L’ENIGME DE LA SEMAINE
TOUJOURS LA NUIT
Il y a nuit et nuit. L’une de celles-ci n’est pas comme les quatre autres. Laquelle ?
· BELLE DE NUIT
· BAR DE NUIT
· NUIT BLANCHE
· NUIT DE CHINE
· NUIT FAUVE
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
DANS LA NUIT
CHINA NIGHTS n’est pas dans les tons de bleu ou de violet : c’est un iris grenat.
2.4.04
GALLANT ROGUE
Ou le passager clandestin
C’est Keith Keppel qui a raconté dans un N° du Bulletin de l’AIS la curieuse histoire de GALLANT ROGUE (Blyth 89). Une de ces anecdotes qui animent la grande aventure des iris. La voici : « Cet iris a une histoire tout à fait intéressante en elle-même. Il y a des années que j’importe des iris de Tempo Two (NDT : la pépinière de Barry Blyth), mais je n’ai eu qu’un cas de méli-mélo avec les noms. Celui-là est arrivé comme s’appelant MOOMBA, mais il ne correspondait pas à la description, et j’avais vu MOOMBA dans un autre jardin. Quand j’ai écrit à Barry Blyth pour me renseigner, il a compris tout de suite d’où venait l’intrus : un frère de semis de MOOMBA mélangé par erreur dans le stock, alors qu’il pensait l’avoir éliminé. Il avait déjà enregistré cinq semis issus du croisement TOMORROW’S CHILD X MAGIC MAN et il ne se sentait pas d’attaque pour en enregistrer un sixième. (Les cinq sont WITCH’S WAND, IN TOWN, MOOMBA, LONDON LORD et PASS THE WINE).Il m’a donné la permission de dénommer, enregistrer et introduire le nouveau si je pensais qu’il en valait la peine. Blyth utilise parfois des noms de courses de chevaux pour ses iris (par exemple SAPHARINE ou MAGHAREE) et puisque cet iris était un tricheur, quand j’ai trouvé le nom de GALLANT ROGUE dans un document hippique, il m’a semblé tout à fait approprié (NDT : « rogue » signifie tricheur, imposteur)…
GALLANT ROGUE était un choix évident dans un programme de noirs à barbes rouges. Ses pétales sont lilas clair, légèrement doré, ses sépales sont d’un rouge violacé à reflets noirs, avec un liseré rose orchidée et des marques blanches sous les barbes. (Les marques sont si prononcées que j’ai pensé qu’il pouvait s’agir d’un plicata, mais les tests effectués m’ont rassuré là-dessus : ce n’est pas un plicata). Mais il a deux facteurs qui jouent en faveur de mon choix : la partie centrale des sépales est pratiquement noire, et les barbes sont d’un rouge orangé clair et brillant.
Dans un important croisement de WITCHES’ SABBATH X GALLANT ROGUE, deux semis à barbes mandarine sont apparus. Ils ont été enregistrés en 96 sous les noms de LOCAL COLOR (bitone violet-noir, barbes vermillon) et de NIGHT GAME (bourgogne-noir, barbes brique). WITCHES’ SABBATH (Maryott 86)a été choisi comme « mère » à cause de son ton pourpre-noir et de sa barbe saillante vieil or. Pourtant son pedigree n’était pas encourageant : pas une barbe mandarine dans les cinq générations précédentes.
Les ancêtres de GALLANT ROGUE sont abondamment mêlés au plan des couleurs. Ses parents directs englobent un long travail en Australie. B. Blyth m’a dit qu’il trouvait parfois des spécimens très foncés dans sa lignée de bicolores mandarine ; je lui ai demandé comment, dans son travail d’endogamie, il s’était approché du noir, il m’a répondu qu’il mélangeait presque toujours les couleurs dans ce type de croisements. L’arbre généalogique de GALLANT ROGUE doit nous donner l’explication. Dans ses antécédents non australiens on trouve des blancs à barbes mandarine, des orchidée à barbes mandarine, de même que des bleus et violets mêlés, des oranges, des bicolores, à barbes mandarine ou sans, et des amoenas roses. Mais tout cela ne nous donne aucune certitude ! » NDLR : à noter cependant que dans un croisement voisin de celui de GALLANT ROGUE, celui qui a donné ROMANTIC EVENING (Ghio 96), on retrouve un ancêtre commun, SUNSET SNOWS (J. Stevens 65).
Ou le passager clandestin
C’est Keith Keppel qui a raconté dans un N° du Bulletin de l’AIS la curieuse histoire de GALLANT ROGUE (Blyth 89). Une de ces anecdotes qui animent la grande aventure des iris. La voici : « Cet iris a une histoire tout à fait intéressante en elle-même. Il y a des années que j’importe des iris de Tempo Two (NDT : la pépinière de Barry Blyth), mais je n’ai eu qu’un cas de méli-mélo avec les noms. Celui-là est arrivé comme s’appelant MOOMBA, mais il ne correspondait pas à la description, et j’avais vu MOOMBA dans un autre jardin. Quand j’ai écrit à Barry Blyth pour me renseigner, il a compris tout de suite d’où venait l’intrus : un frère de semis de MOOMBA mélangé par erreur dans le stock, alors qu’il pensait l’avoir éliminé. Il avait déjà enregistré cinq semis issus du croisement TOMORROW’S CHILD X MAGIC MAN et il ne se sentait pas d’attaque pour en enregistrer un sixième. (Les cinq sont WITCH’S WAND, IN TOWN, MOOMBA, LONDON LORD et PASS THE WINE).Il m’a donné la permission de dénommer, enregistrer et introduire le nouveau si je pensais qu’il en valait la peine. Blyth utilise parfois des noms de courses de chevaux pour ses iris (par exemple SAPHARINE ou MAGHAREE) et puisque cet iris était un tricheur, quand j’ai trouvé le nom de GALLANT ROGUE dans un document hippique, il m’a semblé tout à fait approprié (NDT : « rogue » signifie tricheur, imposteur)…
GALLANT ROGUE était un choix évident dans un programme de noirs à barbes rouges. Ses pétales sont lilas clair, légèrement doré, ses sépales sont d’un rouge violacé à reflets noirs, avec un liseré rose orchidée et des marques blanches sous les barbes. (Les marques sont si prononcées que j’ai pensé qu’il pouvait s’agir d’un plicata, mais les tests effectués m’ont rassuré là-dessus : ce n’est pas un plicata). Mais il a deux facteurs qui jouent en faveur de mon choix : la partie centrale des sépales est pratiquement noire, et les barbes sont d’un rouge orangé clair et brillant.
Dans un important croisement de WITCHES’ SABBATH X GALLANT ROGUE, deux semis à barbes mandarine sont apparus. Ils ont été enregistrés en 96 sous les noms de LOCAL COLOR (bitone violet-noir, barbes vermillon) et de NIGHT GAME (bourgogne-noir, barbes brique). WITCHES’ SABBATH (Maryott 86)a été choisi comme « mère » à cause de son ton pourpre-noir et de sa barbe saillante vieil or. Pourtant son pedigree n’était pas encourageant : pas une barbe mandarine dans les cinq générations précédentes.
Les ancêtres de GALLANT ROGUE sont abondamment mêlés au plan des couleurs. Ses parents directs englobent un long travail en Australie. B. Blyth m’a dit qu’il trouvait parfois des spécimens très foncés dans sa lignée de bicolores mandarine ; je lui ai demandé comment, dans son travail d’endogamie, il s’était approché du noir, il m’a répondu qu’il mélangeait presque toujours les couleurs dans ce type de croisements. L’arbre généalogique de GALLANT ROGUE doit nous donner l’explication. Dans ses antécédents non australiens on trouve des blancs à barbes mandarine, des orchidée à barbes mandarine, de même que des bleus et violets mêlés, des oranges, des bicolores, à barbes mandarine ou sans, et des amoenas roses. Mais tout cela ne nous donne aucune certitude ! » NDLR : à noter cependant que dans un croisement voisin de celui de GALLANT ROGUE, celui qui a donné ROMANTIC EVENING (Ghio 96), on retrouve un ancêtre commun, SUNSET SNOWS (J. Stevens 65).
25.3.04
L’ENIGME DE LA SEMAINE
DANS LA NUIT
Toutes les nuits n’ont pas la même couleur. Laquelle de celle-ci diffère des quatre autres ?
· TROPICAL NIGHT
· NIGHT GAME
· CHINA NIGHTS
· HOLLYWOOD NIGHTS
· CARNIVAL NIGHT
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
MURMURES
SIGHS AND WHISPERS n’est pas un iris rose. Les autres, oui.
DANS LA NUIT
Toutes les nuits n’ont pas la même couleur. Laquelle de celle-ci diffère des quatre autres ?
· TROPICAL NIGHT
· NIGHT GAME
· CHINA NIGHTS
· HOLLYWOOD NIGHTS
· CARNIVAL NIGHT
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
MURMURES
SIGHS AND WHISPERS n’est pas un iris rose. Les autres, oui.
REGARDER DANS LE BLANC DES IRIS
Comme toutes les fleurs, les fleurs d’iris sont colorées parce qu’elles contiennent des pigments. Ces pigments sont de deux natures :
· ceux qui imprègnent le liquide intercellulaire, qui sont solubles dans l’eau, qui colorent en bleu, mauve, violet et même pourpre ou magenta, et qu’on désigne sous le terme générique de pigments anthocyaniques ;
· ceux qui se logent à l’intérieur des cellules, qui sont solubles dans les lipides, qui colorent en jaune, orange ou rose, et qui se nomment les pigments caroténoïdes.
Voilà pour l’essentiel, parce que les choses sont bien plus compliquées ! Prenons les pigments anthocyaniques, pour commencer. Il y en a six principaux, qui portent des noms évocateurs pour le jardinier :
· Pélargonidine (le géranium), qui est écarlate (ou amarante) ;
· Cyanidine (le bleuet), qui donne le pourpre ;
· Delphinidine (le delphinium), qui va du bleu au violet profond ;
· Peonidine (la pivoine), entre le pourpre et le grenat ;
· Pétunidine (le pétunia), rouge magenta ;
· Malvidine (la mauve), qui se charge du mauve jusqu’à l’améthyste.
Il y en a aussi quelques autres, qui sont seulement des co-pigments, associés aux précédents, et qui, isolés, vont du jaune pâle à l’abricot clair, mais qui n’apparaissent pas tout seuls. Chez les caroténoïdes, disons, pour faire court, qu’ils sont de deux sortes, le jaune ou l’orange qui s’appelle carotène, et le rose qui a pour nom lycopène. A côté de ces deux types de pigments liposolubles, il en existe deux autres, les pigments xanthophylles, plus ou moins bien identifiés par les scientifiques, et la chlorophylle, mieux connue, qui, présente dans les fleurs, leur donne, comme de bien entendu, une coloration plus ou moins verte. Mais c’est là un résumé tout à fait insuffisant pour un spécialiste !
