RÉCRÉATION (réponses)
Provinces de France
- La réponse est F. Millet
20.4.07
13.4.07
ECHOS DU MONDE DES IRIS
Un iris d’un nouveau type ?
Trouvé la photo ci-jointe sur le net, postée par l’obtenteur américain George Sutton. Un cocktail de ce qui existe actuellement : plicata (ou à peu près), broken-color, space-age. Un brokenplicsa ?? En tout cas ce phénomène excite l’imagination : certain le nomme « Omelette aux Lardons », un autre en fait le modèle « Polka Dotted », un autre encore parle de « Measles » et un autre enfin a trouvé « Dotty Thingy ». A qui le tour ? En fait, cette étrange chose me fait beaucoup penser à un certain ‘Minnesota Mixed-up Kid’, les éperons en plus.
Un iris d’un nouveau type ?
Trouvé la photo ci-jointe sur le net, postée par l’obtenteur américain George Sutton. Un cocktail de ce qui existe actuellement : plicata (ou à peu près), broken-color, space-age. Un brokenplicsa ?? En tout cas ce phénomène excite l’imagination : certain le nomme « Omelette aux Lardons », un autre en fait le modèle « Polka Dotted », un autre encore parle de « Measles » et un autre enfin a trouvé « Dotty Thingy ». A qui le tour ? En fait, cette étrange chose me fait beaucoup penser à un certain ‘Minnesota Mixed-up Kid’, les éperons en plus.
SCHREINER 2007
La collection Schreiner 2007 est maintenant présente sur le site de ce major du commerce des iris. Avec 15 variétés nouvelles, elle ne s’écarte guère des sélections des années passées. Le changement, si l’on peut dire, provient de ce que quatre grandes familles de couleurs ne sont pas représentées : le blanc, le brun-rouge, le pourpre et le bleu foncé.
Telle qu’elle est, cette collection me paraît ultra traditionnelle, puisque aucun coloris ou mélange de coloris récemment apparus n’y figure : pas plus de « space age » que de « broken color » ; pas plus de « luminata » que de « dislatata ». Rien que du connu !
En jaune, on nous propose ‘County Cork’, qui tend un peu vers le vert, et ‘Here Comes the Sun’, jaune d’or pur, descendant de ‘Yukon Fever’.
L’orange a failli être oublié puisqu’il n’est représenté que par ‘My Oh My’, un iris abricot, avec une large zone blanche sous les barbes ;
Le rose de l’année s’appelle ‘Unchain my Heart’ ; ce descendant de ‘Dreamsicle’ et d’un beau rose franc.
‘Medici Prince’, qui est issu de ‘Merlot’, est en deux tons de grenat.
Il y a deux variétés dans les tons de mauve : ‘Ever so Lovely’, en clair c’est à dire rose Neyron, et ‘Majestic Ruler’ en foncé, avec, surprise, une originale barbe bleue.
Le violet est pour ‘Spot Starter’, un iris façon ‘Winner’s Circle’, joli mais un peu pauvre en fleurs puisque la Maison Schreiner reconnaît qu’il n’en porte que 6 ou 7 par tige.
Deux bleu clair : ‘Falcon Pride’, bleu ciel aux bords des sépales devenant blanc et qualifié, de ce fait, d’amoena inversé, ce qui est un peu exagéré ; ‘Into the Blues’, joli bleu tendre avec un pedigree excellent : ‘Above the Sky’ X ‘Abiqua Falls’.
Deux amoenas : ‘Cascadian Rhythm’, blanc et bleu clair, chez lequel on retrouve des vedettes de chez Schreiner comme ‘World Premier’, ‘Yakina Blue’ et ‘Blue Kentucky Girl’, c’est peut-être le plus joli de la série ; ‘Royal Snowcap’, classique amoena blanc/violet.
Le plicata de service se nomme ‘Place your Bets’ ; frère de semis de ‘I Feel Good’.
‘Darcy’s Choice’ présente bien des ressemblances avec ‘High Chaparral’, on est donc devant un variégata bien contrasté, plus clair sous les barbes.
Enfin ‘Harvest Maiden’, est un bitone aux pétales bruns et aux sépales miel avec une flamme mauve sous les barbes : une jolie association.
Personnellement, les sélections de Schreiner me déçoivent depuis plusieurs années. Alors que celles de Keith Keppel, Richard Ernst, Paul Black et Rick Tasco, sans parler des jeunes hybrideurs comme Christopherson, regorgent de fleurs excitantes, les plantes de Schreiner restent dans le traditionnel et sombrent même dans le routinier.
La collection Schreiner 2007 est maintenant présente sur le site de ce major du commerce des iris. Avec 15 variétés nouvelles, elle ne s’écarte guère des sélections des années passées. Le changement, si l’on peut dire, provient de ce que quatre grandes familles de couleurs ne sont pas représentées : le blanc, le brun-rouge, le pourpre et le bleu foncé.
Telle qu’elle est, cette collection me paraît ultra traditionnelle, puisque aucun coloris ou mélange de coloris récemment apparus n’y figure : pas plus de « space age » que de « broken color » ; pas plus de « luminata » que de « dislatata ». Rien que du connu !
En jaune, on nous propose ‘County Cork’, qui tend un peu vers le vert, et ‘Here Comes the Sun’, jaune d’or pur, descendant de ‘Yukon Fever’.
L’orange a failli être oublié puisqu’il n’est représenté que par ‘My Oh My’, un iris abricot, avec une large zone blanche sous les barbes ;
Le rose de l’année s’appelle ‘Unchain my Heart’ ; ce descendant de ‘Dreamsicle’ et d’un beau rose franc.
‘Medici Prince’, qui est issu de ‘Merlot’, est en deux tons de grenat.
Il y a deux variétés dans les tons de mauve : ‘Ever so Lovely’, en clair c’est à dire rose Neyron, et ‘Majestic Ruler’ en foncé, avec, surprise, une originale barbe bleue.
Le violet est pour ‘Spot Starter’, un iris façon ‘Winner’s Circle’, joli mais un peu pauvre en fleurs puisque la Maison Schreiner reconnaît qu’il n’en porte que 6 ou 7 par tige.
Deux bleu clair : ‘Falcon Pride’, bleu ciel aux bords des sépales devenant blanc et qualifié, de ce fait, d’amoena inversé, ce qui est un peu exagéré ; ‘Into the Blues’, joli bleu tendre avec un pedigree excellent : ‘Above the Sky’ X ‘Abiqua Falls’.
Deux amoenas : ‘Cascadian Rhythm’, blanc et bleu clair, chez lequel on retrouve des vedettes de chez Schreiner comme ‘World Premier’, ‘Yakina Blue’ et ‘Blue Kentucky Girl’, c’est peut-être le plus joli de la série ; ‘Royal Snowcap’, classique amoena blanc/violet.
Le plicata de service se nomme ‘Place your Bets’ ; frère de semis de ‘I Feel Good’.
‘Darcy’s Choice’ présente bien des ressemblances avec ‘High Chaparral’, on est donc devant un variégata bien contrasté, plus clair sous les barbes.
Enfin ‘Harvest Maiden’, est un bitone aux pétales bruns et aux sépales miel avec une flamme mauve sous les barbes : une jolie association.
Personnellement, les sélections de Schreiner me déçoivent depuis plusieurs années. Alors que celles de Keith Keppel, Richard Ernst, Paul Black et Rick Tasco, sans parler des jeunes hybrideurs comme Christopherson, regorgent de fleurs excitantes, les plantes de Schreiner restent dans le traditionnel et sombrent même dans le routinier.
7.4.07
ECHOS DU MONDE DES IRIS
Un nouveau livre sur les iris
Un nouveau livre sur les iris vient d’être publié. Cette fois c’est au Canada, et en français, qu’il paraît. Tant mieux pour les amateurs francophones que nous sommes !
IRIS
Les meilleurs choix, les plus beaux cultivars, tous les conseils pour les cultiver
Par Réjean D. MILLETTE
Éditions de l’Homme – MONTRÉAL – QUÉBEC
Je vais le commander et j’en parlerai après l’avoir lu.
Un nouveau livre sur les iris
Un nouveau livre sur les iris vient d’être publié. Cette fois c’est au Canada, et en français, qu’il paraît. Tant mieux pour les amateurs francophones que nous sommes !
