20.4.18

OEILLETS D'INDE

Pendant quarante ans Jim Gibson a obtenu des iris plicatas sur base orange, avec des dessins anthocyaniques qui, par illusion d'optique, varient du beige au brun parfois un peu rouge. C'était sa composition préférée et l'on trouve dans ses enregistrements plus de soixante variétés de ce type. Avec leurs couleurs qui font penser aux oeillets d'inde ou à la toge des lamas, ils ravissent les amateurs d'iris rutilants. Nous en retiendrons une trentaine qui seront publiées ici pendant quelques semaines. 

II - les années 1960

 – comme beaucoup d'obtenteurs, Gibson a eu un croisement fétiche, dans les débuts de sa carrière. C'est Henna Stitches X Wild Ginger. Plein de beaux iris en sont issus.


 'Heather Hawk' (1965) : Henna Stitches X Wild Ginger 


'Island Holiday' (1969) : Golden Filigree X Wild Ginger 


 'Kilt Lilt' (1969) : Semis # 1-2 PLD X Golden Filigree 


 'Native Chief' (1965) : Henna Stitches X Wild Ginger 


 'Radiant Apogee' (1965) : Henna Stitches X Wild Ginger

ECHOS DU MONDE DES IRIS

Catalogue Cayeux 

Le catalogue Cayeux est arrivé : toujours aussi riche et agréable. A noter que, pour la première fois, le nom des obtenteurs et l'année d'enregistrement ont été indiqués à la suite de la description des variétés. C'est une juste reconnaissance du travail des hybrideurs.

A noter aussi l'apparition d'une variété signée Anton Mego. Une ouverture vers l'Est, dans une collection de plus en plus centrée sur les obtentions maison ?

UN PEU, BEAUCOUP ET TROP

Un record vient d'être battu : celui du nombre de variétés mis sur le marché par une pépinière ; Mid-America Iris Garden en propose cette année 121 ! Si l'on fait le décompte par obtenteur, comme s'il s'agissait d'entreprises séparées, on arrive aux chiffre suivants :
Paul Black = 49
Thomas Johnson = 47
Barry Blyth (1) = 14
Lynda Miller = 8
Lorena Montanari = 3

Pour me rendre compte j'ai recherché combien de nouvelles variétés étaient proposées cette année par les principaux producteurs américains. Voici le résultat de cette compilation :
 Sutton = 34
Stout = 25
Schreiner = 21
Spoon = 18
Burseen = 15
Keppel = 15
Hedgecock = 15 (dont 6 spurias)
Painter = 9

Ailleurs dans le monde, dans la mesure où chacun a publié la liste de ses introductions, j'ai noté Grosvenor (Australie) = 16
Cayeux (France) = 15
Pour 304 variétés et 15 entreprises, la moyenne se situe donc à 20 nouveaux iris par hybrideur.

Ce nombre me paraît énorme. Mais il y a déjà quelques années que se situe le début de cette inflation. Il fut un temps où les plus prolifiques proposaient une quinzaine de variétés nouvelles, et où la moyenne devait se situer autour de 8 ou 10.

Pourquoi cette augmentation ? J'ai posé cette question à certains connaisseurs avisés du microcosme américain des iris, qui sont d'accord pour dire qu'une cause majeure est dans une plus grande réussite parmi les semis, certains de ceux-ci pouvant donner naissance à un grand nombre de cultivars de haute qualité dont il serait dommage d'éliminer certains pour la seule raison de rester modeste dans le nombre de mises sur le marché. C'est la raison pour laquelle les frères de semis sont de plus en plus nombreux. Y compris chez des obtenteurs que l'on ne peut pas taxer de laxisme.

Prenons acte. Mais notons aussi que cela pose plusieurs problèmes. Le premier étant que, forcément, des variétés très voisines apparaissent, parfois on pourrait presque parler de doublons. Le second se situe au niveau de la course aux honneurs et à l'action des juges.Le troisième, à propos de la durée d'existence de chaque variété dans les différents catalogues.

 En triant et rangeant les photos d'iris que j'ai trouvées sur le net, j'ai été frappé par la quantité de variétés aux coloris très proches les uns des autres. Cela n'est pas nouveau pour les fleurs bleues ou pour les plicatas violets, mais cela ne concerne pas seulement quelques cas bien connus, mais une multitude de modèles ou coloris moins classiques. Les rose pâles, les gris-bleu pastel, les bicolores rose/grenat, les tricolores (bleu, blanc, rouge) sont de ceux-là. J'ai fait un tour parmi les variétés récentes dans ce qu'on appelle le modèle distallata. Je me suis arrêté sur neuf cultivars (dont cinq français!) qui sont vraiment très semblables :
'Ailleurs' (Jacob, 2017)
'Amaze' (M. Sutton, 2018)
'Barbouille' (Jacob, 2017)
'Carousel of Dreams' (Richardson, 2013)
'Gloriafied Glenn' (Burseen, 2010)
'Having a Party' (T. Johnson, 2014)
'Martingale' (Cancade, 2014)
'Quizzical' (Filardi, 2008)
'Rayonnement' (Jacob, 2017)
'Renouveau' (Jacob, 2017)
Cela n'est qu'une partie de ce qui a été enregistré pendant ces dix dernières années !
Qu'on puisse trouver autant d'exemplaires d'un modèle aussi récent – 'Prototype' (Ghio) date de 2000 – est déjà surprenant, qu'autant de variétés soient si proches les unes des autres l'est encore plus. En dehors d'un effet de mode, où chacun veut avoir à son tableau d'obtention au moins un iris de chaque nouveau modèle, il y a un problème de masse. Et cela débouche sur la deuxième question ; comment vont faire les juges ?

