14.10.11

2011 : LES TROPHÉES

A l’exception de la médaille australienne de Dykes, toutes les récompenses de 2011 sont maintenant distribuées. En voici la récapitulation.

1- Etats Unis
DYKES MEDAL US/
• ‘Paul Black’ (Thomas Johnson, 2003)
devant :
· ‘Daughter of Stars’ (Donald Spoon, 2000)
· et ‘Starring’ (Joseph Ghio, 1999)
WISTER MEDAL (meilleur T.B.):
• ‘Décadence’(Barry Blyth, 2004)
• ‘Wintry Sky’ (Keith Keppel, 2002)
• ‘Crackling Caldera’ (Terry Aitken, 2003)
KNOWLTON MEDAL (meilleur B.B.):
• ‘Eye Candy’ (Keith Keppel, 2004)
HANS AND JACOB SASS MEDAL (meilleur I.B.):
• ‘Ruby Slippers’ (Keith Keppel, 2002)
COOK DOUGLAS MEDAL (meilleur S.D.B.):
• ‘Ultimate’ (Thomas Johnson, 2003)
WALTHER CUP (meilleur espoir, tous types confondus):
• SDB ‘Eye Of The Tiger’ (Paul Black, 2008)
PRESIDENT’S CUP (meilleure variété originaire de la région organisatrice de la Convention) :
• IB ‘Dazzling’ (P. Black, 2008)
FRANKLIN COOK MEDAL (meilleure variété obtenue hors de la région organisatrice de la Convention)
• SIB ‘Ginger Swift’ (Schafer/Sacks, 2009)
HAGER CUP (meilleure variété autre que T .B. quelle que soit sa provenance e) :
• IB ‘Dazzling’ (P. Black, 2008)

SYMPOSIUM (concours de popularité) – Top 20.
1 DUSKY CHALLENGER (Schreiner, 1986)
2 QUEEN'S CIRCLE (F. Kerr, 2000)
3 CONJURATION (M. Byers, 1989)
4 JESSE'S SONG (B. Williamson, 1983)
5 PAUL BLACK (T. Johnson, 2003)
6 GYPSY LORD (K. Keppel, 2005)
7 DECADENCE (Barry Blyth, 2004)
8 SEA POWER (K. Keppel, 1999)
9 THORNBIRD (M. Byers, 1989)
10 SILVERADO (Schreiner, 1987)
11 GOLDEN PANTHER (R. Tasco, 2000)
12 DRAMA QUEEN (K. Keppel, 2003)
13 STAIRWAY TO HEAVEN (L. Lauer, 1993)
14 FLORENTINE SILK (K. Keppel, 2004)
15 MESMERIZER (M. Byers, 1991)
16 HAPPENSTANCE (K. Keppel, 2000)
17 BEVERLY SILLS (B. Hager, 1979)
18 STEPPING OUT (Schreiner,1964)
19 BEFORE THE STORM (S. Innerst, 1989)
20 DAUGHTER OF STARS (D. Spoon, 2000)

2- Italie
PREMIO FIRENZE
• Florin d’or: ‘SILK ROAD’ (Keith Keppel, 2007)
• ‘EGEO’ (Tiziano Dotto, 2011)
• ‘CLOUDSCAPE’ (Paul Black, 2007)
• ‘SPOT ON’ (Michael Sutton, 2007)

3- France
FRANCIRIS 2011
• 1 : ALEUTIAN ISLANDS (M. Sutton, 2007)
• 2 : semis LAPORTE 00 – jaune frisé (B. Laporte, NR)
• 3 : DANUBE DU BARRY (R.L. Vasquez-Poupin, 2007)
CRITERIUM DU PUBLIC
· ‘GRENADE’ (R. Cayeux, 2007)
· ALEUTIAN ISLANDS (M. Sutton, 2007)
· Semis bleu Dietmar GÖRBITZ

4- Allemagne
COMPETITION INTERNATIONALE :
• ‘ Comme un Volcan’ (Michèle Bersillon, 2010)
• ‘Ciel et Mer’ (Richard Cayeux, 2007)
• ‘ Coup de Soleil’ (Richard Cayeux, 2006)
COMPETITION NATIONALE :
• ‘Detmolder Schlossgarten’ (Siegmar Görbitz, 2009)
• ‘Sabine’ (Manfred Beer, 2009)
• Semis BL 55/10 (Bernhard Lesche)

5- Europe Centrale
COMPETITION INTERNATIONALE
Pas de concours en 2011
COMPETITIONS NATIONALES
Pas de concours en 2011


6- Russie
COMPETITION INTERNATIONALE
a. ‘Money in your Pocket’ (P. Black, 2007)
COMPETITION NATIONALE
b. ‘Maks Shtirner’ (Loktev, 2008)

7- Grande Bretagne
DYKES MEDAL
Pas attribuée (dernière attribution en 2008)

8- Australie (2010)
AUSTRALIAN DYKES MEDAL
· Amenort (Grosvenor, 2001)

7.10.11

QUELQUES DÉFINITIONS

Deuxième série :
AMOENA = Pétales blancs et sépales avec pigments anthocyaniques ;
Et AMOENA INVERSÉ = Pétales avec pigments anthocyaniques , sépales blancs. Dans ce cas on parle en Amérique de « dark top ».
Et si on a des pétales blancs et des sépales étroitement ourlés de pigments anthocyaniques, c’est à dire si le gène inhibiteur des pigments anthocyaniques a envahi le haut des sépales, on parle du MODÈLE ‘EMMA COOK’.
· ‘Wabash' (E.B. Williamson, 1936) : que l’ont peut considérer comme le premier amoena véritable.
· Semis de L. Ransom : un bel amoena inversé.



