20.11.09




LA COLLECTION DES MÉDAILLÉS

1968 :

DM
= ‘Stepping Out’ (Schreiner 64) (parents inconnus). Une variété archi-connue, que l’on peut qualifiée d’incontournable et qui est aussi une des favorites des amateurs d’iris.

FO = ‘Bewitching’ (Lyon 65), une variété complètement oubliée aujourd’hui ce qui n’est pas le cas de son suivant ‘Radiant Apogee’ (Gibson 64) (Henna Stitches x Wild Ginger) qui a fait une jolie carrière et qu’on trouve toujours dans de nombreux jardins.

BDM
= La BDM n’a pas été attribuée.
ECHOS DU MONDE DES IRIS

Grosvenor 2010

Avec quatorze nouveautés (peut-on dire seulement), Graeme Grosvenor reste dans des quantités raisonnables. Son compatriote Barry Blyth, lui, n’a pas hésité, au même moment, de proposer 41 nouveaux iris, ce qui prend des allures « à la russe », pas forcément gage de qualité garantie. Les choix de Grosvenor, qui ont été présentés par S. Cancade sur son propre blog, abordent dix des quatorze coloris traditionnels (1). C'est-à-dire qu’on ne peut plus parler de travail ciblé, mais qu’on est dans le domaine de l’industriel. On trouve donc :
Deux fleurs jaunes (plus un amoena jaune inversé) ;
Une fleur orange (abricot) ;
Une fleur rose ;
Une fleur bleu clair (amoena inversé descendant de ‘Crowned Heads’) ;
Deux fleurs bleu soutenu ;
Deux blancs dont un liseré jaune à la façon de ‘Bride’s Halo’ ;
Un brun-rouge ocré ;
Un plicata bleu ;
Un amoena bleu ;
Un bicolore rose clair/prune.

Toutes ces fleurs présentent un aspect classique, amplement ondulé mais sans excès.
Si le catalogue n’arrivait pas d’Australie, on aurait pu penser que le choix avait été fait par la Maison Schreiner !

ECHOS DU MONDE DES IRIS

Tom Magee

Le dernier bulletin de l’AIS nous apprend le décès de Tom Magee. Cet obtenteur originaire de l’Oklahoma, avait obtenu des iris dans presque toutes les catégories. S’il ne fut pas parmi les plus célèbres, au moins deux de ses variétés ont eu un certain succès : ‘Colorado Sunshine’ (78), tout d’abord, vainqueur de la President’s Cup en 1982, puis ‘Acoma’ (90) qui a frôlé la Dykes Medal en 1999.
ECHOS DU MONDE DES IRIS

La méthode Dotto (suite)

Le 11 juillet dernier, dans un « Echo du monde des Iris », je faisais été de la méthode élaborée par l’Italien Tiziano Dotto pour accélérer la germination des iris. Il s’agit de faire tremper les graines dans le vin rouge. Il y a quelques jours, le 2 novembre exactement, Tiziano Dotto a mis un commentaire sur cet Echo, que je reproduis ci-dessous :

« Bonjour, excusez mon français, j'ai l'aide d'un traducteur automatique. Je suis la méthode Dotto, je voulais vous remercier pour votre avis et je dois vous avertir que les hybrides semés en Juillet sont déjà nés de 15 jours, je voudrais envoyer des photos mais je ne sais pas comment. Merci »

La méthode Dotto fonctionne donc, si l’on en croit son inventeur. C’est une exellente nouvelle pour les amateurs impatients de voir le produit de leurs croisements, et pour les professionnels qui pourraient gagner plusieurs précieuses années dans leur travail.











LE FACTEUR DE LITTLE ROCK
Henry Rowlan

C’est amusant de constater combien d’hybrideurs américains ont travaillé à la Poste ! Celui d’aujourd’hui fait partie des postiers amateurs d’iris, comme Bennett Jones, Jim Gibson et quelques autres. Il a travaillé 37 ans au US Postal Service, essentiellement comme ambulant, c'est-à-dire convoyeur du courrier dans les trains de nuit, avant de terminer comme facteur rural. Auparavant, comme la plupart des hommes de sa génération, il a servi dans l’armée, pendant la deuxième guerre mondiale, puis pendant la guerre de Corée, en qualité de navigant mécanicien dans l’US Air Force, accumulant plus de 13000 heures de vol, et plusieurs fois décoré pour son courage.

Il habitait à Little Rock, dans l’Arkansas (une ville qui abrita en 1957/58 l’un des épisodes les plus emblématiques de la lutte des noirs pour les droits civiques, en particulier leur libre accès aux écoles publiques). C’est en 1952 qu’un ami lui donna quelques grands iris, et c’est de là qu’est partie sa carrière d’hybrideur. Une carrière qui lui valu deux Mary Swords DeBaillon Medals (la plus haute récompense pour les iris de Louisiane) et quelques autres distinctions de moindre importance.

Il s’est lancé rapidement dans l’hybridation, mais ce n’est que dans les années 70 qu’il a commencé à enregistrer ses variétés, de grands iris notamment. Il s’est tout de suite intéressé aux iris à éperons et, à quelqu’un qui lui demandait pourquoi il avait fait ce choix, il a répondu : « C’est là qu’il y a de l’argent à gagner, ce sont les iris du futur ». Il avait raison, même si ses motivations n’avaient semble-t-il rien d’artistique ou de scientifique ! Dans cette catégorie il a obtenu des variétés qui, sans atteindre le sommet de la gloire – à l’époque les Space Age étaient considérés comme des sous-iris – lui ont permis de gagner un peu d’argent, ce qui était le but recherché. Parmi ces variétés largement répandues citons ‘Arkansas Skies’ (81), ‘Horns of Plenty’ (86), et surtout ‘Hula Moon’ (78) qui a fait le tour du monde.

