26.2.10











J’VOUS AI APPORTÉ DES BONS DONS

Ou comment des variétés peu connues ont-elles eu une nombreuse descendance

On se demande quelque fois pourquoi les grands hybrideurs utilisent telle ou telle variété plutôt que telle autre. J’ai posé cette question à des pointures de l’hybridation qui s’appellent Keith Keppel et Joë Ghio. Avec une extrême gentillesse, ils m’ont aussitôt répondu. Voici leurs explications à propos de variétés qu’on n’a jamais vu encombrer les catalogues et faire la fortune des producteurs, mais qui ont tenu un rôle essentiel dans l’évolution des iris des cinquante dernières années.

Keith Keppel

La question posée concernait :
‘Irma Melrose’ (DeForest 55) ;
‘Tea Apron’ (Sass 60)
‘April Melody’ (Gibson 67)

Voici la réponse :

« J’ai utilisé ‘Irma Melrose’ parce que c’était un plicata haut, grand et ondulé (pour l’époque), avec un fond jaune crémeux et un fin poudrage ocre sur les épaules. ‘Tea Apron’ était un plicata bleu sur blanc, un peu plus court, avec les marques de couleur concentrées au cœur de la fleur.

Je voulais obtenir des « glaciatas », ou « ice whites » ou encore « lemon ices », comme on disait alors, ces descendants récessifs de plicatas. Le croisement (Irma Melrose X Tea Apron) a donné 63-48A, le seul semis conservé des trois croisements réalisés avec ‘Irma Melrose’ ; c’était un glaciata ». J’ai utilisé ‘Tea Apron’ pour d’autres croisements dont un avec un plicata violet – ((Full Circle x Rococo) X Tea Apron) – dont j’ai conservé plusieurs semis, l’un étant un glaciata blanc, 64-75G.

Ces deux glaciatas ont été croisés entre eux, et deux semis ont été préservés, 66-35B et 66-35, l’un et l’autre étant des glaciatas blancs. Chacun d’entre eux fut croisé avec le plicata rose clair de Gibson, ‘April Melody’, et j’en ai gardé quatre glaciatas : 68-39D, crème ou ivoire et jaune doré ; 68-39F, blanc avec les épaules dorées ; 68-40A, blanc, épaules poudrées de rose ; et 68-40B, blanc frisé à épaules jaune citron.

Les semis des séries 68-39 et 68-40 ont été croisés entre eux, puis de nouveau avec ‘April Melody’ et d’autres semis issus de cette variété, puis avec les plicatas de Gibson ‘Apricot Blaze’ et’ Osage Buff’. C’est alors que j’ai commencé à baptiser mes propres plicatas mandarine (‘Mistress’), et mes glaciatas comportant le facteur mandarine (‘Goddess’). La troisième génération a donné ‘Pink Froth’, ‘Gigolo’, ‘Laredo’.

Avec un tel matériel de glaciatas, il était normal qu’apparaissent des luminatas et des non-plicatas (luminata-plicata), et à la sixième génération issue des croisement 68-39 et 68-40, sont apparus ‘Flights of Fancy’, ‘Mind Reader’, et ‘Spirit World’.

Il y a de nombreuses générations qui ont vu le jour depuis l’emploi de ‘Irma Melrose’, qui n’a été utilisée qu’une fois, et de ‘Tea Apron’, qui n’a servi que deux fois… Ce sont leurs descendants qui ont été utilisé à de nombreuses reprises !

‘April Melody’, je m’en suis servi des quantités de fois ! Il contient le dosage total du facteur mandarine, et je trouve qu’il y a aussi un fort taux de semis glaciatas dans les croisements que j’ai faits avec lui. ‘Osage Buff’ et ‘Rancho Rose’ pourraient aussi donner des glaciatas à la première génération. »

Joë Ghio

J’ai interrogé ce grand personnage à propos de :
‘Ponderosa’ (Ghio 70)
‘Commentary’ (Babson 63)
‘Claudia Rene’ (Gaulter 63)
‘Peace Offering’ (Ghio 73)

La réponse obtenue n’aborde pas le cas de ‘Claudia Rene’, mais pour le reste elle apporte d’intéressantes observations.

« ‘Ponderosa’ est la clef. Le croisement (Denver Mint X Moon River) n’était pas, à l’origine, un de ceux que je voulais faire. C’était les deux meilleurs jaunes de leur époque. A mon avis, de tels croisements auraient du être réalisés par les hybrideurs, alors, pourquoi réinventer la roue ? Je connaissais bien les deux hybrideurs et je savais qu’ils ne possédaient pas l’une et l’autre de ces deux variétés. Comme j’ai pu disposer de ces variétés avant même leur introduction, j’ai pu être le premier à faire le croisement. Il a produit un grand nombre de semis et, à ma surprise, dans une palette de couleur d’une qualité supérieure à la moyenne. L’un était plus grand et plus costaud que les autres : il s’est appelé ‘Ponderosa’. Il avait un pollen extrêmement fertile et s’est montré très productif. A cause de ces avantages, il a été croisé immédiatement avec un grand nombre de choses qui comportaient le facteur mandarine.

Deux ans après, quand vint le moment de la floraison des semis, le printemps a été terriblement humide et un grand nombre de semis prêts à fleurir ont péri., à l’exception des enfants de ‘Ponderosa’ dont un fort pourcentage a fleuri. Ils ont montré une forme parfaite et ont produit de fleurs de toutes les teintes dans la gamme allant du rose au jaune à l’orange et au brun. ‘Ponderosa’ leur avait transmis sa forme, sa substance, sa hauteur, mais ne s’est pas montré dominant pour la couleur. (Orange Chariot X Ponderosa) a été particulièrement surprenant. ‘Show Time’ provient de ce croisement.

Les autres variétés citées possèdent quelques liens génétiques avec ‘Ponderosa’, d’où leur emploi.

Pour ‘Commentary’, c’est autre chose. Sa couleur était différente et il réunissait les qualités pour accroître le côté brun. En fin de compte cela a mené à ‘Lady Friend’ à propos duquel, Rhoolin Cooley, lorsqu’il l’a vu pour la première fois, s’est écrié : « En voilà un qui va se vendre ! »

‘Peace Offering’ (Reta Fry X New Moon), a été ainsi nommé parce que le croisement a été fait pour la raison suivante : mes voisins de Wasco (1) n’étaient pas d’accord pour faire ce croisement car ils n’étaient pas du même avis sur les deux variétés. Pour les mettre d’accord, c’est moi qui l’ai fait, d’où le nom. En fin de compte cela a abouti à ‘Bicentennial’. »

Après ces confidences exclusives, on comprend mieux quels bons dons avaient été décelés chez les variétés retenues. Mais on se rend compte aussi du flair qu’il faut avoir pour distinguer ces capacités d’un premier coup d’œil !