 C'est une difficulté qui ne concerne que les iris américains puisqu'il n'y a qu'en ce pays qu'existe une course aux honneurs arbitrée par un grand panel de juges. Mais pourquoi est-ce une difficulté ? Parce qu'une trop grande quantité de variétés en compétition fait obligatoirement qu'un nombre moins élevé d'exemplaires de chacune pourra être vu et apprécié. Les voix vont se trouver dispersées sur un grand nombre de sujets et de ce fait l'attribution des médailles deviendra plus aléatoire (avec sûrement de nombreux ex-aequo) et donc moins convaincant.

Enfin, dernier problème qui me vient à l'esprit, combien de temps chacune de ces variétés trop nombreuses va-t-elle rester commercialisée ? Poussées par l'apparition de nouvelles choses, tous ces iris ne vont faire qu'une brève apparition dans les catalogues : ils seront aussi vite disparus qu'ils se seront renouvelés. Lesquels auront eu le temps de se faire connaître et de démontrer leurs qualités vegetatives ? On trouve encore en vente des quantités de variétés qui ont plus de dix ans, et le Symposium américain présente encore des iris plus que quadragénaires. Qu'en sera-t-il dans dix ans ? Il existe aujourd'hui des variétés qui ont acquis une célébrité méritée affirmée par un véritable succès horticole et commercial. Qu'en sera-t-il des variétés-éclairs qui n'auront fait que passer ? Tiendront-elles au moins pendant les dix ans de leur possible participation à la compétition ? L'attrait pour la nouveauté ne va-t-il pas supplanter l'intérêt pour des plantes solides, généreuses et indémodables ?

Tout ceci fera partie des défis à relever au cours de la prochaine décennie.

 Iconographie :

 'Ailleurs' 'Expect Wonders' X 'Carnival Of Colors'. 


'Carousel of Dreams' ( 'Circus Top' x 'Bubble Up') x 'Goldkist') X 'Wild Jasmine' 

'Gloriafied Glenn' 'Tropical Cooler' X 'Paul Clute'. 

'Quizzical' 'Quandary' X 'Goldkist'

13.4.18

1000 !

La chronique de la semaine dernière, qui vous envoyait un « signal fort », était la millième depuis la création d'Irisenligne ! Lorsque l'aventure a commencé en août 2001, j'étais loin d'imaginer que 18 ans plus tard on arriverait à cette somme. Reste à savoir combien de temps cela va continuer, mais ça...

COUCOU !

Coucou! Irisenligne est de retour. Il se trouve que cette semaine l'article de fond évoque l'ex Allemagne de l'Est, région où je me trouvais la semaine dernière ! Il était hélas bien trop tôt pour y voir des iris...

OEILLETS D'INDE

Pendant quarante ans Jim Gibson a obtenu des iris plicatas sur base orange, avec des dessins anthocyaniques qui, par illusion d'optique, varient du beige au brun parfois un peu rouge. C'était sa composition préférée et l'on trouve dans ses enregistrements plus de soixante variétés de ce type. Avec leurs couleurs qui font penser aux oeillets d'inde ou à la toge des lamas, ils ravissent les amateurs d'iris rutilants. Nous en retiendrons une trentaine qui seront publiées ici pendant quelques semaines. 

I. - avant 1960 – 

les renseignements sur les origines ne sont pas précis. Il faut s'appeler Keppel et disposer des carnets de Gibson pour en savoir un peu plus.


'Cayenne Capers' (1959) : parents non précisés 


'Chinquapin' (1959) : Taholah X semis # 26-9A 


'Floradora Flounce' (1959) : semis 29-3A X semis # 26-3 


'My Honeycomb' (1958) : semis # 26-9A (de Taholah) 


'Wild Ginger' (1960) : Taholah X Floradora Flounce

LA FLEUR DU MOIS

'Legerdemain' (Keith Keppel, R. 2007) 
(Magharee x Overjoyed) X ((Witch’s Wand x Witches’ Sabbath) x Romantic Evening) 

Pourquoi choisir comme « Fleur du mois » cet iris peu connu en France et qui n'a jamais figuré dans ma collection personnelle ? Tout simplement parce que j'ai été séduit par le joli nom que son obtenteur, Keith Keppel, lui a donné. Legerdemain ? Je n'avais jamais entendu ce mot, et il m'a fallu rechercher sur Internet pour en trouver le sens car même mon dictionnaire n'en parlait pas ! Legerdemain, c'est donc « tour de passe-passe », ou « prestidigitation » et c'est un mot effectivement, tout de grâce et d'agilité, agréable à l'oreille et étonnant comme ce qu'il désigne. Exactement comme la fleur qui porte ce nom.