Tous ces pigments sont – ou non - présents, en plus ou moins grande concentration, se superposent, et s’influencent les uns les autres, au point de donner les innombrables teintes, nuances ou associations, qui font la diversité des iris et notre ravissement.
Tout ce qui vient d’être dit concerne les iris colorés, mais les blancs ? Hé bien, regarder dans le blanc des iris n’est pas simple ! Il y a en fait plusieurs sortes de blancs et il faut le plus souvent être un expert pour savoir à quelle sorte on a affaire. Parce qu’entre les blancs dominants, les blancs récessifs, etc. je ne me risquerai pas à gloser !
Le blanc, en effet, peut provenir de l’absence de pigments colorés. Cela donne le blanc pur : la lumière est entièrement réfléchie parce qu’elle n’est absorbée par aucune substance. Cela se produit génétiquement, si je ne me trompe pas, une fois sur 36 dans un croisement entre deux plantes colorées. Mais il arrive aussi que le blanc existe parce que le ou les pigments sont freinés par un phénomène particulier que l’on nomme facteur inhibant. Et il existe des inhibiteurs de pigments aussi bien pour les anthocyaniques que pour les caroténoïdes. Attention ! Que les pigments anthocyaniques soient inhibés, ne signifie pas que la fleur soit nécessairement blanche. A cause de la présence de pigments caroténoïdes, elle peut fort bien être rose, jaune ou orange. L’inverse est également vrai, l’inhibition des caroténoïdes peut aboutir à des fleurs franchement bleues, mauves ou violettes. Qui plus est l’inhibition peut être imparfaite, la fleur présente alors des traces des pigments inhibés, le plus souvent sur les côtes, au cœur, aux épaules…
Et puis il y a encore d’autres inhibitions qui affectent une partie seulement de la fleur ; cela donne les amoenas (pétales blancs, sépales colorés) et les amoenas inversés. Les pigments peuvent enfin n’être inhibés que sur le pourtour de la fleur, ou, au contraire, en son centre (plicatas), sans compter les blancs à barbes colorées. Et comme ces diverses inhibitions peuvent s’additionner, on arrive à la multitude de mélanges de couleurs, de modèles de fleurs que l’on connaît.
Dans nos jardins l’iris blanc pur est forcément rare, ce qui n’empêche pas que nous ayons sous les yeux des iris blancs. Car à côté des « blanc de blanc », il y a les « blanc de bleu », les « blanc de rose » ou les « blanc de jaune ». Il y a même les « blanc de plicata », comme le fameux LACED COTTON (Schreiner 80) qui sait si bien cacher son jeu ! L’amateur moyen ne sait la plupart du temps rien de ces subtilités, il se contente, et il a bien raison, de se délecter de tous ces blancs qui ajoutent leur note apaisante dans le concert multicolore des iris.
Evoquer tout cela en quelques lignes est forcément bien schématique, je l’avoue ; je ne suis ni chimiste ni généticien ; mais je me suis efforcé d’être clair …ce qui est la moindre des choses quand on veut parler de blanc !
Comme toutes les fleurs, les fleurs d’iris sont colorées parce qu’elles contiennent des pigments. Ces pigments sont de deux natures :
· ceux qui imprègnent le liquide intercellulaire, qui sont solubles dans l’eau, qui colorent en bleu, mauve, violet et même pourpre ou magenta, et qu’on désigne sous le terme générique de pigments anthocyaniques ;
· ceux qui se logent à l’intérieur des cellules, qui sont solubles dans les lipides, qui colorent en jaune, orange ou rose, et qui se nomment les pigments caroténoïdes.
Voilà pour l’essentiel, parce que les choses sont bien plus compliquées ! Prenons les pigments anthocyaniques, pour commencer. Il y en a six principaux, qui portent des noms évocateurs pour le jardinier :
· Pélargonidine (le géranium), qui est écarlate (ou amarante) ;
· Cyanidine (le bleuet), qui donne le pourpre ;
· Delphinidine (le delphinium), qui va du bleu au violet profond ;
· Peonidine (la pivoine), entre le pourpre et le grenat ;
· Pétunidine (le pétunia), rouge magenta ;
· Malvidine (la mauve), qui se charge du mauve jusqu’à l’améthyste.
Il y en a aussi quelques autres, qui sont seulement des co-pigments, associés aux précédents, et qui, isolés, vont du jaune pâle à l’abricot clair, mais qui n’apparaissent pas tout seuls. Chez les caroténoïdes, disons, pour faire court, qu’ils sont de deux sortes, le jaune ou l’orange qui s’appelle carotène, et le rose qui a pour nom lycopène. A côté de ces deux types de pigments liposolubles, il en existe deux autres, les pigments xanthophylles, plus ou moins bien identifiés par les scientifiques, et la chlorophylle, mieux connue, qui, présente dans les fleurs, leur donne, comme de bien entendu, une coloration plus ou moins verte. Mais c’est là un résumé tout à fait insuffisant pour un spécialiste !
Tous ces pigments sont – ou non - présents, en plus ou moins grande concentration, se superposent, et s’influencent les uns les autres, au point de donner les innombrables teintes, nuances ou associations, qui font la diversité des iris et notre ravissement.
Tout ce qui vient d’être dit concerne les iris colorés, mais les blancs ? Hé bien, regarder dans le blanc des iris n’est pas simple ! Il y a en fait plusieurs sortes de blancs et il faut le plus souvent être un expert pour savoir à quelle sorte on a affaire. Parce qu’entre les blancs dominants, les blancs récessifs, etc. je ne me risquerai pas à gloser !
Le blanc, en effet, peut provenir de l’absence de pigments colorés. Cela donne le blanc pur : la lumière est entièrement réfléchie parce qu’elle n’est absorbée par aucune substance. Cela se produit génétiquement, si je ne me trompe pas, une fois sur 36 dans un croisement entre deux plantes colorées. Mais il arrive aussi que le blanc existe parce que le ou les pigments sont freinés par un phénomène particulier que l’on nomme facteur inhibant. Et il existe des inhibiteurs de pigments aussi bien pour les anthocyaniques que pour les caroténoïdes. Attention ! Que les pigments anthocyaniques soient inhibés, ne signifie pas que la fleur soit nécessairement blanche. A cause de la présence de pigments caroténoïdes, elle peut fort bien être rose, jaune ou orange. L’inverse est également vrai, l’inhibition des caroténoïdes peut aboutir à des fleurs franchement bleues, mauves ou violettes. Qui plus est l’inhibition peut être imparfaite, la fleur présente alors des traces des pigments inhibés, le plus souvent sur les côtes, au cœur, aux épaules…
Et puis il y a encore d’autres inhibitions qui affectent une partie seulement de la fleur ; cela donne les amoenas (pétales blancs, sépales colorés) et les amoenas inversés. Les pigments peuvent enfin n’être inhibés que sur le pourtour de la fleur, ou, au contraire, en son centre (plicatas), sans compter les blancs à barbes colorées. Et comme ces diverses inhibitions peuvent s’additionner, on arrive à la multitude de mélanges de couleurs, de modèles de fleurs que l’on connaît.
Dans nos jardins l’iris blanc pur est forcément rare, ce qui n’empêche pas que nous ayons sous les yeux des iris blancs. Car à côté des « blanc de blanc », il y a les « blanc de bleu », les « blanc de rose » ou les « blanc de jaune ». Il y a même les « blanc de plicata », comme le fameux LACED COTTON (Schreiner 80) qui sait si bien cacher son jeu ! L’amateur moyen ne sait la plupart du temps rien de ces subtilités, il se contente, et il a bien raison, de se délecter de tous ces blancs qui ajoutent leur note apaisante dans le concert multicolore des iris.
Evoquer tout cela en quelques lignes est forcément bien schématique, je l’avoue ; je ne suis ni chimiste ni généticien ; mais je me suis efforcé d’être clair …ce qui est la moindre des choses quand on veut parler de blanc !
20.3.04
L’ENIGME DE LA SEMAINE
MURMURES
Il y a murmures et murmures… Quelle est, de ces cinq variétés, celle qui n’a pas les mêmes caractéristiques que les quatre autres ?
· SIGHS AND WHISPERS (Black 89)
· SWEET WHISPER (Brownell 53)
· WHISPER OF SPRING (Schreve 76)
· WHISPERING (Hamblen 88)
· WHISPERING BELLS (Noyd 58)
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
DANSEURS
HIGHLAND DANCER est un aril.
MURMURES
Il y a murmures et murmures… Quelle est, de ces cinq variétés, celle qui n’a pas les mêmes caractéristiques que les quatre autres ?
· SIGHS AND WHISPERS (Black 89)
· SWEET WHISPER (Brownell 53)
· WHISPER OF SPRING (Schreve 76)
· WHISPERING (Hamblen 88)
· WHISPERING BELLS (Noyd 58)
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
DANSEURS
HIGHLAND DANCER est un aril.
ROMANTIC EVENING
Une symphonie végétale
En théorie, rien n’et plus simple que d’établir l’arbre généalogique d’une variété d’iris. On part du nom de la variété, au rang suivant on place ses deux parents, puis ses quatre grands parents, et on peut remonter ainsi presque indéfiniment. Dans les faits, c’est quelquefois beaucoup plus délicat. D’abord parce que certains parents ne sont identifiés que par un numéro de semis qui renvoie lui même à deux variétés dont l’une ou l’autre, voire les deux, peuvent à leur tour n’être identifiées que par un numéro de semis ou un nouveau croisement ! Ensuite parce que certaines origines sont incertaines et que l’obtenteur s’est contenté, faute de mieux, de déclarer que les parents étaient inconnus ; dans ce cas il est évidemment impossible de poursuivre l’arbre, tout au moins à partir de cette branche.
Dans le cas de ROMANTIC EVENING (Ghio 94), le deuxième cas de figure ne se présente pas, mais le premier, comme c’est très souvent le cas chez Joë Ghio, apparaît à tous les niveaux ! Un décorticage complet demande donc l’établissement d’un tableau qui, au huitième niveau, devrait faire apparaître théoriquement 128 noms. En fait à ce niveau comme aux précédents on trouve un grand nombre de « trous » dus à des croisements non dénommés : 53 pour être exact, ce qui n’est pas rien et exigerait de remonter au niveau supérieur où, alors, existeraient 256 cases ! J’ai renoncé à aller au-delà des 128, parce que, ce que je voulais vérifier était abondamment démontré. Dans les 75 cases remplies il n’y a que 27 noms de variétés, dont 13 citées une seule fois et 14 citées à plusieurs reprises ! Cela signifie que ROMANTIC EVENING est un cas d’école en matière d’endogamie, processus qui consiste à recroiser entre elles des variétés en vue d’obtenir une amélioration des caractéristiques pour lesquelles on les a sélectionnées.