· ‘Quiberon’ (Madoré, 2005): représentant du modèle ‘Emma Cook’.
· Semis de Loïc Tasquier : parce que les amoenas peuvent aussi être d’une autre couleur que le bleu.

LA FLEUR DU MOIS



‘DOELAN’



Madoré, NR

Il paraît que Gérard Madoré s’est éloigné de l’hybridation des iris. C’est bien dommage ! Je suis un fervent admirateur de son travail et les variétés de lui qui sont dans mon jardin sont parmi celles que je préfère. Cela concerne en particulier ‘Doelan’ une variété que j’ai plantée en 2009 et qui, après un début laborieux, a remarquablement fleuri le printemps dernier, après une pousse vigoureuse.

Est-ce un signe du désintérêt que semble maintenant manifester le meunier de Kervin (comme je l’appelle) ? Ce ‘Doelan’ qui me plait tellement n’a pas été enregistré. J’en ai obtenu le pedigree, heureusement. Il s’agit de (American Beauty X (Conjuration x Skyblaze)).

Les amoenas « bleu-blanc-rouge » font partie, avec les iris oranges et les iris roses, notamment, des lignes de recherche amorcées par Gérard Madoré. Pour ce travail il a choisi le croisement (Conjuration x Skyblaze) dont il a fait la base de son programme. Il l’a recroisé essentiellement avec un autre de ses croisements, (Rébecca Perret x In Town), dans les deux sens, mais aussi avec ‘American Beauty’ (Shoop, 1985) ou ‘Sately Art’ (Aitken, 1997).

Le couple (Conjuration x Skyblaze) n’a pas été enregistré en tant que tel, mais il doit se situer dans la ligne de ‘Conjuration’, c’est à dire un semi-amoena bleu avec barbes oranges, dont ‘Skyblaze’ n’a pu que renforcer la couleur des barbes. Le fait de le recroiser avec un autre « bleu-blanc-rouge » comme le couple (Rébecca Perret x In Town), ou un bleu à barbes rouges comme ‘Stately Art’ a été fait dans le but d’améliorer le contraste ou la vivacité des barbes.

‘American Beauty’ (Shoop, 1985) est une autre amorce de « bleu-blanc-rouge ». Il descend d’un frère de semis de ‘Delphi’ (Shoop, 1979), variété dont on connaît le rôle dans la production des amoenas bleus à barbes rouges, en particulier dans la production de Richard Cayeux. Son principal défaut est d’être plutôt terne, notamment aux sépales. ‘Doelan’ est le seul semis « bleu-blanc-rouge » à l’avoir dans son pedigree. C’est peut-être pour cela, d’ailleurs, qu’il n’est pas parfaitement au type. Il se présente avec des pétales blancs sous lesquels les styles se parent de bleu, et des sépales d’un beau bleu pâle devenant plus sombres le long de la veine centrale. Les barbes sont oranges, un peu bronzées. Mais ses couleurs ne constituent pas son seul mérite. Les fortes ondulations donnent aux fleurs beaucoup de charme et leur grâce est accrue par le fait qu’elles sont de taille moyenne, sans lourdeur, bien étagées le long de la tige, et en nombre important (8 à 10), ce qui garantit une longue période de floraison. La photo ci-dessus rend tout à fait justice à cet iris vraiment bien réussi.

Verra-t-on un jour de nouvelles variétés signées Madoré ? Après ‘Doelan’ on ne pourrait qu’être désolé si l’expérience devait s’arrêter là.

UNE HISTOIRE DE PÉTALES







Cet été, sur le forum du site de la SFIB, les hybrideurs amateurs ont échangé leurs impressions sur leurs dernières obtentions, photos à l’appui. Ce sont ces discussions qui m’ont donné l’idée de la présente chronique.

On ne peut pas parler des iris sans évoquer leurs fleurs. C’est pour cela qu’on les cultive, n’est-ce pas ? Mais depuis la fleur des origines jusqu’à celle d’aujourd’hui, bien des changements sont intervenus. Prenons la fleur d’un classique I. pallida et celle d’une variété récente comme ‘Hollywood Nights’ (Duncan, 2000), challenger pour la DM de 2011 : les différences sautent aux yeux. On est passé d’une plante naturelle, pratiquement sauvage, à quelque chose de savamment élaboré, fruit d’une sélection établie sur une vingtaine de générations.

Dans la fleur naturelle, les pétales sont là pour offrir aux organes sexuels de la plante un écrin à la fois protecteur et attrayant. La fleur, c’est ce que la plante a de plus beau et de plus utile à présenter. Chez l’iris botanique les pétales en forme de dôme, ont pour but de protéger les parties intimes et fragiles de la plante. Il ne faut pas que la pluie vienne délaver le pistil et anéantir la fécondation en cours ; il ne faut pas que le soleil dessèche les étamines (mais il ne faut pas non plus que l’humidité ne rende le pollen trop collant et impossible à déposer correctement sur les lèvres du style). Les pétales sont à la fois un parasol et un parapluie. Leurs couleurs ont un autre but : attirer l’attention des insectes pollinisateurs. Et l’on pourrait aussi parler du rôle des sépales. La nature a tout prévu pour la pérennisation de l’espèce ! A partir de cela, l’homme, qui a vu le côté esthétique de la fleur, a cherché à améliorer celui-ci. Il a donc orienté les évolutions de la fleur vers ce qu’il a trouvé de plus beau, de plus attrayant. Les pétales ont constitué l’un des champs de sa recherche de la beauté.