Cependant ce n’est pas aux TB qu’il doit sa véritable renommée, mais plutôt aux iris de Louisiane, auxquels il a consacré la plus grande part de son énergie et de son temps. C’est Frank Chowning, une autre figure importante du monde des iris de Louisiane qui, vers la fin des années 70, lui a fait connaître ces fleurs encore nouvelles à l’époque mais pleines d’avenir au point de devenir la deuxième sorte d’iris cultivée, derrière les TB. Toute sa vie d’hybrideur il est resté fidèle à son mentor, continuant le travail de ce dernier après sa disparition. Marie Caillet, l’une des créatrices des LA (iris de Louisiane) a fait de lui le portrait suivant :
« Beaucoup des iris de Rowlan ont pour base les variétés de Frank Chowning comme ‘Anne Chowning’, ‘Miss Arkansas’, ‘Missey Reveley’, ‘Bryce Leigh’, ‘Black Gamecock’ et quelques semis Chowning non enregistrés. L’un de ses buts était de continuer dans la tradition des iris de Chowning consistant à développer des plantes rustiques, avec des hampes courtes mais des fleurs nombreuses et bien disposées le long de la tige. Il a aussi utilisé d’autres iris en tant que parents, ‘Dr Dormon’ pour récupérer le large cœur jaune soleil, ‘Charlie’s Michele’ pour conserver l’effet halo. Il a aussi travaillé avec d’anciennes variétés comme ‘Peggy Mac’ et des variétés modernes comme ‘Jeri’ et ‘Old South’, mais aussi avec beaucoup de ses propres obtentions ».

Ses efforts ont été récompensés, je l’ai dit plus haut, par deux Mary Swords DeBaillon Medals. La première, en 93, pour ‘Frank Chowning’ (84) et la seconde en 97 pour ‘Voodoo Magic’ (86). Le premier est dans les tons de rouge cassis avec un signal jaune, il est issu de (Ann Chowning X Miss Arkansas) ; le second est plutôt couleur pourpre fuchsia, avec des sépales au cœur veiné de crème et un petit signal jaune. Son pedigree est très différent du précédent : (Black Gamecock X Dr Dormon).

Si les efforts d’Henry Rowlan ont essentiellement porté sur les LA, il ne faut pas négliger le reste de sa production qui a englobé non seulement les TB Space Age, mais aussi les MTB, ce qui n’est pas fréquent et dénote que cet homme généreux était aussi quelqu’un d’éclectique et d’inventif.

13.11.09


LES PLUS BELLES PHOTOS D’IRIS

Ce qui fait la valeur d’une photo n’est pas seulement la qualité du sujet. L’arrière-plan peut avoir un rôle considérable. Comme dans ce cliché de ‘Good Day Oregon’, saisi par celle qui se fait appeler « Flowerfrenzy », et que l’on peut féliciter.

ECHOS DU MONDE DES IRIS

Un fou d’iris :

C’est ainsi qu’on peut qualifier Sergeï Loktev, le plus connu et le plus prolifique des hybrideurs russes. Il a créé son propre site que vous pouvez aller visiter à l’adresse suivante : http://www.irisdreamer.ru/ . Allez-y, même si c’est écrit en caractères cyrilliques, vous verrez les produits du cru et constaterez que les obtenteurs russe rattrappent rapidement leurs confrères du reste du monde. Le problème, c’est qu’il n’est pas encore possible de se procurer ces iris « exotiques ».






ECHOS DU MONDE DES IRIS

Les dames de France proposent cette année :

# ‘Boucles d’Or’ (Bersillon 2009)
# ‘Conte de Fées’ (Bersillon 2009)
*‘Danseur Mondain’ (Bersillon 2009)
‘Ecume de Mer’ (Bersillon 2009)
‘Elie Chaix’ (Vasquez-Poupin 2009)
‘Isa’ (Vasquez-Poupin 2009)
# ‘Rintintin’ (Vasquez-Poupin 2009)
*‘Subtilité’ (Vasquez-Poupin 2009)
*‘Tentation’ ((Vasquez-Poupin 2009)

Les trois dernières !










QUATRE BEAUX JAUNES

Perry Dyer est un fin connaisseur. Ses choix d’iris sont toujours parfaits et si, quelquefois, ils nous paraissent étonnants à nous européens, ils se révèlent à l’examen tout à fait justifiés. Dans ses « Contemporay Awards » des dernières années j’ai relevé quatre beaux iris jaunes qui méritent qu’on leur accorde une brève analyse.

À ‘Pure as Gold’ (Maryott 93) il a attribué son “DARK HORSE AWARD 2005/06”, c'est-à-dire le prix de la variété datant de moins de dix ans, oubliées par les juges et méritant néanmoins une belle récompense. Cette variété lui rappelle ‘Aztec Sun’ (l’une de ses propres obtentions) « avec une intense saturation de la couleur et une résistance aux effets du soleil qui lui permet de ne pas griller même par les plus fortes chaleurs ». C’est également un « remontant fiable dans plusieurs régions ». Ajoutons que son pedigree (Radiant Energy X Sound of Gold) en fait un « jaune de jaune » garant des qualités repérées par Perry Dyer.

