AUX AMIS D'IRISENLIGNE
L'arrivée de la nouvelle année me donne l'occasion de présenter mes meilleurs voeux à ceux qui, chaque semaine, viennent sur ce blog.
Irisenligne continue. Je songe à quelques modernisations. Elles interviendront au cours des prochains mois, pour rendre encore plus agréable ce rendez-vous avec les iris.
30.12.07

JARDINS D’IRIS
III. – LA GUIRLANDE DE JULIE
VILLE DE C…
Aménagement du coteau St Eloi
Commission Spéciale
RAPPORT DE LA COMMISSION SPECIALE
POUR L’AMENAGEMENT DU
COTEAU SAINT ELOI
Lors de sa réunion plénière du …/… la Commission Spéciale pour l’Aménagement du Coteau St Eloi a adopté à l’unanimité le projet ci-dessous.
Rappel des motifs de la création de la Commission :
La Ville de C… a fait l’acquisition de l’ancienne propriété Rethel, constituée de jardins et friches à mi-hauteur du coteau St Eloi, cadastrée E 2101 à E 2107. Ces terrains, situés en secteur protégé, à proximité du glacis sud-ouest du château, ne sont pas constructibles, ils constituent une réserve foncière destinée à un aménagement paysager devant mettre en valeur les abords du château. Par délibération du 24/05/2006, la Ville de C… a décidé de confier à une Commission Spéciale une réflexion sur cet aménagement.
Propositions de la Commission :
La Commission s’est réunie à cinq reprises entre le 27/08/2006 et le 30/06/2007.
Plusieurs projets ont été examinés. Celui qui a été retenu est une proposition des Services Techniques de la Ville. Elle a été présentée à la Commission le 14/09/2006.
Elle consiste à aplanir et ensemencer en prairie l’ensemble du terrain qui est constitué d’une bande de terre en pente vive, de forme variable en fonction des irrégularités du sol. Sur cette « trouée verte », des bosquets d’arbustes de petite taille seront plantés selon un plan s’adaptant aux dispositions naturelles du terrain, de manière à ne pas constituer d’obstacle visuel entre la ville, située en contrebas, le coteau et le château. Des espaces floraux, constitués de plantes rustiques et résistantes à la sécheresse, d’un aspect aussi naturel que possible, seront disposés de manière aléatoire, mais laissant entre eux de larges espaces de prairie. Pour créer un lien entre ces espaces, une ligne irrégulière et ondulante de grands iris sera établie d’une extrémité à l’autre du la parcelle.
En ce qui concerne la ligne irrégulière d’iris, la Commission, après avoir pris le conseil de M. … , spécialiste de cette plante, a laissé à ce dernier le choix des variétés qui devront la constituer. Afin de donner une identité au nouveau jardin et à l’élément qui en constitue l’originalité, elle a proposé que lui soit donné le nom de « La Guirlande de Julie », allusion littéraire au recueil de madrigaux écrits en 1641 pour Julie d’Angennes, fille de Madame de Rambouillet, par tous les beaux esprits de l’époque. La guirlande d’iris pourrait, en rapport avec le recueil qui comprend 29 poésies, être constituée de 29 variétés d’iris, plantées de manière à réaliser un ensemble attirant l’œil, particulièrement esthétique vu du sentier qui court le long du coteau.
A la réunion du 30/06/2007, M. … a proposé que la Ville fasse l’acquisition des variétés d’iris suivantes, pour constituer la guirlande ; il s’agit de variétés blanches, roses et mauves ou violettes, très résistantes et qui ne demandent qu’un minium de soins. Chaque variété serait à acquérir en quatre exemplaires, chacun se rencontrant quatre fois tout au long de la guirlande :
‘Frison-Roche’ - blanc
‘Ré la Blanche’ - blanc
‘Neige de Mai’ - blanc
‘La Meije’ – blanc
‘Titanium’ - blanc
‘French Cancan’ – rose / mauve
‘Buisson de Roses’ - rose
‘Eau Vive’ – bleu vif
‘Horizon Bleu’ -bleu
‘Condottiere’ –blanc / bleu
‘Succès Fou’ - rose
‘La Vie en Rose’ - rose
‘Hortensia Rose’ - rose
‘Je l’Adore’ -rose
‘Starlette Rose’ - rose
‘Heure Bleue’ - bleu
‘Bal Masqué’ – blanc / bleu
‘Alizés’ – blanc / bleu ciel
‘Crème Glacée’ – blanc / rose
‘Princesse Caroline’ – bleu clair
‘Sixtine C’ – blanc et bleu
‘Cœur d’Hiver’ –mauve / blanc
‘Tiphaine François’ – blanc / lavande
‘Claude Louis Gayrard’ – bleu / blanc
‘Autan’ – bleu
‘Désiris’ - rose
‘Gladys Clarke’ rose et blanc
‘Sensuelle’ - rose
‘Thalasso’ - bleu
Par délibération en date du 31 octobre 2007, le Conseil Municipal de la Ville de C… a décidé la création du jardin baptisé « La Guirlande de Julie » dans les conditions proposées par la Commission Spéciale. Les travaux préparatoires seront entrepris à la fin de l’hiver 2008 et les plantations interviendront au printemps ; les iris, tous d’obtention française et commercialisés en France, seront mis en place dans le courant d’août 2008.
III. – LA GUIRLANDE DE JULIE
VILLE DE C…
Aménagement du coteau St Eloi
Commission Spéciale
RAPPORT DE LA COMMISSION SPECIALE
POUR L’AMENAGEMENT DU
COTEAU SAINT ELOI
Lors de sa réunion plénière du …/… la Commission Spéciale pour l’Aménagement du Coteau St Eloi a adopté à l’unanimité le projet ci-dessous.
Rappel des motifs de la création de la Commission :
La Ville de C… a fait l’acquisition de l’ancienne propriété Rethel, constituée de jardins et friches à mi-hauteur du coteau St Eloi, cadastrée E 2101 à E 2107. Ces terrains, situés en secteur protégé, à proximité du glacis sud-ouest du château, ne sont pas constructibles, ils constituent une réserve foncière destinée à un aménagement paysager devant mettre en valeur les abords du château. Par délibération du 24/05/2006, la Ville de C… a décidé de confier à une Commission Spéciale une réflexion sur cet aménagement.
Propositions de la Commission :
La Commission s’est réunie à cinq reprises entre le 27/08/2006 et le 30/06/2007.
Plusieurs projets ont été examinés. Celui qui a été retenu est une proposition des Services Techniques de la Ville. Elle a été présentée à la Commission le 14/09/2006.
Elle consiste à aplanir et ensemencer en prairie l’ensemble du terrain qui est constitué d’une bande de terre en pente vive, de forme variable en fonction des irrégularités du sol. Sur cette « trouée verte », des bosquets d’arbustes de petite taille seront plantés selon un plan s’adaptant aux dispositions naturelles du terrain, de manière à ne pas constituer d’obstacle visuel entre la ville, située en contrebas, le coteau et le château. Des espaces floraux, constitués de plantes rustiques et résistantes à la sécheresse, d’un aspect aussi naturel que possible, seront disposés de manière aléatoire, mais laissant entre eux de larges espaces de prairie. Pour créer un lien entre ces espaces, une ligne irrégulière et ondulante de grands iris sera établie d’une extrémité à l’autre du la parcelle.
En ce qui concerne la ligne irrégulière d’iris, la Commission, après avoir pris le conseil de M. … , spécialiste de cette plante, a laissé à ce dernier le choix des variétés qui devront la constituer. Afin de donner une identité au nouveau jardin et à l’élément qui en constitue l’originalité, elle a proposé que lui soit donné le nom de « La Guirlande de Julie », allusion littéraire au recueil de madrigaux écrits en 1641 pour Julie d’Angennes, fille de Madame de Rambouillet, par tous les beaux esprits de l’époque. La guirlande d’iris pourrait, en rapport avec le recueil qui comprend 29 poésies, être constituée de 29 variétés d’iris, plantées de manière à réaliser un ensemble attirant l’œil, particulièrement esthétique vu du sentier qui court le long du coteau.
A la réunion du 30/06/2007, M. … a proposé que la Ville fasse l’acquisition des variétés d’iris suivantes, pour constituer la guirlande ; il s’agit de variétés blanches, roses et mauves ou violettes, très résistantes et qui ne demandent qu’un minium de soins. Chaque variété serait à acquérir en quatre exemplaires, chacun se rencontrant quatre fois tout au long de la guirlande :
‘Frison-Roche’ - blanc
‘Ré la Blanche’ - blanc
‘Neige de Mai’ - blanc
‘La Meije’ – blanc
‘Titanium’ - blanc
‘French Cancan’ – rose / mauve
‘Buisson de Roses’ - rose
‘Eau Vive’ – bleu vif
‘Horizon Bleu’ -bleu
‘Condottiere’ –blanc / bleu
‘Succès Fou’ - rose
‘La Vie en Rose’ - rose
‘Hortensia Rose’ - rose
‘Je l’Adore’ -rose
‘Starlette Rose’ - rose
‘Heure Bleue’ - bleu
‘Bal Masqué’ – blanc / bleu
‘Alizés’ – blanc / bleu ciel
‘Crème Glacée’ – blanc / rose
‘Princesse Caroline’ – bleu clair
‘Sixtine C’ – blanc et bleu
‘Cœur d’Hiver’ –mauve / blanc
‘Tiphaine François’ – blanc / lavande
‘Claude Louis Gayrard’ – bleu / blanc
‘Autan’ – bleu
‘Désiris’ - rose
‘Gladys Clarke’ rose et blanc
‘Sensuelle’ - rose
‘Thalasso’ - bleu
Par délibération en date du 31 octobre 2007, le Conseil Municipal de la Ville de C… a décidé la création du jardin baptisé « La Guirlande de Julie » dans les conditions proposées par la Commission Spéciale. Les travaux préparatoires seront entrepris à la fin de l’hiver 2008 et les plantations interviendront au printemps ; les iris, tous d’obtention française et commercialisés en France, seront mis en place dans le courant d’août 2008.
21.12.07
ECHOS DU MONDE DES IRIS
FRANCIRIS © 2011
Pendant quelques temps on a pu avoir des doutes sur le retour du concours FRANCIRIS © en 2011. Maintenant on sait qu’il aura bien lieu. C’est une bonne nouvelles pour tous les amateurs d’iris et particulièrement pour les hybrideurs français qui pourront se mesurer aux meilleurs hybrideurs du monde.
FRANCIRIS © 2011
Pendant quelques temps on a pu avoir des doutes sur le retour du concours FRANCIRIS © en 2011. Maintenant on sait qu’il aura bien lieu. C’est une bonne nouvelles pour tous les amateurs d’iris et particulièrement pour les hybrideurs français qui pourront se mesurer aux meilleurs hybrideurs du monde.


RUSSIE : UN NOUVEAU MONDE DES IRIS
I. L’émergence
Avant la désagrégation de l’URSS, on ne se doutait pas que derrière le rideau de fer des amateurs un peu illuminés pratiquaient l’hybridation des iris. On ne s’est aperçu de l’existence de ces fanatiques que lorsqu’ils ont commencé à enregistrer leurs obtentions auprès de l’AIS. C’est à dire en 1995.
Cette année-là, la CII, la Société Russe des Iris, qui se voulait encore la représentante de tout l’ancien bloc soviétique, a fait enregistrer des variétés obtenues bien avant le retour de la Russie dans le monde libre. Il s’agissait de variétés de la moscovite Irina Driaghina, avec parmi elles ‘Fioletovy Nizkorosly’, un joli petit iris pourpre (60 cm), issu de l’antique ‘Sable’. Le couple Nadegda et Vitali Gordodelov rattrapait 20 ans de travail dans l’ombre en proposant 47 variétés dont ‘Graf Tolstoï’ (photo). Piotr Hattenberger, un autre habitant de Moscou, inscrivait deux nouveautés, Viktor Koroliov, 4, Galina Shevchenko, 13, et Viktor Sheviakov, 32. Sergei Loktev se lançait avec son ‘Drevni Rim’ (photo), premier d’une famille devenue immense.
La machine était lancée et sa vitesse allait s’accroître très rapidement.
Que dire de ces iris ? Qu’il s’agit de variétés qui étaient le reflet des géniteurs utilisés. C’est à dire quelques variétés américaines des années 50 ou 60, parvenues on ne sait comment dans un univers où tout ce qui provenait des Etats-Unis était considéré comme suspect. Il a sans doute fallu proposer des avantages en nature aux douaniers pour qu’ils laissent passer ces sulfureux produits ! Est-ce pour éviter d’avoir des explications embarrassantes à donner que tous les iris proposés par la famille Gordodelov ont été déclarés « de parents inconnus » ? C’est probable : Vitali était un retraité de l’Armée Rouge, et, au fin fond du Caucase, là où demeurait le couple, la libéralisation n’était peut-être pas encore bien acceptée. Mais prenez le cas de ‘Drevni Rim’ : son pedigree est ‘Bang’ X ‘Stepping Out’. ‘Bang’ (T. Craig) date de 1955, et ‘Stepping Out’ de 1964. ‘Surskiye Zori’ (Sheviakov 95), un bitone brun-rouge, est issu de ‘Heather Hawk’ x ‘Latin Lover’, deux iris des années 60. Tous les autres ont des pedigrees du même genre. De ce fait les variétés russes ont paru, au moment de leur enregistrement, plutôt ringardes, mais il fallait les replacer dans leur contexte. D’ailleurs, pour ne parler que de celles que je connais, je puis dire qu’en dépit d’un aspect quelquefois démodé, ces iris étaient robustes et plutôt intéressants.
Robustes, il est évident que pour naître et se développer dans le climat de la Russie, ils devaient forcément l’être : un peu comme l’étaient à la même époque les variétés des frères Sass, nées dans la région la plus rude des Etats-Unis.
Le petit livre « Registrations and Introductions » de 1996 comprend 75 inscriptions en provenance de Russie et d’Ukraine, avec un premier lot de semis obtenus par Nina Miroshnichenko, dont le gris ‘Khmuroye Utro’, qui démontre déjà l’intérêt de cette dame pour les coloris peu courants.
Il n’y a eu « que » 50 nouveaux enregistrements en 97. Le rattrapage des années de plomb était à peu près terminé. L’année 99 a vu l’enregistrement de 90 cultivars, dont certains issus de croisements entre variétés récentes. De plus, si les TB constituent encore la majorité, les hybrideurs abordent d’autres catégories (SDB, IB, BB…). On est au début d’une nouvelle ère.
II. L’inflation
A partir du début des années 2000, on assiste à une multiplication formidable du nombre des iris enregistrés. Ils deviennent tellement nombreux qu’on peut se demander quelle est la réelle valeur de toutes ces plantes. D’autant plus qu’en Occident rares sont ceux qui ont pu les approcher. Leur distribution reste en effet confidentielle et limitée à leur pays d’origine. C’est ce qui différencie ces iris de ceux produits dans les autres pays de l’ex-bloc de l’Est. En effet, que ce soit de Slovaquie, de Slovénie, de République Tchèque, les variétés obtenues peuvent être librement achetées, et l’entrée de ces pays dans la Communauté Européenne n’a fait que faciliter ces échanges. Mais de Russie, rien ne sort ! Ou presque, puisque les exportations officielles sont pratiquement impossibles. Il est même difficile de récupérer des photos. Pour se procurer des iris russes, il faut contourner les obstacles et rapporter ces plantes dans le fond d’une valise en priant que les contrôles dans les aéroports ne détectent pas les intrus…
Cet isolement ne semble pas décourager les hybrideurs. 33 nouvelles variétés en 2000, 105 en 2001, 91 en 2002, 116 en 2003, 124 en 2004, 355 en 2005, 219 en 2006 !!
Les plus grands pourvoyeurs s’appellent Viacheslav Gavriline, Boris Krasheninnikov, Sergeï Loktev, Viktor Sheviakov ou Viktor Sholupov. Ces quelques hybrideurs enregistrent plus que Schreiner, Black, Ernst, Keppel et Tasco ! On trouve de tout de ce grand magasin d’iris : toutes les catégories, toutes les couleurs, tous les modèles, y compris ceux qui sont à la mode aux Etats-Unis, comme les amoenas inversés ou les luminatas.
Cette inflation n’est pas significative de qualité, mais autant qu’on puisse en juger sur photo, les fleurs semblent bien formées, correctement ondulées ou frisées. Cependant, tant que ces plantes n’auront pas participé à des concours occidentaux relevés, comme celui de Florence, elles ne pourront pas être correctement évaluées.
Quoiqu’il en soit, on peut se faire un début d’opinion en regardant les photos de certains cultivars comme ‘Edgar Poe’ (Loktev 2005), ‘Oberman’ (Loktev 2006) ou ‘Solnetchnaya Fantasiya’ (Krasheninnikov 2007).
La Russie est-elle le nouvel Eldorado des iris ? Personne n’est en mesure de l’affirmer pour l’instant. Mais il est vraisemblable que sur la masse, et chez quelques obtenteurs scrupuleux dans leur sélection, on puisse découvrir de véritables perles.
