19.10.07


ECHOS DU MONDE DES IRIS

Encore des concours

En Pologne

Les compétitions de la MEIS (Société des Iris d’Europe Centrale) se sont déroulées cette année en Pologne. En voici les résultats :

Compétition réservées aux obtenteurs d’Europe Centrale :
1) GF-J-99-1 - Jerzy Wozniak (Pologne)
2) 97-CRCE1 - Josef Dudek (Rep. Tchèque)
3) ZK-03-46A - Zbigniew Kilimnik (Pologne)

Compétition internationale :

1. BEYOND PARADISE – A.D.Cadd US 2004 (photo)
2. SONET SHEKSPIRA – I.Horosh PL 2007
3. INNOCENT DEVIL – A.D.Cadd US 2003

Critérium de l’iris – Orléans La Source

1) POESIE - R. CAYEUX 2002
2) RARE QUALITY - SCHREINER 99
3) MYSTERIEUX - R. CAYEUX 2003
4) FANFRELUCHE - R. CAYEUX 2003

A noter que le classement de 2006 (les variétés sont en compétition pendant trois ans) était 1 – MYSTERIEUX, 2 – RARE QUALITY, 3 – POESIE !

12.10.07







DU NEUF AVEC DU VIEUX

Il y a quelques mois, peu après le concours FRANCIRIS © 2007, à propos des hybrideurs amateurs, j’écrivais ceci : « Ils doivent surtout éviter de chercher à faire du neuf avec du vieux. Croiser des variétés anciennes ne leur donnera pas des rejetons modernes. » Certains m’ont fait remarquer que j’étais peut-être trop affirmatif et que de très intéressantes variétés récentes étaient le produit de croisements entre variétés plutôt anciennes. C’est exact et en voici quelques preuves.

Prenons pour exemple ‘Ikar’ et ‘Simfoniya’, deux obtentions de l’ouzbek Adolf Volfovitch-Moler enregistrées en 92 et qui ont toutes les deux retenu l’attention des juges de Florence en 95, attribuant le Florin d’Or au premier et qualifiant le second de « meilleure variété tardive ». Ces deux iris intéressants résultent d’un croisement de deux variétés des années 60 : ‘Rippling Waters’ (Fay 61) et ‘Pipes of Pan’ (O. Brown 63). Trente années se sont écoulées entre l’enregistrement des parents et celui des enfants. Volfovitch-Moler, en l’occurrence a bien fait du neuf avec du vieux et le neuf est réussi.

Un autre exemple est celui de cet hybride obtenu par Michelle Bersillon et repéré sous le numéro de semis 9920R (voir photo) qui est une jolie fleur mais qui est aussi le croisement de deux variétés dites historiques : Sapphire Hills x Surf Rider. ‘Sapphire Hills’ a été enregistré par Schreiner en 1971 et ‘Surf Rider’ est un amoena inversé qui date de 1970.

Cela démontre que, sans doute, j’ai un peu noirci le tableau. Mais des obtenteurs aussi indiscutables que Keith Keppel affirment aussi que le 100% ancien n’est pas une bonne idée. Les exceptions ne sont là que pour confirmer les règles.

Mais que dire des croisements « ancien X moderne » ?

Des obtenteurs contemporains comme Donald Spoon ou Jim Hedgecock, aux USA, travaillent sur l’idée qu’il faut renforcer les variétés modernes en leur injectant les gènes de variétés plus anciennes et considérées comme plus robustes. Ils ont parfaitement raison. En effet le progrès de nos chers iris ne consiste pas à multiplier indéfiniment les nouvelles variétés, mais à créer de nouveaux iris qui apportent quelque chose, soit par un caractère nouveau, soit par l ‘amélioration d’un caractère existant. Il est reconnu que beaucoup de variétés parmi les plus récentes présentent des défauts, notamment quant à la robustesse et à la résistance aux maladies. Certains sont même allés jusqu’à mettre en cause la conscience professionnelle des juges pour expliquer les difficultés rencontrées avec les variétés modernes : il ne faudrait pas noter favorablement une variété qui n’offre pas toutes les qualités végétatives qu’on peut attendre, et les juges se laisseraient séduire par le succès commercial de tel ou tel iris plutôt que par ses réelles qualités. Lesdits iris seraient beaux, originaux, séduisants, mais pousseraient mal ou seraient trop fragiles. Ceci est hélas trop souvent exact, mais il ne faut pas en rendre les juges responsables : ils jugent ce qu’on leur présente et attribuent les récompenses qu’ils ont à distribuer. C’est donc aux hybrideurs à redresser la barre. L’apport de qualités reconnues de certaines variétés anciennes est donc une piste intéressante. Mais il ne faut pas que cet apport se solde par un appauvrissement des autres caractères. Or c’est le risque, car il est notoirement connu que lors d’un croisement, ce sont les défauts des parents qui se représentent le plus souvent et semblent s’additionner, plutôt que leurs qualités ! Le travail de sélection, lorsqu’on croise une variété ancienne et une variété récente, sera beaucoup plus ardu et il y aura sûrement un accroissement des « déchets ». J’estime avoir eu beaucoup de chance avec le croisement ‘Beghina’ X ‘Sky Hooks’ qui allie un vieil iris gris des années 60 et le fameux ‘Sky Hooks’ de 1980. C’est un croisement a priori risqué, dont j’ai obtenu ‘Kir’ auquel je trouve beaucoup de qualités, et un charmant BB auquel j’avais destiné le nom de ‘Prétexte’, mais qui est mort en bas âge (bloom-out). C’était un iris blanc, à barbes blanches et éperons bleus, avec des bords extrêmement laciniés d’un très joli effet. Mais par ailleurs ce croisement a donné naissance à des plantes aux caractéristiques franchement démodées, des « nanards » bons pour le compost.

Les photos ci-dessus de ‘Louvois’ (Cayeux 36) et du croisement ‘Louvois X Romantic Evening’ réalisé par notre compatriote Loïc Tasquier, qui vit aux Pays-Bas, montrent les limites de l’exercice. C’est un essai, intéressant mais qui allie des variétés extrêmes, et toutes les qualités de ‘Romantic Evening’ n’ont pas surmonté la difficulté du mariage. D’autres ont été plus modérés dans le choix du parent ancien et sont parvenus à des résultats valables.

C’est notamment le cas de Jim Hedgecock. Dans un choix de croisements du même genre, j’en ai relevé trois qui ont été à l’origine de plusieurs belles nouveautés bien que les parents aient déjà un âge respectable. Ainsi (‘Space Wagon’ x ‘Tuxedo’) X ‘Sophistication’, qui réunit des variétés de 1973, 1965 et 1984, a donné naissance à des iris aussi variés que ‘Aztec Lace’ (2002), ‘Chiricahua Canyon’ (97), ‘Dark Dancer’ (2002), ‘Jungle Dancer’ (2002) et ‘Whispering Waters’ (99). Un croisement encore plus « dans le style ancien » : ‘Sun Fire’ X ‘Mandolin’, respectivement de 76 et de 77, a abouti à ‘Apache Ruffles’ (97), ‘Dreamsicle Soda’ (92), ‘Orange Ensemble’ (93) et ‘Pumpkin Fest’ (97). Enfin ‘Superstition’ X ‘Soul Music’, tous deux de 77, a fourni les « noirs » bien connus que sont ‘Dracula’s Shadow’ (89), ‘Navajo Night’ (97) et ‘Son of Dracula’ (91). Dans ces deux cas on est dans la configuration de type ‘Ikar’ dont il a été question plus haut. Le catalogue Hedgecock est rempli de cultivars de la même eau. On peut donc dire qu’en l’occurrence on est devant un choix délibéré dont l’obtenteur n’a qu’à se louer. C’est une voie de renouvellement dont les obtenteurs européens, et en particuliers les amateurs, peuvent s’inspirer avec profit mais dont ils ne doivent pas sous-estimer les risques.