(1) NDT : Ghio est installé dans la banlieue sud de San Francisco, Wasco est une localité située un peu plus au sud en direction de Los Angeles ; c’était l’adresse de Neva Sexton et son mari.

19.2.10


ECHOS DU MONDE DES IRIS

Les enregistrements français en 2009

Bonne année, de la part des hybrideurs français. Il y a eu 42 enregistrements :
33 TB
5 IB
2 BB
2 SDB

Ces enregistrements proviennent de 7 hybrideurs :
Richard Cayeux = 17 (un record !)
Jean Peyrard = 7
Rose-Linda Vasquez = 6
Bernard Laporte = 5
Michèle Bersillon = 4
Lawrence Ransom = 2
Laure Anfosso = 1 (il s’agit de ‘Lumière d’Automne’, une variété de 1992, très appréciée à travers le monde et en particulier aux Etats-Unis ; ce sont les amateurs qui ont réclamé cet enregistrement).

Un article complet concernant ces iris sera publié ici dans quelques temps.










LA COLLECTION DES MÉDAILLÉS

1980

C’est l’année Ghio ! Deux de ses obtentions sont couronnées (dont une deux fois) et une troisième récolte une médaille d’argent.

DM : ‘Mystique’ (Ghio, 75) (((((Frosted Starlight x (Spanish Peaks x Black Satin)) x ((Cahokia x Pierre Menard) x (Black Forest x Chivalry))) x Penthouse) x (Mahalo x Diplomacy)) X Veneration) fait une deuxième apparition, après la Wister Medal de 78 ;

Wister Medal : ‘Entourage’ (Ghio, 77) ((Show Time x San Leandro) x (Ponderosa x New Moon)), distingué deux fois en 80, cet iris original par son coloris vieux rose, manquera la DM en 1984 ;

President’s Cup : ‘Twist of Fate’ (Dorothy Palmer, 79) ((((South Pacific x Whole Cloth) xJet Black) x (Tll Gate x La Negra Flor)) X Jet Black), c’est un bel iris bitone bleu, hâtif et qui laisse présager les iris blanc/noir d’ajourd’hui ;

Franklin-Cook Cup
: ‘Summer Sunset’ (Casebeer, 60) (Pink Panoply X semis rose Hall), j’ai des doutes sur mon information concernant le succès de cette ancienne variété…

Walther Cup : ‘Gypsy Wings’ (Hamblen, 77) (Little Swinger X (Misty Dawn x Dove Wings)), un BB variegata un peu trop terne pour faire une carrière commerciale ;

FO : ‘Entourage’ devant ‘Dignitary’ (Ghio, 73) – pedigree non précisé – pour un iris pourpre comme l’habit d’un dignitaire de l’Eglise ;

BDM : ‘Kildonan’ (Dodsworth, 76) (Little Swinger X (Misty Dawn x Dove Wings)), deuxième succès de Brian Dodsworth, avec une variété bleu lavande qui paraît aujourd’hui assez banale.










C’EST LE MAÎTRE QUI LE DIT
Ou les définitions de Keith Keppel


Dans son dernier catalogue (2010), que je viens de recevoir, Keith Keppel a consacré une demi-page aux définitions de ce qui constitue son activité principale actuellement : les iris plicatas, luminatas et glaciatas. J’ai trouvé qu’elles étaient tellement claires et précises que j’ai souhaité en faire profiter les amateurs qui lisent ces lignes.

Plicata

Un iris plicata est « une fleur dont le fond est blanc ou de couleur claire, piqueté, pointillé ou lavé d’une couleur plus sombre et contrastante. Oui, mais quel groupe complexe cela constitue ! La couleur du fond peut être blanche, jaune, rose ou orange – avec toutes les teintes intermédiaires et tous les niveaux de saturation. Les dessins sont en bleu, violet, pourpre, orchidée (des couleurs froides), mais peuvent paraître rouges, bruns, ou même verdâtre quand ils recouvrent un fond coloré. Ces dessins partent des épaules et, de là, peuvent (mais pas obligatoirement) gagner les bords de tous les tépales, à moins que des bords ils ne gagnent l’intérieur des tépales. Ils peuvent être très denses (1) ou si discrets qu’ils vous faut aller à la chasse pour les trouver (comme chez ‘Laced Cotton’, où ils apparaissent à peine sur les épaules).

Luminata

Un luminata, en revanche, présente les mêmes dessins plicatas sur les mêmes fonds légèrement colorés. L’application a été faite sur les sépales ( et d’habitude aussi sur les pétales), mais tend à s’éclaircir notablement aux bords. Des veines plus claires apparaissent habituellement dans les parties colorées. Mais ce qui définit le modèle luminata, c’est une zone claire absolument pure de part et d’autre de la barbe. Pas une seule trace de la couleur de couverture. ‘Montmartre’ (Keppel 2008) est un bon exemple de luminata classique.

Luminata-plicata

C’est une fleur qui comporte les deux modèles en même temps, superposés. Les endroits où les plicatas ne sont pas marqués sont typiquement les endroits où les luminatas le sont, et vice versa, ce qui signifie qu’on finit par avoir une fleur presque complètement marquée.

Glaciata

Le terme de « glaciata » s’applique aux iris qui par nature devraient être normalement des plicatas, des luminatas ou des luminatas-plicatas, mais qui, d’une façon ou d’une autre, n’ont aucune sorte de marquage. C’est comme si ils étaient programmés pour le marquage, mais que quelqu’un avait oublié de tourner le robinet du colorant. Ils n’ont pas la moindre trace de couleur de marquage, seulement la couleur de fond, d’une clarté absolue (2). Ils peuvent être blancs et/ou d’une ou plusieurs autres couleurs de fond. C’est la clarté de cette couleur qui les rend remarquables.

Avec un nombre quasi infini de combinaisons de couleurs de dessus, de couleurs de fond, de couleurs de barbes, de répartition des ces couleurs, est-il étonnant que le modèle plicata soit un monde aussi passionnant à explorer ? »

On ne peut qu’avoir le même enthousiasme que Keith Keppel vis à vis de ce monde inépuisable, dont il est un incontestable champion et dont il nous fait partager chaque année de nouvelles facettes.

