15.8.08


ECHOS DU MONDE DES IRIS

A chacun son « distalata »

C’est à croire que quand quelqu’un produit quelque chose de nouveau, ses pairs veulent absolument démontrer qu’ils sont capables d’en faire autant !

La photo ci-dessus, parue dans le dernier bulletin de l’AIS, en est une démonstration : Tom Burseen, un obtenteur qui donne souvent des noms qui nous paraissent ridicules à nous européens, a enregistré ce ‘Serious Sighs’ en 2007. Hommage ou imitation du travail de Keith Keppel et de Joë Ghio ?

8 commentaires:

Anonyme a dit…

Il se peut que ces nouveaux iris qui apparaissent sur le marché et qui ressemblent aux créations qui existent déjà ne soient forcément hommage ni imitation du travail de quelqu’un d’autre, mais simplement le résultat d’un croisement. Si on a la chance d’avoir une belle plante bien vigoureuse parmi ses semis, même si’il ressemble un peu aux plantes existantes, pourquoi ne pas le mettre sur le marché ? Surtout quand on pense à la fragilité de la plupart des plantes de Ghio sous des climats avec quatre vrais saisons ! Quand quelqu’un hybride et utilise ces variétés commercialisées en croisement, il y a toujours le « risque » qu’un des semis résultants ressemble à l’un des parents. Ce qui relève une autre question : est-ce qu’il faut toujours chercher l’originalité à tout prix ? Qu’est-ce qu’il faut comprendre quand à l’idée que les hybrideurs débutants feront mieux de s’attaquer à l’amélioration des couleurs ou combinaisons de couleurs déjà existantes ou d’améliorer le nombre de boutons, le branchement, résistance aux maladies et j’en passe. . . ! Est-ce qu’il y aura de la place encore sur le marché pour un nouvel iris noir ou blanc, par exemple ?

Sylvain a dit…

La discussion est ouverte. Améliorer ne veut pas dire faire exactement ce qui a déjà été fait. C'est ce que je reproche aux imitateurs, à ceux qui font la même chose qu'un autre, pour montrer qu'ils sont capables de le faire.
Améliorer, c'est apporter quelque chose de plus. Dans une partie ou une autre de la plante, avec, si possible un petit quelque chose qui distingue la nouvelle plante de celles qui l'ont précédée.

Anonyme a dit…

À mon avis, dire qu’un hybrideur fait « exactement » la même chose qu’un autre pour « montrer qu’ils sont capables de le faire. » semble fortement à un procès d’intention. Nous ne pouvons pas savoir exactement pourquoi Tom Burseen a commercialisé cet iris ; il a sans doute estimé que cette plante avait quelque chose qui manque aux autres de ce type de motif, peut-être qu’il pense que sa plante est plus résistante qu’Exposé. . . ce qui n’est pas si difficile à faire, je pense. J’ai examiné des photos de Quandary, Exposé et Serious Sighs ensemble sur l’écran de mon ordinateur et pour moi, ces trois iris sont suffisamment différents pour coexister. C’est le rêve de tout hybrideur de développer quelque chose d’originale---c’est normale---mais on fait avec ce que donne les semis. . . on les jette, on les garde pour faire des croisements, on les sort en concours ou bien on les met sur le marché. Regardez un peu tous les gens qui ont commercialisé des amoenas bleus inversés, la plupart avec le même défaut : la couleur de pétales qui perd de l’intensité vers les bords. Le progrès est très lent, les vraies nouveautés peu nombreuses et les mutations extrêmement rare. Mais un peu de pitié pour les horticulteurs professionnels qui doivent sortir les nouvelles plantes sur le marché chaque année, même s’elle a été pauvre en plantes prometteuses !

Sylvain a dit…

Admettons qu' "Anonyme" ait raison.

J'ai aussi écrit qu'il pouvait s'agir d'un hommage aux fameux ainés de Tom Burseen...

PS : Le climat du Texas est-il plus contraté que celui de la Californie ?