Des pétales en dôme classiques, il a fait évoluer la fleur dans plusieurs directions, en fonction de ses goûts et, il faut bien le reconnaître, un peu en fonction de la mode. L’apparition des ondulations, puis des bords frisés, ont été des aubaines qu’il n’a pas laissé passer. Les unes et les autres ont ajouté quelque chose d’important à la fleur. Les ondulations, en plus d’être esthétiques, ont donné de la tenue aux pièces florales car la minceur du tissu floral avait l’inconvénient de faire que les pétales s’effondrent rapidement, dès que leur vieillissement naturel ou les effets des intempéries intervenaient. Les bords crêpés, eux, n’avaient pas d’autre intérêt que de rendre la fleur plus charmante, mais c’est très important dans une recherche de la beauté. Cependant d’autres modifications accidentelles de la fleur sont intervenues et ont été exploitées. Par exemple la forme en dôme des pétales a fini par lasser quelque peu. Or certaines fleurs présentaient des pétales qui, au lieu de s’épanouir, restaient turbinés ou fermement dressés, ne s’ouvrant que sur le tard. C’est un aspect qui a été développé et, dans les années 60/70, largement utilisé. A l’avantage esthétique s’ajoutait une prolongation de la durée de vie de la fleur. ‘Cotignac’, une obtention d’Igor Fédoroff, non enregistrée, est exemplaire sur ce sujet. Les pétales dressés ont eu beaucoup de succès. Puis on a recherché des pétales qui, tout en conservant une certaine rigidité, s’ouvraient au lieu de se courber en dôme. La fleur était ainsi moins raide. Ce fut la période de « la tasse et la soucoupe » : des pétales ouverts à la façon d’une corolle de tulipe, et des sépales très horizontaux. ‘Decipher’ (Ghio, 1996) se présente comme cela. Mais le risque, avec des pétales s’ouvrant vers le haut, c’est qu’ils ne s’écartent trop et donnent à la fleur un aspect échevelé, propre seulement aux fleurs en fin de vie, mais qu’on n’a pas envie de rencontrer sur une fleur à pleine maturité. C’est pourtant un aspect qui a ses adeptes et dont certains hybrideurs ont fait leur marque de fabrique. Barry Blyth est aujourd’hui dans ce cas, et ‘Dragon Dance’ (2010) en est l’illustration. Ces temps derniers une autre évolution des pétales a été mise en avant : des ondulations abondantes et d’une ampleur accrue qui confèrent à la fleur l’apparence bouillonnée des jupons de danseuses de french-cancan. C’est un grand succès commercial et beaucoup d’obtenteurs recherchent ce développement dont ‘Sea Power’ (Keppel, 1999 –DM 2006) est le porte-drapeau.
L’évolution des pétales chez les iris nains n’a pas été très différente de celle des grands iris. A ceci près que le nombre des générations qui se sont succédées depuis le début de leur hybridation est très nettement plus réduit : la culture des MDB, SDB, MTB est relativement récente. On pourrait par conséquent penser que les nains d’aujourd’hui sont voisins des grands ayant un même nombre de générations d’hybridation derrière eux. Mais comme les uns et les autres comportent de très nombreux gènes de grands iris, introduits lors des croisements inter-catégoriels, les caractéristiques de ces derniers apparaissent maintenant partout, et sans tenir compte de la différence de générations. En ce qui concerne les pétales, on trouve chez les iris nains des variétés avec des pétales en dômes, d’autres avec des pétales dressés, d’autres aussi avec des pétales ouverts… L’exemple des produits du croisement (Candy Walk X Cimarron Rose) donné lors du débat sur le forum de la SFIB, est démonstratif de ce télescopage. ‘Cimarron Rose’ (Nichols, 1990) est d’aspect très traditionnel, avec des pétales plutôt ouverts. ‘Candy Walk’ (Barry Blyth, 1985) exagère le côté ouvert des pétales jusqu’à l’extrême. Les produits de ce croisement pourraient accumuler les handicaps, mais parmi les semis observés et photographiés par Loïc Tasquier, on trouve de tout : des plantes à la manière des iris des années d’avant guerre (E 430 B), des fleurs semblables à des miniatures de grands iris (E 170 C), des pétales largement ouverts (E 101 B)… C’est à l’obtenteur de faire le choix en fonction de ses goûts !
On n’en a sûrement pas fini avec les pétales. D’autres évolutions viendront, au gré des sélections et en fonction des tendances et des modes. L’avenir des iris est, comme certains pétales, largement ouvert.

