irisenligne
L'hebdomadaire francophone des amateurs d'iris
16.3.12
QUI N’A PAS SON ROSE ET BLEU ?
II. Keith Keppel
Celui que tout le monde des iris considère comme le « Pape » de son domaine n’a pas manqué de rechercher lui aussi des variétés bleu et rose. Il y est venu tard, mais comme d’habitude il est tout de suite au sommet. En 2005 ‘Florentine Silk’ a impressionné. Deux ans plus tard ‘Blowing Kisses’, Gitano’ et ‘Venita Faye’ sont venus confirmer sa grande maîtrise.
ECHOS DU MONDE DES IRIS
!, ou pas !
Ce titre insolite concerne la présence de signes de ponctuation dans les noms de variétés.
La semaine dernière j’ai publié la photo d’un iris obtenu par Loïc Tasquier, et j’ai indiqué sur la photo le nom de cet iris sous la forme « Beat Beat Drums » . Fallait-il que je l’écrive « Beat ! Beat ! Drums ! » comme le souhaite Loïc Tasquier ? La règle, à ce sujet, n’est pas sans ambiguïté. Elle dit que sont interdits : « Les noms, incluant des symboles, des nombres, des signes de ponctuation non essentiels, ou des abréviations. » Qu’entend- on par « signes de ponctuation non-essentiels » ? A mon avis, ce sont des signes qui peuvent être absents, sans que cela nuise au sens du nom ou à sa compréhension. En l’occurrence, l’absence de ! ne nuit pas à la compréhension du nom, mais celui-ci fait allusion à un poème de Walt Whitman, poète américain du 19eme siècle, qui est écrit avec les points d’exclamation. La présence de ceux-ci fait donc intimement partie du texte cité et peut donc être considérée comme « essentielle ». Je considère donc que Loïc Tasquier a eu parfaitement raison de me faire remarquer que j’avais omis ces fameux points d’exclamation. Et je le remercie de m’avoir conduit à réfléchir sur une disposition du Code de Nomenclature Variétale à propos de laquelle on n’a pas souvent à se poser de questions.
Ce titre insolite concerne la présence de signes de ponctuation dans les noms de variétés.
La semaine dernière j’ai publié la photo d’un iris obtenu par Loïc Tasquier, et j’ai indiqué sur la photo le nom de cet iris sous la forme « Beat Beat Drums » . Fallait-il que je l’écrive « Beat ! Beat ! Drums ! » comme le souhaite Loïc Tasquier ? La règle, à ce sujet, n’est pas sans ambiguïté. Elle dit que sont interdits : « Les noms, incluant des symboles, des nombres, des signes de ponctuation non essentiels, ou des abréviations. » Qu’entend- on par « signes de ponctuation non-essentiels » ? A mon avis, ce sont des signes qui peuvent être absents, sans que cela nuise au sens du nom ou à sa compréhension. En l’occurrence, l’absence de ! ne nuit pas à la compréhension du nom, mais celui-ci fait allusion à un poème de Walt Whitman, poète américain du 19eme siècle, qui est écrit avec les points d’exclamation. La présence de ceux-ci fait donc intimement partie du texte cité et peut donc être considérée comme « essentielle ». Je considère donc que Loïc Tasquier a eu parfaitement raison de me faire remarquer que j’avais omis ces fameux points d’exclamation. Et je le remercie de m’avoir conduit à réfléchir sur une disposition du Code de Nomenclature Variétale à propos de laquelle on n’a pas souvent à se poser de questions.
OU L’ON FAIT LA CONNAISSANCE DE LA NOMBREUSE FAMILLE DE ‘APRIL MELODY’
Celui qui voudrait connaître les origines de ‘April Melody’ (J. Gibson, 1967) sera forcément déçu, et même Keith Keppel, qui est le détenteur des carnets de Jim Gibson, ne peut que très partiellement nous renseigner bien qu’il ait été l’un des plus ardents utilisateurs de cette variété dans son travail d’hybrideur. Je lui ai posé la question et il m’a rapidement et très aimablement dit tout ce qu’il savait. Je résume :
Côté masculin, la seule variété qui soit identifiée est ‘New Adventure’ (Muhlestein, 1953) dont Keppel écrit que c’est « un plicata sur fond blanc marqué de rose violacé avec une très proéminente barbe mandarine. Les fleurs sont un peu petites par rapport à la taille et n’ont pas une forme parfaite, mais il pousse bien et est richement coloré. Il provient d’un petit plicata à barbes mandarine issu de ‘Pink Formal’, d’une part, et d’un semis de ‘Sea Shell’ d’autre part. »
Côté féminin c’est aussi un descendant de plicatas sur fond blanc à barbes mandarine, où l’on retrouve ‘New Adventure’ associé à des semis où interviennent ‘Taholah’, ‘Ballerina’ et ‘Happy Birthday’ (1). Le côté plicata est assuré par ‘Taholah’ et le côté rose à barbes mandarine par les variétés de David Hall.
Les amateurs de plicatas seront ravis de faire la connaissance de ‘April Melody’ qui est une des variétés les plus jolies qu’on puisse trouver dans les fraîches couleurs de rose bleuté. Les pétales sont d’un délicieux rose tendre, les sépales blancs sont cernés d’un plumetis de mauve améthyste, et les barbes mandarine réveillent l’ensemble. La fleur dans son ensemble est joliment formée, ondulée et frisée. Le destin dans la filière des honneurs d’une telle plante aurait du être de tout premier ordre, mais il s’est, curieusement, arrêté au premier niveau, celui des Honorables Mentions : Il arrive que les juges commettent des erreurs d’appréciation.
En tout cas Keith Keppel, lui, ne s’est pas trompé, et l’usage qu’il a fait de ‘April Melody’ démontre quelle estime il a eu pour cet iris.
Cet ‘April Melody’ a maintes fois été utilisé par Gibson lui même pour tout un pan de son travail sur les plicatas. En ont résulté des plicatas « roses » excellents, comme ‘Casino Queen’ (1971) et son frère de semis ‘Mod Mode’ (1971). Le glaciata ‘Summer Silk’, en jaune clair, est un autre frère de semis des deux précédents, de même que le gracieux ‘Porta Villa’ (1975). A part cela, ‘April Melody’ a surtout fait partie du panel de base de Keppel. Il a pour compagnons dans l’aventure ‘Irma Melrose’ (DeForest, 1955), ‘Rococo’ (Schreiner, 1959), ‘Tea Apron’ (Sass, 1960) et ‘Osage Buff’ (Gibson, 1973). Dans tous les cas les pedigrees sont d’une évidente complexité.