La description que Joë Ghio a donnée de son ROMANTIC EVENING est la suivante : Pétales bleu lilas, sépales d’un délicat rouge pourpré teinté de noir, grosses barbes brique. En quelque sorte une répétition de la fameuse série des six frères de Barry Blyth dont j’ai parlé il y a peu et en particulier de WITCH’S WAND, dont ROMANTIC EVENING est un decendant. Personnellement je trouve que les pétales sont plus foncés que dans la description, quant aux sépales, je les vois tout simplement violet pourpré effectivement teinté de noir. Toujours est-il que c’est une plante majestueuse, dans un coloris profond d’une remarquable pureté. Pour en arriver là, comme je l’ai dit en introduction, Joë Ghio a utilisé un nombre tout à fait restreint de matériels génétiques. Ainsi parmi les variétés utilisées le plus souvent, dans les 128 noms du huitième rang, LATIN TEMPO (Blyth 74), PANORAMIC (Hamblen 68), TWIST AND SHOUT (Blyth 73) se rencontrent sept fois, WINE AND ROSES (Hall 63) six, LILAC CHAMPAGNE (Hamblen 65) et LIGHTNING RIDGE ( Brown O. 66) cinq, etc. La concentration des moyens se retrouve évidemment aux niveaux suivants ! Au total LATIN TEMPO est cité treize fois, SOSTENIQUE (Blyth 75) dix, PANORAMIC et TWIST AND SHOUT huit, CABARET ROYALE (Blyth 76) sept.
Lorsqu’on regarde l’arbre généalogique dans son ensemble on est frappé par une extraordinaire construction en arche, où les éléments présents en haut réapparaissent en bas, dans l’ordre à peu près inverse avec une zone intermédiaire plus complexe. Pour moi qui suis autant passionné par la musique classique que par les iris, j’y vois l’architecture d’un allegro de symphonie, avec l’exposition d’un premier thème, d’un second, puis un développement central avant les réexpositions. Joë Ghio est un formidable symphoniste du végétal. Chez lui, si tout à l’air très compliqué au premier abord, on découvre que ce qu’il fait, les variétés qu’il croise, les couleurs qu’il marie, tout cela est le fruit d’une patiente et méthodique construction. Il n’existe aucun autre hybrideur qui agisse aussi rigoureusement. ROMANTIC EVENING, comme la plupart des obtentions de ce grand maître, est un chef d’œuvre structuré, le travail d’un grand professionnel.
Une symphonie végétale
En théorie, rien n’et plus simple que d’établir l’arbre généalogique d’une variété d’iris. On part du nom de la variété, au rang suivant on place ses deux parents, puis ses quatre grands parents, et on peut remonter ainsi presque indéfiniment. Dans les faits, c’est quelquefois beaucoup plus délicat. D’abord parce que certains parents ne sont identifiés que par un numéro de semis qui renvoie lui même à deux variétés dont l’une ou l’autre, voire les deux, peuvent à leur tour n’être identifiées que par un numéro de semis ou un nouveau croisement ! Ensuite parce que certaines origines sont incertaines et que l’obtenteur s’est contenté, faute de mieux, de déclarer que les parents étaient inconnus ; dans ce cas il est évidemment impossible de poursuivre l’arbre, tout au moins à partir de cette branche.
Dans le cas de ROMANTIC EVENING (Ghio 94), le deuxième cas de figure ne se présente pas, mais le premier, comme c’est très souvent le cas chez Joë Ghio, apparaît à tous les niveaux ! Un décorticage complet demande donc l’établissement d’un tableau qui, au huitième niveau, devrait faire apparaître théoriquement 128 noms. En fait à ce niveau comme aux précédents on trouve un grand nombre de « trous » dus à des croisements non dénommés : 53 pour être exact, ce qui n’est pas rien et exigerait de remonter au niveau supérieur où, alors, existeraient 256 cases ! J’ai renoncé à aller au-delà des 128, parce que, ce que je voulais vérifier était abondamment démontré. Dans les 75 cases remplies il n’y a que 27 noms de variétés, dont 13 citées une seule fois et 14 citées à plusieurs reprises ! Cela signifie que ROMANTIC EVENING est un cas d’école en matière d’endogamie, processus qui consiste à recroiser entre elles des variétés en vue d’obtenir une amélioration des caractéristiques pour lesquelles on les a sélectionnées.
La description que Joë Ghio a donnée de son ROMANTIC EVENING est la suivante : Pétales bleu lilas, sépales d’un délicat rouge pourpré teinté de noir, grosses barbes brique. En quelque sorte une répétition de la fameuse série des six frères de Barry Blyth dont j’ai parlé il y a peu et en particulier de WITCH’S WAND, dont ROMANTIC EVENING est un decendant. Personnellement je trouve que les pétales sont plus foncés que dans la description, quant aux sépales, je les vois tout simplement violet pourpré effectivement teinté de noir. Toujours est-il que c’est une plante majestueuse, dans un coloris profond d’une remarquable pureté. Pour en arriver là, comme je l’ai dit en introduction, Joë Ghio a utilisé un nombre tout à fait restreint de matériels génétiques. Ainsi parmi les variétés utilisées le plus souvent, dans les 128 noms du huitième rang, LATIN TEMPO (Blyth 74), PANORAMIC (Hamblen 68), TWIST AND SHOUT (Blyth 73) se rencontrent sept fois, WINE AND ROSES (Hall 63) six, LILAC CHAMPAGNE (Hamblen 65) et LIGHTNING RIDGE ( Brown O. 66) cinq, etc. La concentration des moyens se retrouve évidemment aux niveaux suivants ! Au total LATIN TEMPO est cité treize fois, SOSTENIQUE (Blyth 75) dix, PANORAMIC et TWIST AND SHOUT huit, CABARET ROYALE (Blyth 76) sept.
Lorsqu’on regarde l’arbre généalogique dans son ensemble on est frappé par une extraordinaire construction en arche, où les éléments présents en haut réapparaissent en bas, dans l’ordre à peu près inverse avec une zone intermédiaire plus complexe. Pour moi qui suis autant passionné par la musique classique que par les iris, j’y vois l’architecture d’un allegro de symphonie, avec l’exposition d’un premier thème, d’un second, puis un développement central avant les réexpositions. Joë Ghio est un formidable symphoniste du végétal. Chez lui, si tout à l’air très compliqué au premier abord, on découvre que ce qu’il fait, les variétés qu’il croise, les couleurs qu’il marie, tout cela est le fruit d’une patiente et méthodique construction. Il n’existe aucun autre hybrideur qui agisse aussi rigoureusement. ROMANTIC EVENING, comme la plupart des obtentions de ce grand maître, est un chef d’œuvre structuré, le travail d’un grand professionnel.
12.3.04
DANSEURS
L’une de ces variétés n’est pas un grand iris (TB). Laquelle ?
· BLONDE DANCER (Voris 53)
· DISCO DANCER (Sellman 79)
· HIGHLAND DANCER (Street 70)
· NATIVE DANCER (Fay 53)
· NUBIAN DANCER (Savage 54)
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
D’AMÉRIQUE DU SUD
Il s’agit de BRASILIA (Schreiner 60).
L’une de ces variétés n’est pas un grand iris (TB). Laquelle ?
· BLONDE DANCER (Voris 53)
· DISCO DANCER (Sellman 79)
· HIGHLAND DANCER (Street 70)
· NATIVE DANCER (Fay 53)
· NUBIAN DANCER (Savage 54)
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
D’AMÉRIQUE DU SUD
Il s’agit de BRASILIA (Schreiner 60).
CLAUDIA RENE
Nous allons parler aujourd’hui d’un cultivar qui a eu l’étonnant destin de devenir l’une des variétés fétiches de Joseph Ghio. Cet iris fait partie de ceux qui, sans bénéficier d’un succès commercial particulier, ont eu la chance d’attirer l’attention d’un hybrideur sur leur fortes potentialités, et font aujourd’hui partie du patrimoine génétique d’une bonne partie des iris contemporains. A ce titre, si ce classement existait, il devrait être inscrit au Patrimoine Mondial de l’Iridophilie.
CLAUDIA RENE (Gaulter 61) est un iris bitone rose, aux épaules fortement marquées de brun ambré, avec des barbes roses. Il a obtenu un AM (Award of Merit) en 1966. Il est le produit du croisement GLITTERING AMBER X MADEMOISELLE. Le premier, obtenu par Melba Hamblen en 1955, est un bitone abricot, qui a lui aussi été utilisé abondamment en hybridation. Le second est la première variété enregistrée par son créateur Larry Gaulter. C’est un unicolore lavande rosé. GLITTERING AMBER est lui-même issu du croisement de PALOMINO (Hall 51), qui est un élément essentiel dans la longue famille des iris roses à barbes mandarine obtenus par David Hall, il est rose pâle avec des épaules et un liseré ambré, et d’un frère de JUNE MEREDITH (Muhlestein 53) autre rose à barbes mandarine. MADEMOISELLE (Gaulter 58) est le produit de LAVANESQUE (Schreiner 53), un rose orchidée, par PATHFINDER, un rose d’Agnès Whiting, très fréquenté par les hybrideurs des années 50. CLAUDIA RENE a hérité du rose de la filière Hall-Whiting-Muhlestein, avec le côté brun ambré propre à PALOMINO.
Les très nombreux descendants de CLAUDIA RENE se situent dans une palette de couleur allant du rose, plus ou moins teinté de jaune ou de bleu, à l’orange et au brun. On y trouve des unicolores, des bitones, des plicatas, au gré des différents croisements. Chez Ghio on le trouve, par exemple derrière le rose BYGONE ERA (90), le grenat ENNOBLE (98), les orange ESMERALDA (88) et GUADALAJARA (89), le bitone acajou RITUAL (98), le plicata magenta SKIPALONG (96), les très étranges SOAP OPERA (82) et VAPOR (2001). Les roses ALLURING (Gartman 89), FIRST REUNION (Gaulter 90), ROSE CAPRICE (Schreiner 72), le vieux rose FAITH AS THIS (O. Brown 70), le bitone bruyère TOP GUN (Gaulter 88), l’orangé SKYFIRE (Schreiner 82) sont aussi de ses descendants. Pour être exhaustif il faudrait aussi parler des descendants des iris cités ci-dessus, ce qui nous ferait remplir au moins une page de noms de variétés connues et appréciées partout dans le monde. Quoi qu’il en soit, on peut faire une constatation : encore aujourd’hui de nouvelles variétés apparaissent avec un pedigree où CLAUDIA RENE apparaît, bien souvent en compagnie des autres variétés favorites de J. Ghio, PONDEROSA, NEW MOON et COMMENTARY.
Quand je vous disais que CLAUDIA RENE fait partie des pères fondateurs de l’iridophilie…
Nous allons parler aujourd’hui d’un cultivar qui a eu l’étonnant destin de devenir l’une des variétés fétiches de Joseph Ghio. Cet iris fait partie de ceux qui, sans bénéficier d’un succès commercial particulier, ont eu la chance d’attirer l’attention d’un hybrideur sur leur fortes potentialités, et font aujourd’hui partie du patrimoine génétique d’une bonne partie des iris contemporains. A ce titre, si ce classement existait, il devrait être inscrit au Patrimoine Mondial de l’Iridophilie.