29.9.11

ECHOS DU MONDE DES IRIS

Cooley’s Gardens for ever

C’est fini ! L’archi-célèbre maison Cooley a fermé définitivement ces jours derniers. C’est un coup de tonnerre dans le monde des iris. Depuis la disparition prématurée de son animateur Richard Ernst, la maison était en sursis…

Elle a été créée en 1923 quand Rholin et Pauline Cooley ont planté leur premier iris dans leur jardin de Silverton. C’était une plante qu’ils avaient reçue en cadeau, mais elle a été le point de départ de ce qui fut l’une des plus importantes entreprises d’iris dans le monde, en compétition vive mais courtoise avec sa voisine Schreiner’s Gardens, pour obtenir la première place. On imagine mal qu’elle puisse cultiver plus de 7 millions de rhizomes de grands iris chaque année !

Son catalogue, remarquablement présenté, était une référence universelle depuis son apparition en 1928.

On ne sait pas encore ce que va devenir l’énorme collection de variétés et le stock impressionnant (la production annuelle étaient, ces temps derniers, supérieure à 7 millions de rhizomes !).

ECHOS DU MONDE DES IRIS




John Weiler

L’obtenteur californien John Weiler est décédé le 11 septembre 2011. Il avait 90 ans. Il s’est distingué au cours de sa longue carrière d’hybrideur par l’obtention de magnifiques SDB comme ‘Little Blue Eyes’ (1993), Médaille Cook-Douglas en 2002, et, chez les grands iris, notamment par des iris jaunes et orange (‘Jolt’, ‘Fame’, ‘Fresno Frolic’, ‘Throb’…) qui ont fait sa célébrité, ainsi que par ‘Navajo Jewel’ (1984) très connu et répandu partout dans le monde. Il s’est également

QUELQUES DÉFINITIONS






Intéressantes, proposées par la Société des Iris Remontants (Reblooming Iris Society) voici quelques définitions auxquelles j’ai ajouté quelques autres, de mon cru, ainsi que quelques commentaires et explications. Pour les illustrer : chaque semaine quelques jolies photos. Voici la première livraison :

SELF = pétales, bras du style et sépales sont de la même couleur, chez le self total les barbes sont aussi de la même couleur. En bon français on devrait dire « unicolore ».
· ‘Nicole Lassailly’ (F. Cayeux, 1937): un self tel qu’on les faisait dans les années 30.
· ‘Carolina Gold’ (L. Powell, 1970): la forme a un peu vieilli, mais la couleur reste lumineuse.
· ‘Cascade Pass’ (Cooper, 1970) : un blanc classique, mais superbe.
· ‘Blackout’ (Luihn, 1986): longtemps considéré comme le plus noir. A l’origine de bien des noirs actuels.

LES CLEFS DU ROYAUME





Nous allons évoquer cette fois certains de ces « key breeders », comme disent les auteurs américains, qu’on peut désigner en français par le nom de « variétés de base ». Il s’agit de ces iris qui ont été à l’origine d’un nouveau modèle de fleurs ou d’une avancée significative dans un modèle déterminé. Ces variétés-là sont des clefs du royaume des iris.

Parce que si l’on a quelque fois l’impression que les hybrideurs ne font que reproduire à l’infini un certain modèle, il arrive qu’ils mettent sur le marché des variétés franchement nouvelles ou qui apportent quelque changement dans un domaine qu’on estimait éculé.

Prenez le cas de ‘Sky Hooks’ (Osborne, 1980). Des iris à éperons, il y en a eu avant lui (il descend de toute une lignée de « space age » obtenus par Lloyd Austin), mais par ses qualités propres il a apporté un plus que les hybrideurs du monde entier ont exploité assidûment. On peut donc lui attribuer le qualificatif de « variété de base », même s’il n’est pas lui-même le premier de la lignée. Pourquoi a-t-il été aussi abondamment exploité en hybridation ? Je vois quatre raisons :
· La qualité et l’élégance de ses éperons (même s’ils ne sont pas vraiment spectaculaires) ;
· La forme parfaite de sa fleur ;
· Son coloris doux et agréable ;
· Sa grande fertilité, dans les deux sens.
Ces qualités, il les a transmises à ses descendants avec une grande régularité et dans leur liste on trouve ‘Conjuration’ (Byers, 1989 – DM 1998), ‘Mesmerizer’ (Byers, 1991 - DM 2002), et ‘Thornbird’ (Byers, 1989 – DM 1997) : rien que du beau monde ! On peut ajouter qu’à la génération suivante, descendant de ‘Conjuration’, il y a ‘Aurélie’ (R. Cayeux, 2002 – FO 2007).

La paternité du modèle « distallata » appartient à la fine équipe Ghio/Keppel. Ces deux vieux briscards, souvent complices, ont élaboré une savante salade génétique dont est issu ce nouveau modèle de fleur où le blanc pur des pétales, souvent bordé de jaune d’or, s’allie à des sépales également blancs mais lavés de rose ou de bleu et griffés de grenat ou de pourpre. La variété de base pourrait être ‘Prototype’ (Ghio, 2000), à moins que ce ne soit ‘Quandary’ (Keppel, 2001), même si ‘Puccini’ (Ghio, 1998) est apparu avant les autres bien qu’il soit un descendant du premier nommé. Votons pour ‘Prototype’ au nom si opportunément choisi. Ce qui singularise cette variété et en font une autre « variété de base », ce sont ces pétales blancs, très légèrement frisés, ces sépales, blanc rosé, qui sont finement veinés d’amarante sur le tiers inférieur, et ces épaules fortement marquées de jaune pêche. Ces traits qui proviendraient de ‘Fancy Tales’ (Shoop, 1980) ont déclenché un véritable engouement. A tel point qu’on a l’impression, aujourd’hui, qu’un hybrideur (surtout américain) se croirait déshonoré s’il ne mettait pas à son catalogue « son » distallata !