ECHOS DU MONDE DES IRIS

Encore des concours

En Pologne

Les compétitions de la MEIS (Société des Iris d’Europe Centrale) se sont déroulées cette année en Pologne. En voici les résultats :

Compétition réservées aux obtenteurs d’Europe Centrale :
1) GF-J-99-1 - Jerzy Wozniak (Pologne)
2) 97-CRCE1 - Josef Dudek (Rep. Tchèque)
3) ZK-03-46A - Zbigniew Kilimnik (Pologne)

Compétition internationale :

1. BEYOND PARADISE – A.D.Cadd US 2004 (photo)
2. SONET SHEKSPIRA – I.Horosh PL 2007
3. INNOCENT DEVIL – A.D.Cadd US 2003

Critérium de l’iris – Orléans La Source

1) POESIE - R. CAYEUX 2002
2) RARE QUALITY - SCHREINER 99
3) MYSTERIEUX - R. CAYEUX 2003
4) FANFRELUCHE - R. CAYEUX 2003

A noter que le classement de 2006 (les variétés sont en compétition pendant trois ans) était 1 – MYSTERIEUX, 2 – RARE QUALITY, 3 – POESIE !

4.10.07

UN PEU D'AVANCE

Un peu d'avance cette semaine, pour cause de déplacement vers Boinvilliers (78200), en vue de l'Assemblée Générale de la SFIB, ce week-end.






TOUT PETIT PETIT

Dans une belle envolée lyrique, Barbara Whitehouse, la rédactrice de l’article de « The World of Irises » sur les iris nains miniatures (MDB) commence ainsi son exposé : « Si la vue du premier crocus peut signifier pour beaucoup de gens le retour du printemps, c’est la vue du premier iris nain miniature qui évoque ce retour pour les amateurs d’iris. Premiers des iris barbus à fleurir, les nains miniatures annoncent la saison attendue avec tant d’impatience tout au long de l’hiver ; chaque amateur d’iris devrait en cultiver au moins une ou deux touffes pour cette seule raison. Cependant ils sont tellement mignons qu’une ou deux touffes peuvent devenir par la suite une plate bande ou un massif tout entier. »

Tout ce qui est petit est mignon : les iris ne font pas exception à cette règle, et le texte ci-dessus en est la démonstration. Car, tout petits, les MBD le sont : pas plus de 21cm de haut et le plus souvent bien moins. Leur caractère hâtif et l’abondance de leur multiplication ajoutent à leur attrait. Si l’on complète leur description en disant qu’ils sont extrêmement résistants au gel, on est sûr, avec eux, de posséder une plante délicieuse pour commencer l’année au jardin.

Ces gentilles petites choses, les amateurs les connaissent depuis le début de la culture intensive des iris, c’est à dire depuis les années 1840/1850. Ceux que nous rencontrons aujourd’hui sont le résultat de croisements interspécifiques entre I. chamaeiris, I. olbiensis, I. pumila et quelques autres comme I. lutescens, I.melitta ou I. reichenbachii. Cependant c’est à l’excellent I. pumila, et son aptitude à transférer la tétraploïdie des grands iris barbus dans les iris nains qui a joué le rôle le plus important dans la création des MDB. Ces derniers sont donc des iris tétraploïdes, ce qui leur confère d’immenses possibilités en matière de variété et de combinaisons de couleurs. Malgré cela, ils ne constituent qu’une infime partie des nouveaux iris enregistrés chaque année, et leur culture ne décolle pas : 9 MDB pour 525 TB en 2000, 7 pour 698 en 2006 ! Dans ces conditions leur évolution ne peut pas être bien rapide et ceux d’aujourd’hui conservent un petit air vieillot qui était celui des iris de la première moitié du XXeme siècle. Pourtant de nombreux obtenteurs de grands iris se sont essayés à l’hybridation des petits : Ben Hager, Keith Keppel, George Sutton, Terry Aitken, Brad Kasperek, pour n’en citer que quelques-uns. Mais aussi certains comme la famille Willott s’en sont faits une spécificité.

Ils sont défendus avec enthousiasme par la Dwarf Iris Society, fondée en 1950 par des amateurs passionnés par leur caractère hâtif, leur forme délicate, leurs couleurs fraîches et leur résistance aux intempéries et aux aléas du climat. Ils disposent, comme toutes les autres catégories d’iris, d’une médaille particulière, la Carpane-Welch Medal. A ce titre, ils participent au vote pour l’attribution de la Dykes Medal, mais il est peu probable qu’ils réussissent un jour à réunir suffisamment de votes pour espérer l’obtenir !

En France, les défenseurs des MDB sont peu nombreux. Les catalogues des principaux producteurs ne les commercialisent pas. Ce n’est donc pas facile de faire leur connaissance. Pour donner une idée de ce qu’ils sont, j’ai placé deux photos de récents vainqueurs de la Carpane-Welch Medal, publiées dans le bulletin de l’AIS, ‘Little Drummer Boy’ (A & D Willott 97 – CWM 2005) et ‘African Wine’ (Kasperek 98 – CWM 2006). Le premier est un petit iris de 10cm de haut, blanc avec un gros spot violet, issu directement de I. pumila ; le second dont le nom décrit la couleur, y ajoute une barbe orange brûlé pointée de lavande. Cependant les curieux peuvent se tourner vers le seul catalogue français où se trouvent ces iris, celui de Lawrence Ransom –Iris au Trescols - qui, avec son ami Jean Peyrard, obtient des MDB. ‘Voie Lactée’ (Peyrard 92), ‘Dekho’ (Ransom 93), ‘A Gogo’ (Ransom 93), ‘Passion Bleue’ (Peyrard 95), ‘Bisou’ (Ransom 94), ‘Punk’ (Ransom 98), ‘Zarbi’ (Ransom 2002) et ‘Guilli-Guilli’ (Ransom 2007) (photo) constituent toute la panoplie de leurs obtentions. C’est suffisamment étendu pour être signalé et mériter que l’on félicite ces deux audacieux pour leur éclectisme.
L’HYBRIDEUR ET LE MUSICIEN

Amateur de musique classique et « branché » hybridation, je ne puis m’empêcher de faire le parallèle entre le musicien, interprète, et l’hybrideur, tant amateur que professionnel.

L’interprète doit à la musique qu’il joue une fidélité et une qualité d’interprétation maximales. Pour parvenir à ces deux exigences, il lui faut posséder parfaitement son instrument, grâce à une formation et une pratique approfondies. Il lui faut aussi cette rigueur et cette honnêteté qui lui permettront d’être le serviteur scrupuleux et reconnaissant du compositeur. Il lui faut enfin cette sensibilité et cette empathie qui feront de lui autre chose qu’une mécanique musicale, et lui feront communiquer l’enthousiasme qui l’habite et qui emportera celui de ses auditeurs.