CLAUDIA RENE (Gaulter 61) est un iris bitone rose, aux épaules fortement marquées de brun ambré, avec des barbes roses. Il a obtenu un AM (Award of Merit) en 1966. Il est le produit du croisement GLITTERING AMBER X MADEMOISELLE. Le premier, obtenu par Melba Hamblen en 1955, est un bitone abricot, qui a lui aussi été utilisé abondamment en hybridation. Le second est la première variété enregistrée par son créateur Larry Gaulter. C’est un unicolore lavande rosé. GLITTERING AMBER est lui-même issu du croisement de PALOMINO (Hall 51), qui est un élément essentiel dans la longue famille des iris roses à barbes mandarine obtenus par David Hall, il est rose pâle avec des épaules et un liseré ambré, et d’un frère de JUNE MEREDITH (Muhlestein 53) autre rose à barbes mandarine. MADEMOISELLE (Gaulter 58) est le produit de LAVANESQUE (Schreiner 53), un rose orchidée, par PATHFINDER, un rose d’Agnès Whiting, très fréquenté par les hybrideurs des années 50. CLAUDIA RENE a hérité du rose de la filière Hall-Whiting-Muhlestein, avec le côté brun ambré propre à PALOMINO.
Les très nombreux descendants de CLAUDIA RENE se situent dans une palette de couleur allant du rose, plus ou moins teinté de jaune ou de bleu, à l’orange et au brun. On y trouve des unicolores, des bitones, des plicatas, au gré des différents croisements. Chez Ghio on le trouve, par exemple derrière le rose BYGONE ERA (90), le grenat ENNOBLE (98), les orange ESMERALDA (88) et GUADALAJARA (89), le bitone acajou RITUAL (98), le plicata magenta SKIPALONG (96), les très étranges SOAP OPERA (82) et VAPOR (2001). Les roses ALLURING (Gartman 89), FIRST REUNION (Gaulter 90), ROSE CAPRICE (Schreiner 72), le vieux rose FAITH AS THIS (O. Brown 70), le bitone bruyère TOP GUN (Gaulter 88), l’orangé SKYFIRE (Schreiner 82) sont aussi de ses descendants. Pour être exhaustif il faudrait aussi parler des descendants des iris cités ci-dessus, ce qui nous ferait remplir au moins une page de noms de variétés connues et appréciées partout dans le monde. Quoi qu’il en soit, on peut faire une constatation : encore aujourd’hui de nouvelles variétés apparaissent avec un pedigree où CLAUDIA RENE apparaît, bien souvent en compagnie des autres variétés favorites de J. Ghio, PONDEROSA, NEW MOON et COMMENTARY.
Quand je vous disais que CLAUDIA RENE fait partie des pères fondateurs de l’iridophilie…
6.3.04
KEITH KEPPEL (II)
Les débuts
En complément des notes biographiques publiées récemment, j’apporte aujourd’hui un complément de mon cru.
Keith Keppel a commencé à enregistrer les variétés qu’il obtenait en 1961. On pouvait dès cette époque parier que ce nouvel obtenteur allait faire parler de lui. En effet ce premier iris n’était pas une banalité, pensez ! un iris « broken color » avant la lettre ! HUMORESQUE, puisque c’est de celui-ci qu’il s’agit, est en effet un iris bleu clair, entièrement maculé de bleu plus foncé, sans que deux fleurs soient identiques. Deux ans plus tard, deux grands iris sont nés : GRINGO et MARICOPA, qui n’ont pas eu un grand succès malgré leur originalité, mais en 65 est apparu BABBLING BROOK, un champion hors catégorie, qui confirmait les espoirs mis dans le jeune hybrideur. Ce BABBLING BROOK, mis en vente en 69, allait brûler les étapes et remporter dès 1972 la Dykes Medal tant convoitée. La même année 65 voyait la naissance de DIPLOMACY, un bitone mauve issu de ROCOCO et de WHOLE CLOTH. Ces deux là étaient aussitôt suivi du premier véritable plicata sorti des mains de celui qui allait devenir M. Plicata. Son nom ? ROUNDUP. Aujourd’hui ce nom là n’a pas bonne presse dans le monde des végétaux, mais il n’empêche que l’iris qui le porte a déjà toutes les qualités que l’on reconnaît aux produits signés Keppel : plante gracieuse, légère, fleurs petites mais bien formées. 1968 est marquée par l’enregistrement de quatre nouveautés : BALLYHOO, CHARMED CIRCLE, FOGGY DEW et VAUDEVILLE. Le premier est un variegata paille et indigo, dont l’origine plicata est nettement visible par les veines et piquetis situés sous les barbes. Le dernier est le frère de semis du précédent et il présente des traits voisins, en plus clair. CHARMED CIRCLE est un pur plicata, ultra classique, en fond blanc marqué et poudré de bleu-violet, avec une belle barbe bleue. Ce n’est pas par ces caractéristiques qu’il se distingue mais par l’usage intensif que Keith Keppel et quelques autres allaient en faire dans leurs travaux d’hybridation. Au moins sept variétés signées Keppel ont CHARMED CIRCLE dans leur pedigree. FOGGY DEW (encore un frère de semis de BALLYHOO et VAUDEVILLE issu du couple SIVA-SIVA x DIPLOMACY) est un amoena-plicata blanc et mauve, qui fut le second succès en concours de son obtenteur puisque cette variété a été honorée du Florin d’Or à Florence en 1971. Les années 60 se sont achevées avec l’enregistrement de HAPPY ENDING (69), bitone pourpre aux épaules poudrées de blanc, digne descendant, lui aussi de ROCOCO et de WHOLE CLOTH.
La machine Keppel était lancée, aussi bien dans les grands iris comme nous venons de le voir, que dans les iris nains et intermédiaires, elle allait produire avec une grande régularité une extraordinaire série de plantes admirables pour la plupart. Pour n’en citer que quelques exemples, arrivés dans les années 70 et 80, parlons – par ordre alphabétique – de ACTRESS (76) bleu à barbe rouge, AUTUMN LEAVES(74), Florin d’Argent en 76, variegata-plicata, BROADWAY (81) si connu qu’il est considéré comme l’exemple même de son type, CATALYST (80) jaune pur, DAREDEVIL (88), le tout premier plicata à barbes rouges, EMPHASIS (77), superbe plicata bleu, EVER AFTER (86), magenta flashant, FLAMENCO (77) presque aussi connu que son cousin BROADWAY, GIGOLO (84), plicata grenat sur fond orangé, PUNKIN (81), orange et remontant, SKYBLAZE (87), autre bleu à barbes rouges, Florin d’Or en 90, THEATRE (81), plicata mauve fort répandu, VIVIEN (79), encore un joli bleu barbes rouges, et pour terminer, WOODCRAFT (79) brillant plicata magenta, Florin d’Or lui-aussi, en 1983.
Aujourd’hui Keith Keppel est l’un des grands maîtres de l’iris, il a donné aux plicatas leurs plus belles variétés, il a obtenu des unicolores au-dessus du lot et maintenant il produit des « dark top » de toute beauté. On ne peut que souhaiter qu’il continue encore longtemps à nous ravir et à donner des leçons à tous les jeunes hybrideurs qui rêvent d’un jour pouvoir l’égaler.
Les débuts
En complément des notes biographiques publiées récemment, j’apporte aujourd’hui un complément de mon cru.
Keith Keppel a commencé à enregistrer les variétés qu’il obtenait en 1961. On pouvait dès cette époque parier que ce nouvel obtenteur allait faire parler de lui. En effet ce premier iris n’était pas une banalité, pensez ! un iris « broken color » avant la lettre ! HUMORESQUE, puisque c’est de celui-ci qu’il s’agit, est en effet un iris bleu clair, entièrement maculé de bleu plus foncé, sans que deux fleurs soient identiques. Deux ans plus tard, deux grands iris sont nés : GRINGO et MARICOPA, qui n’ont pas eu un grand succès malgré leur originalité, mais en 65 est apparu BABBLING BROOK, un champion hors catégorie, qui confirmait les espoirs mis dans le jeune hybrideur. Ce BABBLING BROOK, mis en vente en 69, allait brûler les étapes et remporter dès 1972 la Dykes Medal tant convoitée. La même année 65 voyait la naissance de DIPLOMACY, un bitone mauve issu de ROCOCO et de WHOLE CLOTH. Ces deux là étaient aussitôt suivi du premier véritable plicata sorti des mains de celui qui allait devenir M. Plicata. Son nom ? ROUNDUP. Aujourd’hui ce nom là n’a pas bonne presse dans le monde des végétaux, mais il n’empêche que l’iris qui le porte a déjà toutes les qualités que l’on reconnaît aux produits signés Keppel : plante gracieuse, légère, fleurs petites mais bien formées. 1968 est marquée par l’enregistrement de quatre nouveautés : BALLYHOO, CHARMED CIRCLE, FOGGY DEW et VAUDEVILLE. Le premier est un variegata paille et indigo, dont l’origine plicata est nettement visible par les veines et piquetis situés sous les barbes. Le dernier est le frère de semis du précédent et il présente des traits voisins, en plus clair. CHARMED CIRCLE est un pur plicata, ultra classique, en fond blanc marqué et poudré de bleu-violet, avec une belle barbe bleue. Ce n’est pas par ces caractéristiques qu’il se distingue mais par l’usage intensif que Keith Keppel et quelques autres allaient en faire dans leurs travaux d’hybridation. Au moins sept variétés signées Keppel ont CHARMED CIRCLE dans leur pedigree. FOGGY DEW (encore un frère de semis de BALLYHOO et VAUDEVILLE issu du couple SIVA-SIVA x DIPLOMACY) est un amoena-plicata blanc et mauve, qui fut le second succès en concours de son obtenteur puisque cette variété a été honorée du Florin d’Or à Florence en 1971. Les années 60 se sont achevées avec l’enregistrement de HAPPY ENDING (69), bitone pourpre aux épaules poudrées de blanc, digne descendant, lui aussi de ROCOCO et de WHOLE CLOTH.
La machine Keppel était lancée, aussi bien dans les grands iris comme nous venons de le voir, que dans les iris nains et intermédiaires, elle allait produire avec une grande régularité une extraordinaire série de plantes admirables pour la plupart. Pour n’en citer que quelques exemples, arrivés dans les années 70 et 80, parlons – par ordre alphabétique – de ACTRESS (76) bleu à barbe rouge, AUTUMN LEAVES(74), Florin d’Argent en 76, variegata-plicata, BROADWAY (81) si connu qu’il est considéré comme l’exemple même de son type, CATALYST (80) jaune pur, DAREDEVIL (88), le tout premier plicata à barbes rouges, EMPHASIS (77), superbe plicata bleu, EVER AFTER (86), magenta flashant, FLAMENCO (77) presque aussi connu que son cousin BROADWAY, GIGOLO (84), plicata grenat sur fond orangé, PUNKIN (81), orange et remontant, SKYBLAZE (87), autre bleu à barbes rouges, Florin d’Or en 90, THEATRE (81), plicata mauve fort répandu, VIVIEN (79), encore un joli bleu barbes rouges, et pour terminer, WOODCRAFT (79) brillant plicata magenta, Florin d’Or lui-aussi, en 1983.