 Par quel tour de passe-passe en effet un parent mâle de couleur sombre a-t-il engendré une fleur pastel, où les pétales d'un bleu tendre sont associés à des sépales couleur de vieux parchemin ? En fait, si l'on procède comme pour identifier un enfant, dont on dira qu'il ressemble à tel ou tel de ses ascendants, on rapprochera 'Legerdemain' de sa « grand-mère » 'Magharee', où l'on retrouve un peu le bleuté des pétales et le beige des sépales. Avec son langage imagé, Keppel décrit cette variété comme « La meilleure description peut en être un bleu mélangé. Les pétales bleu pâle, juste un petit peu plus sombres que les sépales, tirant sur le bleu verveine et chicorée. La teinte parcheminée des sépales sur les épaules et sur les bords est plus apparente quand la fleur vieillit alors que le bleu devient plus clair. Les barbes sont orange vermillon, pointées de blanc. Malheureusement l'âge et les variations du temps modifient l'aspect général. »

 L'originalité de ce coloris est assez surprenante car 'Legerdemain' a un frère de semis, 'Naughty Night' (2006), qui se présente de façon beaucoup plus traditionnelle, et dont la description est : « Sépales allant d'un riche rouge sombre vers un pourore bourgogne, pétales soyeux dans les tons de mûre plus clairs. Brillantes barbes dorées. »

 Le côté peu commun de 'Legerdemain' provient aussi de ce qu'il peut être classé parmi les coloris inversés. En effet il existe plusieurs variétés dont les pétales ont une teinte beige alors que les sépales tirent sur le bleu. Témoin, chez Ben Hager, le posthume 'Passing Clouds' (2001) et chez Keppel, justement, ce 'Casbah' de 1979 dont voici la description de la main de son obtenteur : « Variegata fantaisie, avec des pétales d'un ocre doré léger, veinés de sombre. Le fond blanc des sépales est presque entièrement couvert de violet clair, avec un liseré d'1/2 pouce de violet rosé. Barbes blanches teintées de lavande, jaune pâle dans la gorge. »

Des trois semis qui sont à l'origine de 'Legerdemain', deux sont issus de croisements dont on ne connaît rien du résultat. Du premier, (Magharee x Overjoyed), on sait qu'il est aussi dans le pedigree de 'Tour de France', superbe amoena jaune qui s'est élevé dans l'échelle des honneurs jusqu'à la première place parmi les TB (Wister Medal, 2011). Quant au second, (Witch’s Wand x Witches’ Sabbath), associé encore une fois à 'Romantic Evening', il a donné naissance au BB 'Snazzy' (2006), une variété violet archevêque avec barbe jaune. 'Romantic Evening' (Ghio, 1994) est un must de ces derniers temps, avec près de 200 variétés enregistrées qui portent ses gènes. Cette sombre beauté a inspiré des obtenteurs de tous pays et, pour ce qui est du nôtre, Michelle Bersillon(1) , Richard Cayeux (2), Jean Claude Jacob (3) et Loïc Tasquier pour les médians. Mais ses plus fameux descendants sont sans doute 'Black Magic Woman' (Tasco, 1998), 'Foreign Legion' (Keppel, 2000), 'Gypsy Lord' (Keppel, 2005), 'Snowed In' (Ghio, 1998), 'Starring' (Ghio, 1999) ou 'Wild Wings' (Keppel, 1998).
 
'Legerdemain' fait partie des variétés aux coloris originaux. Il mérite d'être plus répandu qu'il ne l'est pour l'instant.

  1. voir 'Avant Première' (2008) et son frère de semis 'Endimanché' (2008)
  2. voir 'Dietmar Brixy' (2011), 'Eclipse de Mai' (2009) ou 'Mystérieux' (2003)
  3. voir 'Miz Du' (2013)

Iconographie :


  • 'Legerdemain'

  • 'Casbah'

  • 'Romantic Evening'

  • 'Miz Du'

ENTRE L'ELBE ET L'ODER

C'était la partie slave de l'Allemagne. Ce n'est qu'assez tardivement que ces populations orientales ont été absorbées par celles qui venaient de l'Ouest et intégrées à ce qui allait un jour devenir l'Allemagne. Après le cataclysme de la seconde guerre mondiale et la libération de la partie Est de l'Allemagne par les troupes russes, la région située entre l'Elbe et l'Oder a été soviétisée, isolée du reste du monde et vouée à prendre un retard de développement qu'on ressent encore un peu plus de vingt ans après la réunification. Pour ce qui nous concerne, la culture des iris, il s'est produit dans cette région le même phénomène que celui qui a marqué les autres parties européennes de l'ancien empire soviétique : une véritable explosion. C'est un peu comme ce qui se passe dans les régions montagneuses. Après un long hiver glacé et enneigé, la nature se réveille brusquement et tout se dépêche de pousser et de fleurir. Là-bas, à peine le rideau de fer écroulé, les fans d'iris se sont précipités pour acquérir des variétés occidentales et se lancer dans l'hybridation. Alors que la partie ouest de l'Allemagne n'a connu qu'une évolution tranquille, la partie est a vu naître une quantité d'hybrideurs actifs, inventifs et conquérants. C'est avec ces gens-là qu'on va passer un petit moment.