‘Sun Power’ (T. Johnson 2003) est de (Hollywood Blonde X Goldkist). Il a obtenu le “SUN BELT AWARD 2007/08” qui récompense une variété qui a largement fait ses preuves sur le marché. « Ce jaune pur très ondulé est un signal que l’on remarque à travers le jardin. La plante est incomparable, avec un riche feuillage bleu-vert. Il a hérité de son père ‘Goldkist’ un magnifique branchement et un excellent nombre de boutons. »

‘Ritzy’ (Hager 2004) possède un pedigree un peu compliqué mais qui met en jeu des iris jaunes réputés : (Dixie Moon sib X ((Prestige Item x In Person) x (Presence x ((Catalyst, x Perfect Accent) x Flaming Victory))). Il fait partie de ces plantes que Richard Ernst a trouvées dans la succession de Ben Hager et qu’il a enregistrées après la mort de ce dernier. C’est le « MEILLEUR JAUNE DE L’ANNÉE 2005/06 ». C’est « une avancée majeure dans les jaunes frisés, particularité qui fait que les fleurs ont notoirement du mal à s’ouvrir sans se déchirer et rend les couleurs fragiles par temps sec. Semblable à ‘Amarillo Frills’, bien qu’un peu plus clair, plus propre et plus élégant, il garde mieux sa forme, surtout dans les conditions climatiques perturbées, et il a des tiges plus hautes et plus fortes, avec trois branches en forme de candélabre modifié. »

‘King of Light’ (Baumunk 2005) (Amber Elegance X Quito) a obtenu le “PICK OF THE LITTER AWARD 2005/06” qui couronne le semis de l’année le plus remarquable et prometteur. Il attire l’œil par la richesse de son coloris doré, un peu cuivré, qu’il tient notamment de sa « mère », ‘Amber Elegance’ (Baumunk 98), et, par elle de ses ancêtres bronzés, ‘Rustler’ (Keppel 87) et ‘Harvest King’ (Schreiner 90). Ce qui fait tout son charme ce sont ces fines stries brunes qui en soulignent le cœur comme le khôl enjolive le regard des femmes orientales. «Ses superbes tiges ont trois branches parfaitement espacées (…), la plante est sans défaut, avec un feuillage sain et une agréable vigueur ». Enfin, pour la bonne bouche, c’est un iris qui sait se tenir sous le froid et la pluie.

Rappelons que les grands classiques jaunes selon Perry Dyer sont :
‘Brightside’ (Schreiner 61) – joli jaune primevère, légèrement frisé et ondulé, bien dans le genre de son époque ;
‘Miss Illini’ (Varner 66) – jaune franc, très classique, évidemment ;
‘Ola Kala’ (Sass 42) – une variété que l’on ne décrit plus tant elle est connue ;
‘Silence’ (Tompkins 66) – un jaune d’or bien vif, avec un spot blanc sous les barbes.

7.11.09







ECHOS DU MONDE DES IRIS

Les dames de France proposent cette année :

# ‘Boucles d’Or’ (Bersillon 2009)
# ‘Conte de Fées’ (Bersillon 2009)
‘Danseur Mondain’ (Bersillon 2009)
‘Ecume de Mer’ (Bersillon 2009)
‘Elie Chaix’ (Vasquez-Poupin 2009)
‘Isa’ (Vasquez-Poupin 2009)
# ‘Rintintin’ (Vasquez-Poupin 2009)
‘Subtilité’ (Vasquez-Poupin 2009)
‘Tentation’ ((Vasquez-Poupin 2009)

La semaine dernière les photos des variétés marquées # ont été publiées.
En voici trois autres. Encore une semaine de patience pour voir les trois dernières !






LA COLLECTION DES MÉDAILLÉS

1967 :


DM = ‘Winter Olympics’ (O. Brown – US – 63) (Poet's Dream X Eleanor's Pride) : le premier iris blanc à triompher dans la compétition la plus prestigieuse, et celui qui a assis la réputation d’Opal Brown.

FO = ‘Christie Ann’ (Gaulter – US - 63) (Glittering Amber X Marilyn C) ; ce n’est pas la variété qui a fait la renommée de Larry Gaulter, mais c’est tout de même un joli rose.

BDM = ‘Blueyed Brunette’ (C. Hall – GB - 62) (Quechee X Carnton) ; une jolie fleur couleur de noisette.






LA FLEUR DU MOIS

‘Simfoniya’

Novembre : on est encore dans l’atmosphère de l’automne. C’est un peu celle que suggère l’iris ‘Simfoniya’ (Volfovitch-Moler 92).

En 1997, j’ai fait un échange de plantes avec Adolf Volfovitch-Moler. J’étais un peu inquiet à l’idée d’envoyer, et surtout de recevoir des iris en provenance de cette lointaine république d’Asie centrale qu’est l’Ouzbékistan. Eh bien, non, pas de problèmes : les colis ne voyagent plus à dos de chameau et l’envoi est arrivé sans difficultés si ce n’est un délai de transport un peu long, et donc des rhizomes un peu desséchés. Dans le colis il y avait une quinzaine d’obtentions maison qui, an dépit de leur état de dessiccation, ont toutes repris. Ma collection en contient encore douze, dont ‘Ikar’ (92 – FO 95) et une autre qui me tient particulièrement à cœur : ‘Simfoniya’.

‘Simfoniya’ a été remarqué dès son apparition en Europe, pour le Concours de Florence de 95. Il y a été déclaré « meilleure variété tardive ». Comme beaucoup d’iris qui prennent leur temps avant de fleurir, c’est une plante robuste, haute (120 cm) et charpentée. Il est d’autant plus remarquable que cette haute taille, en fin de saison, attire le regard sur ses fleurs vivement colorées. Les pétales mauves dominent des sépales pourprés ourlés du mauve des pétales, où s’étalent de volumineuses barbes minium.

Quand il a réalisé son croisement, Adolf Volfovitch ne disposait que des rares variétés parvenues on ne sait comment au fin fond de l’Asie. Parmi celles-ci il en est trois dont il a fait un abondant usage : ‘Pink Sleigh’, ‘Pipes of Pan’ et ‘Rippling Waters’. Ces deux derniers figurent au pedigree de ‘Simfoniya’, dans un sens, ainsi que de ‘Aelita’, ‘Ikar’ et ‘Vostochny Ornament’, en sens inverse. ‘Aelita’, mauve pâle, est le plus banal des quatre. ‘Vostochny Ornament’, crème et pourpre, a beaucoup de ressemblance avec la vedette de ce mois, quant à ‘Ikar’, amoena blanc et mauve, il vaut surtout par les qualités des touffes qu’il produit rapidement.

