérales, qui de nos jours sont fréquemment au nombre de trois, soient régulièrement réparties le long de la hampe. Cette répartition équilibrée est même plus importante que le nombre même de tiges. Explications :

 - une tige latérale qui démarre très bas sur la hampe, voire au niveau du rhizome, portera des fleurs qui ne s'élèveront pas au milieu du feuillage et resteront soit inaperçues soit mal développées à cause de leur environnement peu favorable (ombre, humidité...) ;
 - des tiges regroupées vers le sommet de la hampe, en corymbe, quelle que soit leur nombre et leur longueur, porteront des fleurs qui seront gênées par celles du niveau supérieur, elles auront du mal à s'étaler et leur épanouissement sera médiocre ; de plus, toute la floraison ainsi rassemblée au sommet de la tige aura un effet massif et inélégant, sans parler du risque de verse de la tige sous l'effet du poids excessif placé à son extrémité, notamment sous la pluie.

Autre caractère dont il faut tenir compte, la longueur des tiges latérales : trop longues elles seront fragiles et cassantes sous le poids de leurs fleurs, et elle donneront à l'iris une apparence grêle assez déplaisante ; trop courtes, les fleurs seront tassées contre la tige principale et s'épanouiront mal, l'iris paraîtra mastoc et lourd, un peu comme sur une jacinthe.

Le nombre des boutons floraux est très important, mais il faut également prendre en compte la possibilité qui leur est laissée de s'épanouir pleinement, quand la fleur voisine sera sur la fin de son cycle, pour que le nouveau bouton soit libre de se développer à son aise. Il faut aussi que tous ne veuillent pas s'ouvrir en même temps, parce qu'à quoi servirait de compter une dizaine de boutons s'ils s'ouvraient tous au même moment ? Des boutons nombreux n'ont d'intérêt que s'ils contribuent à allonger la période de floraison.

Porter une attention minutieuse à la tige d'une nouvelle variété avant de terminer la sélection est un élément particulièrement important, non seulement pour l'élégance de la plante (et son éventuel succès commercial), mais aussi pour l'intérêt qu'elle peut présenter sur un plan seulement horticole. Avis aux jeunes obtenteurs !

Iconographie : 

'Quistinic' : un iris un peu trop maigre en raison de tiges latérales trop espacées ; 


'Wizard of Odds' : une variété dont les tiges latérales, situées trop près de l'extrémité de la hampe principale, font que les nombreuses fleurs se gênent ; 


'Montmartre' : une variété superbe mais dont les tiges latérales manquent un peu de longueur. 


Une hampe d'iris particulièrement remarquable.

4.8.17

LA FLEUR DU MOIS

 ‘TUXEDO’ 

(Schreiners, 1964) 

(Licorice Stick X O-332-1. ) 

Encore une variété ancienne qui a fait les beaux jours de ma propre collection. Une variété qui, malgré son âge, fait toujours son effet sur les visiteurs. Bien sûr quand on est expérimenté on lui trouve des traits qui ont vieilli, mais pour le commun des mortels ce n'est pas souvent la forme des fleurs qui intéresse, mais plutôt la couleur et la taille. Et dans le cas présent ils sont gâtés ! Car 'Tuxedo' est un iris superbe. Sa couleur d'un bleu-nuit profond, proche du noir, son port noble, sa haute taille et la solidité de ses tiges démontre qu'il s'agit d'une grande variété. C'est en général le cas des produits de la Maison Schreiner et celui-ci est bien dans la tradition.

Il est décrit concisément comme « Deep midnight blue-black self; self beard », autrement dit « Unicolore bleu nuit profond, tirant sur le noir ; barbe assortie ». C'est parfaitement exact. Le croisement dont il est issu, qui associe des variétés exemplaires dans la recherche de l'iris noir, est une parfaite illustration de ce que peut donner l'endogamie sur plusieurs générations. Il faudrait avoir accès aux documents de la famille Schreiner pour savoir ce qui se cache derrière le numéro de semis O-332-1, mais on connaît bien 'Licorice Stick' (Schreiner, 1960) qui a figuré dans plusieurs catalogues des années 70/80, en France. La description officielle en fait un « Deep blue-black-violet self » ou « Unicolore bleu-noir violacé ». On ne trouve que des variétés bleu-noir dans son pedigree, en particulier 'Black Belle' (Stevens, 1951), variété largement utilisée par les Schreiner, et 'Storm Warning' (Schreiner, 1952), descendant direct de 'Black Forest', père fondateur de la grande famille des iris noirs.