Au début, il y a eu ‘Mistress’ (1978), tout piqueté de vieux rose ; ‘Goddess’ (1981), au pedigree très voisin, mais au résultat radicalement différent puisqu’on est devant un glaciata, sans trace, donc, de pigments anthocyaniques ; ‘Generosity’ (1979), lui aussi, en crème, et privé des traits habituels des plicatas ; ‘Pink Froth’ (1985), plus traditionnel, en plicata mauve rosé ; ‘Broadway’ (1979), surtout, connu partout pour ses riches dessins variegata-plicata.
La série suivante est celle de ‘Theatre’ (1981), en robe mauve, universellement connu ; et de ‘Gigolo’ (1982), non moins célèbre, mais en amarante sur fond rose. En 1988 ‘Daredevil’ témoigne d’une nouvelle évolution et fait réapparaître les barbes mandarine.
Encore quelques année et nous constatons une évolution vers plus de sophistication, avec ‘Foreign Accent’ (1991), intensification des couleurs de ‘Gigolo’, et toute la série des luminatas où nous trouvons ‘Flights of Fancy’ (1993), ‘Mind Reader’ (1994), ‘Spirit World’ et ‘Fancy Woman’ (1995). Enfin ‘Moonlit Water’ (2005) complète le tableau. De toute cette génération, c’est ‘Fancy Woman’ qui a eu le plus beau parcours, en ratant de peu la Dykes Medal en 2003.
Et jusqu’à présent nous nous limitons aux descendants directs de ‘April Melody’. Si nous ajoutons les générations suivantes, nous verrons que ‘Goddess’, ‘Broadway’, ‘Theatre’, ‘Gigolo’ et les luminatas ont eu une foule de descendants. Dès maintenant, nous pouvons dire que ‘April Melody’ fait véritablement partie des pierres angulaires de l’hybridation des plicatas au même titre que les anciens comme ‘Sacramento’.
(1) ‘Taholah’ = (J. Gibson, 1956)
‘Ballerina’ = (D. Hall ; 1950)
‘Happy Birthday’ = (D. Hall, 1952)
9.3.12
QUI N’A PAS SON ROSE ET BLEU ?
Nouveau feuilleton :
A plusieurs reprises j’ai regretté ici les conséquences de l’effet de mode qui veut que chaque hybrideur obtienne ce qu’un confrère a déjà obtenu et qui a eu du succès. Il existe cependant des modes qui durent, de sorte que les variétés qui les représentent finissent par faire partie des classiques. C’est le cas pour les iris à pétales bleus et à sépales roses. Pendant quelques semaines nous allons faire leur connaissance.
I. Melba Hamblen
Si l’on devait trouver une origine à ces variétés, on pourrait la situer chez Melba Hamblen, dans l’Utah. ‘Touché’ (1969) peut être considéré comme le point de départ. D’autres beautés sont venues par la suite compléter ou améliorer le produit. Comme ‘Karen’ (1983), ‘Adventuress’ 1985) ou ‘Pink Sapphire’ (1992).
A plusieurs reprises j’ai regretté ici les conséquences de l’effet de mode qui veut que chaque hybrideur obtienne ce qu’un confrère a déjà obtenu et qui a eu du succès. Il existe cependant des modes qui durent, de sorte que les variétés qui les représentent finissent par faire partie des classiques. C’est le cas pour les iris à pétales bleus et à sépales roses. Pendant quelques semaines nous allons faire leur connaissance.
I. Melba Hamblen
Si l’on devait trouver une origine à ces variétés, on pourrait la situer chez Melba Hamblen, dans l’Utah. ‘Touché’ (1969) peut être considéré comme le point de départ. D’autres beautés sont venues par la suite compléter ou améliorer le produit. Comme ‘Karen’ (1983), ‘Adventuress’ 1985) ou ‘Pink Sapphire’ (1992).
ECHOS DU MONDE DES IRIS
Enregistrements 2011
Les renseignements fournis la semaine dernière à ce sujet étaient incomplets. Voici la suite !
Des Pays-Bas sont venus trois iris franco-néerlandais, obtenus par Loïc Tasquier : 2 IB et 1 SDB qui est ici photographié.
1 IB, 1 SDB et 1 MDB, obtenus par M. Bersillon complètent le tableau.
Au total, donc, 49 variétés représentant 6 catégories. Bel éclectisme !
A la conquête de l’Amérique
Pour un hybrideur européen, il est très difficile de se faire connaître aux Etats-Unis. La famille Anfosso, en son temps avait réussi à se faire connaître et apprécier, mais elle n’y avait pas de distributeur attitré. C’est également le cas pour Cayeux S.A.. Cela change pour Michèle Bersillon qui s’est attaché les services de deux pépinières sérieuses : Stout Gardens at Dancing Tree, et Rockytop Gardens, qui ont introduit quatre de ses obtentions.
Cette entrée dans le monde fermée des variétés pouvant concourir aux compétitions honorifiques est une première. Espérons que cela ne passera pas inaperçu des juges.
TRANSSIBÉRIENS
Les iris de Sibérie se prêtent remarquablement aux croisements interspécifiques, et beaucoup de leurs hybrides sont des plantes de jardin intéressantes, même si, le plus souvent, elles sont stériles. Cet inconvénient est rédhibitoire aux yeux de ceux dont le plaisir consiste à effectuer de nouveaux croisements ou à obtenir de nouvelles couleurs, mais il n’en est pas uns quand il s’agit simplement d’ajouter une nouvelle plante dans un jardin. Le polonais Lech Komarnicki, qui vit dans le nord-ouest de la Pologne, dans une région marécageuse et particulièrement froide l’hiver, a trouvé dans les croisements à base d’iris de Sibérie (I. sibirica) un domaine de recherche amusant et beaucoup plus gratifiant que celui des iris de jardin, qui sont fréquemment détruits par le froid, chez lui. Dans un opuscule sur les iris sans barbes qu’il a publié il y a quelques temps, il a fait le point sur son travail d’hybrideur. Il a apporté récemment quelques modifications à son ouvrage pour tenir compte de ses dernières expériences. Voici quelques-unes de ses remarques.
Les croisements entre sibiricae et versicolor constituent ce que l’on appelle les Sibcolor.