(1) K. Keppel cite comme exemple ‘Tunnel Vision’ (Keppel 2010) ;
(2) Exemple cité : ‘Sun Shine In’ (Keppel 2010).

13.2.10











SAUPOUDRÉS DE PAPRIKA

Notre propos cette fois concernera ces iris plicatas dont la couleur et les dessins font penser au geste du cuisinier qui parfume son plat en répandant du paprika, cette épice au ton rougeâtre, qui est en fait une variété de piment. Et du piment, les iris de ce genre n’en manquent pas !

Dans ces variétés, la couleur de fond est le jaune, plus ou moins riche, et allant du blanc crémeux au jaune d’or ou safran. Quant aux dessins caractéristiques du modèle plicata, ils tournent autour du brun rougeâtre que l’on qualifie, au gré de l’imagination du descripteur, de rouille, cayenne, henné, ocre, châtaigne ou chocolat.

Cette association, n’est pas celle qui convient, traditionnellement, à la description de « plicata ». Celle-ci en effet viserait plutôt des iris au fond blanc, recouvert de pointillés violets ou bleus, comme il y en a des centaines. Elle n’est néanmoins pas récente et dès la fin des années 30, les frères Sass, Mitchell et quelques autres en avaient sélectionné un certain nombre, comme ‘Orloff’ (Sass 37) que l’on peut désigner comme étant un des points de départ de la lignée. Dans les années 40, ‘Firecracker’ (Hall 43) est un nouveau point de repère. Son pedigree est (Orloff X Elsa Sass). Il est caractéristique de son époque, avec des pétales en dôme, et des sépales un peu retombant en forme de trapèze échancré en son centre. Peu après est apparu, dans l’Ouest des Etats-Unis, un autre représentant du modèle : ‘Gay Border’ (DeForest 48) qui descend de ‘Tiffanja’ (DeForest 42), un autre élément de base. La forme est un peu meilleure que chez ‘Firecracker’, mais les couleurs moins vives.

Celui qui fera des iris saupoudrés de paprika une de ses spécialités est Jim Gibson. L’une de ses toutes premières réalisations dans le genre a été ‘My Honeycomb’ (58), bientôt suivi de ‘Henna Stitches’ (60), puis de ‘Cayenne Capers’ (61). Son catalogue regorge de ces iris aux vives couleurs qui font des taches brillantes au milieu du jardin, car il a continué à en obtenir jusqu’à la fin de sa carrière.

Mais d’autres obtenteurs se sont aussi lancés dans l’aventure. Jusqu’à la fin des années 80 ce modèle est resté à la mode et chacun a voulu avoir le ou les siens, mais personne n’est parvenu au degré de perfection du travail de Jim Gibson. Même des maîtres des plicatas, comme Keppel ou les inévitables Schreiner sont restés en deçà. On peut cependant mettre à leur actif quelques variétés comme ‘Spreckles’ (Schreiner 72) ou ‘Morocco’ (Keppel 80) qui se sont imposées.

Au fil des ans le modèle s’est peu à peu modifié. Les couleurs restent vives, mais leur disposition change et le fond jaune ou crème se charge de plus en plus de brun-rouille. Jim Gibson s’en fait presque une exclusivité : il multiplie les enregistrements de ce genre et propose, parmi d’autres, ‘Highland Chief’ (73), ‘Rustic Dance’ (80) ou ‘Magic Hope’ (84), auxquels Keppel oppose ‘Santana’ (78) ou ‘Rustler’ (87). ‘Lady Fire’ (92) ou ‘Ruffled Copper Sunset’ (93) seront parmi les derniers feux jetés par Gibson, ainsi que ‘Caldron Fire’ (95) qui renoue avec l’aspect des débuts (mais avec ne forme bien contemporaine), comme si la boucle était bouclée.

Cette forme de plicata, qui non seulement remonte comme on vient de le voir aux origines de l’iridophilie moderne mais même à la grande époque des années 20 puisqu’elle existait déjà du temps des iris diploïdes, a connu par la suite une éclipse qui semble devoir cesser au cours des dernières années. En effet quelques hybrideurs comme George Sutton (1) s’y sont mis, et si leur travail n’atteint pas encore la perfection de celui des anciens, on peut sûrement rêver d’un retour de ces rutilants iris.

(1) ‘Harmonic Elegance’ (2007).






LA COLLECTION DES MÉDAILLÉS

1979


DM : ‘Mary Frances’ (Gaulter, 73) (Town and Country X ( Marie Phillips x Sterling Silver)); une variété si fraîche et agréable qu’elle bénéficie toujours d’un haut degré d’affection de la part des amateurs. ‘Lemon Mist’ a terminé sa course aux honneurs en seconde position.

Wister Medal : ‘Bicentennial’ (Ghio, 76) (Peace Offering sib X Ponderosa); Une fleur très jolie bien très classique, produit d’un des croisements fétiches de Joë Ghio.

President’s Cup : ‘Frosty Jewels’ (Burch, 79) (Pink Taffeta X Point Clear).

Franklin-Cook Cup : ‘Sugar Tree’ (Bledsoe, 76) (Sunburst Duet X Reta Fry); “deux petits tours et pui s’en va” : cette variété, très voisine d’un autre lauréat de 79, ‘Bicentennial’, n’a lissé aucun souvenir ; elle était pourtant bien partie !

Walther Cup : ‘Sugar Tree’ ; oui ! deuxième succès dans l’année…

FO : non attribué. La variété la mieux notée a été ‘Light at Eventide’ (Donnell –Australie, 76) (Apropos X Stepping Out) ; cet enfant des antipodes n’est jamais revenu en Europe après cette apparition ; il est vrai qu’un bitone bleu-violet n’a rien d’exceptionnel !

BDM : ‘Anniversary’ (Brummitt, 65) (Wisley White X White Swirl) ; De nouveau la BIS a couronné un Iris de Sibérie : Un iris blanc infus de jaune aux épaules.

6.2.10




LES MAUVES DE GAULTER (suite)




Mon ami Loïc Tasquier trouve, à juste raison, que mes photos de 'Orchidarium' et 'Flamenco' ne sont pas des plus réussies. Il m'envoie ces deux-ci, dont tout le monde va profiter !