'Tuxedo' n'a pas manqué d'intéresser les hybrideurs partis sur le chemin des iris noirs. Les Schreiner, principalement, mais aussi Jim Hedgecock.

Chez les premiers, la liste des descendants est longue (que ce soit celle de 'Tuxedo' même, ou celle d'un de ses frères de semis) ; elle comprend des variétés fort connues comme 'Swazi Princess' (1978), lui-même parent d'une trentaine de variétés noires remarquables comme 'Mandy G' (Manfred Beer, 1991) ou 'Anvil of Darkness' (Innerst, 1998). Chez le second, dans la grande série des variétés portant des noms faisant référence aux populations indiennes d'Amérique, il y a 'Cowboy in Black' (2004), sombrement coloré et enrichi de fins éperons noirs.

Tout cela constitue une belle famille dont le chef, 'Tuxedo', est toujours le digne patriarche.

'Iconographie' : 


'Tuxedo'


'Licorice Stick' 


'Storm Warning' 


'Swazi Princess' 


'Cowboy in Black'

CENT ANS DE PLICATAS

A plusieurs reprises j'ai expliqué ici que les iris plicatas provenaient de l'action d'un gène récessif inhibant le développement des pigments anthocyaniques dans les sépales – surtout – mais aussi dans les pétales. L'intervention, plus ou moins active de ce gène aboutit à l'infini variétés de la coloration des plicatas. Si on y ajoute l'action d'autres gènes, comme celui des amoenas, on multiplie encore la variété des aspects. 

Les hybrideurs ont créé une infinité de variétés plicatas. Nous partirons de 'San Francisco', la première variété ayant reçu la Médaille de Dykes, en 1927, et, à raison de quatre par semaine et par décennie, nous ferons un grand tour dans cette immense famille au cours des cent dernières années. 

 IX – 2000 

 'Coup de Théâtre' (Ransom, 2000) 


'Fancy Friends' (Christopherson, 2000) 


'Igra V Biser' (Loktev, 2000) 


'Candy Club' (L. Painter, 2005)

CHER DISPARU : I. BURIENSIS

Dans le bulletin « Roots », organe de la « Historic Preservation iris Society » (HIPS), il y a très souvent des articles intéressants. Cette fois il s'agit d'une véritable découverte qui éclaircit ce qui étaitpour moi une énigme agaçante. A quoi ressemblait le fameux I. buriensis, celui que l'on considère comme le premier iris hybride sélectionné et cultivé ? Par diverses sources on savait qu'il s'agissait d'un iris plicata bleu. Mais encore ? Le texte découvert par l'auteur de l'article auquel je fais référence, John R. Finney, fournit une description précise, établie par une personnalité indiscutable de l'époque, Henri Antoine Jacques, jardinier du roi Louis-Philippe en son château de Neuilly et lui-même obtenteur d'iris (voir le célèbre 'Jacquesania' de 1840).

 C'est dans la Revue horticole du 19eme siècle « Annales de Flore et de Pomone » volume 2 (1833-1834) pages 285 et 286 que le texte a été publié. Le voici :

« Iris de Bure, Iris Buriensis. 

Ce nom est celui de l'amateur qui l'a obtenue (1) ; je l'ai vue, envoyée au Jardin des Plantes sous la même dénomination par notre collègue M. Lémon. Je l'ai obtenue il y a six ou sept ans de M. Blondel, pharmacien en chef des Invalides, qui lui-même la tenait de son auteur il y avait déjà plusieurs années. Ayant eu l'avantage de voir ce dernier il y a quelques temps, il m'a affirmé qu'il y a plus de vingt ans qu'il l'avait obtenue d'un semis de l'iris plicata ; et en effet c'est de cette plante dont elle se rapproche le plus, mais elle est infiniment plus belle, et c'est la plus jolie que je connaisse dans ce nombreux genre. 