Ils font généralement preuve de beaucoup de talent et leur travail est maintenant reconnu au delà des frontières germaniques du fait de leur succès dans les compétitions auxquelles ils prennent part. Leur renommée a atteint les États-Unis où plusieurs ont pu intéresser des pépiniéristes cherchant à se distinguer des grandes maisons internationalement connues. Ils y sont maintenant distribués, ce qui n'est pas un succès mineur ! Les obtenteurs français, sauf exception, n'ont pas eu la même réussite.

Commençons par évoquer Manfred Beer. C'est de loin le plus connu des hybrideurs allemands. Après une carrière d'ingénieur dans les ligne électriques à haute tension, au temps de la RDA, il a commencé dès les années 1990 une nouvelle vie dans le domaine de l'hybridation. Il y a obtenu ( et obtient toujours) de remarquables succès un peu partout dans le monde. Ce n'est pas toujours l'originalité qui caractérise ses iris, mais ses nombreuses variétés sont des plantes sérieuses et qui poussent généralement bien. Trait particulier, il leur donne des noms qui sont le plus souvent des prénoms de dames... 'Susanna Innerhofer-Hirshmann' (2012), très classique, est en vente chez Bruce Filardi, aux USA.

Günter Diedrich, de Halberstadt en Saxe-Anhalt, ville martyre de la seconde guerre mondiale, s'est fait rapidement un nom dans l'hybridation et l'on constate chaque année des progrès dans la qualité et l'originalité de ses obtentions. Le joli jaune 'Halbstäter Dom' (2002) donne la mesure de son talent.

Wolfgang Landgraf était cheminot à la Deutsche Bahn. Son intérêt pour les Iris est vieux déjà d'environ 30 ans, mais il est encore très vivace. Les terrains où il effectue son travail d'obtenteur sont situés à Neustadt an der Orla, à 350 m de hauteur en Thuringe. Là, il cultive des variétés modernes, plaisantes et robustes maintes fois primées dans les compétitions allemandes. Son iris le plus connu est 'Ladgräfin Elizabeth' (2007), que l'on trouve un peu partout.

Bernhard Lesche, originaire de Jena, en Thuringe (encore!), a longtemps travaillé dans la fabrication de microscope, l'optique est une spécialité de cette partie de l'Allemagne. Quand il s'est lancé dans l'hybridation, les premiers succès n'ont pas tardé à venir. Depuis le début des années 2000 il enregistre régulièrement des variétés intéressantes qui ont une « touche » caractéristique, signature d'une personnalité remarquable (voyez 'Mondenschimmer' (2002)). C'est sûrement l'un des meilleurs espoirs parmi les hybrideurs allemands.

Margitta Herrn, de Leipzig, a appris le métier d'hybrideur avec Manfred Beer. Elle a enregistré son premier iris en 2010 et s'est aussitôt fait remarquer par l'originalité de ses choix dans ses croisements. Son 'Miltitzer Tanzparty' (2011) a été primé à Munich en 2012.

Pia Altenhofer, de Halle, se signale par une démarche originale pour ce qui est de l'attribution d'un nom à ses obtentions : elle choisit un vocable qui n'a pas de signification particulière mais se contente de bien sonner à l'oreille ! C'est un moyen infaillible de ne pas risquer une homonymie nécessairement rejetée par le registrar ! Elle a déjà à son compteur plus de cinquante variétés nouvelles dans toutes les catégories d'iris, mais leur distribution est restée confidentielle.

Domicilié à Gerbstedt, un village situé entre Halle et Magdeburg, Klaus Burkhardt en sans doute le dernier né des hybrideurs allemands ainsi qu'un actif pépiniériste. Dès sa première participation à un concours, il s'est fait remarquer à Munich. J'aime particulièrement son jaune 'Sina at Home' (2014).

C'est ainsi qu'on fait connaissance avec un pan rarement observé de l'iridophilie internationale. Nos compatriotes n'ont pas l'occasion de voir et d'apprécier les variétés allemandes. C'est dommage. Espérons que nos jeunes fanatiques se tourneront bientôt vers ces iris si peu distribués.

Iconographie : 


'Susanna Innerhofer-Hirshmann' 


'Halbstäter Dom'


'Ladgräfin Elizabeth' 


'Mondenschimmer' 


'Sina at Home'

31.3.18

VACANCES

La semaine prochaine, pas de nouvelle chronique. Vacances ! (1)

(1) NDLR : En espérant qu'il fera meilleur !

HONNEUR AUX DAMES !

« Honneur aux dames ! », j'ai souvent entendu dire ça, dans mon jeune temps, lorsque les messieurs se piquaient d'une galanterie de facade qui dissimulait un machisme bien ancré. C'est par ce toast passablement suranné que j'intitulerai ce feuilleton consacré aux variétés enregistrées jusqu'en 1949, ce qu'on peut qualifier d'ancien temps... 

V. Les années de guerre 

Finie la suprématie française. La maison Cayeux s'est reconvertie dans les cultures vivrières. Ne reste que l'Amérique...