Aujourd’hui Keith Keppel est l’un des grands maîtres de l’iris, il a donné aux plicatas leurs plus belles variétés, il a obtenu des unicolores au-dessus du lot et maintenant il produit des « dark top » de toute beauté. On ne peut que souhaiter qu’il continue encore longtemps à nous ravir et à donner des leçons à tous les jeunes hybrideurs qui rêvent d’un jour pouvoir l’égaler.
28.2.04
L’ENIGME DE LA SEMAINE
D’AUSTRALIE
Des cinq variétés ci-dessous, l’une n’est pas originaire d’Australie. Laquelle ?
· AURA LIGHT
· CARABET ROYALE
· HELEN DAWN
· PENCHANT
· PINNACLE
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
L’AFRIQUE
NIGERIAN RASPBERRY est un iris « broken colors » alors que les autres sont des « selfs ».
D’AUSTRALIE
Des cinq variétés ci-dessous, l’une n’est pas originaire d’Australie. Laquelle ?
· AURA LIGHT
· CARABET ROYALE
· HELEN DAWN
· PENCHANT
· PINNACLE
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
L’AFRIQUE
NIGERIAN RASPBERRY est un iris « broken colors » alors que les autres sont des « selfs ».
JE T’AIME
J’avais pensé publier cette fiche généalogique à l’occasion de la St Valentin, mais …j’ai oublié ! Mais comme il n’est jamais trop tard pour bien faire, je vais tout de même employer ces mots puisqu’il s’agit du nom d’une variété particulièrement réussie, en blanc immaculé seulement teinté d’abricot aux épaules, de part et d’autre d’une barbe corail clair. Elle a été enregistrée en 1994 par Lily Gartman, obtentrice douée mais trop tôt disparue. Il est rare que le pedigree d’un iris soit facile à décrypter. Mais dans le cas présent on est en présence d’un arbre généalogique que l’on peut reconstituer au moins jusqu’à la sixième génération, sans problème.
L’arbre généalogique d’un iris, c’est un peu comme le tableau final d’un tournoi de tennis : à chaque tour on élimine 50% de participants et il ne reste qu’un nom, à la fin. Pour JE T’AIME on peut remonter jusqu’au 32eme de finale. Cela fait en principe 64 noms, 64 variétés à identifier et classer. Cette fois on peut compter sur 38 noms, les autres places sont occupées par des semis non dénommés et, par quatre fois, par un point d’interrogation parce que les enregistrements ne donnent pas toujours le détail de certaines origines. Ce serait un peu fastidieux d’énumérer tous ces noms, et cela n’éclairerait pas forcément sur la progression des croisements jusqu’au but finalement atteint. Disons qu’on trouve dans ce large panel des variétés blanches, blanches à barbes rouges, jaunes, bleu, bleu à barbes rouges, violettes, orchidée, chamois, et orange ou abricot ! Un beau mélange, mais aucun plicata, aucun bicolore, aucun variegata. Bien entendu le beau monde des années 50/60 est là :ARCTIC FLAME (Fay 60) pour les blancs à barbes rouges, de même que son aîné FLEETA (Fay 56). Chez les bleus et violets il y a ALLEGIANCE (Cook 57 – DM 64), PACIFIC PANORAMA (N. Sexton 60 – DM 65) ou MARQUESAN SKIES (Blocher 67). Pour les roses orchidée on trouve MARY RANDALL (Fay 50), MAY HALL (Hall 52) et l’inévitable PONDEROSA (Ghio 68). Pour le jaune, ce sont DENVER MINT (Knopf 62), NEW MOON (N. Sexton 68 – DM 73) et CREAM TAFFETA (Rudolph 70). Pour l’orangé ce sont GLITTERING AMBER (Hamblen 55) et ORANGE CHARIOT (Fay 62), et pour le brun OLYMPIC TORCH (Schreiner 56).
Le niveau suivant – les 16eme de finale – laisse encore un grand choix de coloris, même si le jaune domine. MOON CREST (Rudolph 63), YELLOW CHIFFON (Rudolph 65), chacun deux fois, PEACE OFFERING (Ghio 72) et NEW MOON (N. Sexton 68 – DM 73) sont là pour en témoigner. Mais on trouve aussi le rose de SHOW TIME (Ghio 71) et d’YVONNE BURT (Blocher 70), le violet de SKYWATCH (Benson 64 – DM 70), l’ambre de TASTE OF HONEY (Schreiner 66), l’orange de CHINESE CORAL (Fay 60), et le bleu tendre à barbes rouges d’ACTRESS (Keppel 76).
Le choix se resserre au niveau des 8eme de finale. Jaune, crème, vieil or, orange, sont les couleurs qui ressortent, avec CREAM TAFFETA (Rudolph 70), deux fois, CRYSTAL DAWN (Rudolph 75), WEST COAST (Knopf 68), RADIANT LIGHT (Fay 63). On ne voit pas où l’on va, mais les choses vont se préciser en quart de finale. Il reste alors huit variétés en course et on peut citer leurs noms : CARVED CAMEO (Rudolph 72), pétales rose chair sur sépales ivoire, présent par deux fois ; SATIN GLASS (Blocher 77), bleu lavande ; SOAP OPERA (Ghio 82), chamois sur mauve liseré chamois ; OLD FLAME (Ghio 75), blanc liseré crème ; ENTOURAGE (Ghio 75), vieux rose. Les autres sont des semis non dénommés. En demi-finale il ne reste plus que CLASSICO (Gartman 84) issu de CARVED CAMEO X SATIN GLASS, iris crème rosé uni ; un semis de SOAP OPERA ; CREME DE CREME (Ghio 78), iris crème, issu de OLD FLAME croisé avec un semis ambré de HI-TOP (Knocke 71), lui même provenant de TASTE OF HONEY ; SMOOTH TALK (Gartman 82), abricot léger, issu de CARVED CAMEO X ENTOURAGE. Les deux premiers cités ont donné naissance à CRITIC’S CHOICE (Gartman 88), qui est jaune à cœur blanc. Les deux autres ont engendré STATUS SEEKER (Gartman 82), un rose corail pâle uni. Nous voilà en finale. Le résultat est donc JE T’AIME (Gartman 94) dont on peut dire qu’il tient ses traits avant tout de sa « mère », dont on retrouve le rose-abricot autour des barbes, mais dont la forme de la fleur est plutôt héritée de CRITIC’S CHOICE, tout à fait remarquable sur ce point. On peut peut-être s’étonner du coloris général blanc alors que cette couleur n’apparaît que chez OLD FLAME, à la troisième génération, et, encore, influencé de jaune. Mais n’oublions pas que tout à fait à l’origine il y a les meilleurs blancs qui ont pour noms SNOW FLURRY, NEW SNOW ou HENRY SHAW…
Tel qu’il est, JE T’AIME est un iris bien joli, au pedigree flatteur, qui apporte à ceux qui peuvent l’admirer chaque printemps, tout l’éclat que l’on attend d’un iris blanc : un de ceux dont on se dit, en voyant la fleur se faner et s’effondrer sur elle-même, « Quel dommage ! »
J’avais pensé publier cette fiche généalogique à l’occasion de la St Valentin, mais …j’ai oublié ! Mais comme il n’est jamais trop tard pour bien faire, je vais tout de même employer ces mots puisqu’il s’agit du nom d’une variété particulièrement réussie, en blanc immaculé seulement teinté d’abricot aux épaules, de part et d’autre d’une barbe corail clair. Elle a été enregistrée en 1994 par Lily Gartman, obtentrice douée mais trop tôt disparue. Il est rare que le pedigree d’un iris soit facile à décrypter. Mais dans le cas présent on est en présence d’un arbre généalogique que l’on peut reconstituer au moins jusqu’à la sixième génération, sans problème.
L’arbre généalogique d’un iris, c’est un peu comme le tableau final d’un tournoi de tennis : à chaque tour on élimine 50% de participants et il ne reste qu’un nom, à la fin. Pour JE T’AIME on peut remonter jusqu’au 32eme de finale. Cela fait en principe 64 noms, 64 variétés à identifier et classer. Cette fois on peut compter sur 38 noms, les autres places sont occupées par des semis non dénommés et, par quatre fois, par un point d’interrogation parce que les enregistrements ne donnent pas toujours le détail de certaines origines. Ce serait un peu fastidieux d’énumérer tous ces noms, et cela n’éclairerait pas forcément sur la progression des croisements jusqu’au but finalement atteint. Disons qu’on trouve dans ce large panel des variétés blanches, blanches à barbes rouges, jaunes, bleu, bleu à barbes rouges, violettes, orchidée, chamois, et orange ou abricot ! Un beau mélange, mais aucun plicata, aucun bicolore, aucun variegata. Bien entendu le beau monde des années 50/60 est là :ARCTIC FLAME (Fay 60) pour les blancs à barbes rouges, de même que son aîné FLEETA (Fay 56). Chez les bleus et violets il y a ALLEGIANCE (Cook 57 – DM 64), PACIFIC PANORAMA (N. Sexton 60 – DM 65) ou MARQUESAN SKIES (Blocher 67). Pour les roses orchidée on trouve MARY RANDALL (Fay 50), MAY HALL (Hall 52) et l’inévitable PONDEROSA (Ghio 68). Pour le jaune, ce sont DENVER MINT (Knopf 62), NEW MOON (N. Sexton 68 – DM 73) et CREAM TAFFETA (Rudolph 70). Pour l’orangé ce sont GLITTERING AMBER (Hamblen 55) et ORANGE CHARIOT (Fay 62), et pour le brun OLYMPIC TORCH (Schreiner 56).
Le niveau suivant – les 16eme de finale – laisse encore un grand choix de coloris, même si le jaune domine. MOON CREST (Rudolph 63), YELLOW CHIFFON (Rudolph 65), chacun deux fois, PEACE OFFERING (Ghio 72) et NEW MOON (N. Sexton 68 – DM 73) sont là pour en témoigner. Mais on trouve aussi le rose de SHOW TIME (Ghio 71) et d’YVONNE BURT (Blocher 70), le violet de SKYWATCH (Benson 64 – DM 70), l’ambre de TASTE OF HONEY (Schreiner 66), l’orange de CHINESE CORAL (Fay 60), et le bleu tendre à barbes rouges d’ACTRESS (Keppel 76).