En comparaison, celui qui entend créer de nouveaux iris (autrement, bien sûr qu’à titre d’amusement sans conséquence) doit-il être différent ? Sûrement pas ! Pour réussir dans l’hybridation il faut connaître aussi profondément que possible la génétique des iris, la biologie végétale, les mystères de l’hérédité… C’est quelque chose qui ne s’improvise pas et exige des heures de lecture, d ‘étude des auteurs qui ont écrit sur ces sujets. Il est non moins indispensable de faire preuve de rigueur lorsque viendra le moment de choisir les variétés qui pourront être conservées, enregistrées et, sans doute, commercialisées. Les iris imparfaits, même s’ils sont intéressants sur certains aspect, devront être rejetés, ou simplement mis de côté en vue de croisements ultérieurs destinés à améliorer, aux générations suivantes, les caractères qui pêchent. L’honnêteté se manifestera par le souci d’être précis et rigoureux dans la déclaration des origines des cultivars : ne pas « dorer la pilule » et tenter de faire croire à des origines prestigieuses quand on n’est pas certain du croisement d’où provient la variété. Cela fait partie du respect qui est dû à ceux qui ont réalisé les croisements précédents, ainsi qu’à ceux qui pourront utiliser, par la suite, la variété en question. Pour réussir, l’hybrideur devra également posséder ce génie qui lui fera choisir les bons parents pour le résultat qu’il vise, et ce bon goût qui lui feront retenir les plus beaux iris, ceux qui plairont aux amateurs à cause de leur beauté intrinsèque, de leur charme, de leur élégance ou de leur harmonie.

Ce qui fait le succès d’un musicien, ce n’est pas uniquement sa virtuosité, sa musicalité, c’est aussi sa capacité à capter et conserver l’attention et l’admiration de son public et à s’attirer sa reconnaissance en lui permettant de profiter pleinement de ce que le compositeur, un autre génie, a voulu donner. L’hybrideur d’iris (ou de toute autre plante d’ailleurs), dans son domaine, n’est nullement différent.

ECHOS DU MONDE DES IRIS

Encore des concours

En Allemagne
J’ai déjà signalé le succès de ‘Violet Ballerina’ (Cadd 2003) (voir photo) dans le concours international 2007 des la GDS (Société Allemande d’Horticulture), devant ‘Poésie’ (R. Cayeux 2002) et ‘Ujlak’ (Mego 2007). La compétition réservée aux variétés autochtones a récompensé ‘Alrun’ (Beer 2007), un bel iris jaune plus clair sous les barbes.

En Russie
Le concours russe réservé aux variétés obtenues dans le pays est revenu à ‘Stefan Zweig’ (Loktev 2002), un iris blanc bleuté ombré d’or aux épaules, devant son compatriote ‘Moi Snovidenyia’ (Koroliov 99), indigo, aux sépales plus clairs striés de violet aux épaules.

28.9.07


ECHOS DU MONDE DES IRIS

Un beau voyage en perspective

La SFIB est en train d’organiser un beau voyage pour 2008 : Une visite au Nymphenburg de München (Munich) au moment du concours d’iris allemand.

Le projet est le suivant :
- RV à Mulhouse le 23 mai 2008
- Visite du jardin d’iris de Bâle le 24/05
- Visite de la pépinière Zeppelin le 24/05
- Visite du Nymphenburg le 25/05

Dans quelques semaines il y aura plus de précisions.

Un nouveau modèle ?

Loïc Tasquier, un amateur normand installé aux Pays-Bas, nous envoie ceci :
« J’ai eu une conversation avec Paul Black à propos d’un nouveau modèle d’iris apparu parmi ses semis. Il m’a envoyé des photos d’iris présentant des pétales veinés (voir photo). Il semble bien qu’un nouveau modèle d’iris soit effectivement en train d’apparaître. »

C’est effectivement quelque chose d’intéressant. J’aimerais connaître les origines de ces semis où l’on rencontre des veines pourpres sur bleu, brunes sur bleu, blanches sur jaune, jaunes sur blanc et rouille sur pourpre…










AUX ANGES

C’est peut-être l’état de l’amateur d’iris quand il se trouve en présence d’une de ses fleurs préférées. Tant il est vrai que la contemplation d’un iris peut nous envoyer aux anges. Mais je ne crois pas que ce soit ce genre de considération qui ait occupé l’esprit des obtenteurs qui ont donné à l’un de leurs cultivars un nom faisant référence aux milices célestes.

En fait dans l’esprit de la majorité des gens – et les obtenteurs d’iris font partie de ces gens – le concept d’ange renvoie à la pureté, donc à la blancheur ou, tout au moins à une couleur tendre. Donner un nom où figure le mot « ange » laisse donc supposer que l’on à affaire à un iris blanc ou dans un ton pastel. C’est vrai dans à peu près tous les cas, mais nous verrons qu’il existe des anges sombres, sans pour autant qu’ils soient maléfiques.

Toutes catégories confondues, les noms comportant le mot « ange » doivent bien se compter par plusieurs centaines. Ils sont déjà presque une cinquantaine dans le seul « Iris Check List 1999 » c’est à dire la compilation de tous les enregistrements des années 90/99. Et dans ma propre base de données, qui ne comprend que 8800 noms de grands iris, j’en compte 53, ce qui fait tout de même 0.6 %.

Si l’on considère que cet échantillon est représentatif, on s’aperçoit qu’il contient 19 variétés blanches (35%), et que 22 sont de teintes pastels (41%). Les variétés claires sont dont au nombre de 41, soit 77 %. CQFD. Parmi ces variétés il en est de superbes. C’est le cas, parmi les anciens, de ‘Flight of Angels’ (Terrell 68), ‘Angel Choir’ (Schliefert 70), ‘Angel Unawares’ (Terrell 70), tous en blanc immaculé, ou ‘Pink Angel’ (Rudolph 73) en rose layette. Plus près de nous l’iris ivoire ‘Heavenly Angels’ (79) rappelle que Joë Gatty n’était pas seulement un maître des roses. Le ‘Celestial Angel’ (88) d’Evelyn Kegerise est un ange bleu, comme il se doit, et le ‘Song of Angels’ (91) de Schreiner est un blanc ourlé de lavande. ‘Maybe an Angel’ (Blyth 96) donne aussi dans le bleu tendre. Quant à ‘Fallen Angel’ (Meek J. 95) (voir photo), c’est un avant-goût de ‘Fogbound’, pétales lavande, sépales blancs, barbes orangées. Plus vif est le contraste qui caractérise ‘Azure Angel’ (Grosvenor 94), neglecta bleu réputé. D’Ukraine, nous vient ‘Nebo Angelov’ (Miroshnichenko NR) (voir photo) que l’on a vu à Jouy en Josas lors de FRANCIRIS ® 2007 – mais en l’occurrence, je me demande si le mot « angelov » peut bien se traduire par « ange » ; supposons que ce soit cela ! ­.

Dans les tons de rose on découvre les récents ‘Codi’s Angel Face’ (Schreiner 2004) (voir photo) dont on apprécie la « gueule d’ange », et ‘Guardian Angel’ (Keppel 2005) dont on attend en effet qu’il nous protège des accidents de la vie.

Il existe aussi des anges sombres, évocateur des soldats de Dieu, ou de la nuit plutôt que de l’enfer. L’ ‘Avenging Angel’ de Brice Williamson (84) est vêtu de rouge bourgogne ; l’ ‘Ebony Angel’ de Larry Johnson (2000) (photo) tire franchement sur le noir, et le ‘Gala Angel’ de Rowlan (84) est somptueusement habillé d’or et de rubis, et embouche une trompette rutilante.

Qu’ils viennent du ciel ou de la terre, les anges seront toujours d’agréables compagnons des jardiniers et, en particulier, des amateurs d’iris.

21.9.07







UN BRISEUR DE CHARME

On ne peut pas dire que ‘Spellbreaker’ (Schreiner 91) (voir photo) se plaise bien chez moi : acquis en 1998, il n’a fleuri qu’en 2003 puis 2004 ; transplanté cette année-là, il n’a repris la floraison qu’en 2007. Disons qu’il lui faut du temps pour s’installer ! Je ne l’ai donc pas vu souvent, mais à chaque fois j’ai été surpris par la taille de ses fleurs et par sa couleur. Les fleurs, je les trouve un peu trop grosses et, par conséquent, sensibles aux intempéries. Dans le catalogue Schreiner de 91, où il est présenté pour la première fois, l’obtenteur n’insiste pas sur cette caractéristique puisqu’il se contente de dire que les pétales sont larges. C’est une façon un peu brève de décrire la plante, mais il n’est guère commercial, il est vrai, d’insister sur ce qui n’est pas forcément un avantage ! La couleur, quant à elle, est tout à fait remarquable et intéressante. Elle se rencontre assez souvent, cependant, mais dans le cas présent, elle est parfaitement pure, et surtout elle est complétée par une grosse barbe blanche qui fait un effet saisissant sur le pourpre rosé des sépales.