5.2.10











LA COLLECTION DES MÉDAILLÉS

1978


DM : ‘Bride’s Halo’ (H. Mohr, 73) deux ans après sa Wister Medal, cette variété atteint la récompense suprême, devant ‘Lemon Mist’ (Rudolph, 72) (Cream Taffeta X (( Moon Crest x(Pink Ice x (Fleeta x semis))) x ((Northbrook x semis Fay) x semis)), qui échouera encore en 1979 ;

Wister Medal : ‘Mystique’ (Ghio, 75) (((((Frosted Starlight x (Spanish Peaks x Black Satin)) x ((Cahokia x Pierre Menard) x (Black Forest x Chivalry))) x Penthouse) x (Mahalo x Diplomacy)) X Veneration) qui apparaît pour la première fois au premier plan, mais qui fera d’autres apparitions ;

President’s Cup : ‘Temple Gold’ (Luihn, 77) (Miss Illini x Solano), un des plus beaux jaunes de son époque;

Franklin-Cook Cup : ‘Ann Chowning’ (Iris de Louisiane) (Chowning, 76) (Miss Arkansas X W.B. McMillan) ; il n’est pas fréquent de voir un LA au premier plan !

Walther Cup : ‘Flamenco’ (Keppel, 77) (((Henna Stitches x (Maricopa x Chinquapin)) x Montage) X Roundup) ; nouvelle apparition de K. Keppel dans un palmarès, pour un variegata-plicata haut en couleurs ;

FO : ‘Space Blazer’ (Gibson, 76) (Rippling Waters x semis) ; un bleu glycine à barbes feu ;

BDM : ‘Cotsgold’ (J.D. Taylor, 74) (Golden Fair x (Annette x semis)) ; les Anglais se distinguent une nouvelle fois en couronnant un IB.
ECHOS DU MONDE DES IRIS

La relève

Depuis quelques années, Keith Keppel accompagne chacun de ses catalogues d’une page de réflexions sur son activité d’hybrideur et sur le monde des iris en général. Cette fois il s’inquiète :
« Ce que nous n’avons pas vu c’est une prolifération de jeunes hybrideurs enthousiastes apparaissant pour combler les vides à venir. Le vaste majorité des hybrideurs qui se sont fait un nom est maintenant dans ses 60 ou 70 ans, voire plus. A l’évidence, nous ne somme pas là pour toujours. Quand nous laisserons tomber nos brucelles, qui sera là pour les ramasser ? Si vous êtes intéressés, commencez sérieusement à faire des croisements et apprenez ce qu’il y a tout autour. »

Il est vrai qu’il n’y a personne en vue pour atteindre son niveau de compétence, mais de jeunes hybrideurs enthousiastes, il y en a plus qu’il ne pense. Ils ne sont peut-être pas tous aux Etats-Unis, mais se trouvent ailleurs dans le monde. Ce qui n’a pas d’importance avec la mondialisation et l’abolition des distances. La relève existe, mais la remarque vise surtout à encourager les Américains qui ont peut-être besoin d’être secoués pour ne pas se laisser distancer par les petits nouveaux du reste du monde.










LA FLEUR DU MOIS :

BABBLING BROOK

C’est très personnel, ce que je vais écrire aujourd’hui. Cela remonte à mai 1984. C’est le moment où, pour la première fois, j’ai vu fleurir ‘Babbling Brook’ (Keppel 69 – DM 72). J’avais acheté cet iris l’été précédent, lors de ma deuxième commande, et j’attendais impatiemment cette floraison. Quand j’ai vu cette petite fleur bleue, gracieuse, élégante, avec cette barbe jaune citron si fraîche, j’ai été sous le charme et je crois bien que mon addiction définitive aux iris vient de ce moment-là. Depuis ce jour ‘Babbling Brook’ a sans interruption marqué mes printemps d’iridophile acharné. Dans le sol d’éboulis argilo-calcaire, propice à la vigne mais pas idéal pour les fleurs, où il est actuellement planté, il pousse doucement, mais fidèlement. D’ailleurs, où que je l’aie mis, il a eu ce comportement. A l’origine il a trouvé place dans les gravats de remblai à peine recouverte de terre arable, qui constituaient le sol du jardinet de ma maison de Limoges. Par bonheur la pente du terrain, à cet endroit, permettait à l’eau de s’écouler, parce qu’ailleurs, dans un environnement parfaitement imperméable, je crains qu’il n’ait pourri. Mais il n’est resté là que deux ans, il a pris la route de Touraine à l’été 1985. Dans son nouvel espace, au milieu de plein d’autres plantes, il s’est agréablement plu, jusqu’au jour où j’ai du encore le changer de lieu. Cette fois, dans le jardin actuel, il n’a pas repris… Lawrence Ransom m’a fourni un remplaçant et c’est celui-là qui existe actuellement, toujours vaillant, toujours aussi frais et plaisant. Je suis bien décidé à le garder tant que je continuerai à cultiver des iris car à lui s’attachent non seulement des sensations esthétiques mais aussi une foule de souvenirs que je ne veux pas perdre.

A lui accordant la Médaille de Dykes, en 1972, les juges américains ont reconnu à juste titre les qualités remarquables de cette variété. C’est une plante harmonieuse, bien développée, avec des fleurs de taille plutôt petite, élégamment disposées le long d’une tige solide. Comme je viens de le dire, ce n’est pas une plante exubérante, mais elle s’accommode apparemment de toutes les situations et de tous les substrats.

Elle a de bons parents : (Galilee X Symphony). Galilee (Fay 55) est un iris bleu qui fait la liaison entre trois grandes lignées de bleus : par ‘Bluebird Blue’ (Fay 52) celle de ‘Helen Mc Gregor’ et par ‘Butterfly Blue’ (Fay 52) celle de ‘Great Lakes’ et celle de ‘Cahokia’. Ce même ‘Cahokia’ (Faught 46) apparaît d’ailleurs derrière ‘Symphony’ (Hinckle 56), en compagnie d’un autre bleu, ‘Azure Skies’ (Pattison 43). A comparer les couleurs, on peut dire sans se tromper que ‘Babbling Brook’ est une forme plus moderne de ‘Cahokia’.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ‘Babbling Brook’ n’a pas eu une descendance directe très importante. Beaucoup d’hybrideurs ont considéré qu’il constituait en lui-même un aboutissement. Cependant certains autres y ont vu une possibilité d’obtenir des iris bleus de qualité. Keppel, bien sûr, y a cru. Il l’a croisé avec ‘Skywatch’ (Benson 64) , un autre destinataire de la Médaille de Dykes, et en a obtenu ‘Waterscape’ (71), une variété qui n’a pas eu un gros succès commercial, mais aussi, par d’autres croisements, ‘Actress’ (76), ‘Fire Water’ (77) ou ‘Skyblaze’ (87), tous avec des barbes orange ou rouges. Parmi les autres descendants, venant d’autres hybrideurs, il faut citer ‘Avalon Bay’ (Hamner 74), ‘Enduring Love’ (Boushay 74), ‘Full Tide’ (O. Brown 72), ‘Regents’ Row’ (Denney 79), ‘Sea of Galilee’ (N. Sexton 74), ‘Touch of Sky’ (Schreiner 80)… Plus récemment, ‘Massalia’ (Anfosso 95) et ‘Starfleet’ (Keppel 93) font aussi partie de ses enfants ou petits enfants.