I. L’émergence
Avant la désagrégation de l’URSS, on ne se doutait pas que derrière le rideau de fer des amateurs un peu illuminés pratiquaient l’hybridation des iris. On ne s’est aperçu de l’existence de ces fanatiques que lorsqu’ils ont commencé à enregistrer leurs obtentions auprès de l’AIS. C’est à dire en 1995.
Cette année-là, la CII, la Société Russe des Iris, qui se voulait encore la représentante de tout l’ancien bloc soviétique, a fait enregistrer des variétés obtenues bien avant le retour de la Russie dans le monde libre. Il s’agissait de variétés de la moscovite Irina Driaghina, avec parmi elles ‘Fioletovy Nizkorosly’, un joli petit iris pourpre (60 cm), issu de l’antique ‘Sable’. Le couple Nadegda et Vitali Gordodelov rattrapait 20 ans de travail dans l’ombre en proposant 47 variétés dont ‘Graf Tolstoï’ (photo). Piotr Hattenberger, un autre habitant de Moscou, inscrivait deux nouveautés, Viktor Koroliov, 4, Galina Shevchenko, 13, et Viktor Sheviakov, 32. Sergei Loktev se lançait avec son ‘Drevni Rim’ (photo), premier d’une famille devenue immense.
La machine était lancée et sa vitesse allait s’accroître très rapidement.
Que dire de ces iris ? Qu’il s’agit de variétés qui étaient le reflet des géniteurs utilisés. C’est à dire quelques variétés américaines des années 50 ou 60, parvenues on ne sait comment dans un univers où tout ce qui provenait des Etats-Unis était considéré comme suspect. Il a sans doute fallu proposer des avantages en nature aux douaniers pour qu’ils laissent passer ces sulfureux produits ! Est-ce pour éviter d’avoir des explications embarrassantes à donner que tous les iris proposés par la famille Gordodelov ont été déclarés « de parents inconnus » ? C’est probable : Vitali était un retraité de l’Armée Rouge, et, au fin fond du Caucase, là où demeurait le couple, la libéralisation n’était peut-être pas encore bien acceptée. Mais prenez le cas de ‘Drevni Rim’ : son pedigree est ‘Bang’ X ‘Stepping Out’. ‘Bang’ (T. Craig) date de 1955, et ‘Stepping Out’ de 1964. ‘Surskiye Zori’ (Sheviakov 95), un bitone brun-rouge, est issu de ‘Heather Hawk’ x ‘Latin Lover’, deux iris des années 60. Tous les autres ont des pedigrees du même genre. De ce fait les variétés russes ont paru, au moment de leur enregistrement, plutôt ringardes, mais il fallait les replacer dans leur contexte. D’ailleurs, pour ne parler que de celles que je connais, je puis dire qu’en dépit d’un aspect quelquefois démodé, ces iris étaient robustes et plutôt intéressants.
Robustes, il est évident que pour naître et se développer dans le climat de la Russie, ils devaient forcément l’être : un peu comme l’étaient à la même époque les variétés des frères Sass, nées dans la région la plus rude des Etats-Unis.
Le petit livre « Registrations and Introductions » de 1996 comprend 75 inscriptions en provenance de Russie et d’Ukraine, avec un premier lot de semis obtenus par Nina Miroshnichenko, dont le gris ‘Khmuroye Utro’, qui démontre déjà l’intérêt de cette dame pour les coloris peu courants.
Il n’y a eu « que » 50 nouveaux enregistrements en 97. Le rattrapage des années de plomb était à peu près terminé. L’année 99 a vu l’enregistrement de 90 cultivars, dont certains issus de croisements entre variétés récentes. De plus, si les TB constituent encore la majorité, les hybrideurs abordent d’autres catégories (SDB, IB, BB…). On est au début d’une nouvelle ère.
II. L’inflation
A partir du début des années 2000, on assiste à une multiplication formidable du nombre des iris enregistrés. Ils deviennent tellement nombreux qu’on peut se demander quelle est la réelle valeur de toutes ces plantes. D’autant plus qu’en Occident rares sont ceux qui ont pu les approcher. Leur distribution reste en effet confidentielle et limitée à leur pays d’origine. C’est ce qui différencie ces iris de ceux produits dans les autres pays de l’ex-bloc de l’Est. En effet, que ce soit de Slovaquie, de Slovénie, de République Tchèque, les variétés obtenues peuvent être librement achetées, et l’entrée de ces pays dans la Communauté Européenne n’a fait que faciliter ces échanges. Mais de Russie, rien ne sort ! Ou presque, puisque les exportations officielles sont pratiquement impossibles. Il est même difficile de récupérer des photos. Pour se procurer des iris russes, il faut contourner les obstacles et rapporter ces plantes dans le fond d’une valise en priant que les contrôles dans les aéroports ne détectent pas les intrus…
Cet isolement ne semble pas décourager les hybrideurs. 33 nouvelles variétés en 2000, 105 en 2001, 91 en 2002, 116 en 2003, 124 en 2004, 355 en 2005, 219 en 2006 !!
Les plus grands pourvoyeurs s’appellent Viacheslav Gavriline, Boris Krasheninnikov, Sergeï Loktev, Viktor Sheviakov ou Viktor Sholupov. Ces quelques hybrideurs enregistrent plus que Schreiner, Black, Ernst, Keppel et Tasco ! On trouve de tout de ce grand magasin d’iris : toutes les catégories, toutes les couleurs, tous les modèles, y compris ceux qui sont à la mode aux Etats-Unis, comme les amoenas inversés ou les luminatas.
Cette inflation n’est pas significative de qualité, mais autant qu’on puisse en juger sur photo, les fleurs semblent bien formées, correctement ondulées ou frisées. Cependant, tant que ces plantes n’auront pas participé à des concours occidentaux relevés, comme celui de Florence, elles ne pourront pas être correctement évaluées.
Quoiqu’il en soit, on peut se faire un début d’opinion en regardant les photos de certains cultivars comme ‘Edgar Poe’ (Loktev 2005), ‘Oberman’ (Loktev 2006) ou ‘Solnetchnaya Fantasiya’ (Krasheninnikov 2007).
La Russie est-elle le nouvel Eldorado des iris ? Personne n’est en mesure de l’affirmer pour l’instant. Mais il est vraisemblable que sur la masse, et chez quelques obtenteurs scrupuleux dans leur sélection, on puisse découvrir de véritables perles.
14.12.07

ECHOS DU MONDE DES IRIS
Un Européen médaillé aux USA
A ma connaissance, c’est la première fois qu’un iris européen reçoit une médaille dans la grande distribution annuelle orchestrée par l’AIS. Il s’agit de ‘Sibtosa Princess’ (98) (voir photo), un croisement interspécifique obtenu par l’allemand Tomas Tamberg, à qui a été allouée la Randoph-Perry Medal 2007. ‘Sibtosa Princess’ est le croisement entre I. setosa et un iris de Sibérie, recroisé avec un autre iris de Sibérie ; ses fleurs lavande rosé marquées d’or à la base, s’ouvrent à la mi-saison. Tomas Tamberg est coutumier des récompenses internationales : un autre de ses croisements, l’iris de Sibérie ‘Berlin Ruffles’ (93) a été distingué (BDM) en Grande Bretagne en 1999.
Un autre hybrideur européen, Anton Mego, peut se frotter les mains : son ‘Slovak Prince’ (2002) a obtenu un AM, en troisième rang s’il vous plait, avec 113 votes.
Un Européen médaillé aux USA
A ma connaissance, c’est la première fois qu’un iris européen reçoit une médaille dans la grande distribution annuelle orchestrée par l’AIS. Il s’agit de ‘Sibtosa Princess’ (98) (voir photo), un croisement interspécifique obtenu par l’allemand Tomas Tamberg, à qui a été allouée la Randoph-Perry Medal 2007. ‘Sibtosa Princess’ est le croisement entre I. setosa et un iris de Sibérie, recroisé avec un autre iris de Sibérie ; ses fleurs lavande rosé marquées d’or à la base, s’ouvrent à la mi-saison. Tomas Tamberg est coutumier des récompenses internationales : un autre de ses croisements, l’iris de Sibérie ‘Berlin Ruffles’ (93) a été distingué (BDM) en Grande Bretagne en 1999.
Un autre hybrideur européen, Anton Mego, peut se frotter les mains : son ‘Slovak Prince’ (2002) a obtenu un AM, en troisième rang s’il vous plait, avec 113 votes.


JARDINS D’IRIS
II. – BESANTS D’OR
Pour atteindre ce petit château, il faut escalader la rive droite du Cher, puis, après une courte traversée du plateau, redescendre dans un petit vallon, au milieu d’un bois. On passe d’abord le long d’un étang, d’allure plutôt sauvage et romantique, puis on arrive devant le mur d’une grosse écurie qui masque le château dont on ne voit alors que les toits puissants recouverts d’ardoises. Quand on contourne cet obstacle, on parvient devant un petit pont qui enjambe le fond du vallon et on se présente devant un porche qui, une fois franchi, s’ouvre sur une cour carrée. A gauche, les écuries dont ne voyait tout à l’heure que le dos, à droite le château, d’architecture classique, assez austère, entre les deux, cette grande cour dont le centre est occupé par une vaste pelouse bien tondue d’où émergent trois cercles plantés d’iris en fleur, tous jaunes.
La maîtresse des lieux nous accueille. « Vous êtes intrigués, dit-elle, par ces grands ronds jaunes. Sachez que les armoiries de notre famille sont « de sinople aux trois besants(1) d’or ». Quand j’ai voulu créer un jardin d’iris, j’ai pensé que ces trois besants pouvaient inspirer le dessin des massifs. Vous avez donc sous les yeux un reproduction géante de nos armoiries. Par dessus le marché, ces fleurs jaunes éclairent vigoureusement un lieu qui n’est pas foncièrement gai. Vous voyez que nous sommes dans une combe avalant vers le nord-est, ce qui n’est pas la plus lumineuse des orientations. »
« Ne vous attendez pas à trouver parmi ces iris jaunes des variétés récentes, ma collection commence à dater, je l’avoue. Quand je la régénèrerai, je remplacerai sans doute quelques-uns des plus vieux iris. Mais je conserverai mes tout premiers jaunes, ceux qui datent de l’apparition des cette couleur chez les iris, comme ‘Happy Days’, ‘Alice Harding’ ou ‘Techny Chimes’. »
Les trois cercles n’ont pas exactement les mêmes teintes. Celui du fond, face aux écuries, est plus clair que les deux autres. Et c’est celui qui est du côté nord qui est le plus foncé.
« Il y a, complète notre hôtesse, dix variétés différentes par cercle, cela ne fait donc que trente iris, mais les touffes sont énormes. Voici un ‘Rainbow Gold’ qui a vingt-quatre tiges florales, et ce vieil ‘Ola Kala’, à côté, doit en avoir une vingtaine. Dans ce cercle nord, voyez aussi les énormes fleurs de ce ‘Côte d’Or’. Je les trouve trop grosses et c’est certainement une des variétés que j’enlèverai bientôt. Approchez-vous, venez voir celui-ci, c’est un de mes préférés. Vous le connaissez ? C’est ‘Starring Role’, il doit avoir plus de trente ans (Palmer 73, NDLR), mais quelle fraîcheur ! Finalement je crois que je préfère les jaunes acides aux jaunes dorés. Voyez, là, ‘Elegant Impressions’, il est beaucoup plus récents que le précédent (Schreiner 93, NDLR), et ses fleurs sont encore plus ondulées. »
On ne se lasse pas de tourner autour des ces trois imposants massifs. Au milieu du besant ouest, celui qui est seul, on reconnaît sans peine l’inusable ‘Zantha’ que l’on trouve en masse dans les jardins publics. C’est sans doute une des variétés les plus utilisées dans le monde. Il fait bien son âge, mais fleurit toujours avec vaillance. Et ce petit iris avec une grande tache blanche sur les sépales, ne serait-ce pas l’ancien ‘Mattie Gates’ ?
« C’est bien lui, confirme la châtelaine. Je l’ai eu par chance, au jardin de Brüglingen, près de Bâle, où je suis allée il y a bien longtemps maintenant, en 79 ou 80, je crois. J’aime bien toutes ces vieilles variétés, je leur trouve beaucoup de charme, comme ce ‘Trompette’, ou ce ‘Desert Gold’ ; je trouve qu’ils sont en accord avec l’aspect rectiligne des façades de cette demeure. Les iris récents jurent un peu, me semble-t-il, mais ils sont si beaux néanmoins ! »
Après un dernier tour de ces besants d’or, on se dirige à regret vers le château, où pourtant la propriétaire, qui sait recevoir, a préparé un goûter à l’anglaise, qui s’annonce aussi plaisant que les iris.
(1) Besant = monnaie byzantine et, également, en héraldique, figure circulaire d’or ou d’argent.
II. – BESANTS D’OR
Pour atteindre ce petit château, il faut escalader la rive droite du Cher, puis, après une courte traversée du plateau, redescendre dans un petit vallon, au milieu d’un bois. On passe d’abord le long d’un étang, d’allure plutôt sauvage et romantique, puis on arrive devant le mur d’une grosse écurie qui masque le château dont on ne voit alors que les toits puissants recouverts d’ardoises. Quand on contourne cet obstacle, on parvient devant un petit pont qui enjambe le fond du vallon et on se présente devant un porche qui, une fois franchi, s’ouvre sur une cour carrée. A gauche, les écuries dont ne voyait tout à l’heure que le dos, à droite le château, d’architecture classique, assez austère, entre les deux, cette grande cour dont le centre est occupé par une vaste pelouse bien tondue d’où émergent trois cercles plantés d’iris en fleur, tous jaunes.
La maîtresse des lieux nous accueille. « Vous êtes intrigués, dit-elle, par ces grands ronds jaunes. Sachez que les armoiries de notre famille sont « de sinople aux trois besants(1) d’or ». Quand j’ai voulu créer un jardin d’iris, j’ai pensé que ces trois besants pouvaient inspirer le dessin des massifs. Vous avez donc sous les yeux un reproduction géante de nos armoiries. Par dessus le marché, ces fleurs jaunes éclairent vigoureusement un lieu qui n’est pas foncièrement gai. Vous voyez que nous sommes dans une combe avalant vers le nord-est, ce qui n’est pas la plus lumineuse des orientations. »
« Ne vous attendez pas à trouver parmi ces iris jaunes des variétés récentes, ma collection commence à dater, je l’avoue. Quand je la régénèrerai, je remplacerai sans doute quelques-uns des plus vieux iris. Mais je conserverai mes tout premiers jaunes, ceux qui datent de l’apparition des cette couleur chez les iris, comme ‘Happy Days’, ‘Alice Harding’ ou ‘Techny Chimes’. »
Les trois cercles n’ont pas exactement les mêmes teintes. Celui du fond, face aux écuries, est plus clair que les deux autres. Et c’est celui qui est du côté nord qui est le plus foncé.
« Il y a, complète notre hôtesse, dix variétés différentes par cercle, cela ne fait donc que trente iris, mais les touffes sont énormes. Voici un ‘Rainbow Gold’ qui a vingt-quatre tiges florales, et ce vieil ‘Ola Kala’, à côté, doit en avoir une vingtaine. Dans ce cercle nord, voyez aussi les énormes fleurs de ce ‘Côte d’Or’. Je les trouve trop grosses et c’est certainement une des variétés que j’enlèverai bientôt. Approchez-vous, venez voir celui-ci, c’est un de mes préférés. Vous le connaissez ? C’est ‘Starring Role’, il doit avoir plus de trente ans (Palmer 73, NDLR), mais quelle fraîcheur ! Finalement je crois que je préfère les jaunes acides aux jaunes dorés. Voyez, là, ‘Elegant Impressions’, il est beaucoup plus récents que le précédent (Schreiner 93, NDLR), et ses fleurs sont encore plus ondulées. »
On ne se lasse pas de tourner autour des ces trois imposants massifs. Au milieu du besant ouest, celui qui est seul, on reconnaît sans peine l’inusable ‘Zantha’ que l’on trouve en masse dans les jardins publics. C’est sans doute une des variétés les plus utilisées dans le monde. Il fait bien son âge, mais fleurit toujours avec vaillance. Et ce petit iris avec une grande tache blanche sur les sépales, ne serait-ce pas l’ancien ‘Mattie Gates’ ?
« C’est bien lui, confirme la châtelaine. Je l’ai eu par chance, au jardin de Brüglingen, près de Bâle, où je suis allée il y a bien longtemps maintenant, en 79 ou 80, je crois. J’aime bien toutes ces vieilles variétés, je leur trouve beaucoup de charme, comme ce ‘Trompette’, ou ce ‘Desert Gold’ ; je trouve qu’ils sont en accord avec l’aspect rectiligne des façades de cette demeure. Les iris récents jurent un peu, me semble-t-il, mais ils sont si beaux néanmoins ! »
Après un dernier tour de ces besants d’or, on se dirige à regret vers le château, où pourtant la propriétaire, qui sait recevoir, a préparé un goûter à l’anglaise, qui s’annonce aussi plaisant que les iris.
(1) Besant = monnaie byzantine et, également, en héraldique, figure circulaire d’or ou d’argent.