Quelque chose de voisin était apparu au même moment chez un autre grand hybrideur, Richard Ernst. Il s’agit de ‘Ring Around Rosie’ (2000). Dans ce modèle on retrouve les pétales blancs, finement ourlés de jaune clair, et les sépales blancs bordés de jaune pêche. Mais au lieu des griffures propres au modèle ‘Prototype’, ce sont des picots façon plicata qui occupent le centre des sépales.

‘Prototype’ et ‘Ring Around Rosie’ sont cousins et cela se voit. Les obtenteurs n’ont pas tardé à réunir les deux lignées, de sorte que maintenant on peut dire qu’elles n’en forment plus qu’une. Voici donc un modèle, très populaire qui a une origine bifide très originale.

Une autre direction, qui rencontre un succès planétaire, est celle indiquée par ‘Decadence’ (B. Blyth, 2004). Mais peut-on dire que ce ‘Decadence’ soit une « variété de base » ? En fait il semble n’être que l’aboutissement d’une recherche en vue d’obtenir un iris aux pièces florales frisées et bouillonnées : en quelque sorte un faux iris double. Dans une récente chronique j’ai détaillé les origines de ce ’Décadence’ et remonté cinq générations, au fil desquelles les ondulations et les crêpelures se sont peu à peu accentuées. Néanmoins l’appellation « variété de base » peut lui être affectée puisque Blyth lui-même et un grand nombre d’hybrideurs – plus souvent amateurs que professionnels, il faut le reconnaître – se sont jetés à sa suite dans l’espoir de reproduire ces fameux bouillonnés. Malheureusement pour eux, cette abondance de frous-frous n’est pas le trait que ‘Décadence’ confie le plus généreusement à ses descendants, et sur la soixantaine de rejetons directs que je lui connais, à peine un tiers en sont dotés. Comme quoi on peut être chef de file et ne pas donner franchement l’exemple !

Au cours de l’histoire des iris il y a eu beaucoup d’autres « variétés de base », les exemples choisis aujourd’hui ne sont là que pour donner une idée de ce que sont ces iris dont on retiendra le nom au cours des temps car ils ouvrent certaines des portes du royaume.

Illustrations :
· ‘Sky Hooks’ (Osborne, 1980)
· ‘Prototype’ (Ghio, 2000)
· ‘Ring Around Rosie’ (Ernst, 2000)
· ‘Italian Master’ (Blyth, 2009) – descendant de ‘Decadence’.

23.9.11

AU BONHEUR DES DAMES




XI. Dames de France

Pour finir cette longue liste d’iris dédiés aux femmes, un dernier bouquet de quatre dédicaces :

· 1 ‘Arlette Dalvard’ (Georges Dalvard, 2000) (Chartreuse Ruffles x Warm Gold)
· 2 ‘Colette Thurillet’ (Jean Cayeux, 1989) (Gypsy Caravan x Ringo)
· 3 ‘Piroska’ (Jean Cayeux, 1976) (Marilyn C x Orange Chariot)
· 4 ‘Typhaine François’ (Jean-Jacques François, 2000) (Jean Hoffmeister X inconnu)

1 = Epouse de l’obtenteur ;
2 = Amie de la famille Cayeux ;
3 = Surnom de l’épouse hongroise de Roger Renard, amis des Cayeux.
4 = Fille de l’obtenteur.

ECHOS DU MONDE DES IRIS


Les 100 préférés (des Américains).


Allez là pour voir les 100 variétés préférées des Américains en cette année 2011 : http://wiki.irises.org/bin/view/Main/InfoPopularityPoll2010Symposium

Beau panachage d’anciens et de modernes.

MON COUSIN DU CANADA




L’un des iris les plus fameux s’appelle tout simplement ‘Great Lakes’ (Cousins, 1938). Il a presque 75 ans mais on parle encore de lui comme si c’était une variété récente.

Voici ce que dit « The World of Irises » à propos de ses origines : « Le pedigree exact de ‘Great Lakes’ n’est pas connu. La fiche d’enregistrement indique qu’il vient de semis de ‘Dominion’ et de ‘Conquistador’. L’obtenteur a reconnu que ses renseignements étaient incomplets et que les parties non-enregistrées du pedigree pourraient être aussi bien des variétés enregistrées que des semis. Il se pourrait que ‘Crusader’ et/ou le bitone lavande ‘Lady Foster’ en fasse partie. » Nous voici donc en face d’une de ces nombreuses zones d’ombre qui dissimulent beaucoup de ces variétés basiques dont l’histoire des iris est jalonnée. Quoi qu’il en soit un mot des quatre parents possibles ne serait pas mal venu.