Tout ceci est bien suffisant pour faire de ‘Babbling Brook’, la « Fleur du Mois » de ce février 2010.















LES MAUVES DE GAULTER

On a déjà traité ici des iris roses de Gatty. On pourrait pareillement évoquer les iris plicatas de Keppel ( ne s’appelle-t-il pas lui-même « plicataman » ?). On parlera cette fois des iris mauves de Gaulter.

Pour commencer, deux mots à propos de cet obtenteur américain de renom qui a donné au monde des iris un grand nombre de variétés de valeur dont plusieurs ont été cultivée (et le sont encore) un peu partout. Il fait aussi partie du petit cercle de ceux dont un cultivar a réussi à obtenir une Médaille de Dykes.

L. Gaulter commença ses hybridations à la fin des années 40. Son premier enregistrement date de 1954, mais son premier véritable succès date de 1958 et se nomme ‘Mademoiselle’, un croisement de Lavanesque x Pathfinder qui reçut un AM en 64 et tapa dans l’œil de Tell Muhlestein qui inscrivit cette variété à son catalogue. Au cours des années 60 Larry Gaulter introduisit un grand nombre de variétés de haute valeur comme ‘Claudia Rene’ (63), ‘Christie Anne’ (64), qui remporta le Florin d’Or à Florence en 67, ‘Laurie (67), ‘San Leandro’ (68), qui fut l’un des plus apprécié de son époque. Cependant c’est ‘Mary Frances’, introduit en 73, qui reçut la Médaille de Dykes en 79 et qui est l’exemple même de ce que doit être un vainqueur de la DM, c’est à dire une plante qui pousse et fleurit bien partout où on la cultive. ‘Mary Frances’ continue d’avoir du succès et est toujours coté au Symposium de l’AIS. Déjà, à l’exception des trois premiers cités, il s’agit d’iris mauves, une couleur qui s’est avéré la préférée de Larry Gaulter, et l’on peut dire que cet homme est un maître des iris mauves.

On peut même se demander si l’on ne doit pas classer parmi les mauves ce ‘Mademoiselle’ qui a constitué son réel départ dans la vie d’hybrideur. C’est un rose pourpré, tirant sur le mauve…

‘Laurie’ en revanche est tout à fait un iris mauve. La photo ci-dessus le démontre. ‘San Leandro’ est de la même veine. Ces deux-là ont été suivis, en quelques années, d’une série marquée par des réussites comme ‘Tiburon’ (71), ‘Town and Country (71), puis, en 73, ‘Mill Race’, ‘Rondetta’ et ‘Mary Frances’. Pas de pose, puisqu’ apparaissent dans les années suivantes ‘Clarendon’ (74), ‘Foolish Pleasure’ (76), ‘Lombardy’ (76) puis une autre grande réussite commerciale, ‘Persian Berry’ (77). Au cours des années 80, le flot a mis du temps à se tarir, voire même se ralentir : on trouve ‘Art Shades’, ‘Orchidarium’ et ‘People’s Choice’ en 1980 ; en 1981 c’est le tour du très beau ‘Jacaranda’ dont le nom définit parfaitement la couleur ; en 1982 il y eut ‘Lace Jabot’ et ‘Watered Silk’ ; en 1983, ce fut le tour de ‘Elisa Renée’, peut être un peu plus rose, et ‘Hazy Day’. Autant d’exemples frappant du travail de Larry Gaulter dans son coloris fétiche.

Au-delà, les nouvelles variétés mauves s’espacent et il faut attendre 1990 pour découvrir ‘Quiet Friendship’ qui marque la fin de la carrière d’hybrideur de celui qui nous aura donné tant de jolies fleurs.

Larry Gaulter prétendait que la culture des iris était une activité si saine qu’elle permettait de vivre longtemps. C’est en effet ce qui lui est arrivé, puis qu’il est mort en 1991, à 83 ans. Près de vingt ans plus tard, on aurait pu penser que, comme certains autres, il aurait un peu quitté notre mémoire. Mais il n’en est rien et beaucoup de ses variétés continuent de briller dans nos jardins. En particulier ses mauves dont on apprécie toujours les teintes mélancoliques, qui ont peut-être leur origine le fait que dans sa jeunesse il habitait près d’une serre, en face d’un grand cimetière de la ville de Kansas City. Sait-on jamais ?

29.1.10


ECHOS DU MONDE DES IRIS

L’American Iris Society en deuil

Le Président en exercice de l’AIS, E. Roy Epperson, est décédé brusquement le week-end dernier. Ce personnage d’aspect sévère, mais doué d’un humour fin et agréable, était venu en France en 2005 pour présider le jury du concours FRANCIRIS 2005. Ceux qui l’ont connu à cette occasion ont pu apprécier son sens du consensus et son autorité naturelle. C’est un grand ami des iris que le microcosme irisarien vient de perdre.










LA COLLECTION DES MÉDAILLÉS

1977


DM : ‘Dream Lover’ (Esther Tams, 71) (Miss Indiana X ( Melodrama xRippling Waters); le triomphe d’un outsider, comme il arrive parfois dans les grandes compétitions.

Wister Medal : ‘Queen of Hearts’ (Opal Brown, 74) ((Grandiflora x Christmas Time) X Buffy); une variété dont on entendra encore parler! !

President’s Cup : ‘Bride’s Halo’ (H. Mohr, 73) (Rainbow Gold X Denver Mint); nouvelle citation pour ce superbe iris.