Feuillage vigoureux de 18 à 20 pouces de haut (2), d'un vert glauque ; hampe rameuse au sommet, s'élevant de 30 à 36 pouces (3) ; fleurs grandes ; les trois pétales extérieurs renversés en bas, d'un beau blanc et seulement bordés de stries pourpre-violet sur les bords ; barbe blanche à sommet jaune ; pétales intérieurs redressés et rapprochés d'un beau blanc et aussi bordés de stries comme les extérieurs mais seulement mieux marqués ; stigmates larges, pourprés, fendus au sommet et dentés sur les bords ; odeur douce et très agréable : fleurit en mai.Cette plante, aussi rustique que la plupart de ses congénères, n'est pas délicate sur le choix du terrain, et se multiplie facilement par la séparation de ses touffes. »

On ne peut pas trouver description plus précise : bien des hybrideurs d'aujourd'hui devraient en prendre de la graine ! On voit qu'il s'agit d'un plicata léger, largement dominé par la couleur blanche qui intéresse aussi bien les sépales (baptisés ici « pétales extérieurs ») que les pétales (« pétales intérieurs »), avec seulement des dessins plus marqués sur les pétales. Il est à présent facile de se faire une idée de l'apparence de l'iris buriensis. C'est ce qu'a fait l'auteur de l'article qui écrit : « Quand j'ai visualisé Iris de Bure tel que M. Jacques l'a décrit, j'ai réalisé qu'il devait beaucoup ressembler à l'iris historique 'True Delight' (Sturtevant, 1924). » Pour mon compte j'y vois aussi l'excellent 'Stitched Right' (Mark Rogers, 1976)) à moins que ce ne soit le joli BB 'Step by Step' (Mark Rogers, 1971).

 Le reste de l'article est essentiellement consacré à raconter les difficultés rencontrées par l'auteur pour obtenir une traduction convenable de la description de M. Jacques. Le français n'est pas toujours la tasse de thé des irisariens américains...

 Pour moi, ce que dit Jacques remet en question la date d'obtention de I. buriensis. Jusqu'à présent les bons auteurs disaient que cette variété devait dater des années 1830. Mais Jacques parle d'une date qui se situe plutôt dans les années 1810 ! Nos chers iris fêtent donc actuellement leur deux centième anniversaire.

Iris buriensis serait disparu. On ignore à quel moment cette variété, apparemment facile à cultiver et fort répandue dans les débuts du 19eme siècle, a cessé d'être précisément identifiée. Aurait-elle été victime du sac du château de Neuilly, en 1848, et de la destruction du jardin y attenant où officiait Henri Jacques ? Il est plus plausible que, comme beaucoup d'autres, elle ait fini par être si commune que le nom qui lui avait été attribué est devenu un nom commun, lui-même oublié au fil des ans et des transplantations. Il est très vraisemblable que I. buriensis existe toujours, mais il s'est en quelque sorte naturalisé : curieux phénomène qui rend ordinaire un nom propre tellement fréquent, jusqu'à en faire un vulgaire nom commun. I. buriensis est devenu tellement ordinaire qu'il n'a plus eu besoin d'un véritable nom pour être identifié !

Quoi qu'il en soit, il faut dire un grand merci à John Finney dont la trouvaille a fourni un portrait parfait d'une variété mythique et fait reculer de vingt ans l'origine estimée des iris de jardin.

Iconographie : 



 'True Delight' 


'Step by Step' 


'Stitched Right' 

(1) Iris est au féminin dans les textes anciens, tout comme en latin.

(2) Soit environ 40 cm

(3) Soit environ 85/90 cm.

28.7.17

CENT ANS DE PLICATAS

A plusieurs reprises j'ai expliqué ici que les iris plicatas provenaient de l'action d'un gène récessif inhibant le développement des pigments anthocyaniques dans les sépales – surtout – mais aussi dans les pétales. L'intervention, plus ou moins active de ce gène aboutit à l'infini variétés de la coloration des plicatas. Si on y ajoute l'action d'autres gènes, comme celui des amoenas, on multiplie encore la variété des aspects. 