Quelques mots pour rappeler ce que sont ‘Rippling Waters’ et ‘Pipes of Pan’. ‘Rippling Waters’ (Fay 61 – DM 66) est une des bases de l’histoire des grands iris. La perfection de la forme de ses fleurs, leurs bords agréablement dentelés et ses qualités végétales ont fait que ses gènes se trouvent maintenant dans la presque totalité des iris contemporains. ‘Pipes of Pan’ (O. Brown 63) est un des géniteurs de base dans le programme d’Opal Brown. Il est à l’origine, entre autres, de ‘Lightning Ridge’ (O. Brown 66) et, avec lui, de ‘Latin Tempo’ (B. Blyth 74) qui fait partie des piliers du travail du célèbre obtenteur australien.

Dans un jardin, en fin de saison des iris, ‘Simfoniya’ se fait agréablement remarquer. Il est dommage que ses origines exotiques n’aient pas permis qu’il ait une plus large diffusion.















PUDDY TAT
Le SDB de l’année

C’est à Michèle Bersillon que je dois la traduction de ce « Puddy Tat » qui m’intriguait. Vous voulez, vous aussi, savoir ce que cela veut dire ? Je vous livre ma science toute fraîche ! Puddy Tat, c’est une déformation de « Pussy Cat », autrement dit « Gros Minet ». Dans le doublage français du dessin animé, le méchant chat qui veut manger Titi parle avec « un cheveu sur la langue » : c’est la même chose en anglais, d’où le nom…

Ceci est bon à savoir, mais cela nous éloigne du sujet d’aujourd’hui, le portrait de ce magnifique petit iris qui a enlevé cette année la Cook-Douglas Medal, autrement dit le champion du monde des iris nains standards (SDB).

La description qui en est faite déclare : pétales blanc glacier, sépales bleu marine cernés du blanc glacier des pétales, barbes blanc, avec une petite plume blanche sous la pointe. L’observateur ajoutera combien il trouve de grâce à cette variété enregistrée par Paul Black en 2002. C’est le produit d’un croisement (Well Suited X Jazzamatazz). Le premier nommé est un SDB américain (P. Black 90) de deux tons de violet sombre, le second arrive d’Australie (Heidi Blyth 86) dans son habit richement coloré de jaune tendre et de rouge rubis. Le pedigree de ‘Well Suited’ est d’un bel équilibre : ((Cindy Mitchell x Velvet Pride) x Marie’s Delight) X ((Clay’s Caper x Crimson Velvet) x Nancy Alane). Entrons dans le détail de ces différents parents.
‘Cindy Mitchell’ = SDB, Cleo Palmer 78, bleu ciel à barbes jaunes ;
‘Velvet Pride’ = SDB, C. Palmer 76, bitone pourpre à barbes jaune ;
‘Marie’s Delight’ = SDB, C. Palmer 78, jaune lavé de brun, frère de semis de ‘Cindy Mitchell’ ;
‘Clay’s Caper’ = SDB, Ben Hager 75, violet-gris infus de pourpre, barbes violettes ;
‘Crimson Velvet’ = SDB, C. Palmer 73, pourpre à barbes jaunes ;
‘Nancy Alane’ = SDB, Bennett Jones 80, pourpre/acajou liseré de pourpre.
Sans détailler davantage, disons qu’à l’origine de ces variétés on trouve un panel de grands SDB des années 60, c'est-à-dire du moment où la recherche de SDB a véritablement commencé. On peut citer entre autres ‘Cherry Garden’ (Jones 66), issu du grand TB ‘Captain Gallant’ ; ‘Lilli-Var’ (Welch 59), variegata très recherché; et ‘Gingerbread Man’ (Jones 68), fameux petit bonhomme en pain d’épice. Ce même ‘Gingerbread Man’ apparaît également dans la famille de ‘Jazzamatazz’. Celui-ci est le produit de (Real Coquette X Be Dazzled) :
‘Real Coquette’ = SDB, B. Blyth 76, ciel/citron, de (Seafrost X Gingerbread Man) ;
‘Be Dazzled’ = SDB, Boushay 75, jaune avec spot brun, de (Velvatine X Wow).

Alors que chez les grands iris il faut remonter un nombre impressionnant de générations pour parvenir aux sources spécifiques, avec les SDB, en trois ou quatre bonds on est arrivé aux origines. Cela se vérifie pour le héros du jour. L’aventure a été surprenante : nulle part dans l’arbre généalogique on ne trouve le blanc glacier des pétales de ‘Puddy Tat’, et le bleu sombre des sépales n’est pas plus évident à découvrir ; c’est là une des joies de l’hybridation où l’on a dans l’idée d’obtenir une chose mais où les arcanes de la génétiques font venir au monde une fleur totalement différente, mais qui peut être fort belle, comme c’est le cas pour ‘Puddy Tat’. Le vainqueur de la C-DM 2009 est un iris parfaitement original, richement coloré, qui mérite bien sa récompense. Son parcours dans la course aux honneurs est impeccable :
2002 enregistrement et apparition sur le marché ;
2004 Honorable Mention (et deuxième place dans ce classement) ;
2006 Award of Merit (et deuxième place derrière ‘Cat’s Eye’ CDM 2008) ;
2009 Cook-Douglas Medal.
Qu’y a-t-il après ? La Dykes Medal ?

30.10.09







ECHOS DU MONDE DES IRIS

Les dames de France proposent cette année :

‘Boucles d’Or’ (Bersillon 2009)
‘Conte de Fées’ (Bersillon 2009)
‘Danseur Mondain’ (Bersillon 2009)
‘Ecume de Mer’ (Bersillon 2009)
‘Elie Chaix’ (Vasquez-Poupin 2009)
‘Isa’ (Vasquez-Poupin 2009)
‘Rintintin’ (Vasquez-Poupin 2009)
‘Subtilité’ (Vasquez-Poupin 2009)
‘Tentation’ ((Vasquez-Poupin 2009)

Compliments !
Trois photos cette semaine, la suite au prochain numéro.