Franklin-Cook Cup : ‘Sun King’ (Stahly, 77) (Lilac Mist X Meghan); une variété qui est toujours d’actualité.

Walther Cup : ‘Bicentennial’ (Ghio,76) (Peace Offering sib X Ponderosa); un des nombreux descendants des ‘Ponderosa’.

FO : ‘Chamber Music’ (Williamson, 73) (Western Welcome X One Desire); un coloris que l’on rencontre souvent : une plante qui a eu de la chance.

BDM : ‘Annabel Jane’ (Dodsworth, 74) (Sterling Silver X Chamber Music); le premier succès de Brian Dodsworth, un anglais qui en a remporté de nombreux.










LE NOIR LEUR VA SI BIEN

Nous allons parler cette fois des iris noirs. J’ai déjà fait un tour de cette question dans un article publié en octobre 1999 dans le bulletin de l’AIS. Il s’agit maintenant de rafraîchir ce texte déjà vieux de dix ans.

La couleur noire s’obtient en mélangeant à parts égales le jaune, le rouge et le bleu. Quand ces trois couleurs primaires se rencontrent parmi les gènes d’une plante, on peut espérer obtenir du noir. Mais si l’une de ces couleurs vient à manquer, on ne peut que s’approcher du noir, au moyen de divers artifices. C’est ce qui se produit avec les iris où la couleur rouge est absente. Il faut donc se débrouiller avec ce qu’on a pour essayer de faire du noir : c’est un défi pour les hybrideurs. Ils vont jouer avec le jaune, le bleu et le magenta qui sont à leur disposition.

Si on commence par le jaune, on peut s’approcher du noir en saturant de proche en proche le brun. On doit pouvoir obtenir un brun très sombre, comme on qualifie de « noir » un café très fort. Jusqu’à présent c’est la voie la moins recherchée, sans doute parce que c’est la plus difficile.

Avec le bleu, on passe à l’indigo puis au violet, et, de là, il est assez facile de tendre vers le noir.

C’est peut-être surprenant, mais on peut aussi s’approcher du noir en partant du magenta. Via le grenat, le pourpre, on peut obtenir un rouge très foncé proche du noir.

Cela fait 80 ans que les hybrideurs se démènent. Ils sont maintenant arrivés au but. On peut désormais faire le point. A quoi ressemblaient les premiers iris dits noirs ? Comment les choses ont-elles évolué ? Où en est-on aujourd’hui ?

Au début, il y avait les frères Sass, dans le Nebraska, Paul Cook dans l’Indiana et les Schreiner dans l’Oregon. Chacun suivait son propre chemin. Les Sass ont sélectionné les plus sombres de leurs semis issus de leur ligne de bleu et de violet et les ont croisés entre eux. Le résultat a été l’introduction de ‘The Black Douglas’ en 1934. Pour Paul Cook, la voie a été celle de Iris aphylla (petit iris bleu très foncé), qu’il utilisait aussi à d’autres fins dans ses programmes, et il a introduit en 1938 le fameux ‘Sable’, qui fut considéré comme le meilleur noir de son époque, et dont le descendant ‘Sable Night’ (50), encore plus sombre, a obtenu la Médaille de Dykes en 1955. Au moment où ‘Sable’ était mis sur le marché, la maison Schreiner obtenait ‘Ethiop Queen’ (1938), descendant de ‘The Black Douglas’ et d’un semis brun-rouge sombre. Les Schreiner ont continué sur leur lancée et utilisé à leur tour les propriétés d’Iris aphylla et obtenu ‘Black Forest’ (45), qui est devenu la base des noirs modernes.

Les années 70 ont vu apparaître des quantités de fleurs noires de qualité. Celles de Gordon Plough sont remarquables : ‘Swahili’ (65), ‘Study in Black’ (68), puis ‘Black Market’ (73) et ‘Interpol’ (73). On trouve aussi ‘Dusky Dancer’ (Luihn 67), ‘Basic Black’ (Hager 71), ‘Opening Night’ (Gibson 70) et plusieurs « made in Schreiner » comme ‘By Night’ (76), ‘Superstition’ (77), ‘Swazi Princess’ (78)…

Au cours des années 80 la profondeur du noir s’est accrue, accompagnée d’un aspect velouté des tépales qui ajoute à la perfection. Témoins, chez Schreiner, ‘Black Dragon’ (82), ‘Back in Black’ (86), ‘Midnight Express’ (88), chez Maryott ‘Witches’ Sabbath’ (86), chez Stahly ‘Black Flag’ (88), chez Luihn ‘ Blackout’ (88), chez Innerst ‘Before the Storm’ (89)… En France, il n’y a que la famille Anfosso qui se soit intéressée aux iris noirs. Elle nous a donné ‘Calamité’ (82), ‘Bar de Nuit’ (87), ‘Draco’ (88), puis encore ‘Nuit de Chine’ (93) et ‘Nuit Fauve’ (94), son travail s’est alors brusquement arrêté, en ce domaine comme en tout autre d’ailleurs.

Les Schreiner, en revanche, ont maintenu le cap et chaque catalogue a présenté quelque nouveau noir : ‘Night Ruler’ (90), ‘Midnight Dancer’ (91), ‘Hello Darkness’ (92), ‘Black Tie Affair’ (93), ‘Paint it Black’ (94), ‘Old Black Magic’ (96)…

Que peut-on encore espérer en matière d’iris noir ? Il semble bien que le plus gros ait été fait. D’ailleurs les variétés noires qui apparaissent encore n’apportent pas vraiment un gain de saturation mais plutôt des améliorations formelles comme les ondulations des pétales ou le nombre de boutons floraux. Tout le travail des hybrideurs tourne autour de cela ; à partir des variétés noires antérieures. Tous les iris noirs ont au moins pour parent l’une des variétés citées ci-dessus. ‘Night Ruler’ apparaît derrière ‘Midnight Vigil’ (Stahly 2005) et ‘Armorique’ (Madoré 2005) ; ‘Hello Darkness’ est la base la plus utilisée, comme pour ‘Black Phantom’ (Maryott 2001), ‘Dangerous Mood’ (Schreiner 2004), ‘Fade to Black’ (Schreiner 2002), ‘Lord of the Night’ (Sutton G. 2005), ‘Pen Hir’ (Madoré 2001) ou ‘Warranty’ (Johnson T. 2003) ; ‘Black Tie Affair’ est un des parents de ‘Tahitian Pearl’ (Johnson L. 2003) ; ‘Paint it Black’ figure dans le pedigree de ‘Twilight Tear’ (Filardi 2006) ; quant à ‘Old Black Magic’, c’est la « mère » de ‘O’ So Very’ (Brown D. 2005). Et il ne faut pas oublier ceux qui ont utilisé les noirs de la génération précédente, comme Sterling Innerst pour ‘Anvil of Darkness’ (98) ou Sergeï Loktev pour ‘Chiornaya Vdova, « la veuve noire » (2006), qui ont fait usage de ‘Before the Storm’ ; de même Hedgecock s’est servi de ‘Swazi Princess’ pour ‘Cowboy in Black’ (2004) et ‘Dark Past’ (98).