IRIS
Les meilleurs choix, les plus beaux cultivars, tous les conseils pour les cultiver
Par Réjean D. MILLETTE
Éditions de l’Homme – MONTRÉAL – QUÉBEC
Je vais le commander et j’en parlerai après l’avoir lu.
1940, LE CHANT DU CYGNE
Déjà, à la fin des années 30, la récession due à la crise monétaire de 1929, avait entamé la plantureuse activité des la Maison Cayeux. Mais, à l’évidence, la guerre de 39/45, lui a porté un coup très dur. Pour ne parler que de l’activité d’hybrideur de Ferdinand Cayeux, il n’est pas étonnant qu’elle ait cessé de 39 à 46. Retiré des affaires Ferdinand avait laissé à son fils René le soin de continuer son action. Mais, comme le dit Clarence E. Mahan dans son livre « The Classic Irises and the Men and Women who Created Them », « Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, les affaires de la maison ont été principalement orientées vers le commerce de semences de pomme de terre et de plantes fourragères. Au prix d’un sacrifice personnel considérable, René à pu sauver un stock limité d’iris et d’autres plantes d’agrément. »
Ce sont ces iris qui ont été enregistrés en 1946 et 1947, une année avant la disparition de Ferdinand.
1946
AMBOISE est décrit comme « Deux tons de bleu moyen ». c’est bien un produit dans la tradition des années 30, son pedigree est (Jean Cayeux X Président Pilkington).
ARIOSTE , variegata foncé, mi-saison.
CINGALAIS est un bitone rose orchidée.
CRÉPUSCULE est un peu plus foncé que le précédent, mais de la même veine.
ESCLARMONDE, encore un variegata, tardif.
GALATHÉE, continue dans le genre bitone, mais cette fois en rouge-brun.
GALIBOT : Description : Deux tons de pourpre.
HAWAÏ : Bleu sombre, fortes stries aux épaules, tardif, fruit d’un mariage entre un semis et le jaune Alice Harding.
IMPERIAL, deux tons de grenat.
IN SALAH, dans les tons de grenat, lui aussi.
KHORSABAD, un autre bitone « rouge ».
LEMNOS décline deux tons de jaune.
LOUISE AUREAU, un autre iris dédié à un membre de la famille Aureau, celui-ci est bleu ciel.
ORGON associe le rose de ses pétales au grenat foncé de ses sépales.
PAGODE est un unicolore bleu pâle.
PIRATE fait partie de la famille des variegatas, en sombre.
RAYON DE LUNE, deux tons de jaune clair.
SERAPHITA, bicolore bleu et grenat.
SINGAR lui, est un membre de la même famille mais il se présente comme jaune / bleu.
TZIGANE, enfin, ressemble un peu aux deux précédents : variegata jaune/mauve, stries aux épaules.
1947
ASPASIE, c’est deux tons de pourpre moyen.
CARTHAGE, bicolore à base de bleu et de « rouge ».
DONATELLO. Blanc, avec de fortes stries aux épaules.
MANOU se présente en deux tons de jaune clair.
MONTAIGNE revient sur le modèle des deux tons de grenat foncé.
SÉNÉGAL, quant à lui, répète la déclinaison du variegata jaune/bleu.
SOURIRE, dernier de la série des obtentions de Ferdinand Cayeux est un bicolore rose / bleu.
Je crois que j’ai fait le tour des iris Cayeux de ces années noires. Ces 27 variétés sont des prolongations tardives de ce que furent les grands iris des années 30. Elles n’ont pas laissé une trace évidente dans les souvenirs des iridophiles : je n’ai trouvé nulle part sur le web une photo pour illustrer mon propos. Elles sont bien éloignées de ce qui était produit à l’époque de l’autre côté de l’Atlantique. Voyez ‘Blue Rhythm’, ‘Jane Philips’ ou ‘Ola Kala’, le travail des frères Sass, de David Hall ou d’Orville Fay. Il faudra attendre les années 50 et le début des obtentions de Jean Cayeux pour que les iris français relèvent la tête.
Déjà, à la fin des années 30, la récession due à la crise monétaire de 1929, avait entamé la plantureuse activité des la Maison Cayeux. Mais, à l’évidence, la guerre de 39/45, lui a porté un coup très dur. Pour ne parler que de l’activité d’hybrideur de Ferdinand Cayeux, il n’est pas étonnant qu’elle ait cessé de 39 à 46. Retiré des affaires Ferdinand avait laissé à son fils René le soin de continuer son action. Mais, comme le dit Clarence E. Mahan dans son livre « The Classic Irises and the Men and Women who Created Them », « Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, les affaires de la maison ont été principalement orientées vers le commerce de semences de pomme de terre et de plantes fourragères. Au prix d’un sacrifice personnel considérable, René à pu sauver un stock limité d’iris et d’autres plantes d’agrément. »
Ce sont ces iris qui ont été enregistrés en 1946 et 1947, une année avant la disparition de Ferdinand.
1946
AMBOISE est décrit comme « Deux tons de bleu moyen ». c’est bien un produit dans la tradition des années 30, son pedigree est (Jean Cayeux X Président Pilkington).
ARIOSTE , variegata foncé, mi-saison.
CINGALAIS est un bitone rose orchidée.
CRÉPUSCULE est un peu plus foncé que le précédent, mais de la même veine.
ESCLARMONDE, encore un variegata, tardif.
GALATHÉE, continue dans le genre bitone, mais cette fois en rouge-brun.
GALIBOT : Description : Deux tons de pourpre.
HAWAÏ : Bleu sombre, fortes stries aux épaules, tardif, fruit d’un mariage entre un semis et le jaune Alice Harding.
IMPERIAL, deux tons de grenat.
IN SALAH, dans les tons de grenat, lui aussi.
KHORSABAD, un autre bitone « rouge ».
LEMNOS décline deux tons de jaune.
LOUISE AUREAU, un autre iris dédié à un membre de la famille Aureau, celui-ci est bleu ciel.
ORGON associe le rose de ses pétales au grenat foncé de ses sépales.
PAGODE est un unicolore bleu pâle.
PIRATE fait partie de la famille des variegatas, en sombre.
RAYON DE LUNE, deux tons de jaune clair.
SERAPHITA, bicolore bleu et grenat.
SINGAR lui, est un membre de la même famille mais il se présente comme jaune / bleu.
TZIGANE, enfin, ressemble un peu aux deux précédents : variegata jaune/mauve, stries aux épaules.
1947
ASPASIE, c’est deux tons de pourpre moyen.
CARTHAGE, bicolore à base de bleu et de « rouge ».
DONATELLO. Blanc, avec de fortes stries aux épaules.
MANOU se présente en deux tons de jaune clair.
MONTAIGNE revient sur le modèle des deux tons de grenat foncé.
SÉNÉGAL, quant à lui, répète la déclinaison du variegata jaune/bleu.
SOURIRE, dernier de la série des obtentions de Ferdinand Cayeux est un bicolore rose / bleu.
Je crois que j’ai fait le tour des iris Cayeux de ces années noires. Ces 27 variétés sont des prolongations tardives de ce que furent les grands iris des années 30. Elles n’ont pas laissé une trace évidente dans les souvenirs des iridophiles : je n’ai trouvé nulle part sur le web une photo pour illustrer mon propos. Elles sont bien éloignées de ce qui était produit à l’époque de l’autre côté de l’Atlantique. Voyez ‘Blue Rhythm’, ‘Jane Philips’ ou ‘Ola Kala’, le travail des frères Sass, de David Hall ou d’Orville Fay. Il faudra attendre les années 50 et le début des obtentions de Jean Cayeux pour que les iris français relèvent la tête.


VOUS AVEZ DIT OUZBEK ?
C’est la victoire de ‘Ikar’ (Volfovitch-Moler 92) au Concours de Florence en 1995 qui a attiré l’attention des curieux sur ces iris venus des steppes de l’Asie Centrale. Du temps de l’Union Soviétique personne n’imaginait qu’on s’intéressait aux iris au-delà du rideau de fer. Pourtant, malgré les incroyables difficultés qu’ils avaient à se procurer des cultivars en provenance d’Europe de l’Ouest ou des Etats-Unis, un certain nombre d’irréductibles s’acharnaient à la culture d’une plante qui, a priori, n’était pas faite pour leur contrée. C’est qu’en Pologne ou en Russie, on est loin du climat de la Californie ou de l’Oregon ! Mais puisque au Nebraska ou dans le Colorado on parvient à les faire pousser, pourquoi pas à Moscou ou à Tashkent ? C’est là-bas, dans la République d’Ouzbékistan, qu’un citoyen russe, transplanté en ces terres lointaines pour raison professionnelle, s’était lancé dans la culture des iris, et dans leur hybridation. Son nom ? Adolf Volfovitch-Moler. Sa profession, ingénieur agronome.