Dans ce coloris vif et attirant, et à la même époque, ce ne sont pas les variétés de valeur qui manquent. En 1985 Opal Brown avait proposé ‘Persian Gown’, qui a une petite zone blanche sous les barbes ; en 1986 Keith Keppel avait présenté ‘Ever After’ (photo), un des plus beaux, enrichi d’une barbe mandarine, et Schreiner s’était fendu de ‘Loyalist’, un peu plus violacé, mais très riche ; en 1988 il y avait eu ‘Thriller’, toujours chez Schreiner, avec une barbe violet foncé ; en 1989, encore chez Schreiner on avait eu droit à ‘Sultry Mood’ et à ‘Rosette Wine’, superbe, avec un poudrage blanc sous les barbes roses. Mais aucun de ces beaux iris n’avaient les barbes blanches de ‘Spellbreaker’. Et c’est le cas de tous les autres beaux rouge fuchsia de ma connaissance : ‘Lady Friend’ (Ghio 81) a les barbes vermillon, comme ‘Mulled Wine’ (Keppel 82) ; ‘Newlywed’ (Ghio 88), et toute la batterie des Schreiner : ‘Mulberry Punch’ (92), ‘Gypsy Romance’ (94), ‘Wild Thing’ (95), ‘Swingtown’ (96) ou Sheer Ecstasy (96) (photo). La variété qui se rapprocherait le plus de ‘Spellbreaker’ serait peut-être ‘Blended Frills’ (O. Brown 86) mais c’est un bitone et les barbes blanches disparaissent sur la zone blanches du haut des sépales.

Pour savoir d’où viennent ces barbes blanches il faut faire un voyage dans le pedigree des ‘Spellbreaker’. Celui-ci n’est pas des plus simples, mais, pour une fois, la firme Schreiner a bien voulu afficher toutes les données. Du coté femelle, ‘Spellbreaker’ descend d’un cocktail de fleurs déjà âgées : ‘Alpenrose’ (Schreiner 59), ‘Anthem’ (Schreiner 58), Amethyst Flame (Schreiner 57 – DM 63), ‘Melodrama’ (Cook 56), ‘Brigadoon’ (Tompkins 55), ‘Stepping Out’ (Schreiner 64 – DM 68) et ‘Jolie’ (Schreiner 67). Si ces deux derniers sont des plicatas violets, tous les autres tournent autour de la couleur mauve fuchsia. Mais les barbes ne sont pas blanches, à part celles de ‘Anthem’, qui sont effectivement claires sinon blanches. Du côté mâle, c’est plus simple, à la génération précédente il y a ‘Raspberry Frills’ (Schreiner 84), un très joli iris violacé, ondulé et frisé (d’où son nom), qui a …des barbes blanches ! Ces barbes, il les tient de son propre « père », ‘Fabulous Frills (Scheiner 76). La couleur fuchsia de ‘Spellbreaker’, c’est donc sa filière maternelle, les barbes blanches, c’est la signature paternelle. Rien d’extraordinaire donc, mais tout de même une belle chance d’avoir réuni ces deux traits dans d’aussi jolies conditions. La chance fait partie de la panoplie de l’obtenteur !

‘Spellbreaker’ n’est peut-être pas une absolue réussite. Mais il a pour lui cette association encore unique d’un coloris très vif et de barbes totalement blanches soulignées d’une fine ligne de la même couleur qui les met encore plus en valeur.
ECHOS DU MONDE DES IRIS

FRANCIRIS® 2009

Il n’y aura pas de concours international FRANCIRIS® 2009. La décision a été prise début juillet de ne pas reconduire le concours pour 2009. Le prochain aura lieu seulement en 2011, avec une mise en culture des plantes sur trois ans, donc avec plantation à l’automne 2008. Ceci est à la fois dommage et raisonnable. En effet l’organisation d’un concours sur deux ans est un peu risquée : les iris n’atteignent leur plein développement qu’au bout de trois ans de culture. Sur deux ans, et sous nos climats, il y a risque que la végétation ne soit pas suffisante. En revanche interrompre la continuité du concours nuit à sa notoriété.

Récompenses britanniques

British Dykes Medal : non attribuée
Fothergill Trophy : ‘Blueberry Pie’ (Dodsworth 2007)
Lemon Trophy : ‘Headcorn’ (O. Wells 2004) MTB.
Brummitt Award : non attribué

14.9.07


ECHOS DU MONDE DES IRIS

L’année des remontants

Tout le monde s’accorde pour dire que cette année 2007, souvent fraîche et pluvieuse, a été excellente pour les iris remontants. Dans mon jardin, c’est encore une fête des fleurs, avec 7 variétés en fleurs, dont 6 qui n’avaient jamais remonté. A Jouy en Josas, au jardin de Tecomah où s’est déroulé le concours FRANCIRIS © 2007, ce sont 14 iris du concours qui sont actuellement en fleur, ainsi que 8 du concours 2005 !

Voici la liste de ces 22 variétés :
‘Creative Vision’ (Kerr 2000)
‘Modra Obzorja’ (Golob 2003)
‘Straight Up’ (Sutton M. 2004)
‘Oro Antico’ (Mostosi 2006)
‘Clothed in Glory’ (Kerr 2004)
‘Designer’s Art’ (Kerr 2004)
‘Majski Sneg’ (Golob 2006)
‘Lydia Schimpf’ (Beer 2006)
‘Air force One’ (Sutton G. 2001)
‘Endearing Charm’ (Painter 2002)
‘Latin Rhythm’ (Hedgecock 2007)
‘Silesia’ (Siedl 2004)
semis Golob J02KB (Golob)
‘Bride’s Blush’ (Sutton M. 2003)
‘Bugles and Horns’ (Sutton G. 97)
‘Prince of Pirates’ (Black 2000)
‘Buc Joyeux Anniversaire’ (François 2002)
‘Buc Arcades’ (François 2000)
‘Barbanera’ (Bianco 2000)
‘Richard B’ (Stetson 2003)
semis Ransom 97-17-3 (Ransom)



QUAND LA BRUYERE EST FLEURIE
Six générations de rose bruyère


En ces mois d’automne, la bruyère est fleurie aux talus des routes forestières et pas seulement aux flancs des Monédières comme le chantait le limousin Jean Ségurel il y a maintenant un demi-siècle. C’est en me remémorant ce refrain de ma jeunesse que j’ai pensé aux iris qui, au printemps, apportent au jardin la couleur de la bruyère. Par hasard, je suis tombé sur une photo de ‘Innocent Blush’ (Schreiner 93) (voir photo) et je me suis amusé à remonter l’arbre généalogique de ce bel iris mauve rosé, joliment ondulé et délicatement frisé.

‘Innocent Blush’ descend de ‘Fabulous Frills’ (Schreiner 76) et de ‘Lorilee’ (Schreiner 81), tous deux iris dans les tons de rose mauve. Le premier, franchement couleur lavande rosé, est renommé surtout pour l’abondance des frisottis qui ornent son pourtour et qui lui valent son nom. Il arrive en droite ligne de ‘Dream Time’. Le second, à peu près de la même couleur, ne comporte pas de bords dentelés, mais il arbore de profondes ondulations, et, surtout, il est l’enfant du grand ‘Amethyst Flame’, qui lui a donné ses qualités de pureté des teintes et de robustesse de la plante. Un troisième ascendant de ‘Innocent Blush’ est ‘Warm Laughter’ (Schreiner 70), qui est, lui, plus franchement mauve.