Voici ce qu’en écrit Lech Komarnicki : « C’est un groupe d’hybrides qui intéresse de plus en plus les obtenteurs.
Des hybrides de ce type sont apparus spontanément en Allemagne au cours des années 80, et peuvent forcément apparaître dans n’importe quel jardin où poussent côte à côte des iris de Sibérie tétraploïdes et des I.versicolor. Le premier cultivar de ce type, dénommé ‘Neidenstein’, a été enregistré en 1985 par A. Winklemann. En 1992 le même obtenteur a enregistré trois autres cultivars obtenus par pollinisation naturelle du précédent et le premier cultivar du type sibcolor ¾-1/4 issu d’un iris de Sibérie tétraploïde pollinisé par ‘Neidenstein’. En l’année 2000 quelques semis du type sibcolor, toujours obtenus par pollinisation naturelle, ont fleuri dans le jardin de Mary Betts, aux Etats-Unis. Deux d’entre eux ont été enregistrés… Mrs. Betts les a ensuite croisés avec I. versicolor obtenant un sibcolor ¼-3/4. Il semble que l’un des semis soit fertile.
Dans les années 90 les sibcolors ont retenu l’attention de Tomas Tamberg(1) qui pensait que ce type de croisement avait de grandes possibilités. Il a enregistré deux cultivars : ‘Berlin Network’ (2000) et ‘Tango Music’ (2006). Mais deux sibcolors croisés entre eux ont donné des semis qui n’ont pas satisfait leur hybrideur. »
Les sibcolors ont des feuilles qui sont jaune clair au printemps, et ne prennent une teinte verte qu’après la période de floraison. Komarnicki a obtenu lui-même des cultivars d’une très belle couleur rouge-vin, dans plusieurs teintes. La plupart du temps ils sont stériles, mais il arrive qu’ils soient fertiles, cependant leurs semis ne présentent, paraît-il, pas d’intérêt.
Un autre groupe d’hybrides très attrayants est le fruit du croisement (sibiricae X I. setosa). On les appelle Sibtosa.
Lech Komarnicki écrit ceci : « C’est Amos Perry(2) qui, le premier, a effectué le croisement de ces deux espèces, dans les années 20 du XXeme siècle, puis vint ensuite, dans les années 30, le travail de Marc Simonet. En 1979 le cultivar ‘Stilles Wasser’, qui est né par hasard d’une pollinisation naturelle, a été enregistré par E. Berlin. Dans les années 80, Tomas Tamberg a commencé sérieusement le travail sur ces hybrides, et, réalisant leur grand intérêt pour le jardin, a enregistré quelques cultivars. D’autres hybrideurs l’ont suivi et on a commencé à trouver ces sortes de cultivars dans les Check-Lists. Tamberg a réussi aussi à convertir des sibtosas à la tétraploïdie. Au contraire des diploïdes, qui sont naturellement stériles, les tétraploïdes sont fertiles. Cette fertilité permet d’envisager d’obtenir de nouvelles générations et de constituer des lignées d’hybridation. L’existence d’iris de Sibérie tétraploïdes et de tétra-clones d’ I. setosa permet l’obtention de tétra-sibtosas par simples croisements, sans utiliser le traitement par la colchicine, ce qui ouvre de nouvelles possibilités. (…)
Un sibtosa, qu’il soit diploïde ou tétraploïde, est intermédiaire entre les deux espèces d’origine, et combine d’habitude leurs meilleurs traits. Des tiges aussi hautes que celles des iris de Sibérie, plus hautes même, branchues, avec de nombreux boutons. De grosses fleurs avec des pétales plus petits. Un choix de coloris déjà large, mais qu devrait encore s’élargir dans l’avenir. Les plantes, vigoureuses, nécessitent pas mal d’eau, et peuvent pousser aussi bien en massif, en bassin artificiel, et même dans une eau peu profonde. »
On est donc, dans ce cas, en présence d’une véritable plante d’avenir.
On peut re-croiser cet hybride entre sibirica et setosa avec I. versicolor. On obtient alors un Sibtocolor. L’expérience est récente, mais prometteuse. Komarnicki précise à leur sujet : « Jusqu’à présent quatre semis ont fleuri – pour la première fois en 2006. Les plantes sont grandes et décoratives, avec des tiges de plus de 1m,30 portant de cinq à sept grosses fleurs. Les couleurs obtenues jusqu’à présent varient du rouge sombre au bleu intense. Ce sont des plantes très vigoureuses qui exigent beaucoup d’eau et poussent très bien dans une mare artificielle.
Les sibtocolors sont stériles, bien entendu. A l’heure actuelle deux cultivars ont été enregistrés. »
Les trois hybrides interspécifiques décrits ci-dessus forment l’ossature d’une recherche qui laisse apparaître des possibilités immenses. De quoi occuper les hybrideurs pendant de nombreuses années !
(1) Hybrideur allemand spécialiste des iris sans barbes.
(2) Hybrideur britannique (1871/1913).
Iconographie :
Sibcolor : ‘Wojewoda’(Komarnicki, 2004)
Sibcolor : une touffe en fleur
Sibtosa : ‘Usmiech Afrodyty’(Komarnicki, 2008)
Sibtocolor : ‘Stong Personnality’ (Komarnicki, 2005)
2.3.12
LA FLEUR DU MOIS
‘OKAVANGO’
On reproche parfois à Ladislav Muska, l’obtenteur Slovaque, de n’avoir pas été assez sélectif et d’avoir enregistré de trop nombreuses variétés. Il est vrai que certaines de ses obtentions ne méritaient pas vraiment d’être retenues. Mais il en est d’autres, qui sont vraiment des réussites. ‘Okavango’ (Muska, 1994) fait partie de celles-là. Mon opinion s’appuie tout d’abord sur la qualité de la plante. Cet iris est arrivé chez moi en 1997 et depuis ce moment il a régulièrement fleuri chaque année, se développant normalement et ne montrant jamais aucune trace d’atteinte de maladies. Il est d’une taille plutôt élevée (95 cm en moyenne) et présente en général trois branches par hampe florale. Si je devais le noter sur ce chapitre je lui donnerais un peu plus que la moyenne. Si l’on se place au plan de la fleur, l’appréciation sera nettement favorable : un coloris original, une fleur bien formée, de bonne taille, ondulée et généreusement dentelée. La photo ci-jointe lui rend justice.
‘Okavango’ est le fruit d’un croisement entre ‘Tomorrow’s Child’ (Blyth B., 1984) et ‘Lady Madonna’ (Schreiner, 1984).