De quel matériel génétique ce monsieur disposait-il pour ce lancer dans l’hybridation, dans les années 80 ? Bien peu ! A peu près une dizaine de variétés des années 50/60 ! Il les a croisées entre elles, dans tous les sens et comme il s’agissait d’iris de valeur, à puissant pouvoir génétique, déjà utilisés en abondance par les Américains dans les années 60/70, il a obtenu quelques plantes tout à fait valables. Evidemment ce n’était ni ‘Titan’s Glory’ ni ‘Beverly Sills’, encore moins ‘Silverado’ ou ‘Edith Wolford’, mis sur le marché à la même époque, mais des iris un peu démodés mais tout à fait présentables. Les douze variétés enregistrées en 1992, aussitôt que cela a été possible grâce à l’ouverture des frontières, proviennent de seulement huit géniteurs :
- ‘Rippling Waters’ (Fay 61 – DM 66), unicolore lilas
- ‘Pipes of Pan’ (O. Brown 63), bicolore crème/pourpre
- ‘Broadway Star’ (Schreiner 57), bicolore crème/amarante
- ‘Dancer’s Veil’ (Hutchison 59 – BDM 63), plicata bleu
- ‘Siva’Siva’ (J. Gibson 62), variegata-plicata
- ‘Sable Night’ (Cook 50 - DM 55), violet-noir
- ‘Vitafire’ (Schreiner 68), brun rouge
- ‘Buttercup Bower’ (Tompkins 60), unicolore jaune.
Quatre de ces douze iris, méritent, à mon avis, de retenir l’attention.
‘Ikar’, bien sûr, pour ses qualités horticoles et son délicat coloris mauve très pâle, un peu plus vif au cœur ;
‘Simfoniya’, pour sa robustesse, sa haute taille, et son ton rose lilacé très séduisant ; de plus c’est une variété tardive bien utile pour une fin de saison (photo) ;
Le brillant variegata ‘Tashkent’, en jaune paille et bordeaux ;
‘Vostochny Ornament’, autre variegata, au teint clair, avec une forme traditionnelle mais bien tournée (photo).
En 95, ‘Babie Leto’ est arrivé. Cet enfant de ‘Pink Sleigh’, a déjà un aspect plus moderne et une couleur bien à lui ; en deux tons de magenta.
Deux variétés de 99 sont particulièrement intéressantes : le violet sombre ‘Carnival Night’, très ondulé, et le bicolore ‘Rah-Rah Boys’, très original en rose et orange.
De 98 j’apprécie particulièrement le grand iris vieil or ombré de brun ‘Zolotaya Korona’.
En 2000, l’apparition d’’Abadiyat’ (photo), en mauve améthyste, finement frisé, marque une nouvelle étape. Il est le fruit de ‘Visual Art X Persian Berry’, et n’a plus rien à envier aux variétés américaines issues des mêmes parents comme ‘Feature Attraction’ (Schreiner 94) ou ‘Quiet Friendship’ (Gaulter 90).
Adolf Volfovitch-Moler aurait aimé utiliser les possibilités de la biotechnologie pour obtenir des iris franchement nouveaux, mais il n’a jamais disposé des moyens lui permettant cette recherche à laquelle le prédisposait sa formation scientifique. Il a du se contenter des éléments traditionnels dont tout le monde dispose. D’ailleurs nul ne sait si un jour la biotechnologie servira la cause des iris. Les recherches entreprises à ce sujet par Rick Ernst, aux Etats-Unis, en vue d’obtenir un iris rouge, n’ont toujours pas abouti et on se demande si elles déboucheront un jour sur quelque chose de concret.
Les iris d’Ouzbékistan sont des plantes traditionnelles. Auront-ils une suite ? Leur obtenteur est, hélas, décédé brusquement en 2002 et les croisements qu’il a effectués dans les dernières années de sa vie continuent d’être enregistrés par son fils, mais personne n’a pris jusqu’à présent la succession.
C’est la victoire de ‘Ikar’ (Volfovitch-Moler 92) au Concours de Florence en 1995 qui a attiré l’attention des curieux sur ces iris venus des steppes de l’Asie Centrale. Du temps de l’Union Soviétique personne n’imaginait qu’on s’intéressait aux iris au-delà du rideau de fer. Pourtant, malgré les incroyables difficultés qu’ils avaient à se procurer des cultivars en provenance d’Europe de l’Ouest ou des Etats-Unis, un certain nombre d’irréductibles s’acharnaient à la culture d’une plante qui, a priori, n’était pas faite pour leur contrée. C’est qu’en Pologne ou en Russie, on est loin du climat de la Californie ou de l’Oregon ! Mais puisque au Nebraska ou dans le Colorado on parvient à les faire pousser, pourquoi pas à Moscou ou à Tashkent ? C’est là-bas, dans la République d’Ouzbékistan, qu’un citoyen russe, transplanté en ces terres lointaines pour raison professionnelle, s’était lancé dans la culture des iris, et dans leur hybridation. Son nom ? Adolf Volfovitch-Moler. Sa profession, ingénieur agronome.
De quel matériel génétique ce monsieur disposait-il pour ce lancer dans l’hybridation, dans les années 80 ? Bien peu ! A peu près une dizaine de variétés des années 50/60 ! Il les a croisées entre elles, dans tous les sens et comme il s’agissait d’iris de valeur, à puissant pouvoir génétique, déjà utilisés en abondance par les Américains dans les années 60/70, il a obtenu quelques plantes tout à fait valables. Evidemment ce n’était ni ‘Titan’s Glory’ ni ‘Beverly Sills’, encore moins ‘Silverado’ ou ‘Edith Wolford’, mis sur le marché à la même époque, mais des iris un peu démodés mais tout à fait présentables. Les douze variétés enregistrées en 1992, aussitôt que cela a été possible grâce à l’ouverture des frontières, proviennent de seulement huit géniteurs :
- ‘Rippling Waters’ (Fay 61 – DM 66), unicolore lilas
- ‘Pipes of Pan’ (O. Brown 63), bicolore crème/pourpre
- ‘Broadway Star’ (Schreiner 57), bicolore crème/amarante
- ‘Dancer’s Veil’ (Hutchison 59 – BDM 63), plicata bleu
- ‘Siva’Siva’ (J. Gibson 62), variegata-plicata
- ‘Sable Night’ (Cook 50 - DM 55), violet-noir
- ‘Vitafire’ (Schreiner 68), brun rouge
- ‘Buttercup Bower’ (Tompkins 60), unicolore jaune.
Quatre de ces douze iris, méritent, à mon avis, de retenir l’attention.
‘Ikar’, bien sûr, pour ses qualités horticoles et son délicat coloris mauve très pâle, un peu plus vif au cœur ;
‘Simfoniya’, pour sa robustesse, sa haute taille, et son ton rose lilacé très séduisant ; de plus c’est une variété tardive bien utile pour une fin de saison (photo) ;
Le brillant variegata ‘Tashkent’, en jaune paille et bordeaux ;
‘Vostochny Ornament’, autre variegata, au teint clair, avec une forme traditionnelle mais bien tournée (photo).
En 95, ‘Babie Leto’ est arrivé. Cet enfant de ‘Pink Sleigh’, a déjà un aspect plus moderne et une couleur bien à lui ; en deux tons de magenta.
Deux variétés de 99 sont particulièrement intéressantes : le violet sombre ‘Carnival Night’, très ondulé, et le bicolore ‘Rah-Rah Boys’, très original en rose et orange.
De 98 j’apprécie particulièrement le grand iris vieil or ombré de brun ‘Zolotaya Korona’.