‘Dream Time’ (Schreiner 67) (voir photo), est à la fois au pedigree de ‘Fabulous Frills’ et de ‘Warm Laughter’ Avec cette variété on est en face d’un pur produit Schreiner. L’ampleur de la fleur, sa forme parfaite, ses souples ondulations, ses bords finement dentelés, sont des traits qu’on retrouve encore aujourd’hui dans les iris proposés par Schreiner. Il est étonnant qu’une fleur aussi belle n’ait pas fait un chemin plus long dans la course aux honneurs que l’Honorable Mention obtenue en 68 : il y a des mystères dans les choix des juges.

Dans le pedigree de ‘Dream Time’ on trouve deux fleurs teintées de mauve ou de mauve rosé : ‘Amethyst Flame’ (Schreiner 57 – DM 63) et ‘Pretty Carol’ (Hamblen 56). Ce dernier a eu une belle descendance, surtout chez Schreiner, d’ailleurs, dont quelques rose orchidée ou rose bruyère comme ‘Fairy Rose’ (64), ‘Annabel Lee’ (66), ‘Warm Laughter’ (70) ou ‘Summer Wine’ (72). ‘Amethyst Flame’ a été retenu, par Schreiner essentiellement, pour un grand nombre de variétés, dont plusieurs dans les tons qui nous intéressent aujourd’hui : ‘Fairy Rose’ déjà cité, ‘Chordette’ (67), ‘Cranberry Ice’ (76), ‘Lorilee’ (81), et figure aussi parmi les ancêtres de variétés plus récentes comme ‘Spellbreaker’ (91) et ‘Diabolique’ (97). ‘Pretty Carol’ est un enfant de la variété rose orchidée ‘Mary Randall’ (Fay 50), qui est aux iris roses ce qu’est ‘Snow Flurry’ aux iris blancs. C’est un iris utilisé en abondance par de nombreux hybrideurs des années 50/60 ; ‘Amethyst Flame’ ne comprend que des roses ou des mauves dans son pedigree, puisque celui-ci est : Crispette X (Lavanesque x Pathfinder). ‘Crispette’ et ‘Lavanesque’ sont cousins puisqu’ils descendent de deux frères de semis, tous deux mauve rosé, ‘Harriet Thoreau’ (Cook 44) pour ‘Crispette’, ‘Dreamcastle’ (Cook 43) pour ‘Lavanesque’.

Si l’on compte bien, de ‘Harriet Thoreau’ ou ‘Dreamcastle’ à ‘Innocent Blush’ on arrive à six générations d’iris allant du rose orchidée au rose bruyère, en passant par le mauve rosé. Six générations qui constituent un bel exemple de la suite dans les idées que les grands obtenteurs peuvent avoir quand ils veulent améliorer une ligne de travail. A chaque fois l’addition des qualités de deux variétés a abouti à un progrès. C’est la technique de l’ « inbreeding » à laquelle nous devons de disposer d’iris dont toutes les qualités ont été portées à leur maximum. ‘Innocent Blush’ est une parfaite illustration de ce processus.

7.9.07







T’ES BIEN TROP PETIT, MON AMI

Doit-on utiliser les termes de cette fameuse chanson de Théodore Botrel à propos de ce qu’on appelle en France les « iris de table » et dans le langage des iridophiles les MTB (Miniature Tall Bearded) ? Ce ne serait pas vraiment justifié, car s’ils sont petits, ces iris ont des qualités qui méritent qu’on parle un peu d’eux.

Voici comment ils sont définis dans « The World of Irises » :
« Les grands iris miniature, ou iris de table, sont des plantes de 41 à 70 cm de haut, avec des fleurs qui ne font pas plus de 15 cm tant en hauteur qu’en largeur, portées par des tiges minces et souples, et qui s’épanouissent en même temps que celles des grands iris. Que le feuillage soit dressé ou retombant, les tiges doivent s’élever nettement au-dessus. On préfère les plantes d’une hauteur de 52 à 55 cm plutôt que celles d’une taille supérieure ou inférieure. Cette catégorie est issue en majorité d’espèces comportant 24 chromosomes, telles que I. variegata ou espèces voisines ; mais il existe aussi des hybrides à 44 ou 48 chromosomes. Les espèces de base sont I. cengialtii, I. illyrica, I. perrieri, I. reginae, I. rudskyi et I. variegata. »

Cette catégorie a eu du mal à s’imposer. Bien qu’elle soit apparue très tôt dans l’histoire des iris, il fallut attendre les années 50 pour que soient définis ses traits spécifiques. On parlait déjà d’iris de table dans les années 30, mais la désignation MTB n’est apparue qu’avec la définition de la catégorie. Aujourd’hui les deux termes sont utilisés indifféremment. Ce sont Mary Williamson, au début, puis Alice White, dans les années 50, qui ont misé sur les iris de table, en faisant valoir leur intérêt décoratif tant pour le jardin que pour la fleur coupée. C’est d’ailleurs pourquoi la médaille catégorielle qui est dédiée aux MTB se nomme la Williamson-White Medal.

Ce n’est qu’en 1966 qu’est apparue la première liste de MTB, depuis, leur implantation s’est affirmée, surtout aux Etats-Unis, d’ailleurs, car, chez nous, ils restent encore bien discrets. Mais de l’autre côté de l’Océan Atlantique il y a actuellement un sensible mouvement de sympathie pour ces petits iris parfaits en bouquets, ce qui est d’autant plus étonnant que le nombre de MTB enregistrés chaque année ne dépasse pas les 10% de l’ensemble des enregistrements ! Un bon exemple de cet engouement est ‘Bumblebee Deelite’ (Norrick 86) (photo) qui a bien failli, par trois fois – en 94, 95 et 96 – remporter la Médaille de Dykes ! Ce joli petit variegata or et noir qui, si l’on en croit son nom, fait les délices des bourdons, attire aussi les juges. Son parcours des honneurs est exceptionnel :
- 1988 = Franklin-Cook Cup à la Convention d’Oklahoma City ;
- 1990 = équivalent d’alors de laWilliamson-White Medal ;
- 1992 = termine en n° 3 dans la course à la DM ;
- 1993 = deuxième triomphe pour la première W-WM attribuée ;
- 1994 = termine en n° 2 pour la DM, derrière ‘Silverado’ ;
- 1995 = termine en n° 2 pour la DM, derrière ‘Honky Tonk Blues’ ;
- 1996 = termine en n° 2 pour la DM, derrière ‘Before the Storm’ !

Le cas de ‘Bumblebee Deelite’ n’est pas isolé. ‘Bangles’ (Lynda Miller 93) s’est offert la Franklin Cook Cup à York en Pennsylvanie en 95 et a remis ça avec la President’s Cup lors de la Convention de Dearborn (Michigan) en 97 ; de même en 2006 ce fut au tour de ‘Sailor’s Dream’ (K. Fischer 2004) d’obtenir la Franklin Cook Cup à la Convention de Fresno, alors que ‘Frosted Velvet’ (K. Fischer 88) avait été qualifié de meilleur espoir grâce à la Walther Cup en 1991 avant de recevoir la Williamson-White Medal en 95. Enfin, cette année, c’est ‘Dividing Line’ (Bunnell 2004) qui s’est adjugé la nouvelle Hager Cup à la Convention d’Oklahoma City. C’est beaucoup pour une catégorie aussi peu représentée.