7.12.07



HISTOIRE DES XIII
Ils étaient treize. Choisis après bien des hésitations dans le catalogue Cayeux de 1981. Ils ont constitué le noyau d’une collection qui, au fil des années, s’est développée jusqu’à avoisiner les 400 variétés. En fait, ce sont bien plus de quatre cents iris qui ont été plantés dans mon jardin, car il faut compter ceux qui, pour une raison ou une autre, n’y sont pas restés. Certains ont disparu d’eux-mêmes, d’autres ont été volontairement éliminés, soit qu’ils n’aient pas voulu pousser correctement, soit qu’ils aient du laisser la place à des variétés plus récentes, faute de place pour loger tout le monde. C’est un peu ce qui s’est produit pour les treize variétés d’origine. Qui sont ceux qui ont survécu aux transplantations successives ? Qui sont ceux qui ont disparu, et pourquoi ?
La liste de 82
‘A Propos’ (Babson 64) – un bitone mauve très connu ;
‘Babbling Brook’ (Keppel 69 – DM 72) – le plus joli bleu qui soit, même aujourd’hui ;
‘Chapeau’ (Babson 71) – bicolore, beige et pourpre ;
‘Fashion Fling’ (Hall 65) – un rose orchidée doux, d’un des pères des variétés de cette couleur ;
‘Margarita’ (Schreiner 68) – un amoena blanc et bleu pervenche ;
‘Matinata’ (Schreiner 68) – le bleu outremer façon Schreiner ;
‘Raspberry Ripples’ (Niswonger 69) – magenta vif, à barbes rouges ;
‘Ruby Mine’ (Schreiner 62) – d’un rouge bourgogne bien uni ;
‘Son of Star’ (Plough 69) – un orange des plus vifs, et qui ne passe pas ;
‘Stepping Out’ (Schreiner 64 – DM 68) – Le plus fameux plicata ;
‘Surf Rider’ (Tucker 70) – l’un des premiers amoenas inversés ;
‘Tuxedo’ (Schreiner 65) – toujours majestueux iris en habit noir ;
‘Vitafire’ (Schreiner 68) – est encore l’un des plus beaux “rouges”.
A examiner cette liste, je me dis que, pour ma première commande, j’avais eu la main heureuse et, si c’était à refaire, je crois que je reprendrais les mêmes. Il manque simplement un iris blanc et un iris jaune – mais cette absence s’est trouvée comblée dès la commande suivante qui comportait ‘Bride’s Halo’ et ‘‘Outreach’-.
Les commandes ultérieures n’ont fait qu’agrandir le choix dans ces coloris traditionnels, puis, au fil du temps et de mes exigences de diversification, ont abordé des couleurs plus rares et des mélanges plus audacieux.
Ceux qui ont disparu
‘A Propos’, premier de la liste, a aussi été le premier à quitter la collection. C’est une fin accidentelle, à l’occasion d’un déménagement (depuis 82, la collection a subi quatre déménagements !). Cette variété n’a pas été remplacée parce qu’à sa disparition elle n’était plus au catalogue chez aucun producteur français. Adieu donc ‘A Propos’…
‘Fashion Fling’ n’a pas été replanté lors du dernier transfert. Il fallait choisir entre des variétés aussi intéressantes les une que les autres, faute de place pour loger tout le monde. Il a été retiré en 2002, pour céder sa place à une variété plus moderne (mais pas forcément aussi robuste, hélas).
‘Margarita’, éliminé lors du transfert de 1990 : pour manque d’originalité…
‘Matinata’, a suivi le même sort que ‘Fashion Fling’ lors de la transplantation de 2002. Pour les mêmes raisons.
‘Ruby Mine’ a figuré dans la charrette de 1990. Cette année-là a été celle d’un grand bouleversement de la collection, avec une dizaine de départs et plus de vingt arrivées.
‘Son of Star’ est mort de pourriture en 2001. Il n’a pas été renouvelé.
C’est tout. Les sept autres figurent toujours dans mon jardin.
Ceux qui restent
J’ai eu plusieurs incidents avec ‘Babbling Brook’ qui me semble ne pas aimer les déménagements. Perdu deux fois, il a été aussitôt remplacé parce que je ne conçois pas que la collection puisse se passer de lui. J’adore ses petites fleurs d’un bleu si bleu, avec cette barbe verdoyante qui ajoute de l’acidité au coloris. Depuis son dernier déplacement, il se plait bien là où il est et fleurit abondamment.
‘Chapeau’ est inusable. Il a subi sans broncher tous les tracas que je lui ai causés. Ses fleurs accusent bien leur âge, mais sa belle santé m’incite à le conserver encore quelques années…
Qu’est-ce qui pourrait me faire renoncer à ‘Raspberry Ripples’ ? Rien, apparemment puisqu’il a échappé aux réformes intervenues jusqu’à présent. Lui aussi a des fleurs plutôt petites, mais l’éclat de sa couleur le rend toujours aussi plaisant.
A mon avis il ne peut pas y avoir une collection d’iris digne de ce nom sans ‘Stepping Out’ : c’est un élément incontournable. Il n’y a pas beaucoup de plicatas modernes pour égaler sa robustesse et la netteté du contraste entre le blanc et le violet.
‘Surf Rider’ n’a certes pas l’éclat des amoenas inversés qui pullulent aujourd’hui, mais il a pour lui son antériorité, en quelque sorte c’est un jalon nécessaire, que je voudrais bien conserver, mais il n’a pas fleuri cette année et je ne suis pas sûr qu’il sera encore là au printemps prochain. Aurait-il été « absorbé » par des voisins encombrants ?
‘Tuxedo’ est un fidèle. Il n’a jamais protesté lors de ses déménagements et il n’y a qu’en 2005 qu’il n’a pas fleuri. Je lui conserve toute ma confiance. Et puis c’est le favori de ma femme, alors ! Il faut savoir faire plaisir a une personne qui ne proteste pas quand son jardin se trouve peu à peu envahi par de nouveaux iris qui empiètent dans le domaine des autres plantes.
‘Vitafire’, malgré le poids des ans, reste le plus rouge des rouges. Dans ce coloris un peu bâtard et souvent difficile, je ne lui connais qu’un rival : ‘New Centurion’ (Schreiner 93).
Quand je retrouve mes « vieux » iris, j’éprouve un plaisir qui a pour cause non seulement les qualités intrinsèques de ces plantes, mais aussi toute la nostalgie qui résulte du nombre des années que j’ai passées avec eux, et des souvenirs qu’ils font remonter à la surface de ma mémoire. Depuis les XIII, tant de choses se sont produites !
Ils étaient treize. Choisis après bien des hésitations dans le catalogue Cayeux de 1981. Ils ont constitué le noyau d’une collection qui, au fil des années, s’est développée jusqu’à avoisiner les 400 variétés. En fait, ce sont bien plus de quatre cents iris qui ont été plantés dans mon jardin, car il faut compter ceux qui, pour une raison ou une autre, n’y sont pas restés. Certains ont disparu d’eux-mêmes, d’autres ont été volontairement éliminés, soit qu’ils n’aient pas voulu pousser correctement, soit qu’ils aient du laisser la place à des variétés plus récentes, faute de place pour loger tout le monde. C’est un peu ce qui s’est produit pour les treize variétés d’origine. Qui sont ceux qui ont survécu aux transplantations successives ? Qui sont ceux qui ont disparu, et pourquoi ?
La liste de 82
‘A Propos’ (Babson 64) – un bitone mauve très connu ;
‘Babbling Brook’ (Keppel 69 – DM 72) – le plus joli bleu qui soit, même aujourd’hui ;
‘Chapeau’ (Babson 71) – bicolore, beige et pourpre ;
‘Fashion Fling’ (Hall 65) – un rose orchidée doux, d’un des pères des variétés de cette couleur ;
‘Margarita’ (Schreiner 68) – un amoena blanc et bleu pervenche ;
‘Matinata’ (Schreiner 68) – le bleu outremer façon Schreiner ;
‘Raspberry Ripples’ (Niswonger 69) – magenta vif, à barbes rouges ;
‘Ruby Mine’ (Schreiner 62) – d’un rouge bourgogne bien uni ;
‘Son of Star’ (Plough 69) – un orange des plus vifs, et qui ne passe pas ;
‘Stepping Out’ (Schreiner 64 – DM 68) – Le plus fameux plicata ;
‘Surf Rider’ (Tucker 70) – l’un des premiers amoenas inversés ;
‘Tuxedo’ (Schreiner 65) – toujours majestueux iris en habit noir ;
‘Vitafire’ (Schreiner 68) – est encore l’un des plus beaux “rouges”.
A examiner cette liste, je me dis que, pour ma première commande, j’avais eu la main heureuse et, si c’était à refaire, je crois que je reprendrais les mêmes. Il manque simplement un iris blanc et un iris jaune – mais cette absence s’est trouvée comblée dès la commande suivante qui comportait ‘Bride’s Halo’ et ‘‘Outreach’-.
Les commandes ultérieures n’ont fait qu’agrandir le choix dans ces coloris traditionnels, puis, au fil du temps et de mes exigences de diversification, ont abordé des couleurs plus rares et des mélanges plus audacieux.
Ceux qui ont disparu
‘A Propos’, premier de la liste, a aussi été le premier à quitter la collection. C’est une fin accidentelle, à l’occasion d’un déménagement (depuis 82, la collection a subi quatre déménagements !). Cette variété n’a pas été remplacée parce qu’à sa disparition elle n’était plus au catalogue chez aucun producteur français. Adieu donc ‘A Propos’…
‘Fashion Fling’ n’a pas été replanté lors du dernier transfert. Il fallait choisir entre des variétés aussi intéressantes les une que les autres, faute de place pour loger tout le monde. Il a été retiré en 2002, pour céder sa place à une variété plus moderne (mais pas forcément aussi robuste, hélas).
‘Margarita’, éliminé lors du transfert de 1990 : pour manque d’originalité…
‘Matinata’, a suivi le même sort que ‘Fashion Fling’ lors de la transplantation de 2002. Pour les mêmes raisons.
‘Ruby Mine’ a figuré dans la charrette de 1990. Cette année-là a été celle d’un grand bouleversement de la collection, avec une dizaine de départs et plus de vingt arrivées.
‘Son of Star’ est mort de pourriture en 2001. Il n’a pas été renouvelé.
C’est tout. Les sept autres figurent toujours dans mon jardin.
Ceux qui restent
J’ai eu plusieurs incidents avec ‘Babbling Brook’ qui me semble ne pas aimer les déménagements. Perdu deux fois, il a été aussitôt remplacé parce que je ne conçois pas que la collection puisse se passer de lui. J’adore ses petites fleurs d’un bleu si bleu, avec cette barbe verdoyante qui ajoute de l’acidité au coloris. Depuis son dernier déplacement, il se plait bien là où il est et fleurit abondamment.
‘Chapeau’ est inusable. Il a subi sans broncher tous les tracas que je lui ai causés. Ses fleurs accusent bien leur âge, mais sa belle santé m’incite à le conserver encore quelques années…
Qu’est-ce qui pourrait me faire renoncer à ‘Raspberry Ripples’ ? Rien, apparemment puisqu’il a échappé aux réformes intervenues jusqu’à présent. Lui aussi a des fleurs plutôt petites, mais l’éclat de sa couleur le rend toujours aussi plaisant.
A mon avis il ne peut pas y avoir une collection d’iris digne de ce nom sans ‘Stepping Out’ : c’est un élément incontournable. Il n’y a pas beaucoup de plicatas modernes pour égaler sa robustesse et la netteté du contraste entre le blanc et le violet.
‘Surf Rider’ n’a certes pas l’éclat des amoenas inversés qui pullulent aujourd’hui, mais il a pour lui son antériorité, en quelque sorte c’est un jalon nécessaire, que je voudrais bien conserver, mais il n’a pas fleuri cette année et je ne suis pas sûr qu’il sera encore là au printemps prochain. Aurait-il été « absorbé » par des voisins encombrants ?
‘Tuxedo’ est un fidèle. Il n’a jamais protesté lors de ses déménagements et il n’y a qu’en 2005 qu’il n’a pas fleuri. Je lui conserve toute ma confiance. Et puis c’est le favori de ma femme, alors ! Il faut savoir faire plaisir a une personne qui ne proteste pas quand son jardin se trouve peu à peu envahi par de nouveaux iris qui empiètent dans le domaine des autres plantes.
‘Vitafire’, malgré le poids des ans, reste le plus rouge des rouges. Dans ce coloris un peu bâtard et souvent difficile, je ne lui connais qu’un rival : ‘New Centurion’ (Schreiner 93).
Quand je retrouve mes « vieux » iris, j’éprouve un plaisir qui a pour cause non seulement les qualités intrinsèques de ces plantes, mais aussi toute la nostalgie qui résulte du nombre des années que j’ai passées avec eux, et des souvenirs qu’ils font remonter à la surface de ma mémoire. Depuis les XIII, tant de choses se sont produites !
30.11.07



LES MTB TETRAPLOÏDES
Quand j’ai publié, il y a quelques semaines, une chronique sur les MTB, un amateur éclairé, Loïc Tasquier, m’a fait remarquer que j’avais passé sous silence les MTB tétraploïdes. Voici, pour réparer cet oubli, ce qu’écrit à ce sujet l’obtenteur américain Jim Craig, dans un article, publié en juin 2004 dans le Bulletin de la Société Néo-zélandaise des Iris.
« A peu près 10 à 15 % des MTB enregistrés sont tétraploïdes. Il y a aussi quelques triploïdes. Il n’y a qu’une analyse de laboratoire méticuleuse pour décompter avec précision le nombre de chromosomes dans une variété. C’est malheureusement ce que l’on devrait faire pour tous les MTB qui sont encore cultivés. Le nombre de chromosomes des iris barbus tétraploïdes varie à partir de 2n=32. Après la 2eme guerre mondiale, la large distribution des espèces d’iris a conduit beaucoup d’hybrideurs à tenter des croisements interspécifiques, quelquefois en utilisant un mélange de pollen, et quelquefois en enregistrant leur travail de manière incomplète. On doit savoir que les espèces les plus utilisées pour le développement des grands iris modernes ont 48 chromosomes, et ceci est généralement vrai pour les MTB tétraploïdes.
« Le plus ancien MTB tétraploïde que je connaisse est ‘Tea for Two’ (Austen 32), un rose fragile. Bien qu’il ait été largement distribué, il n’a jamais été enregistré par l’AIS. Quand il apparaît dans le pedigree d’autres MTB, comme le blanc à barbes jaune ‘Clare Louise’ (Dunderman 66) on doit se demander s’ils ne sont pas tétraploïdes.
« Depuis 1959, année où les MTB ont été officiellement reconnus comme une classe à part par l’AIS, il y a chaque année quelques introductions ; en principe on peut penser qu’une ou deux peut être tétraploïde. ‘Buenita’ (A. White 63) est un iris abricot à barbes presque mandarine qui a l’apparence d’un tétraploïde. Très robuste, il peut mesurer jusqu’à 95 cm. ‘Ring Bearer’ (Cook 67) est un joli rose digne de récompenses officielles, mais qui a le défaut de ne fleurir qu’occasionnellement. En 1966, Ben Hager a introduit trois MTB issus d’une lignée qui résulte d’un croisement de TB et de BB avec I. aphylla. ‘En Route’ est un jaune costaud qui arrive aux limites de la classe des MTB. Je l’ai utilisé dans ma propre lignée de MTB et il contribue à produire des plantes plus petites et mieux proportionnées. ‘Entre’Act’ a des pétales jaune clair et des sépales écrus. Je ne connais pas ses aptitudes en hybridation. ‘Shrinking Violet’ est un iris très sombre, très bien proportionné, qui pousse bien, mais pas à profusion. Les autres MTB tétraploïdes de cette lignée de B. Hager n’ont pas été introduits.
« ‘Echo Pond’ (Sindt 84) est un violet bitone qui ne pousse pas bien. ‘Evening Pond’ (Sindt 85), son frère de semis, est beaucoup plus vigoureux. L’un et l’autre peuvent parfois produire des fleurs trop grosses pour la classe, mais ils ont un intérêt particulier en ce sens qu’ils incluent à la fois I. balkana et I. aphylla.
« La liste alphabétique qui suit est celle de MTB tétraploïdes modernes qui ont de bonnes performances, à mon avis :
‘Apricot Drops’ (Aitken 95) est un orange abricot tendre qui pousse comme une mauvaise herbe. Il n’est peut-être pas tétraploïde, mais il se comporte comme s’il l’était.
‘Bright Sparks’ (Hager 99) est une variété menue, jaune clair à barbes mandarine.
‘Chartres’ (Craig 97) a des pétales bleus et des sépales plus sombres lilas violacé.
‘Devotee’ (Hager 97) est abricot à barbes mandarine.
‘Enriched’ (Craig 2000) est un variegata à pétales jaunes et sépales bleu lavande.
‘Night Spirit’ (Craig 2002) est violet foncé, bien ondulé, une vrai miniature de grand iris.
‘Payoff’ (Craig 87), blanc crémeux/magenta, produit d’excellents semis.
‘Rave Review’ (Craig 92), lavande clair à barbes roses, remonte chez nous.
‘Style Model’ (Hager 99) est un vigoureux blanc crémeux à barbes jaunes.