Le premier est bien connu chez nous. Sans être particulièrement original son coloris, bien net et vif, est intéressant et sa floraison abondante en fait un agrément du jardin. Il tient ces qualités en grande partie à ‘Sostenique’ (Blyth B., 1975), et son autre ancêtre, ‘Latin Tempo’ (Blyth B., 1974), a contribué à son coloris. Son géniteur ‘Lady Madonna’ n’a pas eu le même succès commercial en France et il me semble qu’il n’est jamais apparu sur notre marché. Par ailleurs il n’a eu qu’une courte vie dans le catalogue de son obtenteur. C’est pourtant une variété relativement importante, souvent utilisée par Ladislav Muska, mais aussi par d’autres hybrideurs comme Schreiner, bien sûr, Kasperek, Cadd et le Slovène Izidor Golob. Ce qui est recherché, c’est l’abondance et la densité des dentelures qui la caractérisent. Ces agréments se trouvent déjà à la génération précédente chez ‘Fabulous Frills’. Sur ‘Okavango’ ils sont particulièrement présents et ils font tout le charme de cet iris.
Il n’y a que Muska lui-même qui ait utilisé ‘Okavango’ dans ses croisements. ‘Erebuni’, de 1998 et ‘Corso’, de 1997 en sont des descendants. Ce dernier, qui a la même coloration, en est une agréable amélioration.
On ne peut pas dire que ‘Okavango’ soit l’iris du siècle, mais tel qu’il est, il est agréable à voir, d’une réjouissante vigueur et fidèle au jardin. Cela suffit bien pour que je l’apprécie et que je lui consacre cette petite chronique mensuelle où se rencontrent mes iris favoris.
ECHOS DU MONDE DES IRIS
Enregistrements français 2011
Quarante deux nouveaux iris ont été enregistrés en 2011 par les obtenteurs français. La part belle est faite aux grands TB puisqu’ils sont au nombre de 32 sur le total de 42. Les 10 suivants sont 3 spurias et surtout sept AB.
Les 32 TB proviennent de neuf hybrideurs parmi lesquels deux débutants, et deux professionnels. C’est très encourageant de voir combien chaque année, maintenant, des amateurs qui n’hésitent pas à enregistrer leurs semis. Pour que le tableau soit parfait, il ne manque plus qu’une sorte de compétition où toutes ces nouvelles variétés pourraient être soumises à l’appréciations de juges. Cela permettrait aux amateurs comme aux professionnels de se faire une idée du niveau et de la compétitivité des nouveautés. Les professionnels pourraient faire leur marché en vue de ré-alimenter leurs catalogues. Les obtenteurs aux-mêmes, en comparant leurs œuvres, verraient en quels domaines ils peuvent progresser.
Il faut tirer un coup de chapeau à Lawrence Ransom qui continue de sortir des sentiers battus en proposant des plantes remarquables bien que peu commerciales comme les AB.
Le pavé jaune
Je viens de recevoir la « Check-List 2009 ». C’est un très gros volume de 781 pages au format 18.5 x 26 (les précédentes étaient au format 16 x 23.5). La typographie est encore plus claire et aérée. Bref, c’est un gros dictionnaire très agréable à manier. Le prix en est de 57 €, ce qui n’est pas spécialement élevé pour un ouvrage de cette importance.
A titre de curiosité, j’ai comparé le « poids » des différentes « check-lists » en ma possession :
1949 = 262 pages ;
1959 = 265 ;
1969 = 252 ;
1979 = 370 ;
1989 = 398 ;
1979 = 549 ;
2009 = 781.
Comme l’univers, le monde des iris est en constante expansion !
Quarante deux nouveaux iris ont été enregistrés en 2011 par les obtenteurs français. La part belle est faite aux grands TB puisqu’ils sont au nombre de 32 sur le total de 42. Les 10 suivants sont 3 spurias et surtout sept AB.
Les 32 TB proviennent de neuf hybrideurs parmi lesquels deux débutants, et deux professionnels. C’est très encourageant de voir combien chaque année, maintenant, des amateurs qui n’hésitent pas à enregistrer leurs semis. Pour que le tableau soit parfait, il ne manque plus qu’une sorte de compétition où toutes ces nouvelles variétés pourraient être soumises à l’appréciations de juges. Cela permettrait aux amateurs comme aux professionnels de se faire une idée du niveau et de la compétitivité des nouveautés. Les professionnels pourraient faire leur marché en vue de ré-alimenter leurs catalogues. Les obtenteurs aux-mêmes, en comparant leurs œuvres, verraient en quels domaines ils peuvent progresser.
Il faut tirer un coup de chapeau à Lawrence Ransom qui continue de sortir des sentiers battus en proposant des plantes remarquables bien que peu commerciales comme les AB.
Le pavé jaune
Je viens de recevoir la « Check-List 2009 ». C’est un très gros volume de 781 pages au format 18.5 x 26 (les précédentes étaient au format 16 x 23.5). La typographie est encore plus claire et aérée. Bref, c’est un gros dictionnaire très agréable à manier. Le prix en est de 57 €, ce qui n’est pas spécialement élevé pour un ouvrage de cette importance.
A titre de curiosité, j’ai comparé le « poids » des différentes « check-lists » en ma possession :
1949 = 262 pages ;
1959 = 265 ;
1969 = 252 ;
1979 = 370 ;
1989 = 398 ;
1979 = 549 ;
2009 = 781.
Comme l’univers, le monde des iris est en constante expansion !
DENTELLE 2012
Lowell Baumunk est un hybrideur américain qui fait peu à peu son trou dans le domaine qu’il a choisi. Il a enregistré ses premières réalisations en 1998 et depuis, sans inonder le marché, il propose chaque année quelques variétés très intéressantes, dans un peu toutes les catégories. Il s’est fait remarquer ici, en France, en 2006 quand il est entré en conflit avec Lawrence Ransom à propos du nom d’une de ses variétés, le TB qui maintenant s’appelle ‘Queen Eleanor of Aquitaine’, mais qui au début avait reçu le nom de ‘Eleanor of Aquitaine’ ce qui portait à confusion avec l’IB de L. Ransom ‘Alienor d’Aquitaine’. Une controverse s’était développée sur la question de la traduction en américain des noms donnés aux iris dans d’autres langues, et j’y avais pris part en soutenant L. Ransom et en tentant de faire adopter par le board de l’AIS une règle d’évidence : lors de l’enregistrement, une traduction en américain de tout nom donné à un iris doit être fournie par l’obtenteur, afin d’éviter tous abus et toutes confusions. Mais je n’ai pas été entendu et l’on continue à trouver dans bientôt toutes les langues de la terre des noms qui signifient la même chose. Comme si un nom n’était que l’addition d’un certain nombre de lettres, sans que cette addition ait le moindre sens !