'Ruth Pollock' (H. Sass, 1939) 


'Bertha Gersdorff' (J. Sass, 1941) 


'Helen Collingwood' (K. Smith, 1949) 


'Helen McGregor' (Graves, 1943)

SIGNAL FORT

Parmi les phrases toutes faites qu'on rencontre fréquemment dans les journaux, il y a l'expression « envoyer un signal fort ». Chacun comprend ce que cela veut dire. Mais le signal dont on va parler maintenant n'est pas de même nature. On appelle « signal » la tache sombre, étrange, exotique, qui orne les sépales des iris arils et en sont un caractère spécifique. Dans la grande famille des iris, les iris hexapogons se distinguent par la présence de six barbes : trois sur les sépales, comme chez les iris des jardins, et trois sur les pétales. D'autre part leurs graines présentent un petit appendice blanchâtre désigné sous le nom de « arille ». D'où le nom générique de « Arils » qui regroupe les croisements interspécifiques entre les espèces Regelia, Oncocyclus, Regeliocyclus... Quant aux croisement faisant intervenir des Pogoniris, on les a baptisés « Arilbreds ». Ceux-ci ont été créés dans le but de rendre plus facile la culture des iris à arille et de récupérer leurs qualités pour apporter quelque chose d'intéressant dans les hybrides d'iris des jardin. Et l'un des traits recherchés est, justement, le signal sombre des sépales.

Mais les hybrideurs qui ont tenté l'aventure ont été déçus. S'il est relativement facile d'améliorer la rusticité et la facilité de culture des arils et leur injectant une certaine dose de gènes de pogoniris, la situation inverse n'est pas des plus satisfaisantes. Dès lors que la proportion de sang aril passe en dessous de 50%, les traits spécifiques de ces hybrides semblent se dissoudre comme si la vigueur des pogoniris prenait le dessus sur celle des arils... Tout au plus a-t-on réussi à assombrir la barbe chez les hybrides d'arils minoritaires, mais plus la proportion de pogoniris augmente, plus les traits arils disparaissent.

Il existe plusieurs souches d'iris des jardins mâtinées d'arils, mais au fil des croisements les caractéristiques exotiques et en particulier le fameux signal on été complétement effacés. L'hybrideur Henry Danielson, de Chaparral, au Nouveau Mexique, est un de ceux qui ont obtenu de nombreux arilbreds, et il est aussi l'obtenteur de variétés de grands iris (TB) comportant du sang aril. 'Lawrence Welk' (1976), de même que son frère de semis, 'Scented Opals' (1979) – que j'ai cultivé - descendent de l'AB 'Genetic Burst' (1976) et se font remarquer par leurs barbes bleu sombre. Il n'existe qu'un descendant de 'Lawrence Welk' qui présente des barbes sombres : 'Proudly Mine' (Summerill, 1993), et celui-ci est passé complètement inaperçu... Et de toute façon il n'était pas question de signal foncé ! 'One Eighth' (Ransom, 2015) est une autre tentative de transfert depuis une souche AB. Son ascendant 'Eastern Dusk' (AB, Ransom, 2010) présente, bien qu'amoindri, le fameux signal, mais celui-ci s'est complétement dissous deux générations plus tard.

La situation semble désespérée. Pourtant on comprend l'intérêt qu'il y aurait à proposer un TB doté d'une grosse tache noire (ou tout au moins bien sombre). Esthétiquement ce serait impeccable, commercialement cela pourrait être juteux !

En cherchant bien j'ai trouvé une variété de TB dont l'apparence pouvait faire penser à la présence d'un signal. Il s'agit de 'Ecstatic Echo' (Daling, 1983) : les pétales sont presque blancs , les sépales, largement bordés de la couleur des pétales, comportent en leur centre une attractive tache brun-rouge. Un coup d'oeil sur le pedigree de cette variété originale n'apporte, hélas, que bien peu d'informations et aucune trace d'aril... Une autre déception.

Sans doute faut-il faire son deuil d'un transfert pur et simple du signal des arils vers les grands iris. Il ne reste que l'espoir de découvrir un jour, au hasard d'un semis, quelque chose qui ressemble à un signal. Et voilà, parmi les fort nombreuses variétés mises cette année sur le marché par la pépinière Mid-America, que deux variétés obtenues par Tom Johnson, raniment un espoir sur le point de s'éteindre.

Commençons par 'Medal of Honor' (T. Johnson ’2018) qui est décrit comme :  « Les pétales sont un mélange de roux et de jaune avec de très fines veines rouges. Les sépales vont du lavande au mauve avec un signal rouge profond autour de la barbe. » Pedigree : (Touch of Gossip X inconnu). C'est du côté de'Touch of Gossip' (Blyth, 2013) qu'il faut regarder pour trouver une amorce de signal sous la forme d'épaules brun foncé.

'Truth or Dare' (Johnson, 2018) est encore plus caractéristique. Avec des sépales blancs jaunissant vers les bords et un signal central brun-rouge. Depuis plusieurs générations, chez plusieurs des parents de cet iris, on tendait vers des sépales plus ou moins largement bordés de clair, et le « père », 'Daring Deception' (Johnson, 2012), avec ses pétales blanc glacier et ses sépales centrés de violet foncé et largement bordés du blanc des pétales pouvait donner un avant-goût de ce qui a été découvert.

