25.11.11

SUR LA CÔTE DU PACIFIQUE

Quand on lit ce qu’en écrit Richard Cayeux dans son livre « L’Iris, une Fleur Royale », on se dit qu’il faut être un peu casse-cou pour se lancer dans la culture des iris de Californie. Il leur faut en effet un sol légèrement acide, riche en humus, bien drainé, de la sécheresse pendant l’été et beaucoup d’eau en automne, pas de gel ! A lire cette énumération, je me dis qu’ici, en Touraine, ce n’est pas la peine d’essayer ! Pourtant ces hybrides sont bien tentants. A cause de leurs jolies couleurs, de leurs formes gracieuses et de leur petite taille qui en fait des plantes morphologiquement adaptées aux petits jardins de ville et aux bordures des espaces verts urbains.

Ces hybrides-là n’ont commencé à devenir présents sur le marché que depuis une trentaine d’années. Ils ont été développés, essentiellement dans leur contrée d’origine, la côte ouest des USA, de l’Oregon à la Californie. Ils proviennent de croisements entre quatre espèces que l’on trouve là-bas : I. douglasiana, I. innominata, I. tenax et I. munzii. Graeme Grosvenor (Iris, Flower of the Rainbow) décrit très bien l’apport de chacune de ses espèces :
Iris douglasiana pour le branchement, le nombre de boutons, la vigueur et la rusticité ; I. innominata pour le choix des coloris et des formes, la facilité de culture et la longueur de la floraison ; I. tenax pour accroître les qualités ci-dessus, et I. munzii pour le coloris bleu et les fleurs gaufrées.

Ces iris se présentent avec des fleurs plutôt étroites, très élégantes, dans un choix de couleurs assez proche de celui des grands iris des jardins, avec une prédilection pour le jaune et le pourpre. Le feuillage est lui aussi long et étroit, et se rapproche de celui des iris de Sibérie. Pour la taille, cela va de 30 à 60 cm. Le port compact ajoute une impression de robustesse.

Comme il se doit, les hybrides actuels proviennent presque exclusivement de la côte Ouest des USA. Le principal obtenteur en est Joseph Ghio (il a obtenu 15 fois la Mitchell Medal (1), depuis 1973 !) . En Grande-Bretagne, quelques obtenteurs se sont lancés dans l’aventure, avec un certain succès.

Toutes ces belles dispositions font que les iris de Californie devraient être promis à un bel avenir. Mais ils restent aujourd’hui d’une diffusion plutôt confidentielle, d’une part parce qu’ils ne constituent qu’environ 3 % du nombre des variétés annuellement enregistrées, d’autre part parce qu’ils sont très peu commercialisés.

Malgré ces handicaps, les iris de Californie peuvent faire rêver. Ne nous en privons pas et admirons quelques-uns des cultivars les plus remarquables :
‘Amiguita’ (Nies, 1947 – Mitch. 1974) : pétales étroits, coloris frais, proche de l’espèce I. douglasiana.
‘Baby Blanket’ (Ghio, 1998) : des couleurs très élaborées ; des pétales larges, assez voisins de ceux d’un iris de Louisiane.
‘Coastal Glow’ (Aitken, 1992) : la couleur rappelle celle d’une sous-espèce de I. douglasiana.
‘Pacific Glaze’ (Aitken, 2010) : une évolution récente qui privilégie la largeur des pétales.
‘Wild Survivor’ (Plotner, 2003 – Mitch. 2011) : le dernier vainqueur de la MM. ; retour à une forme plus traditionnelle et a un coloris naturel, qui est proche de I. tenax ou I. munzii.

(1) La Sidney B. Mitchell Medal récompense chaque année depuis 1973 la meilleure variété d’iris de Californie.

2 commentaires:

gerard a dit…

La raison pricipale pour laquelle ils sont peu répandu est la difficulté de leur transplantation. Joe Ghio m'avait déconseillé d'en importer et envoyé plutôt des graines qui ont largement germé et donné assez vite de splendides fleurs.
Le deuième problème, c'est en effet de les conserver…
Le plaisir fut donc ephémère, mais ça vaut la peine d'essayer (uniquement par semis)

gerard a dit…

Wild Survivor est un Californica un peu particulier (la forme en témoigne) issu d'un croisement d'I. tenax et d'I. douglassiana.
De ce fait il présenterait une meilleure rusticité.
A essayer ?