Dans la catégorie des MTB on trouve toutes les couleurs et associations qui existent chez les grands barbus (TB). Ainsi, ‘New Idea’ (Hager 70’) (photo) se présente-t-il en robe rose bruyère, alors que ‘Frosted Velvet’ (K. Fischer 88 – W-WM 95) joue les amoenas façon ‘Bright Hour’, et que ‘Ace’ (L. Miller 99 – W-WM 2005) est un aimable plicata, tandis que ‘Larry’s Girl’ peut être considéré comme une sorte d’amoena inversé et que ‘Billie The Brownie’ (Burton 91 – W-WM 99) rappelle le célèbre ‘Thaïs’ (F. Cayeux 26).

Les obtenteurs américains semblent être les seuls à s’intéresser aux MTB. L’un des plus éminents dans la catégorie en dehors de Kenneth Fischer dont les iris ont remporté six fois déjà la W-WM, est l’ex-président de l’AIS Clarence Mahan dont les ‘Reminiscence’ (92) (photo) ou ‘Robin Goodfellow’ (93) ont assuré une bonne partie de la renommée. Les français, à ma connaissance, n’ont pas encore travaillé sur cette catégorie d’iris. Quant aux amateurs, curieux, ils n’en trouveront pas, à ma connaissance, dans les catalogues de nos producteurs nationaux, sans doute parce que ces iris ne représentent pas une part de marché intéressante. Il leur faudra, pour combler leur désir d’originalité, se tourner vers las producteurs américains…
ECHOS DU MONDE DES IRIS

A Munich

Voici les résultats de la compétition allemande qui se tient chaque année à Munich, en Bavière :
Grands iris (TB)
Après deux ans :
Hybrideurs hors d’Allemagne

1. VIOLET BALLERINA - A. & D. Cadd, USA
Médaille d’or
POESIE - Richard Cayeux, France
Médaille d’argent
UJLAK - Anton Mego, Slovakia
Médaille de bronze

Hybrideurs allemands :

1. ALRUN - Manfred Beer, Markranstaedt
Médaille d’or
2. MUENCHEN - Wolfgang Landgraf, Neustadt/Orla
Médaille d’argent
3. BAYERN - Wolfgang Landgraf, Neustadt / Orla

Après un an :
Hybrideurs hors d’Allemagne

1. LUMARCO - Richard Cayeux, France
Médaille d’argent
Runers up: LATERNA MAGICA - Ladislav Muska, Slovakia
PLACEBO - Ladislav Muska, Slovakia
CERCLE BLEU - Richard Cayeux, France
Hybrideurs allemands :

1. ORLAPERLE - Wolfgang Landgraf, Neustadt/Orla
Médaille d’argent

Iris nains (SDB)
Après deux ans :

1. MUSTERKNABE - Frank Kathe, Dresden / Germany
Médaille d’or

Après un an :

1. PARADIGM SHIFT - Chuck Chapman, C
Médaille d’argent
Runners up: FIRE CORAL - Terry Aitken / USA

31.8.07

ECHOS DU MONDE DES IRIS

Iris en Espagne

J’ai fortuitement découvert que l’on pouvait trouver des iris en Espagne. Jusqu’à présent le monde européen des iris s’étendait vers le Sud jusqu’en Italie, mais l’Espagne avit solidement résisté à la conquête. Cette fois, c’est fini. Allez voir le site de « Plantas Distintas », www.iris-lomer.com . A Benissa, près d’Alicante, donc sous un climat qui correspond assez à celui du Texas, la jeune entreprise de Christina Lomer et de Ricky Brown propose un joli choix de variétés de grands iris et, pour les visiteurs de leur pépinière, un amusant labyrinthe de 1000 iris : spectaculaire !



LES HAUTS LIEUX




De nos jours

Ce que j’appelle « de nos jours » concerne la période qui commence au début des années 50, quand la situation s’est stabilisée. Aujourd’hui les hauts lieux des iris se sont-ils déplacés ? Oui, un peu, mais surtout de nouveaux lieux sont apparus ou se sont considérablement développés.

En Europe

La Grande Bretagne se distingue par une grande dispersion des lieux de culture des iris. Les hybrideurs et producteurs sont répartis sur tout le territoire. En France, Paris et sa région ont cédé la place à la province. C’est le Centre (Sologne) qui a pris le relais. Chacun connaît l’implantation de la maison Cayeux, au sud de Gien, la plus grosse affaire d’iris de France. A proximité, à Soings en Sologne, c’est l’entreprise familiale Bourdillon qui est installée. Pour le reste, la dispersion est aussi importante qu’au-delà de la Manche. Le même phénomène existe en Allemagne où les différents producteurs bourgeonnent un peu partout, avec une petite concentration, cependant, dans le Nord-Ouest (Hambourg, Detmold) et autour de Berlin. En Italie, le sud du Piémont et la Toscane sont les régions les plus riches en iris.

C’est en Europe de l’Est que se situent maintenant de véritables hauts lieux. Notamment en Slovaquie (Bratislava) et en République Tchèque (Hlucin). On pourrait dire la même chose à propos de la région de Moscou, en Russie, si l’on fait allusion au nombre d’enregistrements effectués par les hybrideurs russes. Mais que valent ces iris dont le reste du monde ne connaît rien ?

En Océanie

C’est en Australie qu’un pôle iridophile important s’est développé au cours des cinquante dernières années, grâce à Barry Blyth, près de Melbourne, et Graeme Grosvenor, près de Sidney (et n’oublions pas la production exceptionnelle d’iris de Louisiane de John C. Taylor, beau-frère du précédent). Egalement dans la région de Sidney, Heather Pryor cultive et hybride avec succès de splendides iris de Louisiane (photo).

Aux Etats-Unis

55% des iris du monde proviennent maintenant des Etats-Unis. C’est là-bas que se situe le centre du monde des iris. Et tout particulièrement dans le Nord-Ouest et les Etats d’Oregon et de Washington. Une concentration exceptionnelle de producteurs et d’hybrideurs est apparue dans la région de Portland et la basse vallée de la rivière Willamette. Schreiner (première entreprise mondiale), Cooley (n° 2), Keppel, Meek, Black et Johnson sont voisins et distribuent leur production dans le monde entier. A l’origine cette région était celle de Fred DeForest et Rudolph Kleinsorge. On y a connu par la suite Chester Tompkins et George Shoop, avant d’arriver à la situation actuelle qui s’est encore cristallisée il y a quelques années quand sont arrivés Keith Keppel, puis Paul Black.

La Californie reste le second pôle américain des iris avec une première concentration autour de Stockton (près de la capitale Sacramento) et une seconde le long de la baie de San Francisco (Sta Barbara, San José…). Ben Hager, et son mythique Melrose Garden, Jim Gibson, Monty Byers, James McWirther, étaient installés à Stockton ou dans une localité voisine. Aujourd’hui se sont George et Michaël Sutton, Larry Lauer, Frederick Kerr qui ont pris le relais. Joë Ghio est à Santa Cruz, au sud de San Francisco et au nord, c’est la famille Painter, qui commence à faire son trou. Les implantations plus au sud sont limitées, même si l’on a connu un petit nid au nord de Los Angeles dans les années 60/70, avec la présence de Neva Sexton, Sanford Babson et John Weiler.

Dans le Midwest, la présence des iris n’a jamais cessé. Les noms de Niswonger ou Stahly ont succédé à ceux de Cook, Hall, Lapham, Reckamp ou Rudolph, mais l’Illinois et l’Indiana sont toujours présents dans la liste des hauts lieux.

A l’Est, l’aiguille de la boussole s’est un peu déplacée. Ce n’est plus la Nouvelle Angleterre qui domine, mais la région de Philadelphie, avec la présence de Innerst, Mahan, Zurbrigg et quelques autres pointures comme l’exigeant D.C. Nearpass et son successeur Donald Spoon.