‘Dominion’ est régulièrement cité quand on aborde la question de la transition diploïde/tétraploïde. Le grand hybrideur anglais Arthur Bliss est l’obtenteur de cet iris fameux entre tous. Il a croisé pour l’obtenir ‘Cordelia’ (Parker, circa 1880), bitone diploïde lilas/prune et l’un de ces iris du Moyen-Orient dont à l’époque on admirait les fortes proportions, ‘Macrantha’ (qu’en France on appelle ‘Amas’). Et Dominion a hérité de la tétraploïdie de son parent mâle. ‘Dominion’, nous dit encore « The World of Irises », est « un riche violet bitone de substance épaisse avec des sépales ondulés d’une texture veloutée » qui « est considéré par beaucoup de gens comme le plus important des nouveaux iris tétraploïdes ». Voilà pour ce phénomène.

Avec ‘Conquistador’ on franchit l’Atlantique et même le continent américain pour atteindre la Californie où William Mohr était installé. C’est en 1923 qu’il a obtenu le bleu clair ‘Conquistador’. Une nouvelle fois il s’agit d’un croisement entre diploïde et tétraploïde, et une nouvelle fois le résultat fut tétraploïde. A ce sujet, Clarence Mahan a écrit ceci : « Mohr a réussi en croisant le diploïde ‘Juniata’ avec le species I. mesopotamica. ‘Conquistador en fut le résultat, et les exceptionnels descendants de ce dernier sont légion et comprennent le premier iris à remporter la Médaille de Dykes – ‘San Francisco’. »

On se perd un peu entre toutes ces espèces qui ont apporté en Occident cette fameuse tétraploïdie. En Grande Bretagne, Michael Foster, Arthur Bliss et les autres ont parlé de ‘Macrantha’, donnant ainsi un nom d’hybride à une espèce qu’en France, commettant la même erreur, on a appelée ‘Amas’. Aux Etats-Unis on a conservé une dénomination propre aux espèces, et, au gré des lieux où ces espèces ont été prélevées, on leur a donné le nom de I. cypriana, I. trojana, I. kashmiriana ou I. mesopotamica. En fait on est aujourd’hui a peu près convaincu que sous ces diverses appellations se cache une seule véritable espèce, avec des variantes d’aspect purement régionales.

‘Crusader’ et ‘Lady Foster’, les deux autres géniteurs possibles de ‘Great Lakes’ sont anglais. Ils ont été obtenus en 1913 par sir Michael Foster par croisement d’une de ces soi-disant espèces, I. cypriana, avec l’antique diploïde européen I. pallida. Tous les deux sont de belles fleurs, dans les tons de mauve, de bleu violet ou d’indigo.

‘Great Lakes’ se trouve donc être un « bleu de bleu ». Il n’est pas américain, mais canadien, ce qui fait de lui le seul iris titulaire de la DM qui ne soit pas né aux Etats Unis. Cette médaille, décrochée en 1942, a fait de lui une vedette dans le continent nord-américain. En Europe, à l’époque, on avait d’autres sujets de préoccupation que les iris, et quand on a recommencé à s’intéresser à cette fleur, ‘Great Lakes’ n’était plus d’actualité. C’est la raison pour laquelle c’est exclusivement en Amérique que sont apparus les innombrables descendants de ce monument. Croisé à un autre médaillé, ‘Missouri’ (Grinter, 1932, DM 1937), il a donné naissance à ‘Chivalry’ (Wills, 1943, DM 1947), lequel est à l’origine de ‘Blue Sapphire’ (Schreiner, 1953, DM 1958). Par une autre ligne ‘Great Lakes’ est également dans le pedigree de ‘Helen McGregor’ (Graves, 1943, DM 1949). Par la suite, toutes les lignées se sont plus ou moins mélangées entre elles, de sorte qu’on peut affirmer que les variétés actuelles d’ iris bleus comportent une part de l’ADN de ‘Great Lakes’. Et voilà pourquoi ‘Great Lakes’ est un élément fondamental de l’iridophilie.

16.9.11

AU BONHEUR DES DAMES




X. Signore e signorine


Nos voisins du sud-est ont aussi leurs iris dédiées à des dames, ceux-ci en font partie :

· 1 ‘Mary Senni’ (Armand Millet, 1930) (non précisé)
· 2 ‘Bianca Micheletta’ (Augusto Bianco, 2004) ((Hannover Red x Skyship)x Raspberry Fudge)
· 3 ‘Zia Ida’ (Augusto Bianco, 2003) (de Color Brite, Sunrise Sunset, Shenanigan, Planned Treasure, Olympiad...)
· 4 ‘Sorriso di Alice’ (Roberto Marucchi, 2008) (Alizés X Romantic Evening)


1 = Obtentrice et bienfaitrice du monde des iris ;
2 = Journaliste, auteur de livres sur le jardinage ;
3 = Professeur, amatrice d’iris ;
4 = variété baptisée en souvenir de la petite fille de l’obtenteur.

ECHOS DU MONDE DES IRIS


Record du monde ?

J’ai compté ! Entre 1997 et 2001 l’obtenteur russe Viatcheslaw Gavrilin a enregistré quatorze variétés de TB issues du même croisement ! Cette prolifique lignée a pour pedigree (Fiesta Time X Starcrest). Dans ce choix, il y en a pour tous les goûts, mais combien valaient vraiment la peine d’être enregistrés ?

Francesca THOOLEN

Dans le dernier bulletin de l’AIS, j’ai lu la chronique obituaire de Franesca Thoolen. Je ne l’ai jamais rencontrée, mais nous avons correspondu plusieurs fois, en français, qui plus est, et j’avais beaucoup de sympathie pour cette vieille dame.