Mais mon propos d’aujourd’hui n’a pas trait à ce problème.
A la fin de l’année 2011, Lowell Baumunk a mis sur le net les photos des iris qu’il envisage d’enregistrer dans les prochaines années. Dans cette vingtaine de clichés j’ai remarqué ceux de quelques remarquables frères de semis. Ce semis s’écrit (Lotus Land X Queen of Angels). Ce qui caractérise les trois frères photographiés, c’est l’abondance des fines crêpelures qui agrémentent les bords des pétales et des sépales. Cette avalanche de dentelle n’est pas étonnante quand on sait que l’un et l’autre des parents en sont largement pourvus. Surtout ‘Queen of Angels’ (Schreiner, 1995) au pedigree duquel apparaît un iris déjà vigoureusement dentelé, ‘Visual Arts’ (Schreiner, 1982). Cette variété est elle-même descendante de ‘Fabulous Frills’ (Schreiner, 1976) dont le nom dit assez la richesse en frisottis. D’ailleurs, si l’on continue de remonter la parenté, on arrive à ‘Grand Waltz’ (Schreiner, 1970), déjà porteur de bords dentelés, puis à ‘Crinkled Beauty’ (Schreiner, 1956) chez qui, sans atteindre la densité qu’on trouve plus tard, est déjà un iris à dentelle. Ce ‘Crinkled Beauty’ est un fils de ‘Crinkled Ribbon’ (Schreiner, 1956), un iris rose mêlé de jaune, qui est lui-même issu de ce qui s’est faisait de mieux dans les années 40/50 en matière de dentelle : ‘Pathfinder’ (Whiting, 1946) et ‘Rose Splendor’ (Kleinsorge, 1947). Le semis de Baumunk a donc de qui tenir ! D’autant plus que ‘Lotus Land’ (Keppel, 1999), sans atteindre le même degré que son partenaire, est aussi un iris dont les bords sont bien crêpelés grâce à plusieurs de ses parents, dont ‘Bubble Up’ (Ghio, 1988) et ‘Social Event’ (Keppel, 1991), tous les deux roses comme leur descendant, qui portent déjà les fameuses bordures déchiquetées.
Il n’y a guère de mystères dans le monde des iris. Quand on est en présence d’une apparence caractéristique comme celle des semis de Lowell Baumunk, il est généralement facile de découvrir à quelles racines se rattachent les traits observés. En l’occurrence, si l’on établit le pedigree développé, on découvre, quelques 70 ans auparavant, les bords dentelés qui ont fait le renom de Chantilly (Hall, 1940) et de ‘Matula’ (H. Sass, 1939). En quelque sorte la boucle est bouclée. Il ne reste plus qu’à apprécier les rejetons d’aujourd’hui de ces variétés fondamentales.
24.2.12
ECHOS DU MONDE DES IRIS
La grande braderie
Cooley’s Gardens, l’entreprise gérée par Richard Ernst, a été liquidée. Vers la fin de la saison dernière une grande braderie a permis d’écouler une grande partie du stock. Le reste a été acquis par Schreiner, ainsi que les terres (Schreiner est décidément la plus gigantesque entreprise d’iris au monde). Les semis ont échu à Willy Plotner (Wilwood Gardens, à Molalla).
Voici comment disparaît une des plus florissantes et des plus anciennes pépinières…
Cooley’s Gardens, l’entreprise gérée par Richard Ernst, a été liquidée. Vers la fin de la saison dernière une grande braderie a permis d’écouler une grande partie du stock. Le reste a été acquis par Schreiner, ainsi que les terres (Schreiner est décidément la plus gigantesque entreprise d’iris au monde). Les semis ont échu à Willy Plotner (Wilwood Gardens, à Molalla).
Voici comment disparaît une des plus florissantes et des plus anciennes pépinières…
ORANGES DE BRETAGNE
Il paraît qu’un oranger sous le ciel irlandais, on ne le verra jamais. On ne le verra certainement pas davantage sous le ciel breton. Mais ce n’est pas d’agrume dont nous allons parler, mais d’iris. Évidemment !
Les bons iris orange ne sont pas légion, surtout parmi les variétés antérieures aux années 90. Le fameux ‘Son of Star’ (Plough 69) ainsi que ‘Orange Empire’ (Hamner, 1974) font partie de ceux qui sont au-dessus du lot, parce qu’ils présentent un coloris franc et bien uniforme, sur une fleur agréable à l’œil. ‘Fireside Glow’ (Schreiner, 1988) et surtout ‘Supersimmon’ (Parker, 1978) sont les meilleurs descendants oranges de ‘Son of Star’ tandis que ‘Hindenburg’ (Maryott, 1983) et ‘Oktoberfest’ (Maryott, 1987) se situent au même niveau parmi les descendants de ‘Orange Empire’. Il existe cependant d’autres souches et ce sont celles que Ben Hager a mises en œuvre lorsqu’il a conçu ‘Good Show’ (1988), une variété magistrale, au pedigree pas facile à déchiffrer, (Cindirella's Coach X ((Hayride x ((((Norah x Thisbe) x Glittering Amber) x (semis x Glittering Amber)) x Picture Perfect)) x Fresno Calypso)), mais qui a été largement utilisée un peu partout pour obtenir de beaux iris oranges. Avec ‘Feu du Ciel’ (1993), Richard Cayeux a ajouté sa pierre à l’ouvrage. Le pedigree de cet iris, ((Sky Fire x China Dragon) X Marcel Turbat), fait aussi appel à un panel de bons oranges. Pas étonnant donc que le croisement (Good Show X Feu du Ciel), qui continue la série d’inbreeding amorcée à la génération d’avant, ait donné d’excellents résultats.
Ce sont ceux que Gérard Madoré, hybrideur breton, a obtenus. Et nous voilà revenus aux oranges de Bretagne !