Les hybrideurs ont créé une infinité de variétés plicatas. Nous partirons de 'San Francisco', la première variété ayant reçu la Médaille de Dykes, en 1927, et, à raison de quatre par semaine et par décennie, nous ferons un grand tour dans cette immense famille au cours des cent dernières années. 

VIII – 1990


 'Rebound' (Wilkerson, 1996) 


'Barn Dance' (Byers, 1991) 


'Desert Renegade' (Ernst, 1992) 


'Madeleine Spring' (Bartlett, 1998))

TROIS PETITS TOURS ET PUIS S'EN VONT

Faut-il s'étonner que le petit monde des iris soit soumis, comme le reste, aux phénomènes de mode ? Cela semble évident, tant il est vrai que certaines choses plaisent à un moment puis provoquent un mouvement de lassitude qui aboutit, si ce n'est à leur rejet, du moins à leur éloignement de l'actualité. On peut faire ce constat sur deux points exemplaires : les iris à éperons (autrement dit « spage-age » ou rostrata) et les iris aux couleurs brouillées (qu'on appelle aussi « broken color »).

Le temps des éperons 

On peut dire que c’est à Lloyd Austin, obtenteur installé dès 1925 en Californie, que l’on doit le démarrage de l’intérêt pour les iris à éperons. C’est d'ailleurs lui qui a inventé l’expression « Space Age » pour désigner ces nouveaux iris, leur attribuant du même coup une identité synonyme de modernité. Mais Manley Osborne, Henry Rowlan et quelques autres ont été parmi ceux qui ont repris le flambeau. Ensuite vint Monty Byers, qui a hissé le modèle au sommet de la hiérarchie mondiale, puis de nombreux autres comme George et Michaël Sutton, Tom Burseen, Jim Hedgecock, Larry Lauer, Paul Black, et Richard Tasco, aux USA de même que Graeme Grosvenor en Australie et Gérard Madoré, Bernard Laporte ou Richard Cayeux en France et aussi Ladislaw Muska en Slovaquie qui en a fait son principal thème de recherche. Tous ces hybrideurs, parmi les meilleurs, se sont engouffrés dans une voie qui leur a semblé prometteuse et susceptible de mettre en avant leurs aptitudes.

Au début les éperons n'étaient que de petites excroissances prolongeant timidement les barbes de certaines variétés, qui n'apparaissaient pas toujours sur toutes les fleurs, mais qui attisaient la curiosité des professionnels comme des amateurs. Peu à peu ces excroissances ont pris de la régularité et de l'importance : elles se sont allongées, grossies, diversifiées, se transformant pour certains en pétaloïdes extravagants. L'espoir était qu'elles transforment les fleurs d'iris comme se sont transformées certaines autres (roses, pivoines, œillets...) jusqu'à la situation de « flore pleno » comme on dit en latin botanique. Comme c'est généralement le cas, on est arrivé à des situations extrêmes, où l'originalité avait pris le pas sur l'élégance. Et l'on s'est aperçu aussi que ces énormes appendices provoquaient des tensions dans le tissu floral qui déformaient les sépales. Les clients se sont détournés de ces fleurs monstrueuses et les obtenteurs les ont délaissées. Aujourd'hui les outrances sont terminées, mais la recherche d'améliorations aussi et rares sont ceux qui mettent sur le marché des variétés nouvelles de ce qui fut un must pendant un temps. L'espoir de parvenir à des fleurs doubles s'est évanoui et si on voit apparaître souvent encore des « Space Age », c'est surtout en vue d'obtenir des fleurs à pompons, curieuses, mais encore pas au point. 

Voilà la bousculade 

Avec les iris aux couleurs brouillées, qui sont connus sous la dénomination américaine de « Broken Color » à moins que ce ne soit « Novelty », assiste-t-on à la même évolution ?