Le choix se resserre au niveau des 8eme de finale. Jaune, crème, vieil or, orange, sont les couleurs qui ressortent, avec CREAM TAFFETA (Rudolph 70), deux fois, CRYSTAL DAWN (Rudolph 75), WEST COAST (Knopf 68), RADIANT LIGHT (Fay 63). On ne voit pas où l’on va, mais les choses vont se préciser en quart de finale. Il reste alors huit variétés en course et on peut citer leurs noms : CARVED CAMEO (Rudolph 72), pétales rose chair sur sépales ivoire, présent par deux fois ; SATIN GLASS (Blocher 77), bleu lavande ; SOAP OPERA (Ghio 82), chamois sur mauve liseré chamois ; OLD FLAME (Ghio 75), blanc liseré crème ; ENTOURAGE (Ghio 75), vieux rose. Les autres sont des semis non dénommés. En demi-finale il ne reste plus que CLASSICO (Gartman 84) issu de CARVED CAMEO X SATIN GLASS, iris crème rosé uni ; un semis de SOAP OPERA ; CREME DE CREME (Ghio 78), iris crème, issu de OLD FLAME croisé avec un semis ambré de HI-TOP (Knocke 71), lui même provenant de TASTE OF HONEY ; SMOOTH TALK (Gartman 82), abricot léger, issu de CARVED CAMEO X ENTOURAGE. Les deux premiers cités ont donné naissance à CRITIC’S CHOICE (Gartman 88), qui est jaune à cœur blanc. Les deux autres ont engendré STATUS SEEKER (Gartman 82), un rose corail pâle uni. Nous voilà en finale. Le résultat est donc JE T’AIME (Gartman 94) dont on peut dire qu’il tient ses traits avant tout de sa « mère », dont on retrouve le rose-abricot autour des barbes, mais dont la forme de la fleur est plutôt héritée de CRITIC’S CHOICE, tout à fait remarquable sur ce point. On peut peut-être s’étonner du coloris général blanc alors que cette couleur n’apparaît que chez OLD FLAME, à la troisième génération, et, encore, influencé de jaune. Mais n’oublions pas que tout à fait à l’origine il y a les meilleurs blancs qui ont pour noms SNOW FLURRY, NEW SNOW ou HENRY SHAW…
Tel qu’il est, JE T’AIME est un iris bien joli, au pedigree flatteur, qui apporte à ceux qui peuvent l’admirer chaque printemps, tout l’éclat que l’on attend d’un iris blanc : un de ceux dont on se dit, en voyant la fleur se faner et s’effondrer sur elle-même, « Quel dommage ! »
19.2.04
L’ENIGME DE LA SEMAINE
L’AFRIQUE
Les caractéristiques d’une de ces cinq variétés ne correspondent pas à celles des quatre autres. Laquelle ?
· AFRICAN QUEEN
· ETHIOP’S QUEEN
· NIGERIAN RASPBERRY
· SWAZI PRINCESS
· VICTORIA FALLS
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
ORIENT EXPRESS est le nom d’un train européen fameux. Les autres noms ont une connotation véritablement orientale.
L’AFRIQUE
Les caractéristiques d’une de ces cinq variétés ne correspondent pas à celles des quatre autres. Laquelle ?
· AFRICAN QUEEN
· ETHIOP’S QUEEN
· NIGERIAN RASPBERRY
· SWAZI PRINCESS
· VICTORIA FALLS
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
ORIENT EXPRESS est le nom d’un train européen fameux. Les autres noms ont une connotation véritablement orientale.
MARY DUNN
Ci-dessus, je parlais d’une des grandes dames des iris de la fin du dernier siècle, Opal L. Brown ; aujourd’hui j’évoquerai une autre des ces célèbres obtentrices, dont le nom est connu du monde entier, et dont nos jardins recèlent bien des œuvres. Elle s’appelait Mary Dunn. Elle est décédée en 1997, à 67 ans.
C’est en 1957, après son mariage avec Robert Dunn, qu’elle a commencé à s’adonner à l’hybridation, se faisant rapidement un nom dans le microcosme des iris. Encouragée par Carl Quadros, elle s’est mise à cultiver toutes sortes d’iris, se consacrant en particulier aux grands iris barbus et aux iris de Louisiane. Elle est sans doute plus connue chez nous pour ses TB, mais ce sont les iris de Louisiane qui lui ont apporté les plus belles récompenses. Par deux fois des cultivars issus de ses semis ont enlevé la Debaillon Medal, la plus haute récompense pour ce type de plante : RHETT, l’a emporté en 1991 (et c’est bien qu’un iris faisant allusion au célèbre « Autant en emporte le vent » ait ainsi été mis au premier plan) ; en 1992, ce fut au tour de BAJAZZO d’être pareillement couronné. Du côté des grands iris, c’est le joli CITY LIGHTS (91) qui, en 1997, a tutoyé la Wister Medal : il en faut souvent peu pour qu’une variété rate la plus haute marche d’un podium.
En quarante ans Mary Dunn a donné au monde des iris un grand choix de variétés méritantes, dont un certain nombre de valeureux plicatas. Pour n’en citer que quelques-uns, commercialisés et appréciés chez nous, parlons de HIGH FALUTIN (84), d’un joli lilas rosé, MOMENTUM (86), plicata indigo, fils de SPINNING WHEEL auquel il ressemble, CRUZIN (87), indigo marbré de blanc, ROYALIST (87), bitone violet, descendant de MYSTIQUE, DIVINE (88), lavande et prune, cousin du précédent, PATTERNS (88), superbe plicata prune, OBA-OBA (92), plicata magenta. Pour terminer il faut aussi parler de ZANY (88), blanc barbouillé d’indigo, une autre approche du type « broken colors ».
Mary Dunn, morte bien trop tôt, a laissé un grand vide dans le cœur de ses amis. Mais ceux-ci ne l’ont pas oubliée : en 2002 Joë Ghio a encore enregistré six iris de Louisiane qu’elle avait sélectionné. Par delà la tombe, elle est encore parmi nous.
Ci-dessus, je parlais d’une des grandes dames des iris de la fin du dernier siècle, Opal L. Brown ; aujourd’hui j’évoquerai une autre des ces célèbres obtentrices, dont le nom est connu du monde entier, et dont nos jardins recèlent bien des œuvres. Elle s’appelait Mary Dunn. Elle est décédée en 1997, à 67 ans.
C’est en 1957, après son mariage avec Robert Dunn, qu’elle a commencé à s’adonner à l’hybridation, se faisant rapidement un nom dans le microcosme des iris. Encouragée par Carl Quadros, elle s’est mise à cultiver toutes sortes d’iris, se consacrant en particulier aux grands iris barbus et aux iris de Louisiane. Elle est sans doute plus connue chez nous pour ses TB, mais ce sont les iris de Louisiane qui lui ont apporté les plus belles récompenses. Par deux fois des cultivars issus de ses semis ont enlevé la Debaillon Medal, la plus haute récompense pour ce type de plante : RHETT, l’a emporté en 1991 (et c’est bien qu’un iris faisant allusion au célèbre « Autant en emporte le vent » ait ainsi été mis au premier plan) ; en 1992, ce fut au tour de BAJAZZO d’être pareillement couronné. Du côté des grands iris, c’est le joli CITY LIGHTS (91) qui, en 1997, a tutoyé la Wister Medal : il en faut souvent peu pour qu’une variété rate la plus haute marche d’un podium.
En quarante ans Mary Dunn a donné au monde des iris un grand choix de variétés méritantes, dont un certain nombre de valeureux plicatas. Pour n’en citer que quelques-uns, commercialisés et appréciés chez nous, parlons de HIGH FALUTIN (84), d’un joli lilas rosé, MOMENTUM (86), plicata indigo, fils de SPINNING WHEEL auquel il ressemble, CRUZIN (87), indigo marbré de blanc, ROYALIST (87), bitone violet, descendant de MYSTIQUE, DIVINE (88), lavande et prune, cousin du précédent, PATTERNS (88), superbe plicata prune, OBA-OBA (92), plicata magenta. Pour terminer il faut aussi parler de ZANY (88), blanc barbouillé d’indigo, une autre approche du type « broken colors ».
Mary Dunn, morte bien trop tôt, a laissé un grand vide dans le cœur de ses amis. Mais ceux-ci ne l’ont pas oubliée : en 2002 Joë Ghio a encore enregistré six iris de Louisiane qu’elle avait sélectionné. Par delà la tombe, elle est encore parmi nous.
OPAL LOUISE BROWN
Au cours du dernier demi-siècle, qui fut peut-être l’âge d’or de l’hybridation des iris, quelques dames se sont particulièrement distinguées. J’ai déjà parlé de Melba Hamblen, aujourd’hui mon propos ira à Opal Brown, qui nous a quittés à 84 ans, en 1998.
Quand on lui demandait pourquoi elle avait choisi d’hybrider des iris, elle répondait : « J’ai juste voulu essayer ». Et elle avait effectivement essayé dès la fin des années 40, à Marysville, dans l’Etat de Washington où elle s’était installée après son mariage en 1936. Elle y a tellement pris goût qu’elle est allée ouvrir une pépinière d’iris, Sunnyhill Gardens, à Walla-Walla, au cœur des Montagnes Rocheuses, en 1948. Par la suite elle a transféré son exploitation plus au sud, à Milton Freewater, dans l’Etat d’Oregon, où elle s’installa en 1970.
Sa carrière d’obtentrice avait commencé par un coup d’éclat : la première variété qu’elle a enregistrée, ALTAR LIGHT (54) a d’emblée obtenu le Premio Firenze (l’ancêtre du Fiorino d’Oro que nous connaissons aujourd’hui) en 1956 ! Ce fut le point de départ d’une longue et fructueuse carrière d’hybrideur (peut-on dire d’hybridrice ou d’hybrideuse ?) qui s’est prolongée post mortem puisque Paul Black enregistrait encore en 2002 des variétés obtenues par elle. Au delà de ses quatorze Awards of Merit et de ses 90 Honorable Mentions, ses iris ont été plusieurs fois honorés au plus haut niveau. WINTER OLYMPICS (63) a décroché la Dykes Medal en 1967, alors que deux ans plus tôt son iris de bordure BAYADERE (62) avait été récompensé de la Knowlton Medal. Par la suite BLUE LUSTER (73), puis QUEEN OF HEARTS (74) ont été l’un et l’autre à deux doigts de recevoir à leur tour la DM. BLUE LUSTER a reçu des amateurs un accueil chaleureux et s’est tenu pendant vingt ans parmi les cent iris préférés des Américains. Enfin notons que ROSE CARESS (77) a été spécialement apprécié en Grande Bretagne où il a obtenu une récompense de la Royal Horticultural Society et de la British Iris Society.