En 2000, l’apparition d’’Abadiyat’ (photo), en mauve améthyste, finement frisé, marque une nouvelle étape. Il est le fruit de ‘Visual Art X Persian Berry’, et n’a plus rien à envier aux variétés américaines issues des mêmes parents comme ‘Feature Attraction’ (Schreiner 94) ou ‘Quiet Friendship’ (Gaulter 90).
Adolf Volfovitch-Moler aurait aimé utiliser les possibilités de la biotechnologie pour obtenir des iris franchement nouveaux, mais il n’a jamais disposé des moyens lui permettant cette recherche à laquelle le prédisposait sa formation scientifique. Il a du se contenter des éléments traditionnels dont tout le monde dispose. D’ailleurs nul ne sait si un jour la biotechnologie servira la cause des iris. Les recherches entreprises à ce sujet par Rick Ernst, aux Etats-Unis, en vue d’obtenir un iris rouge, n’ont toujours pas abouti et on se demande si elles déboucheront un jour sur quelque chose de concret.
Les iris d’Ouzbékistan sont des plantes traditionnelles. Auront-ils une suite ? Leur obtenteur est, hélas, décédé brusquement en 2002 et les croisements qu’il a effectués dans les dernières années de sa vie continuent d’être enregistrés par son fils, mais personne n’a pris jusqu’à présent la succession.
30.3.07
ECHOS DU MONDE DES IRIS
Précisions
Dans l’écho consacré la semaine dernière aux importations d’iris en provenance des Etats-Unis, j’ai omis de préciser que les informations données résultaient des recherches effectuées par Michèle Bersillon et des contacts qu’elle a noués au niveau de l’Union Européenne.
La SFIB n’interviendra qu’au niveau des autorités Françaises pour essayer d’éviter des incidents comme ceux qui se sont produits en 2006.
Précisions
Dans l’écho consacré la semaine dernière aux importations d’iris en provenance des Etats-Unis, j’ai omis de préciser que les informations données résultaient des recherches effectuées par Michèle Bersillon et des contacts qu’elle a noués au niveau de l’Union Européenne.
La SFIB n’interviendra qu’au niveau des autorités Françaises pour essayer d’éviter des incidents comme ceux qui se sont produits en 2006.

QUAND J’AI LE CAFARD…
« Quand j’ai le cafard, je monte sur mon tracteur et là, je ne me sens plus triste : on ne peut pas être triste sur un tracteur ! » C’est Terry Aitken, l’un des meilleurs hybrideurs américains actuels, qui tient ce propos. Je suis sûr qu’il y a beaucoup de gens qui se reconnaîtront là. J’en fais partie. Mais la superficie de mon jardin ne nécessite nullement l’usage d’un engin volumineux, et mon jardinage s’effectue à la main ! Mais aller au jardin pour travailler pendant quelques heures est toujours un moment de plaisir, à pied aussi bien que juché sur un tracteur !
Quand les jours rallongent, le climat de Touraine s’assèche et l’on peut retourner au jardin, où les iris attendent d’être désherbés et soignés en vue de la saison des fleurs qui commencera dans les tout derniers jours d’avril. Muni d’un simple croc à trois dents, j’aborde les bordures que les herbes sauvages ont envahies pendant l’hiver. Les iris, surtout ceux qui disparaissent presque totalement, sont à peine visibles. C’est le moment de les dégager.
A 20 cm du sol, c’est fou les détails que l’on distingue. Une inspection à hauteur d’homme ne peut être que superficielle. Agenouillé près des précieux rhizomes, on voit une multitude de choses minuscules : les fines feuilles tendres des graminées qui se sont infiltrées sous les rhizomes et se dressent au ras des touffes, les charmantes germandrées encore toutes petites mais déjà dotées de leurs jolies fleurettes bleues, quelques bulbeuses, scilles et tulipes redevenues sauvages, qui s’étalent entre les iris. Au travail ! Il faut dégager tout cela. Peu à peu, la terre griffée autorise l’arrachage des plantes envahissantes. Peu à peu la bordure retrouve un aspect soigné où les iris se détachent fièrement. Il y a les bonnes et les mauvaises découvertes : telle variété plantée de l’été dernier sur laquelle on fondait beaucoup d’espoir en vue d’une nouvelle série de croisements ne donnera rien cette année, un ou deux panaches de feuilles seulement, pas de ce fameux troisième brin, présage de fleurs futures… Telle autre plante, qui s’était abstenue l’année dernière, en revanche, s’est décidée cette fois à montrer ce qu’elle sait faire. Les iris modernes ont des caprices de stars, certaines années ils prolifèrent, d’autres, ils végètent. Pourtant les mêmes soins sont accordés à tous…
Le travail avance, et le dos du jardinier a de plus en plus de mal à se redresser. Les gestes deviennent plus lourds, plus mécaniques… Mais le résultat est là. La plate-bande est propre, les herbes arrachées ont commencé de faner sous l’effet du soleil printanier. Il va encore falloir ratisser tous ces débris et les porter au compost. C’est à peine si, penché sur la terre, on a découvert quelques larves blanches de hannetons, et quelques cétoines rongeuses de fleurs, qui ont été impitoyablement écrasées une à une.
Il est toujours surprenant de constater combien la nature de la végétation peut varier en quelques mètres. Là, ce sont les grosses graminées qui dominent, mais à deux pas on ne trouve plus que des coquelicots et de petits sédums. Un peu plus loin la terre est restée presque nue… Quelles variations de la nature du sol, peuvent occasionner ces différences ?
Quand le désherbage sera terminé, il faudra distribuer d’un geste large mais parcimonieux l’engrais qui attend dans la cabane, puis il restera à dresser au cordeau et à la bêche la limite entre l’herbe des allées et les massifs de fleurs. Les iris seront alors prêts à nous enchanter de leurs corolles majestueuses. L’attente sera longue, avec des moments d’espoir et d’autres de découragement : les hampes florales vont-elles se développer normalement ? Les boutons pourront-ils s’ouvrir ? Le gel de la St Georges ne va-t-il pas détruire ceux qui auront eu la malchance de se former trop tôt ?
Le soleil commence à descendre derrière la haie où forsythias, corètes, choisyas, et prunelliers sont déjà en train d’ouvrir leurs fleurs. Dans le grand cerisier le merle multiplie les roulades ; il a déjà oublié qu’hier le chat noir du voisin a occis sa jeune femelle (pourquoi ces chats, mieux nourris qu’un quart au moins de l’humanité, continuent-ils à chasser ? Pour le plaisir, sans doute, comme fait l’homme avec son chien et son fusil…), quant à la mésange charbonnière, en pleine forme d’avoir tout l’hiver profité des graines et de la graisse qu’elle est venue chercher au restaurant du cœur pour oiseau que je tiens ouvert pendant les frimas, elle donne de la voix de droite et de gauche, bien décidée à interdire à tout vagabond l’intrusion sur le territoire qu’elle s’est arrogée.
L’après-midi a passé miraculeusement vite. Les petits soucis du quotidien ont pour un temps laissé la place aux minuscules préoccupations de l’instant, aux vagues réflexions que permet une tâche simple et douce. Comme le dit Terry Aitken, à cheval sur son engin, il n’y a pas de place pour la morosité quand on travaille au jardin.
« Quand j’ai le cafard, je monte sur mon tracteur et là, je ne me sens plus triste : on ne peut pas être triste sur un tracteur ! » C’est Terry Aitken, l’un des meilleurs hybrideurs américains actuels, qui tient ce propos. Je suis sûr qu’il y a beaucoup de gens qui se reconnaîtront là. J’en fais partie. Mais la superficie de mon jardin ne nécessite nullement l’usage d’un engin volumineux, et mon jardinage s’effectue à la main ! Mais aller au jardin pour travailler pendant quelques heures est toujours un moment de plaisir, à pied aussi bien que juché sur un tracteur !
Quand les jours rallongent, le climat de Touraine s’assèche et l’on peut retourner au jardin, où les iris attendent d’être désherbés et soignés en vue de la saison des fleurs qui commencera dans les tout derniers jours d’avril. Muni d’un simple croc à trois dents, j’aborde les bordures que les herbes sauvages ont envahies pendant l’hiver. Les iris, surtout ceux qui disparaissent presque totalement, sont à peine visibles. C’est le moment de les dégager.
