4.12.09

ECHOS DU MONDE DES IRIS

La méthode Dotto (suite)


La méthode d’accélération des germinations imaginée par Tiziano Dotto intéresse plusieurs hybrideurs qui lisent ce blog. Voici des précisions qui se révèlent bien utiles :
· Le vin est utilisé pur ;
Les graines sont mises à tremper pour une nuit ;
Il n’est pas besoin de les rincer.

Ça vaut la peine d’essayer !










IRIS DE NOUVELLE ZÉLANDE

La Nouvelle Zélande est un pays dont on parle surtout en matière de rugby (les All Blacks). On la connaît aussi pour ses moutons. En matière de botanique ou d’horticulture, ce sont ses kiwis (actinidias) qui sont célèbres, mais pas encore ses iris. Pourtant, en cette matière, ce n’est pas une terre inconnue. Souvenons-nous de Jean Stevens et de son ‘Pinnacle’ de 1945, qui a fait le tour du monde et se trouve encore dans de nombreux jardins. Cette variété est une référence en matière d’amoena jaune. Mais son obtentrice a aussi obtenu quelques amoenas roses qui valent la peine, comme ‘Youthful Charm’ (61) ou son descendant ‘Sunset Snows’ (65) qui ont l’un et l’autre acquis une certaine célébrité. Le dernier a été assez largement utilisé en hybridation, tant aux USA qu’en Australie, et même en France puisque ‘Sur Deux Notes’ (J. Ségui 81) est son descendant direct.

Emily Jean Stevens a été une obtentrice féconde et les variétés qu’elle a enregistrées couvrent la période des années 40, 50 et 60. Sa renommée s’est étendue bien loin de son île natale et, dans un moment où les transports n’étaient pas simples, elle réussi le tour de force de placer ses iris partout dans le monde. En Nouvelle Zélande elle conserve une aura bien réelle que des gens comme Terry Johnson se chargent de soutenir.

Après le décès de Jean Stevens la Nouvelle Zélande est un peu tombée dans l’oubli, dans le domaine des iris. Il a fallu attendre une trentaine d’années pour revoir son nom dans les listings de l’AIS.

Celui qui l’a réveillée, c’est Ron Busch. Celui-ci est maintenant un monsieur d’un certain âge (il a commencé ses hybridations il y a une cinquantaine d’années) qui envisage aujourd’hui une demi retraite. On lui doit une grande quantité d’iris de tous modèles, mais, comme il le dit lui-même, son travail a été longtemps un peu « tout fou », sans objectif réellement réfléchi. Il y a eu beaucoup de produits inutiles avant qu’il ne se décide à choisir une direction à suivre. En fait il en a déterminé trois : les plicatas et amoenas roses et les noirs à barbes oranges. Il raconte lui-même sont chemin le long de ces trois voies dans une petite confession parue dans le bulletin de NZIS (société néo-zélandaise des iris). Celle des amoenas roses n’est pas allée loin car il a estimé que son travail en la matière n’aboutissait à rien d’intéressant. Il a été plus heureux avec les plicatas roses, même si il a obtenu des tas de choses, mais pas le plicata rose dont il rêvait. Quant à son travail sur les noirs à barbes orange il a, dit-il, lui aussi donné des iris intéressants, notamment dans les tons de pourpre, mais pas le noir qu’il espérait obtenir… La vie de l’hybrideur n’est pas toujours un long fleuve tranquille.

Quoi qu’il en soit il a enregistré un grand nombre de variétés diverses de grands iris, pour la plupart baptisés d’un nom commençant par « Irwell », qui est celui de l’endroit où il habite. Pour ma part, j’aime bien ses amoenas-plicatas récents comme ‘Irwell Fancy Dragon’ (2009), ‘Irwell Jazz Time’ (2009) ou ‘Irwell Tropical Magic’ (2009).

A la suite de ce franc-tireur de Ron Busch, c’est un couple d’hybrideurs plus jeunes qui a pris la succession. Ce sont les Nicoll, Alison et David. Leur pépinière, Richmond Irises, est située à Nelson, au fond de la baie de Tasman, tout à fait au nord de l’Ile du Sud et à 100 Km à vol d’oiseau à l’ouest de Wellington, la capitale de la Nouvelle Zélande. Leur première variété enregistrée, ‘It’s a Try’ (Alison Nicoll 99) fut peut-être un essai, mais, au pays du rugby, c’est un essai transformé, car il augurait bien de ce qui allait venir après. C’est un produit de (In Town X Honky Tonk Blues), un bitone bleu ciel sur bleu pourpré, qui, dans sa simplicité, me plait beaucoup. D’ailleurs les iris d’Alison se distinguent par leur côté simple et naturel, ceux de David étant plus sophistiqués. Pour comparer, voyez, de la première, le joli rose deux tons ‘Hi Babe’ (2005), et du second ‘Manuka Honey’ (2004), qui rappelle un peu l’ancien ‘Bayberry Candle’ (C. DeForest 69).