Si elle prenait plaisir à manier notre langue, c’est qu’elle avait été élevée en France, du temps que son père avait travaillé à l’ambassade américaine à Paris. Elle avait conservé un indéfectible amour de notre pays et, avait profité de cela et de sa facilité d’expression dans notre langue pour représenter l’AIS au congrès des iris d’Orléans, en 1978.

C’était une passionnée d’iris arils et aribreds. Elle a d’ailleurs exercé des responsabilités dans la American Aril Society, en même temps qu’à l’AIS où elle a laissé le souvenir d’une personne énergique et intelligente. Ces qualités se reflétait dans ses correspondances.

Sa disparition m’a fait de la peine, c’est pourquoi j’en parle ici.

UNE HISTOIRE DE FEUILLES




Après les rhizomes, les racines et les sexes, abordons maintenant la question des feuilles.

Les iris ne sont pas réputés pour la beauté de leur feuillage. Dans un pastiche de « Pour un herbier » de madame Colette, j’ai dit : « L’iris, au demeurant, n’est pas une fleur discrète : c’est un chevalier, un souverain. Observons avec quel dédain se dresse sa fleur, au sommet de la hampe. Il est fier et dominateur, et ses feuilles acérées et dressées lui font une garde rapprochée raide et menaçante. » Oui, les feuilles d’iris, avec leur rigidité de glaive, n’ont guère de grâce ! Mais cette apparence rébarbative n’est que la résultante du rôle qu’elles jouent dans l’écologie de la plante.

L’iris, du moins l’iris des jardins, est un cocktail d’espèces presque toutes issues de régions où l’eau est rare. Que ce soit l’Europe méditerranéenne ou les collines arides du Moyen-Orient. Il s’est donc adapté aux conditions de l’endroit où il pousse. Car les plantes ne peuvent pas faire autrement. Elles ont choisi, à l’aube des temps, de vivre sans se déplacer. Elles ont donc l’impérative nécessité de développer des stratégies qui leur permettent de croître et de prospérer là où le hasard les a fait naître. Au fil des millénaires elles se sont transformées dans le seul but de survivre. L’iris a choisi des régions sèches et souvent brûlantes : il a fait son affaire de ces conditions.

Il a concentré ses forces vives dans un rhizome charnu où il entrepose ses réserves alimentaires, pour les longues périodes où il a l’obligation de s’économiser et pour celle où il va devoir fournir un effort important qu’une alimentation par les seules racines n’est pas en mesure de soutenir (pousse printanière, floraison, formation des graines…). Il a néanmoins besoin d’eau et, là où il y en a peu, et rarement, il a créé un appareil capable de recueillir la moindre goutte d’une ressource vitale. Une feuille d’iris est un capteur d’eau. Se dressant verticalement, il tend vers le ciel ses lames plates et nervurées longitudinalement pour canaliser le liquide. La moindre humidité de l’air poussée par le vent est arrêtée par cet obstacle. A son contact elle se condense et forme de minuscules gouttes qui vont glisser, entraînées par la gravité, vers la base de la plante. Les aiguilles des conifères ou les feuilles minuscules des autres plantes des milieux arides jouent le même rôle.

L’eau ainsi arrêtée va abreuver le rhizome quand les racines peinent à trouver dans le sol desséché ce qu’il faut d’humidité pour que vive l’iris. C’est pourquoi cet iris si frugal va se plaire sur les talus et les surfaces pentues. Il en est même venu à redouter l’eau quand elle s’attarde sur le sol : gare, alors, à la pourriture !

Le rôle de la feuille d’iris ne se résume pas à récupérer l’eau du ciel. Il est essentiellement, de permettre la photosynthèse et, par conséquent, l’alimentation de la plante en carbone transformé ensuite en glucides lesquels constituent l’élément principal de la chair du rhizome. Sans feuilles l’iris ne peut pas vivre, c’est pourquoi il est inutile, et même déconseillé, de les couper ou de les enlever avant leur complet dessèchement ou la fin de leur période de végétation active.

En effet, comme tout élément vivant, une feuille d’iris ne dure qu’un temps. Un temps relativement long, marqué par une croissance ultra rapide, une existence de quelques mois, puis une fin programmée au moment où la plante s’installe pour l’hiver. Au début du printemps la feuille n’est qu’une amorce de feuillage, haute de quelques centimètres, qui se met à grandir d’environ un centimètre par jour, jusqu’à atteindre une taille de 60 cm environ pour les grands iris. Cette croissance s’effectue à partir de la base de la feuille, comme chez les poacées, ce qui fait que celle-ci peut être épointée sans que la pousse soit interrompue. D’un vert moyen, plutôt clair, elle conserve sa fraîcheur pendant toute la durée de la période de floraison (l’anthèse comme disent les savants), puis elle commence son déclin. Bien souvent celui-ci se manifeste par l’apparition de piqûres virales qui lui font perdre de sa superbe sans affecter la plante elle-même. Pour en finir, elle se dessèche en commençant par la pointe, mais la dessiccation atteint peu à peu tout le limbe. Elle ne se détache pas facilement du rhizome auquel elle tient fortement ; ce n’est que lorsqu’elle est totalement ratatinée qu’elle s’enlève en laissant la cicatrice de sa présence sur le dessus du rhizome.