Entre 2001 et 2007, Gérard Madoré a mis sur le marché au moins seize iris oranges (ou abricot), tous issus de ‘Good Show’ (voir photo), et dont dix proviennent du croisement (Good Show X Feu du Ciel) ! En voici la liste :
· ‘Arzano’ (2007) – voir photo -
· ‘Callac’ (2001)
· ‘Corlay’ (2005)
· ‘Crozon’ (2001)
· ‘Huelgoat’ (2001)
· ‘Languidic’ (2001) – voir photo -
· ‘Plemet’ (2001)
· ‘Plouaret’ (2001) – voir photo -
· ‘Plouescat’ (2001)
· ‘Plouhinec’ (2001).
Tous les coins de Bretagne sont représentés ! Tous les tons d’orange aussi. Depuis l’orange abricot de ‘Callac’ jusqu’à l’orange ocré de ‘Plouaret’, en passant par l’orange mandarine de ‘Arzano’ ou le capucine de ‘Languidic’. Tous ont une belle barbe minium, ce qui est normal puisque c’est aussi l’ornement des deux parents.
Cependant beaucoup de cette nombreuse fratrie se ressemblent énormément et je ne suis pas certain que la sélection de tous ait été une bonne solution. Tous les grands hybrideurs le disent : il faut être très sévère dans ses choix et ne retenir que le meilleur. Au demeurant tous ne font pas ce qu’ils recommandent ! Témoin : Barry Blyth, qui enregistre souvent toute une petite famille… Pardonnons-lui néanmoins parce que tous sont jolis. Et nous ferons de même pour Gérard Madoré, qui a, en plus, l’excuse d’être un amateur.
17.2.12
ECHOS DU MONDE DES IRIS
Twiki
A côté de la base de données Irisregister qui recopie les check-lists depuis l’origine, mais est payante, l’AIS a mis en chantier un très gros travail : créer une bibliothèque électronique de toutes les variétés, accessible à tous sur Internet, avec descriptions et photos. Cela avance, essentiellement par les efforts complètement bénévoles d’amateurs de tous pays. Au 15 janvier 2012 il y avait déjà plus de 41000 entrées. Mais ce qui manque, ce sont les photos. On en compte seulement 30000, ce qui serait intéressant si à chaque photo correspondait une entrée, mais ce n’est pas le cas, certaines entrées regroupant plusieurs images. Il y a donc beaucoup d’entrées qui n’ont pas d’illustration. Ces images pourraient être apportées par les obtenteurs eux-mêmes qui, du moins pour ceux qui sont encore de ce monde, doivent les posséder. Mais il semble qu’il n’y ait pas beaucoup d’enthousiasme de la part de ces personnes pour apporter leur soutien matériel au projet… C’est un constat que l’AIS elle-même a pu faire et c’est pourquoi elle exige maintenant que les hybrideurs fournissent des photos.
Symposium 2012
Le dernier bulletin de l’AIS, « Irises 93 n°1», donne le résultat du concours 2012 de popularité des grands iris. C’est toujours le triomphe de la stabilité, avec ‘Dusky Challenger’ (Schreiner, 1986) qui tient la tête pour la 19eme fois en vingt ans ! Les mouvements sont faibles et peu nombreux, avec un retour dans les 20 premiers de ‘Celebration Song’ (Schreiner, 1993), ‘Lady Friend’ (Ghio, 1981) et ‘Hello Darkness’ (Schreiner, 1992), et l’apparition dans le Top 100 de ‘Montmartre’ (Keppel, 2007), ‘Chief John Jolly’ (Parkhill, 2002), ‘Black Magic Woman’ (Tasco, 2008), ‘Absolute Treasure’ (Tasco, 2006), ‘Miah Jane’ (Parkhill, 1999), ‘Duncan’s Smiling Eyes’ (Lauer, 2003), ‘Celestial Explosion’ (Tasco, 2003), ‘Juke Box Hero’ (Lauer, 2003) et ‘Peggy Sue’ (Lauer, 2006), des variétés récentes mais qui sont peu connues en France.
Iconographie :
· Miah Jane (Parkhill, 1999)( Breakers X Tide's In)
· Chief John Jolly (Parkhill, 2002)( Instructor X Momentum)
A côté de la base de données Irisregister qui recopie les check-lists depuis l’origine, mais est payante, l’AIS a mis en chantier un très gros travail : créer une bibliothèque électronique de toutes les variétés, accessible à tous sur Internet, avec descriptions et photos. Cela avance, essentiellement par les efforts complètement bénévoles d’amateurs de tous pays. Au 15 janvier 2012 il y avait déjà plus de 41000 entrées. Mais ce qui manque, ce sont les photos. On en compte seulement 30000, ce qui serait intéressant si à chaque photo correspondait une entrée, mais ce n’est pas le cas, certaines entrées regroupant plusieurs images. Il y a donc beaucoup d’entrées qui n’ont pas d’illustration. Ces images pourraient être apportées par les obtenteurs eux-mêmes qui, du moins pour ceux qui sont encore de ce monde, doivent les posséder. Mais il semble qu’il n’y ait pas beaucoup d’enthousiasme de la part de ces personnes pour apporter leur soutien matériel au projet… C’est un constat que l’AIS elle-même a pu faire et c’est pourquoi elle exige maintenant que les hybrideurs fournissent des photos.
Symposium 2012
Le dernier bulletin de l’AIS, « Irises 93 n°1», donne le résultat du concours 2012 de popularité des grands iris. C’est toujours le triomphe de la stabilité, avec ‘Dusky Challenger’ (Schreiner, 1986) qui tient la tête pour la 19eme fois en vingt ans ! Les mouvements sont faibles et peu nombreux, avec un retour dans les 20 premiers de ‘Celebration Song’ (Schreiner, 1993), ‘Lady Friend’ (Ghio, 1981) et ‘Hello Darkness’ (Schreiner, 1992), et l’apparition dans le Top 100 de ‘Montmartre’ (Keppel, 2007), ‘Chief John Jolly’ (Parkhill, 2002), ‘Black Magic Woman’ (Tasco, 2008), ‘Absolute Treasure’ (Tasco, 2006), ‘Miah Jane’ (Parkhill, 1999), ‘Duncan’s Smiling Eyes’ (Lauer, 2003), ‘Celestial Explosion’ (Tasco, 2003), ‘Juke Box Hero’ (Lauer, 2003) et ‘Peggy Sue’ (Lauer, 2006), des variétés récentes mais qui sont peu connues en France.