Les Nicoll ont déjà à leur actif un nombre important de nouveaux iris, dans un choix de coloris qui pose la question des pistes de recherche qu’ils ont décidé de suivre. Du bicolore d’ ‘Acrylic’ (D. Nicoll 2005) au vieux rose de ‘Tectonic’ (D. Nicoll 2009), du blanc bleuté de ‘Berlin Beauty’ (A. Nicoll 2007) au bleu de ‘Tasman Bay’ (A. Nicoll 2002), ont trouve de tout chez les Nicoll.

Ils nous donneront encore beaucoup d’iris car ils n’ont épuisé ni leurs ressources ni leur enthousiasme. Avec eux et avec quelques amateurs qui leur tiennent compagnie, la Nouvelle Zélande continuera de tenir sa place dans le monde des iris. Mais, freiné par les obstacles mis aux importations par les services phytosanitaires européens, leur travail n’a pas encore franchi les mers pour venir jusqu’à nous, ce que les collectionneurs doivent regretter.

3.12.09

REPRISE

Mon ordinateur principal est toujours HS, mais les moyens de secours ayant été mis en place, l'activité de Irisenligne peut reprendre. Prochains messages demain !

LA COLLECTION DES MÉDAILLÉS

1969

DM : Pas attribuée.
FO : ‘Irish Charmer’ (Pickard 65) (Picora Pink X Esther Fay) Un iris aux pétales rose dragée et aux sépales blancs liserés du rose des pétales, qui n’a pas laissé beaucoup de traces : pas trouvé de photo ! En deuxième position est arrivé ‘Diplomacy’ (Keppel 65) (Rococo X Whole Cloth) pour lequel non plus je n’ai pas de photo.
BDM : ‘Golden Forest’ (Hutchison 58) ((Dora Morris x Benton Susan) X Dancing Sunlight).






LA FLEUR DU MOIS

‘Old Black Magic’


Décembre : on est loin des beaux jours d’été. Cependant ce n’est pas le gris du temps qui fait penser à un iris noir, mais la qualité de la photo d’Antoine Bettinelli publiée récemment sur le net m’a rappelé combien cette fleur était intéressante.

La Check-List des années 90 la décrit ainsi : « Schreiner – 96 - TB, 91 cm, HM. Unicolore noir de charbon, légèrement ondulé ; barbes jaunes ; parfum doux mais prononcé. Midnight Dancer X Back in Black. » Cette description n’est peut-être pas tout à fait exacte car la couleur de la barbe n’est pas « jaune », mais « moutarde ». Pour le reste, c’est à peine si la couleur « noir de charbon » attribuée à l’ensemble de la fleur est exagérée. Disons qu’il s’agit d’un bleu marine très foncé.

Cette variété fait partie de beaux iris noirs produits par la maison Schreiner du temps de sa plus grande splendeur. Les catalogues de ces années exceptionnellement riches présentaient à chaque fois au moins un iris noir remarquable. Qu’il s’agisse de ‘Hello Darkness’ (92), ‘Paint it Black’ (94), ‘Around Midnight’ (95), ‘Thunder Spirit’ (96), ou ‘Midnight Dancer’ (91) qui est la “mère” de la vedette du jour.

‘Old Black Magic’ peut être qualifié de noir de noir. En effet ses deux parents sont des iris noirs ou considérés comme tels. Pour être renseigné sur les antécédents de ‘Back in Black’, son père, il faudrait disposer des carnets de notes de Bob Schreiner car la description qui en est faite se résume à dire qu’il est de ‘Superstition’ X semis, ce qui nous laisse sur notre faim. En revanche la famille de ‘Midnight Dancer’ est précisément donnée. Elle n’est pas simple. On y trouve ce qui s’est fait de mieux dans les tons bleu marine ou quasiment noir au cours des années 50/70 : ‘Allegiance’ (Cook 57), Black Swan’ (Fay 60)(trois fois), ‘Navy Strut’ (Schreiner 74)(trois fois aussi), ‘Matinata’ (Schreiner 68), et ‘Tuxedo’ (Schreiner 65).

Malgré ses qualités, ‘Old Black Magic’ n’a pas été suivi d’une longue liste de descendants. Je n’ai trouvé que ‘Harvest Maiden’ (Schreiner 2007), qui n’est pas noir mais brun, et deux frères de semis de Vernon et Dana Brown, ‘O So Very’ et ‘Scentillating Scentinel’ (2005). Mais il doit bien y en avoir quelques autres.