Les installations dispersées se situent dans les Rocheuses (Nebraska, Utah) grâce à Melba Hamblen, Brad Kasperek ou son maître Allan Ensminger. Même dans le grand Sud (Texas, Arizona…) on se lance dans la culture des iris malgré un climat qui n’est pas vraiment idéal pour cette plante. C’est le cas de Hooker Nicholls, Tom Burseen ou Vincent Christopherson, un jeune qui ira loin. C’est également dans cette région que vit Margie Valenzuela, qui vient de se lancer dans l’hybridation après s’être créé une belle réputation de photographe d’iris dont ce blog tire souvent profit (voir photo).

Nous venons de faire le tour du monde. Ce voyage aura été l’occasion d’évoquer la plupart des plus grands noms de l’histoire des iris. Il n’a concerné, en fait, que les iris à barbes, mais si l’on faisait l’inventaire de ce qui se passe pour les autres catégories, on n’aurait pas un paysage différent, en dehors de ce que les iris du Japon sont toujours, et largement, présents dans leur pays d’origine.

24.8.07


ECHOS DU MONDE DES IRIS

Collection sauvée

La collection d’iris du Parc Floral de la Source à Orléans, qui doit faire peau neuve, a été en grand danger d’être perdue. Heureusement la Société d’Horticulture du Loiret, prévenue à temps des projets du Parc, a pu trouver une solution convenable : c’est la Ville de St Cyr en Val, voisine du Parc, qui a récupéré les iris et, toujours avec l’aide de la SHOL, est entrain de la réinstaller. La SFIB avait proposé d’héberger la collection à la Maison de l’Arbre et de l’Oiseau (MAO) à Verrières le Buisson. La solution choisie limite les déplacements, et donc les frais.

Récompenses américaines (suite)

A l’occasion de la Convention annuelle de l’AIS, qui s’est tenue cette année à Oklahoma City, la President’s Cup, qui récompense un iris obtenu dans la région où se tient la Convention, a été attribuée à ‘Barbara Jean’ (Mullin 05), un amoena inversé à barbes bleues. La mode est décidément aux amoenas inversés ! La Franklin Cook Cup, attribuée à une variété en provenance d’une autre région, est revenue à ‘Florentine Silk’ (Keppel 05), variegata aux pétales pèche et aux sépales améthyste. Keppel truste les médailles depuis quelques années… Une nouvelle médaille a été attribuée cette année pour la première fois : la Ben R. Hager Cup, créée pour les iris autres que TB. Elle a honoré ‘Dividing Line’ (Bunnell 05 – MTB), un tout petit iris bitone dans les tons de mauve, avec une ligne médiane clair sur les sépales (voir photo).



LES HAUTS LIEUX

A tous les moments de l’histoire des iris, il y a des lieux qui connaissent ou ont connu la célébrité, soit en raison de la renommée d’un homme ou d’une entreprise, soit à cause de l’adéquation parfaite entre la plante et les conditions climatiques ou pédologiques de la région. En deux tableaux nous allons faire la connaissance des principaux hauts lieux du monde des iris. Ceux qui ont eu leur heure de gloire à un moment de l’histoire, et ceux qui sont aujourd’hui célèbres.

Les lieux historiques

Il est évident que le monde des iris s'est créé à Paris et dans sa périphérie. La pépinière de Monsieur Lémon se trouvait à Belleville, qui était encore un faubourg parisien, au milieu du XIXeme siècle. C’est là qu’il a sélectionné les premiers iris hybrides qui ont fait sa renommée et lancé l’engouement pour cette fleur, déjà très appréciée, mais encore presque exclusivement botanique quand il a eu l’idée de commercialiser des variétés résultant des croisements naturels.

La région parisienne est restée l’épicentre du monde des iris pendant une centaine d’année, jusqu’à la guerre de 39/45 en fait, qui l’a fait se déplacer vers les Etats-Unis. Cette prééminence parisienne fut le fait de deux personnages incontournables, Philippe de Vilmorin et Ferdinand Cayeux.

Le premier a fait connaître au monde entier le nom de Verrières le Buisson, modeste village de la banlieue sud, où sont nés des iris aussi fameux que ‘Monsignor’ (1903) (photo), ‘Alcazar’ (1910) ou ‘Ambassadeur’ (1920).

Le second, véritable « major » de l’hybridation au cours de la première moitié du XXeme siècle, était installé au Petit Vitry, commune de Vitry sur Seine, aux portes de Paris, si près même que l’emplacement fut annexé à la capitale en 1960, chassant l’affaire Cayeux vers les rugueuses terres de la région de Gien, en Orléanais. C’est au Petit Vitry que sont nés les iris qui ont fait le tour du monde, surtout au cours des années 20 et 30, comme ‘Mme Henri Cayeux’ (1924), Thaïs (1926), ‘Jean Cayeux’ (1931), ‘Alice Harding’ (1932) ou ‘Béotie’ (1932), pour ne citer qu’un choix minimal parmi les centaines de variétés enregistrées qui faisaient l’admiration de tous les amateurs.

Il ne faut pas cependant oublier d’autres lieux parisiens où l’iris a été cultivé avec succès. Pensons notamment à Bourg La Reine, siège de l’entreprise d’Armand Millet à qui l’on doit ‘Souvenir de Mme Gaudichau’ (1914), une variété dont le nom évoque savoureusement la Belle Epoque. Cet iris, en deux tons de violet, a été une star des jardins pendant près d’un demi-siècle.

A peu près dans les mêmes moments, des irisariens de tout premier plan, existaient en Grande Bretagne. Pour faire court nous ne parlerons que de deux de ces intéressants personnages, Arthur J. Bliss, le père de ‘Dominion’, et William R. Dykes, sans qui l’iridophilie ne serait pas ce qu’elle est. Néanmoins, si l’on veut s’en tenir au sujet d’aujourd’hui, il n’y a ni une localité, ni même une région de Grande Bretagne qui se soit mise en valeur comme l’a fait en France Paris et sa région.

Toujours à la même époque, une bourgade allemande, dans la banlieue de Wiesbaden, Niederwalluf am Rhein, figurait à l’inventaire des hauts lieux des iris, grâce à la présence de la firme Goos und Koenemann. Cette affaire, mondialement connue à cette époque, c’était fait une spécialité des iris variegata, et sa variété ‘Lorelei’ (1909) est toujours présente chez les collectionneurs, de même que ses cousines du même acabit.

Aux USA, les iris hybrides étaient dès cette époque une plante appréciée et largement cultivée. Mais les choses ne se présentaient pas comme aujourd’hui, avec quelques régions bien précises, consacrées en grande partie aux iris. Elles étaient plus dispersées. Néanmoins on peut distinguer trois secteurs plus nettement marqués « iris » : la Nouvelle Angleterre, le Middle West et, déjà, la Californie. La Nouvelle Angleterre, c’est le pays de l’inoubliable Grace Sturtevant qui était originaire du Massachusetts. C’est aussi celui d’Agnes Whiting et d’Edward Watkins qui, lui, habitait le New Hampshire. L’Indiana et le Nebraska étaient les états où les plus notables hybrideurs étaient installés. Quand on parle du Middle West, cela concerne essentiellement l’Indiana, l’Illinois, le Nebraska et le Minnesota. L’Indiana, c’est d’abord E.B. Williamson et ses fameux ‘Lent A. Williamson’ (1919) et ‘Dolly Madison’ (1926). C’était un stakhanoviste de l’iris puisqu’il a été jusqu’à cultiver en même temps plus de 70000 plantes, en 1932 ! L’Indiana c’est aussi Paul Cook, qui d’ailleurs fut associé à E.B. Williamson. Paul Cook est sans doute le plus fameux hybrideurs américain des années d’avant la 2eme guerre mondiale. L’Illinois, c’est d’abord John Kennicott ; c’est ensuite David Hall, le génial inventeur des iris roses, ainsi que des inoubliables ‘Chantilly’ (1940) ou ‘Happy Birthday’ (1952).