Iconographie :
· Miah Jane (Parkhill, 1999)( Breakers X Tide's In)
· Chief John Jolly (Parkhill, 2002)( Instructor X Momentum)
L’ANNÉE DES ORANGES
En 2011 j’ai été frappé par la qualité des iris oranges que j’ai vus dans les différents jardins que j’ai eu le plaisir de visiter. Tous flamboyants et tous solides et bien portants – même si les iris oranges ont toujours l’air un peu fragile. Il apparaît que ces jolies choses se rattachent à deux origines très distinctes.
Le premier contingent, obtenu par l’hybrideuse italo-argentine Lorena Montanari (une nouvelle venue dans le petit monde des iris, mais qui ne devrait pas tarder à s’y distinguer), est le résultat d’un seul croisement. Il s’agit de trois variétés qui se remarquent de loin tant elles arborent des couleurs vives :
· ‘Ferragosto’ (Montanari, 2008)
· ‘Fratello Sole’ (Montanari, 2009)
· ‘Valeria Romoli’ (Montanari, 2010)
Le croisement d’origine est (Crackling Caldera X Rustle of Spring).
‘Crackling Caldera’ (Aitken, 2003) est un iris orange, très apprécié partout dans le monde, et qui était présent, ici en France, lors du concours Franciris 2007, mais où il n’a pas été primé. C’est un orange vif, un peu plus clair sous les barbes, avec une belle barbe rouge, qui résulte d’un croisement un peu compliqué : (((Sunshine Express x Brown Lasso) x (Peach Float x Irene Nelson)) x (Winterbourne x Blazing Light)) X Color Fusion. Le coloris orange remonte à ‘Peach Float’ (Opal Brown, 1973) chez qui il n’est pas très saturé. C’est le jaune ‘Sunshine Express’ (Kenneth Mohr, 1978) qui apporte un peu plus de concentration, laquelle est accrue par les gênes des inversés que sont ‘Blazing Light’ et ‘Color Fusion’.
‘Rustle of Spring’ (Grosvenor, 1998), issu d’un mariage entre un iris brun-ocre et un iris orange, apporte toute la brillance de son coloris ocre-rose.
En croisant ces deux variétés, Mme Montanari a eu une idée géniale. Elle a été justement récompensée et si ces iris avaient pu concourir dans les compétitions américaines, je suis certain qu’ils y auraient fait des étincelles.
Les autres beaux oranges de cette année proviennent de chez Richard Cayeux. Il s’agit de :
· ‘Coup de Soleil’ (Cayeux, 2006)
· ‘Rose de la Vallée’ (Cayeux, 2009)
· ‘Poil de Carotte’ (Cayeux, 2009).
Les deux premiers sont des descendants de ‘Good Show’ (Hager, 1988), qui est une variété très recherchée par ceux qui ont pour but d’obtenir des iris oranges. Ce ‘Good Show’ possède un pedigree plutôt savant : Cindirella's Coach X ((Hayride x ((((Norah x Thisbe) x Glittering Amber) x (semis x Glittering Amber)) x Picture Perfect)) x Fresno Calypso) qui présente l’originalité de ne comporter que des variétés oranges ou rose pêche. Aux Etats-Unis, Hager, Niswonger, Schreiner et Ben Johnson font partie de ceux qui l’ont utilisé, en France R. Cayeux et G. Madoré ont suivi le même chemin, le dernier en ayant fait un usage abondant, avec d’incontestables réussites dont on parlera, ici, la semaine prochaine.
Enfin ‘Poil de Carotte’, dont la hauteur un peu faible le range parmi les BB, descend de trois oranges célèbres : ‘Oktoberfest’ (Maryott, 1987), ‘Avalon Sunset’ (Schreiner, 1994) et ‘Feu du Ciel’ (Cayeux, 1993). C’est un bon exemple d’endogamie, avec un approfondissement manifeste de la couleur.
Dans un cas comme dans l’autre, le résultat est excellent, et avec ces six variétés on a atteint un sommet dans la recherche des iris oranges.
10.2.12
HONNEUR AUX ANCIENS
Dixième semaine : les années de guerre.
La guerre 39/45 a marqué la fin de la suprématie française sur le monde des iris. Pendant que la maison Cayeux produisait des pommes de terre sur les terrains jadis voués aux iris, les Américains amassaient les variétés qui allaient asseoir leur leadership dès qu’une vie normale allait recommencer.
Contemplation (Cayeux, 1939)
Dreamcastle (Cook, 1943)
Melodist (DeForest, 1944)
Donatello (Cayeux, 1947)
La guerre 39/45 a marqué la fin de la suprématie française sur le monde des iris. Pendant que la maison Cayeux produisait des pommes de terre sur les terrains jadis voués aux iris, les Américains amassaient les variétés qui allaient asseoir leur leadership dès qu’une vie normale allait recommencer.
Contemplation (Cayeux, 1939)
Dreamcastle (Cook, 1943)
Melodist (DeForest, 1944)
Donatello (Cayeux, 1947)
ECHOS DU MONDE DES IRIS
Acte de naissance
La SFIB réalise actuellement un travail considérable : l’inventaire de toutes les variétés d’iris présentes en France. Mais j’ai été étonné de lire que la date retenue pour l’identification des variétés était celle de l’introduction sur le marché. A ma connaissance cette date ne concerne que le marché américain et constitue seulement le point de départ de la course aux récompenses officielles. Ailleurs qu’aux USA elle ne fait qu’indiquer l’apparition de la variété dans un catalogue. C’est un point de repère, mais pas un élément fondamental. Ce qui compte c’est la date d’enregistrement qui est, en quelque sorte, l’acte de naissance d’une variété.
Un dossier complet sur cette question sera publié ici dans quelques semaines.
La SFIB réalise actuellement un travail considérable : l’inventaire de toutes les variétés d’iris présentes en France. Mais j’ai été étonné de lire que la date retenue pour l’identification des variétés était celle de l’introduction sur le marché. A ma connaissance cette date ne concerne que le marché américain et constitue seulement le point de départ de la course aux récompenses officielles. Ailleurs qu’aux USA elle ne fait qu’indiquer l’apparition de la variété dans un catalogue. C’est un point de repère, mais pas un élément fondamental. Ce qui compte c’est la date d’enregistrement qui est, en quelque sorte, l’acte de naissance d’une variété.
Un dossier complet sur cette question sera publié ici dans quelques semaines.
REMONTÉES OU EXTENSIONS ?
Depuis que je m’intéresse aux iris et que j’en ai infesté mon jardin, je me suis penché sur tout ce qui pouvait prolonger la saison de cette fleur que j’admire mais dont je déplore la brièveté de la floraison.