Depuis la disparition de Bob Schreiner, l’illustre maison de Salem a perdu de son éclat. Elle continue de produire des iris de grande qualité, mais elle ne se renouvelle plus guère et ses dernières obtentions sont, pour la plupart, des répétitions à peine modifiées des variétés exceptionnelles des années 70/90. Comme ‘Old Black Magic’.






LES IRRADIÉS

C’est Jean Peyrard qui m’a écrit, à propos de la recherche de l’iris rouge : « P.Anfosso avait essayé il y a une vingtaine d'année de faire irradier des graines, je pense que ce serait les fleurs avant la fécondation qu'il faudrait irradier. » On peut imaginer en effet qu’une irradiation pourrait provoquer cette mutation génétique dont un autre lecteur de Irisenligne, Jean Luc Rémy, prévoit qu’elle se produira un jour.

Mais qui sont ces iris issus de graines irradiées, d’où viennent-ils et qu’ont-ils engendré comme descendance ?


Le premier s’appelle ‘Matamore’ (P. Anfosso 90) ; c’est un rouge acajou tout à fait classique issu du croisement (Spartan X Post Time). ‘Spartan’ (Schreiner 73) se présente comme un bel iris bourgogne, y compris les barbes, avec tous les traits des fleurs de son époque. Son aîné, ‘Post Time’ (Schreiner 71) est plus bronze que grenat. L’un et l’autre sont des variétés qui ont été très appréciées, aussi bien au plan commercial que génétique et qui font partie des grands succès de chez Schreiner. Ce sont des variétés comme cela qui ont apporté aux Schreiner la fortune et la renommée. Avec des parents comme ces deux-là, ‘Matamore’ avait bien des chances d’être une belle fleur. Le résultat a été à la hauteur des espérances, du moins dans le domaine de la génétique, car pour ce qui des effets de l’irradiation, il faut bien dire qu’ils n’ont pas été évidents. ‘Matamore’ n’est pas un ris rouge.

Le second se nomme ‘Laser’ (P. Anfosso 90) ; Il est dans les tons de rouge ocré. Son pedigree est un peu plus compliqué que le précédent mais fait appel à des fleurs aux qualités éprouvées : ((Carmen X x Marmalade) X Mulled Wine). Ses deux grands parents femelles font partie de la grande famille des iris orange. ‘Carmen X’ (P. Anfosso 85) est un des plus jolis cultivars produit par son obtenteur. La couleur orange se trouve, sur les sépales, moirée d’ocre, avec un liseré plus clair, le tout bien mis en valeur par la barbe minium. Au plan de ses origines, c’est un enrichissement de l’orange par endogamie : (Flaming Light X Hayride). L’un et l’autre sont déjà des iris orange, le premier ‘Flaming Light’ (Opal Brown 73) est franchement orange, l’autre, ‘Hayride (Bennett Jones 70) peut être qualifié de bitone ou de bicolore, orange / jaune. L’astuce, pour ‘Carmen X’ a été d’apporter un approfondissement de la couleur par l’apport du rouge de ‘Mulled Wine’ (Keppel 82), qui reste encore aujourd’hui l’un des iris les plus proches du rouge tant recherché. Quand on regarde ‘Carmen X’ on se demande quel a été l’effet de l’irradiation. Car il semble bien que sans ce traitement le résultat aurait été identique.

Les rayonnements auxquels les graines de ‘Laser’ et de ‘Matamore’ ont été exposées ont-ils eu des répercussions sur les descendants de ces deux variétés ?

Pour ce qui est de ‘Laser’, je ne lui connaît qu’un descendant direct – mais il y en a peut-être d’autres que je n’ai pas répertoriés – ‘Messire Stanislas’ (Peyrard 2000), dont les couleurs rappellent plus sont autre parent, ‘Cabaret Royale’, que sa « mère » ‘Laser’. Quant à ‘Matamore’ sa descendance semble inexistante. Il est vrai qu’en dehors du traitement dont il a été l’objet « ante natum » il ne présente pas d’intérêt particulier.

L’expérience tentée par Pierre Anfosso a donc échoué. Sans doute a-t-elle été tentée sur ces deux croisements parce que leurs origines laissaient à penser qu’ils contenaient les prémices d’une couleur rouge, mais le pigment qui manque aux iris pour qu’ils se montrent en vrai rouge, la pélargonidine, aurait pu, ce me semble, être recherché à partir de fleurs de n’importe quelle couleur. L’idée, d’irradier les fleurs avant fécondation, suggérée par Jean Peyrard aurait-elle eu plus de chance d’aboutir au résultat tant espéré ? Peut-être qu’un physicien pourrait le dire… Pour ma part je redoute terriblement ces manipulations. Je n’ai pas envie de voir nos chers iris pollués, voire mutés par ces jeux d’apprentis sorciers. Laissons faire la nature. Cherchons à perfectionner ce que l’on a, travaillons astucieusement à s’approcher du rouge par les voies naturelles, et admettons que l’iris de jardin ne soit pas génétiquement prévu pour être rouge. N’est-ce pas une de ses originalités ?