LA COLLECTION DES MÉDAILLÉS

1966 :

DM = ‘Rippling Waters’ (Fay – US - 61) ((Native Dancer sib x semis) X (semis x May Hall)). L’un des iris les plus recherchés en hybridation dans les années 60/70. Un modèle de perfection : fleur délicatement ondulée, coloris bien uni, plante solide et florifère…

FO = Pas de Florin d’or cette année… La seconde place du concours est revenue à une variété qui n’a jamais percé : ‘Marie Phillips’ (Muhlestein – US - 63) (Graceline X Merry Lynn), un bleu glycine dont je n’ai pas trouvé de photo.

BDM = ‘Ancient Egypt’ (Fothergill – GB – 62) ((Pink Formal x Strathmore) X (Pink Formal x Mary Randall)), un rose saumoné, de l’un des plus fameux obtenteurs britanniques.










LA DAME BLANCHE

Chez les iris de Louisiane, c’est comme chez les grands iris de jardin, il y a des variétés qui ont tenu une place déterminante dans l’évolution de l’hybridation. ‘Clara Goula’ peut ainsi être comparé à ‘Snow Flurry’ pour la révolution qu’il a représentée. Avant, il n’y avait pas de véritable iris de Louisiane blanc qui vaille la peine. Après, c’est une autre histoire…

Pour parler de ‘Clara Goula’ (Arny 75), il faut évoquer d’abord son obtenteur et de son travail. A ce sujet, le mieux me semble de rapporter ce qu’à écrit Graeme Grosvenor dans son ouvrage « Iris, Flower of the Rainbow » :
« Charles W. Arny Junior, de Lafayette, Louisiane, a eu le plus grand impact qu’on peut imaginer dans le développement des iris de Louisiane modernes. Au long d’une carrière d’hybrideur qui a duré près de 40 ans, Charles Arny a introduit plus de 100 cultivars dénommés et produit un panel de gènes qui a influencé tous les hybrideurs qui lui ont succédé. Plusieurs de ses iris sont devenus des classiques. ‘Charlie’s Michele’ (Arny 69) a introduit chez les iris de Louisiane les pétales aux bords ondulés même si cette variété n’a jamais été très intéressante au jardin parce qu’elle rechigne souvent à fleurir. ‘Charlie’s Michele’ a très largement contribué à la forme des pétales ronde et ondulée, si en vogue aujourd’hui. (…) Le plus grand mérite de ‘Charlie’s Michele’ est peut-être d’être le parent du superbe ‘Clara Goula’, iris blanc très ondulé, qui a été la base de l’hybridation d’à peu près tous les iris de Louisiane de qualité qui sont venus après lui. ‘Clara Goula’ est une plante de jardin bien meilleure que ‘Charlie’s Michele’, parce que plus vigoureux, plus sain et plus constant dans ses floraisons, même s’il n’est pas aussi vigoureux et florifère que beaucoup de ses descendants. »

‘Clara Goula’ est tout simplement décrit comme : « LA, 107 cm, hâtif moyen. Unicolore ondulé, blanc tirant sur le crème très clair ; signal jaune. » En plus de sa couleur exceptionnelle, Charles Arny s’était bien rendu compte des capacités de son iris, mais ce n’est pas lui qui en a tiré profit car il a généreusement passé la main à l’hybrideur australien John Taylor. Celui-ci est devenu sans doute l’un des plus grands obtenteurs d’iris de Louisiane, grâce notamment à l’apport de ‘Clara Goula’ dans ses variétés de base.

Il n’est pas nécessaire de remonter très loin dans l’arbre généalogique de ‘Clara Goula’. Contentons-nous d’évoquer ses deux parents. D’un côté le rose bleuté ‘Charlie’s Michele’ dont il vient d’être question, de l’autre un autre produit de Charles Arny, ‘Charlies’s Angel’ (79), une variété dans les tons de blanc crémeux qui présente la particularité de n’avoir été enregistrée qu’après son illustre rejeton.

En 1982, les qualités évidentes de ‘Clara Goula’ lui ont valu comme il se doit la Mary Swords Debaillon Award qui était la plus haute récompense dédiée aux iris de Louisiane. Récompense confirmée en 87 quand le système des honneurs a été réformé et la plus haute marche du podium baptisée Mary Swords Debaillon Medal.

On trouve des descendants de ‘Clara Goula’ dans à peu près toutes les couleurs, mais ce sont les iris blancs qui profitent le mieux de ses aptitudes. Pour n’en citer que deux, commençons par un de ses descendants directs, ‘Helen Naish’ (J. Taylor 83). Cette superbe variété, d’une plaisante couleur blanc pur, légèrement influencée de vert dans les veines et les pétales, a toutes les qualités désirables : plante saine et vigoureuse, floraison tardive mais constante, aptitude à transmettre ses intéressantes dispositions à ses descendants. Cela lui a valu d’obtenir la première ADM (Australasian Dykes Medal) en 85, ce qui en a fait le premier iris de Louisiane à obtenir une médaille de Dykes, même si ce n’est pas LA Médaille de Dykes proprement dite.

Le succès de ‘Dural White Butterfly’ (J. Taylor 89) fut encore plus grand que celui de son parent ‘Helen Naish’. C’est un iris qui a bien failli ne jamais être enregistré tant il a tardé à se développer normalement dans la pépinière de son obtenteur. Mais du jour où il a démarré, il est devenu l’un des plus beaux iris de Louisiane que l’on puisse voir. Il est grand (120 cm), prolifique, et doté de fleurs larges et ondulées d’un blanc pur à peine marqué par un signal jaune clair. Partout dans le monde il a obtenu un grand succès, notamment aux Etats-Unis où malgré son origine étrangère, il a acquis en 1996 la première place dans le critérium de popularité propre aux iris de Louisiane. Entre temps il avait décroché l’ADM en 93.