Keith Keppel n'est pas en reste. Il propose cette année 'Space Signal' qui, dans un registre un peu différent, reprend, sous l'apparence de ce qu'il appelle un « blot », le fameux signal des arils.

On verra quels seront les développements de ces nouveaux modèles. Retrouvera-t-on ces dispositions dans leurs descendants ? C'est probable mais pas garanti. Mais si cela se réalise, alors le signal des arils aura trouvé son équivalent chez les grands iris, et nous aurons quelque chose de nouveau à nous mettre sous la dent.

Iconographie : 


'Scented Opals' 


'Ecstatic Echo' 


'Medal of Honor' 


'Truth or Dare' 

'Space Signal'

23.3.18

A L'HEURE !

Ces temps derniers le retard dans la publication d'Irisenligne était devenu une habitude. Cette fois Irisenligne est à l'heure promise.

HONNEUR AUX DAMES !

« Honneur aux dames ! », j'ai souvent entendu dire ça, dans mon jeune temps, lorsque les messieurs se piquaient d'une galanterie de facade qui dissimulait un machisme bien ancré. C'est par ce toast passablement suranné que j'intitulerai ce feuilleton consacré aux variétés enregistrées jusqu'en 1949, ce qu'on peut qualifier d'ancien temps... 

IV. Les années 30 

Ferdinand Cayeux fait la loi en Europe, mais les Américains occupent déjà une large place . Cela se répercute sur les dédicaces :


'Alice Harding' (Cayeux, 1933) 


'Eleanor Roosevelt' (McDade, 1933) 


'Mme Louis Aureau' (Cayeux, 1934)


'Elsa Sass' (H. Sass, 1938)

LES DAMES DU TEMPS PRÉSENT

Il y a peu de temps, un jeune amateur d'iris s'interrogeait sur les motivations des hybrideurs qui dédicacent une de leurs obtentions à une personne physique vivante. C'est une pratique aussi vieille que l'hybridation. Au début de XXe siècle, déjà, pour rester en France et parmi les dames, on trouve 'Mady Carrière' (1905), 'Germaine Le Clerc' (1910) ou le fameux 'Souvenir de Mme Gaudicheau' (1914). Certains en font ou en ont fait un fréquent usage. D'autres refusent plus ou moins ce geste flatteur. Par exemple Barry Blyth, le formidable obtenteur australien, a plusieurs fois expliqué qu'il n'adhérait pas à cette habitude parce que, dit-il, si la personne est satisfaite de l'honneur qui lui est fait, elle ne manquera pas de prendre ombrage de ce que la variété qui porte son nom soit retirée du catalogue !

 L'usage est si courant que les rédacteurs des règles applicables à l'attribution des noms de variétés le réglemente strictement : il faut que la personne donne son autorisation, laquelle doit être jointe à la demande d'enregistrement ; l'usage de titres, comme « Madame » ou « Miss », fut un temps de pratique courante ('Madame Louis Aureau'...) mais n'est plus autorisé maintenant, sauf exception...

En général l'obtenteur qui donne à une de ses variétés un nom propre, a pour intention de rendre un hommage à la personne choisie, soit qu'il s'agisse d'une personnalité (qu'elle soit du monde des iris, des arts, de la politique ou, de nos jours, de ce que l'on appelle les « peoples »). Souvent il agit par affection ou tendresse vis à vis d'un membre de sa famille ou d'un autre être cher, parfois il cède à une sollicitation un peu vaniteuse de la part d'un client auquel il ne peut rien refuser...

 Peut-on reprocher quelque chose à cette façon de baptiser une plante ? S'il s'agit de faire preuve de complaisance, pour faire plaisir à quelque inconnu, on peut considérer que c'est un geste inapproprié, mais cela reste bien bénin. Personnellement je pense que c'est moins nul que de se livrer à un jeu de mots vaseux ou une allitération médiocre, comme c'est le cas chez certains obtenteurs américains dont je tairai le nom par pure mansuétude. Tous les autres cas recueilleront mon indulgence.