27.11.09

PAS DE CHRONIQUE CETTE SEMAINE POUR CAUSE DE PANNE. DÈS QUE MON APPAREIL SERA DE NOUVEAU EN COMPLET ÉTAT DE MARCHE, LA PUBLICATION REPRENDRA !

20.11.09




LA COLLECTION DES MÉDAILLÉS

1968 :

DM
= ‘Stepping Out’ (Schreiner 64) (parents inconnus). Une variété archi-connue, que l’on peut qualifiée d’incontournable et qui est aussi une des favorites des amateurs d’iris.

FO = ‘Bewitching’ (Lyon 65), une variété complètement oubliée aujourd’hui ce qui n’est pas le cas de son suivant ‘Radiant Apogee’ (Gibson 64) (Henna Stitches x Wild Ginger) qui a fait une jolie carrière et qu’on trouve toujours dans de nombreux jardins.

BDM
= La BDM n’a pas été attribuée.
ECHOS DU MONDE DES IRIS

Grosvenor 2010

Avec quatorze nouveautés (peut-on dire seulement), Graeme Grosvenor reste dans des quantités raisonnables. Son compatriote Barry Blyth, lui, n’a pas hésité, au même moment, de proposer 41 nouveaux iris, ce qui prend des allures « à la russe », pas forcément gage de qualité garantie. Les choix de Grosvenor, qui ont été présentés par S. Cancade sur son propre blog, abordent dix des quatorze coloris traditionnels (1). C'est-à-dire qu’on ne peut plus parler de travail ciblé, mais qu’on est dans le domaine de l’industriel. On trouve donc :
Deux fleurs jaunes (plus un amoena jaune inversé) ;
Une fleur orange (abricot) ;
Une fleur rose ;
Une fleur bleu clair (amoena inversé descendant de ‘Crowned Heads’) ;
Deux fleurs bleu soutenu ;
Deux blancs dont un liseré jaune à la façon de ‘Bride’s Halo’ ;
Un brun-rouge ocré ;
Un plicata bleu ;
Un amoena bleu ;
Un bicolore rose clair/prune.

Toutes ces fleurs présentent un aspect classique, amplement ondulé mais sans excès.
Si le catalogue n’arrivait pas d’Australie, on aurait pu penser que le choix avait été fait par la Maison Schreiner !

ECHOS DU MONDE DES IRIS

Tom Magee

Le dernier bulletin de l’AIS nous apprend le décès de Tom Magee. Cet obtenteur originaire de l’Oklahoma, avait obtenu des iris dans presque toutes les catégories. S’il ne fut pas parmi les plus célèbres, au moins deux de ses variétés ont eu un certain succès : ‘Colorado Sunshine’ (78), tout d’abord, vainqueur de la President’s Cup en 1982, puis ‘Acoma’ (90) qui a frôlé la Dykes Medal en 1999.
ECHOS DU MONDE DES IRIS

La méthode Dotto (suite)

Le 11 juillet dernier, dans un « Echo du monde des Iris », je faisais été de la méthode élaborée par l’Italien Tiziano Dotto pour accélérer la germination des iris. Il s’agit de faire tremper les graines dans le vin rouge. Il y a quelques jours, le 2 novembre exactement, Tiziano Dotto a mis un commentaire sur cet Echo, que je reproduis ci-dessous :

« Bonjour, excusez mon français, j'ai l'aide d'un traducteur automatique. Je suis la méthode Dotto, je voulais vous remercier pour votre avis et je dois vous avertir que les hybrides semés en Juillet sont déjà nés de 15 jours, je voudrais envoyer des photos mais je ne sais pas comment. Merci »

La méthode Dotto fonctionne donc, si l’on en croit son inventeur. C’est une exellente nouvelle pour les amateurs impatients de voir le produit de leurs croisements, et pour les professionnels qui pourraient gagner plusieurs précieuses années dans leur travail.











LE FACTEUR DE LITTLE ROCK
Henry Rowlan

C’est amusant de constater combien d’hybrideurs américains ont travaillé à la Poste ! Celui d’aujourd’hui fait partie des postiers amateurs d’iris, comme Bennett Jones, Jim Gibson et quelques autres. Il a travaillé 37 ans au US Postal Service, essentiellement comme ambulant, c'est-à-dire convoyeur du courrier dans les trains de nuit, avant de terminer comme facteur rural. Auparavant, comme la plupart des hommes de sa génération, il a servi dans l’armée, pendant la deuxième guerre mondiale, puis pendant la guerre de Corée, en qualité de navigant mécanicien dans l’US Air Force, accumulant plus de 13000 heures de vol, et plusieurs fois décoré pour son courage.