‘Snob Appeal’ (Hager 97) est un rose moyen très pur avec des barbes mandarine.
‘Titwillow’ (Hager 96) est un rare mélange de bleu et de gris, qui peut donner naissance à des semis de qualité.
‘White Wine’ (Craig 98), en bleu lavande clair, barbes jaunes et épaules bronze, ajoute le parfum à ses charmes. »
Quand j’ai publié, il y a quelques semaines, une chronique sur les MTB, un amateur éclairé, Loïc Tasquier, m’a fait remarquer que j’avais passé sous silence les MTB tétraploïdes. Voici, pour réparer cet oubli, ce qu’écrit à ce sujet l’obtenteur américain Jim Craig, dans un article, publié en juin 2004 dans le Bulletin de la Société Néo-zélandaise des Iris.
« A peu près 10 à 15 % des MTB enregistrés sont tétraploïdes. Il y a aussi quelques triploïdes. Il n’y a qu’une analyse de laboratoire méticuleuse pour décompter avec précision le nombre de chromosomes dans une variété. C’est malheureusement ce que l’on devrait faire pour tous les MTB qui sont encore cultivés. Le nombre de chromosomes des iris barbus tétraploïdes varie à partir de 2n=32. Après la 2eme guerre mondiale, la large distribution des espèces d’iris a conduit beaucoup d’hybrideurs à tenter des croisements interspécifiques, quelquefois en utilisant un mélange de pollen, et quelquefois en enregistrant leur travail de manière incomplète. On doit savoir que les espèces les plus utilisées pour le développement des grands iris modernes ont 48 chromosomes, et ceci est généralement vrai pour les MTB tétraploïdes.
« Le plus ancien MTB tétraploïde que je connaisse est ‘Tea for Two’ (Austen 32), un rose fragile. Bien qu’il ait été largement distribué, il n’a jamais été enregistré par l’AIS. Quand il apparaît dans le pedigree d’autres MTB, comme le blanc à barbes jaune ‘Clare Louise’ (Dunderman 66) on doit se demander s’ils ne sont pas tétraploïdes.
« Depuis 1959, année où les MTB ont été officiellement reconnus comme une classe à part par l’AIS, il y a chaque année quelques introductions ; en principe on peut penser qu’une ou deux peut être tétraploïde. ‘Buenita’ (A. White 63) est un iris abricot à barbes presque mandarine qui a l’apparence d’un tétraploïde. Très robuste, il peut mesurer jusqu’à 95 cm. ‘Ring Bearer’ (Cook 67) est un joli rose digne de récompenses officielles, mais qui a le défaut de ne fleurir qu’occasionnellement. En 1966, Ben Hager a introduit trois MTB issus d’une lignée qui résulte d’un croisement de TB et de BB avec I. aphylla. ‘En Route’ est un jaune costaud qui arrive aux limites de la classe des MTB. Je l’ai utilisé dans ma propre lignée de MTB et il contribue à produire des plantes plus petites et mieux proportionnées. ‘Entre’Act’ a des pétales jaune clair et des sépales écrus. Je ne connais pas ses aptitudes en hybridation. ‘Shrinking Violet’ est un iris très sombre, très bien proportionné, qui pousse bien, mais pas à profusion. Les autres MTB tétraploïdes de cette lignée de B. Hager n’ont pas été introduits.
« ‘Echo Pond’ (Sindt 84) est un violet bitone qui ne pousse pas bien. ‘Evening Pond’ (Sindt 85), son frère de semis, est beaucoup plus vigoureux. L’un et l’autre peuvent parfois produire des fleurs trop grosses pour la classe, mais ils ont un intérêt particulier en ce sens qu’ils incluent à la fois I. balkana et I. aphylla.
« La liste alphabétique qui suit est celle de MTB tétraploïdes modernes qui ont de bonnes performances, à mon avis :
‘Apricot Drops’ (Aitken 95) est un orange abricot tendre qui pousse comme une mauvaise herbe. Il n’est peut-être pas tétraploïde, mais il se comporte comme s’il l’était.
‘Bright Sparks’ (Hager 99) est une variété menue, jaune clair à barbes mandarine.
‘Chartres’ (Craig 97) a des pétales bleus et des sépales plus sombres lilas violacé.
‘Devotee’ (Hager 97) est abricot à barbes mandarine.
‘Enriched’ (Craig 2000) est un variegata à pétales jaunes et sépales bleu lavande.
‘Night Spirit’ (Craig 2002) est violet foncé, bien ondulé, une vrai miniature de grand iris.
‘Payoff’ (Craig 87), blanc crémeux/magenta, produit d’excellents semis.
‘Rave Review’ (Craig 92), lavande clair à barbes roses, remonte chez nous.
‘Style Model’ (Hager 99) est un vigoureux blanc crémeux à barbes jaunes.
‘Snob Appeal’ (Hager 97) est un rose moyen très pur avec des barbes mandarine.
‘Titwillow’ (Hager 96) est un rare mélange de bleu et de gris, qui peut donner naissance à des semis de qualité.
‘White Wine’ (Craig 98), en bleu lavande clair, barbes jaunes et épaules bronze, ajoute le parfum à ses charmes. »
JARDINS D’IRIS
I. - LES TUNIQUES BLEUES
C’est un hameau de trois maisons, au bout d’un étroit chemin qui monte, au cœur du parc naturel Livradois-Forez. Le jardin s’étend en partie entre le chemin et la maison, située un peu en contrebas. Les iris ont été plantés en ligne irrégulière, qui suit les méandres et les ondulations du terrain. Comme ce sont des iris bleus ou violets, ils font, ainsi disposés, penser à une colonne de soldats fourbus, rentrant au fort après une journée d’escarmouches. Les Tuniques Bleues…
Ils sont vingt-cinq, récents ou un peu plus anciens, choisis pour leur couleur et la diversité qu’on peut obtenir au moyen d’un camaïeu. Celui qui marche devant, c’est ‘Dusky Challenger’. Il a fière allure dans sa tenue violet sombre : on voit que c’est lui le chef. Il est suivi par un petit émigré italien, ‘Azzurra’ (photo), clair mais vigoureux. Deux vieux grognards viennent derrière, ils évoquent leurs souvenirs des campagnes passées ; ce sont ‘Victoria Falls’ et ‘Sapphire Hills’. L’un et l’autre ont une tenue bleu clair, mais le premier a dénoué au vent sa cravate blanche. La tunique du suivant est encore plus claire, à peine bleutée, avec un soupçon de vert, qui fait un peu penser aux turquoises que travaillent les artisans indiens, c’est ‘Navajo Jewel’. Un petit groupe de trois traîne un peu plus loin : ‘Modernaire’, violet sombre vaguement teinté de pourpre, ‘Crystal Cathedral’ qui n’a de bleu que les barbes et l’extrémité de ses boutons, et ‘Tuxedo’ (photo), un vieux briscard qui garde sa superbe et affiche le noir presque parfait de sa tenue.
Un léger espace de verdure sépare les précédents des trois qui suivent : ‘Aygade’, ‘Falbala’ et ‘Five Star Admiral’. Le bleu lavande du premier est enrichi de l’orange vif de sa barbe, le second, d’un coloris plus soutenu, arbore une barbe franchement rouge, tandis que le dernier, encore plus foncé, étale ses parures jaune moutarde. Celui qui vient après est un chef, à l’évidence, sa haute stature et sa tenue d’argent le signale nettement ; il s’appelle ‘Silverado’. Bien plus petits sont ses successeurs, l’attirant ‘Winner’s Circle’, d’un bleu profond, griffé de blanc au cœur, et ‘Hey Looky’ dont la tunique blanche est barbouillée d’indigo.
Encore un espace et un petit peloton de cinq se présente. Celui qui mène, c’est ‘Honky Tonk Blues’, qui porte beau malgré sa tunique délavée. Deux clairs et deux foncés l’accompagnent : ‘Dreamin’ Blue’ et ‘Flair’ d’un côté, ‘Trapel’ et ‘Stellar Lights’ de l’autre. Tout seul et fatigué, même s’il ne veut pas en avoir l’air, vient le vieux ‘Matinata’. Puis la troupe s’étire un peu plus : l’élégant et puissant ‘Mystique’ est là, auprès du tendre ‘Altruist’. Ils précèdent ‘Aldo Ratti’, encore un italien, qui se singularise par une tenue inversée, la tunique lavande et le pantalon blanc, puis ‘Breakers’, d’un bleu toujours brillant. Et c’est ‘Calamité’ qui ferme la marche. Il a l’habitude des épreuves malgré son air noir et sa barbe bronzée. C’est un solide gaillard : on peut lui confier l’arrière garde.
En cette Auvergne profonde on est loin des pistes poudreuses du Far-West, mais les Tuniques Bleues sont tout de même là, pour la beauté du spectacle.
I. - LES TUNIQUES BLEUES
C’est un hameau de trois maisons, au bout d’un étroit chemin qui monte, au cœur du parc naturel Livradois-Forez. Le jardin s’étend en partie entre le chemin et la maison, située un peu en contrebas. Les iris ont été plantés en ligne irrégulière, qui suit les méandres et les ondulations du terrain. Comme ce sont des iris bleus ou violets, ils font, ainsi disposés, penser à une colonne de soldats fourbus, rentrant au fort après une journée d’escarmouches. Les Tuniques Bleues…
Ils sont vingt-cinq, récents ou un peu plus anciens, choisis pour leur couleur et la diversité qu’on peut obtenir au moyen d’un camaïeu. Celui qui marche devant, c’est ‘Dusky Challenger’. Il a fière allure dans sa tenue violet sombre : on voit que c’est lui le chef. Il est suivi par un petit émigré italien, ‘Azzurra’ (photo), clair mais vigoureux. Deux vieux grognards viennent derrière, ils évoquent leurs souvenirs des campagnes passées ; ce sont ‘Victoria Falls’ et ‘Sapphire Hills’. L’un et l’autre ont une tenue bleu clair, mais le premier a dénoué au vent sa cravate blanche. La tunique du suivant est encore plus claire, à peine bleutée, avec un soupçon de vert, qui fait un peu penser aux turquoises que travaillent les artisans indiens, c’est ‘Navajo Jewel’. Un petit groupe de trois traîne un peu plus loin : ‘Modernaire’, violet sombre vaguement teinté de pourpre, ‘Crystal Cathedral’ qui n’a de bleu que les barbes et l’extrémité de ses boutons, et ‘Tuxedo’ (photo), un vieux briscard qui garde sa superbe et affiche le noir presque parfait de sa tenue.
Un léger espace de verdure sépare les précédents des trois qui suivent : ‘Aygade’, ‘Falbala’ et ‘Five Star Admiral’. Le bleu lavande du premier est enrichi de l’orange vif de sa barbe, le second, d’un coloris plus soutenu, arbore une barbe franchement rouge, tandis que le dernier, encore plus foncé, étale ses parures jaune moutarde. Celui qui vient après est un chef, à l’évidence, sa haute stature et sa tenue d’argent le signale nettement ; il s’appelle ‘Silverado’. Bien plus petits sont ses successeurs, l’attirant ‘Winner’s Circle’, d’un bleu profond, griffé de blanc au cœur, et ‘Hey Looky’ dont la tunique blanche est barbouillée d’indigo.
Encore un espace et un petit peloton de cinq se présente. Celui qui mène, c’est ‘Honky Tonk Blues’, qui porte beau malgré sa tunique délavée. Deux clairs et deux foncés l’accompagnent : ‘Dreamin’ Blue’ et ‘Flair’ d’un côté, ‘Trapel’ et ‘Stellar Lights’ de l’autre. Tout seul et fatigué, même s’il ne veut pas en avoir l’air, vient le vieux ‘Matinata’. Puis la troupe s’étire un peu plus : l’élégant et puissant ‘Mystique’ est là, auprès du tendre ‘Altruist’. Ils précèdent ‘Aldo Ratti’, encore un italien, qui se singularise par une tenue inversée, la tunique lavande et le pantalon blanc, puis ‘Breakers’, d’un bleu toujours brillant. Et c’est ‘Calamité’ qui ferme la marche. Il a l’habitude des épreuves malgré son air noir et sa barbe bronzée. C’est un solide gaillard : on peut lui confier l’arrière garde.
En cette Auvergne profonde on est loin des pistes poudreuses du Far-West, mais les Tuniques Bleues sont tout de même là, pour la beauté du spectacle.
23.11.07

ECHOS DU MONDE DES IRIS
« Les Iris », par Réjean D. Millette
j’ai eu du mal à me procurer ce livre, publié au Canada. La librairie du Québec, à Paris, censée le vendre, a du le commander chez l’éditeur. Cette opération a demandé plusieurs mois…
Il se présente sous la forme d’un volume de 350 pages, « hard cover » comme le sont maintenant presque tous les livres de qualité, très richement illustré. Ce n’est pas sur ce point que porteront mes observations, mais sur le fond. En effet l’ouvrage se révèle assez convenu dans son contenu, avec un plan discutable, et un style d’écriture qui surprend un peu un Français de souche, mais correspond peut-être à la manière de s’exprimer de nos cousins du Québec. Au demeurant, c’est loin d’être un mauvais livre, mais disons qu’il m’a laissé un peu sur ma faim.
Editions de l’Homme – (http://www.edhom.com/) - prix tout compris : 39, 20 Euros.
« Les Iris », par Réjean D. Millette
j’ai eu du mal à me procurer ce livre, publié au Canada. La librairie du Québec, à Paris, censée le vendre, a du le commander chez l’éditeur. Cette opération a demandé plusieurs mois…
Il se présente sous la forme d’un volume de 350 pages, « hard cover » comme le sont maintenant presque tous les livres de qualité, très richement illustré. Ce n’est pas sur ce point que porteront mes observations, mais sur le fond. En effet l’ouvrage se révèle assez convenu dans son contenu, avec un plan discutable, et un style d’écriture qui surprend un peu un Français de souche, mais correspond peut-être à la manière de s’exprimer de nos cousins du Québec. Au demeurant, c’est loin d’être un mauvais livre, mais disons qu’il m’a laissé un peu sur ma faim.
Editions de l’Homme – (http://www.edhom.com/) - prix tout compris : 39, 20 Euros.


LES ROUGES D’ABBEVILLE
Les habitants d’Abbeville, dans la Somme, vont être intrigués par le titre de cette chronique. De quoi peut-il s’agir ? Qu’est-ce qui se passe à Abbeville ? Ils vont peut-être être déçus : ce n’est pas de « leur » Abbeville qu’il s’agit, mais d’une cité de Louisiane, aux Etats-Unis, non loin des côtes du Golfe du Mexique, à peu près à mi-chemin entre Houston, au Texas, et La Nouvelle Orléans, à environ cinquante kilomètres au sud de Lafayette. Elle se situe au cœur d’une zone de marécages, dans ce pays cajun, où l’on trouve tant de traces de la présence française, du temps d’avant que Napoléon 1er ne vende la Louisiane aux Etats-Unis.
Mais c’est quoi, ces Rouges d’Abbeville ? Des Indiens ? Pas du tout ! Ce sont des iris !
Dans le marais d’Abbeville au bord du bayou Vermilion, à la fin des années 30, un certain W.B. McMillan a découvert un nouvel iris. Un iris apogon, en deux tons de rouge carminé, avec de larges sépales vivement colorés. Cette nouvelle plante a immédiatement suscité un très grand intérêt chez les spécialistes des iris. Pendant des années elle a fait l’objet d’interminables débats taxonomiques, mais le consensus semble s’être fait sur ce que ce serait un hybride entre I. fulva, I. giganticaerulea et I. brevicaulis. Un hybride, peut-être, mais un hybride stabilisé à qui on peut attribuer le statut d’espèce. C’est L.E. Randolph, qui en a fait la description précise en 1966, et l’a baptisée du nom de Iris nelsonii, en hommage à Ira S. Nelson, un universitaire qui, à partir de 1941, a développé l’hybridation des iris de Louisiane.
Avant d’être ainsi dénommés les iris découverts sur les berges du bayou Vermilion étaient désignés simplement sous l’appellation d’iris rouges d’Abbeville.
En dehors de savoir s’il s’agissait d’une espèce ou d’un hybride, l’intérêt des ces iris était qu’ils pouvaient apporter un enrichissement phénoménal du nouveau type d’hybrides en cours de développement, connu sous le nom d’Iris de Louisiane. En effet les trois espèces qui, jusque là avaient été croisées en vue d’obtenir un nouvel hybride intéressant pour le jardin, I. fulva, I. giganticaerulea et I. brevicaulis, ne disposaient pas de la couleur rouge cramoisi. I. nelsonii comblait cette lacune. De ce jour, l’hybridation des Iris de Louisiane a pris un nouvel essor.
Cet essor a été d’autant plus important qu’en plus de la couleur rouge pourpré, I. nelsonii apportait aux nouvelles plantes un tas d’avantages remarquables. D’abord une rusticité qui permettait leur distribution au-delà de leur région d’origine jusque là limitée à un petit quart sud-est des USA. Ensuite des fleurs plutôt grandes, plus grandes en tout cas que les trois autres espèces utilisées jusque là en hybridation, avec des pièces florales épaisses et de la consistance du cuir, qui se recouvrent partiellement les unes les autres, ce qui donne un aspect plat et large. Il n’est pas rare, encore, qu’il donne naissance à plusieurs tiges florales portant chacune une paire de boutons floraux à l’aisselle des feuilles. Ces caractéristiques se retrouvent dans les hybrides, ce qui confère encore plus d’intérêt à cette miraculeuse espèce.