Les iris noirs maintenant jouent sur un autre registre, celui des barbes jaunes ou rouges et celui des bicolores (blanc/ noir ou bleu/noir). ‘Tom Johnson’ (Black 96) mise sur la barbe rouge, ‘Mystérieux’ (Cayeux 2003) joue sur les deux tableaux avec un bleu profond au-dessus d’un noir bien sombre, et des barbes bronze. C’est donc plutôt de ce côté que viendront les nouveautés. Mais il n’y a pas lieu de s’arrêter de faire porter du noir aux grands iris car cette couleur leur va si bien !

22.1.10


LES PLUS BELLES PHOTOS D’IRIS

On avait un peu oublié cette rubrique ! Pour cette fois, c’est une nouvelle et remarquable photo de celle dont le pseudo est « greenorchid » : une grande dame de la photographie.










LA COLLECTION DES MÉDAILLÉS

1976


DM : ‘Kilt Lilt’ (Gibson, 70) (semis X Golden Filigree), un des variegata-plicata les plus brillants, toujourd intéressant au jardin.

Wister Medal : ‘Bride’s Halo’ (H. Mohr 73) (Rainbow Gold X Denver Mint), un futur vainqueur de la DM.

President’s Cup : ‘Queen of Florence’ (Mallory, 76) ((Melodrama x Lynn Hall)x Arctic Flame),couronné à Florence en 75 ; bien oublié depuis.

Franklin-Cook Cup : ‘Blushing Lemon’ (Boushay, 73) (Kingdom x Ultrapoise), jaune, infus de rose orchidée ; resté totalement inconnu.

Walther Cup : ‘Caramba’ (Keppel, 75) ((Wild Ginger x Siva-Siva) X (((Gene Wild x Majorette) x Rococo) x Ballyhoo sib.)) ; c’est l’année des variegata-plicata ! Une variété des plus appréciées à travers le monde.

FO : ‘Dialogue’ (Ghio, 73) (Veneration X ((((Frosted Starlight x (Spanish Peaks x Black Satin)) x ((Cahokia x Pierre Menard) x (Black Forest x Chivalry))) x Penthouse) x (Mahalo x Diplomacy))) ; c’est l’inverse de ‘Mystique’ : très apprécié.

BDM : ‘No Name’ CA (M. Brummitt, 68) (Pacific Splendor x Semis de I. douglasiana) ; première victoire en grande compétition d’un iris de Californie.










PORTRAIT DE PAUL BLACK
par Tom Johnson

Paul Black est à l’heure actuelle l’un des plus grands obtenteurs d’iris. Son ami Tom Johnson en a fait le portrait en 2003, à l’occasion de l’attribution de la « Hybridizer’s Medal ». En voici la traduction. Depuis le palmarès de Black s’est encore accru comme cela était prévisible.

« Paul Black est né dans la partie N. O. de l’Oklahoma, dans une petite ville nommée Guymon. C’est un coin où il ne tombe pas plus de 12 pouces d’eau par an, avec un sol terriblement alcalin, ce qui n’en fait pas l’endroit rêvé pour quelqu’un qui aime les plantes. A la fin de ses années de lycée, Paul est allé à la faculté d’Oklahoma City. Il y a obtenu un diplôme de psychologie et de sociologie et une unité de valeur en commerce.
C’est à sa grand’mère Ruth Black que Paul dit devoir ses talents de jardinier. Il passait son temps chaque été à l’aider à cultiver ses légumes et ses fleurs. C’est aussi dans le jardin de sa grand’mère que Paul a commencé à s’intéresser aux iris. Ruth était une femme de mœurs spartiate, avec des moyens modestes, et les iris qu’elle faisait pousser lui avaient été donnés par une femme qui, à son émerveillement, dépensait parfois 20 ou 25 dollars pour un simple rhizome.

Quand Paul a acheté sa première maison, il s’est souvenu des beaux iris qui se trouvaient dans le jardin de sa grand’mère et il a voulu en planter. Après s’être rendu dans une jardinerie des environs, il a été dirigé vers une association iridophile locale et sa vente annuelle de rhizomes. Paul s’y est rendu et il a acheté quelques plantes. L’employé qui se trouvait là lui a dit que s’il conservait les noms de ces variétés il pourrait les faire participer à une exposition. Au printemps suivant, c’est ce qu’il a fait et il a gagné sa première récompense. Il était accroché !

C’est à une réunion de la Sooner State Iris Society que Paul a rencontré Cleo Palmer et Perry Dyer. Constatant l’enthousiasme de Paul ils ont commencé à l’encourager à se faire la main avec quelques croisements. C’est en 1979 qu’il a fait les premiers et il n’a plus cessé. C’est aussi en 1979 qu’il s’est lancé dans les affaires avec Perry Dyer, qui publiait déjà un catalogue pour son « Contemporary Gardens ». C’est un partenariat qui a duré deux ans. Paul a alors abandonné son travail régulier et a commencé son propre commerce d’iris. Le premier catalogue de « Mid-America Garden » est sorti en 81 et les premières introductions de Paul y ont figuré dans l’édition de 1982. Une de ces premières introductions fut un iris intermédiaire d’un jaune brillant nommé ‘Harlow Gold’. Il a bientôt été un « runner-up » de la Sass Medal et il est encore populaire aujourd’hui. ‘Tiger Print’ (SDB) a été introduit la même année a été le premier iris de Paul à obtenir un AM.