En France les variétés signées O. Brown les plus appréciées sont peut-être PIPES OF PAN (63), très recherché par les hybrideurs des années 70, BARCELONA (67), brillant bicolore, fils du précédent, BUFFY (69), FAITH AS THIS (70), BOLD ACCENT (78), le jaune BIG DIPPER (81), et le rose MING ROSE (84), tandis que GENIALITY (81), splendide mauve lilas très frisé, a connu une certaine gloire comme géniteur d’iris aux pétales bordés de dentelle.
Il n’est pas donné à tout le monde de se tenir au premier rang pendant une cinquantaine d’années. Cela n’arrive qu’aux meilleurs et on peut dire qu’Opal Brown faisait bien partie de cette élite.
Au cours du dernier demi-siècle, qui fut peut-être l’âge d’or de l’hybridation des iris, quelques dames se sont particulièrement distinguées. J’ai déjà parlé de Melba Hamblen, aujourd’hui mon propos ira à Opal Brown, qui nous a quittés à 84 ans, en 1998.
Quand on lui demandait pourquoi elle avait choisi d’hybrider des iris, elle répondait : « J’ai juste voulu essayer ». Et elle avait effectivement essayé dès la fin des années 40, à Marysville, dans l’Etat de Washington où elle s’était installée après son mariage en 1936. Elle y a tellement pris goût qu’elle est allée ouvrir une pépinière d’iris, Sunnyhill Gardens, à Walla-Walla, au cœur des Montagnes Rocheuses, en 1948. Par la suite elle a transféré son exploitation plus au sud, à Milton Freewater, dans l’Etat d’Oregon, où elle s’installa en 1970.
Sa carrière d’obtentrice avait commencé par un coup d’éclat : la première variété qu’elle a enregistrée, ALTAR LIGHT (54) a d’emblée obtenu le Premio Firenze (l’ancêtre du Fiorino d’Oro que nous connaissons aujourd’hui) en 1956 ! Ce fut le point de départ d’une longue et fructueuse carrière d’hybrideur (peut-on dire d’hybridrice ou d’hybrideuse ?) qui s’est prolongée post mortem puisque Paul Black enregistrait encore en 2002 des variétés obtenues par elle. Au delà de ses quatorze Awards of Merit et de ses 90 Honorable Mentions, ses iris ont été plusieurs fois honorés au plus haut niveau. WINTER OLYMPICS (63) a décroché la Dykes Medal en 1967, alors que deux ans plus tôt son iris de bordure BAYADERE (62) avait été récompensé de la Knowlton Medal. Par la suite BLUE LUSTER (73), puis QUEEN OF HEARTS (74) ont été l’un et l’autre à deux doigts de recevoir à leur tour la DM. BLUE LUSTER a reçu des amateurs un accueil chaleureux et s’est tenu pendant vingt ans parmi les cent iris préférés des Américains. Enfin notons que ROSE CARESS (77) a été spécialement apprécié en Grande Bretagne où il a obtenu une récompense de la Royal Horticultural Society et de la British Iris Society.
En France les variétés signées O. Brown les plus appréciées sont peut-être PIPES OF PAN (63), très recherché par les hybrideurs des années 70, BARCELONA (67), brillant bicolore, fils du précédent, BUFFY (69), FAITH AS THIS (70), BOLD ACCENT (78), le jaune BIG DIPPER (81), et le rose MING ROSE (84), tandis que GENIALITY (81), splendide mauve lilas très frisé, a connu une certaine gloire comme géniteur d’iris aux pétales bordés de dentelle.
Il n’est pas donné à tout le monde de se tenir au premier rang pendant une cinquantaine d’années. Cela n’arrive qu’aux meilleurs et on peut dire qu’Opal Brown faisait bien partie de cette élite.
14.2.04
L’ENIGME DE LA SEMAINE
VERS L’ORIENT
Parmi les cinq noms de variétés ci-dessous, il en est un qui ne fait pas allusion à la même chose que les quatre autres. Laquelle ?
· ARABI PASHA
· ARABIAN TAPESTRY
· MOROCCO
· ORIENT EXPRESS
· SULTAN’S PALACE
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
TOUCHÉ est un iris bicolore rose et mauve. Les autres variétés sont des « selfs ».
VERS L’ORIENT
Parmi les cinq noms de variétés ci-dessous, il en est un qui ne fait pas allusion à la même chose que les quatre autres. Laquelle ?
· ARABI PASHA
· ARABIAN TAPESTRY
· MOROCCO
· ORIENT EXPRESS
· SULTAN’S PALACE
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
TOUCHÉ est un iris bicolore rose et mauve. Les autres variétés sont des « selfs ».
ÇA, C’EST PARIS !
La ville de Paris est, aux yeux des étrangers, associé aux idées de plaisir, de luxe et de fantaisie. Il n’est donc pas étonnant que les obtenteurs d’iris, américains et australiens, aient souvent choisi pour leurs variétés des noms où figure le mot « Paris ». J’ai donc fait un petit voyage dans ce Paris des iris, un voyage gai et froufroutant, comme il se doit.
Visiblement l’obtenteur australien Barry Blyth est particulièrement inspiré par la ville lumière et les petites femmes de Paris. PARIS KISS (Blyth B. 84) est sa première évocation de notre capitale. Ce baiser parisien est d’un rose très léger, avec barbes blanches. La fleur est toute douceur et tendresse. L’aventure parisienne se poursuit avec LETTER FROM PARIS (Blyth B. 97). C’est une lettre doucement parfumée, reçue à Melbourne ; une lettre rose dragée, pointée de blanc qui semble remémorer une amourette de vacances attendrissante et un peu nostalgique. Une suite à l’aventure précédente ? COME TO PARIS (Blyth B. 98) paraît bien être une invitation à aller plus loin, si affinités. Une invitation en bleu lavande et blanc, à peine teinté d’abricot, bref une garantie de bonheur !
Blanc avec une pointe de bleu, c’est comme ça que James McWhirter a vu CITY OF PARIS (94). Il n’est pas le seul à donner à Paris une teinte bleu pastel. Robert Dunn, avec PARIS BLUES (90), a fait de même, tandis que chez Schreiner, le bleu est un peu plus vif pour PARISIAN BLUE (64). Clifford Benson, lui qui était autant musicien qu’amateur d’iris, n’était pas loin de voir Paris du même œil : PARIS OPERA (69) est une variété mauve tendre. Le mauve, au plutôt le lilas rosé, est également présent dans l’amoena inversé PARIS FASHION (Keppel 2003). Mais on revient au rose, une couleur décidément bien parisienne, avec APRIL IN PARIS (Vernon Wood 92), un des plus beaux roses de ce spécialiste. Rose encore, mais teinté d’amarante, pour PARIS ORIGINAL (Ghio 81), une fleur toute tourmentée comme un chagrin d’amour.
Pour Neva Sexton, le soir de Paris est d’un ton grenat, du moins dans la fleur de EVENING IN PARIS (76) ; d’ailleurs c’est aussi de cette couleur que les Schreiner le voient puisque c’est la parure de leur PARIS LIGHTS (72).
Et les Français ? Comment voient-ils leur capitale lorsqu’ils lui consacrent un iris ? Les avis sont très partagés ! Anfosso penche pour le rose tendre avec son PARIS-PARIS (95), une de ses dernières créations, délicieusement dentelée, tandis que Richard Cayeux pense davantage aux Champs-Élysées et au 14 juillet puisque son PARISIEN (94) fait partie de sa série bleu blanc rouge, tout comme le très chauvin VIVE LA FRANCE (91).
Ainsi Paris, c’est d’abord les bouillonnés de dentelle rose et les lilas du mois de mai (ou d’avril !), avant de prendre la cocarde tricolore pour emblème ! Et vous, mes lecteurs, comment voyez-vous votre Paris ?
La ville de Paris est, aux yeux des étrangers, associé aux idées de plaisir, de luxe et de fantaisie. Il n’est donc pas étonnant que les obtenteurs d’iris, américains et australiens, aient souvent choisi pour leurs variétés des noms où figure le mot « Paris ». J’ai donc fait un petit voyage dans ce Paris des iris, un voyage gai et froufroutant, comme il se doit.
Visiblement l’obtenteur australien Barry Blyth est particulièrement inspiré par la ville lumière et les petites femmes de Paris. PARIS KISS (Blyth B. 84) est sa première évocation de notre capitale. Ce baiser parisien est d’un rose très léger, avec barbes blanches. La fleur est toute douceur et tendresse. L’aventure parisienne se poursuit avec LETTER FROM PARIS (Blyth B. 97). C’est une lettre doucement parfumée, reçue à Melbourne ; une lettre rose dragée, pointée de blanc qui semble remémorer une amourette de vacances attendrissante et un peu nostalgique. Une suite à l’aventure précédente ? COME TO PARIS (Blyth B. 98) paraît bien être une invitation à aller plus loin, si affinités. Une invitation en bleu lavande et blanc, à peine teinté d’abricot, bref une garantie de bonheur !
Blanc avec une pointe de bleu, c’est comme ça que James McWhirter a vu CITY OF PARIS (94). Il n’est pas le seul à donner à Paris une teinte bleu pastel. Robert Dunn, avec PARIS BLUES (90), a fait de même, tandis que chez Schreiner, le bleu est un peu plus vif pour PARISIAN BLUE (64). Clifford Benson, lui qui était autant musicien qu’amateur d’iris, n’était pas loin de voir Paris du même œil : PARIS OPERA (69) est une variété mauve tendre. Le mauve, au plutôt le lilas rosé, est également présent dans l’amoena inversé PARIS FASHION (Keppel 2003). Mais on revient au rose, une couleur décidément bien parisienne, avec APRIL IN PARIS (Vernon Wood 92), un des plus beaux roses de ce spécialiste. Rose encore, mais teinté d’amarante, pour PARIS ORIGINAL (Ghio 81), une fleur toute tourmentée comme un chagrin d’amour.
Pour Neva Sexton, le soir de Paris est d’un ton grenat, du moins dans la fleur de EVENING IN PARIS (76) ; d’ailleurs c’est aussi de cette couleur que les Schreiner le voient puisque c’est la parure de leur PARIS LIGHTS (72).
Et les Français ? Comment voient-ils leur capitale lorsqu’ils lui consacrent un iris ? Les avis sont très partagés ! Anfosso penche pour le rose tendre avec son PARIS-PARIS (95), une de ses dernières créations, délicieusement dentelée, tandis que Richard Cayeux pense davantage aux Champs-Élysées et au 14 juillet puisque son PARISIEN (94) fait partie de sa série bleu blanc rouge, tout comme le très chauvin VIVE LA FRANCE (91).
Ainsi Paris, c’est d’abord les bouillonnés de dentelle rose et les lilas du mois de mai (ou d’avril !), avant de prendre la cocarde tricolore pour emblème ! Et vous, mes lecteurs, comment voyez-vous votre Paris ?
5.2.04
L’ENIGME DE LA SEMAINE
LES CINQ SENS
Les caractéristiques d’une de ces cinq variétés ne correspondent pas à celles des quatre autres. Laquelle ?