Il n’y a en fait qu’une caractéristique que ne possède pas I. nelsonii (voir photo). C’est d’être tétraploïde. En effet, comme les autres espèces de la série Hexagonae, il reste diploïde. Il a fallu le travail de Joseph K. Mertzweiler, puis de Currier McEwen pour qu’apparaissent des Iris de Louisiane tétraploïdes. Cette multiplication des chromosomes présente l’avantage de donner naissance à des plantes plus grandes et plus vigoureuses, avec des fleurs plus solides disposant, par-dessus le marché d’infinies possibilités de variétés des couleurs et de mélanges de teintes. Elle a pour inconvénient que les plantes soient peu fertiles, mais cette difficulté est peu à peu corrigée, au fil du temps et de sélections horticoles. (voir photo de ‘Professor Neil’ –Mertzweiler 92)
Grâce aux « Rouges d’Abbeville », un nouveau type d’iris s’est développé et a atteint aujourd’hui un niveau proche de celui des grands iris de jardin (TB), puisque les Iris de Louisiane arrivent en deuxième position pour le nombre de nouvelles variétés enregistrées chaque année.
Les habitants d’Abbeville, dans la Somme, vont être intrigués par le titre de cette chronique. De quoi peut-il s’agir ? Qu’est-ce qui se passe à Abbeville ? Ils vont peut-être être déçus : ce n’est pas de « leur » Abbeville qu’il s’agit, mais d’une cité de Louisiane, aux Etats-Unis, non loin des côtes du Golfe du Mexique, à peu près à mi-chemin entre Houston, au Texas, et La Nouvelle Orléans, à environ cinquante kilomètres au sud de Lafayette. Elle se situe au cœur d’une zone de marécages, dans ce pays cajun, où l’on trouve tant de traces de la présence française, du temps d’avant que Napoléon 1er ne vende la Louisiane aux Etats-Unis.
Mais c’est quoi, ces Rouges d’Abbeville ? Des Indiens ? Pas du tout ! Ce sont des iris !
Dans le marais d’Abbeville au bord du bayou Vermilion, à la fin des années 30, un certain W.B. McMillan a découvert un nouvel iris. Un iris apogon, en deux tons de rouge carminé, avec de larges sépales vivement colorés. Cette nouvelle plante a immédiatement suscité un très grand intérêt chez les spécialistes des iris. Pendant des années elle a fait l’objet d’interminables débats taxonomiques, mais le consensus semble s’être fait sur ce que ce serait un hybride entre I. fulva, I. giganticaerulea et I. brevicaulis. Un hybride, peut-être, mais un hybride stabilisé à qui on peut attribuer le statut d’espèce. C’est L.E. Randolph, qui en a fait la description précise en 1966, et l’a baptisée du nom de Iris nelsonii, en hommage à Ira S. Nelson, un universitaire qui, à partir de 1941, a développé l’hybridation des iris de Louisiane.
Avant d’être ainsi dénommés les iris découverts sur les berges du bayou Vermilion étaient désignés simplement sous l’appellation d’iris rouges d’Abbeville.
En dehors de savoir s’il s’agissait d’une espèce ou d’un hybride, l’intérêt des ces iris était qu’ils pouvaient apporter un enrichissement phénoménal du nouveau type d’hybrides en cours de développement, connu sous le nom d’Iris de Louisiane. En effet les trois espèces qui, jusque là avaient été croisées en vue d’obtenir un nouvel hybride intéressant pour le jardin, I. fulva, I. giganticaerulea et I. brevicaulis, ne disposaient pas de la couleur rouge cramoisi. I. nelsonii comblait cette lacune. De ce jour, l’hybridation des Iris de Louisiane a pris un nouvel essor.
Cet essor a été d’autant plus important qu’en plus de la couleur rouge pourpré, I. nelsonii apportait aux nouvelles plantes un tas d’avantages remarquables. D’abord une rusticité qui permettait leur distribution au-delà de leur région d’origine jusque là limitée à un petit quart sud-est des USA. Ensuite des fleurs plutôt grandes, plus grandes en tout cas que les trois autres espèces utilisées jusque là en hybridation, avec des pièces florales épaisses et de la consistance du cuir, qui se recouvrent partiellement les unes les autres, ce qui donne un aspect plat et large. Il n’est pas rare, encore, qu’il donne naissance à plusieurs tiges florales portant chacune une paire de boutons floraux à l’aisselle des feuilles. Ces caractéristiques se retrouvent dans les hybrides, ce qui confère encore plus d’intérêt à cette miraculeuse espèce.
Il n’y a en fait qu’une caractéristique que ne possède pas I. nelsonii (voir photo). C’est d’être tétraploïde. En effet, comme les autres espèces de la série Hexagonae, il reste diploïde. Il a fallu le travail de Joseph K. Mertzweiler, puis de Currier McEwen pour qu’apparaissent des Iris de Louisiane tétraploïdes. Cette multiplication des chromosomes présente l’avantage de donner naissance à des plantes plus grandes et plus vigoureuses, avec des fleurs plus solides disposant, par-dessus le marché d’infinies possibilités de variétés des couleurs et de mélanges de teintes. Elle a pour inconvénient que les plantes soient peu fertiles, mais cette difficulté est peu à peu corrigée, au fil du temps et de sélections horticoles. (voir photo de ‘Professor Neil’ –Mertzweiler 92)
Grâce aux « Rouges d’Abbeville », un nouveau type d’iris s’est développé et a atteint aujourd’hui un niveau proche de celui des grands iris de jardin (TB), puisque les Iris de Louisiane arrivent en deuxième position pour le nombre de nouvelles variétés enregistrées chaque année.
Rectification
J’ai reçu un message de Loïc Tasquier qui me fait remarquer une inexactitude : « (…) dans l'article consacré aux sépales, tu a mis une photo d'un seedling de Mike Sutton, (Mother Earth X Bragadoccio), envoyée par Mike ». (Il s’agit de la photo représentant deux pièces florales, destinées à montrer le développement atteint actuellement par la base des sépales.) Loïc Tasquier ajoute : « L'autre photo est bien prise par moi, mais c'est aussi un iris de Mike Sutton, un IB, ‘Line Drive’ ».
Je présente mes excuses à l’un et à l’autre pour avoir été un peu rapide dans mes attributions de paternité.
J’ai reçu un message de Loïc Tasquier qui me fait remarquer une inexactitude : « (…) dans l'article consacré aux sépales, tu a mis une photo d'un seedling de Mike Sutton, (Mother Earth X Bragadoccio), envoyée par Mike ». (Il s’agit de la photo représentant deux pièces florales, destinées à montrer le développement atteint actuellement par la base des sépales.) Loïc Tasquier ajoute : « L'autre photo est bien prise par moi, mais c'est aussi un iris de Mike Sutton, un IB, ‘Line Drive’ ».
Je présente mes excuses à l’un et à l’autre pour avoir été un peu rapide dans mes attributions de paternité.
17.11.07
ECHOS DU MONDE DES IRIS
Parfum
Longtemps le parfum du rhizome d’iris (I. pallida ou I. germanica var. florentina) a été très apprécié. Non moins longtemps il a été considéré comme trop riche et, par conséquent, délaissé. Le voilà qui revient à la mode ! L’attrait nouveau qu’il suscite de la part des parfumeurs fait partie de ces mouvements cycliques qu’on constate un peu dans tous les domaines. S’y ajoute le fait qu’il s’agisse d’un parfum extrêmement coûteux, puisqu’il atteint la prix de 10000 euros le kilo ! Ce qui est cher est forcément bon, n’est-ce pas ? Toujours est-il que de nombreux « jus » récents font appel à l’iris.
L’amateur qui pense faire un cadeau original et en rapport avec sa passion va avoir le choix en cette fin d’année :
· IRIS NOIR d’Yves Rocher ;
· IRIS SILVER MIST de Lutens ;
· IRIS GANACHE de Guerlain ;
· NOTRE FLORE : IRIS de l’Occitane
· IRIS NOBILE de Acqua di Parma ;
· INFUSION D’IRIS de Prada.
Et quelques autres…
Parfum
Longtemps le parfum du rhizome d’iris (I. pallida ou I. germanica var. florentina) a été très apprécié. Non moins longtemps il a été considéré comme trop riche et, par conséquent, délaissé. Le voilà qui revient à la mode ! L’attrait nouveau qu’il suscite de la part des parfumeurs fait partie de ces mouvements cycliques qu’on constate un peu dans tous les domaines. S’y ajoute le fait qu’il s’agisse d’un parfum extrêmement coûteux, puisqu’il atteint la prix de 10000 euros le kilo ! Ce qui est cher est forcément bon, n’est-ce pas ? Toujours est-il que de nombreux « jus » récents font appel à l’iris.
L’amateur qui pense faire un cadeau original et en rapport avec sa passion va avoir le choix en cette fin d’année :
· IRIS NOIR d’Yves Rocher ;
· IRIS SILVER MIST de Lutens ;
· IRIS GANACHE de Guerlain ;
· NOTRE FLORE : IRIS de l’Occitane
· IRIS NOBILE de Acqua di Parma ;
· INFUSION D’IRIS de Prada.
Et quelques autres…



LE COMPTEUR DE CHROMOSOMES
On ne parle plus de Marc Simonet (à peine quelques lignes signées Maurice Boussard dans l’ABCdaire des Iris), et même sur Internet, on a bien du mal à trouver des informations sur ce scientifique auquel les amateurs d’iris doivent pourtant un grand pan de la connaissance de leur plante favorite.
Dans une brève note publiée dans le numéro 123 de la Revue « Iris & Bulbeuses », organe de la SFIB, Lawrence Ransom a écrit : « Marc Simonet, Docteur es science, Chevalier de la Légion d’Honneur et Officier du Mérite Agricole, fut l’un des tout premiers membres de la Société Française des Amateurs d’Iris, le nom d’origine de notre Association. Ceux qui le connaissaient bien se souviennent avec attachement de ce personnage, stéréotype du genre « professeur distrait ». Sur sa tombe, dans le cimetière d’Antibes, on peut voir, gravé sur la pierre á côté de son nom, les insignes de la Légion d’Honneur accompagnés d’un iris. »
Maurice Boussard dit de lui : « Né en 1899, Marc Simonet (…) a réalisé pendant plus de 30 ans (…) de nombreux travaux sur la cytologie des iris. En étudiant le caryotype (1) de plus d’une centaine d’iris, il a confirmé la grande hétérogénéité du genre. Ses recherches sur l’hybridation et la compatibilité des différentes espèces botaniques entre elles ont eu une influence déterminante sur le travail des obtenteurs. » Même si c’est court, c’est clair et cela résume bien toute l’œuvre de Marc Simonet.
Quand il était enfant, il se rendait en vacances à Verrières le Buisson. C’est là qu’il a acquis son intérêt pour les iris en visitant les jardins de la maison Vilmorin obtenteur d’iris, (‘Ambassadeur’, ‘Eldorado’, ‘Parisiana’ –photo -…) A l’occasion de ses études à l’Ecole Nationale Supérieure d’Horticulture de Versailles, il a obtenu une bourse pour l’institut Pasteur. Il prend goût à la génétique et aux chromosomes et fait de nombreux croisements, principalement sur les céréales et le lin. Ingénieur horticole et chercheur, il commence comme chef du laboratoire des recherches génétiques et phytosanitaires chez Vilmorin-Andrieux. De 1923 à 1931, Il a accès au jardin d’iris, et entreprend des études sur le décompte des chromosomes.
C’est essentiellement en ce domaine que le monde des iris lui est redevable. Il a publié plusieurs communications sur le sujet dès la fin de l’année 1928. La première est parue sous le titre : « Le nombre de chromosomes dans le Genre Iris ». La suivante a porté plus précisément sur « Le nombre de chromosomes chez les iris des Jardins », puis, quelques semaines plus tard, un approfondissement de la communication précédente a été publié : « Nouvelles recherches sur le nombre des chromosomes chez les hybrides des Iris des Jardins ».
Ce décompte des chromosomes a fait apparaître, sans entrer dans le détail, l’existence de deux types d’iris, ceux, diploïdes, ayant 2n=24 chromosomes, et les autres issus d’espèces du Moyen Orient, qui en comptent 2n=48. Cette découverte est exprimée par son auteur de la façon suivante, qui nous paraît un peu désuète aujourd’hui, avec un recul de 80 ans : « Chez les Iris des Jardins (I, germanica Hort.), signalons que nous avons découvert de la tétraploïdie dans les espèces orientales, â grandes fleurs, introduites tout au début du xx` siècle. Celles-ci, en se croisant entre elles ou avec des types anciens ont donné naissance, à un certain nombre d'hybrides triploïdes (Ballerine) (photo), tétraploïdes (Ambassadeur) et pentaploïdes (Magnifica) ; avec parfois perte d'un chromosome ou, encore, présence de un ou deux chromosomes surnuméraires. (Ambassadeur possède, en effet, 2n=5o au lieu de zn=48 et Magnifica 2n=62, au lieu de 2n=6o). La présence de 2 chromosomes surnuméraires a été aussi signalée par Longley, chez Iris Jacquesiana (photo). L'existence, de tels hybrides est, comme nous y disions, très important chez les Iris où le nombre de chromosomes est en rapport direct avec le gigantisme floral de la plante. La variété Magnifica est, en effet, la forme horticole ayant les plus grandes fleurs.
Dans une précédente note, nous avions déjà suggéré, que, l'étude cytologique chez les Iris pourrait être un instrument de sélection. Ainsi, en étudiant les jeunes semis non encore fleuris (l'Iris demande 3 ans pour fleurir), on pourrait très facilement éliminer, dans la recherche des variétés à grandes fleurs, les espèces qui ne sont pas au moins triploïdes ».
Nous savons aujourd’hui que les formes triploïdes ou pentaploïdes sont stériles et par conséquent sans grand intérêt pour les hybrideurs. Avant les travaux de Marc Simonet, les hybrideurs ignoraient pourquoi certains croisements ne donnaient rien, et pourquoi certains iris avaient de grosses fleurs alors que d’autres n’en avaient que des petites. Grâce à Simonet, la connaissance a fait un progrès considérable et l’hybridation en a profité. Tous les grands iris actuels, ceux que Simonet appelle les Iris des Jardins et qu’en notre jargon américanisé nous nommons TB, sont tétraploïdes.
En 1936, il devient directeur du Centre de Recherche Agronomique de Provence, à Antibes, ce, jusqu’en 1942. Il retourne chez Vilmorin et étudie le passage à la polyploïdie grâce à la colchicine. Car il avait compris que c’était les grands iris tétraploïdes qui présentaient le plus d’intérêt, et il s’est attelé à rechercher un moyen de faire passer les iris de la diploïdie à la tétraploïdie. La technique qu’il a préconisée a pris par la suite une grande ampleur dans les travaux de spécialistes comme Currier McEwen, aux Etats-Unis, ou Tomas Tamberg, en Allemagne.
A partir de 1948, il travaille à Versailles (INRA). Pour affiner ses études et contrôler sur le terrain la pertinence de ses observations, Marc Simonet s’est lancé dans le croisement d’espèces différentes d’iris. Ces croisements interspécifiques ont abouti à la création d’une collection irremplaçable de cultivars très divers, qui, à la mort de leur créateur en 1965, a été récupérée par le Muséum National d’Histoire Naturelle, puis, déplacée plusieurs fois, se trouve maintenant aux Jardins de Brocéliande, conservatoire national de l’iris, ainsi qu’au Parc Floral de Vincennes. Même si au cours de ses déménagements la collection a été un peu chamboulée, elle reste un outil indispensable pour tout chercheur dans le domaine de l’iris.
Alors, pour une fois, un hommage à Marc Simonet, n’est que lui rendre enfin justice.
(1) caryotype = arrangement caractéristique des chromosomes d’une cellule, spécifique d’un individu ou d’une espèce. (le petit Robert 2007)
On ne parle plus de Marc Simonet (à peine quelques lignes signées Maurice Boussard dans l’ABCdaire des Iris), et même sur Internet, on a bien du mal à trouver des informations sur ce scientifique auquel les amateurs d’iris doivent pourtant un grand pan de la connaissance de leur plante favorite.
Dans une brève note publiée dans le numéro 123 de la Revue « Iris & Bulbeuses », organe de la SFIB, Lawrence Ransom a écrit : « Marc Simonet, Docteur es science, Chevalier de la Légion d’Honneur et Officier du Mérite Agricole, fut l’un des tout premiers membres de la Société Française des Amateurs d’Iris, le nom d’origine de notre Association. Ceux qui le connaissaient bien se souviennent avec attachement de ce personnage, stéréotype du genre « professeur distrait ». Sur sa tombe, dans le cimetière d’Antibes, on peut voir, gravé sur la pierre á côté de son nom, les insignes de la Légion d’Honneur accompagnés d’un iris. »
Maurice Boussard dit de lui : « Né en 1899, Marc Simonet (…) a réalisé pendant plus de 30 ans (…) de nombreux travaux sur la cytologie des iris. En étudiant le caryotype (1) de plus d’une centaine d’iris, il a confirmé la grande hétérogénéité du genre. Ses recherches sur l’hybridation et la compatibilité des différentes espèces botaniques entre elles ont eu une influence déterminante sur le travail des obtenteurs. » Même si c’est court, c’est clair et cela résume bien toute l’œuvre de Marc Simonet.