Anonyme a dit…

N’ayant jamais séjourné ni au Texas ni en Californie, j’ai consulté un ami qui connaît bien les climats où s’exercent ces deux hybrideurs. D’abord il faut comprendre que l’état de Californie est très long---si vous regardez une carte, vous verrez que l’état de Californie occupe plus que la moitié du côte ouest des Etats-Unis---donc les climats dans le nord de l’état sont différents de ceux dans le sud. Joe Ghio est installé à mi-chemin (Pacific Coastal California), un endroit avec un climat océanique. Par contre, Tom Burseen hybride au Texas et apparemment le climat là-bas est effectivement plus contrasté, beaucoup plus chaud et très sec. Mon ami est très étonné d’apprendre que quelqu’un pense que Serious Sighs peut-être une copie d’Exposé, car il dit qu’il parie que Tom Burseen n’avait jamais vu Exposé quand Serious Sighs a fleuri pour la première fois ! Je pense qu’il a vu un beau semis, l’a observé pendant un certain temps, l’a enregistré et voilà. À vérifier auprès de l’intéressé, si vous avez toujours des doutes. Quelques mots trouvés sur un site où T. Burseen parle de ce qu’il fait :

« Many hybridizers develop a line and inbreed to cultivate and embellish those lines . Often this can lead to weak plants . The Mad Scientist (Burseen) maintains the philosophy that different and unique plants are most readily achieved by maintaining a very diverse gene pool . Such diverse genetic makeup can also enable plants to withstand what ever Mother Nature may throw at them and that is a ever changing issue here on the prairies of Texas . It is always hot ! hot ! From May to September it is hot ! hot ! And winters usually see temperatures drop into the teens but whether it rains is again another story . It seems rainfall here in Texas is feast or famine . 2005 and 2006 saw totals that were 20 inches below normal . And 2007 saw rainfall 20 inches above normal . Hybridizing plants in Texas is often more of a endeavor in survival than an exercise in creation . As far as the daylilies are concerned let's just simplify things and just say the grand old prairie's of Texas are not Florida . Growing daylilies has been a real challenge ! Many of those gorgeous inbred , ornate $150-200 cultivars just cannot adjust and go to Daylily Heaven . All living things are what they are because of genetics and/or being products of thier enviroments . As dishearting as it is to witness many such plants perish whether they be expensive importations from across state lines or a first year seedling bred on site , the Mad Scientist looks at the survivors as being " TEXAS TOUGH " ».

Sylvain a dit…

Cher Anonyme,

Vous avez raison dans la mesure où les pedigrees des iris en question sont très différents. Ce qui tend à prouver qu'à un moment donné un même phénomène peut se produire à différents endroits et par des voies différentes.

Mon commentaire était sans doute malveillant, je le regrette.

Accessoirement, je trouve en revanche que vous avez tort quand vous écrivez :" un peu de pitié pour les horticulteurs professionnels qui doivent sortir les nouvelles plantes sur le marché chaque année même si elle a été pauvre en plantes prometteuses."

Est-ce que cela veut dire que l'on doit trouver sur le marché des plantes médiocres au prétexte que les horticulteurs n'ont rien d'autre à proposer ?

Sylvain a dit…

Complément d'information.

En relisant l'article "Aller crescendo" publié ici en nov. 2006, je constate que les pedigrees de 'Serious Sighs' reprend en fait beaucoup des éléments de la série des dislatatas de Joë Ghio.

J'ai écrit trop vite tout à l'heure : la coïncidence n'est plus tout à fait évidente. Tom Burseen n'a peut-être jamis vu les iris de Ghio et Keppel, mais il a utilisé les mêmes ingrédients que ces illsutres aînés. Pas étonnat donc qu'il ait obtenu quelque chose de ressemblant.

Anonyme a dit…

Quand j’ai parlé d’un peu de pitié pour les horticulteurs professionnels, je voulais dire tout bêtement que c’est un métier extrêmement difficile. Ils sont à la merci à la fois à la météo et à la loterie qu’est l’hybridation, sans parler du fait qu’ils ont tous une réputation à maintenir. Comme on dit dans le monde de la musique, vous êtes aussi bon que votre dernier concert ! Je ne pense pas que ces gens-là mettront des plantes carrément médiocres dans leurs catalogues uniquement pour avoir un certain nombre de nouveautés chaque année, mais comme pour tous les gens qui cultive la terre, il y a des années de vaches maigres de temps en temps. Donc, ils peuvent sortir des nouveaux selfs---le bleu fait toujours merveille, n’est-ce pas ?---ou encore un amoena, un plicata, un noir, un blanc, un variegata. . . au lieu des iris franchement originales. Au fait, si Serious Sighs était sorti sur le marché avant Quandary ou Exposé, c’est lui qui serait l’original et les autres les « suivants ». Dure métier ! Mais, comme quelqu’un a dit une fois, « L’art est un sale boulot, mais il faut bien que quelqu’un le fasse »