A 20 cm du sol, c’est fou les détails que l’on distingue. Une inspection à hauteur d’homme ne peut être que superficielle. Agenouillé près des précieux rhizomes, on voit une multitude de choses minuscules : les fines feuilles tendres des graminées qui se sont infiltrées sous les rhizomes et se dressent au ras des touffes, les charmantes germandrées encore toutes petites mais déjà dotées de leurs jolies fleurettes bleues, quelques bulbeuses, scilles et tulipes redevenues sauvages, qui s’étalent entre les iris. Au travail ! Il faut dégager tout cela. Peu à peu, la terre griffée autorise l’arrachage des plantes envahissantes. Peu à peu la bordure retrouve un aspect soigné où les iris se détachent fièrement. Il y a les bonnes et les mauvaises découvertes : telle variété plantée de l’été dernier sur laquelle on fondait beaucoup d’espoir en vue d’une nouvelle série de croisements ne donnera rien cette année, un ou deux panaches de feuilles seulement, pas de ce fameux troisième brin, présage de fleurs futures… Telle autre plante, qui s’était abstenue l’année dernière, en revanche, s’est décidée cette fois à montrer ce qu’elle sait faire. Les iris modernes ont des caprices de stars, certaines années ils prolifèrent, d’autres, ils végètent. Pourtant les mêmes soins sont accordés à tous…
Le travail avance, et le dos du jardinier a de plus en plus de mal à se redresser. Les gestes deviennent plus lourds, plus mécaniques… Mais le résultat est là. La plate-bande est propre, les herbes arrachées ont commencé de faner sous l’effet du soleil printanier. Il va encore falloir ratisser tous ces débris et les porter au compost. C’est à peine si, penché sur la terre, on a découvert quelques larves blanches de hannetons, et quelques cétoines rongeuses de fleurs, qui ont été impitoyablement écrasées une à une.
Il est toujours surprenant de constater combien la nature de la végétation peut varier en quelques mètres. Là, ce sont les grosses graminées qui dominent, mais à deux pas on ne trouve plus que des coquelicots et de petits sédums. Un peu plus loin la terre est restée presque nue… Quelles variations de la nature du sol, peuvent occasionner ces différences ?
Quand le désherbage sera terminé, il faudra distribuer d’un geste large mais parcimonieux l’engrais qui attend dans la cabane, puis il restera à dresser au cordeau et à la bêche la limite entre l’herbe des allées et les massifs de fleurs. Les iris seront alors prêts à nous enchanter de leurs corolles majestueuses. L’attente sera longue, avec des moments d’espoir et d’autres de découragement : les hampes florales vont-elles se développer normalement ? Les boutons pourront-ils s’ouvrir ? Le gel de la St Georges ne va-t-il pas détruire ceux qui auront eu la malchance de se former trop tôt ?
Le soleil commence à descendre derrière la haie où forsythias, corètes, choisyas, et prunelliers sont déjà en train d’ouvrir leurs fleurs. Dans le grand cerisier le merle multiplie les roulades ; il a déjà oublié qu’hier le chat noir du voisin a occis sa jeune femelle (pourquoi ces chats, mieux nourris qu’un quart au moins de l’humanité, continuent-ils à chasser ? Pour le plaisir, sans doute, comme fait l’homme avec son chien et son fusil…), quant à la mésange charbonnière, en pleine forme d’avoir tout l’hiver profité des graines et de la graisse qu’elle est venue chercher au restaurant du cœur pour oiseau que je tiens ouvert pendant les frimas, elle donne de la voix de droite et de gauche, bien décidée à interdire à tout vagabond l’intrusion sur le territoire qu’elle s’est arrogée.
L’après-midi a passé miraculeusement vite. Les petits soucis du quotidien ont pour un temps laissé la place aux minuscules préoccupations de l’instant, aux vagues réflexions que permet une tâche simple et douce. Comme le dit Terry Aitken, à cheval sur son engin, il n’y a pas de place pour la morosité quand on travaille au jardin.
23.3.07

ARTISTES DU BOUT DU MONDE
Cette fois, nos biographies ne vont pas concerner des personnages disparus, mais au contraire deux hybrideurs bien vivants qui, de la lointaine Australie, nous offrent chaque année des fleurs admirables.
Graeme Grosvenor
Cet Australien bon teint, qui est né et a toujours vécu à Sydney, va avoir 71 ans. Sa carrière professionnelle a été celle d’un professeur de mathématiques, avant qu’il ne se consacre entièrement à son violon d’Ingres, les iris. En 1970 il a ouvert une pépinière, en compagnie de son beau-frère John Taylor, maître incontesté des iris de Louisiane. Depuis 2002 il a pris une seconde retraite, laissant à sa fille et son gendre la Maison Rainbow Ridge Nursery.
Son premier iris enregistré a été ‘Rellie’, un iris blanc à barbes rouges, qui a tout de suite attiré l’attention des amateurs dans un pays où l’on sait ce que bel iris veut dire. C’était en 1978. Ce premier succès a encouragé notre prof de math à continuer, et il est allé de réussite en réussite. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à consulter son palmarès. Depuis 1985 que la Médaille de Dykes Australasienne a été instituée, huit de ses iris l’ont emportée : ‘First Movement (90) en 92, en corail à barbes saumon, ‘Temptone’ (93) en 95, un grand iris pourpre, ‘Hills District’ (95) en 96, un beau dégradé d’orange à barbes rouges, ‘Ribands’ (93) en 98, rose, plus clair sous les barbes rouges, ‘Move On’ (93) en 99, dans le rare coloris d’abricot, ‘Lavender Park’ (99) (voir photo) en 2000, ‘Helen Dawn’ (98) en 2002 et ‘Jayceetee’ (2001) en 2005, tous les deux entièrement blancs. Ajoutez les trois ISA Medals (celles qui récompensent un grand iris quand c’est un iris différent qui remporte la DM) : ‘Azure Angel’ (94) en 96, bitone bleu à barbes blanches, ‘Eidolia’ (93) en 2001, bleu marine, et ‘Second Option’ (99) en 2006, autre bleu bitone. Mais cela n’est pas tout, car à Florence, ce championnat du monde des iris, Grosvenor a été couronné deux fois : ‘Helen Dawn’ (98) en 98, et ‘Pay the Price’ (2004) en 2003. Ce dernier est un délicat plicata façon ‘Spinning Wheel’.
Sur un total de près de 80 variétés de grands iris enregistrées, il y en a quelques autres qui méritent d’être cités : par exemple ‘New Tune’ (93), en bleu à barbes jaunes, ‘High Roller’ (96), d’une étrange couleur bois de rose, ‘Jim Frazier’ (97), bleu lavande marbré, comme son « père » ‘Timescape’, nommé en hommage au photographe, ami de Grosvenor, ou ‘Sydney’ (98), remarquable bleu marine, apprécié lui-aussi à Florence en 98.
Graeme Grosvenor n’est pas seulement mathématicien et hybrideur d’iris ; c’est aussi un passionné de musique et de littérature, et un photographe averti. Et n’oublions pas les quatre livres sur les iris qu’il a écrits et dont le dernier, « Iris, Flower of the Rainbow », figure dans la bibliothèque de tous les fans d’iris.
Barry Blyth
Le plus connu des hybrideurs d’Australie, c’est sans conteste Barry Blyth. Issu d’une famille d’horticulteurs originaires d’Angleterre et émigrés en Australie dans l’État de Victoria, peu après 1900, il a été bercé dans la culture des iris dès sa naissance, puisque ses parents se sont lancés dans cette production dès la fin de la seconde guerre mondiale, et son père, Charles Blyth, a enregistré un grand nombre de ses hybridations jusqu’en 1975. Il a fait des études supérieures d’horticulture, avant de venir en Grande Bretagne compléter sa formation. Au moment où ses parents se sont retirés, il a créé sa propre entreprise, Tempo Two, mais il avait dès 1964 commencé à hybrider. C’est en famille qu’à son tour il a entrepris ce qui restera un colossal travail de recherche et d’hybridation. Il s’intéresse non seulement aux grands iris, mais aussi aux autres barbus tout comme aux spurias et aux iris de Sibérie. Chaque année il propose un vaste choix de variétés nouvelles, de sorte qu’aujourd’hui, au moment où il va céder son entreprise (sans pour autant abandonner l’hybridation), il est à la tête de plus de 600 variétés enregistrées.