Quand il était enfant, il se rendait en vacances à Verrières le Buisson. C’est là qu’il a acquis son intérêt pour les iris en visitant les jardins de la maison Vilmorin obtenteur d’iris, (‘Ambassadeur’, ‘Eldorado’, ‘Parisiana’ –photo -…) A l’occasion de ses études à l’Ecole Nationale Supérieure d’Horticulture de Versailles, il a obtenu une bourse pour l’institut Pasteur. Il prend goût à la génétique et aux chromosomes et fait de nombreux croisements, principalement sur les céréales et le lin. Ingénieur horticole et chercheur, il commence comme chef du laboratoire des recherches génétiques et phytosanitaires chez Vilmorin-Andrieux. De 1923 à 1931, Il a accès au jardin d’iris, et entreprend des études sur le décompte des chromosomes.
C’est essentiellement en ce domaine que le monde des iris lui est redevable. Il a publié plusieurs communications sur le sujet dès la fin de l’année 1928. La première est parue sous le titre : « Le nombre de chromosomes dans le Genre Iris ». La suivante a porté plus précisément sur « Le nombre de chromosomes chez les iris des Jardins », puis, quelques semaines plus tard, un approfondissement de la communication précédente a été publié : « Nouvelles recherches sur le nombre des chromosomes chez les hybrides des Iris des Jardins ».
Ce décompte des chromosomes a fait apparaître, sans entrer dans le détail, l’existence de deux types d’iris, ceux, diploïdes, ayant 2n=24 chromosomes, et les autres issus d’espèces du Moyen Orient, qui en comptent 2n=48. Cette découverte est exprimée par son auteur de la façon suivante, qui nous paraît un peu désuète aujourd’hui, avec un recul de 80 ans : « Chez les Iris des Jardins (I, germanica Hort.), signalons que nous avons découvert de la tétraploïdie dans les espèces orientales, â grandes fleurs, introduites tout au début du xx` siècle. Celles-ci, en se croisant entre elles ou avec des types anciens ont donné naissance, à un certain nombre d'hybrides triploïdes (Ballerine) (photo), tétraploïdes (Ambassadeur) et pentaploïdes (Magnifica) ; avec parfois perte d'un chromosome ou, encore, présence de un ou deux chromosomes surnuméraires. (Ambassadeur possède, en effet, 2n=5o au lieu de zn=48 et Magnifica 2n=62, au lieu de 2n=6o). La présence de 2 chromosomes surnuméraires a été aussi signalée par Longley, chez Iris Jacquesiana (photo). L'existence, de tels hybrides est, comme nous y disions, très important chez les Iris où le nombre de chromosomes est en rapport direct avec le gigantisme floral de la plante. La variété Magnifica est, en effet, la forme horticole ayant les plus grandes fleurs.
Dans une précédente note, nous avions déjà suggéré, que, l'étude cytologique chez les Iris pourrait être un instrument de sélection. Ainsi, en étudiant les jeunes semis non encore fleuris (l'Iris demande 3 ans pour fleurir), on pourrait très facilement éliminer, dans la recherche des variétés à grandes fleurs, les espèces qui ne sont pas au moins triploïdes ».
Nous savons aujourd’hui que les formes triploïdes ou pentaploïdes sont stériles et par conséquent sans grand intérêt pour les hybrideurs. Avant les travaux de Marc Simonet, les hybrideurs ignoraient pourquoi certains croisements ne donnaient rien, et pourquoi certains iris avaient de grosses fleurs alors que d’autres n’en avaient que des petites. Grâce à Simonet, la connaissance a fait un progrès considérable et l’hybridation en a profité. Tous les grands iris actuels, ceux que Simonet appelle les Iris des Jardins et qu’en notre jargon américanisé nous nommons TB, sont tétraploïdes.
En 1936, il devient directeur du Centre de Recherche Agronomique de Provence, à Antibes, ce, jusqu’en 1942. Il retourne chez Vilmorin et étudie le passage à la polyploïdie grâce à la colchicine. Car il avait compris que c’était les grands iris tétraploïdes qui présentaient le plus d’intérêt, et il s’est attelé à rechercher un moyen de faire passer les iris de la diploïdie à la tétraploïdie. La technique qu’il a préconisée a pris par la suite une grande ampleur dans les travaux de spécialistes comme Currier McEwen, aux Etats-Unis, ou Tomas Tamberg, en Allemagne.
A partir de 1948, il travaille à Versailles (INRA). Pour affiner ses études et contrôler sur le terrain la pertinence de ses observations, Marc Simonet s’est lancé dans le croisement d’espèces différentes d’iris. Ces croisements interspécifiques ont abouti à la création d’une collection irremplaçable de cultivars très divers, qui, à la mort de leur créateur en 1965, a été récupérée par le Muséum National d’Histoire Naturelle, puis, déplacée plusieurs fois, se trouve maintenant aux Jardins de Brocéliande, conservatoire national de l’iris, ainsi qu’au Parc Floral de Vincennes. Même si au cours de ses déménagements la collection a été un peu chamboulée, elle reste un outil indispensable pour tout chercheur dans le domaine de l’iris.
Alors, pour une fois, un hommage à Marc Simonet, n’est que lui rendre enfin justice.
(1) caryotype = arrangement caractéristique des chromosomes d’une cellule, spécifique d’un individu ou d’une espèce. (le petit Robert 2007)
8.11.07

AUS ITALIEN
D’Italie
C’est en écoutant « Aus Italien », l’œuvre de jeunesse, brillante et descriptive, du compositeur allemand Richard Strauss, que m’est venue l’idée de faire le point sur l’évolution du monde des iris en Italie des années 60 à aujourd’hui.
« Aus Italien » évoque pourtant plutôt l’Italie du Sud, puisque trois des quatre tableaux concernent la région de Naples (la Campanie, la plage de Sorrente, une scène napolitaine), alors que les iris se cantonnent essentiellement plus au nord, en Piémont et en Toscane.
Peut-être s’est-on aperçu qu’il y avait des grands iris barbus en Italie quand, en 1973, ‘Rosso Fiorentino’ (Flaminia Specht NR) a remporté le Florin d’or au concours de Florence. Pourtant, les iris, l’Italie s’en est fait une spécialité bien avant que l’on ne songe à pratiquer l’hybridation artificielle. Ils apparaissent déjà dans les peintures italiennes du 15eme siècle. C’est ainsi qu’un I. pallida figure dans « Le Printemps » de Botticelli (1478). De même I. germanica est présent dans « L’Adoration des Bergers » de Ghirlandajo (1480). Enfin dans « L’Adoration » de Filippo Lippi l’un des deux iris représentés serait I. lutescens. Quant à l’iris qui figure sur les armes de la ville de Florence, c’est sans doute l’iris à parfum ou I. florentina.
Plus près de nous, une dame romaine, Gina Sgaravitti, a proposé quelques obtentions originales, et je cultive avec affection et respect celle qu’elle a baptisée ‘Beghina’, un iris franchement gris (photo) qui date des années 60. Nous étions déjà dans l’ère des grands iris tétraploïdes. Les obtenteurs français, anglais et américains tenaient alors le haut du pavé et laissaient loin derrière eux les iris des amateurs italiens ! Autant dire que ceux-ci étaient franchement inconnus ! Ils se sont enhardis lorsque a été créé le « Concorso Firenze » et dès l’année 63, ils s’y sont distingués puisque ‘Il Cigno’ (N. Stross) a obtenu le second prix. Dans le même temps, sans doute également encouragé par l’existence du concours, le commerce des iris a commencé à se développer et la pépinière Degl’ Innocenti s’est peu à peu constitué un catalogue intéressant, où à côté des variétés américaines ou anglaises de l’époque, elle a placé quelques obtentions de son crû. Mais, humilité ou négligence, aucun de ces iris n’a été officiellement enregistré, comme si ces variétés autochtones n’étaient pas en mesure de rivaliser avec leurs homologues américaines.
Cette situation s’est maintenue longtemps. Jusqu’au jour où, timidement, Augusto Bianco se décide à enregistrer ses premières variétés. C’est en 1994 ! Sa compatriote Valeria Romoli lui emboîte le pas en 96 avec deux iris : ‘Buongiorno Aprile’ (photo) et ‘Verde Luna’. Augusto Bianco ouvre à son tour sa pépinière et commence à vendre ses obtentions. Son catalogue s’étoffe d’année en année. Il contient des variétés américaines, anglaises, françaises et australiennes à côté des produits maison dont la renommée dépasse bientôt les frontières de l’Italie. La mondialisation est en route, et les iris Bianco se font remarquer un peu partout. En 1998 l’IB ‘Mezza Cartuccia’ obtient la première place au « Dr Loomis Memorial Trial ». L’année suivante, c’est ‘Settimo Cielo’ (V. Romoli 99) qui apporte à l’Italie son second Florin d’or.
Maintenant A. Bianco enregistre chaque année de nombreuses variétés et quelques autres obtenteurs, amateurs éclairés, n’hésitent plus à faire de même. Ils s’appellent Stefano Gigli, Luigi Mostosi, A. Affortunatti, Roberto Marucchi, Mauro Bertuzzi … Ce dernier est même couvert de laurier quand son ‘Recondita Armonia’ décroche le Florin d’Or en 2006.
Désormais, à l’instar de ce qui se passe en Allemagne, mais surtout en République Tchèque ou en Slovaquie, des obtenteurs européens luttent à armes égales avec les plus grands. Ils n’hésitent plus à se mesurer à eux dans les compétitions internationales, comme ce fut le cas lors de FRANCIRIS ® 2007, où une variété italienne ‘Arcobaleno (Mostosi 2003) (photo) a été déclaré « variété la plus parfumée ». On a même l’impression que l’iridophilie italienne est devenue l’une des plus dynamiques du monde. En tous cas elle en supplante plusieurs, comme celle de Grande Bretagne, manifestement en retrait depuis quelques années.
La joyeuse musique italianisante de Richard Strauss peut bien parrainer la mélodie que nous chantent les iris d’Italie.
D’Italie
C’est en écoutant « Aus Italien », l’œuvre de jeunesse, brillante et descriptive, du compositeur allemand Richard Strauss, que m’est venue l’idée de faire le point sur l’évolution du monde des iris en Italie des années 60 à aujourd’hui.
« Aus Italien » évoque pourtant plutôt l’Italie du Sud, puisque trois des quatre tableaux concernent la région de Naples (la Campanie, la plage de Sorrente, une scène napolitaine), alors que les iris se cantonnent essentiellement plus au nord, en Piémont et en Toscane.
Peut-être s’est-on aperçu qu’il y avait des grands iris barbus en Italie quand, en 1973, ‘Rosso Fiorentino’ (Flaminia Specht NR) a remporté le Florin d’or au concours de Florence. Pourtant, les iris, l’Italie s’en est fait une spécialité bien avant que l’on ne songe à pratiquer l’hybridation artificielle. Ils apparaissent déjà dans les peintures italiennes du 15eme siècle. C’est ainsi qu’un I. pallida figure dans « Le Printemps » de Botticelli (1478). De même I. germanica est présent dans « L’Adoration des Bergers » de Ghirlandajo (1480). Enfin dans « L’Adoration » de Filippo Lippi l’un des deux iris représentés serait I. lutescens. Quant à l’iris qui figure sur les armes de la ville de Florence, c’est sans doute l’iris à parfum ou I. florentina.
Plus près de nous, une dame romaine, Gina Sgaravitti, a proposé quelques obtentions originales, et je cultive avec affection et respect celle qu’elle a baptisée ‘Beghina’, un iris franchement gris (photo) qui date des années 60. Nous étions déjà dans l’ère des grands iris tétraploïdes. Les obtenteurs français, anglais et américains tenaient alors le haut du pavé et laissaient loin derrière eux les iris des amateurs italiens ! Autant dire que ceux-ci étaient franchement inconnus ! Ils se sont enhardis lorsque a été créé le « Concorso Firenze » et dès l’année 63, ils s’y sont distingués puisque ‘Il Cigno’ (N. Stross) a obtenu le second prix. Dans le même temps, sans doute également encouragé par l’existence du concours, le commerce des iris a commencé à se développer et la pépinière Degl’ Innocenti s’est peu à peu constitué un catalogue intéressant, où à côté des variétés américaines ou anglaises de l’époque, elle a placé quelques obtentions de son crû. Mais, humilité ou négligence, aucun de ces iris n’a été officiellement enregistré, comme si ces variétés autochtones n’étaient pas en mesure de rivaliser avec leurs homologues américaines.
Cette situation s’est maintenue longtemps. Jusqu’au jour où, timidement, Augusto Bianco se décide à enregistrer ses premières variétés. C’est en 1994 ! Sa compatriote Valeria Romoli lui emboîte le pas en 96 avec deux iris : ‘Buongiorno Aprile’ (photo) et ‘Verde Luna’. Augusto Bianco ouvre à son tour sa pépinière et commence à vendre ses obtentions. Son catalogue s’étoffe d’année en année. Il contient des variétés américaines, anglaises, françaises et australiennes à côté des produits maison dont la renommée dépasse bientôt les frontières de l’Italie. La mondialisation est en route, et les iris Bianco se font remarquer un peu partout. En 1998 l’IB ‘Mezza Cartuccia’ obtient la première place au « Dr Loomis Memorial Trial ». L’année suivante, c’est ‘Settimo Cielo’ (V. Romoli 99) qui apporte à l’Italie son second Florin d’or.
Maintenant A. Bianco enregistre chaque année de nombreuses variétés et quelques autres obtenteurs, amateurs éclairés, n’hésitent plus à faire de même. Ils s’appellent Stefano Gigli, Luigi Mostosi, A. Affortunatti, Roberto Marucchi, Mauro Bertuzzi … Ce dernier est même couvert de laurier quand son ‘Recondita Armonia’ décroche le Florin d’Or en 2006.
Désormais, à l’instar de ce qui se passe en Allemagne, mais surtout en République Tchèque ou en Slovaquie, des obtenteurs européens luttent à armes égales avec les plus grands. Ils n’hésitent plus à se mesurer à eux dans les compétitions internationales, comme ce fut le cas lors de FRANCIRIS ® 2007, où une variété italienne ‘Arcobaleno (Mostosi 2003) (photo) a été déclaré « variété la plus parfumée ». On a même l’impression que l’iridophilie italienne est devenue l’une des plus dynamiques du monde. En tous cas elle en supplante plusieurs, comme celle de Grande Bretagne, manifestement en retrait depuis quelques années.
La joyeuse musique italianisante de Richard Strauss peut bien parrainer la mélodie que nous chantent les iris d’Italie.



LES CONCOURS D’IRIS EN 2007
Les résultats des différents concours et critériums de 2007 sont maintenant connus. Il est donc possible d’en présenter un tableau.
1) Etats-Unis
DYKES MEDAL US :
· ‘Queen’s Circle’ (Kerr 99)
· ‘Starwoman’ (M. Smith 97) - IB
· ‘Golden Panther’ (Tasco 2000)
WISTER MEDAL (meilleur TB) :
· ‘Starring’ (Ghio 99)
· ‘Ring Around Rosie’ (Ernst 2000)
· ‘Daugther of Star’ (Spoon 2000)
KNOWLTON MEDAL (BB)
‘Go for Bold’ (Black 2000), (photo)
SASS MEDAL (IB)
‘Delirium’ (M. Smith 99)
COOK-DOUGLAS MEDAL (SDB)
‘Music’ (Keith Keppel 98)
WALTHER CUP (meilleur espoir)
· ‘Florentine Silk’ (Keppel 2005)
PRESIDENT’S CUP (meilleure variété originaire de la Région organisatrice de la Convention)
· ‘Barbara Jean’ (Mullin 2005)
FRANKLIN COOK MEDAL (meilleure variété de TB obtenue hors de la Région organisatrice de la Convention)
· ‘Florentine Silk’ (Keppel 2005)
HAGER CUP (meilleure variété autre que TB obtenue hors de la Région organisatrice de la Convention)
· ‘Dividing Line’ (Bunnell 2004) –MTB (photo)
2) France
FRANCIRIS ® 2007
· ‘Soloviniya Noc’ (Miroshnichenko NR)
· ‘Mamie Framboise’ (Fur/Laporte 2004)
· ‘Italian Ice (A.D. Cadd 2000)
CRITERIUM DE L’IRIS (ORLÉANS) – trois premières variétés classées –
· ‘Poésie’ (R. Cayeux 2002)
· ‘Rare Quality’ (Schreiner 99)
· ‘Mystérieux’ (R. Cayeux 2003)
3) Italie
PREMIO FIRENZE
· Florin d’or = ‘Aurélie’ (R. Cayeux 2002)
· ‘Sorisso d’Alice’ (Mostosi NR)
· ‘Red Masterpiece’ (Schreiner 2004)
4) Grande Bretagne
BRITISH DYKES MEDAL
· Non décernée
5) Allemagne
IRIS-BEWERTUNG MÜNCHEN
Compétition Nationale
· ‘Alrun’ (Beer 2007)
Compétition Internationale
· ‘Violet Ballerina’ (A.D. Cadd 2003)
6) Europe Centrale
Compétition réservées aux obtenteurs d’Europe Centrale :
· Semis GF-J-99-1 - Jerzy Wozniak (Pologne)
Compétition internationale :
· ‘Beyond Paradise’ (A.D.Cadd 2004)
Les résultats des différents concours et critériums de 2007 sont maintenant connus. Il est donc possible d’en présenter un tableau.