Les hybrideurs français, pour la plupart, ont sacrifié à cette pratique. J'ai fait une recherche de 1990 à nos jours en me limitant aux noms de personnages de sexe féminin (ce sont les plus nombreux) et repéré trente-deux variétés baptisées dans ces conditions, en provenance d'onze hybrideurs. Ce n'est pas rien ! Les six types de motivations ont été utilisés. Les plus nombreux sont les noms de membres de la famille ou des amies des obtenteurs (16, soit 50%). C'est le cas pour 'Astrid Cayeux' (Cayeux, 1995) ou 'Sixtine C.' (Cayeux, 1995), 'Arlette Dalvard' (Dalvard, 2000), 'Tiphaine François' (François, 2000), 'Rose-Linda Vasquez' (Vasquez, 2007), Colette Clavel' (Dejoux, 2008), 'Taina Ransom' (Ransom, 2010) ou 'Princesse Laura' (Cancade, 2014), et bien d'autres... Richard Cayeux, celui qui a le plus largement utilisé le processus, est le seul à avoir honoré des artistes, des personnes du showbizz, ou qui gravitent autour : 'Rebecca Perret' (1993), 'Marie-José Nat' (2000), 'Joy de Rohan-Chabot' (2011), Rachel de Thame' (2016)... Le monde de la politique, c'est pour 'Princesse Caroline de Monaco' (Cayeux, 1997), et, un peu aussi, pour 'Nelly Tardivier' (Cayeux, 2012)... Le monde des iris est assez peu représenté ; on note seulement les noms de 'Anne-Marie Chesnais' (François, 1998), 'Gladys Clarke' (Ransom, 2000), et deux ou trois autres, alors qu'à priori c'eut été les plus légitimes. Pas de Monique Anfosso, Odette Perrier,... Enfin les baptêmes de circonstance sont restés peu nombreux : 'Dominique Vallos' (Laporte, 2007)...

 Les dames du temps présent ont ainsi toute leur place dans le monde des iris, sous une forme bien particulière, certes, et que certains vont contester. On en pense ce qu'on veut, mais ce qui compte c'est que les iris qui portent leurs noms soit des fleurs méritantes. Et dans l'ensemble, c'est le cas !

Iconographie : 


 'Arlette Dalvard' 


'Colette Clavel' 


'Rachel de Thame' 


'Gladys Clarke'

18.3.18

ECHOS DU MONDE DES IRIS

Photo d'identité SVP 

Le dernier bulletin de l'AIS publie une décision majeure de son staff : désormais il faudra oligatoirement joindre une photo à toute demande d'enregistrement d'une nouvelle variété (1). La décision, prise lors de la réunion de novembre 2017, est rédigée en ces termes : « Digital image(s) be submitted with the registration form by e-mail to the Registrar and the Image Coordinator. » Soit en français : « Une (ou des) image numérique doit être envoyée par e-mail avec le formulaire d'enregistrement au Registrar et à l'Image Coordinator.) ».

(1) C'est une décision que j'appelais de tous mes vœux depuis de nombreuses années, aussi ne puis-je que m'en réjouir, car trop nombreuses sont les variétés dont on n'a à l'heure actuelle aucune représentation.

(2) je suppose que, pour la France, l'e-mail devra être adressé à la personne de la SFIB chargée des enregistrements, qui se chargera de la transmission aux Responsables américains concernés.

HONNEUR AUX DAMES !

« Honneur aux dames ! », j'ai souvent entendu dire ça, dans mon jeune temps, lorsque les messieurs se piquaient d'une galanterie de facade qui dissimulait un machisme bien ancré. C'est par ce toast passablement suranné que j'intitulerai ce feuilleton consacré aux variétés enregistrées jusqu'en 1949, ce qu'on peut qualifier d'ancien temps... 

III. Les années 20 

C'est l'apogée de la carrière de Ferdinand Cayeux, et il n'hésite pas à dédicacer ses merveilles aux belles dames de son époque.

'Jacqueline Guillot' (Cayeux, 1924) 


'Mme Henri Cayeux' (Cayeux, 1924) 


'Germaine Perthuis' (Millet, 1924) 


'Anne Marie Cayeux' (Cayeux, 1928)

WILLIAM MOHR

courte vie mais énorme influence 
par Jean Richter (traduit et adapté par Sylvain Ruaud) 

William Mohr, s'il n'était pas mort en 1923, à 52 ans, après seulement dix ans d'hybridation des iris, serait sans doute devenu l'un des hybrideurs les plus connus de son époque.

 Le père de William Mohr était un immigrant d'origine allemande qui, après avoir abandonné son boulot sur un baleinier à San Francisco, s'était établi dans la région dans les années 1850. Il avait acheté une exploitation céréalière qui avait appartenu à la famille Castro (qui possédait beaucoup de biens en Californie du temps de la colonisation espagnole, avant que le pays ne devienne américain). William Mohr est né sur l'exploitation en 1870 et dès qu'il fut en âge de le faire, il reprit l'affaire familiale. Il en diversifia les activités, ajoutant de nouvelles cultures comme celles des tomates et des betteraves à sucre. Au moment de sa mort il avait loué une grande partie de sa propriété à d'autres agriculteurs et n'avait conservé qu'une petite surface consacrée à l'avoine et l'orge, ainsi que deux ou trois acres près de sa maison pour son jardin de fleurs, variées et étendues. A côté de celle des iris, il pratiquait l'hybridation de bien d'autres fleurs comme les jonquilles, les primevères, les tulipes et les clématites.

Il avait épousé Alfreda (Frieda) et ils avaient eu une filles, Marian, en 1913.

Au début de son travail d'hybridation des iris, William Mohr avait utilisé les grands iris communs que l'on trouvait à l'époque, mais il se dirigea rapidement vers les espèces tétraploïdes comme Iris mesopotamica ou cypriana pour introduire dans ses hybrides des fleurs plus grosses et un meilleur branchement. Il commença aussi à travailler avec les iris arils, oncocyclus et regelia, et introduisit aussi I. mesopotamica dans ses croisements. Il hybrida une grande variété d'iris, incluant toutes les classes d'iris barbus, d'arilbreds, de spurias, d'iris de Sibérie et d'iris « Pacific coast ».