Ce n'est qu'aux confins des années 1970 qu'on a commencé à s'intéresser sérieusement à ces iris dont on ne sait toujours pas bien comment les appeler. Le premier de l'espèce réellement intéressant qui ait été enregistré se nomme ‘Doodle Strudel’ (Ensminger 1977), un iris bleu ciel, taché de bleu marine, descendant perturbé de ‘Stepping Out’. Son obtenteur avait longuement hésité avant de baptiser une variété de cet acabit : pendant des années il en a mis à son catalogue, sans les considérer comme des plantes sérieuses, les vendant comme des fantaisies tout juste bonnes à constituer des bouquets surprenants. Mais le succès commercial est venu et il s'est lancé pour de bon ! Vint ensuite le règne de Brad Kasperek. Ce dernier n’est pas parti du néant. Il a tout simplement utilisé les variétés d’Ensminger, notamment ‘Maria Tormena’ et ‘Painted Plic’, pour commencer sa nouvelle lignée. Dès le début, ses iris ont été remarqués, non seulement pour leurs noms qui allient assonances, calembours et évocations animalières, mais surtout pour leurs qualités et l’originalité de leurs coloris. Ces iris ne peuvent pas passer inaperçus. Ils ont incité quelques autres obtenteurs à se lancer dans l'aventure. Les plus chevronnés s'y sont mis et, à côté des BC façon Kasperek, un peu canaille, on trouve ceux façon Paul Black ou Keith Keppel, beaucoup plus raffinés. Cependant tous ceux qui se sont lancés dans l'aventure ont vite remarqué que, si l'on fait abstraction du mauvais goût qui guette dans cette production, la tâche n'est pas facile. Il y a beaucoup de déchet : plantes malingres, rabougries, fragiles… C’est d’ailleurs pourquoi il y a de très nombreux iris de petite taille (BB) dans la catégorie. Et certains hybrideurs font état de leurs scrupules quant à l'intérêt de banaliser des anomalies génétiques. Bref l'engouement est passé. Ce qui ne veut pas dire que l'on ne produit plus ce genre de fleurs, mais seulement qu'on se limite le plus souvent à des associations modérées des couleurs, ou à de nouveaux mélanges. Après le retrait de la famille Kasperek, deux ou trois jeunes hybrideurs se font connaître, tandis que quelques anciens continuent sur leur lancée, comme Donald Spoon ou Michael Sutton. Néanmoins on sent que l'enthousiasme n'y est plus...

 D'autres anomalies 

D'autres anomalies ont été exploitées au titre de la recherche de nouveautés, mais il n'y en a pas qui aient atteint un certain succès. Ce sont, entre autres, les « flatties », ces iris sans pétales. Ils sont peu nombreux et n'ont jamais eu de succès commercial. On peut aussi évoquer les iris dont la feuillage est coloré, soit de violet, à la base, soit de jaune ou de crème. D'accord, mais cultive-t-on les iris pour leurs feuilles ?

 En fait il semble que quel que soit l'accident génétique, l'exploitation qui en est faite n'a pas abouti à un succès populaire prolongé. Peut-être un jour en découvrira-t-on un qui, sans se presser, prendra rang parmi les formes normales. En attendant, ceux que l'on connaît n'ont guère fait plus que trois petits tours avant de s'éloigner.

Iconographie : 


 'Flounced Frivolity' (Austin, 1963) 


'Offa Chart' (Burseen, 2015) 


'Oghab' (Muska, 2006) 


'Isnt' This Something' (Ensminger,1992) 


semis Sutton 2017 


'Die Laughing' (P. Black, 2014)

21.7.17

CENT ANS DE PLICATAS

A plusieurs reprises j'ai expliqué ici que les iris plicatas provenaient de l'action d'un gène récessif inhibant le développement des pigments anthocyaniques dans les sépales – surtout – mais aussi dans les pétales. L'intervention, plus ou moins active de ce gène aboutit à l'infini variétés de la coloration des plicatas. Si on y ajoute l'action d'autres gènes, comme celui des amoenas, on multiplie encore la variété des aspects. 

Les hybrideurs ont créé une infinité de variétés plicatas. Nous partirons de 'San Francisco', la première variété ayant reçu la Médaille de Dykes, en 1927, et, à raison de quatre par semaine et par décennie, nous ferons un grand tour dans cette immense famille au cours des cent dernières années. 