Le Nebraska, c’est le rude pays où les frères Sass, venus d’Allemagne, s’étaient installés dès 1903. Leur nom est indissociable de l’histoire des iris, et il n’est aucun type de fleur et aucune catégorie qui n’ait pas un lien avec eux. Leur célébrité a commencé avec ‘Rameses’ (1930) (photo) et s’est poursuivie pendant les vingt années suivantes. Les terres du Nebraska sont ingrates avec les iris et seules des plantes robustes pouvaient survivre dans ces hautes plaines aux hivers si terribles que, à plusieurs reprises, les intempéries ont détruit presque complètement le travail des frères Sass.. Il n’est pas étonnant que leurs produits soient des plantes d’une résistance au-dessus de tout éloge. Leurs grands iris sont encore souvent présents dans nos jardins. Leurs intermédiaires ont eu sans doute moins de succès, mais ils restent les inventeurs de cette catégorie et il est évident qu’on se devait de donner leur nom à la médaille qui récompense chaque année le meilleur de ces iris.

Willis Fryer était un enfant du Minnesota, ses fameux ‘Mrs. Andrist’ (1919) et ‘Madison Cooper’ (1920). Enfin il ne faut pas oublier que le berceau de la firme Schreiner fut à St Paul, dans le Minnesota.

La Californie a été très tôt une terre fort accueillante pour les iris. Pour ne parler que des plus importants hybrideurs installés là-bas, il faut citer William Mohr, Sydney B. Mitchell et Clara Rees. Le premier est à l’origine des plicatas tétraploïdes, le second, qui fut le successeur du précédent, est considéré comme un des fondateurs de l’hybridation moderne. Quant à Mme Rees, son ‘Snow Flurry’ (1939) figure dans le pedigree de presque tous les iris actuels.

Aujourd’hui les hauts lieux des iris se sont-ils déplacés ? L’Europe a beaucoup perdu de son importance à partir des années 40 et des conséquences du 2eme conflit mondial. Nous verrons cette évolution dans une autre chronique.

17.8.07







LES AVANCÉES DE MADAME HAMBLEN

Il y a des obtenteurs qui n’obtiennent pas la renommée qu’ils méritent. Melba Hamblen est de ceux-là. Alors qu’elle a fait faire de gros progrès à l’hybridation des iris, que les plantes qu’elle a obtenues et sélectionnées ont une élégance et une grâce toute féminine, elle n’a pas eu la chance de voir l’une de ses variétés couronnées par une Médaille de Dykes qui aurait pourtant été méritée.






De 1989 à 1991, les juges ont été à la recherche d’un nouveau leader. Il n’y a pas eu de vainqueur en 89 et les variétés couronnées en 90 (‘Jesse’s Song’) et en 91 (‘Everything Plus’) sont d’une assez grande banalité. ‘Extravagant’ (Hamblen 83) est arrivé second cette année-là. A mon avis il aurait mieux mérité la première place parce qu’il représente un aboutissement dans un coloris jamais récompensé et qu’il aurait apporté à son obtentrice une reconnaissance largement due. Il fait partie des trois domaines dans lesquels Melba Hamblen a créé une avancée significative.

Les deux autres sont les iris à barbes sombres et les bicolores rose/bleu.

‘Extravagant’ (photo) résulte du croisement ‘Lilac Flame’ X ‘Glory Bound’. C’est à dire que pour lui a été appliquée le principe de l’endogamie qui tend à améliorer une plante en croisant deux autres qui ont des caractéristiques similaires mais moins marquées. ‘Lilac Flame’ (Hamblen 78) est dans les tons de rose orchidée, ‘Glory Bound’ (Nelson R. 78), plus connu, se présente en rose bruyère lilacé. Le produit est un iris magenta vif, très frisé, superbe. Ils ne sont pas nombreux les représentants de ce coloris, et ‘Extravagant’, en plus de l’originalité, a les qualités que l’on recherche pour un bon iris : belle plante, belles fleurs.




Les barbes sombres ont été l’un des défis que Melba Hamblen a relevés. A propos d’‘Evening Echo’ (Hamblen 77), Ben Hager a écrit : « hybrideurs et amateurs d'iris sont également fascinés par la couleur des barbes.... Le choix dont nous bénéficions aujourd'hui n'est que le fruit du désir qu'éprouve l'homme de rechercher, dès que cela lui est possible, ce qui est nouveau et différent. Peut-être le coloris spectaculaire de la barbe représentée ici nous permettra-t-il de comprendre le pourquoi de cette irrésistible quête. » (in « L'Iris » du photographe Josh Westrich).
Fascinés, nous le sommes par ces barbes violettes, pointées de brun, qui paraissent vraiment noires dans cette fleur bleutée très pâle. Mais d'où viennent-elles ? ‘Evening Echo’ (photo) est le descendant de plusieurs variétés très différentes, dont ‘Azure Accent’ (Durrance 67), un gris-bleu á barbes sombres qui lui viennent d'un parent aril, ‘Arabi Pasha’ (Anley 51, BDM 53). Le côté blanc provient de ‘Swan Ballet’ (Muhlestein 53), qui a obtenu la médaille de Dykes en 1959. Mais dans sa parenté il y a aussi plusieurs variétés anciennes blanches à barbes bleues, plus ou moins foncées. Le jeu a donc consisté à fixer sur des barbes déjà assez sombres et comportant des pigments anthocyaniques, la caractéristique des arils.




‘Evening Echo’ a été utilisé de nombreuses fois pour obtenir des iris à barbes sombres, si ce n’est franchement noire. En ce sens, le travail de Melba Hamblen a véritablement été à l’origine d’un nouveau développement de la couleur des iris.




A noter que Melba Hamblen a aussi utilisé une autre voie pour obtenir des barbes foncées : elle a eu recours à la variété blanche à cœur bleu ‘Nancy Glazier’ (Hamblen 85), issue du brun ‘Henna Accent’ (Hamblen 81). Elle en a obtenu, sur la fin de sa carrière de beaux iris dans les tons de rose avec des barbes violet très sombre, comme ‘Private Stock’ (91).




Les bicolores à pétales roses et sépales bleus ou indigo ont également intéressé Melba Hamblen. A partir de ‘Lilac Champagne’ (1965), elle a travaillé son sujet et est parvenue à ‘Touche’ (1969) qui est déjà un aboutissement, avec ses pétales rose pâle et ses sépales lavande, marqués d’une flamme plu sombre. Ce ‘Touche’, considéré comme un géniteur intéressant, a été utilisé de nombreuses fois non seulement par Mme Hamblen, mais par beaucoup d’autres obtenteurs, pour des iris qui ne sont pas forcément des bicolores. Cependant, dans ce coloris, elle a obtenu au moins deux variétés très belles : ‘Heather Blush’ (76) et ‘Mary D’ (88), qui ont eu l’un et l’autre une fort belle descendance.

A côté de ‘Touche’, mais toujours à partir de ‘Lilac Champagne’, vint ‘New Rochelle’ (73), une autre avancée dans les bicolores rose/bleu, lui-même à l’origine de ‘Heavenly Harmony’ (77), lequel a engendré ‘Karen’ (83) (photo), l’un des plus beaux de la série, et ‘Frances Gaulter (82). Enfin, par celui-ci on parvient à ‘Adventuress’ (85), encore plus vif que ‘Karen’.

Ce ne sont là que trois des domaines de prédilection de Madame Hamblen. Elle a touché à bien d’autres, toujours avec cette classe bien féminine qui fait de ses iris des réussites remarquables.