Il habitait à Little Rock, dans l’Arkansas (une ville qui abrita en 1957/58 l’un des épisodes les plus emblématiques de la lutte des noirs pour les droits civiques, en particulier leur libre accès aux écoles publiques). C’est en 1952 qu’un ami lui donna quelques grands iris, et c’est de là qu’est partie sa carrière d’hybrideur. Une carrière qui lui valu deux Mary Swords DeBaillon Medals (la plus haute récompense pour les iris de Louisiane) et quelques autres distinctions de moindre importance.

Il s’est lancé rapidement dans l’hybridation, mais ce n’est que dans les années 70 qu’il a commencé à enregistrer ses variétés, de grands iris notamment. Il s’est tout de suite intéressé aux iris à éperons et, à quelqu’un qui lui demandait pourquoi il avait fait ce choix, il a répondu : « C’est là qu’il y a de l’argent à gagner, ce sont les iris du futur ». Il avait raison, même si ses motivations n’avaient semble-t-il rien d’artistique ou de scientifique ! Dans cette catégorie il a obtenu des variétés qui, sans atteindre le sommet de la gloire – à l’époque les Space Age étaient considérés comme des sous-iris – lui ont permis de gagner un peu d’argent, ce qui était le but recherché. Parmi ces variétés largement répandues citons ‘Arkansas Skies’ (81), ‘Horns of Plenty’ (86), et surtout ‘Hula Moon’ (78) qui a fait le tour du monde.

Cependant ce n’est pas aux TB qu’il doit sa véritable renommée, mais plutôt aux iris de Louisiane, auxquels il a consacré la plus grande part de son énergie et de son temps. C’est Frank Chowning, une autre figure importante du monde des iris de Louisiane qui, vers la fin des années 70, lui a fait connaître ces fleurs encore nouvelles à l’époque mais pleines d’avenir au point de devenir la deuxième sorte d’iris cultivée, derrière les TB. Toute sa vie d’hybrideur il est resté fidèle à son mentor, continuant le travail de ce dernier après sa disparition. Marie Caillet, l’une des créatrices des LA (iris de Louisiane) a fait de lui le portrait suivant :
« Beaucoup des iris de Rowlan ont pour base les variétés de Frank Chowning comme ‘Anne Chowning’, ‘Miss Arkansas’, ‘Missey Reveley’, ‘Bryce Leigh’, ‘Black Gamecock’ et quelques semis Chowning non enregistrés. L’un de ses buts était de continuer dans la tradition des iris de Chowning consistant à développer des plantes rustiques, avec des hampes courtes mais des fleurs nombreuses et bien disposées le long de la tige. Il a aussi utilisé d’autres iris en tant que parents, ‘Dr Dormon’ pour récupérer le large cœur jaune soleil, ‘Charlie’s Michele’ pour conserver l’effet halo. Il a aussi travaillé avec d’anciennes variétés comme ‘Peggy Mac’ et des variétés modernes comme ‘Jeri’ et ‘Old South’, mais aussi avec beaucoup de ses propres obtentions ».

Ses efforts ont été récompensés, je l’ai dit plus haut, par deux Mary Swords DeBaillon Medals. La première, en 93, pour ‘Frank Chowning’ (84) et la seconde en 97 pour ‘Voodoo Magic’ (86). Le premier est dans les tons de rouge cassis avec un signal jaune, il est issu de (Ann Chowning X Miss Arkansas) ; le second est plutôt couleur pourpre fuchsia, avec des sépales au cœur veiné de crème et un petit signal jaune. Son pedigree est très différent du précédent : (Black Gamecock X Dr Dormon).

Si les efforts d’Henry Rowlan ont essentiellement porté sur les LA, il ne faut pas négliger le reste de sa production qui a englobé non seulement les TB Space Age, mais aussi les MTB, ce qui n’est pas fréquent et dénote que cet homme généreux était aussi quelqu’un d’éclectique et d’inventif.

13.11.09


LES PLUS BELLES PHOTOS D’IRIS

Ce qui fait la valeur d’une photo n’est pas seulement la qualité du sujet. L’arrière-plan peut avoir un rôle considérable. Comme dans ce cliché de ‘Good Day Oregon’, saisi par celle qui se fait appeler « Flowerfrenzy », et que l’on peut féliciter.