1) Etats-Unis
DYKES MEDAL US :
· ‘Queen’s Circle’ (Kerr 99)
· ‘Starwoman’ (M. Smith 97) - IB
· ‘Golden Panther’ (Tasco 2000)
WISTER MEDAL (meilleur TB) :
· ‘Starring’ (Ghio 99)
· ‘Ring Around Rosie’ (Ernst 2000)
· ‘Daugther of Star’ (Spoon 2000)
KNOWLTON MEDAL (BB)
‘Go for Bold’ (Black 2000), (photo)
SASS MEDAL (IB)
‘Delirium’ (M. Smith 99)
COOK-DOUGLAS MEDAL (SDB)
‘Music’ (Keith Keppel 98)
WALTHER CUP (meilleur espoir)
· ‘Florentine Silk’ (Keppel 2005)
PRESIDENT’S CUP (meilleure variété originaire de la Région organisatrice de la Convention)
· ‘Barbara Jean’ (Mullin 2005)
FRANKLIN COOK MEDAL (meilleure variété de TB obtenue hors de la Région organisatrice de la Convention)
· ‘Florentine Silk’ (Keppel 2005)
HAGER CUP (meilleure variété autre que TB obtenue hors de la Région organisatrice de la Convention)
· ‘Dividing Line’ (Bunnell 2004) –MTB (photo)
2) France
FRANCIRIS ® 2007
· ‘Soloviniya Noc’ (Miroshnichenko NR)
· ‘Mamie Framboise’ (Fur/Laporte 2004)
· ‘Italian Ice (A.D. Cadd 2000)
CRITERIUM DE L’IRIS (ORLÉANS) – trois premières variétés classées –
· ‘Poésie’ (R. Cayeux 2002)
· ‘Rare Quality’ (Schreiner 99)
· ‘Mystérieux’ (R. Cayeux 2003)
3) Italie
PREMIO FIRENZE
· Florin d’or = ‘Aurélie’ (R. Cayeux 2002)
· ‘Sorisso d’Alice’ (Mostosi NR)
· ‘Red Masterpiece’ (Schreiner 2004)
4) Grande Bretagne
BRITISH DYKES MEDAL
· Non décernée
5) Allemagne
IRIS-BEWERTUNG MÜNCHEN
Compétition Nationale
· ‘Alrun’ (Beer 2007)
Compétition Internationale
· ‘Violet Ballerina’ (A.D. Cadd 2003)
6) Europe Centrale
Compétition réservées aux obtenteurs d’Europe Centrale :
· Semis GF-J-99-1 - Jerzy Wozniak (Pologne)
Compétition internationale :
· ‘Beyond Paradise’ (A.D.Cadd 2004)
7) Russie
Compétition Internationale de Moscou
‘Stephan Zweig’ (Loktev 2002)
8) Australie
AUSTRALIAN DYKES MEDAL
· ‘Second Option’ (Grosvenor 99)
I.S.A. MEDAL
· ‘Daintree’ (Taylor J. 97) –LA (photo)
Compétition Internationale de Moscou
‘Stephan Zweig’ (Loktev 2002)
8) Australie
AUSTRALIAN DYKES MEDAL
· ‘Second Option’ (Grosvenor 99)
I.S.A. MEDAL
· ‘Daintree’ (Taylor J. 97) –LA (photo)
4.11.07
ECHOS DU MONDE DES IRIS
En Suisse
En mai prochain un voyage sera organisé par la SFIB pour aller en Suisse voir le jardin d’iris du Merian Park à Brüglingen, dans la banlieue de Bâle.
Il s’agit d’un jardin consacré aux variétés anciennes, qui contient plus de 1500 variétés. Il s’est constitué peu à peu à partir d’une donation faite en 1969 par la comtesse von Zeppelin. C’est devenu l’un des plus beaux et des plus importants jardins consacrés à ce thème, avec celui de Pruhonice, à Prague, en République Tchèque.
En Suisse
En mai prochain un voyage sera organisé par la SFIB pour aller en Suisse voir le jardin d’iris du Merian Park à Brüglingen, dans la banlieue de Bâle.
Il s’agit d’un jardin consacré aux variétés anciennes, qui contient plus de 1500 variétés. Il s’est constitué peu à peu à partir d’une donation faite en 1969 par la comtesse von Zeppelin. C’est devenu l’un des plus beaux et des plus importants jardins consacrés à ce thème, avec celui de Pruhonice, à Prague, en République Tchèque.
TECTONIQUE DES SÉPALES
Les progrès apportés aux iris ne se sont pas limités à l’enrichissement des couleurs des fleurs. Ils ont porté aussi sur l’amélioration de la tenue des pièces florales, afin de présenter des fleurs plus élégantes et de plus longue durée de vie.
Le progrès le plus fondamental a été la transformation des sépales, mais les pétales eux-mêmes ont évolué. A l’origine, ils étaient légers, gracieusement arqués au-dessus des pièces sexuelles. Mais leur légèreté ne leur laissait qu’une brève période de parfaite présentation. Dans la nature ce n’était pas gênant parce que la fécondation doit se produire peu de temps après l’éclosion de la fleur : que le vent ou la pluie écrase les pétales n’avait aucune conséquence. Au jardin d’agrément, en revanche, il est préférable que les fleurs durent le plus longtemps possible. Les hybrideurs ont donc travaillé au renforcement des pétales. En sélectionnant les fleurs avec des pétales de plus en plus épais, et en retenant celles qui pouvaient se tenir bien rigides, soit en raison de la robustesse des côtes, soit à cause d’une forme turbinée, très solide. Mais en revanche la forme en arche a fait place peu à peu à une forme en coupe, donc ouverte sur le dessus, ou à une présentation en tulipe en bouton, donc fermée. L’élégance, dans ces cas, provient des ondulations et/ou des frisottis animant les bords.
En ce qui concerne les sépales, l’évolution a été encore plus remarquable. Le gros défaut des sépales d’iris, c’est qu’ils ont, d’origine, des attaches très minces. Cela n’est pas une anomalie : les sépales devaient initialement s’ouvrir largement et se rabattre pour laisser les insectes accéder facilement aux pièces sexuelles. En fait ils ressemblaient un peu aux feuilles de mâche, avec, en partant de la zone d’attache des pièces florales au-dessus des ovaires, une « queue » mince et étroite, s’étalant en une forme obovale, atténuée à la base, obtuse à l’extrémité. Par le jeu des sélections, les obtenteurs sont parvenus à obtenir des sépales cordiformes, donc s’élargissant très vite. Ceci est vrai pour les grands iris (TB, BB, IB), pas encore pur les iris nains, mais la problématique de ceux-ci n’est pas la même.
Parallèlement, comme pour les pétales, la matière, la chair, des sépales s’est épaissie, prenant une texture voisine de celle des pétales de magnolia. Peu à peu les sépales ont eu une meilleure tenue : au lieu de pendre tristement, ils se sont redressés, prenant à leur tour une allure en arc. Mais la transformation ne s’est pas arrêtée là. Le but à atteindre était des sépales se tenant le plus près possible de l’horizontale.
Un autre moyen de maintenir les sépales dans cette position a donc été de sélectionner les plantes dont ces parties se développaient rapidement en largeur, prenant cette forme cordée dont il a été question ci-dessus. Les Américains parlent de sépales « overlapping » (voir photos), c’est à dire qui ne laissent aucun espace entre eux et, même, viennent à se chevaucher, un peu comme les plaques tectoniques de la croûte terrestre. La fleur y gagne en ampleur ce qu’elle perd en accessibilité reproductrice : chez de nombreuses variétés modernes le chevauchement des sépales dissimule partiellement ou totalement les étamines et les styles. Dans un hybride, cela n’a pas d’importance puisque la pollinisation est exclusivement assurée par l’homme.
En plus, l’apparition des ondulations sur les fleurs d’iris a permis une meilleure tenue des sépales. C’est le principe de la tôle ondulée, où la rigidité est atteinte par le mouvement donné au métal : il est évident que les variétés ondulées ont des sépales plus rigides et plus dressés que les variétés plates (« tailored » comme on dit en américain).
Ainsi, de sépales mous et prenant vite une position rabattue, on est parvenu en 70 ans environ, à des sépales presque horizontaux, ondulés voire crêpés, qui maintiennent la fleur élégante et fraîche pendant plusieurs jours, permettant de voir ouvertes sur une même tige plusieurs fleurs étagées, un peu comme on a coutume de voir chez les glaïeuls ou les cannas. C’est évidemment plus spectaculaire.
Cela veut-il dire que les fleurs d’iris ont atteint une perfection sans possibilité d’amélioration ? Il faut répondre par la négative. Les fleurs d’iris vont continuer d’évoluer, pas nécessairement pour transformer fondamentalement les fleurs que l’on apprécie aujourd’hui, mais pour apporter d’autres formes. C’est d’ailleurs ce qu’imagine Richard Cayeux pour l’iris du futur lorsqu’il évoque, dans son livre « L’iris, une fleur royale », les iris barbus du troisième millénaire : « On peut donc dès aujourd’hui imaginer de nouveaux modèles de fleurs d’iris : des iris « spiders » (à divisions très longues et très fines…), des iris aux divisions bordées de cils… » ainsi que des fleurs à l’aspect de I. paradoxa, c’est à dire avec des sépales « très petits, horizontaux, portant une forte barbe noire et des pétales violets et chatoyants nettement plus grands ». Il a oublié de parler de la situation inverse : des iris sans pétales, c’est à dire avec une forme plate, un peu comme celle des iris du Japon, où les six pièces florales sont des sépales ou pseudo-sépales, se recouvrant largement. Les mouvements de ces sépales étalés n’auront pas les mêmes conséquences que ceux des plaques tectoniques terrestres, mais si ces formes venaient à se développer largement, ce serait tout de même, dans le petit monde des iris, une sorte de séisme.
Les progrès apportés aux iris ne se sont pas limités à l’enrichissement des couleurs des fleurs. Ils ont porté aussi sur l’amélioration de la tenue des pièces florales, afin de présenter des fleurs plus élégantes et de plus longue durée de vie.
Le progrès le plus fondamental a été la transformation des sépales, mais les pétales eux-mêmes ont évolué. A l’origine, ils étaient légers, gracieusement arqués au-dessus des pièces sexuelles. Mais leur légèreté ne leur laissait qu’une brève période de parfaite présentation. Dans la nature ce n’était pas gênant parce que la fécondation doit se produire peu de temps après l’éclosion de la fleur : que le vent ou la pluie écrase les pétales n’avait aucune conséquence. Au jardin d’agrément, en revanche, il est préférable que les fleurs durent le plus longtemps possible. Les hybrideurs ont donc travaillé au renforcement des pétales. En sélectionnant les fleurs avec des pétales de plus en plus épais, et en retenant celles qui pouvaient se tenir bien rigides, soit en raison de la robustesse des côtes, soit à cause d’une forme turbinée, très solide. Mais en revanche la forme en arche a fait place peu à peu à une forme en coupe, donc ouverte sur le dessus, ou à une présentation en tulipe en bouton, donc fermée. L’élégance, dans ces cas, provient des ondulations et/ou des frisottis animant les bords.
En ce qui concerne les sépales, l’évolution a été encore plus remarquable. Le gros défaut des sépales d’iris, c’est qu’ils ont, d’origine, des attaches très minces. Cela n’est pas une anomalie : les sépales devaient initialement s’ouvrir largement et se rabattre pour laisser les insectes accéder facilement aux pièces sexuelles. En fait ils ressemblaient un peu aux feuilles de mâche, avec, en partant de la zone d’attache des pièces florales au-dessus des ovaires, une « queue » mince et étroite, s’étalant en une forme obovale, atténuée à la base, obtuse à l’extrémité. Par le jeu des sélections, les obtenteurs sont parvenus à obtenir des sépales cordiformes, donc s’élargissant très vite. Ceci est vrai pour les grands iris (TB, BB, IB), pas encore pur les iris nains, mais la problématique de ceux-ci n’est pas la même.
Parallèlement, comme pour les pétales, la matière, la chair, des sépales s’est épaissie, prenant une texture voisine de celle des pétales de magnolia. Peu à peu les sépales ont eu une meilleure tenue : au lieu de pendre tristement, ils se sont redressés, prenant à leur tour une allure en arc. Mais la transformation ne s’est pas arrêtée là. Le but à atteindre était des sépales se tenant le plus près possible de l’horizontale.
Un autre moyen de maintenir les sépales dans cette position a donc été de sélectionner les plantes dont ces parties se développaient rapidement en largeur, prenant cette forme cordée dont il a été question ci-dessus. Les Américains parlent de sépales « overlapping » (voir photos), c’est à dire qui ne laissent aucun espace entre eux et, même, viennent à se chevaucher, un peu comme les plaques tectoniques de la croûte terrestre. La fleur y gagne en ampleur ce qu’elle perd en accessibilité reproductrice : chez de nombreuses variétés modernes le chevauchement des sépales dissimule partiellement ou totalement les étamines et les styles. Dans un hybride, cela n’a pas d’importance puisque la pollinisation est exclusivement assurée par l’homme.
En plus, l’apparition des ondulations sur les fleurs d’iris a permis une meilleure tenue des sépales. C’est le principe de la tôle ondulée, où la rigidité est atteinte par le mouvement donné au métal : il est évident que les variétés ondulées ont des sépales plus rigides et plus dressés que les variétés plates (« tailored » comme on dit en américain).
Ainsi, de sépales mous et prenant vite une position rabattue, on est parvenu en 70 ans environ, à des sépales presque horizontaux, ondulés voire crêpés, qui maintiennent la fleur élégante et fraîche pendant plusieurs jours, permettant de voir ouvertes sur une même tige plusieurs fleurs étagées, un peu comme on a coutume de voir chez les glaïeuls ou les cannas. C’est évidemment plus spectaculaire.
Cela veut-il dire que les fleurs d’iris ont atteint une perfection sans possibilité d’amélioration ? Il faut répondre par la négative. Les fleurs d’iris vont continuer d’évoluer, pas nécessairement pour transformer fondamentalement les fleurs que l’on apprécie aujourd’hui, mais pour apporter d’autres formes. C’est d’ailleurs ce qu’imagine Richard Cayeux pour l’iris du futur lorsqu’il évoque, dans son livre « L’iris, une fleur royale », les iris barbus du troisième millénaire : « On peut donc dès aujourd’hui imaginer de nouveaux modèles de fleurs d’iris : des iris « spiders » (à divisions très longues et très fines…), des iris aux divisions bordées de cils… » ainsi que des fleurs à l’aspect de I. paradoxa, c’est à dire avec des sépales « très petits, horizontaux, portant une forte barbe noire et des pétales violets et chatoyants nettement plus grands ». Il a oublié de parler de la situation inverse : des iris sans pétales, c’est à dire avec une forme plate, un peu comme celle des iris du Japon, où les six pièces florales sont des sépales ou pseudo-sépales, se recouvrant largement. Les mouvements de ces sépales étalés n’auront pas les mêmes conséquences que ceux des plaques tectoniques terrestres, mais si ces formes venaient à se développer largement, ce serait tout de même, dans le petit monde des iris, une sorte de séisme.
27.10.07



LA PANOPLIE DU PARFAIT AMATEUR D’IRIS
L’offre 2007 de Barry Blyth
Le site Internet de la pépinière Tempo Two, qui fut celle de Barry Blyth avant qu’il ne la rétrocède à ses enfants, est assez spartiate. Il se contente de présenter les dernières obtentions de son fondateur. Les photos sont belles, aguichantes, et il y en a pour tous les goûts.
Au premier coup d’œil on est séduit par la fraîcheur des coloris, l’aspect très moderne des fleurs. C’est d’ailleurs la seule chose que l’on soit en mesure d’apprécier lorsqu’on est en face de photos d’iris. On est aussi impressionné par le grand nombre de nouveautés : quarante et un iris à admirer !
Et puis on se dit que quarante et un iris d’un coup, c’est peut-être beaucoup. L’hybrideur s’est-il montré assez rigoureux dans sa sélection ? Quand une entreprise aussi puissante que la Firme Schreiner se contente d’offrir une douzaine de plantes, comment une affaire beaucoup plus modeste peut-elle avancer un tel choix ? La meilleure façon de s’en assurer est de regarder attentivement ce qui nous est proposé.
