12.2.16

ECHOS DU MONDE DES IRIS

Quantité et qualité (bis). 

 La question de l'inflation du nombre des nouvelles variétés a fait l'objet d'échanges plutôt passionnés. Plusieurs de mes lecteurs se sont comme moi émus de cette situation. J'ai demandé l'avis de certains intéressés eux-même. Il en ressort que, si la question de la valeur au catalogue des nouveautés est bien un élément, d'autres facteurs entrent en ligne de compte :

     - notre monde deviendrait de plus en plus avide de nouveautés et cet appel du public exigerait une réponse positive des producteurs ;

     - un nombre de plus en plus grand de semis présenteraient des qualités qui obligent pratiquement à les sélectionner ;

     - de nouveaux modèles font leur apparition, sans que les anciens ne soient appelés à disparaître, ce qui est un autre facteur d'inflation.

Il n'empêche qu'on peut se poser deux questions :

     - les catalogues ne peuvent pas offrir un nombre infini de variétés ; celles-ci ne vont-elles pas n'avoir qu'une présence commerciale très réduite, et par conséquent, un nombre de plantes distribuées trop faible pour que les juges puissent les voir en nombre suffisant pour que leurs votes soient significatifs ?

     - la soi-disant nécessité de proposer une grande quantité de nouveautés ne va-t-elle pas contraindre certains obtenteurs à retenir des plantes de qualité moyenne, voire médiocre, pour étoffer malgré tout leur offre ?

Je crains surtout cette seconde éventualité …

 *   *   *
 IRISES (winter 2016) 

Le dernier bulletin de l'AIS vient de me parvenir. Sur 54 pages, 27 sont sans intérêt pour un Européen, et, en dehors d'une exégèse du dernier critérium du public (Symposium), aucun article vraiment intéressant parmi les autres pages. C'est vraiment dommage que l'organe de cette société, primordiale pour le monde des iris, frôle ainsi l'indigence.

4 commentaires:

gerard a dit…

La multiplication des introductions peut avoir deux raisons :
1- la grande quantité de semis et la qualité générale des obtentions. Il n'y a qu'à voir ce que Keppel rejette et qui ferait la fierté de la plupart d'entre nous
2- une cause économique : le "créateur" n'est financièrement récompensé que par l'iris qu'il introduit et ceci surtout la première année, où il est le seul à le proposer. Dès la deuxième année, n'importe qui, s'étant procuré le rhizome peut revendre les produits à son profit. La tentation est donc grande de multiplier les introductions pour engranger le maximum de gain. Et ceci n'est pas si scandaleux que cela quand on pense au coût de la recherche/développement en la matière

Sylvain a dit…

OK. Il faut en effet que le producteur gagne sa vie. Mais les conséquences que j'ai exposées sont aussi à prendre en considération.

Sebastien a dit…

On pourrait en écrire un livre tant ce sujet est complexe. Pour ma part je suis plutôt de ceux qui pensent qu'il y a trop de nouveauté à l'heure actuelle. Bien sur que ce qu'on voit arriver, notamment ces jours-ci puisque le cru 2016 est en train de tomber un peu partout, est très souvent d'assez bonne qualité mais malgré tout, est-ce bien raisonnable d'introduire 3 blancs la même année ? Qu'apportent ces iris de plus que ce qu'on a pu avoir jusqu'à présent ? Pour me balader chaque année dans les champs de Bernard Laporte je puis vous assurer que de très bons iris en réalité il n'y en a que vraiment très très peu. J'estime à 1/50 le nombre d'iris très bien branché par exemple.
Je pense que l'on retrouve aujourd'hui deux "types" d'iris, ceux dits de concours et les autres (leur donner un titre n'est pas facile). En ce sens les travaux de Richard Cayeux et Stéphane Boivin en France sont en tous points remarquables. Leurs résultats à FRANCIRIS ne sont pas le fait du hasard au contraire. Ils portent un œil particulier à cette plante que tous ne portent pas. Si Cayeux conserve une culture traditionnelle de l'hybridation Boivin, lui, apporte un nouveau style et une nouvelle vision qui plait à de nombreux passionnés.

Pour conclure je dirais que rares sont ceux dans le monde qui arrivent à obtenir des iris qui cumulent les qualités des deux catégories précédemment citées, Keith Keppel en est le roi mais d'autres frappent à la porte y compris en Europe, les années à venir s'annoncent donc passionnantes !

gerard a dit…

Je pense que plus encore que le nombre, ce qui pose problème c'est l'absence de nouveauté, d'originalité, de beaucoup d'obtentions. Combien de fois ai-je eu l'impression de "déjà-vu" ?
Bien sûr, et Sébastien à raison, il faut voir la plante in situ. C'est le seul moyen d'apprécier ses qualités. Je n'aurais vu 'Barbe Noire' qu'en photo, j'aurais dit : "tiens, encore un". A Franciris, sa tenue, son branchement parfait en faisaient d'emblée toute la valeur (et un vainqueur incontestable)
Ce n'est donc que sur le terrain qu'on peut juger de la valeur d'une nouveauté et je crois sage d'attendre qu'elles aient fait leurs preuves pour éviter d'être déçu.
Néanmoins, pour l'hybrideur, certaines nouveautés peuvent présenter un intérêt non comme plante de jardin, mais comme géniteur. Mais cela est une autre histoire.