On ne compte plus aujourd’hui les descendants de ‘Clara Goula’. On peut donc dire merci à Charles Arny d’avoir sélectionné ce cultivar, tout comme lui-même a pu dire merci à sa bonne étoile qui lui a valu ce succès.

23.10.09







LA COLLECTION DES MÉDAILLÉS

1965 :

DM = ‘Pacific Panorama’ (N. Sexton, US, 1960) (Swan Ballet X South Pacific), une variété dont la notoriété n’est plus à démontrer.

FO = Beaucoup moins célèbre est ‘Lorna Lee’ (Gibson, US, 1966) (semis X Frost and Flame), qui marque cependant l’émergence d’un grand hybrideur, Jim Gibson.

BDM = est revenue à ‘Mary Todd’ (Randall’, GB, 1960) (Tarn Hows X Gypsy Classic). Randall fut un excellent hybrideur, qui a remporté quatre fois la BDM.

LES COPAINS D’ALORS

La photo ci-dessus, trouvée dans le bulletin n° 278 de l’AIS, est aujourd’hui particulièrement émouvante. Elle a été prise à l’automne 1989 dans la pépinière de ben Hager, en Californie, et rassemble trois experts en iris remontants, tous les trois disparus maintenant.

Lloyd Zurbrigg, spécialiste des iris remontants, originaire du Canada et installé sur la côte Est des USA, a enregistré un nombre considérable de variétés remontantes.

A son côté Ben Hager, touche à tout de génie, qui a acquis une renommée inégalable dans toutes les sortes d’iris.

Monty Byers, le plus jeune des trois mais le premier à avoir quitté ce monde. Son parcours d’hybrideur, exceptionnel, a été interrompu avant qu’il n’ait pu montrer tout ce dont il était capable, aussi bien en ce qui concerne les Space Age que les remontants.

Une rencontre dont seule l’image peut encore rendre compte.










LE JARDINIER DE TRANA

En Italie, hybrider les iris a très longtemps été considéré comme une distraction pour aristocrates ou jardiniers dilettantes. Ce n’est qu’à partir de 1997 que des variétés italiennes ont été enregistrées. Auparavant, même si les nouveautés étaient nombreuses, personne en prenait la peine d’en faire des plantes à part entière, comme si leur obtention n’avait pas de valeur et n’était qu’un agréable divertissement. Giuseppe Giovanni Bellia (1928/1992) ne fait pas exception à cette règle. Dans l’opuscule « Le Iris tra botanica e storia », Rosa Camoletto et Liliana Quaranta dressent son portrait et démontrent que son travail d’hybrideur n’a pas été seulement un amusement de gentleman.

Giovanni Bellia est le fondateur du Jardin Botanique Rea, situé près de Turin. Son but était de créer un espace où exprimer son amour des fleurs, et, entre autres, exposer ses propres hybrides d’iris. Pour le plaisir, donc, mais aussi pour le commerce puisque, sous le nom de « Vivai di San Bernardino », il a édité un catalogue pendant quelques années.

Les iris ne constituaient qu’une toute petite partie de l’activité de Giovanni Bellia. A partir des années 80il n’a plus eu le temps de réaliser de nouveaux croisements. Mais en 87, faisant un tour dans son jardin, il découvrit trois cultivars qu’il n’avait pas encore noté dans ses carnets et il les baptisa et les y inscrivit. Après sa disparition ses collaboratrices reprirent ses carnets et ses catalogues et établirent l’inventaire des variétés obtenues par lui. Celles-ci constituent la base de la collection mise en place au Giardino Rea pour en assurer la conservation. 24 variétés ont été répertoriées et 18 ont été identifiées avec certitude et mises en culture.

Les hybrides de Bellia résultent pour la plupart de croisements entre des variétés obtenues par Nita Stross, quelques variétés américaines et les propres hybrides issus des croisements précédents. Il avait un intérêt particulier pour les fleurs jaunes, blanches ou crème et la plupart des ses iris se situent dans ces teintes. En voici la liste, qui doit prochainement être transmise à l’AIS, pour enregistrement a posteriori.

‘Anna Achmatova’ (63) = parents inconnus – lilas, veiné brun, barbes orange ;
‘Birghitta’ (63) = (Airone* X Primo Ballo*) – blanc pur, cœur jaune ;
‘Clair de Lune’ (67) = (Birghitta X Souvenir de E. Wiechert) – jaune très clair ;
‘Cristina’ (80) = (Laura X Zerlina*) – rose moyen ;
‘Cromatella’ (63) = parents inconnus – ocre, veiné de cuivre, b. jaune
‘Dalida’ (64) = (Zeffiro* X Esperia*) – deux tons de lilas, base crème ;
‘Dark Fantasy’ (83) = (Elegia* X Dalida) – violet sombre, veines claires, b. jaune ;
‘Dominique’ (67) = (Esperia* X Fiesta) – jaune ocré infus de blanc ;
‘Enrica’ (80) = (Bosforo* X Dominique) – ocre intense presque cuivre, poudré de brun ;
‘Fiesta’ (63) = (Bosforo* X Pepita*) – jaune, marqué de blanc sous barbes ;
‘Gala’ (63) = parents inconnus – violet clair ;
‘Haughtiness’ (80) = (Clair de Lune X Arpeggio*) - jaune pâle presque blanc ;
‘Laura’ (62) = ((Zerlina* X Pepita*) – rose clair marqué de brun aux épaules, b. o
range ;
‘Les Deux Gabrielles’ (80) = (Nova* X Punta Ala*) - lavande clair, pétales + sombres ;
‘Liliana’ (87) = (Sirenetta* X Primo Ballo*) - bleu ciel presque blanc, b. jaune ;
‘Ludwig van Beethoven’ (80) = (Dalida X Sonali) – lavande vif, sep. pointillés;
‘Martina’ (80) = (Dalida X Zingarella*) – bleu violet, barbes assorties ;
‘Monica’ (87) = (Sirenetta* X Ice Carnival²), - deux tons de mauve, b. orange ;
‘Orient Express’ (63) = (Concerto Grosso* X Caravan¹) – deux tons d’acajou, b. jaune ;
‘Pastello’ (87) = (Sirenetta* X Monica) - bleu pâle, barbes pointées bleu ;
‘Sonali’ (63) = (Prode Anselmo* X Ernell³) – deux tons d’amarante ;
‘Souvenir de E. Wiechert’ (63) = parents inconnus – blanc crème.
‘Sylvia’ (83) = (La Sibilla* X Punta Ala*) – indigo, barbes jaunes ;
‘White Swan’ (80) = (Primo Ballo* X North Sky ?) – blanc glacier, coeur et b. jaune;