ECHOS DU MONDE DES IRIS

Un fou d’iris :

C’est ainsi qu’on peut qualifier Sergeï Loktev, le plus connu et le plus prolifique des hybrideurs russes. Il a créé son propre site que vous pouvez aller visiter à l’adresse suivante : http://www.irisdreamer.ru/ . Allez-y, même si c’est écrit en caractères cyrilliques, vous verrez les produits du cru et constaterez que les obtenteurs russe rattrappent rapidement leurs confrères du reste du monde. Le problème, c’est qu’il n’est pas encore possible de se procurer ces iris « exotiques ».






ECHOS DU MONDE DES IRIS

Les dames de France proposent cette année :

# ‘Boucles d’Or’ (Bersillon 2009)
# ‘Conte de Fées’ (Bersillon 2009)
*‘Danseur Mondain’ (Bersillon 2009)
‘Ecume de Mer’ (Bersillon 2009)
‘Elie Chaix’ (Vasquez-Poupin 2009)
‘Isa’ (Vasquez-Poupin 2009)
# ‘Rintintin’ (Vasquez-Poupin 2009)
*‘Subtilité’ (Vasquez-Poupin 2009)
*‘Tentation’ ((Vasquez-Poupin 2009)

Les trois dernières !










QUATRE BEAUX JAUNES

Perry Dyer est un fin connaisseur. Ses choix d’iris sont toujours parfaits et si, quelquefois, ils nous paraissent étonnants à nous européens, ils se révèlent à l’examen tout à fait justifiés. Dans ses « Contemporay Awards » des dernières années j’ai relevé quatre beaux iris jaunes qui méritent qu’on leur accorde une brève analyse.

À ‘Pure as Gold’ (Maryott 93) il a attribué son “DARK HORSE AWARD 2005/06”, c'est-à-dire le prix de la variété datant de moins de dix ans, oubliées par les juges et méritant néanmoins une belle récompense. Cette variété lui rappelle ‘Aztec Sun’ (l’une de ses propres obtentions) « avec une intense saturation de la couleur et une résistance aux effets du soleil qui lui permet de ne pas griller même par les plus fortes chaleurs ». C’est également un « remontant fiable dans plusieurs régions ». Ajoutons que son pedigree (Radiant Energy X Sound of Gold) en fait un « jaune de jaune » garant des qualités repérées par Perry Dyer.

‘Sun Power’ (T. Johnson 2003) est de (Hollywood Blonde X Goldkist). Il a obtenu le “SUN BELT AWARD 2007/08” qui récompense une variété qui a largement fait ses preuves sur le marché. « Ce jaune pur très ondulé est un signal que l’on remarque à travers le jardin. La plante est incomparable, avec un riche feuillage bleu-vert. Il a hérité de son père ‘Goldkist’ un magnifique branchement et un excellent nombre de boutons. »

‘Ritzy’ (Hager 2004) possède un pedigree un peu compliqué mais qui met en jeu des iris jaunes réputés : (Dixie Moon sib X ((Prestige Item x In Person) x (Presence x ((Catalyst, x Perfect Accent) x Flaming Victory))). Il fait partie de ces plantes que Richard Ernst a trouvées dans la succession de Ben Hager et qu’il a enregistrées après la mort de ce dernier. C’est le « MEILLEUR JAUNE DE L’ANNÉE 2005/06 ». C’est « une avancée majeure dans les jaunes frisés, particularité qui fait que les fleurs ont notoirement du mal à s’ouvrir sans se déchirer et rend les couleurs fragiles par temps sec. Semblable à ‘Amarillo Frills’, bien qu’un peu plus clair, plus propre et plus élégant, il garde mieux sa forme, surtout dans les conditions climatiques perturbées, et il a des tiges plus hautes et plus fortes, avec trois branches en forme de candélabre modifié. »

‘King of Light’ (Baumunk 2005) (Amber Elegance X Quito) a obtenu le “PICK OF THE LITTER AWARD 2005/06” qui couronne le semis de l’année le plus remarquable et prometteur. Il attire l’œil par la richesse de son coloris doré, un peu cuivré, qu’il tient notamment de sa « mère », ‘Amber Elegance’ (Baumunk 98), et, par elle de ses ancêtres bronzés, ‘Rustler’ (Keppel 87) et ‘Harvest King’ (Schreiner 90). Ce qui fait tout son charme ce sont ces fines stries brunes qui en soulignent le cœur comme le khôl enjolive le regard des femmes orientales. «Ses superbes tiges ont trois branches parfaitement espacées (…), la plante est sans défaut, avec un feuillage sain et une agréable vigueur ». Enfin, pour la bonne bouche, c’est un iris qui sait se tenir sous le froid et la pluie.