J’ai commencé par me dire que tout le mal que je m’étais donné pour constituer un jardin plaisant méritait que l’agrément recherché soit prolongé au maximum. Mais comment faire pour que la ronde organisée autour de mon jardin, dans un labyrinthe complexe, puisse se poursuivre au devant ou au delà du mois de mai ? J’ai d’abord pensé aux grands iris remontants. J’ai donc planté une série de ces variétés réputées capables de refleurir aussitôt leur première floraison terminée. Ma déception a été à la mesure de mon investissement. Une remontée, oui, mais capricieuse et d’une qualité souvent médiocre. Capricieuse, en partie – j’en suis convaincu – due à ma négligence dans la conduite de la culture. Le climat de la Touraine présente la particularité d’être très sec et presque torride au cours des mois d’été. Il faudrait donc, je le sais, pour favoriser la remontée, que mes fleurs soient copieusement arrosées entre juin et septembre quand la nature ne se charge pas de cette humidification. Mais je me pose des questions éthiques : ai-je le droit, quand l’agriculture manque d’eau, quand l’arrosage est officiellement restreint, de détremper mes iris qui, reconnaissons-le, ne sont là que pour faire joli ? Je choisis donc de ne pas arroser… Et mes iris remontants ne refleurissent pas, ou si peu ! Et l’effet recherché n’est évidemment pas là : une ou deux hampes en fleur sur un espace de 200 m2, cela n’a rien d’attrayant ! Même les étés où la pluie tombe en quantité suffisante, d’ailleurs, la présence d’une quinzaine de variétés en fleur en même temps, pendant quelques jours étalés sur plusieurs mois, cela n’incite pas à musarder parmi des iris qui, en majorité, sont en train de perdre leurs rares feuilles déjà jaunies… J’ai donc choisi de supprimer les remontants, dans la mesure où, sur un autre plan, ils ne présentaient pas un intérêt particulier. Bye-bye ‘Autumn Echo’, ‘Hallowed Thought’, ‘Sign of Leo’ ou ‘Violet Miracle’…
Je me suis alors tourné vers les variétés hâtives ou tardives, imaginant que mon jardin allait être agréable plus longtemps. Autre déception : en avant-saison je suis encore victime du climat tourangeau ! Il n’est pas rare en effet que des matinées de gel se produisent jusqu’à la fin de la troisième semaine d’avril. Un dicton local affirme d’ailleurs que la St Georges (23 avril) est une date fatale pour les plantes gélives. Or c’est à ce moment que les iris hâtifs montrent le bout de leurs fleurs, et que les boutons floraux sont particulièrement sensibles au gel ! Bien souvent donc, au lieu des fleurs attendues, je ne trouve que des boutons noircis et pourrissants. Adieu les espoirs de ‘Earl of Essex’, ‘Juicy Fruit’, ‘Soft Jazz’, ‘Thundercloud’ ou ‘Yes’, trop souvent victimes des frimas d’avril. Du moins n’ai-je pas ces incidents à redouter avec les iris tardifs ! Peine perdue : d’une part, après l’euphorie de la pleine saison, l’apparition des tardifs se produit quand on a déjà l’esprit ailleurs, d’autre part, bien souvent ces variétés qui fleurissent quand les autres cessent de le faire vont avoir du mal à se reconstituer avant les gelées de l’automne tourangeau (elles commencent le plus souvent aux alentours du 10 octobre) et ne vont refleurir qu’après un an ou plus de latence. Fini le rêve suscité par ‘Belle Embellie’, ‘Jud Paynter’, ‘Last Call’, ‘Last Hurrah’, ‘Snehulienka’ ou ‘Tangerine Sky’ !
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J’ai aussi essayé les variétés naines ou médianes.
Les SDB m’intéressent pour leur vigueur, leur floribondité et l’extraordinaire variété de leurs coloris. Mais ils ont à mes yeux deux défauts majeurs : ils sont nains et, si l’on veut les voir comme il faut, il ne faut pas les placer au milieu des grands iris car ceux-ci, qui poussent à toute vitesse en avril, vont les masquer, et ce n’est qu’en arrivant dessus qu’on va les apercevoir ; ils sont d’autre part en fleur à un moment où le ciel est souvent maussade et l’air frisquet, ce qui n’incite pas à s’attarder au jardin. J’ai donc fini par planter mes iris nains pas trop loin de la maison et dans un parterre qui leur est exclusivement dédié. Dans ces conditions je profite pleinement de s petites merveilles signées de Lawrence Ransom, ainsi que de ‘Cameo Queen’, ‘Pumpin’ Iron’ ou ‘Sangue di Drago’.
Restent les iris intermédiaires. Ceux-là ne pâtissent pas de se trouver mêler aux grands en approche de floraison. Ils ont suffisamment d’attrait pour supporter la comparaison avec les premiers TB à fleurir. Ils peuvent donc jouer le rôle que je voulais leur voir jouer. Alors ce sont eux que je privilégie maintenant pour prolonger le plaisir de me promener dans mon labyrinthe. Merci à ‘Fioletovy Nizkorozly’, ‘Mezza Cartuccia’, ‘Voilà’ et leurs semblables et cousins plus modernes. Ces jolis IB modernes, élégants, florifères et devenus fertiles sont les nouveaux ornements de mon jardin d’iris, au pays des vignes.
Iconographie :
- 'Earl of Essex' (Zurbrigg, 1979) (de Crinckled Ivory, Grand Baroque, Violet Classic)
- 'Hallowed Thought' (Zurbrigg, 1977) (Grand Baroque X Halloween Party)
- 'Snehulienka' (Muska, 1997) (((Laced Cotton x Monte Albano) x (Mary Frances x Tide's In)) X Carrara Lace
- 'Fioletovy Nizkorosly' (Driagina, 1978) (Sable X Chernomorets)
- 'Cameo Queen' (B. Jones, 2001) (((Live Jazz x Pink Caper) x Orange Tiger) X Vintage Rose)
3.2.12
HONNEUR AUX ANCIENS
Neuvième semaine : les incontournables.
Parmi les anciens iris, il y en a qu’on ne se lasse pas de voir et de revoir. En voici quatre, parmi les plus célèbres.
Jean Cayeux (Cayeux, 1931)
Thaïs (Cayeux, 1926)
Sacramento (Mohr-Mitchell, 1928)
Madame Louis Aureau (Cayeux, 1934)
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