Ces iris, qui nous paraissent aujourd’hui un peu démodés, étaient à l’époque de leur obtention tout à fait dans le genre de ce qui se faisait à l’époque.

* = variété obtenue par Nita Stross, non enregistrée ;
¹ = Tompkins 1945
² = Watkins 1954
³ = McKee 1953

16.10.09


LES PLUS BELLES PHOTOS D’IRIS

Toujours par Greenorchid, un délicieux iris bleu : ‘Duncan’s Smiling Eyes’.






LA COLLECTION DES MÉDAILLÉS

1964 :

DM = ‘Allegiance’ (Cook 57) (Dark Boatman X ((Distance x semis bleu) x Pierre Menard)) ; Un des “bleus” le plus réputés et à l’origine d’un grand nombre de variétés modernes.

FO = ‘Midnight Waltz’ (Burbridge 59) (Black Hills X Sable Night) ; La victoire d’un inconnu...

BDM = ‘Primrose Drift’ (Brummitt 68) (Arabi Pasha X Cosmetic).















UN TEINT DE PÊCHE

Il faut savoir ce que l’on veut. Richard Cayeux explique très bien pourquoi les iris abricot, ou pêche, ont eu du mal à s’imposer. « Les tons pêche et abricot apparurent en même temps que les roses à barbes mandarine. Malgré ce, ils ne rencontrèrent pas chez les hybrideurs beaucoup de passion, ceux-ci étant plus préoccupés par l’amélioration des roses, ce qui correspond d’ailleurs à l’élimination de la nuance abricot. » (L’Iris, une fleur royale, p. 101). Il ajoute que pour intensifier les oranges, les hybrideurs ont également rejeté les fleurs les moins colorées. Voilà pourquoi les iris au teint de pêche ont eu bien du mal à s’imposer. Mais quand, dans un semis, un iris pêche présentait des fleurs particulièrement réussies, sur une plante généreuse, il était quand même sélectionné. Ce qui nous vaut, dans les années 60/70, quelques iris pêche particulièrement bien venus et toujours valables. C’est le cas, par exemple de ‘Peach Frost’ (Schreiner 72), de ‘Pretty Please’ (Tompkins 72) ou de ‘Beauty Crown’ (Hamner 77).

Ce n’est qu’au cours des années 80 que, à côté d’iris roses ou orange de plus en plus saturés, les hybrideurs ont pris la peine de retenir des iris pêche spécialement savoureux. Le spécialiste des roses, Joë Gatty a enregistré ‘Paradise’ en 1980, ainsi que l’excellent ‘Delicate Balance’ en 89.

Il a entamé la décennie suivante avec ‘Soft Caress’ (91). Une décennie où le rose pêche s’est étendu à d’autres dispositions de couleurs que le traditionnel unicolore. On voit le modèle amoena conquis par cette couleur. Prenez, par exemple, ‘Champagne Elegance’ (Niswonger 87) et surtout l’adorable ‘Champagne Frost’ (Keppel 96). En même temps sont apparus des fleurs pêche dans le modèle « Joyce Terry », c'est-à-dire avec les pétales entièrement colorés et les sépales blancs bordés de la couleur des pétales. Un bel échantillon de ce modèle se nomme ‘Cutting Edge’ (Ghio 94). Celui-ci sera suivi par ‘Lasting Romance’ (Aitken 99). Quant à ‘Natural Blond’ (Ghio 2002) il introduit la couleur pêche dans le cercle très étroit des amoenas inversés, ce qui en fait une rareté que les collectionneurs devraient s’arracher.

‘Santa’ (Shoop 97), l’une des dernières obtentions de cet hybrideur discret mais passionnant, est considéré comme un aboutissement dans son travail tout en ouvrant des possibilités nouvelles avec ses marques saumonées sur le haut des sépales, mais ‘Tropical Magic’ (Shoop 95), parent femelle de ‘Santa’ avait ouvert la voie, dans un ton plus rose pêche, tout à fait dans le domaine de la chronique d’aujourd’hui. En utilisant ‘Santa’ comme parent, Tom Johnson a obtenu ‘Attractive Lady’ (2007), et ce faisant il a perfectionné ce qui fait l’originalité de ‘Tropical Magic’ car les couleurs sont plus douces mais aussi plus nettement dessinées sur les sépales.

Ces intéressantes variations ne font pas perdre de vue l’amélioration du rose pêche dans sa présentation traditionnelle. Jim Hedgecock a apporté sa contribution avec ‘Pretty Perfect’, dans une teinte claire et lumineuse, tandis que Keith Keppel, au contraire, a cherché une teinte plus sombre, plus proche du rose saumon peut-être, avec ‘Birthday Girl’ (2005), une fleur aux tépales bouillonnés, avec l’originalité supplémentaire d’une répartition irrégulière de la couleur. Enfin ‘Roper’s Revenge’ (Burseen 2007) a ajouté à un rose pêche à peine chamoisé la touche de fantaisie d’éperons bleu lavande.