Dans son travail d'hybridation il était guidé par une abondante correspondance avec les anciens hybrideurs Grace Sturtevant et Samuel Stillman Berry, et par ses relations avec Sydney B. Mitchell, qui habitait à seulement 15 miles de chez lui. Décrit par Mitchell, dans la chronique nécrologique qu'il lui a consacrée, comme un homme timide, discret et humble, Mohr était très hésitant à nommer et introduire ses créations en dépit de leurs qualités. Un premier succès fut un croisement de I.mesopotamica et de I. juniata (ancêtre des iris pallida) à l'origine de 'Conquistatdor' (Mohr, 1923).

Sur la fin de sa vie il s'est intéressé à l'obtention d'un grand iris jaune. Il a croisé un iris pumila jaune avec I. mesopotamica et I. trojana, et ces croisements ont donné naissance à des variétés comme 'Alta California' (Mohr-Mitchell, 1931) et 'California Gold' (Mohr-Mitchell, 1933). Il a également produit de nombreux grands iris blancs, y compris la variété nommée 'Purissima' (Mohr-Mitchell, 1927) (…).

Mohr portait également un grand intérêt aux plicatas, et nombre de ses meilleurs semis plicatas furent introduits après sa mort. Mitchell choisit des noms de lieux californiens pour un grand nombre d'iris de Mohr (par exemple 'Sacramento') et deux des plus célèbres plicatas de Mohr s'appellent 'San Francisco' (Mohr, 1927), le premier iris à avoir reçu la Médaille de Dykes, et 'Los Angeles' (Mohr-Mitchell, 1927).

Mitchell a donné a l'un des semis de Mohr le nom de sa femme Frieda. Mohr avait lui-même baptisé un iris 'Marian', du prénom de sa fille. Malheureusement, autant que je sache, cet iris n'existe plus. Si par hasard on pouvait le retrouver, ce serait une formidable addition à son héritage.

En 1923, William Mohr, sa femme Frieda, leur fille Marian et trois voisins, qui étaient en voiture, trouvèrent devant eux un camion lourdement chargé. Avec ce gros camion sur leur chemin (et pas de barrières de passage à niveau) ils n'ont pas vu l'arrivée d'un train de messagerie qui heurta leur voiture, tuant tout le monde sauf Marian, qui fut gravement blessée mais survécut. Après son rétablissement, Marian est venue vivre avec les parents de sa mère en Iowa, mais elle est revenue sur la Côte pour entrer à l'Université de Californie, où elle a rencontré son mai Jeryl Fry. Ensemble ils ont travaillé sur la ferme paternelle, et quand cela devint trop difficile à cause de l'avancée de l'urbanisation (...), il déplacèrent leur activité vers la vallée de San Joachin, où existent toujours les « Mohr-Fry Ranches ». Marian a vécu jusqu'à l'âge avancé de 94 ans et a disparu en 2007. Elle et son mari reposent dans le caveau familial (avec William et Frieda) au cimetière de Hayward.

Après la mort de William Mohr, Sydney B. Mitchell a récupéré les semis et a commencé à introduire les meilleures variétés en continuant à s'occuper du stock. Le meilleur semis arilbred de Mohr, et sa plus grande fierté, croisement du grand barbu 'Parisiana' et d'un iris de l'espèce aril I. gatesii, qui fut exposé à Oakland avant sa mort, fut nommé 'William Mohr' par Sydney Mitchell.

 En dépit de la brièveté de son passage dans le monde des iris, William Mohr y a laissé un important héritage, aussi bien chez les barbus que chez les arilbreds. Son influence est particulièrement évidente ches les iris arilbreds et il a même été question d'incorporer le nom de Mohr dans celui des aribreds. Les listes de l'AIS contiennent plus de 100 iris qui se réfèrent à Mohr, dont une grande majorité concerne des arilbreds. On peut citer par exemple 'Elmohr' (dont l'un des parents est 'William Mohr') qui a remporté la Médaille de Dykes en 1945.

 Un autre est 'Lady Mohr', introduit par l'associé de Mitchell Carl Salbach, qui a aussi 'William Mohr' dans son pedigree. Un hommage ultérieur accordé à William Mohr est la Médaille de William Mohr, qui est attribuée parl'AIS chaque année pour le meilleur arilbred contenantentre1/4 et1/2 de gènes arils dans ses chormosomes.

 En dépit de l'importance de l'influence de William Mohr sur les iris, on peut seulement se demander ce qu'elle aurait été si en nous quittant, il n'avait pas interrompu si tôt sa carrière d'hybrideur. (...)

Iconographie : 


 'William Mohr' 


'Elmohr' 


'Lady Mohr' 


'California Gold''

10.3.18

ECHOS DU MONDE DES IRIS

Frou-frous XXL 

Mike Sutton a présenté ces jours-ci une de ses dernières obtentions. On peut aimer les iris froufroutants, mais celui-ci n'a-t-il pas dépassé l'agréable (et l'acceptable) ? Pour moi, c'est certain.