VII – 1980 

'Capricious' (Hamblen, 1981) 


'Cozy Calico' (Schreiner, 1980) 


'Theatre' (Keppel, 1981) 


'Bama Berry' (Burch, 1984)

GLENN CORLEW

J'aime beaucoup les biographies et j'ai déjà rédigé celle de bon nombre de personnages du monde des iris. Il y a tellement de situations intéressantes, émouvantes ou cocasses dans la vie de tous ces gens qu'on n'est jamais déçu quand on essaie de la retracer. Cette fois nous allons faire connaissance avec Glenn Corlew, un hybrideur californien, né en 1921 et décédé en 2010. La chronique nécrologique publiée au moment de sa mort nous renseigne sur son existence, bien classique, mais qui comporte aussi quelques particularités. En voici l'adaptation :

« Glenn Corlew a grandi dans les collines de l'est de Fresno, sur un domaine créé par ses grands parents dans les premiers temps de la Californie. Plusieurs montagnes, lacs et canyons de la région portent le nom de différentes branches de sa famille. Glenn a servi dans la Marine pendant le deuxième guerre mondiale puis a repris ensuite ses études au Milligan College (dans le Tennessee) où il a reçu son diplôme d'Administration des Affaires en 1948. C'est aussi a Milligan qu'il a rencontré celle qui allait devenir sa femme, avec qui il a eu deux garçons, Curtis et Stuart Alan. 

Peu après l'obtention de son diplôme, Glenn a rejoint une entreprise de gaz et d'électicité de Californie où il a travaillé au Département des Constructions Nouvelles. Les iris sont entrés dans la vie des Corlew quand Mrs.Kimzey leur a donné une petite collection issue de son propre jardin, pour orner leur nouvelle demeure. Deux capsules naturelles se sont formées l'année suivante et c'est ainsi que la carrière d'un nouivel hybrideur a commencé. Le pas entre les hybridations naturelles et les croisements programmés a été franchi en 1955. A partir de là, jusqu'à l'introduction de 'Carolands' et 'Signature' en 1965 une grande quantité de semis a pris le chemin du compost. Glenn a pris une part active dans les affaires de la Région 14 de l'AIS ainsi que dans la Sydney B. Mitchell Iris Society et dans le Mount Diablo Iris Society. 

Glenn était bien connu pour ses photographies et il a gagné de nombreuses récompenses avec elles. Comme beaucoup d'hybrideurs il ne pouvaient pas s'empêcher de s'occuper de différentes choses et il a travaillé dans plusieurs groupes différents à côté de celui des grands iris. C'était aussi un éminent éleveur de canaris. Il a servi l'AIS de plusieurs façons , mais peut-être la plus importante a-t-elle été de rester son Trésorier pendant de longues années. Il a reçu la Distinguished Service Medal in 2000. » 

C'est un peu « fourre-tout » mais c'est un résumé somme toute fidèle. En ce qui me concerne, j'insisterai plutôt sur deux aspects de cette vie : l'hybrideur et le photographe.

Glenn Corlew ne fait pas partie des stakhanovistes de l'hybridation. Son carnet d'enregistrement est plutôt modeste, avec seulement 90 enregistrements, toutes catégories confondues. Ce sont en majorité des TB. La particularité de sa production est qu'elle concerne essentiellement des iris roses et, plus précisément, des iris rose pâle. La plupart d'entre eux a reçu au moins une récompense de l'AIS, preuve de ce qu'il s'agit de fleurs de qualité, bien nées et bien distribuées. D'ailleurs la renommée de plusieurs a réussi à traverser l'Atlantique et l'on a trouvé un certain nombre de ses iris dans les catalogues français des années 1980/1990. Ils se rencontrent donc toujours dans nos jardins. C'est ainsi le cas de 'Candelero' (1980), 'Cherub Choir', 1966, 'Descanso' (1995), 'Fortune Teller', 1983), 'Prominent' (1978), ou 'Storybook' (1978).

J'ai découvert aussi que Glenn Corlew était un excellent photographe. Ses gros plans d'iris (surtout ceux de ses propres obtentions, évidemment) sont particulièrement réussis et, d'ailleurs, ils feront l'objet, dans « Irisenligne » d'un prochain feuilleton.

Tous ces traits spécifiques font de Glenn Corlew un hybrideur remarquable, typique de ce que l'on rencontre dans ce petit monde qui regorge de gens intéressants.

Iconographie : 



'Candelero' 


'Cherub Choir' 


'Descanso' 


'Storybook'