Paul a rapidement compris que sa classe d’iris de prédilection était les SDB. Ce fut un grand succès que de voir, en 82, la première fleur d’un semis numéroté 824 E. Paul a su tout de suite qu’il y avait quelque chose de spécial quand il a vu ces fleurs aux formes amples et bien arrondies. Cet iris a par la suite été nommé ‘Chubby Cheeks’ et été introduit en 85. ‘Chubby Cheeks’ est devenu l’une des variétés de tous les temps les plus utilisées comme parent. Il a permis à Paul d’obtenir sa première Médaille de Cook-Douglas. Ce fut pour Paul une année vraiment bonne car c’est celle de l’introduction du populaire IB ‘Red Zinger’ et du TB remontant ‘Blazing Sunrise’. ‘Bubbling Lace’, TB frisé bleu pâle, et ‘Undersea Adventure’, amoena inversé bleu, sont apparus en 86. En 88 ce fut le tour de ‘Glitz and Glitter’, un iris vivement coloré qui valut à Paul son premier Award of Merit pour un TB. La suite, ce fut le TB ‘Oklahoma Crude’, le SDB ‘Tu-Tu Turquoise’, absolument unique, et le MDB ‘Spot of Tea’ qui apporta à Paul sa première Médaille de Carpane-Welch.
Paul semblait dans une bonne passe, et en 1990 il lui est arrivé un tas de bonnes choses. Le TB ‘Sighs and Whispers’ a remporté un AM en même temps qu’il triomphait au concours de Florence. Cette année a vue également l’introduction du premier AB de Paul, ‘Prairie Thunder’ qui est arrivé à remporter la Médaille de William Mohr en 1998. C’est encore en 1990 qu’ont été introduits deux SDB importants en tant que parents : le magnifique fancy plicata ‘Privileged Character’ et le joli plicata ‘Transcribe’. Mais attendez, ça n’est pas tout ! Ce fut aussi l’année d’introduction du futur vainqueur de la Médaille de Cook-Douglas ‘Pumpin’ Iron’, et du futur vainqueur de la Médaille de Carpane-Welch ‘Cinnamon Apples’. Je vous disais que ce fut une grande année.
Les deux années suivantes ont été marquées par des choses intéressantes comme ‘Inky Dinky’ (SDB, 91) et ‘She Devi’l (AB, 92). C’est aussi en 92 qu’est apparu celui que Paul a baptisé à bon escient ‘Tweety Bird’. Il était tellement excité quand il l’a vu fleurir qu’il a aussitôt appelé Miss Kitty (Kitty Dyer), dont il dit qu’elle a été sa mère en matière d’iris, pour lui demander de venir vite le voir. Eh bien, elle a été dans une telle hâte de voir de quoi il s’agissait qu’elle a attrapé une amende pour excès de vitesse ! L’excitation de Paul à propos de ‘Tweety Bird’ n’était pas exagérée. Avec sa superbe forme ondulée et ses barbes orange, il allait devenir un parent aussi important que ‘Chubby Cheeks’. Il a raté d’un rien la Médaille de Cook-Douglas deux années de suite. Le populaire TB blanc ‘Goldkist’, avec ses épaules dorées et ses veines pourpres a été la vedette des introductions de l’année 1993. Il a obtenu un AM et s’est classé troisième et coloris le plus original au concours de Florence 1995.
En 1993 : tragédie, qui prend la forme de la pourriture des rhizomes. Des années de travail à Mid-America Garden sont perdues en quelques semaines. Beaucoup de merveilleux semis, près à être introduits ont été perdus. Il faudra attendre trois ans avant qu’une liste de grands iris soit de nouveau au catalogue.

En 1994, Thomas Johnson est arrivé du Canada et a pris sa place comme partenaire dans les affaires. Grâce à nos efforts conjoints, les iris barbus sont revenus au catalogue en 1996. Les TB ‘Tom Johnson’ et ‘Ruth Black’ sont apparus cette année-là. En 1997, c’est au tour du violet frisé ‘Lois Parrish’ et du BB ‘Apricot Toping’ à être introduits.

L’année 1998 une fois encore apporte des changements : l’entreprise a déménagé pour Salem, Oregon. Après des années de bataille avec de nombreux problèmes de climat et de maladie, Paul est enfin arrivé au paradis. De passionnantes introductions vont suivre. A noter parmi celles-là le TB ‘Deep Dark Secret’, le MTB ‘Blue Chip Stock’, les IB ‘This and That’ et ‘Sinister Desire’, et les SDB ‘Hot Jazz’ et ‘Hippy Skippy’. En 1999, les TB ‘Big Squeeze’, ‘Habit et ‘Vibrant’ sont mis sur le marché tout comme le MDB ‘Wiggle’.

Le début du nouveau siècle a vu la réalisation de variétés comme l’IB noir à barbe rouge ‘Devil May Care’ ou le plicata lacinié ‘Infinity Ring’. Il existe d’autres variétés remarquables comme les SDB ‘Artful’ et ‘Cachet’ et le délicat et ondulé MDB ‘Tingle’. Cette année-là a vu aussi l’introduction des TB ‘Keeping Up Appearances’ et ‘Dude Ranch’ ; par la suite celui-ci a valu à Paul son deuxième Premio Firenze.

Au fil des années les introductions de Paul ont été récompensées par un total de 93 HM, 22 AM, deux Médailles de Cook-Douglas, deux Médailles de Carpane-Welch et une Médaille de William Mohr. Elles ont également reçu 30 distinctions au concours de Florence, incluant deux Florins d’Or. Son activité ne donne apparemment aucun signe de ralentissement. Un coup d’œil au printemps dans ses planches de semis montre clairement que les SDB continuent d’être ses favoris. Paul a un coup d’œil fantastique pour distinguer les bons modèles et les bonnes couleurs, ses pairs peuvent en témoigner. J’ai vu ses semis, le printemps dernier, je puis dire que le meilleur est encore à venir. » (1)

(1) NDT : Depuis la rédaction de cet article, d’autres récompenses sont arrivées :
2004 = Carpane-Welch Medal pour ‘Dinky Circus’ (MDB)
Walther Cup pour ‘Cat’s Eye’ (SDB)
6 AM
2005 = 4 AM
2006 = 5 AM
2007 = Knowlton Medal pour ‘Go for Bold’ (BB)
6 AM
2008 = Cook Douglas medal pour ‘Cat’s Eye’ (SDB)
Walther Cup pour ‘Bluebeard’s Ghost’ (SDB)
6 AM
2009 = Cook Douglas Medal pour ‘Puddy Tat’ (SDB)
H J Sass Medal pour ‘Devil May Care’ (IB)
Randlph-Perry Medal pour ‘Dolce’ (Spec X)
Walther Cup pour ‘Bundle of Love’ (BB)
5 AM