A lire ce qui précède, on peut se dire que la couleur pêche est une exclusivité américaine. C’est tout à fait faux ! En Australie, dès 1994, Barry Blyth nous avait offert ‘Hostess Royale’, une fleur parfaitement réussie, dans un ton doux très agréable. Et au fin fond de l’Asie Centrale, Adolf Volfovitch-Moler a obtenu peu avant sa mort une variété plaisante que j’ai pu voir à Florence l’an dernier : ‘Vanilnoye Nebo’, enregistrée en 2007.

En Europe, on n’est pas en reste. Dès 1996 Valeria Romoli proposait ‘Buongiorno Aprile’, dans une forme bien classique, et en 2000 Lawrence Ransom dédiait à la fondatrice de la SFIB la variété ‘Gladys Clarke’, qui est un hommage gracieux et plein de tendresse. Mais les amateurs peuvent aussi maintenant se permettre de sélectionner des iris au teint de pêche. C’est ce qu’a fait Daniel Tauzin avec son ‘Eventail’, présent au concours FRANCIRIS 2007, mais qui n’est toujours pas enregistré, ce qui est dommage. Enfin ne mettons pas le point final sans parler de ‘Douce Rêverie’ (Cayeux 2006), qui donne la version française, toute en finesse, de l’amoena rose pêche.

Quand on est submergé par les bons iris roses, au point qu’on ne sait plus lequel choisir, la présence de ces iris pêche est une délicate différenciation qui ne peut qu’intéresser l’amateur à la recherche de fraîcheur et de nouveauté.

10.10.09







LA COLLECTION DES MÉDAILLÉS

1963 : Une année très britannique puisque par deux fois ‘Dancer’s Veil’ va être récompensé !

DM = ‘Amethyst Flame’ (Schreiner 57) (Crispette X (Lavanesque x Pathfinder)) ; première DM pour la maison Schreiner.

FCC (1) = ‘Aspenglow’ (Long 56) (semis DeForest X semis jaune Loomis) ;

FO = ‘Dancer’s Veil’ (Hutchison 59) ; la deuxième place revient à ‘Il Cigno’ (Stross 63) dont la photo a été publiée la semaine dernière à propos des “dames italiennes”.

BDM = ‘Dancer’s Veil’ (Hutchison 59) ((semis plicata x Dancing Waters) X Rosy Veil).

(1) Franklin Cook Cup = meilleure variété en provenance d’une autre région que la région AIS organisatrice de la Convention










A LA RECHERCHE DE L’IRIS ROUGE (version française)

L’article publié ici il y a quelques semaines à propos des recherches sur l’obtention d’un iris rouge, a intéressé certains lecteurs. C’est notamment le cas de Jean Claude Jacob, de St Pol de Léon, qui a fait de l’iris rouge un de ses sujets de recherches. Il écrit :

« J'ai essayé de croiser des iris en provenance de Ghio, comme ‘Rogue’ (96), ‘Regimen’ (99), ‘Infrared’ (2002), avec des iris de Schreiner, comme ‘Fortunate Son’ (2006), ‘Hot Spiced Wine’ (2000), des iris de Lauer, comme ‘Red Rider’ (98), de Madoré, comme ‘Locoal’ (2007), ou des croisements déjà réalisés par moi, comme notamment (Dynamite X Wine Master). J'ai également essayé d'utiliser ‘Safari Sunset’ (B. Blyth 2001), comme son obtenteur a déjà fait pour obtenir ‘Popstar’ (2003), le croisement qui a donné naissance à ‘Safari Sunset’ ayant été utilisé également dans l'un des parents de ‘Terracota Bay’ (Blyth 2005) et de ‘Drinks at Sunset’ (B. Blyth 2002).
Une autre piste de recherche est l'utilisation d'iris jaune orangé comme ‘Golden Panther’ (Tasco 2000 – DM 2009), sachant qu Grosvenor a déjà utilisé ‘Rustle of Spring’ (Grosvenor 98) pour obtenir ‘Rogue's Gallery’ (2007) et ‘Rosy Rogue’ (2005) - tous les deux : (Rogue x Rustle of Spring) -, et que Paul Black a introduit en 2009 ‘Mambo Italiano’ (Regimen x Rustle of Spring).

J'ai également utilisé ‘Torero’ (Cayeux 2003), car j'ai déjà obtenu des iris dans les tonalités de ’Lady Friend’ en croisant (Suprême Sultan x Torero).

Le problème majeur de toutes ces tentatives, indépendamment de la couleur, est surtout le manque de largeur des sépales et d'ondulations. On est encore loin des frous-frous de ‘Décadence’ (B. Blyth 2004) ou de ‘Sea Power’ (Keppel 99 – DM 2006). Le seul iris "rouge" qui présente ces ondulations et une forme de fleur parfaite est pour moi ‘Infrared’ (Ghio 2002), considéré dans leurs derniers catalogues, par Black comme le meilleur iris rouge à ce jour, et par Blyth comme le meilleur iris rouge de Ghio, ce qui est proche d'être la même chose. Le seul qui s'en rapproche au niveau de la forme est ‘Rogue’, dans une couleur plus brique. (Cette année cette variété m'a donné des hampes exceptionnelles, toutes entre 8 et 10 fleurs successives, avec une durée totale de floraison de plus de 4 semaines). »

Voilà des informations tout à fait intéressantes qui démontrent qu’on peut en France, chez les amateurs, trouver des gens qui ont des idées originales et des projets intéressants. Je ne sais pas si notre professionnel n° 1, qui a introduit ‘Torero’, a entrepris une recherche sur les iris rouges, mais il en a forcément les moyens. Il est d’autre part rassurant de voir que les recherches actuelles vont plutôt dans le sens d’une évolution naturelle que dans celui d’un recours aux manipulations génétiques. Ces dernières, de toute façon n’étant à la mesure que d’entreprises riches et fortement installées, ce ne sont pas nos petits amateurs qui peuvent les envisager ! Ils ont bien raison de se limiter à des croisements astucieux qui ont, par-dessus le marché, bien plus de chances d’aboutir que les coûteuses aventures de laboratoire.