· HILLTOP VIEW
· SCENTED NUTMEG
· SILENCE
· TASTE OF HONEY
· TOUCHÉ
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
FALL OF EAGLES ne fait pas allusion à une saison, mais à, littéralement :la chute des aigles.
LES CINQ SENS
Les caractéristiques d’une de ces cinq variétés ne correspondent pas à celles des quatre autres. Laquelle ?
· HILLTOP VIEW
· SCENTED NUTMEG
· SILENCE
· TASTE OF HONEY
· TOUCHÉ
RÉPONSE À L’ÉNIGME DE LA SEMAINE DERNIÈRE
FALL OF EAGLES ne fait pas allusion à une saison, mais à, littéralement :la chute des aigles.
HAÏKU
Le haïku est un genre poétique japonais, très apprécié, et qui répond à des règles rigoureuses, comme, par exemple, d’être composé de trois vers, courts, exprimant une image, un sentiment qui émeut ou surprend. Voici un authentique haïku japonais, que Clarence Mahan a traduit et publié dans le bulletin de l’AIS. Il affirme que s’il nous paraît un peu choquant, c’est par un reste de pudibonderie victorienne. J’en ai fait l’adaptation française.
Le merle effrayé qui s’envole
Et le bel iris bleu
Éclaboussé de fiente blanche.
Serait-ce ce qui est arrivé au fameux BATIK ?
Le haïku est un genre poétique japonais, très apprécié, et qui répond à des règles rigoureuses, comme, par exemple, d’être composé de trois vers, courts, exprimant une image, un sentiment qui émeut ou surprend. Voici un authentique haïku japonais, que Clarence Mahan a traduit et publié dans le bulletin de l’AIS. Il affirme que s’il nous paraît un peu choquant, c’est par un reste de pudibonderie victorienne. J’en ai fait l’adaptation française.
Le merle effrayé qui s’envole
Et le bel iris bleu
Éclaboussé de fiente blanche.
Serait-ce ce qui est arrivé au fameux BATIK ?
BATEAU IVRE
Ou comment l’iris devint gris
Je l’ai déjà dit : les iris gris sont rares. Ils n’ont pas vraiment déchaîné l’enthousiasme des obtenteurs jusqu’à maintenant. S’il en est qui ont été sélectionnés, c’est plutôt par le fait d’un hasard que celui d’une recherche systématique. Cependant il est des croisements dont il n’est pas extravagant d’imaginer qu’ils peuvent donner des rejetons gris. Prenons le cas de BATEAU IVRE (Anfosso 82).
Les parents de cette variétés sont, côté femelle, TOUCHÉ (M. Hamblen 66), et côté mâle GYPSY PRINCE (M. Hamblen 74). Le premier est un bicolore rose et mauve à barbes oranges, le second un variegata moutarde et indigo, aux sépales cernés de brun. Le ton bleu-gris de BATEAU IVRE est en fait une combinaison des couleurs de ses deux parents. Ses pétales sont d’un gris rosé qui rassemble les influences du rose de TOUCHÉ et du jaune fumé de GYPSY PRINCE. Ses sépales ont une dominante mauve grisé, une flamme bleu-indigo descend des barbes vers le bord ; Elle a la teinte du cœur des sépales de GYPSY PRINCE. L’ensemble fait effectivement très gris, sans tristesse du fait de la flamme plutôt vive.
La teinte grise résulte d’une superposition de pigments : le pigment jaune, et rose, soluble dans l’huile qui est installé dans les cellules, et le pigment bleu, et violet, qui imprègne le liquide interstitiel. Le reste est une question de dosage : quand le jaune s’estompe, le bleu domine ; quand le bleu est rare, le jaune (ou le rose) prend le dessus ; il arrive qu’ils fassent match nul, ou presque. C’est pourquoi il faut une forte dose de chance pour que le résultat final soit d’un beau gris à peu près uniforme.
Les deux parents de BATEAU IVRE ont beaucoup de points communs. On peut même dire qu’ils sont cousins. En effet GYPSY PRINCE est issu d’un frère de semis de TOUCHÉ et du célèbre CAMBODIA (Babson 63) qui est un iris aux couleurs fortement assombries : bronze pour les pétales, jaune-vert olive pour les sépales avec une tache violette au cœur. Ce CAMBODIA a eu de nombreux descendants sombres eux aussi, comme l’autre gris GHOST STORY (Ghio 75), SAND AND SEA (Jones 74), bronze et bleu, VALVERDE (Plough 76), tilleul avec spot bleu, ou SANSEVERINA (Anfosso 81), très voisin de GYPSY PRINCE, dont il est très proche cousin. J’ai déjà parlé de TOUCHÉ dans une chronique consacrée au bicolore ADVENTURESS. Je disais : « TOUCHÉ est décrit comme ayant des pétales roses, infus de bleu-violet, des sépales bleu-violet, et des barbes mandarines » et j’ajoutais que « les pétales ont un reflet fumé et qu’un film bleu drape le centre des sépales. » Dans cette description, le gris n’est pas loin ! Dans ses ascendants TOUCHÉ compte, outre le bicolore LILAC CHAMPAGNE (Hamblen 65), tout ce qu’il y a de mieux parmi les iris de base des variétés modernes : WHOLE CLOTH, RIPPLING WATERS, MELODRAMA, PALOMINO, GREAT LAKES, HELEN McGREGOR… Lui-même et ses descendants ont cette qualité de fleur qui dénote une noble origine, même si, chez moi, BATEAU IVRE s’est toujours montré extrêmement capricieux dans sa floraison.
A ma connaissance, BATEAU IVRE n’a pas eu une longue descendance (toujours le peu d’intérêt des obtenteurs pour le gris !). La famille Anfosso l’a croisé avec MISTY DAWN (Hamblen 72), un autre bicolore rose et violet issu de LILAC CHAMPAGNE et WHOLE CLOTH, et en a obtenu trois variétés intéressantes, toutes trois très originales : le superbe CITOYEN (89), CARAMEL (85) et OPIUM (84). A noter que les descendants connus de CITOYEN n’ont pas récupéré la couleur grise mais ont privilégié le côté jaune de la fleur ; quant à OPIUM, il a essentiellement été utilisé par Lawrence Ransom, mais seul OLOROSO (2000) a quelque peu retrouvé les effets fumés de son aïeul. Le gris n’est décidément pas une couleur facile ! Et, contrairement à ce qu’on pourrait penser, le fait d’être « ivre » ne prédispose pas forcément à devenir « gris » !
Ou comment l’iris devint gris
Je l’ai déjà dit : les iris gris sont rares. Ils n’ont pas vraiment déchaîné l’enthousiasme des obtenteurs jusqu’à maintenant. S’il en est qui ont été sélectionnés, c’est plutôt par le fait d’un hasard que celui d’une recherche systématique. Cependant il est des croisements dont il n’est pas extravagant d’imaginer qu’ils peuvent donner des rejetons gris. Prenons le cas de BATEAU IVRE (Anfosso 82).
Les parents de cette variétés sont, côté femelle, TOUCHÉ (M. Hamblen 66), et côté mâle GYPSY PRINCE (M. Hamblen 74). Le premier est un bicolore rose et mauve à barbes oranges, le second un variegata moutarde et indigo, aux sépales cernés de brun. Le ton bleu-gris de BATEAU IVRE est en fait une combinaison des couleurs de ses deux parents. Ses pétales sont d’un gris rosé qui rassemble les influences du rose de TOUCHÉ et du jaune fumé de GYPSY PRINCE. Ses sépales ont une dominante mauve grisé, une flamme bleu-indigo descend des barbes vers le bord ; Elle a la teinte du cœur des sépales de GYPSY PRINCE. L’ensemble fait effectivement très gris, sans tristesse du fait de la flamme plutôt vive.
La teinte grise résulte d’une superposition de pigments : le pigment jaune, et rose, soluble dans l’huile qui est installé dans les cellules, et le pigment bleu, et violet, qui imprègne le liquide interstitiel. Le reste est une question de dosage : quand le jaune s’estompe, le bleu domine ; quand le bleu est rare, le jaune (ou le rose) prend le dessus ; il arrive qu’ils fassent match nul, ou presque. C’est pourquoi il faut une forte dose de chance pour que le résultat final soit d’un beau gris à peu près uniforme.
Les deux parents de BATEAU IVRE ont beaucoup de points communs. On peut même dire qu’ils sont cousins. En effet GYPSY PRINCE est issu d’un frère de semis de TOUCHÉ et du célèbre CAMBODIA (Babson 63) qui est un iris aux couleurs fortement assombries : bronze pour les pétales, jaune-vert olive pour les sépales avec une tache violette au cœur. Ce CAMBODIA a eu de nombreux descendants sombres eux aussi, comme l’autre gris GHOST STORY (Ghio 75), SAND AND SEA (Jones 74), bronze et bleu, VALVERDE (Plough 76), tilleul avec spot bleu, ou SANSEVERINA (Anfosso 81), très voisin de GYPSY PRINCE, dont il est très proche cousin. J’ai déjà parlé de TOUCHÉ dans une chronique consacrée au bicolore ADVENTURESS. Je disais : « TOUCHÉ est décrit comme ayant des pétales roses, infus de bleu-violet, des sépales bleu-violet, et des barbes mandarines » et j’ajoutais que « les pétales ont un reflet fumé et qu’un film bleu drape le centre des sépales. » Dans cette description, le gris n’est pas loin ! Dans ses ascendants TOUCHÉ compte, outre le bicolore LILAC CHAMPAGNE (Hamblen 65), tout ce qu’il y a de mieux parmi les iris de base des variétés modernes : WHOLE CLOTH, RIPPLING WATERS, MELODRAMA, PALOMINO, GREAT LAKES, HELEN McGREGOR… Lui-même et ses descendants ont cette qualité de fleur qui dénote une noble origine, même si, chez moi, BATEAU IVRE s’est toujours montré extrêmement capricieux dans sa floraison.
A ma connaissance, BATEAU IVRE n’a pas eu une longue descendance (toujours le peu d’intérêt des obtenteurs pour le gris !). La famille Anfosso l’a croisé avec MISTY DAWN (Hamblen 72), un autre bicolore rose et violet issu de LILAC CHAMPAGNE et WHOLE CLOTH, et en a obtenu trois variétés intéressantes, toutes trois très originales : le superbe CITOYEN (89), CARAMEL (85) et OPIUM (84). A noter que les descendants connus de CITOYEN n’ont pas récupéré la couleur grise mais ont privilégié le côté jaune de la fleur ; quant à OPIUM, il a essentiellement été utilisé par Lawrence Ransom, mais seul OLOROSO (2000) a quelque peu retrouvé les effets fumés de son aïeul. Le gris n’est décidément pas une couleur facile ! Et, contrairement à ce qu’on pourrait penser, le fait d’être « ivre » ne prédispose pas forcément à devenir « gris » !
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