Son domaine de prédilection, ce sont les iris bicolores ; son but primordial : obtenir un amoena rose parfait. Il ne s’estime toujours pas parvenu à ce sommet. Mais en route il a obtenu toutes sortes d’autres associations de couleur, dont certaines sont d’incontestables réussites, et un grand nombre d’unicolores excellents.
Certaines de ses obtentions ont acquis une renommée mondiale. Mais dans une production aussi abondante il n’est pas facile de ne retenir qu’une poignée fleurs. On peut commencer par ‘Cabaret Royale’ (76), que tout le monde connaît. De même, dans le domaine qui est le défi principal de Barry Blyth, l’amoena blanc/rose, on peut retenir ‘Lisa Ann’ (77) qui est un des premiers jalons. En rose et noir, ‘In Tempo’ (74) n’est pas mal non plus. Et ‘Sostenique’ (75), en abricot et mauve véronique est également intéressant. C’est par ailleurs la seule obtention de Blyth qui ait obtenu une récompense majeure, en l’occurrence la Médaille de Dykes d’Australasie, en 86. Une compétition à la portée d’un obtenteur aussi talentueux serait le Concours de Florence. Il y a d’ailleurs envoyé souvent des variétés, mais il n’a jamais emporté la victoire. Notons les place d’honneur décrochées par ‘Cameo Wine’ (82) en 85, ‘Knighted’ (87) en 95 et ‘Hostess Royale’ (94) en 97. En 2005, à FRANCIRIS ®, c’est le plicata ‘Pretty Edgy’ (voir photo) qui s’est fait remarquer.
Personnellement j’ai une attention particulière pour les amoenas ‘Beach Girl’ (83), blanc/orange, ‘Neutron Dance’ (87), blanc/ jaune, et son inverse ‘Alpine Region’ (96). Mais ceux que je préfère, paradoxalement, sont des iris monochromes comme ‘Rembrandt Magic’ (92), en brun café, ou ‘Katie Pie’ (98), en rose dragée. Mais il faut compter aussi sur les iris richement colorés comme ‘Copatonic’ (94) ou ‘Swain’ (89).
Evidemment, tout ceci est bien subjectif. Mais avec un champion des iris comme Barry Blyth, tout choix pose problème.
Maintenant Barry Blyth se retire. Tempo Two change de propriétaire. Les iris restent. Pendant longtemps encore, espérons-le, nous viendront d’Australie des nouveautés chaque année plus élaborées. L’héritage du bout du monde n’est pas près d’être épuisé.
Cette fois, nos biographies ne vont pas concerner des personnages disparus, mais au contraire deux hybrideurs bien vivants qui, de la lointaine Australie, nous offrent chaque année des fleurs admirables.
Graeme Grosvenor
Cet Australien bon teint, qui est né et a toujours vécu à Sydney, va avoir 71 ans. Sa carrière professionnelle a été celle d’un professeur de mathématiques, avant qu’il ne se consacre entièrement à son violon d’Ingres, les iris. En 1970 il a ouvert une pépinière, en compagnie de son beau-frère John Taylor, maître incontesté des iris de Louisiane. Depuis 2002 il a pris une seconde retraite, laissant à sa fille et son gendre la Maison Rainbow Ridge Nursery.
Son premier iris enregistré a été ‘Rellie’, un iris blanc à barbes rouges, qui a tout de suite attiré l’attention des amateurs dans un pays où l’on sait ce que bel iris veut dire. C’était en 1978. Ce premier succès a encouragé notre prof de math à continuer, et il est allé de réussite en réussite. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à consulter son palmarès. Depuis 1985 que la Médaille de Dykes Australasienne a été instituée, huit de ses iris l’ont emportée : ‘First Movement (90) en 92, en corail à barbes saumon, ‘Temptone’ (93) en 95, un grand iris pourpre, ‘Hills District’ (95) en 96, un beau dégradé d’orange à barbes rouges, ‘Ribands’ (93) en 98, rose, plus clair sous les barbes rouges, ‘Move On’ (93) en 99, dans le rare coloris d’abricot, ‘Lavender Park’ (99) (voir photo) en 2000, ‘Helen Dawn’ (98) en 2002 et ‘Jayceetee’ (2001) en 2005, tous les deux entièrement blancs. Ajoutez les trois ISA Medals (celles qui récompensent un grand iris quand c’est un iris différent qui remporte la DM) : ‘Azure Angel’ (94) en 96, bitone bleu à barbes blanches, ‘Eidolia’ (93) en 2001, bleu marine, et ‘Second Option’ (99) en 2006, autre bleu bitone. Mais cela n’est pas tout, car à Florence, ce championnat du monde des iris, Grosvenor a été couronné deux fois : ‘Helen Dawn’ (98) en 98, et ‘Pay the Price’ (2004) en 2003. Ce dernier est un délicat plicata façon ‘Spinning Wheel’.
Sur un total de près de 80 variétés de grands iris enregistrées, il y en a quelques autres qui méritent d’être cités : par exemple ‘New Tune’ (93), en bleu à barbes jaunes, ‘High Roller’ (96), d’une étrange couleur bois de rose, ‘Jim Frazier’ (97), bleu lavande marbré, comme son « père » ‘Timescape’, nommé en hommage au photographe, ami de Grosvenor, ou ‘Sydney’ (98), remarquable bleu marine, apprécié lui-aussi à Florence en 98.
Graeme Grosvenor n’est pas seulement mathématicien et hybrideur d’iris ; c’est aussi un passionné de musique et de littérature, et un photographe averti. Et n’oublions pas les quatre livres sur les iris qu’il a écrits et dont le dernier, « Iris, Flower of the Rainbow », figure dans la bibliothèque de tous les fans d’iris.
Barry Blyth
Le plus connu des hybrideurs d’Australie, c’est sans conteste Barry Blyth. Issu d’une famille d’horticulteurs originaires d’Angleterre et émigrés en Australie dans l’État de Victoria, peu après 1900, il a été bercé dans la culture des iris dès sa naissance, puisque ses parents se sont lancés dans cette production dès la fin de la seconde guerre mondiale, et son père, Charles Blyth, a enregistré un grand nombre de ses hybridations jusqu’en 1975. Il a fait des études supérieures d’horticulture, avant de venir en Grande Bretagne compléter sa formation. Au moment où ses parents se sont retirés, il a créé sa propre entreprise, Tempo Two, mais il avait dès 1964 commencé à hybrider. C’est en famille qu’à son tour il a entrepris ce qui restera un colossal travail de recherche et d’hybridation. Il s’intéresse non seulement aux grands iris, mais aussi aux autres barbus tout comme aux spurias et aux iris de Sibérie. Chaque année il propose un vaste choix de variétés nouvelles, de sorte qu’aujourd’hui, au moment où il va céder son entreprise (sans pour autant abandonner l’hybridation), il est à la tête de plus de 600 variétés enregistrées.
Son domaine de prédilection, ce sont les iris bicolores ; son but primordial : obtenir un amoena rose parfait. Il ne s’estime toujours pas parvenu à ce sommet. Mais en route il a obtenu toutes sortes d’autres associations de couleur, dont certaines sont d’incontestables réussites, et un grand nombre d’unicolores excellents.
Certaines de ses obtentions ont acquis une renommée mondiale. Mais dans une production aussi abondante il n’est pas facile de ne retenir qu’une poignée fleurs. On peut commencer par ‘Cabaret Royale’ (76), que tout le monde connaît. De même, dans le domaine qui est le défi principal de Barry Blyth, l’amoena blanc/rose, on peut retenir ‘Lisa Ann’ (77) qui est un des premiers jalons. En rose et noir, ‘In Tempo’ (74) n’est pas mal non plus. Et ‘Sostenique’ (75), en abricot et mauve véronique est également intéressant. C’est par ailleurs la seule obtention de Blyth qui ait obtenu une récompense majeure, en l’occurrence la Médaille de Dykes d’Australasie, en 86. Une compétition à la portée d’un obtenteur aussi talentueux serait le Concours de Florence. Il y a d’ailleurs envoyé souvent des variétés, mais il n’a jamais emporté la victoire. Notons les place d’honneur décrochées par ‘Cameo Wine’ (82) en 85, ‘Knighted’ (87) en 95 et ‘Hostess Royale’ (94) en 97. En 2005, à FRANCIRIS ®, c’est le plicata ‘Pretty Edgy’ (voir photo) qui s’est fait remarquer.
