5.12.08











LA CONFERENCE DE 1922

L’idée d’une conférence mondiale à propos des iris remonte à 1914. Elle provient de Philippe de Vilmorin qui, à l’époque, faisait figure de leader dans le monde des iris. Il fit déposer son projet au Comité de Floriculture de la SNHF par son fidèle Séraphin Mottet, mais évidemment, même si le projet a paru séduisant à tout le monde, les événements n’ont pas permis de le faire aboutir. Ce n’est qu’en 1921 que le même Séraphin Mottet, toujours dévoué à son patron, décédé entre temps, relança le projet. L’année 1922 semblait tout à fait opportune pour réunir la Conférence puisque c’était celle du centenaire de l’apparition de la première variété d’iris cultivée, par le fait de M. de Bure.

La France était donc le berceau des iris de jardin, mais depuis les initiatives de M. de Bure, les choses avaient fortement évolué : la Grande Bretagne, tout d’abord, puis les Etats-Unis, avaient emboîté le pas à la France et en Amérique, même, le phénomène iris avait déjà pris une ampleur telle que la position de la France se trouvait passablement réduite, la guerre ayant interrompu le travail de nos hybrideurs, tandis que ceux d’Amérique avaient continué leurs recherches et, de ce fait, pris de l’avance sur leurs collègues européens. L’idée de replacer notre pays dans la compétition, en le situant à l’origine d’une initiative originale et prestigieuse, ne pouvait qu’avoir du succès auprès des autorités horticoles et botaniques françaises. Le projet de P. de Vilmorin et S. Mottet prit donc corps, et une commission ad hoc créée au sein de la SNHF le prit en main. Elle décida que la Conférence :
- serait internationale ;
- concernerait toutes les catégories d’iris alors connues et cultivées ;
- réunirait les plus éminents spécialistes qui apporteraient leur contribution sous forme de communications et de participations matérielles ;
- qu’une séance plénière, au printemps 22, réunirait tout ce beau monde à Paris.

La Conférence rencontra une franche adhésion de la part des plus grands iridophiles du monde, c’est à dire des Anglais et des Américains. Parmi les étrangers qui ont répondu « oui » à la proposition française on trouve les noms de Arthur Bliss, William Dykes, Alice Harding, Amos Perry, Grace Sturtevant, John Wister et George Yeld. Du côté français les participants les plus en vue étaient MM. D. Bois, F. Cayeux, F. Denis, L. Millet, S. Mottet, A. Nomblot, A. Nonin, J. Pinelle, M. Turbat et la famille de Vilmorin.

Le bureau de la Conférence fut désigné dès novembre 21 et fut composé de MM. Bois, président, Dykes et Wister, présidents d’honneur, Cayeux et de Vilmorin, vice-présidents, Guillaumin, Mottet et Pinelle, secrétaires, et Millet, vice-secrétaire.

La séance plénière se déroula le 27mai 1922 à la SNHF, à Paris. Les discussions furent vives et intéressantes, les Français n’étaient pas toujours d’accords avec leurs collègues de langue anglaise, mais un consensus s’est fait sur tous les sujets débattus. Il fut notamment décidé que ce seraient les Américains qui seraient chargés de l’enregistrement des noms et des caractéristiques de toutes les variétés apparaissant dans le monde. Ils exercent toujours cette prérogative.

Bien entendu tous les participants se sont ensuite rendus dans les grandes pépinières de la région parisienne pour admirer les obtentions de MM. Cayeux, Millet, Nonin et Vilmorin.

Les actes et comptes-rendus de cette Conférence furent notés dans un ouvrage appelé « Les Iris Cultivés », édité par la SNHF en 1923.

Ce fut un grand événement, mais qui n’a pas eu immédiatement de suite. La Commission des Iris ne reprit de l’activité qu’en 1927. La Conférence elle-même n’a pas eu de suite avant le Congrès International d’Orléans, en 1978, et encore celui-ci fut-il quelque peu boudé par les Américains, de sorte qu’il n’eut pas l’impact de la Conférence de 1922 qui reste une manifestation unique dans le monde des iris.

1 commentaire:

jean peyrard a dit…

On peut trouver chez les bouquinistes un compte rendu de cette reunion sous la forme d'un ouvrage, malheureusement le papier est de mauvaise qualité.