J’ai donc rassemblé les quarante et une photos dans un fichier et, à coup de copier-coller, je les ai classé de telle sorte que les coloris voisins se trouvent les uns à côté des autres et que l’on passe harmonieusement de l’un à l’autre dans un genre d’enchaîné-fondu qui rappelle les soirées diapos de ma jeunesse. En plein écran, cela fait beaucoup d’effet. Ensuite j’ai examiné chaque nouvelle fleur dans la suite ainsi réalisée pour la placer dans le contexte des iris d’aujourd’hui.
J’ai débuté cet examen par les variegatas. Ils sont deux, les purs, ceux qui allient le jaune de leurs pétales à un rouge bordeaux des sépales : ‘Dad’s a Pirate’ et ‘Stop the Traffic’. Le premier est d’un classicisme absolu, son seul signe distinctif est une griffure de blanc sous les barbes moutarde. Le second, avec son large liseré jaune sur les sépales, rappelle ‘Flamenco Whirl’ (Hamner 88). A côté de ces deux classiques figure un dénommé ‘Rogue Trader’. Pétales champagne infus de blanc, sépales où la partie centrale, du brun-rouge de l’ancien ‘Repartee’ (Smith C. 68) s’entoure d’une large auréole de la couleur des pétales, tandis qu’autour des barbes le fond blanc réapparaît entre les veines sombres. Quelque chose qui fait penser à la série de Rick Ernst entamée avec ‘Ring Around Rosie’ et déclinée, depuis, en un grand nombre de cultivars. Avec ‘Temple Spirit’ celui qui a quelques souvenirs des iris présents sur le marché, se dit : « Tiens, un nouveau ‘Tracy Tyrene’ ! » En moins contrasté.
A partir de ‘Just Crazy’, on aborde une série de trois variétés tirant sur le brun clair ou café au lait. D’ailleurs l’une s’appelle ‘Coffee Shop’, et l’autre, plus marquée de mauve, ‘Magic by Gosh’ (peut-on traduire ce nom par « Bon sang, mais c’est magique ! », c’est à peu près ça). ‘Just Crazy’ rappelle tout à fait un autre iris de Blyth, ‘Mind’s Eye’, qui figurait en couverture du catalogue de 94/95.
Les deux offres suivantes m’ont immédiatement fait penser à une obtention de Keith Keppel, ‘Mysterious Ways’ (2004), à moins que ce ne soit ‘Secret Rites’ (2005), tous les deux dans les tons de jaune clair avec le cœur de pétales infus de mauve. Les deux nouveautés se nomment ‘Broome Sunset’ et ‘Tempesto’ (photo). On passe ensuite à un coloris pèche plus ou moins marqué de mauve ou de rose indien. Ce sont : ‘Pleasure State’, le plus vif de ton, ‘Pretty Swish’, un ‘Waiting for George’ (Blyth 97) en moins contrasté, et ‘Champagne and Srawberries’ dont le nom est aussi la description.
Où placer ‘Air of Mystery’, avec ses pétales chamois clair fortement imprégnés de violet, et ses sépales vivement colorés d’indigo ou bleu outremer ? C’est un bicolore agréable à voir, surtout à cause des barbes rouge minium : un bleu-blanc-rouge à l’australienne ? Deux autres bicolores viennent s’ajouter : ‘Glamazon’, abricot/magenta, et ‘Pretty Witch’, le même en plus foncé. ‘Copper Clouds’ est d’une autre sorte de bicolore : les deux couleurs se succèdent sur les pièces florales abricot vers les bords et améthyste vers le centre, dans une fleur fortement ondulée. ‘Thundery’ est la version sombre du précédent, en prime, une ressemblance évidente avec les derniers Ghio dans ce coloris, comme ‘Star Quality’ (97). ‘Rare than Rubies’, en deux tons de rouge amarante, avec barbes jaunes, est aussi dans les lignes des rouges de Ghio.
‘Eye for Style’ est un joli iris bruyère, aux barbes rouges, avec des pétales dressés et un peu ouverts comme les aime Barry Blyth. ‘Chocolate and Silk’ (photo) et ‘Painted Flutes’ ont un aspect très différent, avec des pétales en tulipe et des sépales très larges à la base, pour une tenue presque horizontale. Le premier est indigo avec des barbes aubergine, le second est marbré façon ‘Honky Tonk Blues’, mais en violet sur fond pourpre. Avec ‘Glad Over All’ on revient à l’apparence de ‘Eye for Style’, typiquement Blyth, pour un neglecta bleu-violet, aux sépales liserés de clair. Avec ses veines et sa flamme gris isabelle, qui est la couleur des pétales, ‘Oxford Countess’ est une variété pourprée et largement ondulée, l’une des plus originales de la collection. Quant à ‘Ballerina Queen’, elle aussi typiquement Blyth, c’est un bicolore rose/ bleu très classique.
‘Mandarin Music’ est sans doute à ranger dans le type variegata. Les pétales sont jaune champagne, les sépales mêlent le bordeaux et le violet, autour d’une flamme claire. ‘Sweet Seduction’ aborde la série des amoenas, importante dans cette livraison. Pétales blancs imprégnées de rose, sépales amarante largement bordés de blanc rosé. ‘Truly Wicked’ arbore à peu près les mêmes couleurs, mais en luminata, c’est à dire avec des mèches blanches (d’où le nom) dans le grenat des sépales. ‘I’m Dreaming’ revient sur un coloris cher à Blyth, blanc/orchidée, avec une vive barbe minium. Même principe pour ‘Tango Amigo’ qui rappelle franchement le ‘Crazy for You’ de 98 et quelques autres du même tonneau. Les sépales beiges, veinés de brun, se marient aux pétales blancs. Autre déclinaison de l’alliance du blanc et d’un beige ou café au lait, ‘Ginger Ice’, est plus orangé, donc plus contrasté, ce qui lui donne son caractère. On continue avec ‘Cyber Girl’ qui revient sur le modèle de ‘Yes’ (96).
Le blanc de service est ‘Sugar Bomb’. Il a la particularité d’être un blanc crémeux aux revers et au cœur franchement teintés de jaune tilleul.
On attaque ensuite la série des amoenas bleus. Commençons par ‘Mist Arising’, qui présente des pétales bleutés, ourlés de jaune et infus du bleu glycine des sépales, lesquels sont fortement teintés de jaune aux épaules. ‘Stars Turn Out’ revient aux pétales turbinés, très dressés. Ceux-ci sont blancs, teintés de violine sur les côtes, ce qui est la couleur des sépales qui, en outre, portent un fin liseré blanc. ‘Love Match’ est les plus tendre du paquet : pétales bien blancs, barbes blanches, sépales bleu ciel très clair. ‘Ice Confection’ est le premier des quatre amoenas inversés proposés cette année : pétales bleutés, plus sombres au cœur, sépales bien blancs. ‘Gorgeous Is’ accentue l’effet ‘Fogbound’ puisque les barbes sont orange vif, dans une fleur ouverte, où le blanc n’est pas franc, mais nettement teinté de bleu. ‘Lunch in Madrid’ est une version australienne de ‘Fogbound’ (Keppel 98), un peu plus accentué dans ses teintes, notamment le violet améthyste des pétales. ‘Never Been Kissed’, en revanche, reprend les couleurs de ‘Crowned Heads’ (Keppel 97 – DM 2004). Pour terminer, ‘Crystal Rhapsody’ (photo) est un délicieux bleu ciel, un peu turquoise, plus sombre au cœur, et orné de belles barbes mandarine : une réussite dans les tons pastels.
Cette énumération plutôt longue décrit une nouvelle offre qui, à elle seule, peut constituer l’amorce d’une collection d’iris, tant elle est variée. Mais en revanche, les réelles originalités sont absentes : Blyth se répète, fort bien, mais il n’improvise pas, cette année. On peut le regretter et se demander si parmi tant de nouveautés il n’y en a pas qui font doublon.
L’offre 2007 de Barry Blyth
Le site Internet de la pépinière Tempo Two, qui fut celle de Barry Blyth avant qu’il ne la rétrocède à ses enfants, est assez spartiate. Il se contente de présenter les dernières obtentions de son fondateur. Les photos sont belles, aguichantes, et il y en a pour tous les goûts.
Au premier coup d’œil on est séduit par la fraîcheur des coloris, l’aspect très moderne des fleurs. C’est d’ailleurs la seule chose que l’on soit en mesure d’apprécier lorsqu’on est en face de photos d’iris. On est aussi impressionné par le grand nombre de nouveautés : quarante et un iris à admirer !
Et puis on se dit que quarante et un iris d’un coup, c’est peut-être beaucoup. L’hybrideur s’est-il montré assez rigoureux dans sa sélection ? Quand une entreprise aussi puissante que la Firme Schreiner se contente d’offrir une douzaine de plantes, comment une affaire beaucoup plus modeste peut-elle avancer un tel choix ? La meilleure façon de s’en assurer est de regarder attentivement ce qui nous est proposé.
J’ai donc rassemblé les quarante et une photos dans un fichier et, à coup de copier-coller, je les ai classé de telle sorte que les coloris voisins se trouvent les uns à côté des autres et que l’on passe harmonieusement de l’un à l’autre dans un genre d’enchaîné-fondu qui rappelle les soirées diapos de ma jeunesse. En plein écran, cela fait beaucoup d’effet. Ensuite j’ai examiné chaque nouvelle fleur dans la suite ainsi réalisée pour la placer dans le contexte des iris d’aujourd’hui.
J’ai débuté cet examen par les variegatas. Ils sont deux, les purs, ceux qui allient le jaune de leurs pétales à un rouge bordeaux des sépales : ‘Dad’s a Pirate’ et ‘Stop the Traffic’. Le premier est d’un classicisme absolu, son seul signe distinctif est une griffure de blanc sous les barbes moutarde. Le second, avec son large liseré jaune sur les sépales, rappelle ‘Flamenco Whirl’ (Hamner 88). A côté de ces deux classiques figure un dénommé ‘Rogue Trader’. Pétales champagne infus de blanc, sépales où la partie centrale, du brun-rouge de l’ancien ‘Repartee’ (Smith C. 68) s’entoure d’une large auréole de la couleur des pétales, tandis qu’autour des barbes le fond blanc réapparaît entre les veines sombres. Quelque chose qui fait penser à la série de Rick Ernst entamée avec ‘Ring Around Rosie’ et déclinée, depuis, en un grand nombre de cultivars. Avec ‘Temple Spirit’ celui qui a quelques souvenirs des iris présents sur le marché, se dit : « Tiens, un nouveau ‘Tracy Tyrene’ ! » En moins contrasté.
A partir de ‘Just Crazy’, on aborde une série de trois variétés tirant sur le brun clair ou café au lait. D’ailleurs l’une s’appelle ‘Coffee Shop’, et l’autre, plus marquée de mauve, ‘Magic by Gosh’ (peut-on traduire ce nom par « Bon sang, mais c’est magique ! », c’est à peu près ça). ‘Just Crazy’ rappelle tout à fait un autre iris de Blyth, ‘Mind’s Eye’, qui figurait en couverture du catalogue de 94/95.
Les deux offres suivantes m’ont immédiatement fait penser à une obtention de Keith Keppel, ‘Mysterious Ways’ (2004), à moins que ce ne soit ‘Secret Rites’ (2005), tous les deux dans les tons de jaune clair avec le cœur de pétales infus de mauve. Les deux nouveautés se nomment ‘Broome Sunset’ et ‘Tempesto’ (photo). On passe ensuite à un coloris pèche plus ou moins marqué de mauve ou de rose indien. Ce sont : ‘Pleasure State’, le plus vif de ton, ‘Pretty Swish’, un ‘Waiting for George’ (Blyth 97) en moins contrasté, et ‘Champagne and Srawberries’ dont le nom est aussi la description.
Où placer ‘Air of Mystery’, avec ses pétales chamois clair fortement imprégnés de violet, et ses sépales vivement colorés d’indigo ou bleu outremer ? C’est un bicolore agréable à voir, surtout à cause des barbes rouge minium : un bleu-blanc-rouge à l’australienne ? Deux autres bicolores viennent s’ajouter : ‘Glamazon’, abricot/magenta, et ‘Pretty Witch’, le même en plus foncé. ‘Copper Clouds’ est d’une autre sorte de bicolore : les deux couleurs se succèdent sur les pièces florales abricot vers les bords et améthyste vers le centre, dans une fleur fortement ondulée. ‘Thundery’ est la version sombre du précédent, en prime, une ressemblance évidente avec les derniers Ghio dans ce coloris, comme ‘Star Quality’ (97). ‘Rare than Rubies’, en deux tons de rouge amarante, avec barbes jaunes, est aussi dans les lignes des rouges de Ghio.
‘Eye for Style’ est un joli iris bruyère, aux barbes rouges, avec des pétales dressés et un peu ouverts comme les aime Barry Blyth. ‘Chocolate and Silk’ (photo) et ‘Painted Flutes’ ont un aspect très différent, avec des pétales en tulipe et des sépales très larges à la base, pour une tenue presque horizontale. Le premier est indigo avec des barbes aubergine, le second est marbré façon ‘Honky Tonk Blues’, mais en violet sur fond pourpre. Avec ‘Glad Over All’ on revient à l’apparence de ‘Eye for Style’, typiquement Blyth, pour un neglecta bleu-violet, aux sépales liserés de clair. Avec ses veines et sa flamme gris isabelle, qui est la couleur des pétales, ‘Oxford Countess’ est une variété pourprée et largement ondulée, l’une des plus originales de la collection. Quant à ‘Ballerina Queen’, elle aussi typiquement Blyth, c’est un bicolore rose/ bleu très classique.
‘Mandarin Music’ est sans doute à ranger dans le type variegata. Les pétales sont jaune champagne, les sépales mêlent le bordeaux et le violet, autour d’une flamme claire. ‘Sweet Seduction’ aborde la série des amoenas, importante dans cette livraison. Pétales blancs imprégnées de rose, sépales amarante largement bordés de blanc rosé. ‘Truly Wicked’ arbore à peu près les mêmes couleurs, mais en luminata, c’est à dire avec des mèches blanches (d’où le nom) dans le grenat des sépales. ‘I’m Dreaming’ revient sur un coloris cher à Blyth, blanc/orchidée, avec une vive barbe minium. Même principe pour ‘Tango Amigo’ qui rappelle franchement le ‘Crazy for You’ de 98 et quelques autres du même tonneau. Les sépales beiges, veinés de brun, se marient aux pétales blancs. Autre déclinaison de l’alliance du blanc et d’un beige ou café au lait, ‘Ginger Ice’, est plus orangé, donc plus contrasté, ce qui lui donne son caractère. On continue avec ‘Cyber Girl’ qui revient sur le modèle de ‘Yes’ (96).
Le blanc de service est ‘Sugar Bomb’. Il a la particularité d’être un blanc crémeux aux revers et au cœur franchement teintés de jaune tilleul.
On attaque ensuite la série des amoenas bleus. Commençons par ‘Mist Arising’, qui présente des pétales bleutés, ourlés de jaune et infus du bleu glycine des sépales, lesquels sont fortement teintés de jaune aux épaules. ‘Stars Turn Out’ revient aux pétales turbinés, très dressés. Ceux-ci sont blancs, teintés de violine sur les côtes, ce qui est la couleur des sépales qui, en outre, portent un fin liseré blanc. ‘Love Match’ est les plus tendre du paquet : pétales bien blancs, barbes blanches, sépales bleu ciel très clair. ‘Ice Confection’ est le premier des quatre amoenas inversés proposés cette année : pétales bleutés, plus sombres au cœur, sépales bien blancs. ‘Gorgeous Is’ accentue l’effet ‘Fogbound’ puisque les barbes sont orange vif, dans une fleur ouverte, où le blanc n’est pas franc, mais nettement teinté de bleu. ‘Lunch in Madrid’ est une version australienne de ‘Fogbound’ (Keppel 98), un peu plus accentué dans ses teintes, notamment le violet améthyste des pétales. ‘Never Been Kissed’, en revanche, reprend les couleurs de ‘Crowned Heads’ (Keppel 97 – DM 2004). Pour terminer, ‘Crystal Rhapsody’ (photo) est un délicieux bleu ciel, un peu turquoise, plus sombre au cœur, et orné de belles barbes mandarine : une réussite dans les tons pastels.
Cette énumération plutôt longue décrit une nouvelle offre qui, à elle seule, peut constituer l’amorce d’une collection d’iris, tant elle est variée. Mais en revanche, les réelles originalités sont absentes : Blyth se répète, fort bien, mais il n’improvise pas, cette année. On peut le regretter et se demander si parmi tant de nouveautés il n’y en a pas qui font doublon.
ECHOS DU MONDE DES IRIS
Concours FRANCIRIS ® 2011
La SFIB recherche des personnes de bonnes volonté pour participer à l’organisation de ce concours qui commencera dès le printemps 2008 par la réception des plantes en provenance de l’hémisphère sud. Que ceux qui veulent répondre à cet appel s’inscrivent ici, en mettant un commentaire ci-dessous.
Concours FRANCIRIS ® 2011
La SFIB recherche des personnes de bonnes volonté pour participer à l’organisation de ce concours qui commencera dès le printemps 2008 par la réception des plantes en provenance de l’hémisphère sud. Que ceux qui veulent répondre à cet appel s’inscrivent ici, en mettant un commentaire ci-dessous.
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