Personnellement j’ai une attention particulière pour les amoenas ‘Beach Girl’ (83), blanc/orange, ‘Neutron Dance’ (87), blanc/ jaune, et son inverse ‘Alpine Region’ (96). Mais ceux que je préfère, paradoxalement, sont des iris monochromes comme ‘Rembrandt Magic’ (92), en brun café, ou ‘Katie Pie’ (98), en rose dragée. Mais il faut compter aussi sur les iris richement colorés comme ‘Copatonic’ (94) ou ‘Swain’ (89).
Evidemment, tout ceci est bien subjectif. Mais avec un champion des iris comme Barry Blyth, tout choix pose problème.
Maintenant Barry Blyth se retire. Tempo Two change de propriétaire. Les iris restent. Pendant longtemps encore, espérons-le, nous viendront d’Australie des nouveautés chaque année plus élaborées. L’héritage du bout du monde n’est pas près d’être épuisé.
ECHOS DU MONDE DES IRIS
Import
L’été dernier, l’importation d’iris en provenance des Etats-Unis avait été perturbée par des directives du Ministère de l’Agriculture tendant à considérer les iris non plus comme des « bulbes », mais comme des « plantes vivantes » ce qui rend les conditions d’expédition et de contrôle phytosanitaire beaucoup plus difficiles.
Il semble que ces directives soient encore d’actualité cette année, de sorte que la plupart des producteurs américains vont renoncer à faire des envois vers la France.
Cela peut avoir des conséquences fâcheuses sur le renouvellement des collections, non seulement chez les amateurs, mais surtout chez les professionnels pour lesquels les importations de nouveautés sont primordiales.
La SFIB, dont s’est le rôle, va entreprendre des démarches pour tenter d’éclaircir la situation et dénouer la crise.
A suivre.
Foire aux plantes
A La Roche de Glun, dans la Drôme, à côté de Valence, le dimanche 25 mars 2007. Les iris y auront une belle place grâce à la présence de Sébastien Cancade et de Bernard Laporte. Les lecteurs de ce blog, habitants de la région, ont là l’occasion de faire connaissance avec deux passionnés.
Import
L’été dernier, l’importation d’iris en provenance des Etats-Unis avait été perturbée par des directives du Ministère de l’Agriculture tendant à considérer les iris non plus comme des « bulbes », mais comme des « plantes vivantes » ce qui rend les conditions d’expédition et de contrôle phytosanitaire beaucoup plus difficiles.
Il semble que ces directives soient encore d’actualité cette année, de sorte que la plupart des producteurs américains vont renoncer à faire des envois vers la France.
Cela peut avoir des conséquences fâcheuses sur le renouvellement des collections, non seulement chez les amateurs, mais surtout chez les professionnels pour lesquels les importations de nouveautés sont primordiales.
La SFIB, dont s’est le rôle, va entreprendre des démarches pour tenter d’éclaircir la situation et dénouer la crise.
A suivre.
Foire aux plantes
A La Roche de Glun, dans la Drôme, à côté de Valence, le dimanche 25 mars 2007. Les iris y auront une belle place grâce à la présence de Sébastien Cancade et de Bernard Laporte. Les lecteurs de ce blog, habitants de la région, ont là l’occasion de faire connaissance avec deux passionnés.
17.3.07

LA MÉDAILLE DE DYKES BRITANNIQUE
Une distinction…qui se distingue
Nos voisins britanniques gardent en toutes choses un comportement qui les distingue. En matière d’iris il en est comme ailleurs. Pendant sa brève existence, la Médaille de Dykes Française a distingué onze variétés d’iris, toutes des « grands barbus ». C’est à pau près la même chose pour la Médaille de Dykes Américaine. Celle-ci a toujours récompensé un grand iris barbu sauf en deux cas, en 80 ans ! La Médaille Anglaise est plus éclectique. D’abord, elle est plus rare, seulement attribuée 51 fois en 80 ans, ensuite elle n’hésite pas à admettre la grande valeur d’une plante quelle que soit sa catégorie.
En 1927, année de son institution, elle a été attribuée à une variété baptisée ‘Margot Holmes’ qui est un hybride interspécifique entre un I.douglasiana et un I. chrysographes. Le premier est un iris de Californie, le second un iris de Sibérie. A l’époque on ne parlait pas encore de « cal-sib », mais c’en est un ! Ces hybrides, stériles, ont fait l’objet de recherches dans les dernières années, mais en 1927, Amos Perry, un grand nom de l’hybridation, obtenteur de ‘Margot Holmes’, était vraiment un précurseur. Lui attribuer la première Médaille de Dykes était un choix courageux et tout à fait non conformiste.
Des trois médailles suivantes, 1929,30 et 31, deux ont été accordées à des grands iris obtenus par Katherine Dykes, la veuve de l’immense W. R. Dykes. Il s’agit de ‘Joyance’ et de ‘Gudrun’. Le premier est dans des tons de jaune clair, le second est un iris blanc. Jusqu’en 1935, les britanniques ont couronné des iris jaunes. A l’époque, obtenir des iris jaunes était encore une gageure ; on s’était extasié sur la variété ‘W.R. Dykes’ (Dykes 26) qui n’est pourtant pas franchement jaune ; le premier vrai jaune, en Europe, fut ‘Pluie d’Or’ (Cayeux 31). Le choix de ‘Joyance’ (K. Dykes 21), ‘G.P. Baker’ (Perry 30), ‘Golden Hind’ (Chadburn 31) et ‘Sahara’ (Pilkington 34) démontre une volonté d’imposer un coloris nouveau.
La distribution des prix s’est interrompue pendant les années de guerre : entre ‘Mabel Chadburn’ (Chadburn 39), encore un jaune couronné en 1941, et ‘Maisie Lowe’ (J.L. Gibson 30), en 1948, il n’y a eu aucune médaille. L’esprit était ailleurs. De ‘Maisie Lowe’ en 1948, à ‘Arabi Pasha’ en 1953, La B.I.S. a connu sa période bleue. ‘Blue Ensign’ (Meyer 37 – BDM 49) est un bleu royal, ‘Seathwaite’ (H.Randall 51 – BDM 52) est un bleu pâle, comme sa « mère » ‘Helen McGregor’, ‘Arabi Pasha’ (Anley 51 – BDM 53) est un bleu bleuet.
De 1955 à 1970, la BDM continuera d’aller à des grands iris. Mais avec un vaste choix de coloris, souvent très originaux, comme celui de ‘Tarn Hows’ (H.Randall 51 – BDM 58), qui est bois de rose, ‘Ancient Egypt’ (Fothergill 62 – BDM 66), qui est abricot, ou ‘Blue Eyed Brunette’ (C. Hall 62 – BDM 67) (photo) qui est couleur tabac.
Le règne des grands iris est interrompu en 1971 avec la victoire de ‘Cambridge’ (Brummitt 64), un joli iris de Sibérie bleu pur. Il repart pour les trois médailles suivantes qui vont être attribuée à ‘Shepherd’s Delight’ (Fothergill 69 – BDM 72), un rose devenu ultra célèbre et encore présent dans les catalogues français au cours des années 80, puis ‘Muriel Neville’ (Fothergill 63 – BDM 73), un grenat foncé, et ‘Tyrian Robe’ (C. Hall 69 – BDM 75), un violet pourpré.
Nouvelle originalité en 1976, puisque c’est un Iris de Californie, ‘No Name’ (Brummitt 68) : une petite variété dans les tons de jaune, issue, comme ‘Margot Holmes’, d’I. douglasiana. Après ‘Annabel Jane’ (Dodsworth 74 –BDM 77), en bleu lavande, première Médaille de Dykes attribuée à un produit de Brian Dodsworth, lequel va régner sur les iris anglais pendant vingt ans, c’est un iris intermédiaire qui triomphe en 78, ‘Cotsgold’ (J.D. Taylor 74), un iris jaune, une nouvelle fois. Puis viendra l’iris de Sibérie blanc ‘Anniversary’ (Brummitt 65 – BDM 79).