Certains obtenteurs d’iris, peut être à court d’idées dans leur travail de créateurs, s’intéressent aux feuilles en tant qu’élément esthétique. D’où certaines recherches orientées vers la couleur ou la persistance du feuillage. On voit donc des iris dont on vante les feuilles dont la base se colore de violet ou de pourpre, et d’autres dans les teintes dorées sont mises en avant, à moins qu’on ne parle de feuilles panachées… Quoi qu’on fasse, panachées, dorées ou pourprées, les feuilles vont vite devenir brunâtres ou grisâtres peu après la fin de la floraison, période pendant laquelle on regarde évidemment les fleurs et non les feuilles ! On peut avoir des doutes quant à l’intérêt d’une recherche sur la couleur du feuillage. En revanche chercher à obtenir une plante avec un feuillage sain, vigoureux, assez touffu fait partie des obligations du bon hybrideur !

Mais, même si le système foliaire est primordial, il est bien rare qu’on cultive un iris pour ses feuilles !

10.9.11

DIX ANS DÉJÀ !

Voici ce que j’écrivais sur ce blog le 9 août 2001 quand j’ai commencé à le rédiger :

« SI J’AVAIS VOULU FAIRE BRANCHÉ


Si j’avais voulu faire branché, j’aurais intitulé ce carnet de note «Irisonline» et j’y écrirais en américain. Cela m’aurait garanti un auditoire
bien plus vaste, composé de centaines d’Américains fans d’iris, ceux qui discutent de tout et de rien sur « iris-Talk ». Mais je vais devoir me contenter d’un public français, étique, sans doute, mais qui m’intéresse bien plus, en fin de compte.


Que vais-je raconter dans ce carnet de notes ? Ce que j’aurais voulu dire dans « Iris et Bulbeuses », du temps où je m’occupais de cette revue. Je voulais en faire une référence en matière d’iridophilie, avec des articles de tous genres, certains tout simples destinés aux débutants, certains beaucoup plus élaborés, pour répondre aux désirs des amateurs plus éclairés. Cela n’a pas été possible, parce qu’il fallait faire de la place à autre chose qu’aux iris, et parce que les lecteurs d’I&B souhaitaient plutôt qu’on leur décrive des jardins et des voyages, même si il n’y avait pas d’iris (ni de bulbeuses non plus d’ailleurs) dans ces jardins ou ces pays…


Je voudrais que les lecteurs d’ « Irisenligne » trouvent sur ce « weblog » ce qu’ils ne trouvent pas dans les revues francophones. J’y publierai des adaptations des textes intéressants trouvés dans les revues anglophones ou germanophones, des informations sur le monde des iris, sur les hybrideurs, sur les cultivars, sur les nouveautés touchant à notre fleur préférée et sur les gens qui les cultivent qui les connaissent ou qui les créent. Je dispose pour cela de ma propre documentation, des revues étrangères que je reçois, des contacts que j’ai à travers le monde par l’écrit ou par le « net ».

Aujourd’hui je n’ajoute ni n’enlève quoi que ce soit à cette introduction. J’ai toujours les mêmes ambitions, toujours envie d’écrire sur ce que j’aime. La seule chose qui ne soit pas exacte, c’est le nombre des visiteurs du blog : 300 par mois en moyenne ! Ces lecteurs proviennent majoritairement de France, mais on en trouve aux quatre coins du monde. Cela me vaut une certaine notoriété, mais elle est sans doute un peu surfaite. Ce que je préfère c’est l’amitié de ceux qui me lisent et dont j’ai souvent fait physiquement la connaissance. Parce que le monde des iris est peuplé de gens délicieux, aimables, généreux, fidèles, attachants…

Comme a dit Keith Keppel dans un des commentaires qu’il publie avec ses catalogues : « Tant de choses à faire, et si peu de temps pour les faire ! » Car à 75 ans, doit-on compter en mois ou en années ? En tout cas je crois que « Irisenligne » durera aussi longtemps que j’aurai la force de rédiger ces chroniques.

AU BONHEUR DES DAMES




IX. Frauen von Deutschland

L’obtenteur allemand Manfred Beer a enregistré un grand nombre de variétés dédiées à des femmes de son pays. En voici quatre :

· 1 ‘Barbara Müller’ (Manfred Beer, 2006) (Edith Wolford X Condottiere)
· 2 ‘Lydia Schimpf’ (Manfred Beer, 2006) (Best Bet X Habit)
· 3 ‘Melanie Steurnagel’ (Manfred Beer, 1999) (Edith Wolford x Condottiere)
· 4 ‘Renate Leitmeyer’ (Manfred Beer, 2001) (Gypsy Woman x Colortart)

Aucune information sur ces dédicataires.

ECHOS DU MONDE DES IRIS

N° 19

L’iris est une senteur à la mode et de plus en plus de parfums en font usage. Le dernier est CHANEL N° 19, pour lequel la fameuse maison a fait planter des iris pallida dans la région de Grasse.


Payer pour enregistrer

Désormais, pour enregistrer une nouvelle variété d’iris, il faut payer 15 $ (soit 10.50 €) à payer par chèque à l’ordre de Jean Peyrard.
Les fiches d’enregistrement sont transmises à l’AIS par mail, obligatoirement avant le 1er novembre pour une inscription dans l’année en cours.