Rappelons que les grands classiques jaunes selon Perry Dyer sont :
‘Brightside’ (Schreiner 61) – joli jaune primevère, légèrement frisé et ondulé, bien dans le genre de son époque ;
‘Miss Illini’ (Varner 66) – jaune franc, très classique, évidemment ;
‘Ola Kala’ (Sass 42) – une variété que l’on ne décrit plus tant elle est connue ;
‘Silence’ (Tompkins 66) – un jaune d’or bien vif, avec un spot blanc sous les barbes.

7.11.09







ECHOS DU MONDE DES IRIS

Les dames de France proposent cette année :

# ‘Boucles d’Or’ (Bersillon 2009)
# ‘Conte de Fées’ (Bersillon 2009)
‘Danseur Mondain’ (Bersillon 2009)
‘Ecume de Mer’ (Bersillon 2009)
‘Elie Chaix’ (Vasquez-Poupin 2009)
‘Isa’ (Vasquez-Poupin 2009)
# ‘Rintintin’ (Vasquez-Poupin 2009)
‘Subtilité’ (Vasquez-Poupin 2009)
‘Tentation’ ((Vasquez-Poupin 2009)

La semaine dernière les photos des variétés marquées # ont été publiées.
En voici trois autres. Encore une semaine de patience pour voir les trois dernières !






LA COLLECTION DES MÉDAILLÉS

1967 :


DM = ‘Winter Olympics’ (O. Brown – US – 63) (Poet's Dream X Eleanor's Pride) : le premier iris blanc à triompher dans la compétition la plus prestigieuse, et celui qui a assis la réputation d’Opal Brown.

FO = ‘Christie Ann’ (Gaulter – US - 63) (Glittering Amber X Marilyn C) ; ce n’est pas la variété qui a fait la renommée de Larry Gaulter, mais c’est tout de même un joli rose.

BDM = ‘Blueyed Brunette’ (C. Hall – GB - 62) (Quechee X Carnton) ; une jolie fleur couleur de noisette.






LA FLEUR DU MOIS

‘Simfoniya’

Novembre : on est encore dans l’atmosphère de l’automne. C’est un peu celle que suggère l’iris ‘Simfoniya’ (Volfovitch-Moler 92).

En 1997, j’ai fait un échange de plantes avec Adolf Volfovitch-Moler. J’étais un peu inquiet à l’idée d’envoyer, et surtout de recevoir des iris en provenance de cette lointaine république d’Asie centrale qu’est l’Ouzbékistan. Eh bien, non, pas de problèmes : les colis ne voyagent plus à dos de chameau et l’envoi est arrivé sans difficultés si ce n’est un délai de transport un peu long, et donc des rhizomes un peu desséchés. Dans le colis il y avait une quinzaine d’obtentions maison qui, an dépit de leur état de dessiccation, ont toutes repris. Ma collection en contient encore douze, dont ‘Ikar’ (92 – FO 95) et une autre qui me tient particulièrement à cœur : ‘Simfoniya’.

‘Simfoniya’ a été remarqué dès son apparition en Europe, pour le Concours de Florence de 95. Il y a été déclaré « meilleure variété tardive ». Comme beaucoup d’iris qui prennent leur temps avant de fleurir, c’est une plante robuste, haute (120 cm) et charpentée. Il est d’autant plus remarquable que cette haute taille, en fin de saison, attire le regard sur ses fleurs vivement colorées. Les pétales mauves dominent des sépales pourprés ourlés du mauve des pétales, où s’étalent de volumineuses barbes minium.

Quand il a réalisé son croisement, Adolf Volfovitch ne disposait que des rares variétés parvenues on ne sait comment au fin fond de l’Asie. Parmi celles-ci il en est trois dont il a fait un abondant usage : ‘Pink Sleigh’, ‘Pipes of Pan’ et ‘Rippling Waters’. Ces deux derniers figurent au pedigree de ‘Simfoniya’, dans un sens, ainsi que de ‘Aelita’, ‘Ikar’ et ‘Vostochny Ornament’, en sens inverse. ‘Aelita’, mauve pâle, est le plus banal des quatre. ‘Vostochny Ornament’, crème et pourpre, a beaucoup de ressemblance avec la vedette de ce mois, quant à ‘Ikar’, amoena blanc et mauve, il vaut surtout par les qualités des touffes qu’il produit rapidement.

Quelques mots pour rappeler ce que sont ‘Rippling Waters’ et ‘Pipes of Pan’. ‘Rippling Waters’ (Fay 61 – DM 66) est une des bases de l’histoire des grands iris. La perfection de la forme de ses fleurs, leurs bords agréablement dentelés et ses qualités végétales ont fait que ses gènes se trouvent maintenant dans la presque totalité des iris contemporains. ‘Pipes of Pan’ (O. Brown 63) est un des géniteurs de base dans le programme d’Opal Brown. Il est à l’origine, entre autres, de ‘Lightning Ridge’ (O. Brown 66) et, avec lui, de ‘Latin Tempo’ (B. Blyth 74) qui fait partie des piliers du travail du célèbre obtenteur australien.