L’indépendance des juges britanniques se manifestera encore en 1982, puisqu’ils choisiront cette fois le petit SDB ‘Bibury’ (J.D. Taylor 75), blanc à barbe bleue. Mais on repart ensuite pour une lignée de TB, tous signés Dodsworth sauf ‘Early Light’ (Scopes 83 – BDM 89), qui tiendra la tête jusqu’en 1997. Ce sont dix variétés du grand obtenteur Dodsworth qui seront retenues le joli iris crème ‘Buckden Pike’ (85 – BDM 87) et le blanc à barbes rouges ‘Whooper Swan’ (95 – BDM 97).
Au règne Dodsworth succèdera le règne Bartlett, qui dure encore. ‘Orinoco Flow’ (Bartlett 89 – BDM 94), plicata violet à barbes sombres, marquera l’apparition dans le palmarès britannique d’un iris de bordure. Viendront ensuite, en 2000, un nouvel iris de Sibérie, ‘Perfect Vision’ (Bartlett 96 – BDM 2000), en deux tons de bleu, puis le TB ‘Alexia’ (Bartlett 2003 – BDM 2006), bleu lui aussi, mais nettement marqués des traits de son « père » ‘Honky Tonk Blues’, c’est à dire avec des marbrures claires sur les sépales.
La dernière fantaisie dans l’attribution de la DM britannique remonte à 1999, qui a vu l’arrivée en tête de ‘Berlin Ruffles’ (Tamberg 93), lequel présente l’excentricité d’être une variété allemande en même temps qu’un iris de Sibérie tétraploïde d’une hauteur inhabituelle !
Ce que nous réservent les juges d’outre-manche pour les années à venir, nul ne peut le savoir, mais ils vont être certainement obligé d’innover car les iris anglais de qualité semblent devenir rares. La Médaille n’a-t-elle pas pu être attribuée entre 2001 et 2006, après une décade 90 où elle n’a pu l’être que cinq fois ?
Une distinction…qui se distingue
Nos voisins britanniques gardent en toutes choses un comportement qui les distingue. En matière d’iris il en est comme ailleurs. Pendant sa brève existence, la Médaille de Dykes Française a distingué onze variétés d’iris, toutes des « grands barbus ». C’est à pau près la même chose pour la Médaille de Dykes Américaine. Celle-ci a toujours récompensé un grand iris barbu sauf en deux cas, en 80 ans ! La Médaille Anglaise est plus éclectique. D’abord, elle est plus rare, seulement attribuée 51 fois en 80 ans, ensuite elle n’hésite pas à admettre la grande valeur d’une plante quelle que soit sa catégorie.
En 1927, année de son institution, elle a été attribuée à une variété baptisée ‘Margot Holmes’ qui est un hybride interspécifique entre un I.douglasiana et un I. chrysographes. Le premier est un iris de Californie, le second un iris de Sibérie. A l’époque on ne parlait pas encore de « cal-sib », mais c’en est un ! Ces hybrides, stériles, ont fait l’objet de recherches dans les dernières années, mais en 1927, Amos Perry, un grand nom de l’hybridation, obtenteur de ‘Margot Holmes’, était vraiment un précurseur. Lui attribuer la première Médaille de Dykes était un choix courageux et tout à fait non conformiste.
Des trois médailles suivantes, 1929,30 et 31, deux ont été accordées à des grands iris obtenus par Katherine Dykes, la veuve de l’immense W. R. Dykes. Il s’agit de ‘Joyance’ et de ‘Gudrun’. Le premier est dans des tons de jaune clair, le second est un iris blanc. Jusqu’en 1935, les britanniques ont couronné des iris jaunes. A l’époque, obtenir des iris jaunes était encore une gageure ; on s’était extasié sur la variété ‘W.R. Dykes’ (Dykes 26) qui n’est pourtant pas franchement jaune ; le premier vrai jaune, en Europe, fut ‘Pluie d’Or’ (Cayeux 31). Le choix de ‘Joyance’ (K. Dykes 21), ‘G.P. Baker’ (Perry 30), ‘Golden Hind’ (Chadburn 31) et ‘Sahara’ (Pilkington 34) démontre une volonté d’imposer un coloris nouveau.
La distribution des prix s’est interrompue pendant les années de guerre : entre ‘Mabel Chadburn’ (Chadburn 39), encore un jaune couronné en 1941, et ‘Maisie Lowe’ (J.L. Gibson 30), en 1948, il n’y a eu aucune médaille. L’esprit était ailleurs. De ‘Maisie Lowe’ en 1948, à ‘Arabi Pasha’ en 1953, La B.I.S. a connu sa période bleue. ‘Blue Ensign’ (Meyer 37 – BDM 49) est un bleu royal, ‘Seathwaite’ (H.Randall 51 – BDM 52) est un bleu pâle, comme sa « mère » ‘Helen McGregor’, ‘Arabi Pasha’ (Anley 51 – BDM 53) est un bleu bleuet.
De 1955 à 1970, la BDM continuera d’aller à des grands iris. Mais avec un vaste choix de coloris, souvent très originaux, comme celui de ‘Tarn Hows’ (H.Randall 51 – BDM 58), qui est bois de rose, ‘Ancient Egypt’ (Fothergill 62 – BDM 66), qui est abricot, ou ‘Blue Eyed Brunette’ (C. Hall 62 – BDM 67) (photo) qui est couleur tabac.
Le règne des grands iris est interrompu en 1971 avec la victoire de ‘Cambridge’ (Brummitt 64), un joli iris de Sibérie bleu pur. Il repart pour les trois médailles suivantes qui vont être attribuée à ‘Shepherd’s Delight’ (Fothergill 69 – BDM 72), un rose devenu ultra célèbre et encore présent dans les catalogues français au cours des années 80, puis ‘Muriel Neville’ (Fothergill 63 – BDM 73), un grenat foncé, et ‘Tyrian Robe’ (C. Hall 69 – BDM 75), un violet pourpré.
Nouvelle originalité en 1976, puisque c’est un Iris de Californie, ‘No Name’ (Brummitt 68) : une petite variété dans les tons de jaune, issue, comme ‘Margot Holmes’, d’I. douglasiana. Après ‘Annabel Jane’ (Dodsworth 74 –BDM 77), en bleu lavande, première Médaille de Dykes attribuée à un produit de Brian Dodsworth, lequel va régner sur les iris anglais pendant vingt ans, c’est un iris intermédiaire qui triomphe en 78, ‘Cotsgold’ (J.D. Taylor 74), un iris jaune, une nouvelle fois. Puis viendra l’iris de Sibérie blanc ‘Anniversary’ (Brummitt 65 – BDM 79).
L’indépendance des juges britanniques se manifestera encore en 1982, puisqu’ils choisiront cette fois le petit SDB ‘Bibury’ (J.D. Taylor 75), blanc à barbe bleue. Mais on repart ensuite pour une lignée de TB, tous signés Dodsworth sauf ‘Early Light’ (Scopes 83 – BDM 89), qui tiendra la tête jusqu’en 1997. Ce sont dix variétés du grand obtenteur Dodsworth qui seront retenues le joli iris crème ‘Buckden Pike’ (85 – BDM 87) et le blanc à barbes rouges ‘Whooper Swan’ (95 – BDM 97).
Au règne Dodsworth succèdera le règne Bartlett, qui dure encore. ‘Orinoco Flow’ (Bartlett 89 – BDM 94), plicata violet à barbes sombres, marquera l’apparition dans le palmarès britannique d’un iris de bordure. Viendront ensuite, en 2000, un nouvel iris de Sibérie, ‘Perfect Vision’ (Bartlett 96 – BDM 2000), en deux tons de bleu, puis le TB ‘Alexia’ (Bartlett 2003 – BDM 2006), bleu lui aussi, mais nettement marqués des traits de son « père » ‘Honky Tonk Blues’, c’est à dire avec des marbrures claires sur les sépales.
La dernière fantaisie dans l’attribution de la DM britannique remonte à 1999, qui a vu l’arrivée en tête de ‘Berlin Ruffles’ (Tamberg 93), lequel présente l’excentricité d’être une variété allemande en même temps qu’un iris de Sibérie tétraploïde d’une hauteur inhabituelle !
Ce que nous réservent les juges d’outre-manche pour les années à venir, nul ne peut le savoir, mais ils vont être certainement obligé d’innover car les iris anglais de qualité semblent devenir rares. La Médaille n’a-t-elle pas pu être attribuée entre 2001 et 2006, après une décade 90 où elle n’a pu l’être que cinq fois ?
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