Dans un jardin, en fin de saison des iris, ‘Simfoniya’ se fait agréablement remarquer. Il est dommage que ses origines exotiques n’aient pas permis qu’il ait une plus large diffusion.















PUDDY TAT
Le SDB de l’année

C’est à Michèle Bersillon que je dois la traduction de ce « Puddy Tat » qui m’intriguait. Vous voulez, vous aussi, savoir ce que cela veut dire ? Je vous livre ma science toute fraîche ! Puddy Tat, c’est une déformation de « Pussy Cat », autrement dit « Gros Minet ». Dans le doublage français du dessin animé, le méchant chat qui veut manger Titi parle avec « un cheveu sur la langue » : c’est la même chose en anglais, d’où le nom…

Ceci est bon à savoir, mais cela nous éloigne du sujet d’aujourd’hui, le portrait de ce magnifique petit iris qui a enlevé cette année la Cook-Douglas Medal, autrement dit le champion du monde des iris nains standards (SDB).

La description qui en est faite déclare : pétales blanc glacier, sépales bleu marine cernés du blanc glacier des pétales, barbes blanc, avec une petite plume blanche sous la pointe. L’observateur ajoutera combien il trouve de grâce à cette variété enregistrée par Paul Black en 2002. C’est le produit d’un croisement (Well Suited X Jazzamatazz). Le premier nommé est un SDB américain (P. Black 90) de deux tons de violet sombre, le second arrive d’Australie (Heidi Blyth 86) dans son habit richement coloré de jaune tendre et de rouge rubis. Le pedigree de ‘Well Suited’ est d’un bel équilibre : ((Cindy Mitchell x Velvet Pride) x Marie’s Delight) X ((Clay’s Caper x Crimson Velvet) x Nancy Alane). Entrons dans le détail de ces différents parents.
‘Cindy Mitchell’ = SDB, Cleo Palmer 78, bleu ciel à barbes jaunes ;
‘Velvet Pride’ = SDB, C. Palmer 76, bitone pourpre à barbes jaune ;
‘Marie’s Delight’ = SDB, C. Palmer 78, jaune lavé de brun, frère de semis de ‘Cindy Mitchell’ ;
‘Clay’s Caper’ = SDB, Ben Hager 75, violet-gris infus de pourpre, barbes violettes ;
‘Crimson Velvet’ = SDB, C. Palmer 73, pourpre à barbes jaunes ;
‘Nancy Alane’ = SDB, Bennett Jones 80, pourpre/acajou liseré de pourpre.
Sans détailler davantage, disons qu’à l’origine de ces variétés on trouve un panel de grands SDB des années 60, c'est-à-dire du moment où la recherche de SDB a véritablement commencé. On peut citer entre autres ‘Cherry Garden’ (Jones 66), issu du grand TB ‘Captain Gallant’ ; ‘Lilli-Var’ (Welch 59), variegata très recherché; et ‘Gingerbread Man’ (Jones 68), fameux petit bonhomme en pain d’épice. Ce même ‘Gingerbread Man’ apparaît également dans la famille de ‘Jazzamatazz’. Celui-ci est le produit de (Real Coquette X Be Dazzled) :
‘Real Coquette’ = SDB, B. Blyth 76, ciel/citron, de (Seafrost X Gingerbread Man) ;
‘Be Dazzled’ = SDB, Boushay 75, jaune avec spot brun, de (Velvatine X Wow).

Alors que chez les grands iris il faut remonter un nombre impressionnant de générations pour parvenir aux sources spécifiques, avec les SDB, en trois ou quatre bonds on est arrivé aux origines. Cela se vérifie pour le héros du jour. L’aventure a été surprenante : nulle part dans l’arbre généalogique on ne trouve le blanc glacier des pétales de ‘Puddy Tat’, et le bleu sombre des sépales n’est pas plus évident à découvrir ; c’est là une des joies de l’hybridation où l’on a dans l’idée d’obtenir une chose mais où les arcanes de la génétiques font venir au monde une fleur totalement différente, mais qui peut être fort belle, comme c’est le cas pour ‘Puddy Tat’. Le vainqueur de la C-DM 2009 est un iris parfaitement original, richement coloré, qui mérite bien sa récompense. Son parcours dans la course aux honneurs est impeccable :
2002 enregistrement et apparition sur le marché ;
2004 Honorable Mention (et deuxième place dans ce classement) ;
2006 Award of Merit (et deuxième place derrière ‘Cat’s Eye’ CDM 2008) ;
2009 Cook-Douglas Medal.
Qu’y a-t-il après ? La Dykes Medal ?